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Full text of "Glossaire datînois"

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GLOSSAIRE  DATINOIS. 


L->c.\>.d  Mnli.  el-Haddiul  d'An^fib. 
Yoii-  p.  786;  p.  782,  p.  927  en  bas  et  Dt.  III  p.  1788. 


GLOSSAIRE  DATINOIS 


PAR 


Le  Comte  de  LANDBERG. 


PREMIER  yOLU3IE 


5C2007 


/.    5^ 


LIBRAIRIE    ET     IMPRIMERIE 
CI-DEVANT 

E.  J.  BRILL  -  Leide. 
1920. 


IMPRIMERIE  ci-devant  E.  J.  BRILL. 


PRÉFACE. 


Ce  glossaire  comprend  : 
1°  tous  les  mots  de  quelque  importance  qui  figurent  dans 
les  trois  volumes  sur  le  dialecte  datînois,  qu'ils  appar- 
tiennent à  ce  dialecte  ou  à  un  autre  ou  même  à  la 
langue  littéraire; 
2°  quelques  mots  qui  n'y  figurent  pas  et  qui  m'ont  paru 
importants   à  être  relevés  ici  à  cette  occasion. 

Un   chiffre    non    précédé   de   p.   renvoie   aux   volumes 
de  Datînah.   Un   chiffre  précédé  de   p.  se  rapporte  à  ce 
Glossaire.  Il  faut  donc  constamment  avoir  recours  à  ces 
trois  volumes,   car  je  répète  rarement  dans  le  Glossaire 
les  phrases  et  les  exemples  qui  y  figurent. 
Ce  Glossaire  était  originairement  conçu  sur  un  plan  plus 
vaste.  Je  voulais  comparer  non  seulement  les  autres  dialectes 
arabes,  mais  aussi  la  langue  littéraire.  J'ai  bien  vite  reconnu 
qu'une  telle  entreprise  prendrait  trop  de  temps  et  serait  au- 
dessus  de  mes  forces  physiques;  j'ai  donc  dû  me  restreindre 
au  juste  nécessaire. 

Ayant  étudié,  d'un  bout  à  l'autre,  la  grammaire  de  Cari 
Reinhardt,  Em  arabischer  Bialekt  gespr.  in  ''Oman  und  Zan- 
zibar, avec  mes  hommes  de  Hadramoût  et  de  Datînah,  j'ai 
pu  me  faire  une  idée  à  peu  près  exacte  de  ce  qu'il  y  a  de 
commun  et  de  différent  entre  ces  dialectes.  L'ouvrage  de 
Reinhardt  est  fort  important  pour  la  lexicographie.  Ce  n'est 


VI  PREFACE. 

pas  „la  langue  des  fils  du  désert",  comme  le  dit  Reinhardt, 
p.  XII,  11  d'en  bas,  aussi  peu  que  l'est  celle  que  je  donne 
dans  mes  volumes  de  Datînah,  mais  celle  des  Hadar.  Per- 
sonne n'a  encore  relevé  les  parlers  „des  fils  du  désert"  de 
l'Arabie  Méridionale,  Hdr  p.  457/8.  J'ai  choisi  dans  l'ouvrage 
de  R.  les  phrases  et  les  mots  qui  ont  aussi  cours  dans  le 
dialecte  datînois,  de  même  que  j'en  note  la  difî'érence.  Les 
exemples  que  je  rapporte  ici  sans  autre  indication  sont  tirés 
du  dialecte  datînois.  Pour  éviter  tout  malentendu,  j'ajoute 
quelquefois  un  Dt.  Pour  l'explication  des  Dt,  Hdr,  Harîb, 
"Anazî,  etc.,  qui  suivent  une  phrase  ou  un  mot,  je  renvoie 
à  ce  que  j'ai  dit  Hdr  p.  XIV  en  haut.  Il  m'est  impossible 
de  localiser  l'emploi  d'un  mot,  comme  l'a  fait  Mareais  avec 
tant  de  talent  dans  son  Glossaire  de  TA  T.  Cela  n'est  fai- 
sable que  dans  un  milieu  civilisé  où  l'on  peut  se  renseigner 
à  gauche  et  à  droite  ;  où.  les  communications  sont  faciles,  et 
les  Arabes,  par  conséquent,  plus  mobiles  que  dans  le  Sud  de 
l'Arabie.  Il  faut  donc  prendre  ces  indications  pour  ce  qu'elles 
valent.  Je  n'ai  pas  un  o^j  à  ma  disposition  pour  parcourir 
ces  pays  en  quelques  semaines  en  vue  de  confectionner  un 
Atlas  linguistique,  comme  l'a  fait  Bergstrâsser  pour  son 
miraculeux  ,jSprachatlas'\  ' 

Je  compare  également  les  dialectes  mehrites  voulant  prou- 
ver par  cela  que  le  vocabulaire  mehrite  correspond  en  grande 
partie  à  celui  des  dialectes  arabes  environnants,  quoique  la 
morphologie  en   soit  assez   différente.  Cette  étude  comparée 
nous  est  à  présent  rendue  assez  facile,  grâce  aux  travaux 
si  méritoires  de  feu  le  professeur  Bittner,  dont  je  déplore  pro 
fondement  la  mort  précoce.  Il  s'est  érigé  un  monument  im 
périssable.  Le  mehri  contient  aussi  des  mots  qui  ne  se  trou 
vent  dans  aucun  autre  dialecte,  p.  e.  fsû  =  sh.  fée  ou  fiisi 
dî?ier,  p.  1 70,  mais  les  mots  dans  la  liste  que  donne  Bittner 
St.  mehri  IV  p.  65,  Charakter.  ans  dem  reinen  Mehri- Wort 
schatze,  comme  étant  caractéristiques  du  mehri,  se  trouvent 


PREFACE.  VII 

en  majeure  partie,  aussi  dans  les  dialectes  arabes  du  Sud, 
soit  tels  quels,  soit  dans  un  sens  modifié,  tout  en  revêtant 
un  habitus  mehrite,  et  dont  la  racine  se  rencontre  aussi 
en  arabe,  ainsi  qu'on  verra  dans  le  courant  de  ce  Glossaire. 
Cependant,  le  mehrî,  avec  le  qarawî  et  le  soqotrî,  con- 
tient assez  de  mots  non  arabes  et  une  morphologie  sut  ge- 
neris  pour  en  faire  une  langue  sémitique  à  part.  Je  m'arroge 
le  mérite  d'avoir  ouvert  la  voie  à  l'étude  de  cette  langue 
par  mon  expédition  dans  l'Arabie  méridionale,  dont  le  but 
principal  était  justement  de  relever  le  mehri.  On  a  trop 
vite  oublié  à  Vienne  ce  que  j'ai  fait,  car  sans  moi  nous 
n'aurions  pas  eu  aujourd'hui  les  volumes  de  la  SAE  qui 
constituent  une  des  plus  précieuses  publications  sur  la  lin- 
guistique sémitique. 

Dans  le  courant  de  ce  Glossaire,  on  constatera  ce  que  je 
pense  sur  la  formation  des  verbes  en  sémitique.  Laissant 
de  côté  le  stade  primaire  d'une  seule  racine  monosyllabique, 
G  V  ou  G  V,  et  onomatopéique,  tout  en  admettant  qu'il  y  a 
des  lettres  qui,  en  elles-mêmes,  sont  onoraatopéiques,  telles 
que  p.,  (ji,  et  ^,  je  pars  de  la  bilitéralité  des  verbes  '). 
L'onomatopée  est  le  fond  de  la  langue.  Pour  former  la  trilité- 
ralité,  on  a  ajouté  au  thème  bilitère  une  troisième  lettre.  Gette 
lettre  n'est  pas  fortuite.  J'ai  tâché  quelquefois  de  l'expliquer 
par  la  contamination  avec  une  autre  racine  de  sens  rapproché. 
Nôldeke  Beitrâge  II  p.  140  dit,  à  propos  de  la  permutation 
de  r  et  n,  comme  III^  radicale  :  „Je  ne  saurais  non  plus 
expliquer  le  changement  ici  (y'j  et  ^y^)  -)  ;  je  connais  tout 
aussi  peu  comment  expliquer,  dans  les  racines  d'une  proche 
parenté,  la  diversité  de  la  III^  radicale.  Nous  avons  là  le 
secret  de  la  trilitéralité   que  je  laisse  à  deviner  à  d'autres 


')  Je  crois  que  les  langues  indo-européennes  ont  aussi  passé  par 
cette  phase  de  la  bilitéralité. 

'-)  Nôldeke  n'admet  ]»as  la  permutation  des  sonores  en  sémitique. 
J'en  donne  1759  et  ss.  une  longue  liste  de  1  t<  n  et  de  1  :^  r. 


VIII  PREFACE. 

plus  perspicaces  et  plus  hardis".  Mais  le  grand  savant  de 
Strasbourg  admet  carrément  et  avec  raison  la  primordialité 
de  la  bilitéralité  du  sémitique,  Beitrâge  II  p.  109.  —  Rùzicka  '), 
ZA  25  p.  114  et  ss.,  a  raison  de  dire  que  „le  centre  de 
signification  gît  dans  les  deux  premières  radicales  et  que  la 
modification  sémasiologique  trouve  son  expression  dans  l'ad- 
dition de  la  Ille  radicale".  Rien  de  plus  juste.  Seulement, 
les  exemples  qu'il  en  donne  ne  sont  pas  toujours  adéquats. 
S'il  fallait  toujours  esquiver  les  difficultés,  on  n'arriverait 
jamais  à  un  résultat.  C'est  pour  cela  que  j'ai  tâché  de  „ de- 
viner" la  raison  d'être  de  la  III^  radicale.  Quelquefois,  je 
crois  aussi  l'avoir  ,.devinée",  mais  le  plus  souvent  on  est 
devant  un  x.  Pour  résoudre  cette  question  ,  il  faudrait  re- 
monter à  l'époque  de  la  formation  de  la  trilitéralité.  Cette 
époque,  nous  la  voyons  dans  un  lointain  vaporeux  où  notre 
regard  ne  pénètre  pas.  Les  lois  de  la  sémantique  sont  mysté- 
rieuses, si  toutefois  lois  il  y  a.  C'est  là  que  nous  trouverons  la 
raison  d'être  de  la  III^  lettre.  Ne  pouvant  aller  si  loin,  nous 
nous  contenterons  des  preuves  encore  distinguibles  de  cet  or- 
gane, ajouté  par  une  conception  qui  nous  demeurera  dans  la 
plupart  des  cas  „un  secret".  La  racine  lJo  a  donné  K~^so 
par  contamination  avec  V'^,  et  ;,-^ô  et  vjiîo  sont  probable- 
ment des  variations  consonantiques  de  %ij>  ;  à  son  tour ,  ^o 
a  donné  iji.sc>,,  permutation  qui  se  rencontre  en  arabe.  Mais 
comment  expliquer  la  III^  radicale  de^ovhv?  'DeV'f?  Ici 
nous  versons  dans  le  vide.  Et  pourtant  tous  ces  verbes  ont  à 
peu  près  le  même  sens,  avec  des  nuances  qui  n'entrent  pas  ici 
en  ligne  de  compte,  ^jo  vhv  est  aussi  un  élargissement  de 
K'oJ,  oij  la  dernière  radicale  provient  de  l/"^o<j.o,  cou- 
vrir.   La  racine   ^^  est  un  bon  exemple  d'une  onomatopée. 


')  Que  je  prie  de  m'excuser  si  dans  le  courant  de  mon  Glossaire  je 
n'agrémente  pas  son  nom  de  ces  trois  signes  diacritiques,  en  écrivant 
simplement  Ruzicka. 


PREFACE.  IX 

Les  deux  lettres  s  et  Ij  sont  en  elles-mêmes  onomatopéiques. 
Ajj-o  i^.^  est  pisser  ');  en  Syrie,  ;.-ui  seul  est  pisser. 

La   1/^:,^,  est  élargie  en  v^">   P^i"  contamination  avec 
V  v^j  q^ii  désigne,  comme  :^ù.  =  ^Ji;^,  un  hruit^  vlivs. 

;,^  se  dit  du  bruit  que  fait  le  lait  en  jaillissant  du 
pis  lorsqu'on  trait,  Hdr.  p.  388,  '^  :^^^2>^,  produire  du 
cliquetis  =  ^:<^^~> ,  Hdr.   Gl.  sv.  L  Sîdah    VII    p.  43: 

^r^'i  Q^  -:.j3>  îo!  Lj-A^wiJ!  oyo  ;^xcJl  :  l\j .o  qj!  =  L  A  I 
p.  467,  où  la  définition  est  la  même  que  celle  de  mes  Ha- 
dramites  et  Datînois;  je  n'avais  pas  alors  encore  consulté 
L  Sîdah  ni  LA  '-).  Cf.  r^  et^  p.  1013.  ^^,  u,  est  ensuite 

traire,  et  ^-.aJs.^  est  chaque  jet  de  lait  qui  jaillit  en  trayant 
et  ensuite  de  tout  liquide,  Hdr.  pp.  29,  389  et  618.  Mais 
v_A:s^.ci,  a,  u,  est  aussi  couler  à  Jet  de  n'importe  quoi, 
ib.  p.  388.  Or,  en  sh.  shof  est  boire,  Bittner  St.  sh.  II 
p.  S  Anm.  2,  et  en  mehri  shôf  est  le  lait  qu'on  trait 

=  arabe  v^*Jb-  ^^^)•  En  Syrie,  il  y  a  •..^.^Jt^ ,  jet  de  lait, 

h  >  r,  avec  le  verbe  à  infixation  avec  n,  ^^ibLii,  jaillir, 

et  ^_jybLii,  jet  de  lait.  Nous  voyons  donc  comment  de 
cette  onomatopée  a.\x;,  élargie  en  ^-^^^,  se  sont  déve- 
loppés d'autres  sens  qui  s'y  rapportent.  Les  Arabes  du 
Sud  ont  parfaitement  la  conscience  que  ^^i^w^i  est  une 
o^o  iLjlX:>.  Les  verbes  5^*5,  qui  se  comptent  par  cen- 
taines,  non   seulement    dans   la   langue  littéraire,  mais 


')  Pisser  est  aussi  une  onomatopée,  comme  le  sont  aussi  le  nord- 
allem.  sechen,  le  bavarois  soachen  et  le  suisse  seichcn,  pisser,  pour  ne 
pas  oublir  l'allemand  dialectal  schilfen,  pisser,  dont  l'étymologie  chez 
Kluge,  EWB  sv.,  doit  être  écartée. 

2)  =1.  es-Sikkit  apud  Haffner  TAL  p.  88. 

ï)  Mais  >-jLi.;i  =  tUL  -3j-U!  Q->-iiî.  LA  I  |)/491,  4,  que  cite  Bitinor 
est  un  autre  mot. 


X  PREFACE. 

surtout  dans  les  dialectes,  constituent  la  naeilleure  preuve 
de  la  primordialité  de  la  bilitéralité  sémitique  ').  Ces 
verbes  ont   très  souvent  un  correspondant  yd,  ^^^xh  ou 

Nous  ne  pouvons  pas  toujours  savoir  quelles  sont  les  con- 
ceptions sémasiologiques  qui  ont  motivé  l'adjonction  d'une 
troisième  radicale,  à  l'époque  de  la  formation  de  la  nouvelle 
racine  trilitère.  Cela  se  perd  dans  la  nuit  des  temps.  Ce  n'est 
pas  uniquement  en  arabe,  malgré  l'exubérance  de  son  vo- 
cabulaire, plus  ou  moins  conservé  jusqu'  à  nous  par  le  zèle 
infatigable  des  grands  lexicographes,  qu'il  faut  chercher  l'ori- 
gine de  cette  radicale.  Les  autres  langues  sémitiques  auront 
aussi  pu  conserver  t3es  racines  qui  pourraient  nous  mettre 
sur  la  bonne  voie.  Mais  la  pénurie  des  matériaux  transmis 
est  un  obstacle  sérieux  à  ces  recherches. 

Ce  sont  toujours  les  dialectes  arabes  qui  nous  fourniront 
le  plus  de  points  de  repère  pour  élucider  la  formation  de  la 
trilitéralité.  Jusqu'à  présentas  ont  été  insuffisamment  fouillés. 
Les  dialectes  des  tribus  sauvages  autour  de  Rub^  el-Halî 
sont  encore  inconnus,  et  c'est  vers  elles  qu'il  faut  diriger 
nos  études.  Mais  les  difficultés  sont  à  l'heure  qu'il  est  in- 
surmontables. 

Il  est  fort  probable  que  je  ne  publierai  plus  rien,  ni  la 
continuation  de  ce  Glossaire,  ni  les  autres  travaux  prêts,  an- 
noncés à  la  fin  de  la  Préface  de  ma  LB^A..  Je  suis  pro- 
fondément dégoûté  de  la  situation  faite  par  cette  guerre  et 
ses  conséquences  à  la  science,  aux  savants  et  aux  éditeurs. 
Ceux-ci  ne  peuvent  plus  rien  publier  à  leur  frais  ^),  vu  l'exi- 
gence des  ouvriers  et  la  cherté  de  la  vie.  Notre  vieille 
Europe  est   vouée  à  la   ruine,   si   la  haine  et  la  vengeance 


')  J'ai  fait  moi-même  une.  liste  de  quelques  centaines  de  ces  verbes 
rien  que  pour  la  Syrie. 

■-)  Mes  derniers  travaux  ont  été  publiés  à  mes  frais. 


t-REFACE.  Xî 

doivent  régler  toutes  les  actions.  La  Société  des  Natmis 
n'est  qu'un  beau  mot.  Je  ne  vivrai  pas  assez  longtemps 
pour  voir  poindre  une  nouvelle  aurore,  oîi  la  science  seule 
présidera  aux , destinées  du  monde;  oià  la  religion  et  l'amour 
du  prochain  seront  le  mot  de  ralliement  de  tous  les  êtres 
humains  ;  o\x  tous  les  savants,  anciens  ennemis  et  nouveaux 
amis,  seront  réunis  dans  une  conflaternelle  agape  sous  l'égide 
de  la  science  toute-puissante.  Je  continuerai  cependant  à 
travailler  pour  finir  les  ouvrages  que  j'ai  sur  la  planche  et 
j'espère  que  le  pronostic  de  Stumme  ')  ne  ae  vérifiera  pas 
de  sitôt. 


')  Voir  Dt.  ni  p.  V. 

Nice,  le  1  Mai  1920.  C.  L. 


ah,  forme  exclàmative  en  ult. :  t— ,  400;  voir  »t.  Cf.  Falk-Torp 
Norweg.-dànisches  Etymol.  WB  sub  hurra. 
a  futural  devant  l'aoriste,  1289  n.  1;  voir  ici  sub  ^\>[i. 
a  initial  faisant  syllabe  simple  tombe.  Bâkum  <  abâkum 
11,16;   ~    wLc<iGU  1600;  -   «^Li;  <b^Ul  <b^U],  voir  ^^^; 
aussi  en  Mésopotamie  Meissner  NAGI  p.  129,  —  Ji'<J.î'î, 

1206  et  s.;  1630,6  d'en  bas;  1>  <  Jvî>!  vhv;  gîk  <  ^^^:>\ 
1631,9;  -  ^J  <  j^'  168,12;  170,5;  477  note;  499,6; 
1890,  4  d'en  bas;  1730;  1734;  -  tàfi  <  ^^Lil,  597.  - 
b  <^Ji  je  veux,  vhv,  117,  19;  1531;  —  K_jL>  <'iLLsfi  < 
•U^l,  1379  et  n.  3,  ma  Festgabe  p.  39,  I  Sîdah  II  p.  129 

en  bas.   —  jJii^*  <  0^:5^1 ,  1601,  1. 

â>ô  295  et  ss;  1417.  Brockelmann  VGSS  I  p.  8  et  p.  143 
adopte  l'avis  de  Praetorius,  Z  D  M  G  55  p.  370,  qui  veut  que 
ce  changement  de  ITi  primaire  en  ô  et  û  soit  dû  à  une  habi- 
tude phonétique  de  la  population  présémitique  qui  n'avait 
pas  l'a  pur.  Nous  trouvons  également  cette  opinion  dans  la 
Histor.  Gramm.  der  hebràischen  Sprache  des  Alten  Testa- 
ments von  H.  Bauer  und  P.  Leander  pp.  16  et  29.  Ce  pas- 
sage de  â  à  ô  est  fort  commun,  non  seulement  dans  plusieurs 
dialectes  arabes  du  Sud,  mais  encore  davantage  dans  les 
parlers  mehrites,  Bittner  Studien  mehri  I  §§  5,  9  et  10,  oii 
c'est  la  règle.  Qui  pourra  sérieusement  soutenir,  par  des 
■preuves  irréfutables,   que   cela  soit  dû  à  une  population  an- 


térieure  non  sémitique?  Cette  population  aurait  alors  dû  se 

trouver  en  Cana^'an,  dans  les  pays  araméens  et  dans  tout  le 

Sud  de  l'Arabie,  à  l'est  du  Yéman.  Je  ne  vois  pas  non  plus 

que  ce  passage  ait  été  motivé  par  une  influence  consonantique, 

comme  le  pense  Brockelmann  ol.  p.  142  c.  Le   nom   de  Ha- 

dramût,   vhv,   <  Hadramôt    <  Hadramât  >   Hadra- 

mawt,  295,  332;  1562,  est  un  très  ancien  exemple  de  â> 

ô>  aw  (au),  de  même  que  niç'p^,  qui  est  certainement  pour 

> 

salaniawt  =  salamôt,  oUl^,  /'orcî<5,  et  nullement  comme 

l'explique  J.  Hehn  dans  son  mémoire  ad  hoc,  dans  la  Fest- 

schrift  Hommel  II  p.  79  et  ss. 

1  —  >  Ls»  495  en  haut. 

v',  désirer;  languir  de,  ^],  to  long  for,  1302,  v.  sub  3=1. 

^"^^j  le  père,  voir  _^L 

^Ù<^1^,  vhv,  395;  1425.  Ethiop.  Kno*,  flactus,  unda,  Dill- 

mann  Lex.  s.  v.  qui  le  compare  déjà  avec  v_jU,  XAI,  le  Nil 
abyssin,  ib.  s.  v.;  amh.  h(\Ji,  il  Nilo  azzurro  o,)"^!  j>".,  Guidi 

'Nqq,.  amarico  p.  458.  LA  s.  v.  dit;  wLac  ^U!  ujU,  et  I.  Ginnî 

ib.  prétend  que  \Jo\  n'est  pas  pour  v^j  lïiais  de  v' =  ^'> 
ce  qui  est  faux,  mais  il  ne  pouvait  mieux  savoir.  La  pro- 
nonciation U\^},  avec  l'affaiblissement  du  ^,  est  sudarabiquo 
et  comme  telle  intéressante  dans  ce  mot.  L'étymologie  persane 
de  Cher,  K.  el-Alfâz  el-fârisîeh  p.  6,  est  à  rejeter, 
mais  il  donne  aussi  l'étymologie  éthiopienne.   C'est  un  des 

plus   anciens  mots  du  fonds  sémitique  commun.   Cf.  v.>>jy 
Diw.  Qays  b.  el-Hatîm  N°  II  v.  6. 
Jol 

ÎlXjî  est  dans  tous  les  dialectes  prononcé  abadan,  avec  les 
trois  a  purs  et  sonores.  Ebeden  qu'on  voit  si  souvent  dans 


les  livres  européens  est  une  prononciation  exotique.  Dans  les 
dialectes  de  Dt.et  de  Hdr,  la  nounation  est  souvent  réduite 
à  l'a  final:  àbada,  jamais  abadâ"",  comme  en  tigré,  Broc- 
kelmann  o.  1.  I  p.  48,  ma  LA  p.  27.  Marçais  Gr.  Tl.  p.  180 
dit  qu'en  Tlemçenois  le  tanwîn  ne  s'est  conservé  que  dans 
le  seul  mot  abadàn  et  que  pour  d'autres  mots  la  voyelle 
finale  est  seule  restée.  Exactement  comme  dans  le  Sud  de 
l'Arabie.  A  ma  remarque,  dans  ma  L  A ,  que  dans  nos  dialectes 
méridionaux  le  tanwîn  a  disparu,  Rhodokanakis,  RD  II  p.  XII, 
objecte  qu'il  est  fréquent  dans  ses  textes  de  Dofâr.  Cepen- 
dant, ce  n'est  que  dans  les  textes  poétiques  qu'on  le  trouve. 
La  raison  en  est  sans  doute  que  ces  poésies  proviennent  d'un 
temps  où  le  tanwîn  n'avait  pas  encore  disparu,  ou  bien  par 
l'influence  du  Nord,  par  "^Omân. 

RO  §  144  (cf.  ib.  §  432)  parle  de  quelques  cas  isolés  où 
le  tanwîn  est  conservé.  Dans  les  textes  prosaïques,  on  ne  le 
trouve  que  p.  342,  3:  bwughin  ''abus,  mais  souvent  dans 
les   sel  al,   ou   chant  de   guerre  =  ^}y^  de  Dt  et  de  Hdr. 

P.e.  RO  p'.  421  N°  II  v.  3  et  4;  N°  VI  v.  3;  N°  VIII  v.  3: 

haiyin  =  N°  XXVII  v.  1=  C:>;  N°  VIII  v.  lrN°XIIv.  2, 
où  V.  1  il  faut  lire  s  a  1 1  ê  t  e ,  mètre  -^--  \-^--  \  --  ^  après 
que  feus  prié;  N°  XIII  v.  4,  mètre  en  désordre;  N°  XVII 
V.  1  où  il  faut  lire  sêhen;  N°XX  v.  2,  où  il  a  dû  chanter 
tâhe  min|rumzil-fetêle,  mètre  --u-i----i--w-l-; 
N°  XXII  V.  3;  N°  XXIII  v.  2  ;  N°  XXVI  v.  3;  N°  XXVIII 
V.  2,  où  l'on  aura  chanté  yâ  hâliqin,  et  le  vers  4:  tid- 
""i  1  -  ^a  ■  d  û  1  w  i  m  - 1  â  y  a  -  h  î  n ,  le  mètre  étant  alors  en  ordre. 
R.  marque  souvent  dans  ces  selle  comme  longue  une  syl- 
labe qui  est  métriquement  brève;  c'est  sans  doute  pour 
indiquer  le  rhytme  du  chant.  Le  mètre  est  souvent  en 
désordre,  mais  il  est  facile  de  le  reconstituer,  et  lorsque  je 
faisais  chanter  ces  selle  par  mes  Çadramites  et  mes  Datînois, 
après   les  leur   avoir  récités   et  expliqués,  ils  les  chantaient 


4 

presque  toujours  avec  la  justesse  métrique.  La  nounation  se 
trouve  également  dans  les  proverbes  Nos  14  et  189.  Elle 
est  -in,  plus  rarement  -en. 

On  n'entend  jamais  en   Dt  et  en  Hdr  le  nounation  -in, 

-an  si  commune  au  Nord  du  grand  désert,  ^J^^^  ^j^,  voire 

même  -un,  mais  plus  rarement.  Les  traces  de  Ti'^rab  qu'on 
rencontre  à  chaque  pas  dans  les  parlers  des  Bédouins  du  Nord, 
de  même  que  chez  les  Hadar  du  Negd  septentrional,  n'exis- 
tent absolument  pas  dans  les  dialectes  méridionaux.  J'em- 
ployais  une  fois  l'adverbe   dâiman   en   causant  avec  mon 

haçlramite  Sa'îd  de  Sibâm,  et  il  me  répondit  ceci:  ^3  icjxi! 
(daim)  j*jb  J.^'  'Ji^  'jAvLc  ^cjlî  L,  ce  mot-là  n'est  pas  compris 
chez  nous;  le  juste  est  de  dire  daim,  comme  on  y  dit  tou- 
jours matai  <  bLix,  si  courant  dans  le  Nord  et  un  peu 
partout  dans  le  Levant.  Dans  les  parlers  yémanites,  au  con- 
traire, on  peut  encore  trouver  des  traces  de  l'ancien  Trâb, 
et  l'on  a  pu  constater  que  les  Himyarites  l'avaient  aussi. 
Dans  la  Tihâmah,  les  substantifs  finissent  encore  en  u,  p.  e: 
bey  tu,  burru,  comme  lessU-  ojl,  Z.  A  XXIII  p.  23:3vAjj  ÎJ^, 

mais  ceci  représente  Z  e  y  d  u ,  iAj;  ,  non  ^cs^\  avec  -  d  û  long  ; 
voir  ici  sub  JL    —    Nous  savons  que  les  er-Rabî''  parlaient 

^^aî^JIj.  On  prétend  que  leurs  descendants  se  trouvent  encore 
en  Hdr. 

Sur  kullen,  voir  ma  Festgabe  p.  19  et  ici  sub  Ji.  Sidda 
Dt  72,  5,  et  eyda  Hdr  Gl.  sv,  mais  en  sahhi,  BBRAS 
1902  p.  256,  eydan.  Dans  la  salutation  de  tous  les  Arabes 
marhaba,  vhv,  et  marhabâbak,  783,  7,=  ahlâbak, 
RO  p.  294,  l'a  seul  est  resté.  Les  Syriens,  croyant  que  cet 
a  est  la  forme  féminine  du  mot,  répondent  à  cette  salutation 
par  marhabtèyn.  A  propos  de  ce  mot,  Torczyner,  Entste- 
hung  p.  1S4,  a  commis  une  grave  erreur.  Je  prétends  encore 


que  dans  les  dialectes  de  Dt  et  de  Hc.lr  le  tanwîn  a  disparu 
du  parler  courant  et  qu'il  ne  subsiste  que  dans  quelques  rares 
locutions  sous  la  forme  d'un  a  final.  En  Hçlr,  j'ai  entendu 
rasban  '^alêh,  à  son  corps  défendant^  ce  qui  peut  être 
sous  l'influence  des  ^ulamâ'  de  Hçlr,  mais  le  plus  souvent 
on  dit  rasëb  "^alêh,  et  cela  est  la  seule  tournure  datînoise. 
On  trouve  également  cette  nounation  en  mehri,  -en  ou  -in, 
dans  des  substantifs,  surtout  ceux  qui  désignent  une  partie 
de  la  journée,  employés  comme  adverbes  temporels,  Bittner 
St.  mehri  ÏII  §  67  et  IV  §  11.  Des  restes  aussi  en  sh,  id. 
St.  sh  II  §  25  Anm.  2  et  §  41. 

(Ajtjt,  1G69  et  n.,  é])\Va.Q{Q^  chansons .  courantes  et  bien  connues. 


Ji4^  réunir  y  ramasser^  565,  6  oîi  d'autres  verbes  congénères, 
auxquels  il  faut  ajouter  jÀj,  u,  vhv. 

Inl  >  Joj!  >  ia>£i)  >  lue.,  676  en  bas  =  mehri  rabt,  pi. 
rabat,  Bittner  St.  mehri  I  p.  49/50;  ib.  §  60;  III  p.  22  et 
IV  p.  65,  où  il   l'enregistre  comme  un  mot  caractéristique 

du  vocabulaire  mehrite.  En  Dt,  aussi  iajl,  pi.  -bL!,  aisselle; 
quelquefois  aussi  le  pluriel   J^L,   ce  qui  est  un  singulier  en 

Syrie,  idu!   .Jc>  ^  x.JL«L=>  LaxJl,  il  porte  la  bâton  sous  (à  la 

o 

naissance  de)  son  aisselle  Dt;  voir  ^l\>;  ma  Festgabe  p.  47.  — 
Le  class.  -bLj*  peut-il  se  rapporter  à  ce  thème? 

j4i>bil  131  n.  6;  528;  796,3  d'un  bas;  1237,4;  bill  ib.: 


1)  Cf.   le   mehri   '^amâr,  dire,  =  yn],  Bittner  St.  mehri  II  p.  G3.  — 

o  3 

^ijr   est   plutôt   un  mehrisme  qu'à  cause  du  -h  suivant,  cf.  Littmann 


DLZ  1909  N°  49  n.  3098. 


bull  30,17;  92,9;  bîl  1237,  aussi  à  Dofâr  RD  p.  19,  11; 
bel  Musil  AP  III  pp.  79;  254  et  407,7,8,  où  aussi  ibl,  et 
passim.  Carbou  p.  54  a  bîl  et  bil  p.  103.  Etymologie  pro- 
posée par  Vollers,  529/30;  cf.  534. 

Jjî,  i,  et  Jwjl,  a,  pleurer  la  mort  de  quelqu'un.  L^-i^î  oLo 
*vî  e7^)'  ^^  c>J^>i»n  son  fils  mourut,  et  elle  le  pleurait  pen- 
dant  quarante  jours,   phrase   entendue,   Dt.  Cf.   ^^:À^  plus 

bas.  DH  Muller  SAE  IV  N°  87  porte:  wa  qâlet  leha: 
nutèlib  minnis  liatta  na'àbil  zaugi,  wa  qâlet  leha: 
àbili,  wa  ""abelet  zaugeha,  et  elle  lui  dit:  Je  te  de- 
mande u?i  répit  pour  que  je  pleure  la  mort  de  mon  mari, 
et  elle  hii  dit  :  Pleure  !  Et  elle  pleurait  son  mari.  Voir  ma 
MJM  p.  41. 

C'est  l'hébreu  et  l'araméen  b^^S,  Va]»  être  affligé, pleurer  la 
mort  de  qqn,  regretter  dans  le  sens  primitif  du  verbe  français  : 
pousser  sur  quelqu'un  la  lamentation  funèbre  qui  était  due 
d'après  l'usage  à  tout  mort  chéri.  La  lurah  n'a  pas  ce  sens, 

mais  on  y  trouve  JÔ!  =  ^\,  louer  quelqu'un  après  sa  mort, 
1760,  et  dans  le  Sihàh  sv  dans  une  Tradition,  d'après  Wahb  : 

yah  sv,  Bihâr  el-Anwâr  sv,  avec  cette  addition  de  Zamah- 
sarî,  el-Fâiq  I  p.  7  :  x>oî  J>£  L*:s^i;co  ^\y>  ,jUiiji  ^J^  j-i^^i  t^î 

viiA»x:j^,  et  LA  XIII  p.  4,  6  d'en  bas:  ^S^-^  ^^L*J:^  éj^ï  i^t 

8LXJ5  ^j^  ^f^'  ^^  §•  donne  Jo!  et  JoLj'  dans  le  sens  de  ^mJ)\ 

L^L.àjE:  ,^  et  L^c  'j^',  mais  îjij>î  n'est  pas  =  «-u.ot.  Je  doute 

fort  que  Jot  et  jTjLi"  aient  vraiment  ce  sens  de  s'abstenir  du 
coït  et  je  crois  que  c'est  plutôt  l'explication  de  la  manière 


de.  montrer  son   affliction.    Genèse  37,34:  D^p;  12:?  ^;; '?3>^n\i 

D^3!i,  ce  qu'on  pourrait  rendre  en  bon  datînois:  J.c  iJ>-jL;^3 
a^jAii=>  j.Ljj  s-i^i\ .  La  traduction  américaine  de  Beyrouth  rend 
^3N  et  ^^N^ni  par  le  verbe  -13 ,  u,  qui  s'applique  le  plus  souvent 
aux  lamentations  des  femmes.  Le  frère  le  plus  doux  et  le 
moins  canaille  du  fameux  sultan  Muhsin  de  ^Azzân  venait  de 
perdre  sa  femme  pendant  mon  séjour  à  ^Azzân.  Il  ne  portait 
pas  d'armes  et  n'était  habillé  que  d'une  chemise  fortement 
teinte  d'indigo.  Je  lui  demandai:  les  ent  là  bis  durrâ^ah 
mihauwarah?  Pourquoi  portes-tu  une  chemise  teinte  d'in- 
digo? Il  me  répondit:  ana  âbil  "a la  hôrmiàti,  je  suis 
en  deuil  de  ma  femme";  cf.  Gen.  35,  30  :  'PD^ .  „Mais,  lui  ré- 
pliquaije,  tu  prendras  une  autre  femme".  Et  lui  de  répondre: 
maddat  arba'în  yôm  ma  niqrob  h  or  m  a,  nibsar  fi 
ma  ba^ad,  pejidant  quarmite  jours,  je  n'approcherai  pas 
d'une  femme,  ensuite  nous  allons  voir.  C'était  là  pour  lui 
une   manifestation   de  son  deuil.  C'est  une  illustration  de  la 

définition  de  Zamahsarî,  Asâs,  lorsqu'il  dit  ^^^Ls  J>_jL_j"  = 
iL^!  ^_jji->  ^3  -UCl]'  ii)y.  Cette  abstention  sexuelle  est  plutôt 
une  s^oq,  »L>!c,  coutume,  se  rapportant  au  deuil  pendant  lequel 
on  devait  éviter  cette  intimité  conjugale.  Mais  je  crains  fort 
que  les  Arabes  n'aient  pu  observer  cette  abstinence  et  j'ignore 
si  la  loi  islamique  en  parle.  En  tout  cas,  on  voit  que  les 
savants  arabes  ne  connaissaient  pas  bien  la  portée  exacte 

de  ce   verbe,  qui,   d'après  moi,  n'a  rien  à  voir  avec  Jo]  et 

son  dérivé  Joî. 

Jjî,  pleurer  un  mort  et  faire  son  éloge  =  ^^t,  1760  vhv.  I.  es- 

Sikkît  Haffner  AL  p.  8,  8:  \jy«  lXju  \aJLc  o^.x>Li"î  tJ>!  xxJljtj  \x>Lj!, 

avec  des  exemples.  Noldeke  ZA  XIX  p.  155  considère  avec 

raison  jôt  comme  primaire ;  =  mehri  ôbil,  Bittner  St.  mehri 
V,  3  p.  35. 


Jol,  pleurer  im  mort^  est  du  sémitique  commun,  et  vivre 

dans  l'abstinence  sexuelle,  =^  v^y  ^^  liU*^*,  selon  les  dic- 
tionnaires, pourrait  bien  être  sous  l'influence  araméenne,  ce 
qui  n'est  pas  absolument  nécessaire,  d'après  ce  que  je  viens 
d'exposer;  cf.  V^s],  moine,  ZDMG  57  p.  777  et  55. 

De  Jo! ,   être  affligé,  vient  l'arabe  J-*^  =  ^ ,   perdre  son 

fils  (mère).  Il  ne  vient  pas  de  „][>,  coeur",  comme  le  dit  Broc- 
kelmann  VGSS  I  p.  521,5  d'en  bas.  Cela  lui  a  été  inspiré 
par  Mez  OS  Zeitschrift  Nôldeke  I  p.  251,  où  est  posé  le 
sens  primaire,  et  non  sans  raison,  d'être  affligé.  Cela  cadre 
avec  le  sens  dialectal  ci-dessus. 


^J>*J^\,  diable,  1709. 

^^i  <  Jsj!,  vhv,  pleurer  un  mort  et  faire  son  éloge,  1760.  Es- 
Samau'al  b.  'Âdiyâ  dit  XII  v.  1.  (=  ZA  26  p.  314): 
j^j>|^!  K-ji  ^gj. ,;.  ié,  ï   tj  L>j     bJL^  ljlXjI  ^^_J^p>  Lf;*-**  ^-i^^Ij 
Ah,  je  voudrais  bien  savoir,  lorsque  je  serai  regretté^)  étant  mort, 
Ce  que  mes  pleureuses  diront  en  faisant  mon  nécrologe. 

I  el-Qût.  p.  183, 19:  i^\  U^^y-**^  ^-^  ^!  r^^-j'  ^^^U^"'  i^).  I  es- 
Sikkît  Tahdîb  p.  439  et  s.,  Haflfner  AL  p.  8. 

Allez!  faites  les  lamentations  nécrologiques  avec  les  pleureuses 
et  faites  l'éloge  du  joueur  avec  les  lances  (Abu  Berâ),  Labîd, 
fragments  N°  XII  v.  1  et  2.  On  voit  donc  que  n  <  1  est 
ancien;  v.  sub  Joî. 

Jj:  ^L)',  être  affligé  de,  à  cause  de,  1010,  de  n'importe  quoi 


')  Voir  le  vieux  sens  de  regretter  sub  Jo!  p.  6. 


9 

et  non  seulement  à  cause  de  la  mort  de  quelqu'un,  ma  M  JM 
p.  41.  La  définition  des  lex.  est  trop  restreinte.  Ce  n'est  pas 
un  dénom.  de  ^^\,  ^^,  mais  une   variation   phonétique  de 

JÔLi'  vhv. 

^J^  dans  un  serment,  une  assertion,  voir  sub  ^^o. 

^^!  OU  iCJ-JÎ  dans  une  exclamation  de  douleur  ou  de  regret,  Dt. 

xJlc  j^yuoi  Ij  OU  kaLs:  (_c^i  b  =  *oJlc  (ïy**^  Ij,  quel  dommage! 

-  ° 
hélas!  Dt;  ma  MJM  p.  41.  Dûvï^arnàleh  uma  laqînâhsi, 

ya    obeyni    "^alêh,    nous   V avons   cherche',   mais  nous  ne 

l'avons  pas  trouvé;  quel  dommage  !  Dt. 

sjt,  a,  et  »JÎ,  a,  avec  J  et  V)  fai^^  attention   à,   se  soucier 

de,  =  ^^,689  u.  2,  vhv;  1575  n.;  Hommel  ôamharat  el-'^Arab 

(Congrès  de  Leide)  t.  a.  p.  p.  20. 

La  lurah  a  également  J  »L.,  a,  i  et  u,  =  ^^Li,  LA  sv.,  Qâm.: 

aJ  i(^'.  ^  bL  Lo  =  ^^  Le,  LA  sv.  et  sa  variation  aj  oI-h  ^ 

=  aJ  c>wLkî  Lo  t_5!  *J  ç>.^Lj  Le,  LA  I  p.  27  en  bas,  d'après  L 

es-Sikkît. 

Nôldeke  Beitrâge  II  p.  195  veut  que  ^-j!  ait  donné  iu*_j. 
Il  est  vrai  que  dans  les  dictionnaires  \jî  et  ses  congénères 
sont  expliqués  par  xo  et  ôboh,  8,21,  ôbahlëha,  24,10 
et  ôbah  min  en -ni  mer,  24,  21  me  furent  expliqués  par 
xyat,  mais  je  crois  qu'il  faut  pourtant  les  séparer,  ainsi  que 
l'a  aussi  avancé  Nôldeke  o.  1.  p.  196  et  moi-même  1575  n. 
Une  autre  question  est  si  le  sens  primaire  de  xo,  dans  la 
sémantique  présente,  est,  avec  Nôldeke,  haut,  empor.  La  V~^ 
a  deux  sens  différents,  1575  et  ici  sub  xo.  Voir  \j3.  L'in- 
terjection ^omânite  obô,  RO  p.  19,  doit  provenir  de  ce  thème. 

_^l  >_^  dans  une  forte  affirmation,  un   serment,  une  impré- 


10 

cation,  476,18;  477,7;  480;  499,6;  1390;  1730;  1734.  C'est 
sans  doute  l'ancienne  formule  n^vj!»,  sur  laquelle  voyez  LA 

XVIII  p.  7  en  bas;  cf.  Pedersen  Eid  p.  117.  -  =L!,  13,  17; 
aussi  en  'Iraq  ZDMG  58  p.  938;  Abu  Zeyd  Nawâdir  p.  58.  — 
Chef,  60  n.;  158;  1789  n.  1.  -  Lb,  477.  «U   L  on  U  U   527. 

\j  =  L.  =_^î  326,  1.  Abâni  des  Sùmâl  =  L.!j  des  anciens,  oîi 
la  finale  est  sans  doute  l'a  exclamatif  encore  usité,  416,  3 
d'en  bas;  v.  ici  p.  1. 

Nôldeke  a  publié  une  savante  dissertation  sur  les  mots 
père  et  mère  dans  ses  Beitrâge  I.  p.  69  et  ss.  A  cela,  je 
fais  quelques  observations.  Dans  les  dialectes,  nous  trouvons 

^^\,  vhv,  toujours  avec  l'article.  Je  crois  que  lj!  est  la  forme 

primitive,  comme  j.!,  et  cette  forme  existe  encore  dans  les 
dialectes  de  Tlemcen,  de  Ma'lùlâ:  eppai,  wzo^^pè/'e,  en  tigrina, 
abbô,  père,  en  amarifia,  abbâiyé  et  dans  ya  yubbe,  ô 
père,   Wetzstein   ZDMG  XXII  p.  130,   qui   peut   être   une 

formation  analogique  à  Uj  b,  comme  le  pensent  Wetzstein 
'et  Nôldeke,  mais  oii  la  labiale  double  peut  aussi  être  pri- 
maire. Je  pense  que  U  est  déjà  dans  yubbe  et  yumma, 
Weissbach  Festgabe  Hommel  OS  II  p.  234  N°  1  v.  5;  on 
ne  l'a  pas  connu  et  l'on  aura  ajouté  rinterjectiop  encore 
une  fois. 

^\  et  J.Î  sont  deux  onomatopées.  Nôldeke  les  appelle  „Lall- 
wôrter",  o.  1.  p.  72,  ce  qui  n'est  pas  tout  à  fait  la  même 
chose.  Les  deux  occlusives  labiales  p  et  b  et  la  nasale  labiale 
m  sont  les  premières  consonnes  que  barbouille  l'enfant,  ce 
qui  est  aussi  tout  naturel,  car  les  lèvres  sont  le  premier 
organe  qu'il  meut  voulant  proférer  quelque  son.  Il  les  fait 
suivre  de  la  voyelle  u,  également  labiale  et  que  nous  retrou- 
vons dans  tous  les   mots,  dans  toutes  les  langues,  qui  se 

rapportent  à  la  bouche,  voir  subj»jS,  j^i,  ^^=>  et  j^,  de  même 


11 

que  nous  trouvons  dans  toutes  les  langues  b,  p  et  m  dans 
les  noms  de  père  et  mère,  la  voyelle  étant  tantôt  avant  la 
labiale,  comme  dans  les  langues  sémitiques,  rarement  après, 
tantôt  après,  comme  dans  les  langues  indo-germaniques.  Je  ne 
puis  que  donner  raison  à  Nôldeke  lorsqu'il  dit,  o.  1.  p.  69  note  5, 

que  l'u  dans  j»!  provient  de  l'influence  de  la  labiale,  mais  les 
exemples  analogues  qu'il  y  énumère  n'y  ont  que  faire,  car  l'u  de 
^_-J,  iu.=>,  vhv,  xo,  Bolj.  IV  p.  23,  et  Kxb  Boh.  V  p.  92,  voir 
sub  ^\j3  >  v'-y^  5  s'expliquent  d'une  autre  façon.  Dans  a  b  û , 
la  finale  est  d'après  Nôldeke  „sehr  unsicher",  o.  1.  p.  69  n.  2.  Je 
crois  que  v'  >  v'  ^st  la  forme  primaire  et  que  la  finale  u  est  la 
voyelle  labiale  dont  j'ai  parlé  plus  haut  et  qui  manquait  dans  le 
phonème  ab,  abb.  Cet  u  ensuite,  lorsque  la  trilittëralité  était  bien 
fixée,  est  devenu  radical  et  resté  tel  quel  dans  les  dialectes: 
a  b  û  M ,  b  û  i ,  mon  père,  et  par  les  grammairiens  confondu  avec 
la  désinence,  et  la  déclinaison  devient  alors  a  b  û ,  a  b  î ,  a  b  â. 

^_^î,  a,  et  en  dofârî  i,  RD  II  p.  189,  vouloir^  1301  et  ss. ; 
1313.  —  Bemayider  =  exiger.  —  Vouloir  aller  à,  se  diriger 
verSj  1531.  —  Falloir,  être  nécessaire.  Tous  les  sens  rapportés 
par  RO  §  388  et  RD  II  §  79  se  retrouvent  également  dans 
notre  dialecte.  Ce  verbe  ^\,  vouloir,  est  très  courant  dans  le 
Négd,  le  6ôf  et  el-Qasîm.  Les  ''Anazeh  et  les  tribus  de  la 
Mésopotamie   se  servent  de  son   synonyme  ^_^,  a,  i,  vhv. 

Les  Bédouins  de  Haurân  disent  (j;^;,  je  veux.,  ou  t_5>Aj,  (^o^, 
comme  en  Syrie  609,  Prov.  et  Dict.  p.  35.  Dans  le  récit  d'un 
""Oneyzite,  je  trouve  :  U!  CsJ»^  j_jt  &î  Jo  . . .  eL*-^  -3.!  ^^  U! 
(j:yi  |.ljî  ^\ ,  je  veux  aller  avec  toi  . . .  le  père  dit  à  l'enfant  : 
je  veux  aller  dormir  un  peu.  —  Au  figuré,  être  près  de,  ce 
qui  est  le  classique  o!.!;  Qor.  XVIII,  76:  LLv=>  L-i-o  L^u^y 


12 

£ 

jt>Lj  ipji^.  qI  '^./.,  et  ils  y  trouvèrent  un  mur  qui  était  sur  le 
point  de  s'écrouler;  Boh.  III  p.  89  en  bas  et  ib.  pp.  90;  91; 
173  et  p.  192,  11;    Muzhir  I  p.  158,  6,  8  =  le  sudarabique 

Jajuvo  L.  JoJi,  le  mur  va  tomber.  La  conjugaison  hadramite 
se  trouve  Arabica  III  p.  104  et  s.,  où  il  y  a  beaucoup  d'ex- 
emples. L'imparfait  seul  a  une  conjugaison  complète.  La  II 
p.  s.  fém.  est  en  datînois  t  abî'',  555,  8  d'en  bas,  comme  dans 

ce  verset,  faisant  suite  à  la  même  poésie  de  555:  U  \^\^ 
»js.4j»j  _ytJ  oî^î  ijr^-H'j  et  '52  tu  ne  veux  pas  de  moi,  je  res- 
terai dans  le  fichu  wâdi  ^).  Le  "omânais  a  ici  tbayi,  RO  p. 
246,  11,  qu'il  écrit  tbaiyi,  je  crois  à  tort.  La  II  et  la  III  p. 
pi.  fém.  est  un  datînois  tebèyn  (tibèyn)  et  yebèyn  (yi- 

bèyn).   La   première  personne  de  l'imparfait  est  ^^î  (ou  L!). 

,^  ^çjj,  je  veux  aller  à  L.  Avec  le  pronom  précédent, 
anabâ^  je  veux,  et  dans  le  Nord,  anabî^,  Arabica  III  p. 
103.  ^Endi  kâdli  ebâ  ebî'^o,  j'ai  un  lit  que  je  veux  ven- 
dre, RO  p.  217  en  bas,  où  c'est  =  ebâ".   Cet  àba  ou  abà' 

est  pour  ^J^\  <  (^^jTî,  mais  c'est  là  une  combinaison  vocalique 
inconnue  dans  les  dialectes,  et  il  n'en  reste  que  aba.  En- 
suite, l'a  initial  tombe,  Arabica  III  p.  35,  Hdr.  p.  519  et 
ici  sub  I,  comme  dans  les  cas  analogues,  dont  il  y  a  des 
exemples   à   foison    dans    mes   textes.    Abâk   tuhdùmli 


')  Le  fém.,  à  cause  de  r)'-!-^  isAAA,2x .  Mt'tre  ragaz.  Obs.  nil-wâ-dï, 
où  n  î  -  e  1  >  n  i  1 ,  de  même  que  dans  la  poésie  classique  et  moderne. 
J'ai  déjà  parlé  de  ce  processus  en  arabe  dans  ma  Festgabe  p.  55  n.  1, 
contre  Bi'ockehnann  VGSS  I  §  41  l  a  (p.  63)  qui  n'a  pas  bien  compris 
I  Ya'^is  p.  1319  qu'il  cite.  De  même,  il  écrit  I  p.  54  en  bas  \irdu'-l 
bayli  et  fi  H-bayti.  Tandis  que  le  hamza  (que  je  n'admets  même  pas 
pour  l'article)  disparait  ici  complètement.  Marcais  GT  p.  43  a  déjà 
relevé  cela,  seulement  il  veut  que  soit  par  la  chute  de  la  voyelle  ter- 
minale du  premier  mot,  qâdel-blûd,  mais,  à  mon  avis,  c'est  cette 
terminaison  vocalique  qui  se  contracte  avec  l'article  suivant.  Voir 
encore  sub   o'.  article. 


13 

mnezzy  je  veux  que  tu  me  fasses  un  berceau,  RO  p.  307,  9  ^I>Lj 
et  ib.  1.  4  d'en  bas:  qâllo:  ebà"  lumnezz,  it  lui  dit:  je 
veux  le  berceau.  Aba  aéûf,  ^e  veux  voir,  S  AE  III p.  15, 15 
MJM  p.  9,  =  hôm  là  ralag,  =  bàsûf,  dt.  Dans  le  Nord, 
on  entend  souvent  yâbi  etc.,  664,  8  d'en  bas;  Socin  Diw. 
I  N°  69  V.  48  porte  tâba  (--)  et  à  Tripoli,  selon  Stumme 
MGT  p.  239,  il  y  a  yâba  etc.  Ce  yâbâ  a  fait  yàbil 
(yàbi),  ==  Sud  yabà'',  et  finalement  yibbi  à  cause  de  l'ac- 
cent, d'après  un  processus  commun  dans  les  dialectes  nord- 
africains. 

On  voit  donc  que  la  première  radicale  de  ^^!  ne  tombe 
pas  toujours  à  l'imparfait,  ou  plutôt  qu'elle  n'est  pas  de- 
venue brève,  dans  le  Nord  et  à  Tripolis.  Mais  dans  le  Sud, 
par  le  fréquent  emploi,  la  préformante  de  l'imparfait,  yâ-, 
est  devenue  brève,  d'autant  plus  que  la  seconde  syllabe  porte 
l'accent:  yabà".  La  lurah  a  ya^'bâ  et  ya'bî,  même  yi^'bâ, 
sur  laquelle  forme  voyez  Sîb.  éd.  Cairo  II  pp.  254  et  256 
=  trad.  p.  605,  I  Sîdah  XIV  pp.  214,  4  d'en  bas,  216  en 
bas,  217,  12,  LA  XVIII  p.  3.  Cette  forme  yi'bâ,  qui  est 
considérée  comme  exceptionnelle  et    isolée,  au   lieu  de  ^Jj, 

mais  Q?'^,  a,  est  dans  le  même  cas  LA  sv.  'J,  me  paraît  être 
la  preuve  d'un  emploi  courant  remontant  au  loin. 
Le  parfait  est  c>->:j^,  qu'on  entend  quelquefois.  Il  est  encore 

vivant  dans  le  Haurân:  '^SJiJ^'s>  J.^!  s^yJ^\,  jeveux{Qt  non  j'ai 
refusé  de)  faire  ce  travail,  et  j'ai  noté  la  même  phrase  et  le 
même  sens  à  Thèbes  en  Egypte,  1301  et  note.  Le  plus  sou- 
vent la  voyelle  initiale  tombe:  abeyt  >  beijt..  Ce  parfait  a  ce- 
pendant le  sens  du  présent,  comme  l'a  aussi  ^yb:  baray- 
nâh  yir'^a  (c'est  ainsi  qu'il  aurait  dû  dire),  nous  voulons 
qu'il  paisse,  RD  II  §  79  b.  •  L'équivalent  mehri   homk  peut 


')  Et  tant  d'autres,  comme  p.  e.  ^^,  ^r^- 


14 

^^j|>L3  aussi  se  traduire  par  le  présent:  homk  timlêk  lên  mê- 
le k,  veux-tu  régner  comme  roi  sur  nous?,  Bittner  St.  mh.  V,  I 
p.  80  §  8  et  id.  V,  m  p.  37.  Je  ne  crois  pas  qu'il  y  ait  des  cas 
où  l'on  puisse  traduire  u>^>JJi  par  notre  parfait.  La  lurah  con- 
naît aussi  ce  sens  du  parfait,  Wright  Gramm.^  II  a.  2  D. 

En  outre,  ce  parfait  n'est  employé  en  datînois  qu'à  la 
I^  et  à  la  Ile  personne  du  singulier.  Si  l'on  veut  absolument 
mettre  en  relief  le  temps  pa^sé,  on  se  sert  de  Lo  ^^'i^,  et  cela 
est  aussi  le  cas  de  ^jjt^  en  hadramite. 

Stumme  MGTrip.  p.  239  §  56  donne  pour  Tripolis  une  con- 
jugaison complète  du  parfait  de  ^t:  bêt,  bêti,  bet,  bâ; 
pi.  bêna,  bêtu,  bù.  On  y  trouve  les  passages  suivants: 
ma  bêt  s  ta^tîhùmli,  tu  ne  voulais  pas  me  les  donner^ 
p.  53,  27;  ma  bêt  s  na'^tîk,  je  ne  voulais  pas  te  les  don- 
ner, ib.  1.  31;  sâqi  ûlâ  bît^  nirtâh  (--^-i-w--),  ich 
quâlte  mich   und  ko?inte  keine  Ruhe  finden,  Tun.  MG  I  p. 

95  N°  47,  V.  3,  =  id.  TTBL  Gloss.  s.v.,  où  il  dit:  „^J 
signifie  par  conséquent  vouloir,  donc  comme  "SiS".  u  (jâmîl 
gê  fil-^ëtbà  uga'^mez;  mil  bfis  yâkul,  et  G.  vint  au  seuil 
et  s'y  accroupit;  il  ne  voulait  pas  manger,  id.  MGTrip.  p. 
34,33;  hdâhum,  ma  bas  yaHîbùmli,  il  les  prit,  il  ne 
veut  (plus)  me  les  donner,  ib.  p.  59,  16.  J'ai  exactement  rendu 
la  traduction  de  Stumme.  On  voit  qu'elle  diffère  dans  les  deux 
dernières  phrases.  Mais  ib.  p.  59,  24:  ma  bâ  yisrîhà  hadd 
min  ni,  personne  ne  veut  me  l'acheter,  =  dt  ma  bâ  yis- 
tërîha,  on  ne  dira  pas  que  bâ  soit  ici  au  parfait.  Stumme 
dit  ib.  §  56  que  ce  bâ  du  parfait  est  rare,  lorsqu'il  est 
positif  (c'est  à  dire  sans  "^j  et  que  l'on  préfère  au  bâ  positif 
l'imparfait  yibbî.  Bâ  est  donc  =  yibbî.  Beaussier  p.  20 
donne  ,.^c^  L  U,  fém.  (^ci  oIj  l^,  ne  pas  vouloir,  refuser",  et  il 
le  tient  pour  une  altération  de  ^î,  qui  chez  lui  est  refuser, 
mais  c'est  alors  une  altération  de  ^'i,  voidoir,  il  me  semble; 
ib.  p.  607":  L.  "i,  refuser,  ne  pas  vouloir  (Est),  et  \^[i  '^,   ils 


15 

ne  voulurent  pas".  Doutté  TAO  p.  68  n.  B  traduit  ma  bûA 
correctement  par  il  ne  veut  pas^  mais  Marçais  KMT  A  p.  413, 
par  il  n'a  pas  voulu^  ce  qui  n'est  pas  d'une  parfaite  exacti- 
tude. Etant  donnée  l'autorité  de  Beausier  et  de  Stumme,  je 
veux  bien,  pour  le  moment,  accepter  un  parfait  complètement 
conjugué  de  aba,  mais  on  me  permettra  cependant  de  douter 
un  peu  du  fém.  oLi,  bet,  et  du  pluriel  U  et  bù.  Ce  „par- 
fait"  est  chez  RO  §388  „be.,  vouloir,  (=bara  "j",  mais  il 
a  soin  d'ajouter  qu'il  n'est  usité  qu'à  l'imparfait. 

Stumme  dit  ib.  p.  240:  ,,Mais  toutes  les  formes  susmen- 
tionnées peuvent  être  très  mutilées,  de  façon  que,  quelque- 
fois, il  n'apparaît  qu'un  bî,  bu  ou  be,  voire  même  un  seul 
b".  C'est  alors  le  simple  préfixe  futural,  ainsi  qu'on  constate 
dans  les  exemples  qu'il  en  donne.  Cette  mutilation  ne  pourra 
alors  venir,  selon  sa  théorie,  que  de  l'imparfait  nfibil,  yâbà 
etc.,  et  non  du  parfait  bâ,  ni  du  parfait  bbâ,  qu'il  prétend 
provenir  de  |^^,  car  comment  un  parfait  aurait-il  pu  donner 
au  préfixe  un  sens  futural?  La  phrase  citée  plus  haut  (p.  14, 
10  d'en  bas):  ma  bâ  yisrîha  l.iadd  minni  indique  bien 
le  futur,  comme  l'a  aussi  traduit  Stumme.  Il  est  bien  étonnant 
que,  dans  les  dialectes  méridionaux,  où  ce  bâ>b  fait  florès, 
ce  parfait  n'existe  pas  et  qu'il  se  soit  réfugié  dans  des  dia- 
lectes aussi  éloignés. 

Pour  expliquer  les  deux   parfaits  bà,  imparf.  yubà,  et 

bbâ,  imparf.  yîbbî,  Stumme  opine  que  „le  classique  ^^jî, 
imparf.  ^^'u  ou  ^jJ^,,  a  conclu,  dans  le  dialecte,  avec  le  classi- 
que ^JJ^,  imparf.  ^^j^^.,  un  compromis  intéressant  pour  rendre 

l'idée  de  vouloir,  être  sur  le  point  de".  Mais  comment  le 
classique  ^î  qui  veut  dire  noluit{\)  aurait-il  pu  conclure  un 
compromis  avec  son  antithèse  voluit  et  dont  le  l'ésultat  serait 


6^' 


>)  La  remarque  de  Socin  Diw.  III  p.  1G8.  10  d'en  bas  n'est  pas  jiistifiéo. 


16 

^j|>Lj  seulement  voluit.  Stumme  relève  bien  que  le  classique  ^\  est 
7ioluit,  mais  il  ne  se  rend  pas  bien  compte  de  l'invraisem- 
blance d'un  tel  compromis.  ^!,  vouloir^  et  ^^,  désirer,  sont 
deux  verbes  diiïérents  quant  aux  radicales,  à  peu  près  syno- 
nymes quant  au  sens. 

^iu  a  partout  une  conjugaison  complète,  ce  qui  est  à  noter. 
Il  faut  observer  que  l'emploi  de  beyt,  aba  et  ba  offre 
des  nuances  de  sens  qu'on  ne  saisit  pas  de  prime,  abord  ;  je 
.l'ai  relevé  1301.  Ainsi,  ana  beyt  mîit=  j'allais  mourir,  je 
suis  près  de  mourir,  je  me  setis  mourir,  je  me  meurs;  ana 
a  b  â"*  m  û  t ,  ^'e  veux  mourir;  ana  b  a'  mût,  je  vais  mourir, 
je  mourrai;  hû^  yibâ  jnmût,  il  veut  mourir,  mais  hû' 
bâ'   yimût,   il  va   mourir.    Nous   avons   en  algérois  une 

construction  pareille  avec  l^:>,  être  sur  le  point  de:  u-o 
o>-«j  ou  oj-H  v^^-  ?  ^^  ^^^  ^'^^^  ^^  point  de  mou7'ir,  il  va  mourir; 
o^  c;^-:vp»,  je  rne  sens  mourir,  Beaussier,  p.  102,  Marçais 
RMTA  p.  424;  de  même  dans  le  dialecte  de  Waddây: 
o>*r!  j.5^Vo  ^^  agonise,  Carbou  p.  234,  5  d'en  bas.  La  coïnci- 
dence sémasiologiqne  du  ^^  algérien,  du  ^b  en  Waddây,  qui 
signifient  tous  les  deux  vouloir,  et  du  sudarabique  L,  vouloir, 
est  frappante.  —  Même  construction  en  ^Hdr  et  en  "Oman 
avec  |^<Ju.  (j^l3  o'.AijJ  ^'^\  Q^  oyîl  o^î^b,  j'étais  presque  mort 

de  peur  (lorsque)  je  trouvai  du  monde,  RO  p.  225/6,  ce  qui 
est  aussi  une  bonne  phrase  hadramite,  =  dt  :^\  o^  o-rv^- 

La  lurah  a  du  reste  aussi  o^  ^Xjy..  Voir  ici  sub  ^b  et  o\y 
On  sait  que  Nôldeke,  Beitrâge  I  p.  69  ne  veut  admettre 
un  verbe  ^t,  vouloir,  qu'il  prend  pour  une  „ mutilation  de 
jjb",  et  dont  il  renie  carrément  l'existence.  J'ai  essayé  de 
le  réfuter  1301  et  s.  Déjà  le  savant  Gesenius  dit  dans  son 
Thésaurus  sv.:  Âpud  Arabes  et  Aethiopes  rad.  ^_^!  AnÇ  wim 


17 

habet  plane  contrariam  nolendi,  recusandi  etc.  At  liaec  radias  ^1  >  b 
vis  forsan  recentior  est  m  linguis  semiticis  et  ex  usu  demum 
Hebraeorum,  qui  constructione  hujus  verhi  negativa  delec- 
tantur,  enata".  C'est  clair  et  juste.  Stade,  Kônig,  Ges.-Buhl 
et  Scerbo  n'ont  pas  tort  de  traduire  "dn*  par  voidoir,  et  les 
autres  langues  sémitiques  peuvent  aussi  offrir  ce  sens;  on 
le  trouverait,  à  ce  qu'il  paraît,  même  en  égyptien.  L'in- 
scription araméenne  de  Barrekab  porte  le  verbe  "iDN.io" ,  Us 
désiraient  pour  eux.,  aie  icihisclden  sich.  Les  comment,  le  tirent 
de  3N*\  Hoffmann  ZA  XI  p.  320,  Lidzbarski  Handbuch  p.  205, 
Brockelmann  o.  1.  I  p.  536.  Il  serait  plus  naturel  d'y  voir 
tl'li^,  ^ffJÎ-  Nôldeke  dit  o.  1.  p.  66:  „Estce  possible  que  l'arabe, 
à  côté  du  commun  ^_^),  noluit,  qui  existe  encore  aujourd'hui, 
puisse  avoir  un  ^_^!,  vohiit,  ayant  parfaitement  le  même  sens, 
vôllig  gleichbedeutend,  d'autant  plus  que  ce  refuser,  ne  pas 
vouloir  est  aussi  confirmé  par  l'éthiopien  comme  étant  sud- 
sémitique  commun".  Et  il  ajoute  cet  argument  absolument 
stupéfiant:  „0n  n'aurait  certainement  jamais  osé  faire  une 
telle  supposition,  si  l'hébreu  riDN'  ne  signifiait  voluit".  J'ai 
aussi  peu  que  mes  confrères  forgé  un  ^^j!,  voluit.  Il  rejette 
donc  absolument  notre  ^^!,  voluit,  malgré  les  exemples  que 
j'ai  apportés,  moi  et  d'autres.  Il  est  vrai  que  ^^!  est  souvent 
dans  la  lurah  ne  pas  voidoir,  refuser,  dédaigner.  Du  moins, 
on  le  prétend.  Exemples  classiques  se  trouvent  chez  Hommel 
Ûber  eiiie . . .  Ausgabe  der  ùamharat  el-^Arab,  Brill,  Leide 
1884  p.  21;  pour  le  Qor.,  v.  la  concordance  de  Flûgel.  Kâmil 
p.  859,13  et  ib.  index  p.  798;    Tab.   I  p.  1179,3;   1612,3; 

K.  el-Addàd  p.  50,5.  Diw.  Hodeyl.  Wellh.  46,6:  L^'  Jj^. 
Il   est   souvent   suivi   de  J^,  p.  e.   Hodeyl.  Wellh.  p.  46,8 

d'en  bas:    wL^!  x-JLc  ^^Li  U-^  !rjAi-J  ^^  ^'*.^î  Lej  i^'^", 

T.  appela  ses  amis  pour  qu'ils  tombent  sur  eux  traîtreusement, 
mais  ses  amis  s'y  refusèrent.  On  pourra  ici  comparer  la  con- 

2 


18 

^j|  >  Ij  struction  J^  toet  J  t  o,  vhv,  car  J^  ^t  est  aussi  le  contraire 
de  J  ^t,  dont  on  trouvera  un  exemple  plus  loin  p.  19,  10.  Clas- 
siquement, ^\  est  souvent  suivi  de  *§].  En  voici  quelques 
exemples  au  hasard.  Qays  b.  el-Hatîm  N°  10  v.  13: 

Euere  Schar  verabscheut  ailes,  ims  nicht  Elucht  ist, 

Uiid  Misère  Schar  verschmàht  ailes,  was  nicht  Angriff  heisst. 

Ibid.  NMl  V.  8: 

Der  Mann  lieht  es,  semé  Wûnsche  (erfûllt)  zu  finden, 
Gott  aber  tut  niir,  ivas  er  loill. 

Selon  les  traductions  deKowalski.  Ib.  N°XIIv.  8:  slT^Î  ^O:!, 
des  pères  ont  dédaigné  le  blâme.  Ici  verabscheiàn,  détester, 
et  verschmdhen,  dédaigner,  meiden,  éviter,  rendent  seulement 
le    sens   intrinsèque    de    la   phrase,   mais   nullement,   il   me 

semble,  le  verbe  ^\  suivi  de  %.  Mais  dans  le  vers  de  Labîd 
N°  XXXiy  V.  3-6: 

L*/iio>î  j>!c  ..y   iM^-*^    (^3      L..ir._*. j^   ^;i  "^^^  lX-ïj 

e^  il  (Allah)  a  anéanti  Iram  et  Tubba'^ 
et  le  peuple  de  Loqmân  b.  "Ad,  il  Va  humilié, 
car  ')  ils  avaient  lutté  avec  lui,  mais  il  ne  se  laissa  pas 
[renverser  =  ne  voulut  pas  être  renversé. 
le   verbe   ne  saurait  être  traduit  que  par  refuser  ou  ne  pas 

vouloir.  Qays  b.  el-Hatîm  N°  4  v.  6  et  7  :  î^!  LJls  est,  selon 
moi,  voluit. 

Mais  dans  ce  verset  de  Qays  b.  el-Hatîm  VI  v.  18: 


')  Brockelmana  traduit  ici  O^  k  tort  par  ah.  Sur  Ff^,  voir  Gl.  sv. 


19 

Lorsque  tu  conduis  la  vérité  par  le  mensonge,  elle  s'y     -a!  >  U 
refuse,  mais  si  tu  coîiduis  (les  choses)  par  la  vérité,  les 
[(montagnes)  immobiles  se  laissent  conduire. 

Le  verset  ib.  N°  1  v.  17  n'est  pas  dans  le  même  cas: 

Et  nous  les  (lions)  féconderons .... 

Avec  nos  sabres  afin  que  nous  abattions  leurs  velléités. 

Kowalski  traduit  A^l  par  récalcitrance  ;  c'est  plutôt  fermeté. 
Et  dans  le  Diw.  Hodeyl.  Wellhausen  N°  203  v.  15: 

ce  que  Wellhausen  traduit  par: 

Je  suis   défendu  par  des  aides  qui  se  lèvent  comme  un 

[torrent 
et  par   un  pouvoir  qui  ne  cesse  d'être  pour  nous   iné- 

\branlable, 

tandis  que  Barth  ZDMG  39  p.  161  le  rend  par:  es  ivehrt 
mir  ab  ein  Helfer ....  Je  trouve  que  ni  l'un  ni  l'autre  ne 

sont  bons,  mais  je  ne  saurais  rendre  ici  ^\  d'une  façon  ex- 
acte ;  ce  n'est  assurément  pas  =  ^ ,  mais  plutôt  =  J  ^js ,  vhv; 
en  tout  cas,  personne  ne  prétendra  que  ^\  ait  ici  le  sens 
de  noluit.  C'est  plutôt  comparable  à  J  to,  comme  J.£  ^\ 
l'est  à  (J^  !co,  voir  plus  haut  p.  17,4  d'en  bas. 

D'autres   exemples   chez  Hell,   ZDMG   59  p.  612,   oîi  la 
très  bonne  tiaduction  met  clairement  en  relief  le  sens.  Diw. 

el-Ahtal  Beyrouth  p.  8,  6  :   iS±^o  %  éc>jfS.  ^^\   ta  lance 


1)  Sur  ce  mot,  voir  Arabica  IV  p.  17  et  s.  et  Dt  1251  n.  2  et  ici  sv.  ; 
aide,  Helfer  n'est  donc  pas  d'une  exactitude  absolue. 


s 


20 

jI  >  Lj     a  voulu  seulement  de  la  dureté,  construction  tout  à  fait  sud- 
arabique. 

C'est   surtout  l'adjectif  classique  ^^1  qui  nous  éclaire  sur 

G  S    £    S 

le  vrai  sens  de  ^! .  Sanfarâ  v.  7  :  porte  J-wL.  ^^\  JJ^ ,  ce  que 

Jacob  rend  par  Jeder  (von  ihnen)  ist  ahioeiseiid  und  trotzig, 
parce  que  les  dictionnaires  disent  ainsi.  Labîd  Fragmente 
N°  XXXVII  V.  I: 

Dans   ce   verset,    j_^T  est   l'élatif  de  ^!,    et  je  le   traduis 

comme  suit: 

Je  n'ai  pas  vu  un  ami  comme  toi,  ô  Umâma, 

Ayant  plus  à  coeur  nos  intérêts  et  plus  beau  parleur. 

Hind  bint  Ma^bad  dit  dans  une  élégie,  dans  v;*^'  f-^jr^  Lr'^f 

Beyrouth  1897  I  p.  92  v.  7: 

(Le  défunt  regretté)  était  plus  doux  que  la  datte  et  plus 
ardent  que  le  charbon  incendescent  (contre  l'ennemi)  et  {le) 
plus  décidé  (du  monde) 

lorsqu'il  fallait  avoir  une  ferme  volonté.  Cheykho  l'explique 
par  (_,wUiî  ^  ^^^  ^^r-â-^b  -Ij"^'  L^y  '-^'jj  ce  qui  n'a  rien  de 
bien  explicatif. 

^jî,  pour  lequel  Jacob  Sanfarâ  I.  p.  19  et  II  p.  15  donne 
encore  des  références,  ne  doit  donc  pas  être  traduit  par  ah- 
loeisend,  mais  par  qui  a  une  ferme  volonté,  ferme  dans  ce 
qu'il  veut  et  fait,  même  dur,  appliqué  au  bois  de  sauhat, 
Grewia.  Ici  il  y  a  l'idée  de  vouloir^  mais  non  celle  de  7ie 
pas  vouloir. 

Je  ne  nie  pas  que,  dans  les  dialectes  de  toute  la  Péninsule, 
^_^j!  n'ait  aussi  le  sens  de  refuser,  mais  alors  ^\  devient  ^i\, 
voir  sub  À=>1,   J^  et  ^^1  et  Stumme  M GT  p.  238  §  53,  avec 


21 

le  participe  mâbi,  ou  âbi,  comme  le  "omânais  mâti  de  ata,       j|  >  Lj 
MSOS  V,  II  p.  6,  11  ce  qui  explique  l'imparfait  nordarabique 
yâba,  tâba  etc.,  voir  ici  p.  13  en  haut.  En  Harîb,  Dt,  ""Awâl.  et 
Hdr,  le  verbe  est  alors  suivi  de  la  négation:  âba  la  yoljrog, 
il  refusa  de  sortir,  Hdr  p.  520.  Son  synonyme  v^>  refuser, 

noluit,  vhv,  est  aussi  suivi  de  la  négation  :  (_-JLè  &I  c>~>^eo 
£L>  Lo,  mais  ce  n'est  pas  la  même  construction,  car  il  faut 
l'analyser  par  il  refusa  (et)  ne  vint  pas,  comme  chez  Snouck 
ZA  26  p.  233  n.  6;   p.  235,  13   d'en   bas;  p.  238  n.  1,  ce 

qui  rappelle  le  class.  ^!  ^1,  dont  je  viens  de  parler,  ou  bien 
on  dit  ^  ^!  ou  ^^.  Socin  Diw.  I  N°  69  v.  48: 

£Lci^.^?iJ!  ^^j-c.  Uj  Lâ_=>5^3      U-wjij  iAa^îJî  ^~thl\  ,^  Llj 

Nous  fie  voulons  pas  d'un  butin  minime, 

Et  les  vulves  de  nos  femmes  ne  veulent  point  d'une  turpitude. 
Cf.  Arabica  III  p.  106,  2. 

Le  sens  primaire  me  paraît  encore  être  ici  vouloir:  il  veut 
ne  pas  sortir.  Au  Waddây,  ^t  est  ne  pas  vouloir,  Carbou 
pp.  120,  7;  125,  10  d'en  bas:  hu  aba  ana  nedhel,  il  n'a 
pas  voulu  que  j'entre  =  m  a  i  d  ô  r  a  n  a  nedhel,  il  7ie  veut 
pas  que  j'entre,  ib. ;  ana  dawert  ou  durt  hù  yedhel 
lakin  hû  aba,ye  voulais  qu'il  entrât,  mais  il  a  refusé,  Vo. 

^\  doit  provenir  d'une  racine  qui  désigne  à  l'origine  un 
mouvement  psychologique  de  la  volonté.  Ce  mouvement  peut 
se  manifester  dans  un  sens  affirmatif  ou  négatif.  Ce  thème 
a  par  conséquent  pris  deux  directions  sémasiologiques  oppo- 
sées: de  l'un  côté  noluit,  comme  en  arabe  classique,  en  ara- 
méen  et  en  éthiopien,  et  de  l'autre  voluit,  comme  en  assyrien, 
hébreu  et  arabe  dialectal.  C'est  ce  que  les  Arabes  appellent 
un  didd,  1302.  Mais,  pour  nous,  il  n'y  a  pas  de  vrais  didd, 
car  l'antisémie  s'explique  par  les  différentes  compréhensions, 
dans  des  milieux  différents,  du  concept  primordial.  Je  me 
rappelle  avoir   lu,   dans  un   de  mes  manuscrits,  que  je  n'ai 


22 

^1  >  b  plus,  que  ^5  est  un  didd.  Nôldeke  à  lui  même  écrit  un  joli 
mémoire  sur  les  j>\J<A3\,  Beitriige  II  p.  67  et  ss.,  mais  je  ne 
m'étonne  pas  qu'il  n'ait  pas  trouvé  que  notre  ^1  rentre  dans 
la  catégorie  de  ces  soi-disant  oÎlXxs!,  car  pour  lui  ,3!  est 
seulement  noluit,  et  son  programme  ne  comprenait  pas  cette 
sorte  de  mots  à  sens  opposés.  C'est  ainsi  qu'il  ne  parle  pas 
des  addâd  tels  que  ^S  v^^  ^t  ^  w^c^ ,  Hodeyl.  Wellhausen 

N°  141  V.  6:  wO-j>  ^  =L«j>  ^  ^^-^à.,  nous  dédaignons  le 

sang  des  B.  (x.;  K.  el-Addâd  p.  262,  Lane  sv.,  et  Nôldeke  o.l. 
p.  69,  ot  uryb  et  ^y,  [joy^ ,  K.  el-Addâd  p.  69,  Lane  sv.,  parce 
que  le  sens  contraire  est  motivé  par  la  construction  avec 
^\  ou  ^y,,  q£.   Cette  construction  est  très  courante  dans  les 

parlers  bédouins  du  Nord.  Ixxb»)  ^\  v^j^?  ^^^^  désirons  aller 
dans  notre  pays,  wir  sehnen  uns  nach  uyiserem  Lande,  mais 
.  UjLbj  ^  '-r^f,  nous  ne  voulons  pas  de  notre  pays,  ou,  moins 
exactement,  7ious  désirons  quitter  notre  pays,  wir  sehnen  uns 
von  unserem  Lande  weg;  cf.  p.  23,3.  En  datînois,  ^^  ^, 

avoir  le  dégoid  pour,  vhv,  =  ^^^  j*^  vhv,  tandis  qu'en  araméen 

c'est  tout  le  contraire,  voir  Ges.-Buhl  sub  □ï'^. 

«Jb,  vhv,  est  dans  la  lurah  et  les  dialectes  du  Nord  avaler, 
mais  dans  le  Sud,  tout  le  contraire,  ma  LA  p.  65;  cf.  c>Jj. 
JiJu  et  ^Jèh,  vhvs.  i-Jic  est  en  dt  et  hdr  aussi  bien  vaincre 
que  refuser,  vhv;  cjj,  effrayer  et  porter  secours,  Hdr  Gl.  sv. 
et  ici  sv.,  Nôldeke  Beitràge  II  p.  80.  cL.  est  encore  au  Waddây 
acheter  et  vendre,  Carbou  pp.  131  et  202,  comme  dans  la 
lurah,  Nôldeke  o.l.  p.  76:  m  die  Hand  Schlagen,  toper  datis 
la  maiyi.  Le  sens  primaire  de  la  racine  a  été  différemment 
appliqué  ou  spécialisé,  mais  toujours  dans  le  même  rayon 
d'idées.  Notre  ^î,  voidoir,  fait  partie  de  cette  catégorie  de 
•     mots,  mais,  malgré  l'extension  de  son  emploi,  les  lexicographes 

l'ont  ignoré.  Le  classique  v_jî ,  1302,  vhv,  doit  être  un  proche 


23 

parent  de  ^t,  ce  qui  a  déjà  être  relevé  par  Gesenius,  dans       J  >  b 

son  Thésaurus.  'Comparez  cette  réponse  d'un  Datînois  à  qui 

+ 
j'avais   demandé   pourquoi   il  était  si  triste:  q!^  U;o^!  o^!, 

je  désire  aller  à  notre  pays  Marrcm,  I  am  longing  for  M. 
Cela  est  à  peu  près  le  classique  \jJd^  ^\  ^],  vhv,  et  LA 
I  p.  199.  HN^  et  ^^j.^,  avoir  envie  de  qqc,  Ges.-Buhl  sv,  sont 
sans  doute  des  métathèses  de  l/~aby. 

D'après  Nôldeke,  o.  1.  p.  66,  riDN  se  rencontre  environ  50 
fois  dans  l'A  T,  presque  toujours  avec  la  négation  ià ,  et  alors 
ce  ià  ne  serait,  selon  lui,  qu'un  renforcement  de  la  négation, 
à  peu  comme  nous  disons:  non,  je  refuse!  C'est  peut  être 
plutôt  la  particule  affirmative  b,  en  scriptio  plena  K^,  Ges.- 
Buhl  p.  374,  comme  l'arabe  J,  aussi  écrit  qqf.  "^,  p.  e.  Qor.  S. 
56  V.  74  et  75  v.  1  ').  Je  ne  crois  pas  que  les  hébraïsants 
ex  professu  adoptent  cette  interprétation.  Aussi  Brockelmann, 
ol.  II  p.  186  anm.  2  et  p.  513,  doute-il  de  cette  subtile 
argumention  de  Nôldeke  et  il  renvoie  à  mon  Dt  1301.  J'ai 
passé  en  revue  bon  nombre  de  passages  de  l'A  T  oii  se  rencontre 
HDK.  d'après  Ges.-Buhl,  et  je  n'y  trouve  que  le  sens  de  vou- 
loir et,  avec  la  négation,  7ie  pas  vouloir,  noluit. 

Or,  étant  donné  qu'il  n'y  a  pas  de  vrais  didd,  il  faut  tâcher 
d'expliquer  cette  antisémie  spécieuse.  Je  crois  que,  à  l'ori- 
gine, jjt  était  voluit.  La  construction  telle  que  "bS!  JJu::>  ^G 

L^s  et  iUio  Le  "b5t  iJJ!  ^\j  ont  été  primitivement  %  ^^u  Le, 
il  ne  veut  que,  voluit  nisi.  Ensuite,  la  négation  Lo  a  été  sup- 
primée, voir  ici  sub  ■:i|,  procédé  très  commun  dans  les  dia- 
lectes du  Sud.  Cela  a  dû  avoir  lieu  avant  l'Islam.  ^\  ^i  est 
seul  resté.  Ne  pouvant  plus  expliquer  affirmativement  cette 
tournure,   l'on  aura  donné  au   verbe  le  sens  de  refuser  et 


1)  Contr.  aux  exégètes  indigènes  et  à  beaucoup  de  confrères;  v.  sub  ^3. 


^ 


24 

!  >  Lj  l'on  s'en  est  aussi  servi  dans  ce  sens,  comme  le  prouvent 
les  exemples  anciens.  On  pourrait  aussi  supposer  que  le  verbe 
^t,  vouloir,  qui  est  infiniment  plus  répandu  dans  le  Sud  que 
dans  le  Nord,  est  venu  avec  les  tribus  méridionales  dans 
le  Nord  au  même  temps  que  la  tournure  sans  U,  omission 
commune  chez  les  Arabes  du  Sud,  mais  peu  compréhensible 
aux  Arabes  en  Nord.  Pour  le  méridional,  ^L^j  L  %  xJJî  ^^b 
avait  la  même  portée  que  ^Liij  L  %  »JJI  ^^Lj  Le.  On  m'ac- 
cordera  que   cette   construction    "l^] .  . .  ^^!  est  assez  étrange 

dans  la  lurah,  si  l'on  n'admet  pas  la  chute  de  la  particule 
négative.  Plus  tard,  lorsqu'elle  devenait  plus  courante,  on 
aura  senti  la  négation  dans  le  verbe  auquel  on  donnait  par 
conséquent  une  idée  négative,  refuser^  et  alors  la  particule 
n'était  pas  tout  à  fait  nécessaire,  D'autres  savants  examine- 
ront cette  question  de  "5!  ^^i,  qui  n'est  nullement  close 
par  le  présent  mémoire. 

Nôldeke  aurait  dû  se  rendre  compte  de  l'emploi  de  cet 
abâ,  voluit,  de  par  toute  l'Arabie  et  hors  de -là,  même  dans 
l'Afrique,  1301,  ma  LA  p.  64.  Pour  moi,  abâ,  voluit,  ap- 
partient au  vieux  fond  sémitique.  Des  Assyriologues  m'ont 
affirmé  que  abîtu,  comme  nebîtu,  appel,  de  nabû  appeler, 
veut  dire  Bescheid,  Erlass,  de  nDN\  et  que  ce  sens  est  suffi- 
samment fixé,  mais  que  le  verbe  n'a  pas  encore  été  trouvé. 
Knudzson  Amarna-Tafeln,  II  p.  1360,  porte  „abâtu,  Befehl, 
Absicht  n^N".  Les  deux  mots  que  j'ai  cités  1302  d'après  KB 
vol.  V  se  lisent  à  présent  autrement  dans  l'édition  de  Knudzson. 

Avant  d'aborder  la  question  de  la  provenance  du  préfixe 
ba,  je  vais  donner  les  passages  où  se  rencontre  ce  thème 
dans  mes  textes,  soit  comme  verbe  défini,  soit  comme  verbe 
auxiliaire  ou  comme  préfixe  verbal  de  l'imparfait.  J'y  ajoute 
également  quelques  exemples  de  son  emploi  dans  d'autres 
dialectes. 


25 

Parfait,  quant  à  la  forme,  mais  non  pas  toujours  quant  ^1  >  b 
au  sens.  Beyt  sab^a  îôâ^  ye^zù"  (=  îjjij)  beyt  el- 
"  â  q  i  1 ,  je  veux  sept  jeunes  gens  (ou  individus)  qui  attaqueront 
la  maison  du  chef,  8,1b;  Ibib.  Tlât  marrât  ille  dî'  beyt 
mût,  trois  fois  que  fai  été  sur  le  point  de  mourir^  85,  24; 
1301.  Beyt  sîr  laqedâ^  ahli  bâtbassarhom,  je  veux 
aller  vers  les  miens  pour  les  voir,  86,  1.  Wa'^âdani  beyt 
wâhed  leh  gelîleh,  et  je  veux  encore  quelqu'un  pour  qui 
j'ai  une  halle,  112,7,  chanté  beyta.  Went  beytak  te- 
haddar,  et  toi,  je  veux  que  tu  prennes  garde,  104,  19;  cf. 
106  n.  10.  Bâ  tesili  satar  beythin  risâ%  tu  me  feras 
des  torons  dont  je  veux  faire  une  corde,  316,11.  Kam  ta-  • 
bâni  sûwîlak  fi  hûrtak?  Beyt  tentèyn,  combien 
de  ventouses  veux-tu  que  je  te  fasse  à  la  nuque  ?  J'en  veux 
deux,  46,24.  La  beytehâlak  zuwâg,  si  tu  la  veux  en 
mariage,  26,  2.  Na  beyt  hôrr,  je  veux  être  libre,  Dt  1301, 
avec  l'observation  y  faite  à  propos  du  parfait.  Ce  parfait  est 
encore  employé  dans  le  «.lX^!  oiii  de  Hdr,  voir  Hdr  Gl. 
p.  549  s.v.  j<~>^,  et  au  pays  des  ^Awâliq  Supérieurs.  Ana 
beytak  tetahhàfli  dagni,/e  veux  que  tu  me  coupes  la 
barbe,  "^Awlaqî,  H(ir  p.  520.  ^J^  o^j  Li[îl,  je  veux  partir, 
expliqué   par  J^L  c:Axij,    Hdr   p.  520,  8.   Voir  exemples  de 

Haurân  et  de  Thèbes  1301  et  note. 

Imparfait.  Dans  les  dialectes  de  Dt  et  de  Hdr,  il  est  tou- 
jours yabà",  yebâ'  etc.,  mais  en  dofârî  aussi  y  abî",  yebî^ 
RD  n  §  79  d.  ili:^  ^^  Li  ^  ^S^  ^J  c>t^^  (<  'cy^  avec 
prothèse:  --^-),  je  désire  pour  moi  un  châle  et  je  veux  un 
fichu,  115,  17.  io;L>  KjA^  liU/o  L  c>^>ljCS!  b,  comte!  je  veux  de 

toi  un  cadeau  rémunérateur,  N°  89  v.  9,  et  ib.:  ^ou  L  yS\^ 

JLotiJ  ^1^  et  du  sultan  je  veux  un  cadeau  pour  les  enfants. 


26 


o    > 


j^jt  >  b  d^fr-  J^*^  cr  L'Hy-^  ^5  J^  veux  mon  keswah  (vhv),  made 
in  Germany,  1 59  o.  1.  L^  .■i:->o  . . .  s^av/  b,  je  veux  un  keswah 
avec  leguel  je  sortirai,  160,  1;  1289  n.  (j.2>LiLj  ^\  J^^  L  ijt, 

j/e  vewa;  aujourd'hui  aller  à  la  Montagne  pour  chasser,  Hdr, 
Arabica  III  p.  104.  Anabâ"  heyt  tebâ"  eut ,  j'irai  là  où 
tu  voudras^  Dt,  cf.  le  mehri  hôm  al  hâtri  hû  yehôm  =  Dt 
bî  ^M-=>  Lo  vi^yp»  L.!,  je  veux  aller  là  où  mon  esprit  à  moi 
veut,  Bittner  St.  mehri  III  p.  56  n.  2.  cj^Lo  Lî,  je  veux  aller 
à  M.,  Arabica  III  p.  104.  ébo!^  L  Lo  ..iw^J  Ij,  (^  i-  ie  ne  veux  aller  à 
ton  wâdi,  879,  4.  'i,^\\j^A  ^  L  oy^-  Lo . . .  'iiJ>\S  ^  [j,  je  veux  un 
don  gracieux  . .  .  tatit  que  je  marche  (voyage),  je  veux  quelque 
profit,  1715,  5  d'en  bas.  ^J:i^3  L>,  je  veux  l'objet  garanti,  555,  7 

d'en  bas.  Wus  bâlih  el-mâl,  que  faire  de  cette  fortune? 
117, 19  expliqué  118  n.  1  et  1531,  comme  Rôssler  M  SOS  III 
p.  9,  12:  amû  abrâlhin  killhin,  que  faire  de  toutes 
celles-là?  Aba  asûf  sînèthâ,  je  veux  voir  sa  tresse,  SAE 
III  p.  15, 15  mais  ib.  1.  19:  bâsûf  sînèth  a. 

Si  aba,  je  veux,  est  moins  employé  dans  le  Sud  que  le 
simple  ba,  il  est,  en  revanche,  très  courant  au  Negd  du 
Nord,  même  chez  les  ^Anazeh,  mais  alors  c'est  abî;  exem- 
ples Arabica  III  p.  103.   L\_A-ii^  ^!  ^\  iiL.*-:fvj!  ^<jS,ie  veux 

f envoyer  chez  I  Rasîd,  ^Oneyzah. 

Dans  un  récit  ""anazî  sur  le  mariage,  je  hs  ceci:  yigiîl- 
laha:  ànabîË  utegûl  hî':  uent  ba^d  ànabîk,  ugôtar 
yam  ahàli  uhtobni  min  hàli.  Yahôdlu  ragâgîl  râh 
yam  hàlha.  Wus  gtVibak  ya  fiilân?  Gâl:  àbi  bin- 
tak,  il  lui  dit:  „Je  te  veux  (en  mariage)",  et  elle  dit:  „Et 
toi  aussi,  je  te  veux,  et  retidstoi  auprès  de  ina  famille  pour 
me  demander  en  mariage."  Il  prit  des  hommes  avec  lui  et 
alla  chez  la  famille  à  elle.   ^^Qu' est-ce  qui  t'amène,  un  telf" 


27 

It  dit  :  „Je  veux  ta  fille  (en  mariage)".  Même  procédé  30,  4  avec  -jf  >  L? 
^j^:  ma  tebrîn  (ou  tabreyni)  tâhidîn?  Rép.  In  ki'in 
tabrâni  abrâk,  ne  désires-tu  me  prendre  (pour  mari)? 
Rép.  Si  tu  veux  de  moi,  je  veux  (aussi)  de  toi.  Il  s'ensuit 
de  cette  juxtaposition  que  les  deux  thèmes  sont  synonymes, 
mais  non  autre  chose. 

^^y**^  /O^  Lo'  ^]^  lX^^  j5"l\j',   tic  fais  mention  de  M.  et 

et  si  tu  veux,  tu  feras  aussi  mention  de  S,,  171  v.  11.  ^_ 
aiA^xJî  o^j"^^  I-h"j  toi,  qui  veux  te  rendre  à  la  terre  éloignée^ 
Arabica  III  p.  104.  Tëbâ"  Lizerbât,  qui  te  rends  à  L, 
140,  16.  Kânet  halq  tebâ^  ou  tabiV,  tuqtùlni,  il  y 
avait  du  monde  qui  voulait  me  tuer,  83,8.  Lo  (jiî,  que  veux  tic 
76,  6  =  what  do  you  want?  Stace  p.  183.  a^joL.  ^.Lo",  veux-tu, 

{me  nuire)  de  propos  délibéré?,  496, 7  d'en  bas.  iil^  'uj ,  nous 
voulons  avoir  de  quoi  payer  nos  dettes,  497,  5  d'en  bas. 
Wên  tabâ^  où  veux-tu  aller?  516,  10. 

La  hû'  yibà'  beyni  ubeyneh  tâliyeh,  s'il  veut  qu'il 
y  ait  ensuite  la  paix  entre  nous,  111,  3.  Winneh  yibâ" 
girbeteh,  et  s'il  veut  avoir  son  champ,  141,3.  Fiilân  yibâ' 
bintak,  un  tel  veut  avoir  ta  fille  (en  mariage),  26,6.  111  e 
df  yibâ^  yisrob,  =  Hammâmî  di  bâyisrob,  qîii  veut 
boire,  91,  10,  cf.  1372  en  bas.  Uix  ^JJ^  Lj  iU>^  S.  veut  de 
vous  un  souper,  661,  1  d'en  bas.  Hâde-l-kâtâb  yibâluh 
ta'^ab  gamm,  ce  livre  exige  beaucoup  de  fatigue,  Dt;  cf. 
l'algérois  a1  v-:^-'  ^^^(^  nécessite,  il  lui  faut,  Beaussier  p.  102. 
Yiba"  yaqtùnni,  il  voulait  me  tuer,  85,  5  =  trip.  yibbi 
yugtenni. 

Lf-Jx  •Jiy^^,  ^^.  j-P  ^\  oL/^Jî  -^f^.,  il  stipule  le  prix  de 

mariage  qu'il  (le  prétendant)  veut  payer  pour  elle,  37,  9, 
""Oneyzah.  Yâbi  zammàl,  il  veut  un  zammâl,  vhv,  664,8 


28 

^^jÎ  >  L     d'en  bas,  "Anazeh ').»o1jlI!  ijl^j  ^,-0  ^x>j^j  ^^  ^  d^jhj  ^^  ^- R- 

leur  envoya  alors  un  message  (leur  faisant  savoir  qu')  il 
voulait  la  dîme  habituelle,  1710,  8  d'en  bas,  "Oneyzah.  Joîj 

3l\_j^  (yàbi)  1^^.  X-àJjJt  (^    tiL  JU=>,   z^n   chamelier  sortit 

d'ez.-Z.  voulant  aller  à  B.,  Socin  Diw.  I  N"  16,  où  la  tra- 
duction est  trop  libre. 

Yibû''  yôqtôlûni  ou  yiqtolûni,  ils  voulaient  me  tuer, 
82,  21;  84,  3,  24,  =  trip.  yibbu  yugutlùni.  Yibàow 
yishabôh,  ils  voulurent  le  traîner,  12,  4  d'en  bas.  Ho  m 
el-bâreh  yibôn   Masr,  hier  ils  voulaient  aller  au  Caire, 

Arabica  III  p.  104.  IjJolc  ^^_,  the  corne  to  us,  Béd.,  Stace 
p.  33  ;  plus  exactement,  .ils  veulent  venir  chez  nous.  I  n  k  â  n 
tebû'  si  qurùs  bâ^'lindîh,  si  vous  voulez  de  l'argent 
(quelques  talleris),  nous  en  donnerons,  82,  11.  Es  tabtf 
fîm-wugëh?  Tebûna  lindi  laum?  que  voulez-vous  comme 
expiation  de  lèse-garantie?  Voulez-vous  que  nous  donniotis 
des  domjnages-intérêts?  521,  9. 

(jîna  labâ^  ard  et-tamaéah,  noîis  sommes  venus  pour 
nous   rendre  au  pays   de   la  fusée,    164,  12;  cf.   229  n.  3; 

même  phrase  Arabica  III  p.  104.  Ls:u3  ^^ô\^  ^  ^^^  Lo  y'L, 

demain  7ious  nous  alloïis  attaquer  W.  I).,  1648,  10  d'en  bas. 

Autres  exemples,  tirés  de  mon  Hdr,  chez  Nôldeke,  Bei- 
trâge  I  p.  65;  chez  Socin  Diw.  II  §  156,  RO  §  388  et  RD 
II  §  79. 

Le  préfixe  bâ,  ba,  b  joue  un  grand  rôle  dans  les  dialectes 
du  Sud,  au  point  qu'un 'Awlaqite  me  disait:  kull  kâlâmna 
bâ,  tout  notre  parler  est  bâ.  Avant  de  le  traiter,  je  vais 
donner  les  passages  où  il  figure  dans  mes  textes. 

1°  bâ  ou  bâ  futural,  en  scriptio  plena. 
Bâ    tindùni,   voulez-vous  me  dominer'?   8,  6.   Bâlindîk, 


1)  Obs  ici  yâbi,  qui  ne  peut  être  une  „mutilation"  de  y  abri! 


29 

710US    tu   donnei'ons,   8,9,  mais   11,  18:    bilndikum.   Bât-      ol  >  b 

qui,   tu  diras,  9,  4.    Bu'lisràl.i,  iious  allons  iMrtir,   10,  2. 

Udî^  Vidhom   bayihlaqôw   bfiyiqâtilùn,   et   ceux  qui 

vont  encore   naître  se  feront  (toujours)  la  guerre,   14,  12.  Il 

dî   bâyi^îb   sub^'a    hîwân   ....    u  bey^jâb  bihhan    ba- 

yilqa   Ijaznah,   cehti  qui  amène  sept  êtres  vivants  ....  ei 

les  égorge,   trouvera   un  trésor,  70,  3  et  ss.  Bà   te^arrîni 

èrkab  ""aies,   veux-tu  me  laisser   faire    V amour   avec   toi? 

75,  19.  Wên    bu    tonfira,  où  veux-tu  dormir?  75,  23.  Bâ- 

n  a  m  ^a  n  d  i  s,  je  veux  dormir  cliez  toi,  76,  7.  B fi  y  i  Ij  a  r  r  i  b, 

il  va  démolir,  87,  16.    Bâ   yohrog,  il  fera  sortir,   107,  19, 

<  -  -ï^  >  -  ^o  >  „  ^a .  B  il  y  i  n  ^a  1  û  h ,  ils  le  maudiront, 

116,  1 .  Ma   ^â  d    b  a  y  e  h  s  i  b  û  n  e  h ,    ils   ne  le  considéreront 
plus,  117,  25.  Les  bàhsob  baqar  ma  bâtu wâfiqinna, 
pourquoi  compterais-je  sur  des  boeufs  qui  ne  nous  convien- 
dront  pas?  119,  16. 
Marràn    bâ   yahrab,   M.   va   devenir  une  friche,    122,  9. 

B  â  t  i  q  b  a  1  a  h ,  le  receveront,  136,7.  B  a  t  n  è  s  s  i  d  a  k ,  _y'5  veux 
te  demander,  139,  10.  Bâyindor,  il  fera  sortir,  139,  14. 
Ma   bâ'yilâ'ha,   il   n'arrivera  pas  d  elle,  146,   13.  An  a 

bâ'wilis,  je  te  ferai  un  hurlement,  149,  19.  ^^  L,  je 
verrai,  160  v.  10.  Mehsin  bâ^yigp,  M.  va  venir,  161,22 
et  à  la  1.  suivante,  bâyitrah,  il  va  poser.  Ma^âd  bâ'yir- 
gif,  7ie  tremblera  plus,  161,  25.  Reyt  el-^Awâliq  bâ 
tegîna  lis-Seyh,  bâ  liqta^  ma^àseh,  que  les  "A^càliq 
viennent  d  Seyh  ^Otmân:  nous  leur  couperons  les  vivi'cs  (le 
pronom  de  »jjXxa  se  rapporte  à  ^y*l\^  oiJLstJ')»  164,13,14. 
Ma  bâ'  telamlam...  bâ^'tekinnah,  cela  ne  nous  fera 
rien  ...  l'abritera,  165,  18  et  19.  Bâ  tëbûwis,  tu  seras 
malade,  485,  7  d'en  bas.  Jo  L.ye  dirai,  je  veux  dire,  347,  5  d'en 
bas.  dU  JyL.  c^L,  attends  que  je  te  dise,  ilammàuii,  Arabica  IV 


30 

^!  >  L    p.  43.  («jJbcAv.j  L,  nous  nous  attirerons  le  blâme,  347,  2  d'en  bas. 

Bansidak,  je  veux  te  demander,  326,  1.  v;-*^"  "^^  ^^  '^^^ 

faucher,   333  n.  1.  yr-y^  L.  L«,  iw  ne  ^e  soustrairas  plus,  337 

d.  1.  vjîr'^'  L.  ^..^4^  *:^,  wz  soleil  7ie  va  se  lever  377,  9  d'en 
bas.  i_5iA;j  L),  z7  dominera,  399,  9.  «,jLo  L  L«,  _ye  ?ie  z^ewic  pas 

V égaler,  482,  12  et  ib.  .^'  L,  cm"  blessera,  et  ^mj  Ij,  ^w^  we 
sera  pas  vengé.  Bâsîr  Fahmân  butla^  /irai  au  W.  F. 
où  je  monterai  506,  4  d'en  bas.  liUcLw  \i  %,   et  je  ne  veux 

Raccompagner,  je  ne  t'accompagnerai  pas,  522  y.  4.  ^3  U.snj 

ay^Lï  j.  j_,-;^  u  _yoî ,  ni  woMS  wz  VOUS  716  manqucrous  à  notre 

+  _ 
devoir,  536,  3.  L^jisp.  L.  ^<^^  [i,  s'ils  voulaient  seulement  la 

+ 
laisser,  540,8.  lXJ^jJj'  L,  tu  vas  estimer,  544,7.  Ij  vi>-x_>  ^ 

^^  cH^"»  fixe- toi  là  où  tu  désires,  545,  2.  j,o(c  ^_c*:vH  e?*^ 
-SA«5  ^^\j ,  si  tu  me  veux,  je  viendrai  encore  et  je  partirai  (à 
la  guère),  555,  8  d'en  bas.  y^^^  Iam*^  j.  ^  L.  "^  »^^  L.? 
nous  le  ferons  sortir,  quand  même  il  tomberait  au  milieu 
d'un  puits,  555,  6  d'en  bas.  -yij"  L  ...  Lo ,  ne  se  lèvera  pas, 
646,  5  d'en  bas  =  155,  18.  Bâ  yihrog  nf,  elle  (la  viande) 
en  sortira  crue,  604,  9  d'en  bas.  ié.VLl,  L  Ijj  =  liU^.i  L  Ijîj, 
Je   mzs   t' envoyer,  660,  3.  |>j^.  L,   ils  seront  ruinés,  698,  8. 

û  3 

^bCi!  jj-wj  L,  le  mécréant  se  fera  musulman,  744  d.  1.  iaS.^'  L, 

({w  vas  tomber  746,  d'en  bas.  Bâ'  nasâlkum,  nous  allons 
vous  faire  1313  n.  1.  D'autres  exemples:  992,  12;  1075,  4; 
1081,  9  et  17;  1084,  10;  1107,  8;  1112,  12;  1124,  6  d'en 
bas;  1134,  1,  2,  4,  5;  1156,  d.  1.;  1182,  d.  1.;  1204,  9  d'en 
bas;  1211,  9;  1213,  7  d'en  bas;  1295,  3,  9;  1360,  4  d'en 
bas;    1361,  1;    1371,  7;    1400,  1  et   3   d'en   bas;   1451,10; 


31 

1452,  3;  1453  passim;  1484,  5;  1492,  11;  1508,  7;  1516,  ^^jf  >  L 
3,  9,  10;  1518,  4,  5,  11,  25;  1520,  10,  11;  1547,  3  d'en 
bas  et  n.  1,5  d'en  bas;  1565,  6  d'en  bas;  1603,  5  = 
1617,  5;  1605,  7  d'en  bas;  1608,  3  d'en  bas;  1609,  12  et 
n.  3;  1611,  8;  1679,  15;  1731,  2  d'en  bas;  1732,  13.  On 
en  trouvera  aussi  des  exemples  dans  ce  qui  suit,  dans 
Arabica  V  Gl.  sv.,  ma  Festgabe  Gl.  sv.,  chez  Stace  p.  28  sv. 
cauterize;  p.  49  sv.  discharge;  p.  73  sv.  given;  p.  166  sv. 
subsequently  ;  p.  188  sv.  will  et  p.  194  sv.  ask. 

Bâ  a  aussi  la  même  valeur  que  l'imparfait  conjugué  pour 
toutes  les  personnes,  surtout  dans  une  proposition  où  le  verbe 
devrait  être  à  l'imparfait  ou  au  parfait.  11  conserve  alors  son 
sens  plein  de  vouloir.  In  kân  bâ  tigi,  si  tu  veux  venir 
pu  la  beyt  tigi.  In  kân  b  a  tigi  ou  kân  bâ  tigi  ou  la 
kân  etc.,  si  tù  veux  venir,,  oii  le  parfait  est  déjà  dans  kân. 
La  bâ.  yibân  yehbisûh,  si  la  chose  perce,  on  V emprison- 
nera, Hçlr  p.  747.  lia  bâ  tâkol  m  in  nu  h  kul,  si  tu  veux 
en   manger,    mange,    ib.    et    n.  1.    Bel,    la  Djâzya  (t.  à  p.) 

p.  68  V.  43,  2  porte:  ^XL^  ^^^^  Lp^uVJ  L-*J,  si  je  la  fais 
celle-là  (==  le),  on  m'appellera  i?îsensé,  ce  que  Bel  a  mal  com- 
pris, et  mal  expliqué  dans  la  note  ad  hoc  p.  111.  C'est  u  "^ 
(--)  =  lj  Soi,  ainsi  que  l'analyse  bien  Marçais  RMTA  p.  414. 
RI)  I  p.  48,  19  :  en  b  a  d  z  r  à  '^  =  p  .J  L.  ^î  =  i  n  kân  b  r  à  y  t- 

zrà^  ib.  et  II  p.  189,  1,  où  il  y  a  haplologie.  ^^  . . .  ioXvvjtil 
^î  L^.iU-j  L,  la  femme  de  soldat . .  .  celui  qui  veut  l'embrasser 
etc,  1618, 11.  Ma  bâ'  si  peut  aussi  bien  signifier ye  ne  veux 
pas,<^ci^  ^\  L,  que  il  ne  veut  pas.  En  Alger,  ma  bàé,  27 

ne  veut  pas,  voir  ici  p.  15,  1. 

On  trouvera  des  exemples  Socin  Diw.  III  §  156,  Nôldeke 
■Beitrâge  I  p.  65  et  Kampffmeyer  o.  1.  passim.  Arabica  III 
pp.  56,5  d'en  bas;  69,  13  d'en  bas;  97  o.  1.;  98  v.  8,13  et 
14;  108,  2  d'en  bas. 


32 

^t>  b  2°  bâ  futural,  réduit  au  préfixe  b,  1301;  Hdr  p.  745. 
Ana  bàtla'  (ou  bât] à"),  je  monterai,  9,30.  Bâtqûl  ou 
bâtqùl,  tu  diras,  9,5. 

Bândîkum  nâsfeh,  ^e  vous  donnerai  la  moitié,  11,  18. 
Ma  bàlhorùgsi  min  hùsnena,  nous  ne  sortions  pas  de 
notre  husn,  12,  8.  Balhôtt  el-hiyam,  nous  dresserons 
les  tentes,  19,10.  Wala  maM  tôb  bidfà^boh,  et  je  n'ai 
pas  un  châle  pour  me  couvrir  avec,  43,13.  ^Ala  rigmet 
hagar  bâtsàl  lil-heyd,  à  un  tir  de  pierre  de  là,  tu 
arriveras  à  la  montagne,  68,20.  Bâthabbares  min  H, 
je  veux  te  démander  à  propos  de  E.,  119, 15  et  ib.  d.  1.':  ma 
bâlisob  in  kân  dî  etc.,  je  ne  fais  cas  que  de  celui  qui. 
Si  bâ^  tilgîli  erkêbeh  bis  for  ""alêha,  veux  tu  me 
donner  un  chameau  avec  lequel  je  voyagerai  pour  gagner  ma 
vie,  90,9  =  1364,  hammâmî.  Ma  bindahan,  je  ne  me 
laisserai  pas  repousser,  143,4.  Ma  bâfauwad  tâ*^bar, 
tu  ne  pourras  passer,  463,  5. 

Comme  ba  se  rencontre  avec  la  préformante  de  la  I^  p.  s., 
il  y  a  une  contraction,  et  l'a  de  ba  disparaît,  comme  nous 
l'avons  vu  dans  les  exemples  précédents.  Ma  bâgûr  silleh, 
je  ne  saurais  l'enlever,  463,12  d'en  bas.  Ma  bàhsin,  j?"e 
ne  puis,  463,6  d'en  bas.  Bâsîr,  je  partirai,  1084,  11.  Ana 
bâdrib  hâdem-hanaba,  moi,  je  tirerai  cette  bouquetine, 
1516,9.  Il  peut  même  devenir  bi,  puisque  bâ  s'imâle  déjà 
en  bâ.  Ma  biswar  qussah,ye  ne  peux  la  couper,  463,8 
d'en  bas.  Lgj  J^,  je  sortirai  avec,  160, 1  v.  p.  26,  2.  Ma  bin. 

dor,  ye  ne  sortirai  pas,  1452,  2  d'en  bas.  Usrùbli  (dat.  eth.) 
wàna  bilhàqak,  marche,  et  je  te  rejoindrai,  1630,2  d'en 
bas.  Ma  biswar  si  eftàhhu,  je  ne  peux  pas  l'ouvrir, 
Bâ  Kâzim.  ,x>.vJo  vi.vA:>  ,j^,  là- où  tu  voudras  aller,  1322,  2 
et  n.  1.  U^  ,  ctv*^  <3^  bLJIJI,   le  miroir  oi\  tu  te  mires,  Dt, 


33 

(pour^_^;.x>*o:xj).  u^y  o^,  je  veux  monter,  Hdr  p.  275  n.  =    ^1  >  t^ 

p.  746  n.  En  Syrie,  c'est  toujours  bi  et  dans  el-Qasîm  bî, 
Arabica  III  p.  106  en  bas.  Devant  la  III^  p.  s.  et  pi.,  il  y  a 
souvent  la  contraction  hey-.  Ma  beytî^âni  ôktob,^"e  ne 
peux  écrire,  1458,  12  =ma  bitâ^nîsi,  463,  7  d'en  bas,  vhv. 

Mais  cette  construction  n'a  lieu  que  lorsque  ba  implique 
vraiment  le  futur  du  verbe. 

Lorsqu'on  veut  exprimer  vouloir,  on  se  sert  de  b  â ,  p.  e. 
^]  iCo-  ^\^\  -.^\  Li  (toute  la  poésie  est  basît),  je  veux  dire 
de  belles  choses,  1278,  mais  même  alors  la  contraction  peut 
avoir  lieu,   car   dans  l'original   devant   moi,  écrit  par  Dô^'an 

,  o  - 

al-Murqusî  (voir  Index  p.  1817),  il  y  a  „  iaj,  mais  mes  Datînois 
chantaient  ba  atrah,  ce  qui  est  juste  à  cause  du  mètre. 

On  aura  observé  que  ba  dans  quelques  exemples  ci-dessus 
a  été  traduit  par  le  présent:  ma  bàhsin,  ma  bisioar  etc. 
C'est  que  vouloir  se  rapporte  toujours,  dans  toutes  les 
langues,  au  futur  plus  ou  moins  rapproché  et  que,  par  con- 
séquent, il  y  a  des  cas  où  bâ  peut  être  rendu  par  il  veut, 
même  par  il  va,  comme  le  futur  en  français  ;  cf.  le  ^\j  > 
L  >  _  dialectal.  Ainsi,  dans  la  phrase  hammâmite  91,  9  et 
ss:  udi  bàyisrob  yisrob  udi  bâyilgi  fil-wu^âyât 
yllgi  fîha,  le  Datînois  disait:  u  ille  di""  yibà"*  yisrob 
yisrob  uille  di'  bâ'  yilqi  fum-wâ'i  yilqi  fîha,  qiii 
veut  boire,  boit  et  qui  veut  mettre  dans  des  vases,  Vy  met,  le 
présent  a  la  valeur  d'un  futur.  C'est  ainsi  qu'il  faut  juger 
quelques  traductions  dans  mes  Arabica  III  p.  103.  Je  ne  me 
suis  donc  pas  rendu  „coupable  d'une  légère  erreur",  comme 
le  pense  Kampfïmeyer,  Die  arab.  Verbalpart.  b  (m)  p.  10  en  bas, 
mais  ici  le  présent  a  la  valeur  d'un  futur,  ce  que  mon  hono- 
rable confrère  relève  lui-même  ib.  p.  11.  L'intervalle  entre 
le  futur  et  le  présent  est  souvent  si  minime  que  lorsqu'on 
dit  ma  bâsrob,   on   n'y  peut  même  impliquer  l'idée  futu- 


34 

^1  >  b  raie,  au  moment  de  cette  énonciation.  Ce  fait  phsycologique 
pourra  expliquer  la  raison  pour  laquelle  le  préfixe  futural 
sudai-abique  se  rapporte  aussi  en  Syrie  ot  en  Egypte  au 
temps  présent.  Mais  le  Sudarabe  sent  toujours  ce  préfixe 
comme  identique  au  verbe  ^!,  vouloir.  Le  dernier  exemple 
cité:  ille  dî'  yibâ""  yisrob  etc.  où  t_-.-j  et  L.  alternent  avec 
le  simple  préfixe  b,  le  prouvent.  Seulement  pour  lui  ma 
bâsrob  est  plutôt  je  ne  veux  pas  boire  en  ce  moment-ci, 
=  je  ne  bois  pas  ;  ma  b  â'  ô  s  r  o  b ,  je  ne  veux  pas  boire. 
On  peut  aussi  traduire  ce  préfixe  par  le  verbe  auxiliaire  aller, 
comme  en  français,  car  je  vais  le  faire  =  je  le  ferai  ou  je 
veux  le  faire.  En  anglais,  /  will,  en  italien  voglio  et  en  alle- 
mand ich  loill  peuvent  aussi  former  un  futur  périphrastique  ; 
voir  plus  loin. 

Voici  encore  quelques  phrases  où  b  paraît  indiquer  le  pré- 
sent.  .^xi^iiSLi  i£)u\3-U  ^jL^  ^i  ^'  od>\j  Le,  je  ne  me  sers  si  ce 
n'est  de  plomb  pur  et  je  ne  t'attaque  pas  avec  des  écorces,  658 
(jeu  de  mots  avec  ^J^\^,  plomb  pur,  vhv,  et  ^ji\^^  fève  de 

c«/y,  vhv).  lJL:^"^!"  J^  (j:^^  ...'jj  (^»XJî  ^_ç*^i  ^^  f^'^  à  brûler 
est  chaud,  et  je  vais  brûler  sur  les  ('pigastres,  369  en  bas. 
j^^  L^L>J-w^  ^3  (j:<UJ)  vi)j,  ces  discours-là  qu'il  m'attribue, 
444  n.  2  (ragaz);  peut  aussi  être  qu'il  veut  etc.  Ana  bâsîr 
F  a  h  m  â  n  b  u  1 1  a  "  f\h,  je  vais  au  W.  FaJimân  oii  je  monte, 
506  en  bas,  dans  un  récit  descriptif.  L^  ,jr*-^  l5^  sLyljl, 
le  miroir  où  tu  te  mires,  Dt  v.  p.  32  d.  1.  *j  J>..»jtiL«o  ^_cJJ! 
i^^jLJ  j^  *-r-j^^j  ce  que  j'emploie  (les  mots),  je  le  fais  sortir 
de  ma  langue,  Madhigî.  ^^bUo  ^^\^  ^Uix  lX:>|j  Jj>o  ^,  si  quel- 
qu'un entre  chez  toi  pendant  que  tu  manges,  "Oneyzah  309, 
6  d'en  bas.  Arabica  III  p.  110.    Kampffmeyer,  qui  cite,  0. 1. 


35 

p.  9,  cet  exemple   trouve   qu'on  peut  aussi  le  traduire  pas:    ^t  >  b 
pendant  que  tu  veux  manger.    Mais  celui  qui  entre  ne  peut 
pas   savoir  si  le  mo^'azzib  veut  on  non  manger.   Mais  au 
Qasîm  bîtâkol  est  tu  veux  manger  ou  tu  mangeras,  parce 
que  là  l'imparfait  est  ^_^.  ^^oL.  j$\j1\  ^^\  ^1^  "i,  lorsque  je 

regarde  la  mer,  j'ai  le  vertige  Dt,  cf.  Harfouch  Drogman  p. 
169:  ma  betdûh  fil  bahr,  vous  n'avez  pas  le  vertige  en 
mer'^  Un  Datînois  me  demanda  lorsque  j'étais  malade  une 
fois:  es  bëtûhi  fi  'ômrak,  que  sens-tu  dans  ion  corps? 
Un 'awlaqite  médit:  delhîn  anabûhitilwieh  fi  batni, 
je  sens  à  présent  des  coliques  dans  mon  ventre,  506  en  bas. 
Dans  ces  deux  derniers  exemples,  entendus  et  non  demandés, 
le  présent  n'est  pas  douteux.  Si  dans  les  autres  on  peut  être 
indécis,  il  y  a  du  moins  une  hésitation  de  temps,  une  cer- 
taine phase  de  transition  avant  d'arriver  au  préfixe  du  Levant. 
Le  préfixe  ba,  b  figure  même  après  le  parfait  o»^,  (^ju 
et  l'imparfait  Lo.  Yibhatôn  min  hêt  yibôn  bâyil'gûn 
el-bîr,  on  excave  là  où  Von  veut  faire  le  puits,  Hdrp.  285,  8 
d'en  bas  =  Brockelmann  o.l.  II  p.  513.  A^  »jt^  L.,  je  veux 
V  entendre  de  toi,  1481, 10.  el^^Lu,  L  c^v^jj/e  désire  te  constater, 

Arabica  III  p.  108.  ^ji^Li  w^^ij.ye  désire  partir,  Rdr^.  b20, 8. 

i_^_i  c:/-ou  . . .  o'-^*j■,  je  suis  fatigué:  je  veux  monter  (à  cheval 

ou  à  chameau),  Hdr  p.  275  note  =  p.  746.  —  En  Syrie  et  en 
Palestine,  le  cas  est  le  même  après  biddi  et  râih>rah> 
lah;  exemples  chez  Kampffmeyer  o.l.  p.  25. 

Je  vais  à  présent  aborder  le  préfixe  b  dans  les  autres 
dialectes.  Malgré  la  dissertation  substantielle  de  Kampffmeyer 
Die  arabische  Verbalpartikel  b  (m)  Marburg  1900,  oià  l'on 
trouvera  tout  le  nécessaire,  il  n'est  pourtant  pas  superflu 
d'en  dire  quelques  mots.  On  le  rencontre  d'abord  dans  tout 
le  Sud,   y  compris  le  Yeman  et  ^Oraân.  Pour  le  dofârî,  RD 


36 

j|  >  Ij  II  §  79  et  2  donne  des  exemples.  Dans  RO  il  ne  se  trouve 
pas,  et  Reinhardt  §  388  ne  le  mentionne  point,  mais  il  figure 
RO  p.  421  IS1°  VI:  benbott  ^alîb,  nous  poserons  sur  lui, 
et  Reinbardt  y  fait  la  remarque  que  ce  préfixe,  au  lieu  de  ]) 
(b),  est  rare  et  emprunté  à  d'autres  tribus.  Pourtant,  nous 
le  trouvons  dans  RO,  dans  des  cbants  de  guerre,  p.  425 
]SI°  XXI:  Kellên  yabâna  ')  marbabâbo  *  benlêb- 
beso")  tôb  el-gedêd  *  wellên  ya  ""âsi  yohse  mâlo  * 
(u)  bensêyebô  qablen  yesêb,  qui  veut  venir  chez  nous 
sera  le  bien  venu  :  nous  l'habillerons  d'un  vêtement  neuf,  mais, 
en  revanche,  le  rebelle  aura  son  bien  anéanti,  (et)  nous  le 
ferons  grisonner  avant  qu'il  vieillisse.  Ib.  p.  426  N"  XXVII  : 
beyyén  bérab'^en  demmaro-^)l-helle*bâkordeha 
wel-bêraq  bensello  ^),  vive  les  contribules  qui  ont  démoli 
le  quartier  *  demain  matin  de  bonne  heure  nous  allons  em- 
porter avec  nous  le  drapeau.  Voir  aussi  Hdr  p.  748,  9  et  s. 
Praetorius  Z  D  M  G  34  p.  228  constate  également  pour  Zan- 
zibar ce  be  futural,  de  même  que  Moritz,  Zanzibar  p.  XXVII, 
mais  qui  est  cependant  plus  rare  que  „.  Dans  les  textes  de 
Rôssler,  il  est  fort  commun.  En  voici  des  exemples.  In  nu 
bâkur  bayakûn  es-sùlh,  (disant)  que  demain  il  y  aura 
la  paix,  M  S  OS  I  p.  88,  2  d'en  bas,  ce  que  Fischer,  ib.  p.  56 
n.,  a,  à  tort,  corrigé  en  bayakûn,  probablement  à  cause  de 
la  note  de  RO  p.  421;  voir  sub  ».  Banisellha  rasban 
''alêna,  nous  Venlèverons  malgré  7ious,  ib.  III  p.  6,7  d'en 
bas.  Bayedurbûh  hiyânu,  ses  maîtres  le  battraient,  ib. 
p.  17,7   d'en  bas.    Mû   bayeqûlu,  ce  qu'ils  vont  dire,  ib. 


')  Le  texte  porte  y  ô  ban  a,  ce  qui  est  intéressant  et  prouve  que 
yâba,  =  yôba,  est  ici  aussi  la  fornie  primaire;  le  mètre,  — ^-|  —  ^--, 
exige  yabâna,  et  la  correction  de  R.  LoL  Js  ne  biche  pas  non  plus. 

2)  henlèbbeso  serait  plus  correct.  ' 

^)  lisez  ainsi  au  lieu  de  demâro,  vhv. 

♦)  Ainsi  récité,  le  mètre  est  pourtant  en  désordre,  et  l'on  aura  dicté: 
wel-bé-ra-qen-selloh  =  —  w-  —  . 


37 

p.  26,11  d'en  bas  =  ayeq  ùl  ùlak  '),   ils  te  diront,   ib.  p.     -j|  >  b 

27,4  d'en  bas.  Bayùhedùhin  ^alêk  el-rawâzi  wuay- 

sîbah  ')  ba'^du  habs,  ils  te  prendront  l'argent^  et  ensuite 

tu  seras  passible  de  pmow,  ib.  p.  27,  2.  W a  yôm  nuhraqha 

ma  a  t  sa  h  h  ')  fi   ''asrîn  yôm,  batistuwi  girâha,  et 

si  nous  la  perçons,  elle  ne  guérira  pas  en  vingt  Jours,  et  il 

se  formera   une  plaie,   ib.  p.  31,9.   Ida  kân   ntî   tibàri 

tûkili   sekkar  angîblis")  rêr  hâda;  qâlit:  ena  ma 

bâkil,   si  tu  désires   manger  dit  sucre,  je  t'en  apporterai 

autre  que  celui-ci;  elle  dit:  je  n'en  mangerai  pas,  ib.  p.  29, 12 

et   s.   Yôm   yintehi    haddu   (se.  icj^)  bayitbezzeg 

wihdu     ma     yibâ    h  ad    yebezzegu     ayitbezzeg-) 

w  i  h  d  u ,  lorsque  la  pustule  variolique  (ou  Jes  p.  v.)  est  venue 

à  terme,  elle  crève  (se  perce)  d'elle  même  et  n'exige  pas  qu'on 

la  crève,  car  elle  crèvera  d'elle-même,  ib.  p.  30, 13  et  ss.  d'en 

bas.  A  qui  h  a  (=1^  Jy!):ma  bayezîd  ketîr  fi  gulùsis 

hina,  je  lui  dis:   tu  ne  resteras  pas  longtemps  ici.  Mat- 

hàf  batsahh,    n'aie  pas   peur,    tu   guériras   ib.  p.  32,  2 

d'en   bas.    Hâdet-ta^ab    killu    bayesîr    belâs,    toute 

cette  peine  s'en  ira  en  pure  perte,  ib.  p.  41  d'en  bas.    Ba 

ntawar  tau,  nous  allons  décamper  tout  de  suite,  ib.  V,  ii 

p.  6,6  (Brode).  Jayakar,  RAS  1889  p.  671  dit:  „The  futur 

tense,  when  not   sufflciently  expressed  by  the  aorist,  is  in- 

dicated  by  prefixing  the  letter  i_j  or  „  to   tlie  aorist,  the 

vowel  of  the  pronominal  prefix  being  in  that  case  converted 

into  fathah  or  renderédqùiescent;  thus  •^^^  {he  will  write), 
o^-^i-J-j  {we  shall  see),  ^^^p-  [he  îoill  corne),  also  spelt  as 
^^:^^J^s>",  comme  RO  p.  246  note:  ^J.^^J>,  il  viendra;  cf.  ici 


1)  A  est  aussi  un  préfixe  futural  fort  fréquent  dans  ces  textes,  de 
même  que  dans  ceux  de  Brode  MSOS  V;  il  se  trouve  également  en 
soqotrî.  Le  nombreux  exemples  prouvent  que  ce  ne  peut  être  ici  une 
pi'othèse. 

^)  "Voir  note  précédente. 


^S• 


38 

j!>Lj  p.  51;  ib.  p.  287,10  d'en  bas:  in  kân  hatgîsi,  si  tu 
7ie  viens  pas.  Dans  le  BBRAS  1902  p.  250,  Jayakar  niontre 
que  L.  a  le  sens  de  vouloir  dans  le  dialecte  sahhî,  parlé  sur 
le  littoral  du  Golfe  persique. 

Dans  el-Qasîm,  le  préfixe  fulural  est  bî,  ainsi  que  je  l'ai 
exposé  Arabica  III  p.  106''7,  probablement  parce  que  l'im- 
parfait y  est  yâbî,  il  veut. 

En  Mésopotamie,  ce  préfixe  ne  figure  pas  dans  les  textes 
de  Weissbach ')  et  de  Meissner  NAGJ,  ni  dans  les  proverbes 
de  Bagdad,  publié  par  Yahuda,  OS  Festschrift  Nôldeke  I  p. 
399  et  ss.  Mes  nombreux  textes  des  dialectes  bédouins  du 
Nord  n'en  offrent  point  d'exemples,  pas  plus  que  ceux  du 
Diwan  de  Socin.  A  Mekka,  il  est  extrêmement  rare  et  il 
n'est  usité  que  dans  l'expression  bi^addin,  on  crie  eji  ce 
moment  le  adân,  selon  Snouck  Mekk.  Sprw.  p.  3. 

En  Syrie  et  en  Palestine,  ce  préfixe  désigne  aussi  bien  le 
présent  que  le  futur,  sans  distinction,  ce  qui  n'a  jamais  été 
assez  relevé.  Dans  le  Chant  de  la  belle-mère,  publié  par 
Littmann  dans  le  J.  As.  1903  n°  9,  b  est  présentai  dans 
les  versets  suivants:  6.  7.  8.  10.  25.  31.  51.  52.  122.  124. 
138.  190.  195.  196;  et  futural  dans  ceux-ci:  19.  43.  80.84. 
98.  99.  100.  116.  136.  137.  139.  Berggren,  Guide  fr.-arabe, 
Upsal  1844,  donne  p.  901  et  ss.  la  conjugaison  de  .La  et  ,^1^, 
au  présent  et  au  futur:  ^^^^  et  ^y*^,  et  ce  préfixe  y  figure 
également  dans  tous  les  exemples  se  rapportant  au  deux 
temps.  Hartmann,  Sprachfûhrer  -)  p.  23/4,  donne  bien  le 
paradigme  de  l'aoriste  avec  le  préfixe  b,  mais  les  exemples 
ne  s'y  rapportent  qu'au  présent.  On  trouve  cependant  chez 
lui   des  phrases  oîi  b  est  aussi  futural,  p.  e.:  y  a  sîdi  ma 


^)  Beitràge  zur  Kunde  des  Irak-arabischen,  Leipzig  1908.  Je  regrette 
que  le  savant  assyriologue  n'ait  pas  continué  cette  excellente  publication. 

2)  Entièrement  composé  en  collaboration  avec  lé  savant  bérûtin 
Ibrahim  el-Yâzgî,  ce  qui  rend  ce  livre  très  digne   de  foi. 


39 

btâkul  si,  monsieur,  ne  veux-tu  rien  manger?  p.  149,  1;  ^jl  >  L 
belki  bya'fcîna  swayyit  halîb,  peut-être  nous  donne-il 
{==  donnera-t-il)  un  peu  de  lait  p.  145,  11  d'en  bas.  Bauer, 
Pal.  Arab.  p.  107,  dit  que  le  présent  s'exprime  par  un  h 
préfixé  et  que  pour  le  futur  ce  b  manque  souvent.  Lôhr, 
Dial.  de  Jérusalem,  ne  fait  pas  de  distinction  entre  le  présent 
avec  et  sans  b,  ni  Spoer,  Manuel  of  palest.  arable  p.  27, 
non   plus.    Tien,    Manuel    of  colloq.   arable    p.   92   a  v^j 

I  Write,  et  v*-^  •>  ^  shall  write.  Rasîd  ""Atîeh,  u3->U  J^  J«^^' 
JwasOJ!}  ^^L*i!  p.  61,  enseigne  que  ^'j^,  V;-^  stc  n'indique 

que  Jlil  ^j^j.  Harfouch,  Le  Drogman  arabe  Beyrouth  1897, 
parle  de  l'aoriste  avec  le  b  préfixe  pp.  29,  46  et  147,  mais 
seulement  comme  préfixe  présentai.  Fourrière,  Etude  sur  le 
langage  vulgaire  d'Alep,  dans  MSOS  IV  ii  p.  212,  dit:  „Ce  v_j 
n'indique  pas  seulement  le  présent;  il  se  met  aussi  devant 
le  futur.  Ainsi  ws^s^L.  signifie  également  ^J'écris"  et  ^J' écrirai". 

II  aurait  dû  écrire  v^;  avec  contraction.  —  En  Pîauràn,  b 
marque  aussi  le  futur.  Dans  un  récit  haurânien,  je  lis,  après 
ce  que  j'ai  rapporté  1118  en  haut:  ^)  v^  ^'  j.^^!  ;.?^  Jis 
xJ!  tiLo  jJLxj^  ^^LLi-uol!,  le  seyh  el-Islâm  dit:  J'écrirai  au  Sultan 

et  je  Vinformerai  sur  tous  compte.  Mes  Proverbes  et  Dictons 
contiennent  de  nombreux  exemples  de  b  présentai,  moins 
cependant  de  b  futural.  Ces  textes  représentent  fidèlement 
le  parler  du  petit  peuple  de  Saydà  -).  Bergstràsser,  dans  son 
„Sprachatlas",  parle  de  l'extension  de  ce  b  en  Syrie  et  en 
Palestine  sans  rien  préciser  sur  son  emploi.  Pour  ne  pas  trop 
alourdir  cet  article,  je  donnerai  seulement  quelques  exemples 
du    Drogman    de    Harfouch,  où   b    est   décidément  futural: 


1)  Alias  Antîm  et-Tayyân,  ex-maronite  >  musulman  >  protestant  > 
révérend  anglais. 

2)  Voir  la  préface  de  ma  L  B  A  sur   l'audacieuse  assertion  de  Berg- 
stràsser concernant  ces  textes. 


40 

j^j|>b  Byerga"  qauwâm,  rentrera-t-il  bientôt?  p.  161,  et  ib. 
byefauwaq  barra,  tardera-t-il  dehors'^  Su  bequlloh 
lammabyerga^  qu'est-ce  que  je  lui  dirai  quand  il  sera 
de  retour?  p.  162,  et  ib.  :  qulloh  in  ni  birga'  la'indoh 
essaya  hamse,  dites-lui  que  je  reviendrai  chez  lui  à  5  h. 
A'tayt  qaul  liinsàn  inni  beltaqa  ma^oh  es-sâ'a 
tintayn,  j'ai  donné  parole  à  quelqu'un  que  je  me  rencon- 
trerai avec  lui  à  2  h.  p.  173.  Qultulloii  inni  bilàqîh  fi 
b  a  y  t  e  1  -  h  a  w  à  g  a  1 1  i  à  s ,  ^e  lui  ai  dit  que  j'irai  le  trouver 
à  la  maison  de  m.  E.,  p.  173.  Ba^'mel  gahdi,  je  ferai  tout 
mon  possible,  p.  174.  Ba'mel  minsânak  elli  ma  ba'- 
meloh  li  rayrak,je  ferai  pour  toi  ce  que  je  ne  ferai  pas 
pour  d'autres,  p.  198.  Betraggàk  taqûl  li  aymata 
btège-I-bosta,  je  vous  prie  de  me  dire  quand  vient  le 
coMrner,  p.  187.  Lamme  biqûmu  el-aulâd  bitlabbesi- 
hom  wa  bitrallelîhom  wa  bitmassetîhom,  lorsque 
les  enfants  se  lèvent,  vous  les  habillerez,  vous  les  débarbouillerez 
et  vous  les  peignerez,  p.  270.  On  trouve  une  foule  d'exemples 
analogues  dans  ce  Drogm'an. 

Kampffmeyer  o.  1.  p.  22  rapporte  grand  nombre  d'exemples 
tirés  des  textes  libanais  publiés  par  Barthélémy  dans  le  JAs. 
Sept.  —  Oct.  1887,  oià  b  est  futural.  Et  il  fait  à  ce  propos, 
avec  raison,  cette  réflexion:  „Dans  ces  exemples  l'imparfait 
préfixé  d'un  b  est  en  relation  avec  des  verbes  qui  indi- 
quent vouloir  ou  qui  sont  l'expression  d'une  volonté".  Dans 
ces  textes,  oui,  mais  ce  n'est  pas  une  règle,  comme  nous 
l'avons  bien  vu.  Kampffmeyer  ajoute,  o.l.  p.  25:  Que  devient-il 
donc  de  la  règle  établie  plus  haut  pour  l'emploi  du  préfixe 
égypto-syrien  ?"  Il  oublie  qu'il  avait  déjà  p.  20  relevé  l'emploi 
futural  pour  le  Syrie. 

Ostrup,  Contes  de  Damas,  dit  seulement  que  „les  formes 
d'aoriste  en  b  sont  analogues  à  celles  du  dialecte  égyptien". 
Cependant,  il  y  a  dans  des  textes  plusieurs  exemples  d'un 
b  futural,   comme   l'a  déjà  relevé  Kampffmeyer,  o.  1.  p.  25. 


41 

Les  Sprichwôrter  de  Tallqvist  offrent  aussi  des  exemples  de  ^1  >  b 
cet  emploi,  aussi  bien  pour  le  futur  que  pourleprf'sew^,  o.l.  ib. 
Si  nous  passons  à  présent  en  Afrique,  nous  y  trouvons 
également  ce  préfixe.  Carbou,  L'arabe  parlé  au  Ouaday  et  à 
l'est  du  Tchad,  Paris  1913,  dit  p.  78:  „0n  se  sert  le  plus 
souvent  du  préfixe  „b  j  (forme  égypto  syrienne):  bekteb, 
f  écris,  bemreg,  ye  sors",  et  il  ajoute:  „Ce  préfixe  devrait 
être  réservé  à  la  première  personne  du  singulier.  Mais  il 
n'est  pas  rare  de  l'entendre  employer  pour  toutes  les  autres 
personnes:  inté  bechrob,  tu  bois;  huma  bedjû,  ils 
viennent  etc."  Cela  est  confirmé  par  les  exemples  que  je 
donne  ici  de  l'ouvrage  de  Carbou.  1°  b  prése?ital.  Fez- 
zemân  es-slatîn  men  Wadday'-)  bechîlû  "âv^rin 
Krêda,  les  Sultans  du  Waddày  enlevaient  attire  fois  des 
femmes  Kreda,'  p.  136  en  bas.  Inté  bedhak  chenho, 
pourquoi  ris-tu?  p.  172,  10,  et  ib.  1.  14:  inté  bebkî  mala» 
pourquoi  pleures-tu?  Bekaferu,  ils  sont  infidèles,  p.  220,8 
d'en  bas  et  p.  221,5.  Hom  ma  besellu,  ils  ne  prient 
point,  223,  4  d'en  bas.  Ces  exemples  sont  de  la  prose.  Dans 
les  poésies,  nous  trouvons  les  suivants.  Châter  beturd 
el  khôl  =   JyJi  oyoj  ^y^^),   vaillant  guerrier   qui  met  les 

cavaliers  en  fuite  ^)  p.  149  N°  2  v.  3;  ib.  v.  5:  beremm 
el-resib  let  tèr  =  ^yj  ..:,^;y*oLjî  ^^  *),  il  tue  les  hommes 
gras  pour  les  doimer  aux  vautours  ^).  Dans  la  poésie  d'amour 


1)  L'auteur,  administrateur-adjoint  des  colonies,  n'est  pas  grand 
arabisant,  mais  il  a  fait  de  son  mieux,  et  je  serais  heureux  si  tous  les 
français  administrateurs  des  colonies  suivaient  son  exeniple  Les  faqih 
de  là-bas  doivent  ressembler  à  ceux  de  l'Arabie  méridionale,  qui,  en 
fait  de  lurab,  sont  d'une  grande  ignorance. 

2)  Obs  les  deux  d. 

3)  La  graphie  arabe  doit  provenir  de  l'auteur. 

*)  Autant  que  possible  je  garde  la  traduction  de  l'auteur,  mais  elle 
n'est  pas  toujours  la  bonne. 

5)   ^x.w.Ê  -<  ^_^xAv^s,  voir  sub  i  et  ^^.  Sur  j*I^,  vhv. 


42 

çjf  >  b  p.  151,  il  y  a:  ana  el-bàiel.i  ràged  bahlein ,  =  Li! 
jLs^j  lAï!  ^-*-ii  '),  hier  soir  j'étais  couché  et  je  rêvais.  Wa- 
dâiyé  "^âzé  -)  betektela  am  ""asul,  ouadaïenne  orgueil- 
leuse^ elle  marche  en  balançant  les  bras.  Ana  ""oredi  ma 
bechifa  fûg  el  khalîga  el  djât  =  ou^  L*  (jr^--^  ^' 
oLP-  vJLUii  o>2  '),  je  suis  rétive  et  ne  jette  pas  un  regard  sur 
la  créature  agenouillée,  p.  152,15  d'en  bas'').  Belûb  léyé 
es  sôt  ma  bedrubah^=  wyi^j  U  Jjy^]  ^  l_j^ ,  on  ne  peut 
le  cravacher,  152,8  d'en  bas.  Je  crois  qu'il  faut  traduire:  si 
la  cravache  me  cingle  (v.  sub  l_j^),  je  ne  le  frappe  pas, 
mais  ce  n'est  pas  bon  non  plus,  c'est  peut-être  à  l'adresse 
de  son  admirateur,  le  chef  haraadi.  Ib.  1.  5  et  6  d'en  bas: 
Abu   râï   am   bedugga  degget   el   bukhsa,  abu  ràï 

am  bedugga  men  serir  haba,  =  c^oo'*)  oA>-<î  g:i.  _^t 

U^"^)  ^*«A3  ^J^  x.su\j  j.!  i^\.  _^i;  'i>^:^\ ,  mon  mari  agitait  les 
pensées  pendant  que  tic  agitais  la  calebasse  pour  faire  du 
beurre;  mon  mari  est  plein  de  discernement  depuis  qu'il  était 
tout  petit  garçon;  traduction  fort  libre  -').  Filîwé  ma  birkeb 


')  Ainsi  écrit  par  uu  faqîh  arabe  ! 

2)  Sur  8:(c,    voir   ib.   p.   173.   La  graphie   arabe  du   faqîh  porte    ;«. 
Les   trois   derniers   mots  ne   me   sont   pas   clairs;   le    faqih  écrit  aussi 

3)  C'est    dans    la    réponse    de   la    femme  convoitée   par  le   chef  des 
Hamîda.   Elle   parle   de   son  mari  absent.  "^Oredi  doit  »';tre  ^j;.*i3Jç,  mon 

mari]  elle  parle  de  lui  tout  le  temps  et  plus  loin  elle  dit:  'oredi 
be'^ûd  etc  v.  plus  bas.  La  traduction  de  l'auteur  est  mauvaise.  Ce  doit 
être:   mon  mari,  je  ne  le  vois  pas  etc.   Mais  voyez  plus  bas  sub  le  b 

futural;   bechifa  ==  *.2ïyi:o  ^  «i^^^j ,   comme  ailleurs  dans  ces  textes. 

*)  Toujours  la  graphie  arabe  de  faqih! 

6)  Qu'est-ce   que   cet   am   qui  revient  souvent  avant  le  b  présentai  ? 
L'égypto-syrien    ^  ? 


43 

k  a  m  m  à  h  a  a  m  d  é  1  é  z  m  e  k  1  ù  f  a  *  k  é  c  h  t  à  n  ma  b  i  1  b  e  s      j!  >  b 
.kammu    aledj  besù  fah  =  %Jl>Co  Jo  j.!  L?Ui  wO'rJ  L«  j^; 
w^A^  »^JL£-)_^    u^'-'JW  ^ ')  o'^'^  '  ^^  (^^^  ^oredi)  ne  monte 


(^ 


pas  de  femelle  tant  qu'elle  n'a  pas  cinq  ou  six  ans;  il  ne 
s'habille  pas  cVun  pagne  sale,  mais  de  velours  avec  tout  son 
poil,  p.  154. 

2°  h  futur  al.  Grîb  harba  bedji  =  ^<-^  i>oy>  vh/j  oji  va 
se  battre  bientôt,  p.  240, 13.  Dans  les  textes  poétiques,  nous 
trouvons  les  exemples  suivants.  Kumbôyé  tà'li  hinô 
bechùfi  nedjemet  es  sebà  h  =  ^^iv^  Lj->'  i-'jtj"  iLjvM^' 
_L*-A^-!  iU>i?,  K.  viens  ici  voir  l'rtoile  de  l'aurore,  p.  147,  10 
d'en  bas.    Garadi   menàm  bîtha  berîred  maa'ha  a  m- 


o     ^      o     -  - 


tùl  =  J^a/iî  Ujlc  Asy  L;uj  pLLo  (jzj^^s  -^j,  je  t;e?i.T;  dormir  dans 

sa  case  et  j'y  coucherai  bien  serre  contre  elle  *),  p.  151,4 
d'en  bas.  Oredi  beoMa  ed  dâr  u  allah  la=  ^yu  ^c^f- 
■^  àil!^  J^'i,  quand  tu  seras  fort,  tu  reviendras  dans  le  pays, 
si  non,  non,  p.  152  v.  2,  mais  il  faut  traduire:  mon  mari  re- 
tournera-t-il,  ou  non,  au  pays!''')  Berdja  maa''  el  ruiyàb 
dukhera   el  djurâb  *  berdja  ma  a'  el  ruiyâb  udjah 

el  bekurfa  en  nab,  t*  ^^^j  *  ^'^  \^j>  v'l^j'  «-x  ^c^y 
Lj'uJî  lîyCJi  »c>*^  ljLIjuî,  il  est  avec  les  gens  éloignes  et  garde 


')  Toujours  la  graphie  arabe  du  faqih  !  ^f^i  <;  SVJi,    dim.  du   ^^. 

-)  *.J   =  si  ce  n'est,  excejitc,  avec  les  suflixes  pronominaux. 

')  Jîe    savant    faqih    aurait    dû   (''crire      ^-c,    inoii   désir:    i  ^  o, 
comme  en  datînois;  v.  p.  41  n.  5;  p.  42  n.  5,  et  ici  1.  2  d'en  l)as. 
*)  ^\»fiJ^\    n'est   nullement  cela,   mais  il  correspond  au  datînois    J-Ji! 

Jj3,    638  en  bas. 

*)  Cl.  Carbou  p.  20  et  la  note  de  Basset  sur  -^l'Ij   pour  ^l»,  ^  willa^ 
walla,  vhv. 


iS' 


44 

jt  >  b    le  sac  de  mil;  il  est  avec  les  gens  l'ioignés  du  côt<^  que  flairent 

o    ,  o 

les  animaux^  152,  3,  4  d'en  bas.  Il  faut  peut-être  lire:  5.^-j- 

^LlSî  ')  wyCj  Jl  \:>5  v'r^'^  ^'^  Gt  traduire  :  il  reviendra 

avec  les  absents  et ... .  au  côte  etc.  Chahr  el  bedjî  (el 
mâdjî,-))  nekéfi  el  heùdemé,  le  mois  prochai7i,  je  paierai 
■  l'impôt,  p.  119.  Da  ma  bebga,^yiA-j  L*  b,  cela  n'aura  pas 
lieîo,  p.  228  o.  1. 

Nous  voyons  donc  que  dans  ce  dialecte,  ou  plutôt  ces 
dialectes,  car  les  poésies  me  paraissent  provenir  d'un  autre 
dialecte  que  celui  du  Waddày,  le  préfixe  b  se  met  le  plus 
souvent  directement  devant  le  thème  verbal,  avec  chute  des 
préformantes  dé  l'imparfait,  ï^-LahI!  ^*,j>.  Il  est  aussi  bien 
présentai,  comme  au  Yéman  occidental,  Arabica  III  p.  109,  que 
futural.  C'est  là  la  seule  chose  qui  m'intéresse  ici  pour  le 
moment.  Si  l'on  veut  accentuer  le  futur,  on  se  sert  ici  d'une 
périphrase  avec  le  verbe  .b,  u,  vouloir,  vhv,  synonyme  de 
c>\j,  i,  Carbou  p.  29  et  p.  168  en  bas. 

Dans  Rabah  et  les  Arabes  du  Chari  par  le  Dr.  Decorse 
et  Gaudefroy-Demombynes,  Paris  E.  Guilmoto  éditeur,  nous 
trouvons  également  ce  même  emploi  du  préfixe.  Prése^ital: 
p.  e.  p.  28,  16:  bedôra,  et  D.  dit  p.  34  que  „be  est  la 
particule  du  dialecte  égyptien  ;  p.  29,  1 1  ;  sub  maiiger  p.  49  : 
présent,  nbakul,  bakul,  et  futural:  p.  29,14,15. 

Dans  le  Soudan  égyptien,  il  se  rencontre,  ainsi  que  dans 
le  Choa  et  Bournou,  avec  le  sens  de  présent,  si  j'en  peux 
bien  juger  d'après  ce  qu'a  réuni  Kampffmeyer  dans  son 
mémoire  sur  ce  préfixe  p.  29  et  ss.  et  dans  sa  brochure 
Materialien  zum  Studium  der  arab.  Bedimiendialekte  ïnner- 
afrikas.  Un  bon  exemple  du  bâ  futural  se  trouve  chez  Bel 
la  Djâzya  p.  68  s.  43,  2  dont  j'ai  déjà  parlé  à  la  p.  31. 

Pour  le  dialecte  de  Houwàra,  nous  possédons  l'ouvrage  de 


')  Sur  ^-^>  u,  voir  shv.  2)  Voir  sub  J^î  et   ^L>. 


45 

Socin-Stumme.   On  y   trouve  les  phrases  suivantes.   Bwid-      j|  >  Lj 
di'ha   wuld    sseltân,    le   fils   du   Sultan  vetit    l'épouser^ 

p.  22,  25.  Bundzôuwus-slûgiya,  '»^jL^  -^y^^,  je  veux 
épouser  une  levrière,  p.  24,  3.  Iboisri,  il  veut  acheter  p.  34,22^ 
Gâllëha:  rah  boigi  lihûdi  ibwiddî  Uiàtêm,  il  hii 
dit  :  Le  juif  viendra,  il  veut  enlever  la  bague  =  ^j;^^  »'^  ^  ô^ 

^■Liii)  j_co^  ^^j  ^^y!^l\,  p.  56,  6.  Gullîha  a  y  butt'-) 
ënzouv7ilzhe,  dit-lui  que  je  veux  V épouser,  p.  40,  1,  rendu 

en  lettres  arabes  par  :  LPj^^s^aj  u>^>^  ^J^^  LfS  d^-  R  a  k  b  w  i  t- 
lâgs,,  tu  trouveras, i).  70,19  =  ^'±^.  Kê  bwiddîr  'amàh, 
comjïietit  t'arrangeras-tu  avec  lui?  p.  70, 14, 22,  28  =y.A:o  ^juS 
ww.  Rak  bwitlâga  ''a m  luzîr  boigullek,  tu  te  trou- 
veras avec  le  wezîr,  il  te  dira,  70,  11  (traduction  de  S-S. 
inexacte).    Bwitky   twûmmen   ''alîya,   ie  veux  que  tu 

m'accordes  un  sursis,  p.  72, 1  =  dat.  ^àJ^\-^  ^ê^ .    B  w  1 1  k  u  m 

tsellulîya-1-hâtm,  je  désire  que  vous  me  fassiez  retirer 
la  bague  (de  la  mer),  p.  72, 19.  R  a  -  m  m  ii  n  a  b  a  1 1  ë  m  û  t ,  c'est 

que  notre  mère  va  mourir,  p.  26,  23,  30  =:  dat.  o^^'L.  LU!  ^^ 

5  0^  „ 

OU  Q^^.  On  voit  ici  que  le  b<aba,  vouloir,  mais  S.-S.  écri- 
vent  faussement  dans  la  graphie  arabe  ^k^l 


1)  (^of  est  un  lXco,  explicable  par  la  dilTérence  de  direction  que 
porter,  envoyer  doit  impliquer  dans  l'intention  du  parleur. 

2)  Butt  est  ici  sans  doute  =:  le  dat.  beyt,  le  dofârî  bat;  v.  ici  p.  49; 
mais  comment  expliquer  batnihtub,  j'écris,  avec  le  pluriel  battiii- 
hnahnihtub  du  dialecte  de  Ma'^lûlâ,  Brockelmann  o.  1.  I  p.  5G7, 7? 
Le  bit  futurul  du  néosyriaque,  Wright  Comp.  Gr.  p.  55,  est  par  RD 
II  p.  190  cité  pour  appuyer  son  opinion  de  ^çi^  >  IjÎ,  mais  cela  me 
paraît  improbable.  Ce  bit  est  sans  doute  le  même  que  le  dofârî  bat 
<  bayt.    Il    niest    pas    hors    de    propos   de    relever    ici    que    le    hadr. 

connaît  un  futur  pc'riphrastique  avec  o.J,   vhv,  Arabia  III  p.  108,  Hdr. 

Gl.  sv.  :   bukra    b.inbitt   bilnsûf,    demain  nous  allons  voir.  Mais  ce 
n'est  pas  l;i  le  préfixe  en  question. 


46 

)(  >  La  A  propos  du  préfixe  égyptien  b,  les  grammairiens  modernes 
européens,  comme  Spitta,  Yollers,  Nallino,  enseignent  que 
l'action  qui  se  déroule  pendant  qu'on  parle,  en  temps  présent, 
mais  qui  n'est  pas  encore  terminée  ou  qui  se  répète  souvent, 
se  traduit  par  le  présent  (Nallino  L'arabo  parlato  §  70  l'ap- 
pelle assez  bien  présent-futur)  préfixé  de  b  (be)  ou  bi.  On 
prétend  que  ce  b  ne  se  rapporte  jamais  au  futur.  Cela  n'est 
pas  absolument  exact,  ainsi  que  je  l'ai  déjà  fait  entrevoir 
dans  Arabica  III  p.  110.  Si  l'égyptien  dit:  in  kallîmtëni 
bàçlrabak,  si  tu  m'' attaques,  je  te  frapperai^  et  ainsi  dans 
toutes  les  propositions  conditionnelles,  le  sens  futural  ne  peut, 
strictement  parlant,  être  écarté.  Minlâqi  ^ala  ta-rîqna 
dâyman  nâs  niqdir  ninzil  'indhon,  trouverons-nous 
sur  notre  route  toujours  des  gens  chez  lesquels  nous  pourrons 
descendre  ?  Hartmann  Sprachfûhrer  p.  1 26,  où  le  correspondant 
égyptien  est  binlâgi  etc.  Pour  moi,  le  futur  est  ici  clair, 
ou  disons  avec  Nallino  ,.présent-futur".  C'est  la  transition 
entre  les  deux  temps.  Dans  la  Haute-Egypte,  que  j'ai  par- 
courue sept  fois,  j'ai  souvent  observé  le  b  futural,  mais,  ne 
voulant  jamais  me  servir  de  ce  préfixe,  ni  en  Syrie,  ni  en 
Egypte,  je  n'ai  rien  noté.  J'avoue  qu'au  Caire  ce  préfixe  se 
rapporte  principalement  au  temps  présent.  Le  plus  ancien 
exemple  se  trouve  dans  e  s  -  S  û  1  w  a  s  -  S  a  m  û  1  p.  36,  5.  6, 
éd.  Seybold,  ms  du  14^  siècle  ad  D.;  ensuite  on  le  rencontre 
chez  es-Suyûtî  (-f911  ad  H.)  dans  son  JJJJ\  jJLc  ^  Jj:aj^\ 
p.  1  en  bas  (Caire,  Brockelmann  LG  II  p.  153  en  bas)  et 
puis  chez  Y.  es-Sarbînî,  qui  vivait  dans  la  seconde  moitié  du 
onzième  siècle  ad  H.,  dans  son  Hazz  el-Quhûf,  Bûlâq  1274 
sur  lequel  voyez  Yollers  Z  D  M  G  41  p.  370  et  ss.  Voir 
Nôldeke  Beitrâge  I  p.  64.  , 

J'aurais  facilement  pu  augmenter  le  tableau  précédent  de 
l'extension  de  ce  préfixe,  si  j'avais  eu  ici,  dans  mon  Tusculum 
de  Nice,  toute  ma  bibliothèque,  mais  je  crois  que  ce  que  j'ai 


47 

déjà  exposé  suffit.  La  guerre  a  partout  mis  des  bâtons  dans    -jI  >  L 
les  roues. 

On  a  vu  que  Noldeke  n'admet  pas  un  verbe  aba,  yâba,> 
yabâ",  vouloir.  Il  veut  que  le  préfixe  bâ,  b  provienne  „de 
aba  qui  a  pu  donner  régulièrement  ba",  Beitrâge  I  p.  66, 
et  jusque  là  il  a  raison.  Partant  de  l'idée  de  l'impossibilité 
de  comprendre  le  b  a  futural  et  le  b  présentai  dans  la  même 
étymologie,  il  statue  que  le  verbe  ^^!,  vouloir^  et  toute  sa 
conjugaison  doivent  être  des  „multilations"  appartenant  à 
^ki.  Au  b  du  présent  il  donne,  de  même  que  Rhodokanakis, 
pour   étymologie  la  préposition  b,  dont  je  parlerai  plus  loin. 

Si  le  préfixe  futural  bâ  est  une  „mutilation"  de  ^^,  il 
faut  1°  mettre  de  côté  le  parfait  abâ,  abeyt  qui  ne  peut 
provenir  de  barâ,  à  moins  d'y  voir  un  barâ  avec  prothèse: 
abrâ,  ce  qui  est  rarissime  dans  le  Sud,  155,  17,  mais  ex- 
trêmement commun  dans  le  dialecte  des  ^Anazeh;  2P  pré- 
supposer une  forme  de  transition  ba^â  >  ba^i  que  je  n'ai 
jamais  constatée  depuis  tant  d'années  que  je  fréquente  les 
Arabes  du  Sud,  dans  leur  pays  et  chez  moi  en  Europe.  J'ai 
bien  entendu  baqeyt,  comme  chez  Hein  SAE  IX  p.  4.26, 
baqayt,  et  que  DA  Mûller  corrige  inutilement  en  barayt, 
ne  connaissant  pas  le  passage  ^>o-  Jamais  je  n'ai  entendu 
ba'eyt  ni  baqeyt.  Noldeke,  ol.  p.  68,  trouve  lui-même 
„que  la  chute  d'un  tel  ^  serait  inouie".  Les  analogies  dans 
les  autres  langues  sémitiques  qu'il  cite  ne 'servent  pas  ici,  et 
le  sudarabique  yisti<(^xio,  vhv,  est  encore  tout  vivant  ce 
qui  n'est  pas  le  cas  de  baqeyt  >*  ba'eyt;  3"  admettre 
que  cette  „  mutilation"  a  eu  lieu  en  Datînah  et  les  pays 
limitrophes,  où  le  passage  de  g^  à  c  est  commun  et  où  l'affai- 
blissement de  ^  n'est  pas^rare.  Le  mehri,  avec  son  absence 
de  ^,  ne  compte  pas  ici.  Mais  cet  afi'aiblissement  du  c  n'a 
lieu,  d'après  mon  expérience,  que  dans  les  thèmes  primas  c, 

comme  ^\  <   i_J^   <  ^^è,  vhv;  idi:>l   ou    id=>   <   'iSjs^^, 


48 

^j|>b    génisse,  711;  ^j  <  ^Jr,  vhv;  ^\  <  ojIc,   Arabica  V  p. 

217  n;  ^Jd,  donner^  <  ^\  (qui  a  dû  exister  puisque  le 
participe  est  mâti,  voir  ici  sub  .xi-t,  J^l  et  ^\)  <  ^^,  RO 

§  385;  oL.L.A_E  >  oL-X-r-^c  >  oL^],  1829;  autres  exem- 
ples 1109  note.  Si  quelquefois  il  s'affaiblit  comme  sec.  rad., 
il  peut  devenir  £,  p.  e.  h^,  fossette  jugulaire  du  cou,  ou 
Sjii  >  »j*i  >  ji^  et   finalement  b.'j,   368;  en  sahhi  iCxsu"  > 

Xjii',  ib.  ;  (O.CO  >  3.b,  285;  cf.  le  classique  (^tw=  Î^Ac,  courir, 
Qâm.  <  ^^3tw,  TA  X  p.  168,  7  d'en  bas,  Kazimirski  sv.  On 
pourrait  à  la  rigueur  chercher  dans  l'Arabie  Méridionale 
l'origine  de  ce  préfixe  bâ<du  présent  abâ,  et  je  crois  que 
cette  hypothèse  ne  serait  pas  à  rejeter,  étant  donnée  l'immi- 
gration des  tribus  méridionales  dans  tous  les  pays  du  monde 
arabe. 

4°  Il  est  étrange  que,  en  admettant  bâ<barâ,  ce  bâ 
n'ait  nulle  part  dans  le  Sud  conservé  le  sens  du  parfait, 
contrairement  à  ^ki.  Il  peut  bien  se  traduire  par  le  parfait 
devant  un  imparfait,  dans  une  proposition  subordonnée,  p.  e. 
j(^.  L)  3  (^b>  =)  j^  q'^'  ,  il  avait  faim  et  voulait  manger, 
ce  qui  peut  aussi  signifier  il  avait  faim  et  (à  présent)  il 
veut  manger,  mais  cela  tient  à  une  particularité  de  la  syntaxe 
sémitique.  Pris  isolement,  il  n'a  pas  la  valeur  d'un  parfait, 
et  J(^.  L  est  =  J(^.  Lu .  Sur  L  après  les  conjonctions  condi- 
tionnelles !J!,  _j.i,  j^l^^^l  ou  ^^  seul,  ^>  "^S,  voir  ici  à  la  p. 
31;  cela  est  aussi  une  particularité  de  la  syntaxe  arabe.  Il  fau- 
faudrait,  dans  ce  cas,  de  b  â  <  b  a  r  â ,  qu'on  ait  formé  après  coup 
le  parfait  o^'  >  u^^*j  et  l'imparfait  yâba  et  yabâ^  yâbi 
et  yabî^  Il  faudrait  alors  aussi  donner  à  c>.aj!  une  autre 
étymologie  qu'à  Lj,  ce  qui  est  inacceptable.  Un  imparfait  de 
^yu  >  lytJ  ne  peut-être  que  yabra/i  >  yab'a/i  >  yab'a> 


49 

o 

yab-a,   mais  cette  dernière  forme  postulée  est  contraire  à   ^jt>Lj 
yâba/i,   encore   courant  dans  le  Nord  de  l'Afrique.    Parler 
avec  RO  §  388  et  Stumme  MGT  p.  239  d'un  verbe  be(ba) 
=  bara,  est  une  fiction,  du  moins  dans  les  dialectes  du  Sud. 

Le  parfait  tripolitain  bâ,  pi.  bû,  de  3!,  chez  Stumme 
MGT  p.  239  me  paraît  postulé  et  demandé.  Il  ne  se  ren- 
contre nulle  part  dans  les  textes  de  ce  savant.  Dans  les  textes 
du  dialecte  de  Houwâra,  je  n'ai  trouvé  que  le  parfait  butt, 
contrairement  à  Kampffmeyer  0. 1.  p.  7,  3  d'en  bas,  mais  non 
les  autres  personnes  du  parfait,  et  Kampffmeyer  paraît  con- 
sidérer ba,  bo,  bi  comme  un  parfait,  ce  qui  est,  d'après 
moi,  une  erreur;  voir  ici  p.  95  et  note  2. 

Rhodokanakis  est  entièrement  de  l'avis  de  Nôldeke,  RD 

II  p.  190,  tandis  que  Socin,  Diw.  III  §  139  et  §  156,  et 
Brockelmann,  0. 1.  II  p.  186  et  p.  513,  ont  adopté  ma  manière 
de  voir.  Vollers,  dans  sa  critique  de  RO,  ZDMG  49  p. 
508,  dit:  „L'emploi  simultané  des  expressions  be  et  bara, 
désirer^  chercher,  d'un  sens  parallèle,  est  frappant.  Reinhardt, 
ainsi  que  d'autres  savants,  semble  admettre  une  parenté 
étymologique  des  deux;  je  crois  qu'il  faut  nous  contenter  de 
comparer  be  à  l'hébreu  TCi^  et  à  sL,  envie  sexuelle,  et  ^^ 
à  j.v,i2  et  à  l'assyrien  ni?3";  voir  ici  sub^yb.  Le  ]:^^  du  néo 

syriaque,  qui  forme  aussi  un  futur  périphrastique  est,  au 
contraire,  le  verbe  ,^,  prononcé  à  l'araméenne,  Nôldeke 
0. 1.  p.  68.  Personne  ne  nie  que  ^^xj  puisse  indiquer  le  futur, 

car  le  hadram.  J^  ^.jLo  n'est  pas  différent  du  datînois-hadram. 

Jil)  L-j  (dat.  J(^)  =  JiLj  Li,  il  désire,  il  veut  manger. 

Ce  qui  corrobore  l'étymologie  de  ba  <  aba,  c'est  le  pré- 
fixe verbal  correspondant  du  dialecte  yémanite  méridional  et 

d'Aden  sa  <  fUi  >  Li,  vouloir,  à  l'imparfait  Lxo,  Arabica 

III  p.  109.  Ôanhablak  ismah,  je  te  donnerai  son  nom, 
Çiibêhî.  Ôingîyil  an  a  uîyâh,  nous  allons  partir  moi  et  toi 

4 


50 

jI>Lj  (=  ensemble),  Sûbêhî;  voir  sub  Jvç>.  Hèbli  mày  san^ûm, 
donne-moi  de  l'eau,  je  veux  boire,  Sùbêhî.  Sânâkol,  no7is 
allons  manger,  Arabica  III  p.  109.  Le  verbe  Li  est  très 
courant  au  Yéman,  ib.  Ma  sfih,  que  veux-tu?  A  sa''  min 
d  ê ,  je  veux  de  celui  ci.  N  i  s  à  e  t  k  a  r  r  a  S  je  veux  déjeuner. 
Ces  deux  exemples  sont  tirés  de  Glaser  Peterm.  Mitt.  1886 
Heft  I  p.  8.  Dans  le  Hogarîcb,  le  préfixe  futural  est  sa.  Le 
Hogarite   qui   a    passé    deux   hivers  chez   moi  à  Nice  s'en 

servait  très  souvent.  Stace,  sub  ivill,  donne  -«r^yw,  he  will  go, 
ce  qui  est  exact,  mais,  par  contre,  je  n'ai  jamais  constaté 
^y«jti  o^,  ive  will  act,  at  cela  doit  être  une  construction 
littéraire  de  son  professeur  et  collaborateur  ^Abd  el-Qâdir 
el-Makkâwî.  La  gît  la  bâladna  satkûn  bikulle  râha 
""andena  fid-dâr,  si  tu  viens  {^=  viendras)  dans  notre 
pays,    tu   seras   en  parfait   repos   chez  nous  à  la  maison, 

Hogarîeh.  Cela  fait  penser  à  Qor.  65,  6  :  ^yo*i,  et  au  pré- 
fixe futural  classique  ^  <  ^^^,  Delectus  p.  13.  3.  La  forme 
intermédiaire  est  _^  que  donne  L  A  XIV  p.  361,  6  d'en 
bas  =  TA  VIII  p.  225:  ^^'^ ^,  tu  verras. 

Le  maltais  a  aussi  se,  sa  futural,  que  Stumrae  MSS  p.  91 
n.  1  dit  provenir  de  jLw  >sêr>ser,  saret  finalement 
la  mutilation  précitée,  comme  le  dialectal  commun  du  Yéman 
et  du  Nord  g.j!^,  p.  e.  {^y^  ^)^  ui-î,  que  vas-tu  faire!' 
What  are  you  going  to  do? 

Le  ^Omânais  a  également  h,  RO  §  427.  Tarse  tânye 
ma  ha'^ûd  ile  de,  une  autre  fois,  je  le  ne  répéterai  pas. 

-,  et  s  alternent,  p.  e.  RO  p.  331  et  Dt  818,  4,  6.  Praetorius 
ZDMG  34  p.  228  et  Reinhardt  §  427  lui  donnent  à  tort, 
ce  me  semble,  un  sens  purement  futural,  car  dans  ces  exem- 
ples, Dt  818,  et  ceux  de  Reinhardt,  ce  n'est  point  le  cas. 
Dans   les  textes  de  Rôssler,  M  SOS  I  et  III,  a  est  fort  rare, 


51 

et  je  n'y  ai  pas  trouvé  -,  une  seule  fois.  Ihâge  min  hên  j| 
t  ô  h  a  t  i  1  q  â  h  a ,  0?/  trouveras-tu  à  présent  cela!'  ib.  I  p.  60,  8. 
Les  textes  de  Brode  MSOS  Vu  n'offrent  ni  _  ni  «,  mais, 
en  revanche,  à  foison  le  préfixe  futural  a,  de  même  que  ceux 
de  Rôssler,  ou  bien  la  périphrase  avec  ot^,  i.  D'après  moi, 
ce  -.  =  8  est  aussi  bien  présentai  que  futural.  Nous  avons 
vu  que  Jayakar  dit:  „^^va:>  he  will  come^  also  spelt  ^y$u^", 
V. 37  en  bas.  Dans  l'exemple  RO  p.  276n.l:  sràb  hatôrwe, 
trinke  so  wirst  du  durstgestillt,  =  ât  isràb  ta  tirwa,  bois 
jusqu'à  ce  que  tu  sois  désaltéré,  ce  h  correspond  au  préfixe 
égyptien  h  a  qui  indique  une  action  qu'on  va  faire  au  moment 
qu'on  parle.  Hayuq^ud,  il  veut  s'asseoir,  Spitta  p.  353  en 
bas.  H  a  -  y  i  m  s  i  k ,  er  loill  gerade  fassen,  Vollers  Lehrbuch 
p.  30.  An  a  ha  anâm,  (adesso)  io  mi  metterô  a  dormire, 
Nallino  L'arabo  parlato  p.  67,  où  l'étymologie  de  Spitta,  o. 
et  1.1.  de  râh  n'est  pas  mentionnée,  et  cela  avec  raison,  car 
ce  ha  n'est  pas  une  mutilation  de  râih  (Vollers  dit  seulement 
synonyme  de  râh),  mais  la  première  syllabe  de  hat-tâ  ') 
dont  la  seconde  remplit  les  mêmes  fonctions  en  datînois,  en 
hadramî  et  en  syrien,   Nôldeke   Beitrâge  ï  p.  64  et  n.  3. 

^jj:s>  est  du  reste  également  employé,  aussi  bien  dans  la 
lurah  que  dans  les  dialectes.  Mas^'oûdi  III  p.  211,  7  :  ooy  Uià 

ijcjul  5Ui2*j  lj/X«!  'i^i:^^  li^^i  (_y^  v^û  iëU,   ct  lorsqu'elle 

voulut  le  quitter,  elle  lui  dit  :  laisse-moi  t' adresser  la  salutation 
que  nos  rois  s'adressent  entre  eux!  Gâlliha  hta-ntsôur, 
il  lui  dit:  que  je  réfléchisse  d'abord,  Houwâra  p.  58,  n.  13. 
Cela  est  courant  dans  tous  les  pays.  Ce  j^=>  >  t  a  n'est  pas, 
à  proprement  parler,  un  préfixe  futural,  mais  plutôt  un  pré- 
fixe optatif.  Il  faut  envisager  le  mehri  ta  te  au  même  point 


')   Praetorius    y    voit    une    abréviation    de    h;il    ZDMG    34  p.  228. 
Arabica  III  p.  112,  je  croyais  encore  que  ce  h  est  une  mutilation  de  gJj- 


(5 


52 

J  >  L    de  vue,  Bittner  St.  mehri  IV  §  5  et  §  45;  ib.  sh  II  §  44  < 
J::>,  et  dont  l'emploi  est  le  même  que  dans  notre  dialecte: 

b^Lw  ^Axaiî  Jc=>,  mi  matm,  nous  partîmes,  dt  =  ^^\  UJ  = 
mehri  te  sôbeh,  avec  la  remarque  très  juste  de  Bittner 
St.  mehri  IV  pp.  33  et  34. 

Cependant,  ce  préfixe  ha  est  vraiment  futural  en  Tihâmah, 
à  el-Mohâ',  à  Zebîd,  à  el-Hodeydah  et  en  général  dansle  Yéman 
occidental  et  au  pays  de  Yàfi",  au  nord  d'Aden.  J^i3  Lp,  nous 
alloyis  manger.  Ana  hât^aggab,  je  vais  voir  ou  je  veux 
voir  =  dt  ana  bâtbassar.  ^c^,  il  viejidra,  bédouin  d'el- 
Mohâ^  comme  le  ^J;^^1  he  will  corne,  de  Jayakar,  voir  pp.  37 

et  51;  RO  p.  246  n.  1  :  min  kill  bidd  heigi,  en  tout  cas 
il  viendra. 

Il  faut  peut-être  séparer  les  préfixes  h  et  h  ""omâno-yéma- 
nites  en  admettant  que  le  second  est  pour  s,  permutation 
assez  fréquente  dans  le  Sud,  surtout  dans  des  mots  communs 
à  l'arabe  et  au  mehri.  Mais  je  ne  le  crois  pas,  étant  donné 
que  dans  le  Sud  les  deux  gutturales  se  confondent  constam- 
ment, de  façon  qu'il  est  souvent  impossible  de  les  distinguer 
l'une  de  l'autre. 

Nous  avons  donc  vu  dans  ce  qui  précède  que  le  préfixe  b 
est  futural  dans  tout  le  Sud  et  dans  le  dialecte  marocain  de 
Houwâra,  mais  que  déjà  dans  le  Yéman  occidental,  oîi  il  y 
a  les  préfixes  futuraux  h,  sa  et  sa,  il  est  devenu  présentai; 
qu'il  est  dans  l'Afrique  équatoriale  futural  et  présentai,  de 
même  qu'en  Syrie;  que  dans  le  dialecte  du  Caire  il  est  pré- 
sentai, mais  avec  une  tendance  vers  le  futur. 

Or,  Nôldeke  et  Rhodokanakis  soutiennent  qu'il  est  impos- 
sible d'assigner  au  b  présentai  et  futural  la  même  origine. 
Noldeke  voit  dans  le  b  présentai  la  préposition  bi,  Beitrâge  I 

p.  64,   et   il    compare   l'imparfait  J.*àAj,  mais  J  est  ici  con- 


53 

jonction  =  ^^  qui  est  aussi  préposition  et  conjonction,  comme  ^1  >  b 
le  ta  (te)  mehrite,  du  moins  dans  les  dialectes,  qui  comptent 
autant  que  la  lurah.  Kampflfmeyer  fait  remonter  ce  b  au 
préfixe  „sabéen"  dont  j'ai  parlé  Arabica  III  p.  111.  Nôldeke, 
0. 1.  p.  65,  et  D  H  Mûller  rejettent  cette  provenance,  et  je 
crois  avec  raison.  Le  dit  b  n'est  pas  sabéen,  mais  minéo- 
katabânite.  Meyer-Lambert  élucidera  dans  le  tome  III  de 
CIS  l'emploi  de  ce  phonème.  Hommel  SAChrest.  pp.  55; 
53;  §79;  67  et  note;  id.  A  A  p.  32;  DHMuUer  EDA  p.  46, 
Mordtmann  Beitr.  z.  Minâisch.  Epigr.  p.  49. 

Je  me  vois  obligé  d'en  revenir  sur  ce  préfixe.  Nôldeke  dit 
0. 1.  p.  64  à  propos  du  préfixe  b  dans  les  dialectes  arabes  : 
„0n  est  assurément  à  présent  d'accord  ')  que  le  préfixe  qui 
indique  le  présent  doit  être  séparé  de  celui  qui  se  rapporte 
au  futur,  quand  même,  quant  au  son,  ils  se  confondent  quel- 
quefois presque  tout  à  fait,  ou  tout  à  fait  et  quand  même 
la  précision  du  sens  laisse  à  désirer.  Je  ne  puis  y  voir,  avec 
Spitta,  Glaser  et  d'autres,  que  tout  simplement  la  préposition 
bi".  Et  Kampffmeyer  o.  1.  p.  27  opine  que  ^l'emploi  du  verbe 
^î  et  celui  du  préfixe  lj  s'est  enchevêtré  l'un  dans  l'autre", 
car  pour  lui  le  b  présentai  n'a  pas  la  même  origine  que  le 
b  futural,  Materialien  p.  144;  Encyclop.  de  l'Islam  I  p.  405  n. 
Le  syrien  b,  présentai  et  futural,  serait  donc  le  produit  d'une 
fusion  des  deux  b  différents.  Cela  me  paraît  impossible  -). 

Nôldeke  paraît  ne  pas  être  très  persuadé  de  sa  théorie 
puisqu'il  dit  o.  1.  p.  67  :  „0r,  on  peut  objecter  que  les  formes 
mutilées  pourraient  difficilement  venir  d'un  verbe  qui  est 
encore  non  mutilé  en  usage.  Mais  lorsque  nous  voyons  que 
la  langue  erhploie  ces  formes  l'une  à  côté  de  l'autre  et  qui, 
sans  aucun  doute,  sont  intimement  liées  entre  elles,  tantôt 
en  thème  verbal  complet,  tantôt  réduites  à  des  phonèmes 


')  On  a  vu  que  cet,  accord  n'existe  pas. 

2)  L'étymologie  de  Vollers  de  |«lc,  ZDMG  41  p.  393  est  à  ('carter. 


54         * 

_il  >  Li  très  courts,  il  ne  saurait  nous  étonner  que,  à  côté  de  cela, 
des  formes  tout  à  fait  complètes  se  soient  conservées".  Je 
traduis  littéralement  pour  montrer  que  la  rédaction  de  cette 
argumentation,  du  reste  fort  juste,  mais  en  contradiction  avec 
ce  qu'il  a  dit  auparavant,  n'est  pas  à  l'abri  de  la  logique. 

„0n  n'aurait  jamais  osé",  v.  p.  17, 18  (Noldeke),  considérer  bâ 
comme  une  „mutilation"  de  ^^,  si  les  indigènes  ne  l'avaient 
toujours  expliqué  par  le  verbe  synonyme  de  ^_^.  On  s'y  est 
laissé  prendre.  Jayakar  BBRAS  1902  p.  250  prétend  égale- 
ment que  L.  <  ^yb,   avec  élision  du  ^! 

Tant  que  je  n'ai  d'autre  base  que  l'hypothèse  de  Nôldeke- 
Kampffmeyer-Rhodokanakis,  je  ne  puis  voir  dans  le  préfixe 
verbal  b  qu'un  phonème  provenant  du  sudarabique  aba, 
vouloir,  >  bâ  >  b,  même  là  où  il  ne  se  rapporte  qu'au  présent. 

Ce  préfixe,  sorti  de  l'Arabie  Méridionale,  comme  tant 
d'autres  mots,  s'est  acheminé  vers  le  Nord,  en  laissant  de 
côté  les  dialectes  hédoiiins  au  Nord  de  J^  «.j.,  à  l'exception 
des  Hadar  d'el-Qasîm,  a  perdu  sa  valeur  intrinsèque  en  route, 
jusqu'à  être  employé  en  Syrie  'promiscue  pour  les  deux  temps, 
et  dont  seulement  le  présent  est  resté  en  Egypte  et  le 
futur  au  Maroc.  On  l'a  peut-être  confondu  en  Egypte  avec 
la  préposition,  ce  qui  cependant  ne  me  paraît  pas  probable. 

Si  le  parfait  III  p.  s.  abâ  a  jamais  été  employé  dans  les 
parlers  du  Sud,  il  a  dû,  de  bonne  heure,  se  confondre  avec 
le  préfixe  futural.  Etant  donné  qu'on  parle  bien  plus  souvent 
à  la  le  personne  du  singulier,  c'est  à  dire,  de  soi-même  et 
de  ce  qu'on  veut,  je  crois  que  c'est  la  première  personne  de 
l'imparfait  aba  >  ba  qui  est  le  point  de  départ  du  préfixe. 
Celui-ci  aura  ensuite  été  préfixé  à  toutes  les  autres  personnes. 
Ce  n'est  donc  pas  le  parfait  bâ  qui  a  servi  de  prototype, 
comme  je  l'ai  dit  Hdr  p.  746/7  par  un  lapsus  calami,  car 
pour  exprimer  la  volonté  l'aoriste  est  naturellement  bien  plus 
employé  que  le  parfait. 


II  p. 

III  p. 


55 

Pour   résumer   ce    qui    précède,    on    peut  donc  établir  le 
schéma  suivant: 

(a  n  a)  *â  b  a  >  (a  n  a)  à  b  a  >  (a  n  a)  b  iV,  avec  change- 
ment de  l'accent,  Sud, >b a,  bâ,  bi,  préfixe  futural 
I  p.    j       et  présentai. 

(a  n  a)  â  b  i  >  'à  b  i  >  a  b  î ',  Nord ,  >  b  î ,  préfixe  futural 

dans  el-Qasîm. 
*tâba  >  tabà^  Sud. 
tàbi  >  tabi",  Nord. 
*yàba  >  yabà^  Sud. 
yàbi  >  yabi',   Nord,  >  yibbi,  Tripol. 
Pour  appuyer  b  <  ba  <  aba,  vouloir,  ou  pourra  égale- 
ment  citer    ^    avec    les    suffixes,    dont   l'étymologie   bien 
connue  est  encore   inconnue  à   Bergstràsser,  puisque,   dans 
son  „Sprachatlas"  p.  36,  il  dit,   à  propos  de  Ju:  „Au  lieu  de 
b,   un  nombre  de  Bédouins,   même  ceux  qui  sont  devenus 
sédentaires  (comme   ceux  d'el-Kerak),  ont  w".  Il  croit  donc 
que  b  est  devenu  w!   Voir  p.  11  en  bas. 

Une  autre  analogie  est  l'emploi  du  verbe  -^=»  pour  former 

une  espèce  de  futur  périphrastique.  w^.  v^=>5  oj-ï-^'  JL^  (•-^L., 
B.  leva  le  bâton  voulant  le  battre,    Bàsim  p.  18,  13;   tjjci- 

^^'^*^.  \y^^  |?-'*^>  'ils  se  levèrent  et  voulaient  partir  ou  pour 

partir,  ib.  p.  22, 16.  Dans  l'Afrique  septentrionale,  v*^  6st 
partout  vouloir,  désirer,  comme  le  français  armer.  Nëhâbb  ') 
tlâta  ksâwi,  ich  loilnsche  drei  Gewânder,  Stumme  TMG 
vol.  I  p.  10,  3  et  passim.  Ben  Sedira  p.  881  :  je  veux  neha  b  b 

ou  nebri.  L'emploi  de  Ç^  coïncide  en  Algérie  bien  plus 
encore  avec  celui  du  sudarabique  ^^t  >  L.  „puisqu'on  y  dit  u^i?. 


^)  Stumme   écrit  nhilb,   parce  que   nous  autres   proaouçous   l'u    ici 
en,  mais  non  les  Arabes;  les  deux  bb  sont  nécessaires. 


56 

^1  >  b  o^.  OU  ;?J!  û.=>,  il  va  mourir,  o^  c>v-^,  ^e  we  sens 
mourir,  Beaussier  sv.,  Marçais  KMTA  p.  424,  absolument 
comme  le  datînois  oy>  c>v^,  v.  p.  16,  et  l'on  abservera  le  même 
sens  du  parfait  dans  les  deux  dialectes,  comme  le  mehri 
homk.  E.  Doutté  TAO  p.  68  n.  5  dit:  ,;habb  en  tunisien 
indique  le  futur,  comme  /  ivill  en  anglais." 

En  mehri  hâm,  vouloir,  voir  j.'l:>  sv.,  sert  aussi  pour  former 
le  futur  périphrastique,  ce  qui  a  déjà  été  relevé  par  Jahn 
SAE  m  p.  269  sub  bâ,  où  il  y  a  des  renvois  à  son  ouvrage; 
id.  Grammatik  p.  86  ;  Bittner  St.  mehri  II  p.  87  n.  1  ;  V  m 
p.  6.  Ce  verbe  perd  même  sa  préformante  à  la  1  p.  s.  de 
l'imparfait:  hôm  <  ahôm,  Jahn  Gr.  p.  86;  Bittner  o.  1.  V 
p.  6  n°  2  et  p.  30  n°  42,  absolument  comme,  le  plus  souvent, 
l'arabe  b  a  <  a  b  a ,  ^e  veux.  Ici  l'identification  de  ^3!  et  hâm 
est  parfaite  et  se  rencontre  un  peu  partout  dans  les  textes 
de  la  SAE. 

On  peut  encore  établir  d'autres  analogies.  Pour  exprimer 
le  futur,  le  shaurî  se  sert  du  phonème  invariable  dhar 
qu'il  met  devant  le  subjonctif  du  verbe,  selon  l'ouvrage  si 
méritoire  de  Bittner,  St.  «h  II  p.  91,  ou  avec  1-;  p.  e.  dhar 
t  e  z  h  cl  m ,  tu  vie^idras,  =  dt  ^^:s\_j'.  Lj  ;  d  h  a  r   1  -  e  h  f  6  r,  j/e 

creuserai,  =  àt  Jc^..  D  H  Mùller  écrivait  d'abord  dhar,  ce 
qu'il  a  plus  tard  corrigé  en  dhr.  Se  basant  sur  cette  graphie, 
Bittner  St.  sh  II  p.  20  propose  une  étymologie  qui  me 
paraît  douteuse.  Je  crois  que  la  première  idée  de  D  H  Mùller 
d'y  voir  la  V~f'^  est  plus  acceptable.  On  sait  que  V~^^ 
n'est   qu'une    variation    phonétique  de  l/^^^o,  987;   1281; 

voir  sub  ^«j»  et  ^^j.  Or,  le  verbe  ^b,  u,  sert  également  dans 
le  dialecte  du   Waddây  pour  exprimer  le  futur,  comme  je 

l'ai  exposé  sub  ^30;  cf.  ^^  abeilles,  vhv,  et  liXl,  apis,  et 
les  exemples  987.  Le  phonème  shaurî  dahar,  me  paraît 
donc  plutôt  se  supporter  à  ce  ^b,  u,  qu'à  un  composé  du 


57 

relatif  d  -j-  la  l^  hry,  qui  en  shauri  signifle,  demander,  vouloir^     -j|  >  Lj 
d'après  Bittner  o.  et  1. 1.  Vu  la  confusion  de  -  et  »  dans  la 
prononciation,   D  H  Miiller  croyait  plus   tard  avoir  entendu 
dhar;  une  chose  semblable  m'est  arrivée  plus  d'une  fois. 

Bittner,  o.  et  1. 1.,  fait  également  observer  que,  à  côté  de 
dhar,  on  se  sert  d'une  construction  futurale  avec  'âgeb,  = 
u^,  vhv,  aimer,  vouloir,  p.  e.  :  "^agk  (<^agbk)  1-ezhâm, 
je  veux  venir,  =  ^t  ^^\  lj>^^lj,  =  sh.  dhar  I-ezhâm.  Il 

compare  à  juste  titre  l'anglais  I  loill  corne,  le  néogrec 
bx  <  bsxa  et  le  persan  j^y^w!^,  vouloir,  sur  lequel  voir 
Chodzko  Gr.  pers.  p.  263  et  Saleman-Shukowski  Pers.  Gramm. 
§  61,  où  il  y  a  la   différence  entre  les  deux  constructions 

lX-o!^  py=>,  je  dormirai,  =.dt  j.ljL.  lit,  et  p^y  ^U^swo,  je  veux 

partir,  =  dt  ^L^L.  bl . 

Nous  trouvons  le  même  futur  périphrastique  en  grec  où 
ridée  de  l'avenir  est  quelquefois  exprimée  par  une  locution 
composée  d'un  temps  du  verbe  [/.Uxcc,je  dois,  avec  l'infinitif 
présent  ou  futur  du  verbe  auquel  s'applique  l'idée  d'avenir. 
P.  e.   'o   (^éA?.sig   vùv   TrpxTTsiv,   ce  que  tu  es  sur  le  point  de 

faire,  ou  tu  vas  faire,  =  dt  (j^J-o  (^v^*  Lo'  (j^';  A^fAAo;  ùy.âç 

^t'^x^siv ,  je  vais  vous  enseigner,  =  dt  jJXs^  L  lit . 

Le  futur  périphastique  peut  dans  quelques  langues  néo- 
latines s'exprimer  par  velle  et  venire,  ainsi  qu'on  peut  le  voir 
chez  Kr.  Nyrop,  Gram.  hist.  de  la  langue  française  II  §  6. 
En  Suisse,  on  dit  il  veut  pleuvoir  et  en  ital.  vuol  piovere,  il 

va  pleuvoir  =  Ja^:^  L,  Dt  et  Hdr.  D'après  H.  Môller,  Semit. 
und  Indogerm.  I  §  100,  „la  racine  viq  et  sémit.  p-w  veut 
dire  venir,  arriver,  avec  sens  futural,  fu-turus,  et  bhavi 
sert  en  sanscrit  à  former  le  futur,  correspondant  au  sémitique 

b-w-a  (bw")  se  rapportant  au  futur:  ^L,  revenir  {^  ^^), 
N3  (iS"i3),  entrer,  assyr.  bâ'u,   venir'.   Pour  exemples,   voir 


iS 


58 

jt  >  b  id.  ZDMG  70  p.  150.  Cf.  plus  haut  sur  velle  et  venire;  en 
français,  il  va  pleuvoir.  Malgré  cela,  l'étymologie  de  Glaser 
bâ,  b  <  iU ,  reyemr,  =  t^ , ,  Diw.  Hodeyl.  Kosegarten  p.  13 
V.  11  et  le  comment  ad  hoc  p.  16,  Nôldeke  Fûnf  Mo'all.  II 
p.  89,  Hdr  p.  745,  n'est  pas  acceptable  et  elle  a  déjà  été 
rejetée  par  Nôldeke,  Beitrâge  I  p.  67. 

Avant  de  finir  ce  long  article,  il  ne  sera  pas  hors  de 
propos  d'appeler  l'attention  sur  une  construction  qui  s'appli- 
que à  tous  les  verba  cordis,  vouloir^  désirer,  et  par  conséquent 
aussi  à  lj,  ^i;!  et  ^_yb,  461.  Lorsque  ces  verbes  sont  suivis 
d'une  proposition  asyndétique  et  dont  le  sujet  est  autre  que 
celui  de  la  proposition  principale,  les  dialectes  laissent  ce 
dernier  sujet  devenir  l'objet  du  verbe  de  la  proposition  prin- 
cipale. Bâkum  tin d  uni  medfa^,  je  veux  que  vous  me 
donniez  un  canon,  11,16.  Es  tabùna  neqûl,  que  voulez-vous 
que  nous  disio7is?  12,  17;  461,  où  d'autres  exemples.  La 
beytehàlak  zuwâg,  si  lu  la  veux  eii  mariage,  26,  2  = 
beyteha  titzauwag  biha.  Kam  tabâni  sûwîlak  fi 
hurtak,  combien  (de  ventouses)  veux-tu  que  je  te  fasse 
dans  la  nuque?  46,23;  461.   Tebûna  lindi,   voulez-vous 

que  nous  donnions?  521,9.    -où"  é\j,  je  veux  que  tu  passes, 

522,  7.  ^L\jJ  \^j^.  ^  ^j^.  Le  a^LjJ  85^  .iJjCJi  vj.=>  vj^'j   ^^ 

Miir  des  Idolâtres  qu'ils  ont  fait,  d  cause  des  Prophètes,  ne 
voulant  que  les  Idolâtres  passent  de  leur  côté  (du  côté  de 

ceux  qui  ont  érigé  le  mur),  1141,  7  (où  a^^'  a  été  oublié). 
Anabàk  tisëtrîli  këtab,  je  veux  que  tu  m'achètes  un 
livre.  Arabica  III  p.  103.  jw:u  ^b-^^T  j.  ^^^SjSÏ  Jkc  L.  \j>,  je  ne 

veux  pas  que  la  fille  erre  dans  les  vallées,  Arabica  III  p.  98 
V.  9.  v.j!j5JUo  LiLxJ"  ^$,  si  tu  veux  que  nous  allions  ensemble, 
Hdr  p.  93,8  d'en  bas.  Hadah  badâ'ah  bâ'ha  tibtàâ^, 
voici  de  la  marchandise,  je  veux  qu'elle  soit  vendue,  Hdr  p. 
332,15  d'en  bas.    Av  kân  tebûni  aranni,  mais  si  vous 


59 

voîdez  que  je  chante,  RD  I  p.  130,  15;  ib.  p.  12,  11  :  nebi'     _j!  >  b 
(ou  nibri)   Sa^ayyid  yithan  ^andak,  nous  voulons  que 

S.  moule  chez  lui.  Li--^2JLj  ii)s-x>«-J,  nous  voulo7is  que  tu  nous 

admettes  en  qualité  de  voisins,  550,  4  (''Oneyzah). 

s^<^  i^U^Lm-  Ljî,  j'espère  que  tu  viendras,  Hdr  p.  15,  16  et 

o 

n.  1,   où  se   trouvent  d'autres  exemples  avec  ^^j^  et  ^c^'. 

^^J^i2i!  qJu*j  ^yixio  Lo,  (les  Sâlih)  ne  voulaient  pas  que  les  Qannân 

labourent  leurs  (propres)  terres,  477,5.  Àlhàmtak  tistë- 
rili  masnaf,  je  t'ai  rappelé  de  m'acheter  un  pagtie,  516,  4. 

J30o  iOLoL:  Lwo  <.i>o!j ,   et  toi,  tu  ne  veux  pas  qu'il  entre, 

Hdr  p.  81,  2.  ti)^iL=>  o^  blJu  ^bU  ^^  éCsjjtl  jJL^  W,  je  suis 
envoyé  chez  toi  de  la  part  d'un  tel  qui  désire  que  je  voie 
comment  tu  te  portes,  Hdr  p.  369,  7,  où  LiLij  =  Lit  ^_^,  hadra- 
mitisme  pour  j,Uj,  cité  par  Nôldeke  Beitrâge  I  p.  67,  où 
il  est  traduit  par  désirait  que  je  voie,  ce  qui  est  juste  seu- 
lement comme  phrase  isolée.  Sîdi  brâna  éûfak  tsalli, 
mon  maître  désire  que  je  te  voie  prier,  =  si  tu  pries,  Z  A  26 
p.  234,5  d'en  bas.  Barêtak  tehessinni,ye  veux  que  tu 

me  rases  la  tête,  Hdr  p.  495,  5.  \:s\>jo  J-^ju  .yJI  u>^j  kJuJ, 

si  tu  veux  que  le  taureau  laboure,  donne-lui  à  manger  le 
matin,  461,  4  d'en  bas.  Jahn  n'a  pas  compris  cette  construction 
puisqu'il  traduit,  SAE  HI  p.  4,7,  hâdâ  Tabd  maHûg 
ubaràyteh  yizûwig  bitti  par  cet  esclave  est  affranchi, 
et  je  désire  le  marier  avec  ma  fille,  au  lieu  de  je  désire  qu'il 
épouse  ma  fille;  le  mehri  correspondant  a  la  même  tournure  : 
uhâmeh  lëhâres  bàhbrîti,  ma  MJM  p.  6.  Exemples 
dans  Jahn  Gramra.  p.  141.  Bràtëni  asîri  ')  mhê,  elle 
voulait  que  j'aille  avec  elle,  RD  I  p.  119,  11  d'en  bas  =  n  §  79 
b,  où  d'autres  exemples  analogues.   Baraytak  tezùwig 


')  Faute  pour  asir,  ou  bien  ua  mehrisme. 


60 

^j|'>  b  ""alay,  je  veux  que  tu  m'épouses^  SAE  IV  p.  128, 12.  Abrâk 
tiglis  ''andij^'e  veux  que  tu  restes  chez  moi,  ib.  p.  129,4, 
et  ib. p. 129, 23:  barâhum  yitwazzaru  bil-maqâlim, 
il  veut  qu'ils  s'entourent  d'un  i  z  â  r  ou  pagne.  E  b  r  â  k  u  m 
tùgyo.  Je  veux  que  vous  veniez,  RO  p.  242,  13  d'en  bas. 
In  baraytîna  ahrug,  si  tu  (fém.)  veux  que  je  sorte  (où 
lj<  bt,=  J«  haclraniitisme),  SAE  IX  (Hein)  p.  31, 13,  =  mehri 
an  tahûmi  lahirêg  (cf.  plus  bas),  où  l'i  final  de  tahûmi 
correspond  au  na  hadramite,  =  dt  la  tabîni  ahrog. 
Baraytu  nihna  (hadraraitisme)  nasîr,  voulez-vous  que 
nous  nous  en  allions?  ib.  p.  14  §  21,  =  mehri  thaym  teri 
neghûm.  Baraynâk  tahkum  baynahum,  nous  dési- 
rons que  tu  sois  juge  entre  eux,  SAE  IV  p.  158,  28,  =  soqot. 
"egében-tok  tâhkom  ""éhin.  Autres  exemples  ib.  p. 
157,  28  et  p.  159,  32. 

On  a  déjà  pu  constater  par  les  exemples  précédents  que 
cette  construction  se  trouve  également  en  mehri  avec  le 
verbe  hôm,  vouloir,  vhv,  qui,  au  présent,  peut  aussi  perdre 
sa  préformante  de  la  I^  personne:  hôm  et  se  mettre  tel 
quel  devant  toutes  les  personnes,  absolument  comme  l'arabe 
L  <  Lt.  Bittner,  Studien  mehri  III  p.  47  et  note  2,  l'a  déjà  relevée 
sans  faire  observer  l'identité  avec  l'arabe,  tout  en  la  comparant 
avec  le  même  processus  en  anglais  et  en  latin.  RD  II  §  79, 
qui  parle  au  long  de  ^_^ij  et  de  L,  ne  l'a  pas  non  plus  mise 
en  relief,  quoiqu'elle  se  rencontre  souvent  dans  ses  textes. 
Voici  quelques  phrases  de  l'ouvrage  de  Bittner  mhr  III  p.  47. 
Hamk  thâres,  .;e  veux  que  tu  te  maries,  =  dit  beytak 
titzûwig  (car  y^y:,  vhv,  a  un  sens  diflférent  en  datinois). 
Tliams  tâqâ  hàbriték,  tu  veux  qu'elle  devienne  ta  fille, 
=  dt  iiU>o  tiLj'  L^îLo",   oîi  ,rJLj",  vhv,  =  .XA2J"  ou  l^v^-^"»  vhv. 

Ha  m  s  tahbêz,  je  veux  que  tu  (fém.)  fasses  dupain,  =  At 
beytis  tihbizi.  Tahàmi  1-ahrêg,  tu  veux  que  je  sorte, 
=  dt   tabâni   ohrog;    l'exemple  analogue   plus  haut,   où 


61 

tahûmi  lahirêg.  En  sh.  même  construction  avec  le  verbe    ^t  >  b 
^ageb,  amer,  voîdoir,  ^=  ^t  u-^^;  p.  e.  'âgen  bis  teklét 
(e)len,  nous  voulons  qu'elle  nous  raconte,  Bittner  St.  sh.  III 
p.  30  §  28  voir  ici  p.  57  en  haut. 

Bittner  englobe  aussi  le  verbe  mehri  t  a  r  o  h ,  laisser,  dans 
cette  construction,  mais  le  cas  n'est  pas  le  même.  Il  en 
donne  ces  exemples  tarahim-i  1-ilqât  wa-l-egôma, 
laissez-moi  ramasser  et  cueillir,  =  ^i  "arrûni  ilqot  wigraa". 

Du  reste,  la  lurah  connaît  aussi  ^-*>[5  ^asà\  jS^\.  La  phrase 
suivante,  ib.  ne  peut  non  plus  servir  d'exemple:  tarâhem 
bayôr  1-etîqem,  ils  laissèrent  les  chameaux  boire,  =  dt 
""arru  el-abâ'ir,  ou  labâMr  ou  em-bâ'ir,  vhv,  yis- 
rabèyn. 

La  construction  dont  je  viens  de  parler  est  également  fort 
employée  dans  la  lurah.  Reckendorf  l'a  supérieurement  traitée 
dans    son   excellent   ouvrage   Die  syntaktischen    VerhdU?iisse 

des  Arabischen,  p.  396  et  §  169.  Cf.  ici  sub  ,^î^  et  o^^. 

Glaser  avait  publié  un  pamphlet  contre  moi  et  mon  article 
dans  Hdr  p.  745  et  ss.  Je  n'ai  jamais  jugé  à  propos  de  réfuter 
les  innombrables  erreurs  du  savant  autrichien  à  l'esprit  ma- 
lade et  venimeux  '). 

J'espère,  par  ce  long  article,  avoir  persuadé  Nôldeke  et 
ses  partisans  que  1°  le  verbe  ^\,  vouloir,  existe  véritable- 
ment, à  côté  de  ^_^i,  d'une  autre  étymologie,  et  que  2°  le 
préfixe  bâ,  ba,  bi,  b  vient  du  sudarabique  bâ,  étant  lui- 
même  une  abréviation  de  la  I^  personne  sing.  de  l'imparfait. 

Je  prie  mes  confrères  de  m'excuser  d'avoir  donné  à  ce 
thème  ^î  l'extension  d'un  véritable  mémoire,  mais  ayant 
pour  adversaire  le  plus  grand  sémitisant  qui  ait  jamais  existé, 
j'ai  été  obligé  de  défendre  mon  opinion  avec  toutes  les  bat- 
teries d'une  défensive  à  outrance,  et  j'espère  que  mon  véné- 


')  Sur  ses  connaissances  en  arabe,  voir  534  n.  1  et  1302  n. 


62 

rable  ami  et  adversaire  acceptera  sa  défaite  sans  avoir  besoio 
de  braquer  encore  sur  moi  de  nouveaux  engins  de  guerre 
pour  détruire  l'édifice  que  je  crois  avoir  fondé  sur  un  terrain 
solide  (le  20  Juillet  1918). 

Avec  les  pronoms  personnels  suffixes.  tiUJji,  494/5.  L^^lj1,  492. 

5b^lj1,  493.  Cf.  (j:j',  489  et  ss.  Cette  particule  pourrait  bien 
avoir  la  même  origine  que  celle  dont  traite  J.  Barth  dans 
sa  belle  étude:  nt^..  \in  und  seine  Entwicklung,  dans  ses 
Sprachwissenschaftliche  Untersuchungen  II  p.  27  et  ss.  Voir 
ici  sub 


L?:; 


.5^' 


Ji,   i,   venir,   courant  dans  le  Yéman;   impérat.   ît,  Glaser 
Peterm.   Mitteil.   1886  p.  7.  —  v  ^î  est  donné  493  et  n.  1 

comme  étymologie  douteuse  de  l'égyptien  ^^\. 


f^ 


yl,  1099  n.  -  ^-î,  pi.  p\,  495  =  ^i. 

yb,  après,  112,4  >  ^  et  ^',  785;  1500.  _jSb,  après,  est 
bon  arabe  classique,  Brockelmann  o.  1.  p.  499  et  p.  665. 
«jij  (j^,  suis  ses  erres,  1516,4,5.  —  sy]  ,J^,  ensuite,  IbOl  ; 

cf.   lXju  <  slXju,  vhv;   Brockelmann  o.  1.   II  p.  663.  —  Ji»,, 

witër,  et  voilà,  366,2. 

y],  résidu,  marc,  736,  14;  1108;  1109  et  note;  cf.  yiè,  vhv. 

^c/],  493,  494,  495.  Meissner  NAGT  p.  112. 

oUî  avec  les  pronoms  personnels,  493,  4  d'en  bas  ;  494. 

l/"~oii!  598,  6.  -  £jù\  >  ètfieh,  etfîh  et  tefîh,  597,  598; 
pi.  ^^s'jî  >  ^^'j,  20,  10;  597  en  bas,  =  J^ijj  ou  ^^^^,  vhv. 


63 

Brockelmann    o.  1.   I  §  57    fait   venir  ce  mot  de  l'assyrien 
sêpu,  pied. 


*,vii 


(vil,  bouche,  600, 11,  <  f^,  vhv.  On  observera  que  môme  avec 

la  prothèse  on  conserve  la  voyelle  u  du  prototype  ^  K  ^, 

voir  sub  ^,  f^^,  *L>  et  ^.  J'ai  l'impression  que  ^\  est 
de  formation  ancienne.  Elle  se  rencontre  le  plus  souvent  chez 
les  Bédouins  du  Nord,  jamais  dans  notre  dialecte,  rarement 
ailleurs   dans  le   Sud.   Fi  ètemuk,   dans  ta  bouche,  SAE 

p.  115,2.  ^î  doit  Otre  plus  ancien  que  ^  <i  ^,  car  autre- 
ment la  prothèse  serait  impossible.  Il  est  formé  comme  ^^1 
de  qj,  j«-v-t  de  j*-w  ou  ^.^  (dialecte)  ^yi]  de  ^^  etc. 


7^' 


j>l,  pied;  pi.  oLjy>j,  427  n.  Dans  L.  v.  Amasia  p.  100,4 
d'en  bas,  le  texte  porte  e^jj>^  ainsi  voyelle,  probablement 
par  G.  Jahn,  malgré  sa  note:  „au  lieu  de  jCd=>j."  Il  faut 
lire  (Js/>1-  Nôldeke  Beitrâge  II  p.  115  et  n.  1  considère 
oljjr-l   comme   une   formation   analogique  à  oLlXj  >  oLj^-^, 

mais  il  vaut  mieux  dire  sous  l'influeçce  de  oLjAj,  car  l'ana- 
logie n'est  pas  parfaite,  ainsi  que  je  le  relève  427  n.  J'ai 
toujours   douté   de  ^^  >  y>],   et  il  faut  plutôt  penser  à 

l'éthiopien  ^VC ,  mais  où  est  le  point  de  contact  ?  Cf.  Brockel- 
mann Précis  de  linguistique  sémitique  p.  102;  id.  VGSS 
II  p.  57  n.  1  ;  Ruzicka  K  D  p.  53. 

Nôldeke  dit  dans   la  même  note  p.  115  que   q';^*^',  que 

je  cite  427  n.  comme  le  duel  du  pluriel,  ne  peut  être  juste 
et  que  deux  Ânsâr   ne   pourra  donner   que  ,^Lj^Laj!.  Il  n'a 


64 

pas  observé  que  je  rapporte  1429  le  passage  de  Gâhiz  Tria 
Opusciila  p.  8,15:  ^y^*  ^^^^  ^^\  ja^'^\^.  La  différence 

est  que  q K^'  est  =  les  deux  tribus  ansârites,  tandis  que  les 

deux  hommes  ansârites  serait  ^L^Uajî.  Voir  Mufassal  I  p.  75 

et  I  IVîs  I  p.  602  ;  Gr.  de  S.  de  Sacy  I  n°  887  =  Schwarz- 
lose  Waffen  p.  214  et  n.  1. 

J.:>)  ,^,  afin  que,  47,4:  min  a  gel,  >  mingal,  ib.  n.  2; 
604,  16.  —  "^  J>>t  ^^  >  mingàlla,   20,2;  585,  parce  que 

si,  =  lo!  Jc>!  ^y^,  585.  —  j4''^>làgal,  afin  que,  809,  2  d'en 
bas    ('Oneyzab).    Làgel,    préposition,  à   cause   de:  ulègel 

elli  hegêlâb  dûa  bis-sâg  =  vJj'lwJIj  i^^c>  ULç^i^  j^^  J^"^? 
880,11  011  traduction.  On  trouve  la  même  contraction  Diw. 
Hodeyl.  Wellhausen  N°  266  v.  32  :  *^Z.  ^-^J  ^î  ^  ^)  Vs 
•^W  ■^l,  c'est  une  affliction,  à  cause  de  toi,  qui  7ie  pourra  être 
dissipée   que  etc.   et   ib.  N°  263  v.  6:  ^1  ^_^i^iiX*o  (éU=>!  ^^ 

(tawîl).  Cf.  ib.  N°  259  y.  1:  lJ>|^  j4-Tj^  (tawîl) -).  Il  y  a 
dans  ce  diwan  beaucoup  de  ces  licences  paétiques;  voir  ici 
sub  •^\.  Le  N°  266  d'Abû  Saljr  n'offre  pas  moins  de  sept 
de  ces  contractions,  si  communes  dans  les  poésies  populaires. 
Un  datînois  me  dit:  hâtli  mesâharàti  minganni 
listi^)  irga^  la  Datînah,  donne  moi  mes  gages  {mon 
mois,   la  mia  mesata),  parce  que  Je  désire  retourner  en  Da- 

iînah,  oi^i  minganni  est  pour  ^\  ^\  ^j^.  On  a  vu  que 
dans   les   exemples  précédents  ^\,  selon   la  prononciation 


')  Prop.  sen'ement  de  coeur,  voir  sub  <^S. 

2)  ib.  V.  7  il  faut  lire   (jî^of  Ji  |  ^-^-  | 
')  Le  1  est  ici  affirmatif,  vhv. 


65 

littéraire,  devient  Jc>L  On  ne  saurait  dire  que  jc>!  >  agal 
ou  a  gel  parce  que  l'I  est  pour  nous  syllabique;  c'est  plutôt 
par  anaptyxe.  Le  'Omânais  a  1  i  é  g  1 ,  R  0  §  1 69,  =  1  i  é  g  e  1 ,  ib. 

p.  123,  7  d'en  bas.  Jc>î  n'est  qu'une  variation  de  jô>!,  terme, 

fin,  et  J^^^   offre  la  même  sémantique  que  le  français  afin 
de  ou  que  <  cà  fin  de,  que. 
Dans  le  diw.  Hodeyl.  Wellhausen  N°  192  v.  3,  il  y  a: 


l5 


:/!  ^^k  ^\  *  ^^^iji  o/i    lus'    J^\ 


ce  que  W.  traduit  par  : . . .  loeil  ich,  so  oft  der  Name  Quraym 
eriodhnt  loird  etc.  Il  n'a  pas  su  traduire  le  premier  mot,  et 
alors  ^^loeil  ich"  n'a  pas  de  correspondant  dans  le  texte. 
Cependant,  ce  ,^weil  ich"  n'est  pas  tout  à  fait  inexact.  Barth, 
dans  sa  critique  ZD  M  G  39  p.  161  dit  que  4éjà  les  commenta- 
teurs ne  savaient  plus  expliquer  „cette  formule  d'assurance". 
Nous  la  trouvons  également  dans  une  Tradition,  Zamahsarî 

el-Fâ^iq   I   p.  107    en   haut,  Nihâyah  I  p.  18,  oîi  tiLI>t  est 

expliqué  comme  provenant  de  A-i)  y^\  ^^y-A  ou  ^^i  J^:>^. 

Mais  je  crois  que  c'est  plutôt  la  prononciation  contractée  du 
parler  courant:  agal  innak>aginnak  et  qui  prouve 
qu'on  disait  alors  déjà  i  n  n  pour  a  n  n ,  comme  de  nos  jours. 

Cf.  aussi  LA  XIII  p.  11,  13  et  ss.  ^^>o.î  peut  donc  avoir  la 

même  origine  que  m  i  n  g  a  1 ,  m  i  n  g  a  n  n  i  etc.,  sans  q^,  et  l'on 

pourrait  le  traduire  par  une  formule  d'assurance  que  je  ne 
saurais  exactement  préciser.  Je  propose,  faute  de  mieux,  de 
le  rendre  le  verset  par  c'est  à  raison  de  cela  que,  toutes  les  fois 
que  les  Q.  sont  mentionnés,  je  passe  la  miit  comme  si  j'étais 
cautérisé  avec  du  charbon  incandescent. 

Nous  avons  donc  ici  une  des  innombrables  preuves  de 
l'existence  de  la  langue  parlée  vulgaire  au  temps  du  Prophète. 
Mais  cela  ne  prouve  nullement  que  „rarabe  classique"  n'ait 

5 


66 

pas  été  parlé  tel  que  nous  le  connaissons  par  les  livres. 
Ne  pas  admettre  cela,  serait  supposer  que  les  anciens  poètes 
et  les  grammairiens  auraient  constitué  une  vaste  association 
littéraire  ayant  adopté  un  système  savant  et  artificiel  de 
grammaire.  Je  crois  que  personne  ne  se  prêtera  à  cette 
hypothèse. 

Il    faudrait  sans  doute  placer  ici  J^^Lo,  pidts,  qui  est  un 

^xzA  de  Jo-t  =  ^JN,  Ges.-Buhl  sv.;  voir  ici  sub  J^. 

•  j«.>î,  pi.  |,b>t,  tertre^  tumulus,  Dt;  voir  sub  q-^^.  Lorsqu'un 
homme  a  été  tué  sans  avoir  été  vengé  par  le  talion,  on  ne 
dresse  pas  les  deux  pierres  tombales  sur  sa  tombe.  Ces 
pierres  sont  appelées  ^-^jLa^J  (pr.  nasêb),  sing.  &.»->y^,  ou 

_  o    _ 

ti^jjyctj ,  pi.  ^L»^  (pr.  n  a  s  ê  r) ,  ou  'lU^.jj ,  et  au  Yéman  lA^-ci^ . 
On  ne  les  dresse  que  lorsqu'une  personne  de  la  tribu  du 
tueur  a  été  tuée.  On  procède  alors  en  grande  cérémonie,  en 
égorgeant  des  moutons  sur  la  tombe  et  en  tirant  force  salves 

de  fusil,  oLyiou" ,  Alors  on  dit  :  j^*^  y  ^^  ^  ^è^  (.la ,  ta 
victoire  sur  un  tel,  fils  d'un  tel,  est  debout  =  est  accomplie. 
C'est  le   tertre  sous   lequel  repose   le  tué  qui  a  le  nom  de 

j*-=>!  (pr.  agàm)  en  Dt.  et  ^-^^-i  en  Beyhân,  en  Harîb  et 
ailleurs.  Un  y.Lai  ^Li  ^!  est  une  honte  pour  la  famille  et 
toute  la  tribu  du  tué,  et  la  vendetta  est  de  rigueur. 

iLJL>],   bassin,  baquet^  759;  1131,  >  iLJL.^J]   759,   comme 

^L>]>^L^I,  toit  sans  parapet,  Yéman,  et  iLjLs^u],  Qàm.,T. 
Sîdah  V  p.  127,6;  I.  el-Faqîh  p.  99,7.  C'est  un  mot  sémi- 
tique commun  d'une  haute  antiquité.  Les  Egyptiens  l'ont 
emprunté:  a-kà-na,  que  W.  Max  Mûller,  Asien  und  Europa 
p.  151  et  note  1,  traduit  par  Amphore.  D'après  mes  faibles 
lumières,  on  devrait  le  lire  i  -  k  à  -  n  a ,  et  cet  i  a  été  conservé 


67 

en  arabe  où  iiJL^l  est  la  forme  la  plus  .^^yy^,  d'après  LA 
XVI  p.  145.  Peut-être  akunu,  un  vase  en  pierre,  dans  les 
Lettres  d'Amarna,  II  p.  1336  et  p.  1549,  est-il  au  fond  le  même 

mot,  d'origine  sémitique.  L'arabe  i^L:>l  l'end  bien  l'akk. 
agannu,  759,  et  peut  servir  à  prouver  que  la  plus  ancienne 
prononciation   de  _  était  :ig.    Zimmern   Akk.   F.  W.  p.  33. 

Belot  donne  à  tort  à  ïljL^I  le  sens  iVurne,  amphore  pour 
l'arabe,  mais  l'édition  anglaise  de  Hava  ajoute  en  outre 
washi7igtub,   probablement  parce  que   LA  sv.  l'identifie  à 

^j-x,  qui  est  défini  LA  sv.  par:  v^^'  ^  J-*j^"  J^^  'iLl=>i\ 

\^_^*)  =  Nihâyah  sv.  =  Zamahsari  Muqaddimat  el-Adab  éd. 
Wetzstein  p.  28,  7  d'en  bas,  oiî  ^rJi  ^alJI  i^-^y^j)  =  class. 

u,Aj,i2^wo;   hucket  aurait  été   préférable.  D'après  LA  XVII  p. 

45  en  bas,  ^-^^  est:  ^ai  x*^  5'  ^UIÎ  o3^,  ^c>\  ^^  ^^  \>-ii.  La 

iub>)  serait  donc  de  la  forme  d'un  ^y  ou  d'un  ^^ ,  baquet, 
cuvette,  d'origine  sumérienne,  623  n.;  750;  1318;  1319,  Hdr. 
Gl.  sv.  p.  711,  traduit  par  Wetzstein,  Moqadd.  Zam.  p.  2,  par 

catinus;  lagena.  ^f  doit  avoir  été  d'une  certaine  grandeur, 

sans  cela   on   ne  comprend   pas   bien  la  Tradition,  d'après 

laquelle 'Hamnah  iOtoLsro*^xi  J.^  w\>a^  L^^^^  o^y»  j-  lt^^  ^^ -, 

LA  sv.,  Nihâyah  sv.,  était  assise  dans  un  mirkan.  Voilà 
pourquoi  Kazimirski  le  rend  par  lavoir,  auge  en  pierre  dans 
laquelle  on  lave  le  linge,  tandis  que  iLjb»!  est  chez  lui  baquet. 
C'est  le  persan  J-J^  >  seau,  baquet,  Lane  sv.,  Dozy  sv.  et 
Fleischer  Kl.  Schr.  II  p.  488,  et  le  syrien  u^L:s:\jJ!  vJL*_b, 

aussi  appelé  ^y^,  baquet  pour  laver  les  habits.  'il1=>\  paraît 
avoir  été  un  mot  assez  courant  dans  l'antiquité  arabe, 
puisque   il  a  donné  le  dénominatif  ijo  ^1  ^j^'i  ^LaaJ!  ^^î, 


68 

avec  le  ^^.a-«  <  ^^.^s^J-xi ,   LA  sv.,  Qâm.  sv.  et  LA  VI  p. 

415,6   d'en  bas:  *._sl>5  s.y^  s-xiJsj  v>^'  j^-  C'est  donc  le 

foulon  (et  non  le  dégraisseiir,  comme  on  traduit  ^Lkjs  dans 
nos  dictionnaires  européens)  qui  trempe  la  peau  dans  une 
iLjL>].  De  même  le  vieil-égypt.  fait  de  a-kà-na  le  dénomi- 
natif Mkn,  porter  de  l'eau,  W.  Max  Mûller  o.  1.  p.  151  note. 
Quant  à  c^'yyoç^  ày/slov^  vase  ou  vaisseau,  l'étymologie  est 
obscure,  Boisacq  o.  1.  sv. 

c\=>l  >  A=>,  pron.  indéfini,  un,  quelqu'un,  13,13;  131  n.  6; 
715  d.  1.;  747,  2;  1204,8  d'en  bas;  1211,  10;  v.  sub^^l^  ^L - 

J^>-U-«  (- -),   persomie,    170,8;   653,11;    718,4;    1213,9. 

JL=>.  l\:>  Le  ^,  s'il  n'y  a  pas  d'homme  ou  un  homme,  21,  1.  — 

L>i>>LX:>,  13,14;  hadd  yihlis  el-gihâz  u  hadd  ma 
y  i  h  1  i  s  a  h ,  qui  ôte  le  fourreau  et  qui  ne  l'ôte  pas,  que  Recken- 
dorf  cite  comme  un  ex.  de  parouomasie,  Paron.  p.  31;  131 
n.  6;  485  et  passim.  Hadan  s'entend  quelquefois  en  Pa- 
lestine, en  Haurân  et  en  Egypte.  C'est  bien  pour  L\:>i>!A=> 
y-hada?!;  Bauer  Pal.  Arab.  p.  77  n°  5:  ma  hadan,  per- 
sonne;  ib.  p.  93  n°  26:  ma  hadan  sâfo,  personne  ne  l'a 
vu;  obs.  ici  le  nominatif.  Tallquist  Sprichw.  N°  32  donne 
hàdi  et  hadin,  ^:>'^,  quelqu'un;  RO  p.  20,14  d'en  bas: 
wâhsârit  hsumti  fi  hâdin  ma  yiswe,  quel  dommage 
que  ma  vénération  poiir  quelqu'un  qui  ne  vaut  rien;  on 
observera  ici  o^=>  J.. 

Torczyner  o.  1.  appuie  par  ce  mot  hadan  sa  théorie  de 
la  désinence  accusative  adverbiale  et  il  le  cite  à  tout  bout 
de  champ,  pp.  7  n.  3;  116;  128;  130;  131;  143;  154;  158: 
179;  181;  201;  207.  Il  donne  même  p.  130  kull  hadan 
=  soq.  kal   tâden  et  p.  116   wa  la  hadan  comme  exem.- 


69 

pies  de  la  persistance  de  cette  nounation  dans  les  dialectes. 
Je  ne  connais  ni  kull  hadan  ni  wa  la  hadan,  au  lieu 
de^had,  hadd  et  hada,  hadda.  A  la  page  179,  il  prétend 
que  „rarabe  vulgaire  hadan  à  l'accusatif  s'est  cristallisé  en 
numéral  pour  uji".  Cela  est  absolument  erroné:  un  tel  nu- 
méral n'existe  pas. 

Jo  comme  particule  interrogative  sert,  d'après  Brockel- 
mann  VGSS  II  p.  703,  à  renforcer  la  négation,  mais  ce 
h  ad  n'est  autre  chose  que  le  had  plus  haut,  quelqu'un^  on. 
Les  deux  phrases  que  rapporte  Brockelmann:  ma  had  ho 
hine,  est-ce  que  quelqu'un  est  ici?  et  had  ho  fid-dâr, 
est-ce  que  quelqu'un  est  à  la  maison  ?  ne  doivent  pas  se 
traduire  par  „er  ist  nicht  hier"  et  „ist  er  zu  Hause?"  Wa 
qâl  leha:  ''âd  had  ahsan  minnas,  y  a-til  encore  quel- 
qu'un plus  jolie  que  toi?,  D  H  Mûller  S  AE  IV  p.  80  N°  53, 
où  la  traduction  est  erronée.  Ib.  p.  140,  36:  Qâl  lahùm: 
mâ'^kum  had  hûkum?  avezvous  mi  frère  avec  vous?  Qq 
lX>  est  le  même  que  le  mehri  had > had  ou  hâd,  sur  lequel 
voyez  Bittner  St.  Mehri  III  §  62  et  §  70.  —  ^oL>  et  ^uoL>, 

635  et  ss.;  v.  sub  Îl\>,  u. 

Js-i>!,  passer  =^  prendre,  37,  3,  12;  88,  15.  À.=>t  >  SJ>,  31,  9; 
84,2;  127,8;  146,17;  498;  722;  1219.  >  ^À>,  699.  Conju- 
gaison de  ce  verbe,  1206  et  s.  —  Voir  À:^',  vhv. 
À=>U,  participe,  363  n.  (oià  il  faut  lire  d.  1.  ^\  et  J^^l);  699; 

1211  et  s.;  aussi  en  'Oman  RO  §  315  et  en  Mésopotamie, 
Weissbach  Irak-arab.  p.  21,  4  et  chez  les  Bédouins  de  Syrie  : 
mâhedîtu,  Musil  o.  1.  p.  180,  7  d'en  bas;  mâhdîtu  ib.  2 
d'en  bas;  forme  commune  chez  les  'Anazeh,  ZDMG  22  p. 
145,  oià  aussi  t\_i>i3,  comme  J^îj  de  Ji!,  vhv.  Marçais  Gr. 
tlem.  p.  65.    Voir  J^î,  y>!  et  ^t. 


70 

Le  sabéen  a  le  verbe  ijcJ^  que  Glaser  et  0.  Weber,  Stu- 
dien  z.  sûdarab.  Altertumskunde  II  p.  24  et  ss.,  traduisent 
par  prendre.  On  jDourrait  alors  peut-être  comparer  l\3.L^, 
devenu  verbe  avec  ^,  à  cause  du  h,  comme  le  'omânais 

had^Ài.!,  RO  §  315  mais  c'est  là  une  simple  hypothèse 
que  je  ne  veux  nullement  défendre;  cf.  ici  ij^. 
L>^:^:u.^i',  1689  n.  1,  qui  doit  bien  représenter  uV>LljI  avec 
imâleh. 


r£»f 


r 

^t,  s'eti  aller,  s'écarter,  se  détacher  de,  64,3;  65,7;  1112; 
1320.   Imparf.   yihhar,   450  n.    V.  Brockelraann  VGSS  I 

p.  55.    Le  parfait  en  est  aussi  dans  le  Yéman  y%,  p.  e. 

ob^l  ^y,  y>5,  quitter  la  route,  et  l'imparfait  ^ji>^>^L!>y^., 

comme  l'imparfait  yassil  ou  yissil<Joô^,  ZA  26.2  et 

ici  shv.,  le  sabéen  m  or  rat  pour  mowarrat,  fosse;  conta- 

mination  avec  ^,  vhv.;  cf.  aussi  mimmil<Jw«y)  dansleSud 

—  j>y^\  ^j4Si,  colonne  de  la  tente,  582. 


^^y^     j=>!,  établir  un  pacte  de  fraternité  entre,  311  n.  2;  aussi 

sabéen,  Hommel  A  A  p.  170. 

^_cji>t,  conclure  la  hûwah,  312  ïi.  =  ^^\J>  313. 

J,  frère,  =  y>\>  jf=>.  »y>,   Ijûh,  son  frère,  73,  9;  =  hôh, 

1491,  10  d'en  bas;  ^y>,  hô'ï,  mon  frère,  1377,8;  hùhom, 

leur  frère,  11,11;  431.  J  b  s'entend  quelquefois;  cette  pro- 
nonciation est  vieille,  Nôldeke  Zur  Grammatik  p.  15  n.  2 
et  p.  113.  —   Locution  avec  >3»i  et  ^:>-~>!  expliquée  1162. 

JoJs^_^!,  ^^i-î,  431  n.  3;  ^ y>\,  Amâlî  p.  28;  jUt  _y=>\ 


71 

K.  el-Addâd  p.  43;  UijJ!  j.i>t,  camarade,  RD  Gl.  sv;  s^_^!, 

Lebîd  XL  v.  28  =  d^'t  y>t  ib.  XXXIX  v.  26. 

En  Egypte,  on  entend  à  tout  bout  de  champ  yàhi,  yihi, 
Bâsim  p.  83,  13  (Proverbes),  ô  mon  frère;  cela  est  tout  bon- 
nement une  exclamation  tout  égyptienne  qu'on  peut  traduire 
par  quoi  donc!  n'importe!  ou  quelque  chose  d'analogue.  Dans 
les  confréries  antiques,  les  initiés  se  donnaient  le  titre  de 
frère,  comme  encore  dans  les  confréries  musulmanes.  „Dans 
les  cultes  syriens  et  dans  celui  de  Mithra,  les  initiés  se 
considéraient  comme  membres  de  la  même  famille,  et  l'ex- 
pression „très  cher  frère"  qu'emploient  nos  prédicateurs  était 
déjà  courante  chez  les  partisans  de  Jupiter  Dolichenus  {patres 
carissimos)",  Cumont,  Les  religions  orientales,  trad.  allemande 
p.  299.  Le  grec  (ppérccp  est  membre  d'une  cppxrplcc,  confrérie, 
et  chez  Homère  Opiîrp>]  est  tribu,  Boisacq  Langue  grecque 
p.  1036;  cf.  s^jAAjtJt  _^t .  En  Suède,  on  se  donne  mutelle- 
ment  le  nom  de  „hedersbroder",  honorable  frère,  en  se  par- 
lant ou  en  s'écrivant,  lorsqu'on  se  connaît  bien  et  qu'on 
se  tutoie. 

En  Syrie,  yalji  est  donné  à  Vami,  même  à  un  étranger 
pour  le  saluer,  voir  sub  fjj:=>. 

»^Li>,  contribution  qu'on  paie  pour  être  protégé;  la  Ijâwah 
est  même  prélevée  par  exaction  ou  rapacité  sous  le  couvert 
d'une  protection  vexatoire.  Cette  redevance  de  „fraternité" 
peut  souvent  devenir  fort  onéreuse  pour  l'individu  comme 
pour  la  tribu.  b_5Li>,  322,  n.  1,  est  pour  sjL>],  infinitif  de 
^y>t,  devenu  substantif,  Qàm.  et  Lane  sv.  Burton,  Pilgri- 
mage,  Se  éd.  p.  373,  écrit  akhawat,  brotherhood,  =  iias., 
ib.  p.  374,  et  le  père  Jaussen,  Coutumes  des  Arabes,  incor- 
rectement hawa,  3^,  p.  162  et  passim '),  tandis  que 
Musil,  meilleur  arabisant  que  ces  deux,   écrit  correctement 


')  Il  écrit  aussi  incorectement  Qosra,  ^^-a2Ï,  au  lieu  desyciï,  vhv. 


72    ' 

hâwa,  0.1.  pp.  23,10  et  17  d'en  bas;  67,4;  114,11;  117, 
14,  17  et  passim.  Il  ne  faut  pas  confondre  ce  mot  avec  le 
suivant. 

■{^,  fraternité,  312  fin  et  n.  1.  Wetzstein  ZDMG  XXII 
p.    171    a   confondu   ce   mot  avec  le  précédent,   et  cela   se 

répète  ainsi  dans   tous   les  livres,    312  n.   1.   (jvo1  |^1^  ^^!, 

LoaJ!  ^jp>  ^3L:s^:^,  si  deux  sont  unis  par  une  fraternité  de 

ce  motide,  RO  §  376.  „L'arabe  de  Mossoul"  de  Jaussen,  o. 
et  1. 1.,   les  a  aussi   confondus   et  il  donna   à  Jaussen  une 

étymologie  bizarre  de  notre  &>=>.  Il  faut  toujours  contrôler 
les   savants   arabes,    surtout   s'ils  sont  de  Mossoul   ou   de 

Bagdad.  '6y=>  est  pour  3y>t,  comme  ï^j!,  s^,  ts^J,  Fasîh  Ta'^lab 

p.  18,  '^-^y^^,  ^y^'j  I   Sîdah   XII  p.  171  en  bas,  a^o!  co7i- 

traverse,  énigme,  et  «jy?-;'  poème  en  rajaz.  D'après  certains 
lexicographes,  c'est  un  infinitif,  mais  devenu  alors,  dans 
ce  cas,  de  bonne  heure,  substantif  dans  l'usage.  L  A  XVIII 

p.   23,4   d'en   bas:    -;."b5!  iojjï  s^=>^î.   Le   Prophète  s'est  déjà 

servi  de  cette  forme  '■iy>,  LA  1.1.,  Nihâyah  sv.  sy=>,  mais 
I  el-Atîr  fait  observer  que  ce  n'est  pas  là  la  place  de  ce  mot 
qu'il  enregistre  ici  à  cause  de  la  prononciation.  Cela  prouve 
que  cette  forme,  avec  la  chuté  de  la  voyelle  initiale  faisant 
syllabe  simple,  voir  ici  p.  1,  était  courante  dans  l'ancien 
temps.  El-Hafâgî,  Sifâ  p.  88,  dit  même  que  ce  n'est  pas  une 

^^y^i  bien  entendu,  parce  que  le  Prophète  a  ainsi  parlé.  Or, 

»^  peut  s'employer  de  nos  jours  pour  bjLi-,  mais  non  vice 
versa,  du  moins  d'après  ce  que  j'ai  pu  constater.  Burckhardt 
Voyage  en  Arabie,  trad.  fr.  III  139=Beduinen  und  Wahaby 
trad.  allem.   p.  156,  appelle  aussi  le  tribut  que  les  'Anazeh 

exigeaient  des  villages  de  la  Syrie  s^,  qu'il  rend  bien  par 
fraternité. 


73 

ajl^,  alliance  de  fraternité,  142  d.  5;  1603,  aussi  prononcé 
muhàwâh,  313,  et  muhàuwah,  142,  12  =  Brockelraann 
0.1.  I  p.  59,21;  RD  I  p.  83,2:  emhàwit,  Verbrûdermig. 

u><3-l,  soeur,  431.  y^-îj  ^  c>*3-î  L,  431  n.  3;  locution  ex- 
pliquée, 1162.  Les  Bédouins  du  Nord  appellent  le  compagnon 

de  route  L5y>,  pi.  hwùya  <  iùyi>î,  et  partout  en  Arabie 
c'est    UijJaJt    >f=>\. 

J.OÎ,  brun,  1112;  cf.  I  Sa^ad  I,  i  p.  5  d'en  bas.  —  ^S)*,^,  pi. 
hommes,  1240  n.;  cf.  Prov.  et  Dict.  p.  339  sv. ;  Praetorius 
Beitr.  z.  Assyriol.  I  p.  47.  —  De  *l>T  ^[!]  on  a  fait,  dans 
Je  dialecte  du  Waddây,  nàdem,  homme,  Carbou  pp.  108,  13; 
112,  10;  Rabah  p.  47.  Sur  d'autres  dérivés  de  *o!  ^j,  voir 
A.  Fischer  ZDMG  71  p.  216  note;  Marçais  T  A  T  p.  473. 
Bittner  St.  rahr  V,  m  p.  42.  Zimmern  Akk.  F  W  p.  47 
compare  l'akk.  mâr  amêli,  fils  de  l'homme,  >héhY.  biln- 
"âdâm.  On  voit  donc  que  cette  locution  est  de  la  plus  haute 
antiquité.  Sur  l'étymologie  de  Adam,  on  lira  Brockelmann 
VGSS  I  p.  168,  mais  elle  n'est  pas  très  probable.  Celle  de 
Adam<Adapa  est  assurément  la  seule  acceptable,  po!  ^! 
correspond  au  uVog  toù  àv^pùirou  du  N  T  =  Messie. 

i^oî,  peau  ayant  encore  le  poil,  >,*jp,  64,  5,  15,  16,  18,  20,  24; 
63,16,17,18;  64,8;  65,2;  655,9;  1111;  pi.  ^^Uoî  1111. 

(^oî  aurait  donné  ^^'J^\  selon  Nôldeke  Beitràge  II  p.  196  n.  2, 
mais  je  ne  le  crois  pas,  1717  ;  voir  ^Osj. 

U  ot,  465—         Ô>1  lXju,  708,5,  après  que. 

\3l  =  %  467  n.;   472,   mais   non   pas   !i!  >  ^5],  466;  1191; 


74 

1192;  1453;  1454.  Je  constate  avec  plaisir  que  Brockelmann 
me  donne  raison,  o.  1.   II  p.  36  et  p.  599,   et  j'espère  que 

personne  ne  soutiendra  plus  îi]  >^].  —  îo]  >  îof,  493  n.  — 

L*  !oî,  465  en  bas.  ^iî  U  !oî,  lorsque,   470,   souvent  dans  el- 
Qasîm. 

3L>UI!  !ot,  351;  472;  1193,  =  v  '->'  et  ^  ^1  vhv. 

îJ],  739;  Barth  S  W  Q  I  p.  51  n. 

^J>],  oreille,  24, 17. 


^3!,  i,  causer  des  dégâts,  du  tort  à  qqn,  Hdr,  Dt,  mais  ,^0], 

a,  avoir  à  souffrir  de,  ^a.  Le  premier  est  pour  le  littéraire  i^o!.- 

«jôf,  tourmente,  tort,  dommage,  =  iù3!.  I^j^."^  s-^  iùo!  ^_c?*^^ 
.     Zes  petites  sauterelles  (vhv.)  sowi  w?i  grand  fléau  pour  notre 
pays,  Dt. 

^y,  veiller,  997.   —  ^V)^,  réveiller,  628;  cf.  oK  ib. 

j.y,    1147  -  Jjl  et  J,  1143;  1148  -  \j,  1143.  Cf.  ^f  vhv; 
voir  Sams  el-'Ulûm  p.  2  sur  oL.Jî  oto  j,Jl. 

-y 

^3^,  mee^.   Ce  vieux   mot,   qui   figure  ici  sub  yo,  n'est  pas 
rare   dans   les   poésies   anciennes.   Hamâsah  p.   384,  6:   aIj 

L^yij  -^^  t  qLv^j  2^  «  dez/o;  grozî^s  (différents):   miel  et  colo- 
quinte. Dans  Asâs  sv.,  il  y  a  à  peu  près  la  même  phrase; 

o  oc  G     -  - 

Sihâh,  Qam.  et  même  Asâs  ont  ,j:.t  =  J-w^c .  C'était  donc  un 
mot   très   connu.    Par   contre,   I   Sîdah    VIII,    au   chapitre 


^5.1 


75 

^J^\  ne  le  donne  que  dans  le  vers  de  Labîd,  qu'il  cite 
p.  178.  Cela  est  étonnant. 

Il  est   intéressant  de  constater  qu'en  turc  are,  (j:^!  est 

abeille  et  en  sanscrit  ali,  miel.  Le  verbe  arabe  ^J  pourrait 

se  prêter  à  une  étymologie  arabe  de  ,^J  —  J-^^j:  et  Abu 
Hilâl  el-'Askarî  dit,  K.  el-Mu'gam,  M  S  0  S  XVIII,  II  p.  7  : 

Qj  ^^.^^W  ^^  ^J3  IjJ  i^Jb  J>^\  J.  ^^  U  llp>\,    mais   je 

crois  que  t_5.',  i,   ^j^  et  t_cy^'  =  J^^oOt  i^l^aJ^j^  J..^uJ)   est 

plutôt  dénorainatif  de  ^^J\  voir  L  A  sv.  Halévy,  J.  As.  Mai — 
Juin  1913  p.  720/1,  parle  de  ce  mot.  Il  veut  que  le  turc 
(CjT  soit  l'arabe  ^.\  et  qu'il  signifie  véritablement  faiseuse 
de  miel.  Mais  alors  l'arabe  aurait  dit  ïCj^T.  Le  dictionnaire 
turc  de  Kélékian  ne  le  désigne  pas  comme  mot  arabe,  ce 
qui,  du  reste,  ne  prouve  rien.  ni<  a  dû  aussi  exister  en 
hébreu,  ainsi  que  le  conjecture  Halévy,  ib.  p.  721,  et  Bauer 
ZDMG  66  p.  474,  dans  le  passage  de  Juges  XIV  14,18 

û 

pour  expliquer  le  jeu  de  mot,  qui,  avec  ^?";i  =  ^j-^jo,  perdrait 

sa  pointe.  Halévy  pense  ib.  que  l'apiculture  doit  son  exis- 
tence, dans  la  Haute  Asie,  à  l'invasion  arabe  et  à  leur 
fixation  définitive  dans  ces  contrées.  Les  Arabes  ont  été  et 
le  sont  encore  de  grands  mangeurs  de  miel  1199;  1462  et 
ss.  Il  y  a  beaucoup  d'abeilles  sauvages  donnant  un  miel 
excellent  dans  l'Arabie  du  Sud,  Arabia  V  p.  238.  Eu  égard 
au  sanscrit  ali,  miel,  il  est  diflScile  de  se  prononcer  sur  la 
provenance  du  mot  arabe  et  turc.  C'est  en  tout  cas  un  vieux 
mot  cultural  et  international. 

V;',  couler,  656.  Cf.  uj^j  vhv. 

U^-^,  656;  selon  Cher  o.  1.  p.  149,  c'est  un  mot  persan. 


76 

'yj,  serrer,  lier,    1099.   Cf.  ^\  vhv.    Paul   de   Lagarde,   Bil- 

dung  der  Nomina  p.  177:  „Pour  le  moment,  je  ne  crois  pas 

.  à  une  racine  primordiale  yj,  il  entoure,  mais  j'ai  recours  à 

^j^",  et  on  lira  la  remarque  un  peu  confuse  qui  suit  ces  mots. 
^y,  365  n.  3;  1376.    C'est  un  JL«  régulier,  nom.  instr.,  de 

y^  <  y^~j))  serrer,  1099.  Le  mot  n'est  pas  courant  dans  le 

Sud,  où  l'on  dit  j^jt^,  u^IaiL*,  oùa.^^,  'xJÀa  ou  ii-oîp',  vhvs., 

selon  les  contrées,  mais  le  verbe  .j^j  y  est  assez  employé. 
SAE  IV  p.  129,23:  barâhum  yitwazzaru  bil-ma- 
qâlim,  il  veut  qu'ils  s'entourent  d'un  izâr.  C'est  l'hébreu 
"iI^Oî?»  se  ceindre  de  quelque  chose,  v.  Ges.-Buhl  sv.   et  ici 

SUb      yJ. 

(^jî,  être  en  face  de,  873.    Le  thème  j^;^,  ^-j*,,  ^-^^^  vhvs., 

aussi  classiquement  p.  e.  Boh.  II  p.  14, 10:  jJotiî  Lvo.y^,  nous 
nous  plaçâmes  en  face  de  l'ennemi.  Urèyfeleh  mùzinneh 
la  hagar,  et  il  a  appuyé  sa  carabine  contre  une  pierre 
38,6;  873. 

û_  A         A 

^y  en  face  de,  contre,  a  donné  KJ,  1  a z a"  <  j^K^  <  i^t:>5 , 
873,  874.  Torczyner  o.  1.  p.  13. 

*  V^)' 

vs^l  157,20;  687  o.  1.;  1142  n.,  expliqué  1708  et  s.  RO 
p.  57,8.  ezyob,  vent  du  Nord,  savoir  le  vent  qui  vient  du 
Golfe  persique.  I  Sîdah  XVII  p.  9. 

*  "» 

(j/.L«t  <;  (_^v.U,  fondation,  base,  1245,  1;  1780,  6.  C'est  la  forme 
dans  tous  les  dialectes;  avec  le  dénorainatif  ij^y^  dans  le 


77 

Sud.  Le  L.'^U*-  de  Hartmann  L  L  W  p.  49,  7  en  est  le  pluriel, 

ce  que  l'auteur  n'a  pas  reconnu;  dans  le  Sud,  il  est  oLwLw, 
mais  rarement  employé. 

o 

o-wi ,  prononcé  est  dans  le  Hogarîeh,  est  courant  dans  tout 
le   Sud,   y   compris   le  Yéman.    Mais  c'est  ici  =  _  i  ou  ^J^ 

o  £ 

vhv;  pi.  ol-»^S  et  en  'Oman,  oLy/-!.  Ma  Langue  arabe  p.  67. 
Sur  les  différentes  formes  dans  la  lurah,  voir  I  Sîdah  II, 
p.  46,  où  il  y  a  aussi  un  chapitre  ad  hoc  sur  les  yiAiî  ^U^L 
Nôldeke  Beitrâge  II  p.  143  s.  traite  de  ce  mot.  Il  y  donne 
à  la  l/~o.*«  le  sens  de  Grundlage,  hase.  Sur  la  racine  com- 
mune sémit.-indogerm.,  Môller  Sem.  und  Indogerm.  §  38  et 
§  40.  Les  Arabes  ont  cru  que  le  o  final  était  la  désinence 
féminine  et  l'ont  quelquefois  traitée  comme  telle,  o^î  est 
bien  du  fém.,  mais  I  Sîdah  ne  l'a  pas  enregistré,  XVI  et 
XVII.  Pour  le  sens  primaire  de  c:^*^,  setzen,  steUeUj  on  com- 
parera la  sémantique  de  _yc>,  jxi,  l\*ï  et  tlï  vhvs. 
Voir  aussi  Meissner  GGA  1904  N°  9  p.  742. 

lLwI,  1240  —  l\^I,  lion,  1287  et  ss.;  homme  courageux,  879 
d.  1.;  1238  et  ss.  ;  1469;  dans  les  inscriptions  sabéennes  1238 

et  s.;  (j^USI  Oj.*.!,  1239;  o^-^t,  »oLw,  ib.;  (•'j^=>  ^■^*«',  ib.  Voir 
Conti  Rossini,  ZA  24  p.  337  et  s.  et  Z  A  31  p.  9  sur  l'em- 
ploi de  ces  métaphores  dans  la  langue  tigré.  Labîd  N°  40  v.  81  : 

L.^:^  LiJ  v«j..$^i)  ^5  |y)Â*j  ^3,  il  ne  leur  manquera  pas  dans 
la  guerre  un  lion  expérimenté.  Le  chameau  même  peut  avoir 
ce  sens  tropique,  p.  e.  Labîd  N°  40  v.  89.  Plusieurs  états 
européens  ont  dans  leurs  armoiries  un  lion,  tel  que  Suède, 
Norvège,  Danemark,  Finlande,  Pays-Bas,  Belgique,  oîi  il  n'y 
a  jamais  eu  de  lions  en  temps  historique.  Cf.  ici  sub  ^. 


78 

^î,  lier,  1099;  1515,7  d'en  bas;  akk.  esêru,  lier,  Zim- 
mern  Akk.  F  W  p.  37.-  Tuer  une  bête,  528;  1515  <  ,.w^  vhv. 

^^\,  indique  l'intensité  ou  la  pluralité,  tuer,  13,26;  1630,7 

d'en  bas,  <  -w.£. 

sy.v,  corde,  1099;  de  Goeje  Hadhramaut  p.  22;   pi.  oU.^«  et 

^^.    C'est  évidemment  pour  •s^t>  'i^^,  sèreh,  comme 

»y;î>Tereh,  Index  sv.,  et  iuo!>Pànah,  Dèneh,  Index 
sv.  Le  pluriel  serât  que  j'ai  constaté  pour  Dt.  correspond 
à  sërût<serôt<serât,  que  Snouck  ZA  26  p.  224  u;  2 
donne  pour  Terîm  et  qui  n'a  pas  besoin  d'être  pour  sirwit. 

a^î,    lien  de  parenté,  1099,6,  =  'i^\  =  a-jUs,  I  el-Qût.  p. 

10,13.   -  Ju^l,  corde,  lien,  1099,5. 

^!,  lié;  pmortmer,  1099,  9,  =  TpN\  Ges.-Buhl  sv.  ;  I  Sîdah 
XIT,  p.  97.  La  sémantique  est  la  même  que  dans  son  syno- 
nyme   ia-o  ,  prisonnier,  vhv.  Cf.   .jt,  ^3,   lier,  Béd.  Nord, 

—Au!,  I  el-Qût.  p.    10,13  011=  ^wà-3.c,    ^-j^^D  et  (_*-*.=>;    .:; 

"iî{<=  1DN*.  Ges.-Buhl  sv.;  v.  1099  n.,  cf.  jk^,  vhv.  —  Dans  l'in- 
cription  d'en-Nemârah  nous  lisons  :  Ljyt!!  ii)JU  3-,=  ^  u*^^  f 

Jjù>\  yJ^  ^ô  (  ')  L^  =)  iSS',  M.  el-Q.  b.  "A.  roi  de  tous  les  Arabes, 
celui  qui  ceignit  le  tâg,  Dussaud,  Les  Arabes  en  Syrie  p.  34; 
Lidzbarski  Ephemeris  II  p.  35. 

jU  <^Uj,  798. 

cuisinier,  1288,7.  Pr.  et  Dict.  p.  411  sv.  ,c^- 


1)  Voir  Socin  Diw.  III  §  149,  car  chez  les  bédouins  du  Nord  le  suffixe 
-ah  représente  le  masc.  et  le  fém.;  ma  LB'A  p.  78  n.  1  et  5;  ma  Fest- 
gabe  p.  36. 


79 

yiî,  scier,  688;  RD  I  p.  28;  56;  57  et  II  Gl.  sv.;  cf. 
yco  et  j^»,  vhvs.  En  mehri,  wusôr,  bâtir,  construire,  =  sh 
asar,  charpe?iter. 

yit  <^L^',  430.  Lieb.  v.  Amasia  p.  108,  7  avec  J  et  ib.  p.  120 
d.l.  avec  ^}s^;  la  préposition  fait  la  différence  du  sens. 
.L/iXo  >  .ui«-iyo ,  688,  =  .Lïxàx,  vhv. 

Jwii!,  mesure  du  surface,  1314  et  n.,  <  akk.  aslu,  corde,  > 
mesure  de  surface  et  de  longueur,  Zimmern  Akk.  F  W  pp. 
22  et  35. 

(jiiî  <  (jivjî  vhv.,  interrogatif.  Es  est  plus  courant  que  es. 
Voir  sub  ^\. 

yci\  =  v^àLc,  cf.  1099  ;  1154  yo  et  yJi,  yj  ot  .j,  vhvs. 

J.AÛÎ,  origine.  ii)JLoLj  J>-*-cî,  /az'5  sefe/i  ^ow  devoir,  propr.  ^ow 
origine,  ta  naissance,  548  et  n.  1. 

J.xAûS  =  ^^c,  1414-  A  Zanzibar,  aussi  le  temps  qui  précède 
immédiatement  le  coucher  du  soleil. 

s    5  i 

^i/û!,  aux  heures  du  soir,  1663, 12  d'en  bas. 

^^f,  expliqué  141-5,  1416  n.;  Nôldeke  ZA  19  p.  158. 

^^^iyof,  expliqué  1415,>  JbL>ot  1760;  I  Sîdah  XIII  p.  270, 10 
et  p.  281,  2  d'en  bas.  Je  nie  toujours  qu'il  y  ait  dans  l'arabe 
classique,  tel  qu'il  nous  a  été  transmis  dans  les  livres,  un 
diminutif  en  an,  on.  Cette  désinence,  traitée  293  et  ss.; 
1410  et  ss.,   pourrait  cependant,  pour  ce   qui  concerne  les 


80 

mots  se  rapportant  au  temps,  être  un  diminutif  resté  dans 
les  dialectes  comme  réminiscence  vénérable  d'un  temps  passé. 
Nous  connaissons  à  présent,  grâce  aux  travaux  de  Bittner, 
Studien  z.  Laut-  und  Forraenlehre  des  Mehri  I  p.  34  et  de 
Rhodokanakis,  Zur  Formenlehre  des  Mehri  p.  5,  que  le  mehri 
possède  un  diminutif  en  en  <  an,  =  le  soqotri-e  n,  ZDMG 
Q%  p.  784,  comme  l'hébreu  et  le  syriaque,  et  c'est  justement 

dans  les  mots  temporels,  tels  que  ^^^lyoi,  ^llixc  etc.  qu'on 
peut  le  constater.  Or,  Torczyner,  Entstehung  des  semit. 
Sprachtypus,  voit  dans  cette  désinence  la  mîmation,  =  la 
noûnation,  à  l'accusatif,  soit  un  adverbe  en  am,  an  >  âm, 
an,  sans  qu'il  explique  la  provenance  de  cet  m  =  n,  qui, 
d'après  mes  faibles  lumières,  est  un  phonème  primordial, 
commun  à  presque  toutes  les  langues,  ^.3^ivo',  et  ses  con- 
génères, serait  donc  pour  ^i-j^oi.  Torczyner  soutient  aussi 
que"  la  signification  diminutive  an  provient  de  la  désinence 
sortie  de  la  forme  accusative,  mais  n'a  pas  en  elle-même  ce 
sens  étymologique  primordial",  o.  1.  p.  231.  La  théorie  de 
Torczyner  est  très  séduisante  et  mérite  bien  d'être  prise 
en  sérieuse  considération.  Cf.  qLIcosc  vhv. 

,*Lî,   se  fâcher   de,   ^^  ou  JU:;   avoir  l'air  triste,  faire  une 

tête,  1561  n.  4.  v^L:;^  ^-tPr  ^  ^y^.'^)^  [*^3^  é^\^,to)i  esclave 
te  fait  U7ie  tête,   te  boude,  parce  qu'il  a  faim  {=  jjb>)  et 

qu'il  est  fatigué,   Dt.   Cf.   les  classiques  ^\  dans  •  plusieurs 

dérivés  et  ,}s.  ^\,  Amâli  d'el-Qfllî  p.  64. 

jif  =  CsJ,  but,  1258. 


sjiji\  >  J^,  peau    foulée,   65,  10,  11;    pi.    i^,Lai',  1111.  Cf. 
^jji!  vhv. 


81 

^y>l,   ce   verbe  n'existe  pas  dans  nos  dialectes,  mais  voyez 

plus   bas  (^^,  i.  Il  y  a  seulement  le  substantif  ^JÀJ^,  four, 

50  passim;  51,4;  52,8;  604,14,15,18;  625,14  d'en  bas; 
1027,5   d'en   bas;   expliqué    1032   et  s.;   1037.  =  môfa  au 

Yéman,  1032,  ou  miàfi,  m  a  fi  en  Hogarîeh.  \iy>,  mûfà  ou 
môfa,  RO  p.  328,9,18,20;  SAE  IX  p.  34  §  17  et  §  18. 
Ce  mot  a  été  expliqué  par  Vollers  V  S  p.  95,  qui  cite  Hirsch 

Reise  Sûdarabien   pp.  92  et  185,  comme  un  ^«à.*,   mais  ce 

^jdLA  est  pour  Jjtà.*,   en   vertu  du  changement  constant  de 

i.et  u,   et  ^jsu^  est,   par  conséquent,   la   vraie  forme.    Sur 

l'origine,  voir  1032.  Zimmern  Akk.  F  W  p.  39.  C'est  un 
vieux  mot  sémitique  commun. 

Dans  le  Hogarîeh,  il  y  a  le  verbe  ^jl^,  i,  mettre  le  pain 
ou   la  viande  dans  le  mofa,  ce  qui  est  pour  j.î,  qui  ne  se 

dit  pas.  Je  fais  observer  que  le  classique  oli,  a  le  même 
sens,  qui  se  rapproche  de  celui-ci,  cuire  le  pain  ou  la  viande 

dans  la  *-U,  vhv.  Renan,  Hist.  des  langues  sémit."*  p.  463, 
rapproche  nçN  de  ?4^w,  cuire  quelque  chose,  et  de  Ofa,  Ofen. 
Avant  de  lire  cela,  tout  dernièrement,  j'avais  fait  le  même 
rapprochement,  d'autant  plus  séduisant  qu'on  ne  connaît  pas 
l'étymologie  la  plus  éloignée  du  germ.  commun  Oven,  ovan, 
ofn,  ogn  etc.,  mais  je  n'ose  me  prononcer.  On  lira  Kluge 
E  AV  B  sv.  Ofen,  E.  Boisacq  DEL  G  sv.  '/xi/Jç,  four,  cuisine, 
et  Skeat  EDEL  sv.  oven. 


7^' 


B^î  >  3^5^,  bille  de  billard;  cloche  de  lampe,  1231. 

'Ji^l>  '^^i,  bât  d'âne,  1231;  la  vraie  forme  serait  o!^|=jL«. 

6 


82 

J^î,  manger,  >  >  et  Ji,  1206.  Conjugaison  1207  et  s.;  669; 
1027,2;  1265;  1630;  1775. 

j/î,  frustrer,  1^1,2. 

j^b:*«t,  pouvoir  être  mangé,  être  mangeable,  le  plus  souvent 

avec  la  négation,  72,  15;^=  JiLil,  Syrie,  Prov.  et  Dict.  p.  121 
et  s.  ;  Brockelmann  o.  1.  I  p.  540. 

Les  formes  verbales  réfléchies  jiàj",  Jotàiî,  JaXs!  et  Joiè;:;»*! 
indiquent  souvent  une  possibilité  et  doivent  se  traduire  par 
se  laisser,  se  pouvoir.  Pour  J«.«j!  et  Jjtij!,  cela  a  déjà  été 
relevé  par  RO  §  299  et  §  300,  où  il  y  a  des  exemples.  En 
voici  d'autres  pour  les  dialectes  de  Hdr.  et  de  Dt. 

jJtàj  :  LxiaJù  Lo  i_jLJî  \<\5> ,  cette  porte  ne  se  laisse  pas  verrouiller, 

?ie  se  verrouille  pas.  Cette  forme  est  employée  si  le  jJts  est 

transitif:  ^Ll^i  JsXé,  fermer  la  porte  avec  un  so^É,  verrou 
en  bois,  591.  Mais  ^xà>a  U  LjLot  \Sj>,  cette  porte  ne  se  laisse 
pas  ouvrir,  7ie  s'ouvre  pas,  parce  que  la  I^  forme  est  ^xs, 
transitive;  Cf.  RO  p.  173,5  d'en  bas:  el-bâb  margûm 
ma  yinftôhsi,  la  porte  est  verrouillée  (et)  tie  se  laisse 
pas  ouvrir. 


JjtRjt:  ^{JiJJ  U  nCss>  icjL^Ji,  ce  mot  ne  peut  pas  se  dire,  7ie  se 
dit  pas.  vy*^.  ^  ''-^'  ''^j  ^^^^^  ^(^^  ^^  P^'^^  s^  boire,  on  ne 

peut  pas  boire  cette  eau,  =  ^yJ^.  Lo.  ^X  çI-î^  '^  ujU^Li  o,^, 
j'ai  partout  circulé  avec  ce  livre  (pour  le  vendre,  mais)  il  ne 
se  vend  pas,  il  est  impossible  de  le  vendre,  =  ^uJji  U . 


Jjt:6î  :  ^5blL!  ^y^  ujUxc^j  sy ,  i^?2a^t,  se  voit  d'el-Makalla,  on  peut 
voir  F.  d'el-M.  A  peu  près  même  phrase  chez  v.  d.  Berg  Le 

o 

Hadhr.   p.  281.    .L^!  J.  *>  J^î  J.  r*^Wr?  ojj^'î,  ^a  route  se 
voit   le  jour   et   la   nuit,   on  peut  voir  la  route  etc.,  892,  5. 


83 

^^bCj  ^^LC«  (j^  S^^.  lî  <XiyJ)\  oy^  O^*^''  ^^  cipp^tte  kânûn  le 
foyer  qui  se  laisse  transporter  d'un  endroit  à  Vautre,  car  le  <Siy> 

est  fixe.  'i^\y^\i  "i]  ^^jjyL.  ^Uaj  L,  eZZe  (la  viande,  j*^)  we  se  vend 
pas  au  poids,  mais  par  lots,  Hçlr.  p.  378, 4  d'en  bas;  c'est  en  Tu- 
nisie,  au  Maroc  et  ailleurs  tbâ',  il  a  été  vendu.  ^^  c>-«^t  '-«, 
la  chose  a-t-elle  été  comprise  par  toi?  On  peut  bien  le  traduire 
par  l'as-tu  comprise,  celle-là?,  mais  pour  l'Arabe  c'est  la  chose 
(1j5  =  5  neutre,  vhv.)  qui  est  le  sujet.  Lj^Uj:  j.  i  v  ?  v ,  d?e  (la 

chose)  65^  comprise  chez  nous,  1045,  11,  07z  le  comprend  chez 
nous.  ^OLÀJ  Li,  cela  ne  se  comprend  pas,  SAE  IV  p.  135. 
Yihtèzirlak,  le  peux-tu  distinguer!'  ZA  26  p.  233  n.  3. 
dU  o^c!  L^,  es^ce  que  cela  ne  t'est  pas  conmi,  l'as-tu  connu 
ou  compris.  ij>*-^.  ^  s^^^'  \ô^,  ce  vêtement  ne  se  laisse  pas 

mettre,  on  ne  pourrait  pas  mettre  ce  vêtement.   ÎÀ-^  vjb  Jaiî 
...ciJUj  Lo,  cette  route  ne  se  laisse  pas  marcher  dessus,  on  ne 

peut  marcher  sur  cette  route,  elle  n'est  pas  praticable,  =  R  0 

§  345  :   ^  j"-^^  ^jô<J)  ;  en   dt,   il  faut   ici  ^_c^  -  Lo .  ^JA^. 

i^j:  Up,  es  geht  sich  gut  hier,  qui  si  cammina  bene,  datînois. 

^y.JOju  Lo  a^LlXJ!  ^Jk$>  ,  cet  argent  ne  peut  se  compter,  me  dit 

un  hadramite  d'une  grande  somme,  o^t  oLii^s?",  les  routes  se 
font  craindre,  on  craint  les  routes,  elles  deviennent  dangereuses, 

171  V.  14.  Mais  lJL;^!  est  aussi  craindre,  whv.  i\>.A2xii  U/ _^ 

Jaix^j  %  j^l2*j  Lo,  il  est  comme  le  tendon  qui  ne  se  laisse 
ni  mâcher  ni  avaler,  Hdr  p.  390. 


J.3iàX/*!  :  ^_5^i  ^l^Lo-^  -Jiî!  .J! ,  le  froment  est  amer,  il  ne  se  laisse 
pas  manger,'  7i' est  pas  mangeable,  79,  15=  Hdr  ^  JiLx-^  Lo. 
Jil;o*o  Lo  pLatloI!  !ÀP,  cette  durah  n'est  pas  mangeable,  =  Nord 


84 

J^lL  L,  yittâkal,  correspondant  au  '^omânais:  hâde  el- 
mêkel  yintkil,  ce  manger  se  laisse  manger,  RO  §  319; 
ce  n'est  pas  là  la  VU»  forme  verbale,  ib.,  mais  ou  une  forme 
hybride  de  la  VII^  et  de  la  VIII^  ou  bien  une  dissimilation 
de  ittakal  <  intakal   sous   l'influence  de  la  Vile. 

Ce  réfléchi  joccs!  est  fort  courant  en  mehri,  oii  l'on  trouve 
p.  e-  ftehôm,  être  compris,  être  compréhensible  Bittner 
mehri  II  §  35.  On  le  constate  même  là  oiî  l'arabe  se  sert 
d'une  autre  forme  verbale. 

La  lurah  connaît  aussi  ce  sens.  Qays  b.  el-Hatîm  VI  v. 
18  dit: 

(AftJ—j   ,jy'\*,}\    oi-^Li   ocXï    ...jj      xjLj   oi>-î   JJoLaJL   CsJsii   Lo   i^JOo 

Lorsque  tu  conduis  la  vérité  par  le  mensonge^  elle  s'y  refuse, 
mais  si  tu  conduis  {les  choses)  par  la  Justice  (ou  la  vérité), 
les  (montagnes)  immobiles  se  laissent  conduire. 
JJ'U,    participe,    363   n.;    669:    725,8;    896   en    bas;    1211; 

1566,  16;=  J^l^;  au  Negd  du  Nord,  on  dit  aussi  JJ'Î,  comme 

on   y  dit  J^L,  et  ÔJ>\,  vhv.  Observez  mâlib,  trompant,  de 

*wJi  <  ^^JU:  <  ^JLc;  voir  sub  J\ ,  ^L=>  et  wJLè. 

ji'û  et  idb''Lfl,  manger,  mourriture,  78,  20.  On  entend  souvent 
prononcer  mà^kal,  mais  alors  le  hamzah  n'est  pas  celui  de 
JJ'Î  mais  en  vertu  de  l'accent  sur  la  première  syllabe  ma^ 

C'est  ainsi  que  les  Arabes  ont  écrit  y^û,  encore  aujourd'hui 
prononcé  mâ^rîb;  voir  p.  89  n. 

\JJ>,  qui  ont  7nangé  e7isemble>  alliés,  304,2. 


Jl 

J!  article,  281  et  ss. ;  1544,6,  le  plus  souvent  prononcé  el, 
mais  j'ai  aussi  dans  le  Sud  entendu  al:  lau  kân  ibn 
Adam    y  i  n  s  fi  ""  h  u    a  1  -  m  ô  t ,    si   la    mort    oublie  l'homme, 


85 

Hoéarîeh;  obs.  ici  aussi  ^^U^.  ^).  Dans  le  parler  des  ^Anazeh, 
l'article  porte  souvent  l'accent  p.  e.  èl-bèt;  nombreux 
exemples  dans  ma  La  langue  des  Bédouins  "Anazeh.  Cela 
s'explique  peut-être  si  l'on  admet  que  l'article  formait  origi- 
nairement une  syllabe  longue,  comme  l'article  hébreu  hâ, 
que  nous  retrouvons  dans  hâ-dâ,  et  la  détermination 
sabéenne  à  la  fin  d'un  mot:  an  =  l'aram.-â. 

Selon  l'opinion  de  Sîbawaihi  et  de  la  grande  majorité  des 
grammairiens  l'alef  de  al  est  un  alef  prosthétique,  con- 
trairement à  el-Halîl,  qui  croyait  que  l'alef  est  radical,  ce 
qui  est  faux,  Encyclop.  de  l'Islam  I  p.  248. 

Dans  le  Sud,  aussi  em-,  281  et  ss.;  1028;  1098,  12  d'en 
bas;  1139;  1186  s.  Les  Bédouins  de  Tihâmah  et  des  Mon- 
tagnes du  Sudouest  du  Yéman  ont  tous  l'article  em-;  les 
mots  sont  là  aussi  prononcés  avec  la  finale  u,  voir  ici  p.  4. 
LA  X  p.  169  en  haut  rapporte  une  poésie,  avec  explication, 
de  Seyf  b.  di  Yazan,  à  propos  de  sa  guerre  avec  les  Abyssins; 

Dans  Sams  el-^Ulûm  p.  39,  =  LA  XV  p.  190  nous  lisons: 

x*JL,>»/)!j   (*a.«*-<Ij  (jH'j^    L^y-      ti^î'"*^  ^"^3   .  ^-i— A_L-'>    ij)to 

C'est  là  mon  ami  et  celui  qui  me  soutient: 

(Mais)  derrière  moi  il  lance  des  flèches  et  des  pierres. 

Naswân  ajoute:   ^^  ^J^  o^"^  j^  ^  --^  iCjLJt^  j».f*Jlj  oî^t 

liUo  j^sTj  iii^!^  J^/«'  o>^-  '"*^  i^j*I'.  Cette   Jangue  des 

Himyar"  était  donc  arabe  et  nullement  celle  que  nous  trouvons 
dans  les  inscriptions  jusqu'à  la  fin  de  la  domination  himyarite, 
ni  même  celle  des  inscriptions  sépulcrales  soi-disant  him- 


')  Voir  cas  analogue  sub   V'-r'   ^i'-  itgîbahu. 


86 

yarites.  Voir  ici  sub  ^.  Hamdânî,  dans  sa  ôazîrah,  dit  que 
les  ôa'da,  dans  le  Sud,  parlent  un  mauvais  arabe  parce 
qu'ils  disent  |*jtxi  ^j!  [>  <  ^\  ^)  b. 

Il  y  a  aussi  l'article  en  dans  le  Sud.  Je  l'ai  quelquefois 
observé  286;  1187;  cf.  sub  ^^LJî.  ^:^Jt  ^o,  hameau  dans  le 

W.  Dî  Nâ'im,  au  pays  des  Banyar  d'ecl-Dâhir,  me  fut  toujours 
prononcé  din-gêr.  RD  II  §  27a  et  n.  2.  Cela  est  confirmé 
par  Naswân  o.  1.  p.  68,  =  Dt  282,  pour  le  Yéraan.  Je  l'ai 
constaté  même  au  pays  des  ""Awâliq  et  en  Marhah. 

J'ai  relevé  que  bien  des  confrères  dans  leur  transcription 
de  l'arabe,  rendent  l'article  par  un  1  seulement.  RO  dit  §  6 
que  la  voyelle  disparaît  tout  à  fait  ici  et  §  93,  que  l'article 
déterminé  est  1,  abrévié  de  el.  J'ai  souvent  insisté  sur  le 
fait  qu'une  consonne  n'est  qu'un  signe  de  convention  gra- 
phique qui  n'acquiert  de  vie  qu'avec  une  voyelle,  soit  devant, 
soit  après.  C'est  ainsi  que  s'explique  la  voyelle  prosthétique 
devant  une  syllabe  initiale  simple,  processus  extrêmement 
courant  dans  les  dialectes  bédouins  du  Nord,  ainsi  qu'on 
pourra  voir  dans  les  textes  de  mon  ouvrage  La  langue  des 
Bédouins  "Atiazeh;  ma  Festgabe  p.  40  en  bas. 

C'est  là  le  Chwa  hébreu,  qui  indique  que  la  voyelle  de  la 
syllabe  ouverte  initiale  non  accentuée  est  fort  réduite,  mais 
pourtant  murmurée,  pour  parler  avec  les  grammairiens  les 
plus  récents,  Bauer  et  Leander,  Hist.  Gramm.  der  hebr. 
Sprache  des  A  T  p.  167.  Ceux-ci  citent,  comme  „voyelle 
murmurée"  (Chwa),  l'allemand  bekannt  et  Gabe.  Or,  du  mo- 
ment qu'en  allemand  cette  soi-disant  „murmuration"  est 
notée  par  6e,  je  ne  vois  pas  pourquoi  on  ne  doit  pas  la 
noter  aussi  en  arabe,  lorsqu'elle  est  vraiment  perceptible. 
Bkannt  serait  en  tout  cas  prononcé  en  allem.  bekannt;  on 
dirait  tout  au  plus  que  l'e  a  été  oublié.  Mais  Gab  ne  pourrait 
jamais  se  prononcer  Gabe^  où  l'e  n'est  pas  dans  le  même  cas. 
L'arabe   prononce   souvent  blâd,  pays,  parce  que,  dans  le 


87 

parler  courant  et  rapide,  le  chwa  disparaît  tout  à  fait 
devant  1,  m,  n  et  r,  mais  lorsque  je  priais  mes  Arabes  de 
prononcer  lentement,  ils  disaient  bâlâd,  oià  le  premier  â 
était  plus  ou  moins  bref;  de  même  qyâs,  mais  lentement 
qiyâs,  lt-Las.  On  peut  aussi  entendre  ëblâd,  comme  aussi 
rubfih  et  ëfbâh  ou  ùfbâh,  toujours  par  le  même  senti- 
ment que  toute  consonne  doit  avoir  sa  voyelle,  sentiment 
qui  dans  la  langue  populaire  est  très  souvent  offusqué. 

Si  nous  acceptons  la  transcription  de  la  syllabe  initiale 
simple  sans  une  voyelle  p.  e.  Mhammed,  c'est  que  nous 
prononçons  en  tout  cas  cette  consonne  avec  une  „voyelle 
murmurée"  soit  après,  soit  avant:  U mhammed.  Pour 
l'arabe,  la  voyelle  de  l'article  ne  tombe  pas. 

Dans  un  récit,  écrit  de  la  main  d'un  ^Oneyzite,  qui  ignorait 

la   vraie   orthographe  littéraire,   le  nom  ^^juy^\  est  partout 

écrit  j^^ji-x_A-.v-!,  tandis  que  le  dialectologue  européen  ultra- 
moderne l'aurait  transcrit  par  ssabîM  tout  en  le  pronon- 
çant es-s.  ') 

Reinhardt  va  jusqu'à  dire  o.  1.  p.  13  n.  1  que  la  voyelle 
prosthétique,  nécessaire  pour  produire  une  consonne  double 
dans  des  mots  tels  que  u^^î,  ^j-^/iJ',  est  tellement  faible 
qu'il  serait  faux  d'écrire  ërrâs,  ëssems,  et  il  transcrit 
ici,  comme  tant  d'autres,  rrâs,  ssams,  mais  pour  un 
arabe  (j^L .  et  y^^/ii-ii  ne  signifieraient  rien  du  tout,  si  ce 
n'est  qu'il  le  divine  par  le  contexte.  Nous  les  prononçons  en 
tout  cas  er-râs,  eé-sams  ne  pouvant  autrement  exprimer 
cette  graphie.  Je  continue  donc  de  rendre  l'article,  lorsqu'il 
n'est  pas  lié  au  mot  suivant  de  la  façon  mentionnée  plus 
haut,  par  el-,  em-.  On  appelle  toujours  les  ^cA>ot^!  Jj>l 
en  Datînah  um-SaMdi  ou,  plus  rarement,  em-SaMdi.  La 
voyelle  initiale  tombe  ici  aussi  peu  que  dans  d'autres  dialectes. 


1)  «^iL*_vJî,  Naswân  0.1.  p.  47. 


88 

Cet  a  de  l'article  n'est  pas  un  hamzah,  et  je  ne  sais  vrai- 
ment pas  pourquoi,  dans  la  transcription  de  l'arabe  classique 
et  vulgaire,  on  écrit  p.  e.  baytuM-qâdî,  au  lieu  de 
baj^'tul- qâdî,  'arduM-bayti,  fiM-bayti,  voir  ici 
p.  12  n.,  car  il  n'y  a  pas  de  hamza  ici.  C'est  peut-être 
pour  marquer  la  liaison  de  l'article  avec  le  mot  précédent. 

Cette  manie  de  marquer  un  hamza  non  existant  va  vrai- 
ment trop  loin.  Dans  l'Encyclopédie  de  l'Islam  sv.  Adhân, 
il  y  a  la  formule  de  l'adân  en  transcription  (oià  Allah 
akbar  doit  être  Allâhu  etc.).  On  y  trouve  illa  'lia h, 
où  il  faut  illallàh;  haiya  ^ala  M-salât,  où  il  faut 
"^alas-salâh  et  ib.  ^alal-falâh.  Et  tous  les  confrères 
procèdent  ainsi  par  une  routine  invétérée. 

Un  signe  consonantique  n'existe  pas  en  cunéiforme  par 
la  simple  raison  qu'une  consonne  n'a  pas  de  vie  par  elle- 
même;  elle  ne  devient  vitale  et  véritable  son  qu'avec  une 
.  voyelle,  d'où  aussi  le  nom  très  expressive,  Ungnad  Gramm. 
§  3  c.  Le  signe  ^^.-^^  (Del.  Gr.  N°  7  p.  18)  est  pour  les 
voyelles   a,  i,   u,   et   c'est   peut-être  en   imitation   de  cette 

vieille  notation  que  les  Arabes  marquent  î,  l  et  !,  où,  d'après 
moi,  le  hamza  n'a  sa  raison  d'être  que  dans  l'intérieur  d'un 

mot,  p.  e.  JLw,  mais  alors  c'est  aussi  parce  que  deux  voyelles 
qui  se  suivent,  sa-a-la,  sont  toujours  séparées  par  un  hamza, 
dans  toutes  les  langues  du  monde,  Dt  p.  285.  Ainsi,  dans 
p.  e.  ^Uï,  le  hamza  a  été  placé  sur  le  j,  tandis  qu'on  aurait 
dû,  pour  être  absolument  exact,  le  placer  après  la  syllabe 
bâ:  JjfUï  ou  J'iL-ï,  par  la  raison  susmentionnée,  mais  cela 

aurait  donné  une  drôle  de  graphie. 

Le  hamza  dans  p.  e.  jiD,  yâ'kol  >  yâkol,  =  dt  yôkol, 
y>y_,  yô'mor,  vhvs,  n'est  pas  parce  que  le  classique  marque 

J^î  et  ye',  mais  parce  que  la  première  syllabe  porte  un  fort 
accent  qui  alors    forcément   est   suivi   d'un   hamza,  comme 


89  ; 

dans    ""ulamà"    et    la    graphie    classique   ^j^,   à    présent 

mâ'rib').   Dans   une   prononciation  rapide,  comme  cela  est 
^e  cas  lorsqu'on   parle    vite,   ce   hamza  est  le  plus  souvent 
trop  imperceptible  pour  être  marqué  dans  la  transcription. 
D'après  les  grammairiens,  la  IV"  forme  verbale  est  toujours 

Joét,  tandis  que  les  autres,  Jotàjf  Jjosî  etc.,  auraient  ici  un 
Joojjî  'i^.  L'impératif  de  Joè!  est  Jjtsi,  mais  l'impératif  de 
Jjè,  Joèî,  sans   hamza.   Je   ne   vois   point   de  différence  de 

-     -  oc 

prononciation.  Aussi  Jjtjî  est-il  quelquefois  aussi  contracté 
avec  la   voyelle   précédente,    p.  e.   Lebîd   N°  XXVIII  v.  5  : 

8j.>Lc  j^î  ^_^jLXxIzrt  lu  édiù.\y^  OÙ  le  mètre  tawîl  exige  cette 
contraction,  qui  est  aussi  commune  dans  la  poésie  populaire. 
Il  n'y  a  pas  un  „alif  consonne",  quand  même  les  Arabes 
l'appelleraient  ainsi,  Encyclop.  de  l'Islam  I  p.  301  snb  Alif, 
et  il  n'y  a  un  alif  mahmûzah  que  dans  l'intérieur  d'un 

mot  lorsque  !  est  radicale,  comme  je  viens  de  le  dire.  Mais 
ici  le  hamza  indique  le  plus  souvent  le  hiatus  entre  deux 
voyelles  qui  se  suivent.  Weil  o.  1.  p.  301  a  raison  de  dire 
que  „cette  distinction  que  les  grammairiens  arabes  ont  établie 
entre  l'alif  et  le  hamza  et  que  théoriquement  ils  observent 
strictement  n'est  pas  soutenable."  Dans  les  dialectes,  on  ne 
fait  pas,  dans  le  parler,  de  différence  entre  l'alif  el-v^asl 
et  Palif  el-qat^  Dans  la  lurah,  on  ne  prononce  pas  l'alif 
prosthétique  de  l'article,  ni  celui  des  formes  7  —  10  des  verbes  et 
de  quelques  noms,  p.  e.  ism,  imru',  précédé  d'un  autre  mot, 

dans  -  ,ôJ!,  mais  dans  les  dialectes  on  le  prononce,  exception 
faite  dans  les  poésies  populaires,  où  il  y  a  aussi  des  exceptions. 


')  Ayant   fréquenté  plusieurs  personnes  de  Marib,  j'ai  pu  constater 

la  prononciation  Mà^rib.  Sur  le  nom,  voir  Sams  el-'^ulùm  par  Naswân 
el-Himyarî  éd.  Azîmuddm  Alimad  p.  97  et  p.  37  et  Dt  1830  sv.  Cf. 
Arabica  III  p.  121  en  bas. 


90 

Je  ne  marque  jamais  le  hamza  là  où  je  ne  l'entends  pas 
et  où  certainement  il  n'existe  pas  non  plus.  Mon  ami  le 
professeur  Littmann,  DLZ  1909  p.  3097  en  haut,  me  reproche 
de  l'avoir  omis  dans  ma  Festgabe.  Il  est,  en  cela,  sous  l'in- 
fluence de  la  graphie  classique.  Pourquoi  les  Allemands 
écrivent-ils  aneignen,  qui,  d'après  Bauer-Leander  o.  1.  p.  166, 
est  pour  "an  "eignen2  La  prononciation  est  trop  rapide  pour 
que  ce  prétendu  hamza  soit  perceptible,  et  il  n'a,  par  con- 
séquent, pas  besoin  d'être  marqué.  Une  notation  pareille 
rendrait  la  lecture  impossible  et  n'aurait  pas  sa  raison  d'être. 
Akul,  je  mange,  n'a  pas  non  plus  besoin  d'être  transcrit 
'âkul,  vulg.  âkol,  dt  ôkol,  pas  plus  que  àktub,  j'écris, 
vulg.  iktob.  La  Masôra  a  été  plus  sensée  en  notant  ^5N, 
je  mange,  pour  le  postulé  *^â'akulu,  qui  probablement  n'a 
jamais  existé  tel  que. 

Bittner  St.  sh  I  p.  21  parle  d'une  „métathèse  entre  con- 
sonne et  voyelle",  mais  dans  tous  les  exemples  qu'il  en  donne 
c'est  une  voyelle  prosthétique  placée  devant  la  sjdlabe  initiale 
simple  qui,  au  lieu  d'avoir  la  voyelle,  assez  brève  et  indécise 
dans  cette  syllabe,  même  dans  tous  les  dialectes  arabes, 
après  la  consonne,  l'a  devant  la  consonne.  Cela  prouve  qu'il 
y  a  toujours  une  voyelle.  C'est  ainsi  qu'il  faut  envisager 
l'exemple,  ib.,  et-sôr  =  ed-sôr  =  de-sôr,  qui  s'était 
placé,  où  il  serait,  d'après  moi,  fautif  de  noter  d-sôr,  que 
nous  prononçons  bien  de-sor,  mais  où  le  d  pour  les  Arabes 
a  besoin  d'une  voyelle  plus  ou  moins  perceptible  et  qu'ils 
placent  alors  devant  la  consonne.  Le  sh  erkebét,  ge7iou, 
ib.,  n'est  pas  une  métathèse  pour  rekbét  =  ic^.,  mais- la 
voyelle  est  un  Vorschlag,  prothèse,  que  nous  trouvons  égale- 
ment dans  le  nordbédouin  urkùbeh,  genou,  lifkùbti, 
mon  ge?ioii.  Ce  Vorschlag  est  dans  le  dialecte  des  ^Anazeh 
extrêmement  commun,  ainsi  qu'on  pourra  le  constater  à 
chaque  page  de  ma  La  langue  des  Bédouins  ^Anazeh. 
Dans  elheyt  <  e^^,  parce  que,   eTâd  <  oluS   vhvs.,    ce 


n'est  pas  non  plus  une  métathèse,  pas  plus  que  dans  le 
mehri  la  (le)  >  al  (el)  chez  Bittner  St.  mehri  IV  p.  8  Anm. 
1  et  2.  La  langue  classique  connaît  aussi  cette  prothèse  qui 
dans  quelques  mots  est  .devenue  la  forme  habituelle,  p.  e. 

o  a 

lXJIï],  cou,  et  AJi],  pi.  lXJi31,  de,  mais  «OjJs,  verrou  en  bois 

591.  Il  existe  aussi  en  hébreu  biblique  ce  mélange  de  formes 
anciennes  et  dialectales  vulgaires,  p.  e.  ^iiî ,  bras,  >  i^liîN*  = 
^jS  >  drâ'>  edrcV;  nijjiJ,   bracelet,  >  nnvv^  =  oLi^c,   par 

r       ^  ^ 

5   ù    E  -OC 

métathèse,  vhv.  ;  )75V^\  c^ozé/^,  =  l'arabe  classique  ^^l,  5-y^l, 

,  oi 

j^!  etc.  =  éthiop.  a  s  b  â  '  et  syr.  s  e  b  '  a  et  l'arabe  dialectal 
du  Sud  ^a2,  315,4  d'en  bas,  1027,5,  ou  ^Â>aî,  1024,5  d'en 
bas,  pi.  qI-*>.ao,  vhv.  Bauer  et  Leander,  o.  1.  §  20  i,  définissent 

cette  prothèse  ainsi:  „Devant  une  spirante  alvéolaire  avec 
Chv?a,  il  se  produit  quelquefois  une  syllabe  secondaire  qui 
supprime  le  Chwa."  Cette  définition  n'est  pas  absolument 
exacte,  car  le  Chwa  est  simplement  venu  à  se  placer  devant 
la  consonne  qui  avait  besoin  de  sa  voyelle.  Pour  l'arabe 
parlé,  ce  ne  sont  pas  seulement  les  „spirantes  alvéolaires"  qui, 
à  cause  de  leur  voyelle  très  brève,  dans  une  syllabe  ouverte 
initiale,  préposent  cette  voyelle  à  la  lettre,  au  lieu  de  la 
laisser  postposée,  mais  toutes  les  syllabes  étant  dans  cette 
condition  peuvent  subir  la  prothèse,  et  le  Chwa  est  alors 
naturellement  supprimé,  car  il  n'a  plus  sa  raison  d'être.  Le 
Chwa  représente  donc,  aussi  bien  en  hébreu  qu'en  arabe 
parlé,  une  voyelle  très  brève,  presque  fugitive,  et  qui  est, 
le  plus  souvent  e  ou  il,  plus  rarement  i  ou  u,  selon  la  voyelle 
dont  la  première  syllabe  ouverte  est  affectée.  Bauer-Leander 
disent  bien  eux-mêmes  §  20,  i  Anm.  c  ,.qu'une  syllabe,  ne 
pouvant  commencer  par  une  consonance  double,  celle-ci  se 
dissout  par  un  Chwa:  *mlâkd  (<  *marâka)  >  npN'bîp, 
travail."  Les  dialectologues  modernes  auraient  ici  transcrit 


92 

•mlâka  par  mlâka,  ce  qui  dit  la  même  chose  que 
riDNT'p,  et  l'arabe  »lJ^^Lo,  rencontre,  prononcé  vulgairement 
mëlâqâh  >  ëiîilâqâh  ou  il  m  là  qâ  h,  peut  bien  être  alors 
transcrit  par  rnlâqâh,  si  l'on  veut,  parce  que  pour  nous 
les  liquides  peuvent  être  syllabiques,  mais  strictement  par- 
lant, non  pour  les  Arabes  et  en  général  pour  tous  les  Sémites. 
C'est  à  cause  des  cela  que  les  Hébreux  ont  leur  Chwa,  signe 
que  les  savants  arabes  n'ont  pas  introduit,  par  la  simple 
raison  qu'ils  ne  se  sont  pas  occupés  de  la  prononciation  de 
la  langue  parlée.  Par  contre,  l'hébreu  biblique,  étant  un 
mélange  de  langue  cana^anéenne  et  de  dialectes  parlés,  en 
avait  besoin  pour  que  la  prononciation  soit  bien  fixée  dans 
la  lecture.  La  Masùra  s'est  basée  sur  la  prononciation  d'alors. 
Elle  a  fait  ce  que  nous  autres  dialectologues  faisons  à  présent 
pour  les  dialectes  arabes.  C'est  là  l'intérêt  que  nous  offre  la 
ponctuation  de  la  Masôra. 

Dans  ce  qui  précède,  j'ai  soutenu  qu'il  n'y  a  pas  en  arabe 
et,  par  conséquent,  dans  les  autres  langues  sémitiques  con- 
génères une  consonne  sans  sa  voyelle. 

Aussi  les  auteurs  de  la  plus  récente  grammaire  historique 
de  l'hébreu,  et  la  meilleure,  disent-ils  avec  infiniment  de 
justesse  p.  50:  „I1  n'y  a  pas  de  raison  pour  supposer  qu'en 
hébreu  d'autres  sons  que  les  voyelles  puissent  faire  fonction 
de  sonantes".  Il  en  est  de  même  en  arabe.  Et  si  l'on  note 
p.  e.    b,  d,  (],  1,  m,  n   et   r,    voulant   par  là   indiquer  une 

fonction  sonantique  des  sonores,  ce  n'est  que  parce  que  dans 
notre  bouche  ces  lettres  deviennent  en  tout  cas  des  sonan- 
tiques.    Mais  l'allemand  hahen  n'est  pas  précisément  ha-hn, 

car  cette  graphie  se  prononcerait  hàbn,  et  l'arabe  ^^y^  est 
véritablement  prononcé  hùsên  avec  anaptyxe,  mais  dans 
le   vers  et  avec  le  suffixe  de  la  I  et  la  II  p.  s.   hus-ne, 

Go, 

husni,  husnak.  Habl,  ^orc^e,  <  J^-o-,  après  la  chute  du 
tanwîn,  est  par  nous  prononcé  habl,  de  même  que  l'arabe 


93 

prononcerait  J^-^^l  ii^>^'>   donyiemoi  la  corde,  an  de  ni   el- 

hàbël,  avec  voyelle  murmurée  (anaptyxe),  ce  qui  dans  le 
vers  devrait  faire  àndenil-hab-le  -^-i-^. 

C'est  là  la   ségolation  des  grammairiens  juifs.    En  arabe, 
cette  voyelle  intercalée  est  e,  i  ou  u,  selon  la  voyelle  de  la 

première  syllabe  du  mot,  voir  sub  J.:^v>.  Bauer-Leander  ap- 
pellent 0. 1.  p.  212  cette  voyelle  Murmelvokcd,  voyelle  mur- 
murée, mais  en  arabe  elle  n'est  pas  tout  simplement  mur- 
murée, quoi  qu'elle  ne  soit  pas  toujours  très  saillante.  Elle 
peut  même  quelquefois  former  une  syllabe  métrique  dans  la 

poésie  populaire,  p.  e.  b  a  •  h  a  r  <  y^j ,  1  a  h  a  m  <  j*j^  .  Avec 

Vollers,  j'appelle  cette  intercalation  d'une  voyelle  adjuvante 
anaptyxe  ou,  avec  les  Hébreux,  ségolation.  L'arabe  classique 
connaît  également  cette  voyelle  dans  des  formes  probablement 
empruntées  à  la  langue  parlée. 

Elle   a  du   moins  été   relevée   par  les  lexicographes  dans 

plusieurs  mots,  tels  que  c>Jl=^  >  l\JL:>  Diw.  Hodeyl,  Wellh. 
Scholien  p.  412;  J^^  >  Jw^.>  >  J.^^>;  JjJ><j3J>,  pi. 
de  JJo!  ;  yj>  >  yj;  jt^  >  jfJ^  ;  ^^^  >  ^^  et  le  pi.  ^^o  > 
y^\^   du    Sing.   s_5^va3  >  »j:S^>o;  ^^.ic  >  ^^ac;  ^  >  „♦£;   ias  >  jLs; 

Ja,ci-<  >  -L/i^  >  Ja-ci.^;  Jjj  >  Jjj,  Lebîd  N°  40  v.  81,  etc.,  mais 

ces  J^^^>,  Ja:>,  ^^^,  j-*-^  etc.  représentent  véritablement 

une  prononciation  de  la  langue  courante,  disons  des  formes 
vulgaires,  auxquelles  on  a  fait  l'honneur  de  les  admettre 
dans  le  dictionnaire  classique. 

o  ^  — 

Dans  nos  dialectes,  tous  les  Jjù  deviennent  Joé ,  ce  qui  est 

appelé  jiJU  par  les  grammairiens.   Pour  nous,  ce  sont  des 

anaptyxés  ou  ségolés.  Cela  a  dû  se  produire  après  la  chute 
de  l'iVâb,   car   avec  lui   la  ségolation  n'était  pas  nécessaire 


94 

et  un  fa'  +  1  n'était  pas  prononçable  pour  un  arabe.  LHndoles 
de  la  langue,  sa  structure  morphologique  était  par  cela 
faussée.  Nous  trouvons  ces  o^i^  en  grand  nombre  dans 
le  Qorân,  comme  ou  pourra  le  voir  dans  l'ouvrage  capital 
de  Vollers  VS  pp.  17,  97  et  99.  Ce  fait  est,  à  mes  yeux, 
une  des  nombreuses  preuves  de  l'existence  de  „rarabe  vul- 
gaire" au  temps  du  Prophète,  dont  le  livre  sacré  contient 
un  mélange  des  deux  langues  classique  et  vulgaire,  c'est  à 
dire  avec  ou  sans  l'i^râb  —  dans  la  bouche  de  l'archange 
Gabriel.  Les  musulmans  orthodoxes  ne  veulent  point  recon- 
naître ce  fait.  On  se  rappellera  toujours  le  scandai  indigne 
que  provoqua  la  communication  de  Vollers,  au  Congrès  d'Alger, 
dans  le  milieu  des  soi-disant  savants  musulmans. 

Il   y   a  aussi  des  mots  où  l'attraction  vocalique  est  seule 

en  cause,  p.  e.  iCx*.>  <  iou^,  iù-s  <  io^  VS  p.  99,  et  les 
pluriels  o^  <  sing.  KJué,  p.  e.  oL:sn^,  Lebîd  N°  XXIII  v.  3; 

—  o- 

o!j^  de  aj^  etc.  Cette  règle  n'est  pas  toujours  observée 
dans  la  langue  parlée  et  dans  les  poésies  populaires. 

Bauer-Leander  citent  p.  212,  comme  analogie  de  l'hébreu, 
les  formes  arabes  sans  le  tanwîn:  'udn,  oreille,  fath, 
ouverture,  mais  pour  que  l'analogie  fût  parfaite,  ils  auraient 
dû   écrire   ùdën   et  fàtèh,  car  c'est  ainsi  qu'on  prononce; 

dans  ^^oî  et  .,-^6,  la  ségolation  n'a  que  faire,  et  ^udn  et 
fâth  ne  correspondent  point  à  la  ségolation  hébraïque  de 
n^  et  de  nriD;  il  aurait  alors  fallu  au  moins  udn  et  fath. 

Il  y  a  aussi  en  arabe,  après  la  chute  de  l'i'râb,  des  cas 
oîi  cette  ségolation  ne  se  produit  pas;  ce  qui  amène  une 
syllabe  finale  doublement  fermée,  aussi  bien  dans  les  sub- 
stantifs que  dans  les  verbes.  Cela  arrive  lorsque  la  dernière 
lettre  est  une  explosive,  une  spirante  ou  une  nasale  précédée 
d'une  liquide:  darb,  kalb  (kelb)  qalb,  harb;  burg, 
farg,    hurg,  harg;  tai'cl?  'abd  (ici  l'hébr.  a  1?^),  fard; 


95 

ard   (mais   pN),   'ard;   bast,   sart;  farq,  tarq;  far  h 
sarli;  ins,  'urs,  habs,  nefs;  qurs,  furs,  rabs,  hurs 
qurs;   inf  (anf)   sanf;   karm;  gurn,  qarn  etc.  etc.') 
plus   rarement  avec  une  ult.   h  et  h.  Mais  même  dans  ces 
cas  l'anaptyxe  peut  se  produire  parce  que  l'arabe  a  le  senti- 
ment  inné  que   ,.deux   sukûn  ne  peuvent  pas  se  suivre", 
règle  que  pourtant  la  langue  parlée  n'observe  pas  toujours; 
on   dira   saqf,  toit,  et  aussi  sàqëf,  comme  en  sh:  séqef. 
Mais  on   dit  plus  souvent  p.  e.  riàmoh  que  rumh,  lance, 
=  sh.  rémah. 

Le  mehri  offre  ici  le  même  procédé,  mais  les  faM  y  peu- 
vent aussi  devenir  fà'^el,  fi^el,  fè'al  et  même  là  où  l'arabe, 
dans  les  cas  susmentionnés,  conserve  la  syllabe  doublement 
fermée,  et  ce  fà^el  y  peut  même  devenir  fâ'el  et  ensuite 
aussi  fô^el  ou  fê'^el  =  sh  fô^'el.  On  voit  qu'en  mehri  la 
première  syllabe  conserve  l'ictus  ce  qui  amène  l'allongement 
de  la  voyelle,  tandis  qu'en  dt.  et  en  hdr.  un  mot  ainsi  ana- 
ptyxé  peut  aussi  devenir  fa'àl,  ce  qui  arrive  aussi  dans  le 
Nord.  Ainsi  le  mehri  dit  ard  et  âred.  Il  y  a  des  cas,  où 
le  mehri  fa^l>fô''el  coïncide  avec  l'arabe  sudarabique  p.  e. 

o^  >bùreqBMI§5,  à  côté  dé  l'arabe  o.b,  vhv;  sh. 

séken  <  sâk'en,  pas  de  sakn,  Bittner  St.  sh.  I  p.  25,  = 
arabe  q-^Lav,  vhv.;  sh.  hôgel  (hàgel  et  hà^il)  =  J^l-^j 

B  sh.  I  §  28.  On  peut  admettre  que  D.  H.  Mùller,  Jahn  et 
Hein  ont  transcrit  les  mots  exactement  selon  la  prononciation 
entendue,  et  je  leur  sais  gré  de  ne  pas  avoir  employé  la 
transcription  ultramoderne  de  l'école  de  Leipzig.  En  shaurt 
(qarawî),  la  situation  est  la  même.  On  y  va  encore  plus  loin, 
.  car  l'arabe  et  le  mehri  qirs,  qârs,  sarb  y  deviennent  qèris 
et   sèrib,   ségolation  que  je  n'ai  jamais  observée  en  arabe. 


')  VoUers  o.  1.   en   donne   beaucoup   d'exemples.   Sur  riiiip('ratif  des 
verbes  tertiiv  y,  voir  323  e(,  ss. 


96 

Le  fait  de  cette  ségolation  plus  étendue  dans  les  dialectes 
mehrites  me  semble  indiquer  une  conservation  plus  exacte 
de  l'indoles  du  sémitique  primordial  qui  ne  connaît  point 
une  consonance  double  à  la  fin  d'une  syllabe.  Pour  exemples, 
on  lira  Bittner,  St.  mehri  I  §§  3,  4  et  5  et  id.  St.  sh.  §§  26, 
27  et  29.  —  Bittner,  St.  mehri  I  p.  13  n.  1,  relève  juste- 
ment qu'en  bedauye  aucun  mot  ne  peut  finir  par  une  syllabe 
doublement  fermée,  d'après  Reinisch,  die  Bedauye-Sprache 
in  Nordost-Afrika  p.  107.  Là,  tous  les  fa'l,  fi'l  et  fu'el, 
empruntés  à  l'arabe,  deviennent  bissyllabiques  (comuie  ils  le 
sont  à  l'origine  avec  l'i^râb)  et  ont  l'accent  sur  la  dernière 

syllabe,  p.  e.  bagâl  <^,  nehal  <  J^o,  sidi'q  <oAaj, 

d  u  h  ù  r  =  .-ii?.  Bittner  ajoute  ici  que  cela  a  également  lieu 
dans  les  mots  arabes  fa  M,  fi'^l  et  fu*^!  passés  en  turc,  p.e.  aqyl 
<  jJlc  ,  q  y  s  y  m  <  j*.^ ,  s  ù  k  il  r  <  ^iwi; ,  mais  ici  c'est  bien 

l'accent  turc  qui  a  amené  la  ségolation. 

Bauer-Leander  p.  212  soutiennent  que  pour  l'hébreu  cette 
ségolation  n'a  pas  lieu  devant  les  explosives. 

Ils  citent  Brockelmann  o.  1.  I  p.  216.  Mais  cette  citation 
n'appuie  pas  cette  assertion,  car  Brockelmann  dit:  „Die  zu 
ihrem  Absatz  fûhrende  Mundbev^^egung  erzeugt  von  selbst 
einen  Nebensilben-murmelvokal(!),  so  dass  Formen  w^ie  qost, 
wahrheit,  uaiiisb  (=  wayyisb.  Lbg.),  2md  er  nahm  gefari,- 

o 

gen,  qâtâlt  in  Wahrheit  zwei  und  dreisilbig  sind".  Brockel- 
mann, il  me  semble,  n'a  pas  été  clair  ici,  car  qost  ne  devient 
bissyllabique  qu'avec  la  ségolation  ou  une  voyelle  finale,  et 
qâ tait  ne  devient  trisyllabique  qu'avec  une  voyelle  finale. 
Bauer-Leander  ajoutent  que  même  dans  des  mots  pareils  la 
ségolation  est  plus  commune. 

Je  ne  sais  vraiment  à  quoi  se  rapporte  cette  modification, 
car  ils  disent  auparavant  que  le  développement  d'une  nou- 
velle voyelle,  précédemment  mentionnée  (ségolation),  n'a  pas 


97 

lieu  devant  les  explosives.  En  arabe  parlé,  la  ségolation 
devant  les  explosives,  les  spirantes  et  les  nasales  est  plutôt 
exception,  comme  je  viens  de  le  dire  plus  haut.  Mais  lors- 
qu'un mot  finissant  par  une  de  ces  articulations  a  comme 
Ile    „  ou  3  ou  une  autre  lettre  „emphatique",  la  ségolation 

se  produit,  p. e.  ^^^  >  làhëm,  via7ide,  ou  làhàm,  Bédouins 
du  Sud,  RO  p.  415  N°  179:  laham;  Stumme  Tun.  gr. 
p.   42:   laham;   mehri   laham,   SAE   IV   p.   90;  >  ^Ls^i 

Carbou  p.  201  et  p.  234;  =  DH^.,  blé,  pain;  j^,  matrice,  où 

la  ségolation  est  déjà  „classique",  >  ràhëm,  =  oni;  ,^slaj^, 
toit,  >  sàtëh,  sh.  sa  te  h. 

Si  la  dernière  lettre  est  un   r  ou   un   1,  la  ségolation  a 

également  lieu,  p. e.  yLj  >  nuqër;  yf\s  >  fugër;    jllii  > 

O      5 

surël;  J-à-i  >  qufël.  Je  transcris  souvent  dans  ce  cas 
nuqr,  fugr,  suri  et  qufl,  mais  c'est  parce  que  nous  autres 
prononçons  en  tout  cas  ces  mots  nuqër  etc.,  les  deux  sons 
1  et  r  étant  pour  nous  syllabiques,  selon  les  „Lautphysiologen". 
Cf.  Bauer-Leander  o.  1.  p.  50,  7  Anm. 
Ici  l'hébreu   est  allé  plus  loin,  comme  on  l'a  déjà  vu,  car 

on  y  dit  lî^p;  =  gJî  1) ,  vulg.  nefs.  K^ii^  =  (j»^t,  iDV^jJc, 

contrairement  à  l'arabe  parlé. 

J'avoue  volontiers  ne  jamais  avoir  bien  compris  cette 
division  des  consonnes  en  sourdes  (stimmlose)  et  sonores 
{stimmhafte),  car  pour  moi  la  „ sourde"  p  ne  diffère  en  rien 
de  la  sonore  b,  disons  plutôt  pe  et  be;  la  première  aurait 
„le  caractère  d'un  chuchotement"  et  pour  la  seconde  „les 
ligaments  de  la  glotte  produiraient  par  vibration  un  son 
musical",   pour  parler  avec   Bauer  et  Leander  o.  1.  p.  165. 


')  Les  Syriens  appellent |J*^.fii,  nafas,  la  portion  de  tabac  qu'on  met 
dans  le  narghileh  pour  fumer.  Hdr.  Gl.  sv.  ,  c-^^  6t  .♦£. 


98 

Tout  cela  est  sans  doute  physiologiquement  vrai,  mais  dans 
la  langue  parlée  tout  cet  échafaudage  savant  a  peu  de  valeur. 
On  m'accusera  d'ignorance,  je  le  sais,  mais  à  la  théorie,  je 
préfère  la  pratique,  qui  l'a  précédée  et  fondée. 

Les  deux  savants  professeurs  avaient  ici  une  excellente 
occasion  de  comparer  l'hébreu  biblique  avec  l'arabe  parlé. 
Ils  connaissent  bien  l'arabe  tous  les  deux.  Mais  l'arabe  clas- 
sique n'est  pas  ici  à  sa  place.  Pour  bien  juger  de  la  seconde 
couche  hébraïque,  mêlée  à  la  première  cana^anéenne,  dans 
l'hébreu  biblique,  il  faut  aussi  connaître  l'arabe  moderne 
dialectal.  Jusqu'à  présent  personne  ne  s'est  voué  à  l'étude 
comparée  de  ces  deux  langues.  Cette  étude  donnerait  cepen- 
dant des  résultats  surprenants  pour  le  développement  de 
l'hébreu,  aussi  bien  de  sa  grammaire  que  de  son  vocabulaire. 

La  contraction  de  l'article  avec  la  voyelle  initiale  du  mot 
suivant  donne  lieu  quelquefois  à  des  formes  bizarres,  287 
et  ss.  P.  e.  :  sâbetah  em-gëlîleh  fi  dàhër  em-fuwâd 
u  harag  min  beyn  raîdeyn,  la  balle  le  frappa  sur  le 
coeur  et  sortit  etitre  les  bras  Dt,  comme  traduction  de  Brode 
M  SOS  Vu  p.  19,9');  cf.  aussi  ^Ai  426  et  s.  et  Nôldeke, 

Beitrâge  II  p.  116  n.  1.  En  Hogarîeh,  J.^A*/fl  est  =  J.l\jw!  = 

J,iA*j!,  l'Adanite,   pi.  iooL*xi;  ^Jix;^^  ==  ^^^Jix:^\  =  ^^Jtxjf^ll  1409. 

Cela  est  devenu  tellement  une  soudure  qu'on  dit  même  el- 

Murqusi,  quoique  la  tribu  soit  appelée  J^y>j,  pi-,  289. 

L'article  pour  exprimer  la  filiation  291  et  ss.  ;  Socin  Diw. 
III  §  152  c  et  §  192  b;  Jaussen,  Coutumes  des  Arabes  p.  182 
n.  2:  Moh.  el-P.agab  =  if.  fils  d'er-R. 

L'article  dans  les  noms  safâtiques,  1187  n.;  1411. 

L'article  avec  [>  précédent,  468  n.;  voir  sub  L 


')  J'ai  ti'aduit  tout  ce  texte  en  datînois  à  l'aide  de  mes  amis  de 
Datînah,  mais  je  ne  l'ai  pas  publié,  trouvant  le  texte  de  Brode  très 
fautif. 


99 

Jt 

pronom   relatif  407,  408  et  ss.;   880  en  bas;  1091,  comme 

dans  le  dialecte  de  Dofâr,  RD  II  §  23c,  du  Wadday,  Carbon 
pp.  48  et  229,  et  en  Mésopotamie. 

UJt,  ce  qui,  dans  le  Hogarîeh,  =  (^3  J!  en  dt. 

Jf 

3^  gémir,  =  ^'i,  1760. 

"^t,   si  fait,   mais  oui,  352  n.;  RD  §  221:   elé,  getoiss,  ja, 
mais  lorsqu'il  dit  p.  284,  3  que  l'ancienne  particule  interro- 

gative  "^î  existe  en   omânais,  comme  e\é,ja  wohl,  filrwahr, 

je  crois  qu'il  est  dans  le  tort.  Cf.  %,  vhv.  —  Exclamation, 

holà!  317;  372;  561,  7,  =  ^15^,  371  en  bas.   u:i_^î  ^î,  holà! 
le  pillage!  criet-on    dans   le  Hogarîeh  lorsque  les  pillards 

attaquent.  ^J  p^!^  "^i,   holà!  attends-moi!  Dâhir;  cf.  "^j.  — 
%^  voilà  que.  ^iv.xLiLj"  idx=>  J."  ^3  vj*^'  à^  !>^3  («yo   lors- 
qu'ils arrivèrent  au  campement  des  Bédouins,  voilà  que  leurs 
, chevaux  se  débandèrent,  473, 12  et  14;  <3  +  *i51.  On  aurait 

aussi  pu  dire  ici  "iîj  >  %,  473  n.  2.  RO  p.  284:  elé,ya  wohl, 
fûrwahr;  ce  n'est  pas  „la  vieille  particule  interrogative  ^5Î". 

'i)l<'^  =  \S\ ,  conjonction  temporelle  et  conditionnelle,  lors- 
que, si,  466;  473,  14;  1192  et  s.;  1453  et  s.  et  passim;  voir 
sub  Lit,  lô!  et"^.  Cette  conjonction  figure  déjà  dans  les  chants 
bédouins  d' I.  Haldûn,  Brockelmann  o.l.  I  p.  132.  De  cette 
trouvaille  date  l'étymologie  "i]  <  ÎJÎ .  Elle  fut  d'abord  émise 
par  Vollers  ZDMG  50  p.  613,6,  si  je  ne  me  trompe,  en- 
suite par  Socin  Diw.  III  §§  55  et  57  et  p.  202  et  par  Ndl- 


100 

deke  WZKM  VIII  p.  266  et  IX  p.  13,  tout  en  ajoutant 
que  „>3>J  est  tout  à  fait  étranger  à  l'arabe".  Stumme, 
Hartmann  et  dernièrement  aussi  Rhodokanakis,  RD  II  pp. 
82;  120;  121  et  124,  ne  font  que  répéter  cela  sans  se  rendre 
compte  de  la  difficulté  de  cette  permutation  insolite,  d  devient 
1,  vhv.,  mais  jamais  d  >  1.  RD  II  p.  82  n.  6  et  Stumme 
GGA  1909  p.  885  n.  6  confondent  d  et  d,  o^  et  ô;  la 
première  peut  devenir  o  en  quittant  son  emphaticité,  mais 
ce  cl  ne  peut  devenir  1  et  encore  moins  ï.  Snouck,  Fest- 
schrift  Nôldeke  I  p.  101,4,7,9,  écrit  à  tort  ella,  où  il  n'a 
pas  reconnu  la  particule  en  question.  Brockelmann  avait 
d'abord  statué  "^î  <  !o!,  VGSS  I  p.  132,  mais  ensuite  il 
changea  d'avis,  ib.  II  p.  36  et  p.  599,  en  séparant  lo!  de 
'it  <  ^ ,  et  il  dit  que  "iî  est  une  forme  collatérale,  „eine 
ursprunglich  gleichberechtigte  Nebenform",  de  !3t.  Mais  je 
n'admets  même  pas  cela.  îi'  et  "^1,  <"^,  sont  étyraologique- 
ment  deux  particules  absolument  différentes,  tandis  que 
sémantiquement  elles  ont  le  même  droit  de  cité.  ^  >  "^5!  s'est 
seulement  conservé  dans  tous  les  dialectes  bédouins.  C'est 
sans  doute  ainsi  qu'il  faut  comprendre  „la  forme  collatérale" 
de  notre  honorable  confrère.  Si  Brockelmann  s'est  converti 
à  ma  manière  de  voir,  il  paraît  être  encore  tellement  attaché 
à  son  ancienne  étymologie  de  b!  >  "b5!,  qu'il  dit  o.  1.  II  p.  36 
que  v  loi  s'est  maintenue  dans  l'algérien  xi  ^,  vl  "^j  à  l'in- 
stant, en  citant  Marçais  RMTA  p.  481.  Or,  Marçais  }'■ 
compare  „le  classique  v_j  \3\  0,  ^\  =  Sot)",  mais  il  ne  dit  pas 
!3I>"^Î<^.  L'idiotisme  algérien  est  simplement  <^^>^  "b^i, 
vhv.  Marçais  dit  Gr.  Tl.  pp.  192  et  193:  „  il  a,  là  pour  îol", 
mais  id.  Ulâd  Brâhîm  p.  192  il  trouve  que  „îla  ')  =  îda 
(la)  îlya  (lya)  sont  énigmatiques" ;  cf.  ib.  note  4.  Stumme 
GGA  1909  p.  885  n.  6,  veut  encore  défendre  son  étymo- 
logie de  !L>t>^î  et  il  établit  même  la  comparaison  çl:i  =  d:l, 


')  Aussi  'Oman  RO  §  442  et  p.  257,9. 


101 

ce  qui  est  impossible.  Ne  trouvant  pas  de  parallèle  en  arabe 
„pour  tj  (ou  d)  avec  1",  il  a  recours  à  „rextra  sémitisme"  pour 
soutenir  sa  thèse  de  d  >  1  et  il  cite  ^dKpuov-lacrima  et  Câdiz- 
Qâlis,  le  QâJs  des  Marocains.  On  peut  ajouter  al  m  as  <â'^ûiiAxç, 
diamant,  Festschrift  Hommel  II  p.  271.  Mais  ces  mots  se 
rapportent  à  d>  1,  tandis  qu'il  aurait  fallu  citer  des  exemples 
de  d  >  1.  Le  i  d  a ,  ^  'o! ,  nordafricain  est  restreint  à  ces 
pays-là,  1453/4,  et  ne  saurait  former  un  critérium  pour  les 
dialectes  du  Levant,  où  l'on  dit  y  et  les  Bédouins  de  l'Arabie 
du  Nord,  ida,  lorsque  toutefois  ils  s'en  servent.  Stumme 
aurait  pu  ajouter  que  ce  passage  de  d  à  1  était  la  règle  dans 
le  dialecte  sabin,  p.  e.  Capitôlium  >  Capitodium.  Nous  avons 
ici  affaire  à  l'arabe.  Voir  sur  d  >  1  sub  o.  Sur  ^  "bJt  =>_;  toi, 
on  trouvera  chez  RO  §  172  des  exemples,  qui  sont  partout 

o 

courants  ;  voir  plus  bas.  Sur  %  >  luSl  vhv. 

D.  H.  Mûller  SAE  IV  p.  93,  13:  be-esedd  ^ala  el- 
hayl...  ila  ralaq  nuss  min  er-ra's,  où  faussement 
écrit  i  1 1  a  et  faussement  traduit  par  bis,  jusqu'à  ce  que. 

De  même  que  v  Sot,  on  trouve  ^  "^l,  472;  474,  11, 
surtout  en  ""Oman,  relevé  par  Nôldeke  WZKM  IX  p.  13  et 
par  Brockelmann  o.  1.  II  p.  36,  qui  l'appelle  ,,interjection 
démonstrative".  Les  Bédouins  du  Nord  disent  ici  ^  ^1  vhv. 

En  'Omânais,  il  y  a  aussi  ^^  ...%  "^t  avec  les  suffixes  per- 
sonnels de  la  le  pers.  du  singulier  et  du  pluriel,  RO  §  172; 
ib.  p.  228  d.  1.;  p.  302,  2  d'en   bas.  Mais  aussi  >_j  "^'j  sans  ^t, 

ib.  p.  356  d.  1.  et  p.  368,8:  uilâne  bse'îd  b.  Hâfod,  et 
nous  voilà  en  présence  de  S.  b.  H. 

Kampffmeyer,  dans  l'Encycl.  de  Tlslâm  I  p.  405  (éd.  franc. 
=:  p.  416  éd.  allem.),  dit  ceci:  „Cette  étude  comparée  minu- 
tieuse de  la  syntaxe  (d'après  l'usage  oral)  nous  enseigne  p.  e. 
que  le  très  fréquent  ilâ,  ilyâ,  ila  etc.  qui,  dans  l'usage 
correspond   en   partie  à  l'arabe  littéraire  Mda,  quand,  n'est 


102 

absolument  pas,  comme  le  veut  l'opinion  générale,  un  dérivé 
de  "idâ  (d  devenu  1!),  mais  un  développement  de  la  prépo- 
sition ilâ".  La  dernière  phrase  est  étrange  et  offre  une 
nouvelle  phase  de  l'étymologie  de  il  a.  La  préposition  ^l 
doit  être  absolument  écartée;  elle  n'a  rien  à  faire  à  la 
conjonction   ^i  >  "iJ. 

particule  affirmative,  si  fait,  mais  oui,  certainement,  352; 
1302;  1598  et  n. ;  aussi  prononcée  "^5!;  cf.  ^î  vhv.  Ma  yigi'' 
min  el-Mahra  la  'Adan?  Est-ce  qu'il  ne  vient  pas  des 
Mahrah  à  Aden?  Rép.  Alla  yigû"  gamm,  si  fait,  ils 
viennent  en  grand  nombre,  Hdr.  Suft  ahù^'i,  as-tu  vu  mon 
frère?  —  Suftuh,  Je  Vai  vu.  —  La"  ma  suftuh,  non,  tu 
ne  Vas  pas  vu.  —    Alla  suftuh,  5Z  fait,  mais  oui,  je  l'ai 

vu,  Hdr.  La  lurah  et  les  dialectes  du  Nord  disent  ici  ^b, 
mot  que  les  Bédouins  du  Sud  évitent  de  prononcer  parce  qu'il 
rappelle   ^  <  ^^b ,  malheur,  épreuve,  calamité  et  guerre  vhv. 

%  existe  en  Syrie,  dans  tout  le  Nord  de  la  Péninsule,  au 
Yéman,  en  ^Omân  et  en  Algérie,  Marçais  Ulâd  Brâhîm 
p.  193  et  n.  6,  où  il  y  a:  wallâh  âlla-ntà  mâhbûl, 
par  Dieu,  tu  n'es  qu'un  fou,  un  maboule  (<  ày^),  ce  que 
je  traduirais  plutôt  par  par  Dieu,  c'est  que  tu  es  un  fou. 
Fleischer  Kl.  Schr.  III  p.  411. 

»Lj3  _j.!  %  Jj",  lie  insisted  that  I  should  go  icith  him,  Spiro 

p.  16  et  id.  *jyi3  "iî  iJ^  (jiJ^  Lo,  the  first  thing  he  did  ivas 
to  strike  him.    Même  emploi  RO  p.  20  en  bas  et  p.  21,1. 

_^.  i^y^^  "^1  ^jJ>£-  cji^î  V%^)  tetiez  l'amour  loin  de  moi: 
c'est  que  l'amour  blesse,  chanson  populaire  égyptienne,  chez 
Fleischer  o.  et  1.1.,  qui  ajoute  dans  une  note:  „Forte  affir- 
mation  à   expliquer  par  une  ellipse:  "ii  >^  U,  "^'  o>^^  ^' 


103 

ce  n'est  pas  autre  chose  que;  aussi  seul,  comme  chez  Bocthor 
sous  certainement:  me  connaissez-vousf  j^^À_5j_3t_j" ;  réponse: 
certainement  "i]". 

Nous  trouvons  la   même  construction  dans  un  vers  d'un 
poète  yémanite  chez  Yâqoût  II  p.  890, 1 1  : 

Ils  (les  ê^  du  verset  précédent)  ont  prétendu  à  la  haute 
>  .  position,  mais  toi,  tu  lui  (à  ^^Ui!)  as  domine'  une  large  dot. 
Et,  par  conséquent,  c'est  toi  qui  as  te  droit  de  l'épouser 
(cette  haute  position,  personnifiée  comme  une  jeune  fille 
qu'on  demande  en  mariage). 

%,  voilà  que,  1218  n.  1.  1:  "il  vJ^.-^  L-o  "^îj  ^j-^/o  tL=>  ^»j-i 
)U^Jo\,  lorsqu'il  arriva  à  leur  campement,  voilà  qu'il  n'en 

o 

vit  que  les  traces.  On  peut  ici  dire  également  bien  Lij. 

conjonction  restrictive.  Sans  négation  précédente,  659  et  ss.; 
662  ;  669,  4  d'en  bas  ;  906,  4  ;  souvent  dans  les  textes  de  R  D 
et  de  RO,  p.  e.  p.  398  N°  17:  Ihabb  'lié   min  clarfe,  ') 

les  grains  ne  viennent  que  d'un  même  panier,  =  Syr.  J.  Uls" 
1^  !^î;  Nôldeke  WZKM  IX  p.  14.  SAE  IX  p.  5,  14:  wad- 
dunya  tazhi  illa  ma'^a  had,  et  ce  bas  monde  ne  prospère 

que  pour  un  seul  (je  ne  le  comprends  pas  bien).  —  j^]  "^t  -  U, 
658,  cf.  sub  "^S  afflrmatif.  —  "l:^  i^!,  d  moins  que,  506,  2  d'en 
bas.  -  ^!  oL=>,  352.  -  'î]  oL^  Lo,  351.  -  _5  ^î  >i>o^o  U,  1222. 
En  Dt.,  on  dit  même  ]<\^  ^!  y«»j,  ceci  seulement.  —  Sur 
':î]  =  Ù,  LA  XX  p.  317,  15  s.  —  Je  fais  pourtant  observer 


1)  Que  j'aurais  transcrit  el-habb   elle   etc.,  car  l'article  est  el  et 
elle  n'a  de  hamzah  que  dans  la  graphie  littéraire. 


104 
qu'il  est  souvent  difficile  de  dire  si  *5l  est  affirmatif  ou  restrictif. 

pronom  relatif,  12,8;  30,20;  40,4;  61,17;  70,3;  172  d.  1. 
passim;  370,  8;  421;  1022,6  d'en  bas.  Emploi  particulier 
de  eldi  chez  Kampflfraeyer  ZDMG  54  p.  625. 

se 

pronom  relatif,  407  et  ss.  LA  XX  p.  343.  >  illedi, 
illidi,  61,  17;  71,  14;  83,  15,  20;  85,  23;  86,  16;  91,  14  et 

passim;   984,3   d'en   bas;    1372.  =  Ji^,   qui,   422;   ce  qui, 

407  n.  2;  422,  cf.  JL^  412.  =  elledî^    illedi',  408,1.  — 

PI.  Q^JsJ!  418.  —  ^i  ne  provient  pas  de  ^J^3JI  avec  chute  du 
à>,  Prov.  et  Dict.  p.  297,  ainsi  que  le  soutiennent  Nôldeke, 
Brockelmann  VGSS  I  p.  132,  et  Rhodokanakis  P^DIIp.  82, 

mais  ^\  est  une  forme  particulière  des  dialectes.  Le  o  n'est 
pas  non  plus  tombé  dans  hâdâk,  ni  dans  hâdal  =  Jf  U>, 

Brockelmann  o.  1.  I  p.  132.  t^5JJî  est  composé  de  al  +  la  + 
dî,  soit  de  trois  démonstratifs,  407.  Si  le  3  était  tombé,  il 
ne  resterait  que  al  +  la  -f  i,  et,  pour  être  dans  le  vrai,  il 
faudrait  dire  que  dî  est  tombé.  Par  contre,  dî  est  resté 
dans  ildî  vhv. 

Alla  est  devenu  alli,  422,  peut-être  sous  l'influence  de  la 
finale  d'ail  a  dî  et  de  di,  et  ensuite  illî  par  assimilation 
vocalique  (l'article  est  aussi  il  à  Beyrouth  et  quelquefois 
ailleurs,  mais  rarement),  mais  h  alli  <  ha  4-  alli  412.  Li 
^est  le  relatif  ordinaire  en  Hdr,  mais  je  ne  soutiens  point 
que  ce  soit  illi  retranché  de  la  première  partie,  comme 
l'explique  RI)  II  §  1  y,  §  13  v  et  §  17  h,  car  ce  sont  là  deux 
relatifs  faisant  bande  à  part.  Nous  avons  également  ce  1  i  <  1  a 
dans  d^!3  (i^Uo),  celui-là,  cela,  où  il  y  a  les  trois  démonstratifs, 


105 

voir  sub  J  et  é.  Brockelmann  o.  1.  §  94  b  voit  ici  une  dis- 
similation  progressive,  mais  je  ne  le  comprends  pas,  et  lors- 
qu'il y  dit  que  hâlan,  tout  de  suite,  a  donné  par  le  môme 
processus  hâlin,  je  le  comprends  encore  moins.  La  science 
n'est  pas  aussi  compliquée.  Ce  qui  me  met  la  puce  à  l'oreille, 
c'est  que  déjà  dans  la  lurah  il  y  a  al-la-dî,  c'est  à  dire 
le  génitif  de  dû,  vhv.,  lequel  existait  dans  le  dialecte  des 
Tâyyites  comme  relatif  et  que  nous  rencontrons  dans  l'in- 
scription d'en-Nemârah,  415  et  ss.,  tandis  que  les  Hébreux 
avaient  zu  et  zê,  les  Ethiopiens  zâ  et  les  Araméens  dî<dë 
en  syriaque.  Le  Code  Hammurapi  porte  su  à  côté  de  sa, 
selon   Brockelmann   o.  1.  I  p.  326.   Or,  il  me  semble  que  dî 

dans  ^^S^i  représente  une  époque  plutôt  moderne.  Il  s'est 
propagé  jusqu'au  temps  présent  dans  le  sudarabique  dî,  di 
et  l'araméen   dî,  et  dans  la  périphrase  du  génitif  possessif, 

V.  sub  oi=>  et  ^3. 

=  qK  ou  plutôt  vulg.  ^1,  avec  ou  sans  les  suffixes,  1296, 
1270;  =  cl.  o].  Construction  courante  dans  tous  les  dialectes. 
Le  pronom  relatif  n'est  pas  ici  senti  comme  ^^'i,  mais  bien 
comme  un  vrai  pronom  relatif.  Par  les  exemples  que  je 
donne,  outre  ceux  de  la  page  1269,  on  voit  que  i^SS]  ne 
se  met  pas  seulement  après  xJU  uuJi.  Hamdùllah  illi 
ateyt  ^àlyi  biheyr,  grâce  à  Dieu  que  tu  sois  venu  chez 
moi  sain  et  sauf,  Haurân.  Il-hamdilla  ya  rabbi  illi 
râhat  ""anna  en-nagâse,  grâce  à  Dieu,  ô  Seigneur,  que 
la  souillure  s'en  soit  allée  de  moi  (=  m'ait  quitté),  Littmann 
NAVP  p.  26  N°  133;   la   traduction  p.  122  n'est  pas  tout 

à  fait  exacte.  A  Damas,  on  dit:  \cj\j^  L  ^]  ^-^JU,  il  est  bon 
que  cela  ne  soit  pas  arrivé,  lorsqu'on  ne  donne  pas  de  suite 

à  une  chose,  =:  ^U?^  iLcL^^  iu-^;  c'est  à  peu  près  notre 
tant  mieux,  i-î  me  fut  ici  expliqué  par  ^j.  Yâ  hsàra  illi- 


10(3 

1-ard  mus  mazTCi^'a,  quel  dommage  que  la  terre  ne  soit 
pas  ensemencée,  Bauer  Pal.  Arab.  p.  245.  El-hamdilla  illi 
sufnâk  bihêr,  grâce  à  Dieu  que  nous  t'ayons  vu  {nous  te 
voyons)  bien  portant,  Syrie  =  Bauer  o.  1.  p.  225,2.  Al-hamd 
1  il  la  h  halli  rigue't  bis -si  h  ha,  grâce  à  Dieu  que  tu 
sois    revenu   en    bonne   santé,    Harfouch    Drogman    p.    169. 

*j'^j*^  Ijy^  ^l!  -^^5  c'est  bien  que  nous  soyons  devenus  ses 
voisins,  Lieb.  v.  Amasia  p.  10,8=  Brockelmann  VGSS  II 
p.  605,  11,  qui  veut  que  Î!  soit  ici  =  L).  c>^"  il  Syp-  J^ 
\Jd'  J,Li  Q^,  Je   te  remercie  de  t'être  donné  tant  de  peine 

pour  moi.  ;,l>.ac  ^\  j^^Ji^,,  pardonnez-moi  si  je  vous  ai 
manqué.  c>.aj-  ^\  ks'^,  c'est  bien  que  tu  sois  venu.  Ces  trois 
exemples  sont  tirés  du  Traité  de  Moh.  Ayyad  et-Tantavy, 
Leipsic  1848  p.  73.  éiJ^  Jj  ^X!  sàa  ^;,>.^\xXj^  '^\,  je  m'étonne 
de   lui   qu'il  soit  allé  là-bas.   Uxi^l/  |^i;oR.4-w  le  ^li  «Uiô    U=>( 

(pr.  m  as-mi -^a s),  nous  l'avons  grondé  de  ce  qu'il  ne  nous 
a  pas  écoutés,  (pour  ne  pas  nous  avoir  écoutés).  Ces  deux 
phrases  entendues  au  Caire.  Lo  0:^*53  Le  ^i,)  xU  cs^,  grâce 
d  Dieu  que  tu  ne  nous  aies  pas  attrapés,  Bâsim  p.  15,  7  d'en  bas. 
El-hamdu  liiia  (ou  lillâh)  illi  gat  ''ala  salâma,  ail 
is  well  that  ends  ivell,  Spiro  p.  218;  cf.  ici  p.  105,  4  d'en  bas. 

I  SaM  IV,  II  p.  35,21:   ^^^î^  ^  (^aÀi!  xU  lX*.^!,  grâce  à 
Dieu   que  je  ne  sois  pas  mort,  et   ib.   p.  128,  22  :  xU  tX^ 

jJ^"^  J,y'j  jj  (^o>it,  grâce   à   Dieu    que   vous  ne  soyez  pas 

venus  chez  moi  pour  que  je  commette  l'adultère,  =  Brockel- 
mann 0.1.  II  p.  568,  12;  voir  la  note  de  Zetterstéen  ad  1. 
p.  33.  Brockelmann  envisage  cette  construction  avec  ^^Ài! 
autrement,  mais  je  ne  saurais  l'approuver,  et  la  phrase  citée 
n'est  pas  là  à  sa  place.  Voir  aussi  Brockelmann  II  p.  612  h, 


107 

mais  dans  la  phrase  y  citée  de  Jahn  SAE  III  p.  54,23: 
ana  faza^t  li  yiga"  si  ''askar  fil-hondûl,  ce  li  est 
une  prononciation  individuelle,  mehrite  et  maltaise  pour  "bJ 
après  les  ver.ha  metus  et  cautmiis,  567  s.,  Nôldeke,  Beitràge 
II  p.  19  et  20,  et  ne  saurait  servir  d'exemple.  Nous  voyons 
donc  que  le  relatif  >  conjonction  est  d'un  emploi  fréquent 
et  répandu  non  seulement  en  arabe,  mais  dans  d'autres 
langues  sémitiques. 

Dans  notre  dialecte,  on  dit  même  ^3  ÂÎ,  comme  83,  14  : 
es  seyt  fid-dinyâ  ille  di^  kulle  marrah  bèlqa 
hâgah  =  tripol.  elli  etc.,  qu'ai-je  fait  de  mal  dans  le 
monde  que  (=  puisque)  toutes  les  fois  je  trouve  quelque  chose 
de  mal?  Voir  Brockelmann  o.  1.  II  p.  612  Anm.  Ici  le  datînois 

aurait  pu  être  remplacé  par  ^^i  ou  ^l  ë^-^p-.  En  Algérie, 
élli  et  bélli,  que,  <  b  4-  élli,  Marçais  Gr.  Tl.  p.  191  et  id. 
Ulâd  Brâhîm  p.  199  et  p.  193. 

Sur  l'emploi  identique  des  relatifs  araméens  di,  de  et  du 
mehri  d,  comme  conjonctions,  voir  Brockelmann  o.  1.  II  §  407 
et  §  404  i.  Sur  les  relatifs  hébreux  "[2!^  et  "'^j  voir  Ges.- 
Buhl  sv.,  Kônig  Syntax  p.  560,  Brockelmann  o.  1.  II  §  406  e 
et  sur  le  relatif  assyr.  sa  ib.  II  §  408. 

o  o 

v«àJ]  >  ^ij),  se.  ^LvuJi,  damoiseau,  847  n.  ;  Brockelmann  VGSS 

I  p.  47. 

v»j^L«,  agneau  engraissé,  715;  cf.  ^b^'0'2'3,  agneau  appri- 
voisé, selon  Ges.-Buhl  sv. 

<  ^J  "î)),  mais  si  (pr.  èllan),  1648  d.  1.  —  Sur  ilôn,  con- 
jonction et  préposition  employée  dans  le  Nord,  on  lira  Snouck, 
Mekk.    Sprichw.    p.   93  s.;    il   propose   pour   la   préposition 

l'étymologie  qj!  ^i,  ce  qui  ne  me  paraît  pas  impossible. 


108 

xUî,  Dieu,  prononciation  403,  10;  1273,  13.  k%  ^  (--^-), 
657,  8  d'en  bas  et  n.  2.  Arabica  III  p.  81  d.  1.  :  .lÛ^-'î  JÎ  ô^ 
----,  où  il  récita  et  chanta  alla,  ib.  n.  5.  Avec  tafhîm, 
aliâh   ou   àHah,    1189;    sa   provenance,    1193.   Billâ  ou 

ballâ,  1228.  On  se  notera  K.  el-Arânî  XII  p.  6,  19:  TULi, 
fa^'allah  <  fallâhu  et  on  lira  Nôldeke  z.  Gramm.  p.  9; 
cf.  K.  el-Ar.  V  p.  16.  La  formule  A^"  -silf  n'a  pas  été  créée 
par   Mohammed.    As'^ad    Tubba"   avait   sur  sa  bague,  (*J"'->, 

gravé  ^.iIaJLjù'  ^.J^t  Naswàn  o.  1.  p.  100  en  bas,  qui  dit  que 

(^^Ui!  en    himyarite    signifie  aI^î,    c'est   donc  =  ^\ju  ^JJt, 

et  correspond  à  Ztv;   v^Pk^toç^  et    ^'î  aU!,  à  Zsvo-  [jJyiaroi;] 

vieille   terminologie  orientale.  —  'iS'^l  ou   'i^'Si\  est  dans  la 

tradition  islamique  la  déesse  solaire,  voir  sub  Kj^^i. 


il 


préposition,  7,15  et  passim,  ou  J,  7,6,13;  171  v.  10  et 
passim;  331;  566;  1211,8;  468  n.;  469;  566;  1041,  10  d'en 
bas;   voir  ^.  =  J   7,  11;  76,  11    et   passim;   RD  II  §  289. 

^^J,  799,  3.  -  >  lit  vhv.  -  Le  ^1  =  UJ,  468  n.  ;  471;  566 

et  U  ],!,  27,26;  28,  2,  ce  qui,  dans  le  Nord,  devient  L  LJ|, 

vhv.  -  ^-^5]  <  ^^f  ^1,   49,7;  474    n.  ;    1030;  1087.    Ne   pas 

confondre  avec  ^]  vhv.  —  ^l,  474  n. ;  818,2  =  Û. 


Vi 


pronom  relatif  illi,  11,4;  421  et  s.;  aussi  prononcé  àlli 
par  les  Bédouins  de  Syrie  et  dans  le  Negd  du  Nord,  422; 
1249;  7  d'en  bas;  1711,3  d'en  bas;  1712,2;  WZKM  XVIII 
p.  178,  où  Haffner  confond  le  relatif  illi  avec  la  préposition 


109 

il>ill,  mais  cette  dernière  forme  ill  n'est  employée  que 
par  les  Hadar  de  Syrie,  jamais  par  les  Bédouins,  ni  dans  le 
Negd,  Socin  Diw.  III  §  46.  Les  Bédouins  du  Nord  disent 
1  e  y  y  i ,  à  moi,  1  ê  k ,  d  toi,  1  ê  h  a ,  d  elle,  etc.  Wetzstein 
ZDMG  XXII  p.  183  n'est  pas  tout  à  fait  exact.  Haflfner 
dit  même  1.1.  que  illi   est  pour  ^l  t^SJ^,  ce  qui  est  erroné; 

cf.    SUb  ^_aS^'. 

*LJf 
•'  i' 

Cette  prononciation  n'existe  que  dans  les  dialectes  bédouins 

du   Nord   et   en   çlofârî,    RD   II   §  10e  et  n.  4,  §  28b  et  9, 

mais  en  çlofârî  seulement  comme  préposition.  Dans  le  Nord, 

LaJ!  représente   aussi   bien   "^j  <  "^  =  Î3!  que  ^Xî  préposition 

1367,2.-  LJI<^t<^,  sz,  lorsque,  351;  472;  474;  494,5; 

785,9,10;  1192  en  bas;  1193  et  n.  1;  1216,3  d'en  bas; 
1249,  6  d'en  bas  ;  1260,  1  d'en  bas  ;  1276,  6  et  n.  2  ;  1341,  7  ; 

]344,  4;  1367,  2;  1648,  3  d'en  bas.  Dans  le  vers  Lit  est  --  , 

785,9,  10  et  n.  2;  1093,6  et  n.  8  ;  1193,1;  1271,6  et  n.  2  ; 
1341,7;  1367,2;  dans  1094,3  ilya  fait  une  seule  syllabe, 
si  ce  n'est  mal  transmis,  au  lieu  de  "^  =  \ô\ ,  ce  qui  n'est 
pas  nécessaire.  D'autres  exemples  dans  ma  La  langue  des 
Bédouins  ""Anazeh,  passim.  Cette  forme  LJ!  existe  aussi  en 
tripolitain,  Stumme  MGT  p.  276,  mais  c'est  alors  la  pré- 
position ^\ ,  peut-être  aussi  J  ;  en  Algérie,  conjonction,  Marçais 

Ulâd  Brâhîm  p.  193  et  n.  4.  On  lira  Hadramoût  p.  523.  — 
L«  LJt<Lo  ^t,  59,24;  65,15;  472;  505,  9  d'en  bas;  904,  8. - 

jj^  LJI  =y> ^],  904,  9  =  «LJj  =  V  ^'  ou  v  '->'  vhvs.  -  ^^l, 
lorsque  je,  737  n.  4.  —  LJ5  <  ^H^  351  en  bas;  472,  14,  19,  20 
et  n.;  1216,3  d'en  bas;  1219,19;  1222;  1419,20,=  % 
vhv.  ;  cf.  ^^^^,  ^  io!  et  JjV  j^  J^LL  f^  "^t  ^^  LdJf^,  1222,  2; 


110 

cf.  ^U  Pour  plus  d'exemples,  voir  sub  "i  et  ma  La  langue  des 
Bédouins  '^Anazeh  Gl.  sv. 

Rhodokanakis,  en  citant  Dt  1367  et  n.  3,  dit  RD  II  p.  84 
n.  4  que  LJ!,  correspondant  aussi  bien  à  "i^  =  lit  qu'à  ^!, 
prouve  que  dans  la  conjonction  ^]  la  première  lettre  n'est 
pas  prosthétique,  Vorschlag,  mais  radicale  parce  que  sans 
cela  le  J  ne  serait  pas  „moui]lé".  Je  crois  que  mon  savant 

confrère  est  dans  son  tort.  La  préposition  J,  >  J,  reçoit  aussi 

un  e  prosthétique,  p.e.  essurli  <  elsuiii  <  (ji^,   691,8; 

elMuslit   <  laJUoJ,  1091,4  d'en  bas;  elhâlhom  <  ^'L^  < 

j*.^L5\!,  1152,  1  =  ennefsu  <  \>*il!  <  xwàJ,  354  n.  1,  etib. 

1.  l:inna<ilna  <LJou  UI.  Dans  le  Nord  J  fait  presque 

toujours  il,  820,3:  ^Ji  <  «J;   ib.  1.  5:   (*^î  <  ^\  le  hadarî 

du  Nord  dit  ici  ill,  806,  5  d'en  bas;  voir  ici  sub  J  et  ^Jî, 

La  conjonction  "bJ  fait  également  il:  hîn  il  >  ^^yp>  = 
L  ^^J^,  737  n.  4.  Cet  1  „se  mouille"  également  en  dofàrî,  > 
liya,  RD  II  pp.  114;  120;  121,  comme  dans  le  Nord  bilya  < 
'^  Hdr  Gl.  sv. 

En  mehri,  le  même  „mouillement"  a  lieu  dans  le  pluriel 
la  (le)  du  pronom  démonstratif,  qui  fait  aussi  lié,  lié,  lie, 
lîye,  en  passant  par  le  y,  lîy,  selon  Bittner  St.  mehri,  III  §  49, 
de  lyâ  <  là  ib.  IV  p.  56,  de  même  que  dans  le  pluriel 
liyakem.  Je  ne  vois  donc  pas  pourquoi  notre  ila  ne  pourrait 
aussi  provenir  de  là  avec  prothèse  et  ensuite  être  mouillé 
en  il  y  a.  Voir  pour  plus  de  détails  sub  ^5.  Je  veux  seulement 
dire  ici  que  ^  est  plus  répandu  dans  toute  l'Arabie  que  ila, 
surtout  dans  le  Sud. 

"iÇ,  >  %  on,  oder,  Nord  et  Sud,  comme  RD  II  §  29  b. 
Cela  même  lorsque  %  provient  de  "ij^  <  ( j)  "^  +  ol  +  -5' 


111 

473,12,14   et   n.  2,   voilà   que,  =  1J5  <  ^û  <  ^r>  <  ^3) 

dans  le  Nord,  où  l'on  dit  aussi  bal  y  a  <  ^,  sans.  Chez  RDI 
p.  35,  4  :  u  1  â  w  â  h  e  d  s  a  r  ma'  h  t  â  h  . .  . .  u  1  â  w  â  h  e  d 
raggâl  sâr  ma'  bintah  yisti'mrit,  c'est  la  >  ^l  =  îoî 
conditionnel  ;  ib.  H  §  29  b. 

Lot 

.  Jou  u,   1339   n.;  Hçlr  p.  771;  Boh.  II  p.  10  et  Tab.  I  pp. 
1718;  1719;  1754,  les  missives  du  Prophète. 

Lf  est  aussi  une  exclamation  d'étonnement.  vi:/JJ!  ^o^  U! 
Ulv-^,  mais  que  cette  fille  est  jolie]  Dt,  comme  en  'Oman 
RO  p.  20,5  d'en  bas  et  en  Egypte:  Qtv^j»  ^V  f^-fr^  ^U 
mais  c'est  donc  vraiment  une  impudence  de  barbiers  !  Bâsim 

p.  25,4.  'i^j^  (j;o  xU!^  ût,  par  Dieu!  voilà  ce  qui  est  drôle, 
ib.  p.  41,  11. 

? 

^  oûî,   161;  1724.  —  Sur  j.î,   mère,  voir  sub  _^t   et  sur 
les  noms  de  démons  composés  avec  j.! ,  Jacob  Sanfarâ  II  p.  30. 
j.Lal,  891,  11  et  n.  1  sur  l'origine  de  l'Imâm. 

352  n.;  412.  Je  crois  toujours  que  l'égyptien  ummâl  (ou 
ùm-mal)  n'est  pas  encore  expliqué,  Pr.  et  Dict.  p.  198. 
Cet  ûm  dans  ûmmâl  pourrait  bien  être  le  même  que  dans 
le  syrien  (ii)m  bal  a,  mais  oui,  Lieb.  v.  Amasia  p.  60,  11 
et  n.  8,  Weissbach  ZDMG  58  p.  939,26:  ëmbâlà,  et  le 
'omânais  m  bêle,  sans,  que  RO  p.  11,6  dit,  je  crois  à  tort, 
être  pour  ^b  ^,  cf.  aussi  l'égyptien  ummayya  <  mayya, 
eau,  Spiro  p.  586.  C'est  un  son  prosthétique  murmuré  et 
nasillard   que   Wetzstein   n'a   pas   bien  compris.  Une  oreille 


112 

inexercée  n'entendrait  ici  que  mal ,  et  moi-même,  très  souvent, 
je  n'ai  entendu  que  cela.   Je   veux  ici  citer  ce  que  dit  le 

savant  Nasr  el-Hurînî  dans  son  excellent  ioyajJI  ^Llùî,  Caire 
1306  p.  111  :  ^^  ^!^  ^^  ]Sj>  >iLi  ^^W  :  ^y  ^;  ^  iuIT  Lot 


^.4^"  ^j^  î^j*^'*-»  "^'*-^^  ,La^^  4y^>  ^^^^  d'autres  exemples; 

ensuite:  yjéJJ^J,^  J.  l^jJ^f  xjLs  ^^^'oL^n  ^j^  b,  ^^^^^5  J^  y  a  UjI^ 

Nous  voyons  donc  que  "^5  était  imàlé,  c'est  à  dire,  pro- 
noncé le  ou  la,  comme  il  est  encore  souvent  un  peu  par- 
tout, même  li,  vhs.  Cela  est  conservé  dans  l'égyptien 
(u)  mà-lèh  ou  malèh;  cette  transcription  n'est  pas  une  erreur 
de  ma  part,  Pr.  et  Dict.  p.  198,  comme  le  pense  A.  Fischer 

ZDMQ  59,  p.  656  n.  2.  Si  le  mot  égyptien  vient  de  ^û], 
il  a  conservé  son  sens,  car  il  veut  dire  donc,  oui  alors,  comme 
le   traduit  aussi   Moh.   et-Tantâwî,  Traité  p.  74.    Je  traduis 

aussi  jû)  par  donc,  certes,  selon  la  phrase.  Bâsim  p.  6,  6  : 
JLcl  *-jj  _yj!  Jlî,  qu'êtes-vous  donc!'  Ib.  p.  22,10:  »^^  «t^^j 
^"^  l  £  A.à  ^  (3L-«!  ,^ci.j!  Jï  ltI^-^  ^-♦-«-j'  j^îc,  e^  demain  veux-tu 
encore  faire  le  gendanne?  Oh,  mais  certainement;  il  7i'y  a 
pas  à  dire ....  ^OJ^  JÛ!  iJUj'î  JIjù"  -  «^J  -  ?  ^^'o  kJuJJ!  c>J! 

^yi,  es-^?^  ^26r<3  ce  soir?  -  Oz«'.'  -  Fîews  donc  chez  moi  un 
peu  ce  soir,  Caire. 

Torczyner,  Entstehung  p.  152  ')  dit  que  ummâl  vient  de 
immala,   où  la  première  partie  du  mot  serait  un  ancien 

')  Il  y  dit  aussi  que  vulgairement  i-*',  quant  à,  devient  Wj  mais 
cela  eàt  une  erreur. 


113 

adverbe  à  l'accusatif  a  m  >  i  m.  Cf.  Brockelraann  o.  1.  I 
p.  229,1]  d'en  bas  et  II  p.  654;  A.  Fischer  ZDMG  59 
p.  656  ss.;  LA  XX  p.  357.  Nôldeke  Zur  Clraramatik  p.  63 
rend  le  classique   i  m  mal  a  ou  i  m  mal  a  par  also,  donc,  ce 

qui  est  tout  à  fait  juste:  (jjiLi  "^L^^  J'a,   il  dit:  desce^id  donc! 

Tab.  II  p.  1401,  2;  ^JuLx-s  *:iU,  va  donc  de  l'avant,  ib.  II 
p.  353,  9  (citations  de  Nôldeke  ib.) 

.^),  hossu,  égyptien,  1167  n.  1  <  turc  ^y^^J)  vhv. 

Dans  le  verbe  yiî,  on  entend  toujours  une  prolongation  de 
l'alef  initial,  ce  qui  a  aussi  été  relevé  par  Socin  Diw.  III 
§  126.  On  pourrait  donc  supposer  que  y*!  est  la  vraie  forme, 
699,  et  que  le  participe  M,  363  n.;  699,  est  régulier  pour 

j^_^,  mais  il   faut  plutôt  y   voir   une  forme  analogique  à 

jci>'-c,  J^'Lo,  ^^Lfl  et  ^U  RO  §  386  etc.,  vhv.    Le   participe 

passé  est  partout  .y«U .  Âmar  est  du  reste  la  prononciation 
de  presque  tous  les  dialectes,  tels  que  ''Anazeh,  Mésopotamie, 
Meissner  NAGJ  p.  XLV  §72,  Tunisie  et  Tripolitaine.  L'im- 
parfait en  est  yô'mor,  comme  en  'Oman  RO  §  2,  avec 
conservation  du  hamza,  qu'on  appelle  à  présent  „détente 
vocalique,  Vokalabsatz".  Cette  conservation  n'est  pas  limitée 
à  l'Egypte  et  à  'Oman,  RO  §314,  Brockelmann  o.  1.  I  §37c. 
Il  y  a  bien  aussi  des  personnes  qui  prononcent  yômôr 
(yômur)  et  même  yfi'mir  en  allongeant  la  voyelle,  qui 
même  alors  peut  être  suivie  d'un  hamza  (yô'môr)  sous  la 
pression  de  l'accent.  Le  hamza  ne  disparaît  pas  toujours  dans 
l'intérieur  des  mots  où  il  est  radical.  Ainsi,  on  ne  dit  jamais 
sal,  demande,  impératif,  mais  îs^'àl,  oii  le  hamza  est  très 
distinct,  Brockelmann   o.  1.   §  38.    Takûn   en  te  h   suit  An 


114 

1  i  ^  ô  m  r  a  k  t  a  "  m  i  r  u  t  i  n  h  i ,.  tu  seras  sultan  toi-même  :  tu 
ordonneras  et  tu  prohiberas^  traduction  datînoise  de  Brode 
MSOS  V,  II  p.  14,4  d'en  bas:  tkûn  nte  1  melik  bnefsek 
tu'mir  utinhi,  où  la  traduction  de  Brode  est  incorrecte. 
La  raison  de  cette  forme  participale  est  facile  à  trouver. 
L'a  syllabique  initial  ou  tombe  dans  Jc>!  et  Js'  >  À=>  et  J^ 
vhv.,  ou  bien  il  est  allongé  en  â:  àhad,  âkal,  âmar, 
aman.  Instinctivement,  on  y  voit  alors  un  Joci,  et  qui  doit 

alors  avoir  le   participe   Jjtà^;  mais  ne  pouvant  adopter  ce 

'         '  '  ' 

paradigme  en  entier,  car  Jc>yo,  J^yi,  w«^  et  Q-ty»,  réveil- 
lerait une  autre  idée  transitive  que  celle  qu'on  a  en  vue,  on 
s'arrête  à  la   forme   hybride  LXi>'-o,  de  façon  que  l'a  est  en 

tout  cas  conservé  et  le  sens  reste  le  même. 

RO  §  182  donne  pour  émar,  le  participe  présent  âmor, 
mais  -j'ai  aussi  entendu  des  Omânais  prononcer  mâmir. 
Pour  J^î  >  kel  et  lX=>!  >  had,  RO  §  315  donne  pourtant  des 

participes  mâkil  et  mâhod  et  ib.  p.  189  n.  1  il  dit  que 
cet  m  est  probablement  sous  l'influence  du  part,  passé,  ce 
qui  n'est  pas  probable.  Voir  Marçais  Gr.  Tlem.  p.  71. 

-<î  =  ^y>5  510;  513.  L'exposé  de  Grimme,  v.  ici  p.  513  n., 
ne  doit  pas  être  dédaigné,  comme  l'a  fait  un  orientaliste 
connu.  Le  ^^3  et  le  yst  jouaient  un  grand  rôle  dans  la 
religion  du  Prophète;  cf.  Tab.  I  p.  1193, 13;  1247,  2;  1488, 1.- 
^?5i  =  ^^LLJLJî  107,18;  109,16;  158  n.  9;  112,1;  486,8 
d'en  bas;  548  d.  1.;  661,2  d'en  bas;  proprement  le  gouver- 
nement, V ordre,  comme  Prairies  d'or  V  p.  361,2,4. 
yo],  fém.  «^],  713  et  n.;  aussi  akk.  immeru,  ZDMG  70 
p.  345.  Zimmern  Akk.  FW  p.  50. 
s^jU!,  sig7ie,  12,  25,  >  b.Lo  430. 


115 


oc 

(j**-*!,  hier  dans  la  journée,  tandis  que  r'j^^  est  hier  soir. 
J-aJ]!  ^5  -.^LJ!  Jj^il]  J,  ^j*^î  disent  les  Datînois;  v.  ^j*.J^. 
Cf.  l/"~^^c^-o.  Voir  Torczyner  o.  1.  p.  17. 


^xl 


^1,  a,  e7re  e?i  sûreté,  fait  le  participe  mâmin  363  n.;  556; 

cf.  mâkil,  mâljid,  mâmir  etc.  vhvs.  Avec  "li  suivant 
567  et  s. 

ioLoî  >  KiLo,  mfina,  140,17;  1600;  v.  sub  !. 

*i]t  i^î,  836  n.  4.  Halîfat  'Omar  II,  éd.  de  Goeje  p.  25;  I 
Qot.  p.  359,  11:  ^oUî  Kxii  L  u>JÎ  Q^,  qui  es-tu,  servante  de 
Dieu? 

^^ 

désinence  an,  293  et  ss.  ;  1411  et  ss.  Beaucoup  de  noms  d'ani- 
maux finissent  en  an  1412. 1  Sîdah  VIIIp.  75 donne  wJUî  masc. 
et  'L>)^  fém.,  qui  est  aussi  iJLxi  et  Jljti;,  vhv.,  et  pour  le 
masc.  aussi  qL4*^'  et  ib.  XVI  p.  110:  ^SX\  ^}>£.  «jb  L^*i!!^ 

y'Ài)  ^  ^.  v/*^'3  ^^'3  e5^i%î  ô^  ur  ^Liii  y^ï  /j^J]  ^î 

^LLti  ^1x1^3  ^[^1  f^lî  \^S.A  ^\  ^yCj  ^  Le  Ijjy  !3'o  ^^lî^. 
Cf.  Torczyner  0. 1.  p.  230  et  p.  244.  Ce  suffixe  existe  aussi 
chez  les  Bédouins  du  Nord  dans  les  noms  de  chien,  Hess 
Bemerk.  zu  Dougthy's  Travels  p.  4  donne  une  liste  de  23 
noms  de  chien  dans  le  Nord,  011  ^,^L«  est  pour  le  mâle  et 
'sSjti,  pour  la  femelle,  ce  qui  quadre  avec  l'assertion  d'Ibn 
Sîdah.   Noldeke,   Beitràge  I  p.  78   n.  6   parle  aussi  de  ces 


116 

noms  d'animaux  en-ân  (on),  sans  nous  éclairer  sur  la  nature 
de  cette  désinence.  Il  dit  seulement  qu'elle  désigne  le  mâle, 
ce  qui  est  corroboré  par  ï  Sîdah  ut  supra.  Rhodokanakis, 
Dofâr  II  p.  210  et  p.  211  et  id.  Zur  Formenlehre  des  Mehri 
p.  19,  y  voit  un  diminutif,  comme  Brockelraann  VGSS  I§217. 
Je  ne  le  crois  pas,  1412.  Torczyner,  Entstehung  p.  227  etss. 
y  trouve  un  reste  d'un  accusatif  adverbial,  ce  qui  me  per- 
suade encore  moins.  Si  an  était  un  diminutif,  on  ne  s'explique 
pas  trop  pourquoi  il  s'appliquerait  seulement  au  mâle,  qui 
est  toujours  le  plus  fort,  le  plus  grand.  Ce  ne  peut  non  plus 
être  un  pluriel,  Rhodokanakis  o.  1.  p.  19. 

an   est  aussi  la  désinence  de  beaucoup  de  plantes,  1412: 

..î  pp>  et  j*i^,  balisier,  osier;  ^^b>\J^,^,  papaver  {?);  j^Lo^L- 
et   f±^;  jJ'/  =  ^/,  LA  XV  p.  421;   ^L^,  dans  W. 

"^Alasân,  dans  le  Hogarîeh;  ^^j^  et  (T)^,  Yémen. 

an,  désinence  diminutive,  v.  J^!  et  ^^^^^ 

an,  désinence  des  adjectifs,  1414  n.  1.  Barth,  Nominal- 
bildung  p.  322  et  ss.,  traite  des  noms  à  suffixes  â  n ,  mais 
il  n'en  élucide  pas  la  nature,  ni  ne  parle  de  toute  cette 
catégorie  de  mots  ici  mentionnés.  Torczyner  o.  1.  considère 
toutes  ces  formes  en-ân  comme  étant  originairement  des 
accusatifs  adverbiaux. 


o' 


SjIj:!  ^.y,   26,20;  31,8;  798. 


c! 


affirmatif  au  commencement  d'une  phrase,  31,10;  32,19; 
42,  19,21  et  passim;  85,  25;  86,  l;  141,  2;  351  ;  352;  481,  10; 
486;  490,9;  495;  1302;  1598  n.  ;  ma  LA  p.  57.  Souvent 
aussi  chez  RD  p.  2,16,25;  121,5;  Sanfarâ,  éd.  Jacob  I 
p.  21.  Le  plus  souvent,  il  faut  rendre  la  prononciation  par 
inn,    479,   et   c'e-t   ainsi   que  j'écrivais   toujours  dans  mes 


117 

Pr.  et  Dict.,  de  même  que  RO  §  227.  Der  Islam  VII  p.  113. 

^^*,   8,  11;  351  passim  et  s.  Dans  les  parlers  bédouins  du 

Nord,  on  trouve   ^^3  tout  court,  p.  e.   ^^^  -LL  ,^^^'>i  »^fo 

0IJ!  ,3  j^îj  l-^j^,  Je  lui  ai  flanque  un  bon  coup,  et  le  malandrin 

tomba  du  dos  de  la  jument,  et  le  voilà  par  terre,  récit 
de   Haurân,    voir   sub  S±^.    Dans    la   littérature   classique, 

nous  trouvons  ^^^i  =  *jtj,  p.  e.:  ^^!  Jiï  A*^\  J-^  i^ij  *-^-5'  ^y^ 

Uls'!^^  oi  j^r''^  '  ^^^*^  ^^^^^  maudisse  la  chamelle  qui  m'a  porté 

pour  venir  chez  toi!  Ah  oui!  et  celui  qui  Va  montée!  K.  Ar.  I 

p.  9, 15,  et  plus  loin  1.  8  d'en  bas:  ^_cJt♦J  U^^  ^l  ^«AjjJî  Jiï 
(«jtj.  Suivent  deux  autres  exemples  classiques.  Déjà  en  babyl.- 
assyr.,  a  n  n  a  est  oui  :  pi-i-su  an-na  lib-ba-su  ul-la  = 

^  \J  (j*xj)  ^^j  s^î,  sa  bouche  dit  oui,  son  coeur,  non,  Torc- 
zyner,  Entstehung  p.  17,  oià  d'autres  exemples,  ib.  pp.  21  ;  202. 

^l  est  souvent  aussi  afflrmatifdansrapodosis,  comme  aussi  J. 

jijLc  L  jj^\  ^^  j^l  jJu  L\x;ciA!!  ^,  si  la  poésie  enrichissait, 

les  Ba  ^Atwah  seraient  bien  riches,  eux.  Hdr. 

ii-wjudli,  8,  11,  14,  16,  23,  24  et  passim  dans  ce  texte.  ^\*, 

(ji^l  (jsc   ,b  Lo   .b  j^ii   '^r^^^Jj  ^^^'"5  c^^^^-s;  placer  les  tentes 

tout  autour  du  bétail,  19,  12. 

explicatif  1012,10  -   ^JS  1309,9   -  L^y,  ^uy   490. 

Conjonction  conditionnelle,  si  ^=  ^  '■j,  vhv.  ^1  est  le  plus 
souvent  suivi  de  ^^1^.  Cependant  ^!  seul  est  peu  employé 
en  datînois,  et  ^1^=  vhv.  seul,  sans  conjonction,  a  la 
même  force  que  ^^é  ^i  Qt  ^^  'i,  de  môme  qu'en  ^omânais 
RO  p.  288,   et  dans  le  dialecte  de  Waddây  Carbou  p.  101. 


lis 

■^  ^li  q!  se  dit  également  où  "^  accentue  davantage  la  con- 
dition, comme  dans  cet  hémistiche,  faisant  suite  à  la  poésie 
Dt.  p.  348: 

iLoiLo    ^_5l\À£    Jj'    l\:>    "bJ    ...1^    ...I 

Si  quelqu'un  me  dit  que  fai  une  obligation  envers  quelqu'un 

où  *:^  =  ^^î  conditionnel;   on   pourrait  dire   tout  aussi  bien 

3i   A==.   ^   ^!  ou  Jo   l\>   "^. 

^  ^-J-^i  si  ce  n'est  que,  seuleme^it^  658  et  ss.;   14,3;  56, 

21;  69,  16;  111, 1;  131,  7;  143, 12.  La  négation  est  souvent 

supprimée,   1571,5;  1590,  v.   U;  aussi   dans  le  dialecte  de 

Dofâr. 

^^  (jl,  n'importe  quel  ou  qtioi,  400  n.  ;  736  =  ^li  L  ou  ^^ 

tout  seul,  vhv.  ^^  L  uVJb-  ^.o"b5!,  el-adlm  est  îi'importe  quelle 

peau  L  A  XIV  p.  275  en  haut.  Même  emploi  dans  les 
dialectes  bédouins;  voir  plus  loin  ^^  ^^  ou/. 

J^'  ci^  L?*^  >-,oLiCJl  ^  oLp,  donne-moi  les  livres  qui  sont  sur 
la  table.  wUS'  (^  ^jiiî,  g^e/s  livres?  Rép.  ^^1^  ^]  ou  ,^^1^  Ls, 
n'importe  quels  Dt . 

O^  oi  ^-^^  726.  Torczyner,  o.  1.  p.  7,  dit  ..que  dans  les 
dialectes  arabes  le  tanwîn  et  la  flexion  des  cas  ne  se  sont 
conservés  que  dans  la  forme  de  l'accusatif  et  avec  le  sens 
d'un  adverbe"  et  il  est  enclin  à  considérer  ces  formes  en  partie 
comme  un  emprunt  à.  la  langue  écrite.  Mais  la  langue  écrite 
a  aussi  été  parlée  telle  quelle,  cela  ne  souffre  plus  de  doute 
d'après  les  travaux  de  Nôldeke  et  de  moi-même,  et  puis  il 
n'est  pas  tout  à  fait  vrai  que  le  tanwîn  n'existe  que  dans 
la  forme  accusative  et  dont  en,  in  ne  serait  qu'une  variation 
vocalique.  Torczyner  o.  1.  p.  7  n.  2  met  en  doute  la  phrase 
citée  par  A.  Fischer  ZDMG  LIX  p.  811  d'après  Lôhr,  Dial. 
V.  Jérusalem  §  15:  min  ayya  siklin  kân,  et  il  dit  „que, 
bien  entendu,  cette  forme  n'est  point  usitée  en  vrai  vulgaire". 


119 


Il  se  trompe.  J'ai  déjà  parlé  de  cette  tournure,  il  y  a  plus 
de  trente  ans,  dans  mes  Pr.  et  Dict.  p.  175  n.  Pour  Torczyner 
c'est  bien  la  nounation,  mais  à  l'accusatif. 


.of 


,j]  après  les  participes  et  d'autres  mots;  il  est  suivi  du 
pronom  suffixe,  720  et  ss.;  cf.  Pi,0  p.  17,  14  et  ss.  J'ai 
entendu  au  Soudan  égyptien  kêfinnak,  y  a  zôl,  comment 
vas-tu,  mon  homme?  Kefennu,  Rabah  p.  29,  10.  Qef  yôm 
innha  taqbel,  arrête-toi  le  jour  qu'elle  arrivera  ou  lors- 
qu'elle, Musil  AP  III  p.  248,  1;  cf.  ici  737.  Cela  prouve  bien 
que  inn  dans  ces  cas  n'est  pas  la  nounation.  Ce  processus 
existe  peut-être  aussi  en  mehri,  p.  e.  lâzëmentèy  =  lâzi- 
minni,  Dt.  et  Hdr.  Jahn  GMS  p.  85.  Ma  Festgabe  Gl.  sv. 

^^].  Mon  long  article  720  et  ss.  sur  ce  phonème  était  depuis 
longtemps  écrit  et  imprimé,  l'hiver  1906/7,  lorsque  mon 
ami  J.  Barth  m'envoya  son  ouvrage  remarquable  Sprach- 
wissenschaftliche  Untersuchungen  I.  C'est  la  raison  pour 
laquelle  je  ne  le  cite  pas.  Je  suis  enchanté  de  me  trouver 
en  complet  accord  avec  ce  savant  si  regretté.  Indépendam- 
ment l'un  de  l'autre,  nous  sommes  arrivés  au  même  résultat. 
Brockelmann  o.  1.  I  p.  639  n'accepte  pas  un  phonème  in(en) 
deiktique,  mais  il  persiste  à  voir  ici  la  nounation.  Torc- 
zyner 0.1.  p.  157  et  passim  veut  prouver  que  c'est  originai- 
rement l'accusatif  adverbial  dont  la  désinence  s'est  détachée 
du  mot  et  a  formé  une  particule  à  part,  c'est  à  dire  la 
nounation  accusative  ou  la  mimation,  ce  qui  revient  au  même. 

Voir  un  exemple  sub  ^^^ . 


pronom  personnel  1391  et  n.  1  et  4.  —  Dans  le  vers,  c'est 

tantôt: ,  256,1  et  n.  1;  1378,4  d'en  bas;  1391;  Lit^ 

565,2   d'en   bas,   670,10;    1276,15;    1391  et  n.   1;  1400,2 


120 

d'en  bas;  cf.  Sachau  AVLM  p.  41;  tantôt:  --  1391;  Ljfj 
519,19;  538,6;  660,3;  661,2  d'en  bas;  718,5;  1361,3; 
1371,  4  ;  1391  et  n.  1  ;  1400,  1  d'en  bas.  -  iJ^  --  718,  6. 

^^!  masc.  806,6   d'en  bas,  cf.  Sachau  AVLM  p.  41;  fém, 

1207  n.;  ma  Festgabe  Gloss.  s.v. 
Les  Bédouins  d'el-Hogarîeh   disent   ani  pour  le  masc.  et 

ana  pour  le  fém.  Ils  disent  aussi  ala<ana  et  Jsjtlj  =  Jotiî, 

comme  en  Afrique:  ani  nistahi  minnak,  j'ai  honte 
devant  toi,  v.  Dt.  vol.  III  p.  XII.  Brockelmann  VGSS  1  §  104; 
cf.  Brockelmann  o.  1.  II  p.  704  ad  p.  320.  Il  est  intéressant 
de  relever  que  dans  le  dialecte  de  Hdr.  lil  et  ^^  (U^)  sont 
aussi  employés  comme  objet  à  l'accusatif  après  un  verbe 
transitif;  voir  ici  p.  60,  6,  9.  Brockelm.  o.  1.  II  p.  704. 

oui 

i^\,  toi,  masc.  106  n.  9;  150,3;  168  v.  8;  169  et  n.  402,1; 

461,4  d'en  bas;  515,8  d'en  bas;  547,10;  556,9;  1391  et 
n.  2  et  passim.  -    bol  169  n.  6;  1391  et  n.  2. 

vi>ji,  106  n.  9,  voir  ma  Festgabe  Gl.  s.v.  —  ^\  fém.,  555,  8 

d'en  bas;  745,8;  1391.  ^^^<^^i!L,  1470,5  d'en  bas. 

^^■A^.  ;«r^'  o^^J^  ^JLÂJ ,  si  tu  veux  que  le  taureau  laboure, 
461,  4  d'en  bas.  Même  contraction  Diw.  Hodeyl.  Wellhausen 
N"  279  V.  1  (Tawîl): 


^     O-û     _c 


Demandes  tu  concer7iant  la  gent  yémanite  '),  ou  bien  es-tu 
un  homme  ayant  réimi  les  cla?is  -).... 


')  En  allemand,  mieux:  fnigst  du  nach  =  te  soucies-tu  de. 

û    _- 

2)  Sur    (.y^,  voir  1152  et  n.  2  et  3. 


121 

et  ib.  N°  250  v.  34  :  ^.^jp-l*^  ^c*-^  oLc  îiA-c  <^;^j!  Ji» ,  est-ce 

que  demain  matin  tu  seras  avec  moi  et  seras-tu  mon  ami? 
On  trouvera  dans  ce  diwan  beaucoup  de  ces  jf^\  h^f^-> 
licences  poétiques,  qui,  à  mes  yeux,  ne  représentent  que  les 
mêmes  que  nous  rencontrons  à  tout  bout  de  champ  dans  les 
poésies  populaires  et  qu'on  pourra  constater  à  chaque  page  dans 
mes  ouvrages,  y  compris  ma  Langue  des  Bédouins  'Anazeh. 
_^iî,  pluriel,  536,3;  716,8. 


U» 


jî,  gémir,  >  3',  1760;  cf.  c>J!>  i,  g^j^  ^,  ^c,  vhvs.;  et  »î 


o' 


ancre,  voir  sub  ^^^^j;  KO  p.  182,8. 

Verbena  officinalis,  chien-dent,  ma  L  A   p.  42  en  bas  et  in 

sub  (j^^o. 

^!,  gémir,  Schaade  Uhud  p.  45;  cf.  ^!,  i.i>^j!,  g,j  et  ^c  vhvs. 

y^àUcwt,  le  plus  souvent   avec  la  négation:  u^Lcav!  lo,je  ne 

risque  pas,  je  7i'ose  pas,  ich  traue  mir  nicht  zu  RD  p.  43,  30; 
Jahn  SAE  III  p.  17,  17;  23,3,  oià  ana  ma  astânis  est 
incorrectement  traduit  par  ich  kann  keinen  Verkehr  (mit 
dir)  haben,  déjà  corrigé  dans  ma  MJM  p.  9;  SAE  VII 
p.  136  en  haut;  Snouck  ZA  26  p.  231,14  et  19:  wa  la 
had  yistânis,  correctement  traduit  par  et  personne  n'osa. 

•  iijUol,  femme  en  général,  11,  7;  347;  Brockelmann  o.  1.  I 
p.  417;   I   Hanbal   Musnad  I  p.  360,9;   Lammens  Berceau 

p.  126  n.  2.  —  iU.j  avec  le  pluriel  ^.^L*^,  104,8;  481,  1; 


122 

1459  et  s.  —  qLw^j  <  qL^^j!,  dim.  péjor.,  1460.—  ^jJj  =  ^oiy, 
1240  et  n. 

wSJ! ,  7162,  prononcé  ouî^  ou  .^j] ,  voir  sub  j*kî> . 

a 

g; 

restrictif  665. 

(_^î,   i,  voir  les  dict.,  1132,3  d'en  bas  et  note  3,  =  ^^j-^=> , 
Schaade  Uhud  p.  49. 

iLi],  vase,  899;  1132.  -  ^Jl ,  temps,  pi.  ^liT,    1132;  cf.  enu, 
temps,  en  babyl.  et  ^yj  vhv. 

Oi'i!?  >  anî'  413,7  d'en  bas.  ' 

si 

al  dans  l'exclamation  »!  -  [5 ,  400.  RI)  Il  p.  106. 

iU?'!,  préparatifs,  provisions,  7Sb  n.  5. 

v_jLj)],  peaw  az/ec  50?ï  po27   1112;   encore  en   ''Oman  v^-T^> 

Fell,  RO  §  38,  §  47   (yheiyub  dim.);  §  124  et  p.  301,  1  : 
pi.  yohbân,  yuhbân. 

JJ'Lc^' ,  mériter,  698,  2. 

:iPt  >  ^Lsi  >  jii ,  783.  ^  U,  783  n.    -  ji>l  entre  dans  un 
grand  nombre  de  locutions.  ^->L;-Jt  ,}J>^ ,  155,16;  j^^^^  J.^î, 


123 

167,6;    ^J^  J^î,  156,11;  J^  J^l,  1721,11;   ^V\J!  J^S, 

1719,4  d'en  bas;  KJLjJ!  J^t,  1606,13;  K^3^!  J^S,  147,3; 
1448  n.  2;  ^^joLiLci.Jt  J^S,  ma  LA  p.  71,5  d'en  bas;  JJ^Î 
idLklî,  1611,  8;^^Ui!  J^î,  122,  10;  133,  16;  1690,  6;  v^t  J^î, 

43,  7  ;  ^jLJ.\  ^] ,  1731  d.  1.  ;  oL^t  J^t ,  1576  d.  1.  -  J.^f  est 
dans  le  Sud  souvent  prononcé  h  al,  passim  dans  mes  textes, 
et  en  'Oman  RO  §  6,  comme  cela  paraît  aussi  avoir  été 
la  forme  dans  le  thamoudite,  Littmann  Zur  Entzifferung 
pp.  22  et  30. 
^\J>1  >  JLp  ,  graisse,  604,  7  d'en  bas  :  h  â  1. 

oc 

3I ,  ou,  prononcé  ô ,  9,  22. 

JS,  314,  9  où  il  faut  lire  S^\ ,  paraplirasé  par  Ja^ai  >  (ji^t, 
mirage  du  désert. 

J^jî  J5!,  Vim  après  Vautre,  87,5,6  =  ^^'^]  J;"^!  ^j^,87,  4.  J^t 
prononcé  ôwal  85,8;  87,5  et  passim. 

!Lj] ,  provisions  de  la  maison,  îjogarîeh.  Sa  place  n'est  pas 
ici,  ce  me  semble.  Est-ce  pour  kJê  <  iLic]  ? 

^>' 

(j:^!,  i,  se  rendre  à,  rentrer,  s'en  aller;  faire  halte,  prendre 
quartier,  9,20;  127,7;  1549.  121,7  il  a  le  même  sens  que 
o'r ,  devenir,  finir  par  être,  comme  „%>.Aat  et  ,-M^t .  Participe 
i^^^,  140,  16.  UlP)  l\;x:  Lo^i,  nous  sommes  rentrés  dans  nos 
familles,  92,  18.  Aussi   'Oman  RO  §  375.  Reinhardt  le  con- 


124 

sidère  comme  un  J^li,  mais  je  n'en  suis  point  persuadé. 
C'est  plutôt  une  analogie  avec  — xit  vhv.,  et  le  participe 
mâwi  doit  être  jugé  comme  À>^,  jiU  etc.  vhvs. 

^^^,  pronom,  suivi  des  suffixes,  ^^j,  lesquelles  d'elles  341,  2 

=  ^l,  <  ^^^î  =  ^\  <  Je].  Ey  billa!  35,21. 

^^  J,  400.  -  ^!  >  ^!,  399;  733;  734.  A  Fischer  a 
publié  dans  la  Z  D  M  G  59  p.  807  et  ss.  une  dissertation 
fort  intéressante  sur  j^},  dont  l'emploi  remonte  au  loin. 
Je  fais  seulement  observer  ici  que  es,  non  es,  est  la  forme 
la  plus  commune  partout;  Meissner  NAGI  p.  XVI  n.  Es 
n'est  employé  que  lorsqu'on  veut  appuyer  là-dessus:  es 
g  u  1 1  ?  tu  as  dit  quoi  ?  Q  u  1 1  es  ou  ê  h ,  tu  as  dit  quoi  ?.  Cf. 

(jiij  vhv.  Voir  aussi  Nôldeke,  Beitrâge  I  p.  6.  —  ^^'^  ^^l  Jii^}, 
736  et  n.  2,  oiî  d'autres  composés  avec  ,J^}. 

_^),   736.  V.  sub  ^t^  ^f;  cf.  Q. 

^j-,  (jii!  remplace  en  datînois  et  en  hadramite  le  (^!  interrogatif, 

m.  et  fém.  s.  et  pi.  —  ^y^  cr  <!^  l?^-^^^  iJ^'j  quelle  raison 

avez-vous  à  mon  égard'?  =  *>o  c>o.^«  u^'j  82,  n.  5.  Es 
tabâ^'min  kitâb,  quel  livre  veux-tu'?  "aulaqî.  Gâl  leha: 
es  min  samra,  il  lui  dit:  quel  poison?  =  mehri  hësen 
men  samm,  D.  H.  Mûller,  SAE  IV  p.  74  §  28.  Gâl  laha: 
es  min  dowâ,  il  lui  dit:  quel  médicament?  Jahn,  SAE  III 
p.  23,12  =  mehri  hâsen  min  diuwé;  ib.  p.  37,19:  gâl 
leh:  eys  min  sart,  il  lui  dit:  quelle  condition'?  =  mehri 
hâsen  men  sart.  Estùwet  ^alîya  qassa.  Qàl  luh: 
es  mia  qassa,  il  m'est  arrivé {=^ç\  ^cj^»^)  itne  histoire;  il 
lui  dit  :  quelle  histoire  f  =  soqot.  iném  dis  qassa,  SAE  IV 
p.  158.  Après  ^y,Jf^^,  il  faut  toujours  un  substantif,  un  adjectif 
ou  un  pronom  possessif.  Hât  li  el-kitâb.  Es  min  kitâb, 


125 

donne-moi  le  livre.  Quel  livre?  Es  min  belôwid  basùrna 
fim-safar,  quels  pays  avons-nous  vus  en  voyage?  Mais  ma 
m  i  n  etc.  que  de  pays  avons  fious  vus  etc.  !  Ces  phrases  sont 
du  dialect  datînois.  Le  hadrami  et  quelquefois  aussi  le  datînois 
emploient  ici  oLjÎ,  Hdr  p.  235,  mais  alors  souvent  sans  min. 

Même  constru-ction  dans  le  dialecte  de  Zanzibar  avec  mù, 
p.  e.  ^LoC!  ^  yi,  quel  livre?  Praetorius  ZDMG  34  p.  224. 

R  0  p.  32  offre  la  tournure  avec  m  h  û  et  h  ê  n ,  mais  ce 
n'est  pas  tout  à  fait  la  même  chose:  Hên  millùktub 
tibrâh,  quel  livre  veux-tu?;  hên  middrùsak  t'^àurak, 
quelle  dent  te  fait  mal?;  hên  min  h  in,  lequel  '(des  livres)? 
=  dat.  es  m  i  n  h  i  n  et  hdr.  e  y  y  â  t  m  i  n  h  i  n.  On  voit  que 
dans  ces  exemples  le  substantif  est  au  pluriel,  mais  en 
datînois  es  min  kitâb  tabâh  est  quel  livre  veux  tu?, 
comme  nous  venons  de  le  voir,  tandis  que  es  min  el-kutub 
t  e  b  â  h  serait  lequel  des  livres  veux-tu  ?  Je  suppose  que  R  0 
n'a  pas  été  très  exphcite  ici. 

Maintenant,  Jahn  SAE  III  p.  268  traduit  eys  min  par 
was  fiir  ein?  et  il  paraît  prendre  ce  min  pour  le  pronom 
interrogatif,  tandis  que  c'est  la  préposition.  Son  eys  min 
ne  peut  signifier  que  quoi  de?  et  non  7oas  f tir  ein?  Bittner  St. 
mehri  III  §  61  s'y  est  laissé  prendre  lorsqu'il  traduit  le  mehri 
hêsen  men  (hâsen  min)  par  was  fiir  ein?,  car  il  faut 
aussi  bien  dans  le  mehri  que  dans  nos  dialectes  arabes  un 
mot  suivant  pour  expliquer  le  positif.  Voir  plus  loin. 

L'adjectif  interrogatif  tlemcien  As  men,  quel,  quelle.,  quels, 
quelles,  s'emploie  de  la  même  façon:  âsmen  râgel,  as  men 
mrâ,  âémen  nâs,  quel  homme,  quelle  femme,  quelles  gens, 
Marçais  Gr.  Tl.  p.   175. 

Ainsi  qu'on  a  déjà  vu  dans  les  exemples  cités  plus  haut, 

•  le    mehri    se    sert    de   la   même   construction   avec  hêsen 

min,    hâsen    min   (men)   oiï   sen   a   conservé   la   vieille 

nounation.   Bittner  St.  Mehri   III  §  6L    On   peut  en   mehri 

dire    aussi    bien    hêsen    m  i  r  ô  d  e  k ,   quelle   maladie  as-tu  ? 


126 

quelle  est  ta  maladie^  =  dat.  es  raàradak,  que  hôsen 
m e n   m i r ê d e k  =  dat.  es  min  maradak,  la  diiférenee 

est  en  tout  cas  extrêmement  subtile,  v^-^  cr  (*^  i^'»  Q'^^^^^ 
raison  avez-vous?  que  je  donne  p.  124,  13  d'en  bas,  est  exacte- 
ment hâsen  men  sâbêb,  quelle  raison?  Bittner,  St.  mehri 
IV  p.  30,  5.  Sûk  hêsen  tardai- eh  doit  selon  Bittner  III 
p.  72,  être  traduit  par  was  hast  du  (da,  das)  du  tràgst?  et 
non  avec  Hein  par  was  tràgst  du  mit  dir?  =  dat.  es  di 
tihmaleh  ou  es  min  sî  etc.,  mais  cela  est  un  peu  tiré 
par  les  cheveux  et  notre  qu'est-ce  que  c'est  que  tu  portes 
rend  bien  la  phrase  mehrite.  Hâsen  men  warqât,  quel 
papier /  =  dt  es  min  gurtâs;  hâsen  sînis  min  agêb, 
qu'as-tu  vu  de  curieux?  ib.  p.  71  =  dt  es  basurti  min 
''agab. 

tjy.i,  nom  propre,  1783. 

^]  =  oLc,  revenir,  704;  708;  1281  n. 

'^\,  où?  735;  1434;  =  ^xi  et  ^^ ,  42,  17;  Hdr  Gl.  sv.  = 
^\  ^,  D.  H.  Mûller,  SAE  IV  p.  74,1:  fiên  =asà=  (ou 
""àsa)  fil-lêl,  où  est  le  souper  ce  soir?;  ib.  p.  139,28: 
fi  en  ashâb  el-marâkib,  où  sont  les  propriétaires  des 
bateaux?;  ib.  p.  141,6  d'en  bas:  fî  en  ahïïkam,  où  est 
votre  père?  On  dit  aussi  fiwôn:  el-rada  fiwên,  oit  est 
le  déjeuner?  SAE  IX  p.  8,17  (Hein);  ib.  VII  p.  10,19: 
fiwên,  où?  Les  Hadramites  disent  même  la  fiyên,  où, 
wohin?  et  min  fiyên,  d'où,  woher?  A.  Fischer,  ZDMG 
63  p.  603  n.  2.  Marçais  Gr.  Tl.  p.  181.' 
^^î,  interrogatif  avec  les  pronoms  suffixes,  734. 

Les  Bédouins  d'el-Hogarîeh  prononcent  distinctement  èyna: 


127 

èyna  val  las  t  em-leyla,  où  as-tu  été  ce  soir,  oit  as-tu 
passé  la  soirée  ?  voir  sub  oyi . 

^^1^  ^^t  ^Lî  =  ^^l^  ^  er',  Syrie,  Pr.  et  Dict.  p.  173  et  ss.; 
734/5;  ma  Festgabe  Gl.  sv. 

Jjj,  oui,  et  les  autres  formes,  1178.  xU!^  ^ct,  I.  Qot.,  éd.  de 

Goeje  p.  265,5,  n'en  est  certainement  pas  l'origine,  1178; 
î  waîd:a,  Dt,  = 'Oman   hê   wallah,   Brode   MSOS   V,  ii 

p.  15,  9.  Jahn  S  AE  III  p.  189  écrit  à  tort  t^.î.  En  Datînah, 
on  dit  aussi  yâh,  74,22;  1178.  Hammam,  êh:  êh  mil- 
gahwa  ou  bil-galiwa,  oui,  je  veux  bien  du  café,  Ham- 
mâmî.  Carbou  pp.  23;  67;  69;  70;  178  donne  aye,  oui. 

particule,  avec  5  précédent,  avec.  >  uiyfi,  7, 18.  >  uyâ  8, 1; 
341  n.  1;  Hdr.  p.  14,  15.  wiyâhom  354,1;  uyirkab  hû' 
yâh  a  riggru  tizqar  bèh,  et  avec  elle  monte  un  homme 
auquel  die  se  tient,  818,  1  {o\x  il  faut  corriger  la  traduction 
819,4);  hom  uyâh,  eux  avec  lui,  818,16;  ana  uyak, 
moi  et  toi,  1081,9.  Aussi  en  'Oman  RO  §  204,  où  l'on  dit 
aussi  biyâ.  L'exemple  que  donne  Reinhardt  1.1.:  bû  gutlek 

iyâh,  ce  que  je  t'ai  dit,  est  autre  chose,  cf.  plus  loin  sur  Lt. 
C'est  peut-être  par  cette  abréviation  qu'on  expliquera  l'em- 
ploi de  b  suivi  d'un  nom.  instrum.,  11,  2;  41,  13;  424  et  s.; 
976;  1307,7,  voir  subjy>.  Brockelmann  0. 1.  II  §  7a  anm. 
b  l'explique  autrement,  voir  ici  sub  b. 

Cette  particule  Q^  n'est  pas  un  vulgarisme,  car  nous  la 
trouvons  déjà  dans  la  Lâmîyah  d'es-Sanfarâ,  éd.  Jacob,  vers 
32:  »lSi^  L^&.  Nôldeke  Zur  Gramm.  p.  42  donne  un  autre 
exemple  classique  d'Abû  Çuayb;  Jacob,  Sanfarâ  I  p.  22. 


128 

Qi  est  aussi  quelquefois  prononcé  ayya,  comme  iyyân 
et  ayyân,  variante  qorânique,  Beydâwî  II  p.  284,  4;  Recken- 
dorf  S  V  p.  395. 

Un  autre  Q  servant  à  relever  l'accusatif  d'un  pronom  ou 
après  un  verbe  régissant  deux  accusatifs,  est  fort  courant 
dans  les  dialectes,  de  même  que  dans  la  lurah.  Dans  notre 
dialecte,  il  se  dissimile  en  inyâ:  andeynàhom  inyâh, 
nous  le  leur  avons  donné,  27,6;  341.  Il  peut  aussi  se  tron- 
quer en  y  â  ;  p.  e.  :  t  a  b  h  à  t  lu  y  â  h  e  n ,  elle  le  lia  fit  cuire, 
616,5;  mitôl  ma  ^atèytani  yâh,  autant  que  tu  m'en 
as  doymé,  (Haurân),  795,  12.  Exemple  du  Nord,  dans  ma 
Festgabe  p.  46,  10  d'en  bas. 

L'adjectif  interrogatif  Û  =  ^cl,  avec  les  pronoms  suffixes, 
peut  aussi  devenir  inye,  341. 

oQ,  pronom  et  adjectif  interrogatif,  invariable  dans  les 
dialectes  de  Dt.  et  de  Hdr.,  Hdr.  p.  235,  mais  en  datînois 
0-.  lA!,  quel,  lequel,  vhv.,  est  ici  plus  courant.  Lu  m  ma 
âyyfit  bâlâd  bfl  yebitt  el-markab,  j?'«é?gî^'«  quel  pays 
le  bateau  ira-t-il?  Hdr.  \::jù}  se  dit  aussi  dans  le  dialecte  des 
'Anazeh,  ZDMG  XXII  p.  1251.  Mais  c'est  là  le  pluriel. 
La  forme  tronquée  et  invariable  est  également  pronom  et 
adjectif  interrogatif  dans  le  dialecte  de  Waddày,  Carbou 
p.  44  et  pp.  37,2;  43,9  d'en  bas;  86,3  d'en  bas;  xit  j.^., 
quel  jour?  ib.  p.  228,11  d'en  bas;  xJ'Lj  lo,  qui  vive!  ib. 
p.  245,  1.  On  voit  qu'on  y  affixe  les  pronoms  personnels. 

Cette  coïncidence  de  dialectes  aussi  éloignés  les  uns  des 
autres  est  une  des  nombreuses  preuves  de  la  provenance  des 
tribus  arabes  africaines. 

*)  éQl ,   exclamation  :   o^-^  U^j^^*,  ^^^1  >  '^'oilà  que  le  bétail 

s'est  enfui,  Dt.  RO  p.  20  oîi  yêk  <  éÛ ,  comme  lêk  ou  lek 
de  liUiî,  en  Syrie. 


129 


b  permute  avec  m,  641;  1153;  madd  et  badd,  1050,15; 

wA-^vJ'  et  j*^  LA  shv.;  sur  cette  permutation,  voir  I  Sîdah 

XIII  p.  284  s. 

b  initial  répété  après   la   seconde  radicale  du   verbe:   o^ 

et  vjby,  1380  et  n.  6. 

b  après  la  seconde  radicale  du  verbe  Oj>  et  ^f>  1380  n.  6. 

préposition,  1293,  =  J.,  125,8;   1293;  prononcé   ba  d'ans  le  • 
Negd  du  Nord,  812, 12,  14,  19,  21.  —   Avec  voyelle  prosthé- 
tique,   eb  (bref),    1090,7   et  n.  2;  1093,4,  et  passim  dans 
ma  La  langue  des  Bédouins  ^Anazeh.    —   Allongé  en   bî, 
84,9;  1093  n.  2  1.  3. 

otj^î  ib ,  dans  ^-Ic,  607,  2  d'en  bas  ;  1374,  10  =  v  •  •  ^, 

472,  6  d'en  bas. 

«L>Làiî  ^L>,  474,11,13;  812,12;  1375,  8.  Voir  ^î,  ^]  et  ^^t.  _ 
Locutions  avec  ^:  é^  (jù-!,  qu'astu!'  84,  15;  875,  4  d'en  bas; 
1293.  -  ù,  il  y  a  on  y  a-til9  1217  n.  3;  1293  et  s.;  Carbon 
p.  40,41;  M.  Chaîne  Gr.  éthiop.  p.  190.  ^4-^^,  1293  et  s. 
dUx  J^^L-ixJt  ^^1^  ^\  ^  %  >   et  je  n'ai  rien  {mir  fehlt  nichts), 

si  ce  n'est  le  désir  de  te  voir,  1571,5.  ^^^  xj  Lx,  ail  right, 
ail  is  well,  Stace  p.  193;  partout  courant  dans  le  Sud.  Cf. 
W.  H.  Worrell  ZA  XXI  p.  134.  -  Le  suivi  de  ^  avec  les 

pronoms  suffixes,  ne  pouvoir.  ;Ii'  \S.s>  JJco  \j  Lo,  il  ne  peut 
porter  cette  table,  Dt,  comme  aussi  dans  le  Nord,  Wetzstein 
ZDMG  XXII  p.  89,5:  jiT  ^^  %  oUt  ouU  ^ô^  J'ai  la 
nourriture  eji  dégoût  et  je  ne  puis  manger;  ib.  p.  161.  En 


130 

Syrie,  on  dit  ici  J/i  j^  Lo.  Socin,  Diwan  III  p.  189,  paraît 

ne  pas  avoir  compris  cet  idiotisme,  où  il  voit  plutôt  le 
verbe  ^L 

L.  <  ^î,  292;  1409  s.;  voir  ^,  Arabica  V  Gl.  sv.  —  L  peut 
aussi  bien  représenter  ^^  et  Ll  que  _j-o  (jJ),  comme  le  dit 
justement  Rhodokanakis  WZKM  25  p.  84.  —  Dans  le  nom 
du  port  des  Wâhidi  de  ''Azzân,  Balhâf,  le  ba  est  =  ^^, 
du  norn  de  ''Amr  b.  el-Hâf  b.  Qodâ^ah.  Naswân  o.  1.  p.  9 
d.  1.  rapporte  une  poésie  oii  il  y  a  lXï  ^^  ^y  ^l=>  ^  ^^tjâ 
Lcjàj'  (tawîl),   oii  ■^'c=>  n'a  pas  l'article,  tandis  que  ib.  p.  9,  3 

d'en  bas;  10,  11;  30,10;  50,8  c'est  oL^.  Sur  ce  nom,  voir 
ma  Festgabe  p.  42  note. 


/^ 


;L.,  rater,  464  n.  2;  imparf.  jLk^_,  avec  le  hamzah  distincte- 
ment prononcé,  Dt. 


v;:.>•^l•s 


r 

03jLi,  i:)Oudre  à  fusil  ou  à  canon^  11,21;  436  ss.  ;  1429; 
Arabica  I  p.  63,  oia  se  trouve  déjà  l'étymologie.  On  prononce 
quelquefois  h^j^  à  cause  du  r,  RD  Gl.  sv.;  Bittner  St.  soqot. 
I  p.  33.  Dans  le  Nord,  c'est  05  L;  RO  p.  10,  oii,  selon  lui, 
L%.L.  serait  la  forme  primaire,  ce  qui  est  faux.  —  Cela  a  donné, 
dans  le  Nord,  îsOj.L,  fusil  et  tireur  de  fusil,  comme  nous 
disons  p.  e.  cent  fusils  pour  cent  hommes  portant  le  fusil  ; 
pi.  Oj^L,  438  et  n.  2,  Musil  0.  l  p.  406  v.  18,  et  o^ty',  438.  - 
j^co.î^j,   homme   armé   d'un   fusil,   tireur,   chasseur,  494,  6, 

Nord;  pi.  '^.^J^^,  31,  18;  Arabica  I  p.  63.  Hartmann  LLW 
p.  239. 


131 

y^,  pupille,  Tahdîb  p.  747;  voir  ^^c*-*-?• 

s- 

,__wvy,  329  n.  —  .(j^L.  et  u-^,  329  n.  —  xas  (j^-L  "^  ou  ^u  ne 

doit  pas  être  rendu  par  „es  ist  nicht  nôtig",  comme  le  fait 
Socin  Diw.  III  Gl.  sv.,  mais  c'est  plutôt  une  approbation 
ou  tout  au  moins  une  expression  d'indifférence  :  je  veux  bien, 
il  w'  a  pas  de  7nal. 

^^^,  \,  aller,  se  rendre  à,  ^\  ou  cUc,  76,3;  87,7  et  n.  ;  352  n.; 

1075,4.  Lumma  ayyât  bal  ad  bâ  yebitt  el-markab, 
jusqu'à  quel  pays  le  bateau  ira-t-il?  Hdr.  Delhîn  gâMd 
hina  u  ba^âd  fiyên  (ou  fîyên)  bâ"  tebitt,  à  présent 
tu  restes  ici  et  ensuite  où  veux-tu  aller?  Hdr.  Usbur 
ban  bit t  marra,  attends,  nous  irons  ensemble,  U.(Ïy.  Arahica 

Y  Gl.  sv.   Q^yj  ;^'  ^i-vP-  cr»)    'ils  vont   là  oii  il  y  a  de  la 

pluie,  Hdr.  —  Envoyer,  en  Hdr.  Lîh  ma  gibt  el-hâgah? 
Ma  tiqtu  laha,  bitte  luh  \is,m.mÈ,\,  pourquoi  n' as-tu  pas 
apporté  la  chose'?  Je  n'ai  pas  eu  la  force;  envoie-lui  un 
portefaix  Hdr.  Obs.  ici  tiqtu,  mais,  prié  de  répéter  la  phrase, 
il  disait  tiqet! 

C'est  le  même  verbe  que  le  mehri  butt  que  Jahn  SAE 
ni  p.  170  traduit  par  verloren  gehen;  il  dit  que  ce  verbe 
est  poétique,   parce  qu'il   se   trouve  dans  une  poésie,  ib.  p. 

136,3.  —  Couper,  dans  le  Nord,  1367,  1.  LA  sv:  ^L^^  ^Z^\. 

Sa  métathèse  ^  =  ^  LA  sv.  Comme  l'hébreu  nnn  et 
d'autres  développements  de  la  racine  en  arabe  et  les  autres 
langues  sémitiques.  =  ^-^  dans  l'Afrique   équatoriale.   Cf. 

^Xj,  li^,  J^,   -^  =  vji-i;,   (jaj  et  K^  vhv. 


132 

^.:>o,  pi.  o^,  est  chaque  fil  ou  toron  qui  entre  dans  la 
confection  d'une  corde,  =  ^yiui,  vhv.;  aussi  Nord,  Socin 
Diw.  Gl.  sv. 

-.      --  5     3 

Un  mot  classique  est  c>o  pi.   o^Jo,  vêtement  grossier.  I 

Sa^ad  I  p.  153,  Tab.  p.  1229.  Si  ce  mot  vient  de  c>o,  couper, 
bn  peut  le  comparer,  comme  sémantique,  à.  oJi>  vhv. 

Joo,   couper,    1448  et  1449  n.  I  Sîdah  XIV  p.  27,  11:  ^l^ 

njjcai  sjdb^  ^^,j-^i  —  Laboîirer  la  terre  avec  la  charrue,  1448 

n.  2;  Stace  p.  125.  Cf.  JS  et  £^^. 

jJj,  apporter  les  provisions  au  bétail,  1448  n.  2. 

iduj,  n.  act.,  labourage  1448  n.  2. 

bLbj,  g'rtô'es  (Zzi  laboureur,  ib. 

Jj_:^,  pi.  JLoi,  laboureur  à  la  journée,  1447,3  d'en  bas; 
1448  n.  ;  Stace  p.  11;  ma  Festgabe  Gl.  sv.  C'est  le  babyl. 
badûlu,  jeune  homme  (Delitzsch  Gr.  p.  147  écrit  batûlu). 
Nous  avons  un  autre  J^Jo  qui  n'est  pas  de  la  même  pro- 
venance; voyez  ce  qui  suit. 

Jjj,  envoyer,  1448  n.  =  Jjù,  428,4  d'en  bas;  1448  n.,  Arabica 
V  Gl.  sv.;  Snouck  OS  Festschrift  Nôldeke  I  p.  100,4  d'en 
bas,  id.  ZA  26  pp.  281,  235.  Si  ce  n'est  pas  un  éla'Vgisse- 
ment  de  '/""c^.j,  vhv.,  ce  peut  être  une  métathèse  du  sabéen 
o*ij,  envoyer,  ou  bien  aussi  vice  versa. 

^^ÛJÎ  est,  sur  toute  la  côte  du  Sud,  le  cachalot,  Physeter  po- 
lycyphus,  aussi  appelé  c>^:>^;  n.  unit.  ïJJi^^.  A  Jahn  le 


133 

traduit,  SAE  III  p.  269,  par  haleine,  comme  aussi  de  Goeje 
Gl.  Tab.  sv.,  ce  qui  n'est  pas  très  exact;  v,  ma  MJM  p.  21. 

C'est  de  ce  cétacé  que  vient  Y  ambre  gris,  Sj<s^,  Boli.  II  p.  129 
(y5\Jt  ^y,  „y<^i^j^_  Le  ujLi).  Du  temps  du  Prophète,  on  appelait 
même  l'animal  .^.xs^,  ib.  V  pp.  166,  167  (y^t  wàx>w  ^j£  ^l): 

»j.A  Uirii  ySj^]  L^  JULj  K^b  ^!  Ui  ^Jis;  ib.  VII  p.  90,  3 

:f,j^  \jJS\i  jAjJti!  aJ  iJLiLj  xlix  _j  ^'  LXxxi;  ib.  III  p.  137  (^Li 
j.L*yt  s  '^j^^d-  Vj^'  J^  o>>.  I  Sa'd  III,  I  p.  299  sur  le 
même  sujet:  -^v?^'  J^  ^-^y  ^^'^  '^^  J.j>L;*Jî  Jjji  ljÀ3î  *ji 
^jx.L*il  L^  JUj.  Tab.  I  p.  1605  d.  1.  dit  de  même;  'Lh  u^:>j^ 
yJi-LxJ^  L^  ^3^2J  j^'  cp-  ^-^  ^^-  l'apporte  la  même  chose: 

Sur  l'ambre  gris  sur  les  côtes  du  Yéman,  voir  el-Gazîrah 
p.  37,  21.  I  el-Mogàwir,  mon  ms.,  au  chapitre  yjjtl^  ^Lj  '^k:>, 
dit:  ÂNA/i^iî  jUij  Sj^^i'  3--Jj->  i^JiA^!  J-^Lilo  Lo^_j  oL^  J^!  ^-^=-3 

s^._5    H5r->-3  imU.>-I!    j,    5j:$\J'b5t    [juX-ii^    v_S.-a-jLLcJÎ    ..._50LijajJ!    i^«.5'j 

oLq>    ,..!    ^i,!  .OJjL>    ^iic    (Jsx:^    \jdc    „_àJLj    v_^jLài    o.Lsi  Jw:>LwJ! 

^j/<LJî    o-JLc  UJi    »^'    iiili    L^;^    joLc    iCaLi    *^^>    J.    jftiî   lA^3 

^,Ji.jju:o»)    |^_cji  Q,    iALJ!    ^y,   /^^V*-?*   O''    rî-*^'  i3*^'   ^■^ri5    ^^*^   dViiiAJ 


^'l^  ^  ^^  dU'oc  ;^-çiJî  ^lî  Jooj^.  Et  il  continue  ainsi  ')  Jo^j 


')  Les  feuilles  sont  déjà  einl)roiullëes  dans  l'original  de  ma  copio. 
Sur  ce  ms.,  voyez  ce  que  j'ai  dit  Arabica  IV  p.  ()7  n.  3.  J'ai  corrigé 
autant  que  j'ai  pu  les  nombreuses  galles  du  copiste. 


134 

\j    (jrJtilAvt    oL^JliîJ    J.^>L^Î    ^t    <(w\jLw!j    „  É^l    xj  _j»:2J     rS?^'    ^-r*^    (J>^ 

(?)  y*Jo  (^  (A.«js^  qJ^'  -^^  .  • .  •  i^^y '■^  o'^-^'  (i^  *-^  !t;;l>^  ^' 
.U-jo  (:;v'^  J^^i-^  àyi:oti!  y^w  J^.  I  el.  M.  parle  ici  tantôt 
de  Vambre  gris,  tantôt  de  Vambre  jamie  ;  cela  tient  à  l'idée 
des  Arabes  de  la  provenance  de  l'ambre  jaune.  On  les  con- 
fond très  souvent.  Pour  plus  de  détails,  voir  ici  sub  yJ.s. 
et  l'Encyclopédie  de  l'Islam  sv.  "Anbar,  où  littéi'ature.  Le  même 
cétacé  est  aussi  appelé  JL,  Qazwînî  I  p.  131,  Damîrî  I,  p.  141. 
Sur  ce  mot,  extrêmement  intéressant,  voir  ici  sub  J!^;  il  est 
devenu  international,  même  au  jour  d'aujourd'hui. 

L'auteur  marin  des  Merveilles  de  l'Inde,  éd.  v.  d.  Lith 
p.  14  et  s.  et  p.  101  et  s.  parle  aussi  de  ce  kjC.-^  qu'on  avait 
capturé  sur  une  plage  de  "Oman  en  l'année  300.  On  le 
nommait  JL,,  p.  15,1  ou  J6,  p.  101,9.  Il  y  a  beaucoup 
de  ces  gros  poissons  dans  la  mer  des  Indes,  d'après  cet 
auteur.  Amîn  el-Madanî,  que  j'avais  amené  au  Congrès  de 
Leyde,  en  lisant  cette  description  dans  les  Merveilles,  me  dit 
ceci:  ^^^^^  \Jks>  ^î  J-*^j>'i  y>^-  J.  jlïLjJLo  so^.>j.-<  ijC*^î  »ÀP 

^LxJî  \z>y=>  ^j:-^-^"  L^'-oj,  li.  Cette  poisson  existe  véritablement 
dmis  la  mer  de  Zanzibar  jusqu'à  présent  et  de  cette  gran- 
deur. Il  gicle  aussi  l'eau.  On  bat  des  timbales  et  des  objets 
de  cuivre  pour  V  effrayer.  Mais  de  notre  temps  on  l'appelle: 
le  poisson  d'e  1  ■  b  a  1 1  â  n. 

Il  l'avait  vu  lui-même  plusieurs  fois  pendant  ses  longs 
voyages  dans  ces  parages. 


135 


lA:^.,  tromper;  venir  furtivement^  iiherlisten,  365,  366;  aussi 
en  Mésopotamie,  M  S  OS  VI,  ii  p.  106  N°  28.  On  dirait  que 
c'est,   avec    l'hébr.   "i:i3,  un  dénominatif  de   oLs^   vhv.   1J3, 

couvrir,  envelopper^  offre  la  même  évolution  sémantique  que 
^ô  ^^T,  couvrir,  envelopper  et  ensuite,  tromper,  mentir, 
comme  aussi  ;j«.J,  déjà  avancé  par  l'auteur  du  Thésaurus  sv. 

On  se, rappellera  la  locution  v^iJ!  c>%:^'  (q^)  ^  ou  j*)C!!  c:^^", 
Hdr  Gl.  sv.  ^L,  ou  J^jU!  (c>s^)  ^,  ZDMG  40  p.  365,  où 
l'on  trouvera  les  détails  des  procédés  encore  usités  dans  tous 
les  pays  arabes.  Cette  manière  de  vendre,  que  j'ai  souvent 
vue  sur  les  marchés  de  l'Arabie  Méridionale,  a  sans  doute 
aussi  été  pratiquée  en  Europe,  oii,  dans  les  langues  germa- 
niques et  Scandinaves,  la  locution  unter  der  Decke  spielen, 
unter  einer  Decke  mit  Jemandem  stecken,  spela  under  tdcket 
(suédois),  est  encore  une  réminiscence  d'un  temps  passé. 
oL^,  couverture,  9,  7,  10;  20,  12,  21  -  76,  2  ;  367  et  ss.  ;  575; 
580,6;  831,3  d'en  bas. 

e-*^,  creuser,  excaver,  Dt,  570,  10.  Cf.  (jix^.,  v^a^  et  u.^;^ 
vhvs.  C'est  le  mehri  behât.  Jahn,  SAE  III  p.  167,  le 
compare  avec  l'arabe  Ja:^.,  qui  n'existe  pas,  et  cela  est  répété 
par  Bittner  St.  Mehri  I  p.  10,  12  d'en  bas. 

y^.,  bien  regarder,  fixer,  472,5  d'en  bas;  494,5;  974;  1300 
d^en  bas.  C'est  l'hébr.  et  l'araméen  TO,  examiner,  choisir, 
=  ]n2,  provare,  saggiare,  Lidzbarski  Ephem.  II  p.  233. 
Hobeïka  Etym.  arabo-syr.  I  p.  13.  Ce  verbe  est  fort  souvent 
suivi  de  xîîj,  ^"[5  ou  LJ5  ma  LB'A  Gl.  sv.,  de   môme   que 

la  construction  de  Gen.  XVIII  v.  2.  \^\  ^  UJ,  I  SaM  V 
p.  134,  27.   Dans  le  sens  de  bien  examiner,  approfondir,  on 

entend   .-^^  encore  souvent  au  Levant. 


136 

^<^ ,   mer.   ^^LJ!  ^^ ,    mer   des    Ténèbres,   nu   fin  fond  des 

ténèbres,  691,3.  oUJUiaiî  ^is:u,  <  j."iLi?  et  o'uJlIâ.  C'est  ainsi 
qu'on  appelle  l'immensité  de  l'Océan,  la  mer  qui  entoure  le 
monde,  l'Encyclop.  de  l'Islam  I  p.  594/5  et  p.  596.  L'ex- 
pression est  très  vieille.  As^ad  Tubba'^  dit: 

êams  el-'Ulûm  p.  68,  6.  C'est  l'hébr.  niçbï,  orcus,  contr. 
à    J.    Hehn,    Festschrift   Hommel    II   p.  78   et  ss.    Voir  ici 

SUb   o«-<!wC:^. 

Jux\)  y>:  ^ ,  dans,  le  courant  de  la  journée^  896  n.  u^^h^j^I  j^î 

=  ^^LvJ)  ^;_*_ît,  Hdr  Gl.  sv.,  =  (_çJ^-'  ^^'i ,  Arabica  III 
p.  93  (ici  le  plus  souvent  sans  l'article:   c>:uj'b5!    ^.  etc.). 

s_<'u,  pe^zY  du  7nouto?i,  712,  713. 

^c^o,  épithète  des  meilleurs  chameaux,  531  n.  3. 

.^_:>^,  nom  de  la  lune  896;  1002,  probablement  parce  que 
les  anciens  Sémites  se  figuraient  le  ciel  comme  un  grand 
Océan.  Nu. 

.1^.,  pêcheur,  170,  10.  —  Cavalier  d'un  chameau  bahrî. 

;:>. ,  a,  i,  s'écarter,  s'ôter  de,  Syrie,  'i^,^  j^  j^^'j  écarte-toi  un 
peu  loin  de  moi.  ^c-^j^'  ^.^-^  J^=>  vj;3^-^^^'  f^^'j  écarte  la 
7nalle  un  peu  afin  que  la  chaise  entre.  o'^j^U  JvJLj  jJL*-,t 
*jCciXj  ^c  '^j^-j':  o':^5;>-'>  ^^  maître  d'école  dit  aux  enfants 
trop  serrés:  écartez-vous  les  uns  des  autres,  desserrez-vous. — 
;^.  =  j^..  vj;-*î  ^Cs^  'j3  jj^  ;j^j  ,  ô^e-^oz  d'ici,  je  veux  passer. 

dVJi:?-;  j^^i  f  étire  tes  jambes.  ^}.£.  ^rf^^*^  cr  o'j-^^-l  (^j-^*^ 
LïJu  U  i^j--^^  u^/^'>  ^car^e  les  pains  les  uns  des  autres  sur 


137 

le  plateau,  afin  qu'ils  ne  se  collent  pas.  Tout  cela  est  du  dia- 
lecte de  Saydâ  en  Syrie. 

^Lm^js^,  faible,  mou,  sans  force  =  qLJI*«,  Yéman;  pi.  ^5*1-^.. 

-   o   , 

Cf.  le  cl.  y^^Ls^j., 

yik^.,  a,   570;   Prov.   et   Dict.   Gl.   sv.  ^ja^..   En    'omânais, 
creuser,  RO  p.  156  d.  1.  =^;  cf.  ^^a:^.  vhv. 

^jo^.,  a,  balayer,  24,22;  700.  —  ïCa-^j^xi,  ôa^az,  700. 

ô^'>^t  expliqué  1381. 

o»JL^.,  écarquiller  les  yeux,  Eg.:  v.  oùy  et  ^_5y. 

;^,  ronfler,   onomatopée;  cf.  >\_)3,   gronder,   et   expectorare, 
expectorer. 

^■... 

y^o,  disperser,  762;  cf.  cii^  et  yj,  Jju  et  Jju. 

yS,  a,   fumer.  ^_c^l-*ilj  ^i^uj  ^^!j  /e   four  fume,    la  fumée 

en  sort  Dt.  —  Ronfler  Dt;  accouplement  de  deux  onomatopées 
^j  et  3-,  vhv. 

ys^.,  encenser,  1102  en  bas. 

^yi?o  ou  jy^h  encens,  1102;   1547,5. 

^L^". ,  magasin,  enclos,  pi.  ^j_^U>^.;  mot  courant  dans  le  Sud. 

Hdr  p.  244,   où  étymologie  probable.  On  comparera  jLc'ljcxj  , 
onguent  odoriférant,  RD  Gl.sv.  Cela  rappelle  aussi  l'ancien  temps 


138 

du  commerce  de  ,.'lJ»  Jo,  vhv.  L'homme  de  Rhodokariakis  a 
dit  bhàr  ed-dân,  Gl.  sv.,  mais  c'est  là  une  erreur,  ainsi 
que  l'a  déjà  vu  le  savant  auteur,  qui  cite  RO  §  135:  bohliâr, 
Waarengeivôlbe. 

J>^. ,  gurrir,  trans.  Dt. 

J>\j ,  demander  à  qqn  comment  il  va.  Selon  une  Tradition 
du  Prophète,  on  doit  toujours  répondre  *)iî  0^  ^. ,  quand 
même   on  serait   mourant,   Pr.   et  Dict.  p.  137.  C'est  ainsi 

que  v_àI^  est  demander  (iV.JL>  ^^"j  el-Iqd  el-farâd  1  p.  165,  3 
d'en  bas. 

^■'uo,  aller  mieux,  se  remettre  d'une  maladie,  aller  bien, 
81,10.  Ma  critique  MJM  p.  10.  C'est  le  mehri  ta  wîqà 
bhayr  =  ^.xi--.  ^^  U,  =  f-l^,  Jahn   SAE   III   p.   10,1; 

Snouck,  Feestbundel  de  Goeje  p.  31.  Ce  y^^  a  aussi  donné 

l'adjectif  ^^j  ou  ^y^^,  pl-  o-j^^^^  bien  portant,  MJM  p.  10, 

et  le   mehri   bethâur,  se  rétablir  (santé,  homme),  Bittner 

St    Mehri  II  p.  48.  Cf.    ^1^,  vendre  i>^,   Dt  vhv. 
».'l^j,  amélioration  de  la  santé. 

^ji;_:>^. ,  égratigner,  gratter,  racler;  Syrie:  trouer,  359;  cf. 
yi.i>^  vhv. 

J^j   (baheyl)  <  ^y*^.,   avare,    718,6;    1419   ad   p.    331; 

prononciation  mehrite,  comme  gaheyl,  daheyl,  raheym, 
vhvs.  Il  faut  noter  qu'on  ne  prononce  jamais  dans  ce  cas 
gahêl   etc.   Cette  dissolution   de  la  longue  î  en  diphtongue 

dans  les   J-oè  a  dû  également  être  pratiquée  dans  les  parlers 

anciens,    car  Sîbaweih,  apud  I  Sîdah  XIV  p.  213,  en  parle. 

1 


139 

lXj  avec  les  suffixes   480   et  ss.  ;   Arabica  V  p.  155  et  ss.; 

cf.  Q^-  Je  ne  saurais  analyser  cette  locution.  On  voit  481,  8 
d'en   bas  que   le  verbe   est   au  parfait,  où  il  faut  traduire: 
tant  que   nous  sommes  avec   mon  oncle.   Voir  Kampffmeyer 
«  Die  arab.  Verbalpartikel  b  (ra)  p.  43. 

l/~Jo   1493.  -   Ju,   i,   étendre,    55  n.    3;    1041,  15;    1050. 
Est-ce  ici  iAj  <  iX«,  qui  est  son  synonyme?  55  n.  3. 
OlL,  étendre,  intensif,  Dt;  aussi  classique. 

y 

3o,  avec  les  suffixes  20,  18;  41,  19;  expliqués  609.  Cso\*)  êS<i, 

quelque  rare  perso?ine,  Dt  et  Hdr.  ^\  iL^o  c><:>]^  éJ^  v^'j^S 

(^Uax.  lXxj  ^bCt! ,  il  est  rare  que  les  bateaux  partent  pour  el- M, 
après  le  Bamadân,  Hdr.  Bàddak  qalîl  qalîl,  rarement; 
extrêmement  peu,  Hogarîeh. 

Aj,  désert,  1262,  2. 

lXj  ,  tapis  ou  coussin  bourrelé  sous  le  bcit,  562  (où  dessin)  ;  pi. 

oSlXjî,  oIlXj  et  ^.^tcXj,  cf.  J^,   pi.   S^i  vhv.  ;  v.  Socin  Diw. 

III   Gl.   sv.    En    Algérie,   oIlXj   est    singulier,   soit  un   ^\.JLi 

régulier.  MM  p.  231  donne  aussi  oîAj  pi.  qîJu. 

3^i,  canal  d'irrigation,  pi.  oSlXj!,  1314. 

3l\j:  (j/,LJ!  »Aj  ^,  /Vom  a//  o^/ier  people,  Stace  p.  8  sv.  ail. 


*IJ.j 


[lXj  devient  vulgairement  ^clXj  vhv.,  1493.  Le  classique  c_cl\j 
est   aussi  en   partie  <  î^Xj,    v.  LA  et  Qam.  sv.,  do  même 


140 

que  ^Jo,  et  l'hébreu  ^siD,  feindre^  inventer^  correspond  aussi 
bien  à  notre  ;j:Aj  qu'à  •pX^.  On  lira  LA  XVII  p.  71  en  bas. 

o  - 

^cXj,  'pleine  lune]  locution  figurée  759  n.  1. 

gJo,   125,6;  135,2;  150  d.l.;  253  n.  2;  443,  9;  UOO,  4  d'en 

bas;  1493;   1594;  Arabica  III  p.  80.  ^^  c^acAj,   tu  as  mal 

parlé  de  moi,  Dt.  dVJiriAj  expliqué  par  liUs  ^^ibCI!  ooJoù], 
y'a^■  commencé  à  parler  de  toi. 

c-Aj.  clXJî  .U^Î,  î;ers  improvisés,  813,11,12.  v''*^^  p-^  ^st 
un  terme  technique  pour  désigner  les  relations  entre  les 
sujets  et  le  sultan.  Ceux-là  ^^3^_,  coynmencent  à  exposer 
leurs  griefs  après  que  le  sultan  leur  a  dit:  ^^IXII  cJu  |^'U. 
Ensuite,  il  donne  le  vl^r-  à  leurs  plaintes. 
^(Âj,  improvisateur]  poète,  150  en  bas;  159  n.  3;  520,7. 
C'est  en  général  =  j^'/»?  (lui  compose  des  marâgiz,  vhv. 

^ÂJ^  champ,  113,21;  245  n.  2;  1508;  cf.  ^^Ja^  vhv.  - 
Mouflon,  1467  n.  4.  Wetzstein  Z.  Allg.  Erdk.  1865  p.  244: 
Steinbock.  —  Bateau,  vaisseau,  1509. 

^^lXj  avec  les  suffixes,  expliqué  480  et  ss.;  Arabica  V  p.  155 
et  ss.;  Kampffmeyer,  Die  Arab.  Verbalpartikel  b(m)  p.  43; 
voir  Ju. 

slXj,  V.  les  dictionnaires;  cf.  Lv,  pAj,  ^cso  et  (^l\j. 


141 


*,tXj 


ÎlXj    U,    1493;    cf.    \lSj,    cJo,    nL\i   et   (^Aj. 

^^jyj',  t^zvre  à  la  manière  des  Bédouins^  Arabica  IV  p.  23. 

^Ju,  Bédouiti,  définition  de  ce  mot  189  n.  2;  1497;  v.  Table 
analytique  p.  1858  sv.  Bédouins. 

^^JÔ,  Bédoimi,   149,18;  521,4;  1179,  =^3ÎJo  409,12;  679 

n.  1  ;  Hdr.  Gl.  sv.    On  comparera  ^^  et  ^^^^  812,  ,^5^ 

et  ^^\^  vhv.  =  ^3J^  679  n.  1.;    1179;   RD   I  p.  79,  14; 

Musil  AP  III  p.  22, 11  d'en  bas;  ib.  pp.  261,  8;  430,  4  et  passim; 
il  écrit   partout  bdùi;   Hartmann  LLW  p.  145,24:  ilib- 

dûwi.  Coll.  ^^îjJÛ  1201,3;  1468,5. 

i^Âj,  a,  paraître;  commencer;  dire  des  vers,  661,2;  1491; 
1493;  1565,  12  d'en  bas;  commencer  la  guerre,  se  soulever, 
109,16;  545,7;  1156,8;  1491;  1557,1.  Voir  Boh.  III  p.  195; 
I  S'ad  V  p.  229  et  de  Goeje  ZDMG  61  p.  465  ad  L,  Sîbaw. 
Caire  II  p.  297.  Cela  coïncide  avec  l'hébreu  Nln,  inventer; 
V.  sub  iJo;  cf.  le  mehri  bêdî,  mensonge,  Bittner  Studien 
mehri  I  p.  16.  Ma  Festgabe  Gl.  sv. 

(^Aj,  payer  mie  dette,  selon  Snouck  OS  Festschrift  Nôldeke 
I  p.  103  V.  8  et  p.  105  n.  2. 

^^Ao',  être  présent;  Hein  SAE  IX  p.  11,3  et  p.  14,  18. 

^_aX^J^\,  commeticer;  se  lever  (vent),  686,3. 

^j»b  =  ^3>Ll3,   contr.   de  ^^,  370,3  d'en  bas.  -   Terme  de 

guerre  1493;  ^jU!  p  1491,15;  ^J^  ^5^1.  1491;  ^coL,  ^cJo 

JjLjiS!  i^'^,  il  a  surgi  une  inimitié  entre  les  Bédouins,  1491. 

PI.  ^ô\yi,  109,16;  1491;  1492,12.  -  Campagnes,  1226,8. 


142 

iuoij  =  ^olj  dans  le  sens  précédent  639,4-  d'en  bas;  1491. 

^_5^Aiy!,  co7nmencement.  ^Â-  ^^csj^,  expliqué  1493. 

Cette  application  du  verbe  ^_cl)o  doit  être  ancienne,  car  L  A 

XVIII  p.  70,8  porte:  I^JL^j  L^  /L>  J^  b^!a*JL,  ^^^Ls  ^ÔL 
U_^  bj-^^'u^  ^=!  «jîJot^L.;  Tab.  I  p.  1179,  16;   1186,6  et  Tab. 

Gl.  sv.  Ijo.  Cela  est  à  peu  près  ce  que  je  viens  d'exposer 
dans  les  passages  susmentionnés,  avant  d'avoir  lu  LA.  Dans 
le  Diw.  des  Hodeyl,  éd.  Kosegarten,  N°  51  v.  2,  nous  lisons 

JJCJillj  j?l3îjo ,  ce  qui  est  notre  t_cAj  <  \c^ . 
!l\j  ,  ouvertement^  390  n. 


;^ 


o    - 


^\i  et  les  autres  thèmes  congénères  1341;  1710.  Sur^<Aj  = 
^.  j  et  c  .: ,  progéniture,  voir  sub  ^_5^o . 

L,  créer,  1406  n.,  fait  vulg.  ^c^,  comme  Îl\j>^lXj,  t^J>>(j:^o 

et  beaucoup  d'autres. 

ijij,  guérir,  vhv.   <e5y,  959  n.,    mais  (^y,  i,  cowj^er,  vhv.; 

cf.  cijj  vhv. 

De  cette  racine  Lj  provient  sans  doute  ^,  /i7s,  qui  se  rencontre 

si  souvent  dans  le  Sud,  7, 1  et  passim  dans  les  textes,  290; 
1406  n.  ;  1730.  On  sait  que  ^  est  aussi  la  forme  en  mehri 

et  en  soqotri.  Nôldeke  a  exposé  l'histoire  de  ce  mot,  Bei- 
trâge  II  p.  135  et  ss.  Déjà  A.  Jahn,  SAE  III  Gloss.  p.  169, 

fit  venir  ^  de  VUi,  tandis  que  dans  sa  Grammaire  p.  10 
il  dit  |^>  ^,  ce  qui  n'est  pas  probable.  Brockelmann  VGSS 
I  p.  332  et  Bittner  St.  Mehri  I  p.  35  considèrent  aussi  ^^ 
et  j  comme  deux  mots  différents. 


143 

Nôldeke  o.  1.  p.  139  ne  saurait  s'expliquer  la  relation  entre 
ces  deux  formes  „bei  zwei  râumlich  und  lautlich  soweit 
verschiedenen  semitischen  Sprachen".  Moi,  je  n'y  vois  pas 
autant  d'obscurité  que  le  savant  maître  de  Strasbourg,  suivi  de 

o 

Brockelmann  o.  1.  —  j  appartient  au  vieux  fond  des  langues 

sémitiques.  Les  exemples  analogues  de  conservation  de  mots 
dans  les  dialectes  très  éloignés  les  uns  des  autres  sont  nom- 
breux. Notre  j  du  Sud  ne  s'emploie  que  dans  les  filiations 
et  n'a  pas  de  pluriel  de  la  même  racine. 

Dans  l'inscription  d'en-Nemârah,  se  rencontre  aussi  y  dans 
la  filiation.  ^-^  ^  u*^-;^'  — ^>  de  même  que  dans  celle  de 
IJarrân  et  de  Zabad,  Littmanu  dans  la  Rivista  degli  Studi 
orientali  Vol.  IV  p.  193  et  ss.  Ici  ^  peut  aussi  bien  être 
ai-améen  qu'une  persistance  de  la  filiation  ainsi  exprimée  de 
l'Arabie  Méridionale. 

Le  mehri  et  le  soqotri  ont  un  thème  ^y  b  î  r  u ,  enfanter, 
Bittner  o.  1.  p.  35  et  III  p.  39,  Jahn  QMS  pp.  11  et  104; 
Ruzicka  KD  p.  68/9,  où  beaucoup  d'exemples.  Cf.  les  thèmes 
y,  cyj,     y,  jj  et  cji  vhvs.   Nôldeke   o.  1.   p.  139  veut  que 

le  y  datînois  soit  un  reste  d'un  dialecte  y  parlé  ancienne- 
ment et  qui  était  le  proche  parent  de  mehri.  J'avais  déjà 
dans  ma  LA  p.  29  avancé  que  le  mehri  avait  influencé 
l'arabe  du  Sud,  et  cela  par  des  raisons  irréfutables.  Nôldeke, 
dans  sa  critique  de  mon  ouvrage,  ZDMGr  49  p.  415  ne 
voulait  point  l'admettre.  A  présent,  je  constate  qu'il  a  changé 
d'avis,  et  Rhodokanakis,  WZKM  25  p.  89,  s'est  également 
rangé  de  mon  côté.  Du  reste,  ^  et  j  offrent  des  analogies: 

(^j  <  ^jj^  et  j  <  ^^  <^J-  En  babyl.  banû  est  enfanter  et 
hâtir.  Je  renvoie  à  l'excellent  article  de  Rhodokanakis  dans 
l'ouvrage  précité  et  que  j'approuve  tout  à  fait.  Mais  lorsque 
notre  savant  confrère  parle  de  la  particule  y  en  mehri, 
shauri   et   soqotri,  je   ne   saurais  le  suivre.   Ce   j  s'emploie 


144 

absolument  comme  le  sudarabique  lXJ»  avec  les  suffixes 
pronominaux,  Arabica  III  p.  38,  Hdr.  Gioss.  p.  683  et  ici 
s.v.  !/~o\ï  veut  dire  retrancher,  séparer,  et  il  a  beaucoup 
de  ramifications  phonétiques.  Or,  V~^  a  le  même  sens  prim- 
ordial, et  la  particule  mehrite  ->  présente  le  même  processus 

que  lXÎ.  Je  n'y  ai  jamais  vu  autre  chose  et  je  n'oserais 
jamais  identifier  ce  y  avec  le  substantif  ^,  fils,  car  ces  deux 
mots  sont  de  provenance  tout  à  fait  différente.  Rhodokanakis 
veut  en  outre  que  cette  particule  ^  soit  la  même  chose  que 
ben-,  ibn-  dont  j'ai  longuement  parlé  Arabica  V  p.  149  ss., 
Dat.  Gl.  S.V.;  je  n'en  sais  rien  et  je  ne  risque  aucune  hypo- 
thèse à  ce  sujet.  Une  chose  est  sûre  pour  moi,  c'est  y  =  u\s. 
Brockelmann  o.  1.  II  p.  508  anm.  parle  de  cet  adverbe 
temporel  mehrite  ^  =  A_ï   qu'il   fait   venir,   sur  la   foi   de 

Rhodokanakis,  de  iy,  créer,  et  il  ajoute  qu'il  est  quelquefois 
fléchi,  comme  le  soq.  dibiroh  ba^âloh,  SAE  II  p.  279, 14. 
Si  Brockelmann  entend  par  flection  l'addition  des  suffixes, 
comme  aussi  pour  «Aï,  je  suis  d'accord,  mais  je  crois  qu'il 
ne  veut  point  dire  cela.  Il  veut  même  ib.  p.  509  que  le 
dt-hdr  béni,  iben  etc.  lui  corresponde  étymologiquement, 
ce  qui  est  impossible. 

Bittner  St.  Mehri  IV  p.  28  voit  en  ber,  =  Ai,  un  reste 
d'une  *l/~'abér,  placé  devant  un  autre  verbe  comme  verbe 
auxiliaire.  Ce  "aber  aurait  été  mutilé  en  bér.  1\  cite,  à 
l'appui  de  cela  ,.w*^  ^^;î  ^^  écrivit  de  nouveau".  Ici  il  faut 

dire  v^-^  ^r^j'  comme  v^cjCj  ojLc,  vhv.  Je  ne  saurais 
accepter  cette  étymologie  lointaine. 

y,  apparaître;  sortir;  briller,  12,  10.  -^xi.]!  y,  42,9  et  pas- 

sim;  377,  11  et  14;  984;  985;  987  en  bas  et  989.  JL,  ^! 
LôjJ!  ,Jj^,   989,6,  voir  ^.   Cf.   ^  j  ,    -^^i ,  ^^^   et   ,^,    vhvs. 


145 

RO  §  98,  N°  1  donne  bârr  (participe)  unbewôlkt,  qui  doit 
être  le  même  verbe.  Le  metiri  bâr  989,7  =  sh  et  soqot 
b^r,  voyager  la  nuit,  Bittner,  St.  Mehri  I  p.  23,  est  ap- 
parenté à  ^,  ^yi,  jjj  etc.,  et  n'a  rien  à  voir  avec  les 
verbes  que   cite   Bittner  St.  Mehri  Viii  p.  9,  ou  bien  c'est 

une  prononciation  pour  yu  <r!^-  —  f^  y'  =  J^'j   1765. 

y  dans  le  Sud  est  l'intérieur  des  terres;  D.  H.  MûUer  SAE 

IV  p.  76,  2  doit  se  traduire  ainsi.  —  ^*^\  ^,  543, 13. 

pt,  pas  du  tout  RO  §  222;  jamais^  Jayakar  OD  p.  686.  — 
iy,  dehors^  989;  v.  py. 

y,  hlé,  79,1  et  passim;  pi.  ^^^1,  1276,13  d'en  bas,  oi:i  la 
traduction  doit  être:  ils  ramassent  l'or. 

ijy,  gland  du  pénis,  965  n.  2. 
^y,  ampoule  à  la  main  Dt. 
^^(^  989. 

yj  est   partout  en   Arabie  marmotter,  grommeler,  «xjt  ,jiJ 

1^^  o''-«'*^  ^^'  ÎlXS'Lp  ,jjy«»i  y*^,  pourquoi  gesticules-tu  avec 

les  mains  et  marmottes-tu  comme  ça?  Es-tu  fâché  contre 
moi?  Dt.  RD  Gl.  sv.  porte  jy,  chanter;  bouillonner  (eau). 
En  Syrie  et  en  Egypte,  babiller,  marmotter,  =  Syrie  (jï^-j^j  , 
et  parler  d'une  façon  barbare,  Syrie;  devenir  barbare,  Syrie. 
C'est  une  onomatopée  qui  se  trouve  aussi  dans  presque 
toutes  les  langues  aryennes,  à  côté  de  bal.  Ce  verbe  est 
déjà  ancien  en  arabe,  LA  V  p.  120,  oîi  nous  trouvons  même 

jj^  ^j,  homme  radoteur,  on  dirait  homo  barbarus.  Le  nom 
de  barbara-h  en  vieil  indien,  propr.  balbutiants,  et  de  oi 
(3ixp(oxpot,  que  les  Aryens  de  l'Inde  et  les  Grecs  et,  avec  eux, 
les   Romains   donnaient   aux   peuples  étrangers,  barbari,  est 

10 


146 

à  l'origine  une  onomatopée  imitant  le  son  de  ces  parlers 
incompréhensibles  aux  Aryens,  aux  Grecs  et  aux  Romains. 
En  akk.  barbaru,  probablement  étranger  <  soum.  bar, 
étranger,  Zimmern  Akk.  FW  p.  47.  Lorsqu'on  a  entendu  la 
faconde  inépuisable  des  Bédouins  arabes,  des  Sômâls,  des 
Abyssins  et  des  Mahra,  on  comprend  que  ce  baragouinage, 
sj2,  ait  pu  donner  naissance  à  une  appellation  bien  méritée 
à  l'égard  des  peuples  „ barbares".  Mais  les  Grecs,  anciens  et 
modernes,  peuvent  aussi  recevoir  l'épithète  de  çf-?^,  LA  sv., 
tellement  ils  causent  et  gesticulent  à  la  moindre  occasion. Yollers 
ZDMG  58  p.  237  dit  que  j^  vient  indubitablement  du  nom 
des  Barâbra  en  Egypte.  Mais  ce  sont  les  Egyptiens  qui  les 
appellent  ainsi,  en  suivant  l'exemple  des  Grecs  et  des  Romains. 
Le  phonème  onomatopéique  bar  joue  du  reste  un  certain 
rôle  dans  presque  toutes  les  langues;  c'est  aussi  un  péjoratif, 
it.  barlume.  Barboter,  =^  l2jJ>  vhv.,  ne  vient  pas  de  (oôp^opo:, 
boue,  fange,  bourbe,  comme  le  pense  Stappers,  Dict.  d'étym. 
française  N°  2157,  car  (oopfSop::  est  lui-même  onomatopéique, 
ce  qui  apparaît  clairement  dans  (3op(3opv^co,  grouiller  (intestin). 
En  Syrie,  -1^:^  est  exactement  barboter.  ,V~^  est  du  reste 
aussi  une  onomatopée,  vhv.,  développée  en  .^du.  Son  inversion 
est  ^_^,  taper,  vhv.  Cf.  iip>  vhs.  La  variation  de  bar  est  mar 
ou  mur,  comme  dans  murmurare.  Dans  la  lurah,  jA^  est, 
murmurer  de  colère,  LA  VII  p.  17,  6,  et  en  Syrie,  faire 
murmurer,  et  ,j«',  murmurer  de  colère;  être  agité;  cf.  ^Lo, 
u,  vhv.  Le  français  marmotter,  =  ^y  vhv.,  est  le  pendant 
de  barboter,  et  on  devait  écrire  la  dernière  partie  des  deux 
verbes  de  la  même  façon.  Ce  sont  des  onomatopées,  sans  le 
moindre  doute,  que  nous  retrouvons  dans  l'anglais  to  mutter, 
et  le  suédois  muttra;  les  deux,  warmo^^er.  Une  autre  variation 
est  bal,  ou  lab  que  nous  trouvons  dans  J^  et  le  syrien 
>-JLJ,  babiller. 


.yy,  pénis,  =  àyJ^  et  ^^f-,  RO  p. 


55. 


147 


oby ,  écarquiller  les  yeux,  Eg.  1380  n.  6  =  ^^  et  oiJb>.,  vhs. 

oy,  u,  défricher  un  terram.  Je  l'ai  souvent  entendu  avec 
J^,  expliqué  par  le  voisinage  du  r,  681  n.  1;  890,8,  mais 
Or?  est  sans  doute  primaire,  d'autant  plus  que  LA  I  p.  313 

s.  V.  porte:  o^  r^^^f  ^  5-^  ^  J(5  ^L*:».  u^Uiî  ^t^^Is  ^y^^- 

Sams  el-^Ulûm  p.  6:  ^^j*Jt  iCiJb  oj-^Ll!  yCwJî  o-4'j  ce  qui  est 

sans  doute  notre  sucre  blanc  en  morceaux.  Il  y  a  aussi  >c:^.y, 

sol  uni,  égal,   LA   sv.,   ce  qui  est  peut-être  un   ^^-fr^,   si 

commun  dans  le  Sud,  de  notre  verbe,  mais  les  lexicographes 
ne  l'ont  point  compris,  et  quelques-uns  lui  donnent  une 
autre  étymologie,   ainsi   qu'on   pourra   le   lire  dans  LA;  cf. 

Qâm.  s.  V.  ^j-i.  o^  me  fut  toujours  paraphrasé  par  ->, 
renverser  la  terre  pour  la  rendre  cultivable,  vhv. 

^.Ul  \Sj>  ^  ^^\  o-o  L,  710US  allons  aujourd'hui  défricher 

cette  friche  Dt.  La  gît  ufîha  ""aiâh  garàbtha  uhar- 
rèytha   minha   ubaràttha,  lorsque  tu  viens  au  champ 

(=  iù^),  oîi  il  y  a  des  arbres,  tu  les  essartes  et  tu  les  sors 
de  là  et  tu  le  défriches,  Dt.  Mais  ce  verbe  s'applique  à 
d'autres  manipulations:  ^c^ys  ^^  tU!  ^yiJL)-  i;j^:s^]J  .Lct  oy, 
creuser  des  rigoles  qui  reçoivent  Veau  du  icâdi.  Lorsque  la 

girba  est  io^^,   elle  est  L5^<->0i  K^s^oLa^,  préparée  pour  la 

semence. 

KJi'ty,   défrichement.  Ne  pas  confondre  ce  verbe  avec  o^  < 

v±*J    vhv.    Cf.    Oya    sv.    j-OCo. 

o  j  ,  a,  et  ey^t ,  procréer,  reproduire  Vespèce,  1406, 10  et  n.  1. 


148 

^J  -^^  Lc^j^5  ^^  /ew-me  7n'a  dorme  de  la  progéniture^ 
1406  n.  1.  Cf.  y. 

*      r? 

„y ,  u,  payer  ses  dettes,  aussi  au  Yéman  ((jôf  ),  d'après  Glaser 

Mitteil.  p.  61.   On  comparera  ^  vhv. 

„^,  ausweiten,  freien  Platz  schaffen  ib. 

„  Z^j ,  s'attifer  d'une  façon  voyaiite,  768,  6  et  n.  1  ;  Tab.  I 
p.  169.  Cf.  ^^y. 

Quant  au  mot  ^  1j  ,   qui  est  courant  dans  notre  dialecte, 

Hdr  p.  408,  et  qui  se  dit  aussi  -y,  poulailler,  il  n'est  pas 
absolument  hors  de  doute  qu'il  vienne  de  Trvp'/o:.  Il  se 
trouve  déjà  dans  les  inscriptions  sabéennes,  Sab.  Denkmâler 
p.  65;  WZKM  I  p.  28,  Glaser  Mitteil.  p.  61;  cf.  JAs. 
1914  N°  3  p.  664  l'observation  de  Huart  à  propos  d'une 
remarque  de  Doutté  dans  son  beau  livre  En  Tribu;  Walde 

O     5  5      5 

LEWB  sv.  burgus.  —  En  Haurân,  ^^j,  pi.  -.^j-j,  est 
même  épi. 

^  j,  tirer  le  seau  du  puits,  1346,  1.   Inf.  ^^;  Stace  p.  52. 

_y,  sortir  (tr.).  —  Mettre  à  l'air,  1165,3  d'en  bas.  —  Tif-er 

l'eau  du  puits.  Stace  p.  52.   —  obiil!  _^,  he  cleared  the 

road,  Stace  p.  31.  Cf.  i^^,  ^y  et  py  vhv. 

_.Li,  faire  sortir  d'une  difficidte]  tirer  d'embarras,  1451,3. 
_,L.,  libre.  ii:>,Li  ^JiJ^J}\ ,   the  road  is  clear,  Stace  p.  31. 

^^LJi,   hier  soir,  45  n.  2  ;  287  n.  1;  1409;  =  '^J^j^   287. 

RD  Gl.  sv.  Sur  embâreh,  qu'on  dit  aussi  dans  le  Sud 
algérien,  selon  Marçais,  voyez  287;  1410.  L'égyptien  en- 
bar  eh,   hier,   VoUers  Gr.  p.  20  et  p.  129,  'Abd  Allah  en- 


149 

Nadîm  Sulâfat  en-Nadîrn  II  p.  40,  12:  Ju^\  et  ib.  p.  38,9 
_.L^!,  de  même  que  l'article  en  <  em  <  el,  286,  ne 
milite  pas  en  faveur  de  l'étymologie  -  .L.  ^^,  comme  Carbou 
l'établit  pour  mbaker,  vhv,  =  mbukera.  E,p  II  §  27  pense 
que  l'article  em  est  assimilé  à  la  labiale  suivante  ou  bien 
qu'il  a  pu  se  conserver  tel  quel  devant  les  labiales.  Les 
exemples  qu'il  rapporte  de  ses  textes  commencent  effective- 
ment tous  par  une  labiale,  mais  voyez  281  et  ss.  —  RO 
p.  114,14:  Ibàrha,  hier  soir,  mais  ib.  p.  241,6:  mbârha. 

_^,  pi.  -,L./3,  earthen  jug,  Stace  p.  200. 

^Ji^ji,  égratigner,  racler,  gratter;  trouer,  Syrie,  359.  Cf.  ^J^.. 
jy ,  i,  u,  se  rafraîchir  en  se  reposant  au  -milieu  du  jour  et 

J  0    5  w  3 

se  mettant  à  Vombre.  oîy  ^^o-^j^,  .^\  U  ^.^^^,jy*o,  on  marche 

jusqu'à  midi;  on  fait  alors  halte  en  se  mettant  au  frais, 
Hdr.  p.  867,  13  d'en  bas;  ib.  p.  375.  Ce  n'est  pas  précisé- 
ment faire  halte,  se  reposer,  s'arrêter,  allem.  rasten,  mais 
seulement,  dans  cette  condition,  se  soustraire  au  soleil  et  se 
rafraîchir.  RÇ  Gl.  sv.  SAE  III  p.  46,  6:  gelé  su,  hu 
yidrab  zabâyi^  uhî  tîbrid,  ils  restèrent  là,  lui  tue  des 
houes  sauvages  pendant  qu'elle  se  repose,  où  le  mehri  a  te- 

haqazôm,  même  sens,  =  L>yi.  —  ^^  ^*^;'  '!Lxs>ô^  ^j^.w.JUj 

L\fc:s:vJ!  L«j>  ^J^  ^o_*-j  J^,  071  lui  frotte  les  pieds  avec  du 
beurre  afin  de  leur  enlever  la  cuisson  causée  par  le  sol  rude 
de  la  montagne,   20,28;  684;  cf.  Boh.  V  p.  114.  —  Aussi 

au  figuré:  ';UlA^\  >jyj'  U  ^^LLJLiJ!  jsj^  (j*JL:>^.  (j^;,  ^-jj' ,  I-R- 

(Index  sv.)  reste  auprès  du  Sultan  (des  'Awâliq  Supérieurs 
à   Ansâb),  jusqu'à   ce   que   le  pouvoir  soit   assuré,  voir  sub 


150 

jUlo,  et  K.  el-Addâd  p.  41,9  ss.  ,>  ^Jij  U  ^  ^f^  J\ 
w^I*^!  «^r^i»  2:U-:s\i!,   ceZza"  g^<^  mo?z^e  à  cheval  ne  peut  pas 
coïter  et  sa  vigueur  tombe,  854,  1  ss.  et  n.  1. 
jyi ,   se  rafraîchir,  sich  abkilhleîi.  >  se  reposer  pendant  la 
chaleur  du   midi,  684  et  n.  3;  1570.   ^^^^ ,  qui  se  repose, 

Dt.  Boh.  V  p.  115  en  haut  (^LJyJt  oio  »5j_c  ljL.);  ma  LA 
p.  65  n.  6. 

0.-0  ,  se  rafraîchir,  prendre  le  frais,  Dt.  RO  p.  291,2  d'en 
bas:  halle  nisrab  hanitberred,  =  dt.  ^arrëna  nisrab 
lamma  nitbarrad,   allons   boire  pour   nous  rafraîchir; 

avec  l'infinitif  «otlo",  RO  p.  169  n.   —  Sur  oy  comme  3^, 

voir  K.  el-Addâd  p.  40  s. 

o.Lj,   désagréable,   Dt,   mais   RO    p.  315,  2   d'en   bas,   c'est 

traduit  par  agréable.  Dans  la  locution:  yôm  mât  aljûh 
sah  hafîf  ubârid  ''alîh,  RO  p.  124,  5  =  dt.  ra'h  h. 
ubârid  ^alêh  (ou  "alîh),  lorsque  son  frère  mourut,  cela  lui 
faisait  ni  froid  ni  chaud.  RO  §  33  donne  bârid,  Ruhe, 
mais  cela  doit  être  ruhig. 
03. L,  poudre,  Yoir:  o^^L 

lXjj,   cheval  de  poste;  mulet,  1094  et  n.  4  où  l'étymologie. 

Dans  l'Encyclop.  de  l'Islam  sv.  Barîd  figure  encore  l'éty- 
mologie veredus.  Il  est  bien  plus  probable  que  les  Romains 
aient  emprunté  cette  vieille  institution  orientale  aux  Orien- 
taux, en  même  temps  que  le  nom.  Kluge  EWB  trouve 
l'étymologie  primaire  dans  le  celtique;  voir  ib.  sur  le  dérivé 
allemand P/erc?.  Walde,  LEWB  sv.  burdo,  rejette  l'étymologie 
de  l'hébr.  T}B,  à  tort,  ce  me  semble,  cf.  id.  ib.  sv.  rëda,  et 
le  babyl.  purîdu,  jambe,  Holma  Kôrperteile  p.  129,  qui 
défend  avec  raison  l'étymologie  sémitique.  Torczyner  0.  1. 
p.  291.  Zimmern  Akk.  FW  p.  50  est  encore  indécis. 


151 

ooy,  étendre,  55,  12;  1041,  14;  1050.  —  o^jo',  s'éparpiller, 
1050.  C'est  peut-être  le  même  verbe  que  le  syrien  o,>-)ô, 
éparpiller,  gaspiller  son  argent;  cf.  le  class.  .Jo. 

:y,  sortir,  1141  n.  1.  Comme  terme  s'appliquant  à  une  jeune 
femme,  voyez  I  SaM  I  p.  16  et  p.  112, 13  et  Tab.  Gl.  sv.; 
el-Fâiq  I  p.  42;  Gâhiz  K.  el-Mahâsin  p.   134. 

:-o,  aller  dehors,  s  éloigner  de.  c>^^»J'  ,^  l\ou  j-oj,  éloigne- 
toi  loin  de  la  maison,  et  non  seulement  pour  satisfaire  à 
un  besoin  corporel,   1593  note.  Boh.  I  p.  37. 

jjot,  se  mettre  et  l'écart.  LiSi^  uX^y  A=>  "^5  J^csm^  jJoJ  L  *i, 

lève-toi,  nous  allotis  71021s  retirer  à  V écart  afin  que  personne 
ne  comprenne  ce  que  nous  disons,  Dt- 

»jy  ou  ajy,  petit  trou;  tampon,  1141  n.  1;   1681  n.  -  Salle 
de  réception,  exèdre,  1169,  8,  =  3^  à  l'ouest  de  ^Omân.   En 
Hdr.  et  en  Dt.,  on  l'appelle  «yL^  vhv. 
sjy,  tente  7iuptiale,  32,6,17,18  et  passim.  En  'Iraq,  on  l'ap- 
pelle  io^. 

(jiiy,  être  rude  au  toucher,  p.  e.  la  main;   contr.  de  v^;- 
(jiij,  tailler,  583,  3  =  v^Àc  et  jJL«,  vhvs. 

u^y,  cette  première  forme  m'est  inconnue  dans  le  Sud. 
(jws'lo",  1764,  ne  figure  que  dans  le  Qàm.  et  Asâs  el-Balârah  sv. 
Nous   avons   dans  notre  dialecte  uo^_j',  être  satisfait  (de 
toute  chose),  ^j^yjj)  [i\ ,  je  suis  satisfait  =  j'ai  assez  mangé. 


152 

Le   verbe   classique   u^r^ ,  paître  tout  ce  qui  se  trouve  sur 

le  sol,  1764,  =  ^vJL-j',  ne  se  trouve  que  dans  le  Qâmoûs. 
LA  n'a  rien  qui  approche  de  ce  sens,  à  moins  que  ïCa^jj,  pi. 
uotjj,   ib.   sv.  p.  271,7   et  notre  (jo'y  vhv.,  ne  puissent  s'y 

rapporter.  La  racine  (jo_j  serait  alors  primaire  et  (jJb,  une 
variation  phonétique. 

^J^  ijo^! ,  être  satisfait,  contetit  de.  lékLo  c>^j^î ,  Je  suis 
conte7it  de  toi  ou,  plus  exactement,  j'ai  le  conte?itement  que 
tu  me  procures. 

(jûj^,  satisfait,  content.  •.^)  -yJ)  ^ju^s,  comment  vas-tu 
aujourd'hui!'  Rép.  ^JJ  LX^il  (jo»^,  fort  bien,  grâce  à  Dieu,= 

+  o 

,^yo*^  et  au  commun  -bj.w^^  des  dialectes  hadar  du  Levant. 

(j^j  n'est  pas  lèpre,  comme  dans  le  Nord  et  la  lurah,  mais 
contenteme^it  (sens  demandé,  que  je  n'ai  jamais  entendu  dans 

une  conversation).  La  lèpre  se  dit  ici  -Jk^  vhv. 

Or,  on  peut  se  demander  si  le  nom  arabe  de  la  lèpre 
n'est  pas  originairement  un  euphémisme,  comme  tant  d'autres 
noms  en  arabe.  La  maladie,  venue  des  Indes,  aurait  passée 
par  l'Arabie  Méridionale,  oiï  l'on  ne  voulait  la  nommer  de  son 
vrai  nom.  ôaçlîmah,  roi  d'el-Hîrah,  fut  appelée.  el-Abras, 
Tab.  I  p.  750,  Naswân  o.l.  p.  19,  par  respect,  au  lieu  d'el- 
Abras,  ce  qui  prouve  que  le  nom  de  la  maladie  existait  déjà 
dans  le  Nord  dans  ce  temps  reculé.  Le  nom  du  roi  renferme 
déjà  une  allusion  à  cette  maladie,  car  j.!à4*  est  aussi,  la  lèpre 
tuberculeuse.  Quant  à  l'euphémie  à  l'égard  du  roi,  il  paraît 
être   mince,   car   (jiyl  est  justement  le  lépreux  qui  a  des 

taches,  ij^^,  sur  le   corps.    L'autre   nom  euphémique  qu'on 

lui  aurait  donné  g^3''  se  rapporte  également  au  ,^»,  ou 
bahaq  blanc,  qui  est  ainsi  appelé.  On  lira  l'excellent  ouvrage 
de  De  Koning  Trois  traités  p.  805  et  Gl.  s.  v.  En  tout  cas, 


153 

(jiy  ^  u^ri,  comme  le  pensait  Vollers  ZDMG-  50  p.  632 
n.  6,  nw  me  paraît  pas  justifié.  Si  le  mot  est  venu  avec  la 
chose  du  Sud  de  l'Arabie,  on  en  ignorait  alors  déjà  le  sens 
euphémistique,  car  il  n'y  a  trace  de  sens  méridional  actuel  ni 
dans  le  lurah,  ni  dans  les  autres  dialectes  arabes.  Un  u^^-y»  Jo> 
est  dans  le  Sud  un  homme  content,  tandis  que  hors  de  là  c'est 
un  homme  lépreux,  comme  dans  la  lurah.  Voyez  sur  le  (j^y 
mes  Prov.  et  Dict.  p.  89  et  ss.  Toute  cette  argumentation 
n'est  autre  chose  qu'une  hypothèse.  Le  verbe  (joy  (et  les 
autres  dérivés)  se  rapportant  à  la  lèpre  serait  alors  dénominatif. 
L'éth.  l'O/JR,  briller,  est  à  considérer,  et  .^^^^  paraît  le  con- 
firmer. Mais  alors  on  s'étonne  que  ,joy,  lè2^re,  soit  inconnu 
dans  le  Sud;  Nôldeke  Beitrâge  II  p.  83  n.  3;  cf.  u^^"^!,  la 
lune  =  le  brillant. 

Dans  le  Nord,  V~ija^  a  des  dérivés  qui  se  trouvent  dans  la 

lurah.  -  (j^îjj  =  idU.,  plaine  de  sable;  cf.  ^^i  Hdr.  Gloss.  sv.— 

i^yoj^,  pi.  oUyojj-j,   est   ancre  dans   tout  le  Sud.    Je  l'ai 

toujours  entendu  prononcer  barrùsi  ou  barrôsi.  Van  den 
Berg  Le  Hadhr.  p.  73  n.  a  barouçî,  avec  un  seul  r, 
comme   aussi    Reinisch    pour   le   sùmalî,    Som.    WB    p.  9: 

barôsi,  mais  Stace  p.  9,  correctement:  anchor  ^^*s*,^,  pL 

oLa.^^^  (voyellement  de  'Abd  el-Qâdir  el-Mekkâwî).  Jahn 
SAE  m  p.  170  =  Bittner  St.  Mehri  I  p.  69,  donne  pour 
le  Hdr.  brûsî,  pi.  brôsât  =  mehri  brôsi,  pi.  brôusî  '). 
Il  dit  que  c'est  une  a^icre  à  5  pointes,  donc  un  grappin; 
mais  toute  ancre  a  ce  nom. 

Littraann  ZA  21  p.  81  porte  pour  le  tigrifia  bàrâs  = 
abyss.  T^'S^  et  il  l'identifie  à  l'arabe  mirsâ.  Brockelmann 
0.1.  I  p.  227  cite  comme  exemple  de  m>b  en  tigré  ma- 
râsî>brôsî,  aficre,  sans  s'offusquer  de  la  forme  plurielle. 


')  Bittner  écrit  broi'isî,  St.  Mehri  I  p.  69. 


154 

Bittner  le  suit,  St.  sh.  I  p.  27,  car,  tout  en  donnant  pour 
le  sh.   birîs,  ancre^   il    considère  le   mehri   brùsî  comme 

provenant  de  m  r  û  s i ,  pour  ra  e  r  ô  s I ,  <  du  pi.  arabe  ^c^^f-, 
sing.  s'uwlo,  et  il  pense  que  le  sh.  biris  doit  être  corrigé 
en   biris.    Cette  étymologie  de  ces  trois  grands  arabisants 

est  absolument  gratuite,  car  ^y>^3y  est  un  mot  indien,  qui  n'a 
rien  à  voir   avec  sLy).  Toute   l'argumentation  qui  précède 

est  donc  hors  de  mise  ici.  aLyi,  ancre,  Nôldeke  Beitrâge  II 

p.  61,  où  nombreux  renvois  classiques,  n'est  point  employé 

dans  le  Sud,  où  ^^'^  est  mouillage  des  bateaux. 

Un  autre  mot  pour  ancre  est  ^^-Jî,  RO  p.  182,8,  que 
nous  rencontrons  dans  les  Merveilles  de  l'Inde  (écrit  en  342 
environ)  p.  92,1:  0^"^]  !^>r^5  ils  jetèrent  l'ancre.  Il  est  aussi 

employé  au  Levant.  On  le  fait  venir  du  persan  ^K^!  (lenger), 

ancre,  LA  VII  p.  47,  12:  ^^j^^  iC>L.ÀwJ!  sL^o  j^^'^U  où  il  y  a 

la  description  d'une  telle  ancre,  mais  qui  était  plutôt  une 
honée.  Le  persan  vient,  il  me  semble,  de  l'arabe  yp'^t>lan- 
gar,  l'ancre,  et  le  mot  arabe  vient,  à  son  tour,  du  grec 
x'/Kvpûc  >  lat.  ancôra,  d'où  aussi  notre  ancre.  Boisacq  E  L  G 
sv.  àyjcccu  p.  7;  Falk-Torp  o.  1.  p.  30;  Walde  LEWB  p.  40; 
Cf.  Fraenkel  FW  p.  230  en  haut.  Dans  le   Levant,   on   dit 

aussi  ^Jl5>,  (Dozy  incorrectement  v*^,  mais  Spiro  ^-As>),  pi. 

^_j^  et  ^_j^f.  Le  mehri  a  aussi  dêber,  pi.  debûr,  ancre^ 
et  le  qarawi  (sh.),  boharat,  ancre,  Carter  p.  347,  Bittner, 
St.  mehri  I  p.  65:  bôhret,  pi.  b  e  w  ê  h  e  r ,  qui  le  compare 
avec  l'arabe  ot^b,  bateaux,  mais  le  mot  n'est  pas  arabe. 

(jr^  avec  les  suffixes  pronominaux  a  en  Egypte  et  en  Syrie 


155 

(moins  courant)  le  sens  de  toujours,  encore,  a^^  jS> ,  il  n'a 
pas  changé  =  il  est  toujours  lui-même.  Tantavy  p.  76.  v'-^  *^y) 

il  est  toujours  (aussi)  jeune,  ib.   y^l^ï  Js^j"   \^^  »^ri  »y^?j  »  ^^ 

demain  veux-tu  encore  faire  le  gendarme?  Bâsim  p.  22, 10. 

Jyw.  Jwolc  D^-^  A^s> ,  continue  encore  à  faire  V huissier.,  ib. 

p.   29,  4.  *^y  xJ  ^,_:s^j\}^.JLÎt  ^53,  e^  daws  /a  soirée  nous  irons 

encore  (=  aussi)  chez  lui,  ib.  29,  15.  Spitta  Gr.  p.  174  écrit 
incorrectement  bard,  et  Hartmann  Sprachfûhrer^  p.  157 
l'a  suivi.  Tous  les  Caïriotes  que  j'ai  consultés  ont  déclaré 
cette  prononciation  inexacte.  Ils  se  peut  qu'on  dise  quel- 
quefois bardoh,  mais  cette  prononciation,  rare  et  indivi- 
duelle et  inconnue  au  Caire,  ne  devrait  pas  figurer  comme 
règle  ;  cf.  Sèh  Matlûf  p.  56,  9,  oii  c'est  écrit  oy .  Dans  ^p>^ 
oIj^j,  Caire  1307,  "Otraân  écrit  partout  i^-j.  Bardoh  est 
la  combinaison  la  plus  employée,  et  celle  avec  les  autres 
suffixes  est  assez  rare,  comme  le  fait  justement  observer 
Vollers  Gr.  p.  130.  Ce  changement  de  u:o  en  o  est  attribué 
à  la  proximité  du  r.  Mais  il  y  a  aussi  des  mots,  oii  la  proxi- 
mité du  r  a  exercé  un  effet  contraire.  Ainsi,  en  Egypte,  ^\.<aA 
<u.v^!lX/o,  écoles,  ^Abdallah  en-Nadîm,  Sulâfat  en-Nadîm, 
Caire   1319   II  p.  52,  12,  17,  à  côté  de   ^JJ^,  ib.  p.  52,  5; 

ib.   p.   52,  1   et   4  d'en  bas,   il  y  a   t>ca:>  <  ^jk>-  <  pA^, 

jeune  homme;  ib.  p.  52,  5  :  a^  <  lAS'  <  ÎlX/,  ainsi,  u^y^,  dent 

molaire,  <  ij^j^,  Spitta  Gr.  p.  19.  On  voit  donc  que  même 
sans  le  r  ce  changement  peut  avoir  lieu.  Voir  ici  sub  (jo 
et  (_vi3,  oià  l'on  trouvera  des  exemples  de  ijo  <  (j«  et  de 
(ji?  >  o,  à  côté  d'une  sonore. 

a^^  jijL^'I^  ic?'b>  ^1  ^^^_  JJ>,  qu'il  m'etivoie  de  parlemen- 
taires cette  fois-ci  encore,  récit  du  Haurùn.  On  le  traduit  par 
aussi,  anche,  pure  (Nallino),  auch  (Spitta,  Hartmann).  Si  on 


156 

le  rend  par  toujours  ou  encore^  on  sera  plus  exact,  et  cela 
est  absolument  le  cas  pour  le  Yéman,  où  cet  adverbe  est 
aussi  employé,  Stace  p.  129.  Dans  notre  dialecte,  il  est  in- 
connu. On  y  dit  iolX«   vhv.,  ce  qui  correspond  comme  sens 

exactement  à  *^,Li;  \JbC-s,  vhv.,  est  un  accus,  loc.  très  com- 
mun dans  le  Sud. 

Dans  la   province   d'el-Manzaleh,   en  Egypte,  on  prononce 
distinctement    biàrdoh,    et    cela   indique   clairement    son 

étymologie,   déjà   établie   par  Spitta   Gr.   p.   19.  ij^ji  +  les 

suffixes   est    courant    dans   les    parlers   du    Haurân   et  des 

"Anazeh.  |*JC^,Li  j«jLJLi>,  restez  là  où  vous  êtes,   récit  du 

Haurân,   oià   l'on   a   aussi  la  forme  contractée,  comme  nous 

l'avons  vu  dans  un  exemple  précédent,  =  dt  j^lXa  ^/i- 
Wilya  ma  lagum  el-Hôtrôbi  bàrdu,  mais  Von  ne 
trouva  pas  el-H.  à  sa  place,  ma  LB'^A  p.  2,  14;  cf.  ib.  Gl. 

sub  (ji^y.  «j^  Jw^  \/to.!  ^y,  ^l/  v_j^t  lys'j",  les  Bédouins  se 
levèrent,  chacun  de  la  place  oit  il  était,  chargea  son  chameau, 
ib.  p.  Q^,  28,  =  Dt.  xjlXfl  ^^  o^'  ^o^s  avons  ici  l'emploi 
prototype  de(jrj,  et  pour  être  juste  j'aurais  dû  placer  barduh 
sub  [jcji . 

Spitta  confond  à  tort  bardoh,  1.1.,  avec  b  a  si  oh. 

-bjj,  u,  expliqué  681  et  n.  1;  890,8;  voir  oj. 

^^,  avoir  les  jambes  écartées  et  tortues,  ^=  ^^. 

^l^^,  qui  a  les  jambes  de  cette  façon,  Dt.  =  Yéman  a^i\. 

ijiJ^jj ,  expliqué  359  et  n.  3.  En  Egypte,  c'est  cracher  (plume 
mal  taillée). 


157 
iUjIjjj,  vieille  pantoufle,  359  n.  3. 

^y,  s'agiter;  galoper,  se  balader,  Egypte;  faire  des  sauts, 
Stumrae  Tun.  Gr.  Gl.  sv.  ;  prendre  le  tnors  aux  dents,  Eg. 
Vollers  Z  D  M  G  50  p.  382.  C'est  un  élargissement  de  ^y  vhv. 

jJ:>j-j,  déchirer  par  un  long  usage,  Dt.  ;   dégémination   de 

^.  —  Cela  n'a  rien  à  voir  avec  ^^,  soudoyer  <  J^.j, 
qui  est  un  mot  persan. 

jX-o',  expliqué  359. 

jj:)jj,  est  dans  presque  tous  les  dialectes  de  l'Arabie  et  du 
Levant  faire  la  moue  ou   le  museau,  être  renfrogné,  avoir 

la  figure  rechignee.   Y.  sub   ^.o.  ^^  f^f^  ^'    ^t  ^^  fut 

expliqué   par  é^^-)  wJiï  «Xjî,  ^m  me  fais  la  moue,  tu  as  la 

figure  changée  à  mon  égard  ;  cf.  Lammens  Farâid  p.  346. 
Ju^.:s\Jt  jJd^  j  Vavare  fait  la  moue,  Musil  o.  1.  p.  354,  9  qui  le 

traduit  par  „ârgerlich  ist  der  Geizhals".  En  Egypte,  c'est 
marmotter  étant  fâché:   Jal^u  ^Laj»^  [^jb  J^j-^j  ^t  il  devint 

triste,  se  mit  d  marmotter  et  à  pleurer,  Bàsim  p.  41  d.  1.  Ce 
n'est  pas  précisément  baragouiner,  comme  le  traduisent  Dozy 
S.  et  Habeiche  Dict.  fr.-ar.  sv.,  d'après  Bc.  Par  contre, 
Spiro  Arab.-engl.  Voc.  est  juste:  to  mutter  to  07ie  self,  talk 
unintelligently,  talk  incoherently,  =  (^y,  bargam  ib.  sv. 
LA  sv.  donne  des  exemples  de  l'emploi  identique  de  ce 
verbe,  qui  est  donc  très  classique. 
^}£.  (*-^jy',   fciire  le  museau,   avoir   la   figure  rechignee  Dt., 

expliqué  par  fJ^y>  vhv.  LA  sv. :  ^^'  ^y*  w^Ai^iJ"  ^!  J^J  ^f^- 

1    û> 

j«-b^,   babine.  Musil,  o.  1.  p.  188,8,  (appliqué  à  une  fille),  le 


158 

traduit  par  „ouverture  de  la  bouche";  toute  cette  poésie  est 
grotesque,  et  ce  mot  n'y  est  donc  pas  déplacé.  Nous  disons 
aussi  par  plaisanterie  museau  pour  bouche. 

_  o  _ 

iU-L^,  babine  des  animaux,  partout  courant.  Musil  o.  1. 
p.  271,  13. 

j.J3jj,  babine,  lèvre  dans  toute  J'Arabie,  aussi  en  Dt  1615 
note,  cf.  1162  note,  et  Weissbach  a  eu  tort  de  corriger, 
ZDMG  58  p.  946,  le  bàrtûm  de  Meissner  NAGI  p.  113b 
en  birtum,  qui  cependant  est  aussi  bon.  Holma  Kôrperteile 
p.  144  n.  4  pense  que  p-by  pourrait  être  formé  par  conta- 
mination de  (•y^y>  et  de  s^,  anneau  du  museau,  mais  cela 
n'est  pas  admissible.  J'ai  parlé  1615  note  de  tous  ces  mots 
de  formation  analogue  et  je  me  demande  si  les  verbes  sont 
dénominatifs  et  par  conséquent  postérieurs  aux  substantifs. 
L  '  m  finale  se  trouve  également  dans  des  mots  qui  n'ont 
pas  la  forme  ^j)^,  comme   'U*^àJ^,  1614,  et  le  verbe   *>JLi:. 

Dans  le  cas  qui  nous  occupe,  j*Lj  pourrait  bien  être  ono- 
matopée et  par  conséquent  primaire  à  l'instar  de  plusieurs 
verbes  qui  dérivent  d'une  labiale  dont  le  prototype  est  yj 
vhv.  et  barbarus.  Ensuite,  on  aura  formé  ^y^j  sur  le  para- 
digme courant  de  ces  sortes  de  mots,  car  l'analogie  joue  un 
rôle  très  grand  dans  la  structure  des  langues  sémitiques. 
L'arabe  est  tout  paradigmatique  1160.  LA  n'a  pas  le  sub- 
stantif [.y^jJ,  mais  l'on   y   voit   que  jj^^  se  rapporte  aux 

lèvres,   car  j.Lby  est  l'épithète   d'un  homme  lippu  et  grosse 

lèvre;  i^îy  est  lippitude  et  forte  colère;  avec  l'élargissement 

fjijjjî,  comme  f^f>^  Tahdîb  p.  152,  LA  XVp.  64,  et  f^f>'i, 
Tahdîb  p.  152  de  jjii-  et  de  jUi3»  et  d'autres  dégéminations 
par  n  dans  des  mots  de  la  même  catégorie.  On  ne  saurait 
donc  dire  avec  Vollers  ZDMG  58  p.  237  que  ^^  soit  une 
expression   moderne    „empruntée  à  la   trompe  de  l'éléphant 


159 

ou    au    groin   du    cochon".    Beaussier   enregistre   un    verbe 

Jsji,  faire  des  pets  avec  la  bouche.  On  pensera  à  -by^,  mais 
l'on  peut  aussi  y  chercher  la  racine  -by  dont  l'élargissement 
serait  Jd^;  en  tout  cas,  une  onomatopée.  j^Ly  pourrait  être 
un  accouplement  des  deux  onomatopées  ^,  vhv.,  et  ^x^  vhv. 
Nous  avons  j*.^*!),  parler  d'une  façon  barbare,  comme  les 
^imyar,  LA  sv.  Aujourd'hui  j^W-b  est  en  Syrie  (Alep) 
marmotter  entre  les  dents  =  ^^  (Saydâ);  cf.  Dozy  S.  sv.; 
cf.    aussi    notre   tam-tam   pour    marquer   le    rythme;    voir 

sub   ^^c>. 

L'italien  brontolare  pourrait  aussi  être  une  onomatopée;  cf. 
plus  haut  f^y'  oià  1/~~j*.Jûj y  =  V~brontol,  avec  permutation 
de  m  en  1.  Ne  pas  faire  entrer  les  onomatopées  dans  l'étude 
.  comparée  des  langues  en  général  serait  chose  absolument 
injustifiée,  car  la  même  loi  physiologique  préside  à  la  for- 
mation de  toutes  les  langues  primordiales. 

Y  a-t-il  une  relation  étymologique  onomatopéique  entre 
j»Lj  et  ^b^ ,  parler  une  langue  étrangère  inintelligible  aux 

Arabes,  LA  sv.?  Aujourd'hui,  le  &JLb^  est  le  parler  des 
Barâbra,  des  Sômalis  et  des  Mahrah;  le  jargoti,  le  dialecte. 
Vollers  pense  ici  aux  Retennu  des  anciens  Egyptiens,  ZDMG 
58  p.  237. 

^y,  être  haut,  Hdr  p.  489.  =  ^^,  1309,2,  vhv. 

^"yj  et  ^ys'^  sautiller;  danser,  Hdr  p.  489.  <  ^^Xi  540,1 

et  n.  1. 

iCcjj,  danse,  151, 14. 

c^  <  ^  <  1^,  dehors;  prononcé  barra"  depuis  "Oman 
jusqu'à  la  Mer  Rouge,  dans  le  Sud,  1453.  Peut-on  comparer 
comme  formation  analogue   c^j,   Lebîd   N°  XXXIV  v.  10, 


160 


repousser,  <  t^^ ,  apparenté   à  V  ^j»,   dans  quelques  accep- 
tions, mais  seulement  comme  passage  d'un  a  final  à  ^? 


vixtvJ 


5  O, 


cuyiy,  puce,  1306,1  =  trynç  Ges.-Buhl  sv.  et  d'après  H. 
Môller  ZDMG  70  p.  151  =  pulex  et  Floh;  cf.  Walde  sv. 
pulex  et  Boisacq  Langue  grecque  sv.  cpùKXx.  Ma  science  n'arrive 
pas  aussi  loin.  Le  petit  animal  est  international,  cela  est 
sûr,  mais  le  nom  !  Ce  serait  alors  une  importation  sémitique  ! 

vjy,  u,   faire  des   éclairs,  partout   courant,   oy  o.Ij,    1218 
n.  1.  2;  1699,2  d'en  bas.  Verbes  congénères,  1380  n.  6. 
3y,  être  interdit  =  di^,  1764. 

Jvc  ^jj,  regarder  fixement,  avoir  Voeil  au  guet,  épier,  1300. 
MSOS  I  pp.  61,16;  71,1;  ib.  III  pp.  17,4;  33,9;  aussi 
en  Egypte  et  en  Algérie,  Marçais  T  AT  Gloss.  sv,  ;  cf.oùy  vhv. 

oy,  pi.  o^y,  éclair,  538  n.  3. 

0;L,   éclair,    538,7;    590;    1157,9:    1218   n.  1.  2;   1648,11 

d'en  bas;  1699,2  d'en  bas;  Tab.  I  p.  1985,14.  êams  el- 
""Ulûm  p.  6:  op'  ui^L^-JL    Bittner   Studien   mehri   I  p.  15 

veut  que  la  forme  qOtal  en  mehri  dérive  originairement 
de  qatl>qâtel>qâtel>qôtel  et  il  cite  justement 
bôreq  à  côté  de  barq  (oy),  de  même  que  Rhodokanakis 
WZKM  25  p.  4,  mais  alors  il  faut  aussi  admettre  le  même 
processus  pour  l'arabe;  ce  qui  n'est  nullement  nécessaire. 
Le  fâMl  y  est  très  développé  appliqué  aux  phénomènes 
atmosphériques:  lA-cL,  ;j*wo'l^,   J^'^,    J^L*  etc.    vhvs.  Je  ne 

vois  pas  pourquoi  on  veut  ramener  cette  forme,  d'une  façon 
artificielle  très  en   faveur  auprès   de   quelques  linguistes,  à 


161 

une  autre  forme  primordiale  avec  laquelle  on  ne  saura  jamais 

établir  une  transition  historique  et  réelle. 

OjIj  <C  o^    ^^^''   di^apeau,  pi.  ^J^,    12,15;  459;  461,3; 

aussi  Çofâr  RD  II  Gl.  sv. 

^!y,  éclair,  117,  21;  161,  22;  467,6;  878  d.l.;  1273,6  d'en 

bas;  1718;  voir  sub   J.l=>.  Socin  Diw.  Gl.  sv. 

^yî,  sol  dur,  1764.  —  Bariolé,  ib.  =  oUjS  vhv. 

o^,  drapeau,  461,4;  pi.  o^Lo,  4-73,  14  =  ^^l>j  461,2,8. 

05-J1 ,  endolori  au  dos,  Syrie,  1223,  4,  et  '^Li^,  douleur  au  dos. 

nom  propre  293. 

«5j,  déchirer.  La  kan  em-taub  mibàrqa^  tirqa'eh, 
si  le  vêtement  (ou  Vétoffe)  est  déchiré,  tu  le  rapetasseras  Dt. 
C'est  un  autre  verbe  que  le  dénominatif  jïy  (v.  les  dict.)  et 
paraît  être  un  accouplement  de  ^  et  ^j,  dont  les  sens 
sont  différenciés  de  ceux  du  Nord. 

loi  o-,  i  -O  _    û- 

wëj,  endroit,  place,  synonyme  de  iixaj,  vhv.  c^Oj^j)  ij^j^'-^^ 

wëj,  tu  m'as  rasé  la  tête  et  tu  as  laissé  un  etidroit  (sans 

le  raser)  Dt.  Le  ^^  égyptien  n'est  pas  connu  ici;  Boh.  II 
p.  138. 

é^,  u,  se  courber  '),  se  coucher,  homme  et  bête.  ,.1^)0  ^-05  "^ 

Ajt_Jt  é-^  o-^-^^t,  lorsqu'ils  arrivent  devant  la  maison,  le 

chameau  se  couche,  818,  9  et  n.  1.  Mais  c'est  aussi  transitif: 

eu  di  bârikinneh,  qui  l'a  fait  agenouiller?  721,7;  alors 


1)  >i)yj!  du  genou,  I  Sa'd  VI  p.  80. 

11 


162 

=  éJ,  et  liJ.L.  =  éy^  818  n.  1.  I  Sîdah  VII  p.  5  dit  à  propos 
de  la  saillie  de  la  chamelle:  ^^.  Uj-^^  i^^yî  ioUJ!  J^  ^yj" 

L^^  L^Jlc  ii)y  iCïljJl  js^Àl!  ^yj':  l\_j;,  ce  qui  est  illustré  par 
ma  photographie  J.406.  Le  vers  d'Imrul-Qays  Ahlwardt 
127,  30:  léjS  ioJs^L/*  Js^^  Z^l  est  par  le  commentateur  chez  de 
Slarie  p.  119,  1  expliqué  par  L^-ki-i  j.  éj^*l\  ^]  ^SsL^ 
U^Mi  (J^_.yLw-o  is^K3  Ja>*^x-j  ii-j"^  iÎI^LaJ!  u-^^  ^^3\  voir  LA 

XVII  p.  284  ;  XVIII  p.  255.  On  voit  donc  que  é^i  s'applique 
aussi  à  des  animaux  autres  que  les  chameaux.  En  Syrie 
et  en   Egypte  ^i)  j  est  =  Joë .  A  Damas,   ce   sens  est  très 

courant.  On  y  dit  p.  e.  :  iiJuJ:?  ':^^  o^y,  je  suis  resté  couché 

longtemps  =  alité  à  cause  de  maladie.  ^  ^^L^v  ^Csj^  ^^^ 

j^S'iAit,  je   suis    resté   assis    deux    heures   chez  lui  dans   la 

boutique,   Syrie   et   Egypte.    J^  |ytJLb  Lo  ^yoo  iC^jX^s^t  i^L^ 

isLi-JLkil  jo^  j  'V^T^^  '''^tv^j  ^^-5  cavaliers  du  gouvernement 
lorsqu'ils  montent  à  un  village  s'installent  à  Veiidroit  de  la 
réquisition,  Hauràn.  (^cj-^xU!  ij>Â^j^î  ^^  ci«c  ^y  [«-^Ij  q'  i*^, 

ensuite,  B.  s'abattit  Sîir  ces  deux  rail  de  rôti,  Bâsim  p.  89,  2. 
ob>b>o  o"!iUd!  ^}^  ^\i  ^jj^,  et   alors   B.   s'abattit  sur  les 

trois  poulets,  ib.  p.  89,  16.  On  trouve  le  même  sens  en 
Algérie,  Beaussier  sv.,  Socin  Marokko  p.  160  n.  22;  Marçais 
T  A  T  p.  230  :  „Dans  certains  parlers  du  Sud  marocain, 
c'est  le  mot  (ii)y)  le  plus  fréquent  pour  s'asseoir."  Son  article 
est  fort  instructif.  Bergstrâsser,  dans  son  fameux  ,.Sprach- 
atlas"  p.  45  dit  qu'on  emploie  é^  pour  Joë  dans  les  envi- 
rons d'Alep,  probablement  parce  qu'il  avait  trouvé  chez 
Fourrière,  M  S  OS  IV  ii  p.  214,  ^^,  il  s'asseya.  Ce  n'est  pas 
tout    à  fait  cela,   comme  je   vies   de   le   prouver.  Ce  verbe 


163 

est  partout  courant  dans  ce  sens,  plus  ou  moins  spécialisé, 
excepté  dans  l'Arabie  du  Sud. 

C'est  sans  doute  un  dénominatif  du  sémitique  ^^ ,  genou, 

vhv.,  et  ne  doit  pas,  à  l'origine,  s'appliquer  seulement  au 
chameau,  car  l'extension  de  ce  verbe,  se  rapportant  égale- 
ment à  une  position  de  l'homme,  assis  ou  couché,  est  con- 
traire à  une  telle  resU-iction,  voir  Hdr  p.  696  et  Jacob 
Sanfarâ  I  p.  72  sub  ^^)  et  ib.  II  p.  41  et  ici  sub_ytî.  — 
Bénir,   791   en  bas;    cf.   1765  en  haut.  La  question  est  de 

savoir  si  é^,  bénir,  a  quelque  rapport  avec  ê^,  genou,  791. 

Zimmern  pense,  Akk.  F  W  p.  65,  qu'il  y  a  une  parenté 
fondamentale  entre  l'hébr.  bêrêk,  l'aram.  barrek,  l'arabe 
barrak,  bârak,  l'éthiop.  baraka  et  l'akkad.  karabu, 
béiiir,  prier,  >  sab.  krb,  bénir,  mkrb  sanctuaire,  temple, 
voir  638  et  ss.  et  ici  sub  ^/  ■  La  question  me  paraît  com- 
pliquée, et  je  ne  suis  pas  bien  persuadé  que  le  savant 
assyriologue  ait  raison. 

ii)J  ou  éyi,  genou,  en  mehri,  791  en  bas;  Bittner  St.  mehri 

I  p.  125,  III  p.  25;  id.  sh.  I  pp.  21  anm.  et  62;  Carter 
p.  354:  knee  barak.  En  hébr.  "^5,  genou,  et  les  autres 
formes  sémitiques  791  et  Ges.-Buhl  sv.  Le  sh.  possède  aussi 
l'arabe  erkebét  <  rekbét,  genou,  B.sh.  I  p.  21  en  bas 
et   p.   52.   Torczyner  o.  1.   p.  291  n.  3  veut  que  "^^5,  bark 

etc.  n'ait  rien  à  voir  avec  x»i'^ ,  qui  d'après  Bittner,  St.  mehri 
I  p.  14,  serait  une  métathèse,  791,  de  berek,  bark,  et 
vice  versa  St.  sh.  I  p.  52,  mais  Brockelmann  o.  1.  I  pp.  272 
et  276,  Holma  Kôrperteile  pp.  96  et  133,  de  même  que 
Ges.-Buhl  sv.  "^"13  ne  sont  pas  de  cet  avis.  H.  Môller,  Sem. 
u.  Indogerm.  p    6  et  ZDMQ  70  p.  150  identifie  "m  ,  genou, 

et  les  autres  formes  sémitiques,  à  è^i,  geyiua  flectere.  Je 
crois  aussi  qu'il  faut  séparer  berek,  bark  de  ï^.. 


164 

La  préposition  mehrite  birek  (berek)  da7is,  renferme 
assurément  le  même  thème  ti)^,  dans  son  sens  primaire, 
dont  ~n?  ne  serait  qu'un  développement  sémantique:  birék 
beyt  =  v.i>-.A>Jt  J.  ou   c>y^!  }^^^-  C'est  originairement  un 

substantif,  comme  le  dit  bien  Bittner  St.  mehri  IV  p.  11, 
car  on  peut  le  faire  précéder  d'une  préposition:  min  birék 

himù  =  iUl  Jj>b  ^y,  ou  Z^  ^  ou  ^Ui  ^"^  cr5  le-birék 

gabyet  =  i^oL^!  J^3-tJj,   et  Bittner  pense  que   c'est  à 

l'origine   un  ,y^,  ib.,  comme  tant  d  autres  prépositions  qui 

sont  au  début  des  substantifs.  Cf.  ^%5'j  vhv. 

éjj  est  à  Damas  couché,  alité  étant  malade,  vieux  et  infirme; 

on  n'est  pas  alors  certainement  dans  la  position  d'un  homme 
assis  les  genoux  plies!  Mais  aussi  ^y^  éj^  c:^î  ^^ ,  pour- 
quoi restes-tu  ici?,  comme  dans  l'exemple  plus  haut.  Les 
Juifs  de  Damas  disent  éjo  =  ytob>:  é\i_^le=  yi:oi=>  j^  L, 

un   tel  n'est  pas  présent  en  répondant  à  un  appel  nominal. 
'^^,  bassin,  71,  10;  pi.  o'^"^  71,  12.  En  Harîb,  on  prononce 
le  singulier  birék  a  h. 
éy^,  place  où  s'agenouillent  les  chameaux,  441,2;  1722,11. 

jtSji,  expliqué  1764  et  s.  Terrasser  qqn.  de  façon  à  le  faire 
rester  sur  les  genoux,  Dt.  1765:  (^c^'-^ij  *'"*^j^j  je  Vcii  ter- 
rassé avec  le  poing,  et  il  est  resté  à  genoux,  Dt.  Cf.  «XL 
et   ^i)y. 

o 

icil^^,  expliqué  832.  Est-ce  notre  percale,  par  la  voie  de 
l'Inde? 


165 


*     ^ 


^y,  u,   tourner,  tr.  ;  tordre,  19,19;  569  n.  3;  597;  ZDMG 

49  p.  512;  inf.  ♦jj  569;  633  n.  1.  jxl!  j.y!,  tourne  la   table 

Hdr.  Jaxi^  j.y,  tordre  le  fil,  =  ^  vhv. 

Mji,  marmite,  20,16;  596  en  bas;  597;  831  en  bas;  1037; 
pi.  j.ty  596.  —  Bassinet  du  fusil,  voir  sub  vJîA>o.  —  Ahanging 

lamp,  pi.  j.^,  Stace  p.  95,  parce  qu'en  forme  de  iC-*^. 
Lammens,  mots  français,  p.  158,  veut  que  ce  soit  l'étymo- 
logie  du  français  marmite.  Ce  mot  est  employé  dans  toute 
l'Arabie  et  les  dialectes  du  Levant.  C'est  de  l'arabe  pur, 
régulièrement  formé  sur  idl«,  Hdr  p.  252. 
j.t^,  potier;  pi.   ^y,   597. 

Les  KîCflîy  en  Egypte  923. 

j^^,  réparer  la  vaisselle  cassée,  1381.  Ce  sont  les  Juifs  qui 
font  cela.  .su^\  ^yt  y>  L^  iiUio3  ïLïytcm  iCxi-Jt  ^i  .L5^  L5y*^ 
^  "^j,  z7  /az^  des  trous  dans  la  marmite  cassée  et  y  fait 
passer  un  fil  de  cuivre  jaune  et  resserre  le  fil,  Dt. 

^N^^",  s'attifer  d'une  façon  voyante,  Syrie,  768,  n.  1.  ^y^ 
*bljCJlj,  avoir  le  langage  fleuri,  parler  d'une  façon  agréable, 
mais  aussi  enjoliver  le  langage,  en  sens  mauvais,  Syrie  et 
Béd.  de  Syrie. 

^^Ls^-p^,  fard,  768  n.  1.  ^Lj^^^t  ioLA-;L=>,  le  Jardin  des 
délices,  le  Paradis,  Syrie.  Cf.  _y,  „-Jb  et  ^n^jL,  ^,. 


166 


^7^ 

s- 

^j>,  a,  intr.  guérir^  Dt.  <  b  vhv.  —  Etre  libre  de  ^j^. 

^_5j,  i,  couper,  1298  n.  1.  —  Etre  exempt  de,  manquer  de 
Ardena  çlel-hîn  barîet  min  el-qatab,  7iotre  pays  est 
à  présent  exempt  de  variole. 

^_c^,  libre  de,  exempt  de,  ma^iquant  de  Ij!  ^^  iu^^  ^  ^l^\ 
iLjL«/jî  bÀS'  (i,  J^.  est  privé  de  blé  cette  année.  Cf.  ij  et  "f^.^,  /z6re. 

;j,  ^eyer,  soulever,  enlever,  aufheben,  690,5.  MJM  p.  11. 
Stace  sub  lifted.  C'est  un  verbe  très  classique  dans  ce  sens 
concret,  p  j-^',  mais  le  classique  dépouiller  qqn.  de  qqc,  jj 
et};ot,  Rubah,  Ahlwardt  III  p.  XCIX,  I  Sa'd  I  p.  107,4; 
IV I  p.  134,  21,  =  LydiLvv!,  est  secondaire,  comme  aussi  l'hébreu 

îîD.  piller,  faire  du  butin,  Ges.-Buhl  sv.  On  comparera  y,  »jj, 
vêtements  et  armes,  î3 ,  butin,  avec  le  latin  spoliare,  dépouiller, 
et  spolia,  dépouille.  Voir  Jacob  êanfarâ  I  p.  23  et  II  p.  30  et  s. 
Cf.    :->— 3  vhv.  L'égyptien   ;_j,  to  project,  spout  out,  spring 

(Spiro),  semble  être  dénominatif  de  j^,K  persan j^ museau, 
mais  eu  réalité  c'est  la  même  racine  primordiale  que  nous 
trouvons  dans  les  élargissements  ^  jj,  ^jj,  vJjjj,  Jjj  et  ^j-j 
dont  le  sens  fondamental  est  le  même.  Au  Yéman,  les  Bé- 
douins  disent  Ki>-wJL.  jj,  flatter,  Stace  p.  66;  c'est  au  figuré. 

"ji,  toile  blanche,  365,  2  d'en  bas;  éto/e  en  général.  Zimmern 
Akk.  FW  p.  37. 

^'^ ... 

jyij,  pipe  ou  brûle-gueule  des  Bédoums  du  Nord  1078.    On 


167 

l'appelle  aussi  jy  ou  jwu.*..  dans  les  différentes  contrées.  Voyez 

Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  133  et  s.;  id.  Die  Lieb  v.  Amasia 
p.  9  n.  12. 

j^jj  est  sans  doute  un  péjoratif  de  jvj  ou  un  diminutif, 
comme  le  syrien  ^y^  l'est  de  om^j!  >  ojjjJ  .  Cf.  jj  porte- 
cigarette,  bout  de  la  pipe.  Les  Bédouins  qarawî  (shaurî)  du 
Sud  ont  aussi  un  brûle-gueule  pareil,  Carter  BBRAS  vol.  II 
p.  200,  de  même  que  les  Indiens  de  l'Amérique. 

„j_3,  bondir.  —  S'ouvrir  brusquement.  — Crevasser.  RO  §239. 
En  Dt,  ^_j  ^ jj ,  dire  une  blague.  Cf.  ^-èj . 
-iot,  tomber  brusquement.  —  Eclater. 

)^ 

.jj,  semer,  1341  en  bas.  RO  p.  113,  7  d'en  bas  a  u^...^!  jj 

=  ij*^-*wixJi  Oj-ii ,  lever  du  soleil.  L'errata  n'indique  pas  cela 

'comme  faute  d'impression  pour  ^jj  vhv.,  et  alors  c'est  une 
variation  phonétique  du  suivant. 

^^ ,  se  lever.  ,^-..*^t  ^.i^^jj  LJ ,  32,  2  ;  très  employé  dans  le 
Sud.  RO  p.  2(54:  uA^_«-ciJt  ïLcjLj,  clair  de  soleil.    Dans  notre 

dialecte,  ce  verbe  s'applique  aussi  aux  arbres  et  aux  plantes 

qui  germent  et  poussent,  o-^j-j  ay^iwCcJ!,  the  tree  sprouted, 
Stace  p.  214,  pousser,  germer,  bourgeofiner.  On  voit  donc 
que  ce  n'est  pas  seulement  du  soleil. 

vjjjj,  u,  aussi  en  Dt.,  casser,  briser.  Stace  sv.  broke.  En  mh 
bzoq,  déchirer.  Cf.  oi.*o  et  o;x>. 

^ji,  ouvrir  une  plaie,  un  furo7icle,  un  clou  etc.;  ^OmknM.S OS 
m  p.  30,  7. 


168 

^jxi",  s'ouvrir  (plaie  etc.),   "Oman   ib.  1.  10,  12  d'en  bas,  cf. 

l'allemand  aufhrechen  d'un  clou  etc. 

^■■f4i  ^'6  casser.  J^  oyJÎ,  the  rope  broke,  Stace  p.  23. 

Pour  élucider  V~j^,   les  élargissements  rapportés  ici  sont 
importants. 

^îjj,  salive,  1712,11  d'en  bas. 

ôji,  i,  perforer;  enlever,  en  Mésopotamie,  Meissner  NAGI 

p.  114. 

JjIj,  homme  fort  et  gaillard,  gros,  671,3;  chameau  fort,  ma 

Festgabe  p.  29,3.   J3L.  K.ïl3,  I  Sîdah  XVI  p.  121. 

id^jj,  mamelle,  Hdr.  Gl.  sv.,  viendrait  d'après  Tarchev.  Cher 
p.  22  du  persan  J^jj  =  t^cjo .  Comme  le  mot  n'est  courant 
que  dans  l'Afrique  du  nord,  on  pourra  mettre  cette  étymo- 
logie  en  doute. 

1^3 ;j,  chat;  fém.  '^»,^,  1135.  Weissbach  Irak-Arab.  p.  182 
N°  157.  C'est  sans  doute  un  diminutif  caritatif  en  un  qui 
s'est   conservé   dans   les   dialectes    et   devrait,    comme   tel, 

figurer  sous  jj.  Cf,  u^. 

j^;j,  i,  allaiter  V enfant  Dt.  C'est  un  dénominatif  de  ^jj,  Hdr. 
p.  110.  Cf.  y,  Stace  p.  167'., 

w  oc  w 

^j^,  chat,  1133  et  ss.;  pi.  (>'lwjÎ  ou  u««wj,  1133;  fém.  iUo, 

c/ia//e,  1134;  1136.  —  ij^^l^,  chat,  1135.  —  Tous  les  noms 

pour  le  chat  qui  figurent  1135  N°  1  sont  des  onomatopées 
imitant  la  voix  par  laquelle  on  appelle  ou  chasse  le  chat. 
Le   sont  également  les  noms  que  donne  A.  Fischer  dans  la 


169 

•  • 

ZDMG  71  p.  217  en  bas  et  p.  218  et  n.  1,  où  la  remarque, 
contre  Lerchundi,  est  parfaitement  justifiée.  Je  me  demande 
si  les  noms  de  la  seconde  catégorie,  1136  N°  2  =  Fischer 
p.  217  et  n.  2  et  p.  218  et  note,  ne  sont  pas  aussi  des 
onomatopées  au  même  titre  que  ceux  de  N°  1. 

Lr^3)  égypt.,  expliqué  404;  Socin  Diw.  Gl.  sv. 

"^1  u-^»  ne-que,   seulement,   Dt.  Hdr.    p.  392,   comme  l'irâq. 

Lo  ^^^o,  MSOS  VII  p.  118,5;  Cf.  655. 


0**-! 

,j*.>*,wj,   travailler  avec  lenteur  et  négligeance,  tripoter,  Syrie 

1135  n.  2. 

\ji*-iM^^  chat,  Egypte,  1135  et  note. 

Jilj>Ja;^,  1072.  Aussi  en  raehri. 

vjuvo,  déchirer  ou  arracher  par  un  coup  sec  en  tirant,  mais 
non  avec  un  couteau,  abreissen,  Hogarieh.  Je  ne  sais  d'oii 
vient  ce  verbe,  si  ce  n'est  une  prononciation  pour  ^jj  vhv. 

Cf.     Oj/o. 

J.-^,  i,  cuire  la  viande  à  l'eau,  bouillir,  usité  surtout  chez 
les  Bédouins  du  Yéman.  Seul  LA  mentionne  ce  thème  dans 

ce  sens  pour  J^**jî,  mais  nous  y  trouvons  aussi  *-Lv*o,  mal 

compris  par  les  savants  arabes,  et  qui  doit  être  un  plat  de 
viande  bouillie,  régulièrement  formé  sur  le  parad.  iloè,  Hdr. 
p.  278  n.;  donc  ^='x<^jJo.  J-wo  est  aussi  sabéen,  Glaser  Altj. 
Nachrichten  p.  197.  Kônig  Hebr.  Gramm.,  zu  §  1 — 4,  dit 
que  V~bé\  n'existe  pas  en  arabe.  Il  n'aurait  eu  qu'à  ouvrir 


170 

»  • 

L  A  et  notre  excellent  Ges.-Buhl  s.v.  b^2  pour  se  convaincre  du 

contraire.  Dans  son  propre  dict.  liébr.,  où  pourtant  il  renvoie 

si  souvent  à  l'arabe,  le  renvoi  manque  cette  fois.  De  Lagarde 

a   aussi   méconnu   ce  verbe   très  arabe,  Bildung  der  Nomina 

p.   41/2.    Voir   Nôldeke   Beitrâge  II  p.  45.   C'est   le  qarawî 

(shaurî)  bisel,  rôtir,  SAE  VII  p.  123  §  5.  Cf.  J^.L:>,  Jwi- 

et  ^  vhvs.  Voir  aussi  H.  Môller  SIG  I  §  132.  En  mehri, 

il  y  a  fsu,  dîner  =  sh.  fse  ou  fùsi,  qui  pourrait  bien  avoir 

du   rapport  avec  le  vieil  égypt.  psy,  cuire,  <î s,  plus  tard 

pfs,  Festschrift  Hommel  I  p.  332.    Le  verbe   sémitique   en 

serait-il  un  développement? 

J^L,   insipide,   au   fig.,   Egypte,   492,4  d'en  bas.  Hartmann 

LLW  p.  125.  En  datînois,  c'est  courroucé,  qui  se  jette  à 
tête  perdue  dans  la  mêlée.  Sanfarâ,  Jacob  I  p.  23  et  II  p.  15, 
c'est  traduit  par  trotzig,  arrogant.  Jacob  veut  que  ce  soit 
le  même  thème  que  bï^Di^^^s,  qui  signifierait  originairement 
bouillonnant  (d'ardeur),  brûlant.  C'est  possible.  Cf.  Abu  Hilâl 
el-'Askarî  K.  el-Mu'gam  dans  M  S  0  S  XVIII,  ii  p.  8. 

Le    sens   sabéen   de  faire  une  offrande,   b^^'l,   n'est   pas 

ù    > 

connu  dans  le  Sud,   mais   les  Bédouins  de  Syrie  ont  iiJLo, 

do7i,  cadeau.  Cf.  LA  et  Qàra.  sv. 

,U.vv.j,  cuit,  bouilli.  J>-y*o  *.:sn.J,    viande  bouillie,  Hogarîeh,  = 

vAa.*=>  vhv.  SAE  VII  p.  26,2,  bisil  est  le  contr.  de  nùM 

=  ^  vhv.,  soit  mûr,  à  point.  Bittner  St.  mehri  I  p.  84  a 
oublié  l'arabe  J^^vo. 

J^A-Ix),  datte  séchée  au  soleil,  sing.,  Dt.  RO  p.  104,13  d'en 
bas;  ib.  p.  157,8:  ^o^  ^Li^,  ;?s>-b  Lo  y  èN^kj  ^_JL*^I  y*^Jt, 
les  dattes  mabsali  sont  cuites,  et  ce  qui  n'est  pas  cuit  s'appelle 
!.*«,  sôhh,   à   quoi  on   comparera  ce  que  dit  LA  XIII  p. 

58,  10  :    \àài>5    }s^^    ^.w^î    JvwoSj  . 


171 


^,  chat,  1133;  1136.  -  iU-o,  chatte,  70,4;  1133.  Partout 

dans  le  Sud.  —  ^«^.^.^y^o,  petit  chat,  1134,  6  et  n.  3;  cf.  p.  709. 

Ce  nom  d'unité,  qu'on  constate  aussi  quelquefois  dans  le 
Nord,  mais  jamais  aussi  répandu  que  dans  notre  dialecte, 
et,  d'après  Littraann,  en  tigré,  se  trouve  également  en  persan  : 
gùrbèï,  U7i  chat,  bûsèï,  un  baiser,  Chodzko  Gr.  persane- 
p.  112,  qui  l'appelle  le  y  a  d'unité.  Voir  Brockelmann  o.  1.  I 
§  221. 

(jv*o,  petit  chat,  1135.  —   ^--^y^;   petite   chatte,    1135.    Cf. 
bsôna,  petit,  à  Ma'lûla  ZA  31,  p.  206  n.  1. 

Jo,   expliqué   317;    1490,5.   RO   p.   416,18:   8^1==-  J^^,, 
il  se  réjouit;  cf.  le  cl.  Jii.^  lS>;- 

^  =  Jii^  317.  L'impératif  ^xi.jî  est  une  formule  de  politesse, 

une  exclamation  exhortative,  une  invitation,  employée  dans 
tout  le  monde  arabe,  1603,9.  Sa^na  ma'^ak  ufi  arârak. 
Qâl  lehom;  Zeyn,  îbsiru!  C'est  que  nous  sommes  avec 
toi  et  sous  tes  ordres.  Il  leur  dit  :  Très  bien  !  Ibsiru!  = 
''Oman  M  SOS  V,  ii  p.  14  d.  1.:  sâne  biyâk  ufemrek. 
Gâlhum  (sic!):  nzên,  tebessiru.  Je  reconnais  parfaite- 
ment mon  incapacité  de  rendre  cet  impératif  par  un  seul 
mot  adéquat  en  français.  J'ai  traduit  l'imparfait  î^yi^'  30,  12 
par:  soyez  tranquilles!  RD  Gl.  sv. 
(iVr^.Lj  j^S  LI>  JL>yLi  yi.jt,   les  hommes  sont  à  toi!  Nous 

sommes  aujourd'hui  tes  victimes  (=  nous  nous  ferons  tuer 


172 

pour   toi)  récit  ''anazî.  ^csJ  ^Jl=>  L^  JÊ  i::ooy>  ^  vj*^'  l^^^^j 

^/ioi  c>jl5  SaÎjIj,   le   maître   de   la   tente  appela   sa  femme  et 

lui  dit:  ,jDépêche-toi  à  faire  le  déjeuner.'^  Elle  répondit: 
ibsîr!  Haurân.  Cf.  Musil  o.  1.  p.  222,6  d'en  bas. 

Cette   formule  doit  être  de  vieille  date.  Elle  se  rencontre 

Qor.  41  V.  30:  'xi,^l\j  Îj^Ij,  ce  que  Kazimirski  rend  par: 

réjouissez-vous  du  Paradis,  de  même  que  Zetterstéen  dans 
se  nouvelle  traduction   suédoise.   Boh.  I  p.  114,9  (Ju^ias  ^_jLi 

iUijtJI):  tjyio!  tout  seul. 

^_j  yiUj,  constater  avec  plaisir  un  fait  47,  13. 

"éy^ ,  épiderme  49,  1.  —  Morceau  de  peau,  1029.  Cf.  s^. 

s^,  prépuce,  Dt.  —  Scorie  Dt. 

3 

b.-Uio,  scorie,  Bâ  Kâzim.   Cf.   %^. 

^Lj,  employé  seulement  avec  ^L^t:  .L^î  ^Lu'  la  première 

lueur  annonçant  la  pointe  du  jour.  hj<l\  ^Lo  iA>Lc  /L  U/«jc, 

710US  allojis  partir  (v.  sub  ^^)  demain  matin  aux  premières 
lueurs  du  jour,  Dt.  C'est  véritablement  le  pluriel  de  l'infinitif 

jA.^"  de  .^.  Il  y  a  plusieurs  de  ces  pluriels  analogues: 
«-joLj"  vhv.  ;  ^^yKJiyS;  wwuJLxaj",  représentation  d'une  croix, 
tableau  où  est  peinte  une  croix;  ^^L^j",  aussi  le  sing.  r^y^j'; 
JvjiUi" ,  pi.  de  l'infinitif  JyyUJ"  =  JLxIi";  vuç>L3ù'  I  Sîdah  IX  p.  49; 
c>wy^L*j  et  j*h\Jii .  Ces  infinitifs  sont  devenus  des  substantifs. 

vjî-ci.j   1532,  9  d'en  bas.  Je  ne  connais  pas  ce  verbe. 

«io,   soumettre  l'inculpé  à  l'épreuve  du  feu,  faire  l'ordalie, 


173 

Arabica  V  p.  162  et  ss.  Burckhardt,  Beduinen  (Weimar  1831) 
p.  233.  S.  Fraenkel,  Feuerprobe,  dans  les  Mitt.  d.  Schles. 
Gesellschaft  f.  Erdkunde  Heft  XII.  Maltzan  Sùdarabien  pp. 
2(i2  et  294.  Vollers  ZA  XXII  p.  224  et  s.  Littmann  Be- 
duinenerzâhlungen  Gl.  sv.  Musil  o.  1.  p.  210  et  p.  340  s. 
Rhodokanakis  Dofâr  I  p.  23.  Ce  verbe  a  ce  sens  dans  toute 

l'Arabie.  A  Dofâr,  on  dit  o'-*!  vhv.  ;  les  Bédouins  du  Higâz, 
aussi  (j«"^i,  et  le  ^J^  y  est  aussi  (j^js^JU.  C'est  presque 
toujours  la  même  famille  qui  excerce  ce  métier  pour  découvrir 

-  o  J 

les  ij:r*i^-  Voir  sub  ^L. 

j/ixxij',  être  soumis  à  répreuve  du  feu,  Arabica  V  p.  164,  5  et  6. 

Jo^  5-^5  scorie  Dt.  =  ""Aulaqî  'à.*^-  cf.  syio  et  s^Uco,  vhv. 

G 

wt>ûj,  V épreuve  du  feu,  ordalie,   partout  en   Arabie,   Stace 

o 

p.  116  sub  ordeal,  =  Nord  iC*Jb  vhv. 

^-ii->-<,  celui  qui  fait  subir  l'épreuve  du  feu  à  l'inculpé, 
partout  en  Arabie,  Arabica  V  p.  163,  =  Nord  ^Lo  ou  ^j-^-s^JU. 
Dans  la  Mission  archéologique  de  Jaussen  et  Savignac  p.  474 
n.  2,  nous  lisons,  à  propos  de  ce  procédé  de  ^-^:  «L'in- 
culpé admis  en  sa  présence  tendait  la  langue  à  une  lancette 
rougie  au  feu  et  adroitement  appliquée  par  le  bâla"  (lisez 
muballi'');  trois  fois  l'instrument  devait  toucher  la  langue. 
Si  la  chair  était  mangée  par  le  fer  rouge,  l'inculpé  était 
coupable;  dans  le  cas  contraire,  il  était  déclaré  innocent." 
Mais  on  m'a  assuré  qu'on  peut  graisser  la  patte  au  mu- 
baâsi^  afin  qu'il  applique  ^e  fer  un  peu  au  dessus  de  la 
langue,  qui  par  cela  n'est  pas  touchée.  C'est  le  bahsîs,  le 
bartîl,   la  balsah  ou  la  riswah,  vhvs.,  qui  est  le  juge 

o 

suprême  en  Orient.  Sur  le  dialectal  t.io,  voir  l'anecdote  chez 
Abu  Hilâl  el-'Askarî  MSOS  XVIII,  ii  p.  5. 


174 


^y^   ,»-^,  avoi7'  du  dégoût  pour  =  ^J^   (-f^j  tandis   qu'en 

araméen  c'est  tout  le  contraire,  v.  Ges.-Buhl  sv.  dïï'D. 
pLci_:  est   encens   dans  tout   le   Sud.    C'est  le   Commiphora 

opobalsamum,  haumier  de  la  Mecque,  Deflers  Esquisse  de 
géographie  botanique  dans  la  Revue  d'Egypte  p.  421.  On 
comparera  le  thèfne  txio,  qui  renferme  la  même  idée. 

(joj,  u,  regarder,  317;  1298  n.  1.  —  Epier  —  Ma  Festgabe 
p.   37   et  s.   Déjà   Yollers  ZDMG  49  p.  493   a  voulu  voir 

dans  les  verbes  tels  que  (j^j  =■  y^;  ^-^  =  ^av.3-;  uj;  =  yj; 

iiU«  =  yCv;  (j„::i£  =  y^ic  et  lXJs  ==  .lXJs  et,  par  conséquent, 

ceux  que  j'énumère  317,  une  réduction  du  Jjè  en  «,  et  feu 
mon  ami  J.  Barth  m'écrivit  le  3  Févr.  1909:  „Zu  S.  317 
will   es  mir  scheinen,   dass   mehrere  Wurzeln  erst  reduzirt 

sein  môgen;  so  ^J^.^  j._^j  aus  J:^,  ij^  aus  -a^j.'"  Cela  est, 
d'après  moi,  méconnaître  le  mécanisme  des  racines  sémitiques 
et  l'importance  des  dialectes  arabes,  oii  se  trouve  l'immense 
dépôt  des  matériaux  de  construction  de  la  langue.  C'est  une 
linguistique  à  rebours.  Je  renvoie  la  lecteur  aux  verbes  ci- 
haut  dans  ce  Glossaire. 

(joLL,  espion,  Stace  p.  214. 

5  0^ 

gjoyo^,  494,5;  Prov.  et  Dictons  Gl.  sv.  Petite  lampe  porta- 
tive en  Syrie.  Ma  Festgabe  Gloss.  sv. 

^x2j,  ^K2^_  et  ^,  u,  voir,  regarder,  317:  892,  2;  1466  d.  1.; 
1528,5;  1533,4  d'en  bas;  1630,9  d'en  bas;  1695.  Etymo- 
logie,  1298  n.  1. 


175 

yjAi,  dans  la  locution  Lujl>JI  oj^^Ij»  il  cl  commencé  à  faire 
jour,  Dt. 

^  «-^  ;  y,  regarder^  1370.  Rendre  visite,  aller  voir  quelqu'un, 
1075,  D.  2.   Regarder   ce   qu'il  faut  faire  pour,  ^5  trouver 
remède  à,  1361,  10  d'en  bas. 
y^)  >  .Aûlajt ,  pouvoir  être  vu,  se  voir,  892,  5,  v.  sub  J^Ijo^L 

j«2j,  6o?^  conseil,  expédient,  manière  d'agir,   clairvoyance,  pi. 

^l4Î,  522,  14;  992,5  d'en  bas.  C'est  le  syrien  ^bl  ^î  J^ 

Sud  =  Syrie  JûôJi]  JsJls.  ^aûJI  ^^sui',  gt^e  faut-il  faire,  commuent 
faut-il  agir?  D.  H.  Mûller  SAE  IV  p.  72  N°  18  et  p.  74,  11. 

Stace  p.  200:  ivhat  can  I  do?  a^î  ^^  /^K  l*^  prévoyaiice 
ou  le  savoir-faire  prime  ou  remporte  sur  la  force,  proverbe 
yémanite  ZA  26  p.  347.  En  Hdr,  on  dit  s. Laj  dans  ce  sens, 
ce,  qui  est  le  mehri  bsôret,  ruse. 

'■é^,,  lumière.  «y^J'  ^^  ^3,  s'ôter  de  la  lumière  Dt. 

a^j-^cL.^ ,  lunettes,  Yéman  =  »_Li.^  (»_a12J^),  Aden  et  Dt.  Ma 
Festgabe  Gl.  sv. 

<Jawj-i2jlj,  expliqué  1072;  aussi  mehri  BM  III  p.  13  oiî 
il  faut  lire  bas  t.  Voir  LA  IX  p.  129  sv. 

iji2j,  i,   arriver,  522,13;   1222.   —    Se  répandre,   se   dit   de 

l'eau,  Dt.  Lane  sv.  cf.  ^j^,  suinter,  Tab.  I  p.  1479.  — 
Frapper  chez  les  Bédouins  de  Syrie  cf.  ^y:o.  —  Causer  des  dégâts, 
"Oman,  Moritz  Zanzibar  p.  9.  —  Cf.  ^-^iij,  1298,  n.  1,  ^^, 

tj.2ju  et  Joijj  v.  les  dict. 

(ja^aj,  répartir,  distribuer,  Dt.  I  Sîdah  XII  p.  228,9. 

_*a_i,  1298,  n.  1.  Elargissement  de  V~o^  dans  le  sens  de 


176 

donner  peu  d'eau.  C'est  l'hébreu  "liiD,  Ges.-Buhl  sv.  Sa  méta- 
thèse  (j^y,  i,  u,  donner  peu  d'eau,  Barth  ES  p.  1.  Cf.  -Lj; 
cf.  aussi  le  mehri  bedôr  et  bedâuq,  déchirer.,  BM  I  p. 
11.5,  II  p.  16,  IV  p.  56  et  BSh  II  p.  61;  l'arabe  ^^  vhv. 
L'arabe  y*^  a  en  partie  le  même  sens,  comme  le  babyl. 
basâru  et  le  mehri  bezôr,  couper. 

,t>caj,  prix  de  la  dp'floraiso?i,  834  et  n.  1.  —  cLw02>-x_w^t  -,LXj, 
8S4  n.  1.  Pour  d'autres  verbes  congénères,  voir  sub  ^. 

(^^ji,  devenir  pubère  (fille).  La  fille  est  ,^^,  pubère,  Dt. 
Se  rattache  peut-être  à   izj,  clitoris. 


L, 


ïaj,  U,  expliqué  1216.  Onomatopée  qui  se  trouve  aussi  dans 
les  langues  indoeuropéennes.   A  Laghouat,  c'est  le  seul  mot 
employé  pour  frapper  (Marçais). 
i2.>J2j,   barboter  dans  l'eau,  Syrie  et  Dt.  Cf.  Jij^j,  v.  sub 

jy  et  i2xi>.  'i^jix}')  J.  Jijlio  ^Jii.i,  pourquoi  barbotes-tu  dans 

la  flaque  d'eau?  Dt.  =  Syr.  J,  -l^y^. 

f^i  retiverser,  1216. 

^L,   terrasser  en  luttant  avec  quelqu'un,  tomber  quelqu'un 

en  luttant,  Syrie,  =  ^j^ ,  dans  le  Sud,  vhv. 

*x)  ^Lo" ,  même  sens,  Syrie  =  ^J^*^  dans  le  Sud,  vhv. 

flij,  rivière  temporaire,  Carbou  p.  207;  RD  Gl.  sv.  L'exac- 
titude de  Huber,  cité  Hdr.  p.  475  n.,  est  confirmée  par 
Laramens  JAs.  1917  p.  467  n.  2.  En  mehri,  batah,  i^ows- 


177 

sière,  et  en  sh.  âtah  <  batah,  sahle^  qui  est  aussi  le 
sens  datînois. 

iL.^Lj,  tapis  en  peau,,  832. 

^aj,  a,  être  insolent,  arrogant,  effronté,  outrecuidant.  Emploi 
rare,  mais  connu. 

^jLxj ,  se  découvrir  le  corps,  tout  ou  en  partie  ;  se  dénuder. 
Etre  insolent,   effronté,   arrogant,  outrecuidant  et  alors  = 

^■^'  Aussi  chez  Hartmann  LLW  p.  152  Str.  6  et  comm.; 
ib.  p.  155,  21,22. 

^jk*jùw],  être  fougueux,  hommes  et  bêtes;  aussi  ^Omân  RO 
p.  291,15  d'en  bas. 

Cl     -  ù     _  5    3 

jlij',  7m,  (tout  ou  en  partie);  fém.  '^j^,  nue;  pi.  ^^  Dt., 
''Aul.  et  Bâ  Kâzim,  =  (^^L 

»^ ,  insolence,  arrogance,  effronterie,  outrecuidance,  impétuosité. 

Joi,  insolent,  arrogant,  Dt.  —  El-Hadrami   la   ta'^allam 

el-^ôlm  fi  Tërîm  yistëwi  bàtër  mithîyilînnu  râs 
el-hôkmah,  le  Eadramite  lorsqu'il  a  étudié  à  Terîni 
devient  arrogant  se  croyant  être  le  comble  de  la  sagesse,  me 
dit  un  datînois.  Qays  b.  el-Hatîm,  Diw.  N°  8  v.  5,  dit: 

Si  c^owc  Mwe  fortune  t'a  été  donnée,  tu  ne  dois  pas 
En  être  arrogajit  par  cela,  car  l'état  des  choses  évolue. 

^^t^j-kj,  arivgant,  impétueux  (homme);  fougueux,  fringant 
(cheval).  Aussi  'Oman,  RO  p.  522,73.  Ce  sens  de  V~_^ 
et  de  ses  dérivés  est  répandu  dans  presque  tous  les  pays 
arabes;  v.  les  dict.  de  la  lurah.  La  V~J2^,  être  nu  ou 
quelque  chose  d'analogue,  est  difficile  à  débrouiller,  à  moins 
que  ce  soit  pour  byn  vhv.  >  Ly  >  ^Iij  par  métathèse.  C'est 
une  simple  supposition,  faute  de  mieux. 

12 


178 

,kyL«.!,  être  insolent,  être  impétueux,  être  fougeux.  Aussi  en 
""Oman.  RO  p.  291,14  d'en  bas:  lôhsân  mistebtor  hêt 
hâdsi  min  zemân  riikbo  ybâ^  edeb  hathûz  btûrîto, 
l'étalon  est  trop  fringant  parce  que  personne  depuis  longtemps 
ne  l'a  monté;  il  a  besoin  d'être  châtié  afin  que  son  ardeur 
s'en  aille. 

(Ji^,  i,  couper,  359.  Cf.   ^/^Kj. 

V~S^  359.  —  Dans  le  sens  de  chômer,  être  en  vacances, 
Zimmern  Akkad.  FW  p.  47  veut  que  l'aram.  bétel 
(>  néohebr.  bâtai),  même  sens,  ait  été  influencé  par  l'akkad. 
batâlu,  chômer. 

jLj,  expliqué  1391.  Cf.  ^l^^  sv. 

JsLj,  pi.  ^3^JaJ^  bi'ave  hornme,  courageux,  héros,  1608  d.  1. 
Sur  l'origine  sémasialogique,  voyez  sub  ^ff^^  et  »^.  Il  est 

JJaj  parce  qu'il  fait  fi  de  tout,  même  de  sa  vie;  tout  est 
pour  lui   ^\j,    excepté   le  courage  et  la  renommée,  qui  lui 

donnent    la    gloire    dont    il    tire   la   vanité,   innée   chez   les 

Orientaux.  Cf.  ce  que  je  dis  p.  884  et  ici  sub  'U^  et  «Ab. 

Dans  le  Sud,  surtout  sur  la  côt  des  Mahrah,  il  y  a  le  mot 
b  e  1 1  î  1 ,  qui  est  un  bateau  assez  grand  pouvant  faire  de 
longs  voyages  sur  mer.  Th.  Bent,  Southern  Arabia,  écrit  p.  8 
bat  il:  the  Sbeikh  (of  Bahrên)  has  some  fine  war  vessels, 
called  batils;  ib.  p.  229  et  p.  277.  Jahn  SAE  III  p.  170 
écrit  plus  correctement  bettîl,  grand  bateau  dépêche,  pi. 
betôtel,  Bittner  St.  mehr.  1  p.  69  en  haut.  On  pensera 
tout  de  suite  au  portugais  batel,  nom  que  les  Berdeqays, 
<  portugez  =  Européens,  Bittner  St.  mehr.  IV  p.  65,  ont 
pu  laissé  dans  le  pays.  Mais  nous  trouvons  dans  les  Merveilles 
de   l'Inde,   éd.   v.  d.  Lith,   Gl.  sv.,  un  mot  qui  est  toujours 


179 

écrit  Jl.  *  L  <  et  qui  paraît  signifier  canot.  Le  récit  de  ce 
capitaine  au  long  cours  a  été  composé  vers  Tan  342  de  la 
Higrah.  Le  ms.  de  Constantinople  date  de  l'année  644.  V.  d. 
Lith  n'a  pu  trouver  un  nom  de  bateau  qui  ait  quelque 
rapport  avec  ce  mot.  Est-ce  que  jUk*  serait  une  faute  de 
copiste  pour  J^-Ji^?  On  sait  que  hatil  >  bateau  est  un 
diminutif  de  l'angle-saxon  bât.  Si  JLJm  est  la  bonne  leçon, 

il  faut  sans  doute  donner  à  J-Ju  une  étymologie  portugaise, 
mais  les  deux  t  sont  surprenants,  quoique  possibles.  ^^  ^iiîj. 

^^  ^  ),  u,  aller  vers  la  mer  ou  le  Sud,  87,14;  885  d.  1.  ; 
expliqué  1321.  —  S'engager  dans,  1322,1.  —  Manger,  RO 
p.  223,  10  d'en  bas. 

^,  avaler,  57,4.5,  =  Id^o.  On  ne  dit  ^^  que  lorsqu'on 
a  précédemment   mâché,   sans  cela  c'est  ^j   ou  bjj,   vhv. 

^ci  ^rJ.Lo  j.^l53t  qI^xj,  il  avale  ce  qu'on  lui  dit  (a  reproché) 

et  ne  riposte  pas.  Il  y  a  la  même  métaphore  dans  les  langues 

européennes. 

,^Jio,  se  raser  les  poils  des  parties  génitales;  dénom.  de  ^Iw. 

^1j  expliqué    1321.  —  io^li-  ^Lj,  la  surface  ou  l'aréal  du 

champ,  1508;  cf.  ^^Jo. 

o   -  o   _ 

8^,  porte-monnaie,   Hdr.  Cf.  »>yi3,  Dozy  S.  sv. 


Ju  <  LLj  —  ur^''  mettre  du  temps  à  faire  qqc;  rester 
longtemps,  tarder,  65,12;  137,17;  170,2;  1606,2  d'en  bas. 
Ce  sens  de  tarder  est  courant  dans  toute  la  Péninsule  et 
chez  les  Bédouins  de  Syrie.  Les  Syriens  disent  J^.  Snouck 
OS  I  p.  100,  3   donne  pour  le  Hdr  ^.   Je  ne  connais  que 


180 

^çJojî,  mais  i^^j  peut  être  vrai;  en  tout  cas,  le  participe  est 

i^^/o  <  ^Jr^■,  et  jamais  je  n'ai  entendu  j^c^L..  Le  "Omânais 

a  du  reste  J>c  l^^?  comme  dans  cette  phrase  de  RO  p. 
233,  10:  yôm  gelest  henâl^  stebtayûni  hûti  ubatêt 
'^  a  ]  î  h  u  m  ,  lorsque  fêtais  là,  mes  soeurs  m'attendaient  avec 
impatience,  et  je  les  ai  fait  attendre.  Snouck  Z  A  26  p.  229 
n.  1  donne  cette  phrase  liadramite:  la  ma  si  "^ôlya  fis- 
soboh  yibti-l-^amal  ma  yilgi  sabûl,  s'il  ne  fait  pas 
de  vent  du  nord  le  matin,  les  céréales  restent  longtemps  avant 
de  faire  des  épis.  Mehri  habëtâ,  venir  trop  tard,  être  en 

retard,  ce  qui  =  J^\,  Jahn  S  AE  III  Gl.  sv.,  BM  II  p.  76, 17. 
^^L*_j,  laisser  longtemps  attendre,   Nord,   704,  9  d'en  bas. 

LLJ,  longtemps.  o^I  ^^  [L^  \j.1  Csji ,  il  y  a  longtemps  qu'il  ne 
fait  plus  froid. 

(V^,  adjectif,  qui  est  depuis  longtemps  ou  a  été  longtemps 
dans  un  eyidroit.  xo!  ^Cs^  ^^  lXï,  es-tu  depuis  longtemps  à 
Adenf  [JS>  ij*JL>  yS>  ^^Lj,  il  y  a  lotigtemps  qu'il  se  trouve 
ici.  Prononcé  batè^ 

o^US  ^,  locution  expliquée  929,  5  d'en  bas. 
yju,  disperser  762. 


* 


Jotj  éter  ses  habits  v^-^'  1^21  =  tXjtj!  ib.  Synonymes: 

3-,  u-Jli^,   5JL=>,  .iJui,  ^^!   vhv.  ;  Arabica  lïl  p.  128. 
Jsjuî,  être  loin,  être  éloigné,  402,8  d'en  bas;  1476, 10;  1520, 10; 
1570;  1689, 10;  ma  Festgabe  Gloss.  sv.  —  Ôter  ses  habits  = 
Jou   1321. 


181 

l\*j,  adv.,   analysé  299  n.;  1339;  j'ai  en  outre  traité  cette 

question  de  l'origine  de  la  voyelle  dans  (A*j  et  ses  congénères 
Hdr.  p.  454  et  p.  771,  de  même  que  dans  ma  Festgabe 
p.  35  et  s.  Reckendorf,  en  mentionnant  cette  dernière  publi- 
cation, dans  la  OLZ',  proteste  péremptoirement  contre  mon 
hypothèse,   tandis  que   Littmann,   presque  en  même  temps, 

DLZ  1909  p.  3097,  trouve  l\*j  <  sÂjJ  „si  non  sûr,  cepen- 
dant vraisemblable".  Je  ne  saurais  y  voir  un  locatif  avec 
Brockelmann  VGSS  I  p.  462;  ma  Festgabe  Gl.  sv,  ;  voyez 
ce  qui  suit  et  ici  p.  182  et  ss. 

lXxj  +  les  suffixes,  encore,  1521.  —  oLc  lXxj  1578,  18,  ce 
qui  prouve  que  «Ajo,  =  oU,  vhv,  est  connu  dans  nos 
dialectes,  quoiqu'il  n'y  soit  pas  employé  avec  les  suffixes; 
mais  en  'omânais  l\*j  est  encore,  noch  RO  §  225  p.  113 
et  p.  270,  3;  cf.  ib.  p.  121, 11  d'en  bas,  oii  »lX*j  est  inutile- 
ment traduit  par  trotzdem  =  »oic.  Même  emploi  en  mehri: 
bâd  BM  IV  §  13,  et  âd  =  ot  vhy.  Bsh  I  §  6  confond 
le  sh  ''ad  et  b'^ad  <  ba^d,  faisant  venir  le  premier  du 
second  avec  chute  de  la  consonne  initiale  b,  ce  qui,  dans  ce 
cas  particulier,  est  une  erreur;  cf.  ib.  II  §  41. 
lX*j  +  les  suffixes  de  la  III^  personne,  »  et  L^,  dans  un  sens 
neutre,  ensuite,  après:  «a*j  7,  11;  \J>ô<xi  1443;  ma  Festgabe 
p.  35.  —  lXxj  ==  Lo  lXxj,  84,  12.  —  Lo  lAxj  avec  l'imparfait 
suivant  27,  14.  —  "bJ  iA*j,  après  que,  466. 

lXju  préposition,  =  Uï  ou  ^^U,  après,  derrière.  aS^i  l\*j  ^b  J^ 
chacun  court  après  son  gagne-pain  895.  1  ;  cf.  Brockelmann 
VGSS  II  p.  421. 

Jou  b  avec  le  pronom  prem.  pers.  suffixe  ou  un  substantif 
suivant,  1180,3  et  notes  2  et  4.  Idiotisme  surtout  syrien  et 
égyptien,  mal  compris  par  V/'eisabach  ZIA  p.  127,5:  si 
trîd  yâ  ba'ad  irwêhti  was  willst  du,  mein  Seelchen ? 
et  encore  plus  mal  par  Musil  o.  1.  p.  299:  ya   ba^d  rûhî, 


182 

traduit  par:  o  wie  weit  entfernt  ist  meine  Freude;  ib.  p. 
430,16:  wa  min  en  ya  bu'êdi  la  fît;  rendu  par:  und 
îcoher,  o  mein  teurer  Entfernter,  kehrst  du  ein?,  où  la 
dernière  partie  est  aussi  erronée  pour:  wo  kommst  du  her. 
Les  traductions,  aussi  bien  que  les  textes,  de  ce  savant, 
clochent  un  peu  partout. 

^y.j«ju,  baMên,  ensuite,  après,  299  n. ;  1418  n.  ad  299,  voir 
aussi  Hdr.  pp.  454  et  ss.  p.  771  et  cf.  Arabica  I  p.  78. 
Dans  le  haut  Liban,  en  Egypte  à  Rosette  et  son  district,  à 
Abyâr,  à  el-Fayyûm  et  à  Béni  Swêf,  j'ai  constaté  la  pro- 
nonciation ba^dèyn,  comme  ici  355,2  de  Rasâyat  el-Fohhâr, 
en  Syrie.  On  y  dit  aussi  q  a  b  1  è  y  n  ,  mais  ce  mot  seulement 
comme  juxtaposition  antithétique  de  ba^deyn,  299  n.  J'in- 
clinais autrefois  à  y  voir  un  duel,  forme  qu'on  pouvait 
admettre  pour  beaucoup  de  particules  avec  les  suffixes  des 
autres  langues  sémitiques  et  auxquelles  on  pouvait  com- 
poser   j!^,   J>^,   ^[50,   ^cJu  ^•^J   et    ^^   ^J^J  VhVS.,  ^^   ^J^J 

vhv.  Le  Qâm.  a  UîoJotj  sv.,  Lane  sv.,  =  U/Jos-:,  mais  TA 

porte  UJutXAjtj.  A  présent,  j'ai  abandonné  cette  idée,  ainsi 
qu'on  pourra  constater  dans  les  pages  auxquelles  je  renvois 
plus  haut.  En  composant  le  Glossaire  de  Bâsim,  cette  incer- 
titude concernant  l'étymologie  m'intriguait  et  j'écris  au  maître 
de  Strasbourg,  Nôldeke,  pour  connaître  son  opinion.  Il  voulait 
bien  me  répondre  ce  qui  suit:  ,,Ces  formes  récalcitrantes 
en  en  et  an  m'ont  causé,  comme  à  d'autres,  beaucoup  de 
cassement  de  tête  sans  résultat.  Quand  même  je  ne  saurais 

expliquer  p.  e.  l'u  dans  le  classique  oVju,  jyJs  etc.  (vhv),  je 
m'en  console  cependant  en  constatant  que  c'est  là  une  for- 
mation ancienne  dont  nous  ne  pouvons  connaître  les  phases 
primordiales.  Mais  ne  savoir  expliquer  de  telles  formations 
modernes  est  tout  aussi  fâcheux  que  lorsqu'un  romaniste  ne 
sait  interpréter   une   forme   française   tout  à  fait  ordinaire, 


183 

malgré  tout  son  échafaudage  du  latin  classique  et  vulgaire. 
Qableyn  ne  doit  pas  nous  beaucoup  préoccuper,  ainsi 
que   vous  le  faites    remarquer,   car   ce    n'est   probablement 

qu'une  forme  réflexe  sous  l'influence  de  ^^â*j.  Mais  celle-ci! 

1 1  â  n ,    h  a  1 1  ê  n   (v.   ici   sv.)    sont    pour    moi    simplement 

^J  ^î,  ^^î  ^c;^.,  et  leur  emploi  comme  préposition  ne  doit  pas 

nous  intriguer  :  ce  serait  une  simple  extension  de  leur  emploi. 
Seulement,  une  telle  explication  n'est  pas  applicable  à^^.^Xxj, 
déjà  au  point  de  vue  phonétique.  J'avais  bien  une  fois  l'idée, 
comme  de  Goeje  (JAs.  1883  I  p.  545,  Lbg),  que  ce  serait 
=  ^t  tXxj,  avec  suppression  de  la  proposition  relative,  et  il 
en  serait  de  même  de  qUî"  (vhv.)  =  ^î  L*/,  mais  quand  même 
on  ferait  abstraction  de  la  difficulté  de  la  signification:  post 
quod  =  post  quod  (id)  factum  est  =  postea,  nous  n'aurions 
tout  au  plus  que  ba'dan  ou  ba^en  et  non  baMên.  Cela 
ne  va  pas".  Abordant  ensuite  ma  conjecture  du  duel,  il 
continue:  „Je  regrette  de  ne  pas  y  trouver  la  convenance 
nécessaire   de  la  signification.   Nous  n'avons  rien  de  pareil 

dans  l'arabe  ancien,  car  ^^^^  etc.  est  un  duel  régulier  et 
senti  (comme  le  syriaque  ^5^»*»  et  «-.àJ-».£).  Si  certaines  pré- 
positions hébraïques,  ainsi  que  la  désinence  éthiopienne  ê  de 
presque  toutes  les  prépositions  devant  les  suffixes,  sont  des 
duels,  cela  n'a  pourtant  plus  aucune  action  sur  l'arabe.  On 
pourait  certainement  citer  UjCjlXxj  ci^,  qui  jusqu'à  présent 

m'avait  échappé,  mais  là  le  duel  est  sans  doute  motivé  par 

le  suffixe;  pourquoi  l'auteur  n'aurait-il  pas  sans  cela  dit 
(iLiLXju?  En  tout  cas,  tous  ces  duels  sont  en  status  construct. 
et  non  en  st.  absol. 

La  difficulté  augmente  ici  (comme  pour^L4)  surtout  par 
le  fait  que  le  mot  est  déterminé.  Il  signifie  non  pas  comme 


184 

l\*j  ou  !a*j,  après,  mais  ap?"ès  œto  =  5l\5u,  LpAxj  ').  Or,  il 
n'y  a  pas  d'élément  démonstratif  qui  se  laisse  ramener  à  en. 
Quant  à  metên?  =  metâ  (etc.),  je  me  contenterais,  faute 
de  mieux,  de  la  conjecture  que  le  n  est  une  addition  pure- 
ment parasite:  ^)  un  tel  interrogatif  a  une  accentuation  toute 
particulière,  surtout  à  la  fin  d'une  phrase.  De  tels  mots  isolés 
(comme  ceux  qui  signifient  oui  ^)  montrent  souvent  des  mo- 
difications phonétiques  singulières.  Mais  tout  cela  ne  nous 
avance  pas  pour  .^.^*^.    Si   seulement   on  pouvait  citer  un 

exemple  à  l'appui   de  efÂxj  comme  mot  indépendant  sans 

suffixe  =  lXjlj  !  Alors  je  m'en  tiendrais  à  ^î  ^5^-^)  ^^  o^' 

=  (^î  o^*^^  *^'  justement  à  cause  du  à,  y  trouverait  son 
analogie.  Mais,  rébus  sic  stantibus,  je  ne  sais  quel  parti 
prendre.  Ce  qu'il  y  a  de  mieux,  je  crois,  c'est  que  vous 
laissiez  votre  explication  telle  qu'elle  est.  Vous  y  donnez 
d'initiative  à  d'autres  recherches  dans  ce  sens:  faire  entrer 
le  duel  en  jeu  est  toujours  un  point  de  vue  très  digne  d'être 
pris  en  considération". 

Or,  Torczyner,  Entstehung  des  Semit.  Sprachtypus  I  pp. 
66;  67;  70  n.  3  et  74,  explique  Qju>otj  ec.  comme  un  accu- 
satif adverbial.  Il  dit  p.  QQ:  „L'araméen  connaît  aussi  la 
désinence  accusative  adverbiale  an.    De  an,  assurément  en 


')  Nôldeke  fait  ici  une  distinction  fort  subtile  que  je  ne  saurais 
approuver.  iAxj  li'o  »..^l  Lv  ou  îtXxj  dit  absolument  la  même  chose  que 
le  vulgaire  qJlX*j  dU  v^>j!,  je  t'écrirai  après  ^  Dt  «Jou  (iU  u-^X^L . 

2)  Une  telle  addition  parasite  ne  pourrait,  d'après  moi,  s'expliquer 
par  l'analogie  avec  un  autre  mot,  oii  certainement  elle  ne  serait  pas 
parasite. 

3)  Voir  ici  sub  |^'. 

*)  On  sait  que  Fleischer.  Kl.  Schriften  II  p.  774,  faisait  venir  qUs' 
du  persan  q'-*^;  voir  Dt  300  n.;  1418  et  ici  sv.  ^^L-*-^.  L'étymologie 
de  Fleischer  est  à  écarter. 


185 

passant  par  an,  comme  px.  l^Olp.  piriN*.  elle  a  été  imâlée 
en  ê  et  ensuite  diphtonguée  en  ai.  Par  cela  s'expliquent 
avec  certitude  les  adverbes  arabes  vulgaires  ba'^dên,  ''uq- 
bên,  déclarés  énigraatiques  par  Nôldeke  Beitrage  I  p.  14, 
lesquelles  formes  correspondent  exactement  à  l'araméen  priN, 
comme  étant  originairement  ba^dan,  ""uqban,  ainsi  que 
l'a  déjà  dit  Spitta  Gr.  §  30  et  85  n.  1  et  Probst  Arab. 
Sprachfùhrer  p.  23,  ce  qui  a  été  rejeté  à  tort  par  VoUers 
WZKM  VI  p.  169."  11  désapprouve  l'explication  de  Nôldeke 

^t  c\ju,  car  cela  aurait  donné  une  conjonction  et  non  l'ad- 
verbe  ensuite,   ce   qui   était   aussi   l'avis   de   Fleischer   KJ. 

Schriften  II  p.  774  à  propos  de  ^î  U/,  qui  de  conjonction 
serait  devenu  adverbe,  et  cela  serait  contre  toute  analogie. 
Torczyner  compare  avec  raison,  ce  me  semble,  l'araméen 
ppi;,   à  la  fi?i,   avec   l'arabe   'aqbên,  vhv.  11  s'ensuit  de 

cette  argumentation   que  qjlXxj  <  qI^x^j.  <  q^Ajç  0^^)   et 

ij^jJic  <  qI-î^  <  (j^  (^^)  seraient  encore  un  reste  de  la 
nounation  arabe  an  <  an.  Les  analogies  sémitiques  que 
donne  Torczyner  sont  si  nombreuses  qu'on  ne  saurait  rejeter 
a  priori  son  explication  quand  même  on  ne  saurait  pas 
toujours  de  son  avis  lorsqu'il  applique  sa  théorie  là  oii  elle 
n'est  pas  de  mise.  Nous  avons  en  sabéen  q^A-*j,  Glaser 
Abess.  p.  50  d.  1.  et  ib.  p.  206  note.  Torczyner  ne  paraît 
pas  avoir  connu  tout  ce  que  j'ai  écrit  sur  lXju,  «^Xxj,  \s><X3u 
etc.  Je  fais  observer  que  Marçais  Ulâd  Brâhîm  p.  193,  2  et 

8  donne  aussi  bà'^den  =  ba'dèlli,  et  selon  lui  >  ^i  J^ju, 
mais  il  ne  ressort  pas  bien  si  ce  sont  là  des  adverbes  de 
temps  ou  des  conjonctions  temporelles.  Cf.  aussi  Kônig  Lehr- 
gebaude  II  p,  298  et  s.  sur  IV^. 

yu,  a,  fie7iter,  464. 

ju,  crottin  des  chameaux,  4:6é.-Homme  vil,  pleutre,  piètre,  1242'. 


186 

jfju,  chameau  mâle,  532;  les  pluriels  532. 

(j«j-svju,  vagabond,  fainéayit,   Hdr.,  expliqué  par  iJbti;  J^.  ^i,! 
jju  j>y*o ,  qui  g^f^■^^e  son  travail  et  va  se  balader.  Cf.  ,^w-^  vhv. 

iaxj,  faire  un  trou,  une  déchirure  360.  —  Le  classique  ii»j, 
égorger  une  bête,  estiajw,  voir  ma  LB'' A  p.  1,  11  et  leGl.  ib. 

iaxj  intens.,  trouer,  déchirer. 

iaju,  pi.  Jsyu,  ^row,  déchirure,  p.  e.  dans  un  vêtement. 

-bjjJ-*,  ^row/,  déchiré,  -byt*^  ^ri^^'j   l'habit  est  déchiré.  Riq- 
qa^i  em-bà^at,  raccommode  le  trou! 

vjj^,  moustique,  v.  u'^lj. 

Jjtxjî,  a2;oey  une  hernie. 

jJtj,  seigyieur  d'un  endroit  344,4  et  n.  2;  3  Jju,  seigneur 
de,  457  et  u.  1;  c'est  l'assyrien  qêpu  sa,  =  v^jLï,  vhv. 

jj]  Jju,  propriétaire  de  chameaux,  sehri,  SAE  VII  140  §  8 

=  _A_»_j  i_,o>LAj.  ib.  p.  121,10.     Jlxj  est  encore  aujourd'hui 

dans  le  Sud  le  terrain  arrosé  par  la  pluie  et   ^=yt,  terrain 

arrosé  par  Astartès.  —    Jytyo,  ^wz  a  zt>ie  hernie. 

Jotj,  disperser. 

aJIju  pi.  de  J«ij,  mulet,  1469  n.  1. 


187 


^yu,  a,  quelquefois  i,  comme  en  ^omânais  et  dofârî,  RD  II 
§  79   dans  le   Nord  et   en  Haurân,  où   aussi   ^çii  à  cause 

de  ^^    désirer.    48,   20,    21;    74,    17,   20:    barêtnahna 

ne'^arrislak,  désires- tu  que  nous  te  mariions?  Ces  exem- 
ples sont  hadramites,  et  c'est  pour  cela  que  nahna  est 
pour-na,  à  l'accusatif.  461,4  d'en  bas  (de  Habbân),  1491,  10 
d'en  bas  (Hdr.).  Ce  verbe  est  surtout  hadramite;  peu  usité 
en  Dt.  où  l'on  dit  ^\,  vhv.  On  entend  quelquefois  en  Dt. 
baqeyt<ovï*^  voir  sub  ^,  et  Hein  l'a  également  entendu 
ainsi,  puisqu'il  écrit  SAE  VII  pp.  3,13;  4,23;  5,9;  6,26 
et  7,  20  baqay  t,  ce  que  D.  H.  Mùller  a  inutilement  corrigé 

en  baray  t,  cf.  ici  p.  47  en  bas.  iCisU^  ^X  L.5  ^l\^  ^i.  u^tobt,  je 
désire  pour  moi  un  châle  et  je  veux  un  fichu  155,  17,  v.  p.  25 
en  bas,  où  il  y  a  la  prothèse  pour  faire  le  pied  -  -  ^  -  .  Ce  verbe 
est  fort  répandu  au  Nord  du  Rub'^el-Halî,  chez  les  Bédouins 
de  Syrie  et  en  Mésopotamie  v.  p.  1 1  et  ss.  de  même  que  dans 
les  dialectes  hadar.  Au  Negd,  dans  les  pays  d'Ibn  Raâîd,  on 
dit  plutôt  jjt. 

On  a  vu,  sub  ^îjt,  que  Nôldeke  et  Rhodokanakis  considè- 
rent ^jî  comme  une  mutilation  de  ^^.  J'ai  tâché  de  réfuter 
cette  opinion,  d'après  moi  erronée.  RD  II  §  5d  et  §  79. 
Le  fait  que  ^i.!,  a  et  i,  alterne,  dans  les  textes  de  RD,  avec 
^^,  a,  i,  ne  suffit  point  pour  déclarer  ^_cJb  prototype  d'un 
,3'  qui  en  serait  une  mutilation,  par  la  chute  de  ^>^>c, 
RD  §  5  ').  Ce  sont  deux  verbes  distincts,  mais  synonymes, 
on  presque,  car  ^çki  est  désirer  et  ^!  vouloir.  Le  sens  pri- 
maire des  deux  est  aussi  différent.  ^^  est  l'hébr.  et  l'aram, 
nyD.  Ny3.  V-^^^  Gces.  Buhl  sv.,  Brockelmann  Lex.  syr.  p.  42. 


')  La  lurah  a  un  j*J  ou  ^_c*J)  commettre  un  crime,  qui  pourrait  bien 
être  un  affaiblissement  de  (_5*J>  opprimer,  être  inique. 


188 

Vollers  ZDMG  49  p.  508,  v.  ici  p.  49,  Del.  HWB  p.  161. 
Je  renvois  à  mon  article  sur  ^3:'  et  L. 

ou,  u,  bavarder,  est  répandu  dans  toute  l'Arabie,  en  Syrie, 
mais  non  en  Egypte,  où  l'on  dit  dans  ce  sens  oi>Jb ,  bavarder, 
Michel  Sabbâr,  éd.  Thorbecke  p.  38,  8  d'en  bas.  Aussi  clas- 
sique, el-Kâmil  d'el-Mobarrad  p.  406,  4  ;  I  Sa'^d  IV,  i  p.  116,  24. 
C'est  sans  doute  une  ononiatopée,  comme  la  racine  indoger- 
manique buq,  Walde  LEWB  sv.  bucca.  I  el-Qût.  p.  133,7: 

D^f  '^\  vjb.  Le  développement  sémantiqne  est  le  même 
que  dans  Jàài  et  oil^j,  vhvs.  Le  sens  primaire  paraît  être 
rejeter  par  la  bouche,  vomir,  qui  est  encore  courant  en  Syrie, 
mais   non  en  Egypte,  malgré  Spiro  sv.  qui  l'a  d'un  Syrien; 

Dozy  sv.  On  comparera  é^,  u,  jaillir  (sang),  Bâsim  p.  31,  15. 

iJio"  iAaj.,  que  tu  puisses  le  rendre!  est  en  Syrie  une  im- 
précation,  surtout  des   hommes,   à  un  avare  gourmand  qui 

ne  donne  rien  aux  autres.  ^^  ^j^  AJ,]  ci^,  j'ai  rejeté  Veau 

par  ma  bouche,  éjaculé.  cUJî  j,  L^:^  î^lXJî  v/r-'  oo^  U,  je 
n'ai  pu  boire  le  médicament,  je  l'ai  rejeté  par  terre,  je  l'ai 
vomi,  Dt. 

oiiij,  faire  rejeter  par  la  bouche,  faire  vomir,   v-^  J^  ^' 

^^  (^  -tUt  ^àJ^  l\=>Î5  L>!,  j'étais  en  train  de  boire  et  quel- 
qu'un vint  et  me  fit  rejeter  l'eau  par  la  bouche,  Syrie,  — 
Le  verbe  oïaûj,  se  gonfler,  Bâsim  p.  7,4;  êt7'e  en  ébullition, 
eau,  et  faire  glou  glou,  Sabbâr  p.  38,  est  aussi  répandu  dans 
toute  l'Arabie.   A  Damas  et  au  Caire,  on  dit  aussi  du  nar- 

ghileh  qu'il  JJlilj',  fait  glou  glou. 

^,  2mnaises,  1305  et  n.  2;  1306,  1. 

xib  <  ijtiù,  sol;  terrain;  pays,  433,  5. 


189 

yi-j,  ouvrir,  fendre,  est  classique.  I  SaM  III,  i  p.  6,  21;  id. 
VIII  p.  311,  9;  Tab.  I  p.  1420,  9,  mais  l'on  trouve  encore  ce 
sens  dans  le  liadr.  .ëj,  labourer  la  terre,  ZA  26  p.  223  n.  inf. 

i^îyb  sur  lequel  v.  Hdr  Gl.  s.-  e^  et  Brock.  o.  1. 1  p.  410,  dans 

le  nordarabique  yù,  trou,  et  dans  les  élargissements  de  V^~vJb. 

jù,  s'occuper  des  baqar,  être  batùl  vhs.;  dénom.  de  yb. 

yb,  race   bovine,  et  les  différents  noms  711.    I  Sîdah  XVII 

p.  112  dit:   fj^  L?y^  ^ji\  JààJJL  iUL£  ^j^ju  ^\\iî  ^1  jjici 

5  1  ï  £ 

»i3k^  \^jSJ)  vi>.AJbJ!  iCo^ljtj  ..1^  Lo  Lois  'm^  j**J_5  ««iA-oUcit  x^^ixJ 
8(À^^     XxLj'    8(À^3     î..fi    OO.!     ..J^    8^    8A^_^     ^-'*^"    ^^^'     ryi^    «^ 

^^ajjl  o^^t  ^13  a-Lj.  Quant  à  j^,  cela  n'est  pas  le  cas 
aujourd'hui,  car  «yb  ou  b.Laj  est  seulement  une  vache. 

Torczyner  apud  Bsh  I  p.  62  veut  que  iî^3  et  yu  soient 
apparentés  au  michna  ipDn ,  terrain  nullius  et  désert,  aussi 
"ipDH,  mais  ce  mot  me  paraît  plutôt  être  une  métathèse  de 
yi,    désert,  vhv.,   de   même  que  le    shaurî    feger,    désert, 

est  également  une  métathèse  de  yiJj,  Bsh  I  p.  24  en  bas, 
d'où  le  sh  figrî,  Bédouin,  ib.  pp.  34;  38;  57  et  60. 

b\,LaJ,  une  vache,  579;  711;  1342;  1397; -1500.  —  Gages 
du  bouvier. 

\ki,  bouvier,  gardien  des  baqar,  563;  pi.  b.lL  19,8;  563. 
»v,y5L,=^,  282  n.  1. 


1,   ornement  en   forme  -de   rosette  sur  le  manche  du 
poignard,  Hdr.  Gl.  sv. 


190 


(jiaju,  couper  en  morceaux,  découper,  791  Dt.  C'est  le  mehri 
badang,    Jahn   G),  sv.   Accouplement   de   Jè^  et  [j^i.   Cf. 

\jai,  ycixi,  «^,  yjj,  ijai  etc.  vhvs.  et  le  mehri  bedôr,  déchirer. 

*^. 

wti^,  md?-ozY,  p^ace,  13,  12;  42,21;  1010,  >  *ij'  433.  Cf.  ^y 
vhv.  —  En  Syrie,  iUaj  est   toc/^e,  de  «j,  tacher,  >^. 

jij,   /aire  pousser  (la  verdure).  Un  proverbe  dt-  hadr.  dit: 

Kul  min  el-bagël   wala  tînsid   ^ala  min  bag- 

galuh  (hadr.) 
Mange  des  radis  et  ne  demande  pas  qui  les  a  plantés, 

ou  fait  pousser. 

JJu,   coll.   radis,   racine  amère,   941   n.,  =  ,y^  en   Hdr., 

Raphanus  sativus,  941  n.  Forskâl,  apud  Schweinfurth  Arab. 
Pflanzennamen  p.  90,  donne  bôkel  pour  Raphanus  sativus 
et  bockel  pour  Subularia  purpurea  =  Schouvia  purpurea 
Schweinf.  o.  1.  p.  153,  qui  sont  pourtant  deux  espèces  dif- 
férentes. Hirsch  Reisen  p.  24  n.  4:  3  a  gai,  Rettig.  Manzoni 
Yemen  pp.  37,25;  123,15  d'en  bas:  Subularia  purpurea, 
e  1  -  b  ô  k  e  1  ;  ib.  p.  17,4  d'en  bas  :  râpe  e  rapanelli,  f  i  g î  1 , 
bâghel  et  ib.  1.  3  d'en  bas:  baqla,  erbaggi.  RO  p.  57,14 
d'en  bas:  bâqil,  Saubohne,  Vicia  faba.  On  sait  qu'en 
arabe  classique  J^  est  verdure,  herbes,  Asmal  K.  en-Nabât, 

éd.  Haffner,  Beyrouth,  p.  14.  Jlij  est  dans  tout  l'Orient,  en 
Afrique  et  en  Grèce  un  marchand  de  comestibles.  Ce  sont 
surtout  les  Grecs  qui  font  ce  commerce.  On  les  trouve  même 
dans  l'Intérieur  de   l'Afrique.    Feu   le   roi   de  Grèce  me  dit 


191 

que  „ce  mot  grec  s'est  répandu  partout  avec  les  marchands 
grecs".  Il  n'était  pas  philologue,  ce  brave  roi! 

La  pratique,  940  s.,  que  raconte  I.  el-Mogâwir  de  fendre 
le  figl  est  encore  courante  à  Ta^izz,  où  l'on  donne  encore 
la  même  raison  extraordinaire  alléguée  par  1.  el-M. 

Sur  l'éthiop.   tt^Mr ,  dattier,  voir  sub  Jio. 
AJLaj,  comestibles.  RO  p.  230,2. 

iCJLJij,  arbre,  au  pays  de  Yâfi'',  =  dt.  iùiu:  vhv. 

j^b,  a,  comme  verbe  auxiliaire  en  Hdr.  etenDt.  ^^^^  o^, 

je  suis  déjà  venu,  je  suis  déjà  ici.  ^U-  Le  ^^Jii,  il  n'est  pas 

encore  venu  =  ^b-  U»  olc  ou  ^b-  U  îso(c.  On  ne  dit  pas  Uu, 
a,  comme  on  l'entend  souvent  dans  le  Nord,  en  Syrie  et  en 
Egypte;  le  dialecte  tamînite  l'avait  aussi,  Abu  ZeydNawâdir 
p.  80  et  n.  2;  Brockelmann  o.  1.  I  p.  621. 

^^ 

Jj,  u,  voir  vjb.  —  kL  =  '>J^y>^,  643  n.  1.  Sîdah  dit  la 
même  chose  (je  ne  retrouve  plus  l'endroit). 


7^ 


^,  agnelle,  840.  —  ^  dourah  rouge,  521,4. 

8^,  chamelle  qui  n'a  pas  encore  mis  bas. 

»jKj,    de  grand  matin,    1185;  classique.   —  Demain   matin, 

Nord,  1651. 

^\i,  demain    matin,   1651;  cf.  -^L   vhv.   Mbaker,  Carbon 

p.   227,   demain,  =  ambâker   MSOS   II   p.    162   N°  280 
(Waddây),  Rabah   p.   44.   Est-ce  ^i'L.  ^J^,  comme  le  mehri 

mrôrin,  ensuite  <  em-rôr-in,   Bittner  mehri   III  §  67, 
ou  bien  l'article  em?  Voir  sub  -,Ij. 


192 

^bo,   colonne,   Glaser  Mitteill.   p.   42.   Cf.   le  mehri  bokôr, 

amas  de  pierres. 

^^S'\j,  bâton  à  crochet  des  Bédouins,  591  ;  1744  et  s.  =  s.^ 
296,4;  591;  1744;  1746.  Torczyner  o.  1.  p.  119.  Le  mot 
akkadien  bukânu,  bâton,  se  prête  aussi  à  une  étymologie, 
Zimmern  Akk.  F  W  p.  36.  L'importance  du  bâton  est  curieuse- 
ment illustrée  par  l'étymologie  du  latin  imbëcïllus,  faible, 
propr.  qui  est  sans  bacillum,  bâton,  Walde  sub  baculum. 
Dans  la  poésie  du  XV!!»  siècle,  imbécile  voulait  encore  dire 
impuissant:  un  bras  imbécile^  les  mai7is  imbéciles.  Ce  n'est 
que  plus  tard  que  ce  mot  est  devenu,  au  sens  restreint,  faible 
d'esprit,  Darraesteter,  Vie  des  mots  p.  1 06  ;'NyropGr.  langue 
fr.  IV  pp.  22  et  285. 

JjCj,  a,  i,  expliqué  458  n.  1  ;  463,3.  —  ^j^  J^",  faire  selon 

o 

ses  forces.  —  Jvi_j,  moyen  possibilité,  force,  458.  ASJLi  Js^, 
prends  ce  que  tic  pourras.  —  J^jCI.  On  chante  au  Yéman: 

et  l'on  ajoute:  iU/toL  iJ^ÂJ! 

A  A 

0  notre  cheykh!  0  chef!  Tu  as  lié  l'apache. 
Et  le  gouvernement  est  d'accord! 

Jw^  me  fut  explipué  par  o^LJî  lt-^-^  (^^-'î^).  Il  serait 
intéressant  de  connaître  si  ce  sens  est  l'origine  du  nom  de 
la  tribu 'si  connue  ou  bien  si  c'est  son  nom  qui  a  donné  ces 
dénominatifs.  Pour  moi,  le  premier  cas  est  le  plus  probable. 
Glaser  Suwti^  und  el-'^Uzza  p.  9. 


*    Xj 

es  • 


tbo  et  L<j  expliqués  610;  voyez  aussi  Schaade  Uhud  p.  19, 
Hdr.  Gloss.  sv.  et  A.  Fischer  ZDMG  59  p.  669. 


193 

3o  =  J!  ^j  292,  293;   1409,   1410;  v.  ^. 
jj;  -^  1760,  V.  ^. 

^  j^î  1765.  —  ijjb,  6o2f/e(^,  1229.  —  JJIj,  troubler^  Carboa 
p.  201. 

o.JLj,  envoyer  en  sabéen;  cf.  JJo. 


viJb,  a,  i,  monter  en  épis,  porter  des  épis  =  c  ji. 

Ki^>-^  xb^fiJ!  o^,   ^e   roseau  ou    /cz  %e  a  /az^  des  epzs  Dt. 

Cf.  o^  sv.  et  le  classique  Jj!. 

u>Ju,  cracher,  rejeter  par  la  bouche  57,  5;  1081;  voir  iaL,  ^L 
et  vjiij. 

^JLo,  inf.  -'^■,  plaisanter;  se  balader,  594,7;  I  Sa'^ad  I  p. 

156;  synonyme  de  -i-^';  Hodeyl.  éd.  Kosegarten  p.  264  en 
haut.  ^^  est  un  accouplement  de  ^  et  ,^. 

jOb,   e7re  soi!,  =  JJb   dans  le  Nord.  Ce  verbe  ne  peut  venir 

de   la   même   racine   que  Odi,  ville,  village;  la  différence  de 

sens  est  trop  grande.  Nous  avons  bien  jJj  et  jJj!,  sot,stupide, 
en   Syrie,  de  même  que  aJj,  être  sot,  confus,  ahuri,  I  Sîdah 

IX  p.  303,  Hdr.  Gl.  sv.,  avec  sa  métathèse  J^,  même  sens, 

mais   je   crois   que  ces   deux   verbes   se   rapportent  à  ^, 
vhv.   et  Hdr.   Gl.   sv. ;   ma  LA   p.   06.   Selon  Dalman,  FD 

13 


194 

p.  146  ]Sΰ  3  =  ici  1576,  7,  jOli  est  steheyi  bleiben,  mais  il 
faut  probablement  traduire  iAL  "i^î,  non  pas  par  indolefit, 
comme  je  l'ai  fait,  mais  par  lorsqu'il  devient  fougueux  ou 
quelque  chose  de  pareil,  d'après  l'idée  des  Arabes  concernant 
le  courage  à  la  guerre,  voir  *^,  5^  et  »^.  La  traduction 
de  Dalman  est  ici  impossible. 

A  en  juger  d'après  les  explications  des  lexicographes  arabes, 
u\Jb  et  jOo  et   leurs   dérivés  se  rapporteraient  même  à  lXL, 
LA  IV  p.  64  en  bas:  (Ham.  p.  511  en  bas)  lXJCju  ^aj^UU  J^^ 
i^_5  L^_o  (^o\x^  "^J  ij^p>'>  Q^  sXfiJî  li  -;v=^  l5^^^  ^'^-^-^  ^"^ 
sAJb  ^îj  jJb  3^5  saLjl  Cela  me  paraît  fort  douteux. 
lxL  =  iJb,  605  n.  1. 
«A-V  =  '^'^^'^■,  1221  n.  1. 
lAiij,  indolent  Dt. 

t>Jb,  ==:  ^li,  terre,  sol,  13,  15;  87,6;  voir  sub  ^J>X=>'  Courant 
dans  toute  l'Arabie  et  les  dialectes  bédouins  de  Syrie.  vJiL*o 

iAJLJ)  J,  s.lXjÎ,  z7  sème  la  dourah  dans  la  terre  T)t  lXLJ!  q^ji-Vj 

-  ' 
z7s  ensemencent  la  terre   Dt.   sL^Xj  «^'^  ^j*^  cr^'  ^^^^*<^^^^ 

connaît  sa  terre  qu'il  ensemence  Dt.  Dans  cette  acception,  il 
n'y  a  pas  de  pluriel  de  ce  mot.  LA  IV  p.  62,  11  dit:  (AJLi! 
i_j!yd!  sjJUifj,  voir  plus  bas.  C'est  donc  exactement  notre 
terre  avec  toutes  ces  applications  sémasiologiques.  Au  figuré, 
c'est  même  tombeau,  comme  nous  disons  7'eposer  dans  la 
terre.  I  Sîdah  VI  p.  132/3:  ^,»^_iLJt  ^.^  _^  j.^^  -i^]  JJLJ! 
lX-Cvou  : 


3  -  w     £     G 


^_;l^!  w  (jSxj  lXLJ!  £L:>  Ujj^:  el-balad  signifie  le  cimetière, 
et  l'on  dit  que  c'est  aussi  la  tombe  7nême.    Un  poète  a  dit: 


195 

Tout  homme  quitte  ses  amis 

Et  il  remet  son  âme  à  la  tombe. 
LA  donne  aussi  un  sâhid  de  ^Adî  b.  Zeyd  (Brockelmann 
G  AL  I  p.  29).  Dans  l'expression  classique  lXLJ!  ivCi-^J,  Ha- 
mâsah  p.  374,  c'est  sans  doutQ  le  même  sens  de  terre,  L^Sy. 
llamâsah  p.  62,  7  d'en  bas  nous  lisons  : 

JA  lXJLJî  (Jji  UxjU-^  ^^>0c>,  oii  c'est  expliqué  par  ioCo  ijc.\. 

Cette  épithète  si  connue  doit  bien  se  traduire  par  le  sol 
sacré;  en  tout  cas,  c'est  ainsi  qu'il  faut  comprendre  cette 
locution  dans  ce  vers  à  cause  de  jj^c. 

Mais  lXJU  est  aussi,  comme  on  le  sait,  endroit,  localité; 
village,  ville;  pays.  Hamâsah  p.  344,  16,  17  et  surtout  p. 
609,  1  où  nous  trouvons  lXL  et  Sli  l'un  pour  l'autre: 

533  »  s SO-  3ÏO,î  iio^ 

JS*^  jamais  je  n'aimerai  un  pa^js  où  j'ai  vu  des  ^Ans 
ni  un  pays  non  plus  où  les  Q.  se  sojit  fixés. 

L  A  =  Lane  sv.  :  a^j-^îc  3jA:s^ù^^xl  xxLLi  *)  %^_y>  Ji  lALit^  slXLJ) 
byt  -^  ^t  c^AJK",  et  El-Azhâri  s'exprime  de  la  même  façon  en 
ajoutant:  «uXL  L^  i^jLLiîj  uXL  _^  o^^^*^  -î'  '^'^*  -^^^^  voyez 
LA  III  p.  64  en  bas,  cité  plus  haut  p.  194,9  et  LA  »aLj 
est  ^_p^.  C'est  aussi- =  .b  LA,  ce  qui  serait  yémanite. 
yii  lXL,  desolate  country,  Lane  p.  2700. 

En  soqotri  lXL  est  ville  SAE  II  p.  23,  7.  En  général,  lXL 
est  du  masculin  quelquefois  aussi  du  féminin,  13,25,,  RO 
p.  56,  6,  comme  aussi  Merveilles  de  l'Inde  p.  82,  2,  et  tou- 
jours au  Caire,  tandis  que  ^^b  est  toujours  du  féminin,  vhv. 

De  même  que  AL  et  o^b  signifient  aussi  ^)^,  p.  194,  2  d'en 

bas,  de  même  •^^y  est  au  Waddây  pays.  ,^a  J!  (^lij^iî  j^  Î3 
LotjX],  z;o2C2  ^e  Bournouan  qui  est  allé  dans  notre  pays,  Carbou 

p.  48  en  bas.  -s-îjAaj^!  u^iy  v|r^  ^3^j  ?  emmenez-nous  au  pays 


196 

de   Tunis  la  verte^  ib.  p.  147.  On  dira  sans  doute  que   ^î^j" 
est   ici   au    figuré,   comme   nous   disons   la  terre  de  France, 
mais  je  crois  que  nous  avons  ici  le  vrai  sens  primaire,  qui 
se  trouve  aussi  peut-être  dans  ô^  et  S±i. 
obJu  a,  à  l'instar  de  oL,  le  sens  de  terre,  sol,  principalement 

chez  les  Bédouins  de  Syrie.  j^r,o  dUl^JJ  l1:>  J.^L^■i5t  :,-^^  Jï 

j?I.L>Jl    '„i>v>.£==>3    ^.zy^^i^    . .  .  >_jj.^JsJi    L^LdxCo  c>'.^=3  ^_^LiiS!  ^^5.   bUi^' 

o'^LJLi,  le  cJieykh  el-Islâm  dit  (à  la  fille  musulmane  qui  s'était 
faite  chrétienne):  ^,Nous  te  donnerons  beaucoup  d'argent".  Le 
qâdi  lui  jeta  alors  des  pièces  d'or  dans  le  pan  de  sa  jupe 
(de  la  fille),  mais  elle  versa  V argent  par  terre,  récit  de  Haurân. 
Riga*^  en-negdi  uvvîigid  et-tahîn  mautùr  uel-mâ' 
makbûb  bil-billâd,  le  Negdite  retourna  et  trouva  la  fa- 
rine éparpillée  et  l'eau  versée  par  terre  {sur  le  sol),  expliqué 

par  p^\^,  récit  de  Haurân.  o^LIc  i^^.  v.l>jAx)3  ^<Xi  »j  oAi*! 

o^Li! ,  je  l'ai  devancé  et  j'ai  tendu  la  main  vers  le  sol  et  j'ai 
empoigné  iine  pierre  avec  laquelle  je  lui  ai  flanqué  un  bon 
coup,  et  le  malandrin  tomba  du  dos  de  la  jument,  et  le 
voilà  par  terre,  explication  d'un  proverbe  liauranien  par  un 
Haurânien. 

Pays,  73,19.  En  'Oman,  vUlage  RO  p.  227,14.  En  Dt., 
on  dit  le  plus  souvent  ij^Ji  i  p.  e.  xlc  ^.\,  ^îys  {joj,  'i^'^  lf?', 
et  non  xU  o^b  etc.  Le  pluriel  de  o^  est  oJb  l>j,L,  bëlàuwad, 
bëlôwad,  o^,  679,  o^  G79  n.  2  et  lXL,  Hdr.  Gl.  sv.,  qui 
est  pour  JvJo,  comme  v^-^»  P^-  v*-^-  J^*^  cr^  ^^  ^^  j 
^lL-j ,i^jcxj  Ul.^3  v_)jtJ'  oji-j,  ^.s'lj.,  il  y  eut  combat  entre  les 
Fadl  (de  Suqrah)  et  les  Ycifi'',  et  les  pays  des  Arabes  sont 
toitë  sens  dessus-dessous,  lettre  d'un  Datînois.  Gumlet  en- 


197 

nâs  dan  nu  inné  h  sêr  ')  fi  sV  mil-bëlô  wad,  tout  le 
monde  croyait  qu'il  (le  seyyid  Sâlum)  se  rendait  dans  quel- 
que ville,  traduction  datînoise  du  texte  de  Brode  M  S  OS  Vir 
p.  17,3  d'en  bas:  m  nâs  g  uni  le  zannu  in  nu  sâyur  fi 
se  milblâdîn. 

Sur  ce  pluriel  mehrite,  voir  Bittner  St.  mehri  I  §§  74  et  75 
et  la  remarque  de  Rhodokanakis  ad  loc.  dans  Zur  Formenlehre 
des  Mehri  p.  18.   En  datînois,  c'est  le  pluriel  d'un  singulier 

jLxà  p.  e.  j.^Ls",  pi.  j-plî",  679;  >_j^>  Pl-  Vj-^;  j^-*-^^  Pl-  jr*-^5 

uiiîjs  pi.  j^^  etc. 

S±i,  partout  prononcé  bëlâd,  bal  ad  ou  blâd,  est  à  l'ori- 
gine le  pi.  de  L\Jb  et  c'est  ainsi  qu'on  lit  dans  les  diction- 
naires. Cependant,  déjà  de  très  bonne  heure,  les  Arabes  ne 
l'ont  pas  senti  comme  un  pluriel,  mais  comme  un  singuHer, 

et  l'on  a  donné  à  ce  nouveau  singulier  le  pluriel  ^iL>J._j, 
comme  ,L>^,  vhv.  et  qK'^^-  Bes  dialectes  du  Sud  connais- 
sent aussi  le  pi.  qJ-^^L-j;  RO  p.  268,  10:  ^\y^^\  ^\y^.  ^^_^\ 
^ixJic  :\L>  s^^iJ^  iJ^L-j  L  ^c;-JO^b  J,,  le  éeyh  surveille  l'état 

des  choses  dans  ses  localités;  il  ne  veut  point  qu'un  manque 
d'ordre  s'y  manifeste;  M  SOS  Vu  p.  21,8  d'en  bas  et 
l'exemple  ici  1.  5. 

Dans  les  dialectes,  o^L  est  toujours  du  fém.  sing.  Dans 
mes  Prov.  et  Dict.  p.  200,  j'ai  établi  la  différence  entre  >Ab 
et  o^b,  cf.  Arabica  III  p.  62;  ib.  V  p.  211  n.  2;  RD  01.  sv.; 

Lammens  Farâid  p.  351:.   El-Bekrî  dit  sv.  que  ^LvL  est  le 

pi.  de  aJsL  et  Zamah.  le  donne  comme  pluriel  de  lXL.  Dans 

le  Monde  Oriental  X  1916  p.  127  (Uppsala),  on  lit:  [^:.  ^li 

^!j^IL'!  ^^  lXJLj  ^j^  dUÛc  ^J^  ^^(c  ^J^  ^villiJ^j  A=>1 ,  et  personne 


198 

ne  vient  se  plaindre  de  l'injustice  d'un  de  tes  gouverneurs 
de  n'importe  quel  pays  (el-muwaffaqîyât). 

La  raison  en  est  bien  simple  :  o^b  n'était  plus  senti  comme 
pluriel.  Voici  quelques  exemples  de  la  lurah,  oîi  S^Lj  est 
assurément    un    singulier.    Zoheyr   (Ahlw.)    N"   14,  26;    ib. 

19,  13.  Nâbirah  N°  9,  4:  ^  o^b;  ib.  N°  16,  1  :   ^L^ô  j^ 

^  c>J3-  ^Sii  ^\.  Imrul-Qeys  N°  35,  7:  ';i^^J  [joj^  i^-cs^y^  ^^; 

ib.  N°  40,13:   o^L^Ji  vjjLiT  pourrait  être  le   pluriel.    Labid 

(Huber)  N°  14,46;  ib.  N°  34,  10:  L^J^^  «oXj  ^  ûo,  il  dé- 

fendit  son  pays  et  repoussa;  ib.  N°  47,27:  U^  Uij!  ^rf^'*i 
[jo^L  ^^c,  e^  noz^s  ayons  éloigyié  les  T  de  notre  pays. 

j^-JL.-  S±^,   Hodeyl.  N°  94,3.    Hamâsah   AT  p.  151,10:  toî 

^yu!>  S:h  ^  vjj"^  dÛLs  *  s-^jL^  lX+cLs  ^Li!  wvi'^ ,  oià  expliqué 

par  {jaj;  ib.  p.  241,  12  d'en  bas:  o^LJî  Jic  (j*.a5  Oj>; 
ib.  p.  330,3  (deux  fois);  ib.  p.  344,14;  ib.  p.  368,1;  ib. 
p.  532,6  d'en  bas  oii  S±i  est  =  (ji5.!;  ib.  p.  609,6  cité  sub 
l\-Lj  ;  ib.  p.  808,  1.  Quelquefois  il  est  douteux  s'il  faut  con- 
sidérer S±i  comme  un  singulier  ou  un  pluriel  p.  e.  Hamâsah 
p.  184,  10  d'en  bas;  Imrul-Qeys  40,  13  (voir  ici  1.  8);  Hodeyl. 
N°  96,  10. 

El-A'sâ  (Der  Islam  VII  p.  113)  dit:    Ô^LJ!  A's'^]  tô!  liiy 

'  ''' 
^!  (c^5  j^  *^OMS  vois  lorsque  les  pays  V auront  fait  dispa- 

raître,  oppressés.  R.  Geyer  traduit  ici  S±i  par  ^^La^idhreiten'" 

{^\  me  paraît  suspect).  I.  Hordâd.  p.  5,  11  :  ^'^\^  elylî!  o^b 

que  de  Goeje  rend  par  „/c^5  contrées  habitées  par  les  Turcs, 
la  Chine",  lisez  et  les  Chinois.  Si  S±i  peut  ici  être  un  pluriel 
se  rapportant  aux  deux  génitifs  suivants,  il  ne  l'est  certai- 
nement  pas   dans  la  poésie   ib.   p.  16,3  et  n.  a:  ^yy^î  S±^ 


199 

que  de  Goeje  traduit  bien  par  ^^l'Empire  de  Chine".  Le 
Prophète  a   dit:   (j>:>^!  oX-j  ^J^  ^j^  j*-LxJî  Îî^^?  -prenez  la 

science  même  du  pays  des  Chinois,  Pr.  et  Dict.  Préface.  En 
disant  cela,  il  ne  pensait  certainement  pas  aux  différentes 
localités,  „die  einzeln'en  Ortschaften"  pour  parler  avec  Brockel- 
mann   o.  1.    II    p.    61,6    d'en    bas.:    I    Sîdah    X   p.  147,6: 

^^,j^z\^  J  j>l_J!  ^,_>L:)l,ci>jo.!  et  ib.  1.  9  d'en  bas:  v^^sxlXJs  \3\ 

LA  I  p.  128,  4.  <ïJJI  o^b,  I  Sîdah  X  p.  159  en  bas,  est  assu- 
rément un   singulier,  comme  (-j-jlXJS  o^Lj  est  le  Haçlramoût 

1172  et  ^^j)\  o^L  =  éy^\  o^b,  le  pays  du  Sultan  de  Constan- 
tinople,  Hdr.  p.  214.  y^stJ!  o^b,  Bekri  I  p.  6,  9  d'en  bas  = 
I  Sîdah  IX  p.  82,  3  est  le  pays  des  Arabes  =  vj^^'  U^j'  ou 
uj^jjtJî  '^p>.y>,    ib.,  quoique,  à  l'origine,  le  pluriel  comprît  les 

cinq  pays   des   Arabes,  ib.  p.  7,  2.  ^'o_y^\  o^L,  ib.  p.  6,  et 

^j^SsZSi  S±i,  ib.  p.  6,    me   paraissent  bien   être   le  pays  des 

Noirs  et  le  pays  de  Palestine,  malgré  que  l'auteur  énumère 
les  différentes  villes  qui  s'y  trouvent.  ^Ui)  S:h  I  Sîdah  IX 

p.  82,3,  et  ib.  p.  82,4:  LJJ•^LJ  o!_j.  LiLo^j  o^Lj,  Ôazîrah 
p.  36,  19  =  ^^j^  S±i  ib.  p.  37,  7;  ib.  p.  37,  7:  ^^AJ'  S±j, 
o^LJ!  iL*^.  l'étendue  du  pays,  Merveilles  de  l'Inde  p.  174. 
Hodeyl.  Wellh.  p.  46,  10  d'en  bas  (comment.)  :  i:^  ur*/^'  o^ 
"iU  «obb  Jj3t  Ji^s!  JLI!  ^f'  le  Qoreymite  était  le  plus  riche 
du  son  pays.  Autres  exemples  chez  G.  Jacob  êanfarâ  II 
p.  2, 13  et  d.  1. 

Les  lexicographes  européens  se  tirent  d'embarras  en  ren- 
dant o^l.J  par  contrée,  comme  Lane  dans  o^LJt  .yi\  ^jo,  he 
managed   the  affairs  of  the  provinces  or  country;  j'aurais 

carrément  omis  the  provinces.   P.  114  il  traduit   ÏJS  L^  Si^ 


200 

par  coimtry  in  which  îve  ware,  ce  qui  est  bien.  Kazimirski 
porte:  S:h,  sing.,  pays  habité,  contrée.  Le  shaurî  bilàd  est 
aussi  devenu  un  singulier,  et  Bittner  St.  sh.  I  p.  50  tout 
en  constatant  la  forme  plurielle  fi^âl,  le  traduit  par  contrée, 
Gegend.  Les  auteurs  suivants  donnent  S%  comme  un  singulier. 
Hartmann  Sprachf.  p.  219:  Land^  pi.  q'JOu.  —  A  Tien  Mail, 
of  coll.  Arabie  p.  266:  country  =  state.  —  Habeiche  Dict. 
fr.-arabe  sv.  pays.  —  Spiro  arab.  engl.  vocab.  sv.  country, 
et  JJb,  village,  town.  —  Beaussier  Dict.  :  lAL  et  o^L,  pi.  qÎJOu, 
pays,  contrée,  région;  pays,  patrie,  pays  natal;  ville,  bourg. 
Il  ne  distingue  par  entre  JJb  et  o^L,  ce  qui  est  un  tort.  — 
Berggren,  Guide  fr.-arabe  vulg.,  sv.  pays.  Mais  lorsqu'il  dit 
que  le  mot  JJb  dans  l'arabe  vulgaire  comprend  ce  que  nous 
appelons  pays,  état,  territoire,  région,  royaume,  empire,  il  a 
tort,  car  cela  est  j>blj,  quoiqu'on  coiïfonde  souvent  les  deux 
mots.  Boqtôr  sv.  pays:  région,  contrée,  o^b  pi.  qL\JLj.  — 
Harfouch  Drogman  p.  87:  bal  ad,  bildân,  im  pays.  — 
Nallino  l'Arabo  parlato:  balad,  pi.  bilâd,  città  et  paese. 
—  Harder  HWB  sv.  Land  donne  o^Ij;  Sedira,  dict.  fr.  arabe  : 
pays  S^  pi.  q'^"^-  —  On  dit  jJujÎ  .i;^,  chef  du  village, 
mais   o^L*J!  ;^i^^   serait   le   chef  d'un  pays,    de   toute   une 

contrée,  comme  l'est  le  chef  spirituel,  le  .^k^j^  dans  le  Sud. 

(^jOu  ^\  ^^',  tu  es  mo7i  pays,  du  même  endroit  que  moi, 
mais  (^Sl^  ^J  >.i>>-ii,  tu  es  mon  compatriote.  JJbJî  c>%\, 
habitants  d'une  même  localité,  mais  S%S\  Si^\,  habitants  du 
même  pays.  j.Uijî  S:h,  la  Syrie,  et  j.LiJt  lXIj,  Damas.  Dozy 
d'après  Bc.  sv.  est  juste.  C'est  ainsi  dans  tous  les  dialectes 
de  la  Péninsule.  o^L  est  toujours  du  féminin,  ainsi  que  c'est 

dans  l'exemple  de  la  Hamâsah  p.  609,  1.  'i^^  o^b   440. 

On  sait  que  Nôldeke  a,  le  tout  premier,  fait  venir  JJu 
de  paWium,  par  l'intermédiaire  de  ■zx?J.Tioy.  Fraenkel  A  F  W 
p.  28  a  adopté  cette  étyraologie  qu'il  appelle  «ingénieuse". 


201 

de  même  que  VoUers  ZDMG  51  p.  312  et  Brockelmann 
VGSS  I  p.  437,  et  je  suppose  tutti  quanti  in  verba  magistri. 
Cette  étymologie  est  tout  simplement  une  monstruosité 
antihistorique.  Avec  la  conservation  de  la  voyelle  longue  â, 
o^Ij  aurait  pu,  phonétiquement,  provenir  ùepalâtium,  TrxKàTiov. 
jamais  tXij.  Mais  alors  ou  on  en  aurait  fait  d'emblée  le 
pluriel  o^b  ou  bien  cela  aurait  eu  lieu  lorsque  les  Arabes  ne 

sentaient  déjà  plus  <S±i  comme  un  pluriel.  Procédé  impos- 
sible et  qui  doit  être  écarté. 

Le  Palâtiura  des  Empereurs  romains  était  assurément  très 
renommé  bien  au  delà  de  l'Italie.  C'était  toute  une  petite 
ville,  et  les  anciens  Arabes  en  avaient  certainement  entendu 
parler,  mais  de  là  à  en  faire  un  mot  fondamental  de  leur 
langue  c'est  bien  loin.  Dernièrement,  Eberhard  Hommel, 
dans  la  „Festschrift"  pour  son  père  I  p.  233  et  ss.,  fait 
venir  pâlâtum  >  palâtium  de  l'étrusque  falandum,  ciel. 

Le  verbe  lLL  serait  donc,  selon  l'étymologie  de  Nôldeke 
et  ses  partisans,  un  dénominatif,  de  môme  que  tous  les 
nombreux   dérivés,  ce  qui  me  paraît  impossible.  I  es-Sikkît, 

Tahdîb   p.    446   dit   que  qUIL.  ^j^î,  io  l\jS,  ^j  lXL  =  l\-*J!, 

^J  ÛJ  et  iu  JyJl  signifient  la  même  chose,  v.  aussi  le  com- 
ment, p.  814,  de  même  I  Sîdah  XII  p.  62,  en  bas.  I.  el-Qût. 
p.  137,  20:  ^i  ^^bCiL.  Jjb  et  ib.  p.  99,3:  L^  vJuJ  ^^-^L  JoJ 

et  1.  5  :  pLïî  ^^LClb  ôJj>\  =  I  Sîdah  XII  p.  64,  5.  L  A  IV 
p.  63,  8  définit  jJLj!  par  ijoJiU  oi-xJ,  comme   I   el-Qùt.  pour 

lAxJ,  et  S^Jdj  et  î^aL  par  (j:^^"^!  îy«J.  Il  dit:  mjI*,   LvJIj  sÀ^^I 

et  ib.    îsLjt  >iAJL-it  =  a^lM  =  ^_;  l_j.   vhv.   olXJLj  =  ^^j^JlXc, 

I  Sîdah  XII  p.  63.  Lane  commence  par  uXJLi,  he  remained, 
stayed  ahode  or  dwelt  in  the  lXJLj,  et  qIXLL.  lXL,  he  remained 
in  the  place.  Il  m'est  difficile  de  croire  que  depuis  palâtium, 


202 

palais,  bal  ad  aurait  parcouru  cette  gamme  descendante 
pour  finir  par  signifier  humus,  terre,  sol.  L'évolution  séman- 
tique aurait   été   bien   extraordinaire  et  sans  analogie.   On 

comparera  la  variation  phonétique  v;»  ^V;?  lP^j?  ?^^j  de  sens 
presque  analogue,  vhvs. 

Comment  pourra-t-on  s'imaginer  que  le  pays  classique  de 
rislâm,  le  sol  sacré  des  Arabes,  ^\J>-  JOiJI  Qor.  90  v.  1  et  2, 
et  95  v.  3,  ait  pu  tirer  son  nom  d'un  mot  çxotique  venu  d'outre- 
mer. La  langue  arabe,  qui  est  d'une  richesse  inouie,  aurait  ici 
fait  preuve  d'insuffisance  sur  un  point  capital  de  son  vocabu- 
laire.   L:^^  (var.  .cfcJh  ,  cAi!  sjJLJ!  s^XP  ^,  lXx^î  ,.,!  o^î  Uiî 

Qor.  27,93,  Bekri  I  p.  157,   dit   le   Prophète  en  donnant  à 
sa  ville  natale  le  nom  défiguré  des  palais  impériaux  de  Rome  ! 
Croira  qui  voudra. 
I  Sîdah  emploie   en   général  ijoj,   mais  il  fait  cependant 

quelque  différence  p.  e.  ^.jOLJîj  (j-zi^.*^'  i^-^j  3^  X  p.  146,  4. 
Pour  lui,   ijoj  est  terre  et  pai/s,  comme  l'est  aussi  l\JL  et 

obb  dans  les  dialectes.  ^-;;yti'  lXLJ!  ^I^xP,  ib.  p.  124  en  bas. 

Au  chapitre  ijo^^^^  ^'u^\,  il  ne  parle  pas  du  tout  de  lXJLj. 
Dans  le  Qoràn,  ^  et  sAL  se  rencontrent  souvent.  Zamahsarî 
Asâs  ne  mentionne  pas  ces  deux  mots,  mais  il  s'en  sert 
dans  deux  exemples.  Ce  thème  chez  lui  ne  comporte  que 
des   sens  secondaires,  et  l'on  dirait  que  pour  lui  JJb  et  lxL 

ne  sont  pas  arabes  !  Yâqôut  sv.  dit  que  Jjb  vient  de  »o^1j  = 

-o'j  et  L  A  IV  p.  64  porte  :  o^Li  a^  o^L>o  sAi,:^  lAb  avec  des 

s  a  w  â  h  i  d  do  tAL,  pi.  S±^\,  =  ^\.  Cela  me  paraît  fort  douteux. 

Vu   que   la  1/" AL   n'existe   pas  dans   les  autres  langues 

sémitiques,   on  a   dû   se  tourner  vers  l'étranger,  mais  nous 

connaissons  imparfaitement  le  vocabulaire  des  autres  langues 


203 

sémitiques.   JJb  pourrait   bien  être  une  ti'ès  ancienne  méta- 

thèse  de  l\J,  formée  dans  un  temps  bien  éloigné,  car  jJ-j 
est  un  mot  qui  existe  depuis  le  commencement  de  la  litté- 
rature arabe.  Nous  venons  de  voir  que  ^IXIL  LXL  =  ^umj  lXJ, 

\jc.%  lxISî.   La  V  ~SL  ne  peut  être  un  élargissement  direct 

de  l/~Jo,  qui  a  un  tout  autre  sens,  mais  Jj,  v^aJ,  lXJ 
montrent  de  l'affinité  sémantique.  Nous  aurions  alors  une 
analogie  dans  le  latin  glëba,  sur  lequel  voyez  Walde  Lat. 
Etym.  WB  sv. 

H.  Môller  ZDMG  70  p.  154  dit:  b-r-z  de  P-r-z  est 
un  élargissement  de  b-r  du  vieux  sémit.  P-r-,  arabe  barr, 
hébr.  bar,  champ  ouvert,  plaine,  campagne,  à  côté  de  b-1- 
(avec  1  de  r  après  labiale)  dans  les  élargissements  arabes 
(bit)  bal  a  ta,  he  made  (a  house)  plain'\  (blk)  ballùku, 
a  loide  tract  of  la?id,  (bld)  baladu,  a  tract  of  land.  D'après 
ce  savant,  K~r>  >  V~^i  >  K~~LXJb,  K^oU-j  sont  parents. 

En  tout  cas,  ces  hypothèses  sont  bien  plus  acceptables  que  JJb 
<  Palàtium.  D'autres  confrères,  plus  savants  qui  moi,  éluci- 
deront cette  question.  J'ose  croire  que,  après  tout  ce  que  je 
viens  d'exposer,  ils  quitteront  l'étymologie  de  Nôldeke. 

_l\L,  se  jeter  par  terre^  1221  note  =  .-p^IaL,  vhv.  qui  est 
sans  doute  primaire. 

j.iAJiy),  éveillé^  dégourdi,  Damas.  Comme  j*Jb  et  (Jbi  sont  déjà 
sot  stupide  en  Syrie,  vhv.,  on  serait  tenté  de  considérer 
-^  comme  un   accouplement  de  lXL  et  Jb;   I  Sîdah   XII 

p.    126,8:  o:aXa^  ^^  d^J'^  j»^,  cf.  \Aj,   être  sot,  Hdr.  Gl. 

sv.;  mais  le  sens  s'y  oppose,  et  l'on  ferait  peut-être  mieux  d'y 

voir  un  dérivé  de  l\L,  comme  q^Â^j"  de  iLuAxi  vhv.;  ma 
LA  p.  06.  Voir  ici  sub  lAb. 


204 

^wvJ_j,,  Ficus  morifolia  Forskâl,  Deflers  Esquisse  de  géogr. 
botanique  dans  la  Revue  d'Egypte  I  p.  409,  oii  ce  grand 
connaisseur  de  la  Flore  de  l'Arabie  méridionale  énumère  aussi 
vJiJ^",  Ficus  vasta  Forskâl,  lJ^  ou  oL-w,  Ficus  populifolia 
Vahl  =  F.  religiosa  Forsk.,  ^iil  Ficus  salicifolia  Vahl  (lisez 

v^'î  coll.),  *ii-w  =^  \j^^  vhv.,  Ficus  sycomorus  L.  Sur  ce 
mot,  voir  de  Lagarde  Mitteil.  I  p.  59  s.,  âams  el-^^lûm 
p.  47  :  Q^!  KiL  ^^yfjù^  o-^^--'  •  Le  verbe  nordbédouin  ^*J^ 
délater,   ^/^^J^",   délation,   me   paraît  être  un  dénominatif  de 

Û  w 

ij^^Jb'  -  [j^'^j  délateur.  Jaussen  Coutumes  des  Arabes  p.  194. 

G  ? 

i^;vJj,  crayon,    1582,    de   l'anglais  pencil.   Bittner  St.  mh.  I 

p.  6  n.  3  avait  d'abord  relevé  l'origine  anglaise  de  ce  mot, 
courant  dans  tout  le  Sud,  mais  ib.  IV  p.  65  dans  la  liste 
intitulée  ^^Charakteristiches  aus  dem  reinen  Mehri-Wort- 
schatze",  il  fait  figurer  bùk,  livre,  (< angl.  book)  et  bulsen, 
crayon.  On  est  bien  étonné  de  lire  une  chose  pareille  dans 
un  ouvrage  aussi  important.  Par  cette  liste,  il  veut  montrer 
que  „le  mehri  n'est  pas  un  dialecte  arabe,  pas  plus  qu'un 
dialecte  sudarabique,  mais  une  langue  sémitique  indépendante". 
D'accord  quant  à  la  morphologie.  Mais  dans  sa  liste  il  y  a 
un  grand  nombre  de  mots  qui  ce  trouvent  également  dans 
les  dialectes  arabes  du  Sud  dont  ils  ne  diffèrent  que  par  un 
habitiis  mehrite  caractéristique  de  cette  langue.  A  part  cela, 
le  vocabulaire  mehrite  ressemble  tellement  à  celui  des  dialectes 
arabes  du  Sud  qu'on  ne  saurait  nier  une  grande  parenté 
entre  ceux. 
^yjo   au  Yéman  =  (_v.iX£   vhv.,  Sams  el-^Qlûm  p.  69. 


205 


ijiJb,  i,  ou  [Ji^^,  à  cause  de  ^Ji^i^.  commencer,  1402. 

S'occuper  d'une   chose,   voir  sub  ^^l-v^^.  liU*.^  ij^^î, 
occupe-toi  de  ton  travail,  Haurân  et  'Anazeh. 
ijiJi_j ,  augmentatif,   commencer,    entrepreyidre.  [JsJ^Â^  ^y^^ 
J-ixiJL),  aujourd'hui  nous  avons  commencé  le  travail,  ^Anazeh. 

En  Syrie,  c'est  commencer  tout  court.  ^,  u^^^-j,  il  commença 
de  crier.  Chant  de  la  belle-mère  JAs.  1903  t.  à.  p.  v.  156. 
Tallqvist  Sprichwôrter  p.  43,  13.  ^jÂJ\  (jiJb,  la  chaleur  a 
commencé,  mais  en  Haurân  et  chez  les  Bédouins  de  Syrie 
l'idée  de  fatigue  y  est,  car  isLciJLj  =  ^Xj,  et  (ji-i-p!  y  est 
même  le  nom  de  la  syphilis,  appelée  yflsl]  dans  le  Sud,  vhv.; 

cf.  Dozy  S.  sv.  et  Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.  J^  est  à  Bagdad 
mettre  dans  l'embarras,  verivickeln,  selon  Yahuda  OS  Fest- 
schrift  Nôldeke  I  p.  409.  V.  ici  sub  j:d=>. 

ijii.JL*_j',  m.olester  quelqu'un,  sich  jemand  aufdrângen,  ib. 
Simbelsek,    Meissner    M  S  OS   VI,  ii   p.    122   v.    16,    est 

(iLàJiyc  ^ci,  est-ce    que   quelque  chose   te  fait  de   la  peine,  te 

moleste? 

(jiJùoî,  se   mettre   à,   commencer  à,  Syrie,  1402.   jG>:  ij^)^\ 

Jj'jJtj  i^LLiiLi,  il  commença  à  parler  à  tort  et  à  travers  Har- 

fouch  0. 1.  p.  215  n. 

Sachau  AVLM  p.  95  fait  venir  J^  „du  turc  bashla 
oJ-Jl^j";  ce  serait  donc  par  métathèse,  mais  même  cela  me 
paraît  inacceptable.  El-Halîl  prétend  bien  qu'il  n'y  a  pas  de 

mot  en  arabe  ayant  le  phonème  ,jiJ,  mais  il  oublie  ^JJ, 
LA  sv.,  et  (jiJi-ï,  LA  sv.  Il  doit  y  avoir  deux  thèmes 
différents  ^■i^,   car   u^^^Ju,  commencer,   et  iji^Jb,  être  dans 


206 

l'embarras,  sont  trop  disparates  comme  sens.  Le  dernier 
est  le  syriaque  ^j^^^,  Cardahi  Dict.  syro-arabe  p.  121; 
Hobeika  Etym.  arabo-syr.  II  p.  14. 

^Ji.Jb,  vendre  à  bas  prix,  donner  pour  rien  Dt.  Donominatif 
de  ui''^,  pour  rien,  ui^î,  pour  rien,  que  Dozy  a  de  Bc. 
sv.  pour  et  que  cité  Torczyner  o.  1.  p.  5,  17  m'est  inconnu. 

l/^^jJLi  1764.  —  olxj'  <  u>^jtJ"   vhv.j  paître   tout   ce   qui  se 

trouve  sur  le  sol,  1764. 

iudb,  cadeau  pour  graisser  la  patte,  Stace  p.  23  sv.  bribe. 

JaJb,  expliqué  605  et  s.;   1081;  1221  n.  Jolo  J^,   il  est  allé 

se  balader,  605. 

JaL  =  lxL  605  note. 

^  iJL,  se   moquer  de,  606.  Batti^e  à  coups  de  sabre,  1221 

note.  La  locution  ^^1^  ij-^^  est  exactement  notre  un  tel 
ma  plaqué. 

iaL ,  bavarder;  dire  des  sottises,  606. 

JJL),   qui  échappe,  qui  glisse  deliors,  20,  14;  51  n.  4. 

-b^G,  dalle,  355,  1;  voir  sub  lXL  et  I  Sîdah  V  p.  123  en 
bas  et  X  p.  69;  Vollers  ZDMG  51  p.  312  où  l'étymologie 
proposée  n'est  pas  absolument  sûre.  Glaser  Peterm.  Mitteil. 
p.  37.  D.  H.  Mûller  Burgen  und  Schlôsser  I  p.  62,  4,  8  et 
p.  64,  9,  corrigé  dans  mon  Arabica  III  p.  119.  Giese,  Encyclop. 
de  rislâm  sv.  BaJât,  dit  que  Jj^Lj  paraît  rendre  aussi  bien 
platea  que  paMium,  mais  je  crois  que  platea  seul  suffit. 
Cf.  Ahlwardt  Rubah  Gl.  p.  XCIX  :  JaiJ  Steinfelder,  Ebenen, 
et  iaL»  couvert  de  pierres. 


^     207 

iaJj,  qui  raconte  tout,  qui  est  indiscret.  606. 

'ilAj^  =  aAiLyi,  1221  note. 


e\^ki 


-nLL  >  .i^LL  vhv.,  se,  jeter  par  terre,  1221  note.   C'est  pro- 
bablement  un  accouplement  de   f^  et  JaL  vhv. 
^sLLj',  être  à  plat  sur  le  ventre;  cf.  ,-^. 


c 


^i^ïîJLfl,  aplati,  Syrie,  1216. 


«Jb,  a,  avaler,  30,  19;  795;  hébr.  y'?^,  mais  éth.  ft^O,  mayiger. 
Schulthess  HW  p.  3.  Ce  sens  classique  est  courant  dans  le 
Nord,  mais  en  datînois  c'est  tout  le  contraire:  cracher, 
rejeter  par  la  bouche,  clégueuler,  57  n.  où^e^Jb;  me  LA 
p.  65,  de  même  qu'en  ^Oraân  d'après  RO  p.  417  Prov.  N°  193: 
«Ju  ^y>  (j^,  traduit  par  war  etwas  verschluckt,  giebt  es  (auch) 
wieder  von  sich.  Mais  je  crois  que  «L  a  ici  le  sens  ^'avaler, 
sans  quoi  le  proverbe  n'aurait  pas  de  pointe.  La  traduction 
de  RO  prouve  cependant  qu'on  connaît  le  sens  datînois.  — 
Mettre  la  langue  sur  un  fer  chauffé,  à  l'ordalie,  Nord. 

Cf.  viJlj;  oJJb;  -^jji  -^y»  Gt  kXa  vlivs.   I  Sîdah  XV   p.  63 
oîi  o.j,  J.?_>w  et  j*_iLj  -avaler.   En   amariila,  balâ,  manger. 

1055,  1056. 

j-Lj   est   dans  le   Nord   faire  lécher   le    fer   en  soumettant 

V inculpé  Cl  V ordalie  =  ^^  vhv.  et  ^j^^\,  Nord.  L'homme  qui 
opère  l'ordalie  est  %L^  ou  «.^/-<  vhv.,  et  V ordalie  même,  iCstL 

û 

ou  iLx.^.    Pour  plus  de  détail,  voir  Musil  o.  1.  p.  210,9  et 

pp.  338  et  340  et  s. 

^L  n'est  pas  celui  qui  fait  subir  l'ordalie,  comme  il  est  dit 

dans  la  Mission  archéol.  de  Jaussen  et  Savignac  p.  474  et 
n.  2,  maïs  l'inculpé  d  qui  on  fait  subir  l'ordalie. 


208     • 

O  G 

KxL,  ordalie,  Nord  =  iLx-ii^  Nord  et  Sud.  Ce  „  jugement  de 

Dieu"  est  encore  très  pratiqué  dans  les  milieux  bédouins  de 
toute  l'Arabie. 

j»jtL,  1615,  12.  —  pytij,  oesophage,  1162  n.  2;  1615  n.  Torc- 
zyuer  o.  1.  p.  197. 

AJtJLi,  nubile,  718,  3, 

oiij,  u,  cracher,  i-ejeter  par  la  bouche,  1462,9;  1612,2  d'en 
bas.  I  Sîdah  X  p.  97.  Sa  variation  phonétique  ^  est  aussi 
dans  le  Sud  cracher,  vhv. 

^>oy,  1612;  176-1.-  Jjb  =  ou:>,  1764.  -  ^Jbf,  1764. 
^JsL,  coioper,  =  ^i'ji,   1764. 

peut-être^  répandu  dans  tout  le  Nord;  dans  le  Sud,  on  ne 
l'entend  qu'à  Aden  et  quelquefois  au  Yéman,  par  le  contact 
avec  les  Turcs,  484.  Le  mot  équivalent  de  notre  dialecte  est 

^^Ji,  oL=>  ou  ^^,o  vhvs. 

*xJb 

*Jb,  êb'e  co7ifus,  être  a/mî7  Dt.,  Hdr.  On  lira  ce  que  j'ai  dit  Hdr. 

p.  108;  V.  ici  p.  193  en  bas.  Cf.  *.]^  et,  plus  souvent,  \^!,  que  Nôl- 

deke  ZDMG  45  p.  174  veut  faire  remontera  ^%,  comme  déno- 
minatif, mais  je  crois  sans  raison.  Si  cela  est  vrai,  il  faudrait 
*JÎ  >  &J5  >  ikJLj .    Cf.  sur  xi^  Hdr.  p.  50.    Fischer,  Marokk. 


209 

Sprichwôrter,  M  SOS  I  p.  201  n.  1,  admet  que  Vd^  et 
V~}^  sont,  dans  les  dialectes,  des  métathèses  pour  V~»Xi. 
Il  est  difficile  de  dire  quelle  est  la  racine  primaire.  Cf.  Marçais 

Gr.  Tlem.  p.  303  sur  xIj  et  ^.  Cf.  jIj  et  J^,  vhv. 

JL.,  faire  la  guerre,  faire  la  bala,  vhv.,  639,2  d'en  bas 

et  n.  3;  voir  sub  vr>-   r-^l^'  j^'-s^  ^^  0^^"—  ^  cj;-**^'  "^'j 

les  âl  en-Na^mi  ne  font  pas  la  guerre  avec  les  tribus  d'ed- 
jpâhir  (contre  l'ennemi  de  celles-ci),  lettre  de  Dt.  C'est  un 
dénominatif  de  i^. 

^}£■  J^!,  se  plaindre  de,  434,2  d'en  bas. 

Jjoî,   être  frappé  d'un  malheur.  'iJuXi  ^  y^^^  L-*-:^'  ^^o?/5 

autres  Meyâsir  avons  été  frappés  de  ce  malheur  de  Éam'^ah.  Dt. 
i^bLj  >  bLj,   bal  a,   propr.   malheur,  affliction,  épreuve,  mais 

dans   le   Sud   c'est  =  lj;>)  guerre^  80,21;  104,22;   112,5; 
168  d.l.;  171,2;  402,4  d'en  bas;  1400,7;  1455,9;  1611,8. 
Malgré   ce   nom,   les  tribus   se   font  la  guerre  à  outrance, 
imitant  en  cela  les  nations  européennes  et  américaines  dont- 
les  gouvernants  nous  ont  mis  dans  un  bal  a  épouventable. 

^LJt  p,  1720,  12;  ^  Jy.,  1622. 

l^^<^;^  "i,  1760. 

^,  particule  avec  suffixes,  v.  ^^. 

^,  particule  et  son  emploi  479;  482  ss.;  1228,13;  Brockel- 
mann  VOS  S  II  p.  623. 

^^j,  café,  26,  15;  27,2;  1079.  Histoire  et  étymologie  1055  ss. 

14 


210 

Sur  le  café  dans  le  Yémaii,  on  trouvera  beaucoup  de  ren- 
seignements intéressants  dans  le  Voyage  de  l'Arabie  Heu- 
reuse par  La  Roque,  Paris  1716.  Il  y  a  un  ,, Mémoire  con- 
cernant l'arbre  et  le  fruit  du  café"  et  un  „ Traité  historique 
de  l'origine  et  du  progrès  du  café,  tant  dans  l'Asie  que  dans 
l'Europe;  de  son  introduction  en  France  et  de  l'établissement 
de  son  usage  à  Paris". 

^^^,  argent^  403  n.   ~  ^^^  1064  et  n. 

De  qj,  m/e,  on  a  fait  le  dénominatif  j^y-j,  mettre  la  poudre 

de  café  dans  la  cafetière^  56,7;  1079,  comme  -^=>  vhv.     , 

* 

^^,  i,  senti?-  (bon  ou  mauvais),  479  n.  1. 

ajLi,  odeur  (bonne  ou  mauvaise),  Hdr.  Gl.  sv.;  K.  el-Addâd 
p.  269;.  I  SIdah  XI  p.  205,6  d'en  bas  et  p.  208,4;  Abu 
Hilâl   el-'Askarî   dans   MSOS   XVIII,  ii  p.  12:  bobine  odeur 

=  s^.  Carbou  p.  194.  Une  métathèse  en  est  le  yémanite 
iL*j,  maîivaise  odeur,  Qâm.,  mais  non  pas  dans  TA. 

^yJ,  élever  un  enfant,  42,  16.  Dénominatif  de  ^^  =  ^^t. 
^^jlo",  être  élevé,  1010. 

iLlj>iLl.j,  Hdr.  p.  267,4  d'en  bas,  doigt  des  mains  et  des, 
pieds;  pi.  ^Lli  144,  10.  Aussi  longueur  ou  largeur  d'un  doigt, 

comme  dans   nos  langues  européennes.    Il  y  a  aussi  ^-jL^-j, 

pi.  ^^JLo,  625,  2  d'en  bas.  I  Sîdah  II  p.  7  donne  ^Ul,  doigts, 

avec   le    nom   d'unité   kjUo.    On   lira  ce  que  j'ai  écrit  Hdr. 

p.  273   et  Marçais  TAT   p.  237  sur  i^L',  pi.  ^Llj  et  oLL, 


211 

doigt  de  pied.  Le  „collectif"  qUI  se  trouve  dans  d'anciennes 

poésies.  Hodeyl.  Wellhausen  N°  237  v.  16:  ...^éSS\  ...^^. 

^^illJÙ\  wvcajs^  Lri'-^,  il  inspire  de  V amour  à  la  fille  aux  7iichons 

rondelets .  . .  dont  les'  doigts  ont  les  bouts  teints  (de  hinnà"). 
Sîbaweyhi,  éd.  Caire,  II  p.  177  =  1  Sîdah  II  p.  7  =  LA  XVI 
p.  205.  Bolj.  V  p.  95,  3  d'en  bas  (.x.^1  ^f.  ^\i).  I.  Qoteyba, 

éd.  de  Goeje  p.  393,  14:  ^Ll^o  Î^Uj  ,j1J  ~^j>.^=il\^,  et  tous  les 

doigts  de  la  main  ne  sont  pas  'égaux.  Cela  est  dans  tous  les 
pays   arabes  une  comparaison  très  courante.    Un  hammâmî 

1849  me  dit:  [^  ^^yj^S  pjf  ,j^  ^^Uj,  tous  les  doigts  de  l'homme 
sont-ils  égaux?  Un  Datînois:  Ju^î  ^L^j  U^  I^-w  ^L  ^^LJ'  Ji 

[y^  ^lo,  tout  le  monde  n'est  pas  égal,  comme  les  doigts  de  la 
main  ne  sont  pas  égaux.  En  disant  cela,  on  écarte  les  doigts 
en  tenant  la  main  perpendiculairement.  Par  là  on  veut  dire 
que  tout  le  monde  ne  peut  être  égal  ni  avoir  la  même 
position  de  fortune.  Tout  arabisant  ayant  séjourné  en  Orient 
quelque  temps  aura  sans  doute  entendu  cette  expression  et 
vu  ce  geste.  Cette  parabole  est  assurément  fort  ancienne. 
Le  Prophète  dit  S.  75  v.  2  :  LoLIâc  '^^  ^I  ^^^î  (^iJ'it  L^\ 
xiU-j  (cy-^J  ^J^  (}-£■  qJ;^^"  ij-i  *   l'homme  croit-il   que  nous  ne 

réuniro7is  pas  ses  os?  mais  oui!  nous  avons  (même)  le 
pouvoir  d'égaliser  ses  doigts.  Le  Prophète  parle  ici  au  nom 
d'Allah,  après  avoir  fait  un  exorde  en  son  propre  nom. 
L'explication  de  certains  exégètes,  I  Sîdah  II  p.  7  et  LA 
XVI  p.  205,  est  très  artificielle.  El-Beydâwî  paraît  avoir 
trouvé  la  vérité,  mais  il  n'est  pas  très  clair  ici.  Si  l'on 
consulte  les  dictionnaires  arabes,  on  verra  que  les  lexico- 
graphes et  les  exégètes  ne  connaissaient  pas  bien  le  vrai  sens 
de  mot  qI— ^,  TA  IX  p.  144  et  s.  La  traduction  de  ce 
verset   qorânique    de    Sprenger    Leben   Moh.    II   p.  495,   de 


212 

Kazimirski  et  de  Reckendorf  SV  II  p.  314  est  inspirée  par 
les  commentaires  arabes  et  par  conséquent  erronée,  voire 
même   incompréhensible  ').    Le  Prophète  a  certainement  dit 

mUï,  ^y,  xiLo,  mU,  ce  qui  a  déjà  été  relevé  par  Vollers 
VS  p.  147.  ^^J^'i  serait  un  JL>  d'après  el-Beydâwî,  mais  je 
crois  qu'il  est  de  la  même  provenance  de  la  langue  parlée 
que  les  mots  ci-dessus  à  la  fin  des  phrases,  >^î>ilj,  ma  LA 
p.  27  et  Vollers  VS  p.  163.  Pour  que  le  Prophète  et  Allah 
lui-même  ne  soient  pas  accusés  de  vulgarisme,  on  a  enregistré 
la  variante  q3;>3'j',  Beyd.  ad  1.  Si  cette  sourat  est  une  des 
premières,  ce  vulgarisme  s'explique. 

Il  faut  examiner  si  iC-o  et  qLo  sont  apparentés  au  babyl. 
ubânu,  doigt,  orteil.  Holma  Kôrperteile  p.  121  le  compare 
avec  ^L^!<j.L^  et  |?L.,  vhv.,  1^3.  jns.  Torczyner  o.  1.  p.  228. 

Meissner  dans  GGA  1904  N°  9  p.  741.  Je  fais  observer  que 

I  Sîdah  II  p.  7  donne  aussi  la  variante  j.Uj  en  citant  ""Omar 
b.  Abî  er-Rabî'ah. 

rfs>o,  sautiller,  1226  n.  2.  =  Jc^^.-^  vhv. 

aL',    1282  n.  2,  pi.  J^IJ,   rubmi,  Band,  1282,12. 

o 

HjjcXvo,  drapeau,  1532  <  bandiera. 

^lU^,  fusil,  437  n.  2;  944  n.  =  ojJj,  Nord  812,4  d'en 
bas,  ou  v_î^  *i37  n.  2.  On  entend  même  o'î'A^  en  Hdr., 
V.  d.  Berg  Le  Hadhr.  p.  281,3,  tandis  que  ib.  p.  47  il  écrit 
même   bindouq.   A   MasauwaS   on  dit  aussi  o^^A-jL*  ZA 


1)    Zetterstéen    dans    sa    récente    traduction    suédoise    du   Qorân    a 
adopté  raon  explication. 


213 

XXI  p.  74.  Mehri  bendùq  =  slj.  endi'q,  Bittner  .St.  soqot. 
I  p.  35/6. 

iCsJJJ,   balle,  487.  Boh.  VII  p.  86. 

M  >    G) 

xëiXo,  fusil,  Nord,  944  n. 

^^u\-o,  bâtard,  944  et  n. 

J'ai   donné   Hdr.  p,  219  les  noms  des  différentes  parties 
du  fusil.   Pour  Datînah,   il   y   a  quelques  variations:  oL^-o 

ou  LiUx/0,  Dt.,  ^Awâliq  et  Harîb,  visière,  =  Hdr.  o|>.^i);, 
j_cy^ ,  fût  ou  6oïs  dw  fusil  ;  iU-Aoï ,  canon  du  fusil  ;  M-i  ; 
bassinet;  *ji^3w,  partie  supérieure  du  canon;  Kxa-o,  pi.  ^i^j, 
trois  bandes  tranversales  souvent  en  argent  qui  se  trouvent 
sur  le  canon  ;  charger  le  fusil  est  tjï:_^  ou  ^^^  en  Hdr.  ;  en 
Dt.,  seulement  q^^;  on  dit  ^âduh  el-binduq  bâlàshanah 

le  fusil  est  encore  sans  charge  =  'is^  ^b  ;  jX^ ,  coucher  en 

3  o  - 

joue,   viser,   partout  courant  ;  pierre  à  feu,  =  ^^^  Nord  ; 

le  fusil  ,^^wo_j,  recule;  ^Lxijf:  courroie,  partout;  iJujJ,  mèche  vhv. 

Le  dessin  d'un  précieux  fusil  hasanî,  812  n.  1,  de  ma  col- 
lection, de  la  main  de  notre  regretté  Julius  Euting,  *ii!  n-t^j 
sera  donné  sub  ^^>^. 

^^ 

^^,  beugler,  (vache),  Dt.  et  "Oman. 

*^' 

L^  ^,  822  ou  l^Jlc  773;  822;  cf.  Nôldeke  Beitrâge  H  p. 
110  et  n.  1.  c>-:^î  ^  772. 


1)  On  observera  la  même  sémantique:  visière  <^  oisus  <^  videre,  comme 
oUi-<  <C  «wJLxi ,  u,  voir.  En  mchri  aussi  meswôf  Bittner  St.  mehri 
I  p.  32. 


214 

^_^L.,  constructeur^  architecte,  pi.  «Uj,   1245,3. 

ijdi ,  maço7i,  296,  3.  Pour  rendre  exactement  la  prononciation, 
il  faudrait  transcrire  bannâ'i,  de  même  que  tous  les  mots 
analogues  :  s  a  r  r  â  M ,  acheteur,  h  a  u  w  â  "  i ,  charmeur  de  ser- 
pents, rannâ^i,  c/^ari^ewr  etc.  Même  forme  des  Jlju,  de  1/^^*2 

et  de  V^^^,  en  mehri:  bennôy,  heqqôy  <  ^Liw  =  dat. 
saqqâM,  vendeur  d'eau,  Bittner  St.  mehri  I  p.  73,3;  en 
Algérie,  de  même. 

û 

^Lyo,  demeure;  bâtisse,   1226,8. 

^,  fils,  290  et  ss.  ;  cf.  1008;  voir  sub  L.  Pour  suivre  la 
routine,  je  fais  figurer  |^  ici,  quoique  ce  mot  n'ait  rien  à 
voir  avec  le  verbe  jro,  ce  qui  à  déjà  été  relevé  par  Nôldeke 
Beitrâge  II  p.  136  n.  2;  cf.  Bittner  St.  mehri  I  p.  36  n.  1; 
pi.  yj,   292;  1440.   ^^Lî  ^c^,   expliqué  1377. 

3o  peut  être  Jî_^^t,  J!^î  et  J!  yj,  1409,  1410.  L  AU  p.  442,  7 
et  s.;  Nôldeke  Beitrâge  II  p.  136;  PJiodokanakis  WZKM25 
p.  84;  Brockelmann  o.  1.  I  p.  263;  Hdr.  p.  116  s.  Voir  ici  sub 

L  et  Ji. 

Il  n'est  pas  étonnant  que  dans  la  langue  parlée  le  pluriel 
soit  toujours  j^,  mais  ce  pluriel  a  dû,  en  tout  cas,  rem- 
placer le  nominatif  yj  déjà  de  très  bonne  heure,  car  dans 
les  inscriptions  sabéo-himyarites  on  trouve  plus  souvent  b  n  y 
que  bnu;  p.  e.  Husn  el-Rurâb  1.  1,  Arabica  IV.  On  con- 
sultera aussi  Hartmann  Die  arab.  Frage  oii  il  y  a  une  vaste 
nomenclature,  où  figure  bny  à  côté  de  bnu. 
^^,  avec  les  suffixes,  13,9;  135,3,5;  locution  expliquée  474 
et  ss.;  666,  10;  1730;  étymologie  proposée  479.  J\^  Lls  *i]î^ 

ojjt^'  J-j  P^^  Dieu,  nous  allons  continuer  notre  route,  353 

d.  1.  (jiit:  Vîjj  'ûù>yù\  b  idi!},  par  Dieu,  la  vieille  vivra  certaine- 


215 

ment,  421,3.  Bini  qatàlak,  7e  vais  te  tuer,  et  l'autre  dit: 
binneh  ba  yiqtèlni,  c'est  qu'il  va  me  tuer,  où  il  n'aurait 
pu  dire  bine  h  qatàlni,  conversation  entendue;  ma  LA 
p.  43,6.  Cf.  ce  que  dis  sub  j,  _^1  et  ^^. 

^  fille,  432>c>o.ib.;  D.  H.  Muller  SAE  IV  p.  68,  28  ;  > 

bit,  Carbou  p.  51,4  d'en  bas.  ^  u>^-^,  femme  mariée;  cou- 
sine^ contribuiez  841;  854,3. 

c>-ê-j,  a,   regarder  avec  étoimement,  Dt.  1299.    C'est  le  sh. 
bôthet,  s'étonner,  être  ahuri  B  sli.  II  p.  23.  Cf.  ^j  vhv. 
c>^,  surprendre;  confondre,  Dt. 
c:^,  chez  Hartmann  LLW  pp.  134  et  182  en  haut,  re^arc^er. 

03 

^^U^,  médisance  Dt.  —  ci'.^,  stupide,  qui  reste  la  bouche  bée 
Dt.  —  o^^,  confus,  Dt. 

p,  briller,  988,  989;  1765.  Voir  Nôldeke  Beitràge  II  p.  58  et 
H.  Môller  dans  la  ZDMG  70  p.  156.  Cf.  ^,  J%,  ^^,  g^, 
L^,  vhvs.  et  Tn-  En  sh.,  birihôt,  lumière,  Bittner  sh.  Ip  28. 
^î,  invoquer  Dieu  avec  ferveur  =  ^^\  1765. 

^L.:  fU  ^!,  989  en  bas  =  Dt.  Ju  ^\. 

Jl  dans  ^  -^j ,  824. 

^,  être  agité;  crier  au  secours,  comme  chez  RD  II  Gl.  sv., 
mais  c'est  alors  un  développement  de  K~w,  que  nous  trou- 
vons dans  u;/cj,  J^  et_^. 

_L-j",  être  ébahi,  en  Mésopotamie,  Meissner  NAGI  p.  115. 
Cf.  ^y^  vhv. 


216 


„j^,  poindre  (jour,  matin)  Dt.  Cf.  ^  et  ^-1^.  Socin  Diwan 
Gl.  sv.  a  _^,  langdauernde  Nacht. 

fji,  i },  prendre  avec  mie  seule  main;  prendre  ime  poignée^ 
791.  Cf.  ^  Hçlr,  Gl.  sv.  et  ^J^  sv. 

(jû^ ,  balayer;  au  fig.  /c/zVe  ra/?e  de,  tout  avaler,  wegfegen,  Dt. 

v.,s4-J  est  dans  le  Sud  le  nom  de  la  lèpre,  v.  u^^.  C'est 
véritablement   dans  la  médecine   arabe  la  morphée  blanche 

^Ji2-^!  v^-^,  et  la  m.  noire,  c>yJ\  os-fj,  appelées  p^^^^î,  de 
Koning,  Trois  traités  pp.  805  et  815.  Dozy  S. 

Js-f:,  a,  en  Dt.  oublier,  1765.  Dans  le  Nord,  voyez  Hdr.  Gl.  sv. 
Le  sens  primitif  rester  bouche  bée,  être  ouvert  ou  qqc.  d'ana- 
logue a  pris  des  nuances  sémasiologiques  différentes,  jusqu'à 
devenir  en  éthiopien  par/e?-;  *  jebehel  >  yebêl,  Brockelmann 
VGSS  I  p.  56.  Cf.  behlit,  parole,  en  mehri  =  sh.  eh  lit 
ou  behlit;  cf.  «flyrt,  dire.  Dans  les  dialectes  arabes  du 
Levant,    c'est  général  être  stupide,  maboule  4^-t-f«,  fou.    On 

connaît  le  syrien  jy^,  idiot,  ce  qui  dans  le  Sud  et  dans  la 

lurah  est  tout  le  contraire!  Cf.  _^^,  ^,  ^^,  ,iJi^  et  JJl^. 
Chez  les   Bâ   Kâzim,  Jv^-j  i  =  ii!L_j  849  et  n.  1  ;  est-ce  une 
métathèse  de  J-».^? 
J^t  1765=^!. 


e^^- 


,iJl4-J,  poiyidre.  Dt.  r^ài!  -^îJ^,  l'aube  commence  à  poindre. 


217 

JJlfij",  luire,  comme  RO  p.  255,8. 

j*^,  petits  et  petites  des  chèvres  712;   1484,5. 

^[j  =  ^^^,  po2ice,  comme  dans  le  Nord,  Socin  Diw.  Gl.  sv., 

et   en   Egypte.  Cf.  ]n3  =  j^L.:  n<m;  Holma  Kôrperteile  p. 

XI  et  p.  121;  Torczyner  o.  1.  p.  228.  Voir  sub  ^lL. 

)U^  =^  é"^^'  co?^?-a^e,  K.  el-addâd  p.  5,  ce  qui  s'explique  par 
ce  que  je  dis  p.  884  efe  ici  sub  JJ^j,  ',^3,  ^^X^  et  a^S', 

>^^,  988.  Cf.  ^^  vhv.,  ^^^,  ^^l^,  J^  et  Jd^.  -  Sur  ce 
thème  qui  se  trouve  également  dans  les  langues  indogerma- 
niques,  voir  Walde  LE  WB  p.  271  et  H.  Moller  ZDMQ  70 
p.  150.  Voir  ici  sub  ^. 

sL,,  revenir,  772.  —  sL,  a&L  et  «L,  coïtits,  772  n. 
ssLax,  demeure,  1463.  —  !j-*:o«,  utérus,  772  n. 

*-jlj,  porte,  fait  au  pi.  aussi  ^^  104,  21. 

^L.,  u,  fendre,  314,9,  expliqué  par  ^J^;  ceci  dans  le  Nord 
seulement.  Socin  Diw.  I  N°  48  v.  8  a  un  vers  qui  ressemble 
à  celui   que  je  rapporte  314,9,  avec  la  même  tournure:  la 

chamelle  ^_jLwJi  ^y^s  =  notre  ^^\  ^y3 ,  et  cela  lui  fut  explique 
par  „sich  schnelle  bewegen,  etwas  ùberholen".  En  datînois, 
-L) ,  u,  est  être-  dégoûté  de,  ^J^ ,  être  las  de. 

-^  chez  Stumme  TTBL  p.  80  est  traduit  par  „hinausla- 
lavieren",  ce  qui  n'est  que  la  traduction  de  louvoyer  de  Dozy 


218 

S.  Hartmann  LLW  p.  80  rond  „.^x)  par  „hoch  und  stolz 
ragend  und  dabei  brullend",  ce  qui  rappelle  le  ^lo  de  LA  sv. 

^Li,  u,  être  de  nulle  valeur  (homme);  être  perveiii.  Au  ôg.  ne 
pas  être  vengé,  482,  11  d'en  bas.  Socin  Diw.  Gl.  sv.,  où  ren- 
vois.  Eq   mehri,   voyager  la  nuit,  989;  on  pourra  peut-être 

comparer  y  vhv  ;  Bittner  St.  mehri  I  p.  23  dit  que  c'est 
pour  b'r,  St.  sh.  Il  p.  30,  mais  bàr  a  bien  pu  devenir  ba'r? 
Le  verbe  mehrite  doit  se  rapporter  à  une  particularité  de  la 
nuit,  comme  j*.f>  vhv.  On  voyage  dans  le  Sud  la  nuit,  pour 
éviter  la  chaleur,  par  une  nuit  claire  ou  par  le  clair  de  lune, 

et  bar  <  ba^r  pourrait  donc  être  apparenté  à  y,  ^  vhv. 

jyi,  mettre  qqn.  au  ban  de  la  société,  Arabica  V  p.  135. 

^^■,  ro2der  (bateau  en  mer),  Dt.,  comme  le  mehri  bôr. 
yL,  de  nulle  valeur  (homme);  perverti. 

jyjyi,  mis  au  ban  de  la  société;  perverti.  Cf.  oL  et  o>j. 
> 

est  le  bassinet  de  la  xxxi.  ou  iCcLv^,  où  l'on  met  le  tumbâk 
1025,1:  1689,3.  Jahn  SAE  III  p.  171  le  traduit  bien  par 
Glutbecher  der  Pfeife  et  p.  275  par  Kohlenbecher,  mais  dans 
sa  Grammaire  p.  23  par  Tabakpfeife,  ce  qui  n'est  pas  d'une 
absolue  exactitude.  Aussi  dans  le  Nord,  Huber,  Journal  p.  126. 
Jahn  0.1.  p.  171  écrit  bùrî,  pi.  bùriyet  et  dans  sa  Gram- 

maire  p.  23  il  dit:   „le  pluriel  de  bûrï  (e=»^j),  pipe  à  tabac, 

n'est   pas   bûriyyet,    mais   bùriyet".   Je  crois  bien,  car 

i^.yi  est  faux.  Il  l'a  ainsi  trouvé  dans  Dozy  S. 

L'étymologie  ne   m'est  pas  connue.  Elle  ne  doit  pas  être 

arabe.  Il  y  a  en  arabe  ^j^,  I  Sîdah  XII  p.  42;  XIV  p.  42,  3, 


219 

LA  sv.  et  Lane  sv.,  qui  est  d'origine  persane  et  signifie 
tout  autre  ciiose.  Notre  t_c.y  vient  peut-être  aussi  du  persan 

-  o  - 

en  même  temps  que  le  tumbâk  persan  <  tiL-o",  (qui  n'est 
pas  d'origine  persane)  qu'on  emploie  pour  fumer  la  rué  bah 
dans  tout  l'Orient.  J'avais  un  moment  pensé  à  l'egypto-copte 
bari  >  (oxptc ,  barque,  >  lat.  bâris  et  barca,  Walde 
p.  83,  Boisacq  Langue  grecque  p.  115,  Falk-Torp  o.  1.  sv. 
Bark  I  et  v.  Luschan,  Ûber  Boote  aus  Baumrinde  dans  Aus 
der  Natur  1907,  mais  cela  est  bien  loin.  Il  y  a  en  arabe 
un  mot  (C^y  ou  ^^^/^  ==  iL^à*^ ,  I  Sîdah  XIY  p.  42,9,  LA 
sv.  Cliêr  Alfâz  p.  31,  qui  paraît  être  arabe,  Sachau  Mo'^arrab 
p.  13,  Fraenkel  FW  p.  217,  malgré  I  Sîdah  1.1. 

Ce  dessin  un  peu  rudimentaire  re- 
présente  la  pipe  appelée  'iLJX.  ,  pi.  ^.ii. , 
<  L-'-wj ,  et  souvent  aussi  en  Dt.  et  chez 
les  "Awâliq  'i^r^-->  'l^s^ô^^  Yéraan  et  .  j^m 
Aden;  Eg.  ic.ix>w..  1:  'lU^m  Dt.,  Jahn 
SAE  m  p.  275  iUiiî.  2:  ^^y ;  (j^r,  Tihâ- 
mah;  3:  jw  Dt.  ;  jjjj  Hdr.;  jiô  Harîb; 
v^iij,  Banyar  et  Yéman;  Jahn,  à  tort  bisbis.  4:  iw*..=>, 
partout;  ^^o\/o  Tihâmah.  5:  (jJl:s^,  (j-"^  ou  iCw^L^  Dt.; 
(j/.^,   Harîb   et  Yéman;   iCc'o   Hdr.  6:  iC>-oï  Dt.,  mais  iLw.as 

Hdr.  La  iU:>  est  un  coco,  appelé  iù)/,  n.  unit,  de  v'j^  = 
J.-ç>^  à  '^Oman,  à  el-Makalla  et  dans  l'Afrique  orientale. 

\yi  =  j^r-^j-J,  brûle-gueule  (pipe),  vhv.  j^  est  aussi  gueule, 
Almkvist  Kl.  Beitrâge  p.  332.  Voir  sub  ,*..ci~>,  fja=>  et  ^. 


'^ 


220 


y^Li,  u,  baiser,  909  d.  1.  ;  inusité  dans  les  dialectes  bédouins 
du  Sud,  oij  l'on  dit  Jo,  ^.^  et  jJi,  vhv.  ;  Hdr.  p.  109. 

(ji-Li,  u,  piller,  enlever  à  la  razzia,  564. 

(jiwj-o  =  u^'V)  564. 

^^Lo,  rafler  ;  prendre^  ramasser  à  la  hâte,  ib. 

^>jj,  gros  bétail,  19,8,13  et  passim;  41,17;  365,4  d'en 
bas;  476,15;  expliqué  563  s.;  723  n.;  1022,7  d'en  bas; 
1371;  1451,3  d'en  bas.  Plus  à  l'est  de  Dt.,  il  commence 
déjà  à  signifier  chameaux  564;  RD  Gl.  sv.  ;  Moritz  Zanzibar 
p.  11;  Socin  Diw.  Gl.  sv.  PI.  ^!^!  563,  564;  cf.  Arabica 
V  Gl.  sv. 

(jii^,  devenir  malade,  être  mal  à  son  aise,  485,  7  d'en  bas. 
Batnak  bâ^yebûwis  minnah,  tu  en  auras  l'estomac 
malade. 

ijj^»^,  malaise.  Ce  verbe  est  le  plus  souvent  appliqué  à  un 
malaise  de  l'estomac  ou  du  ventre.  Ce  thème  est  en  corré- 
lation avec  J^i»,,  avoir  le  ventre  gonflé,  sur  lequel  voyez 
Arabica  V  p.  14  n.  2,  et  ici  p.  565.  La  même  image  se 
trouve  donc  dans  notre  embarras  gastrique. 

i^b,  u,  violer,  trahir;  rojnpre.  xb!  vjsLo^  \y^i  vous  avez 
violé  le  pacte  de  Dieu,  309,  1.  Ma  "odet  abûqak,  ^e  ?ze  te 
trahirai  plus,  Musil  o.  1.  p.  397,  16.  —  Dans  le  Nord,  c'est 
aussi  voler,  Socin  Diw.  Gl.  sv.  ;  Weissbach  Irak-Arab.  p.  131, 1. 
C'est  un  sens  secondaire.  Voir  à  présent  Jaussen  Coutumes 

p.  89  et  ss.  —  Cf.  ^J;lJ,  classique. 

^^Lo!,   être  violé,  trahi;  être  volé;  Irak-arab.  p.  169  N°  39. 


# 


221 

^l^j,   traître;  voleur;  calomniateur,  RO  p.  76,2. 

^_^,  expliqué  306;  Arabica  V  p.  135.  Jaussen  Coutumes 
p.  91  :  qui  est  au  ban  de  la  tribu.  Ces  sens  appartiennent 
aux  parlers  bédouins  du  Nord  et  de  'Oman.  Cf.,  Jj,  u,  vliv. 

'i^yi,  pi.  jy.j,  retrancheme7it,  voir  exemple  sub  j*^L>. 

i^,  hibou,  dont  il  est  parlé  1017.  C'est  une  onomatopée,  et 
notre  hibou  =  hi  +  bou,  comme  bu  +  hu,  l'est  bien  aussi, 

de  même  que  j.^,  hibou. 

(5  '"> 

est   dans  le   Sud   et  presque  dans  toute  l'Arabie,  pupille  de 

Voeil,   ma   Festgabe   p.  38  n.;  Meissner  NAGI  p.  XXV  et 

p.  115.  Aussi  maîtresse,  Herrin,  RO  p.  26,  18  qu'a  déjà  Ibn 

Battùta  II  p.  225;  ZDMG  49  p.  504  en  haut.  Ce  n'est  que 

le  premier   sens   qui  m'intéresse  ici.  La  lurah  a   ^jytit  j.j^  , 

Yàqût  III  p.  751,  13,  LA  I  p.  17,  aussi  appelé  ^J^\  ^L^iî, 

=  îlïï'^*,  les  deux  aussi  employés  dans  le  langage  courant 
Harfouch  Drogm.  p.  73.  ZA  XXIII  p.  275.  Pupille  vient 
du  lat.  piipilla,  pilpula,  dim.  de  pupa,  petite  fille;  Falk-Torp 
N  D  E  W  sv.  p.  858  ;  Walde  L  E  W  B  sv.  pnpus,  petit  enfant 
et  pupille  de  Voeil.  yJpvj  est  aussi  jeime  fille  et  pupille  de 
l'oeil,  Boisacq  Langue  grecque  p.  496;  Cher  Alfâz  p.  30.  En 
portugais,  on  dit  aussi  menina  do  olho,  pupille.  La  même 
image  se  trouve  dans  quelques  langues  sémitiques:  ]?^  n3, 
PV  n33,  •dit  pu  pilla  oculi;  cf.  ZA  XXIII  p.  274 
s.  et  Ges.-Buhl  sv.  Ce  sont  là  sans  doute  des  traductions 
d'une  conception  ancienne  orientale,  propagée  de  par  le  monde 
et  rendue  dans  la  langue  du  pays  oià  elle  est  entrée.  Nous 
aurons  l'occasion  d'an  parler  encore  sub  ^^^x^  vhv. 


222 


* 


c^vaj,  faire  7'eposer,   laisser  là  jjendant  la  finit,  615,3.  — 
Attaquer  la   nuit,    1650   et   u.  1  ;   voir  sub  ^»  i  y.   Hodeyl. 

Wellhausen  N°  144  v.  4:   k^î  J.  ^Xi^  ^Sj]  bfj,  et  je  suis 

celui  qui  vous  a  attaqués  la  nuit  avec  déjeunes  gaillards; 
ib.  p.  49,2;  Abu  Hilâl  el-'Askarî  MSOS  XVIII,  ii  p.  8,2 
d'en  bas:  {J^JP^\  «A^  io^îy  (j^  qLjO  ^jjl^,  et  m'ont  attaqué 
la  nuit  des  loups  (=  racailles)  des  voleurs  de  ces  bandes. 
ei*.A-j,  forteresse,  v.  sub  q'^:>.  C'est  dans  les  inscriptions 
sabéennes  aussi  =  le  moderne  SjiIkia  ,  château,  Rhodokanakis, 
ib.  II  pp.  26,  27;  48  (Obne  1.  1).  Chez  Carbou  p.  17  et  p.  34 
c'est  du  féminin,  f^^»-^^  '-^^j  expliqué  1483,  1414.  ^Ui  cv^^j, 
un  des  nombreux  noms  des  lieux  d'aisances,  partout  courant  ; 

cf.     ^.^i-M^A  ,      ,Ul2/«  . 

oLxj,  attaque  nocturne,  1650  n.  1.  Cf.  J.^  vhv. 


7^^ 


,  maître,  patron   1070  <  ^-^-j,  persan,    correspondant   à 


l'arabe   -a^^J^. 


(j:2>a,  devenir  blanc  906  n.  3.  —  x^>3  lP:v?')  expliqué  539.— 

ic>^t  [jcUi,  expliqué  559. 

(jicLo,  terrain  arrosé  et  sèche,  88  n.  1  ;  289  n.,  mais  I  Sîdah 

X  p.  163  dit:  il>J!  ^^.  ^  (j^p>\  ^  (jc^  ^^^'  et  ib. 

Lyii  c:/y.xj"  "^  ^U^  u:^^!-  -  Papier  blanc  318,  aussi    (jrLo   v. 

sub  *:c^.  —  ^jiitoî,  locution  avec  x:?-^  551;  557.  v^r-^^  u^^'j 
557, 10.  Dans  le  Diw.  de  Zoheyr,  mon  édit.  p.  121,  ij^ 
est  généreux,   et  Lebîd   N°  40  v.  82,   intègre;  ib.  N°  XVI 


223 

(Fragmente)  où  la  traduction  weisshaarig  est  certainement 
erronée.  iL:2>o  Ju! ,  jours  heweux  659,  4  d'en  bas. 

cLj,  i,  est  dans  notre  dialecte  seulement  vendre,  mais  dans 
celui  du  Waddây  c'est  vench'e  et  acheter,  Carbou  pp.  131  et 
202,  comme  dans  la  lurah,  Boh.  III  p.  72  {acheté^');  cLo! 
acheter,  I  SaM  I  p.  17,  Noldeke  o.  1.  p.  76,  parce  que  véri- 
tablement toper  dans  la  main. 

n^)  3-»  eW  6t  eXrH  ^^t  aussi  bien  dans  la  lurah,  LA  VII 
p.  99,  8,  que  dans  les  dialectes  être  clair,  paraître,  être  visible.  — 

^^,  dans  156,11;  157,6.  J^î^î  ^^j  ^^.jjojU-,  tu  m'as  fait 
faire  des  étapes,  159,  14.  <éU>3  ^^^,  Hodeyl.  Wellb.  N°  143 
1.  4/5  correspond  à  notre  moderne  entre  temps  et  à  allemand 

inzwischen.  —  Après  les  verbes  J-^Li,  344  n.  4;  501  n.; 
1737  n.  1.  ^3-v^  ^c^^  312.  ^^-^  ,jiw.L>  1737.  ^^  JooUo  344 
n.  4.  —  (iUxj^  cy^  e^i^re  moi  et  toi;  il  est  intéressant  de  con- 
stater qu'on  se  place  toujour  soi-même  en  premier  lieu, 
*  contrairement  à  ce  que  nous  faisons  en  Europe.  Le  même 
ordre  est  observé  dans  Genèse  17,7  "ji^Di  "li^n  ^n^iD.  mon 
pacte  entre  moi  et  toi.  Egalement  en  mehri  Bittner  St. 
mehri  III  p.  57. 

.^^  suivi  de  Jc>,,  de  ^,  de  t;jf^  ou  de  lXj  au  duel  ou  au  pluriel, 

428  et. s.;  1429:  tiV;^ib>j  ,^^0  (jjli' »  ^  ^ç^^-*^  ^  ^^^^^^j  ^^^ 
m'as  appelé,  me  voici  debout  devant  toi,  Dt.  On  trouve  la 
même  locution  Gen.  49,  10:  ]W  piP.npi  niinp  n?î^  ITO"!  Hh. 
V^ji,  le  sceptre  ne  se  retire  poi7it  de  Juda,  ni  le  bedon  de 
commandeur  cVentre  ses  pieds.    C'est  ainsi  qu'on  le  traduit, 

Halévy   JAs.   Mars- Avril  1910  p.  384.    Mais   „Ze   bâton 

cV entre  ses  pieds''  me  paraît  offrir  une  situation  exagérée,  à 
moins  que  Juda  dût  tenir  son  bâton  entre  ses  pieds,  ce  qui 


224 

n'est  pas  impossible.  D'après  moi,  il  faut  le  rendre  moins 
servilement  par   ^devant  lui".    La  traduction  américaine  de 

o  G  o    )  G  _       5 

Beyrouth  porte  :  *Jl:>.  (_^>j  ^j-,  C  ^f-^^^  i-^j.^  ^^  -r^v^  J^j:^  "^j 
ce  qui   est  compréhensible  en  arabe,  vu  sa  locution  corres- 

pondante.  <v.^  q*-j,  428,  s.;  1429.  —  ioj-^  ^^_)  =  iJ-*£l  ^^ 
1429.  Torczyner  Entstehung  pp.  71;  78;  161;  167  et  169  ne 
veut  pas  admettre  ici  un  duel,  mais  un  accusatif  adverbial, 
ce  qui  est  impossible.  Cf.  Nôldeke  ZA  XXX  p.  168  s.  — 
^^  SU-o,  85,  13.  —  oUaj,  entre^  388.  Carbon  p.  42.  Torczyner 
0.1.  p.  75  et  s.  Nôldeke  Beitràge  I  p.  137  oii  d'autres  renvois. 

KJ_o  est  senti  comme  un  pluriel,  témoins^  Arabica  V 
p.  183,2  et  n.  2.  Pedersen,  Eid  p.  184  s.,  a  mis  cette 
signification  hors  de  doute. 


* 


Ci) 

>  -b,  622;  1130;  1769.  o  ^ -b  792  n.;  oj^^o  > -bj^  550,  6. 
Brockelmann  o.  1.  I  p.  167  s.  Il  y  avait  des  Bédouins  qui 
prononçaient  le  »  final  comme  t,  LA  sv.  ^:^. 

Le  t  du  serment  est  encore  employé  au  Waddây,  Rabah 
p.  28,  6.  Voir  Pedersen  Eid  p.  14  et  n.  5. 

U) 

interjection,  564,6.  Il  faudrait  écrire  ta^  pour  bien  rendre 
le  son;  aussi  en  Dt.;  ma  Festgabe  p.  25  en  bas;  Schulthess 
Zurufe  an  Tiere  p.  62;  cf.  ib.  p.  78:  \ju.  Cf.  ici  lit;-. 

toynheau,  1672,  6  d'en  bas. 


1)  Ce   mot  me  paraît  forgé  ad  hoc,  car  je  n'ai  pu  le  découvrir  daus 
les  dictionnaires. 


225 

couronne,  diadème,  416,  et  peut-être  aussi  turban,  comme 
encore  dans  le  Sud  lorsqu'on  met  le  turban  sur  la  tète  du 
nouveau  sultan,  voir  sub  iXoo,  jUwO  et  ^.  C'est  un  mot 
pei'san  qui  se  rencontre  dans  l'inscription  d'en-Nemârah,  où 
Imrul-Qays  (t  328  ad  D.)  est  mentionné  portant  le  tâg, 
416;  1848.  Il  ressort  de  I  Sa'd  III,  ii  p.  90,4  ce  que  pou- 
vait être  un  tâg  arabe.  ""Abd  Allah  b.  Ubayi  allait  mettre 
un  tâg  de  jy>  qu'on  avait  réunis  pour  le  ceindre  avec, 
8^>^jc-J  \^ji>  *J  *JJi  lS^j^c  j.y  ^-*-^  ^>-ij ,  lorsque  le  Prophète 
arriva  à  el-Medînah.  Ce  récit  est  confirmé  par  Tab.  I  p.  1013,  10. 
Sur  le  Jj'ou  iùLac,  vhv.,  avec  les  liUlî  o!_j.i-,  voir  I  Sîdah  III 
p.  137  =  ib.  VI  p.  121  où  est  expliqué  le  vers  bien  connu  de 
Labîd  N°  89  v.  75;  Naqâid  Gl.  sv.  bj^,  Tab.  I  p.  984  raconte 
que  Hosro  fit  apporter  un  collier  de  perles  qui  fut  mis  autour 
de  la  tête  de  Haudah  b.  ^Alî,  \^i.  Jv^  lAJLxj  o  ^J^  u\Ji.*j  Lco. 
Tab.  III  p.  1687,  14:  „UJÎ  LJt^  ^\^\  \Ju  J.^  ]jotL!  ^U3- 
(jV>^y[5-  Sur  ce  (^j>j>Ui5,  voir  sub  JU.^.^,   ,l\a^  et  jy^*  J'ai 

souvent  vu  les  sultans  du  Sud  porter  deux  pagnes.  C'est  là 
la  Hy*^  des  Arabes  du  Sud,  vhv. 

Dans  le  souvenir  des  Arabes,  le  port  du  tâg,  comme 
emblème  royal,  Huart  JA  Sept.  Oct.  1914  p.  452  *),  doit 
être  ancien,   car  el-lVqûbi,   éd.   Houtsma  I  p.  220,  17,   dit 

que   Him^ar   b.   Sabâ  était  v^cXJt  ^^  „LJ!  ^J*^^  tiULo  J^ 

^"bSt  o>ï'laJL.  uaxiàxi ,  le  iwemier  roi  qui  porta  le  tkg  en  or 
incrusté  de  hyacinthes  rouges.  Mon  ms.  de  Tâg  el-mulûk 


')  Qui  traduit  —ii'  par  mitre  et  J^t^^ï  par  diadème;  voir  sub  JAi^ 

15 


226 

porte  un  chapitre:  „J^  iJLjLx,')  J5!  ^L^w  ^  ^,  et  un  autre 

chapitre,  ^y<J)  £l5>3"b5!  J.!  (^l>Ijj  3^  /"Le. 

Ce  tâg  est  encore  conservé,  compartis  comparandis,  en 
Egypte,  où  les  savants  reçoivent  du  Khédive,  en  même  temps 

qu'un  bjJvi'  et  un   ijtJi~>,   un   large  ruban  en  brocat  dont  ils 

se  ceignent  le  turban.  Cf.  Dussaud  Les  Arabes  en  Syrie  p.  34 
et  ss.  ;  Lidzbarski  Ephem.  II  p.  37  et  ss.  De  Lagarde,  Mitteil. 
I  p.  61  a  émis  l'hypothèse  que  Jj  pourrait  bien  être  d'origine 
soumérienne  <  agu,  disque  lunaire,  croissant  >  couronne^ 
diadème,  759.  Voir  aussi  Fraenkel  F  W  p.  62  et  I  Sîdah  III 
p.  136.  Zimmern  Akk.  FW  p.  36  donne  ,,agû,  Kopfbinde, 
turban,  peut-être  du  soum.  a  g  a",  tout  en  laissant  la  relation 
étymologique  avec  JJ  en  suspens. 

Les  Babyloniens  considéraient  la  partie  éclairée  du  disque 
lunaire  comme  l'agu  ou  mitre  du  dieu  Sin.  Le  tâg,  la 
couronne  royale  et  celle  de  la  mariée  ne  seraient  donc  qu'un 
enblème  lunaire  remontant  au  loin.  Le  mariage  se  fait  sous 
le  vocable  de  la  Lune,'  et  les  nouveaux  mariés  se  vouent 
exclusivement  à  cette  déesse  (ou  ce  dieu  puisque  Sin  était 
une  divinité  mâle  dans  la  plus  haute  antiquité)  pendant  leur 
„lune  de  miel".  Tout  chez  nous  rappelle  l'Orient. 

éj ,  pronom  dém.,  447.  dVJbt  Jj,  voilà  tes  chameaux  528. 
^J^  ^j,  tout  de  suite,   vite,  888,3   d'en    bas;    1291,6  d'en 

bas.  iiJLvJî  lijj,  Va7inée  passée  Dt. 
j33'j,   Tammouz  756  n. 

oi^',  être  plein  1026  n. 


1)  Sams  el-"^Uh'ini  p.  (î  porte  o'*''-^   i^    ^Lc ,  ce  qui  est  peut-rtre  la 
vraie  leçon. 


227 


olj'î,  remplir,   1026  n.   olïl-^  /'^^'  ^^^^   pleins,    1202,3;  I 
SaM  II  p.  44,  1.  Cf.  vjuj,   vhv.,  et  \Ji^j>  vhv. 

'494.   L^^b-,   492.  Cf.    ^J3]   vhv.;  v.   J^. 

c^bLj,  5(3  suivre,  se  succéder,  1718. 

^",  pe^eY  taureau,  70,  5;  328,8;  711;  pi.  ^^UL',  711;  722,9. 

cf.  ^Axj  ye^î^e  t'eaw  cZe  jp^ws  d'un  an. 

ioto,  smYe,  402. 

«-0  et   cLo'  avec  les  suffixes  ou  un  substantif  suivant  pour 

indiquer  la  possession,  voir  sub  oi==-. 
«jIj,  embout  de  la  lance,  892  n. 

En  "Oman,  il  y  a  le  verbe  ^,  poursuivre,  RO  p.  181  en 
bas,  qui  est  ou  la  première  forme,  dont  ^"  ne  serait  qu'un 

développement  comme  \jai  et  x^,  liLi  et  oG;  !:>  et  %*=^', 

Oj  et  cOj  ;  oi-^  et  ^su^ ,  cf.  \jkji^ ,  *ji^  et  (^^-ii,  (joJs  et  t-^'^, 

^j^  et  (j«^*/<i,  cf.  -kx  et  Ja*^);  (j«.j  et  ^-wj,   vhvs.  et  sub   c, 

ou  bien  est-ce  une  prononciation  pour  Çjb   vhv. 

^Lo   voir   ^^Li. 

*^. 

^rF'',  U,  commercer,  1184  n.  en  bas. 

^Ij',  marchaîid  de  vin  1357.  —  Riche,  82,3;  1242.  La  même 

évolution  sémantique  en  tigré,  ZA  XXI  p.  83  n°  332.  On 
lira  Marçais  TAT  p.  243  sv.  PI.  ^' ,  678,6  d'en  bas,  1730. 
'àjl^ ,  commerce,  1357,2  d'en  bas  et  n.  2. 


228 

*^',  verbe  secondaire,  expliqué  1184  n.;  Abu  Zeyd  Na- 
wâdir  p.  7,  2. 

»1— :F',  préposition,  î;zs  à  vis  de,  19,  10;  565;  1183  n.  ; 
1184  n.  —  é^l^  ^^,  avant  toi,  1775,3  d'en  bas.  —  U  sLp", 
avant  que,  1529,  11  d'en  bas. 

vi>^'  devant  un  substantif  se  rapportant  à  une  situation 
atmosphérique,  au  temps,  au  jour  ou  à  la  nuit  est  très 
courant  dans  tous  les  dialectes.    ,bUt  c>:^'  .*^  Lj  Lo,   wows 

?je  voulons  pas  voyager  sous  la  pluie,  Dt.  c>^'  Us»  ijJ>^  L.  u». 

^L^^ij  ^_«^xi.i* ,  7Î0US  ne  voulons  pas  rester  ici  sous  le  soleil  et 
la  poussière  Dt.  Emploi  aussi  classique:  Hodeyl.  Wellhausen 
N°  196  V.  8:  2c>'^3tJ!  c^^.:^ ,  pendant  ou  dans  mie  nuée  de 

poussière;  ib.  N°  231  v.  8:   *^liiit  vi>^',  c?a>is  les  ténèbres  de 

la   nuit;   ib.    N°  270  v.  13:  «JLIj'  ^   cS^:^'  Jiî  j^î  Ui', 

comme  un  tamaris  se  balance  sous  le  vent  qui  Vétend. 
A^^' ,  sous  toi,  495. 

J^',   1183  n.  <  J^l,  mais  voyez  I  Sîdah  XIV  p.  219. 

*iM,   762  <  ^' ,  avoir   une   indigestion,  <  j*^1  <  *^'3^; 

voir  1183  n. 

^' ,  borne,   limite,,    aussi   Dt.  Cf.  l'assyr.  taljûmu,  limite, 

frontière. 


229 

y,   i,  u,   s'est  spécialisé  en  deux  courants  sémasiologiques : 

1°  faire  un  tour,  faire  une  promenade,  faire  une  évolution 

à  cheval   1132;   Hdr.  p.  203.  LA  sv.  p.  158,  11:    Zj'  ^^^Î^j 

^y^^l]  ^y^  ^\^  îo!  yj^^  =  Qàm.  sv.  I  ^yoî^î  ^y,  ^S'y]  ^^  yJL 

Dans  ce  sens,  le  verbe  y  ne  figure  dans  aucun  dictionaire. 

S'éloigner;    déguerpir,  vù^  ^^^  ^,  il  déguerpit  de  son 

pays.  My,  ^^  y,  il  s'éloigna  de  son  peuple,  paraphrasé  par 
jl\j,  vliv.,   et  L>cotj  ^Lw.   Courant  en  Dt.  et  en  Hdr.;  Hdr. 

p.  203.  Sihâh  sv.  :  nJ^L  ^  ^.^^li  y  =  c\-£L*-j"  ;  =;  L  A  sv. 
p.  158,  8  d'en  bas  où  =  ô^jc-i  et  ib.  157,  11  d'en  bas: 
o^t  !oî  j«^  y .  On  voit  donc  que  ce  sens  est  très  classique. 
y  est  sans  doute,  dans  ces  sens  susmentionnés,  apparenté  à 
^Ij'j  V~j»,'^  et  J^u>,   ainsi  qu'à  y^,  ^^b,  yS^,  ^Lî  vhvs. 

2°  Couper.  Ce  sens  s'est  conservé  dans  le  dialecte  de 
Waddây  Carbou  p.  185:  yj  y,  aiguiser,  affiler,  et  ib.  p.  III: 
■^t^,  ^^"  tiUxK-w,  ^ow  couteau  coupet-il?  Jï  est  devenu  _b, 
à  cause  de  la  proximité  du  r  1347  n.  =  oA=>,  LA  sv. 
p.  170,13  et  ib.  p.  171,2:  vj^t,  ^\  ^  ^kJ!'.  Dans  les 

dictionnaires  de  la  lurah,  ^s  est  être  coupé  et  se  dit  d'un 
membre  du  corps,  I.  el-Qût.  p.  297,  7,  mais  d'après  I  Doreyd 
il  est  aussi  transitif,  LA   sv.,   contr.  à  el-Asma'î,   ib.   Le 

transitif  serait  y\  =  ^L>\  et  ^î  LA  sv.  On  peut  aussi  y 
distinguer  un  sens  qui  se  rapporte  au  N°  1,  où  la  signification 
primaire  paraît  être   une  idée  de  rondeur:  être  rond  ou  se 

mouvoir  en  cercle,  .y ,  être  rond,  avoir  les  formes  arrondies, 


230 

et  un  tel  est  J3 ,  Abu  Zeyd  Nawâdir  p.  176  =  JJ=>  Asâs 
sv.,  et  s^y,  embonpoint,  I.  el-Qût.  p.  297,  7.  Lane  le  traduit 
fort  inexactement. 

Peut-être  J,  couper,  indique-t-il,  à  l'origine,  la  manière  de 
couper  tout   autour   d'une   chose,   ce   qui   découlerait  facile- 

ment  de  ses  synonymes  Jj,  comparé  à  .LL»,  i,  u,  et  k  M. 
Les  verbes  pour  couper  sont  extrêmement  nombreux  en  arabe, 
mais  chacun  doit  ou  désigner  une  manière  particulière  de 
couper  ou  bien  appartiennent-ils,  en  partie,  à  différents  dia- 
lectes, réunis  dans  le  grand  recueil  du  dictionnaire  arabe. 
Le  classique  .L»,  u,  vhv.,  fait  également  partie  des  deux 
courants.  Sur  la  K^J,  qui  est  également  indo-germanique, 
voir  H.  Môller  Sem.  und  Indog.  p.  80. 
»  j",  tour,  promenade,  évolution,  oix-w  ^  *  »j"  ^^tiA^j!  ^^  c>J>\^ 
s.UjJ!  Q[5r>,  je  ferai  dans  l'arètie  une  évolution  en  compagnie 
des  petits  des  léopards,  Hdr.  p.  203,  2  où  il  y  a  les  syno- 
nymes. KiJ  Csà>\  signifie  aussi  -^jr-^'  ^^  Lf^^'  ou  ^s^  uV>t, 
vhv.,  se  satisfaire,  boire  et  manger  son  soûl,  faire  quelque 
cJiose  jusqu'à  satiété  ^=  hJLjIaS  Jc>!,  Gl.  Orig.,  Hdr.  p.  203. 
Cf.  Ja,  u,  vhv. 

ujy,   i,   semer,   au   Waddây,  Carbou   p.  210:  itèrebu   ei- 
ralla,  ils  sèment  le  grain. 

^!j",  pays,  Carbou  p.  48  et  206;    voir  sub  cXL  et  S±i;    cf. 
le  babyl.  turubu,  dust,  cloud. 

^llî"  >  frà>Jî^ ,  être  orgueilleux,  ^=  SSj  ,  Dt.  ;  ma  Festgabe 

p.  41,  où  l'on  trouvera  les  verbes  analogues:  ,^^',  ^^lA^^', 

i;^',  jA*^',  Jt^' 'C  f^-^' =  f^^ ,  v^àJuïLj"  et  SjjJJ,  dénomina- 
tifs des  noms  dynastiques  de  l'Arabie  du  Sud.  C'est  un  écho 


231 

encore  résonDant  de  l'insolence  orgueilleuse  de  ces  poten- 
tats. —  J'ai  recueille  ces  verbes  de  la  bouche  des  indigènes, 
confirmés  par  l'article  de  Turfat  el-Ashâb  que  je  rapporte 
dans  ma  Festgabe  p.  41.  Je  vois  à  présent  (Août  1918)  que 
l'auteur  du  Sams  el-^Ulûm  p.  13  donne  le  même  renseigne- 
ment lorsqu'il  y  dit:   ^lB  iJj!  ^»^[i  !_jolS'  ^J^>  (*^'/^'  c>a:b> 

5  5  , ■  .^C  M  - 

fraient  de  la  famine  au  'point  qu'ils  étaient  obligés  cLe  ynanger 
du  froment,  parce  qu'ils  7ie  inangeaient  auparavant  que  le 
"'dlsis,  (vhv.);  ils  habitaient  le  W.  Bana  ')  cl  l'est  du  Yéma?i. 
On  dit:  yitrahhara  -),  il  est  orgueilleux^  comme  s'il  était 
de  la  famille  de  du  Turlium  des  rois  des  Eimyar.  J'ai  rap- 
porté une  partie  de  ce  passage  1202  d'après  D.  H.  Mûller  ss. 

p.  151,  oii  il  y  a  incorrectement  ^Jî  ,j<j>  (*^^^'  oÂ>. 


1)  Index  p.  1807  et  ib.  p.  1803  sv.  Abyau. 

2)  Ainsi  dans  l'édition  de  '^Azîmuddîn  Ahmed,  mais  vu  le  paradigme 
Jijt-àJLjî   de  Neswân  (il  met  toujours  le  paradigme  devant  un  mot)  il 

faut   lire  (*^/S?>   ainsi  que  j'ai  dit  dans  ma  Festgabe  p.  41  n.  1.  A  propos 

de  la  généalogie  ib.  p.  42,  je  dois  ici  faire  observer  qu'il  y  a  un 
6e  y  d  an  et  un  autre  Heydân.^D'après  éams  el-'^Ulûm  p.  23,  Ôeydân 
b.  Qatan  b.  "^Arîb  etc.  était  un  roi  himyarite,  et  la  Turfat  el-Ashâb 

dit  express('ment   ici:   i^>-t~>^  q''-^^;  et  ib.  p.  30:  Heydân  b.  "^Amr 

b.    el-H:if   b.    Qodâ'ah,  q'^A-^  ^^   'i^A  y^.  Ib.  p.  61    Neswân  dit 

que   les   Sey'^ar    (Sê''ar),    Hdr.   Index   sv.,   sont  •tjf-  qJ  y'-f:^^  ^^ 

xcLo^i  ^^  oL=-  Q-J  ^r*^  ^  i^!u\jp"  (.yj.  Les  Sé^ar  seraient  donc 
les  frères  des  Malirah.  On  peut  en  déduire  que  la  langue  des  Sê^ar, 
que  le  fameux  sultan  Muhsin  ne  comprenait  pas  en  traversant  leur 
pays  pour  se  rendra  à  San^â",  161,  est  le  mehri  ou  un  dialecte  mehrite; 
cela  pi'ouverait  que  le  mehri  était  bien  plus  étendu  anciennement,  à 
moins  qu'on  admette  que  les  Sê''ar  se  soient  di'tachés  des  Mahrah  pour 
s'établir  dans  les  (iûwân,  Arabica  IV  p.  43  et  ss.,  mais  la  raison  de 
faire  cela  ne  paraît  pas  bien  plausible. 


232 


;J,  hineinstecken,  verstecken,  1404.  =  Sucï  ij^iJ .  RD  Gl.  sv. 

u-y,  remplir,  RD  Gloss.  s.  v.;  RO  p.  12,9;  144  §  262; 
Moritz  Zanzibar  p.  13,  MSOS  III  p.  16,  14,  16;  17,  10  d'en 
bas;  ib.  VIii  p.  112  N°  2;  Meissner  NAGI  p.  115;  Socin 
Diw.  Gloss.  sv.;  en  Egypte,  on  ditjj^yetj^o;  Vollers  ZDMG 
49  p.  512/3. 

(j^^yc/ij  rempli,  RO  p.  57,  11.  Chez  les  Bédouins  du  Nord, 
ce  verbe  a  un  autre  sens  qu'on  trouvera  en  partie  dans  le 
Suppl.  de  Dozy. 

LT-J,  hoticlier,  1670;  RO  p.  419,15;  MSOS  I  p.  81,6. 
f^c^f,  petit  du  singe,  709,  pi.  oLv^y- 

r;j,  plein,  1765=^^)J,  vhv. 

5  ù  O    ) 

iCcj  ^  ili!  Joy.^,  1765;  ca7ial  (Egypte  i^J).  Sur  'd^^ ,  porte, 
voir  I  Sîdah  V  p.  131,  Fraenkel  FW  p.  15.  Est-ce  bien 
sémitique  à  l'origine?  —  Cf.  ^j-^'^-^,  plein,  Schaade  Uhud 
p.  29,  et  io^^ii  Su'arâ'  en-Nas.  I  p.  222;  Lebîd  N°  XXXIV 
v.  3:  c^  Sr^^»  ^^^^  "5^^^*  plein. 


oy 


oi,  io/?',  412,5;  MSOS  VI  ii  p.  118  N°  20;  la  forme  est 
aussi  Ojj',  comme  chez  Musil  A.  P.  III  p.  176,  14  d'en  bas; 
390,  9  ;  Jjé  pour  jotî  est  assez  commun  chez  el-Ahtal,  Nôl- 
deke  W  Z  K  M    VI  p.  348.  Cf.  sub  ^Cw . 


jj",  briller  avec  un  fer;  onomatopée;  mais  aussi  =  éj,  „comme 


233 


le  ûj,  lorsqu'il  entre  ^'J  J^"  GO.  Socin  Diw.  N°  103 
V.  2  :  \yi  et  note  ad  1.  'iSii  p  ^^ ,  doloroso  coïtu  feminam 
futuit.  En  Dt.,  jj',  intriguer  en  cachette;  v.  yi. 

^JiJ^^'J ,   s'amollir  601;  être,  gonflé  d'orgueil;  J.  ;jij:.ci.:à  j*.i?Jt 

iliî,  ^e  pain  s'amollit  dans  l'eau.  yi;sXci.;o  ^=>l\^  l\=>[5  ^-v  ^^J, 

lorsqu'il  e?itend  quelqu'im  le  louer,  il  se  gonfle  d'orgueil^ 
„comme  le  pain  dans  l'eau"  GO.  —  Faire  sauter  un  enfant 
sur  les  bras  pour  l'amuser.  x^XJ  tXJ^t  (jijc^j,  il  fit  sauter 

l'enfant  sur  le  bras  pour  jouer  avec  lui.  Tout  ceci  en  Syrie. 
En  IJaurân,  uib"  vshv. 

Cl-  &    > 

iCou  <  iLotj  vhv.  —  iLoù',  fatigue,  1565. 
^_,;^'j,  fatigue]  V.  sub  *i>î. 

^J-   1247  =  ^L'î. 


iCou*,  lézard,  en  sahhi,  295  n.  2;  368;  >  ii>jù'  vhv. 

oij,  cracher,  511  n.;  aussi  en  mehri  et  en  éthiop.  avec 
développement  du  thème.  Cf.  Ges.-Buhl  sv.  DCn.  Cf.  J-à^" 
et  jÀJ'. 

vjlàj  <  ^Jisuj^  <  vjjiji,  de  oisj  vhv.;  cf.   1183  n.;  cf.  JJo. 
i).àj,  i,  u,  cracher,  Boh.  I  p.  108,  et  au  fig.  cotispuer,  dédaigner 


234 

Dt.  511  n.  1;  aussi  dans  le  Nord:  si^'  J^  J^. ,  il  dédaigne 
la  femme,  MSOS  VI,  ii  p.  83  n.  11. 

Jj'j,  insipide,  sans  sel  Dt.  =  "Oman  Jsij"  <  J-ij"  RO  p.  63,  5 
=  bç,r\,  aes.-Buhl  sv. 

jUj"  831,  5  d'en  bas  <  JLLi,  vhv.  JLâjJ!  J.  (j/.3^*Ji,  to  fiancée 
est  sur  la  natte,  expliqué  dans  v.  d.  Berg  Le  Hadhramout 
p.  287,  3  et  note  30  ;  c'est  pour  JU:i  vhv. 

icûx^,  crachoir  qu'on  met  sur  la  table  en  mâchant  le  qât, 
Yéman.  Cf.  Jij>  et  ^h,  vhv. 

yu,  interj.,  avec  les  suffixes  117,24;  1540. 

^,  u,  se  rappeler;  réfléchir  à,  =/^^,  1183  n.  <  ^yji1  ib.  — 

Peut-on  rapprocher  |Dn,  peser,  examiner,  éprouver? 

^yt)',  rappeler  qqc.  à.  qqn,  1183  n.;  avec  ^  ou  j  i). 

^jjU\  est   aussi  employé   en   Dt.,   se  rappeler,  réfléchir,  = 

^  yy^  vhv.  A  n  a  m  à  n  a  si  m  i  1 1  e  q  i  n ,  ou  t  a  q  i  n ,  ^e  ne 

me  rappelle  pas. 

^j,  se  rappelant,  qui  se  souvient  1183  n.  =  lXïL>  vhv. 

^^j-H^,  esprit;  mémoire  1183  n.  —  q-îî^"  ,  saletés  dans  l'auge, 

1763,3;  V.  les  dict. 

jiji,  confier  qqc,  ^,  à  qqn.  avec  accus.,  738  d.  1.;  formation 


1)  (^y^)  hien  soigner  un  travail,  le  perfectionner,  Diw.  Qays  b.  el- 
Hatîin  N°  XY  v.  4:  **àa3  C^^'  U^*^'  Vj'^'j  est  un  autre  verbe, 
cf.  babyl.  taqanu  et  |pn ,  Muss-Arnolt  p.  1184,  cf.  ib.  p. 1157  taknû. 


235 

secondaire  de  JoCj1;  cf.  vJLsJ'  et  ^jJiJ  et  voyez  Sarauw  ZA 
XXI  p.  48. 

Jj",  tirer,   traîner   1346;  aussi  en  Syrie:  ïulXJî  JJ,    tirer  la 
monture  après  soi,  Syrie. 

_^Jlj',  p^/er  Ze  dos.  Dt  <  _\Jo  1768. 

JjJl:)',   tirailler.   Dt  1346.    En  Syrie,  c'est  bavarder,  radoter, 
comme  nous  disons  faire  des  tirades,  =  ^l>^,  plus  fort  que 

^,  u. 

xLJlj',  bavardage,  radotage,  Syrie,  321  n.  2;  Usâma  p.  152; 

ZDMG  XXII  p.  144. 

;jJlj',  u,  faire  entrer,  mettre  dans  93,17;  1401  s.;  v.  ^J*^io. 

^•,  2?^em  1765  v.  ^y .  -  ^  1765.  -  K*L'  1765;  I  Sîdah  X 
p.  109. 

jJLj",  i,  u,  faire  des  sillons,  labourer  88,2,  =  J~*-c,  88,4; 
1336  et  s.;  1448  n.  (Yéman).  I  Sîdah  X  p.  151. 
^,   silloyi,   457;  1336;   1447  n.  1;  1608;  pi.  J.^^I1,  1338  et 
*j^Lj'  en  Hogarîeh,  ce  qui  est  véritablement  le  pluriel  de  j.^' 
inusité  comme  singulier,  L  A  XIV  p.  333,  voir  ^^ .  —  i^]  j*L' , 

457;  1337  s.  Sur  le  sillon  votif,  on  pourra  comparer  Levit. 
23, 10  et  Qor.  VI  v.  137;  voir  Robertson  Smith  Die  Religion 


236 

der   Seraiten    p.    75.    j^JU"    est    la    prononciation    de    toute 

l'Arabie,  mais  la  lurah  avait  jJlIj',  pi.  ^i-i\ ,  que  I  Sîdah  X 
p.  151  en  bas  et  LA  XIV  p.  332  disent  être  la  langue  de 
,^y^\  J^t  et  de  ^yJt  ^\ ,  et  ^s ,  pi.  ,JiJj"  .  Dans  Saras  el- 
'Ulûra  p.  l-i  nous  lisons:  j^\  ci^JÛ:^)  g^  J.^L:J■■^!  Je>!5  *JjJI 
(J^  ^)  JjJ!  .  J.^Li•  Jyij  ^»:2«j_5  ^^t  je?!  iotL  ^^jU  oîj^  L^£ixj 
vji..^;  (jjjo  j»_L:')  jJljJ!  -^y^'-î  CT*^'  i^'  '^'^-*^  "-^j"^'  -^LâJ!  Jii 
(j:c^"b5t  oî^Jl.  Le  singulier  j.^"  a  donc  existé. 
*^li',  labourage^  1448  n.  (Hogarîeh).   —  (»JLî,  infinit. 

Jaussen,  Coutumes  des  Arabes  p.  363  dit:  „Lorsque,  sur 
l'aire  sanctifié  par  le  sang  d'une  victime,  le  grain,  trié  et 
vanné,  va  être  mesuré,  la  première  mesure  est  nécessaire- 
ment mise  de  côté,  en  offrande  à  un  weli,  au  Hader  ou  à 
Halîl.  Elle  est  ensuite  donnée  à  un  pauvre  ou  à  des  men- 
diants de  profession".  Dans  le  Sud,  où  les  sâdah  pullu- 
lent, ce  sont  ceux-ci  qui  reçoivent  cette  offrande,  ou  bien  le 
welî,  dont  les  desservants  sont  aussi  des  „mendiants  de 
profession".  L'Eglise  vit  partout  au  frais  des  ouailles  qu'elle 
tond.  —   La  langue  classique  n'a  pas  de  verbe  ^,  i,  et 

l'on  serait  tenté  de  considérer  le  jJLj  syrien  comme  déno- 
minatif. Mais  alors  il  faut  aussi  admettre  que  le  sudarabique 
j«.L',  i,  le  soit  aussi,  ce  qui  n'est  pas  probable.  Pour  moi, 
c'est  un   vieux  thème  sémitique  international.  Cf.  Jii,  vhv. 

et  jJLS  vhv. 

JJ  i,  remplir,  1290  n.  1,  Syrie.  —  Jii",  rejnplir,  puiser  l'eau, 
26.  -  ^!,  se  remplir,  ib.;  M  S  OS  V,  ii  p.  49  N°  1.  Jû-  =  Su 
et  J.J  =  ^,-<£  sont  le  même   mot,  contr.  à  Sacliau  A  V  L  M 


237 

pp.  86  et  94,  et  ^j^  ne  signifie  pas  machen,  hinrichten, 
herstellen  ib.  p.  86. 

^- 

Jj)",  i,  suivre,  est  courant  dans  toute  l'Arabie,  RO  p.  423 
N°  XVI;  MSOS  III  p!  25,  7  d'en  bas;  en  éthiop.  trt©,  suivre, 
et  on  mehri.  Ce  JG',  de  même  que  le  cl.  yj',  est  une  formation 

secondaire  <  Jû'i  vhv.  <  ^p^\  <  ^l^  vhv.  En  Dt.,  il  y  a  aussi 
un  autre  ^jj",  attraper.,  atteindre,  rejoindre  =  J^\ ,  lequel,  si 
ce  n'est  pas  le  même  verbe,  pourrait  être  pour  ^ô  vhv.  et 
^iiAJl,  cf.  Ju,  u,  vhv.  Rhodokanakis  Dofâr  Gl.  sv.  ^»,. 

J>\J,  atteindre,  MSOS  V,  ii  p.  118;  cf.  6[i  sv. 

^1,  suivre,   courant   dans   le   Nord,  mais  très  rare  dans  le 

Sud,  1405;  v.  ^^. 

^^Lj",   ce   qui  ou   ce  qui  est  à  la  fin,  dernier,  usité  dans  la 

plupart  des  dialectes,  490,3  d'en  bas;  1579  d.l.;  J-JJ!  ^_^lj' 
801,  U;  1649,  7.  -  Ensuite  1649,  7.  Ji3  Jot^,  ensuite,  82,' 4; 
RD  II  Gl.  sv. ;  c'est  le  mehri  tôli  et  min  tôli,  Jahn 
M  S  Gl.  sv.;  Bittner  St.  mehri  V,  m  p.  25.  Chez  les  Bédouins 
du  Nord,  c'est  aussi  V  arrière-train  d'une  caravane,  Sachau 
AVLM  p.  97;  Bel  La  Djâzya  p.  113,  oii  l'étymologie  est 
erronée.  Class.,  on  dit  j=>\,  fém.  (_=-=>!,  p.  e.  j.yiS!  ^ù'  dial.  = 

class.  ^^-aJ)  (^,=>!,  Hoçl.,  Wellh.,  p.  6,2  d'en  bas,  ib.  p.  7,4 

d'en  bas  et  ib.  p.   14,8;  Lebîd   N°  34  v.  13.  —  ^f^ly^',  les 

arriérés,  Negd  du  Nord,  V21\ ,  1 ,  ^=  ^Jcu ,  Negd. 

^Li't,  746,5  d'en  bas  ne  m'est  pas  clair. 

»^",  marc  de  café,  1080;  v.  «yi' . 

i^,JjL«,  pi.  ^JLjO),  pleine  (chèvre,  brebis),   1405,  Haurân  et 

Algérie,   RM  TA    p.  484.    Je  ne  sais  si  c'est  ici  V~^p  ou 


238 

l/"Jw«  <  iu ;  cf.  LA  XIII  p.  85,  3  d'en  bas.  Le  lurah  a 
iW^j  qui  met  bas  en  été,  I  Sîdah  VII  p.  18.  Cf.  *;o<i  sv. 

j^',  i,  u,  rester  dans  U7i  endroit,  82,22;  490  d.  1.  Yôm 
wahde  stell  u  te  m  m  yômên,  ?m  jour  il  partit  et  resta 
loin  deux  jours,  RO  p.  271,  11  d'en  bas.  —  Rester  à  un 
travail;  continuer  à  faire  qqc.  Surtout  courant  dans  le  Nord. 

RD  Gl.  sv.  Cf.   ^^  vhv. 

W  } 

jU.0,  pleitie  (animal),  1405;  cf.   ^,   vhv. 


(*iUJî,  murmurer,  grogner  Dt.  —  Cf.  ^o,  ^0^j>,  ^^o,  qiAjj», 
^,  jJiJd  vhvs. 

\i*j'  <  \jt  u  ^J^:>^   1877  n.  1.4;  ma  Festgabe  p.  68  sv. 


^j«./«'j,  hier,  ma  LA  p.  47:  cf.  ^J'^\. 


^^■,  7'ester  dans  un  endroit  ou  à  un  travail.  Tamm  hina, 
reste  ici  827,6  d'en  bas;  1581,9.  Yitemmi  gêm  fôg  el- 
metîreh,  il  reste  toujours  là  à  s'occuper  du  champ,  ZA 
26  p.  224  n.  2.  Temma  es-sol t an  yithabbar  "alêh 
el-'^abëd,  le  sultan  continuait  d  demander  après  ')  l'esclave, 

ib.  p.  285,8.  De  "^ ,  comme  j^  <  J.^  <  jl^.  ZD  MG  49 
p.  506,  17  et  RD  Gl.  sv. 

ûi,  four,  1087,  comme  ^"ij,  Algérie,  <  y^.-,  class.,  et  ^^j 


')  Expression  suisse  =  nacli  ihm  fragen. 


239 

vulg.;    Hdr    Gl.    sv.  ;    RD   II  §  13  r.   et   Gl.    sv.  ;  =  ^^\ 

1032,  >  .^lxJ,  avec  dissimilation.  J^^  est  en  Hdr.  une 
grande  jarre  dans  laquelle  on  cuit  le  pain.  ZA  21  p.  79 
N°  272.  D.  H.  Muller  écrit  pour  le  sehri  SAE  VII  p.  149 
§  23  tenûr,  mais  Bîttner  St.  mehri  I  §  79,  tennûr  =  sh 
tennûr;  voir  maMJM  p.  36.  On  sait  que  ce  mot  remonte 
au  plus  ancien  temps  des  Sémites.  Dwofak  a  publié  sur  ce 
sujet  un  long  mémoire,  Fremdwôrter  im  Korân.  Le  mot  s'est 
de  bonne  heure  répandu  en  Perse,  ZDMG  57  p.  167.  Zimi- 
mern  Akkad.  FW  p.  32:  akk.  tinûru,  four,  >  aram. 
tannûrâ  (>  tannûr,  aussi  pers.  tanûra,  turc  tanûr, 
armen.  thonîr).  Voir  Delitzsch  Proleg.  p.  146 n.  Muss-Arnolt 
p.  1178. 

&xLp",   390  et  n.  1.  —  j.L^",  un  Tihâmite,  1394.   Sur  ce  mot 

et   les  autres  analogues,   tels  que  ')  ^U  et  j^Uj  =  ^^aLX:^  et 

^Uj,  voir  I  Sîdah  XIII  p.  238  et  mes  observations  Hdr. 
Gl.  p.  739  et  ss.  et  ici  Gl.  sv.  ^5;  Brockelmann  0. 1.  I  p.  80. 
Sur  l'étymologie  arabe  de  m\^  ,  voir  I  Sîdah  XI  p.  206,  3 
d'en  bas  et  sur  la  vraie,  ici  390  et  Zimmern  K  AT  ^  p.  492  n.  2. 


ù      J 


ujb',   U,   cesser;   quitter  une  habitude,  vr-^  cr  v^'  l*^  *^'-5 
^jL=>jJt,  je  cesserai^  par  Dieu,  de  fumer,  475,  10  d'en  bas. 

étymologie   628;   v.  ^^Ij.   Voir  Halévy   Or.-Stud.  Festschrift 
îs'ôldeke  II  p.  1024.  Zimmern  akk.  FW  p.  67. 

jj,   u,  classique,   qui  n'est  qu'une   variation  phonétique  de 


')  Obs.  'i^LCi  chez  Lebid  N°XXIII  v.  2,  oii  le  motre  exige  sa-û-m  i-ya, 
de  même  Hodcyl.  WelUi.  N"  203  v.  16:  («L^  u^^'; 


240 

.b,  u,  et  proche  parent  de  J  vhv.  Cette  permutation  de 
o  >  o  est  assez  commune  dans  le  Sud,  mais  ce  verbe  n'y 
est  pas  connu.  Le  sens  primordial  est  ^b,  u,  ainsi  qu'il 
appert  de  LA  sv.  p.  164, 14  =  TA  III  p.  70,  10  d'en  bas, 

où  ôS^.  ^!  ^}s^  ^bo  ^^li  est  expliqué  par  ^iJu,  Lane  sv.  qui 
le  traduit  bien  par  Such  a  one  is  encompassed  or  go7îe  round 

\.\CsS),  in  order  that  he  may  be  taken.  Le  babyl.  a  ta  ru, 
itûr,    turn,   turn  around,   Muss-Arnolt  p.    1185   Winckler 

Gesetze  Hammurabis  p.  115.  Le  Qâm.  sv,  donne  ^y  =  ^Ij^, 
sans  autre  explication,  ce  qui  est  devenu  chez  Lane:  ^Ij', 
iraperf.  .yj,  it  (water  TA)  ran  or  floived.  Mais  TA  ne  l'ex- 
plique pas  du  tout,  et  sub  ^"  il  dit  seulement  que  .lIj' 
vient  d'un   verbe  obsolète  Jj",  ^yj.  Ce   verbe  a  dû  exister, 

sans  cela  on  ne  s'explique  guère  ^^"  et  »v,yj',  messager  et 
messagère,  correspondant  à  J*,c>  vhv.,  et  auxquels  on  pourra 
comparer  i^f>,  =  r^^,  J^-^;  et  J«^3,  et  notre  courrier.  El- 
Hafâgî,   Sifâ   p.  59,   dit  que  ^y  =  J^^  est  v;*^>   i^3,is   I 

Doreyd  +  321  l'avait  déjà  déclaré  a^j^  lt^j^  ^P^*^  Sihâh 
sv.,  et  cela  est  vrai. 

^yj,  bol,  832,4,10;  1130  et  s.;  notre  dialecte  »^^',  69,17; 
741;  831,  grand  panier  ou  grande  boîte  en  'azaf,  1130  et  s., 
Zam.  Asâs  sv.  a  »yy,  et  Lane  conclut  de  cela  que  ^y  est 
du  féminin.  Cela  n'est  pas  exact,  car  dans  la  phrase  que 
Zamahsarî  avait  entendu  dire  par  une  femme  à  sa  servante  ► 
iiVijjy  ^.acî,  il  y  a  le  diminutif  du  diminutif,  comme  dans 

iCyio,  vhv.,  prête-moi  ton  petit  bol.  1  Sîdah  XVII  ne  rap- 
porte pas  ce  mot  parmi  ceux  qui  sont  du  féminin,  et  sa 
liste  est  assez  complète.  L'étymologie  qu'en  donne  Zamahsarî, 
reproduite   chez   Lane,    me   paraît   digne    d'être  notée.   Elle 


241 

prouve  que  les  anciens  lexicographes  considéraient  ^Ij',  u,  < 
b,  u.  Mez,  Abul-Qâsim  p.  LXI,  dit  que  ce  mot,  ib.  p.  118, 
manque  dans  les  dictionnaires.  On  a  vu  que  cela  n'est  pas 
le  cas.  Manzoni  El  Yeraen  p.  118  d.  1.  On  découvrira  bien  un 
]0ur  ce  mot  dans  le  dictionnaire  babylonien,  comme  tant 
d'autres  déjà  constatés  se  rapportant  au  ménage  sémitique. 

B^b-  =  3^',  1131  d.l.,   M^AR  p.  70  V.  46- pi.  ^]JJ  1132,  6 

et   cl.   j-Â-i",  Bittner  'Aggâg  p.  36/7.   C'est  pour  a^^",  1131 

d.  1.:  la  sémantique  est  la  même  que  dans  «y  et  dans  (ij^)  '^Jj, 

vhvs.    LA   propose   aussi  l'étymologie  ».lj',   car  les   savants 

n'étaient  point  d'accord.  Son  synonyme  classique  L»^  est  aussi 
une  variation  consonan tique  de  .^o,  à  cause  de  la  proximité 
du  r,  comme  le  thème  j^  l'est  de  ,30.  Cf.  le  babyl.  târtu, 

retowr.  Cf. ^  =  yj"  vhv.  et  ^LÎ^Ll  vhv.  et  yij!,  Bittner,  'Aggâg 
p.  29/30;  et  l'hébr.  lin,  Ges.-Buhl  sv.,  où  les  rapprochements 
me  paraissent  tout  à  fait  justes.  V.  aussi  sub  »yj>.  Cf.  akk. 
turru   ou   turru,   ficelle,   ruban< soum.   dur,   hébr.  tôr, 

ficelle,  rang,  arabe  ^J',  cordon  d'architecte,  d'après  Zimmern 

0. 1.  p.  85.  Le  classique  JfiJt  .U!  mentionné  chez  Ges.-Buhl,  = 

3o,  LA  V  p.  164, 11,  est  sans  doute  delà  même  provenance, 

et  on  peut  le  rapprocher  de  y  et  de  j^^,  vhv  et  1254,3. 
Cf.   le  babyl.   tura,  de  nouveau,  Torczyner  0. 1.  p.  41.  Sur 

V~'^ ,  p ,  u,  et  .b ,  u,  voir  Môller  Sem.  u.  Indog.  p.  80  et 
Walde  LEWB  sv.  torqueo  et  trua. 

\^[i  =  j^jlj'  =  ^^"  956  n.  ;  cf.  y«^  vhv. 

sj^i",  partie  du  jL^  du   'd^:>'  Dt,  où  =  s^jo  (non  hadbe 

comme  le  dit  Jahn  SAE  III  p.  271,  où  planche.) 

ijiilj',  601,  11=  jiiJ>J^  vhv. 

ifi 


242 

Jlj",  u,  atteindre,  arriver  à,  Dt.  cf.  ^o  vhv.  =  class.  et  dial. 

J'J,  a,  vhv.;  Qaysb.  el-HatîmN°  1  v.  1.  ^^J.■iLo  ^^  'sj>^'I2a  «-Jx5^ 
^,  ces   livres-là  sont  places  en  haut,  je  7i'y  arrive  pas,  Dt." 

J,  Jy>,  vilipender;  faire  du  tort  à.  ^c-^-=>  j-  Jv-i^-<  o-it  (jisi 

pourquoi  me  fais-tu  du  tort?  Dt. 

JLoi,  pouvoir  être  atteint.    U-JLc  (jri  JLi^^  Lo  ^^=)  j^  .b>vjî 

,J^ymî,  Ze  sirdâr  (gouverneur  d'Aden)  est  trop  grand,  lui; 
il  n'est  pas  à  notre  portée,  yious  autres  misérables,  Dt. 
RO  p.  415  N°  179  porte  JLxjl  comme  verbe  actif:  bû  yin- 
tâlsi  el-laham  qâl  hais,  celui  qui  ne  peut  atteindre,  qui 
n'arrive  pas  à  la  viande,  dit:  elle  pue.  Ici  sans  doute  J^xXsî  de  Jlj. 

ici^',  ho7ite,  mal,  calamité,  mauvaise  qualité  de  toute  chose, 
tare  (hommes  et  bêtes),  Dt.  ').  Halîmah,  fille  de  Farîd  b. 
Roweys,  dit  dans  une  qasîdah: 

ia  trahison  est  u?ie  calamité,  lorsqu'elle  arrive  chez  les  Arabes: 
A  cause  d'elle,  les  gens  d'arènes  accoure^it  de  toutes  parts. 

Mon  original  porte  ^Jj-J',  les  deux  prononciations  étant  ad- 
mises; voir  le  Qâm.  sv.  et  Haffner  AL  p.  53.  On  dit  en 
Dt:  ma  si  tav^lah,  ce  qui  correspond  exactement  à  l'italien 

7ion  c'è  maie.    Musil  o.l.  p.  346,5  d'en  bas  a  ici^',   outrage; 

c'est  là  un  autre  mot.  Cher  Alfâz  p.  37  lui  donne  une  éti- 
mologie  persane. 

>«u,  u,  =  -Lb,  u,  s'égarer,  1262. 

»jj',  601.  ^JJtj^i  ^^  ^j^jJ,  il  me  détourna  de  mon  travail, 
Haurân,  =  kLï  1264,  9. 

')  J'ai  perdu  la  ficlie  do   l'ondroit  où  se  trouve  ce  mot  dans  le  texte. 


243 
sjlj ,  égarer;  perdre  de  vue,  "Anazeh,  ma  L  B^A  Gl.  sv.  Voir  *j^j. 

V. 

Jj,  83,29;  84,6;  314,12;  expliqué  1289  et  ss.;  Qâlu: 
sàwa,  ma  si  ya'^t.al,  bâ^  li'arrîhom  tàw^  ')  ils  di- 
rent: C'est  cela,  ça  ?ie  fait  rieti,  nous  allons  donc  les  laisser, 
traduction  datînoise  du  texte  "omànais  de  Brode  M  S  OS 
V,  II  p.  17,  10  d'en  bas:  qâlu:  ma  yhâluf ,  '^)  anhott- 
hum  tau.  RD  Gl.  sv.;  Jayakar  OD  p.  686:  à  présent; 
Snouck,  Mekk.  Sprichw.  p.  15;  Nôldeke  Beitrâge  II  p.  134 
n.  2;  Musil  o.l.  p.  252;  Spiro  p.  86.  Torczyner  o.l.  p.  8,  13 
et  p.  9,  3. 
Le  y  et  Ly,  1291,  10;  Spiro  p.  86. 

_o,  pi.  .vo,  a  small  prop  under  the  beam  etc.,  Stace  p.  131. 
I 

y*>-o',  cabri,  chevreau,  712;  au  fig.  1239  en  bas;  1471;  1533,2 
d'en  bas;  ma  Festgabe  p.  52  et  n.  1,  comme  Diw.  Hodeyl, 
éd.  Wellhausen  N°  203  v.  16,  mais  ib.  N°  200  v.  6  c'est 
incertain.  Lebîd  XXXI  v.  3  et  4: 

il  vous  a  protégés  vous  tenant  pour  des  hommes  et  il  ne 
vous  tenait  pour  des  boucs  (imbéciles).  Goldziher  Hutay'a 
p.  143  donnne  plusieurs  exemples  corroborant  le  sens  du 
Nord,  Tab.  Gl.  sv.  La  raison  de  la  différence  dans  l'emploi 
tropique  de  u-^',  qui  dans  le  Nord  est  l'emblème  de  la 
stupidité,  Jaussen  Coutumes  p.  277  n.,  c'est  que  ce  mot 
signifie   aussi,  dans   la  lurah,  le  mâle  du  bouquetier,  et  cet 


1)  Ainsi  prononcé,  et  non  tau,  ni  taw. 

-)  Comme  dans  le  Nord  et  en  '^Omân  v_JuLj>^.   «o  =  Syrie  J^.^La«o   Lo. 


244 

animal  est,  dans  le  langage  du  Sud,  l'expression  du  courage; 
cf.  Hommel  Sâugetiere  p.  285. 

iLj-çj",   cul  en  égyptien  et  en  maltais,  ma  LA  p.  67  n.  5. 

Je  renvoi  à  c^^K  ;-^  et  -,i.  La  confusion  dans  les  noms 
des  pudenda  est  partout  la  même,  mais  on  est  particuliè- 
rement étonné  de  voir  que  's^J^  ait  pu  être  dans  ce  cas, 
car  la  feuille  de  figuier  joue  déjà  un  rôle  au  Paradis,  Genèse 
3,  7  où  niNn  est  bien  feidlles  de  figuier,  et  —  aux  musées 
de  notre  temps  moderne.  On  sait  qu'en  italien  fica  est  -  j. 

^  =  «y  1264,  9. 


>'o  622,3  d'en  bas;  1337,  v.  sub  jÀi;  Hommel  AA  p.  148 
en  bas;  Abu  Zeyd  Nawâdir  p.  104.  Ainsi  toujours  dans  le 
sahhi  selon  Jayakar  BBRAS  1902  p.  249. 

>  l):  class.  ^3X0  et  A.Cs  —  ^±;  <  3  voir  ici  sub  ^\ . 
<  ^ ,  voir  yK^ . 

<^J.,  669,3  d'en  bas  et  note  3;  698,9  et  n.  1;  cf.  Jahn 
GMS  p.  6  n.  4.  Cf.  Jj  et  ^L-;  ^<s\i>  et  ^Ji,  I  Sîdah  XIII 
p.  280. 

>  J3.   yii  622,6  d'en  bas  et  n.  5;   1081  en  haut. 

>  ^,  768;   1721,7.    Cette   permutation    est   très   fréquente 


245 

dans  tous  les  dialectes  du  Sud,  à  el-Qatif  et  à  el-Bahièn,  où 
l'on  dit  même  falùf  <  c:^^Lj.  Cf.  les  class.  oA-i  et  ^Aj 
LA  sv.,  mais  les  lexicographes  ne  l'ont  point  reconnu.  Voir 
aussi  sub  ci^=> .   I  Sîdah  V  p.  1 1 7  :  iUs  >  ^Lo . 

;^ 

^Li,  class.;  le  verbe  n'est  nulle  part  employé  dans  le  Sud, 
1724.  Dans  le  Nord,  c'est  ^  y,  1724,  voir  sub  .y;  cf. 
Sab.  Denkmaler  p.  25.  -  Jj,  vengea?we  981;  1724. 

o-o,  1012  d.  1.;   1374  n.   1. 

En  dt,  yfJi  est  réparer.  L^  ^oL  u^^^  ^^i:  eU^  v_àLv.;cw!  L. 

,_^ii=>  ^>^ ,  Je  te  demanderai  de  m' avancer  un  pew  d'argent, 
avec  quoi  je  vais  réparer  no?i  Jiusn,  dt.  Assez  courant  en 
datînois.  Ce  sens  était  aussi  connu  chez  les  Arabes  d'Espagne, 
puisque   le   Vocabulista,  éd.  Schiapareili,  donne  p.  558  pour 

reparare  justement  j.*-^,  Dozy  sv.,   reparer,   ce  qui   n'est 

qu'une  variation  phonétique  du  datînois  ^'  ;  le  (jr>  est  motivé 
par  le  voisinage  de  r.  Cette  coïncidence  est  très  intéressante 
à  constater.  Cf.  v^i  vhv. 

En  mehri  et  en  soqot.,  ^_*_S  est  casser,  briser,  tebôr  et 
tebér;  cf.  aram.  i^n  =  hebr.  '^2^  et  l'arabe  «^"  =  xXJLpSj,  »y^, 
LA  V  p.  156  =  ^  =  dVJL5>,  tr.  et  intr.,  LA  V  p.  167  en  bas, 
et  le  babyl.  sa  bar  u,  briser,  zerbrechen,  Amarna  II  p.  1507. 

Dans  les  Inscriptions  de  Mârib,  Glaser  554  et  618,  nous 
rencontrons  le  même  verbe  ibr,  Glaser  Dammbruch  p.  9 
1.  54  et  p.  33  1.  43.  Malgré  Glaser,  qui  le  rend  par  er- 
offnen,  et  Praetorius  ZDMG  53  p.  12,  qui  le  traduit  par 
zerstôren,  je   crois   qu'il   faut  y  voir  le  verbe  datînois-arabe 

espagnol  ^ ,  réparer.  C'est  donc  tout  le  contraire  de  détruire; 
le  contexte  s'y  prête  à  merveille. 


246 

yji[,  ètber,  coll.;  n.  unit,  ètbereh,  est  en  Dt.  une  guêjje 
qu'on  rencontre  beaucoup  sur  les  eaux,  1447  n.  3.  Ce  mot 
est  le  même  que    ^j,   guêpe,  vhv.  Par  anaptyxe,    ^,  est 

devenu  te-ber,  ce  qui  a  donné  lieu  à  la  prothèse:  et-ber. 
C'est  même  un  des  cas  rares  de  prothèse  en  dt.  Pour  la  per- 
mutation de  3  et  cl» ,  comparer  les  classiques  et  en  partie  dia- 
lectaux: Jo>,  e.o>,  *Jn^  et  j>  vhv;  S^3c>,  U=>  et  1J:=>;  oL>J»j> 
et  oLs:o:=> ,   .3  et  J;  vhv.  ;  Jo.ô  et  , jy ,  j*,ôlc  et  jv^Lc ;  j.Ac: 

et  *ic  =  ^lAi  et  *jLï ,  *Aj  ,  *i:]  et  j. J  ;  -u\*)j'  et  -JcxJû'  ;  ;>3i  J-» 
et  oye;  pour  les  sens,  on  n'a  qu'à  consulter  le  Qâm.  d'oîi 
ils  sont  tirés. 

fi,  éboulis,  RO  p.  361, -8.  Cf.  LA  V  p.  168,8. 

3^_*-i,  excavation  dans  le  rocher,  causée  par  la  chute  des 
eaux,  ""Awâliq. 

^^■,  427  n.  2.  —  ^"j  expliqué  427  =  ^^j>Ju"  ib. 

^^Ui    11,2;    expliqué   423  et  ss.;    976.   I   Sîdah  IV  p.  84,7 

d  en  bas  :  kAso^  ^[5  o*^^^^.  ^  V*^  *^  v}^^-?^  -'-=^5  'ï-^^^^^ 
^^Lo  j^  liUU'.  RD  Gl.  sv.  le  traduit  par  Bausch,  ce  qui  ne 
rend  nullement  l'idée,  mais  on  lira  423  n.  1.  En  Hogarîeh, 
c'est  le  ventre  et,  au  figuré,  la  place  entre  le  bas  ventre  et 
le   pagne,   soit  la  poche  que  le  pagne  y  fait.  Les  Bédouins 

de  Syrie  l'appellent  J^  vhv.  W.  Hein  S  A  E  IX  p.  58  §  3 

écrit  tibân:  sârig  el-Mukalla  saràgha  watarah  fi 
tibànuh,  ce  qu'il  traduit  fort  bien  par  mid  steckte  m  seine 
Schurzfalte,  avec  cette  note:  „Das  Hûftentuch  wird  so  um 
den   Leib  geschlungen,   dass   es  oben   eine  Querfalte  bildet, 

die  als  Tasche  dient".  L'arabo-persan  ^f^i,  payitalon,  ZDMG- 


247 

59  p.  615,9  d'en   bas,   et   le  sahhi  wLL",  mollet,  n'ont  rien 
à  faire  avec  ce  thème. 

-  o 

XxyU,  expliqué  424. 


V 


V~^  1341  ;  1718.  Cf.  ^'j,  Haffner  A  L  p.  88  ;  cf.  ]o  et  ]o  vhvs. 
,^,  blâmer,  1765;  Boh.  III  p.  71  et  83;  I  Sa'^d  IV,  i  p.  36. 


* 


'cJyi   1109  n.  =  o^  vhv. 

oyi,  émietter,  morceler  (le  pain),  1341. 

|.ji,  =  jjli,  casser;  ébrécher,  1765.  Cf.  jji,  ^^  et  j«jVj  vhvs. 

particule,  492  et  ss.;  cf.  y!;  RD  II  p.  126. 

^^Loti ,  serpetU  ;  expliqué  par  ^^^  u*^-^  ;  au  figuré  639  n.  3  ; 
1240  en  haut. 

yu,  averse.  Snouck  OS  Nôldeke  I  p.  103,  6. 

J^  ^^  J^,  pron.  'Alî'  ben  Ta'eyl,  renard,  Dt.  = 
^J^.  I  Sîdah  VIII  p.  75  dit  que  '^l^^  et  J'uti  est  la  fe- 
mette  =  ioixî,  tandis  que  XVI  p.  111  il  dit  que  ^-  et  iOUi 

désignent  particulièrement  le  mâle,  =  ^\-^,  Sams  el-'Ulûm 
p.  15.  Voir  sub   ^.,!  an,  la  désinence  des  noms  d'animaux. 

JUS  aussi  I  Sîdah  V  p.  75  et  le  Qâm.  sv. 


248 

Ce  mot  donna  lieu  à  une  dispute  très  vive  à  Stamboul 
entre  le  sêlj  Ahmed  Mahmoud  es-Sinqîtî,  qui  venait  alors 
d'arriver  du  Maroc,  et  le  savant  maronite  Ahmed  Fâris  es- 

Sidyâq.  Celui-ci,  s'appuyant  sur  L  A  soutenait  que  JLx-i" 
vient  de  u^JLxJ;,  tandis  que  l'autre  prétendait  que  c'était 
originairement  le  nom  d'un  homme.  Le  B.  Tu^al  étaient 
de  Tayyites,  Naswân  o.  l.p.  14,  comme  aussi  les  trois  clans 

nommés  ^Lxîil,  ib.  p.  15.   Les   Tayyites   venaient   du  Sud 

de  l'Arabie.  i>-oti  est  le  diminutif  de  ^  >  Jju,  qui  existe 

aussi  en  Hdr.  ZA  26  p.  22 L  La  forme  diminutive  pour  les 
animaux  est  fort  répandue  dans  toute  la  Péninsule,  comme 

aussi  dans  la  lurah,  telles  que  ^m^=>  et  J^^^vo,  w>.^  et  v^^^ào, 
lézard^   Boh.  III  p.  155,  Tahdîb  p.  530.    Cf.   son   synonyme 

^^.Lyi^  797, 10  d'en  bas.  RO  §  44:  t'êlub  =  ^4-*^^  renard. 

En  mehri,  hitâyl,  renard  (mais  non  chacal),  ou  hitâyl, 

pi.  hitôl,   fém.  hitalôt,  pi.  hitâlten  et  en  sh  te^'ayl, 

ce  qui  est  exactement  la  forme  datînoise  ;  éth.  "fii"^ ,  lupus. 

Carter  p.  352  écrit  S^,  renard.  Bittner  Mehri  I  p.  121  se 
demande  si  bvw,  idUi,  Il^j.,  renard,  ne  peuvent  être  en 
rapport  avec  Jjcw,  tousser.^  Il  faut  savoir  si  le  loup  tousse!  — 

Les  formes  J«.*i,  jLxi  et  J-oti  sont  donc  anciennes.  A  propos 
du  rôle  que  joue  dans  le  Sud  ce  ''Alî  b.  Tu'^eyl,  un  Datînois 

me  dicta  ceci:    i^^ljt_ii  ^^  ^î  isulb   tJL»  ^  iL;.^J!  <Jf^.  _y-^ 

KJLxÎW    iiÀA«.jt    J»J^    .-vJ    ,J^     ^-     '•  fr^.    ^     (j/vLjJÎ     ''•^■^.     U.^    xi^jXjS^Uo    _5 

-o  o  o 

(itL>  Le  ...[5   -ç>:  kLjW'^)  ioLM^li   liLJLc   (-^^L^   ...|^   ?  ^Cxâii*     ^^  3! 

Oj^   Vga     XÀJ^t    ij.     (ou    \jè^\)    (j:vt    "^    .  iLfSJiA  -)     ii>LwJi    ii)yJlc    .  ^ 
l 

A 

')  pron.  a  g  a.  2)  pron.  sina. 


249 

Il  co?i7iait  l'année  si  elle  sera  bonne  ou  fichue.  On  lai 
demande  lorsqu'il  voit  le  mo?ide  et  s'enfuit:  „ô  ''Ali  b.  Tu^ei/l! 
l'année  sera-t-elle  propice  ou  mauvaise?"  Et  s'il  vient  vers  toi^ 
c'est  que  l'année  sera  bonne  et  s'il  ne  vient  pas  vers  toi,  elle 
sera  mauvaise.  S'il  hurle  au  cimetière,  c'est  c/ue  quelqu'un  va 
mourir,  et  s'il  hurle  dans  le  icâdi,  c'est  qu'il  tombera  de  la 
pluie,  et  le  torrent  viendra  des  montagnes. 

-  o  , 

wJbti,  renard,  au  figuré  1239,2  d'en  bas  et  n.  1.  Voir  aub 
Jjij  et  ^^i  -an. 


»yu  et  ses  différentes  prononciations,  fossette  jugidaire  du 
cou,  368;  667  en  bas,  >  «.j,  41,  14;  368;  667  en  bas;  aussi 
RD   Gl.   sv.   Diw.   Hodeyl.    Wellh.   p.  72,8  d'en  bas.  -  Un 

autre  ^Jj,  pi.  ^yi,  voir  sub  V~.»fi. 

]/~jÀi,  1080.  —  jiL)',  être  intime  avec  qqn,   1760. 

O  5  > 

Jvài,  sédiment,   1109,2;  1763,5.  Cf.  sub  ^L^:2>. 

jLâi  expliqué  1114  >  Jlàj,  65,4;  1114.  Burckhardt  Beduinen 

(Weiraar  1831)  p.  36;  v.  d.  Berg  Le  Hadhr.  p.  65;  RMTA 
p.  420.  Diw.  Zoheyr,  mon  édit.  p.  85/6  =  Noldeke  Fûnt 
Mo'all.  III  p.  31  =  Haffner  AL  p.  66.  K.  el-Fasîli,  éd.  Barth 
p.  30,  8  =  Observations  de  ^Ali  b.  Hamzah  sur  cet  ouvrage 
dans  le  JRAS  1904  Jan.  p.  108  qui  corrige  ouijJ!  ^JL^  «j 

en  ûil,  mais  il  a  tort  de  tabler  sur  le  vers  de  Zoheyr.  Cf. 
sur  J^"  et  Jii"  Morgenl.  Forsch.  p.  153;  Harîrî,  Durrat  p.  65 
d.  1.  et  Tab.  Gloss.  sv.  ;  Socin  Diw.  Gl.  sv.  ^y.  En  tigré, 
sefâl,  Littmann  En  sang  pâ  tigré  p.  27,  mais  il  est  douteux 
que  ce  soit  la  mêrae'étymologie;  cf.  ici  1114. 


250 
^^j  =  jîlï,   1760. 

^ ,  366  ;  598.  —  iAsiî  597  s.  ;  voir  sub  ^^'s] . 
^^^siA,  ^JJùJi  et  UoiA,  expliqué  367. 

sjiiji,  redresser  le  bois  de  la  lance  603. 

ce  s 

jLaS,  pi.  idiait,  >  pi.  du  pi.  J^^j'»  pendeloque  du  flocon  de  la 
iduais,  vhv.,  chez  les  'Awâliq. 

JJy  =  J^!,  verrue,   Hdr.,    Awal.  et  Beyhan,  =  le  class. 
jJJi ,  I  Sa'd  IV  I  p.  36,  cf.  le  classique  Joti ,  verrue. 

wJli ,  blâmer,  1765  en  bas.  V.  sub  jji. 

vi>^JLS ,  expliqué  805.  ojjiiii  j^ ,  mardi,  cf.   cy Ji ,  comme  en 
,     éthiop.  ZA  21  p.  76  N°  234. 


'C^ 


^JLi,  expliqué  464   n.  3.   Araplif.   de  jJi,   comme  les  deux 
suivants. 

JJLS ,  expliqué  464  n.  3. 

iaJli- 

JaJo,  expliqué  464  n.  3.  Livre  des  Avares  p.  219, ,13. 


251 

^,    1336  et   s.;    1765,  ébrécher.  Labîd  N°  XXXIX  v.  35. 
Cf.  J-i",  v^):i",  iaJLi",  jJJ  et  Ji,  jjls  et  (*J.i  vhvs. 
Ji  =  jOi',  siUo7i,    1836.    Canaan   écrit,   ZDMG  70   p.   168, 
pour  la  Palestine  tilm,  pi!  tlûmi;  voir  ^. 

*J^',  ébrécher,  1337. 

^•,  ôoz^cy^e;  ouverture,  23,  8,  11,  12,  13;  62,8;  1174  n.  3; 
1241,  11  et  n.  3.  >^,  56,  7  et  n.  3;  Musil  AP  III  p.  312. 
C'est  pour  ^  >  j»i ,  vhv.  Ensuite,  ^.i;  est  devenu  avec  pro- 
thèse  *Sî,  1304,  2  vhv.,  dans  le  Nord,  comme  qj!,  c^.-^!  et  j*.*-! . 
On   observera   que  ^'  a   conservé  l' u ,  qui,   selon  moi,  est 

o       >  0     3  3 

primordial,  ainsi  que  je  l'expose  sub  ^J^^^,  j*l3=>  et  ^. 
Quant  à  la  lettre  finale,  Brockelmann  VGSS  I  pp.  133  et 

3 

472  veut  que  (*-i  contienne  l'article  indéterminé,  soit  la 
mîmation.  Il  faudrait  alors  que  cette  forme  provienne  d'une 
contrée  oîi  la  mîmation  était  employée  et  d'une  époque  où 
elle  indiquait  non  pas  l'indétermination,  mais  la  détermi- 
nation, ma  LA  p.  36  s.  Noldeke  Beitrâge  II  p.  174  n.  6 
réfute  l'assertion  de  Brockelmann  ;  mais  il  faudrait  cependant 
ne  pas  la  rejeter  sans  examen  approfondi.  Nous  avons  donc 

—  w^  3  û  3 

ji,  ^,  ^;  ^>  f^\,  aussi   bien   dans   le   Nord   que  dans  le 

Sud,  et  cette  m  se  trouve  dans  plusieurs  autres  langues  sémi- 
tiques, ainsi  qu'on  pourra  le  voir  dans  le  bel  article  ad  hoc 
de  Noldeke  o.  1.  p.  171  et  ss.  Je  ne  suis,  pour  ma  part, 
nullement  indisposé  à  y  voir  avec  Brockelmann  l'article,  mais 


252 

alors  déterminé,  dans  un  des  plus  vieux  mots  du  vieux  fond 
sémitique.  Ou  bien  est-ce  seulement  l'addition  d'une  nasale 
labiale  par  laquelle  commence  le  mot  correspondant  dans  des 
langues  indo-européennes? 

*i,  conjonction,  ensuite,  après,  59,  21,  22,  employée  dans  le 
Nord  seulement,  car  dans  le  Sud  on  dit  -^lXju,  L^Jou,  vhv. 

lU,  adv.,   là,  là-bas,  1528,  5,  =  ^^L;-^;  >  LLs  au  Maroc. 

Torczyner  o.  1.  pp.  151  et  154. 

j^'iij ,  au  delà,  1476,1.  =  À^»,  1468,5. 

O^  est  le  mot  classique  et  nordarabique  pour  le  sudarabique 

■xi^,  694  vhv.,  ou  u>ii  vhv.;  Boh.  I  p.  193.  =oUi,  Labîd 
îi°  40  V.  16  ;  Nâbirah  5,  52  ;  Naqâid  47,  30  ;  Tab.  I  p.  1534, 16 
(d'après  Brockelmann  o.  1.  I  p.  221);  Musil  o.  1.  p.  13  en  haut, 

où  il  donne  la  différence  entre  lX*j  et  xJL^".  Abu  Hilâl  el- 
'Askarî,  MSOS  XVIII,  ii  p.  10,  creux  dans  le  rocher  où 
Veau  de  pluie  se  conserve,  Mission  de  Jaussen  et  t'^avignac 

p.  97.  Voir  sur  o^  et  oU-i,  Amâlî  p.  18  et  s.  et  ici  sub 
o  >  J,  et  sur  idUi,  Sams  el-"'Ulûm  p.  15. 

^  et  J^-  vhv.,  1766. 

J^-  1766  en  haut;  el- Amâlî  d'el-Qàlî  p.  18  et  s.  a  un  article 
sur  ce  thème  et  ses  dérivés.  Cf.  ici  sub  o  >  J  et  sub  J-,-* . 

iJL^S,   mare  d'eau,   est   encore   vivant  dans  le  Nord:  Musil 

0.1.  p.  13  en  haut  et  p.  220,9  d'en  bas,  flaque  d'eau,  trou 
d'eau;  Brockelmann  o.  1.  I  p.  221.  Sur  A_«-i  et  J^i,  voyez 
ici  sub  c>  >  J . 


^53 

^^Ui:  ^Uilî  qU^Jî  ^j^,  de  huit  jours  en  huit  jours,  tous  les 
huit  jours,  88,  18,  19.  -  J^,  fém.  'x^'^,  1394;  1473. 

^J^.♦i,  mesure  de  capacité,  1201  n.  2.  Stace  p.  118  écrit  ij^j 
selon  la  prononciation  d'Aden  ;  Arabica  V  Gl.  sv.  ;  =  &..Lx_»_i 
47,  22. 

,jj*Joo,  costume  précieux,  1538,6  d'en  bas. 


5^",  seconde  infusion  du  café,  1080;  cf.  s^'  vhv.  et  sub 


Cr^y 


ts*-' 


j^^',  i,  faire  une  chose  une  secoyide  fois,  88,  18. 

i^^Li,  mettre  en  réserve,  1690,6. 
'uo  =  Lj,  renommée,  1574. 

iC-yo  est  chez  les  ''Anazeh  la  rigole  d'eau  qui  coule  de  l'a- 
breuvoir et  nullement  Feldarbeit,  travail  du  champ,  comme 
le  traduit  Musil  o.  1.  p.  254,  où  le  texte  est  très  clair: 
al-bdùi  ranâtu  min  ra'iyye  aw  teniyye,  la  richesse 
du  Bédouin  vient  du  pcUurage  ou  de  Vahreuvoir.  Je  ne  crois 
pas  que  le  Bédouin  s'occupe  de  „Feldarbeit!"  J'ai  un  long 
récit  ^anazî  qui  roule  sur  la  tanîyah;  ma  LB'A  p.  7,15. 

v>^")  réparer,  expliqué  par  ^  et  .^^L  Sêh  Sâleh  em-Bedr, 
Index  sv.  p.  1822,  me  dit:  ^^^1  vj^  ^r^^  "^^^^  -^M> 

fai  tardé  à  venir  chez  toi  parce  que  (^alâni  <  ^î  ^c)  je  suis 
occupé  à  réparer  le  liusn.  Le  même  verbe  se  trouve  dans 
la  grande  inscription  de  Husn  el-Rurfib  1.  7  :  ^joLw^  ^o  ^Ja^, 

i<AsùA^  \:d:>Lo5  xàL>5  »3\^  yiyiS  u>oy«  c)"*^'  "^'^^^  '"^  dire:  ils 
(les  différentes  tribus  énumérées  avant)  ont  écrit  cette  inscrip- 


254 

tion  à  la  forteresse  (ou  montagne)  de  Mâwiyat  (=  forteresse 
de  la  mer  ou  de  l'eau)  lorsqu'ils  réparèrent  ses  murailles  et 
ses  ouvertures  (meurtrières)  et  ses  puits  et  sa  montée  ').   Ce 

sens  de  v^*  ^st  très  courant  en  Dt  et  au  pays  des  "Awâliq. 
Avant   de   pouvoir  bien  interpréter  les  inscriptions  du  Sud, 

il  faut  connaître  le  vocabulaire  des  dialectes.  Cf.  -o  vhv. 

v_jy ,  étoffe;  habit;  pagne;  =  o^p,,  manteau,  plaid,  1075  n.  5; 

au  figuré,  redeva?ice  455.  —  ^yl  uj^'  857,  18.  —  boUJI  ^^ 
857.  -  v>^L  ^03j:J!  858.  -  J>1^\  v^l  31,  5;   798. 
^^!j,  une  qualité  de  plomb  116,  10. 


'j,  u,  tr.  et  intr.,  se  lever,  au  propre  et  au  figuré;  deV~J^{?) 
1718;=  ^è  1722;  161,20;  438  n.;  468,7;  1485,2;  expliqué 
1718  ss.  ^^\  ^y,  Jo,  639,5  d'en  bas;  1719.  ^^  p,  639,5; 
1492,3;  1493;  1719,  5  =  ^j;^  plï,   1491  d.  l;  v.  Tab.  Gl.  sv. 

^LJ!  ^Ij,  1720,  12.  ^coLi!  J:>,  1491,  15,  18.  ioJLàiî  o/,  163,  7. 

J.:s^\  Ji,  1721,  I  Sîdah  XI  p.  40,  5  d'en  bas.  ^Uî  Jj,  1721. 

isx>3  .j,  son  sang  a  coulé,  983;  cf.  jiL>  vhv. 

^_;  .'j,  se  ve?iger  de,  1724:  ;  v.  Jj  sv. 

.li,  /"mVe  Zever;  réveiller,  expliqué  1722  ss.;  Arabica  V  p. 
217  note.  Lebîd  N"  39  v.  50. 


1)  Pour  la  traduction,  voir  ici  sub  v— slL>,  ^,  J.rs^  et  J>-ii-»-<  et 
Arabica  IV  p.  75  et  s.;  D.  H.  MuUer  EDA  p.  27/8;  H.  Winckler  AOF 
p.  327  ne  traduit  ni  ^J>is>  ni  iCi^'-o.  vj>laÀ/8  doit  ici  être  un  singulier, 
car    il   n'y    a   qu'une  seule  montée.    I  Sîdah  X  p.  97  porte  'siSJii^  =  ib. 

p.  91  J^^;  Lebîd  N"  40  v.  90:  J^»-»»)  routes  dans  la  montagne,  con- 
struites à  gradins,  comme  beaucoup  de  nos  routes  muletières.  La 
traduction  de  Maltzan  Reise  \).  226  est  de  haute  fantaisie. 


255 

Mj>  .»jù,  il  a  fait  couler  son  sang,  983;  1724.  (^oLJt  .^^ 
engager  les  escarmouches^  commencer  la  guerre,  1491,  2  d'en 
bas.  iLUs  ^y,  he  raised  sédition,  Stace  p.  150.  —  Faire  monter, 

faire  pousser  (des  plantes),  1723.  —  Faire  bouillir,  1724.  — 
Faire  lever  le  gibier  etc.,  dans  toute  l'Arabie,  comme  dans 
Ousâma,  éd.  Derenbourg,  p.  159,  13;  165,  9  et  mon  Arabica  II 
p.  56  ad  loc.,=:  p\  et  J.=>,  ib.  u^^!  ,y ,  faire  lever  le  bétail, 

RO  p.  19,  10  d'en  bas.  ,^i  est  aussi  intransitif  dans  le  Nord, 
se  lever  brusquement,  1275,6  et  n.  3;  1722;  1723,6  d'en 
bas;  en  '^Omân,  se  mettre  en  route,  1722  s.  v  5^'  ^^  mettre 

en  route  avec  quelqu'un,  1723,  9.  «JLp.  ^J>^  .y^,  il  se  leva 
brusquement,  1275  n.  3;  1723. 

.yj,  être  en  émoi,  être  sur  le  qui  vive,  1723.  —  ^  "  Jcj",  se 
venger  de,  1724;  cf.  v  ]^  ^  vhv. 

(j/.yt  J'j,  aux  cheveux  hérissés,  1722.  —  ^A  sJj,  1719,  n.  1; 
Tab.  Gl.  sv. 

^y,  pi.  ^tyt  Dt.,  et  q'^",  Yéman,  711;  voir  sub  ^«j.  Au  figuré, 

brave  guerrier,  1239;  1471;  1609,  12;  Snouck  OS  Festschrift 
Nôldeke  I  p.  104  n.  10.  Dans  le  Nord  et  en  Syrie,  on  pro- 
nonce tôr>  sous  l'influence  du  r,  cf.  ^oop ,  prononciation  phé- 
nicienne  d'après   Plutarque.    Il   y   avait   une  subdivision  de 

Hamdân  qui  s'appelait  ^y,  Sams  el-'Ulùm  p.  17,  TA  III 
p.  81  et  Wûstenfeld  Geneal.  Tab.  p.  9,  19,  et  id.  Register, 
453.  Il  faudrait  bien  une  fois  qu'on  recherche  l'origine  et  le 
pourquoi  de  tous  ces  noms  animaliques  de  beaucoup  de  tribus 
arabes.    Cela   ne   peut  guère  être   fortuit   et  doit  avoir   sa 

raison  d'être.  Cf.  sub  %=>  vhv.  Walde  L  E  W  sv.  taurus 
veut  que  ce  mot  soit,  en  sémitique,  un  emprunt  au  groupe 
iridogermanique,  mais  je  crois,  avec  Lewy  Fremdw.  p.  4  et 
les  Assyriologues,  que  c'est  tout  le  contraire. 


256 
b^yj,  émeute,  soulèvement,  163,16;  1722. 

3^4^,  nuage  noir  portant  la  pluie,  pi.  jUoc  >  mater,  444  n.  2; 
465,12;  524.  Je  fais  observer  qu'il  y  a  un  verbe  datînois 
JU  vhv. 

o  

JyLA  1724.  —  En  Hdr,  il  y  a  s^j,  pi.  .yi,  bassin  à  côté  du 
puits,  où  est  collectée  l'eau  qui  de  là  coule  dans  les  rigoles, 

5     5 

j.y;c^  vhv,  et  arrose  le  champ  '-i^^  vhv.  Je  ne  sais  d'oij 
vient  ce  mot  ;  voir  sub  »yti  >  'ip . 

■%i",  vieille  femme  décrépite  2cn  peu  toquée;  c'est  plus  que 
30j.c,  vhv.;  cf.  Lane  sv. ;  on  dit  aussi,  et  le  plus  souvent, 
^S  vhv. 

'.^'s,  femme  qui  a  quitté  son  mari,  840;  cf.  -,L=>  vhv. 
^lli,  vieille  femme,  330,  6;  =  "^i,  vhv. 


prononcé  presque  partout  g.  Bergstràsser,  Sprachatlas  p.  17, 
dit  à  propos  de  ma  transcription  dans  mes  Prov.  et  Dict.  : 
..Landberg,  toujours  g  (écrit  g),  assurément  faux."  A  cela 
j'objecte  qu'alors  on  se  contentait  de  ce  g  =  _  et  que  les 
modernes  g  et  z  n'indiquent  pas  mieux  ce  son,  qui  en  Syrie 
a  des  nuances  de  prononciation.  Mon  g  me  suffit.  Dans  îe 
Hogarîeh  du  Yéman,  c'est  g,  1453  n.   1;  1516  n.  3;  vol.  III 


257 

p.  XII  et  s.,  et  I  Ya^îs  ne  connaît  -  =  g  que  dans  le  Yéraan. 

Muzhir  I  p.  224.  Brockelmann  o.  1.  I  p.  122.  'i^^^  beauté, 
est  prononcé  en  Hogarîeh  bahga,  en  Dt.  bahga  et  en  Hdr. 
bahya,  même  baliàya;  lahga,  parler,  discours,  Hog.  et 
lahèya,  Hdr.,  ce  qui  rappelle  la  prononciation  nordbédouine. 
Ceux  du  Nord  qui  ne  connaissent  pas  bien  l'orthographe 
rendent  o  et  J'  par  „;  exemples  dans  ma  La  langue  des 
""Anazeh  p.  62  v.  5;  v.  7  ;  v.  12  et  v.  14;  ^c^-j^  ^-  =  uc^j^  "^î 
m  a  n  y  û  g ,  <  ^^^  =  é^^^A ,  est  une  exclamation  ordinaire  des 

paysans  musulmans  de  Syrie,  cynède;  jl>,  rose,  <jy",  dans 
un  vers  d'el-A^sâ. 

Cf.  Yollers  Arabie  Sounds  Congrès  Londres  II  p.  143. 
Il  y  a  quelques  cas,  où  dans  notre  dialecte  „  =  g,  20,  5 
(yigza');  353  n.  4;  698,1  (tigza^);  1084.9  d'en  bas; 
pour  le  reste,  voir  806  n. 

>  ^   637;  674;   1034   (^  et  yLi);  1087  (^<^  et  v^JJ^); 

1257  ij*=>  et  j*î);  v_À:>  et  v_Jls,  sécher,  vhvs.  ;  ,.il£  et  oilc, 

galopin,  et  non  comme  le  pense  Nôldeke  Beitrâge  II  p.  238; 
wft>.  et  oiï-j ,  trembler,  485,  6  d'en  bas;  _^  <  „ —ï  vhv.; 
uiy>  et  (ji-y,  vhv.;  ,ji>.>  et  ^jXï,  vhv.;  Aà:>  et  lAài,  vhv.; 
ma  LA  p.  65  n.  ;  Yollers  Y  S  p.  10;  ^_c-à.^  et  ^^^r-ï  vhvs.; 
iii.x-î^  vhv.  et  ivL^.  D'autres  exemples  dans  les  thèmes  qui 
suivent.  Yoir  Moritz  Sinaikult  p.  52. 

>d  673  oii  beaucoup  d  exemples;  1528;  v.  sub  „n>l>  ma  LA 
p.  66;  el-Hafâgî  âarh  sur  ed-Durrah  Cstpl.  1299  p.  197  (impor- 
tant). Je  ne  crois  pas  que  -  ait  donné  directement  li),  mais 
cette  prononciation,  ^  =  g,  ne  peut  être  graphiquement  rendue 
en  arabe  que  par  li).  Il  faut  voir  dans  tous  les  mots  oîi  cette 
permutation  peut  être  constatée  un  g  original,  qui  a  fini  par 

17 


258 

devenir  un  vrai  é,  à  force  de  figurer  ainsi  dans  les  écrits; 
voir  Hdr.  p.  540.  Cf.  vjr-j  v/  ©^  v/  vhvs.   El-Moqaddasî, 

éd.  de  Goeje  p.  96,  dit:  wiXJj  ^^^^^^  ^^j^  o^-^^-  o*-^  '^'■5 
>_^-       ..  ùj  — 

et  ensuite  il   mentionne  la  prononciation  de   ^j-*^^  >  u^^ 

assez  connue.  On  aura  ici  prononcé  g,  ce  que  les  Arabes  ne 
peuvent  rendre  que  par  é.  Les  indigènes  d'Aden  prononcent 
g;  g  <  _  est  yémanite. 

*^  prononcé  i,  y.  Mèhyum  =  ,*r^,  49,1;  1029.  LA  XV 

p.  153,2  d'en  bas  et  ss.;  ib.  XX  p.  149,14  et  ss.;  L  Qot. 
p.  34;  Muzhir  I  p.  229;  Haffner  AL  pp.  28  et  29.  LA  et 
le  Qâm.  ont  ^\\  j^x-i,  ce  que  n'est  autre  chose  que  j-*r^ 
j^>jî  =  ^:^!  =  ^yb  ":i.  Tab.  I  p.  1656,  7  porte  ^UcJî  ^Lx^  < 
^L*>.  Le  vers  11  de  la  Lâmîyah  d'es  Sanfarâ,  éd.  Jacob,  a: 
èN-ii  ,«.>c^  oî»j  v_jLi^!  io•^Li,  J'ai   trois  amis:  un  coeur  en- 

courage  ou  'plein  de  courage^  oià  j^y^  <  ^^-^j  ainsi  que 
je  l'ai  déjà  relevé  dans  ma  critique  de  l'édition  manquée  du 
Dalâil  en-Nubûwah  d'el-Beyhaqî,  p.  36,  publiée  par  feu 
K.  H.  Nylander  (suédois).  Il  y  a  là  le  même  verset  avec 
^^^,  tandis  que  le  manuscrit  du  Caire  a  ^^\^.  Voir  LA 

X  p.  55  d.  1.  et  ib.  VII  p.   281,8   d'en   bas.   Le   verbe  if~J^ 
ne   vient  donc   pas  de  ^U: ,  i,   comme  le   dit  Jacob   o.  1.  I 
p.   521,    mais   c'est    une    très   ancienne   prononciation   pour 
^  vhv. 
I  (jinni  raconte,  apud  Rescher  ZA  XXII  p.  50  (t.  à  p.): 

siAàc^i    J^Aiafii!    (AÀn    Us"    :  Jyij    iAj;   L!    v.i>ot*jw.    :j_pCljJI    J^Aiasil  _^l    JS 


259 

3.x4^  \j>^^tj^  L^'^^jîxij.  Sur  cela,   voir  Hdr.  Gl.  sv.  ^.  En 

Hdr.  g  >  y  est  assez  commun,  Hdr.  Gl.  sv.  ;  on  trouve  dans 
les  lettres  publiées  par  v.  d.  Berg  Le  Hadhr.  U  <  tL> 
p.  271,  2.  En  Dt.,  ce  passage  à  la  spirante  médio-palatale 
est  très  rare.  Selon  Meissner  MSOS  VI  ii  p.  118  n.  9,  on 
prononce  dans  le  Negd,  chez  les  B.  Lâm,  le  g  comme  y: 
iye  <  iga  <  ^b-;  yêb  <  gâb;  ib.  p.  120  d.  1.  'ayye  < 

iLi;^-c,  poussière  (de  poudre).  Voir  VoUers  ZA  XII  p.  226, 
Brockelmann  o.  1.  I  p.  123,  Marçais  Gr.  Tl.  et  son  article 
intéressant  ad  hoc  dans  l'Encyclop.  de  l'Islam  sub  Djîm. 

En  mehri,  _  est  g,  rarement  g;  mais  en  sh  g  en  est  la 
prononciation  régulière,  Bittner  St.  sh  I  §  1,  très  rarement 
aussi  g,  ib.  §  22. 

Développement  tertiœ  par  ..,  p.  e.  ^j  et  ^j  vhvs.  ;  jJ  et 
„  fj  vhvs. 

cf.  yt>  vhv. 

jL>,  Tab.  I  p.  1155, 10,  >  ^>L>,  i,  667. 


V   v*^5  1323  n.;  1644.  Ges.-Buhl  sv.  dd:i,  voûter,  élever.  — 

ûo>,  casser  =  y^,  Dt.;  aussi  Nord,  Socin  Diw.  Gl.  sv.;  Tab. 
I  p.  1603,  18,  Deux  thèmes  différents  se  sont  ici  fondus: 
couper  et  voûter.  v^>^,  châtré,  I  Sa^d  VIII  p.  155,  1  ;  cf. 
aussi  v^)   u>  vhv. 

w     y 

vc>,  terrasse  8,24.  —  Puits,   citerne,   dans   toute  l'Arabie. 

sJ^Î  ^j.;c>  est  un  puits  dans  W.  Meyfa'^ah,  cf.  Lc>,  réservoir, 
et  i<D:,  Ges.-Buhl  sv.  En  babyl.,  gubb  Del.  Gr.  p.  191  et 
p.  202  ;  Dillmann  Gr.-  p.  41  ;  Zimmern  Akk.  F  W  p.  44. 


260 

ii>,  panier^  'Oman,  1229  n.  3.  Jahn  SAE  III  p.  270  donne 

pour  le  dt.  iCo»,  outre  pour  l'eau  en  peau  d'âne..  Cf.  iO.-^u=> 

voir  Lex. 

iàL:> ,   beurre   fait  du  lait  de  chamelle^  1096  ;  aussi  dans  ce 

sens  chez  I  el-Mogâwir  p.  268.  De  Goeje,  Encyclop.  de  l'Islam 
I  p.  377,  a  donc  tort  de  dire  qu'on  ne  fait  pas  de  beurre 
du  lait  de  chamelle.  Cf.  >->^:?u>  vhv. 

-  <j  - 

^^:$\x>^  ramasser  par-ci,  par-là^  Eg.  601.  En  Syrie,  >,_,.c^u:p 
s'isoler  du   monde.   Un   l^wUJ!  ^^  ^^-^ws^Xo   y  est  celui  qui 

vit  isolé  loin  du  inonde,  un  farouche.  Dans  le  premier  sens, 
ce  verbe  me  paraît  être  un  intensif  de  ic.>=>,  i,  réunir,  col- 
lecter vhv.,  peut-être  par  contamination  de  v^?  ^01)  Tcmi^ 
qui  provient  de  v^b*.  On  lira  J.  Barth  Zum  Assyr.  Lex. 
ZA  XXIV  p.  151. 

>«^^.I>,  lait  caillé,  Musil  o.  1.  p.  145,8.  Jaussen  Coutumes 
des  Arabes  écrit  v*-:?\x>  pp.  32  et  68  ;  il  se  fait  du  petit  lait. 
'i^^^   est   encore   chez    les    Ma'n,   Index   sv.   p.    1838,   la 

timbale  =  jJIs,  dont  parle  Naswân,  Sams  el-'Ulùm  p.  17. 
Je  crois  que  cela  est  une  graphie  pour  rendre  qubqubah, 
car  en  Hogarîeh  „  est  prononcé  g,  Dt.  vol.  III  p.  XII  et  s., 
et  que  ce  mot  vient  d'une  l/~u^,  qui  est  une  onomatopée 
avec  le  sens  de  faire  du  bruit,  taper  1386  n.  1  et  qui  a 
donné  le  syrien  ^Lalï ,  361  n.  3.  Mais  un  diminutif  de  iûy> 
vhv.  n'est  pas  non  plus  exclu.  En  tout  cas,  les  K^^^,  ^yr--, 
^  sont  apparentés. 

<  v^   577,  vhv. 


261 

^-,x:>,  ruche  d'abeilles,  1464  et  n.  2;  pi.  -L-*->  et  J^.^^  ib. 
et  n.  2. 

o  - 

^>o,  rwc/ie  d'abeilles,  1464  n.  2. 

jj^  =  ,)-A_>,  former,  1766.  Quant  au  sens  du  Sud,  être 
exempt  d'impôt,  ne  pas  être  assujetti  à  l'octroi,  on  observera 
qu'en  tigré  c'est  tout  à  fait  le  contraire;  on  y  dit  gaba- 
rôt,  obligation  de  payer  l'impôt,  et  gabêray,  imposable, 
contribuable,  selon  Littmann  En  sang  pâ  tigré  sprâket  p.  19. 

_o>,  exempter  de  payer  la  dîme  ou  V octroi  L«  ^^.J^^  8oLw.JI 

^  \  i^,-cs:vj!  j^yJLo ,  les  sâdah  sont  exempts  d'impôts  ;  ils 
ne  'paient  ni  l'octroi  ni  rien  du  tout,  Hdr. 
yL>,  Stace  p.  166:  ljyL>,  he  subscribed  for  us. 

_o>,   pi.  .L*.=>,   qui  7ie  paie  pas   d'impôts,   qui  ne  paie  pas 

l'octroi.   On    dit   aussi  ^-»->   pour  le   singulier   et  le  pluriel: 

_A»>  ^yw  (*-^-^?    Yesbum    est  un  marché  exempt  d'octroi, 

freetow7i.  <sl'!  Cs^  J!  ^^  o'"^  ->^  o'  j^^  **-^  "^y  (3  J^r-  ^;j^ 


)    o  > 


sommes  exempts  d'octroi  à  Sûq  Yesbum,  si  ce  n'est  que  Bû 
'^Illiyân,  de  la  famille  de  ^A.  A.  b.  Dahlia,  prend  un  rausrâ 
sur  chaque  charge  lourde  qui  vient  de  dehors  le  pays.  ^Aj 

.Lo>  (joL/ûJ!,  les  Bédouins  d'er-Rassâs  sont  exempts  d'impôts. 

o     ■>  0     1 

'i,jç>-  dans  la  locution  iy^L ,  en  bloc,  p.  e   acheter  en  bloc,  Dt. 

!j_c>,  naturel  de  l'homme,  1766  =  iC_ii_x_Li..  Pron.  bédouine. 
Moritz  Sinaikult  p.  18  n,  3. 


262 

y^,  voir  plus  haut,  est  le  contraire  de  (j^^j^,  gui  paie  la 
dîme,  vhv. 

«iLo»,  derrière,  fesses,  Yéman.  Le  Qâm.  seul  l'a.  Aussi  au 
Waddây;  Rubah  p.  46  écrit  djaba^  fesses,  et  Carbou  p.  166: 
djabâ''  K£:Lç>.  Provient  sans  doute  d'un  radical  v^=>,  1323 
n.  ;  1614,  élargi  en  ^*:>,  et  désignant  quelque  chose  de  con- 
vexe, bombé  et  arrondi.  Les  mots  synonymes  se  trouvent 
sub  »v:^  et 


Jwo.  =  ^yx>,  vhv.,  former,  1766,  encore  employé  en  Méso- 
potamie, impf.  i,  faire,  former,  Meissner  N  A  G  S  p.  116.  — 
impf.  a,  pousser  de  nouvelles  branches,  Dt. 

idU>,  dans  les  inscriptions  sabéennes,  412  n.  4. 

j>x>  n'est  pas  montagne  dans  notre  dialecte,  oiJ  l'on  dit  l>-ç>, 
mais  la  région  montagneuse,  alpestre  =  J-^li-.  ^U-^^^  S^i 
390  i\.  =  ^\^)^  S^,  ib.;  Arabica  V  p.  116. 

icL.=>  =  8_*.>  vhv. 

iXLc>,  montagnard  Dt.  C'est  sans  doute  un  mehrisme,  car 
en  mehri  gibàl  est  un  singulier,  Bittner  St.  mehri  I  p.  17  n.3. 
idux>  ==  icJLxï ,  1766  n.,  ce  qui  est  ou  'iS^i  ou  gabîlah. 

^^**^5  pl-  o^'  ^^f^^'^^'^^^  l'un  n.  1.    C'est  un  pot  en  terre 

cuite  importé  d'un  village  Gubun  au  Yéman,  voir  ma 
MJM  p.  52;  Yâqoùt  sv.;  cf.  iCU>  vhv. 

* 

(^^-«j>,  i,  réunir,  receuillir,  collecter,  sens  primaire  qui  s'est 
encore  conservé  en  ^Omân.  RD  p.  221,4:  \ô\  Ji^^!  (^^-*j^u> 
yCij:,  je  ramasserai  les  biens  si  je  vis.  Voir  sub  <..^\jc>.  — 


263 

Prélever  l'impôt^  la  dîme;  établir  un  impôts  556,  7.   Dans  la 
même  poésie,  on  trouve  la  IP  forme  ^_5■^>: 

Le  Mânfite  a  imposé  la  dîme  par  la  poussée  des  fusils, 
Lorsque  la  lourde  montagne  s'écroula  au-dessus  de  lui. 

V.  sub  Jy:>.  Sur  J  (jrt^?  voir  Sab.  Denkmàler  p.  16. 

£!_>»>,   don,   prononcé  gabà^   gëbà^    comme   stà^   hiver, 
ri(a)nà',  chayit,  etc.  Hdr.  Dt.  et  Alger,  RM  TA  p.  422. 
Jc>yit  3Lo> ,  talon  du  pied,  Dt.  =  ^^\  iiLaj>j> ,  mais  ^j^-ï^c  , 
cheville;  cf.  Stumme  MGT  Gl.  sv.  v^/^* 


KJ:>,  cadavre,  inusité  dans  notre  dialecte,  qui  a  pour  cela 
*^,  cadavre,  charogne,  =  '»Juf>  dans  le  Nord  et  en  'Oman, 
RO  §  28,  et  qui  est  aussi  ancien,  Diw.  Hâtim  Tay,  éd. 
Schulthess  N°  LV  v.  14;  en  Dofârî,  ii-'^i^^,  Rumpf  einer 
Leiche,  tronc  d'u7i  mort,  RD  G-1.  sv.  On  est  en  droit  de  se 
demander  si  le  classique  et  dialectal  ii-i=>,  corps,  n'est  pas 
une  très  vieille  prononciation  pour  'iJc>:  \ùj  <<J?  Cela  semble 
conformé  par  ^^,  corps;  personne.  Cf.  nDl3,  corps  mort. 

i   i  3    3 

jjb-  ou  j.yj>,   pi.  de  j»jiL:>,  expUqué  598;  cf.  Li>  vhv. 

^_,;-i>,  i,  e7?'e  agenouillé,  être  acci'oupi,  courant  dans  tout  le 
Sud  et  au  Waddây,  Carbon  p.  171;  voir  sub  ^^Jb»;  =  !À:>, 
u,  I  SaM,  IV  p.  103;  I  Sîdah  XIII  p.  280.  Dans  le  Dîw. 
de  Qays  b.  el-Hatîm  p.  1,  6,  on  lit:  Jji  Li:>  J  ^x)L>î    ^^  jy 


264 

3L*.ic  J.C  iA*;:c!  *i  \^i\ ,  ce  que  Kowalski  traduit  p.  XXXII 
par  „rait  gekreuzten  Beinen  sitzend  und  auf  seinen  Stab  ge- 
stûtzt".  Cela  n'est  pas  exact,  car  Li^  indique  la  position 
qu'on  a  lorsqu'on  plie  les  jambes  sous  soi  de  façon  que  le 
derrière  touche  les  talons;  c'est  la  position  favorite  des 
Bédouins  et  la  même  qu'ont  les  musulmans  en  priant  ou 
lorsque  les  Européens  prient  à  l'église  avec  la  différence  que 
nous  ne  baissons  pas  le  derrière  sur  les  mollets  ou  les  talons  ; 
voir  Heiler  Die  Kôrperhaltung  heim  Gebet  dans  la  Festschrift 
Hommel  II  p.  169  et  ss.  Être  assis  les  jambes  croisées  est 
une  autre   position  et  se  dit  u^j^  J.  ^f. 

Le  sens  primaire  de  Lo^  est  peut-être  faire  un  tas,  I  Sa'^d 
IV,  I  p.  9;  ZDMG  61  p.  469.  Cf.  ^  vhv. 

>_^.>\>,  faire  côte,  échouer,  Dt.  JL_c  'iU..jJu^\  ^^iZS$^  itO^Xs:.^ 
Jw>LwJ!,   et  lorsque  le  bateau   échoua  sur  la  côte  (lettre  de 

Suqrah);  ma  MJM  p.  53  à  propos  du  mehri  hagehôb; 
Jahn  SAE  III  p.  179  sv.,  SAE  IV  p.  148,  12  où  l'arabe 
est  mal  traduit,  Bittner  St.  mehri  II  p.  36,  8.  Stace  p.  165 
sv.  stranded. 

w»_^^-:>,   tirer  le  bateau  à  terre;  ma  MJM  p.  53;  Stace 
p.  155  sv.  shore;  Cf.  Stace  sv.  shift. 

Jc^>lX^^,  673,5;  Arabica  V  Gl.  sv. 

_*?vj>,  famine^  Dt.  =  \n  "^  —  ^^,  anus,  Bédouins  d'el- 
Çogarîeh,=  »>.^^,  viiv.,  propr.  troit,  courant  chez  les  ^Anazeh. 
3-,^^\:>,  disette,  Dt. 


265 

y^,  être  rude,  raboteux,  dur  (route),  463,  4;   1633. 

j^=>,  dur^   151,3.  —  Raboteux,  qui  a  des  cahots  (route), 
463,4;  1633.  -  Coriace  (viande),  1633,  1634. 

jj^^^>  'ïïial  couper,  taillader,  1633. 

^Jix^,  écorcher  la  peau,  Dt.,  comme  Boh.  I  pp.  135  d.  ].; 
143,  5  d'en  bas  et  156,  9  d'en  bas. 

y^:$\>,  ballonner  le  ventre,  Dt.  —  -ci..:s^^./i ,  ballonné,  homme 
qui  est  ballonné  ou  le  vendre  ballonné,  Dt. 

U>-^  >  o»^,  vhv.  -  U>J^,   calebasse,    20,  19;  63,  2,  20; 

64,8,17;  217  n.  4;  612;  expliqué  614.  -  ^_îL^i_=>,  potier, 
Yéman,  mon  cat.  de  ms.  arabes  de  Leide  p.  63  n. 

KLs^>  pot  ou  Jarre  en  terre  cuite  en  forme  de  flacon  à  goulet 
étroit,  ^£^1  0,60;  v.  sub  '^j=>,  appelé  aussi  iC>LyLa  en  Dt. 
et  en    Hdr.;   pi.  J^-^sv^  ou  jL.:su>;   plus  petit  que  ^L^iL/j, 

vhv.;  voyez  RO  p.  30,  Ll;  ib.  §  44  (idLj<\>,  kleiner  Kmg) 
et  RD  Gl.  sv.;  ZA  XXII  p.  226;  Stace  p.  181  sv.  vessel. 
Hein  SAE  IX  p-  60,  20,  Lederschlauch,  est  une  erreur.  Bitt- 
ner  St.  sh  I  p.  28,19  et  p.  53,2:  gahàl  <  gahàl.  Cf. 
iJLx=>,  vhv. 

J^>^>,  cordelette  du  marfa^  748. 


266 


»..^s» 


*:^,  allumer  le  feu,  1644.  —  fi^s^>,  flamber  (feu),  1644. 

jjj\  ^^.^'>,  V intensité  du  feu,  1644.  —   Charbon  de  bois, 
Tihâmah,  selon  Glaser  Peterm.  Mitt.  1886  I  p.  8. 
iUob>  =  iUiXLc  Jj;  Schaade,  Uhud  p.  28.  Cf.  ^. 

3>^>>,  anus,   Béd.   d'el-Hogarîeh ;    pi.  ^^c^  (gàhwatak, 

ton  cul).^=  y^^^  et  en  Dt.  ^f>  et  _^xî  vhvs.   Cf.  ici  c>*«!, 

iwL:^",  j-:-^  et  _j-x-=>,  _vJt.ï  et  sub  jn»^-  Le  classique  a^^,= 

o^-w^  LA  sv.,  mais  ib.  XIV  p.  368,  6  d'en  bas  s^i>,  comme 
aussi  I  Sîdah  II  p.  471  d.  1.,  pourrait  bien  être  une  pronon- 
ciation affaiblie  de  »^.  I  Sîdah  II  p.  47  en  bas  et  LA  1.1. 
disent  que  ce  nom  ne  s'aijplique  au  derrière  que  lorsqu'il 
est  XJyiX«.  cf.  '^^^,  découverte. 

,^^Li-,  i,  ramper  sur  les  genoux,  Harîb,  1046. 

^^^,  sol,  54,  3,  4  =  ^c^L:>  1046.  Ju:^--*!!  ^c^L^  =  i^^L^ 

ou  ^yàP,  la  cour  de  la  mosquée,  1046.  Ce  mot  me  fut  tou- 
jours expliqué  par  u^^J  et  ^i.  Il  se  trouve  aussi  dans  le 
dialecte  des  Qarâ.  Un  qarawî  me  le  prononça  gêhi,  expliqué 
par  qâ".  On  le  rencontre  souvent  dans  les  textes  de  Jahn 
SAE  III  pp.  179  sv.  et  267b,  oii  le  pi.  gâhiyyet,  Ebene^ 
Freies;  ib.  p.  270  et  p.  274  sv.  :  lisqàt  el-gâhi;  ib.  p.  79,  9 
on  lit  en  mehri:  kafâdek  min(ë)gib.âl  ta  beri  bâgâhi 

k  u  s  k  h  e  r  ê  =  dt.  ^^^^  li^Ai  j<i>  (lX^^^^JI)  J^  ^y^   oAàS' 

(j»\j  o*A_>5,  je  suis  descendu  de  la  ynontagne,  lorsque  je 
suis  arrivé  à  la  plaine,  j'ai  trouvé  une  tête.  Ici  (^,_=>L>  est 

la  contrepartie  de  J.o>  (=  mehri  Ju>  vhv.).  Chez  Hein  SAE 


267 

IX  p.  60,  27  (mehri)  =J-^  en  arabe,  mais  D.  H.  Millier  le 
corrige  en  wâdi,  ce  qui  n'est  pas  non  plus  exact;  ib.  p. 
163  N°  13  V.  5:  el-gâhi  wal-masâil  ^  raehri  gehîyyet 
wa  abôr,  traduit  par  les  plaines  et  les  plages,  ce  qui  est 
absolument  fautif.  D.  H.  Mûller  corrige  gehîyyet  avec 
raison  en  gehîyyet.  Pour  corriger  Hein,  il  faut  un  volume, 
et  pourtant  Bittner  tire  de  ces  textes  une  grande  partie  de 
ses  Studien,  qui  certainement  sont  une  oeuvre  capitale  dont 
nous  devons  lui  savoir  gré.  Chez  D.  H.  Mûller  SAE  VII 
p.  17,  17,  le  soqot.  gehi  correspond  au  mehri  hôtar  et  au 
sh  sa^b  et  à  l'arabe  wâdi,  traduit  par  vallée,  Tal.  Ib.  p. 
25,21,27:  (fil-)gàhi  est  l'équivalent  du  mehri  fesît,  du 
sh  fersét  et  du  soqot.  fi  s  eh  et  traduit  par  Bergeherie, 
plateau  de  montagne.  D'après  Mûller  ib.  note,  ^^r^^^  ^st  des 
deux  genres.  Ce  mot  est  il  apparenté  au  soqot.  hôhi,  terre, 
SAE  II  pp.  1,3;  2,10;  3,  14;  4,  16?  Cf.  le  class.  Jii^  =  ex.^ 
LA  sv.  et  sub  ^. 

t\>>Â^,  673,  couper,  trancher,  Dt.  où  =v^^>  vhv.  Mo^all. 
'Amr  b.  Kultùm  v.  66.  En  ^Omîm,  abpfliicken,  cueillir,  RO  p. 
4,  10.  Chez  les  Bédouins  du  Nord,  ablesen  (se.  die  Dattelpalme), 
Socin  Diw.  Gl.  sv.,  où  renvois.  Cf.  (.*A>,  j^s>  et  ^<X^;  y^, 
|.j>  et  lAï,  vhvs. 

iA>.  grand  père,  grand  oncle  dans  le  Sud;  le  pi.  c>^à^  est 
seulement  ancêtres.    On  jure  par  le  lX><Â>.    On  l'entend 

à  chaque  moment.  WaHàh  (ou  wàlia)  ugiddak  est  une 
formule  courante  à  l'égard  d'un  seyyid,  et  alors  =  Mohammed, 

ou  d'un  seyh,  vhv.  On  a  mis  en  doute  le  sens  de  l\>  dans 
les  serments  anciens,  Wellhausen  Reste-  p.  185;  Nôldeke 
ZDMG  41  p.  723;  Goldziher  MS  I  p.  229  et  n.  2;  Pedersen 


268 

Der  Eid  p.  135.  Jaussen  Coutumes  p.  313  écrit  Js.>  avec  un 

seul  d  et  ib.  p.  314  il  dit  que  Â:>  a  la  double  signification 

d'ancêtre  et  de  bonne  fortune,  confondant  ainsi  3^  et  Jc>. 

Le  dernier  sens  n'est  plus  connu.  A  présent,  on  ne  pense 
qu'à  une  parenté  en  proférant  ce  serment,  et  je  crois  que 
cela  a   toujours  été   le  cas.   Zimmern  KAT^  p.  481  et  ss. 

et  surtout   p.  483,8.   Sur   l'identification  de  3^  avec  ry^-^, 

fortune^   voir  Zimmern  o.  1.  p.  479   et  les   auteurs  y  cités, 

Dussaud  Les  Arabes  en  Syrie  p.  148. 

l\:>,  fil.  ck^\  j,y,  he  tioisted  the  thread,  Stace  p.  216.   Cf. 

jy>  vhv. 

aA>,  sage- femme,  Stace  p.  106. 

3j*L=>,  grande  route  oii  il  y  a  plusieurs  pistes;  lorsqu'il  il 
n'y  a  qu'une  seule  piste,  ce  n'est  pas  une  »oL:>,  mais  un 
oiji:»,  91,23;  expliqué  1376.  Les  lexicographes  ne  sont  pas 
bien  d'accord  sur  le  sens  exact  de  ce  mot;  I  Sîdah  XII 
p.  42,  où  ]e  titre  du  chapitre  ad  hoc  est  vJLj_kJl  'x:^^  ilfJ 

sJ"oL:>5,  LA  et  Lane.  Malgré  sa  çlassicité  et  l'emploi  encore 
courant  chez  les  Bédouins  du  Sud  et  du  Nord,  je  ne  suis 
point  tout  à  fait  sûr  que  ce  mot  soit  de  pure  origine  arabe. 
Aussi  l'archev.  Chîr,  dans  son  el-Alfâz  el-Fârisîeh  p. 
39,  lui  attribue- t-il  une  étymologie  persane:  8ob>,  grande 
route  (Berge),  a   high  road  (Palmer),  turc  soL?-  (Kélékian: 

djaddé  <  arabe),  el-kourdi  ^Xx~^.  Si  le  mot  est  persan,  on 
pourrait  le  comparer  avec  le  danois  gâde,  le  suédois  guta, 
l'allem.   Gasse,  Kluge  EWB  sv.  Gasse  et  Falk-Torp  EWB 

sv.  gade.  Je  n'ai  jamais  entendu  le  pluriel  o^  que  donne 
Hess,  1376.  Quelquefois  on  trouve  dans  les  poésies  littéraires 


269 

3oL> ,  comme  p.  e.  dans  ce  verset  d'Abu  Sâleh  el-Hadç}â\ 
à  propos  de  Hamadàn: 

ies  voyageurs  nodurries  ')  o;^^  trouvé  délicieux  le  but  du  voyage 
Par  la  route  d'er-Rayy  et  de  Qazioîn. 

L'édition   d'Ibn   el-Faqîh   de   de   Goeje   p.  223, 20  porte  à 

tort  aoL>,  ce  qui  est  contre  le  mètre  (sarî*^).    Une  telle  syl- 

O  Or 

labe  oL>  ne  peut  se  trouver  que  dans  le  v^>  à  la  fin  d'un 
hémistiche.  On  pourra  dire  que  8oL>  est  ici  à  cause  de 
ytxiJ!  'i^^fo ,  mais  les  licenses  poétiques  sont  toutes  des  formes 
de  la  langue  parlée,  ainsi  que  je  l'ai  constaté  en  étudiant 
l'exposé  d'esSîrâfî  chez  G.  Jahn,  Sîbawaihî  I,  ii  p.  27  et  ss. 

Ce  siX^iJ!  ol;'ÀJé^■  prouverait  donc  que  soL>  était  une  forme 
de  la  langue  parlée,  comme   c'est  encore  le  cas  aujourd'hui. 

Nous  trouvons  le  même  tahfîf  de  oL>  >  o!y>  dans  le 
vers  d'un  pâtre  cité  par  el-Asma'î,  LA  IV  p.  79,11  d'en 
bas,  et  qui  l'a  désapprouvé.  Mais  le  pâtre  s'exprimait  dans  sa 

langue,  et  el-Asma^î  était  par  trop  puriste.  oty>  se  rencontre 
aussi  dans  les  Traditions,  Nihâyah  I  p.  147  en  bas.  Le  Qor. 

XXII  V.  8  offre  comme  variante  i^î^lXJî^  <  ujî^jJi^ ,  Beydâwî 

I  p.  629  en  bas.  Le  tahfîf  de  ces  mots,  d'une  V'~^,  est 
encore  courant. 

Vu   que   »oL>  est  =  »Jc>  LA  IV  p.  79, '9:  8l\>  oto  L^^ 

i  5  5    5  5   5  5       5 

[jr>p)\  ^  iclak::^^!!  k^j%  ^^^  o3  '->3'-^^3  ?  comme  l'a  aussi 

défini  le  Bédouin  de  Hess,  137(),  on  est  dans  le  doute  con- 
cernant l'étymologie  persane.  On  inclinerait  plutôt  à  faire 
venir  le  mot  turco-persan  de  l'arabe.  Enfin,  il  me  paraît 
difficile  d'admettre  qu'un  mot  aussi  commun  dans  la  vieille 


')  On  voyage  le  plus  souvent  la  nuit  à  cause  de  la  chaleur. 


270 
langue  arabe   que  dans  la  moderne  puisse  venir  du  persan. 

^0<=>,  i,  manquer  d'eau,  125,7;  expliqué  1570. 
V'-^  <  v^^j  puiser  Veau,  1570. 

^_jlX>,  mangue  d'eau,  pi.   ^^<^,  653,  10;  1570. 
^_joL>,  menteur  <  v^l^>  673. 


c^^ 


^_j     l\>  =  L_j  ,^^^,   expliqué  1124  et  s. 
„L\:p!  =  _lXwj!,  s'étetidre  pour  dormir,  1125. 

^ô^,  69,2;  116,3;  expliqué  1124;  1528.  Em-'ôtt  wâhed 

o 

uin  kân  gidah  aHât,  au  singulier,  on  dit  ^s>^,  et  s'il  y 
en  a  beaucoup,  07i  dit  ci^LicI ,  Dt. 

„l\:>)  avec  le  pi.  ^oL:>t.  u-\X)C]î  _oL>U,  gwe  cZe  /z'vres  z7  y  a! 

Ma  LA  p.  56. 

^lX:^,  expliqué  606  en  bas,  =  J.<\a. 

o 

JJ^,  rivage  de  la  mer,  1125,  mais  en  mehri  dune,  1528. 


XtXi 


^iA=^,  grever,  637  d.  1.  —  Faire  un  mur,  un  parapet,  un  enclos, 
653  d.  1.  Cf.  -n:i,  murare. 

.iA>  (pr.  gadër  ou  gedër),  mur,  parapet,  Dt  578,  12;  cf. 
"ilJ,  mur. 

O 

.l\:>,  racine;  souche,  le  bas  d'un  tronc  d'arby'e,  23,9,14  = 
^l\:>  vhv.;  Jahn  MS.  p.  15,  7,  et  Gl.  sv.  le  traduit  à  tort  par 

branche,  ce  que  j'ai  corrigé  dans  ma  MJM  p.  8;  le  mehri 
correspondant  gâda"  =  arabe  ^l\>  doit  bien  avoir  alors  le 
même  sens,  ce  qui  n'a  pas  empêché  Bittner  Studien  I  p.  §  75 


271 

d'adopter  cette  traduction,  malgré  le  bon  rapprochement  de 
l'arabe  qu'il  y  donne.  .Jc>=  jc>,  69,2,23;  190  n.  :  au 
pied  de.  Dans  la  lurah,  il  y  a  aussi  bien  ,l\>,  racine,  mur, 
que  .L\q> ,   racine,   mais   le  premier,  dans  le  sens  de  racine, 

o      ,  ù    _ 

est  <  .lX-:>.   Le  sahit   porte  un  petit  bâton,  v.  sub  J^->-i', 

&Iul  ^(A>  ^ ,  sous  l'aisselle. 

^^ob>,  7vsse,  Tunisie,  591. 

.ÎL\q>,  pi,  ^^].o<=>,  mur,  parapet,  enclos.  Dt.  Ôezîrah  p.  78,  22: 

*-o  Jûys^\  «.>Uj  JiCx:>  ^l^>  i}^  \yf-^  ...^j/.  C'est  un  ^jl-" 

régulier  de  nom.  instr.  Aussi  en  ''Oman,  RO  §  38;  p.  66,  6 
d'en  bas;  §  124;  Jayakar  RAS  1889  p.  661  et  dans  le 
Nord,  Hess  Bemerk.  zu  Dougthy  p.  13.  En  mehri,  gedôr, 
Bittner  Studien  1  p.  17/18  note,  o\x  la  correction  un  peu 
emphatique   qu'il  m'applique  à  propos  de  ce  mot  me  paraît 

juste.  I  Sîdab  V  p.  127:   oS^J^^  ^ck.I-  ^^^Ji  ia^L^Î  ^ÎA^Ji 

a_jL\>,  eyiclos,  parc  pour  les  bêtes,  650,4;  cf.   nil^ . 

^5 .o^  >  ^ .o^-> ,  matelas,   167,12.  Em-gùderi   mesta^'î"' 

"ala  gemb  ou  ^ala  heddeh,  v^:>  J^  ^^Ju^x^  c?;'^-^  ou 

iJiSo  J^,  le  lit,  (pr.  le  matelas)penc/ïed'zm  cô^e  Dt.  V.  d.  Berg 
Le  Hadhr.  p.  65,  coussin.  RO  §  230  :  gôdri,  couverture  en  laine, 

comme  aussi  1560,  3.  <  persan  ,oL>-,  couverture.  Cf.^^A^  vhv. 

JÂ>,  tresser  les  cheveux  36,  19. 

«-*  ij>3b>,  faire  cause  commune  avec,  1625  n.  2,  =^  V;'-^  "" 


272 

JoL^',  avoir  un  différend^  un  procès^  501,  6  d'en  bas. 
iutX>,  champ,  Hogarîeh.  —  Geôle,  1749  d.  L;  propr.  instrument 

en  bois  où  l'on  doit  mettre  les  pieds  en  prison;  le  geôle 
d'Aden  s'appelle  ainsi. 

idjL\:>,  sacoche  à  argent,  423.  —  Tresse,  Nord.  —  MorSy  Nord. 
^y^^,  tressé,  1485,1. 

j.A:>,  mordre.  —  Brouter,  Arabica  V  p.  183  n.  3;  ma  MJM 

p.  10.  Cf.  iA>,  À>,  j.^À>i,  ;:>,  ^CsS  et  f^i  vhvs. 

j.L>b>,  mordre,  Stace  p.  196  sv.  cave  porte:  ^jJbC'i  ^^  (j^^s^î 

j.->L^.  *-Jl  -r*-^-*-)   ^û(^'6   <^^^^   o/"  ^/«e   dog,  he  hites,  ou  mieux, 

because  he  hites. 

j.!Ais^,  g?a"  coupe,  qui  tranche  (fiche  perdue). 

53^:^3! ,  l'Etoile  polaire,  785,  4  d'en  bas  et  n.  6. 

l\>,  couper,  trancher,  Dt.  =  lV>,  vhv.  Cf.  j»tX>,  vhv.  et  |.iA=>, 
A^l,  é^re  co2<pe,  d'après  Socin  Diw.  Gl.  sv. 

v_;jc>  >  l\x=>  >  lXx^,  577,  6  d'en  bas,  métathèse  courante  chez 
les  Bédouins  de  Syrie  et  en  Egypte,  saisir,  prendre,  311 
n.  1.  —  Puiser,  tirer  Veau  (^Omân)  1570.  >v'-^  vhv. 

^_j!^\:>,  qui  attire,  785,7  et  n.  1. 

ioJs,:>  est  une  espèce  de  danse  qu'on  exécute  au  môlid 
d'un  welî,  saint.  Chaque  fahîdah  danse  à  part  avec  leurs 
femmes.    Ce    sont    les    serviteurs   du    sanctuaire   (•!iA=>,  qui 


273 

exécutent  la  gadbah,  la  gembîeh  à  la  main.   Ils  devien- 
nent alors  tellement  exstasiés,  v^'-^»  Qu'il   arrive  souvent 

qu'ils   se  frappent  la  poitrine.    iui-X.^  est  donc  véritablement 
ravissement,  exstase,  sens  qui  est  commun  en  Syrie.  Cf.  sub 

.-NO.    J'ai   vu   cette  danse,   si  l'on   peut  l'appeler  ainsi,  au 

Sanctuaire  du  Sêh  ^Omar  b.  Embârak  à  el-'^Imâd  près 

d'Aden  ;  je  l'ai  même  photographiée,  non  sans  quelque  danger, 

car  le  monde  était  en  délire  devant  ce  spectacle  d'une  étrange 

sauvagerie. 

^_;L\-:^ua,   corde  de  l'outre  pour  tirer  l'eau;   aussi  Meissner 

NAGS  p.  116. 

o 

v«j!l\:s\xi,  exstasié  1383. 

v_j5l3cs^,  exstasié;  toqué,  v.  Dozy  sv. 

.l\>,  racine;  souche;  le  bas  du  tronc  d'arbre,  69,2,23;  190 
n.  1.  >  jO^  23,9,14  vhv. 

viÀ>,  a,  couper,  Dt.,  synonyme  de  l>c>  vhv.    Cf.  (A>,  £A>, 

j.iA=>,    (.u\>,   l\=>,    jîlX>  et  l\ï,   Vhvs.    Îy«"b5î  t^jj  ^^yiiA^.  oLoj-^l, 

les  S.  coupent  les  pénis  aux  prisonniers  Dt. 

cJ^,  agneau  ou  cabri,  Boh  VII  p.  101,  6  =  Qastell.  VIII 
p.  303  en  bas,  n'est  guère  employé  dans  nos  dialectes  du 
Sud.  On  le  connaît  à  Aden.  Classiquement,  c'est  le  petit  de 
n'importe  quel  animal,  L  A  sv.,  et  au  fig.,  même  des  hommes 
LA  IX  p.  394,13  d'en  bas.  Ce  sens  ^q  jeune  homme  se 
trouve  dans  un  vers  de  Doreyd  I  as-Simma: 

Que  je  fusse  dans  cette  bataille  un  jeune  gaillard! 
J'y  trottinerais  et  je  cour-rais. 

18 


274 

I  IsMq  p.  741.  K.  el-Arânî  VIII  p.  54,  ib.  IX  p.  15.  Hiz. 
el-Adab  d'el-Bardâdî  IV  p.  447.  LA  IX  p.  395  en  haut,  où 
il  est  attribué  à  Waraqah  I  Naufal,  expliqué  par   ^.^y'S  (oJoJ 

xj^  -iltii  ^j%j>  LLi,  M.  el-M.  sv. 

On  sait  que  les  Egyptiens  appellent  un  jeune  homme,  un 

jeune  gaillard  p-M=-  <  ?^>->)   Bâsim  p.  38,  8.  On  l'entend  à 

o 

tout  bout  de  champ.  Le  pluriel  en  est  Qfc«^  Bâsim  19,  13. 

Le  pluriel  qcÂ>  est  une  fausse  vocalisation  de  Dozy  S.  et 
de  V.  Kremer,  Beitrâge  z.  arab.  Lexikogr.  sv.  ;  Bc  s.v.  brave 
n'a  pas  de  voyelles. 

9 

i^jc>,  champ,  Hogarîeh. 

^lX=>,  chaume  qui  reste  après  la  récolte,  Dt. 

^_>,  tirer,  traîner,  1681;  1716.  ^J^\  L^:?»,   13,5.   é^  ^ 
retire-toi,    1536.  —  Fumer  la  pipe  ou  la  cigarette,  1025.  — 
Ruminer.  »y>  ^:fu  j*^^,  le  chameau  rumine,  Dt. 
y^î,  ruminer ',>  yj:-=>,   comme  JA_J:<  Jjcci',  vhv.;  ii^:o  < 

lïL-iLj!,  vhv.,  et  en  Mésopot.  <  _JL.;i,  Weissbach  lA  p.  183 
N°  167.  V.  sub  ^^  d'autres  exemples. 

y^twl,  ruminer:,  aussi  'Oman  RO  §  312. 

^,  fil  en  cuivre  jaune,  Dt.;  Stace  p.  128  sv.  ivire. 

éy^,  jarre;  iLJoj^  Jy>-  614.  —  Rumination;  cf.  rni. 

»J>,  sillon,  Dt.  -  ^^?  1492,12. 

j'^-^t  fumeur.  —  Cf.  pour  la  sémantique  ^j>-  et  Jai>,  ijr-=^>  vhvs. 


275 


# 


^^,  essarter  un  terrain  pour  en  faire  un  '^f^-,  1314. 
Lp',j3  L^  L^.-^i  k^r^  »'-'*^=^  ^-5  "^^^-^fr-  "^  >  lorsque  tu  viens 
(se.  iù4^  à  faire)  o?(;  il  y  a  des  arbres,  tu  les  essartes  et  tu 
les  enlèves  de  là  et  tu  le  (=  '»-i^)  défriches,  voir  sub  ojJ 
et  !:>.  —  Labourer,  1314  =  vj^?  ^73.  Nous  avons  donc 
^fi-i  v/j  vol.  III  p.  XI,  et  v/  vhv.,  qui,  dans  diverses 
contrées,  signifient  la  même  chose.  En  Dt.,  ^^  est  vérita- 
blement essarter  et  essoucher  le  terrain  inculte,  v^'--^  vhv., 
défricher. 

v_Jr> ,  essayer,  propr.  gratter^  570.  —  Constater,  comme  I  Sa'^d 
Il  p.  133,12  (,». 

Ç;y>l,  donner  la  gale,  352  n.  4. 

^f>,  gale,  akkad.  garabu,  =  cttA>. 

w}>,  c/iawp,  10,  7;  80,23;  87,28';  88,  l;  701;  1028,5  d'en 

bas;  1314;  pi.  ^'f>,  87,4,5,  12.  I  Sîdah  X  p.  148.  Naswân 

Sams  el-^Ulûm   p.   19  dit:    L^**^^  ^^p  d^^^"^'  cr  ^'^*^  ^r^ 

>_jy>.  Cf.  le  sh.  girbib,  Flur,  Ebene,  Bittner  St.  sh.  §  34. 

Le  mot  est  courant  dans  tout  le  Sud,  et  je  ne  vois  pas 
comment  '!Liy>-  pourrait  avoir  un  rapport  avec  ^*,y=>  = 
jCcJaiw  »,L?^,  1314,  selon  l'opinion  de  Glaser,  adoptée  par 
Rhodokanakis  o.  1.  p.  43.  C'est  en  général  champ  et  non 
seulement  un  champ  sur  les  terrasses,  iJcLo*,  vhv.  Le  verbe 
sabéen  grb  n'est  pas  nécessairement  faire  un  mur  pour  le 
champ,  mais  simplement  faire  un  champ,  qui,  dans  le  Sud, 
est  souvent  aménagé   sur  une  terrasse  ad  hoc,   vu  que  le 


276 

pays  est  très  montagneux.  On  voit  la  même  chose  au  Liban 
et  au  département  des  Alpes  Maritimes  en  France. 

x^y^  peut  être  un  iJijè  régulier  du  verbe  v_)^,  vhiv.  et  indiquer 

alors  l'action  du  verbe  >  le  résultat  qui  en  découle,  soit  champ. 
Mais  on  peut  aussi  le  rapprocher  de  l'akkad.  kirubû  (qirubû) 
meadow,  fielcl,  pièce  of  land,  champ  Muss-Arnolt  sv.  Zimmern 
akk.  FW  p.  40,  voir  aussi  sub  ^^.f^.  Ce  serait  alors  un  mot 
sémitique  commun,  qui,  en  arabe,  a  conservé  la  première 
voyelle  i:   girbah.   Je  crois  que  cela  est  plus  probable.  Le 

mot  s^o  <  b"_jo  n'en  est  p'as  tout  à  fait  synonyme,  vhv. 
La  traduction  Feldterrasse  est,  d'après  moi,  erronée  et  ne 
peut  être  motivée  que  par  la  configuration  du  terrain  dans 
les  montagnes. 

v_j'^==->   1325,9,    ne   m'est  pas  clair.  —  vjj>,  expliqué  1314, 

d'après  Glaser. 

^\^  sac,   861,3  d'en  bas  et  n.  4;  1766.  Musil  o.  1.  p.  138 

le  traduit  par  outre,  ce  qui  est  inexact.  En  mehri,  paquet, 
SAE  VII  p.  144  §  2,  ce  qui  me  paraît  peu  réussi.  Si  c'est 
un  mot  non  arabe,  il  a  cependant  été  calqué  sur  le  para- 
digme JLxs  des  ustensiles.  'aJjlXJî  ^-U*  ,  le  sac  du  gouvernement 
=  le  budget,  El  II  p.  242;  cf.  741  et  s. 
wo^,  expliqué   1314   et   ss.   Ma  supposition    1316   que  le 

persan  v^j>  a  son  origine  dans  le  monde  sémitique  voisin 
est  à  présent  confirmée  par  Zimmern  dans  son  intéressant 
ouvrage  Akkadische  Fremdicorter  p.  40,  oii  l'on  trouvera 
aussi  les  formes  akkadiennes  que  je  cité  1315  d'après  Delitzsch 
HWB  et  qui  ont  pu  donner  l'arabe  '^^. 


&^.. 


<  cOr»,  voir  sub  ^j, 


t'!^r'  <  t^f-  ^^^^  s^°  ^^• 

iiLjL.,:>,   feii\me  gueuse,  criarde  1766. 


277 

f^^,  117,22;  337  d.  1.  ;  expliqué  1536.  -  f^f",  117,22,  où 
la  tigirgir  peut  être  pour  la  tigirgir  ''ômrak,  1536, 

-  o  - 

ne  te  retire  pas,  mais  r^yF  est  aussi  se  retirer.  —  »/>/>? 
retraite,  117,  22. 

Oj>,  découvrir  le  corps,  se  découvrir^  1603,  10. 

3L>y>,  courte  épée;  Stace  p.  169  sv.  sword.  Glaser,  PM  1886 
I  p.  7,  et  p.  4  il  dit  que  c'est  tme  courte  la?ice^  qui  vient  de 
la  Syrie;  cf.  Yollers  ZDMG  50  p.  629  s. 

^coL:>,  ime  sauterelle  709.  —  o^!,  dénudé  de  végétation, 
67,  15.  —  Sans  laine  (mouton),  contr.  de  jui^U  Les  ^  de  la 
montagne  ont  de  ki  laine:  ils  sont  q't*^  ou  ytxo,  mais  ceux 
de  la  plaine  n'en  ont  pas:  ils  sont  q'^j>  ou  o^.  —  sLoaxi! 
b'jj^j-:^  est  ^es  arbres  sont  effeuillés,  =  ^0  p.  267  jJ^=>. 

^'if>i  un  rat,  709. 

:->,  couper.  C'est  sans  doute  une  métathèse  de  ,j>.  Musil 
0.1.  p.  247,3:  3^,  traduit  par  gefrâssig;  j'en  doute. 

J(j«y>,  u,  oser,  être  de  force  à,  surtout  à  l'est  de  Datînah  = 
Nord  yu^,  791.  !Ù  (j«y>'  ^i  j<i  ^i'^^'i  '^^"  2?^5  la  force.  u>av,=- Le 
*J  Lc^  (pr.  sîleh),  _y'e  yie  V ai  pas  osé,  =  Dt.  o>3^  Lo,  vhv., 
ou  c>>J^  Lo,  vhv.  Le  verbe  a  ces  deux  sens  oser  et  être  de 
force  à.   Cf.  ^^:f\JJ^\  vhv. 


278 

(j*,j>,  son,  voie,  b7'uU  sourd,  503  n.  2.  Lebid,  Brockelmann 
N°  XXXIX  V.  58: 

o o-  -  >  G  Crjo-o- 

I  Sa=d  1,1  p.  149,27;  Nôldeke  Funf  Mo'all.  II  p.  40.  M'AR 
p.  73  =  ^^^.  ^^  ejj.'o  ou  ^J^.^  icLJLo  du  Prophète,  503. 
Cf.  I  SaM  1,1  p.  130,10,14  et  p.  131,5. 
jCw!j>,  esclandre,  ébruitement  d'mie  chose,  307,  7  d'en  bas. 

(jiiy>,  u,  égratigner  Dt.  —  Ecraser,  moudre,  concasser,  Yéman, 

359  n.  2. 

^ji,^^,  concassé,  1077 -en  bas. 

iLà5.b>,   mew^e  à  ôras,  Syrie  et  Yéman  =  &J}:>LL ,  Bédouins 

du  Nord. 

iUiojî-,  décrit  apud  Burckhardt  Beduinen  p.  193  et  Musil  o.l. 

p.  153;  pour  la  forme,  voir  Hdr.  p.  278  n. 

iCii-^,  meide  à  bras.  Meissner  NAGI  p.  116  (pour  le  riz). 

Cf  yi>««j>. 

pj=>>  ?/  673.  —  pj.==-,  roseaux,  n.  gen.;  Xc^,  n.  unit.,  Dt. 
iCcy>  est  la  partie  du  roseau  qui  est  entre  chaque  anneau,  Dt. 

iC-cl>,  Béd.   du   Nord,   ce  qui  reste  sur  le  champ  après  la 

récolte  et  qu'on  laisse  aux  pauvres. 

^r^^,  pl-  ^.X^,  chamelle  qui  donne  peu  de  lait,  1190  note. 

Liy>  permute  avec  wàJb>,  1767.  —  ^iy^l  =  ^,-àJ^'  1767. 
Sf>,  grotte,  39,'8;  82,  15,  18;  85,  1,  10  et  passim;  65,4,  1; 
1040,1;    1244;    Stace    p.   29.    Crevasse,    1462,8.    Talioand^ 


279 

Berghang,  RD  Gl.  sv..  Abhang,  Sturame  TTBL  v.  290.= 
Sfr  Musil  0.1.  p.  396  d.l.;  p.  397,20.  Ma  MJM  p.  22. 
o^,  plage,  880,  8  d'en  bas. 
ioj^b*,  pelle,  ratissoire,  Dt.  591. 
ioys\xi    id.  ib. 

o  o 

Jby>,  1760  =  ,^Ij^:>,  matière  tinctoriale  rouge. 

^^,  cowper,  1766,  =  j»JL>,  LA  XIV  p.  358,8;  Schaade 
Utud  p.  14.  Cf.  a-i:i. 

o  - 

j.y>,  pi.  j.t^,  pelisse  en  peau  de  mouton  Dt. 

&x!y>,  ainsi  expliqué  par  un  Hadramite:  b^:^!  .A.03  »^JJî  JiL, 

il  mange  la  pulpe  (du  fruit  du  jujubier)  et  il  en  sort  le 
moijau,  Hçlr.  p.  542. 

[J^fr-j  concasser  les  grains  et  les  farinacées  avec  un  mouliti 
à  bras,  Syrie.  Cf.  ui.y>  vhv. 

^J;^f>1  allemand,  155,  15;  de  l'anglais  German. 

jjy>,  mortier,  59,21;  expliqué  790  et  ss.;  Musil  o.l.  pp.  130, 

4;  134,  5  d'en  bas  =  ^jo^;  136,  9,  mais  p.  242,  4  et  p.  299,  5, 
c'est  aire' pour  le  blé,  et  p.  301  il  le  traduit  incorrectement 
par   tas  de  blé.  Voir  mes  Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.  I  Sîdah  VI 

p.  13,2  d'en  bas:  y^  j^^  l-^Jj^*^'  iL^uAlL.  ^j^^^.  (^cÀJi  oj^' 

ij-o  \Joy^,*)  '-^^  \*î  iwSA^^^jL^.  Naswân,  Samsel-^Qlûm  p.  20, 
dit  la   môme  chose  en   ajoutant   qu'au   Yéman  on  l'appelle 


280 

aussi  ^y>.  En  "Oman,  il  y  a  un  mot  gennûr  que  RO  p. 

48  traduit  par  grange  (Scheune)  et  ib.  p.  223,  2,  par  aire 
(Dreschplatz),  comme  aussi  Rôssler  M  S  OS  I  p.  59,6  d'en 
bas;  c'est  peut-être  une  métathèse  pour  Qij-==-,  car  je  ne 
crois   pas  que  ce  puisse  être  pour  ^yJi.  Cf.  le  mot  suivant. 

o 

^^tj^\»,  aire  pour  le  blé,  1736,  =  Nord  ,<A*_3. 

(j«[j^,  bouillie  de  riz  et  de  durah  avec  du  lait,  Haurân,  voir 


sub  ujL>. 


i^^,  flanc,  côté,  1767,  =  iiJb>  vhv. 

^y>,  j^  et  ^^:>,  petit  surtout  des  bêtes  fauves. 

^\If^,   1706,5  d'en  bas;  v.  ZA  XXII  p.  221  et  ib.  note  à" 

propos  de  iij^L>.  Cf.  mil  et  "ii:i  Ges.-Buhl  sv. 

^yi'y  i,  arriver  à,  J,  geschehen,  698,2;  avec  v»  434,2  d'en 
bas,  =  J  ^^  ou  V  ^s-is  t_5j>,  courir.  Brockelmann  o.l.  I  p. 

621.  Cf.  soum.  gur,  courir,  Landesdorfer  SS  p.  93.  Cf.  sub^. 

^^,  fabriquer  des  (Cjl^,  fûts  de  fusil,  Dt.  H^r.  i^r^f^,  qui 

fait  des  v3oLjuiî  ^J^.a. 

jj:y^u*wî,  oser,  Hdr.,  ''Awl.  et  Harîb,  <ty^u;^t;  en  Dt..  on  dit 
plutôt  ^_x^  etc.  463,  et  en  Syrie  ^^^^x^î,  oser,  métathèse. 
Cf.  (_^y>-  vhv. 
i-\y>,  combat,  1669,4;  cf.  "13  Ges.-Buhl  sv. 

l5;^>  pi.  ^_c'us:ul,  fût  du  fusil;  trajectoire,  138,8;  255  n.  2, 


281 

où  le  dernier  sens  convient  mieux;  autre  exemple  sub  Jio, 
oii  certainement  =  fût  du  fusil. 

j:>,  coujper,  690;  1180;  1254  en  bas;  expliqué  1632  s.;  RO 
p.  180,12;  M  SOS  VI,  ii  p.  124  v.  28;  Hartmann  LLW 
p.  116.  Cf.  î^-:>,  1633,  ^j_>,  ^^,  1180,  ui^H>  RO  §  286, 
j.j>,  vhv.,  3b>,  i;  et  J>.>,  (Ji=>  et  ^^  690;  1254;  cf.  aussi 

lX>,  couper,  vhv.,  Amâli  p.  17,  et  (jaï.  j:>,  couper,  se  dit  dans 
toute  l'Arabie  et  de  toute  chose,  en  Syrie  et  en  mehri  éga- 
lement, 1632,  1633;  SAE  IV  p.  115, 10  où  =  ■Jdi.  En  Syrie, 

c'est  aussi  faire  entrer  de  force:  v^^JUl  iùL^xJ!  jj>,  force  le 
bâton  à  entrer  dans  le  trou.  Les  développements  du  radical 
j=>,  couper,  sont  nombreux  en  arabe. 

j^^,  ciseaux,  tondeuse,  151,5;  1633.    RO   §61:   Unkraut- 

hacke  ;  ib.  p.  89,  2  :  Sichel. 

!j:>,  couper,  1180  en  bas;  1633. 

1/  .;:>,  couper,  1633,  =  :^,  métathôse.  En  Dt.,  c'est  dé- 
pecer  l'animal  après  le  ^o  et  le  (j«^o,  vhv. 

cj=>,  passer;  marcher  de  Vavayit,  314,10;  349,9;  369,3; 
452,  5  d'en  bas;  1180,2  d'en  bas;  1633;  Gezîrah  p.  123,  7.  > 
^j_:>,  1516,3;  1531,11  d'en  bas;  1628;  sur  cotte  forme, 
voir  ma  Festgabe  p.  79.  Le  sens  primaire  est  couper,  Schaade 
Uhud  p.  33.  vJwlXjî  ^!  j.y  UJx  oy«^^_5  oijjîaJ!  J.  \j^j^  ^^^ , 
pendant  que  nous  marchions  sur   la  route,  des  gens  (amis 


282 

ou  enDemis)  survinrent  subitement,  Dt.;  v,  ycJol  etoixAil,  — 
I  Sa^d  I  p.  78:  ^j>,  couper  en  plusieurs  morceaux.  Cf.  1492  n.  2. 

-^^j-r^-j  passage.  »J^f>  lX-Lc  o^L  »-^,j,  je  lançai  le  javelot 

co7itre  lui  d  son  passage,  Dt. 

tj^i  ^^^^  ^  ^ours:   4îl  L^  &-£jL>  «-jS^,  son  salaire  court 

toujours  comme  auparavant  Dt. 

'^fr-i  courage,  RO  §  171. 

^3j=>,  courageux,  qui  passe  de  V avant,  Dt.,  RO  §  98,2. 

o 

^jjf*,  qui  est  au  désespoir,  hll,  7,  Nord  ;  cf.  Musil  o.  1.  p.  182, 19. 

i3j>,  gros,  1760  =  ^^j>  —  iJljj:>,  abondante,  large,  1708. 

V   pj>  1633.  pj=>  et  j>vflj  792 ;  v.  les  dict. -  Estimer,  RO  p.  145,2. 

^^}^,  ôrros,  1760=  j)>, 
* 

,^j> ,  a,  passer;  zubri'ngeti,  =  class.  et  Nord;  =  ^_^  ou  (^r^^sx. 

de  passer  sept  ans  chez  toi  et  à  présent  je  désire  retourner  dans 
mon  pays  Dt.  Cf.  c  j>,  vhv.  —  Eblouir,  31 8.  —  Récompenser,  ^yf:.- 

^  *JJ!  é^c>- ,  je  te  remercie,  Dt  et  un  peu  partout  en  Arabie.  — 
Suffire,  V.  ici  iù:L=> .  Aussi  dans  le  Nord  et  en  Syrie,  où  = 

,Jxi,  vhv.  ZDMG  XXII  p.  136;   Musil  o.l.  p.  220,2  d'en 
bas,  et  en  Algérie. 
io;L:>,  large,  abondante,  suffisante,  157,  21;  1708.  Cf.  iljj>  vhv. 


283 

(j«^^b-,   sable  soulevé  par  le  vent,  sable  mouva?it,  Hdr.  Gl. 
sv.   j,Lw, 


Y*<y>Jfc 


»-*>-L>,   hardie,  520,7.—  ^y*>->,  /iarrZ/.   Aussi   'Oman,  RO 
§  98  n.  2.  Cf.  (j.^:^  vhv. 

(^^.M^,  greZe?*,  se  figer,  6S7.  —  ^_^L>  tU,,  eaz*  ^e/ce,  638.» 

ji.>,  briser,   broyer   1695.   C'est  là  un  sens  secondaire;  le 

sens  primaire  est  faire  un  bruit  sourd,   LA  sv.;  cf.  &-;ic>, 

wze   rude,    et  ;jii.>',   3W2  a   une  voie  sourde,  grondant,  ib.  ; 
Mo'all.  'Antar  v.  31  =  M'AR^  p.  52  v.  32.  Cf.  aussi  ,>*^, 

vhv.,  L/i.>,  Lï.>,  >  ^-^^j  ôt  Lwrp'  >  (_^'i^:F',  {C^^  et  ^_5;ClAj■  vhvs. 

Balayer,  Hogarîeh;  cf.  tJiJé. 

ic^,  chaume,  1695.  —  Cadavre,  corps  mort,  comme  RD  II 

§  8  i  et  ib.  Gl.  sv.    Cf.  iwi>  et   iu:>,   tronc,  corps,  cadavre, 

vhvs.   et   le  mehri  dissêt,  vhv.  avec  le  même  passage  de 

g  à  d,   comme   dans   ^j^^  et  ^_^j>  et  le  mehri  gisôr,  poi- 
trine =dié6r,  Bittner  8t.  mehri  I  p.  53  et  ib.  IV  p.  65. 

Jii^  (prononcé  môgués),  balai,  Hogarîeh. 

^^,  roter,  Dt.  =  ^.^::p'  ailleurs,  RÇ  Gl.  sv.,  <  l^~Lxi.^. — 

Vomir.  Cf.  ^_p.>,  {jJ^,  i,  et  *.^j  vhvs. 

Les  Byzantins  avaient  aussi  le  même  sans-gêne  de  roter 
que  les  Musulmans,  qui  sont  passés  maîtres  dans  cette  pra- 
tique, en  faisant  suivre  les  éructations  de  ^JJ  A^il.  C'est 
une  habitude  orientale  en  général,  Mûnchener  Neueste  Nach- 


284 

richten  .Beilage  N°  128  p.  463.  Par  contre,  la  xb^  est  fort 
mal  vue  chez  les  Musulmans.  Mais  aux  Indes,  chez  les  non 
Musulmans,  elle  est  décochée  à  chaque  moment. 

(>2^,  crier,  criailler,  vociférer,  311  n.  1;  670;  790  =,2v>to, 

Ci/ 

674  et  n.;  790.  Socin  Diw.  Gl.  sv.  Cf.  ^J  vhv. 

cX>a2>,  dur,  =  c\Jb>,  674  n.  Brockelmann  o.  1.  I  p.  162  cite 
ce  mot  comme  exemple  de  Id  >  dd,  mais,  selon  moi,  c'est 
plutôt  gadd>gald;  or,  gald  étant  sans  doute  primaire, 
il  faut  croire  que  gald  et  gaçld  ont  été  parallèles  et  que 
gaîd  aurait  été  prononcé  ainsi  sous  l'influence  de  gaejd: 
d  >  i.  Mais  alors  il  faudrait,  en  revanche,  supposer  un  gadd 
primaire,  ce  qui  ne  me  paraît  pas  probable. 

^f^'t ,  se  coucher,  s'étendre  sur  le  lit,  <  «.5^*i2jf,  790;  Cf. 
674  n.  2.  Socin  Diw.  Gl.  sv. 


2Ujc>,  panier  rond  avec  couvercle,  741;  831;  cf.  iujtî  vhv. 

.3ot:>j  lacérer,  déchirer  (habits),  Dt.  —  e^jt^-,  état  où  Von 
est  en  sommeillant,  assoupissement  Hd.  —  c:^yt>  ,  assoupi, 
Hd.  =  .4^i.svvc,  vhv. 

j^Joc>,  nom  d'un  arbre,  670,  15.  ^^  o\x:>,  670  n.;  v.  sub  ^^^J. 

yt>,  u,  roter  (chameau)  94,1;  1404;  inf.  ^o-ou^ax^.— 
Mugir,  Nord  et  Syrie. 


285 


■by;L:>,  chamelle  mugissante,  503;  505,  13.  Cf.  ,b>  ny:!  et  ")j;j, 

Ges.-Buhl  sv.;  v.  aussi  sub  -  >  e^. 

^ljc>,   pi.   ^yt>,  hyène,   Banyar,  =  ^*/to;   fém.   é^ 


Àx=>,  nom  propre,  <  ^jà«j,  813. 

Jot>,  a,  dominer,  récompetiser,  Dt.  J  J>Jt>  "^ans  une  impré- 
cation 48,10;  expliqué  1021;  1028,2  d'en  bas;  RD  Gi.  sv. 
et  RO  p.  153  n. ;  cela  illustre  l'article  de  Fischer  ZDMG 
62  p.  788.  Marçais  TAT  p.  250.  Bauer  Pal.  Arab.  p.  230, 13. 

-oc 

Jjc>!,  être  en  chaleur  (bête),  1398. 

idL*:>  =  'fjJ\:^  vhv.  RD  Gl.  SV.  a  un  mot  ga^lû,  p.  6,9 
:=  ga^âlû  p.  5,26,32  et  p.  6,  10,  vase  pour  le  lait,  et  en 
shaurî  il  a  relevé  le  mot  qaMô,  de  sens  identique,  ib  II 
§  4  d  note  et  §  59  f.  Il  identifie  ces  deux  mots,  en  écartant 

le   rapprochement  avec  ^l:s^>:>,   vhv.  Or,  ce  dernier  mot  est 

aussi  prononcé  i<l*:>,  et  la  prononciation  ga^lû  de  l'homme 
de  Rhodokanakis  peut  aussi  être  =  ga^lû,  malgré  qu'il  ait 
dit  RD  I  p.  33,18  gahala  et  le  pi.  gehàl  p.  22,14,  car 
le  -  est  chez  lui  tantôt  g,  tantôt  g.  .Je  fais  également  ob- 
server que  g  a  "lu  est  ib.  p.  6  du  fém.:  gaMû  kebîre,  et  ib. 
1.  10:  el-ga'aln  hotte  h  a.  Rhodokanakis  compare  ce  mot 

ù   - 

ga^ln,  =  shaurî  qa'^lô,  avec  l'arabe  classique  ^j^^otï,  vhv., 
et  6y^.  Mais  J-ôtï  est  une  espèce  de  champignon,  expliqué 
dans  LA  sv.  par  les  synonymes  Jas  et  JJivv>.c,  et  (j^'s  = 

woë,  LA,  peut  être  un  diminutif  sur  le  paradigme  J^jù, 
indiquant  une  petite  chose  ronde  et  grosse,  1162  et  n.,  et 
l'on  aura  donné  au  bol,  -r'^j  ce  nom  à  cause  de  sa  ressemblance 


286 

avec    un    champignon   renversé.   Je   ne   crois  pas   que  wots 

et  ^y^i  soient  de  même  provenance.  Selon  l'avis  de  Rhodo- 

kanakis  II  §  59  f,  g  a  "lu  et  qa'lô,  le  premier  mot  étant 
pour  lui  =  qa'lu,  viendraient  d'une  racine  jJlxï  <  u-JLxJs 
avec  changement  de  b  en  w,  qui  serait  une  métathèse  de 
Jyjë.  Pour  ma  part,  je  crois  que  le  fém.  ga'lû  et  le  shaurî 

qa'lô  sont  identiques  à  id^^  =  xljc>,  et  la  désinence  que 
Rhodokanis  écrit  a,  malgré  l'accent  g  à  "lu,  et  D.  H.  Mùller 
6,  ce  qui  indique  l'accent,  doit  bien  pouvoir  s'expliquer  d'une 
façon  autre  que  par  une  quadrilittère  ult.  w.  Les  Sômâls, 
les  Soqotrins,  les  Mehrites  et  les  Abyssins  ont  de  fort  jolis 
paniers  en  jonc  tressé  tellement  étanches,  qu'on  peut  même 
y  mettre  du  lait.  J'en  possède  toute  une  collection,  jjlr!  ^JJi^! 

i).jjt:>,  pi.  ^^5lx>,  apache.,  voir  S^.  EnB.dv.,  c'est  manoeuvre, 

aide,  laboureur,  et  Jjt>  y  est  gages. 

Jjtrs*,  qui  est  en  chaleur  (bête)  1398. 

j^jo.  >  j*5i^,  museler,  673. 

i*jt>,  84,  7,  s'asseoir  à  croupeton;  le  texte  arabe  de  Stumme 
MGT  p.  4, 17  porte  ga'^mézt,  et  dans  le  Glossaire  il  écrit 
i*jti,  de  même  que  Beaussier  sv.  A  Tripolis,  c'est  le  mot 
courant  pour  être  assis,  tandis  qu'à  Tunis  c'est  s'asseoir  à 
croupeton,  Stumme  o.  1.  Gl.  sv.,  de  même  qu'en  Algérie, 
s'accroupir,  Beaussier  sv..  Marçais  RMTA  p.  473  relève  sa 
métathèse  algérienne  ^j^  >  et  ^yi  chez  Beaussier,  s'asseoir 
sur  le  derrière, , chien,  chat.  Or,  il  me  paraît  douteux  que 
g  a  "  m  a  z ,  i*xi ,  puisse  être  =  j4.*i  où  le  o  serait  prononcé 
g,  car  ce  i«jë  ne  peut  être  ramené  à  aucune  radicale  signi- 
fiant, de  loin  ou  de  près,  s'asseoir  sur  le  derrière.  Ma  com- 


287 

binaisoD  avec  i«^,  1247,  7  d'en  bas  vhv  ne  me  tente  plus. 
Je  crois  pourtant  que  le  di ^g  dans  j»jd>  est  originairement 
non  pas  un  ^,  mains  un  „  prononcé  g,  et  c'est  à  cause  de 
cela  que  j'ai  écrit  1247  j*jc>  au  lieu  de  j^jti,  ce  qui  aurait 
été  plus  conforme  à  la  graphie  de  mes  confrères.  Je  crois 
qu'il  faut  chercher  l'étymologie  dans  un  mot  qui  signifie 
derrière^  cul.  Nous  avons  alors  dans  la  lurah  et  dans  les 
dialectes  plusieurs  mots  oià  entrent  les  radicales  _,  ç  et  3, 

>  v_j  et  j.,  tels  que  yc^,  LA  sv.  ;  ^lyt:?-,  I  Sîdah  II  p.  46,  14, 

LA  I  p.  259  d.  1.  et  sa  transposition  ^'lx>5,  I  Sîdah  II  p. 
49,  9,  L  A  X  p.  259,  5  d'en  bas,  ib.  XIV  p.  368,  6,  Lane  sv. 

^l\s;  tU*=>  I  Sîdah  II  p.  47,7  d'en  bas  =  s^L>Jt=>,   ib.,  LA 

I  p.  259  d.  1.  où  »^lJc>;  ^\jt^  LA  XIV  p.  368,6  d'en  bas 

manque   dans   I  Sîdah;   et  dans  les  dialectes   méridionaux 

nous   trouvons  _>»>,  <  _^«=>  vhv.  ;  yé  <  ytï,  vhv.,   pour  ne 

pas  oublir  »y^^  vhv.  et  yi:>  vhv. 

Or,  il  n'est  pas  impossible  que  les  radicales  de  tous  ces 
mots  figurent  également  dans  le  verbe  nordafricain  j*jc>. 
La  lettre  finale  serait  alors  motivée  par  contamination  avec 
V~j^,  dont  le  premier  sens  fondamental  se  rapporte,  selon 

mes  faibles  lumières,  à  j=r,  derrière^  et  d'oîi  découlent  les 
autres  sens  de  rester  en  arrière^  assis  sur  son  derrière,  et 
d'être  faible,  impotent,  car  alors  on  reste  accroupi.  Il  faut 
examiner  si  uXjë,  être  assis,  et  dialect.  rester,  attetidre,  n'oïïve 
pas  aussi  une  sémantique  analogue,  car  on  ne  reste  pas 
debout,   par  mollesse  orientale,   ;-^£,   lorsqu'on  attend.    On 

pourrait  alors  comparer  ^^c*^^  être  accroupi,  et  notre  yiï  vhvs. 
Cf.  Rub  \j^. 

La  graphie  j-*-«-s  peut  donc  représenter  un  *;-*-x-ï,  qui 
cependant,   selon   moi,   serait  pour  un  primaire   ,-♦-*>.    Ce 


288 

verbe  serait  donc  un  accouplement  de  deux  racines  :  _^*>,  > 
*x:>,  et  ;^,  où  entrent  également  les  deux  radicales  ^  et  -. 
Les  savants  se  prononceront. 

^jx:>,  derrière,   cul,   Dt.,   Hdr.,  =  yjtJ>  vhv.   et  Hdr.  Gl.  sv. 
Sur  les  autres  mots  analogues,  voir  sub  j**>.   Si  le  babyl. 
qu-du  et  ku,  derrière,  Holma- Kôrperteile  p.  65/6  a  quelque 
■  parenté  avec  ^x:>  et  ^xi,  cela  échappe  à  mon  jugement. 


Ce  thème  ne  figure  dans  aucun  dictionaire  de  la  lurah, 


ri- 
mais il  est  fort  répandu. 

*i=>,  i,  boire.  —  j*jé:>}  donner  à  boire. 

X4jL>,  gorgée,  un  coup,  un  irait. 

iUxi>,  gorgée,  un  coup,   et   au  fig.  peu  de  quelque  chose, 

comme  nous  disons  une  goutte.  Ces  mots  sont  très  courants 
au  Negd  du  Nord,  à  ""Oneyzah  et  à  Bureydah,  de  même  que 
dans  tous  les  parlers  maghribins.  Beaussier  Dict.  sv.  ; 
Marqais  TAT  Gl.  sv.;  Stumme  MGT  p.  294.  Dans  le  Sud 
de  l'Arabie,  tout  cela  est  inconnu. 

Or,  *JL>  est  une  métathèse  du  classique  ,.is..*-£,  boi^'e  à 
grands  traits  successifs.  I  el-Qût.  p.  205:  L^uc  ^LéJl  ^^--^ 
\£.>  ;  Sihâh,  I.  Sîdah  XI  p.  94  en  bas,  Qâm.  ;  <  .^^  et  sa 
métathèse  ..^ob,   I  Sîdah  1.1.,  LA  sv. ;  cf.   '^.^  et   son  affai- 

blissement  Z^.  -:^*é  est  élargi  en  ^^uj^,  boire,  L  Sîdah  ib. 
p.  95  en  bas,  où  il  faut  probablement  voir  une  contamination 
avec  K~;>  >  ^/>.   Cf.  V^^  =  K~^,   LA  XV  p.  179 

en  bas.  Un  développement  de  ^^  pourrait  bien  être  v^, 
boire  (Chien),  Qâm.,  et  w^ij,  boire  (oiseau),  I  Sîdah  XI  p.  94 


289 

en   bas.   On   comperara   aussi  ^Ju^  '),  faire  boire,  arroser,  et 

|,Lc ,  i,  =  j^l^  LA  sv. ;  qU^  =  ^^Lilic  selon  L A  sv.  et 
Naswân  o.  1.  p.  81.  Cf.  ^Lc,  u,  boire  vhv.  On  pourrait  aussi 
établir  une  autre  comparaison  avec  l'araméen  V^^  et  l'hébreu 
n*d:i,  humer,  boire,  =  maroc.  ^g^^'i,  v.  sub  q1-=>^  et  Ges.-Buhl 
sv.,  qui  lui   compare   l'arabe  t-^,  ainsi  défini  dans  LA  X 

p.  170   en   bas:  «Jô-îjl  aSS  \j.^  ^x^st^  tlj"^!  ^^  Lo  ^♦i  et  «♦ait 

cy>  yjb  !j/o  vJjJL:saJ!  J.  ^_jl^t  -♦-:  ^!  ^'-*^!^lî •  Co  ^-t-ï  pouriait 
être  une  graphie  pour  ,<c«.>,  où  le  ^  était  prononcé  g,  ce  qui 
équivaut  à  la  forme  araméenne  gm^  et  nous  aurons  sans 
difficulté  l'arabe  ,>^4i,  avec  métathèse.  Cela  n'est  pourtant  pas 

Cl/ 

certain.  Cf.  aussi  j;:>  vhv.  Si  l'on  n'arrive  pas  à  dévider  l'éche- 
veau  si  embrouillé  des  racines  sémitiques,  on  doit  au  moins 
essayer  de  le  faire,  car  jusqu'à  à  un  certain  point  cela  est 
possible.  Les  dialectes  arabes  nous  mettrons  sur  la  bonne  voie. 

v»^,  sécher,  intr.,  65,  15;  88,  1;  1045.  Verbe  aussi  classique  : 
Lebîd  N°  XIII  v.  8  (Fragmente):  i_c^!  ^>  U  iA*j,  après 
que  la  terre  humide  eut  séché.  =  ^^ju:>,  1045.  Cf.  ^  et  ^Ài, 
sécher,  vhvs.  En  "Oman,  v,Jl>  est  balayer.  —  i»»>,  cadavre, 
charogne.  Cf.  »Sc>  et  icàx>,  vhvs. 
icL^,  balai,  en  ""Oman. 

U>,  renverser,  673;  1280;  retourner,  673.  Cf.  c\à>,  OuLs, 
iXsS^,  i_5À>,  ^_^,  Là^,  ^_A^,  (j;>y  et  «-J'  vhvs. 


>)  |«âaw  peut  être  un  itératif  de  (***";  cf.  1—^  et  *_,oCw<. 

19 


290 

A.à-=>,  i,  renverser;  retourner,  1279.  Cf.  sub  U^,  ô^jls  et 
OJif.  C'est  le  sudarabique  c^,  792  n.  et  le  mehri  kafôd, 
descendre,  Bittner  St.  mehri  II  p.  17,  mais  il  n'a  rien  à  faire 
avec  l'assyr.  kapadu,  reflect,  think  ont,  comme  le  pense 
Bittner,  ib.  IV  p.  57.  —  0^^\,  se  renverser,  1279. 

M:>,  trou,  =  8^,  RO  §  112.  Fosse,  encaissement  du  terrain, 
partout  en  Arabie.  Jayakar  OD  p.  654.  Les  deux  mots  aussi 
classiques. 

^P^=jL^^  vhv.  Cf.  RMTA  p.  423.  —  ^,  impotent, 
854;  classique. 

^,  sautiller,  Harîb,  1257.  Cf.  fi  vhv.,  I  Sîdah  III  p.  107 
et  LA  sv.  disent  que  c'est  yémanite. 

ji>,  i,  faire  un  gros  caca,  464.  —  i^J^,  gros  caca  464. 
ji>,  cerises  du  caféier,  1055;  1056;  1074.  Socin  Diw.  Gl.  sv. 

iCLfl:>,  gamelle,  918,11;  quelquefois  aussi  'iJ^.  Mot  classique. 

Labîd  N°  XXXIII  v.  5;  ib.  N°  XXXIX  v.  14  et  N°  XIV 
V.  6  (Fragmente);  Fiqh  el-lurah  p.  264.  Laramens  Berceau  p. 
234.   Voir  ici  sub  _^j>. 

^_^à>,   a,   fuir,  1270,  Nord;  Socin  Diw.  Gl.  sv. ;  et  ^jsô^,  i, 

0  3  -  ■> 

fuir,  transitif,  ^j^^  ^  *^^)  tous  les  Bédouins  le  fuyaient, 
Littmann  M  L  S  W   p.   4,  7.    C'est  une   prononciation   pour 
^J^i,   vhv.  ^_càr-)  i>  aussi  retourner,  lat.  redire;  cf.  VAX,  ren- 
verser, lat.  invertere,  1279.  Cf.  lAàï,  ùss^ ,  \sa>,  vhvs. 
i^^>,  /«M'c  retourner;  reyiverser,  1279.  Cf.  ^^^  vhv. 


291 

.À^! ,  retourner^  revenir;  être  retourne,  renversé;  chavirer, 
1279. 

^Jà:^^  =  ^cà^'  •  C'est  le  mehri  gâtfi,  se  tourner,  se  renverser, 
et  la  comparaison  de  Jahn  avec  l'arabe  j^,_s_xj>t,  déplacer, 
pourrait  bien  être  juste,  mais  le  rapprochement  de  Bittner, 
St.  mehri  II  p.  110  et  114,  du  mehri  qôfi,  se  retourner^ 
l'est  aussi,  car  le  mehri  gatfi  est  aussi  bien^,;iA>!  que  ^jc^^ 
par  o  >  §  >  é-  Cf.  aussi  le  sh.  gfe  <  qfe  >  igtif  ou 
iqtif,  Bittner  St.  mehri  V,  3  p.  12  et  id.  St.  sh.  Il  p.  39 
et  p.  42. 

l/^Jo-,  significations,  1231  et  n.  2;  1232  ss.;  soum.  gai, 
grand.  —  Effleurer;  passer  à  côté,  370;  inf.  jJL>,  370.  Cf. 
>_aJi>  et  J.>.  I  es-Sikkît,  Hafifner  AL  p.  60, 19  s.,  dit  que  jo- 
et  (j^  sont  synonymes.  k>**s6  ^  Jw>  =:  ^!  J^  y>,  1766. 

jJb-,  couvrir,  envelopper,  761;  12S2.  él^^  JJb>,  12SS,  mettre 
les  rideaux  à  la  fenêtre,  Damas. 
jLf")  se  couvrir,  s'envelopper,  761. 

a)J(  (i)I>î,  expliqué  349.  Lieb.  v.  Amasia  p.  140,  1.  Bauer  Pal. 
Arab.  p.  229  s. 

3^,  voile,  1233.  Couverture,  1233, 1,  =  jc>. 
J^,  cowt;er^wre  pour  monture,  761  ;  1232;  1233;  Boh.  II  p.  172. 
aL>,  houle,  1229.  —  Vase  en  folioles  de  palmier,  1230  n. 
id>,  tas  d'excrémetits  d'animaux,  55,10;  465;  1229;  I  Sa'^d 
8  p.  194. 

w   y 

^3^b>,  couverture  =  Jc>,  761;  mehri  gilôl,  Jahn  Gl.  sv. 
Rhodokanakis,  Zur  Formenlehre  des  Mehri  p.  18,  voit  en 
J"^b>  un  pluriel  do  S^,  devenu  ensuite  un  singulier.  Je  crois 


292 

cependant    que   J^L>  est  un   singulier,  Jbti  régulier,   nom. 

instrura.,  qui  coïncide,  comme  forme,  avec  le  pluriel  de  jo*- 

Le  pluriel  de  J^L:>  est  iJb>  <  iJi^i  dans  notre  dialecte.  — 

Bât,  761;  1232.  -  Voile,  1233  en  haut.  Kopftuch  chez  Musil 
0.1.  p.  312. 

icU:>,  boulet  de  cmion,  1229.  — Rideau  de  fenêtre^  Damas,  1233. 
Jw_iJj>,  pi.  J^L:>,   grcmd  et   fort   du  corps,  158,8;  1705;  cf. 

1231  n.  2,  011  l'évolution  sémantique  de  J.=>,  être  grand, 
peut  trouver  son  pendant  dans  l'hébreu  jDyi',  gros  >  fort, 
haut  placé,  et  le  néohébr.  N^iTil,  gras  y  gros,  notable,  haut 
placé. 

xLL>,  pi.  Jo^b>  (pron.  galêl),  balle  de  fusil,  12,  12;  81,6; 
112,7;  123,10;  370;  4.S8  n.;  520,7  d'en  bas;  658  n.  1; 
1229  s.  —  Un  développement  de  V~ ^  est  J^  vhv.  et 'PJV, 
V.  Ges.-Buhl  sv. 

Sur  la  propagation  de  la  racine  gl  et  "ses  congénères  kr, 
kl,  qr,  ql  dans  les  langues  indogermaniques,  voir  Walde 
LEWB  sv.  gleba,  globus,  glomus  et  gluo,  et  H.  Môller 
Sem.  und  Indogerra.  I  p.  9,  2,  §§  55  et  72  et  pp.  76  en  haut, 
177  et  id.  ZDMG  70  p.  156  n.  1.  C'est  vraiment  dommage 
que  le  savant  maître  de  Strasbourg  n'ait  pu  consulter  ces 
ouvrages  pour  éclairer  sa  religion.  Il  ne  se  serait  pas  alors 
moqué,  d'une  façon  si  peu  aimable,  Beitrâge  II  p.  159  n.  2, 
de  mon  exposé  1238  et  ss.  Il  faut  être  aveugle  pour  ne  pas 
reconnaître  une  parenté  primordiale  de  certains  radicaux 
entre  les  langues  sémitiques  et  aryennes.  Le  temps  est  passé 
oià,  par  une  négation  péremptoire  a  priori,  on  voulait  tran- 
cher une  question  d'une  si  haute  importance  pour  l'histoire 
de  l'humanité.  Brockelmann,  doué  d'un  sentiment  philolo- 
gique si  remarquable,  nie  encore  cette  parenté  dans  sa  V  G  S  S 
I  p.  4,  et  Bauer-Leander  dans  leur  Histor.  Gramm.  der  hebr. 
Sprache  p.  12  n'admettent  pas  non  plus  „une  parenté  généa- 


293 

logique"  entre  ces  deux  branches  linguistiques.  Je  ne  dis  pas 
non  plus  qu'il  y  ait  „parenté  généalogique",  mais  je  soutiens 
qu'il  y  a  communauté  de  radicaux  et  de  mots.  La  difficulté 
est  de  prouver  d'oii  vient  cette  communauté.  Renan,  dans 
son  Histoire  des  langues  sémitiques  dit  p.  459  et  ss.:  „Nous 
„admettons  volontiers  que  les  langues  sémitiques  et  indo- 
„européennes  ont  en  réalité  un  assez  grand  nombre  de  racines 
„communes,  en  dehors  de  celles  qui  proviennent  d'un  emprunt 
„fait  à  une  époque  historique.  I^a  plupart,  en  effet,  des 
„racines  communes  aux  deux  familles  ont  une  raison  secrète 
„dans  la  nature  des  choses,  et  souvent  on  peut  entrevoir 
„la  cause  qui,  de  part  et  d'autre,  a  produit  l'identité."  Cette 
dernière  remarque  me  paraît  cependant  assez  vague.  Renan 
illustre  ensuite  cette  communauté  de  racines  par  des  exem- 
ples. Il  parle  même  de  la  1/^^J  qui  „est  la  base  de  radicaux 
„plus  nombreux  encore  (que  ^  et  ;ti),  marquant  tous  l'action 
„de  rouler.  Comparez  ob^  =  gloraus,  glomerare,  globus,  ^cvàIco, 
„)iv>Jv'^cc  etc."  Je  crois  que  Renan,  aux  cours  de  qui  je  dois 
mon  amour  pour  les  langues  sémitiques,  a  déjà  en  1855  vu 
plus  clair  que  Nôldeke,  Brockelmann  et  d'autres,  cinquante 
ans  plus  tard. 

*»,v_L>,   dévier,  passer  à   côté  de,   effleurer,  9,  13;  370.  Cf. 

^  et  (_!>, 

Amener  un  animal  pour  le  vendre,  722,  1.  —  Métathèse 
classique  pour  ^^  903;  1766;  cf.  Bibl.  Geogr.  arab.  IV  Gl.  sv. 

w*l>,  avec  J,  pêcher  Dt.  t\uâJU  wJi=>,  pêcher. 

vJ^,  vacarme,  bruit,  903;   v.  oiJL=>.  —  Importé  de  dehors, 

de  provenance  étrangère   1709;  pi.  ^^-L^,  116, 10,  et  Nord 

v_j^'>  Hess  Bemerk.  zu  Dougthy's  Travels  p.  6.  —  Bétail  con- 
duit  au  marché  pour  la  vente.  Qays  b.  el-Hatîna  N°  13  v.  24: 


294 

ULstJî  (ji3.L*JÎ  ^_^vwJ  U-^,  comme  celui  qui  mène  devant  lui 
le  bétail  qu'il  expose  en  vente,  ^xJii  »^}-^.,  et  non  pas  comme 
le  traduit  Kowalski.  —  Hameçon,  Stace  p.  66. 

iiJu>î  û.  unit,  du  précédent,  une  pièce  de  moutoti  ou  de  chèvre, 
24,14;  27,10;  70,4;  404,4  d'en  bas;  619  n.  2;  695;  1011, 
9  d'en  bas;  1081,12;  1243,1;  1245,2;  1775,8  d'en  bas; 
1776,  4  d'en  bas;  1777  en  bas;  1778;  1780,  1,  11,  18. 

xJl>,  champ,  ^Omân,  <  ^s/r-»  1314. 

CJ^,  pois,  729  n.;  1420;  =  qL4>  ib.  —  '^'J^,  1766. 

^_j^b-,  qui  amène  un  animal  pour  le  vendre,  1^'2,;  Arabica  IV  p. 

2b.— Pécheur,  pi.  wSL>,  Dt.  =  wJbs*.  —  ^^'^,7narchand,  Carbou 

p.  102  et  134.  Cf.  pour  la  forme  ^J'^  vhv.  et  l'éthiop.— 

^_jP^,  voyageur,  Carbou  p.  209. 

wJy>,  pi.  wJ!^,  pigeon,  Yéman. 

>_;^L-:^,  hameçon,  Dt.;  ma  MJM  p.  51;  v.  v^i>.  —  Place, 

marché  où  le  v^I>)  ôeïaiY,  est  vendu. 

iLaJi=>,  vacarme,  bruit,  903;  v.  wJl>. 
J..^^,  vanner,  615  n.;  éventer  le  blé. 

c  j     o  > 

Jw^)Ji>,  sésame,  13,25;   1213,8  d'en  bas,  =  class.  ,3^:?^^  et 

^^^L^J^,  294;  358  n.  1;  729  n.  1;  1412;  la  dernière  forme 
est  encore  employée  au  Yéman,  Deflers  Voyage  p.  224,  et 
en   ''Oman,   M  S  0  S  III  p.   3,  6   d'en  bas.  I  el-Mogâwir  l'ex- 

plique  par  *--.*s_,-.*.  Je  ne  crois  plus  qu'il  y  ait  ici  l'article 
sabéen,  mais  une  finale  an,  dont  la  nature  ne  m'est  point 
claire;  v.  sub  an.  Est-ce  que  le  vieux  shve  jelej,  huile,  est 
le  même  mot?  Le  mot  arabe  indique  quelque  chose  de  rotid. 


295 

^>js^il>  est  aussi  orgelet  à  la  paupière  supérieure  =  J^>!^, 
Dt,  Yéman,  el-Mohâ.  Si  c'est  à  la  paupière  inférieure,  on  dit 

M  Ù  «.     - 

oL^^.  On  l'appelle  aussi  -Aj>o,  vhv,  iC->-=>,  vhv.,  et  s^jot^ , 
vhv;  Ruzicka  o.l.  p.  48. 

j^b>  >  il^,  yyiontrer  de  la  dureté,  673. 


^-...w^  ,  mentir  pour  tromper  quelqu'un^  J^c.  (V-^sf  o  iOjLXii  "^ 

-  ~  î  w  „  ' 

■iikJi:>'.    ^^y^-i^^    -ot^"^!»    (__c*^    (i^    1^    ^'    J^3    *-*^    iiV.as>    i^^xJLL     vi>.Jt_5 

tiLJLc  ..Jls^u:^  j^  oV^'  '^'^  ^^  ^^^  '^'^  donné  de  l'argent  et  que 

tu  lui  demandes  ton  dû,  il  te  répond:  ,jJe  7i'ai  rien/'  malgré 
que   le  monde  cotmaisse  ta  créance,  il  est  alors  m  i  t  g  e  1 1  a  l.i 

cotitre  toi,  =  o^j^jù",  vhv.  A  Damas,  f^,  aiguiser  et  mentir, 
et  ^nL>,  mensonge. 

^\Jb>t,  fém.  L:^i>,  pi.  ^l^^i^,  rusé;  débauché;  ma  MJM  p. 
22.  Cf.  le  syr.  ^,  Proy.  et  Dict.  Gl.  sv. 

lAJl:^'',  s' écailler,  Dt.  —  L\Jb>  =  Jui2>,  674  n..  Jwc  lXJLj^J  ^j^l*) 

v_jj.k^i  v^Jj)  ^^  (^'^st  que  je  suis  ferme  contre  les  vicissitudes, 
Diw.  Qays  b.  el-Hatîm  N°  XIÏ  v.  9. 

l\L>,  brebis  qui  7ie  donne  pas  de  lait,  32, 16;  804;  v.  Sihâh 
sv.;  cf.  o^,  Socin  Diw.  Gl.  sv.  —  lX.4>,  glace,  637  en  bas. 

yJb-,  i,  être  assis;  se  trouver,  rester,  demeurer,  38,  3,  expli- 
qué 229  n.  2;  1292.  Nôldeke  Beitràge  II  p.  49  dit  que  le 
sens  primordial  de  i^^vJb-  est  être  haut  et,  en  confirmation  de 

cela,  il  cite  „  L,w^Jb> ,  Thronbesteigung".  La  comparation  cloche, 
car  ici  l'allemand  ne  saurait  appuyer  l'arabe.  u^Jb-  est  se 
mettre  sur  son  séant.  Les  Arabes  n'ayant  pas  de  chaises  ne  pou- 


296 

vaient  être  assis  que  dans  cette  posture  ou  bien  les  jambes 
croisées  ^y^-  De  là  au  sens  primaire  d'être  haut  il  y  a  quelque 
distance.  Mais  j-^->^  implique  bien  cette  idée,  vhv.  Cf.  éth. 
gassa,   être  assis,  et  l'arabe  Li>,  être  agenouillé,  accroupi 

vhv.;  V.  aussi  ^U^.  v_j^->^l  J^^  ^^yJ>Jc>,  elle  resta  tranquille 
à   la  maison  jusqu'à  ce   qu'elle  fût  requise  de  sa  blessure, 

81,  9, 10;  de  même  on  dit  avec  Joë:  ^JJ>y  J^^Ji  ^^ytkj  _^!  /J  ^^ 

\.Ac  sa\  o^x*ï^  j^jo.o  «t.3  dsJ^]  ^yb  »^! ,  il  avait  son  père  qui 

maniait  la  lance.  Son  père  ^nourut  et  laissa  l'enfant  après 
lui  en  bas  âge.  Sa  mère  se  voua  au  veuvage.  Récit  "anazî 
d'el-Hôtrôbî,  ma  LB'A  p.  1,  1. 

.  t>^,  support  pour  la  pipe  à  eau,  ici  p.  219.  —  Stand  for 
water-vessel,  Stace  p.  162. 

u^^J^i  compagnon,  intime,  confident  Dt.;  RO  p.  513.  On 
prétendait  dans  les  milieux  bédouins  du  Sud  que  j'étais 
tiUIl  g«wJLj>,  car  on  se  figurait  ainsi  ma  qualité  de  cham- 
bellan de  S.  M.  le  Roi  de  Suède. 

Cette  forme  J-*.*i  est  très  courante  dans  notre  dialecte. 
La  série  d'intensité  est  J^b,  Jliî  et  Jyjsi:  p.e.  A^]j,  ii)Lî  et 
A-*r*r^,  ce  dernier  étant  d'une  capacité  hors  ligne,  cf.  Ara- 
bica IV  p.  51  et  Z  A  26  p.  162  sur  ^xi  (Grimme). 
ijJL:^,  société;  personnes  prescrites  57,  1.  —  Siège,  64  n.  5, 
V.  ici  p.  219. 

o 

(j*^Ls^,  siège,  64,22.  —  Support  pour  la  pipe  à  eau;  v. 
ici  p.  219  =  iCw-^Ls'  ib.  —  Réimion,  Hartmann  LLW  p.  140 
N°  68  V.  22. 

vjiJb-,  déchiqueter,  Dt.,  1767.  ^-y^^^Ji  J-^*Jt  oiL>,  le  torrent  a 


297 

déchiqueté  le  sol  ou  la  terre,  =  iALJI  ^^àJb»  J^x^JI,  le  torrent 
a  déchiqueté  la  terre.  Dt.  On  dit  aussi  ^fr  vhv. 
o^î  =  oy:>t,  1767. 

s.«i^!,   s'abîmer,   se  détériorer,   s'endommager^  Dt.  v»^^o! 

(^^jtxAaî,   moT-i   do^■^^  es^  abîmé,  une   partie   en   a  été  coupée. 

o 

(^,Jb>.  c^'-àJL^I ,  mon  pied  est  abîmé  ou  blessé  par  les  pierres. 

v^JL>,  brutalité,  grossièreté,  = '»Si^ .  —  Li"^î  723  n.  n'est 
pas  clair. 

iCâJb>  =  '^j>'  ==  t;'^'   i^^^ }    1767. 

—  O  -.  ^  o  ^ 

jjjàJb-,  t?zez7/e   femme,  1258,  a  donné  jjjJ^  vhv. 

^i>,  u,  couper,  1766;  Ôézîrah  p.  158,25.  sXiô  j«.Jb-,  «7  Z?<z  a 
coupé  la  barbe  (sur  le  menton)  =  il  lui  a  graissé  la  patte, 
l'a  suborné.  Cf.  (.y>,  vhv,  jJLï  et  fJS. 


jjjjb>,  v?e27/e  chamelle,  1258;  v. 


•  ^Jb-,  i,  loegstreifen,  Dt.,  1084  en  bas.  >_^:$^J!  ,j^  (jiL-ccJil!  u>^^Ji>, 
/'ae  séparé  le  van  du  blé,  propr.  wegstreifen,  verbe  intradui- 
sible en  français.  iCjl.^il  o^  ^tb>  ili!  ou  iL_>_5^!  xl>,  Teaw 

passa  sur  le  champ,  sans  s'y  arrêter,  iiberstreifeti  (raser?) 
Cf.  J^  d'un  sens  presque  analogue,  vhv. 

i4i>,  côté,  flanc,  1767  (i^i^  est  faute  d'irapr.)  =  i-^^>.  — 
Ce  sens  d'écarter,  enlever,  LA  sv.,  et  affouiller  est  proba- 
blement l'origine  de  ^^^yi  ii^,  Labîd  Mo'all.  v.  6;  Nôldeke 
Funf  Mo'all.  Il  p.  66.  ^  n'est  qu'une  variation  phonétique 


298 

pour  rfJl>-  I  Sîdah  X  p.  106,  affouiller,  v.  LA  sv.  Cf.  J.>, 

*-Ai>  et  jj,>. 

j_^>,  a,  émigrer,  aussi  Nord.  —  ^Jt>,  i,  polir,  astiquer,  sMssi 

''Oman,  Haffner  AL  p.  60  en  bas,  =  class.  ^>,  u.  —  Fuir, 

"Anazeh  et  Haurân;  Musil  o.  1.  p.  26,  19;  348,11  d'en  bas. 

^> ,  faire  paraître,  manifester;   Boh.  VI  p.  4,  2.  —  Faire 

passer,  288,  8  d'en  bas.  —  Effacer,  dissiper,  155,  16  ;  v.  sub 

q:>o.  —  Préparer  le  tej'rain  pour  la  semence,  288  n. 

^^^ ,  faire  sa  toilette,  s'habiller,  se  parer,  639,  5  ;  s'apprêter, 

674  n.  1. 

^_^Jb:>!,  faire  le  fainéant,  170  v.  6. 

iLJL>,  qui  effleure  370. 

Cf.   J^,  c-Jl>  et  xl>,  vhvs. 

f;>,  i,  sHmUber  d'eau,  absorber  l'eau  (champ),  1320.  —  Boire 
en  général,  1320  ;  boire  beaucoup,  1820  v.  sub  ,Jt:>  et  Cf.  î<D:i  v. 
sub  qL^-v^.  —   Tarir,  Beyhân,  1320. 

ps>-] ,  se  réunir,  s'assembler,  Dt.  =  mehri  g  a  t  e  m  â  m  et 
non  pas  =  ^*x>i,  comme  le  dit  Jahn  SAE  III  p.  180. 

j«.>,  beaucoup,  le  plus  souvent  invariable,  1124;  1320;  adverbe, 
1107,11  d'en  bas;  1320;  cf.  d:i,  Ges.-Buhl  sv. 

x*^,  fém.  de   !«.>,  îlombreuse,  452,2. 

j*.>I,  qui  n'a  pas  de  cornes  (bute),  Dt.  iU>  oblj,  pays  nu, 
Dt.,  et  c'est  peut-être  ainsi  qu'il  faut  traduire  452,  2. 

^♦>,  expliqué  830.  —  ^y-*-=^^  rétif,  courant  dans  le  Sud. 
K.  el-Ar.  V  p.  39,2:  ^'L.  ^^>  bi. 

c\*>,  déborder,  se  répandre  par-dessus  les  bords,  637,  688. 

Cf.  (j'.-.*.^  vhv. 


299 

^♦;>,  =  (joU,  aller  au  fond,  couler,  sinken,  Hd.  ;  cf.  ^. 

^L>,  discuter  vivement,  Syrie. 

^4.>,  charbon  incandesce?it,  53,4,5;  1044;  1308. 

■»>♦.:>,  grosse  tresse  de  cheveux  =  iCos,  Carbou  p.  164. 

8.ll>,  wîoe/^e  du  palmier,  partout  courant.  Hartmann  LLW 

pp.  91  et  177. 

-  û   - 

'^yt^,  foyer  de  charbon,  53,  16;  1045;  casserole  à  encens,  1308. 
»y4^,  casserole  à  encens,  1102  =  a.^,  1308. 

j  »■->,  trotter  à  petits  pas;  sauter,  1247;  RO  §  262;  expliqué, 
1257.  —  Galoper,  1257.  —  ^Se  /et;er  d'wi  bond,  1257.  Hart- 
mann LLW  p.  179.  Fâ'iq  I  p.  216.  Sclîaade  Uhud  p.  46.  = 
^3  vhv.  —  Fîiir,  1257. 

ij,,,»^,  i,  >  g*^v4.>,  a,   s'épaissir,  se  figer,  geler,  Dt.  I  Sîdah 

Xni  p.  287,  8  d'en  bas  :  L*i2j!  ÎÀs^  ^^  ,Xé^^  é^_^\  u*^  î^ilï 
jUîj   '::^^    iLL!   iA4:>3   ii)o^!   (j«..*.>    Jyij   (•ij-^i^jtj   (^î   ^^-j'  ^  ^i   'bJtXj 

y*^b>,  gfe^e;  glace,  637. 

(jik4.=>,  i,  prendre  une  poignée,  Yéman.  —  Couvrir,  Dt. 

^Ji.4:>,  couvrir,  "Aulaq.  et  Yéman. 

\Ji^',  se  couvrir,  ""Aulaq.  et  Yéman,  =  Dt.  ^lAi". 

o  y 

tji.*=>,  détritus  de  pierres,  de  sable,  de  choses  moulues  ou 
concassées,  Syrie,  =  Dt.  ji^i. 


300 

iC.ci.4^,  pierre^  pi.  (ji-U^,    Haurân   et   Béd.   Syrie;  voir  ici  p. 

196,16.  Poignée,  hcmdful,  Yéman,  Stace  p.  78;  Dozy  S.  sv. 
J»l*^,  couverture;  Stace  p.  ^1.   JL*s   régulier,  comme  oL^, 

^LLi,  oL^J,  etc.  -  Cf.  J^S',  vhv.  et  g  ^  k,  673  et  ici  p.  257. 


*J^. 


J^,  chameau,  et  les  différents  noms  531;  prononciation, 
485  n.  2.  Dans  l'antiquité,  les  chameaux  mahrites  étaient 
renommés,  Naswân  o.  1.  p.  100,  Encyclop.  I  p.  375  a  en  bas, 
mais  à  présent  ce  sont  les  plus  mauvais. 

i4U>,  gages  du  chamelier,  Dt. 

d\^,  chamelier  qui  conduit  le  chameau  avec  lequel  il  voyage, 

1364.  Le  gardien  de  chameaux  est  olj3,  vhv. 

iCJU>,  écuelle^  bol,=  'iJ<*=^,  vhv.,  1074  et  n.  1.  Deflers  Voyage 
p.  100  a  qL^,  cruche,  ce  qui  est  le  pluriel  de  ic>us,  forme 
yémanite.    'iJà^  vhv.  est  un  autre  mot. 
*     ^ 

^^,  couvrir,  =  ^  673.  —  ^^b>,  démon,  655,  9. 
^^y^,  épithète  du  poète,  1568;  Hdr.  Gl.  sv. 

icl^,  cimetière,  expliqué  1589. 

^,   bouclier,    1644,  11.  =  l.iJÇ,   mais  ""^JÇ ,   wo^i  bouclier. 


Kônig  WB  sv.,  Zimmern  Akk.  F  W  p.  12  qui  dit  que  l'akk. 
postérieur  maginâta,  i)\.,  boucliers, -provient  de  l'ouestsémi- 
tique.  En  tout  cas,  le  thème  est  gananu,  couvrir,  entourer 

Cf.  g^  et  y^,  vhvs.,  qui  sont  des  développements  de  V~^^. 


*-o-,  u,  aboyer,  Béd.  d'el-Hogarîeh  ;  cf.  >^i,  vhv.  —  Un  autre 
v>c>  v.  sub 


301 
v_;Lc>,  soutien,  1508,  5. 

—  o  £  oc 

,_ç.*JL>t,   étranger;  ennemi,  1367  n.  2;  pi.   v^'?    1367,1. 
K-^_ajL>,  poignard,    11,2;   427   (planche).   Toujours   prononcé 
éembîeh  ou  gâmbîeh. 

>      O   3  3     O    3 

J*:^u>,  orgelet  à  la  paupière  supérieure,  =  J^^J^,  vhv. 

^N>L>,  ce  verbe  très  classique  est  fort  répandu  dans  toute 
l'Arabie.  Socin,  Diw.  I  p.  57  n.  2,  a  tort  d'en  douter. 
icLii!  c^.5:^,  la  îiuit  est  tombée,  Dt.  ;  c)v^'  -^^^^^j  Bolj.  I 
p.  138,  5  d'en  bas.  ynâtJI  â-l>,  Diw.  Hâtim,  éd.  Schultess  p.  3. 
^i^J^' ,  se  mettre  à  l'abri  de,  Dt.  =  ^aJo",  vhv. 

ù  -  o   ^ 

JvJul  ,i^>^,  à  l'approche  de  la  nuit,  Dt.  v/^'  f^*r-5  '^  Ventrée 
cZm  sozV,  Dt.  Q>iAJt  ^>.  est  une  expression  très  courante 
des  poètes,  Socin  Diw.  N°  29  A  a  v.  2,  expliqué  par  JwJ  ,.:^>, 

ù   _  _        3 

comme  ici  522,  7.   J^  ,.;Jjs^.  ,_c.-^^^^  l5/*'  ?   ^^  pos^'^z^  ^e  wa^m 

de   bonne  heure,   "Anazî,   expliqué    par  -jJ^.  J^Î  ^nx>  (i, 

under  cover  of  night,   Stace  p.   198.  =  JyJ  rf^À>  ^3,   Musil 

0.1.  p.  249  V.  2." 

g-o-  est  un  développement  de  V~~^^ ,  vhv.  dont  la  variation 

phonétique  est  K^qS'j  vhv.  En  datînois,  „-J^'  et  ,^JS3  sont 
absolument  la  même  chose. 

(jN>,   i,   châtrer  la  ruche,    1462,7,   mais  aussi   ^c^"  ^T{^^^ 

les  abeilles  déposent  leur  miel  (pr.  cueillent),  353  n.  4. 
U^,  pec^e,  crime,  733  n.  3. 


302 

iA?L>,  combattre,  149,10.  —  (j:l>^>  =  ^oj-gj ,  Juif,  s'entend 
souvent. 

-i>,  parler  à  haute  voix,  1225. 

^L>,  /ca^^  widerspreclien  RO  §  291. 

j^j^xjî,  szc/i  wzY  lauten  Reden  ansprechen  lassen,  RO  p.  252,3. 

^f>  est  le  contraire  de  ^.  Cf.  la  métathèse  ^^,  vhv. 

L^  ji>,  fournir  le  trousseau  à  la  mariée,  l'équiper,  831,832; 
en  général  fournir  le  j^r»,  vhv.;  RO  p.  164,9  et  p.  309,8: 

Xx/ixJ^t  j.  «JOi.ï  ■,^s>- ,  il  chargea  se^  hardes  dans  la  bateau.  — 
Equiper  une  armée.  Aussi  mehri,  Bittner  St.  mhr.  V,  i  p.  70 
§  72;  inf.  jL^s-,  équipement,  Ausriistung,  831. 

j^',  se  procurer  le  jU^,   partout  courant  en  Arabie.  Musil 

0. 1.  p.  186  en  haut. 

j^>,   fourniture,    équipement,    trousseau  de  la  mariée,  Hdr. 

selon  V.  d.  Berg  Le  Hadhr.  p.  97.  En  Dt.,  c'est  seulement 
le  fourreau  du  poignard,  20,  14,  15;  1681,  2  d'en  bas;  1766, 

et  l'autre  est  tl^  ut  supra.  Cf.  vy=r-  et  UiJ>,  vhvs.  :  JLxi 
réguliers. 

ji^>,  tendre,  333;  ce  ne  s'applique  qu'aux  graines  ayant 
encore  le  suc  blanc  ou  au  champ  lorsque  les  graines  sont 

ainsi:   (j-^j^  ^j?-?  T^t- 
y^.>,  petit  du  A^,  1\\. 


303 

J^>,  a,  pouvoir^  463,  3;  1736,  4  d'en  bas;  ma  LA  p.  66  n.  1  ; 

surtout  dans  une  proposition  négative;  cf.  J^^,  vhv. 

(}_^L>-,    pi.   JL1>,  jeune  homme,   mais   aussi  étourdi,   voire 

courageux.   On   dit  que  le  salut  dépend  d'un  J^L>,   qui  ne 

recule  devant  rien.  Jl  doit  y  avoir  aflSnité  radicale  et  sémas- 
iologique  entre  ce  verbe  et  JL>,  u,  courir  çà  et  là, 

Ji^^\  ■Ll^\^  768,  7  et  n.  1  ;  Tab.  I  p.  169.  '^l^l^  est  le 

contraire  de  ïl^ijtit,  Amâlî,  Dêl  p.  26,7,8. 

JL^>,  qui  est  à  même  de  faire  une  chose,  capable  de,  surtout 
au  point  de  vue  moral,  plus  rarement  au  point  de  vue  physique, 
comme  1736  en  bas:  brave,  téméraire  Dt.;  cf.  JsLj,  ^,  *^ 
et  «^  shv. 

Jo^>,   prononcé  Jv^,  mehrite,  333. 

J«..^jç>  et  ii%>,  attisoir,  1645.  I  Sîdah  XI  p.  33  =  J^^v<  et 

'Sl^A  645,3. 

^..^  1599;  expliqué  1644  ss.  On  est  bien  tenté  d'identifier 
*^>  et  1*:^,  assaillir,  courir  sus,  1387,  cf.  ici  sub  (*^>', 
mais  non  pas  dans  le  sens  de  démolir.  Cela  d'autant  plus 
que  les  attaques  bédouines  se^font,  le  plus  souvent,  le  matin, 

à  l'aube.  On  comparera  ^.:>.xj,  j^cd>  et  „^ao,  f^,  vhvs.,  qui 
se  rapportent  également  à  l'attaque.  Js^  J».:s^^  =  J^  lA^'->j 
vhv.  En  mehri,  ce  verbe  est  très  répandu.  Gehêm  ou  gihêm 

est  traduit  SAE  IV  p.  137  §  16  par  jLw;  Bittner,  St. 
mehri  I  pp.  26  et  95;  II  pp.  10;  15;  19;  26;  IV  p.  66,  le 
rend  par  abreisen,  absegeln,' lœggehen  et  IV  p.  66  il  le  con- 
sidère comme  un  verbe  caractéristique  du  mehri,  mais  nous 


304 

avons  vu  qu'il  existe  aussi  dans  les  dialectes  arabes  du  Sud. 

11  le  rapproche  de  l'arabe  j*.^*^",  nach  einer  Gegend  reisen, 
avec  changement  de  »  en  (_,«,  I  p.  26;  II  pp.  10;  19;  III 
p.  78  n.  4.  Cette  étymologie  est  tout  à  fait  fausse;  on 
n'a  qu'à  lire  LA  XIV  p.  366  pour  s'en  convaincre.  Le 
mehri  gihêm  s'apphque  d'abord  à  \sl  poitite  du  jour  lors- 
qu'il fait  encore  sombre,  mais  que  les  premières  lueurs  du 
jour  commencent  à  poindre.  Le  qarawî  (sljaurî)  gehùm, 
am  Morgen  werden,  lorsque  le  jour  commejice  à  poindre,, 
Bittner  St.  sh.  II  pp.  18;  25,  a  encore  conservé  le  vrai  sens, 
de  même  que  le  mehri  geheme,  matin,  St.  mehri  III 
p.  78;  IV  p.  67.  Le  qarawî  sighômen,  nous  sommes  ar- 
rivés de  bonne  heure  le  matin,  id.  St.  sh.  II  p.  25,  corres- 
pond à  l'arabe  Lu.§:s^Xw.!  ou  j.'-^^!  ui^^  LlL^j,  1645,6  d'en 
bas,  c'est  à  dire  au  moment  où  la  nuit  est  encore  sombre, 
mais  où  l'on  entrevoit  déjà  l'arrivée  du  crépuscule  du  matin. 
En  mehri,  ensuite,  c'est  partir  le  matin,  soit  par  terre,  soit 
par  mer.  En  arabe  méridional,  c'est  en  général  faire  quelque 
chose  de  botme  heure  le  matin,  à  la  pointe  du  jour  >  partir 
le  mati7î,  attaquer  le  matin,  synonyme 'de  ij^^^,  vhv.  D'après 
Jahn  p.  SAE  III  p.  102,  14,  il  paraît  que  le  mehri  gihêm 
est  aussi  simplement  aller;  ûhé  gihêm  ta  nùka  bàrha- 
bêt,  et  il  alla  jusqu'à  ce  qu'il  arrivât  à  une  ville,  =  Bittner 
St.  mehri  IV  p.  34;  on  pourrait  alors  comparer  la  séman- 
tique de  J. ,  qui  de  bonne  heure  a  près  le  sens  d'aller  en 
général.  Mais  je  crois  que,  même  dans  cet  exemple,  il  faut 
traduire  il  s'en  alla  à  la  pointe  du  jour,  car  dans  le  Sud  ou 
part  toujours  de  bonne  heure  le  matin  à  cause  de  la  chaleur. 
C'est  dommage  que  Bittner  n'ait  point  connu  ce  que  j'avais 
déjà  publié  sur  ce  thème  1644  ss.  et  LA  XIV  p.  366.  Il 
ne  l'aurait  pas  alors  enregistré,  IV  p.  66,  comme  un  verbe 
caractéristique  du  mehri.  ' 

j«.f>),   devenir  ou  être  sombre,  1645.   ^L^!  3^!,  le  jour  est 


305 

devenu  sombre,  il  d^'cline,  ib.  JJJI  v:iA^>!,  la  nuit  est  devenue 
sombre  ib.  =  JJJ!  u>^.*-g.>,  ib.  ^U^!  c:^*  i  •>?,  expliqué  1646 
en  bas. 

^=.!,  partir  ^e  wa^m,  1651.  I  Sîdah  IX  p.  47,7:  iU-f^^ 
«^T  j.L^UL^^l3  ^L^ï^-^!,  J.JJ!  ^^M^  ^3^!.  LA  XVI  p.  84,  3  : 
J^f  ^i>T  j.L^>î ,  et  ib.  sub^LX^  V  p.  314,3:  ^\  ^o_>h  Jé 

OJ  Jû-  O,  o     5  05 

».L\i>5  j^àxj^  iiU.:p.5>  i^-^Aw^  'iiCK^  i^!i>t  -w-*j>  =  Lane  SV.   ,iAi>, 

mais  K^.>ji  ne  figure  pas  dans  ce  sens  dans  LA.  Nous  avons 
ici  sans  doute  affaire  à  une  métathèse  de  |Jb>,  comme  le 
prouve  le  passage  cité  d'I.  Sîdah  IX  p.  47,  7. 

^^j  [«-ê^,  ténèbres  et  lumière,  1645s.  En  mehri,  gèhma, 
gèhrae,  gèheme,  matin,  1651;  Bittner  St.  mehri  IV  p.  67 
le  classe  parmi  les  mots  de  pur  mehri  et  il  y  voit  III  p.  78, 
IV  p.  25  le  reste  de  la  nounation  =  gehmen,  comme 
l'écrit  aussi  Maltzan.  C'est  plutôt  demain  matin,  1651;  Carter 

p.  860:  gahamma,  to  morrotv;  cf.  j/L.  et  a^j  1651.  Le 
rapprochement  avec  l'éthiop.  gêsama,  matin,  1651,  Bittner 
St.  mehri  III  p.  78,  IV  p.  25,  Torczyner  Entstehung  p.  8, 
est  à  prouver  et  le  soqot.  geheme,  ib.  n.  2  et  p.  9,  doit 
avoir  une  autre  provenance. 

x«.f>,  expliqué  1646;  1650.  —  Flamme  1644.  —  Morceau 
de  charbon  incandescent  1644.  —  Attaque  matinale  1649,  3. 

On  observera  que  y,  t—fx^  a,  classiquem.  et  dialectalem.,  le 
même  sens.  —  Fetnme  mariée  1528  n.  —  Le  sh.  eùgéhet,  pointe 
du  Jour,  matin,  est  le  mehri  gehme,  matin,  avec  métathèse: 

megéhet  <gehémet  =  iL«.f>  et  n'a  rien  à  faire  avec  nji, 
(ji  j,  luire,  contr.  à  Bittner  St.  sh.  I  p.  10  Anm.  2. 

A-*.^,   expliqué    1646;   I  Sîdah   IX  p.  47,4:  ^y,  iCxJb  iUf^' 

»y>!  ^  JvJJt  ot^*v;  >  sJj^  L  A  XVI  p.  254  en  bas. 

'i.4Jf>-  expliqué  1646. 

20 


306 

pL^^,   obscurité  de  la   nuit,   ténèbres  1645,  1646.  —   Géant, 

gros  1647. 

mI^,  obscurité,  1647.  —  Nuages  noirs  de  pluie,  ib.  —  Pluie 

gui  gronde,  1648,  J^^î  i-<U:>,  grondement  dîi  torrent  1470, 
.  13  d'en  bas;  1648. 

C^ff>>c^f>j  sombre,  7ioir{?)  333. 

^*,vf>  expliqué  1646.  Gros  et  grand  1647  =  j.l.f>  vhv. 

j^A=>,  négrillon  1647. 

&.w>,  petite  flamme  152,1;  1644. 

^^,  noir  (nuit)  1646.  —  j*-*^!-:^",  chamelles  noires,  1199  n.; 

w        5  ù 

1647;  le  singulier  en  est  ,.^  ou  j.U^  1647  et  n.  2.  Jaussen 
Coutumes  p.  272. 

^^i>,  a,  e7re  grâ/é'';  sew^z'r  mauvais,  parce  que  pas  frais  (ea,u 
et  denrées)  1053  n.   On  comparera  (^^>!,  éire  puant,  vhv., 

-    3 

et  8^,  mauvais,  vhv. 

-    _-     û 

1^,.^:^],  décamper;  retourner  1053  n.  -S^7-e  ?^?^  pe?<  ecroidé 
(maison),  mais  non  tout  à  fait  ib.,  v.  les  dict.  ^^'  a  le  même 
sens  de  revenir  :  bâlingah  ^alêhom,  nous  retournerons 
auprès  d'eux  Dt.,  class.  c'est  repousser.  Je  ne  suis  pas  in- 
disposé  à   considérer   ce   xjs^,  revenir,  comme  une  formation 

secondaire  de  Lr-f>''i  comme  oJ-à-J'î  >vJLàJol,  se  rencontrer, 
<K~oiîi,  V.  41,12;  75,21;  341,5  d'en  bas,  376,15;  926; 

cf.  JJi  >  (ij"  vhv.  <  ]/   ^3  et  ^p  <  Jjxo!  >  ^}.^J\  >  JJ,  remplir, 

^^L>,  pas  frais  (eau  et  denrées),  qui  sent  mauvais,  1053 
et  n.,  expliqué  1053  n.  On  me  disait  que  la  différence  entre 
^$b>  et  oL  est  que  ^b>  indique  que  le  vase  est  ouvert  et 
ot^,  que  le  vase  est  couvert! 


307 


u 


^jf:^,  V.  (C^L>i  1053  n.  Dans  le  Hogarîeh,  |_^=>,  pi.  is^i>î, 


c  - 


est  cuisine  =  le  j.lX^  des  Hadar,  vhv. 

«_jL>,  u,  parcourir,  traverser,  voyager,  courir  le  monde.  Chez 
les  Bédouins  de  Syrie,  v*-^?  i,  a  à  peu  près  ce  sens.  Cf. 
sub  ds>. 

V>>,  répondre,  11,19;  74,21;  79,4;  544  n.  2;  Stace  sub 
answered  et  retorted;  v.  d.  Berg  Le  Hadhr.  pp.  265,  10; 
266,14;  275,2;  281,3  d'en  bas;  aussi  à  Ma'lûla  près  de 
Damas;  Brockelmann  VGSS  I  p.  514  en  haut. 

JLc  ^-;^=>,  protéger  avec  un  bouclier,  1644;  dénominatif  de 

ujj.>,  vhv. 

V3L>,  répondre,  1733;  >  v-=>tj,  790. 

iC-jL>l,  inf.,  >  iL>->],  1379,4  d'en  bas,  ou  xjL>,  ce  qui  est 
aussi  bon. 

^_jj.>,  grand  seau  pour  traire,  1456;  Farazdaq  ZDMG  59 
p.  605,4. 

Bouclier,  1640;  1643,  pi.  v!>>'-  Zimmern  Akk.  FWp.  12. 
'isi^^^  cuve,  cuvette,  cuvée,  1150  n.;   1229  n.  3;  1456;   1644. 

Dans  I  Sîdah  V  p.  117,.  il  y  a  'i^^::^,  pi.  v^r*  =  ^^-'^=-'- 
Développement  de  l/~_^_s-?  On  fera  sans  doute  mieux  d'y 
voir  la  même  racine  que  dans  v^^»  vhv.,  et  le  latin  cûpa. 
'  V.  à  ce  sujet  Walde  LEW  p.  213s.,  qui  a  tort  de  rejeter 
le  rapprochement  avec  le  babyl.  kuppa.  La  racine  idg. 
qeup,  qeub,  voûter,  est  internationale,  mais  dont  le  point 

de  départ  n'est   pas  précisable.  Cf.  le  classique  iC-*. 
panier  en  cuir,  et  voir  ici  sub  l-^:saj>. 

^[^>>vL>3,  790. 


308 


_^>,  imparf.  ry?^j  expliqué  906.  En  Haurân,  -L>,  u,  est 

tinter  doucement  =  ^^,,  comme  dans  ce  verset  de  la  Qasîdat 

es-Sahgah  : 

(jrôz  smûh  tedall  ëtgûl.i  tenâri  mitl  er-rabâbât 

Une  paire  de  breloques  tintant  doucement,  geignant  comme 

les  rabâbah. 
„y>,  40,  2;  expliqué  906  et  note. 

^^->,  expliqué  906.  -  _.S^>,  expliqué  906,  907.  V.  Socin 
Diw.  Gl.  sv. 

^L>,  u,  affouiller;  emporter  (torrent,  la  terre)  907, 

Sy>,  bien  lier,  bien  serrer;  bien  faire  une  chose,  637  n.  2;  1589. 
_bljj  LT-jài!  ^J-^J  ^>>  serre  bien  le  licou  de  la  jument  avec 
une  corde,  ""Anazî.  s.JOLXil  -H,^  oj.>,  serre  le  lacet  des  escar- 

piins,  Damas.  El-HôtrObî  dit  dans  sa  célèbre  qasîdah  (récitation  ; 

mètre  du  chant: |  --^-  \  -^--),  ma  LB'A  p.  12  v.  9: 

Amsi  wàna  Ëènni  ma'  ed-çlidd  maktûf 
Behlâg  hurs  ûmgauwedàtan  beëlbahâm 
Je  marche,  tout  en  étant  comme  si  fêtais  au  pouvoir 

de  Vennemi,  les  mains  liées  derrière  le  dos 
Avec  de  forts  anneaux  serrés  au  pouce. 

iô'o^>3  iLjJL^^,  je  l'ai  saisi  et  je  Vai  tenu  ferme.  Alli 

yîgi  bi'adûl  et-trâb  yifôkkeha  Alla,  walli  yigau- 
w  i  d  h  a  e  r  -  r  à  m  i  t  e  t  î  b  >  to  chamelle  qui  vient  portant  des 
sacs  de  terre,  Dieu  la  préserve  d'être  frappée  d'un  coup, 
mais  celle  qui  est  bien  touchée  par  un  coup  de  fusil  tombe, 

ma   LB'A    p.   58/9.  »aI>  »!>5'  ko^>  ^^"^Ls  ^^  ^^^L5,  un  tel 


309 

frappa  un  tel  et  l'assena  un  coup  qui  porte  bien.  Tout  ceci 
est  la  langue  des  ''Anazeh.  Dans  le  Sud,  l'évolution  séman- 
tique de  ce   verbe   se  rencontre  avec  celle  du  Nord:  mettre 

le  hàt,  hâter,  seller:  J-c  o^->,  632  n.  2;   RI)  II  Gloss.  sv. 

C'est  ainsi  qu'on  dit  aussi  ^}s.  <J^  vshv.  Les  deux  verbes, 
presque  synonymes,  ont  donné  chacun  son  substantif,  aussi 
presque  synonymes:  oî^>  et  ->lA-i;,  vshv.,  et  il  ne  faut  pas, 

ce  me  semble,  considérer  les  verbes  >3^>  et  l\^  comme  des 
dénominatifs,  ainsi  que  l'avance  Rhodokanakis  pour  o^->, 
RD  Gl.  sv.  Jji  Oj->  est  bâter,  seller,  mais  le  sens  primor- 
dial est  lier,  serrer^  «A-Ji.  La  sémantique  de  ce  verbe  s'ap- 
plique aussi   à  d'autres  idées  dans  notre  dialecte.    o^>  est 

aussi  aiguiser,  p.  e.  le  couteau,  le  soc.  —  u^jàJ!  J_c  ^>->^', 
être  dans  son  assiette  à  cheval,  Negd  du  Nord,  632  n.  2. 

o^,  petite  outre;  plus  petite  que  J«-*-*^,  ^Anazeh.  Hart- 
mann ZDMG  51  p.  184,  IL  Meissner  NAGI  p.  117.  Musil 
0.1.  p.  138,9.  Jaussen  Coutumes  p.  70. 

»Oj.>,  don,  pi.  o!^>,  actes  de  bienfaisance,  157,  v.  2.  Musil 
0.1.  p.  227. 

o!^>,  Sattelzeug,  sellerie,  selon  RO  pp.  15,  13;  60,  10;  278, 
13  d'en  bas;  320,3;  344,8,11.  Rôssler,  MSOS  I  p.  62,10 
d'en  bas,  le  traduit  par  Decke,  couverture.  RD  Gl.  sv. 

l\_x.>  1577>lX_>->,  bon,  excellent,  brave,  courageux,  hospi- 
talier, 73,11;  127,6,19;  128  n.  2;  145,5;  476,2;  634  n.; 
1577;  ma  M  J  M  p.  19,  comme  l\Iw  >  cU^;  de  même  en  mehri, 
Bittner  St.  mehri  III  p.  15.  -  xL'!  JujL=>f,  073,  6.  Arabica  V 
Gl.  sv.  Carbou  p.  188:  'id^  ^.^L^ï,  les  principaux  d'un  village.  — 
lXjjLé^',  1705.  —  Sur  q'A*>,  voir  sub  iAx>. 


310 

.L>,  11,  être  cruel,  1461,2.  —  Pouvoir,  être  de  force  de,  463  et 

alors  =^y.>,  imparf.  ^y-^.,  forme  qui  est  employée  à  l'est  de 

Dt.  —  ^^=r-,  faire  la  contreha^ide,  Yéraan. 

^L>,  protégé,  11,  6;  426  et  protecteur,  comme  ^.  Hdr.  Gl. 
sv.,  ici  sv.,  et  ^U-^,  vhv.  C'est  véritablement  voisin.  Il  en 
est  de  même  dans  la  lurah,  et  Nôldeke  Beitràge  II  p.  73  a 
tort  de  ne  pas  admettre  ce  sens  comme  point  de  départ  de 
la  divergence  séniasiologique.  Je  ne  vois  pas  en  quoi  l'hébr. 
lA  pro^e^é^' =:  l'arabe  .L>  pourrait  y  former  un  obstacle.  Bien 
au  contraire.  L'hébreu  a  de  bonne  heure  perdu  ce  sens  de 
voisin,   tandis   que   l'arabe   l'a  gardé.  Glaser,  Die  Abessinier 

p.  78,  confond  .L>  et  j.l>L>,  pi.  (.'^Xj^i,  vhv.  et  sub  ^J*,.*J>■. 

Voir  à  présent  Pedersen  Der  Eid  bei  den  Semiten  p.  29  et  ss. 

^L>,  arbre  de  ricin,  Yéman.  —  j^>  pesant,  463. 

;L>,   u,  passer,   1226,9.  —  Au  fig.,  s'abstenir,  renoncer  à. 

(jo;^L^    oii  pJi  '£sJSXs>  ^^  lîj^j»   ^^'^   s'abstinrent  alors  de 

(prononcer)  ce  mot  (Iblîs)  pendant  environ  deux  ans,  1710, 
12,16.  Meissner  NAGI  p.  117;  id.  M  SOS  VI,  iip.  81  n.  16; 
ib.  V,  II  p.  96,  12.  -  Quitter,  Z  D  M  G  XXII  p.  131  et  p.  154.  - 
Vaincre,  ib.  p.  138. 

jj>,  faire  passer.  Cf.  Marçais  Gr.  tlem.  p.  304.  —  S'évader 
(Aden). 

;^>  est  aussi  pour  jtff .   Ce  n'est  que  provenant  d'un  jôtàj' 

que  Jots  peut  être  =  joé,  comme  \.=>3  <  iy.=>yS,  n^  <  x-*--Li', 

^<^Jaj)-,  LA  II  p.  206,  17,  Brockelmann  o.l.  I  p.  609, 

10  d'en  bas;  cf.  -3,.  < -,3^"  vhv. 

jLpt,   se  laisser  passer,  être  'praticable,  se  dit  du  chemin 


311 

qui  permet  qu'on  y  passe,  lâsst  sich  gehen,  RO  §  345; 
voir  ici  sub  J^lJCw!. 

yi  oïj^i:',  la  route  principale.  RO  p.  197,8.  —  j_jL:>,  peut- 
être,  cela  se  peut,  propr.  ça  jpasse,  partout  courant;  aussi  au 
Waddây,  Carbou  pp.  32;  228;  243.  Tout  cela,  est  aussi  bon 
dans  notre  dialecte  et  prouve  que  le  sens  fondamental  de 
V'~jy>-  est  couper  >  passer,  ainsi  que  celui  des  thèmes  j.> , 
c  j>  etc.  vhvs. 

bj^=>,  partie  sous  le  menton,  796  n. 
jl^s-,  joiîitée,  703  n.  —  j!y>  ou  jLç>  68  n. 
aj^Ls*,  terme  de  rhétorique,  382;  491  n.  1;  995. 

,ji-3,L>,  faire  un  tour,  une  promejiade,  Aden. 

(ji^>,  tour,  promenade;  pi.  u^-^^',  fois  =^  o'--*,  usité  sur  tout 

le  littoral  et  en  mehri. 

&%=>,  tapage,  Dt.  cf.  ^ji.^.^  et  uiiA>. 

iji^j.^,  homme  courageux,  selon  Jahn  SAE  III  p.  271  m'est 
inconnu,  mais  je  n'en  doute  pas,  vu  que  ^J^•)^>  signifie  qui 
fait  beaucoup  de  tapage,  qui  crie,  ainsi  que  fait  le  courageux 
à  la  guerre. 


Œ 


,-tjL>,  qîd  a  faim,  >  gêâ",  24,  19;  699,  Dt.,  pi.  cLo>  Dt. 


Aden  ^^Lx-v>  •    LQ  verbe  ^.>,  manger  de  la  terre,  LA  III 

p.  143, 12  et  ib.  IX  p.  401,  2  serait  de  la  même  racine  d'après 
Kowalski  apud  Jacob  St.  Ôanfarâ  II  p.  21;  c'est  plutôt  un 
dénominatif  de  ^iL>  ^  ^J^I:» ,  qui  a  peut-être  quelque  relation 
avec  ^lî,  gâ^,  terre.  Cf.  pL:^*>  =  i_p^! . 

c^^>,  faim,  1727.  —  'î^c^  expliqué  534. 


312 


v_î^-=>  employé  comme  préposition:  dans,  sur,  476,6;  497, 16; 

1225  en  liaut.  oj^aLII!  "^j-r*  J^^N  ^^  ent?'a  dans  le  coffr'e, 
Dt.;  Bibl.  Geogr.  Arab.  IV  Gl.  sv.  Même  emploi  de  ^^  dans 
plusieurs    dialectes;    à    Bagdad,    OS    Festschrift    Nôldeke    I 

p.  406.  Sur  v_îj^,  voir  Arabica  IV  p.  44  et  ss.  Lyall  Ane. 
Poems  p.  21  :  ^J^ii-  *j  JUïj  ^y^\  J^i  iiiij  (^^y ,  le  loàdî  dans 
la   langue   des   habitants    du    Yéman  est  appelé  e  1  -  G  a  u  f. 

Bien  que  oj.^  soit^j.>,  on  ne  saurait  pour  cela  dire  avec 
Vollers,  ZDMG  49  p.  494,  que  „rf  finale  tombe  dans  gau 
=  L_î>r-".  Ce  sont  deux  mots  congénères  oi^i  i^Yi;  v.  j.>. 

Mon  article  sur  _^>  et  l_îj.>  Arabica  IV  p.  43  et.  ss.  paraît 
avoir  été  inconnu  à  l'auteur  de  l'article  al-Djawf  dans  l'En- 
cyclopédie de  rislâm.  Ce  n'est  pas  „une  province  de  l'Arabie 
méridionale",  mais  un  territoire,  surtout  celui  que  décrit 
Schleifer,  d'après  Niebuhr,  et  que  j'ai  moi-même  décrit  dans 
mon  Arabica  IV.  Le  el-(jrauf  par  excellence  a  été  visité  par 
Glaser,  ce  dont  Schleifer  ne  parle  point.   Naswân  o.  1.  p.  23 

dit:  ^3-*-r^L.  otj  i^j-ii-3  iL«L*-J!  ^-?>-^3  \J^p>^  cr*  q^'*^'  ^jr^ 
^Jô^  iJL^Avo,  Toute  la  zone,  inculte  et  habitée  par  des  tribus 
encore  sauvages,  qui  entoure  le  Rub^  el-Halî,  est  une  dé- 
pression  du  terrain.  Elle  a  le  nom  de  qU^Î,  161;  266  n.  2; 

1349,  pi,  de  _^:^',  ou  ^^^^'^  u=^^î,  chez  Doygthy  Travels  I 
p.  418  Giân,  Arabica  IV  p.  44  n.  1.  Elle  est  aussi  appelée 

idUJt,  il%J!  1)  ou  qÎ^F^'  c^^,  dont  Maltzan  Reise  p.  304  a 
fait  Chobbet  el-Gu'^an  et  le  traduit  par  Hungerwûste^ 
désert  de  faim!  Il  le  place  dans  le  Beyhân,  ce  qui  a  beau- 
coup étonné   les  nombreux  amis  que  j'y  avais.  Le  chef-lieu 


')  Voir  Arabica  IV  p.  44  d.  1. 


313 

de  „la  province  d'el-Gauf"  n'est  pas  Marib,  comme  le  dit 
Schleifer  o.  1.  sv.,  car  Mârib  est  assez  loin  d'el-Gûwàn. 
Schleifer  a  totalement  oublié  le  (jauf  au  nord  de  Rub'  el- 
Halî,  1707,  qui  est  =  el-Yamâmah,  anciennement  appelée 

_y>,  Tab.  I  p.  773,  qui  cependant,  d'après  el-Gazîrah  p.  161, 
ne  comprenait  pas  toute  la  Yamâmah,  mais  seulement  une 
partie,  habitée  par  les  Soheym,  les  Tomâm,  les  ""Âmir  b. 
Hanifat  et  les  'Iij;1.  El-Mubarrad  p.  439  dit  que  c'Jauw  était 

la  capitale  d'el- Yamâmah,  ^1*^2^  iL^.  Les  habitants  étaient 
_^>  jT,  Yàqût  IV  p.  1033,  K.  el-Ma'ârif  p.  308;  Tab.  I  p.  774, 
qui  porte  j.:?-  J^l;  c'est  alors  toujours  sans  l'article,  Tab.  1.1. 
1.  6;  voir  ici  sub  _^>. 

Jb>,  u,  faire  des  tours,  voltiger  en  rond,  faire  des  évolutions 
à  cheval,  31,14;  1232.  —  Errer  par  ci  et  là,  687,3  d'en 
bas.  Même  sens  chez  Musil  o.  1.  p.  190,19.  C'est  le  terme 
technique  pour  faire  des  évolutions  à  cheval  lorsqu'on  attaque 

l'ennemi.  Inf.  J%=^.  I  Sîdah  III  p.  112,5  d'en  bas:  J.  JL> 

y*^i^^\   ^   JAj    'is.iLK^   ^_^3    \j^.x_<;av     ^^     "^j^^i    ^.V^F    J^>J    O^;"^' 

d^JJo"  yi^i  ^iU  ^  c^Jiis  ^î  u5'  =  LA  XIII  p.  139.  Sur  ce 
thème,  cf.  H.  Môller  Sem.  u.  Indog.  p.  66  et  p.  85  et  ici  sub  J.>. 
Jy>,  voiler  le  visage  avec  le  ^y>,  27,20;  194  n.  5:  761; 
817,  8  d'en  bas.  Dénominatif  de  J^?  —  Vanner  le  blé,  j.Lxyi, 
ma  MIM  p.  16. 

J^L>,  attaquer  en  faisant  des  tours  d  cheval,  Dt.  RO  p.  305, 
4,  5.  Aussi  chez  les  ""Anazeh. 

J^',  s^ envelopper  de  quelque  chose  p.  e.  ^y^y,  se  couvrir  de; 
=  v  ou^"  Dt.  vhv.,  se  voiler  avec  le  J^^,  761. 


314 

^3y>J  pl-  o^^  et  Jty>,  Hdr.  Gl.  sv.  Les  différents  territoires 

que  j'ai  traversés  depuis  'Ayn  ba  Ma^bad,  dans  la  W. 
Meyfa'ah,  jusqu'à  ^Azzân  étaient  appelés  gaul>gûl.  C'est 
aussi  le   mot  pour  un  terrain  désertique  et  alors  synonyme 

de  c:.-Ai>  vhv.  ^  n'est  connu  qu'au  Yéman,  vhv.  —  Dans 
les  inscriptions  minéo-sabéennes,  ^y>-  se  rencontre  assez  sou- 
vent; p.  e.  apud  Hommel  Chrest.  p.  12:  'u^^o^  oJ^  ^ç^*^*, 

Jy>-  ^uXj^yS)^  ^j-^3  >  '^  fii  de  Tamdat,  de  ses  champs,  de  sa 

montagne  et  de  ses  pâturages  un  gaul,  c'est-à-dire  un  ^j4=> 

ou  ^-:$^  ou  luj>  vhvs.,  un  rsy.evoç.  Hommel  traduit  cette 
phrase  autrement.  Lagrange  Etudes  p.  184  n.  1  est  un  peu 
•plus  exact.  Rhodokanakis  St.  z.  Lexicogr.  II  p.  28,  où  renvois. 

Sur  u^-^o,  voir  Arabica  V  Gl.  sv.  et  ici  sv.;  sur  _£,  voir 
Arabica  IV  p.  75,  Hdr  Gl.  sv.  et  ici  sv.  Otto  Weber  Stu- 
dien  z.  arab.  Alterturaskunde  II  p.  30.  Chez  les  Bâ  Kâzim 
et  en  Marhah,  i3>>  est  sol,  terre,  Boden.  Cf.  JL>,  lisière  du 
désert,  ZDMG  XXII  p.  134  et  ici  sv.y>,  LA  XIII  p.  140,  1: 

vnJI   j^]   i:x=>li  J.t'ï^!^  3^^   J^^';  pour  la  graphie  JL>  et 

J.^,  voir  301  et  302  n.   1  et  1418  et  LA  VU  p.  101  d.  1. 

Le  ^^y^j),  territoire  à  l'est  du  Jourdain,  doit  être  le  même 
mot,  appliqué  à  cette  contrée  par  les  tribus  immigrées  du  Sud. 
Les  Arabes  du  Nord  n'ont  pas  su  qu'il  y  a  avait  déjà  la  dé- 
termination sabéo-himyarite,  et  ils  y  auront  ajouté  l'article  arabe. 

Le  mehri  g  ô  1  û  à  côté  de  g  ô  u  1  u  m ,  fièvre,  Bittner  St. 
mehri  I  §  42,  =  sh  gôlu  ou  gèle,  maladie,  id.  St.  sh  I 
pp.  25  et  26,  et  §  56,  que  Bittner  tire  d'un  thème  gly  ou 
gll,    être  chaud,  ib.  II  p.  41,  pourrait  plutôt  être  rapproché 

de  la  V^y^-  et  comparé  avec  l'arabe  .^o,  accès  de  fièvre. 
^y^ ,  couverture  de  cheval;  hardes,  vêtements  usés,  1 233 . 


315 

J!^_:>,  gardien^   parce  qu'il   6y^.,   fai^t  la  ronde;   Meissner 

NAGI  p.  139. 

J^,  voile,  761  et  n.  1;  762;  817,  2  d'en  bas;  1232.  ZA  29 

pp.  28  et  37.  D'après  Stace,  c'est  aussi  floiverpot,  p.  67  et 
p.  127:  je  ne  connais  pas  ce  sens. 

iLo^>  en  Dt.,  gûnieli,  mais  en  Hçlr.  gûnîeh,  gûnî^etak, 

ton  sac.  C'est  véritablement  la  grosse  toile  d'emballage,  ser- 
pillière^ et  par  synecdoche,  sac^  parce  qu'on  fait  les  sacs  de 

cette  toile,  655,4;  741;  pi.  ^c-^l^^j  1648.  RO  p.  7,  13  et  ib. 

§  140.    Moritz   Zanzibar  p.  18:  iùJ^>,  grosser  Sack.  D'après 

lui,  le  mot  est  hindou:  Sy-^"-  Courant  dans  toute  l'Arabie 
méridionale,  môme  chez  les  Mahrah,  Jahn  SAE  Gl.  p.  182. 
Bittner  St.  mehr  Y  p.  8  donne  pour  le  raehri  gûnît  et 
gûnît,  et  St.  sh  I  p.  36  et  p.  54  pour  le  sh  gunàt,  cf. 
plus   haut,   et   pour  le  soqot.  guni'eh.   Il  le  compare  avec 

l'arabe    „iLJ^:>,   Lederbiichse  fur  Spezereien",  mais  c'est  là 

un  autre  mot  et  le  même  qui  suit  ici. 

iC.j^.>,  trousse  de  ventouses,  le  petit  panier  oii  l'iiomme  porte 

ses  ventouses,  1030,8.  Dans  le  Nord,  c'est  aussi  ^awzer:  &-j^> 
»^t,  le  panier  où  Von  met  les  ustensiles  à  café.  Lôhr,  Dia- 
lekt  Jerus.  p.  122:  gûne,  lederumgehener  Korh  der  Fellâhhi; 
cette  définition  „entouré  de  cuir"  est  empruntée  aux  diction- 
naires classiques;  voir  ici  p.  316,  1.  Aussi  en  Mésopotamie. 
Jaussen  Coutumes  des  Arabes  p.  73:  gawneh,  petit  panier, 
aussi  appelé  selleh  ou  qasab.  Nôldeke  Fùnf  Mo'all.  traite 
de  ce  mot.  Il  y  cite  Hiz.  el-Adab  III  p.  376,10;  Tab.  II 
pp.    1446,15;    1447,1;   Mas.   Pr.    d'or  VIII  p.  394.2,  où  = 

xJ^,  ib.  p.  392,6  et  8,  comme  LA  XVI  p.  287,7:  iq4^ 


316 

rond  doublé  en  cuir  ou  recouvert  de  cuir,  qui  se  trouve  chez 
les   droguistes.  Dans  LA  XVI  p.  235,  ii-J>->  est  défini  par 

^.jLiilj  vvi^'  ^t^  J^*??.  ^^'  sL/i^jt^  b_jA;Cw-«  iduw,  ce  qui  est 
devenu    ^^Lederhilchse"   sous  la  plume  de   Bittner,   St.  sh  I 

p.  36.  Cette  forme  iiLj>>  n'est  pas  généralement  approuvée. 
Elle  doit  provenir  de  l'accent  sur  gû  qui  devient  alors  gû^ 

et  les  Arabes  auront  rendu  cela  graphiquement  par  ii-j>^, 
voir  ici  p.  JiLcwî.  Zaraahsarî,  Asâs,  cite  le  vers  d'el-^Aggâg  avec 

la  remarque:  jiLiLAJi-ciJ'  J,^  ,ij^  \>-^  .Uajol  (^Lvà-aî'  icj^  ^ 

avec  la  note  marginale  .LiutJ!  icluy>  ^_ct  qui  se  rapporte  à 
^tt\à-5,   tandis   que,  dans  son  el-Moqaddimah,  éd.  Wetzstéin 

p.  30,  il  énumère  parmi  les  c>^_:^-*.J!  oLj1  aussi  i^>-=-,  pi. 

^^^=>- =  iC-J>>  ib.  p.  293, 13,  capsula  conservandis  aromatibus. 

El-Amâlî  p.  145,8  d'en  bas:  iC-j^>-!  ^j^'j  voir  ici  sub  '^.. 
Lorsqu'on  a  vu  comment  les  droguistes  orientaux  étalent 
leurs  marchandises  dans  des  paniers  ou  sur  des  plateaux  en 
sparte  et  qu'on  connaît  la  grande  et  belle  industrie  de  la 
vannerie  dans  le  Sud  de  l'Arabie,  chez  les  Sômâl,  les 
Abyssins,   et   les   Soudanais  ')    on   sait   ce   que    c'est   qu'un 

iLj^:>  ou  iJLw,  mots  oucoro  usités  dans  le  sens»  de  pallier,  le 
second  courant  surtout  en  Syrie.  Le  manger  est  servi  sur 
des  plateaux  en  sparte,  et  l'on  s'explique  aisément  la  des- 
cription  d'el-Mas'ùdi   VIII   p.    394,  2.   LA   XVI   p.  257,12: 

j^oj   w-^!  Li-*-î  Jot_j  jkJ!    iLj^j!  =  Nihâyah  I  p.  189,  7 


1)  Daas  Eine  Sludienfahrt  nach  Kordofan  par  Cari  Meinhot'  p.  11, 
il  y  a  deux  figures  de  ces  paniers,  mais  ils  paraissent  être  moins  bien 
faits  que  ceux  que  je  possède  dans  ma  collection. 


317 

d'en   bas.   i^>->  est   donc  un  panier,  un  corheil  >  un  réci- 

_  pient,  un  vase,  un  plateau.  q^>  est  fosse  chez  v.  Kremer 
Beitràge  z.  arab.  Lexicographie  p.  38.  Je  ne  sais  d'où  vient 
ce  mot  iLJ^>,  qui  se  trouve  dans  le  Nord  et  le  Sud  de 
l'Arabie.  C'est  peut-être  le  même  que  l'araméen  p"cl  »  pocu- 
lum,  Brockelmann  Lex.  syr.  p.  52,  Cardahi  el-Lobab  p.  171, 
où  il  est  traduit  par  xj_s>  et  iCjt.x^.  Je  suppose  qu'on  le 
trouvera  un  jour  aussi  en  akkadéen,  comme  son  synonyme 
iL,  =  akk,  sel  lu,  panier,  Zimmern  Akk.  JW  p.  37. 
Il  y  a  un  autre  ^-jy>,  p.  e.  dans  la  Mo^all.  de  Lebîd  v.  59  : 

où  il  est  traduit  par  wine-jar  smeqred  with  pitch,  Johnson  Seven 
poems  p.  114,  ou  par  schwarzes  Thongefàss,  Nôldeke  Fùnf 
Mo^all.  II  p.  61,  qui  y  voit  une  épithète  du  récipient.  Ensuite, 
la  iL.A_jLi>,  jarre,  LA  I  p.  55  <  akk.  habn,  Zimmern 
Akk.  FW  p.  33,  serait  aussi  appelée  iC-J)~>  à  cause  de  la 
couleur  noire,  de  même  que  le  _j.Jo  „ lorsqu'il  devient  noir" 
L  A  sv.  Je  ne  vois  pas  bien  que  le  j^ô  puisse  jamais  prendre 
cette  couleur  assez  prononcée  pour  mériter  cette  épithète  > 
substantif.   Je  ne  vois  pas   non  plus  qu'on  puisse  ramener 

tlj^-^Jî,  le  soleil,  et  ,l\_pJ!,  Qâm.  sv.,  au  même  point  de 
départ.  Si  la  marmite  peut  mériter  l'épithète  de  noire, 
voire  même  la  jarre  à  vin,  si  elle  goudronnée  en  dedans, 
je  ne  trouve  pas  la  même  raison  pour  la  gûnah,  panier, 
basquet  du  droguiste  et  du  ventouseur.  ^lX* <  l'akk.  digaru, 
Zimmern  ib.  p.  33. 
^^^>  est  outre  d  vin  dans  el-Mufaddal.  N°  21,  17. 

On  n'était  du  reste  pas  d'accord  sur  le  sens  exact  du 
^^y>,  ainsi  qu'on  peut  se  persuader  en  hsant  LA  et  K.  el- 
Afldad  sv.  Nnldeke  Beitràge  II  p.  94  dit  c'est  emprunté  à 
l'araméen   jja^^   ou    q.  couleur,   Cardahi  o.  1.  p.  171,  <  v. 


318 

véd.  gaona,  néo-persan  g  un.  Cela  expliquerait  la  variation 

sémasiologique  de  qj^.  Voir  plus  bas.  Les  Arabes  ont  du 
reste  d'autres  idées  sur  les  couleurs  que  nous. 

Le  soleil  couchant  est  aussi  appelé  iLJ^_js^î,  I  Halawey 
apud  el-Hafâgî  Sarh  sur  la  Durrah  d'el-Harîrî  Cstpl.  1299 
p.    28.    LA    IX    p.    400,  8    Naqâid    Gl.    sv.    I    Sîdah    IX 

p.    20    en    bas  :     ;  ^..^.^.XcJt    (^-a-j    iLJ^:sn_Jî    :  j^^_A_xJî    ^_*_=>'wjo 
r  >  ^  3       )    -     G     - 

^y-î   ^   lj:bC=>   iu^:S^Î   iCJ^    i^>■>   ^J''..♦-:i^il    :  w^JLau ,  =    L  A   XVI 

p.  255,  8  d'en  bas,  qui  ajoute  :  lXJî^  Jï  c:a_jLc  !o!  L_^o!o^-w"b5 
Lplâ^a  3  U»i3LxJ  Q»^,  ce  que  I  es-Sikkît  avait  déjà  dit  avant 

lui,  Tahdîb  p.  388:  \.Çi  iLj^>  •^j.^.j^^  Ujî^  aJ^^oI  (j^.^.*^  JUj 
w^aju  ^^  j^^j  =  I  Sîdah  IX  p.  20,  où  aussi  1.  5  d'en  bas: 
fy^iai!  lAjiAxi  (^î  iuj.>  y.*^xiJt .  On  était  donc  en  parfait  désac- 
cord sur  la  portée  du  mot  q^^-  I-  es-Sikkît  Tabdîb  p.  388, 
=  I  Sîdah  IX  p.  20,  7  d'en  bas,  dit  ^^=^^1  ^Ji^  o_^^!  ^^J!. 

^^ys\!t  est  aussi  le  jour,  comme  en  mehri  heyûm  est  jour 
et  soleil,  et  en  sh.  yum  (yûm),  soleil.  Bittner  St.  mehri  I 
p.  38  n.  3  compare  aussi  le  turc  gûn  ou  gùnes,  jour 
et  soleil,  gûn  es,  soleil  '),  et  le  hongrois  7iap,  soleil  et  jour, 
ce  qui  m'a  été  confirmé  par  des  Hongrois.  Il  faudrait  exa- 
miner quel  rapport  il  y  a  entre  le  turc  gûn  et  %>.  Il 
n'est  point  impossible  qu'il  faille'  remonter  à  l'époque  sou- 
mérienne  pour  y  voir  clair,  surtout  si  l'on  admet  que  le 
soumérien  est  une  langue  altaïque.  Je  fais  également  observer 
qu'en  basque  egun  est  joicr -)  et  qu'en  touareg  a  g  en  ne 
est  ciel.  Cela  n'est  pas  une  coïncidence  fortuite. 

ii3^k^\  est  =  %.> Jî ,  le  soleil,  mais  les  deux  signifient  aussi 


')  Cf.  aussi  en  turc  ai,  lune  ôt  mois,  voir  ici  p.  517. 
■-)  Ce  que  des  Basques  m'ont  confirmé.' 


319 

^lXJLj!  parce  qu'elle  est  noire,  selon  les  lexicographes.   Je  ne 

saurais  me  persuader  qu'on  ait  donné  le  même  nom  à  ces 
deux  choses  si  différentes  s'il  n'y  a  pas  un  lien  sémasiolo- 

gique  primitif  qui  les  unisse.  %i^t  serait  alors  le  fém.  de  ^^^>, 
comme  son  synonyme  ^Ij^Jt  a  aussi  revêtu  une  forme  fémi- 
nine, à  cause  de  sj*.-*^  qui  est  du  féminim,  ce  qui  est  impor- 
tant au  point  de  vue  culturale  et  mythologique. 

On  a  beaucoup  tablé  sur  le  sens  de  ce  q^>  exotique  qui 

a  comme  substantif  &-j>>,  couleur  noire,  à  l'instar  du  iJLxj 

des  couleurs,  tels  que  '^r*s>,  iyi2==»,  «y-w,  iCw^c,  ïjo.^  etc.  's^y>- 
serait  alors,   selon   la  majorité  des  lexicographes  arabes, «^a 

noi7'e,  et  sa  couleur  serait  %>,  couleur  noire,  voir  p.  317  et 
I  Sîdah  IX  p.  20  en  bas  =  L  A  XVI  p.  255,  8  d'en  bas. 
Nôldeke  Beitrâge  adopte  cette  argumentation,  mais  il  donne 

le  sens  de  rouge  foncé  au  io^>  couchant,  probablement  parce 
que  ^.j^^  est  aussi  ,^ .  Lane  a  évité  cet  écueil  en  tradui- 
sant iLj^>  par  the  sun's  dise,  =  u*-.*^^!  u^c  =  L^*-';^  ^t^'-îJ 
I  Sîdah  IX  p.  23,1. 

C'est  bien  hypothétique  que  tout  cela.  Je  suppose  que  les 
Arabes,  voulant,  comme  toujours,  trouver  l'origine  des  mots 

dans  leur  propre  langue,  ont  identifié  io^>  et  %>,  7iom. 
vasis,  ainsi  qu'il  ressort  suffisamment  des  dictionnaires  indi- 
gènes et  de  Lane,  sans  vouloir  pour  cela  avancer  que  ^^.^î 
tire   ce  nom   de  celui  du  iLJj.> ,  récipient^  panier  etc.   Dans 

iCxjLx^J!  JàLàJ'bîS,  éd.  Beyrouth  p.  285:  iLJ^:?0!  ^j^^^\}  JUb,  mais 
cette  vocalisation  peut  provenir  de  l'éditeur.  Je  ne  veux 
nullement  prétendre  que  les  Arabes  aient  confondu  %>  et 
ioj.^,  car  je  n'ai  pas  de  preuves  pour  cela.   Mais  gûnah  a 


320 

pu  être  prononcé  g  ô  n  a  h ,  d'après  de  nombreuses  analogies, 
et  gônah  a  aussi  pu  devenir  gaunah,  ce  qui  graphique- 
ment devient  i^j.->  et  i;Jj_:s^Ji  par  excellence,  le  soleil,  le 
^j^*^!  LN3  Js .  On  dit  encore  p.  e.  (jo_iLl!  Jay^^  c^xs.  ^L^  L_j , 

nous  allons  partir  au  coucher  du  soleil,  RO  p.  166.  Le  disque 
du  soleil  vient  du  disons,  qui  est  aussi  =  ^./o,"  =  'iLX-Lz>- 
ou  iju^,  voir  p.  317,7,  et  qui  a  donné  Tisch,  disco,  disk 
(suédois)  etc.,  Kluge  sv.  Tisch.  L'évolution  sémasiologique 
serait  la  même,  si  elle  pouvait  s'appliquer  à  ce  cas  parti- 
culier arabe. 

Je  suis  persuadé  que  KJ^:s^i!  n'est  pas  un  mot  purement 
arabe.  Les  Assyrioloques  trouveront  peut-être  un  jour  son 
prototype.  Je  rappelle  pour  mémoire  que  le  Taureau  a  en 
soumérien  le  nom  de  Gii(-an. -na),  Taureau  (du  ciel),  rac- 
courci plus  tard  en  gù-an,  Jeremias  Handbuch  p.  109  et 
p.  119,  Zimmern  Akk.  FW  p.  62.  Qui  sait  si  nous  n'avons 

pas  dans  le  mot  K.jj.^!  une  réminiscence  de  l'époque  oii  le 
soleil  se  trouvait,  à  l'équinoxe  du  printemps,  dans  la  con- 
stellation du  Taureau.  Les  conceptions  mythiques  et  mytho- 
logiques qui  s'y  attachent  sont  encore  fort  nombreuses, 
1472  et  s. 

Selon  et-Wâqidî,  Wellhausen  Mohammed  in  Médina  p.  173, 
le  Prophète  fit  sa  prière  surérogatoire,  iJblj,  pendant  la  cam- 
pagne de  Dât  Riqâ",  „sur  son  chameau  tourné  vers  le  soleil 
levant".  Wellhausen  traduit  ainsi  o^>iUt  _^',  ce  qui  n'est 
pas  tout  à  fait  la  même  chose  que  le  soleil  levant,  Sonnen- 
aufgang.  S'il  avait  dit  vers  l'est,  l'interprétation  aurait  été 
à  l'abri  d'un  malentendu.  Bohârî  II  p.  45,  8  ((w^5'U!)  ^J^,  v_jIj 

ii-j^-x^=i.4.1i  =  Qastell.  II  p.  297,  rapporte  aussi  cela,  J>^  ^^li' 
o^./i.JI  _^'  sA:>].  ^c,  mais  il  ressort  des  hadît  à  ce  propos 


321 

qu'il  ne  le  faisait  que  parce  que  sa  chamelle  était  tournée 
par  hasard  vers  le  m  a  s  r  i  q.  Pour  la  prière  obligatoire^ 
juyiJCl!  BbLAoii  =  iOto5  Ait ,  il  mettait  pied  à  terre,  Boh.  II  p.  45 
=  Qastell.  II  p.  297. 

J'ai  vu  plus  d'une  fois  les  Métâwileh,  dans  la  montagne 
au-dessus  de  Tyr,  faire  leur  prière  obligatoire  tournés  vers 
le  soleil  couchant ,  c'est  à  dire  au  moment  que  le  soleil  se 
couchait,  notamment  une  foi  dans  le  village  d'el-Meg^dal,  près 
de  Qarat  Sam'ah  (Baedeker  p.  273).  Je  leur  fis  l'observation 

qu'il  fallait  se  tourner  face  Mekka:   kjLo  I^ULj  ^y>,  et  l'on 

me  répondit  laconiquement:  UjdUï  (^5^5»,  c'est  là  7iotre  qiblah. 

Jaussen,  Coutumes  des  Arabes,  p.  293,  raconte  aussi  que 
les  Bédouins  se  tournent  vers  le  soleil  levant,  et  ib.  p.  294 
il  rapporte  un  trait  de  leur  respect  pour  la  Lune.  Le  Pro- 
phète a  défendu  cela,  Boh.  II  p.  61  ((j^cNJiiî  c>^  0<:s\m^  ^_jL.) 

selon  la  Tradition:  ^Iki"  j:s>  ,#Ia1î!  Jou  :(j>î'^i>w3  Jou  abLo  "1^5 

Vj^J"  tS^  y^^  "-^i  y«»..^î,  il  n'y  pas  de  prière  après  ces 
deux:  Après  la  prière  du  matin  tant  que  le  soleil  n'est  pas 
levé  et  après  la  prière  de  l'après-midi  tant  que  le  soleil  n'est 

pas  couché.  Et  ib.  («Lï  l\:su«.x  *_j[j),  I  ^Omar  dit:  ÎJot  kj^î  1!) 

l— ^^^  33»,  je  n'empêche  personne  de  prier  à  l'heure  qu'il 
voudra  . . .  toutefois  ne  choisissez  pas  (pour  cela)  le  lever 
du  soleil  ni  son  coucher.  L'auteur  de  Magma^  bihâr  el-anwàr, 

Moh.  Tâhir  '),  ajoute  sv.  î^:   c^  o-5j^   ^-^^  '^-^^  o'  '^^ 
On   ne   dira   pas   que  les  Arabes  n'aient  conservé  la  mé- 


1)  +  986,  Brockelmann  G  A  L  II  p  416. 

21 


S22 

moire  du  Culte  du  Soleil  et  de  la  Lune,  ni  qu'ils  n'aient  „une 
mythologie  développée",  comme  l'a  statué  Nôldeke,  375  et 
D.  2.  Cette  mythologie  était  assez  „développée"  avant  l'Islam, 
qui  l'a  plus  ou  moins  étouffée.  Il  y  a  encore  à  l'heure  qu'il 
est  une  foule  de  réminiscences  mythologiques  et  de  conceptions 
astrales  qui  remontent  à  l'aurore  de  l'histoire  —  tout  comme 
chez  nous! 

Le  matin  s'appelait  u^^vjj"^'  ^y^iî,  le  taureau  blanc,  I  Sîdah 
IX  p.  51,4.  Après  tout  ce  qui  a  été  écrit  sur  le  Taureau, 
1472,  je  ne  crois  pas  avoir  besoin  de  relever  la  portée  de 
cette  expression,  qui,  de  même  que  ;>-w*_xiJt  (*-î^J^'  pour  le 
coucher  du  soleil,  Hdr.  Gl.  sv.  =  Brôckelmann  o.  1.  II  p.  66 
Anm.  3,  évoque  le  souvenir  d'un  temps  bien  éloigné.  En 
sabéen,  t  w  r  .v.S  est  aussi,  le  nom  d'un  mois,  Sab.  Denk- 
mâler  p.  51. 

Il  y  a  aussi  d'autres  noms  qui  se  rapportent  au  soleil  et 
rappellent  le  culte  dont  il  était  jadis  l'objet.  Tel  est  iC-^'îi], 
I  es-Sikkît  Tahdîb  p.  387,  où  un  sâhid.  I  Sîdah  IX  p. 
19:  idL*s  ^  'd^'Sûi\^  'i^^l  L^  Jjij3  et  il  cite  le  même  sâhid 

que  I  es-Sikkît,  avec  une  explication,  d'après  el-Fârisî,  pour- 
quoi on  l'appelait  ainsi  et  pourquoi  cette  appelation  ne  fut 
plus  permise  après  l'Islam;  Lane  sv.  Marâtî  éd.  Seyho,  p.  105. 
Déjà  Fleischer  avait  montré  que  la  tradition  islamique  savait 
que  la  déesse  païenne  el-Ilâhah  était  identique  au  Soleil. 
Wellhausen,  Nôldeke  et  Buhl  sont  aussi  de  cet  avis.  Nous 
voyons  que  I  Sîdah  confirme  cela. 

Un  autre  nom  du  Soleil  est  IvJ.  I  es-Sikkît  p.  390:  JUb 
kJ^^.k2^  ^-kJ^  iUJL.  yi  c:Axijc)  lXï  et  ib.  p.  801,  où  l'éditeur 
ajoute:  &-^!  AJ^i  _},    l  Sîdah  IX  p.  21,11  dit  seulement: 

^]^^.  ^  '^^.'  LA  III  p.  479/80:  ^  ^1.*^!  _^  is^Vw  ^y' 
P^Uîj  .^jui\  *53  ^^J!  2I=>lXj  "^  ç\^,  avec  un  sàhid  d'Abu 
el-^Alâ  el-Ma^arrî   et   un   article  ad  hoc  confirmant  la  leçon 


323 

-^  au  lui  de  ^y-i,  comme  c'est  à  tort  imprimé  dans  le 
Sihâti  sv.,  copié  par  TA. 

Zamahsarî    Asâs  cite  le  dicton  ^yj  ^y,   .  ♦  rî  aU'  ii)ULjt> 

Z^-  cr  ]y'3>  TA.  Qâm.  sv.:  ^^U-!  ^  U^i^  ur^^^  ^^ 
,j*M.xiJî.    Le  mot  paraît  avoir  été  en  usage,  car  il  se  trouve 

dans  un  hadît  d'el-Hasan  b.  ""Alî:  _,^  >,ii^xJLb  ^  =  ^^i^jelh  ^ 

^j*>_*-ci-JÎ,   Nihâyah   sv.   où   voyelle  ^^_j,  comme  dans  TA. 

Quelques-uns  ont  avancé  la  forme  -y.,  mais  cela  a  été  réfuté. 

D'après  la  règle  de  la  grammaire,  on  devrait  dire  ;Tyr?> 
mais  on  n'était  pas  bien  d'accord  sur  la  déclinaison  des 
noms  i3?-2j  ainsi  qu'on  le  voit  par  ce  qui  précède,  Fleischer 

Kl.  Schr.  I  p.  312.  TA  a  ^^p-j.  Ce  mot  bizarre  n'est  pas 
arabe  pur  sang.  Il  me  fait  l'efifet  d'être  le  même  que  le  plus 
ancien  nom  de  Dieu:  Yô,  Yâ,  Yôh,  Yâhî,  Yôh,  babyl.  Ya'u, 
YâJiû,  sur  lequel  voyez  Ges.-Buhl  sv.  nin"'.  La  lettre  finale 
ne  fait  pas  de  difficulté.    |jLc)  aIÎ!^. 

Encore  un  nom  se  rapportant  au  soleil.  I  es-Sikkît  Tahdîb 

p.  390:  tLl  ,_^— *>iJl  c_^.-c2J  JULj,  avec  un  sâhid  de  Ma'n  b. 
Aus,  contemporain   du  Prophète,  K.  el-Ar.  X  p.  164  et  ss. 

El-(jauharî,  p.  445  sv.:  l^%  L^L]^  ^-«-iJ!  «LÎ.  I  Sîdah,  IX 
p.  21,9  d'en  bas,  donne  également  ^b^î,  W!  et  ^j«.*xiJt  »U  = 
L^îi^,  avec  ce  même  sâhid  de  Ma'^n  b.  Aus  et  une  expli- 
cation ad  hoc.  LA  XVIII  p.  67  en  bas  porte:  Lt,  ^Ll,  »b], 
sL!  =  l.gjLwj>5  L^iyisj  ^^y»  ^^^"^  ^°  sâhid  de  Tarafah  '),  qu'il 


1)  Six  Diw.  p.  55  v.  9.  ôaraharah  d'Abu  el-Hattâb,  éd.  Caire,  p.  84. 
Johnson  The  seven  Poems  p.  .34.  Lyall  Ten  ancient  Poems  p.  32  avec 
un  bon  commentaire.  Ce  verset  ne  se  trouve  pas  dans  es-Su'^arâ'  en- 
Nasr.  vol.  I,  car  il  a  probablement  paru  trop  leste  aux  chastes  Jésuites 
de  Beyrouth. 


â24 

donne  aussi  XX  p.  326  avec  celui  de  Ma'n  b.  Aus.  2amah- 
sarî  Asâs  mentionne  seulement  ^^v.^,♦>ii.i!  5ljl  =  ^£L*^,  ib.  sub 

^^^J.   Qâm.   sv.   iu^!   et   sv.   L!  ne  fait  que  copier  ses  prédé- 

cesseurs,  et  TA  plagie  LA.  aL!  est  aussi  la  couronne  du 
disque  solaire,  le  halo,  <'iXs>,  qui  est  le  halo  de  la  lune,  LA 
XX  p.  326,  en  bas.  Ce  mot,  dont  l'emploi  est  assez  con- 
firmé par  les  citations  ci-dessus,  n'est  certainement  pas 
arabe  et  n'a  rien  à  faire  à  &_3J.  Je  crois  qu'il  faut  en  cher- 
cher l'origine  dans  le  nom  de  l'épouse  ou  l'amante  de  Samas, 
que  Jensen  KB  III,  i  p.  201  et  n.  ad  hoc  et  Zimmern  KAT^ 
p.  368  lisent  A  y  a,  sur  laquelle  voye^;  Morris  Jastrow  jr. 
Die  Religion  Bab.  und  Assyr.  I  p.  71,  Hommel  GGG  I  p. 
95  et  s.  qui  dit  que  A  y  ou  Aya  est  le  nom  soumérien  de 
la  Lune.  Effectivement,  ai  est  lune  et  mois^)  en  turc  et  se 
rencontre  dans  les  inscriptions  d'Orchon,  déchiffrées  par  V. 
Thomsen,  Festschrift  Hommel  II  p.  270  et  ss.  Les  Arabes 
auront  appliqué  ce  mot  au  soleil  à  une  époque  où  le  Soleil, 
comme  suprême  divinité,  avait  pris  la  place  de  la  Lune. 
Ou  bien  les  Arabes  ont-ils  méconnu  la  portée  de  ce  mot, 
qui  pour  eux  était  senti  comme  exotique.  Voir  sur  a  y  A. 
Jeremias  Das  alte  Testament  etc.  p.  105;  id.  Handbuch  der 
altorient.  Geisteskultur  pp.  37  et  250  et  la  figure  N°  145,  avec 
l'inscription  Samas,  A  y  ib.  p.  252.  Gunkel  Z.  religionsgeschicht- 
lichen  Verstândnis  des  NT  p.  59.  Ayant  constaté  qu'il  y 
beaucoup  d'éléments  de  mythologie  astrale  dans  les  concep- 
tions arabes,  avant  et  même  après  l'Islam,  je  ne  suis  nul- 
lement étonné  qu'un  tel  mot  ait  pu  se  conserver  à  travers 
les  temps,  depuis  la  plus  haute  antiquité.  Si  cette  étymo- 
logie  hypothétique  ne  plaît  pas  aux  Arabisants,  je  les  prie 
d'en  proposer  une  autre,  ce  qui  me  paraît  bien  difficile. 
Mais  je  les  prie  surtout  de  ne  pas  être  de  l'avis  de  Nuldeke, 


\)  Cf.  gùn  ou  gunes,  jour  et  soleil^  voir  ici  p.  .SIS. 


325 

qui  prétend  que  les  Arabes  n'ont  pas  de  mythologie,  et  de 
ne  pas  négliger  les  recherches  dans  ce  sens,  malgré  le  juge- 
ment du  grammairien  Stumme  à  mon  adresse,  Dt.  III  p.  V. 
Tout  était  et  est  mythologie  chez  les  Arabes,  comme  chez 
nous  et  chez  tout  les  peuples  de  la  Terre. 

8j.>  <  «.>^,  se  rendre  vers  =  ô<j^aé  ''Anazeh  et  Haurân  790. 
8L>,  pouvoir,  puissance,  influence,  719,  2  =  iCPL>  ;  l'archevêque 
Sêr  p.  49  veut  que  ce  soit  le  persan  sL>,  dignité.  Or,  je  fais 
observer  que  1°  il  y  a  l/^&s-j  >T/~»j.>,  très  courant  sur- 
tout dans  les  parlers  du  Nord,  ce  qui  a  déjà  été  relevé  par 
LA   XVil   p.   380,  cf.  ib.  p.  456,  11,  p.  459,8  d'en  bas,  et 

I  Sa'd  II  p.  36  (anm.),  comme  U^  >  »Lï  LA  XVII  p.  459 

et  2°  i^^  veut  aussi  dire  dans  les  dialectes  honneur,  protection, 
responsabilité  etc.,  ainsi  qu'on  pourra  lire  558  et  précédentes. 

Je  me  demande  donc  si  »L>,  }iPL>  =  i^L>j  ne  peut  aussi 
être  arabe.  N'ayant  pas  ici  à  Nice  les  livres  persans  néces- 
saires, je  laisse  à  d'autres  à  juger  de  la  relation  entre  le 
persan  ab-  et  l'arabe  »[>.  Nous  lisons  dans  le  Diw.  de  Qays 
b.  el-Hatîm  N°  14  v.  15: 

_5^j_*_£3  L^>>j  o^-*^-'-5      ^^'  '^:^^  vJL^dj  ^^Li 

Et  si  nous  nous  joignons  à  A.  le  Yémanite  et  à  N.  qui  nous 

respecte  et  à  "A.,  oii  ce  verbe  est  expliqué  par  L^L>  IjJ  Jjtj*:; 
cf.  L  A  XVII  p.  456.  —  à^L>  Jx;,  par  ses  propres  moyetis,  sa 

propre  force,  sans  argent,  Çdr.  p.  451.  «^Lf-,  v.  d.  Berg  Le 

Hadhr.  p.  278,  5  d'en  bas.  sb*  woL^a  =  ôjLj  w^=>Lo,  person 

of  influence,  Stace  p.  87. 

»^>,  mauvais,  contr.  de  ^^\,  qui  s'emploie  beaucoup  en  Hdr. 
Gl.  sv.  et  ib.  sy.  «,juc.  C'est  probablement  un  mot  mehrite, 
car  nous  lisons  SAE  VII  p.  26,7:  gômili  mehri  =  guw- 


326 

wah  hdr.  1.  24,  mais  la  forme  arabe  est  insolite.  Voir  sub 
^_^>  et  (^_j.=>  et  sub  ^  et  j.L>,  i. 

>>  n'est  pas  au  Negd  un  puits,  mais  la  place  où  se  trouvent 
des  puits  d'eau  de  source.  Là,  un  g  au  comprend  plusieurs 
puits,  ^Lo,  faits  de  main  d'homme.  Le  pluriel  en  est  'è-^.y^, 
plusieurs  gau  de  cette  sorte.  Mais  les  Bédouins  de  Syrie 
entendent  par  j^  un  seul  puits,  un  abreuvoir,  491,  11  d'en 
bas.  A  Légâ,  près  de  Damas,  il  y  a  une  source  qui  s'appelle 
(jrau  ""Âhreh  »^icy>;  ce  n'est  pas  un  gaw  dans  le  sens 
du  Negd.  —  5>  est  aussi  un  terme  géographique  dont  j'ai 
longuement  parlé  Arabica  IV  p.  43  et  ss.  et  V  Gloss.  sv. 
Ainsi  est  appelée  la  bordure  du  désert  ou  la  zone  qui  entoure 

le  ^JJl^it  ^j,  aussi  nommée  iX«p!  ou  i^lhjl^.  Pour  les  Beyhà- 

nites  et  les  Harîbites  que  j'ai  fréquentés,  j.>  était  un  terrain 
plus  ou  moins  grand  et  sans  végétation.  Ils  appelaient  ainsi 
l'espace  entre  les  villages  où  il  ne  pousse  rien  et  où  il  n'y  a  pas 
de  maisons  =  tjj^  vhv.  L'espace  devant  la   Mahkameh 

d'Aden  était  pour  eux  un  >> .  Le  _>.>  doit  avoir  le  terrain 
solide;  il  n'y  a  pas  de  sable  oic  Von  s' en  fonce;  cela,  est  chez  eux 

iL:^u-w  ou  J^ .   Ce  _^->  est  chez  les  ""Awâliq,  et  à  l'est  de 

là,  appelé  J^>  vhv.,  mot  inconnu  en  Beyhàn  et  en  Harîb.  — 

L_j>>  et  _5.>  ont  de  l'affinité  radicale  et  sémasiologique,  ainsi 
qu'on  pourra  déjà  lire  dans  LA  sv.;  c'est  sans  doute  ^^.^ 
^^»j^,  avec  permutation  de  o  et  j,  à  moins  qu'on  préfère 
que  V~y>-  soit  développée  en  uj>>,   et  cela  est  peut-être 

plus  juste.  Anciennement  _>.>  était  aussi  appliqué  à  un  ter- 
rain où  l'on  s'enfonce,  comme  dans  le  's3\>^  bourbier,  car 
on  lit  dans  Bânat  Su^adu,  éd.  Guidi  p.  193: 


327 

£L^l3>,  espace  du  ciel,  1544,  1.  —  Gaw  se  rencontre  sou- 
vent dans  les  inscriptions  sabéennes,  p.  e.  Rhodokanakis 
Studien  z.  Lexicographie  und  Grammatik  des  Altsùdara- 
bischen  II  pp.  7  et  8,  qui  le  traduit  par  communauté'  reli- 
gieuse, et  p.  10  par  la  collectivité  des  tribus.  C'est  peut-être 
la  même  inscription  que  Halévy  50  et  257,  expliquée  par 
Mordtmann  ZDMG  44  p.  188:  „da7is  tout  le  gaid",  c'est-à- 
dire  ^xelui  des  Alm,  Seymm,  Hhl.  et  JB.mf\  Je  crois  que  kl 
gwm  désigne  ici  tout  le  pays  des  etc.  La  conclusion  que 
tire  Rhodokanakis  de  ce  passage  me  parait  un  peu  hypoté- 
thique,  ib.  p.  9,  mais  il  est  plus  au  courant  des  inscriptions 
que  moi.  Landersdorfer,  Sum.  Sprachgut  p.  66,  dérive  l'hébr. 
13,  communauté,  Job  30,5,  du  soum.  gù,  totalité,  qui  pour- 
rait être  le  même  que  le  sab.  gwm,  mais  il  faut  alors  le 
séparer  de  l'autre  j:> . 

!^[^,  pl.  'iJ>éj>\^  espace  enti'e  les  m,aisons,  Rog.,  comme  ISlùâh  Y 

p.  117  et  LA  XVIII  p.  172,8  d'en  bas;  ^Uj  régulier. 

_    û    ff  -Oc  û 

(^^>t,  être  puant.  ^Ut  o>>t,  l'eau  pue.  ^^y^  ^L,  eau  puante. 
Cela  chez  les  'Anazeh.  Voir  LA  XVIII  p.  171,7  d'en  bas: 
,^y«L>uJ!  iU!  i^^r^î.  Au  Negd,  on  dit  ^^La  ^LLI  vhv.  ou  ^àXj» 
ou  r-îrî  •  Cf.  sub  (^>  et  s^>. 

tL>  prononcé  àga,  àgà  24,19;  41,5,6,8;  70,1;  592  n; 
expliqué  698  s.;  849,12;  âgà',  24,23;  521,4;  698  en  bas; 
799,7;  iga,  140,9;  698  en  bas.  Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.-  L> 
sans  hamza,  soit  ga,  est  ancien,  Abu  Zeyd  Nawâdir  p.  201 
en  bas.  Mais  ce  n'est  g  a  que  dans  l'intérieur  de  la  phrase, 
car  même  avec  raccourcissement  de  la  longue  g  a  est  suivi 
d'un  hamza  très  léger,  perceptible  à  mon  oreille.    Dans  le 


328 

Hogarîeh  du  Yéman,  tout  le  parfait  conserve  l'a  prosthétique  : 
agit,  je  suis  venu,  agîna,  tious  sommes  venus.  Gat,  get 
ou  git<o'=l>,  640,1  n.  1;  Abu  Zeyd  1.1.  donne  oL>  que 

Abu  el-Hasan  corrigea  en  c^^-jL:?-:  c'est  que  l'un  avait  en- 
tendu ceci,  l'autre,  cela,  car  dans  les  dialectes  les  deux 
formes  existent.  A^.,  I  Sîdah  XIV  p.  15,5  d'en  bas.  L'im- 
pératif en  datînois  est  gi",  330.  L'imparfait,  pour  indiquer  le 
nombre,  faisant  fonction  d'adverbe  verbal.  El-makân  hadà 
bâ  tigî"*  mîteyn  meshad,  dafis  cet  endroit,  il  y  a  en- 
viron deux  cents  maéhad,  67,10;  min  hàmma  hulùqt 
kam  yigîlak,  depuis  que  tu  es  né  (as  été  né),  combien 
(d'années)  y  atil  de  cela?  =  quel  âge  as-tu?  =  Syrie -l^ 
liU  .Uî  ou  .Lo  toujours  au  parfait.  ,R0  p.  155,9  d'en  bas  a 
une  phrase  pareille  qu'il  n'a  pas  bien  analysée.  —  Devenir, 
comme  RO  p.  416,6  d'en  bas. 

Stumme  s'étonne  GGA  1909  N°  11  p.  888  que  j'écrive 
gâ'  avec  un  hamza  final.  Il  veut  que  la  voyelle  longue 
devienne  dans  ce  cas  brève.  Cela  est  souvent  aussi  le  cas, 
mais  un  hamza  est  même  alors  perceptible,  comnje  je  viens 
de  le  dire  plus  haut.  J'écris  klâ^  hdâ%  Stumme  o.  1.  p.  888, 
ce  qui  est  la  prononciation  des  mots  pris  ainsi  isolément. 
De  même  dans  ma""  bâ^ha,  158,21,  le  hamza  est  motivé 
par  l'ictus  de  la  longue;  cette  syllabe  tonique  conserve  par 
là  sa  voyelle  longue.  D.  H.  MûUer  écrit  gâ",  SAE  IV  pp. 
117,18;  118,4,7;  140,6;  agâ'  ib.  pp.  124,32;  126,26,  et 
agâ^en  ib.  p.  120,8  d'en  bas  et  ib.  p.  124,5:  gâ^'at.  Il 
n'a  pu  transcrire  autrement  pour  bien  rendre  la  pronon- 
ciation. Je  suis  donc  en  parfait  accord  avec  lui. 

Le  hamza  ne  s'entend  pas  toujours  dans  l'intérieur  d'une 
phrase  continue,  comme  le  fait  justement  observer  Rhodo- 
kanakis  RD  II  §  3a  et  c  et  note  4.  C'est  ainsi  que  nous 
trouvons  ici  491,11  d'en  bas  mâna<l3tLo,  notre  eau,  voir 
ma  LB'A  p.  74  n.  8  et  p.  77  n.  6  et  p.  78  n.  7.  Pour 
les  autres  observation  de  Stumme  o.  1.  p.  888,  je  lui  rétorque 


329 

son  assertion  qu'il  a  „ passé  presque  une  année  dans  le 
Paradis  de  Damas"  en  lui  faisant  savoir  que  j'y  ai  passé 
beaucoup  plus  longtemps  et  que  je  ne  note  que  ce  que  j'ai 
entendu  de  mes  propres  oreilles.  J'ai  un  grand  nombre  de 
textes  de  Damas  dictés  par  des  indigènes,  nés  à  Damas.  Là 
on  ne  dit  pas  min  nu,  mais  m  in  no  h,  ce  que  Stumme 
aurait,  du  reste,  pu  constater  dans  les  Contes  de  Ôstrup  p.e. 
p.  133,3.  Voir  sur  cet  ouvrage  ce  que  j'en  dis  1241  n.  1. 
jy>L),  part,  présent,  698  et  s.;  Carbou  p.  119;   cf.  iÀ.i»Lo  et 

J^Lo   vhvs.   Pour   moi,  l'origine  n'en  est  pas  obscure,  comme 

le  pense  Brockelmann  1212.  Le  participe  est  aussi  en  Hdr. 
^>!5  ou  jy>T<^55L>.    On  lira  à  présent  Marçais  TAT  Gl. 

p.  256.  —  Jahn  SAE  III  p.  179  rapporte  un  verbe  L^,  qui 
selon  L  A  sv.  est  =  'iLi*,  faire  des  pas,  marcher,  et  qui  s'est 
conservé  dans  le  mehri  gehau,  yewzr,  <  g e h ô ,  Bittner  St. 

mehri  II  p.  105,  et  IV  p.  58.  Cf.  le  'omân.  ^^_^>  faire 
venir,  RO  p.  96,  2. 


v«;L>,  i,  <  V  ^^^j  apporter,  porter,  très  courant  dans  toute 
la  Péninsule.    4^«1a>  'sJJ'^,  pai^  Dieu,  tu  Va  deviné,  ou  devinée 

1443.  ^  v'^->»  porter  fruit.   RO  p.  208,11  d'en  bas.  - 

Donner.  RD  Gl.  sv.  —  "^î^  L^ÎlXï  tU»  »-jLi>j  v^^^-ci-Joi  "i  J^AJt 

j,v^  ('■kk.j^'i  i:jy«>j  i^j:^^^"*^  ^^'  o'^'  ^^  dromadaire  ImsquHl  a 

soif  et  connaissant  qu'il  y  a  de  Veau  devant  lui,  y  parvient 
en  un  jour  si  l'eau  est  à  une  distance  de  marche  de  deux 
jours,  "Anazî. 

v^î,  prononcé  ugèyb,  pi.  v^>î,  poche,  Hogarîeh.  Il  y  a 
encore  dans  ce  pays-là  des  formes  bizarres  qui  doivent  être 


5 

')  Ainsi  prononcé  itgîbahu!    Voir  »UwJj  p.  84  d.  1.   et   ma  L  B 'A 
Gl.  sub  ». 


330 

sabéennes.  Cf.  i^y.  En  'Oman,  v^?  pl-  v-^5  bouton,  RO 
p.  42,  1;  p.  72,2. 

j^!l\-^>  est  le  nom  d'une  subdivision  des  Mahrah,  ma  Fest- 
gabe  p.  41,2  d'en  bas,  dont  la  filiation  se  trouve  aussi  chez 
Nasvvân  o.  1.  p.  23  en  bas.  L'auteur  de  Turfat  el-Ashâb,  Dt. 
433,   ma   Festgabe  p.  41,   dit  expressément  que  le  nom  de 

^^^  ^^  q'^\^  doit  être  écrit  avec  un  ^.   Mais  Naswân  o.  1. 

p.  30  et  p.  61  (sub  ^)  donne  la  filiation  jj!w>^_^.>  ^  j_^ 
ïLcUai  ^  oLil  ^  ^_c  ^.  Wellhausen  Skizze  IV  p.  vo 
porte  aussi  ^]lS^s>.  D'après  Turfat  el-Ashâb,  ma  Festgabe  p. 
42,  les  (jraydân,  les  Mahrah,  les  'Abdal  et  les  Sey^'ar, 
Naswân  o.  1.  p.  61,  seraient  les  descendants  de  'Amr  b. 
el-Hâf  b.  Qodâ'^ah,  tandis  que  Naswân  o.  1.  p.  23  dit  que 
(jaydân  était  un  roi  himyarite:  wo^^  ^  ^^^  ^  q'^> 
^■^1  L^  ^i  yS^\  ^  cr*  •  •  •  ^)  o^'    Il  y  ^  donc  ici  une 

contradiction.  Une  tribu  Heydân  n'existe  plus;  seulement 
(jraydân,   qui   sont   des   Mahrah.    On   hra   Dt.  p.   1349.  — 

De  ce  nom  ^ÎA*:?-,  on  avait  fait  un  dénominatif  ^ô^.>j^  = 
iwyjXCs/o  ^  ^rv^r?)  ma  Festgabe  p.  41,3  d'en  bas,  où  d'autres 
verbes  analogues  himyarites. 

;*>,  sorte,  espèce;  pendant,  1730.  —  .*:>  ,^,  du  nombre  de, 
comme  les  autres,  168,12;  169,21,  Dt.  et  Yéman,  expliqué 
par  L-^J'  et  jJL*  —  ^y;r^  q^,  comme  eux,  Dt.  et  Hogarîeh. 
RD  Gl.  sv.  Dans  le  Nord,  on  dirait  ^^  ^^,  vhv.  j^Uai  ^'i" 
xxLLo  [joys.  ^^  ^^^  sAJ-c  ,*-^Xil ,  L.   le  Sage  était  employé 


331 

chez   lui  à   l'instar  des  autres  employés,  il  était  au  nombre 
de  ses  employés^  Weissbach  Irak-Arab.  p.  64,  3. 
sjA>,  pl.  :L>  OU  j!^,  colline,  =  iùoiy  68  d.  1. 

(jiL>,  i,  faire  du  bruit;  murmurer,  gronder.  Ja-*J!  (jiL>  la 
pluie  s'est  levée  en  grondant,    1603,10.   Cf.  Boh.  Il  p.  27: 

Prophète  faisait  les  rogations  (en  chaire)  et  il  ne  descendit 
(de  la  chaire)  que  toutes  les  gouttières  grondaient  d'eau.  La 
traduction  de  Houdas  I  p.  330  est  trop  libre.  Cf.  Tab.  I 
pp.  1533,12;  1535,  1:  tU!  u-^^-  L'emploi  est  le  même  dans 
tout  le  Sud;  RD  I  p.  97,17.  C'est  une  onomatopée;  cf. 
Lio-  >  ^> ,  vhvs.  et  ^Jis>'  et  les  autres  verbes  congénères, 
sub  ^jr^\  (3^'-^')  5-^^  et  ^l\j,  roter.  —  \J^^ ,  faire  du 
tapage,  avec  (J.^,  Dt.  =  lïdr.  ^}.£.  j^^^,  vhv.  —  Réunir  des 

troupes,  Dt.  ;  dénominatif  de  yiw^>  ;  aussi  raehri  g  i  y  ô  s , 
Bittner  St.  mehri  II  p.  95. 

Il  y  a  en  Dt.  ^^>>  =  '^-^-^  et  iCii^,  tapage,  vhvs.  yixA> 
est  originairement  l'infinitif  de  uiLs*,  i,  faire  du  tapage,  je 
ne  crois  pas  que  le  sens  primaire  soit  être  agité;  elle  me 
paraît  secondaire.  On  le  traduit  souvent  par  armée.  Cela  est 
trop  en  parlant  des  Bédouins.  C'est  plutôt  troupe,  bande, 
Haufen,  Schar,  essaim  de  n'importe  quoi,  314,10;  1660,6. 
Meissner   NAGI  p.  117:   Haufen.  Marçais  RMTA  p.  438 

en  haut:  bande  (de  voleurs).  uiil:>,  524  =  g  as  <  iji.A>.  Le 
pâtre  en  chef  des  chameaux  de   l'emîr  de  Hâil  est  appelé 

ijiy^t  ij^'j,   ce  qui  illustre  bien  ce  mot,  Euting  Verhandl. 

Gesellschaft  fur  Erdkunde  Berlin  1886  N°  5  p.  14.  C'est  un 
mot  pur  arabe,  contrairement  à  Fraenkel  F  W  p.  238. 


332 


oL>,  i,  puer,  Syrie,  =  uû:>.  Tab.  I  p.  1332,  10. 

iLiA>,  cadavre,  charogne,  Nord  et  ''Oman;  Tab.  Gl.  sv.;   Cf. 

iLx>  vhv.;  HDIJ:  cadavre. 

JwL>,   rester,   demeurer,   Béd.   Hogarieh:   Ala   ma   ba  ni- 

geyyil  banehobb  =  Z*s>\  L  j4>'  Ij  '-«  Ij! ,  je  ne  veux  pas 

rester,  je  veux  partir,  Hog.  Chez  les  Subèhî,  ^yl^  est  tout 
le  contraire,  partir  :  s  i  n  g  i  y  i  1  a  n  a  u  î  y  â  k ,  nous  allons 
partir  moi  et  toi,  ensemble.  La  provenance  ne  doit  pas  être 
la  même.   Le  premier  est  peut-être  une  prononciation  pour 

y^i,  d'après  de  nombreuses  analogies;  le  second  est  peut- 
être  pour  J^>  >  j4>  • 


*  ^ 

c 

préfixe  futural,  surtout  en  ^omânais817,  818,4,6  et  passim, 
mais  qui  peut  aussi  indiquer  que  l'action  se  fait  en  ce  mo- 
ment-ci. Voir  mon  exposé  p.  86  et  ss.  Il  alterne  avec  s, 
voir  ib.  L'origine  de  ce  préfixe  h  n'est  pas  encore  bien  claire, 
mais  elle  paraît  être  la  même  que  dans  l'égyptien  h  devant 
l'imparfait,  quoique  le  sens  en  varie  un  peu,  Vollers  ZDMG 
49  p.  502/3;  id.  Lehrbuch  p.  30;  Hartmann  LLW  p.  194,9 
et  p.  242  en  bas.  On  aura  déjà  vu,  Hdr.  p.  545  et  p.  729, 
que  h  est  aussi  un  préfixe  futural  de  l'imparfait  dans  cer- 
taines contrées  du  Sud. 

C 

permute  avec  s,  115  n.;  596;  669  et  n.  2;  672  n.  1;  975; 
1380;    1527;    1644   et   n.;  lîdr.  p.  253;  ^  et  ^  441  en 


bas;  1225;  1526.  Il  est  souvent  absolument  impossible  de 
distinguer  si  c'est  -  ou  »,  53  n.  5;  même  remarque  chez 
Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  160  et  RÇ  II  p.  75;  cf.  Adab 
el-Kâtib  p.  tvl^.  Même  incertitude  en  mehri.  Dans  la  lurah, 
ces  deux  lettres  se  remplacent  souvent.  Je  rappelle  ici  seu- 
lement S>h  et  8^'.  LA  III  p.  368,4.  J'en  ai  dressé  toute 
une  liste,  rien  que  de  la  lurah,  mais  elle  est  trop  longue  pour 
figurer  ici.  Cette  permutation  est  aussi  constatée  en  mehri, 
Bittner  Studien  I  pp.  49;  122  et  123;  ib.  II  p.  35  N°  3 
p.  148,  si  toutefois  ce  n'est  pas  ici  un  défaut  de  notation 
de  la  part  de  Jahn. 

Elargissement  d'un  verbe  ^  en  ..?oè,  796  avec  exemples; 

y~f^  ^i^  >  ^y  vhv. 
.  Elargissement  d'une  trilitère  par  _  après  la  première  radi- 
cale: -  ,o  et  -T>o  975  avec  d'autres  exemples. 


-,  aimer;  baiser,   871    et   s.   Hobbeni    'ala   lèhyiti, 
haise-moi  la  barbe,  ''Anazî. 
aJot  ûo-,  baise-lui  la  main,  Hammam  Rîra  (Algérie). 

vLo  >  ûui,  872  et  s.  —    JLJj  v_-^:>  ^J^  =  v^l^  v"^'  ^^^  871; 

872;  1223. 

'.-^^,   intens.   de  la   V  forme,  baiser,   baisoter,  38,  4;  871; 

inf.  ^ÎJp'  535. 
^Zp-  >  w.lc  873. 

L^\,  aimer,  446;  871  et  s.  Brockelmann,  VGSS  I  p.  578, 
veut,  de  même  que  tous  les  autres  grammairiens,  tant  arabes 
qu'européens,  que  v>^^  soit  le  participe  vulgaire  pour  v*^- 

Mais  cela  n'est  nullement  nécessaire:  la  première  forme  v^=> 
a  été  systématiquement  négligée  par  les  écrivains  arabes,  qui 
ont  trop   dédaigné   le   langage   du  peuple.   Pour  ma  part,  je 


334 

me  sers  carrément  de  vj-s^  dans  ma  correspondance  avec 
les  Arabes,  mais  le  participe  présent,  au  contraire,  sonnerait 
mal.  On  lira  avec  intérêt  ce  que  dit  de  ce  verbe  I  Sîdah  XIV 
p.  214,  5  d'en  bas  et  s.  et  p.  238,  5  d'en  bas  pour  se  con- 
vaincre  que  v^=>,   i,   u,   est  tout  aussi  bon  que  w*>î,   Les 

Basriens  ne  voulaient  pas  admettre  wv>  pour  v^=>S,  mais  la 
poésie  arabe  offre  beaucoup  d'exemples  de  la  P  forme  du 
verbe,  M'AR  p.  14. 

i_AJL>,  embrasser  sur  les  joues,  78-5  et  baiser  la  main  871. 

v_;l-^,  s'adonner  à  V amour  lesbien,  940. 

Jsc  L;,*«srù«î,  aiîïier  mieux,  préférer,  446. 

wo-,  plomb,  balles,  1541;  iU:>  nom.  unit.,  balle,  12,  10;  pi. 

oÛj>,  520,  7  d'en  bas,  et  vv.==-,  1582.  —  l_-o,    blé,  céréales, 

117,29: 1228.-,So2<c/?e,on^mel228,8d'en  bas;  1541.  dL  L^, 
souche,  famille  des  "Olah,  1605. 

wAj>,   aimé,  toujours  suivi  d'un  substantif,  847  note,  I  SaM 

IV,  I  p.  42. 

û>j>,  vîdva  =  ^l^",  871;  R  D  GI.  sv.  —  Outre,  pi.  vU>  class., 

mais  non  inconnu  dans  le  Nord,  v.  sub  îLjL^L-?;  du  persan 
humb,    Vollers   ZDMG   50  p.  639,   Le   Monde   oriental  X 

p.  84,3:  ^'y?^'b  v^-i-^'  ^• 

iL*j>,   V.  ^*.:>.  C'est  aussi  un  nom  d'espèce:  ^t  'e^,  grain 

de  froment,  52,  11;  pi.  ^^  56,8;  1582.  Job^î  bLl>  =  uoLo^, 

plomb  de  la  carabine  (angl.  rifle)  112,8;  1501.   o^_îJt  *-*^, 

balle  du  pistolet  1220,9  d'en  bas.  —  Baiser  Dt.  ==  jlLï.  — 

Orgelet  d  la  paupière,  V.  ^y^^L^,  31^  et  Sr^AXi,  vhvs.  —  ii-.^lj, 

quelquefois,  rarement  Dt.,  cf.  ^3^  vhv.,  avec  même  sémantique. 


S35 

L'emploi  de  i^-:>,  comme  celui  de  ^j-^^,  vhv.,  est  aussi 
figuré.  Uj^  f}j^  ^jtS\  iwÀJ  Ojj»-r!,  il  connaît  la  langue  des 
Arabes  à  fond,  Dt.  et  Syrie.  3,^^-*^  *-^-^,  il  ^st  petit  de 
taille.  Syrie. 

v_;L>.=>,  maître,  patron  (vis  à  vis  des  serviteurs  et  des  esclaves), 
dans  toute  l'Arabie.  Littmann  BeduinenerzâhluDgen  Gl.  sv., 

RO  p.  394,9/12:    'endo   hâdum   teffâq stell  'an 

h  b  a  b  0 ,  il  avait  uti  esclave  tireur ....  qui  s'en  alla  de  chez 
son  maître.  RD  Gl.  sv.  Ce  nom  a  dû  se  trouver  dans  le 
parler  safaïtique,  car  nous  trouvons  chez  Dussaud,  les  Arabes 
en  Syrie,  deux  inscriptions,  p.  138  et  p.  150,  où  il  y  a  cette 
phrase,  identique  dans  les  deux  passages:  bn'p  rain  bv  nbll 
mn  =  _  _j'  J.JCJ5  »Jl.j^^  ^}s.  xLj.^  ce  que  le  savant  auteur 
traduit  par:  „que  la  consternation  soit  sur  son  habîb  qui 
a  combattu  T."  et  moi,  plus  simplement:  ?na//ie2^r  ci  son 
maître  qui  a  tuf'  T.  Selon  moi,  c'est  l'imprécation  d'un 
esclave  pâtre  contre  son  maître.  Dussaud,  o.l.  p.  139,  veut 
donner  à  „habib"  le  sens  d'oncle  paternel  qu'il  a  parfois  en 
arabe  maghribin,  Marçais  TAT  p.  259.  Au  Levant  et  dans 
l'Arabie  Méridionale,  je  ne  lui  connais  que  le  sens  de  grayid 
père,  527.  En  safaïtique,  l'oncle  patertiel  est  ob  et  l'oncle 
maternel  est  JL>,  ainsi  qu'on  peut  le  lire  dans  l'inscription 
0.1.  p.  138. 

'iJijS>,  fém.  du  précéd.,  maîtresse,  patronne,  13,21;  527;  au 
Waddây,  femme  préférée  du  sultan,  Carbou  pp.  169  et  188. 
D.  H.  Mûller  SAE  I  p.  110,20,24:  habâbti  (^p'JÇLw,  en 
mehri  baliti;  voir  ma  MJM  p.  22,  où  l'on  trouvera  le 
nécessaire;  RD  Gl.  sv.  —  Grand'  mère  527;  v.  d.  Berg  Le 
Hadhr.  p.  275,  2,  4. 

^\  v^=>î ,  expliqué  446;   1529;  voir  sub  J^._ 

Ll-Jlc  u1>,  1529.—  I^Xo-,  analysé  1529  s.  Diw.  Qays  b. 
el-Hatîm  N°  13  v.  4  dit: 


3â6 

Hind  m'accuse  des  péchés  {que  je  n'ai  pas)  en  me  grondant  : 
Qu'il  est  gentil  le  grondeur  lorsqu'il  gronde! 

^^,  peter,  Dt.  Kâmil  d'el-Mobarrad  p.  671,7.  Cf.  oLx^, 
é-.^P>  et  -;s>3-,  I  Sîdah  XIII  p.  276.  — Frapper  avec  le  bâton, 
673,  class.,  =  Dt.  ^,  vhv.    Au   pays   des   Banyar,   Index 

p.  1807  sv.,  d'ed-Dâhir,  — ^^  signifie  village,  ville,  localité. 
Le  village  du  ^âqil  des  Âl  Man^amî  des  Banyar  s'appelle 

rîsx:^^!,  ce  qui  me  fut  expliqué  par  JJuJî.  Peut-être  i^Ji-^., 
prononcé  hagbah,  village,  vhv.,  est-il  apparenté? 

.£^  correspond  à  ^s\^\,  la  ville  ou  le  village,  vhv.,  Arabica  IV 

p.  53.  LA  m  p.  48,  9  d'en  bas:  x  ♦  h x ,!oj  "^  5^-*i:^  ^^\. 
Ce  sens  pourrait  bien  convenir  au  passage  dans  l'inscription 
d'en-Namârah  :  ^^  ïl-olXxi  ^^î^  ^s>.>  J.  j_ç>jj  L=>3  ,  et  il  vint 

avec  force  (ou  des  forces)  ')  au  pays  de  Negrân  (où  il  y  a) 
la  ville  des  àammar.  Dussaud,  Les  Arabes  en  Syrie  p.  34, 
traduit  qui  apporta  le  succès  {2)  au  siège  de  N.,  la  ville  de  S., 
tandis  que  Hartmann  Die  arab.  Frage  p.  495:  er  hrachte 
Verderhen  (?)  m  die  . . .  von,  N.  der  Stadt  Éamirs  -),  et  Lidz- 
barski  Ephem.  II  p.  36:  und  vordrang  mit  Erfolgi?)  zur 
Belagerung  von  N.,  der  Haupstadt  von  Sammar. 

yP>,  encre,   mot   inusité  dans  le   Sud,  318;   mais  on  y  dit 

'^y<^ ,  encrier;  cela  n'est  pas  étonnant,  si  l'origine  en  est 
syriaque,  d'après  Nôldeke  Mand.  Gramm.  p.  61  note  1  ;  S. 
Fraenkel  F  W  p.  247;  pourtant  Sams  el-'Qlùm  p.  24  l'a.  Mais 

')  V.  ici  sub  L>;  =  ^L*«. 

2)  Samsel-'Ulûm  p.  56  voyelle  expressément  -«^  :  ^  ^îa  ^^  ^Lj -♦..ii  yo, 

de  même  que  le  nom  de  u*^5-J.    r*^- 


337 

le  mot  usuel  du  Sud  pour  encre,  oÎlX>î,  ne  serait  pas  non  plus 
arabe,  o.  et  1.1.  —  ^,  pi.   ,Lj>!,  vache  en  chaleur,  1397. 

^_^w.o>,  retenir,  empêcher  de,  aussi  classique,  comme  q^  v^ 

jjjjJ!  ^^  .L\*iî  ».Av^A>,   swr  celui  qu'im  empêchement  retient 

de  la  maraude,  Boh.  IV  p.  26/7.  (J*^•^^  ^  J^j^'j  l^  -R-  /^^ 

refewM,  ib.  II  p.  66,  cf.  ib.  III  p.  137.  ^  ^  ^^^Ij^b  Jx  ^^  |4 
w  (j«.jî,  pourquoi  retiens-tu  à  manger  avec  moi  quelqu'un  avec 
qui  je  ne  sympathise  pas"?  Livre  des  Avares  p.  215,6.  Em- 
prisonner n'est  donc  pas  le  sens  primaire. 

Le  sultan  Muhsin  à  ""Azzân  fit  lier  un  homme,  qui  m'avait 

volé,  à  un  arbre,  iuiaxJI  lX>L£  ^^-^-p»,  comme  dans  Boh.  III  p.  123. 

û  -  _  o  , 

(j*^xi>,  bracelet;  cf.  ij^>^  vhv. 

(j^Lx>,  <;  (j*Lx:>,  pi.  ii.'^H-^j  <  i^*«"^=^^  est  en  Dt.  la  corde  en 

laine  qu'on  lie  au-dessus  du  mollet,  iiUJ=^,  pour  donner  plus 
de  force  à  la  jambe  en  marchant. 

-  o  -  o 

^J«-s^,  anneau,  Nord,  409,  1.  —  x^'la:^^,  prison,  Hogarîeh. 

#   ■ 

;jii_p.,  sens  primaire,  565,6;  1427  en  haut.  Cf.  Vollers  ZA 
23  p.  106,  qui  veut  que  le  h  initial  soit  formatif,  comme 
dans  le  mehri,  mais  il  est  mieux  de  la  considérer  comme  un 
durcissement  de  la  gutturale  que  nous  trouvons  aussi  dans 
son  apparenté  ji^,  vhv.,  1  Sîdah  XIII  p.  216. 

iji.-^>,  beaucoup,  Béd.  Dt.;  un  pêle-mêle.  —  ^jJ,:,^.j^jp>,  saute- 
relle, 157,  18. 

ii:L^',  habiter  ensemble  sur  le  même  territoire,  1782. 
J4^,  territoire  sacré,  455,  1781  ss.  ;   Arabica  V  p.  205  ss., 

32 


338 

où  je  traite  du  verbe  iax>  et  de  ses  dérivés.  Cl.  ^J4=>.  Dans 

l'Encyclopédie  de  l'Islam,  il  y  a  un  article  sur  le  H  a  bat 
par  Schleifer,  d'après  mon  Arabica  V.  On  aurait  dû  com- 
mencer un  peu  plus  tôt  à  consulter  mes  ouvrages  sur  l'Arabie 
Méridionale,  car  je  m'arroge  le  mérite  d'avoir,  le  premier, 
ouvert  ces  pays  à  la  science  européenne.  Il  faut  bien  distin- 
guer h.jp>  de  y5><^,  vhv.  Le  premier  est  vraiment  un  terri- 
toire sacré  sous  le  vocable  d'un  santon,  qui  y  est,  le  plus 
souvent,  enterré,  tandis  que  le  second  est  une  réserve  pasto- 
rale où  les  bénéficiaires  du  privilège  ont  le  droit  de  pacage 

et  d'aiguade;   c'est   un  pâturage  gardé^  ur*^-  ^^  ^^^  -^=■^^ 

doit  certainement  être  la  survivance  d'un  état  des  choses 
du  temps  sabéo-himyarite.  Nous  trouvons  dans  l'inscription 
de  Halévy  N°  520  (Barakis)  =  Hommel  Sud-Arab.  Chrest. 
p.  106  1.  3  un  mot  -Lxi»  (au  pi.  -bL3>t)  que  Hommel  traduit 
par  terrain  pastoral.  En  arabe,  r-  ^  ^,  mais  il  faut  trouver 
des  analogies  de  cette  permutation  de  la  langue  sabéo- 
himyarite  pour  les  mots  passés  à  l'arabe;  elles  ne  sont  pas 
à   ma    disposition   pour   le  moment.  On  pourra  comparer  le 

persan  humb  >  w^  ou  ^,  devenu  en  arabe  v^^j  jarre, 
vhv.,  (jîaw.  Mo^arrab  p.  57;  Cher  sv.,  Hafâgî,  ed-Dahîl  p.  78. 

j-«j>,  a,  faire  de  longues  enjambées,  =  tJLX^  vhv.,  accéler  la 

marche,  360  n.  4,  paraphrasé  par  iJLç>.i  jL«. 

iL3t_«-:>,   enjambée,  ib.    C'est  peut-être  un  endurcissement  de 

L-=>,  u,  vhv.,  comme  Lx3-  >  ^^^  >  ^-^,  cacher,  LA  IX 
p.  414  et  bien  d'autres,  voir  sub  oAj. 

Ui^,  i,  péter,  308  n.  4;  673.  Kâmil  d'el-Mobarrad  p.  671,  7. 


339 

I  el-Qût.  p.  216,3:  o^l^^^  jJjlJI  oAJiJj>.  Naqâid,  éd.  Bevan 
p.  41,  2.  Au  fig.  iUKiL.  ou=>,  le  mot  lui  est  échappé^  308  n.  4. 

LA  XI  p.  S20,  11  dit:   ^^.  -i^ô^juJ^  \^  ^^^^  -b^l  jL«t 

Jojo  13!  L^  ;ïjii5  LiJ  lii^j  L^  oiài  ^iJyii",   comme  aussi  les 

verbes  qui  signifient  jeter,  lancer,  également  dans  notre 
dialecte.  Verbes  synonymes,  808  n.  4;  673,10  d'en  bas  et 
ici   sub  oixi». 

vju=.  est  une  plante  odoriférante,  Mentha  silvestris  et  Mentha 
Pulegium,  Schweinfurth  Flore  d'Egypte  p.  120;  K.  el-Nabât 
d'el-Asma^î  éd.  Seyho  p.  23  et  n.  5  =  L  A  sv.  Stace  énumère 
p.  77  sv.  gum,  ^_5oL*  ^j^  parmi  les  espèces  d'encens,  et  ib. 
p.  79  sv.  head.  oL^  figure  parmi  les  plantes  odoriférantes, 

dont  on  fiche  une  branche  dans  le  turban  ou  dans  les  che- 
veux, ainsi  que  c'est  encore  l'habitude  des  hommes  dans  le 

Sud,  V.  sub  yiii.  Glaser  Skizze  II  p.  200  parle  de  ^o\J>  ^i>^, 

qui  est  une  résine,  mais  qui  me  fut  toujours  nommée  yjà-x 
^j>\J>  à  Aden  et  en  Dt.  ^Lç>  (ce  mot  est  peut-être  un  pluriel 

chez  Stace,  voir  LA  sv.)  et  ^jiS-  ou  Ou^  sont  donc  deux 
choses  différentes.  Je  crois  que  oL*-x:  est  la  vraie  forme, 
devenue  o^>  dans  la  bouche  des  Sômâl.  Voir  ici  sub  o»->£. 
Je  fais  observer  que  dans  le  dialecte  datînois  vjù.>  est  aussi 
collecter,  cueillir. 

tiU:>,  péter,  variation  de  vjLc>  vhv.,  673.  -  Tordre,  tresser. 
Stace  p.  178.  Cf.  ici  sub  é^,  avec  lequel  il  doit  y  avoir 
parenté  radicale,  eu  égard  à  la  permutation  des  verbes  mediae 
w  >  b  en  shaurî,  Bittner  St.  sh.  II  §  16  et  Anm.  (p.  36). 
Sur  la  K'hbk,  dans  un  autre  sens,  voir  H.  Môller  ZDMG 
70  p.  157. 


340 

lUL*.^,  poche  du  caftan.,  1330  n.;  classique,  =  ais^^  et  w*j: 
vhvs.  Obs.  iJlIi,  Hdr.  p.  252. 

f^,  1767  =  Ji^x>  =  iL^b.  Tahdîb  p.  432. 

^jys>  =  ^y^   1767. 

J^.*^,  a,  deve7iir  enceinte;  partout  courant.  ^^^  :<  ^  »  .-v^  u>JLj> 

(^oL^  ,^^,  *S,  devint  eticeinte  de  ^A.  H.,  Dt.  L^^x  tL>3  Ljj  JÔL> 

xL/i  sL>J.^=>5,   27  l'enjôla  et  eut  des  relations  avec  elle,  et  elle 

devint  enceitite  de  lui,  D.  H,  Mûller  SAE  I  p.  60,10;  ib. 
p.  62,  12.  La  forme  Jwx>  >  J^a:>  est  toujours  observée. 

Ici  je  dois  relever  une  remarque  de  Brockelmann  VGSS 

I  p.  53S.  Là  oia  il  parle  du  passif  servant  à  désigner  un 
état  maladif,  il  ajoute  que  „d'autres  verbes  analogues  dans 
le  dialecte  syrien  ont  souvent  pris  une  vocalisation  passive." 

II  cite  douze  verbes  tirés  de  mes  Prov.  et  Dictons:  mu  ri  cl, 
h ô blet,  qurib,  tuliS  sumi'ù,  Ijulis,  wusil,  furih 
huzin,  rudiet,  ''uliyet  et  beturdâ.  Or,  toutes  ces  for- 
mes, qui  ne  sont  que  spécieusement  passives,  se  ramènent  à 
la  règle  fondamentale  que  j'ai  exposée  Pr.  et  Dict.  p.  60  et 
s.  Tous  ces  verbes  sont  des  Jotj  devenus  Js-xj  et,  par  la 
permutation  constante  de  i  î^  u,  sans  aucune  influence  de 
l'entourage  consonantique,  ils  sont  devenus  des  Joé.  Quant 
à  (jJL=>,  c'est  l'imparfait  ij^^i^:.  >  u^Ji^.  qui  a  motivé  le  par- 
fait  u-^^ii-,  a.  o-JL^:>,  ou  ci^JL>=>,  est  donc  pour  cvl;j>>  c;aJL=> 
>  c>JÛ>.  La  chute  de  la  voyelle  de  la  deuxième  radicale  est 


341 

un  phénomène  relevé  déjà  par  les  philologues  arabes  p.  e. 
dans  la  Risâlah  d'Abu  el-'^Alà  el-Ma^arrî,  mon  ms.  '),  el  qui 
se  trouve  également  en  assyr.,  en  aram.  et  en  éthiopien* 
11  ne  reste  donc  des  exemples  de  Brockelmann  que  huzila, 
être  maigre,   mais  je  suis  persuadé   que   même  cela    n'est 

qu'une  forme  dialectale:  Jj^  U)>J;^>Jj^j  comme  J^  < 
Joj  =  >^=>3  >  ot=>j  vhv.  La  vraie  forme  passive  est  pour- 
tant encore  très  vivante  dans  le  Sud;  elle  prend  aussi  la 
forme  Joti,  ainsi  que  je  l'ai  exposé  Arabica  111  p.  77  et  dont 
je  parlerai  encore  sub  JJ3  vhv.  —  Sur  la  V  hbl,  voir  H. 
Môller  ZDMG  70  p.  157. 
jJ-^Jl  (Ajçs-\i!?  476,  2.  —  .j>-^:>,  pi-  JLx=-  et  jLf>!,  corde;  piège, 

souvent  employé  au  fig.  JLa:>  j^  ou  JL*-:>  oJL«,  faire  des 
largesses,  des  biev.faits,  donner  aide  et  protection,  exemples 
1512   note,   Arabica   V   Gl.   sv.  Snouck  OS  I  p.  103  v.  13 

traduit  iL>  c>>j>-^  par  ^^ich  habe  meine  Seile  ausgespannf , 
ce  qui  n'est  juste  que  comme  traduction  littérale.  jL>y!  JL:>', 
les  dons,  la  générosité,  le  doux  latigage,  qu'on  compare  à 
des  cordes  qui  sont  longues,  comme  le  doit  être  la  généro- 
sité. Cf.  Winckler  AOF  III  p.  230;  G.  Jacob  Sanfarâ  II  p. 
2,  8  où  la  traduction  ne  me  paraît  pas  très  exacte.  Naqàid 
Gl.  sv.:  protection.  Dozy  S.  porte  d'après  Bc  ^.y^  *JL■^->5 
homme  lent,  lambin,  mais  Bc  n'était  pas  lui-même  lambin 
pour  trouver  une  traduction  arabe  improvisée  pour  le  mot 


1)  L«y>  (jv*^"*^^   t!jJ!  oy^  J^y'    IJ^J^    «V?*?;^'    ^^'    '^   '^^-^ 
{J-^y^    y*^    ''-^'^    l_A^y>    (jO'!^3    c>-wy>    3!^3    ly^j^    ^-*:*-^3 

j/to^i!    lÀ^    ^3)    avec  des  vers  à  l'appui. 


342 

français.  Chez  les  Bédouins,  cette  expression  ne  peut  signi- 
fier  que  ce  que  je  viens  d'exposer;  lisez  aussi  Arabica  V 

p.  175  d.  1.  et  note  1:  ic>^  J^Lf^'  «Aie  ^J  ^i^-^  J^*^'  t^<^l-AS>, 

771071  pouvoir  arrive  là  où  J'ai  de  la  considf'vation  chez  les 
Bédouins,  ^y^^s^  ^^i  il  iig  peut  plus  rien  faire^  il  n'a  plus 
de  co7isidération,  de  pouvoir,  1732,  1  et  n.  3.  ^^^y^^  ^^J^-^>, 
c'est  un  téméraire,  un  étourdi,  1153.  il:^^!  J^  ^c^^  J^j 
locution  se  rapportant  à  la  guerre,  14,  1;  cf.  JL^  Vî^*  ^-^ 

Vj-^,  la  corde  de  la  guerre  1511^  la  longue  durée  de  la 
guerre;  cf.  iJu^  „Lx,  123,20. 

Parents,   Glaser   Mitteil.  p.  67.  —  Tribu,  id.  Peterra.  Mit- 

teil.  1884  p.  172.  —  Tuyau  de  la  pipe,  ib.  1886  p.  8  =  ïUajiï 
dans  la  Montagne. 

()I=>  montagne,  Dt. 

^Jr^  enceinte.   Sur   les  autres  graphies,  voir  611  n;  1210; 

1405.  RD  a  entendu  habile,  ce  qui  est  i:^ll:>. 

^y-fr^^  67,14,   expliqué   Hdr.   p.  1)6  et  n.  1,  peut-être  =  le 

nordarabique  J^l^,  Musil  AP  III  p.  2. 

iJL^rs;^/l,  utérus,  Yéman. 

s^iClp»,  hermaphrodite  Hdr.  =  »_K-JLaj:  à  ed-Dâhir.  Cf.  ^^-*^ 
et  LiJ^  (iLiJ-=>). 

^,j>,  a,  i,  ramper,  se  traîner  sur  ses  quatre  pattes  ou  sur 
ses  genoux  et  même  sur  le  derrière,  selon  LA  sv.;  ne  se 
dit  pas  seulement  de  l'enfant,  360  n.  4.  Ce  verbe  n'est  pas 

rare  dans  le  Sud.  \Jsp  *w«.-sJ  ^jr^.i  il  s'approche  de  lui  ci 
V improviste,  en  tapinois  1153  en  bas;  cf.  Socin  Diw.  Gl.  sv., 


343 

Vollers  ZDMG  50  p.  330  et  Weissbach,  Festschrift  Hommel 
II  p.  234  N°  3:  u^al-wulif  tiihbi  liiibi,  imd  zum  Lieb- 
sten  schleicht  sie  verstohlen,  ce  qui  est  bien  traduit.  RO 
§  338:  yohbi.  Sh.  habèy,  ramper^  Bittner  St.  sh.  II  p.  39. 

Le  sens  de  faire  des  dons  est  très  courant  dans  les 
poésies  populaires  du  Sud.  8L*j>3  a^^^]  se  rencontre  souvent 
dans  mes  recueils,  de  même  que  chez  I.  Sa'^d  I,  ip.  43, 16, 18. 

On  voit  qne  j'écris  ^^j^  et  non  L.=>  parce  que  l'imparfait 

_^-!-^.  n'existe  pas,   mais   ^j-^:-^.,   et  ce  verbe  ne  fait  point 

exception   à  la  règle,   contrairement  à  ce  qui  est  le  cas  en 
Afrique,   où  ce  verbe  _^JtJ  est  le  seul  qui  fasse  à  l'imparfait 
yéu_,  Stumme  Gr.  tun.  §  20;  Doutté  TO  p.  23.   Cf.  ^a>. 
^^.xX>!,  expliqué   942,   Boh.   I   p.  117;    très  employé  encore 

Ù     - 

dans  le  Sud.  Sur  la  manière  de  faire  la  3>^,  voyez  Wrede 
Reise  in  Hadhr.  p.  59.  Naqâid  Gl.  sv. 
^^çj^i  châle,  manteau  715  s.  1. 


Okâk. 


ciO>,  propr.  enlever  en  frottant,  rubb  out,  écorcer  =  é^::^ ,  ^^ 
et  ^pCio.  Ce  sens  classique,  Boh.  I  p.  86,7  d'en  bas,  I  Sa''(J 
VIII  p.  362, 17,  n'est  connn  qu'en  Egypte,  où  c'est  aussi  to 
eut  one  bit  after  another,  Spiro,  et  son  intens.  ui^^^^-^.  — 
Dans  le  Sud,  c'est  tomber,  RD  Gl.  sv.  et  dans  le  Nord,  faire 
tomber,  poser,   déposer,  Socin  Diw.  N°  69,  v.  15  porte:  lAï 

^_5L\l!i  i2>  Jo  JJJSj,  ^%>)  JG  suis  venu  chez  elle  lorsque  la 

nuit  avait  déjà  fait  tomber,  ou  déposé,  la  rosée.  Or,  j'ai 
moi-même  recueilli  la  même  qasîdah  de  la  bouche  d'un 
Oneyzite,  qui  me  dicta  ce  verset  ainsi:  c>^  Lo  JJJI  xl  ^^y^] 
^_côJJ!,  et  il  me  paraphrase  li=>  par  iaiiwt.  Je  n'ai  pas  mal 


344 

entendu   et  je  prétends  que  ^^=>  et  l2=>  ne  sont  ici  qu'une 

variation  consonantique  :    o  >  -b  à  cause  du  -,  emphatique. 

o 

LA  IX  p.  145,  1  :  u*^Ji:>  e^_jAAl  J.^  ^S^)*)  ^,_L*_*-j  c>^:>5  Jâ:> 
ciA-:S^>5  sLow    l-^,»i    Jgjgj   »Aa.j    JULs  i^jb   »r^^   O"*^  ^'  *^'  ^T^; 

»yLj  ;^!  LfV^;  Nihâyah  I   p.  237;  he  rubbed  it  off.    C'est  ici 

le  premier  sens  ci-dessus.  Effectivement  c>^  et  1sl=>  se 
rencontrent  dans  plusieurs  sens  et  ne  sont  qu'une  variation 
phonétique  l'un  de  l'autre.  Qâm.  I  p.  145,  4.  On  dit  en  Dt. 
o,«.-ît  o.-=>  et,  sens  intensif,  0!)*r^'  c>^jc^",  les  feuilles  sont 
tombées.  Naqàid  Gl.  sv.  :  c>^:>,  to  shake  doion  fruit. 

c:^:^  est  encore  employé  en  Egypte  dans  le  sens  de  dé- 
grossir le  bois,  mais  la  forme  rédupliquée  c>^^^^  est  plus 
usitée.  En  Syrie  c>^;src>  est  égruger  (plus  que  émietter),  et 
s'égruger,  comme  p.  e.  lorsque  le  tabac  est  sec,  il  s'égruge, 
et  alors  c'est  pour  .^j.^^'^. .  Les  significations  données  par 
Dozy,  selon  Bc,  sont  inexactes.  De  1/~c:a=>  vient  o'.^J, 
tailler,  façonner. 

L'hébreu  nnn .  \"in .  nnn .  casser,  briser,  et  le  P  i  me  paraît 
être  le  même  verbe,  employé  en  hébreu  aussi  au  figuré,  être 
brisé,  être  découragé,  comme  le  dialectal  du  Nord  ^^l3:snji, 
devenir  cassée  dépérir,  <  >L."?ol  selon  Socin  Diw.  Gl.  sv.  La 
comparaison  dans  Ges.-Buhl  avec  l/~c>*.=>  est  bien  loin, 
d'autant  plus  que  les  verbes  hébr.  inn,  tailler,  inn,  percer, 
et  le  syr.  ^s^^,  fregit,  confregit,  ne  sont  que  des  dévelop- 
pements de  l/~c>.=>  )  ^"in ,  Zék '  n^n ,  =  ^nn,  arracher,  fortreissen, 
Ges.-Buhl  sv.   pourra   être  rapproché  de  _îL=>,  ^L>l:>^  vhv  , 

^l=>  et  ^1^,  brigand,  mais  le  rapprochement  avec  ^jiL=> 
ne  me  paraît  pas  non  plus  exclu,  malgré  Ges.-Buhl,  car 
-  et  ^  permutent  fréquemment  en  arabe.  Cf.  sub  <^jû:=^. 


345 

'!lL=>,  pi.  c>-î:.:>  ou  oL3l>,    morceau   de  quelque  chose,  est 

employé  seulement  dans  le  Yéman  et  en  Egypte,  Stace 
p.  123-  sv.  pièce.  Je  vais  reproduire  ici  l'article  que  j'ai  écrit 
sur  ce   mot  dans  le  Glossaire  de  Bâsim  non  encore  publié. 

„i<LÎj>  (Bâsim)  4,  17;  83,  10  (proverbes);  84,  15,  endroit, place; 


morceau  16,  15;  77,  26  (proverbes),  Eg.  =  i<LàJlii  Syrie.  Spitla 
Contes  écrit  à  tort  partout  i:L=>.  c>.>o  xJl:^  io:=»  42,  6,   2me 

gentille  petite  demoiselle,  îm  bel  pezzo  di  ragazza.  Cette  co- 
pulation de  iCàJo  '!Us>  désigne  quelque  chose  de  gentil,  de 
gracieux,  Caire.  ^Jl^  iC-;c=>  oj.av>.j)  j,  («o  ,L^->^I  /  )  «'->j^î  c>.à-:i 
Je  iLi:>^ ,  j'ai  vu  aujourd'hui  au  marché  un  lustre  très  gentil, 
Caire.  En  turc,  il  y  a  la  même  tournure  avec  *^;Lj,  mor- 
ceau, voir  Kélékian  Dict.  turc-français  p.  311.  iLX:>  comme 
„particule  négative  =  ^",   Dozy  S.,  est  un  qjii  pro  que  de 

Bc.   )Lx.p>  ^  5  d^-jo!  L/i   veut  tout  bonnement  dire:  je  ne  te 

donne  pas  même  un  morceau  =  toscan  7ion  ti  do  mica  mdla; 

cf.  sur  m2m  <  lat.  mica,  miette,  grai?i,  Walde  EWB  p.  483. 

Les    Européens   entendent   et   écrivent   presque   toujours 

hifcta,  croyant  qu'au  Caire  on  dit  Ak:>.  C'est  une  erreur. 
Jahn  SAE  III  p.  194  donne  l'arabe  hitte  comme  équiva- 
lent du  mehri  hattôt,  pi.  hâtât,  morceau^  pièce.  Il  aurait 
dû  dire  hitte>hitte  pour  être  absolument  exact.  M.  el-M. 
sv.  sjÀ=>  veut  que  ce  mot  soit  une  contraction  de  »yi=»,  mais  sv . 
«yo-,  il  écrit  i<L;j>  probablement  parce  qu'il  croyait  que  le 
voyellement  devait  être  iC-Xj>  à  cause  de  syL:>,  (Jâm.  sv.  = 
^  =  J^aJ!  '^c^'  L  A  V  p.  235,  8.  Mais  Dozy  S.  a  raison 
de   ne  pas   être  de  cet  avis.  '»>J^  est  un  iJLsts  régulier  désig- 


346 

nant  un  morceau  de  quelque  chose,  de  o>«.=>,   tailler,   eut  oui, 
comme  bjtlai  de  x^. 


yL>,  i,  u,  regarder,  chercher  du  regard;  épier,  inusité  en 
datînois  et  rarement  en  hadr.,  mais  courant  en  ^omânais;  RO 
pp.  132,  6  d'en  bas;  147,  4  d'en  bas;  152,  3,  4  où  c'est  montrer 
et  voir,  mais  hotôrli  1.  3  est  regarde-moi  ce  fusil  (dat. 
ethicus);  348,8  d'en  bas;  Rôssler  MSOS  I  p.  81,2  d'en 
bas;  ib.  p.  81,  2:  ^>x*j  i^y:^.;  ib.  III  p.  3,  9  d'en  bas.  C'est 

l'équivalent  du  verbe  ^^  du  Nord  vhv,,  du  yémanite  j».>'^> 

et  du  classique  ^Cso.  Lane  n'a  pas  ce  verbe,  seulement  ses 
dérivés  substantifs!  Le  sens  primaire  paraît  être  border, 
entourer,  car  ^Uù>  (L  A  .Is^  est  une  erreur)  est  bord,  cir- 
cuit, contour,  orbite  de  l'oeil:  ^_j  .IAx*«Ij  ^^_^-^  JsL^!  U>  J^, 
Sihâh  sv.,  et  I  Sîdah  II  p.  46,  2  d'en  bas  :  u^J^L^Î  »JOL:>  J^ 
^LiL>  lW:5^î  ^j^  ^l^-  Ensuite,  tresser  fort  la  corde,  oÂ-i; 

*Lls,  comme  le  dit  I.  el-Qût.  p.  40,  ce  qui  a  donné  le  sens 
figuré  de  dépenser  avec  parcimonie,  serrer  la  bourse,  ib.  p. 
43,  1.  Le  sens  ^omânais  fixer  le  regard  est  ce  qu'on  fait 
lorsqu'on  serre  le  ^xl\  ^b:>  pour  mieux  voir,  cligner  les  yeux; 

cf.  le  mehri  ralôq,  voir,  rôleq,  fermer,  ^^^j>it,  mais  non 
de  oi-JL_c,   comme   le  croit   Bittner  St.  mehri  IV  p.  57.  Ce 

sens  a  été  enregistré  par  LA  et  le  Qâm.:  l\^  sj^.  8..:l> 

A-Jî  ^bjl\.   Chez  les  Bédouins  de  Hadîr,  Mâwiyah  et  Gebal 

Sabir,  le  verbe  courant  pour  voir  est  y-^^,  vhv.  Nous  voyons 
donc  que  les  dialectes  du  Sud  ont  conservé  un  verbe  fort 
classique,  mais  l'on  constate  aussi  qu'il  faut,  pour  bien 
traiter  la  lexicographie   arabe,  avoir  recours  à  tous  les  die- 


347 

tionnaires  jusqu'à  présent  publiés.  yc>  est  sans  doute  appa- 
renté à  ,^-^-=>,  "i"in,  ^j.^,  cinxit,  circumdedit,  vhv.  Sa  méta- 
thèse  classique   est   peut-être  Oj-j>,   I  el-Qùt.  p.  215,  mais 

voyez  LA  sv.  On  comparera  aussi  ^t,  ceintrer,  courber; 
.Lb],  pourtour,  ton,  enfermer;  ^LL»  =  j,L>,  tourner  autour; 

j'  et  ,lj"  vhvs. 


ou>,  u,  couper,  trancher.  Dt.  La  plupart  des  lexicographes 
prétendent   qu'il   n'y  a  pas  de  verbe  >^jî-;cj>,  LA  X  p.  386, 

mais  I  el-Qût.  p.  215  donne  sJJ,  LaJi>  \JU!  \i:.::>,  de  même 
que  I  el-Qattà^  (+  515),  L^ne  sv.  Les  dialectes  méridionnaux 
le  connaissent  également,  comme  je  viens  de  le  dire.  Un 
zâmil  de  Dt.  porte: 

.^.b^^Jl  v'j^^  Lj!l\-c  ^^*Lj(5)      (H3j>5(As>j_,-«.^3  ii)U*>JI  Vj'-*-'  '^'^Is 

i[7?i  brave  homme  ne  doit  pas  fumer  le  tabac  (nous  dit-on), 
Gela  ne  lui  sert  pas  au  moment  de  la  mêlée  et  des  cla- 
meurs (de  guerre), 
Mais  nous  autres  fumons  le   tabac  et  7ious  défendons 

notre  territoire 
Et  nous  donnons  à  nos  ennemis  des  coups  avec  les  Jave- 
lots tranchants. 

Ici  sjub:=>,  du  sing.  ^^J»-*^,  me  fut  expliqué  par  jôtbUJ!  LiUii. 

Pour  le  *Omân,  RO  p.  129  rapporte  _à-x_:>,  anstossen. 
C'est  sans  doute  l'tiébr.  ^inn,  ravir,  fortreissen,  ou,  selon 
Stade  sv-  anpacken,  Job  9,  12,  ce  qui  est  en  harmonie  avec 
le  sens  "omânais.  C'est  peut-être  aussi  le  babyl.  hatapu, 
to  eut  doion,  niederhauen,  Muss-Arnolt  p.  348.  Voir  ici  p.  344. 

^jcQ'\  est  selon  L  A  X  p.  386  =  o^!  et  ^^\.  L'idiotisme  oL^ 

')  Le  môtre  n'est  pas  tout  à  fait  en  ordre. 


348 

xàJî  OU  s.^J)  ^^  kJùi\  |*jc>  o'^  1258,  est  une  expression  entre 
autres,  dont  el-Masôudî  4  p.  168,  attribue  la  paternité  au 
Prophète.   Il  l'explique  par  --^  ^^  oLo  iut,  sL.5^t  liUiAj  c\j  j 

*L\Ji.j;  o>-»'  y_jLA«l  Q^  *-rV-*  "^3  ^i^'^^ii'  J'-^  "^3  K-Lc.  Mais  le« 

paganisme  arabe  connaissait  déjà  >wÀX=>,  Lane  sv.,  et  le  Pro- 
phète n'a  fait  que  répéter  ce  qu'il  avait  entendu. 

On  n'est  pas  d'accord  sur  le  sens  de  cette  locution.  I  es- 
Sikkît  Tahdîb  ne  l'a  pas,  mais,  ib.  p.  452,  dans  le  vers 
d'Abul-Aswad,  à  propos  du  prover'oe  iùuXji   ^s.  >,i>.r>vj  j^^, 

o  o  - 

Lane  sub  jix ,  il  y  a  une  autre  version  UàJUàj  L^àx=>  ^  ^-^l-;^, 

Lane  sub  ^j>-:>L..  Ce  proverbe  est  expliqué  Meydânî,  Boulâq 
1284  vol.  II  p.  87  =  Freytag  Prov.  II  p.  359,  où  c'est  .,-^LJl^ 

iCjJcIit  ^,  I  es  Sikkît  Tahdîb  p.  456  note  3,  LA  X  p.  386 

en  bas,  et  Tab.  Gl.  sub  ^jcl^.  I  Sîdah  VI  p.  122:  Ui^t 

,}.JLï    "bj    Vr^    -^    l3^    *^-J'    v_^>C=>    0L05    iv_îyl=>    ,<.*4>-3    Oj-^'    ïLvCaî 

îjtLs^j  o^:.  q' _^^  JwJ!3  =  LA  X  p.  386.  Abu  'Obeyd,  ib,,  dit 

que  c'est  celui  qui  o^ï  "^3  jJcjJ  -^c  ^^^  n^S  i  J^  ljj_x  o>-.:. 

»jx£  •■^5  ;tAAv  "^3  et  celui-là  est  alors  Cs^^  =  Nihâyah  I,  p.  200, 
qui   ajoute   ^ULS!  J— a-*-.^  ^,    de   même   qu'el-Fà'iq  I,  p.  120, 

aJJI  J-*.■^-'^  ^3  'A^L^;  il  l'explique  aussi  par  j^\Jl1>\  J.c  o^I. 

Le  poisson  qui  meurt  x^t  .^Jlc^  est  celui  qui  surnage  sur 
l'eau  ^_^Lb   étant  mort  et  qui  ne  doit  pas  être  mangé,  LA 

X  p.  386,  10  d'en  bas,  Nihâyah  sv.  On  voit  donc  que  cette 
locution  archaïque,  devenue  littéraire  par  son  emploi  dans 
la  bouche  du  Prophète,  n'était  pas  bien  comprise  par  les 
savants  arabes.  Vu  que  oi^c>  est  encore  couper,  on  est  tenté 
d'y   voir   le  sens   de  couper  le  souffle  de  vie,  qu'on  croyait 


349 

sortir  par  le  nez  ou  la  bouche  lorsqu'on  meurt.  jJle!  aUÎj.  — 
A.  Ember,  ZAS  53  p.  84.  voit  dans  l'égypt.  „htp,  to  set 
(the  sun),  dight,  rest,  be  completed,  be  satisfied;  peace,  rest", 

l'origine  de  l'arabe  v,ju=>,  mort.  Littmann  ib.  note  1,  croit 
que  cette  comparaison  est  correcte.  Je  ne  le  pense  pas,  car 

_à;c>  =  lilbU»  est  secondaire.  Holma  ZA  32  p.  41/2  l'iden- 
tifie à  l'égypt.  h  t  p ,  reposer,  se  reposer^  se  coucher. 

J^à;c>,  ce  qui  reste  au  fond  de  la  marmite  en  fait  de  bouillon 
et  de  viande,  class.,  ■  1080  =  Jii.>. 

Jj:=>,  marc  de  café,  1080  =  JJ:=>  vhv.,  cf.  ^;^Ja=>  vhv. 
J^:c>  =  ^^yj>,  semblable,,  1760.  —  Jo'b>,  semblable  =  ^y"L:>,  1760. 
#    .._  ■ 

*;c:>,  i,  u  obliger  =  forcer  (J^c);  Stace  p.  197  sv.  compelled; 
aussi  en  Afrique,  Hartmann  LLW  p.  116  N°  43  et  note  ad 
1.  Cf  |U> ,  vhv. 

J^  =  i*a>^",  duper,  tromper,  Barsîsâ  p.  24. 

Ks6\  j«J«l=>  oLo  =  *Ài!  ..Juo  vhv. 

iLxL:c>,  /brce,  contrainte.  iL/oLjc>L.,  par  /orce,  p«r  contrainte. 
Une  tribu  p.  e.  donne  au  sultan  quelque  chose  j.y^L.,  à  titre 
gracieux,  et  non   iCxLx^L  —  («y^,  /orct^. 

^y::>,  semblable,  1760  =  jJi:>  —  ^y"L>,  semblable,  1760. 
*- 

^^pj>,  i,  gronder,  bruire,  siffler;  tomber  à  verse.  ^J^.  Ja^K 
/a  p/î^ie  gronde,  siffle,  75,22;  885;  1180;  1059.  ^_,JC;>r.  Jy^^', 


350 

le  torrent  gronde,   885.  —    Craindre,   en   "Oman,  1180.  — 

Frapper,  imparf.  ^çi^.,  Bédouins  de  Syrie,  1659  n.  2.  Cf. 
son  synonyme  ^s^s>,  1659. 

J^>^,  616;  703,2;  1538,5  d'en  bas;  cf.  RD  II  §  4f; 
§  17  h,  §  112f,  Voir  ici  p.  51  et  s.,  où  je  compare  le  mehri 
ta,  ta,  te,  qui  offre  la  même  contraction  et  le  même  em- 
ploi. En  guise  d'optatif  ou  d'exhortation:  c>o^!  jjjij  ^j.=>, 
allons  tuer  le  démon!  SAE  I  p.  82,15,  mal  compris  par 
D.  H.  Muller;  ma  critique  MJM  p.  39  et  mon  Arabica  III 
p.  112. 

^^ys>  73,  15;  1165;  cf.  737  et  notes.  Torczyner  y  voit  l'ac- 
cusatif de  la  nounation. 

^JJc>  \Itl,  jusqu'à  ce  que  Sl,^  =  ^  L  "l:^  ib.  et  1314;  paro- 
nomasie  comme  ^  jc:>,  chez  Abu  Zeyd  Nawâdir  p.  258,  5 
d'en   bas  et  Reckendorf  Paronomasie  p.  146.   Cf.  akk.   in  a 
m  à  t  i ,  how  long  =  a  d  i  m  a  t  i  =  "'DD  "i); . 
*. 


^3.^,  insister;  exhorter  1673,2.  V  oo  1254. 

jii:^,  V.  J.s:c=>  1080. 

/ 

d^,  marc  de  café,  60,  8,  11,  13, 16;  1080  =  jJi:^,  ib. 

*i:>,  i,  forcer.  >_,«jka£  ,\  ♦  *->  (pour  La.x2^),  il  le  força  malgré 

lui,  Dt.  Cf.  |*:.j?>,  vhv. 

j^^,  affliger,  faire  regretter,  1566,  1. 

fj:^' ,  regretter  qqc,  Jj^  ,  Dt.  J^  c;A.*i:^' ,  j'ai  regretté.  Dt. 


351 

^♦i=>,  regret.  jrU-^^  Lj,  quel  regret!  quel  dommage!  Dt.  = 

Syrie  ^i.-.*o  Lj. 

^♦.xi=>,  sur  le  iJLoLi  des  mets,  mets  fait  de  lait  caillé^  Nord, 

''Anazeh. 

K  -->  est  apparentée  à  J^:^,  1226  ss.,  1655,  vhv.,  à  .poî*', 
danser,  800,  vhv.,  et  au  mehri  n  a  h  â  g ,  ^oî^er,  BittDer  St. 
mehri  I  p.  10  et  p.  22. 

.    -,L>  ou  .iN:>L:>,  combattre,  lutter,  Yéman. 

^,  pèlerinage,  1227,  1228;  1655.  Ce  mot  m'amène  à  exposer 
brièvement  mon  opinion  sur  le  sens  du  hagg  préislamique 
pour  corroborer  ce  que  j'ai  dit  aux  pages  citées  ';. 

On  sait  que  Noldeke,  ZDMG  41  p.  719  et  n.  3,  n'admet 

point  la  traduction  de  Wellhausen  Reste-  p.  110  de  ,£^: 
^,heiUger  Eeigen'\  danse  sacrée,  et  il  ne  donne  à  ce  mot  que 
le  sens  de  Festversammlung,  réunion  de  fête.  Cela  a  été 
adopté  par  >Schulthess  HW  p.  30  n.  1.  Noldeke  ne  reconnaît 

donc  à  ..io  aucune  étyraologie!  S'il  avait  vu,  comme  moi, 
les  danses,  „die  heiligen  Reigen",  dans  les  cérémonies  reli- 
gieuses populaires,  lors  de  la  célébration  des  m  ô  1  e  d ,  dans 
l'Arabie  du  Sud,  il  n'aurait  pas  un  moment  douté  de  l'éty- 
mologie  de  Wellhausen.  Notamment,  j'ai  assisté  deux  fois 
au  môled  d'el-'Imâd,  1148,  1693,  avec  ses  danses  sau- 
vages,  qui   ne  se  font   pas  autour  du  tombeau  du  santon, 


')  Rédigeant  cet  article  dans  les  Alpes  bernoises,  Août  1918,  et  n'ayant 
avec  moi  que  quelques  notes  i)ei'sonnelles,  je  ne  saurais  donner  ici  que 
quelques  indications.  Les  frontières  françaises  et  allemandes  m'étant 
fermées,  et  n'ayant  été  autorisé  îi  em|)orter  de  Nice  que  80  kilo  de 
bagage,  je  suis  obligé  de  me  contenter  de  c(^s  quelques  lignes  bien 
médiocres  pour  un  sujet  aussi  important.  C'est  la  faute  des  „grosses 
It'gumes"  qui  nous  ont  octroyé  une  guerre  que  les  peuples  n'ont  nul- 
lement provoquée. 


352 

parce  qu'il  est  trop  grand,  mais  sur  la  place  libre  à  côté. 
Au  plus  fort  de  leur  ^jA>,  vhv.,  les  danseurs  se  blessent 
avec  leurs  sabres  tout  en  dansant. 

La  météorite,  ou  la  pierre  noire  de  Mekka  a  dû  être, 
depuis  sa  chute,  entourée  d'une  vénération  spéciale,  ainsi 
que  cela  était  le  cas  partout  où.  il  y  avait  ^une  pierre  tombée 
du  Ciel."  Les  Musulmans  prétendent  même  y  distinguer  des 
traits  humains,  voire  une  auge,  Tîirîh  el-Hamîs  I  p.  103. 
C'est  là  une  idée  arabe  à  propos  de  beaucoup  de  contours  de 
montagne  et  de  blocs.  Les  Nabatéens,  qui  étaient  de  purs  Ara- 
bes, avaient  leur  pierre  sacrée  dans  le  sanctuaire  national  de 
Du  Sara  à  Petra  (Suidas  sub  @su(Tûcpviç).  La  pierre  noire  de 
Pessinonte  représentait  Cybèle,  dont  les  Corybants  étaient 
les  prêtres  danseurs.  Par  l'excellent  ouvrage  de  René  Cirille, 
Les  prêtres  danseurs^  Paris  1913,  nous  connaissons  à  pré- 
sent les  cérémonies  des  prêtres  salions  de  Rome.  L'histoire 
de  ces  danseurs  sacrés  offre  beaucoup  de  points  de  rappro- 
chement avec  le  culte  primitif  de  Mekka,  dont  la  météorite 
était  devenue  un  fétiche  pour  la  ville  et  les  tribus  de  l'Ara- 
bie. Les  Arabes  avaient  une  idole,  probablement  une  pierre, 

nommée  ,i3L),  autour  de  la  quelle  les  filles  dansaient  LA  V 
p.  384.  Zoheyr,  Mo'^all.  v.  16  =  mon  édit.  p.  82,  jure  par 
la  maison  que  des  hommes  de  (jorhom  et  de  Qoreys  avaient 
bâtie  et  autour  de  laquelle  ils  tournaient.  Sams  el-^Ulûm  p. 
32  raconte  que  el-Muhtâr  b.  abî  'Ubeyd  et-Taqafî  avait  un 
tâbût,  arche,  porté  sur  un  mulet  gris,  autour  duquel  il  tour- 

naît,  lui  et  ses  partisans,  ^iy>  o>!aj.  Sur  la  danse  rituelle  des 
Romains,  voir  Walde  sub  tripudium  et  Fr.  Heller,  Die  Kôrper- 
haltung  beim  Gebet,  Festschrift  Hommel  II  p.  1 75  et  ss.  Curaont, 
Les  religions  orientales  pp.  121,  128,  135  (éd.  allem.),  donne 
des  détails  sur  la  danse  ou  le  o^^  autour  d'un  sanctuaire.  Siva 
est  représenté  dansant.  Cari  Meinhof,  Eine  Studienfahrt  nach 
Kordofan  p.  33,  dit:  „Une  particularité  de  l'Islam  égyptien 


353 

„et  soudanais  est  le  Dikr.  Les  gens  se  réunissent  dans  la 
„mosquée  et  font  des  mouvements  de  danse  en  proférant 
„des  mots  religieux.  Tout  cet  exercice  rappelle  fort  les  danses 
„des  Africains  païens.  Au  Soudan,  on  pratique  aussi,  il  semble, 
„cet  exercice  d'une  façon  assez  libre  et  l'on  y  prend  part 
„tantOt  dans  une  confrérie,  tantôt  dans  une  autre."  Chez 
A.  V.  Le  Coq,  Volkskundliches  aus  Ost-Turkistan,  on  trouvera 
une  description  intéressante  des  danses  et  des  jeux  des  Turcs 
de  ces  contrées  et  ib.  p.  263,  au  Turkestan.  Si  ces  danses  ne 
sont  plus  cultiques,  elles  l'étaient  certainement  dans  les  temps 
préhistoriques  lorsque  le  culte  revêtait  des  expressions  plus 
matériels  que  plus  tard,  lorsqu'il  il  était  devenu  plus  abstrait  et 
plus  idéaliste.  On  connaît  les  derwiches  hurleurs  et  danseurs 
en  Asie  Mineure  et  à  Constantinople.  Les  danses  des  Soûfis 
sont  décrites  dans  l'ouvrage  de  Aq  Sams  ed-Dîn  Mol  t.  b. 
Hamzah:  ^<*^j*i  '^y^'^  o'j^'^  ^  ^'^;»  L'Encyclop.  de  l'Islam 
I  p.  229.  Ces  danses  cultiques  sont  sans  doute  la  continua- 
tion des  cérémonies  analogues  de  l'antiquité. 

Les  Mav^^lawîs,  fondés  par  (jalâl  ed-dîn  er-Rûmî  (+  672 
à  Konia),  provoquent  leur  extase  par  une  danse  tournante. 
Je  suis  persuadé  que  le  ,^:>  primitif  n'a  pas  dû  beaucoup 
s'éloigner  de  ces  cérémonies  cultiques  plus  modernes. 

L'étymologie  du  mot  .i%>  indique  du  reste  qu'il  ne  peut 
s'agir  que  d'un  uil^  ou  d'une  ronde  autour  d'un  objet  sacré. 
L'hébr.  biblique  J^n  est  synonyme  de  :nn,  :in,  se  tourner  en 
rond,  faire  le  tour,  >  dmiser  et  ensuite,  célébrer  une  fête  de 
pèlerinage,  Levy  NHChWB  sv.  Nôldeke  dit  lui-même  ZDMG 
41  p.  719  que  le  sens  fondamental  (\e  jT\  Q?>t  danser  ;  Grimme 
OLZ  IX  p.  66  et  Glaser  ib.  pp.  242  et  ss.;  315  et  ss. 
et  387  et  ss.  Jin  est  aussi  tourner  autour,  marcher  en  rond, 
herumgehen,  im  Kreise  gehen. 

23 


354 

Le  sens  primaire  de  l'arabe  V~^»r-=>  =  l/"~,cwy:>  est  le 
même,   tourner  autour^   entourer,  encercler,   enclore,  cerner 

autour.  L'arabe  classique  ^y.=>  =  iCe^  safety,  freedom  from 
harm  (Lane),  propr.  assurcmce  ou  sûreté  par  un  entourage  de 
haie,  mur,  etc.,  selon  Fleischer  apud  Levy  o.l.  I  p. 556;  cf.  LA  III 
p.  70,  4.  La  V~j=>  renferme  déjà  cette  idée,  de  même  que  ses 
élargissements  <Jiy>,  ^y>,  (•^>,  vhvs.,  et  je  suppose  aussi  'êj=>, 
vhv.,  à  cause  du  mouvement  de  la  navette,  etyi:>  vhv.  Cf. 
le  mehri  hêq,  rivage,  =  (h j2,Sp,  PTI,  baie,  bin  est  danser,  de 
même  que  l'arabe  Jl:>,  u,  se  tourner  en  rond,  vhv.,  syno- 
nyme de  ^b,  u,  vhv.  Le  mehri  nous  fournit  hauwO,  lier- 
umgehen,  BM  II  p.  105  et  le  mehri  bédouin  huwahàu 
courir  par  ci  par  là,  Jierumlaufen^  qui  est  certainement 
avec  Jahn  une  réduplication  de  la  racine  hw  et  non  un 
causatif  de  ]/~w  h  y,  comme  le  croit  B  M  II  p.  113  anm.  3 
(ib.  p.  35  anm.  3  Bittner  écrit  why). 

Un  développement  de  l/~~„w:>  est  J^^  et  ses  dérivés, 
vhv.,  '^^D,  \^  —  ^:iyj  tourner  en  ro7id,  et  peut-être  aussi 
"i:3n,  ceindre,  entourer,  Levy  o.l.  II  p.  14,  de  même  que 
l'arabe   ^,   u,   et  ^b>,   i,  dans  certaines  acceptions  ;  ^, 

enclos,  I  Sa^d  I   p.  21,  vhvs  ').   Le  verbe  ^  =  o^.^^^  est 
certainement  dénominatif,  voir  p.  855  en  haut. 

.is>  est  donc,  à  mes  faibles  lumières,  originairement  ime 
marche  autour  de  quelque  chose,  un  mouvement  en  rond, 
une  ronde,  une  daiise.  Schulthess  HW  p.  30  note,  dit,  pro- 
bablement d'après  Nôldeke,  que  ^n ,  réunion  de  fête,  n'a  rien 
à  faire  à  Wi,  tour?ier,  mais  je  crois  que  Wensinck  Encycl. 
de  rislâm  I  p.  212  (éd.  fr.)  a  raison  de  ne  pas  être  de  cet 

avis.  Le  mot  r'L:5\>,  vhv.,  nous  offre  l'idée  bien  patente  de 


')  .1.  Btirth  compare  E  St.  p.  22  ijin  =  r=»'v-^ ,  clochant^  avec  l'arabe 
— ji-',  inome  sons. 


355 

tour^  pourtour^  qui  est  aussi  celle  de  ^s_:>.  On  peut  bien 
traduire  Jn,  T\  =  N*3n  par  fête  et  lieu  de  pèlerinage,,  mais 
c'est  parce  qu'on  y  exécutait  des  rondes  ou  des  danses  cultiques. 

Cependant,  de  bonne  heure  et  avant  l'Islam,  I%j>  a  pris 
le  sens  de  pèlerinage.   On  trouve  dans  les  Inscriptions  sinaï- 

tiques  (149  —  253  ad  D.)  le  subst.  ,is_:>  et  le  partie.  -L_:>, 
Moritz  Der  Sinaikult  in  heidnischer  ZeLt  p.  30.  C'était  des 
Nabatéens  qui   se  rendaient  à  la  montagne  sacrée  de  Siuaï. 

^:>  peut  aussi  se  rapporter  à  la  visite  de  n'importe  quel 
endroit  vénéré,  Naqaid  Gl.  sv. 

Si  le  verbe  hébr.  HDD  veut  dire  sauter  et  clocher,  selon 
Kônig,  HWB  sv.,  et  d'autres,  riDç  serait  une  danse  cul- 
tique.  Vollers  ZA  IX  p.  205  dit:  „Si  le  Pesah  était  originai- 
rement une  danse,  comme  le  présume  Rob.  Smith  (Encycl. 
Britt.  9e  éd.  XVIÏI  p.  343  b),  on  pourrait  comparer  ^:^i:^s, 
écarter  les  jarrcbes,  et  ô'^'ài,  se  réjouir  à  coeur  joie."  Cf.  Rob. 
Smith   Relig.  der  Semiten  p.  331.  On  peut  également  alors 

comparer   „x_**o  et  les  thèmes  analogues:  ,^w*o,    écarter  les 

jambes,  =  „N/iss;  ;^xii,  vhv.,  faire  des  enjambées,  Pr.  et  Dict. 
Gi.  sv.,  >  ^^  360  =  ^i^^f,  ib.  Le  thème  primaire  est  l/^y^-i, 
disjoindre.  Nous  aurions  alors  pour  le  Pesah  des  Hébreux 
une  étymologie  analogue  à  celle  du  l.iagg  arabe:  savoir,  une 
danse  cultique. 

iL^.:>,  chose,  objet;  affaire;  pi.  .s^-^^-^,  147,2;  1204,8  d'en 

bas;  1443;  1690,6;  mehri  haggêt.    ^OJ^c  U  tiJcoi.   J.  liUiU! 

&j^u>  ^,   to7i  honnêteté  est  d  ton  cou:   ne  me  dois-tu  riens' 

demande  le  créancier  à  son  débiteur.  Expression  analogue 
894,9.  Arabica  V  p.  169.  Prononcé  heyya  très  souvent  en 
Hdr.,  Hdr.  Gl.  sv.,  comme  RD  Gl.  sv.,  Beaussier  p.  152, 
Dolphin  Recueil  de  textes  p.  84,  Marçais  Gr.  Tlem.  p.  178: 

A 

hatta  hâya,   rien,   mais   p.   190  et  Ulâd  BrUhim  p.  160: 


356 

hatta  hayya,  Bel  La  Djâzya  p.  127:  pi.  oL^^.  Nous 
voyons  donc  que  ce  mot  et  cette  prononciation  ne  se  limi- 
tent pas  seulement  aux  dialectes  de  l'Arabie  méridionale. 
Stumme,  dans  sa  critique  de  Hdr.,  ZDMG  57  p.  425,  voit 

en  ics\=>  un  développement  régressif  de  iLç>,  mais  il  ne  dit 

pas  ce  que  c'est  que  ce  '^l^p-,  qui  ne  peut  venir  de  V~^^^. 
RP   II  §61  y  voit  une  assimilation  entre  _  et  ^:  iC-j^L^» 

>hayga>  hagga  =  i>u>.  Mais  iC^L>  ferait  iC:^y>,  hêgah, 
d'après  Hdr.  p.  386  ss.,  Dt  444  note  2,  comme  iLciJLi  > 
'Aysah>'Êsah  ib.;  JAs.  1902  p.  238  et  RD  1.1.  A  mes 
yeux,  iiss\:>  =^  iL^.:>  est  le  classique  iL>^,  prononcé  higgah 

>hiyyah,  Arabica  V  p.  169,  et  cette  prononciation  sud- 
arabique  a  été  apportée  en  Afrique,  comme  tant  d'autres 
mots,  par  les  tribus  de  l'Arabie  du  Sud  immigrées  en  Afrique. 
Le  mehri  a  la  même  forme:  haggêt,  chose,  pi.  hagêg, 
et  Bittner  St.  mehri  I  p.  53  a  raison  de  réfuter  Jahn  qui 
identifie  ce   mot  à  l'arabe  ii^L^,  qui  en  mehri  est  hôgit. 

^L:s^-j>  est  l'os  où  pousse  le  sourcil  et  qui  forme  l'orbite 
de  l'oeil,  I  Sîdah  I  p.  92;  XV  p.  85;  L  A  sv.  ;  1093  n.  7; 
Bittner  el-^Aggag  p.  22  (Du  er-Rummah).  =^^-:<'v8,  Naqâid 

Gl.  sv.  On  perçois  encore  dans  ce  mot  le  sens  primaire  de 
V~^'  Tarafa  Six  Diw.  Ahlw.  p.  56  v.  30;  el-'Aggâg,  Ahlw. 

p.  28  V.  56,  porte  dans  les  deux  passages:  ,^^  au  duel. 
Les  Bédouins  "Anazeh  l'emploient  pour  sourcils  et  y  voient  un 
pluriel,  1093,  6,  ma  LB'^  A  Gl.  sv.,  Socin  Diw.  Gl.  sv.;  il  est  alors 
synonyme   de  ^l^,  vhv.,  comme  aussi  en  'Oman,  Jayakar 

JRAS  XXI  p.  654.  RO  pp.  11,7  d'en  bas;  207,1  d'en 
bas.   J^L:>   vhv.  est  aussi  synonyme  de  _L:>\=>,  sourcil.  Le 

mehri  hâgel  est  sourcil  et  bracelet,  SAE  III  p.  190. 


357 


J.C  w*^,  i,  garder.,  préserver,  locution  1087,  n.  —  Empêcher. 
RO  p.  129. 

w^.5T:>,  cacher.  ïu^lL  v*-^?^  téUiij,   ^a  fille  est  cachée^  enfer- 
mée à  B.,  99,7;  1445. 
^_.aj5t^",  se  cacher,  s'enfermer,  1618,  12. 
^-.cs^^,  pi.   v'-^^^  6t  >^L:^^î,   croupe  du  cheval,  hanche  du 

chameau,  ''Anazeh  et  Negd;  Socin  Diw.  Gl.  sv.  Dans  la 
qasîdah  de  Dikr  v.  4,  La  langue  des  Bédouins  ^Anazeh  p.  70 
V.  4,  nous  lisons: 

Les  (jalùl  prenyient  ombrage  des  arbustes  qui  se  lèvent 

dans  la  steppe^ 
Ils  sont  hauts  de  hanches  et  ils  ont  les  jambes  de  devant 
taillées  comme  u?ie  plume  de  roseau. 
^\.^=>,    amidette,    316  n.  1  =  Dt.  ic*j^    vhv.    Le    procédé 

raconté  7,  7  et  ss.  est  commun  dans  toute  l'Arabie.  Jaussen, 
Coutumes  des  Arabes  p.  36  dit:  „Parfois  ce  billet  est  déposé 
dans  un  verre  plein  d'eau.  La  femme  absorbe  le  liquide, 
comptant  y  trouver  la  vertu  qu'elle  désire". 

Rideau,  propr.  ce  qui  cache,  766.  —  Sourcil^  Hdr.  Gl.  sv. 
=  wc>U>.   I   Sîdah  I  p.  92.   D'après  Jahn  SAE  III  p.  190, 

h  â  g  e  1  est  en  mehri  sourcil  et  bracelet  pour  la  jambe,  v.  p.  370. 

^  >  _j^>5>,  1225.  —  ^  ^,  expliqué  441;  =  Jx  ^,  I  Sîdah 

XII  p.  105;  cf.  sub  .>o.  Pour  l'étymologie,  voir  Landesdorfer 
Sumer.  Sprachgut  p.  92.  J  y?^,  défendre,  725,  726.—  Pousser 


')  Sur    le  chant,   voir   ma   LBM    p.  76  n.  3.   qI.:^^,    expliqué    par 


358 

des  cris  de  joie,  27,21;  80  d.  1.;  1225;  1228,  I  Sîdah  VII 
p.  77;  V.  ^^^  et  ^\. 

ys^r>>^442;  1461;  1481;  1526,  vhv.— Cenzer,  en/èrwer, 
entourer.  jLiji  y  q^ï  o*-^^  ^^  ic.>Lwii  Or.?^>,  ies  -ff.  cernè- 
rent le  fort  de  Q.  b.  'A.,  11,  25,  26.  Exemples  440.  C'est 
le  mehri  hayîr,  retenir,  refuser,  BM  II  p.  96.  —  Pousser 
des  trilles  de  joie,   445   et  s.;  1225.  Cf.  ^  et  ^\.   Ne  se 

dit  que  des  femmes;  des  hommes  on  dit  A*s.  et  A*ju^  Hçlr. 

Gl.  sv.  —  Lier  des  pieds  de  devant  Q!une  6e7e  =:  J^ ,  Dt.  441. 
—  y^t,  siffler,  vent  et  nuage,  car  on  croit  que  ce  sont  les 
nuages  et  non  le  vent  qui  sifflent.  Le  "âqil  d'el-ïïaura,  Ahmed 
b.  ^Ah  el-Hamyarî  (Index  p.  1808)  dit  en  parlant  d'une  guerre 
en  perspective: 

I^  (le  seyh  des  Diyêb)  aperçut  un  nuage  de  pluie  sifflant, 

ô  gens  d'armes! 

Et  aux  bords  des  gros  nuages  il  y  a  les  éclairs  et  la  -pluie. 
Hdr.  p.  97  et  p.  697  sv.  oi^.  Continuation  de  cette  poésie 
sv.  oLsCw!.  Pousser  des  cris  de  joie,  triller,  445;  446;  1211,  9; 
1225;  1226.  Voir  y^v>  et  ^^. 

j^^,  être  retenu,  être  empêché;  se  faire  attendre,  441,  442. 

Mais  ^y>^,  travailler  à  la  récolte  ou  au  yo^,  Dt.  et  Hdr., 

dénominatif  de  ^^^:^^>:>,  homme  de  W.  Eajr,  pi.  yy^^,  vhv.  — 

^ ,  pierre,  52,  5;  fém.  52  n.  1,  v.p.  359, 4,  comme  l'est  aussi  le 

class.  et  nordbédouin  ^ ,  vhv.,  I  Sîdah  X  p.  94,  5  d'en  bas;  aussi 

fém.  chez  Maimonide  éd.  Wolff  p.  93.  —  41,  13:  S^  b  ]y*^^^ 

424,5  d'en  bas,  expliqué  sub  Q;  976,  le  verset  y  rapporté 
est  expliqué  Sib.  éd,  Caire  I  p.  91.   Sur  le  jet  des  pierres, 


359 

voir  Diw.  Hocjeyl,  Wellh.  N°  144.  Anciennement,  on  se 
faisait   aussi   la   guerre   à  coups  de  pierres.    Une   épithôte 

ù      -  _  ù  > 

d'homme  valeureux  était  v^-^-^'  l5^j-^'  ^'^^^"  ^^-  ^^^  o'^'^ 
et  sub  (^o . .  Lo^o  ys:\=> ,  pierre  lisse  et  arroyidie  par  les  eaux, 
pi.  j.^o  J.:^^=>,  vhv.  Au  jeu  de  colin-maillard,  celui  qui  a  les 
yeux  batîdés,  (j:2.4jw  ,  demande  à  l'attrapé  :  es  i  s  m  a  k ,  quel 

est  ton  nom?  et  l'autre  répond,  s'il  ne  veut  dire  son  nom, 
ismi  bismak  uhagar  soda  taqdab  Ijusmak,  mo7i 
nom  est  comme  le  tien  et  qu'une  pierre  noire  te  coupe  le  nez; 
alors  le  bandé  le  reconnaît  ou  le  devine. 

Dans  l'Afrique  équatoriale,  ^  est  montagne,  Carbou  pp. 
37;  66;  103;  208,  pi.  ^L^,  ib.  pp.  37;  66,  mais  ib.  p.  208: 

8_^)^ ,  pierre.  Même  transition  de  sens  dans  J>-ç>  vhv.,  dans 
le  sh.  fdun  ou  fedim,  pierre^  mais  soqot.  fédehon, 
montagne,  Bittner  St.  mehri  V,  m  p.  35  et  St.  sh.  I  p.  28  ; 
dans  le  mehri  sour  ou  zour,  pierre,  et  l'hébr.  liîi,  syr. 
ji-aJ)  arabe  ^^,  Ges.-Buhl  sv. 

Vollers,  ZDMG  49  p.  511,  veut  que  y^^=>,  pierre,  vienne 

de  5^:s^=>  construction  en  pierres,  voir  plus  loin,  j^?^^  étant 
un  mot  exclusivement  arabe,  il  me  paraît  difficile  d'admettre 
que  la  construction  même  ait  pu  donner  son  nom  au  matériel 
de  construction.  Les  pierres  de  l'Arabie  ont  une  foule  de 
noms,  qui  se  trouvent  chez  I  Sîdah  1  p.  99  et  ss. 

Je  crois  devoir  relever  ici  que  le  pays  d'el-Hogarîeh, 
dans  le  Yéman,  n'est  pas  appelé  Hagrîye,  comme  on  lit 
dans  l'Encyclopédie  de  l'Islam  I  p.  352,  d'après  Maltzan 
Reise  p.  390;  voir  1516  n.  2  et  Index  sv.  p.  1810.  Ce  n'est 
pas  le  „nom  d'un  groupe  de  tribus  dans  l'Arabie  du  Sud", 
comme  le  dit  Schleifer  dans  l'article  susmentionné,  mais  le 
nom  d'un  territoire.  Le  chef-lieu  en  est  el-WuseyliS  qui 
ne  figure'  pas  chez  Maltzan,  dont  la  description  de  ce  pays 


360 

est  remplie  d'erreurs.  Pendant  mon  long  séjour  à  Aden,  j'ai 
beaucoup  fréquenté  les  habitants  d'el-Hogarieh.  J'ai  même 
chez  moi  à  Nice  deux  Hogarites  avec  lesquels  j'ai  relevé 
la  géographie  et  le  dialecte  de  leur  pays.  Il  n'y  dans  tout 
le  pays,  ni  des  Dû  Mohammed,  ni  des  Bu  Hosayn.  L'article 
de  Schleifer,  se  basant  sur  Maltzan,  est  tout  à  refaire. 

ys^:>,  pi.  jy^=>,  alvéole  des  abeilles,  1462,  9  et  n.   4. 

bysa:>,  îvalled  quarter,  blockJiouse,  quartier  d'une  ville  on  d'un 
village;  RO  §  216;  Socin  Diw.  Gl.  sv. ;  maison  fortifiée  chez 

Moritz  Zanzibar  p.  19.  Musil  o.l.  p.  8,  16  traduit  jôâj!  3^.^i> 
inexactement  i)aY  die  Pferche  der  Niederlassung,  et  chez  RD  I 
p.  48,  8, 1 2  ce  mot  est  expliqué  par  ;^*JLs^.  A  l'origine,  jy^^^ 

est  bien  un  enclos  ou  quelque  chose  de  pareil:  idits  du  verbe 
y^u>,  Hdr.  p.  252  (j'ai  à  présent  beaucoup  agrandi  cette 
liste).  La  signification  s'est  élargie  et  spécialisée,  appliquée 
à  des  innovations  plus  modernes.  Naqâid  Gl.  sv.  Cf.  sub  jjp>. 

Le  sabéo-himyarite  y^ ,  ville,  doit  être  un  affaiblissement  de 

V~yf^^j  voir  plus  loin  p.  367  en  haut,  et  cf.  5-^,  Encyclop. 

de  rislâm  I  p.  320;  cf.  aussi  'àIdj^. 
y>L>,  digue;  I  Sîdah  X  p.  105,  =^L>  vhv. 

^^T^,  entouré,  enclos,  enfermé.  '^,^:^  S±^,  ville  entourée  d'une 
muraille,  mais  aussi  ville  assiégée  440;  v.  p.  200,  4  d'en  bas. 
^:^^ ,  territoire  réservé;  réserve  pastorale,  Arabica  V  Gl.  sv. 

o 

et  ici  sv.  i2-»_>.    ^J;*-:s^^  ^s\:>\i\ ,  le  territoire  est  réservé  ou 

protégé  Dt.  Labîd,  éd.  Hâlidî  p.  94  v.  12.  LA  V  p.  243,6. 
Tab.  Gl.  sv.  Rhodokanakis  Studien  p.  59.  Glaser  Mitteil. 
p.  52.  Praetorius  Beitrâge  III  p.  24. 

Lorsqu'il   n'y  a  pas  de  pluie  dans  un  territoire,  les  Bé- 
douins y  fixés  se  rendent  sur  celui  des  autres  où  il  a  plu 


361 

afin  d'y  faire-  paître  les  troupeaux.  On  ne  refuse  jamais  ce 
service,  Iap  îjûT  (i^Jis-j  L.  Seulement,  le  terrain  boisé  doit 

rester  libre.  Le  pâturage  ainsi  concédé  s'appelle  ^^s^\^.  Cela 

a  lieu,  sans  autres  démarches,  s'il  n'y  a  pas  du  yi ,  inimitié, 
entre  les  tribus  en  question.  Mais,  dans  ce  cas,  les  sâdah 
et  les  masâ^ih  intercèdent  pour  amener  une  armistice 
pendant  laquelle  les  Bédouins  dont  les  terres  n'ont  pas  eu 
de  pluie  peuvent  librement  faire  paître  leurs  troupeaux  sur 
le  terrain  de  l'ennemi.  On  cherche  jamais  à  affamer  les  autres, 
et  le  blocus  à  cet  effet  ne  s'est  jamais  vu.  Cela  n'a  lieu  que 
chez  les  nations  „ civilisées"  de  l'Europe.  Ce  beau  trait  des 
mœurs  bédouines  est  de  nature  à  nous  couvrir  de  honte, 
nous  autres  Européens. 

'ij-^i-^,  trilles  de  joie,  le  lou-lou  des  femmes,  446;  1225; 
1226,  8.  Glaser  Mitteil.  p.  52. 

.y>y>,  haugôr,  mot  mehrite,  esclave,  serviteur;  du  nom  de 
W.  Hagr,  442  n.  1.  Sur  la  forme,  voir  Bittner  St.  mehri  I  p.  22 
et  p.  59.  Mais  il  ne  m'a  nullement  convaincu,  et  son  étymologie  : 
hawgôr  <haggôr  <haggàr,  de  ^ ,  empêcher  d'appro- 
cher, me  paraît  inacceptable,  car  on  ne  nomme  pas  un  esclave 

.L^^^  dans  une  société  aussi  primitive.  La  comparaison  de 
Bittner  avec  uj>~>L=>,  gardien  de  la  porte,  chambellan,  est 

trop  lointaine.  Plus  tard,  Bittner  rejette  avec  raison  cette 
étymologie,  et  à  présent,  St.  mehri  IV  p.  54,  il  fait  venir 
ce  mot  de  V~ f^^  =  ^>!  +  h  préformatif,  comme  h  a  u  b  î  n , 
pierre,  de  h  +  wbn  =  abn,  et  il  compare  le  sh  gor,  esclave, 
<  gôr  =  (w) g ô r.  Mais  il  est  bien  plus  naturel  de  voir  dans  ce 
gor  l'hébr.-arabe  "i:i,^L>vhv.  Si  mon  étymologie  de  haugôr 
est  bonne,   et  elle  est  celle  que  les  Arabes  du  Sud  m'ont 

1)  =  ^^y^y.  où  o^  >  -b. 


362 

proposée,  ce  qui  n'est  cependant  pas  une  preuve  convain- 
cante, haugôr  aurait  été  formé  sur  un  paradigme  mehrite 
assez  commun. 

Glaser  Die  Abess.  p.  78  avait  déjà  identifié  „djôr.ou 
âdjôr,  esclave,  du  dialecte  de  „Thair-ou  Sehrât  à  Tafâr*^,  à 
l'hébreu  1:1,  étranger,  et  à  l'arabe  .b-  vhv.  '). 

Dans  le  Sud  arabe,  ^=„^\j>  est  un  homme  de  W.  Eagr, 
Index  1809,  avec  le  pluriel  ;*"^>  ou  j^f^^L  ;y^^''  ^^^  ^-^ 
p.  73  et  n.  3.  Ils  sont  J.ao^î  U'^'-J»  o^  o**^'  ^^^  ^^^^  extrac- 
tion, aux  yeux  des  autres.  Ils  s'engagent  comme  palefreniers, 
domestiques,  ^^La.a_/o,  batteurs  de  durah,  surtout  travailleurs 
aux  champs,  et  font  toutes  espèces  de  métiers.  On  les 
trouve  peu  dans  le  pays  à  .l'est  de  Hçlr.  et  sur  le  littoral, 
selon  le  dire  de  mes  Datînois,  mais  beaucoup  dans  le  W. 
Dô^an,  à  Habbân  et  dans  tout  le  pays  des  "^Awâliq,  surtout 

à  l'époque  de  la  récolte,  ^-t  j.Çj;  ils  ont  la  spécialité  d'être 
agriculteurs.  Ce  n'est  nullement  une  caste  de  parias.  Ils 
sont  probablement  moins  considérés  parcequ'ils  s'occupent 
de  travail  manuel.  On  mange  avec  eux,  et  ils  prient  dans 
les  mosquées  avec  tout  le  monde.  On  épouse  bien  leurs 
filles,  mais  „on  ne  leur  donne  point  en  mariage  les  filles 
arabes,"  comme  me  l'ont  assuré  les  Datînois,  ce  qui  paraît 
signifier  qu'on   ne  les  considère  pas  comme  étant  d'origine 


')  Les  Arabes  appellent  la  langue  des  Mahrah  j^-iJÎ  q^-^*-?  la  langue 
des  oiseaux,  parce  qu'ils  ne  la  comprennent  pas,  et  Glaser,  entendant 
cette  expression,  courante  chez  tous  les  Arabes,  appliquée  h  la  langue 
mehrite,  a  cru  que  c'était  là  le  nom  de  cette  langue.  Et  Glaser  se 
piquait  d'être  la  plus  grande  autorité  pour  l'Arabie  Méridionale  ! 
Carter  p.  342  dit  même  qiie  les  Mahrah  comparent  leur  propre  langue 
„to  the  conversation  of  birds",  j^  *  tji!  r»^^  il-^-  C'est  ainsi  que  les 
Mahrah  répondent  lorsqu'on  leur  demande  si  leur  langue  est  belle  et 
aussi  pour  dire  que  les  Arabes  ne  la  comprennent  pas! 


363 

arabe.  Les  subyàn  vhv.,  Arabica  III  p.  67,  qu'on  trouve 
partout  dans  le  Sud,  viennent  tous  de  W.  Hagr  ^^^  ^oij, 

Index  1809.  Ce  sont  des  .»j-^\.^.  J'ai  eu  l'occasion  de  voir 
beaucoup  de  Hugûr.  Ils  me  paraissent  offrir  un  type  à  part. 
Leur  teint  est  plus  foncé  que  celui  des  autres  indigènes  du 
Sud.  Ils  rappellent  le  nègre,  quoique  leurs  traits  ne  soient 
pas  aussi  prononcés.  C'est  plutôt  le  milieu  entre  le  nègre  et 
l'arabe.  Un  hagrî  est  très  farouche  et  il  vient  rarement  à 
Aden,  où  il  reste  le  moins  de  temps  possible.  Il  représente, 
ce  me  semble,  un  élément  très  ancien,  ce  qui  est  corroboré 
par  les  légendes  dont  ce  petit  peuple  est  entouré. 

Sams  el-'Ulûm  p.  25  dit:  ^^  opi\  ^J^  ^^j*^!  cr  -'^^  /F^-^* 

^(c  ^  j_c  ^j  ^\^  ^  ys\^  lXJj  .  Ce  ne  sont  pas  là  les  Hugûr 

modernes.   Il  y   avait  aussi  les  ^y^ij>jHO,  sur  lesquels  Sams 

el-^'Ulûm  p.  25,  nous  renseigne:  lXJj  ^3  ^tuVf  ^J^  ^^  jy^^ 

_      J  o  ?       - 

^\  v3!yti[5  ^UJtj  ^^^L.  j.«hr  J.=>  ^3.   Voir  aussi  I  Doreyd 

K.  el-Istiqâq  p.  250,8;  el-Gazîrah  p.  113,5  et  ss.;  mes  ms. 
d'el-Turfah  et  d'el-Iklîl  X  p.  11  en  parlent  également.  Les 
B.   Hagùr  étaient  fort  nombreux  d'après   ces  auteurs.    El- 

Yâqût  II  p.  215  connaît  aussi  le  mot  jy^\-:>,  mois  seule- 
ment comme  nom.  loci,  LA  V  p.  243  en  bas,  dont  le  nom  est 

cependant  attribué  à  jJLwî  ^^  j^?^^»  descendant  de  Hamdân, 
v.  plus  haut.  Praetorius,  ZDMG  57  p.  775,  voit  en  ce  nom  une 
forme  caritative  de  yp,  ce  qui  n'est  pas  probable. 

Ces  B.  Hagûr  ne  peuvent  être  les  mêmes  que  le  jy-^^=^ 
actuels.  L'étymologie  que  les  Arabes  donnent  au  nom  de 
ceux-ci  et  leur  provenance  de  W.  Hagr  ne  nous  permettent 
pas  de  les  identifier  à  ceux-là.  Il  n'est  pas  probable  que  les 
Hagûr,   au   pays  de  Hamdàn,  où  ils  étaient  avec  les  Hâsid 


364 

et  les  Bakîl,  au  point  de  former  environ  la  moitié  des 
Hâsid,  Sams  el-'^Ulûm  p.  25,  et  que  nous  y  trouvons  encore, 
aient  émigré  vers  l'est,  comme  tant  d'autres  y  existant  à 
présent.  Les  Hagûr  étaient  des  qabàil,  tandis  que  les  Hugùr 
du  W.  Hagr  ne  le  sont  pas. 

Les  noms  des  Wâdis  et  des  localités  sont  fort  anciens  et 
se  perpétuent  presque  tels  quels  à  travers  les  temps,  ce 
qu'on  peut  constater  à  chaque  moment  en  lisant  la  Gezîrah 
d'el-Hamdânî,  comparés  à  la  nomenclature  moderne.  Il  me 
paraît  donc  fort  douteux  que  les  B.  Hagûr  aient  pu 
donner  leur  nom  au  W.  Hagr.  Naswan,  Sams  el-^Ulûm 
p.  102  dit,  à  propos  du  W.  Nagrân,  qu'il  aurait  reçu  ce 
nom  de  Nagrân  b.  Reydân  b.  Sabâ""  et  qu'on  aurait 
dit  ensuite  par  abréviation  W.  Nagrân  et  que  c'est  ainsi 
que  les  Arabes  nomment  les  localités  du  nom  de  leurs  habi- 
tants, comme  p.  e.  Hadramawt  et  San^â",  etc.  Je  crois  que 
c'est  tout  le  contraire.  Reydân  et  Hadramawt  ne  sont 
certainement  pas  à  l'origine  des  noms  de  personne,  mais 
de  pays. 

Rhodokanakis  Studien  II  p.  52  écrit  W.  el-Hagar,  ce 
qui  est  erroné,  car  le  wâdi  s'appelle  W.  Hagr.  C'est  la  partie 
supérieure  de  W.  May  fa",  Arabica  V  pp.  181,  182,  et  ne 
doit  pas  être  confondu  avec  W.  Mayfa'ah,  ib.  p.  183.  Dt. 
157  V.  5  nous  lisons:  oyaJ!  "^  j^wc^j  ^5  ,«_à-^  ofj  ^y,,  voir 

Dt.  265  et  n.  3  et  4;  1706/7.  L'auteur  parle  ici  des  fron- 
tières du  pays  des  Wâhidis.  Ils  possèdent  aussi  une  partie 
de  W.  Hagr,  qui  forme  la  limite  d'est  de  leur  territoire, 
tandis  que  la  principale  artère  du  pays  est  W.  Mayfa'^ah, 
sur  lequel  voir  Index  p.  1839  sv.  Dans  l'inscription  d'Obne, 
Rhodokanakis  o.  1.  p.  48  1.  5  (de  l'inscription),  on  trouve 
MyfH  =  iLxÀ-y),  ce  qui  ferait  croire  que  c'est  là  la  forme 
ancienne  du  W.  Mayfa"  actuel.  A  présent,  on  distingue  bien 
les  deux  noms.  Aussi  Rhodokanakis  o.  1.  p.  52  a-t-il  observé 


365 

que  le  W.  Mayfa'ah  de  Naqb  el-Hagar  ne  peut  être  le 
même  que  celui  d'Obne.  Maltzan  avait  aussi  des  doutes  sur 
l'identité  de  ces  deux  noms  presque  pareils,  Reise  p.  223  n. 
Ayant  été  deux  fois  à  W.  Mayfa'ah  et  passé  une  fois  tout 
près  de  l'embouchure  de  W.  MayfaS  j'ai  pu  constater  que 
ce  sont  deux  Wâdis  différents,  décrits  dans  Arabica  V. 

Il   n'y  a  pas  un  „W.  Obne",  ni  une  localité  de  ce  nom. 
Celle-ci  s'appelle  iUJ!>Ul!,  où  se  trouve  le  grand  barrage  en 

travers  du  Wadi,  qui  s'appelle  W.  el-Horeyba.  L'inscrip- 
tion est  gravée  sur  une  grande  pierre.  W.  el-Horeyba  est 
situé  „entre  W.  Hagr  et  Balhàf,  au  dire  des  hommes  qui 
connaissent  bien  ces  pays;  il  débouche  dans  W.  Hagr.  J'ai 
écrit  1141,  1333  en  bas  Libneh,  parce  que  j'avais  entendu 
cet  endroit  s'appeler  Libnat  Ba  Rase  y  d,  oii  cependant  la 
désinence  s'explique  par  l'annexion,  et  l'article  est  resté  soudé 
au  nom,  287  s.  Le  mikittib  que  j'y  avais  envoyé  pour 
m'estamper  l'inscription  et  qui  était  originaire  de  W.  Hagr,  m'a 
assuré  que  l'endroit  s'appelle  véritablement  UJ!,  communément 

prononcé  Libna:  ^UJI  >  el-Bîna>  el-Bena  >  Libna  ou 
Libne,  c'est-à-dire  la  construction.  J'ai  déjà  relevé  l'erreur  de 
Wrede,  1141,  qui  l'appelle  Obne.  Il  aura  mal  entendu  ou  bien 
Maltzan  n'a  pas  bien  pu  lire  le  manuscrit  de  Wrede;  le  nom  est 
resté  et  il  restera  probablement  tel  quel,  malgré  Arabica  IV  p. 
76  n.  et  Index  Dt.  1803  sv.  Le  barrage  ou  plutôt  le  rempart  est 
appelé  LlJ  ^^o,  ou  UJ  l\m>,  1145  n.  3,  ou  LlJ  ^^,  1141. 
Dans  l'inscription,  ce  rempart  porte  aussi  le  nom  de  l\_w; 
il   devait  défendre,  ^^Xa,  W.  Mayfa^at,  soti  défilé,  ^^^'^àj^,  en 

guise  d'un  ^j-i,  qui  dans  le  Sud  veut  dire  montagne,  vhv. 
Un  W.  el-Hagar  et  un  Balâd  el-Hagar,  Rhodokanakis 
0. 1.  II  p.  52  n.  3  et  4,  n'existent  pas  ici.  C'est  là  W.  Hagr. 
Je  me  demande  s'il  ne  faut  pas  voir  dans  le  -i^   v^»-^^  de 


366 

l'inscription  1.  2  justement  le  nom  de  ce  Wâdi  et  traduire 
autrement,  peut-être  par  la.  montée  de  ou  après  Eagr  et  ses 

deux  hauteurs^  ou  tours^  cf.  <<-1jLc.  Rhodokanakis  rend  ^j-AiLc 
par   fortin^   ce  qui  est  aussi  possible'),  cf.  U-ï  ^is.  Arabica 

IV  p.  75,6.  Le  3^_*v   est   construit   à    sa   base   en    grosses 

pierres  équarries  dont  les  joints-  ^^j-^,  selon   mon  homme, 

paraissent  avoir  été  remplis  de  quelque  chose,  ^L^:2.A:aiw,  pour 

sceller  les  pierres,  car  Naswân  o.  1.  p.  S7  sv.  jS^,  =  (j*L^', 

cite  un  vers  de  As^'ad  Tubba*^,  à  propos  de  (jj^^-iiJ!  f^j>  ^.o^, 
que  j'ai  rapporté  sub  A.»^,  et  ib.  p.  41  il  donne  un  autre 
vers  du  même: 

i^uo^l    LXjLX:5^vJb    sLLj    LvsJ.       *^Lj1    rj'fP'    —  vr"^.    (J»-^    iS^i 

lXxi-vvJ!   ..jLo;JLj   Lx_fc.Lo   LVav      'iAL^>.xî  sLjlj  v3]  ^Lo   L«j>. 

Les  gfros  6/ocs  de  pierres  sont  appelés  i»-*-jjXi  ,L:sa=-,  sur  les 
quels  il  y  a  des  brigues  cuites  au  soleil.  Dans  l'inscription, 
les  pierres  sont  appelés  «-^jw,  cf.  1145  n.  2,  et  ce  mot  pour- 
rait bien  se  rapporter  au  sudarabique  ^^  Hdr.  Gl.  sv.  Les 
briques  me  furent  nommées  ^^  >  ^  vhv.  :=  ^j^^.*^  ^jjJ  de 

l'inscription. 

Je  tiens  encore  à  relever  ici  une  autre  erreur.  On  appelle 
la  xxXj^sj»,  à  une  heure  au  sud  de  ''Azzân,  Naqb  el-Hagar 
et  non  Naqab  el-Hagar,  comme  l'écrit  encore  Rhodoka- 
nakis 0.1.  II  p.  52,   trompé  par  Maltzan  Reise  p.  232,  qui 

écrit  Naqb  el-Hagr.  y^'  v*^  veut  dire  le  défilé  de  la  ville; 
voir  ici  p.  860  et  sub  ^=>  ;  Arabica  IV  p.  53  ;   V  Gl.  sv.,  Dt. 


1)  Souvent  ma  connaissance  du  vocabulaire  des  dialectes  du  Sud  me 
fait  traduire  les  inscriptions  autrement  que  mes  confrères.  Ils  feraient 
bien  de  consulter  mes  publications  un  peu  plus,  car  ils  y  trouveraient 
d'utiles  renseignements. 


367 

441  et  n.  2  ').    C'est  sans  doute  le  môme  mot  que  dans  le 
yémanite  »^5=  =  xby> ,  Glaser  Mitteil.  p.  28  et  l'Encyclop. 

de  rislâm  I  p.  320  sv.  Hidjra,  apparenté  à  V~jS:^^  vhv. 

Dans  la  liste  que  j'ai  dressée,  pendant  plusieurs  hivers, 
des  localités  où  se  trouvent  des  inscrip^tions  dans  le  Sud, 
figure  aussi  la  description  du  barrage  ùeLibne.  Si  D.  H.  Muller 
s'était  comporté  avec  moi  plus  loyalement  pendant  „rexpé- 
dition  sudarabique",  je  lui  aurais  remis  cette  liste,  mais  il 
voulait,  de  même  que  les  autres  membres  de  l'expédition, 
me  faire  passer  eux  yeux  des  Arabes  pour  le  drogman  de 
l'Académie  des  Sciences  de  Vienne,  tout  en  me  faisant  payer 
toutes  les  dépenses,  tous  les  dons,  indispensables  aux  sultans 
et  aux  Bédouins,  de  mon  propre  pécule.  Devant  ces  intri- 
gues, je  me  suis  retiré.  Le  pavs  entre  le  Yéman  et  le  Hdr., 
encore  inexploré,  renferme  des  trésors  épigraphiques.  L'an- 
glais Bury,  voir  Dt.  Index  III  p.  1879,  mon  ancien  secrétaire, 
que  D.  H.  Mûller  avait  réussi  à  détourner,  fut  ensuite  envoyé 
dans  l'intérieur.  Mais  sa  mission  échoua  complètement,  car 
les  Arabes  savaient  partout  qu'il  ne  venait  pas  de  ma  part, 
et  il  fut  alors  reçu  avec  une  grande  hostilité,  vu  aussi  son 
caractère  irrascible  et  violent. 

J'ose  espérer,  pour  le  plus  grand  bien  de  la  civilisation, 
que  les  Anglais  rendront  un  jour  possible  l'exploration  de 
ces  pays  sauvages.  A  présent,  il  faut  attendre,  car  les  ex- 
plorateurs européens  y  seraient  mal  reçus,  même  étant  sous 
la  protection  anglaise. 

Le  ^:$\=>  SLi  a  été  parcouru  par  le  baron  de  Wrede,  qui 
l'appelle  à  tort  W.  el-Hudschar,  Reise  p.  135.  C'est  sous 
ce  nom  qu'il  est  marqué  sur  sa  carte  et  sur  celle  de  Miles 


»)  NaswMii  o.l.  ]).  108  <lit:  ^^Ujc^Îj  ^jsi  ^_^  j.yLJ)  ys^.    C'est 
sans  dûiito  un  ail'aihlissoiiieiit  du  thriiie   j^^  vliv. 


368 

et  Munzinger  et  celle  du  South  Western  Arabia,  publiée  par 
le  War  Office  de  Londres  en  1893  ').  Le  chef-lieu  est  ^^^ 
j3o  ^,  prononcé  b.  Darrâr,  que  Wrede  (ou  Maltzan)  écrit 

p.  136  et  p.  183  Hisn  b.  Dighâl -),  où  réside  le  ^ÂJL<,  qui 
était  alors  Moh.  b.  ^Abdallah  Bâ  Râs  (et  non  Râss)  appelé 
,:f^=>  ,_,A^Lo.    C'est  une   contrée  superbe  et  fertile,  au  dire 

de  tout  le  monde.  Le  climat  en  est  excellent,  selon  les  hommes 
que  j'ai  consultés,  mais  fort  mauvais  selon  Wrede  p.  184.  Les 
habitants  sont  très  robustes  et  laborieux.  Les  bosquets  de 
palmiers  sont  renommés.  Les  dattes  sont  noires  ressemblant 
au  j.tamar  indien"  de  notre  pharmacopée.  Il  y  a  beaucoup  d'eau. 

De  ce  nom  ^:^\=>  on  a  fait  le  dénominatif  ^_5^',  travailler 

dans  les  champs  ou  dans  le  ^^oj,  aire,  vhv.,  Dt. 

Dans  l'Encyclopédie  de  l'Islam,  il  n'y  a  rien  sur  W.  Hagr, 
ni  sur  les  Hugûr.  Pourtant,  mes  publications  auraient  pu  en 
fournir  les  données. 

o-:^>,  bomber,  1040;  élargissement  en  r  de  vji:snj>,  vhv., 
ou  bien  dédoublement. 


OîjS?^,  espèce  de  coticou,  Yéman. 

;:>'v=>,  retenir;  séparef  440.  Naqâid  Gl.  sv.  —  Couper  1633, 
Arabica  V  p.  4  n.  Cf.  ]>  vhv. 

;s^:>,  entourer,  encercler.   iuJuCiî  JLc  ;:^=>,  entourer  le  mot 

d'un  petit  cercle  Dt.  =  cl.  ^^  ode .  Cf.  j>j>  vhv. 


')  Cette  carte  contient  beaucoup  d'erreurs  qui  proviennent  de  celle 
de  Wrede  et  de  Miles-Munzinger. 

■-)  ib.  p.  130  il  faut  lire  W.  Knîneh,  et  la  note  de  Maltzan  p.  284 
est  gratuite,  comme  la  plupart  des  antres  notes,  mais  .la  connaissance 
de  l'Arabie  du  Sud  était  avant  moi  fort  défectueuse. 


369 

j:s^^>,  hypoco7idre,  362. 

j:>L>,  rempart;  digue,  1219  n.  5;  synonyme  de  Js-w,  1219,  10. 

3^;.:^:^,   poc/ie    dw   m/taw,    1326   d.  1.;    1329  n.  2;    1330  n.; 

>  3j_>  433,6.  Jwj^L_vvJi  8j_:>,  ceinture  des  pantalons,  1326 
d.  1.;  Brockelmann  VGSS  ï  §  63.  Même  expression  I 
Sîdah  IV  p.  83,  6  d'en  bas  et  LA  VII  p.  201,  où  les 
deux  mots  sont  synonymes.  Mais  les  deux  mots,  l'un  fùt-il 
à  l'origine    une    contraction    de  l'autre,   ne  sont  cependant 

pas  de  sens  égal  dans  notre  texte,  où  ■8j.:s^:>  est  =  v*-^j 
1329  n.  (sur  iJbU  Hdr.   p.  252    et    ici    p.  360),   et  aj^  = 

ceiiiture.  kJ^^^^.  jc>l  et  \jy>:  l\=>\  sont  différemment  expli- 
qués chez  Lane.  Prendre  par  la  ceinture  est  encore  aujourd'hui 
un  geste  pour  demander  protection,  v.  j.ij:> . 
jLp^.  ceinture,  1330  note.  —  e^jL:>^=>  et  les  formes  ana- 
logues, 383.  D'après  la  théorie  de  Torczyner,  ce  serait  à 
l'origine  un  accusatif  adverbial.  En  tout  cas,  ce  n'est  pas 
primitivement  un  duel. 

i^:^,  partie  molle  de  la  hanche,  362  n.  3  ;  cf.  "3l\=>,  vhv. 
:^j?.i?*;  en  Egypte,  \»^  ^^Ljji  est  compartiment  réservé,  retenu 
dans    le   train.     Nous    lisons    dans    la    Ôazîrah    p.    78,  22: 

Ç.  5  0 

xç  JjyUJI  %s^,  j'iA^  *-oiy>  i}si  3*-^  •  '  •  •  '-J^./ 1  ^^^  bassin .... 
capté  aijant  sur  ses  côtés  wie  balustrade  qui  empêche  d'y  tomber. 

^J«^:$^:>,  saisir  à  bras-le-corps  (lutteur),  Yéraan;  Stace  p. 
196  sv.  caught.  Développement  de  ]/"^%:>. 

oi^=>,  rafler;  prendre  à  toutes  mains,  1040;  <oLi=\:>vhv. 

v_jLS^r>,  bomber,  1040.  Pourrait  aussi  être  évaser;  je  n'en 
suis  point  sûr,  mais  je  ne  le  crois  pas.   Cf.   u5^.^>. 

24 


370 

^Jl$^s>^  51,  10;  pi.  Li>:^^>.  ^c«î^'  ^•?^^?  ^QS  parois  du  four, 
expliqué  1040. 

i:ft:&-\>,  boucher  en  cuir,  Boh.  V  p.  97;  I  Sîdah  VI  p.  74; 
LA  sv.;  inconnu  dans  les  dialectes.  At-il  reçu  ce  nom  parce 

qu'il  est  bombé.  ^^=>  est  coll.,  comme  o^o,  vhv. 

lJL^=>,  indigestion,  Dt.,  parce  que  le  ventre  est  bombé,  bal- 
lonné? 

J^>,  i,  sautiller  à  petits  pas,  Dt.,  1226  et  n.;  1228,2; 
exemples  classiques  1227;  1655.  I  Sîdah  VIII  p.  152.  ^i:?!^ 

oLuwb,   ils  sautèrent  avec  des  sabres,   Hamâsah   p.  221,3. 

*Jj_=>  -A^J!  J*:?^:^',  Zoheyr  2, 18  =  mon  édit.  p.  183,  où  le 

comm.  dit  :  v^^'  e_c**^  (iUÀS^,  lAliUiî  ^c-^  ^c^i-«J'  l?'  î  même 
définition  I  Sîdah  III  p.   111.   Sihâh  sv.  —  J^c  en  est  sans 

doute  une  variation  phonétique,  d'où  aussi  J.:s^c,  veau,  < 
J«.js^c,  qui  gambade;  Ges.-Buhl  sv.  ''^))}..  De  ^:^'^=>  s'est  déve- 
loppé J^j>,  courir  vite,  galoper,  où  l'épentique  est  motivée 
par  contamination  avec  V~^.,  comme  le  dit  bien  Ruzicka 

0.1.  p.  212,  tandis  que  ^^=>  a  fait  J.:^u>  par  dégémination 
et  assimilation  des   deux  sonantes   n  et  1.  Ensuite,  il  y  a 

J^^,  ^^,  et  ^^  vhvs.;  Cf.  sub  ^_^. 

J.:s^=>,  intens.,  sautiller  à  petits  pas,  1226;  >  tS^Ui>  1226  n.; 
Pr.  et  Dict.  Gl.  sv. 

o        _  5        5 

^•^?^^5  pl.  Jy?^=>,  anneau  pour  la  jambe,  76 1,  3.  >  ^^^■=>  p.  93. 

Aràgîz  el-'Arab  p.  130,  10  où  expliqué  par  JLs^Jli*.  Ce  dernier 
mot  est  véritablement,  dans  le  Nord,  l'anneau  large  et  creux  qui 

fait  du  bruit,  J^^JL^j  lorsqu'on  marche,  tandis  que  J.:^=>  est 


371 

l'anneau  mince  et  massif;  Meissner  ZA  XVII  p.  241.  — 

^,^=>,  dim,,  880,  11.  —  Mot   courant   dans   toute   l'Arabie. 

RO  §  25;  RD  Gl.  sv.  Rhodokanakis  donne  à  Jcs:u>  le  sens 

de  sourcil,   pi.   l.iai"-âl,   mais  c'est   sans  doute  ^^'^  (JL-xj 

régulier  pour  ces  choses),  si  ce  n'est  un  mehrisme  au  singulier. 
J.:>L>  est  en  mehri  aussi  sourcil,  Jahn  Gl.  sv.;  voir  ici  sub 

^:,o-L:>,  p.  357.  C'est  =  le  sudarabique  ^\.^^=>  et  le  nordarabique 

„Lp,  vhvs.,  et  veut  originairement  dire   V orbite  de  l'œil,  ce 

ù 

qui  entoure  l'œil.   Nous  avons  ici,  comme  dans  J_:s^-:>,  le 

sens  primaire  du  verbe. 

Js.:^Tj>,  moUle,  libre,  qui  peut  sauter  comme  il  veut,  451,  1; 

;>  J.:^^^?.  —  Nom  de  la  perdrix  rouge. 
xJLfv=>,  cercle,  Hdr.  et  ''Oman.  \J  ^^.y^  S^y^  lX_:>Î5  u>^.ii 
xj  (jvl2jL>  '»1^\=>  vy^'j  f^'^  ^^  ^'^^^  Europem  aiitour  de  qui 
les  Arabes  avaient  formé  tm  cercle   en   V entourant,  RD  p. 
237, 10  d'en  bas.  Cf.  '^j^^^,  cercle,  RO  p.  55,  16. 

iJL:s:\:>,   espèce  de  danse,  Hartmann  L  L  W  p.  202.  Cela  est 
à  noter,  de  même  que  ce  qui  suit. 
Jc^bs^/«,  espèce  de  danse,  Dt.,  comme  -;^  et  v^y»,  vhvs. 
iJL:^:^ui,   bàto7i,    1747.  —  Je  fais  observer  que  l'hébreu  con- 
naît aussi   ^T\,   se  mouvoir  en   cercle,   et  le  syriaque  "V^m, 
cinxit.  Cf.  sub  ^n=>.  . 

*^,  retenir,  440,  =  j»-5n:>i,  qui  est  aussi  se  retenir,  LA  sv. 
Naqâid  Gl.  sv.:  to  turn  atoay.  —  Appliquer  des  ventouses, \{)^0.— 
*^u>,  parquer,  renfermer  le  bétail,  comme  RD  I  p.  107  v. 


372 

11  (corrigé  ib.  p.  139,  et  c'est  ainsi  qu'il  faut  lire).  —  Raser 
qn.  J,  et  se  raser,  1031. 

j*-.?u=>î,  se  retenir,  Tab.  I  p.  1578,8;  avec  ^c  Le  Monde 

oriental  X  p.  84,  4  d'en  bas. 

j*:s:u:=Ȕ,   se  faire  appliquer  des  ventouses^  46,15,27;  47,24. 

'U^^,  'ventousation,  49, 10. 

^L^Tj>,  ventouseur,  46;  47  et  passim;  48,20;  1024;  1211,9. 

j*.^\J:û,  ventouse,  49,6;  RO  §  6l;  =  iU.^J^^,  46,28;  47,2, 
4,8,19,21,22;  pi.  *-:>L^^,  47,2;  48  d.l.;  1211,10;  Z  A  26 
p.  352.  -  Cf.  ^,  ^;^,  .J.:^  et  ^^. 

^j^,  \,  expliqué  1746. 

o  û  - 

ioL5^:>,  courbure  du  poignard, 'Dt.=^'iîdii:  iOJL=>,  voir  planche 

Hdr.  p.  362.  ^o^î  'i,j.:s\=>  le  tournant  du  ivâdi  1746. 

^^ys^\=>),    courbé.   !^\jl:s\=>  La^c,  bâton  courbé  en  haut,  1746. 

^^xJ^wo,  bâton,  1744;  1746  et  ss.;  1756.  Musil  o.  1.  p.  168. 
Jaussen  Coutumes  p.  273.  Naqâid  Gl.  sv. 

Ce  Q^?^  était  parmi  les  insignes  de  la  souveraineté  des 
Omayyades,  pareil  à  celui  que  portent  encore  les  Bédouins 
du  Nord,  v.  Kremer  Calturgeschichte  I  p.  389.  Voir  figure 
chez  Littmann  Arab.  Beduinenerzâhl.  Il  p.  16.  Les  rois 
hettites  sont  figurés  tenant  un  bâton,  Ed.  Meyer  Reich  und 
Kultur  der  Chetiter,  passim.  Schweinfurth  nous  raconte, 
Westermanns  Monatsheft  1891  April  p.  52,  que  le  Dr.  Rie- 
beck  avait  trouvé  dans  les  cavernes  sépulcrales  de  l'île  de 
Soqotra  des  bâtons  qui  y  avaient  été  placés  à  côté  du 
défunt.  Les  insignes  royaux  remontent  à  la  plus  haute 
antiquité  sémitique.  D'après  le  mythe  d'Etana,  ils  se  trou- 
vent au  Ciel  d'Anu.  „0n  n'avait  pas  alors  sur  la  terre 
de    roi,    ri-i-um  =  ^jrfK^  pasteur,    vhv.;    et   alors   n'était 


373 

pas  tressée  une  couronne,  ka-as-ra-at  '),  m  un  diadème-, 
ku-ubsum;  et  un  sceptre  de  lapis-lazuli  n'était  pas  pos- 
sédé; les  cinq  Igigi  avaient  fermé  la  porte  contre  le  puis- 
sant; le  sceytre,  le  diadème,  la  couronne  et  le  bâton,  au 
devant  d'Anou  dans  les  deux  étaient  placés",  KB  VI  p.  583/4; 
Dhorme  Textes  religieux  p.  165/6;  Lagrange  Etudes  p.  343; 
Jeremias  Handbuch  p.  177.  Le  bédo7i  éipirru,  Zimmern 
Akk.  F  W  p.  8,  oià  sceptre,  a  pu  se  conserver  dans  le  sud- 
arabique  »^->~v«,  bâton  en  fer  pour  trouer  les  pierres,  vhv., 
ma  MJM  p.  27. 

J'ai  parlé  1745  du  bâton  de  commandement  en  Egypte  cher p, 
quî  veut  dire  premier,  et  je  l'ai  comparé  avec  l'arabe  5^^5"Li, 
vhv.,  mais  il  se  peut  que  cherp  soit  une  métathèse  de 
l'akkad.  sipirru,  qui,  d'après  Zimmern  o.l.  p.  8,  aurait  pu 
donner  l'hébr.  saprîr  bâton,  Jérémie  43,  10. 

On  voit  donc  où  il  faut  chercher  l'origine  de  „la  royauté 
par  la  grâce  de  Dieu".  C'est  ainsi  que  le  roi  de  Suède,  et 
je  suppose  tous  ses  collègues  royaux,  s'intitule  dans  les 
documents  officiels.  11  n'y  a  pas  jusqu'au  cérémoniel  et  aux 
fonctionnaires  de  la  cour  qui  ne  soient  l'écho  et  la  perpé- 
tuation des  institutions  babyloniennes,  image  terrestre  des 
mômes  institutions  de  la  cour  des  dieux  célestes!  De  mémo 
que  le  boulanger  et  l'échanson  remplissent  les  plus  anciennes 
fonctions  à  la  cour  céleste,  de  même,  dans  nos  cours  européen- 
nes, c'est  „le  grand  maréchal  de  la  cour"  ou  l'intendant  suprême 
qui  règle  tout  à  la  cour  et  qui  a  le  plus  haut  rang  de  tous 
les  citoyens.  Le  titre  de  grand  échanson,  rab-sâqû  en 
akkad.,  est  même  héréditaire  dans  quelques  pays  germani- 
ques, et  je  crois  aussi  dans  des  pays  non  germaniques.  Nous 
sommes  encore  de  vrais  Babyloniens.  Notre  temps  et  notre 
mentalité  exigent  l'abolition  de  toutes  ces  cérémonies  orien- 


')  Est-ce  la  '»Sx2i  des  Arabes  du  Sud  !  vhv. 


374 

taies  dont  s'entoure  la  royauté  en  Europe.  Voir  Jeremia's 
Handbuch  p.  178  et  n.  2. 

'»J.k\^io,  bâton,  1746.  —  (^bï\js\^,  hâton,  1746,  1747. 
xJLs^:*;^,   bâton,  1747.   J-js^^-L'   Îl\J>  J.  ,jroL:sn.:<',xi  c>^.i^,  /«^ 

planté,  fiché  mon  bâton  dans  cet  endroit,  Littmann  Miirchen 
u.  Leg.  aus  der  syr.-arab.  Wùste  p.  24,  3  d'en  bas. 

»>.5^^>  et  «y?^^,  cowr  de  la  maison,  Hdr.  pp.  360,  5:  395,  4 
d'en  bas;  expliqué  ib.  p.  406.  De  Goeje,  Hadramaut  (Rev. 
col.  intern.  t.  à  p.  p.  22)  le  traduit  inexactement  par  „die 
Brustioehre  des  Daches",  quoique  la  carte  soit  ici  très  claire. 

^J:^^,  a,  i,  barrer  ou  couper  le  chemin,  arrêter  sur  le  pas- 
sage, ^,  8,  22.  iot>-^J),  Jwc  j«pjLlî  ^jja:fv=>,  les  hommes  cernè- 
rent ou  coupèrent  le  chemiti  aux  sept,  13, 4.  —  Garder; 
empêcher  d'approcher  327, 4,  paraphrasé  par  r--^^,  comme 
Mutalammis,  éd.  Vollers,  p.  31  en  haut,  =  5-s^-  C'est  le 
mehri  hagu,  enfermer,  cerner.  Cf.  les  classiques  1:5^:=-,  u,  et 
i^c^f^^,  a,  avec  un  sens  secondaire. 

I  Laqwar  a  dit  (traduction  348): 

Ici  J,L^:>r.,  me  fut  expliqué  par  ^J^s.  l^j^. 

Cf.  en  tigré,  hêga,  faire  mi  parapet  de  défense,  protéger  et 
chercher  protection,  chez  Nôldeke  Beitrâge  II  p.  81  et  Schul- 
thess  HW  p.  29  et  s. 

^J:^^',  se  cacher,  se  mettre  à  l'abri,  10,6;   1039  d.  1. 
^^x>l  =:  j_,_jsai?',  se  cacher,  se  réfugier,  ^Xî;  RD  I  p.  68,6: 


375 


^c-r-'^-  ^'•^•^  ^Lav^  ^y^  ^,  OÙ  le  verbe  se  rapporte  à  «^Uc 


il  se  protège  au   milieu   de  ses  soldats.  I  Roweys,  chef  des 

Ma'n,  avait   pris   les  chameaux  de  Bir  Lazlab  (v^j*^'  j-^)» 

qui  habitait  sur  une  montagne  dans  le  Gûwrm,  en  1912. 

Celui-ci  fit  alors  cette  poésie: 

-     -'  ,      i.       ,,  +  ..        . 

ie5  troupes  "aulaqites  ont  trahi,  o  haut  Kuhar'^)! 
Ils  ont  rebroussé  chemin  pendant  que  j'étais  entre  el-K.  et  Mâs. 
Et  les  Ma^n  ont  pris  la  fiiite,  et  les  Marâzîq  se  sont  cachés, 
Lorsque  le  calibre  5  du  plomb  retentit  et  fit  baisser  toutes 

les  têtes. 

o  s 

j_^;^u>,  pi.  'Sa.^=>\,  cuisine  sur  le  toit,  Hogarîeh. 

j^j^tl^wo,  mur  de  défense,  parapet,  1695  note;  retranchement 
Hdr.  Grl.  sv.;  abri  en  pierre  pour  se  blottir.  C'est  précisé- 
ment Vabri  (l'allemand    TJnterstand)  de  la  guerre    actuelle. 

les  E.  laissèrent  le  canon  dans  le  retranchement  qu'ils  avaient 
construit  de  gabions  en  feuilles  de  palmier  et  de  sacs  en  laine 
qu'ils  avaient  remplis  de  terre,  12, 19  et  ss. 

La  lurah  a  L.;^u>  =  (j*w>-=>,  Qâmoûs  seul,  et  au  fig.  être 

avare,  LA  sv.;  =:  Ls^=>,  u;  le  class.  \.,^\.:^^,  abri  =  L:^tJl«, 
Qâmoûs  seul,  correspond  au  datînois  ,^5^=?^. 

1/"A>,  1129;  1674;>l/~^o  ib. 
ôb>  >  oL>,  tranchant,  73,  12. 


')  prononcé  wana,  ^-. 

2)  Sur  les  noms,  voir  Indices  sv. 


376 

J^,  territoire,  157,14;  659,11  d'en  bas;  725  d.  1.  :  an  a 
hâgirinnkum  el-hadd,  je  vous  défends  le  territoire; 
890,1.   Es  haddak?   traduit  par  Meissner  NAGJ  p.  117 

par   wie  kommst  du  dazu  ?   warum  ?   —  Css>  ^ ,  à  côté  de, 

comme  Musil  o.  1.  p.  442  en  bas:  (^i-^^  i}^  ôy^  icL»,^  1^, 
dites  à  la  veuve  de  se  fixer  à  côté  de  moi.  ^jJlL*^  i^.j>yf\}\ 

sjo  (J^,  le  matelas  penche  d'un  côté.  —  Deuil  ;  habits  de  deuil, 

1538,  6  d'en  bas,  comme  aussi  dans  la  lurah. 

sÂ>,   extrémité,  bord,  bordure.  i^^\^^  5Â:>  (J^,  sur  le  bord 

du  loàdi,  Beyhân,  86,  21  =  ,^0^1  ^^  j.  Dt.  ib Jr^'^^'' 

-Jij!  sl\j>  Js«£  o'/r^,  pierres  oblongues  debout  sur  le  bord  du 
tombeau,  69,  3  et  s.  —  Partie  molle  de  la  hanche,  362  n.  3  ; 
cf.  i^^^,  vhv. 
olJo,  forgeron;  pi.  oÂ^,  1730.  Carbon  p.  190  donne  oije>, 

forgeron,  aussi  comme  pluriel  de  ^^S^<\=>,  p.  82;  cf.  (^^^>  vhv. 
»^.iA:>,  sommet  de  montagne  1129. 

»l)o,  falco  milvus  Dt.  <5L\=>,  mon  MJM  p.  22,=  )Li<Xio  ib. 

^_jAj>,  être  convexe,  expliqué  1507.   —   v'-^^^'  f^-i  locution 
figurée  113,60;   1507.  Qays  b.  el-Hatim  N°  13  v.  18  dit: 
LjlX.:SJÎ    ijy;.wj    ^^aIai    >— j^       \_A_ac.!    ,  P"^!    J*-^    CT^;' 

TJîie  grande  armée  comme  le  torrent  suivi  d'Orne  pluie  per- 
sistante qui  fait  coider  des  flots. 

La  mer  est  ^Jx^-  ^o,  billoivy,  Naqâid  Gl.  sv.  Lajocution 
est  donc  vieille. 


377 


tUvjJI  ^J>Oy  847  note. 


^tX^». 


l\>,  i,  u,  me  fut  toujours  expliqué  par  JjJ,  intr.  Dans  la 
lurah,  c'est  aussi  bien  transitif  qu'intransitif,  selon  l'appli- 
cation qu'en  est  faite,  de  même  que  dans  les  dialectes  du 
Sud.  Nauwho  rkâbhum  uhadro  l-furs^'^anhin,  ils 
firent  agenouiller  leurs  montures  (chameaux)  et  leur  ôtèrerit 
(descendirent)  les  couvertures^  RO   p.   320  en   bas,   ce  qui 

correspond  au  \K.c>  ^  ^Lillî  jJo-  =  û^\  de  LA  V  p.  244,  7 

d'en  bas.  Dans  notre  dialecte,  on  aurait  ici  dit  ^  j.'LiJ]l  J^i. 
Le  sens  ^.'entourer  une' chose  de  qc  chose  ne  se  trouve  que 
dans  le  Qamoûs  et,  d'après  lui,  dans  TA  et  M.  el-M.  = 
xj  JJ.:=>\,  mais  non  dans  Lane  et  les  autres  dictionnaires 
indigènes.  Si  nous  comparons  l'hébr.  et  syr.  "lin,  "lîn  et^^, 
ce  sens  de  timgeben,  umschliessen,  umkreisen  paraît  cepen- 
dant ancien,  v.  Ges.-Buhl  sv. 

Mais  il  doit  provenir  d'un  autre  thème  homonyme,  et  j'ai 
1254  émis  la  supposition  que  .l\=>  dans  ce  sens  pourrait  être 
un  élargissement,  par  le  phonème  _  causatif,  deV~j^^  (,<->). 
Bittner  Studien  II  pp.  39  et  148  est  indépendamment  arrivé 
à  la  même  supposition.  Ou  bien  fautil  y  voir  un  accouple- 
ment des  deux  |/~l\:>  et  K"~vV  (jO)?  Le  verbe y:=>,  traité 
p.  346,  n'en  est  probablement  qu'une  variation  phoné- 
tique.  Cette  fusion  de  deux  éléments  se  présente  aussi  dans 

le  hadramite  ^3vAj>,  courber,  tourner,  vhv.  =  ^^-Ao-n;  p.  e. 
b.^iA^  oJj /J  =  3;v-^^2Jw  =  iL>3^xi ,  un  chemin  avec  heaucoxip 
de  tournants,  en  zigzag,  (^uand  même  ce  serait  un  dédou- 
blement de  ^iA=>,  le  fond  supposé  de  V'' p<=>  a  certainement 
influencé  le  mode  du  dédoublement.   Le  class.  et  syr.-palest. 


378 

_.l\:>,  tordre,  enrouler  '),  pourrait  aussi  être  une  copulation 
de    .vA>  et  -.  .o,   mais  les   verbes   de   sens  analogue  ,iA=>j, 

Syrie  Dozy  S.,  le  sudarabe  jf>^,  rouler  vhv.  ou  jt^j>  vhv. 
et  _^>o  vhv.,  rendent  aussi  une  autre  combinaison  possible. 
Le  mehri  hadûr,  exécuter  une  fantasia^  serait  d'après 
Bittner  St.  mehri  II  p.  39  pour  h  hadûr  ^=  hahdûr  < 
hadv7ûr  ib,  p.  148,  et  il  compare  ^lX^j  <^bl  >^!lX5'.  C'est 
possible.  Le  verbe  .A:>  est  peu  employé  dans  le  Sud,  mais 
d'autant    plus    dans    le    Nord    et    presque   toujours  =  Jj-i, 

descendre.  s.Uil  (^  ^j^i  ^H^  descendit  de  l'âne,  ma  Fest- 
gabe  p.  13,18;  ib.  Gl.  ss.  Yirôh  haddâr,  le  bateau  des- 
cend le  fleuve,  Islam  IX  p.  129.  On  a  vu  plus  haut  que  c'est 
aussi  transitif  en  ^Omân. 

j3k=>,  faire  descendre  =  faire  entrer  ==  Jji;  ma  Festgabe  Gl.  sv. 

L^Jlc  xjj.lXj^.,  on  le  (marié)  fait  entrer  chez  elle,  820,  2,  'Iraq. 

Le  dofârite  ,vÂ=>,  galoper,  RD  Gl.  sv.  est  sans  doute  la  forme 
intensive  du  classique  ^oV> ,  aller  vite  (et  non  seulement  en 
lisant   le   Qorân),   LA  V  p.  244,11    d'en   bas,   et  la  forme 

dédoublée  ,^^1^  (v.  p.  377,  5  d'en  bas)  dénote  les  évolutions  et 
les  cercles  que  font  les  chevaliers  arabes  en  galopant.  Le  mehri 
hadûr,  faire  la  fantasia,  <  h  h  a  d  u  r  <  hahdûr  confirme 
cela,  et  Bittner  Studien  II  p.  39  a  fort  bien  su  expliquer  la 
sémantique  de  ce  verbe,  comme  je  viens  de  l'exposer  ;  cf.  aussi 
le  mehri  mhadwîr,  rond,  ib.  I  p.  29  et  p.  117  en  bas.  Le  shaurî 
hoder,  galoper,  v.  plus  haut,  est  de  la  même  provenance. 
D.  H.  Mûller  SAE  III  p.  115,26.  Le  Vocabulista,  éd.  Schia- 
parelli ,  porte  aussi  j3^j>  ,  roider,  faire  avancer  en  roidant, 
selon  Dozy  S.  (je  n'ai  pas  réussi  à  l'y  trouver),  et  le  classique 
L>yù\  jl\:>,  la  v  p.  245  en  bas,  sont  encore  des  preuves 
de  ce  sens,   pour  ne  pas  parler  de  jSs>,  colporteur,  Dozy 

')  Musil  A  P  III  p.  289,  7  d'en  bas  n'est  pas  bieji  transmis. 


379 

S.  =  5^  en  Syrie.  Il  est  bien  curieux  que  le  Qâm.  seul  donne 
ce  sens  de  cinxit,  circumdedit,  et  il  se  pourrait  bien  que 
ce  soit  là  le  résultat  de  son  séjour  dans  le  Yéman. 

o^l\,  contrre  de  l'Est,  1512  n.  1;  cf.  Hdr.  Gl.  sv. 
ti^j^î>  V.  Hdr.  Gl.  sv.  et  Snouck  0.  S.  Festschrift  Noldeke  I 
p.  101  n.  1,  =oy:i  ou  wo^!  en  Hdr. 
J^j=>,  fort,  robuste  =  ij^jé ,  pi.  y.^ly>  ou  ^^^\oy>,  Hdr. 

^A>,  omettre,  Yéman;  Stace  p.   115.  <Li«-X:>  vhv. 
lJJo,  co?iverscr,   causer,   Yéman,   avec  l'accus.   de  l'objet. 

Stace  p.  198.  -  Jeter,  <  o3o  vhv.  SAE  VE  p.  14,30  = 

ib.  IX  p.  10,  27. 

^3<^'  est  effectivement  en  Hdr.  =  cuJ».:^" ,  voir  sub  lJl\:>  • 

^ju_J>^,  conversation,  Yéman;  infinitif,  Stace  p.  198. 

^Jsj>  n'est  pas  ici  <  oA:>,  car  la  vraie  forme  estoJ^^,  yhv. 

oA=>,   entourner,   cerner  =  oL=>,   u,   vhv.  dont  il   est  un 

développement,  relevé  par  I  Sîdah  XIV  p.  233. 

di^,   regarder  fixement,  >  \Ji=>ô,  vhv.  Cf.  ^.^j,  *.^>  et 

y:=>  vhv. 

'»JiiLSs>  =^  i^j=>  1253. 


f^ 


pvA>,  briller,  flamber,  573  en  bas;  =  L\4',  LA  XV  p.  6  en 
i3as:  3l\^=>5  :<>3l\:>  ^LUi  r^i^!,  OÙ  aussi  les  sens  figurés. 
j.LX:c>t,  être  brûlant,  llodeyl.  Koseg.  p.  190,1  et  5:  j.!L\jj>"^i 


380 

^\JÀ1\,  ib.  Wellhausen  N°  264  v.  1,9;  Naqâid  Gl.  sv.;  voir 
ici  iA*;cr>!. 

j.l\=>  est-il  une  fort  ancienne  métathèse  de  AT  ou  bien  ,.;c>! 

>  j*;c>  >  j.lX>,  selon  plusieurs  analogies;  cf.  Ix^l  Hdr.  p.  67 

V.   23   et   p.  92  et  ici  sub  ^wj",  et  kS.  et  sv.  ,;c>L  I  Sîdah 

XI    p.    34   dit:     o>^  _>^3    3A4.=>j    ïiUlX^j    ^;'r--*    i*^     •'-\v^  _h' 

:'w»J.3ti  .L-C2C  JotX.ilî  lô!  ry^  ij>-^  C)-^'  *t-\^'  iJwjJJ  d^O  Q^_5 
L>uJC:>j|_5  |«'Ax;>'b!  j»L\iLj  lAï^  o'-^-*>^_5  i,:>-<A2>^_»  oA4«X;>'j  ^^•^^^-^'^S 
^  sÂ.i;  j..    Cf.  JoT  vhv. 


^J.: 


U>,  pousser,  637;  1658,4;  1661;  1672;  1674.  I  Sîdah  VU 
})p.  108  et  111.  —  Mener ^  conduire,  pousser  devant  soi,  1656 
et  n.;  1663,6.  Diw.  Hodeyl.  Wellhausen  N°  159  v.  5:  i\J^ 
^L£.  3oV>r.  l_jlXxI>,  le  matin  où  G.  poussait  devant  lui  une 
bande  d'animaux.  Ib.  N°  257  v.  36:  iCjyj  ^ciy>fo=>  q^  i^f  oA>, 

2«w  vent  du  midi  a  poussé  son  7iuage  du  côté  de  Eclr.  —  Chanter 
(chamelier),  l'article  ad  hoc  1656  et  ss.  Voir  encore  Zoheyr  9,  9; 
ib.  10,  6;  Hamâsah  p.  190  d.  1.;  Labîd  40,  39  et  41,  28;  Laqît 
V.  50;  ^Antarah  9,5  {^Csjs>\).  Lammens  Berceau  p.  231,  où 

d'autres  citations.  Le  sens  primaire  paraît  être  ^yo  et  ensuite 
seulement  pousser  en  criant  ou  ew  chantant;  cf.(j:Jw>,  i,  et^5C=>,  i, 
vhvs.  Nous  avons  une  éty  mologie  identique  dans  »Jù,  qui  est  selon 

LA  sv. :  p-Lu^L.  \ic  ^y^S  ^(j^  ^  c/'  f^r^^  ^  ^^  aussi  = 
oyo;  ensuite,  exciter  à  la  marvhe,  antreiben.  Encore  en  Syrie, 
J  bAj  est  courant  pour  appeler  par  un  cri,  anrufen,  et  Nôldeke 
Beitràge  II  p.  193  a  vu  clair.  Il  y  donne  plusieurs  exemples  A'ap- 


381 

peler  par  un  cri  et  de  pousser  devant  soi  et  le  rapproche  avec 
raison  de  (^Aj,  (j=->l3.  Peut-être  l'abyss.  et  le  tigré  diM,  rh'l, 
chanter,  est-il  apparenté  à  !l\>,  chanter,  avec  d>l,  malgré 
l'étymologie  de  Dillmann,  Lex.  p.  60,  de  bL:>,  être  doux? 
Littmann  ZA  XIV  pp.  64  et  89;  Sundstrôra-Littmann  En 
sang  pâ  TigrêSprâket  p.  25.  Le  rapprochement  de  iA->, 
chanter,  avec  le  babyl.  h  a  dû,  rejoice,  Muss-Arnolt  p.  306,^ 
mn,  même  sens,  1673  en  bas,  ne  tiendrait  pas  d'après  l'ex- 
posé phonétique  de  Delitzsch  Prolegom.  p.  180,  car  cela 
aurait  fait  SA3.  en  arabe,  sur  lequel  voyez  1674  et  ici 
shv.  Mais  du  moment  que  l'hébr.  nin  est  =  le  babyl.  hadû, 
je  ne  vois  pas  pourquoi  l'arabe  tA_>  ne  peut  aussi  l'être, 
emprunté  peut-être  directement  à  l'hébreu.  Il  y  a  en  arabe 
l>A_^,  u,  pousser  une  bête  et  chanter,  mais  il  se  peut  qu'il 
y  ait  ici  deux  thèmes;  le  premier  pourrait  être  une  varia- 
tion de  l/^LX-ii  et  le  second,  parent  du  babyl.  sadû,  he  high, 
Muss-Arnolt  p.  1011,  synonyme  du  babyl.  saqû,_^,  vhv. 
et  de  êlu,^JLc,  vhv.,  Delitzsch  Proleg.  p.  96,  et  sans  doute 
parent  de  oL^,  i,  Hdr.  Gl.  p.  628  et  ici  sv.,  de  sens  iden- 
tique. Ce  dernier  !l\_^,  u,  serait  donc  véritablement  élever 
la  voix,  jjlc!  *JJL.  -  V  '^5^,  1664;  1665;  1670. 

3Aj^,  inf.,  1670  en  bas;  1673.  -3^,  herding  song,  1661. 

ilL\j>,  chant  du  chamelier,  1180;  1656  et  ss.  =  ^t^x^,  1660 
en  bas;  1661;  1665;  1668;  1675.  -  Son  origine  selon  la 
théorie  de  Hartmann  et  de  Jacob  1675,  adoptée  par  Littmann 
NAVP  p.  93;  je  ne  la  prends  pas  au  sérieux.  Voir  ici  sub 
;_^..  ij;oL:>  <;  oL=>,   conducteur  de  chameau;  chamelier  qui 

chante,  885;  1656  n.;  1659;  1664;  1673.  Diw.  Aljtal  p.  198, 

2.  PL  hU:^,  1663;  1664  en  bas;  1671   n. 

i!js^>,  conducteur  de  chameau,  chamelier,  1662. 

aJJo,  expliqué  1662.  La  hadddwah  que  rapporte  Wetzstein 


382 

ZDMG  XXII  p.  96  n.  et  Dalman  Pal.  Diw.  p.  138  doit  être 
lue  comme  suit,  ----  |  ----  | : 

'  Yâ  ma  sarêna  wan-nèda  rainée r ri 
Wà^la  barâtimhin  "agâg  el-berri') 
Y  a  ma  serêna  wal-hawâga  nfi^m 
Waihleflif  er-riglêne  bil-'^amâMm^) 
Que  de  voyages  nocturnes  avons  nous  faits  pendant  que  la 

rosée  était  répandue! 
■  Et  sur  les  babines  des  chameaux  était  la  poussière  de  la 

campagne. 
Que  de  voyages  nocturnes  avons  nous  faits  pendant  que  le 

citadin  dormait, 
Les  pieds  enveloppés  daris  les  couvertures. 

La  version  de  Dalman  est  encore  plus  fautive,  parce  qu'il 
ne  contrôlait  pas  le  texte  par  une  connaissance  métrique, 
pas  plus  que  Wetzstein,  dont  les  textes  poétiques  ont  t'ga- 
lement  besoin  d'une  revision,  pour  rie  pas  parler  de  la  désespé- 
rante défectuosité  des  poésies  de  Musil. 

iCjjÎAs>,  expliqué  1662. 

s^Jo,  expliqué  1662.  —  qIjÂ^,  1661,  4  d'en  bas;  cf.  sub  ,j:Jo. 
Le  thème  *)Ck=>  s'est  fusionné  dans  les  dialectes  avec  i^o<=>, 
i,  vhv.  Cf.  sub  _yp>, 

^^l\=>,  courber;  tourner,  faire  des  tours,  des  zigzags,  Hçlr., 
ma  Festgabe  p.  34;  voir  ici  sub  yôss>  et  .^p-^. 

;_5Â_>,  i,  faire  du  bruit  en  général;  gronder,  bruire,  885; 
1180;  1659;  cf.  ^jj>  et  j*Ii>  vhvs.  —  En  Oman,  criailler,  RO  p. 
221  en  bas:  mhù  del-hadyân  bû  tohdîni  iyâh,  qu'est-ce 


')  Dalman:  'agid  '^ala  farâsinhin,  etc.,  œ  qui  est  contre  le  mètre. 
2)  Dalman:  umiaf  lif  riglêh ,  contre  le  mètre. 


383 

que  c'est  que  cette  criaillerie  que  tu  cries  co?itre  moi?  De  là 
provient  probablement  le  "omânais  hade,  tourmenter,  RO 
p.  220.  -  Chmiter,  1581;  1659  en  bas;  1660;  1673;  1675. 
Surtout  employé  dans  ce  sens  lorsque  les  pèlerins  partent 
en  pèlerinage  ou  en  reviennent,  885;  1659;  cf.  5^X5». 

D.  H.  Mùller  ZD'MG  58  p.  783  ets.  parle  d'un  verbe  soqotri 
^ôdin,  chanter  et  dire.  Il  croit  que  c'est  „un  verbe  dimi- 
nutif dérivé  du  soqotri  'od,  marcher,  ib.  p.  784,  et  que 
^'odin  serait  originairement  faire  une  petite  passe  avec  la 
voix,  c'est  à  dire  chanter  sur  une  mélodie  déterminée.  Va 
pour  le  diminutif  qui  est  fort  commun  en  soqotri.  En  alle- 
mand et  dans  le  dialecte  du  Wûrttemberg,  il  y  a  aussi  des 
verbes  à  la  désinence  diminutive  en  eln  et  len  ').  Pourtant, 
je  crois  qu'il  faut  rapprocher  ce  verbe  ^odin  non  pas  de 
l'arabe-hébr.  L\_c,  my,  mais  de  (^A-s-,  pousser,  chanter. 
Ce  serait  donc  chanter  en  marchant,  comme  les  J-oîjj  du  Sud, 

vhv.,  et  le  tSiAs*  du  Nord. 

Pousser,  n'importe  quoi,  637;  1657;  1660;  1659  et  n.  1. 
La  métathèse  l>o  vhv.  Or,  eu  égard  à  cette  métathèse,  on 
est  en  droit  de  ce  demander  si  t_=iAs>,  pousser  et  ;^A=>, 
cha7iter,  proviennent  véritablement  du  même  thème. 

^lX>,  a,  être  fixé  dans  un  endroit,  1667  n.  2. 

(3l\>,  intens.,  pousser  1658. 

^_cÂ^',  rivaliser  avec;  défier,  165\)  n.  1.  Naqâid  Gl.  sv. 

j^cX^'î ,  être  Repoussé,  essuyer  une  défaite.  ^Anazeh,  =  ,mJ^\, 

1659. 

^o^js>-\,  amener,  1659. 

^A>,<(^^A=>,  chant  de  marche  des  Bédouins,  1661. 
'^  où  ri  forme  le  diminutif. 


384 

La^,  rivalité,  1657.  =  ÛLÂi>. 

Je  n'ai  su  bien  séparer  les  deux  thèmes  ^^As*  et  (j:As>, 
qui  se  sont  fusionnés  dans  les  dialectes  en  s'enchevêtrant 
l'un  dans  l'autre.  Cf.  ^^o  et  ^ô^. 

^_coL5^>j!  jy  ou  'i-joL^i  ou  &_!oL>,  21,6;  635  et  ss.  ;  iC_jj>L:> 

expliqué  1660,  7. 

À>,  couper.  Cf.  À:>,  j.lX>;  i=*;  ^À:>,  o^^>  t»^^^  Naqâid 
Gl.  sv.,  etc.,  vhvs.,  et  ^À>  et  ^às*,  mais  aussi  À^,  iÀ-P, 
v_jÀp;  j>,  ^c^>  et  riïn. 

JL>,  prendre  garde  à,   1461,  9.   I   Sîdah   XII   p.  125.  — 
AiO!  ou  ^lXjs^I  ou  jSJ^\ ,  Hdr.  Gl.  sv.  AValâkin  el-hadar 

thabbar  h  ad,  mais  prends  garde  de  (rien)  demander  à 
personne,   Rôssler   MSOS  I   p.  71,6.  ^._-w*s-j  ^jc^î,  pi-ends 

garde  d'aller,  v.  d.  Berg  Le  Hadhr.  p.  260  n.  1.  (^j'->^  '3^^^? 

Boh.  II  p.  14,  7,  et  la  même  phrase  chez  Littmann  Arab. 
Beduinenerzâhl.  p.  6,7:  hod  el-hadr,  et  ib.  1.  9.:  hoc] 
hadrak.   Déjà  H.  L.  Fleischer  voulait  que  le  sens  primitif 

de  ^À=-    soit   „umgehen ,   daher   es   vermeiden,    sich    davor 

hûten",  Levy  NHChWB  II  p.  202  b.  Ce  serait  donc  une 
variation  phonétique  de  jJks-  ,  vhv.  Il  s'appuie  en  cela  sur  la 
signification  des  thèmes  lX=>  ,  À>  et  js> .  Schulthess  H  W  p.  22 
établit  aussi  l'identité  du  néo-hébr.  lîn ,  herwmgehe?i,  =  -^^  -- 
A>,  sich  hiHen. 

^^l\>  ,  prudent,  Dt.,  RO  §  98. 

tiLjjtJô-  383.  D'après  Torczyner  ce  serait  originairement  un 
adverbe  à  l'accusatif.  Voir  ii)wjjL:p  vhv. 


385 

oA>,  jeter,  51,6;  62,13;  avec  v_j  de  l'objet  jeté,  commô 
tous  les  verbes  analogues  dans  le  Sud;  se  dit  du  poignard, 
du    couteau    et   des   pierres,    1038;    ma    MJM   p.  22.   ^,\ 

est  lancer  la  lance,  vhv.  1— g-Jr-ï  ^«^^s  -■é-s\:>^.  L_j_5À^.  J5S 

,-vo^  L^yj^,   d' abord  il  lui  jeta  une  jpierre  et  lui  cassa  la 

corne,  puis  il  lui  lariça  une  lance,  Jahn  SAE  III  p.  25,  11. 
RD   Gl.  sv.   dit  que  j'écris  Dt.  51,6;  62,13  oJ^.    Je  l'ai 
ainsi  entendu,   mais  c'est  pour  ljA>,  comme  je  le  traduis 
aussi.  J'aurais  dû  relever  cet  affaiblissement  de  la  gutturale, 
1038.  —  Battre,  RO  p.  129,  5,  sens  courant  dans  le  Sud. — 
oÀ:>  >  ui^A^  vhv.  —  Dans  notre  dialecte,  on  prononce  ré 
gulièrement  \jSs>  dans  le  même  sens  que  le  yémanite  lJA=> 
converser.    Snouck,    0  S    Festschrift   Nôldeke   I   p.  102  d.  1 
porte:  Umen  gâm  taht  el-bâb  isma"  hadîfi,  und  wer 
unten  am  Tore  steht,  liôre  meine  Rede  '},  et  ib.  p.  105  n.  4 
kân  hadîfhom   si'^r,   ihre  Rede    war   lauter   Poésie.    Ce 
sens  figuré  ne  doit  pas  nous  étonner,  car  la  même  évolution 
sémasiologique  se  trouve  dans  Jaàj  et  oil^j,  vhvs.;  cf.  aussi 
le  babyl.  nadû,  jeter  >  tJo,  u,  et  «Oo  vhvs.,  cf.  sub  _5Jo. 

oÎlX^s^,  gourdin.  I  Dâbî  a  dit  dans  la  poésie  rapportée  877 

et  1112: 

r^^  cr*  Lf^  %  <s^  ^  cr»^    '^'^^  Lf'y^  u-^^'  oy^^  ^^^ 

Ce  sont  là  les  humn  d'el-Kabs,  bâtis  pour  ma  défense, 

Où  je  suis  en  sûreté,  quand  même  ils  seraient  un  adversaire. 


')  Mètre:  — ^-| — w-|-w  — ,  avec  une  syllabe  de  trop  au 
commencement,  comme  aussi  ib.  dans  les  versets  1,1;  3,2;  4,1;  6,1 
et  2;  7,  1  et  2;  8,1  et  2;  9,2;  12,  1  et  2;  13,1.  Cela  arrive  souvent 
dans  les  poésies  populaires  du  Sud  et  du  Nord. 

25 


8S6 

Le  seigyieur  renoynmé  est  donc  mon  allie, 

Si  non,  j'ai  un  gourdin  pour  le  Satan  lapidé. 

L  A  X  p.  366,  7  d'en  bas  :  j^,-**^"^!  ^^c  ^yF  ^  -b^î  oijcs? 
^yu\>  et  ^liÀ^,  pi.  ^'A:>  1258;  v.  les  dict.;  Naqâid  Gl.  sv. 

vJiJJo,  faire  le  savant,  se  faire  passer  pour  ce  qu'on  n'est 
pas,  1612, 1613,  est  selon  moi  un  accouplement  de  <jéS:^  et 
vJiiJ> ,  cf.  LA  XI  p.  399  en  bas.  Selon  la  théorie  de  Ruzicka, 

ce  serait  une  dégémination  de  ^jéX=>.  On  lira  ce  que  j'ai 
dit  1612  et  s. 

%^ 

!Â>,  u,  a  sans  aucun  doute  le  sens  priomordial  de  couper, 
comme  ;jÀ=>,  qui  seul  existe  dans  les  dialectes.  L  A  XVIII 

p.  184:  ^l^\,,  y.J^a^'  ^^^  et  p.  185:  ^ÀJ!  y^U^I  ...iùjcs^f 

LfjuLiLj  (j:l  »,L^^  e5->*^. •    Cf.   les  synonymes   provenant  de 

V    Jv>  vhv.  Ce  n'est  donc  pas  seulement  découper  la  semelle 

dans  le  cuir.  ^Css>  et  (^à>  (i)  ne  sont  que  des  variations  du 
même  thème.  L^jtLï  ^^jo^^JL.  sAj  (^_5u\=>  LA  XVIII  p.  187,  1. — 
Donner  =  (_^eî,  Bédouins  du  Nord.  Socin  Diw.  I  p.  218 
V.  2  et  note  ad  1.  C'est  classique.  LA  XVIII  p.  186:   'j.^ 

O     5  O  „    _  5  5       5-         £ 

[sSo^    »5l\=>»|     '!^S>P>   a-w"^';     L^jL*     iOLsIicî     X*-<JÀi!    q^    XaJc\:>!j     .  .  .  «LLlct 

=  1  Sîdah  XII  p.  231,  11;  v.  p.  388  sub  L^. 

(^jo,  rendre  une  portion  du  butin,  Béd.  du  Nord.  Voir 
ma  LB'^A  Gl.  sv. 

;j:Àa>!,  7nettre  le  ^\j<=>,  la  sandale,  Dt.  Sams  el-'Ulûm  p.  25 
rapporte  ce  verset  de  As^ad.  Tubba": 


S87 

celui  qui  porte  les  sandales . . .  et  celui  des  hommes  qui  ne 
les  porte  pas  est  mon  esclave!  Ce  qui  n'empêche  pas  que 
même  les  sultans  de  l'Arabie  du  Sud  marchent  le  plus  sou- 
vait  pieds  nus.  Ils  ont,  à  cause  de  cela,  comme  tout  le 
monde  dans  le  Sud,  les  pieds  plats,  de  même  que  beaucoup 
de  juifs  européens,  par  atavisme  oriental. 

i_5oL>,  être  en  face  de.  Mihâdiinna  husn,  il  y  a  un  husn 
en  face  de  7ious,  Dt.  Ma  fine  mezze  hankûn  whidne 
umhâdinne  Ijasîm,  tious  n'avons  pas  de  force  pour  être 
seuls  ayant  en  face  de  nous  un  eymemi,  RO  p.  176,  2;  v.  ici  sub 
iicL  et  A.  Fischer  W  Z  K  M  29  p.  430.  En  Tunisie,  être  voisin  de. 

iîJo,  chaussure,  en  général,  sandale;  pi.  (j:^x>,  On  prononce 

en  Dt.  ordinairement  iU>  (hâdà'')  et  en  annexion  hadà^i 
et  hadâti.  Le  itÀ=>  est  donc  proprement  ce  qui  est  coupé 

ou  découpé^  et  servant  à  couvrir,  sur  le  paradigme  JL«,  sur 

lequel  voyez  Hdr.  p.  272;  Dt.  p.  63  n.  1  et  p.  565;  Nôl- 
deke  Beitrâge  II  p.  176  n.  3;  Jacob  Studien  in  arab.  Dich- 
tern  II  p.  100;  Barth  NB  p.  62;  Socin  Diw.  III  §  98e;  I 
Sîdah  XIV  p.  204  en  bas.  (J'ai  dressé  une  liste  assez  com- 
plète des  JL«  arabes).  Un  exemple  analogue  sur  jLxs  est  le 

classique  oL^',  soulier,  pi.  'iJL<^\.  Les  'Anazeh  ont  la  locu- 
tion i^tL^.^  ^5t)À_^.,  (bihidà'ya  uridà^ya,  ainsi  pro- 
noncée), de  mon  plei?i  gré.  LgJ  J^"  \x)!J6  oyi2:>5   UiLJî    UJ^i? 

-L\>Lsi    ,xi»   ^^>J^î    &'\jo^    S5'3    liklc    L^ai:    éJ^    'Ax5>    lAijJI    c^*-o    Lj 

Ai  ^1>  o^lï  pjC^  ^/  ^  3i  (i'^_;^  ^5tiJ^.  ^cJ^.  (Le  voyel- 

lement  représente  la  prononciation  de  mon  Bédouin  "anazî). 
Le  pacha  la .  7nanda  chez  lui,  et  elle  se  présenta  devant  lui. 
Il  lui  dit:  Fille,  est-ce  que  ce  garçon-là  fa  amenée  à  ton 


ùofps  défendant  ou  bien  de  ton  gré?  Elle  répondit:  non,  mon- 
sieur,  il  m'a  amenée  de   mon  plein   gré.   Le  pacha  dit:  Ne 
fa-t-il  pas  séduite  avec  de  l'argent?  Elle  dit:  Non,  par  Dieu. 
Ici  ^ÎÀ:>  a  son  sens  naturel  de  soulier,  chaussure. 
i|À=>,  vis  à  vis  de,  devant,  en  face  de,  Dt.  Musil  o.l,  p.  192; 

à  côté  de,  RO  p.  109.  Maroc:  ^''->^,  d  côté  de  moi,  KMG  p.  21. 
t_5J>._>,  dans  ,3>-tv^^'  Lf^-^^-=>j  812, 16,  doit  être  l'infinitif  de 
(^À-:>,  i,  et  se  traduirait  plus  exactement  par  le  ferrage 
des  chevaux. 

iùÀ:>,  portion  du  butin  qu'o7i  rend,  1524,  1   et  n.,  chez  les 

C    5 

Bédouins  du  Nord,  =  idac  vhv. 

Bâqi  sâiq  wara  el-ràzu  unâdahom:  el-âhdîye, 
ya  hal-rabâM  Uqâl  ""aqîd  el-hêl:  antûh  ba'^îr!  Qâl: 
ba'^îr  ma  yilètëfi.  Qâl:  antûh  etneyn!  Qâl:  ma 
yèktifi,  abrâli  fôqhom.  Çallu  yintûh  lahadd  ^asrat 
ba^ârîn.  Gâl  Barakât:  arîd  zôd,  et  ensuite  ce  que 
j'ai  rapporté  1523  d.  1..  Il  continua  de  pousser  de  l'avant 
derrière  les  maraudeurs  et  leur  cria:  el-ahdîya,  ô  gens! 
Le  chef  des  cavaliers  dit:  ,,Do7inez-lui  un  chameau".  B. 
répondit:  ,,Un  chameau  ne  suffit  pas".  —  Le  chef  y^épondit: 
„J)onnez-lui  deux".  —  „Cela  ne  suffit  'pas,  j'en  veux  encore", 
répliqua  B.  Ainsi  ils  lui  donnèreiit  jusqu'à  dix  chameaux. 
Mais  B.   dit:   ,^J'en  veux  davantage.   Cet  extrait  d'un  récit 

"anazite  explique  bien  ce  que  c'est  que  la  iùÀ:>.  C'est  aussi 

simplement  =  iç^,  don,  cadeau,  Socin  Diw.  I  p.  72  N°  35 

n.  Ib,  ainsi  qu'il  ressort  aussi  du  passage  cité  p.  386  de  LA. 
Etant  donné  le  sens  de  V~^Xj>,  on  est  tenté  de  voir  ici 
un  morceau  de  qc.  chose,  une  partie  détachée,  une  coupure 
pour  ainsi  dire.  Ce  ne  saurait  être  une  variation  phonétique 
et  emphatique  de  (^-X^,  152-i  n.,  mais  les  deux  racines  arri- 
vent par  des  voies  différentes  à  signifier  ^Jas:^^•■,  voir  ^ap. 


389 


*;= 


V  ^  635  n.  1;  cf.  Arabica  V  p.  137  n.  Cf.  mn  et  Nnn,  -  ^, 
secouer  572.  Lp^^cst.  i'^JLJï  icJjO!  &_*-*  oJ'^  "^,  si  l'eau  de  la  cafe- 
tière est  en  petite  quantité,  on  la  secoue^  Negd  du  Nord,  para- 
phrasé par  \j^-=>.  —  Racler,  herser.  ^:$t»JL.  ^^j^JaJS  [jr-^s^^-j,  on 

racle  la  terre  avec  le  racloir,  87,  24,  25;  1334.  ^\.jd\  jS>^ 
relever  les  digues,  113,  21,  en  y  transportant  la  terre  raclée 
dans  le  voisinage,  544  n.;  Hdr.  p.  550;  autre  exemple  1153, 
9  d'en  bas.  Stace  p.  117  le  traduit  un  peu  trop  librement 
par  till.  —  Chauffer  et  avoir  chaud,  être  chaud,  635  n.;  1552; 
^dr.  p.  550.  Aussi  au  fig.:  LlL-j  iLjî_^t  o^  U  ^,  lorsque 
la  guerre  chauffa  entre  nous,  Dt.  Comme  ^Aggâg,  Bittner  p.  34: 

=  JbcJii!  J>  =  «^  J^x.;it.-  To  hoil  en  sahhî,  BBRAS  1902  p. 
260.  —  o./Jt  (^^  y>r.  (j:'^  ^^j^t,  les  deux  mois,  pendant  les- 
quels le  froid  devient  intense,  expliqué  par  o^J!  ^^^  l?*^-  l5^> 
635  n.  1;  1552  en  bas;  v.  ^x:>!  et  ici  p.  392,  2.  —  ^\,  avoir 
chaud;  s'échauffer  ;  se  mettre  en  colère,  s'emporter  Dt.,  1552, 
V.  p.  392, 14.  Devenir  intetise  et  se  dit  aussi  du  froid.  -X:^  Ij!, 
j'ai  chaud  Dt.  iCcLw  Ji  Jkc  y::>?''  «jcjt  ^jiJ,  pourquoi  te  mets-tu 
en  colère  contre  moi  à  chaque  moment?  Dt.  De  cet  imparfait 
yL>r.,  yihtàrr,  on  en  a  fait  en  ildr.  et  en  Dt.  un  autre: 
yihtar  en  transportant  l'accent  sur  la  première  syllabe  et 
en  le  confondant  avec  celui  de  la  forme  yif'àl,  ce  qui  est 
souvent  l'accentuation  de  l'imparfait  Jjùj;  voir  sub  ^^x=>,  <ij 

et  (iUci  <  iiU:^! .  Enteh  daim  (non  daim  an!)  tilitar 
^'alêna,  tu  t'emportes  toujours  contre  moi,  Hdr. 


390 

fjr-^£   _s^Lv.!,  s'échauffer  contre  qqn.,  s'emporter  contre  qqn. 

»Jiy^\  J^  [jr^^  v_j^^'>  ^^^  chiens  grognent  contre  les  gens. 

JjLiiJI  ys^i,  ?a  guerre  se  chauffa^  s'envenima^  Su^arâ'  en-Nas. 
I  p.  86,  2  d'en  bas,  est  aussi  une  bonne  expression  dialectale.  — 

y>,  chaleur,  572  en  bas.  —  ^Jt  =  yi^J!,  az'ô'/e  (et  non  fauco7i) 

Hdr.   p.   125  en. haut.    Un  "anazî  me  l'expliqua  par  ji^î, 

aussi  appelé  yjkl!  par  excellence,  „parce  qu'il  a  le  >w»jjii  u«.àj 
et  ne  mange  jamais  de  cadavre".  Le  verset  39  de  la  qasîdah 
N°  69  de  Socin  Diw.  est  dans  le  texte  que  j'ai  recueilli 
ainsi  conçu: 

tandis  que  la  version  de  Socin  porte  x^JA^it,  et  mon  "Oneyzite 

expliqua  justement  Jj^-,  pl-  de  ^^î,  par  .yicJ).  En  Algérie, 

y5:iii  jAd  est  le  faucon^  Daumas,  Cheveux  p.  358  et  p.  371. 

C'est,  bien  entendu,  pour  ^^-j^Jî  ^^iiJ!,  comme  le  dit  aussi 
Dozy  S.  sv.,  mais  voyez  plus  bas.  Cf.  aussi  Stumme  TTBL 
p.  90  n.  et  la  réflexion  qu'il  y  joint.  A  présent,  Zimmern  Akk. 
FW  p.  51,  propose  comme  étymologie  l'akkad.  issur  hurri, 
oiseau  de  caverne,  >  hurr,  ter  el-hurr,  faucon.  Mais  je 
ne  sais  pas  si  le  faucon,  ou  l'aigle,  est  un  oiseau  de  caverne.  — 

»^j>,  chaleur.  ij*w*«iJî  s^,  la  chaleur  du  soleil,  61,  10.  — 
Canal,  760.   —    Déversoir,  1156  d.l.   —    Passerelle  entre  les 

champs  = -i^csjun .  Pour  la  chose,  voir  Hdr.  p.  122  et  pour  le 
mot  identique  sabéen,  Hartmann  ZA  XXI  p.  8,  qui  n'a  pas 
daigné  me  citer.  Glaser  Mitteil.  p.  70  en  expliquant  le  sab. 

Oj>=»y>  dit:  „Sudarab.  s^,>  ^=  j*j^,  iLLwA.c  =  (Feld-) -Em- 
fassung,  Ruin,  Umzàioiung,  Ummauey-ung" .  C'est  un  choix 
peu  exact.  Voir  ZD  M  G  53  p.  19  et  à  présent  Rhodokanakis 


')  Mètre  ragaz,  v.  Socin  Diw.  III  §  37c.  ^LA>:o"iiî  paraphrasé  par^Lo"b5î. 


391 
0.1.  p.  81  et  ib.  Gloss.  sv.  Cf.  akk.  harru,  canal,  et  hurru, 

G  5 

trou  (obs.   iJl«),  et  aram.  horra,  trou. 

.lj>  >   L=»,  emporté,  irascible,  Dt.  =  Oj>  vhv. 

Sur  "L=>  >  ^L=> ,  il  faut  faire  une  observation.  J'ai  dit  20 
note  que  les  Bédouins  peuvent  très  bien  prononcer  une 
consonne  double  après  une  voyelle  longue.  RO  p.  11,7  d'en 
bas  dit:  „Les  Arabes  de  'Oman  font  entendre  le  redoublement 
consonantique  même  après  les  voyelles  longues:  mahâsé, 
faucille  pour  l'herbe,  d  â  b  b  e ,  animal,  m  â  z  z ,  gonflé  par 
Veau."  Cela  malgré  qu'une  telle  syllabe,  cvc,  ne  soit  pas  du 
génie  de  la  langue  arabe,  134  et  ma  LA  p.  21.  Il  y  a  trois 
manières   de  prononcer   des   mots  tels  que  .b=-,  iub,  ^15,  etc. 

pour  éviter  le  ^vj/LJ!  cljjjjt:  l°de  supprimer  la  seconde  con- 
sonne: hâr,  qâr,  RD  II  §  13e  et  n.  1;  2°  de  désallonger 
la  voyelle  longue:  dabbah,  et  3°  de  faire  une  courte  pause 
après  la  voyelle  longue;  on  entend  alors  une  hamza:  hâ^rr, 
qâ'rr,  dâ'bba,  ce  qu'on  pourrait  aussi  noter  par  hâ-à-rr, 
qâ-à-rr,  dâ-à-bba.  C'est  cela  que  les  grammairiens  ont  noté 

par  !.  Pour  étudier  cette  question,  on  consultera  I  es-Sikkît 
Tahdîb  p.  672;  es-Sîrâfî  dans  G.  Jahn  Sîbawaihi  I,  ii  p.  45; 
LA  I  p.  10,9  d'en  bas;  Beydàwî  I  p.  10,6;  de  Sacy  Gr.  I 
§  183  et  note  =  Fleischer  Kl.  Schriften  I  p.  48,  Nôldeke  zur 
Gramraatik  p.  8  et  id.  ZDMG  57  p.  213  n.;  G.  Weil  Die 
Behandlung  des  Hamza- Alif  im  Arabischen  p.  23  s.  ;  Brockel- 
mann  VGSS  I  p.  63/4;  G.  Jacob  Altarab.  Beduinenleben 
p.  186;  ma  LA  p.  21,  Dt.  p.  101/2  et  p.  134  et  ici  p.  88  ss.  - 

».ly>,  échauffernent  du  sang  produit  par  la  chaleur;  érupiion 
cutanée.  Un  Datînois,  qui  avait  beaucoup  de  boutons  à  la 
figure,   ce   qui  est  fort  ordinaire  dans  le  Sud,  me  dit:  b.t^ 

^J^4.^'>  Sj=>  ^J^ ,  les  boutons  de  chaleur,  ou  V éruption  cutanée, 
proviennent  de  l'intensité  de  la  chaleur.  Mais  ce  mot  peut  aussi 


392 
indiquer  l'intensité  du  froid:  ^^!  s^tj=>  ^  U^',  nous  sommes 

au  plus  fort  du  froid,  635  note.  Cf.  c>^\  o~f^  (j=*^-  ^^ 
(les  mois)  pendant  lesquels  le  froid  devie^it  inte^ise,  635  n.  1; 
V.  p.  389,  14  et  ss.  Cf.  V;=*)  '^^^j  ^j> ?  ^''^^  v.  plus  bas  sub  v_j,:>. 

^^y> ,  inf.  (?)  de  ^=>  dans  le  sens  de  racler  la  terre  pour 
relever  les  digues  543  d.  1.;  ici  au  fig.  544,  n.  1. 

^,  racloir,  herse,  87,  25,  26;  544  n.  1;  1334;  pi.  j~^  < 
"L^,  660,8. 


^->Y^ 


r 

^f>i  a,  être  en  friche,  122,9;  ne  pas  être  cultivé  (champ), 
1552.  C'est  l'hébr.  3in,  sécher,  1313  n.,  1552.  —  Brûler, 
intr.  ,j...4-^l  iiii'  ^j^  Vj^-  £)j^'>  ^^  verdure  brûle,  est  brûlée 
par  trop  de  soleil  Dt.—  Eti'e  en  colère,  1552,  comme  I  SaM  I,i 
p.  152,  22,  =  yi>!  vhv.  El-Amâlî  p.  64  :  ^^xai^  J^  bî  ijp-  V;> 

s       5  3    5       5 

Vj^  >^j  'j'  ^^j>3-  Cf.  j>,  ^j-=>,  lp->5  ^/=*  6t  3^  dans 
quelques  dérivés  (b^^  et  »5U>),  vhvs. 

»_jy>,  brûler,  dessécher,  1552.  ^.jJ!  uj^.  ^^JJ!,  ^e  2;ewîî  d'est 

brûle  la  ve^-dure,  Nord,  1552. 

^  Vf^>  brûler  d'envie,  désirer  ardemment,  Dt. 
*_jy:>!,  devenir  inculte,  (champ),  122,9  et  n.  2;   1552. 

^f>,  terrain  inculte,  1552  ==  v_;t^  ou  ^_JLo  et  U^o  vhv. 
uj.'l>,  champ  no7i  labouré,  mais  aussi  praz'ne,  pâturage,  1313 

n.  2;  1552.  v;'-^  ^;r->  champ  7ion  cultivé,   1552,  H4r.  Gl. 

sv.;  1628. 

i_j^,  guerre,  vient  de  v/^5  brider,  chauffer;  cf.  884,  ici  p. 

393,  5  et  sub  iu^ .  V.  sub  'i^f>- 

iL-j^,  courte  lance,  javelot,  1752,  pi.  ^L=> ,  v.  sub  ^wà-^-^-^; 


393 

pointe  ronde  de  la  îance,  Hess  Bemerk.  zu  Dougthy's  Travels 
p.  17;  grande  lance  à  San'^â,  Glaser  Peter  m.  Mittheil.  1886 
I  p.  7;  en  Tnnisi,  poignard,  Stumme  TGr.  p.  45.  Prononcé 
qqf.  ':^'f>,  1744  n.  Etymologie  ib..  Dêl  el-Amâlî  p.  164:  ^.z^.j^ 

mais  je  crois  que  cette  etymologie  est  intenable.  Pour  l'histoire 
de  la  harbah,  voir  Tab.  Gl.  sv.  et  sv.  »y^.  Zimmern  Akk. 
F  AV  p.  1 2  dit  :  akk.  h  a  r  b  u ,  h  a  r  u  b  u  ,  épée  (?)  Ce  mot,  rare 
en  akk.  et  non  tout  à  fait  prouvé,  serait,  si  confirmée,  de 
provenance  sémitique  occidentale  <  hébr.  hàreb,  harb 
(  <  égypt.  hrp)  aram.  harbâ  (>armén.  xarb),  épée,  arabe 
1.1  ar bat,  harb,  lance;  par  contre  le  grec  cx,p7ry^  est  proba- 
blement à  écarter".  Bittner  St.  Mebri  II  p.  77  n.  1  fait  venir 
iuj>,  qu'il  traduit  d'une  façon  trop  moderne  par  bayonnette, 
de  ^j=>,  aiguiser,  affiler,  comparé  avec  fl"in,  <J,=>,  =  mehri 
harba^  aiguiser,  mais  ^y><^'^=^,  et  le  mehri  harb  a"* 
n'est  pas  clair.  iùy>  ne  doit  pas  être  de  pur  arabe. 

ujL=>,  terrain  incidte,  1552  =  uj-^  vliv. 

io!j>  =  v;^^?  guerre,  127,  7;  1578;  yoir  p.  389,  10.  Un  ragaz 
dit  (après  le  verset  1139): 

Nous  nous  présentons  ci  la  guerre  et  à  V épreuve  (guerre), 
Et  nous  abreuvons  (de  malheur)  celui  qui  s'engage  à  la  lutte. 
i--o.=>,  ennemi,  s'entend  quelque  fois  dans  le  Sud,  souvent 
dans  le  Nord  ;  Musil  o.  1.  p.  392  ;  Hartmann  L  L  W  p.  237.  — 
ujL^,  641  et  n.  2;  642  n.;  1430.  Sur  la  chose  même,  on 
lira  les  explications  de  Rhodokanakis  dans  la  WZKM  19 
p.  296  et  ss.  et  id.  ib.  25  p.  71  et  ss.    Ses  conclusions  me 


1)  La   harbah   des  Hattites   ressemble   à   celle   du   Sud   de   l'Arabie, 
Ed.  Meyer,  Reich.  und  Kultur  der  Chetiter,  fig.  40. 

2)  =  c|.*3  V.  sub  (j« . 


394 

paraissent  décisives  pour  l'arabe  postislamiqne.  v;^-'  ^^j 
Diw,  Hodeyl,  Kosegarten,  p.  178  v.  14,  est  très  instructif. 
Dans  le  Diw.  de  Qays  b.  el-Hatîm,  é'd.  Kowalski,  N°  7  v.  4, 
il  y  a  deux  versets  fort  intéressants,  dans  une  poésie  où 
les  versets  2  et  3  font  assez  piteuse  figure.  Qays  parle  de 
sa  belle  ^A  m  r  a  h  dont  il  dit  : 
(Mutaqârib) 

'4-?' 7^^   ^l-^'    lV-*'-^      ^"^"^   ^'   '■^^r^'    ^-  £  ^■'*-' 

Comme  si  so7i  ^nanteau  était  imprégné  de  l'odeur  du  girofle, 
de  gingembre  et  de  ''abîr  (musc?) 

(Parfums)  que  les  Juifs  ont  montés  dans  un  magasin  à  cou- 
pole, tout  près  du  ciel,  dans  son  mihrâh. 

C'est  à  dire  dayis  le  mihrâb  de  la  qubbah.  Mais  il  est 
impossible  de  deviner  ce  que  c'était  que  ce  mihrâb;  pro- 
bablement un  endroit  à  part  dans,  la  qubbah.  Cette  qub- 
bah  pourrait   bien   être  la  même  chose  que  les  iLjolc  r^^- 

dont  je  parle  sub  ë^,  pi.  'ê^o,  et  qui  sont  très  fréquents 
dans  le  Sud.  Ils  sont  situés  sur  les  hautes  montagnes,  oii  il 
est  souvent   impossible  d'arriver,  et  c'est  ainsi  que  je  com- 

prends  ^U-vJ!  ^^^o  du  texte.  On  dirait  que  les  Juifs  avaient 
accaparé  le  commerce  des  „denrées  coloniales"  dans  les 
siècles  précédant  l'Islam.  Cela  est  fort  probable,  car  leurs 
aptitudes  commerciales  n'étaient  certainement  pas  moindres 
alors  que  maintenant.  Nous  savons  que  l'Arabie,  à  cette 
époque,  était  en  bonne  voie  de  devenir  tout  à  fait  juive. 
A  propos  de  ces  vers,  Nôldeke,  dans  sa  critique  du  Dîwân, 
ZA  XXIX  p.  208,  dit  que  „les  Juifs  de  Yatrib  sont  ici 
présentés  comme  des  gens  très  considérés  et  nobles".  Je  n'y 
découvre  absolument  rien  de  tout  cela  ').  Il  y  avait  donc  des 


1)  Ib.  il  dit  h  propos  du  N°  10  v.  Il  : 


395 

dépôts  de  ces  denrées  dans  des  endroits  plus  ou  moins  à 
l'abri  des  voleurs,  et  je  me  demande  si  le  milirâb  n'était 
pas  une  cave  dans  le  roc  même  dans  la  qubbah.  Kowalski 
0.1.  p.  50  rapporte  deux  sâliid  importants:  I  Hisâm,  Sîrah 
p.  45,5: 

L'a  érigée  (=  San\x^)  celui  qui  bâtit  dans  les  pans 
des  nuages,  et  ses  milirâb  exhalent  une  odeur  de  musc. 

Abu  Nuwâs  (Yâqùt  IV  p.  732,  2)  a  dit: 

-.)ù-=  O,  ^  J0Ï3Û..  O- 

LfJ.Lrs^    ^    t*)s.^JÎ3    iLsLMO       'l^^    JjcLj    v^;'    O^^     ^ 

Bien  -plus,  nous  sommes  les  Seigneurs  de  NàHt  et  nous 

possédons 
San'^a'  et  le  musc  dans  ses  mihrâb. 

=  dans  les  mihrâb  de  San'^â^  et  ces  mihrâb  dont  on  parle 
dans  les  deux  passages  cités  étaient  sans  doute  des  maga- 
sins de  dépôt,  des  ius,  dans  la  haute  montagne.  Voilà  pour- 
quoi il  y  a  le  verbe  ^^  trans.  =  ^^  et  ^^ .  Kowalski  fait 
avec  raison  observer  qu'il  y  a  ici  partout  trois  motifs:  hau- 
teur, mihrâb  et  encens  ou  matières  odorantes.  Il  me  paraît 
impossible  de  bien  préciser  le  sens  de  mihrâb  dans  ces 
passages,  et  l'on  commence  à  douter  de  l'identité  du  v'j^ 
préislamique  et  du  vjr^  postislamique.  Le  sens  est  bien 
différent  et,  en  outre,  le  temps  qui  les  sépare  n'est  pas  long, 
ainsi  qu'il  ressort  de  ce  qui  suit. 

C'est   dans  l'Islam  la  niche  de  prière  dans  la  mosquée. 
Mais  c'est  là  une  itmovaiion,  îc\j,  postérieure.  On  trouvera 


''-^■^^    OT^-^^^-    0^^'-5        ^rif^    ô    [^'j*-^'    ^;  •  "^3 

que  „ces  agriculteurs  regardaient  avec  mépris  les  artisans,  comme  le 
faisaient  les  Bédouins".  Mais  une  telle  conclusion  n'est  pas  motivée. 
Kowalski  traduit  ici  qI-^'  par  esclaves^  ce  qui  n'est  pas  juste  non  plus-  vhv. 


396 

dans  l'ouvrage  susmentionné  les  autres  acceptions  du  mot: 
palais,  salle  de  trône,  salle  de  récption.  Seulement,  il  faut 
voir  quel  est  le  point  de  départ:  niche  de  prière  ou  bien 
les  autres  sens.  Nôldeke  Beitrâge  II  p.  52  n.  3  dit  que  le 
sens  primaire  est  bâtiment  royal  ou  seigneurial,  tandis  que 
Rhodokanakis  pense  que  „c'est  tout  d'abord  salle  d'audience, 
salle  du  trône  et  ensuite  niche  du  trône".  Cela  corresponderait 
donc  à  Yapsis  des  églises  et  à  notre  baldaquin,  dais  dans  les 
châteaux  royaux.  Dans  le  Qorân,  v^j^  n'a  jamais  le  sens 
de  „  niche  de  prière"  et  pour  cause.  Par  contre,  il  ressort 
des  Traditions  que  le  mihrâb  était  y:^  ui^^Jî  ^c^L*Jî  j^t 

\J»  ^xoyi,  l'endroit  haut,  surélevé  et  aussi  la  ptlace  p7incipale 
de  la  salle;  de  cela  le  nom  du  mihrâb  de  la  mosquée,  qui 
y  est  la  place  principale  et  la  plus  élevée.  Chez  I  Sîdah  V 
p.  128,  u>.>-^ii  v'y^  6st  \Aî  iutjoy>  j.ytj  ».js.a:3,  la  place  prin- 
cipale et   l'endroit  le  plus  distingué,   et  ib.  p.  138  l'auteur 

dit:   c;a^!  ^l>uo    Ki\    j.LXiL:j'    oVij    v'r^    '^-A:>Î5    ^^-iJ!    u^  L^^i 

et  XI  p.  45  d.  1.  en  expliquant  un  vers:  ijc^j^c  v_jt_i?LLL.  ,oJtj 

éylX\  u^^'L^xf  j.^!  ^^\^i\^.   Nihâyah  sv.   Les  lexicographes 

arabes  n'ont  pas  bien  su  débrouiller  la  question  sémasiolo- 
gique,  mais  il  ressort  clairement  de  LA  sv.  que  niche  de 
prière  est  une  signification  relativement  récente.  Le  mihrâb 
ancien  me  paraît  être  conservé  dans  le  lîv7ân  moderne  des 
riches  maisons  de  Damas  que  connaît  tout  Orientaliste  ayant 
visité,  cette  ville.  Anciennement,  c'était  sans  doute  un 
endroit  spécial  et  plus  noble  que  les  autres  dans  le  bâtiment, 
t^yil  et  |.^t.  —  Nous  passerons  à  présent  à  l'étymologie  du 
mot.  J'ai  dit  641  que  l'origine  en  est  j»^j^^,  avec  permuta- 
tion des  labiales.  Brockelmann  a  ensuite  adopté  la  même 
étymologie  VGSS  I  p.  222,  et  cette  forme  se  trouve  éga- 


39? 

lement  en  éthiopien  et  en  sabéen,  641;  CIS  N°  106,  sanc- 
tuaire. On  pourra  comparer  le  harîm  moderne,  mot  qui 
désigne  non  seulement  les  femmes,  mais  aussi  la  partie  de 
l'appartement  où  habitent  les  femmes.  Lane,  Sitten  I  p.  142. 
C'est  le  j.|j^  de  la  maison,  le  sarictuaire.  Rhodokanakis  est 

d'avis  qu'on  ne  saurait  séparer  vî,—^  de  'i^J>,  o- 1.  p.  75, 
et  Becker  n'envisage  pas  la  question  autrement,  o.  1.  p,  75 
note  2.  On  connaît  le  rôle  que  jouait  la  iù^>,  la  L*a£  et  la 
•ûj-k-z.  dans  la  vie  du  Prophète,  Boh.  I  p.  102  et  II  p.  20. 
J'ai  exposé  1743  et  ss.  l'importance  de  ces  attributs  du 
pouvoir.  Sur  iL_i^=>  =  »j->^,  voyez  Tab.  Gloss.  s.v.,  Mafâtîh 
el-'Ulûm  p.  118  et  s.  Si  c'est  une  institution  du  Prophète 
que  de  planter  la  'i^^  ]à  oiï  il  devait  faire  sa  prière,  comme 
le  dit  Balâd.  éd.  Ahlwardt  p.  138,  le  mihrâb  n'y  peut 
trouver  son  explication  étymologique.  La  ha r bah  était 
l'emblème  du  pouvoir.  Le  Prophète  en  reçut  aussi  du  Roi 
d'Abyssinie  trois  dont  l'une  servait  pour  son  usage  personnel, 
Tab.  Gl.  s.v.  sjic.  Cette  concordance  de  vj^  ^^  ^j^  pré- 
suppose qu'il  y  eût  un  temps  préislamique  oii  la  harbah 
fut  le  signe  prédominant  du  pouvoir  et  que,  avec  l'intro- 
duction du  mihrâb  dans  le  bâtiment,  on  ait  transféré  l'im- 
portance de  ce  signe  à  la  dénomination  de  l'endroit.  Nous 
savons  bien  que  le  bâton  jouait  un  grand  rôle  dans  l'anti- 
quité, 1756  et  ss.,  et  la  harbah  est  ou  son  contemporain 
ou  son  successeur  comme  emblème.  Mais  il  faut  prouver 
cela  aussi  pour  le  temps  préislamique.  Pour  l'Islam,  nous  le 
connaissons.  Le  sultan  Muhsin  de  "Azzân,  de  triste  mémoire, 
me  fit  cadeau  de  la  harbah  qu'il  portait  dans  le  maukab'), 
781,  solennel  lors  de  mon  entrée  dans  sa  „capitale". 

Cette  concordance  de  harbah  et  mihrâb  présupposerait 
encore  que   dans  le  mihrâb  islamique  on  ait  vu  la  même 


')  Voir  au.ssi  icis  ub 


^. 


â98 

direction  où  devait  être  fichée  la  ha r bah  pour  la  prière,  et 
ce  serait  alors  par  allusion  à  ce  fait,  dans  lequel  ou  aurait 
trouvé  une  affinité  radicale,  qu'on  aurait  gardé  l'ancien 
nom  de  mihrâb.  L'étymologie  serait  donc  toute  populaire, 
sans  qu'il  y  ait  une  affinité  réelle  entre  les  deux  mots.  Ce 
n'est  que  de  cette  façon  qu'on  pourrait  établir  une  juxta- 
position de  ha  r  bah  et  mihrâb,  mais  je  doute  fort  qu'il 
ait  entre  les  deux  mots  communauté  radicale  et  essentielle, 
malgré  l'opinion  des  deux  savants  confrères  Becker  et  Rho- 
dokanakis.  Le  mot  harbah  était  répandu  dans  le  monde 
ancien,  Ges.-Buhl  sv.  nnri,  mais  conclure  de  cela  à  une 
identité  des  deux  termes  qui  nous  occupent  serait  pour  le 
moment  un  peu  risqué. 

fSur  le  mihrâb,  voir  aussi  Goldziher,  Beitrâge  zur  Ge- 
schichte  der  Sprachgelehrsamkeit  bei  den  Arabern  I  p.  16 
et  21,  et  Praetorius  ZDMG  61,  p.  622. 


Oy^ 


r 

Ojj>,  u,  labourer,  1447,  6  d'en  bas;  aussi  rfi^rt,  labourer  la 
terre^  mais  en  tigré,  selon  Littmann,  travailler;  cf.  sub  ^^. 

o,b>,  laboureur;  paysan,  =  J^,  vhv.  Le  c:jjL=>  est  dans  le 

Sud  propriétaire  du  terrain,  cultivateur,  et  le  -^Is  du  Nord,  mot 
inconnu  dans  se  sens  dans  le  Sud,  est  laboureur,  paysan;  cf. 

ZDMG  49  p.  509  l'observation  de  Vollers.  PI.  cu'^  ou  ^\'J>',  RO 
p.  72.  o!^,  cultivateur,  qui  laboure  sa  propre  terre,  =  c:j^L>, 
1448   n.;   laboureur  à  gages   1448  n.  Le  propriétaire  laisse 

labourer  sa  terre  par  un  o!-:>,  qui  doit  fournir  les  bêtes  et 
les  ustensiles  de  labour  et  qui,  en  revanche,  reçoit  la  moitié, 
le  tiers  ou  le  quart  de  la  récolte,  selon  la  convention,  ^i^c 

oî^>^,  pelle  du  four,  fourgon,  648.  Cf.  y>,  uj.=>  et  ^y>,  vhv. 


399 


-j^,  être  dresse  au  labourage  (bête),  1335.  —  Etî'e  bon  pour 

faire  le  travail  des  champs,  1510  en  bas  =  J^-i-xif  ^Lb,  vhv. 

V  -r-=>5  placer  quelqu'un  sous  la  surveillance,  lui  défendre 
de  quitter  le  pays  que  donne  Glaser  Mitteil.  p.  77  en  bas 
est  =  ^Lc  ^^\=>  vhv.  ;   c'est  ainsi   qu'on   dit   en  Dt.  et  en 

Hdr.,  mais  J.c  ^j=>  intr.  doit  aussi  être  parent  de  J^^  ^^^^^ 

trans. 

'•j-=>,  dresser  une  bête  pour  le  labourage,  J,  722,9;  1335; 
1478.  En  Algérie,  préparer  pour,  J,  1335,  en  général.  — 
Défendre,  aussi  en  ''Oman,  RO  p.  162,5.  En  Tunisie,  trou- 
bler, déranger,  Stumme  T  Gr.  p.  23. 

-j^,  avec  ^y,,  s'abstenir  de,  835,  16;  classique.  —  Etre  dressé 

au  labourage,  1335. 

^  .1j>,  bête  à  corne  dressée  au  labourage,  bête  de  labour;  fém. 

■^}^,  1335;  pi.  -.5>,  87,26;   113  N°  2;   1335;  v.  ^. 

^j_=>,  et  -j->,   chose  illicite,   défendue  927  n.  3.  —  Collier, 

1335. 

^j.>,  harnachement,  Algérie,  1335. 

-.j.:>,  crime,  péché,  927  n.  3,  =  Jf>  ib. 

;_>_^,  porter  l'enfant  à  califourchon  sur  la  hanche,  362. 
C'est  probablement  une  dégémination  de  ji?c>,  vhv.,  et  j>^>. 

^^,  marcher  vite.  Je  ne  l'ai  entendu  qu'avec  l'affaiblisse- 
ment  de   la  laryngale  :  h  >  h,  voir  ^S'  et  ^f .    C'est   une 

dégémination  de  i)-^^^,  sous  l'influence  de  Vy^y,  cf.  aussi 
J.:^vJu>  vhv.  L  A  sv.  Cf.  JC>  =  JJ5^>,  .qui  ne  sont  qu'une 


40Ô 

graphie  pour  J^^>,  prononcé  hargal,  comme  ^Jin,  I  Sîdah 
III  p.  108,  12;  LA  sv.  qui  n'a  que  JC>;  de  même,  j«-:>^ 
prononcé  ragal  présente  dans  les  dictionnaires  les  graphies 
Jj^  et  JfT,.  LA  shvs.,  cf.  aussi  le  classique  d^f^  LA  sv.  ^ 

J^^.>,  <  ^sfLsi  +  „^.  Cf.  aussi  ^^=>  et  j*>5nj^,.>!,  voir  les 
dictionnaires.  Pour  le  n  infixé,  voir  ici  p.  6U0  en  bas. 


cr 


-^y^,  vulve^  717;  927,4  et  n.  3;  voir  *,f^  et  ^^-^  pi.  Jf^, 
vulves  des  mulets  chez  Farazdaq  ZDMG  61,10  d'en  bas; 
Nôldeke  Beitrâge  II  p.  148,  Holma  Kôrperteile  p.  100. 

j>^-=>,  a,  être  fâché,  se  courroucer,  1561  n,  1.  Naqâid  Gl.  sv. 
LJlc  o^'  yiJ,  pourquoi  es-tu  courroucé  contre  nous?  =  vJLL:>; 
aussi  classique,  Amâlî  p.  9.  —  o^>,  a,  enlever,  emporter  avec 

impétuosité,  Hdr.  p.  120.  «L:^!  <y^^^  o,>,  le  torrent  a  em- 
porté les  arbres. 

o,=>,  impétuosité.  yi^\  o,>,  l'impétuosité  du  torrent,  le  fort 
courant;  cf.  jy>. 
o.^,  courroux;  aussi  classique,  Amâlî  p.  9.  J^-^vJ!  o^=>,  l'im- 

pétuosité  du  torrent.  30.=>  ^^  sri^J^''  l>2X5  J^j^^^Jî,  le  torrent  a 
déraciné  les  jujubiers  par  son  impétuosité,  1347. 
o^>,  impétueux.  -bUî  £L>  ^  o^>  J^^'  Ljaj^,  c7ze^  nous  le 
torrent  est  impétueux  lorsque  la  pluie  vient,  Dt.  —  Emporté 
(homme)  =  }-=^-  ^-^^  q'-**-j',  U7i  homme  emporté,  en  colère,  Dt. 
^^b^,   fâché,   courroucé,    1561    n.   1;   aussi   dans   le  Nord, 

Dalman  PD  p.  336  N°  8;=  ^ul^. 

Je  ne  vois  pas  pourquoi  l'hébreu  "lin,  trembler,  ne  serait 


401 

pas  le  même  verbe,  avec  un  développement  sémasiologique 
différent,  mais  dont  le  thème  f>  est  le  fond,  contr.  à  Nôldeke, 
ZDMG  40,  p.  723,  qui  y  voit  ^f>,  mais  ce  verbe  est  déno- 
minatif; V.  Ges.-Buhl  sv.  Cf.  y>,  Jo»!  et  ^f^. 

:y>,  a,  être  en  sûreté,  être  gardé,  être  protégé  1792.  C'est 
évidemment  une  variation  pour  ij«,> ,  et  le  Qâm.  dit  :  ^jy:> 
»a«^>  J-o"it5  JÎlXj]  y»  ^]  ^Î3à>.  I  el-Qût.  p.  47,  1  :  ^^c^'  ^;=> 
*à;0)!.  Dans  la  lurah,  c'est  plutôt  j^t,  vhv.  La  permutation  de 
:  et  de  tj«  est  assez  fréquente  dans  la  lurah,  témoins  o/> 

et  oi-«*>,  cf'-^;'  ^t  l5'-^-^'5  c>>-ij— Î'  et  (^>-»  wJS;  ^^;  et  ;,^JL.>^«; 
v_j;l  w  et  i^AwLii;  Oj-c  et  oiAv.c;  *Jt  et  *.>*Jî;  p  ^-^  6t  ^t-w*!?; 
yï  et  (_/«y>";  iAaaiSS  ^Jjj  et^.JLvo;  p>  et  (j«^;  vj^  ^t  v-^î 
•. .L-/0  et  (jrt.L_<5  o)i->;«,  oi'-^-w'v  et  ^Lx-w.,  o^^A-j:,  ^^lX-Lw  et 

^•iiAJLo;  ^_jiJ  et   v*^?   O^jî  et  olX-wÎ;    j-^;  -  ^t  u^J^^;  l«:>^! 

et  j»4i"î  (chameau) ;  J^!.: ,  -bLw  et  -bUa;  oSjj,  oLvvo  et  oL>^; 

y«j,  U'O.h,  <V  .i;  »jT-s,  i«*«jS5  '!^^  et  iùas.  =  Dt.  »r*^  vhv. 
et  bien  d'autres  ;  sur  les  sens  de  ces  mots,  voir  les  dictionnaires 
et  surtout  le  Qâmoûs.  Dans  le  Negd  du  Nord,  ^^s>  est  pouvoir  = 
.lAï,  comme  aussi  chez  les  ''Anazeh,  ZDMG  XXII  p.  89,  1  et 
p.  159,  ma  L  B^A  p.  80, 6.  —  En  Syrie,  deviner  =;/>,  cf.  ^p-, 

là  aussi,  valoir  la  peine.  Un  proverbe  de  Damas  dit  :  c>«.:vî>>  q' 

o  o 

^jA-Axxit  jy^.  ^3j^,  si  tu  aimes,  aime  un  amlr  et  si  tu  voles, 

vole  de  la  soie  et  si  tu  frappes  à  la  porte,  frappe  à  celle  d'2m 
grand  seigneur  afin  que,  si  le  monde  te  blâme,  le  blâme  vaille 

^26 


402 
la  peine.   Cf.   Die   Lieb.    v.    Amasia  éd.  Wetzstein  p.  52: 

jy>^',  qui  vie?it  dans  une  pareille  araire  frapper  aux  grayides 

portes  (=  portes  des  grands)  doit  forcément  avoir  quelque 
chose  d'important  {à  dire). 

^  ù  £ 

jy>!,  veiller  sur,  protéger,  donner  asile  à,  1792.  I  el  Qùt. 
p.  171,  12;  LA  sv.;  Nihâyah  sv.;  Bolj.  III  p.  98,  6  d'en  bas: 

(jjjj)  j.lj  tj^_=^  ^jf^"^  '^^  ^'  ^i>^/>  j^  f^.  i-  q'*^  L*^3>  et  lors  de 

la  journée  de  Bedr,  je  sortis  à  une  montagne  pour  la  gat'der 
pendant  que  le  monde  dormait.  I  Sa^d  VI  p.  19,  2  d'en  bas: 

^sLojj  ^|y'  '-^3/^'  t^JLvî  !ot  [•yjJî,  lorsque  les  gens  se  conve?'- 

tissent  à  Vislâm,  veillez  sur  leurs  biens  et  leurs  sangs.  Ici  on 
aurait  pu  dire  tout  aussi  bien  (_,wv^;  Meissner  NAG J  p.  118. 
j^L=>,  plei7ie  (bête).  Hartmann  LLW  p.  131  en  bas. 

jy>,  expliqué  316  en  haut;  pi.  jj^s>,  1618,2.  RO  pp.  105; 

121;  388. 

Pour  illustrer  la  haute  importance  qu'on  attache  dans  les 
milieux  bédouins,  dans  toute  l'Arabie,  à  la  protection  qu'on 
accorde  à  celui  qui  se  réfugie  chez  quelqu'un  pour  se  sous- 
traire aux  conséquences  d'un  crime,  je  vais  ici  rapporter  un 
fait  qui  arriva  pendant  mon  séjour  à  Aden.  C'est  le  pendant 
de  celui  qu'on  trouvera,  pour  le  Nord,  dans  l'histoire  d'el- 
Hôtrôbî,  ma  LB'^A  p.  5  et  ss.  Cela  me  fut  raconté  par  un 
habitant  d'el-Bêdâ,  chef-lieu  d'ed-Dâhir,  v.  Index  pp. 
1807  et  1823'). 


')  Mais  ce  petit  récit  ne  doit  pas  être  dans  la  langue  pure  d'el- 
Bêdâ,  car  d'après  les  renseignements  que  j'ai  recueillis,  les  négociants 
de  cet  endroit  parlent  entre  eux  une  langue  que  les  Datînois  ne  com- 
prennent pas.  Ils  sont  tout  aussi  habiles  en  fait  de  commerce  que  les 
Hadramites.   Ce  sont  des  familles,  dont  je  possède  une  liste  complète, 


403- 

Wahed  Dâhiri  gà'  (non  gâ')  lil-heyr  la'ard  hal 
um-Sa^'idi  uà'^tarak  hû'  uwâhed  utà'anah  bigâm- 
bîeh.  U  farr  um-Dahiri  limastànad  ''and  wâhed 
ismeh  (ou  ismah)  Ahmed  em-Mohammed,  uqâlleh: 

o 

wusàltak  yahmed  em-Mohammed.  Qâl  leh:  wiss 
sûweyt?  Qâl:  qatàlt  wâhed,  Uqâl:  harizt!  Qgù' 
ehlem-Sa'^îdi  uqâlu:  endënàh!  Qâl:  "aib  (ou  hèysa) 
'^alî',  ma  bindî"  é\^  sârdi.  Uhaddu  'alêh  ahlum- 
Sa'^îdi.  Uqàrru  min  em-sùbëh  làmmam-ma'reb, 
yindàribu  (ou  yindâribûn  ou  uyitdâribu)  bil-bâ- 
nâdiq  (ou  ya  bùnduq),  umandâhom  sinyâh.  Uwaddâh 
Ahmed  em-Mëhammed  lil-Kaur  la'ard  el-'^Awdillah. 
Un  X)cûii7'ite  arriva  pour  la  récolte  au  pays  des  es-SaHcli 
(Index  p.  1819  sv.).  Il  en  vint  aux  mains  avec  un  autre  à 
qui  il  donna  un  coup  de  poignard.  Le  dâhirite  s'enfuit  jus- 
qu'à ce  qu'il  arrivât  chez  un  nommé  Ahmed^  fils  de  Moham- 
med^ et  lui  dit:  „Me  voici  que  je  suis  arrivé  chez  toi,  Ahmed, 
fils  de  M.!"  Celui-ci  lui  demanda:  ,,Qu'as-tu  fait?"  —  „J'az 
tué  quelqu'un".  —  j,Tuj  es  en  sûreté",  répondit  Ahmed.  Là- 
dessus,  les  es-SaHdî  arrivèrent  et  dirent:  „J)on7ie-le-nous'\  — 
„G'est  là  une  honte  pour  moi,  répliqua  Ahmed,  je  ne  donnerai 
point  mon  fugitif  (ou  réfugié)."  Alors,  les  es-SaHdi  tombèrent 
sur  hci.  Ils  continuèrent  ainsi  depuis  le  matin  jusqu'au,  cou- 
cher du  soleil  à  se  tirer  des  coups  de  fusil.  Mais  Ahmed  ne 
le  leur  donna  pas.  Il  l'envoya  à  el-Kaur  (Index  p.  1833  sv.), 
au  pays  des  ^Aiodillah.  Il  faut  savoir  que  Ahmed,  fils  de 
M.,  était  lui-même  un  des  Ahlum-Sa'îdî. 


*qui  remonteraient,  au  dire  de  ceux  d'entre  elles  que  j'ai  fréquentés, 
aux  Himyar.  Les  Sabéo-Himyarites,  surtout  les  derniers,  étaient  sans 
doute  de  smart  négociants,  et  il  se  peut  très  bien  que  leurs  descen- 
dants d'el-Bédâ  aient  conservé  cette  aptitude  commerciale  d'antan.  On 
voit  que  de  choses  il  y  a  à  étudier  dans  l'Arabie  du  Sud.  J'espère  que 
mes  successeurs  entreprendront  ces  recherches  d'une  importance  extrême, 
car  ces  pays  sont  encore  presque  inconnus. 


404 

t_P^"b5  ^y3i  u\l:^t  lArt  »bj_5  sL!  (_jri  ^!ju!  Lcj   (  1)  ojJj  L  ou) 

w      O     ^ 

Chez  les  Bédouins  du  Nord,  la  réponse  de  celui  dont  on  im- 
plore la  protection  estoJUw,  t2i  es  sauf.  Musil  o.l.  p.  347,  13. 

ij^f>,  u,  regarder^  se  dit  à  l'est  de  Dt.  —  Attetidre  qqn.,  Hdr. 
Rôssler  M  SOS  I  p.  59,9.  On  le  prononce  le  plus  souvent 
,jOjS>,  à  cause  du  voisinage  du  r,  comme  RO  §  30:  haros, 

veille?';  ib.  p.  148:  o^'  eU^-i^o  iAs>,  quelqu'un  t'attend  en 
bas;  ib.  p.  327,2  d'en  bas:  attendre;  MSOS  III  p.  4  d.l.  : 
harasnâha,   mais   ib.  p.  8  d.  1.  :   hrus,  attends!  On  sait 

que  Oj^  a  deux  significations  apparemment  opposées,  Aàj, 
garder'  et  vole?',  K.  el-Addâd,  éd.  Houtsma  p.  265,  mais  la 
dernière,  I  Sa'd  Ii  p.  110,  est  par  ironie,  car  les  gardiens  ne 
sont  pas  toujours  des  Samaw^'al.  Quant  à  ij^f>,  regarder,  il  y 
a  analogie  avec  pn ,  jvn„.  regarder  >  néo-syr.  garder,  comme 
^_^>,  garder,  tueri,  Fleischer  dans  Levy  NHChWB  II  p. 
206  et  Ges.-Buhl  sv.  non,  pour  ne  pas  parler  du  français 
garder  et  regarder  et  l'ital.  guardare,  l'allem.  warten. 


')  Sur  cet  emploi  de  y  devant  un  substantif  au  singulier,  voir  424 
et  s.;  976;  -1307,10  d'en  bas  et  Gl.  sv.  LjÎ.  Brockelmann  o.l.  II  p.  Il, 
en  citant  cet  emploi  424,  en  donne  l'analyse,  mais  son  opinion  ne  ma 
paraît  pas  bien  acceptable;  je  crois  que  c'est  W5'  ^  l-J. 


405 

(jJ!p-,  7nettre  qqn  en  garde  contre,  ^.  Musil  d.  1.  p;  358, 13, 

où  l'on  aurait  pu  entendre  (j*j>. 

(Wjb-,  pi.  (j*U>,  gardien  de  nuit  dans  les  champs,  563. 

(J>]=>,   u,   exciter;   haler,   1379  d.  1.   Stace  p.  88:  instigated, 
et  p.  16:  backbite;  ib.  p.  132:  provoked.  Egratigner  =  ^J^. 
et  (jij>,  vhvs. 
[Jbf>,  êti'e  rude  au  toucher,  p.  e.  la  main,  Dt.  RO  §85,  contr. 

de  v*-^,;  aussi  classique. 

ji^,  exciter;  haler,  J^,  1379  =  iji^  vhv.  —  Provoquer. 

Stace  p.  132:  J^^.j^,  provocation.  Cf.  le  class.  J^  u^/>- 

^  u^jL>,  exciter,  semer  la  zizanie  entre,  ytr*-^  ^^y-i^  d^J^ 

J^Js-Jîj,   tu  sèmes  la   discorde   entre  les  E.   et  les   sultans. 
*bbGlj  u^,L>,   exciter  par  le  langage.  Stace  p.  16:  backbiter, 

(ji.L^.  Ci.  (ji^u>. 

(ji,!>  et  uiij^,  rude  au  toucher.  iOi^^  »l\jÎ,  il  a  la  main  rude. 

vji,ly>,  serpent  noir,  1379  n.  2.  —  Cf.  u^j=>,  [Jd^  j^j>  et^J^^. 

oi.^!>,  petites  sauterelles;  aussi  classique  ;  =  L.o,  vhv.  Fleischer 
apud  Levy  NHChWB  II  p.  206. 

(j^y>,  déchirer;  convoiter,  1379. 

0 

;jo^,  économie;  Stace  p.  54. 
u-aj^,  économique,  ib. 

;jrj>,  être  jaune  est  une  erreur  de  Noldeke  1317  n. 


406 

(jr>^_=>,  exciter,    1379.  Pousser  à,   exhorter  à,  insister  sur. 

J^î  j.U-'i  ^}-£i  c>^;to^=>  idjjj!,  le  gouvernement  a  insisté  sur 
l'achèvement  du  travail,  Stace  p.  217  sv.  urged.  Cf.  ui-^^  vhv.  — 
Teindre  avec  du  safran  d'Inde,  1317  n.;  27,  18  où  l'on 
prononça  distinctement  tiharrid,  au  lieu  de  tiharrid! 

iL/i3_>,  terrine  en  terre  cuite,  Yéman;  Stace  p.  118. 
^y^^y^l,  safran  d'Inde,  1317  n.  =  ij^f^-,  Maltzan  Reise  p.  369. 
^y=^ ,  teint  de  cette  façon:  tj:^^^  '^yî,  teint  en  jaune,  1317  n. 
ic /to  _5^/)  <  iC/i3 yST^  <  i:>toy<u ,   vase  pour  le  u=^j>,  qui  est  très 
employé  dans  le  Sud,  438  n.  3.  Cf.  Jsi:U/),  etc.,  438  n.;  832. 

u3jL>,  marchander;  chercher  à  profiter  en  achetant,  Syrie. 
OjL:^",  s'entre-chamailler,  Hçlr.  p.  551.  —  Jouer  réciproque- 
ment au  plus  fin;  faire  le  madré,  'Anazeh.  !^^L.^lxj  (_^  J^ 

x_*_5  t>i  ,L^.  Lo  i'^^jJ'  ^:^ ,  «  l'égard  de  toutes  choses,  on  peut 
user  de  ruse  (pour  s'y  soustraire),  mais  la  protection,  on  ne 
s'y  soustrait  pas  par  des  ruses,  me  dit  un  ""Anazi.  o^LsXj  ^I^ 

K_:JI  J^-c,  il  faisait  le  matois  dans  la  communauté,  Anazî. 
Oj^',  dévier  de,  ^y:.  RO  p.  242,8  d'en  bas. 

Oj-^'->î,  tourner  le  dos,  se  détourner  de.  \Ji  .i^  L  S!  i3  sJi^.*aj 

^^^j^  Oj^>'3,  ye  Taz  vu  sur  la  route,  mais  il  me  tourna  le 
dos,  Dt.  Se  dit  de  la  route  ou  du  wâdi  lorsqu'il  fait  un 
coude,  un  tournant,  Arabica  V  p.  68  n.  1;  voir  sub  ^>, 
i,  et  où=>.  —  Manier  avec  adresse,  Syrie. 

^yf-,  chiche,  sùrdide,  Dt.   En  Tripoli,  ^f^  y^,  pain  sec, 

voir  sub  v^b>. 

iLsts*,  ruse-,  aussi  en  Mésopotamie,  Meissner  NAGI  p.  118. 


407 

Lii_=>,  pemiiless,  sans  le  sou,  Stace  p.  121. 

n'est  pas  seulement  marchand,  acheteur,  comme  le 


•V 

dit  Dozy  S.,  mais  aussi  lyi^  ^aj  S  ^^.f^  _^^)  ^^  exploite  en 
vendant. 

iLà_j^>,  coépouse  =  class.  ay:^^).   Snouck  Festschrift  Nôldeke 
I  p.  103  V.  5  et  p.  104  n.  7. 

-      o       -. 

iC_3_:s\^,  ruse,  expédie7it.    Dans  la  célèbre  qasîdah  de  Dikr, 
nous  lisons: 

(2  ^L>  Jl    (jy-ac    b    *X*-w.:>    J^!_5       ou.L^    ^;i)^;    '-^^    j^'-Vî    èN^Î-^ 

Sâmif},  dans  ta  tribu,  nous  entortille  par  des  coups  de  ruse, 
Et  il  a  mangé  les  biens  dont  vous  êtes  garants,  vous,  égor- 

geurs  d'hommes! 
On  disait  que  '■^X^  était  le  pluriel  de  '»-s^;  c'est  alors 
à  cause  de  la  rime. 


*d^z 


éj>  572  en  bas;  cf.  y>. 

éj^,  remuer,  brasser,  708,12;  synonyme  de  .^  et  (>!->, 

vhv.  ^Ac   .Uil  ti)y>,  il  fit  feu  sur  eux,  351,  10. 

o    > 

liltys^,   bâtonnet  ou  cuiller  pour  remuer  les  fèves  de  café, 
708;   1078. 


j.y>,  être  inculte  (champ),  Yéman,  1552;  cf.  ^^  vhs. 

^^i^5»,  voleur^  brigand,  1243. 

^y^^  V endroit  où  se  tiennent  les  femmes,  766;  642  n. 
j»!-:^,  sanctuaire,  641  et  n.  3;>i_jLs*,  vhv. 


1)  =  akkad.   sarratu,  Del.  Gr.  pp.  92,  94;  id.  Proleg.  p.  164  n.  2. 

2)  Voir  ma  LB'A  p.  77  v.  11  et  n.  .3. 


408 


57" 

,ji5y>,  marier,  verheiraten,  74,22;  717;  718,2. 

^35^.:s^-j■,  se  marier ^  717.  J'y  dérive  ce  verbe  de  ^=><^^, 

vulva.  Nôldeke  Beitrâge  II  p.  148  dit:  „Un  autre  élargisse- 
ment montre  le  sudarabique  (^j^>,  marier,  y^,j>-,  fiancé,  etc., 

si  Landberg  a  raison  de  le  comparer  avec  ^_>.  Pourtant, 
cette  supposition  n'est  pas  du  tout  sûre.  On  pourrait  penser 
dans  ces  mots  à  p.  e.  i^^^^',  l5/>)  L?r*"-  Je  crois  que  cela 
est  absolument  exclu.  Les  mots  éthiop.  717  et  Ges.-Buhl 
sv.  nyi  ne  sont  peut-être  pas  étrangers:  V~'r\V'\  =  métathèse 
nny  =  V _^^,  mais  les  moyens  de  le  prouver  me  manquent. 
Peut-être  le  babyl.  hâiru  >  ha  wirum,  suitor  >  mari,  < 
hâru=  .L>,  i,  choisir,  en  est-il  le  prototype? 

_^j>,  harîw  ou  harêw,  fiancé,  jeune  marié,  26,9,14;  27, 
1,  6,  13,  23  et  passim;  718.  —  'iy.f>,  harîwah,  harêwah, 
fiancée,  jeune  mariée,  27,4,18;  718;  772,3;  817  n.  1. 

«5Î^,  mariage,   noce,    26,1,12,21;   74,1,18;  481,10;  717; 
772,7;  1177. 
Le  thème  est  3y>,  ce  qui  ressort  clairement  du  substantif 

aj!..>  et  de  _^.-=>,   qui  est  un  J-^xs.   Je  crois  que  c'est  une 

vieille  forme  mehrite.  En  mehri,  le  J-oè  des  verbes  _^-sti  et 

^^*5  conserve  la  dernière  radicale:  _^  et  j_^^,  p.e.  ^alîu  < 

^alî  w, /im^^,  =  arabe  (^JLc;  barîw>  beréu,  né,  de  K^brw 

>bîru,  enfanter;  barîy,  sain,  Zzôre,  :=  arabe  ^y^\  halîy, 

vide,  =  J3.,  hadr.  vhv.  Donc,  notre  harîw  est  de  la  même 

formation;   en  arabe  ce  ^y-tr*-^  aurait  dû  faire  ^y=^  harî- 

yun,   comme  ^_^^  haut,  <CV~_^^,  est  pour  _^a4-w   et  ^Jr^, 


409 

haut,<V~j^,  est  pour_^c.   La  prononciation  si  commune 

hareyw,  harèw,  hareywali,  harewahest  aussi  meh- 
rite,  car  en  mehri,  dans  les  J^,  l'î  devient  a  y,  ey,  comme 
aussi,  en  général,  dans  le  Sud  î  >  ay  et  vice  versa,  331  et  ss. 

^f>y  expliqué  Hdr.  Gl.  sv. 

(3^",  espérer;  supposer,  1218  n.;  estimer,  ce  sens  aussi  RO 

p.  230:  s^\y>\  ^^^^.  ^  oi^î  uvs-*>J3  '^^  cr»  i^''  ^^  n'estime 

pas  ses  biens  à  moins  de  93,000;  cf.  Boh.  I  pp.  110;  116; 
117;  ib.  II  p.  136;  ib.  III  p.  155/6.  Livre  des  Avares  p.  136. 
j^yc>!,  espérer;  supposer;  estimer,  1217  d.  1.  et  n.  3. 

^,=^,  impétuosité.   J^^i!  5  r-^^*  =  S-t:^^  L5y^i  l'i'ïïipétuosite  du 

torrent.  Voir  V~ f>  et  oy>,  vhvs. 

^y>,  espoir,  1217;  estimatio7i  1218  n.  oiî  il  y  a  des  exemples. 

^P",  pi.  ^)^'>  espoir,  1218  n.  Il  faut  peut-être  placer  ces 

mots  sous  ç5j=>,  car  LA  n'a  pas  V~*,^. 

^^>,  i,  697  d.  1.;  expliqué  697  n.;  cf.  ^'u>. 
i_c;y:5>î,  fréquenter,  697  n. 

».L>j  pi.  oLL=>,  quartier  d'une  localité,  ville  ou  village,  se 
dit  à  Aden,  Stace  sv.  quarter,  mais  non  employé  dans  nos 
dialectes  bédouins  du  Sud,  qui  ont  iLsL>  vhv.  En  Syrie  et 
au  Caire,  c'est  quartier,  Spiro  p.  116,  mais  dans  ce  sens 
i3=>  est  plus  usité  au  Caire,  où  c'est  aussi  ruelle,  Bâsim 
pp.  2, 14  ;  17,  22  ;  31, 12  ;  le  pluriel  en  est  aussi  (^^[>=>,  au  Caire, 

Bâsim  p.   19,  22:  ^!>~w^!.  l5;[>^'  ^  ^i^  ((^^)  J^3>   ^^   ^^ 


410 

mit  à  parcourir  les  ruelles  et  les  bazars.  El-Hafâgî,  es-âifâ" 
p.  86,  l'enregistre  comme  un  J^-^io,  en  rapportant  la  défini- 
tion d'el-Azharî  (+  270)  :  b  .L^  ^  ^j-*-^  o^^  *i^  J^  •  Même 
définition  dans  LA  V  p.  306,  avec  l'addition:  »,L=>  J^!  ^3, 

et  dans  el-Qâm.  sub  ^L>,  i;  dans  les  deux  endroits,  il  y  a 
^jUx.  L'éclectique  ez-Zamah.  Asâs  donne:  ^  3.L>  ^  LJjJ 

(?)idil«J!  »^L>3.  On  voit  donc  que  le  mot  est  déjà  vieux  en 
arabe,  o^t  »^L>  =  o^i  ^>>,  Naqâid  Gl.  sv.,  battle-field^  où. 
ce  mot  figure  sub  .^>,  vhv.  El-Misbâh  sv.  .^>:  J-A^iLi"  'iJj- 
LgijLLx;  Lane  sv.,  qui  n'a  pas  assez  consulté  les  lex.  arabes. 

Le  pluriel  i^Jy^  et  le  fait  'qu'el-Hafâgî  considère  ce  mot 
comme  un  Jvp>j>  me  font  croire  qu'il  s'agit  vraiment  d'un 
mot  dahîl,  c'est  à  dire  qui  n'est  pas  de  pur  sang  arabe, 
mais  plutôt  d'une  forme  hybride,  mais  toujours  arabe  pour- 
tant. J'ai  parlé  de  ^=-  </!■==•  et  »ja>,  vhvs.,  sub  .L>,  u  et 
i,  et  sub  fs\z>'  On  dit  ^JJZU  ^ji^etfi^ji  !j^  j^bC^j  J.=>jJî  .L^ùwl 

LxLj!  ,  L  a  V  p.  305,  4  d'en  bas,  voir  plus  haut.  Mais  il  y  a 
aussi  le  mot   L=>  ou  »L=>  =  iCx>lj  et  ic>'uw  ou  v^j  '^^^^'i  «^^ 

qui   est  autour.    LA  V  p.  188  en  haut:   !jL>  ^^J^  *^,  ne 

V approche  pas  de  notre  côté,  et  *j:=>L*o  JjJ  !3i  IjLcj  ijL^.  Jy. 

Lane  traduit  c_cj>,  d'après  les  lexicographes,  par  vicinage, 
quarter,   tract  or  région  of  man  or  0/  people,  environs  of  a 

man  or  of  a  house.  Ce  ^f>i  qui  a  certainement  donné  slj>, 
surtout  en  annexion,  Lane  sv.  :  ^c5y:?j  =  ^!^o ,  à  l'instar 
d'autres  substantifs  analogues,  dans  les  dialectes,  a  pu  devenir 
s. L>  <  s^,   qui  comme  bilittère  n'était  pas  bien  reconnais- 


411 

sable  et  qui,  par  contamination  avec  »jJLs>  >  »jt^>  et  en 
analogie  avec  »^!j>,  iwL>  vhv.  a  finalement,  et  de  bonne  heure, 
pris  la  forme  »  .L=> .  On  l'a  enregistré  sub  ^y>  et  le  Qâm.  sub 
^A>,  parce  que  ces  deux  thèmes  sont  identiques  dans  plu- 
sieurs acceptions  et  =  V~j»,^ .   De   l'autre  côté,  l'étymologie 

du  classique  ^^  est  élucidée  par  les  verbes  dialectaux  du 

Nord  e5;^'  i>  Lf/^'  ^97  et  note  et  le  substantif  «l^,  vhv. 
Malgré  tout  cela,  il  se  peut  que  »^L>  soit  un  mot  formé 
indépendamment  de  cette  racine  l5^=>- 

a!^,  territoire;  endroit  oi\  l'on  demeure,  1218  n.;  pi.  («jl^, 
468  n.  LA  XVIII  p.  187  en  bas  donne  \^  et  st^li.  =  iC>Uiî 
xç>1jJÎ3  et  ib.  p.  188:  s!^.  ^^,  je  suis  descendu  chez  lui. 
Tab.  d'el-(jumahî  p.  24,13.  Belot  sub  3y>;  LA  ib.  p.  189: 
^^IXIL  (Sy^,  demeurer  dans  un  endroit.  Cela  se  rapproche 
beaucoup  des  sens  susmentionnés. 

r  _ 

V  js>,  1527.  Cf.  K  j-^.  —  j.=>,  i,  couper,  tailler,  151,3; 
261  n.  1;  expliqué  1632  et  s.;  601.  —  S'écarter  de,  s'ôter  de 
Dt.  =  :b:>i  et  yS-jj  vhvs.  —  Cf.  les  K~j>,  j^^,  v3o,  j^=>,  y>», 
et  riiin .  En  sh.,  h  e  z  z ,  couper  la  gorge  >  tuer,  Bittner  St. 
sh.  II  p.  26. 

jA>l,  couper,  comme  Tab.  I   p.  1331,5:  »^\j  o:ja>î, 

»j=> ,  morceau  de  quelque  chose.  I  Sa'd  III  i  p.  6,  25.  Lieb. 
V.  Amasia  p.  124  et  n.  1. 

»js>  <  »j^^>  vhv. 

bjîjs- ,  vibrion,  selon  Stace  sv.  Ringworm.  —  En  Egypte,  brouille, 
cf.  l'allem.  Schererei.  bjtjo  ^U-o,  ^7  y  a  de  la  brouille  entre 
eux,  =  iUu . 

v-jjP-,  i,  u,   s'attifer,   mettre  ses  plus  beaux  atours,  faire  de 


412 

la  toilette,  685;  <  fj-=^,  641.  vj-^*^-J'    u'-^-^'^^'»  ^^   comtesse 

s'habille  avec  élégance,  dit  un  Datînois  de  ma  femme. 

»-jj_»'î  =  vP"»  685. 

v_jj^=>',  même  sens,  685. 

&-jj=>,  manière  de  s'habiller.  iL;-w.=>  oy^l  IlXJ'  xjj=>,  ce  vê^e- 

wew^  (angl.  coat)  est  d'un  joli  port,  on  est  élégant  avec  cela, 

o  o 

expliqué  par  iCwJ.   On  voit  que  le  paradigme  '»lxi  a  encore 
toute  sa  valeur. 


jjs>,  a,  u,  soupeser  avec  la  main,  estimer,  715,  »=  ;L.  —  S' aper- 
cevoir, observer.  '■é^\A  Lij  «-it  «^î  ^jf^'  ^^'^^  P^^'^  s'aperçut 
qu'il  désirait  se  marier,  74,16,  Hdr.  =  Dt.  lX-^-,,  vhv.;  cf. 
le  nordafricain  ^ji>,  regarder  fixement,  vhv.  —  Peser,  réfléchir. 

xJ-x-^v  ^j:^.,  il  pèse  bien  sa  conduite,  715  d.  1.  aJUj-c  .j:>, 
reprendre  ses  sens,  se  ressaisir,  92,5;  1377;  locution  très 
courante.   liUJLr  ^j^-I,  fais  bien  attention,  25,2;  697,5  d'en 

bas.  'iUbiy  ;j=*î,  réfléchis  bien  à  ce  que  tu  dis,  716.  Chez  les 
Hammam,  c'est  savoir  =  <Jf^,  Arabica  V  Gl.  sv.;  cf.  e5j=>. 

En  Syrie,  deviner  =^^,  716;  cf.  »;3j>j  vhv.  Un  Hadramite 
me  dit:  oytJI^  o  -  '^  "^^  O^^  ^  JT^''  ^^  ha^zr  Qi'est  que  par 
l'inspection  et  e7i  connaissance  de  cause,  et  «wsyai  ^j  »^\y> 
»jLL>  Le  oo^  i00o^3  (*J;^  =),  haraztuh  veut  dire: je  l'ai 

vu,  et  harastuh,  je  l'ai  deviné  et  j'ai  su  ce  qu'il  y  a 
dans  son  for  intérieur  ou,  des  choses,  quelle  est  sa  qualité' 
S071  essence,  (o.!  =)  o._^ ■  Lg  ;.  a  ^jJlXjle  ^  ^.,;^^u*,  J^s^  ijJu-c 


413 

Nous  avons  des  palmiers,  et  tu  me  demandes:  combien  y  en 
a-t-il  ?  et  je  te  réponds  en  conjecturant  quatorze,  mais  si  je 
les  ai  comptes,  je  te  dis:  j'ai  constaté  qu'il  y  en  a  ceci  ou 
cela,  Dt.  Cf.  ici  ij^j>  et  3j=>. 

.  ::s^■ ,  réfléchir;  se  rappeler  Dt.  =  ,^yLj1  vhv. 

8Vj]>,  réflexion,  716.  Stumme  TTBL  v.  7. 

s^jjsi,  énigme,  Syrie:  v.  ^j>,  deviner,  ut  supra. 

o;=>,  faire  un  paquet,  un  faisceau,  Yéraan  et  Dt. 

u5;>,  pi.  ^îj>',  paquet,   faisceau-,   Stace   sv.   bundle.  Nous 

trouvons   seulement   dans   le  Qâmoûs  le  verbe  élargi  <-ijjr^ 

et  sa  métathèse  j-ij-^  =  ^l^'  ^  et  son  synonyme  j-^j->  • 
Cf.  j.j=>,  vhv. 

jj^',  é^ré-  orgueilleux,  ma  Festgabe  p.  42.  Sams  el-'^Ulûm  p.  27. 

oj>,  serrer  fort  Dt.  ;  aussi  en  Tunisie,  Stumme  TGr.  p.  8.  — 
Acculer,  pousser  vers,  aussi  en  Syrie,  comme  K.  el-Ar.  VI 

p.  59,  13  d'en  bas:  xJL>  [jpj\  ^\  p^)=^i  je  les  ai  refoules  a 
une  terre  inculte,  =  J^iso.  —  =  éj=^,  I  Sîdah  XIII  p.  277,  5 
d'en  bas.  —  ^j^',  se  ceindre  de  qc.  RO  p.  51,7.  Qabdit 
lo  uthazzqitbo  min  qafâh,  elle  le  saisit  et  l'entoura  à 
bras   le  corps  de   derrière,  RO  p.  318,9.  Rôssler  MSOS  I 

p.  62, 1  :  s.:s^JLi?.  o}^5  ^^  ^^  ceignit  du  poignard,  c'est  à  dire 
de  la  ceinture  où  se  trouve  le  poignard.  Dans  notre  dialecte, 

on  se  sert  ici  plutôt  de  pj^",  mais  o]^'  y  est  aussi  connu. 
Voir  ^!p>  vhv.  Cf.  é^:>,  v.  les  dict. 

•iSy^,  emplâtre,  sahhî,  BBRAS  1902  p.  268.  -  i^]^,  pi. 


414' 

tj5j.5»,  troupe.,  en  masse,  1663, 13,  classique.  —  o'j.>,  four- 
reau du  poignard,  MS OS  I  p.  79,  3.  —  Ceinture,  pi.  ^"f^, 
RO  §  124  =  j.îj_=>  ailleurs.  Le  o'j->  du  Dozy  S.  est  pour 

&Jjjj>  ==  &JijA>,  1253,6  d'en  bas,  LA  sv. 

vjiJlj>,  arrondir  en  pointe  =  „  .o.  oû^:^  _^  lL^j  '-^v^» 

Ze  M  i^a^fj  (Glaser  Abess.  p.  14,  6  d'en  bas)  est  rond,  en 
pointe,   expliqué  par  ^^jJs^.   Accouplement  de  j.s>  et  oii;  < 

v-^o,  ou  bien  une  dégémination  de  ^:-=>  par  la  contami- 
nation avec  \J6\. 

,.j=>  >  vj>  641,  vhv.  Serrer,  sangler,  lier  fortement,  1589 
11.  Accouplement  du  phonème  -  et  de  V^^-,,  1254. 

j.j_>,  prudence  avec  courage;  il  n'y  pas  un  seul  mot  pour 
bien  rendre  l'idée  qui  y  est  renfermée.  —  Terrain  bas,  encaissé, 
pi.  ,.jj->;  RO  §  224;  Huber  Journal  p.  121;  Hess  Bemer- 
kungen  p.  11  (pi.  aussi  ^^,1— <j_>):  pkmie  parsemée  de  gros 
cailloux. 

o  >  o   J 

jôfljs»,  gerbe,  =  «s^-x^ic,  Dt. 

j.t;s>,  ceinture  en  cuir,  423  et  n.  2;  1334;  cf.  KB  VI  p.  436; 

=  o'j>  vhv. 

iO«tj>,  pa^we,  à  Ansâb  =  jyw  en  Dt.  vhv.  et  ^jjl^jia  et  wJjit« 

à  Ansâb,  vhvs. 

K.<3ji-,  cei7iture  en  étoffe,  423  et  n.  2. 

j.3jA>,  poitrine,  1 163  n.  ;  1615  n.  ;  1672,  1.  Ce  mot  est  poétique. 


415 

^>" 

^j_s>,   a,   réfléchir,  considérer;  RD  Gl.  sv.   —   Deviner  une 

énigme,  aussi  en  Syrie  quelquefois. 

^_5j>t,  donner  à  deviner.  Ana  bâhzîk  mahzâh-BâHeh- 
zâha?  Je  te  donnerai  à  deviner  une  énigme.  La  devineras-tu ^ 
Snouck  Feestbundel  p.  28  dit  que  (j:j=>  peut  avoir  pour  sujet 
aussi  bien  celui  qui  donne  à  deviner  que  celui  qui  doit  deviner. 
Cela   n'est  pas  exact  pour  le  datînois.  Il  cite  :  b  â  (a)  h  z  î  k , 

je  te  donnerai  wie  énigme  à  deviner,  mais  c'est  ici  de  (j:j>L 

Le  participe  en  est  (=p^.'*,  qui  donne  à  deviner. 

(j:-L^',   se  donner  réciproquement  des  é?iigmes   ci   deviner, 

Snouck  ib.  p.  29.  RO  §  362  rapporte  cette  phrase:  |>-*J5^' 

wtAj.  (Cj>  ji^  t_c:ol^î  Js.  l^j^L^j  (j^/^'>  di&  beiden  Parteien 
begegneten  sich  und  Melten  sich  gegenseitig  ah,  den  Strom 
(zu  ûberschreiten),  keiner  Hess  den  andern  hinilher.  Je  sup- 
posais d'abord  qu'on  doit  lire  ^_c>3L^' et  c5^>,  cf.  dlc\>,  à  côté 

de  toi,  ib.  p.  109,6  d'en  bas,  mais  un  verbe  L5jr"'  ^'^pécher, 
retenir,  semble  aussi  exister  en  "omânais,  RO  p.  105,4  d'en 
bas  =  p.  290,9  d'en  bas;  c'est  alors  pour  j^>,  jx=>,  vhv. — 
Xjjj>,  énigme,  selon  Snouck  o.  1. 

,^j_<ui,  énigme  pi.  ^j~^  =  «Sj-^s^ua.  ii)tj_:s^  et  ê^)j.:^,  ton 

énigme.  ^^  est  la  vraie  forme,  souvent  prononcée  mahzâ'' 
et  qui  explique  mahzâtah.  Snouck  1.1.  l'écrit  mihza  et 
il  dit  que  ce  mot  ne  se  rencontre  que  dans  le  proverbe,  si  je 
le  comprends  bien;  nous  voyons  que  cela  n'est  point  le  cas 
en  datînois.  Cf.  jj>  ^^  .j>.  On  constate  donc  que  le  i^jl->  arabe 

et  hébreu  n'est  pas  le  seul  reste  de  l/~(^j>,  nîD,  comme  le 
pense  Wellhausen  Reste''^  p.  143.  On  n'a  qu'à  lire  LA  sv. 
pour  se  convaincre  du  contraire.  Le  nîn,  voyant,  divin,  Seher, 
angl.  Seer,  n'était  pas  plus  clairvoyant  que  les  devineurs  ou  les 


416 

clairvoyants  modernes.  Comme  divinus  est  devenu  devineur 
d'énigmes,  le  (^jl=>  nîil  a  subi  le  même  sort.  Du  reste,  divinare^ 
avoir  la  science  de  l'avenir,  est  aussi  conjecturer,  présager  pour 
aboutir  au-  moderne  deviiier.  La  marche  sémasiologique  est 
la  même  dans  les  deux  branches  linguistiques,  quoique  le 
point  de  départ  soit  différent,  mais  elles  se  rencontrent  dans 
le  moderne  voyant,  Seîier,  seer.  Le  verbe  L^^>,  deviner,  n'est 
pas  employé  dans  le  Sud.  Le  syrien  dit  ici  ;j-=>,  vhv.,  qui 
■est  un  autre  développement  de  ]/~j>.  Cf.  Hdr.  p.  336. 

y*o>,  i,  envier,  632,  avec  ^J^;  =  lXwj>.  —  Etriller  un  cheval, 

Hdr.;   LA  VIT  p.  353  en  bas  dit:    v[r^'  u^«-J  ^'^'  J^-> 

,j*/.:s\JL)  L^c,  c'est  à  dire  étriller;  cf.  ^^^-w-r>.  —  Rôder,  aller 

par  ci,  par  là,  herumstreichen  ;  cf.  y<v^,  ^j,,jt^^,  (j*L>,  u,  et 
ijJsi,  u,  vhvs. 

u*>-*^",  espionner;  cf.  ^j*^:  vhv. 

y*.L> ,  envieux,  =  lX^L=>  . 

^j.^>,  m^,  =  oyi,  1711  d.  1. 

(j*Lr>,   moustiques;   iC_AvL>,   wwe  moustique,   v.  d.  Berg  Le 
^adhr.  p.  82,  n.  3. 

iLjLz",  putain,  parce  qu'elle  ^J'^ ,  rôde,  =  'i.MAs^,  vhv. 
(j*y-*.=>,  gravier,  Hrb.,  voir  ^<-*n>  p.  418,  3  d'en  bas.  Je  crois 
que  c'est  pour  ^joy:^::^',  eu  égard  au  classique  (j-a^sua^  =  o^L^, 
I  Sîdah  X  p.  91;  voir  sub  ^:>  et  ^y^':>. 


J.  ^-^-wLs>,  méditer  sur,  148,8. 

v^^^^s*,  expliqué  425  et  Hdr.  p.  173  n.  5.  l-^-^vJ,  ^....^s»  ^b, 
sa?2s  relations  et  de  basse  origine,  795.  wa*o-  J^,  v.  o!".:>. 


417 

v_^.x-«^s>,  qui  est  responsable  de  la  protection,  w^-av^^,  vis  à 
vis  du  protégé,  425. 

(j*w^Aw.>,  tâtonner.  En  Syrie,  on  dit  a.I!  v^^aav^^i^v^',  la  femme 
a  ressenti  les  premières  douleurs  de  la  parturition.  Cliez  les 
Bédouins  de  Syrie  et  en  Haurùn,  c'est  couper,  p.  e.  la  barbe 

=  Q^=>,  vhv. 

u\-w-s>,  envier.,  =  ,j^s>,  632.  —  l>^1=>,  génie  malfaisant,  70, 
7,8;  113,8. 

oi-«^=>,  é^^e  inquiet,  avoir  des  soucis,  Hdr.;  v.  LA  sv. 
ioy.^>,  i7iquiétude,  souci.  Voir  oi^a^. 

^^A«.>,  raser,  faire  la  barbe,  48,21.  Aussi  en  Algérie,  Doutté 
TAO  p.  31.   On   se   sert  aussi  de  son  synonyme  ^^;.   Cf. 

(j««...:s^-»*^=> ,  mais  je  n'oserais  pas  dire  pour  cela  que  ^^>1j>, 
raser,  courant  dans  le  Sud  et  le  Nord,  soit,  dans  ce  sens, 
un  développement  de  l/~y*..=>,  vtw.,  car  q-*^=>  =  ^;. 

^^j_*«->i,  pouvoir,  463,6  d'en  bas,  savoir  faire,  très  courant 
dans  notre  dialecte.  Boh.  I  p.  147;  Livre  des  Avares  p.  221. 
Dans  tout  le  Sud,  on  dit  ■^::^x^s>\,  propr.  tu  as  fait  du  bien  pour 
remercier  et  l'on  ajoute  souvent  ;-:^  »-^''  '^'j-^-  Aussi  en 
'Oman,  RO  §  295  et  ib.  p.  294  en  bas. 

^y^>,  fard  rouge,  27,  19;<^>,  class.,  Boh.  VII  p.  165,2. 
Maltzan  Reise  p.  369. 

Q^-^N^.=>,  dim.  de  ^J-^^=>,  Hasan,  291  n.  3.  —  Chardonneret, 
768  n.  1. 

27 


418 

i^V-^,  àeatt,  140  d.  1.;   1602. 

(j^-w.^,   barbier,   aussi  en  ''Oman,  RO  p.  50,  et  en  Algérie, 

Doutté  0.  et  1. 1. 

\—M^^,  u,  boire  en  humant,  siroter:  I  Sa'^d  II F,  i  p.  800,3 
d'en  bas;  ce  sens  classique  est  inconnu  dans  les  dialectes, 
mais   se  rencontre  dans  ^^J^  u".-»^,  babeurre,  61,17;  1096 

d.  1.;   1097,  oi^i  c'est  4>-*-s^'  (>*•'.  l)-^!-»^',  et  dans  ^^-v^^vx,  pi. 

^^AvL;<^wX! ,   61,15;    62,5,8.9,10   et  passim,  expliqué  1096. 

J'ai  eu  tort  de  dire  MJM  p.  26  que  ce  mot  est  inconnu  en 
Datînah;  il  y  est,  au  contraire,  très  courant.  Cf.  j_c-.^^. 


^j«|^_w._:>,  agitatio7i,  inquiétude,  ^Anazeh,  472,  4  d'en  bas, 
expliqué  par  'ik^^. 

^ç--^.^,  i,  creuser  clans  un  sol  sabloyineux  pour  y  trouver  de 
Veau  et  ensuite  recueillir  avec  un  vase  la  petite  quantité 
d'eau  y  trouvée;  v.  ce  qui  suit. 

3j.A«.:>,  qui  est  la  forme  correcte  (iJL«),  ou  bj,.^^,  pi.  ^c-^=> 

et   en   Harîb   ^^^z:^.    Ces   pluriels  peuvent  aussi  représenter 

un  yxi,  de  iLLxî.   Ayant   toujours  entendu  hasi^  hisî^  et 

en  annexion,  hasik,  hisîk,  j'écris  ^_c>*^=>,  mais  cette  gra- 
phie n'est  pas  à  l'abri  de  la  critique.  Un  Beyhânite  me  dit: 
El-hiswah  tikûn  fi  vvasat  el-wâdi  yehsônlia  uyi- 
harrigu    el-husûs    minha    lamma    tibhar    bil-mâ" 

Lt.-Lxi    ^_^w^^ci^Jî    ]y>^^_^    Uj^a*^^.    (^O^Î    JaA«5    j.    i-jV-^'    s^>*>.^' 

^LiL.  y<:^  Ui,  el-hiswah  est  au  milieu  du  loâdi;  on  la  fait 
en   creusant   et   Von   en  sort  le  gravier  jusqu'à  ce  que  Veau 


419 

en  sourcille.  Arabica  V  p.  181  et  p.  225.  Hartmann  LLW 
N°   21    Str.   5,2   a   hisi,  p?«zY5,   dont   le  pluriel   est,   dans 

l'Arabie  du   Nord,  ^L.;.^^.   L'homme  de  Hartmann  définit 

très  bien  le  hisi:  „tandis  que  le  bîr  est  profond  et  l'on  y 
puise  avec  le  delu,  le  hisi  est  plat,  et  l'on  y  puise  avec 
le  gadeh".  Avec  l'exemple  de  Beyhân,  on  peut  se  faire  une 
idée  assez  exacte  d'un  hisi-hiswah.  Dans  la  lurah,  il  n'y 

a   que  le  singulier  ^jr^'^^-,  pl-  'Lw«-=>  et  iL-w..>i,  Yâqoût  sv. 

^c^==>  et  iLAv.=>"i5!,    I  Sîdah  X  p.  47  en  haut:  ei^>j  _^3  l5"^^ 

^U!  -_5y>3  v'y^'j  ce  qui  est  à  peu  près  l'expression  de  mon 
Beyhânite.  Lammens  Berceau  p.  33.  Les  V^y^:^  et  V~^ç^^ 
doivent  être  proches  parents.  —  Le  mehri  mahsât  ou  mahsé, 
fosse,  SAE  ni  p.  194  est  naturellement  avec  s. 

j^^,  récueillir,  ramasser,  317;  601.  —  Balayer  Hdr.  p.  700.  — 

>_j  ^Ji^>,  1673,  voir  les  dict.;  I  Sîdah  XI  p.  37.  iji.^'J!  C^, 
le  jour  de  la  Résurrection,  317. 

yi.js^'v*,  fichu  pour  la  tête,  Aden  ^  mehri  m  ha  s  îy  et,  Kopf- 
tucJt,  SAE  III  p.  194,  où  Jahn  donne  l'équivalent  hdr. 
mhasiyye.  Ce  dernier  mot  étant  erroné,  on  peut  supposer 

que  le  mehri  l'est  aussi,  ma  MJM  p.  23.  En  ""Oman,  iLci.;<^ 
est  faucille,  RO  p.  11,5  d'en  bas;  p,  50  §61;  p.  383,9 
d'en  bas.  —  Cf.  j^=>,  l>L=>,  iji.^s\^>-  et  tiUi.s>  vhvs. 

yiiv:^ui«.5>,  ramasser  à  la  hâte,  Syrie,  601.  Cf.  ijis^,  etc. 

lXxco-,  marcher  en  faisant  du  bruit  avec  les  pieds,  piétiner, 
Dt.  =  'JfLZ'ô .  —  Faire  la  levée  de  troupes,  rassembler,  RO  §  262. 

iX^^,  pl.  o^-ci.=>,  troupe  d'hommes,  en  sahhî  BBRAS  1902 
p.  260. 


420 

^=>,  réimir,  collecter,  317.  Cf.  (jïj.=>,  ^Ji.^^s>,  ijds>  et  dV.."io>. 

r.^=>,  >  ^>  >  r-^^:-:^  (on  entent!  la  dernière  prononciation  le 

plus  souvent),  être  cmécmti,  ruiné,  se  perdre,  Dt.,  -comme 
aussi  en  ""Oman  RO  §  236,  hasar,  ruiner,  mais  ib.  §  244, 

->ii..>  hsor  (=hlok  él^),  périr.  —  Presser,  serrer,  Hdr.  p. 

•358  s.   iui2xj  îjyiss*  JLxi)    -i^  q^,  «  mwse  de  ^a  foule,  ils  se 

pressèrent  les  uns  contre  les  autres,  Syrie.  »;y^^  ii^v-yiot  u^^^"^, 
/ra'  trouvé  Véglise  bourrée  de  monde,  Syrie.  Aussi  au  figuré, 
presser,  pressurer,  serrer  dans  les  affaires  ou  dans  les  rela- 
tions de  la  vie. 

^=>t,  perdre,  ruiner,  anéantir,  Dt. 

(cyi.5>,  intrus,  qui  se  mêle  de  ce  qui  ne  le  regarde  point. 
Belot  a  ^^,J^:^,  vu  la  permutation  constante  des  deux  voy- 
elles; MSOS  V,  II  p.  51. 

eV-^>,  ficher,  fourrer  dedans  583,  5;  1376  en  bas.  C'est  ou 
une  contamination  entre  ^=>  et  eUxi  ou  bien  A-^  avec  le 

phonème  „,  576;  1254  et  Hdr.  p.  358;  v.  ÂJJ..  Métathèse 
li)^  =  dUio-  R  p  II  §  6  a  et  Gl.  sv.  Voir  sub  J^> . 

iXci.=> ,  pagne  roulé  autour  de  la  taille,  92,  3;  pi.  iiUx>,  1376. 

j«J;.=>,  a,  avozr  du  respect  pour  qqn.  —  ^^J^:^^,  respecter,  honorer. 
Cf.  ZA  2G  p.  350.  —  ^\.:>~A,  pudenda.  Ratt  mahâsimak, 
couvre-toi  les  pudenda,  Dt. 

Les  locutions  ^il^^xï  'l^=>,  ti)Li:L>,  é^^j<=>,  etc.,  expliquées  348 


421 

et  ss.  ;  Noldeke  Beitrâge  II  p.  38  n.  3.  &)JI  j^^^,  8,  10;  12,  8; 

beysa  ''alî''  =  ''^}s^  ^xî,  ici  p.  403,  7.  Cf.  RD  Gl.  sv.  et  là  c'est 
souSj_^-ci<.>,  ce  qui  est  peut-être  plus  juste.  Mehri  hase.  Lieb.  v. 

Amasia  p.  62  d.  1.;  ib.  p.  141  note.  icJiD  >_^Lb!  ^\  jdl  UL=>, 
Musil  0.1.  p.  181,15  d'en  bas,  ce  qu'il  traduit  par:  „par 
l'amour  de  Dieu,  je  ne  demande  que  ce  qu'on  demande  ordinai- 
rement", tandis  que  toute  la  phrase  signifie  tout  le  contraire. 
^_^L>,  chamélon  qui  tette  encore,  154,  20;  531  et  n.  5;  1241,  8; 

1601,8;  pi.  ^^L^^,  19,11;   531   et  n.  5;  566;  ^^t^-L>,  531 
et   n.  5;  ^^]^.:>,  ib.;   étymologie  1695  —  Danseur  ou  dan- 
seuse^ expliqué  802;  Musil  o.  1.  p.  187,  très  juste. 
_^-^>,   chamélon;  fem.  s^_ci^.'>,  531  n.  5;  pi  ^^4p_<_.^=>  ou 
^yi^,  ib, 

ww2>,  serrer,  presser^  1254,3;  cf.  ^to  et  A^=>.  jf^  J^i^L-c 
y_,-^Axl3i!  lXàc,  je  suis  encore  enfermé  chez  le  médecin,  1181,  6. 
a^j^>,  650,  LA  V  p.  268,6  d'en  bas. 

^^2^A,  réservoir^  tank,  1142  en  haut;  1155;  1476,  4  d'en  bas.— 
Est-ce  que  le  class.  y^=y^-i'  et  ^J^^  plier  et  casser^  LA  sv. 
ne  serait  pas  une  variation  de  ^w>.a.=>'?  Sur  ^-o-î»  v.  Schaade 
Uhud  p.  55,  Bittner  'Aggâg  p.  31  :  =  «Uij  sLà/^;  Tab.  I  p.  1 124, 
ZDMG  60  p.  17  V.  32,  ib.  p.  234,  6,  cf.  ib.  72  pp.  103  et  107. 

_9^=>,  U,  est  en  Hdr.  po^2y  =  ailleurs  ,jJi>o.  RD  01.  sv.  donne 
d'après  son  texte  ébrécher,  et  <J)y^^,  endommagé.  Il  a  sans 
doute  pris  cela  chez  Jahn  Gl.  sv.  hasôf,  nuire.,  mais  dans 
le  passage  du  texte  de  Jahn  SAE  III  p.  59,6  et  p.  272 
auquel  il  renvoie,  il  faut  lire  hasùfat  el-bint  et  traduire 


422 

à  cause  de  son  inquiétude  pour  la  fille,  ma  critique  MJM 
p.  19.  Je  crains  fort  que  ce  thème  ou2>  de  Jahn  ne  soit 
le  hadr.-datînois  ^ju^S'  vhv.;  il  revient  plusieurs  fois  dans 
l'ouvrage  de  Bittner,  Studien  I  Gl.  sv. 

J>.A^=>  <  J-»^=>,  parce  que  l'imparfait  est  Jv.^i^.,  58  n.  et  Pr. 
et  Dict.  p.  61  et  ici  p.  340,  être  prêt,  à  point  ;Gï.\e?,  synon.  ij:y^', 

^Lo,  ^^  et  \j=^.  s^^î  c^-l-^^  lAï  "^5,  lorsque  le  café  est  prêt, 
56,  23;  1080.  Jwa3L=>  (j>s^i  Ckï»,,  et  la  pâte  est  là  toute  prête, 

52,  8.  LPiA;^  kJu^L^  Ls'Aï  yf^*^  |^^av>.j?.J!  ^.o^'  J^l,  e//e  apporte 

d'abord  le  pot,  la  pierre  se  trouvant  déjà  auprès  d'elle,  62,  5. 

ci^A^Jî  ^  L^.<  i3s>.3L=>  _^3  Ka:2c  q^  i,^oj:  c;ajL=>5,  e//e  prend  de 
l'adenium  ohesum  qu'elle  a  tout  prêt  chez  elle  à  la  maison, 
64,  13.  —  En  "Oman,  J>*^:>,  être  en  détresse;  v.  'il>^:^. 

J.o>,  trouver,  obtenir,  courant  dans  le  Sud,  mais  en  Dt.  on 
dit  plutôt  ^^ai;  20,  18.   En    "Oman,    c'est   aussi  prendre,  en- 

0        5  « 

fermer,   capturer.  (^>o.^Jt  J.  ^y^^^  c^^i  un  tel  est  enfermé 

dans  le  liusn,  RD  §  185.  jLjtii  idLi^  iXM..^iî,  /e  pet  avait 
pris  un  ^ôtcd,  ib.  p.  297,  5  et  1.  7  d'en  bas.  Mais  cette  tra- 
duction  n'est   pas   absolument  exacte,  car  J-/Ci>  indique  ici 

U7i  résultat,  une  prise.  D.  H.  Muller  a  toujours  à  tort  J^> 
dans  S  A  E  IV;  ma  MJM  p.  54  en  bas.  —  Jeter  îme  pierre, 

Vj  dénominatif  de  j^Ai:>  vhv. 

J.xi:^",  se  préparer,  se  tenir  prêt,  J.oL>;  ma  MJM  p.  44. 

J.>oL>  dans  l'adverbe  verbal  J-oLll ,  enfin,  en  un  mot,  partout 

courant.  RO   p.  385,7  d'en  bas.    En  Dt.  et  en  Hdr.,  J^oL=> 

est  aussi  volontiers!  très  bien!,  et  non  pas  seulement  la 
réponse  k  un  ordre,  RO  p.  118.  M  SOS  III  p.  4,  12.   SAE 


423 

VII  p,  13,23  et  p.  16,  14,  29,  c'est  bien  traduit  par  gut,  là 
où  le  texte  shaurî  porte  hasôl  et  le  texte  mehrite,  hast  ou, 
ce  qui  est  le  sudarabique  sawa  ou  yistewi,  vhv.,  usités 
de  la  même  façon;  cf.  Bittner  St.  meliri  II  p.  151. 

J.AJi=>,  petites  pierres.   iU^^,    nom.   unit.,    Hdr.  p.  402.    En 

Syrie,  iJuA^i^,  débris^  décombres.  Cf.  w^A.i=>,  *-».i.=>,  J-*.^=>  et 
i^^^^>  vhvs. 

iJiLs*,  détresse,  affliction  =^  •y-rv^'*,  i^O  p.  297,6  d'en  bas,  ib. 
p.  401    N°  49  et  note  2.    Le  verbe  en  est  en  ^Omân  Jwct>, 

être  en  détresse  ib. 

(^^lAa=>,    enfermé  ou    plutôt   qui  est  en  détresse,  797,  9  d'en 

bas;  cf.  RD  Gl.  sv.  et  n.  1. 

j*.A.i>,  petits  cailloux;  gravier,  comme  dans  les  sentiers  de 
nos  jardins,  1010;  1547;  iu^^  nom.  unit.,  mot  courant  dans 
tout  le  Sud.  Le  Qâm.  sv.  a  seulement  f^/^:^  =^UajJ!  ^^^^.^J!, 
mais  TA  donne  aussi  le  verbe  v  f^^:=>  =  v  l.<;'  absolument 
comme  dans  notre  dialecte,  où  K-*.a.2^.  ^jju.^^^  ,  tu  m'as  jeté 
un  cailloux.  Cf.  ^l:>.  C'est  sans  doute  une  variation  pho- 
nétique du  classique  v*-a2=>,  même  sens:  sL-A^a^s^JL.  sj.kjs>^  Qor. 

21  V.  98;  v^>,  coll.  =  3_jL^  I  Sîdah  X  p.  92.  ^LxaIs-,  cailloux, 
Boh.  IV  p.  120,  6  ;  VI  p.  83  ;  Diw.  Hodeyl,  Kosegarten,  p.  178  ; 
ZDMG  73  p.  111,  21;  I  Sîdah  X  p.  93/4.  On  comparera  lamé- 

0^  0  1 

tathèse  syrienne  ^^:^.,  cailloux,  et  le  coll.  (joLo^.,  cailloux, 

Prov.  et  Dict.  p.  221,9.  Cf.  u.vJ./*^=>  vhv.,  J.*.a^=>  et  ^y^=>- 

*oL>,  en  Dt.,  jeter  des  cailloux,  et  ensuite  tirer  avec  une 
arme  à  feu,  tirer  avec  un  fusil,  =  ^  ^^j.  RO  p.  371  a  un 


424 
passage  assez  important:  âj  |5^;0  ^^y^^  J^  l>*i^'  Ç^  aI^JI  Jà" 

vjiàij  »^oL=>,  Le  seyyid  (sultan)  dzY:  „ Allons!  Sus  à  la  forteresse, 

cernez-la  r  Ils  se  mirent  alors  à  cerner  la  forteresse^  con- 
struisirent des  retranchements  tout  autour  de  la  forteresse  et 
la  bloquèrent  avec  le  fusil;  Reinhardt  traduit:  „dann  blockirte 
man  aie  (die  Festung)  mit  dem  GeiceJtr'%  ce  qu'on  ne  com- 
prend pas  très  bien,  mais  cela  veut  dire  qu'ils  tirèrent  des 
halles  sur  la  forteresse.  Ensuite,  le  récit  continue:  ^^'•^-♦joL^  f?5 

oi«-^  i^  *j  !r'^3  [•'ri'  -^^^^^  o^')  ils  étaient  ainsi  à  bloquer 

la  forteresse  pendant  sept  jours  sans  pouvoir  (=  ^ci  i^L  L) 

rien  faire  contre  elle  avec  le  fusil:  sie  blockirten  die  Festung, 
etc.  Etant  donnée  l'exactitude  de  Reinhardt  et  sa  grande 
connaissance  du  dialecte  ^omânais,   on   n'a  pas   le  droit  de 

douter  de  cette  traduction.  Alors,  il  faut  croire  que  f^\.=>  est 

ici  une  variation  phonétique  de  q^L5>,  synonyme  de  ,>oL>, 
à  moins  qu'on  veuille  y  voir  une  variation  sémasiologique 
du  datînois  *>oL=>. 

J.^.*.i>,  coll.,  petites  pierres,  cailloux.  icJU^>,  nom.  unit.,  Hdr. 
Gl.  sv.  ^.  Non  employé  en  Dt.  Cf.  -r'^Ai>,  ^^s^-  et  ^^<^^ 
et  les  classiques  wJiAa>  et  jjua:>. 

G      J 

^^.•>,  toujours  prononcé  husn,  hosn  dans  tous  les  dia- 
lectes, bédouins  et  citadins,  jamais  q^=-,  hisn,  comme  on 


')  L>^  joue  ici  le  même  rôle  que  pO  ailleurs,  vliv. 


425 

lit  partout'  dans  l'Encyclop.  de  l'Islam.  On  dit  Husn  el- 
Akrâ.d,  Husn  Kaifa,  etc.;  le  remarquable  Husn  el- 
Rurâb,  où  j'ai  été  deux  fois,  est  même  devenu  Hisn  el-R.; 
et  tous  les  Husn  qui  figurant  dans  mes  ouvrages  et  qui  ont 
l'honneur  d'être  cités  dans  l'Encyclop.  y  ont  été  convertis  en 
Hisn  ').  Je  proteste  contre  cet  écorchement  de  leurs  vrais  noms. 
La  prononciation  est  hu-sën  et  en  poésie  hus-ne.  On  lira 
ma  Festgabe  p.  79.  Brode  M  SOS  V,  ii  p.  17,4:  ghum 
mil  lôhsin,  il  descendit  du  liusn,  et  ib.  p.  21,2  d'en  bas: 
hùbtu  mil  lôhsin,  descendez  du  h,  ce  qui  prouve  qu'on 
dit  hu-sin,  hô-sën,  avec  anaptyxe,  sans  cela  la  syllabe  lôh  — 
serait  impossible.  —  En  mehri,  c'est  hazen  (hâsan),  Bittner 
'St.  Mehri  I  p.  16. 

On  a  voulu  faire  venir  ce  mot  de  l'araméen  ]y^Z  mais 
j'en  doute,  Hçlr.  p.  407  et  s.  Le  mot  araméen  a  bien  le  même 
sens,  mais  il  est  commun  aux  Sémites.  Son  origine  doit 
plutôt  être  cherchée  dans  l'Arabie  du  Sud,  qui  est  le  pays 
des  ^^y^^=>  par  excellence,  ainsi  que  l'a  fait  ressortir  Prae- 
torius,  contre  Fraenkel,  dans  la  ZDMG  61  p.  616.  Comment 
peut-on  se  figurer  un  pays  oîi  les  tribus  sont  toujours  à  se 
faire  la  guerre  sans  forteresses?  Praetorius  a  aussi  ib.  com- 
paré l'éthiopien   hns,    bâtir,   hënesâ,  bâtiment,  ce  qui  en 


')  Les  îlots  qui  sont  près  de  H.  el-R.  s'appellent  Sïhâ  ou  Qanbûs, 
Barrâqah,  Radarèyn  (aussi  prononcé  Qudreyn,  voir  sub  ijo  et  o).  el- 
Hillânieh  (=  ei-Hillânîeh),  où  il  y  a  une  pêcherie  de  perles  dont  parlent 
el-Mokaddasi  p.  37  et  el-Istahrî  p.  30.  J^-J'  est  une  montagne  près 
de  la  mer  entre  Balhâf  et  Bîr  ^Alî.  Voir  Arabica  IV  p.  G6  et  s.  Cf.  l'Encyclop. 
de  rislâm  I  p.  340,  où  on  lit  Barrâka  et  Koth^a,  qui  est  le  nom 
des  collines  éruptives  qui  se  dressent  dans  la  plaine,  q'lXjçL'i  au  nord 
du    cratère,    malgré    que    j'aie   ('crit    distinctement   Arabica   IV   p.  66 

iC'sl^  et  p.  74,  iLx.-Xv.5.  Ce  sont  là  des  fautes  d'impression  et  dont  j'ai 
pas  mal,  moi  aussi,  sur  la  conscience.  Je  fais  également  observer  que 
H.  el-Rurûb  n'est  pas  haut  de  500  m.  mais  tout  au  plus  de  50  m.; 
il  n'y  a  plus  de  tour  quadrangulaire. 


426 

est  la  métathèse,  et  prouve,  ce  me  semble,  que  le  mot  avec 
la  chose  est  venu  de  l'Arabie  de  Sud,  où  l'ordre  phonétique 
est  encore  restée  en  mehri  et  en  soqotri,  Praetorius  o.l.  p.  617. 

Ce  (^■^=>  est  alors  toujours  forteresse  dans  le  vrai  sens  du 

mot,  p.  e.  Bolj.  IV  p.  63,  4,  et  Glaser  Mitteil.  p.  46  le  définit 
pour  le  Yéman  par  „ château  sur  une  montagne",  tandis  que, 
en  Dt.  et  en  Hclr.,  où  le  mot  est  bien  plus  courant,  c'est  aussi 
maison  pouvant  vous  mettre  à  l'abri  d'une  attaque  et  qu'on 
doit  défendre.  On  lira  le  récit  de  Sam'^ah  au  1"  vol.  de  cet 
ouvrage,  c:^^^  vhv.  est  même  employé  pour  (jy-2->,  comme 
aussi  pour  KxJlï.  Nous  lisons  dans  le  récit  au  mot  *->^^=>, 
p.  424,  2  =  RO  p.  371,  que  c:^xj  vhv.  est  forteresse^  et  il  est- 
partout  employé  dans  ce  sens,  p.e.  RO  p.  371,6, 10, 11, 12  et 
passira.  Reinhardt  dit  p.  371,  n.  2:  „l-bêt  signifie  forteresse  (la 
maison  par  excellence",  et  ib.  p.  373,  3  ijsiï  exprime  la  même 
chose.  A  cela  on  juxtaposera  l'évolution  de  hënësâ  en  éthiop., 
malgré  l'opposition  de  Fraenkel  F  W  p.  236.  Si  l'araméen  était 
le  point  de  départ,  je  ne  comprends  pas  bien  que  le  mot  ait 
pu  se  répandre  tellement  dans  le  Sud,  où  l'influence  araméenne 
était  nulle.  Dans  la  patente  que  le  Prophète  donna  à  l'insolent 
AVâil  b.  Hugr,  prince  de  Hadramoût,  il  lui  assura  la  possession 
de  ses  propriétés  de  terres  et  de  husûn"  ,  Wellhausen  Skizze 

IV  p.  VI.  Et  le  verbe  .y^^  =  <~-^,  si  clair  et  limpide  en 
arabe,  ne  suffirait-il  pas  pour  expliquer  (^:>?  On  n'a  qu'à  lire 

L  A  sv.  et  la  Nihâyah  sv.  pour  s'en  convaincre.  Le  verbe  est 
peut-être  un  composé  du  phonème  transitif-,  qui  joue  un  grand 
rôle  dans  les  verbes  arabes,  et  V~^  (o^*^)'  ™^^^  ^^'  ^"-^^^'-^ 
u,  =  ^oLx,  v.  p.  431,  8.  Les  formes  verbales  dérivées,  q*=^ 
et  Q^^^,   ainsi  que  le   substantif  ^^^.^-^  =  ^^  ne  peuvent 

être  des  dénominatifs  de  q-^^,  la  V  y^=>  étant  pour  cela 
trop   bien  développée  en  arabe,  contrairement  à  ce  que  pré- 


427 

tend  Fraenkel  F  W  p.  23  b,  qui  veut  identifier  ^^>  à  ]Dn . 
Alors  pn  doit  être  primaire,  selon  Ges.-Buhl  p.  533  a  en 
haut,  puisque  D  devant  les  lettres  emphatiques  peut  devenir 
]^  ou  î,  ib.;  cf.  le  mehri  ici  p.  425.  Fraenkel  dit  aussi  que  tous 
les  noms  propres  composés  avec  ^-^s*  se  rapportent  à  la  Syrie. 
Je  le  crois  bien,  car  on  ne  connaissait  pas  l'Arabie  du  Sud, 
séparé  du  Nord  par  le  grand  Rub""  el-Halî  et  des  contrées 
inhospitalières.  Si  le  mot  q.^^  se  rencontre  souvent  dans  la 

littérature  arabe  ancienne  (citations  chez  Fraenkel  o.  et  1. 1.), 
cela  ne  prouve  nullement  que  le  mot  soit  venu  des  Araméens. 
I  Battûta  II  p.  212  dit  à  propos  de  sa  visite  chez  le  sultan  de 

Dofâr:  ^ys^'-^'  l?-"^  iLoeXi!  J>=>!^j  ,a^  ^^LLLvJJ,  le  sultan  possède 
dans  l'intérieur  de  la  ville  un  château  qui  est  appelé  el-husn, 
ce  qui  prouve  que  q^>,  dans  cette  application,  n'était  pas 
bien  familier  au  .célèbre  voyageur  ;  dans  le  Sud  ,Aaï  n'est  pas 
château,  vhv. 

Les  vieux  mots  higâzites  d'emprunt  pour  château  ^\^  < 
hébr.  □'•p^N*,  pi.,  et  *L!,<akk.  atmânu,  ^^atozs,  selon  Barth, 

ne  sont  pas  connus  dans  le  Sud,  oi^i  j*.=>t,  vhv.,  est  seulement 
tertre,  tumulus.  Kowalski  Diw.  Qays  b.  el-Hatîm  p.  XV  et 
ss.,  où   p.  19   du  texte  arabe  ^L>T  est   expliqué  par  q^t'^^- 

Le  mot  correspondant  dans  le  Sud  est  ô^  vhv.  et  '^jù<^\, 
vhv.;  cf.  jArf^,  Hçlr.  p.  408.  Il  faut  rechercher  s'il  y  a  un  rap- 
port  entre  *>î,  tertre  et  j*.>î,  château  fort.  Si  c'est  le  même 
mot,  le  sens  en  a  bien  dégringolé;  je  crois  que  ce  rapport  est 
nul,  vu  que  iu.>i  est  aussi  un  vieux  mot  classique. 

Sur  les  husûn  dans  le  Sud,  on  consultera  les  ouvrages 
de  Niebuhr,  de  v.  d.  Berg  Le  Hadhramout,  de  de  Goeje 
^adhramout  et  l'atlas  d-u  Seyyid  'Otmân  b.  Yahya,  de  Man- 
zoni  el  Yemen,  de  Walter  B.  Plarris  A  Journey  through  the 
Yemen,   de    Désiré   Charnay  et  A.   Deflers,   Excursions    au 


428 

Yémen,  dans  le  Journal  de  Voyages  du  4  Juin  1898  et  du 
11  Juin  1898  ').  On  y  trouvera  de  nombreux  dessins  et  pho- 
tographies. Les  photographies,  fort  belles  du  reste,  que  prit 
le  prof.  Simoni  pendant  notre  expédition  dans  l'Arabie  du 
Sud  n'ont  jamais  été  publiées  par  l'Académies  des  Sciences 
de   Vienne.  C'est  qu'on  m'en  avait  formellement  promis  un 

exemplaire:  ^^y-i^^s^  Jv-cj!  Je  possède  un  j^_x2.:>,  près  d'el- 
Makalla,  qui  me  fut  donné  en  cadeau  par  le  sultan  du 
pays!  Voir  aussi  sur  les  Qy^>  du  Sud,  Arabica  IV  p.  58  et 
V  index  sv. 

Les   Datînois   m'ont   dit   qu'il   n'y   avait,  il  y  a  une  cen- 
taine d'années,   que  très   peu  de  husùn   dans  le   pays.  On 

habitait  alors  dans  des  huttes,  K-ro,  vhv.,  en  ^jc,  vhv.  Ce 
n'est  qu'à  une  époque  assez  récente  qu'on  est  devenu  plus 
sédentaire  et  plus  civilisé  et  que,  par  conséquent,  on  con- 
struit des  husûn  en  pierres.  Les  Naha'în  em-(jrebal  repré- 
sentent encore  l'ancien  état  des  choses.  Ils  habitent  dans  des 

^c-j!j-^,  vhv.,  et  changent  de  place  selon  les  pâturages,  mais 

ces  déplacements  ne  se  font  que  sur  leur  propre  territoire. 
Il  doit  y  avoir  eu  un  intervalle  pendant  lequel  Datînah  a 
été  dévastée,  car  il  ressort  de  la  description  de  la  (jazîreh 
d'el-Hamdânî  et  des  traditions  locales,  confirmées  par  le 
grand  nombre  de  cités  ruinées  et  de  châteaux  écroulés,  que 
Datînah  avait  anciennement  une  culture  assez  avancée.  Ce 
sont  les  guerres  continuelles  entre  les  tribes  et  les  maladies 

endémiques,  telles  que  la  pes/^,  q^L^,  et  la  variole,  vv^i 

qui  ont  le  plus  contribué  à  la  décadence  du  pays,  pour  ne 
pas  parler  de  l'influence  délétère  de  l'Islam. 


')  D.  Charnay  n'est  arrivé  qu'à  el-Hodeydah.  On  ne  lui  permit  pas 
d'aller  dans  l'intérieur.  Les  photographies  et  la  description  provien- 
nent du  savant  botaniste  A.  Deflers,  trop  modeste  pour  réfuter  une 
telle  supercherie. 


429 
j^*^=>f  renard,  797,  10  d'en  bas;  cf.  sub  J^'  vhv. 

;l2_:>,  i,  comjiter^  retenir  clans  la  mémoire;  assez  courant 

partout.  Dozy  S.  sv.  ^ôJ<c  o^jLL  ^y,  (ji!,  combien  de  vaches 

+ 
avez-voiis  (propr.  quoi  en  fait  de)?  W  Q-fJÎ   c.c-^'-^  ^5  j^  ^^^ 

/es  ai  pas  comptées^  moi  Dt.  i^^f  tcv^''  ^•^tv^'— ^  oly»"^'  ij:'-^» 

obL^a^^^'S,  ces  p)ropriétés-là^  mon  frère  en  a  pris  note,  et  elles 
sont  déjà  bien  notées,  RO  p.  222,  15.  La  lurah  a  ^^.—xi-^î, 
souvent  dans  le  Qorân.  o^s^  ^jj.«j  %  ^^iau  £^_<^^  Ji'  i^c^^^' 

J.JL:>  %  L^  =  J^,  LA  XVIII  p.  200.  ^^^\  ^^:>l  =  .bb-î 
io,  comme  nous  disons  comprendre^  erfassen.  lel-Qût.  p.  49: 

s.iAJjj  solX-c  c>-5rC  LùsjÎj  kLssd]  2^j;^t  cixjujL:>!.  Notre  (c^-^i^  pour- 
rait donc  être  la  première  forme  dont  le  sens  est  identique  à  la 

s 
quatrième  classique.    »Lci^>,  =  Js_£,  le  substantif  de  ^\-*cu=>l, 

LA  XVIII  p.  200,5  d'en  bas,  A  tout  bout  de  champ, 
on  entend  en  Arabie  l'expression  ^_c-^;s^J  "^  ^_^xi  tJ^,  c'est  là 

une  chose  incalculable,  Musil  0. 1.  p.  411:  ^J;>■a^v.  "^j  mais  je 
ne   sais   vraiment   si   nous  sommes   ici   en   présence   de   la 
première  forme  dialectale  ou  de  la  quatrième  littéraire,  n'ayant 
jamais   entendu  le  participe  ^^^asjsu. 
^_,-A3L>,  prop.  compter  avec;  s'escjuiver,  se  soustraire  à.  ^"^ 

O     >  0    3 

Jot<ci.J!  ^^  ^_y^'^^.  lo  ^^'■>^  J^Ij,   un  tel  se  donne  beaucoup  de 

peine  et  n'esquive  pas  le  travail,  RO  p.  228,  7  d'en  bas, 
courant  en  'Oman,  mais  non  en  Dt.  ni  en  Hdr. 

^c^^i=>,  petites  pierres,  cailloux,  =  ^Lao,  lidr.  p.  402,  à  cause 

de  l'accent:  lui  s  a  et  hasà^  s\^>^-=>,  coll.,  petites  pierres, 
cailloux,   H(Jr.   p.    395,  2,  3.   Mais  i-LAa_=>  est  aussi  n.  unit., 


430 

comme  chez  RD  Gl.  sv.  et  Hdr.  Gl.  sv..  «Lajl.>  est  dans  la 
lurah  un  singulier,  comme  aussi  dans  les  dialectes  et  sou- 
vent dans  les  poésies  bédouines  du  Nord,  Socin  Diw.  N°  69 
V.  41b,  et  je  me  demande  si  ha  sa"  n'est  pas  véritablement 
h  a  sa  h,  car  il  est  le  plus  souvent  impossible  de  distinguer 
un  hamza  final  d'un  h,  et  liasâti,  ma  pierre^  en  annexion, 

comme  p.  e.  RO  p.  24,  m  d'en  bas,  ne  prouve  rien,  ^jr*^'^^^ 
et  iL>Li.=>  peuvent  aussi  être  de  vrais  pluriels  dialectaux  de 
sLa2.=>,  pour  ^c*^i=^'  Cf.  |*^n,  petite  pierre^  et  les  autres  lan- 
gues sémitiques  chez  Ges.-Buhl  sv.  ^_^-xi^!  est  aussi  dans  la 
lurah  le  grand  nombre,  L  A  XVIII  p.  199,  et  ib.  p.  200  en  bas: 

£Laji>^!  ^y,  ^\  Csjù\  sLoAl.    Voir  sub  yo. 

On  sait  que  les  cailloux  jouaient,  dans  la  Gàhilîeh  arabe, 
un  certain  rôle  dans  les  transactions  commerciales.  On  s'en 
servaient  pour  compter,  Hamâsah  p.  297.  Le  sl^;^  ^^  fut 
défendu  par  le  Prophète,  LA  sv.,  Nihâyah  sv.  et  Lane. 
Dans  le  Hiz.  el-Adab  II  p.  275,  on  lit  à  propos  de  la  foire 
de  Dûmat  el-Gandal:  KxLvJî  ^  '^}-^^  "^1  L^  ^L^'  c>.j'^3 

*î  o^s'yis  ij:$^=>  i^c-^J!  ^Xxjsn^t  o-*^'  ®^  ^^'  ^  Pi'opos  d'es-Sihr: 

L-ùaj!  b^L:5^lj  Uô  psu-^  Ji,.  Wellhauson  Reste'-^  p.  247  rap- 
porte ce  passage.  Il  traduit  b^Lj>JI  ^UJ]  par  Steiyiwerfen,  mais 
^\  est  poser,  mettre,  domier^  comme  |.^LJ!  ^],  77.6  en  bas. 
Cependant  dans  L  A  XVIII  p.  199, 4,  bL*^  ^  est  défini  par  ^!  _^ 

«.-^î    w\->»i    ^^^-s   i^*^'   »L^3ii   olXxj    \S)    :<jL>.i5   5!   ^_c,A/i^t   Jy^- 

>">  ?^  70- 

La  scXjUxi  est  ^oJjb  |^l  ij^-*Js  J-:>J!  ^1!  /'^•s^Li  ^^j^"  J^yt   ^^i^ 

i^î  ^.j,  Boh.  III  p.  70  (K^^Xii  ^^  vW),  LA  V  p.  49. 
Dans  le  Sud,  -^  est  partout  mettre,  poser  et  non  jeter,  vhv. 
On  ne  saurait  donc  dire  qu'on  jetait  un  caillou  sur  la  mar^ 
chandise,  si  ce  n'est  dans  notre  sens  de  jeter  la  monnaie 
sur  le  comptoir  pour  payer  =  la  placer,  la  poser. 


431 

Les  Grecs  avaient  leurs  ^P>j0oç,  petit  caillou,  jeton  pour 
compter,  compte,  calcul.  De  là  ■■p'/iCpt^cc,  compter  avec  des  cail- 
loux, calculer.  Les  Romains  se  servaient  aussi  de  calculi, 
petits  cailloux,  pour  compter,  d'oîi  le  verbe  calculare,  >  notre 
calculer,  qui  est  considéré  comme  un  néologisme,  mais  qui 
a  pu  exister  dans  le  langage  populaire  latin. 

Il  se  pourrait  donc  que  ,^ç-^-=>  et  ^_c-^^=^'  soient  des  déno- 
minatifs de  (_c->-i>,  cailloux  >7iombre.  Mais  alors  Lx--:>,  u,= 
^->L_^,  LA  XVIII  p.  199,3  d'en  bas,  ici  p.  426  en  bas, 
doit  représenter  un  autre  thème,  que  nous  retrouvons  dans 
^Aa>  et  jj.A.i=>,"  vhvs.  Cf.  mehri  hazu,  enlever. 

Kazimirski  donne  j-*û->,  compter,  calculer,  synonyme  de 
^^*.i> ,  et  Dozy  l'enregistre  également  en  citant  deux  passages, 

de  même  que  ,yJ^^ ,  être  compté,  calculé,  d'après  I.  (jobeyr 
p.  49,3  d'en  bas  (2^  éd.  de  de  Goeje),  mais  le  texte  porte: 

iLa=>%  J-aÂ;:^  ....  ^^t  ^^  JàS\,  et  cela  est  bien  différent. 
Schiaparelli  p.  20  traduit  les  deux  derniers  mots  par  nume- 
rare,  ce  qui  est  leur  sens  collectif.  On  voit  donc  que  Dozy 
n'est  pas  ici  très  exact.  Il  se  peut  que  l'interprétation  de 
_x2.=>  dans  les  deux  autres  passages  cités  par  Dozy  doive 
aussi  subir  une  modification  pareille  de  traduction.  Je  n'ai 
pas  ces  deux  ouvrages  à  ma  disposition  ici. 

Je  ne  sais  si  les  anciens  Arabes  comptaient  véritablement 
avec  des  cailloux.  Dans  ce  cas,  il  ne  souffre  pas  de  doute 
que  ^^^*^^-=^  et  ^jr'-='-=>^  ne  soient  des  dénominatifs.  Un  autre 
plus  savant  que  moi  étudiera  la  question. 

Pour  la  V~y^=>,  comparer  les  congénères  ^.Ai=>,  (j-:2.:>:, 
J^Aas»,  |*Aa:>  et  J^*û=>,  vhvs. 

iLua;^ui,  pi.  oLxAi:^,  flsMng  litie,  Stace  p.  66,  m'est  person- 
nellement inconnu. 


^Ai2>  dans   la   locution    *-^yo  ^^  ^j^.  ^.aJI  ,   il  est  criblé  de 


o  > 


432 

dettes,  656.  -  H.  Môller  ZDMG  70  p.  158  n.l.  juxtapose 
l'indog.  ^agro-s,  àypoc,  terre  cultivée^  et  le  sém.  h-d-r,  arabe 
hadaru,  même  sens,  mais  je  ne  crois  pas  que  l'on  ac- 
cepte cela! 

^:a=>,  enclore  par  mie  haie,  faire  une  3;>^*:^:>.  Aussi  en  ^Omân, 

RO  p.  57,  18  d'en  bas. 

yto'i=>  dans  la  locution:  ^^Liiî  JyLj  y^^lJ-^,   et  que  le  yrésent 

inforrne  V absent,  est-  la  formule  finale  des  proclamations,  550,  6 
et  n.  4;    1789.    Le   classique    ,oL>,  prêt,  LA  sv.,  fait  l'efifet 

d'être  originairement  y^L>,  sans  l'emphase  du  [je. 

v,y:o=>  —  ^^,yi^[^ ^  60,10;   1094;  propr.  réunion. 

.L:2=>,  petite  cahanne  de   branches   de  palmier,  1225;  Socin 

Diw.  Gl.  sv.;  ot  JJ!h=>,  —  Bouille,  Hdr.  p.  365,  >  .Lc2:>,  garniture 

sur  la  poignée  du  sabre  ou  du  poignard,  comme  dans  cet  hémis- 
tiche d'une  poésie  d'Ahmed  b.  'Alî  es-Sâhimî  (v.  Index  p.  1803): 

6  sabre  affXé  aux  belles  garnitures! 
'•i.J:^z>,  eticlos,  e?iceinte,  650.  Chez  Wetzstein  Z.  f.  Allg.  Erdk. 
1865  p.  494,  Ansiedlung,  village,  sing.  du  coll.  .^v^i^^.  Cf.  '^j^^, 
}i.Ka:^,  chambre,  Hdr.,  et  en  Dt.  c'est  la  chambre  supérieure  do 
husn,  aussi  appelée  en  Dt.  s>Xî>,  vhv. ;  ma  MJM  p.  23. 
V.  d.  Berg   Le  Hdhr.  p.  64.   RI)  Gl.  sv..  Marçais  TAT  Gl. 

sv.  C'est  ce  que  les  'Omânais  appellent  sjIj,  vhv.  Cf.  y*^^-> 
et  J2>. 

Sur  le  nom  de  Hadramût,  voir  295  et  n.  1;  332;  1562 
et  ici  sub  à  >  ô  p.  2.  Hein,  Mitteil.  Ôsterr.  Geogr.  Gesellschaft 
vol.  46  Heft  7  et  8  et  id.  SAE  IX  p.  14,29,  écrit  partout 
Hadraraût(-ût),  de  même  que  Bent  the  Ninet.  Cent.  1894 
p.  419,   id.   RGS  oct.  1894  p.  315  et  id.  Southern  Arabia; 


433 

voir  15G2  n.  1.    La  graphie  biblique  n.içn^'n  est  à  coup  sûr 

erronée,  comme  l'est  aussi  celle  de  m^b^*  =  oUiii!!  ').    Elle 

représente  sans  doute  un  pluriel  mehrite  -âut  ou  -ôut  < 
-ôt  <  -ât,  selon  la  règle  exposée  Bittner  St.  mehri  I 
§§  40;  49  et  50;  II  §  9.   Ce   pluriel  correspond  à  oLuiLXi', 

vhv.,  (jazîrah  p.  216,  à  oL*Ui,  Derenbourg  Monum.  sab. 
p.  8;  id.  Monum.  de  Marseille  N°  1  1.  22;  Hartmann  Die 
arab.  Frago  pp.  271  n.  et  304;  à  oLuj  id.  ib.  pp.  161  et 
270.  Dans  p.  e.  l'inscription  d'Obne,  Rhodokanakis  Lexicogr. 
II  p.  48  1.  3,   c'est  écrit    Hdrmt,    ce    qui   doit   bien  être 

oL«ja22>  ou  oyo,Ai2>,  mais  la  graphie  Hdrmwt  se  rencontre 
aussi,  et  alors  c'est  le  mehri  TIatlramawt<  Tladramùt 
<  Hadramât. 

Il  faut  croire  que  les  Masôrètes  ont  voyelle  ce  mot  d'après 
une  tradition  courante  et  que,  par  conséquent,  la  pronon- 
ciation mehrite  Hadramawt(-au  t)  remonte  à  une  haute 
antiquité,  oii  la  langue  mehri  était  plus  répandue  dans  le 
Sud  qu'à  présent.  L'étymologie  arabe  est  naturellement  faute 
de  connaissance  de  la  part  des  savants.  Elle  n'est,  selon 
toute  probalité,  que  la  perpétuation  de  l'explication  des 
marchands  grecs,  qui,  jaloux  de  leur  commerce  lucratif  avec 
les  pays  des  Mahrah,  avaient  déjà  fait  courir  la  légende  que 
l'arbre    thurifère,  qL^.U!  ^  j*-J',  était  gardé  par  de  mauvais 

serpents  dans  la  „ vallée  de  la  mort".  En  mehri,  oy*  est 
miyOt  ou  miùt  <  miyàt  <  miwàt,  sens  que  les  mar- 
chands grecs  auront  trouvé  dans  le  nom  du  pays  de  l'encens 
et  qui  a  sans  doute  donné  lieu  à  la  h'gende  basée  sur  une 
étymologie  populaire,  mais  intentionnelle  de  la  part  des  rusés 
exploitants  des  richesses  convoitées  de  l'Arabie  méridionale. 


')  Contro  J.  Ilolin  dans  la  Festsclirift  {lomincl  II  p.  78  nt  ss.    Voie 
éanis  el-'Uli'im  p.  08. 


28 


434 

Les  Phéniciens,  qui,  par  voie  de  terre,  à  travers  le  W.  May- 
fa'ali  et  les  Gûwàn  et  ensuite  le  long  de  la  côte  jusqu'à 
Gaza,  Arabica  IV  p.  68,  recevaient  ces  précieuses  marchan- 
dises, auront  aussi  contribué  à  maintenir  cette  étymologie 
légendaire.  Il  est  cependant  difficile  de  décider  si  elle  a  été 
répandue  par  les  Phéniciens  ou  les  Grecs,  probablement  par 
les  deux,  car  ils  avaient  le  même  intérêt  à  l'accréditer. 

J'ai  appris  que  Jahn,  dans  les  Mitteil.  de  Petermann  a 
donné  à  Hadramût.une  nouvelle  étymologie:  ^y^o  -f  le  préfixe 
mehrite  -,   mais   je  n'ai   pu   me  procurer  l'ouvrage  où  elle 

figure.  En  arabe,  j.yi?  est  flamber,  être  bridant^  être  eynhrasé, 

LA  sv.  =  J.x:^t,  et  j..*i2>  pourrait  alors  signifier  quelque  chose 
comme  pays  brûlant^  à  cause  de  sa  grande  chaleur,  peut-être 
aussi  à  cause  de  la  solfatare  de  Barhût,  principal  phéno- 
mène de  ce  pays  volcanique.  En  outre,  ^^  est  un  arbre 
odoriférant^  LA  XVI  p.  248,  4  d'en  bas,  et  |*j^,  une  espèce 
de  gomme,  LA  ib.;  le  Jiabitus  de  ce  nom  me  paraît  fort  ancien 
et  nullement  arabe,  mais  plutôt  sabéen,  voir  sub  rv*=^-  H  se 

pourrait  donc  que  le  nom  de  Hdr.  puisse  être  expliqué  par 
l'un  de  ces  sens:  vallée  de  chaleur  ou  vallée  des  aromates. 
En  tout  cas,  le  nom  n'a  rien  à  faire  à  l^in,  Ges.-Buhl  sv. 

La  n  isba  h  est  ^^.^z> ,  pi.  ^X^=>,  des  Hadramites,  avec 

le  coll.  iCx  Lc2=>.  La  grande  vallée  s'appelle  à  partir  de  la  mer 

el-Masîlah,  Hdr.  Gl.  sv.,  et  ensuite  W.  Hadram,  dont 
Hadramût  est  le  pluriel,  à  l'instar  des  mots  cités  p.  433  en 

-    o     -- 

haut.  La  graphie  arabe  oL«-*:2-">,  s'explique  donc  facilement, 
ce  qui  n'est  pas  le  cas  de  l'étymologie  hébraïque  erronée,  oià 
la  dernière  partie  est  sous  l'influence  de  n>p  =  oy>. 


Sams  el 'Ulûm  p.  27  dit:   LV:^!^   U-«!  bl-st-:^  ,.,U* 


O"»-' 


435 

1..L12U  «-jil^  tj;'»/^^  iu.w^)3.  Un  personnage  Hadramût,  fils 
de  Sabâ,  n'a  jamais  existé.  Ce  sont  à  l'origine  des  noms 
de  pays.  Qui  est  Lyw  ^i  ^xi^c  ^j  j.^àp  chez  I  Sa'd  I  p.  18,  26? 

Il  est  regrettable  que  l'auteur  de  l'article  Iladramawt 
dans  l'Encyclopédie  de  l'Islam,  qui  devrait  être  un  mo7iu- 
meyitum  œre  perennius  pour  tous  les  Arabisants,  n'ait  point 
connu  tout  ce  que  j'ai  publié  sur  le  Hçlr.,  pas  plus  que 
les  travaux  de  Snouck,  de  D.  H.  Millier,  de  Jahn  et  de 
Hein  dans  le  SAE,  pour  ne  parler  que  de  ceux-ci.  L'ouvrage 
de  Maltzan  est  aussi  oublié.  Les  savants  directeurs  de  l'En- 
cyclopédie ont  bien  ajouté  cette  bibliographie  sur  la  couver- 
ture de  la  XXI  livraison,  mais  l'omission  de  ces  ouvrages 
dans  le  corps  de  l'article  n'est  pas  pour  cela  excusable  '), 

Le  Hadramût  n'est  pas  „sourais  à  l'hégémonie  turque", 
comme  le  dit  Schleifer.  Ce  pays  est  absolument  indépendant, 
et  c'est  plutôt  l'Angleterre  qui  y  joue  un  rôle  prépondérant, 
grâce  aux  subsides,  appelons-les,  avec  Lloyd  George,  „ balles 
d'argent",  qu'elle  donne  à  quelques  potentats  sur  la  côte. 

L'article  de  Schleifer  sur  B  a  r  a  h  û  t  aurait  gagné  en 
intérêt  s'il  avait  lu  la  description  détaillée  que  j'en  ai  donnée 
dans    mon  volume  sur  le  dialecte  de  Hdr; 

D'après  les  savants  arabes,  les  Hadramites  parlaient  un 
mauvais  arabe,  ma  L  A  p.  29  et  s.  et  p.  25  ;  il  y  avait  aussi 
le  verbe  m)^  j-  ^y^^,  expliqué  dans' LA  sv.  par:  iL^L.  ^ 

^\y^)  \=>5  ^^  vl;*^"^^  ^-àîL>5.  Cela  veut  sans  doute  dire  qu'ils 

confondaient  le  -  et  le  «  dans  la  prononciation,  voir  ici  sub 

_,  et  qu'ils  n'observaient  pas  l'Frâb,  dont  il  n'existe  que  très 
o 

peu  de  traces  dans  les  dialectes  de  Hdr.  et  de  Dt.,  voir  ici  sub 


')  Voir  la  Préface,  t.  à  p.  de  ma  LB'A  p.  10. 


436 

!iAj!  et  ma  la  p.  27  et  ss.  Les  dialectes  méridionaux,  tels 
que  ceux  de  Lahig,  d^'Abyan,  des  B.  'Âmir,  des  Awd 
=  les  ""AwLlillah,  qui  d'après  el-Hamdânî  ôazîrah  p.  134  = 
ma  LA  p.  29  et  s.,  étaient  .:Cwv^,  n'ont  pas  plus  conservé 
ITrâb  que  les  autres.  Les  traces  qu'on  en  trouve  à  chaque 
pas  dans  les  dialectes  du  Nord,  ma  LB'A  Gl.  sub  rrâb  et 
Nounation^  ne  se  rencontrent  jarnais  dans  le  parler  courant 
du  vSud.  Cette  constatation  est  d'une  extrême  importance; 
voir  ma  LA  2^  édition. 

oiA^s^,  être  à  court  de,  s'appauvrir,  selon  RD  Gl.  ss.  — 
Porter  Venfant  dans  ses  bras  (mère),  ib.;  il  faut  ici  penser 
à  Q^>;  mais  le  sens  n'est  pas  clair,  et  le  mehri  hadaf 
de  Jahn  Gl.  sv.  a  pu  influencer  la  traduction  de  R-D.  Un 
thème  >^*:=>  n'existe  pas  en  arabe,  et  l'autorité  de  Jahn  est 
pour  moi  assez  faible. 

QAi2^",  tenir  dans  le  ^yx^s;^,  dans  ses  bras.  —   Embrasser, 

38,4;  722,9  d'en  bas.  =  ^m^*i2;> ,  moins  employé. 

^-C2>,  pour  le  class.  q*^^,  rne  paraît  plus  juste  d'après  Hdr. 
p.  252.  Aussi  l'hjébr.  a-t-il  ]^'n  =  l'arabe  dialectal  hudën, 
avec  anaptyxe,  voir  ici  p.  92  et  ss.Holma  ZA  XXXII  p.  43  iden- 
tifie Q*i2>  au  vieil  égypt.  sljn,  embrasser;  bien  hypothétique! 

8yii>,  frange,  589.  Cf.  1/~*_jl>^  et  ^<>J>  et  leurs  dérivés, 
d'un  sens  analogue. 

L.s>,  u,  toucher;  tomber  sur.  v.i:aJIj  \_x_i  Jo^^lil  ■,^^=>  U-I/, 
toutes  les  fois  que  les  boulets  Je  touchaient,  ils  en  ricochaient 
12,  12;  450. 


437 

iali^,  tomber  (feuilles).  -LLi^.  o;^^  ^^^  feuilles  tombent^  ou 
Ja:s\k^.,  Dt.  Cf.  ^i>^>  et  c>.:sK>  vhv. 

w*-k:>,  6ozs,  1109;  1130.  v^Li\!!  Jyuw  est  une  locution  qui 
revient  souvent  dans  les  poésies  populaires  du  Sud;  p.  e. 
celle-ci: 

ie  torrent  de  bois  a  coupé  et  l'a  (iôj>,  champ)  réduit  en  morceaux^ 

.    Et  a  démoli  le  terrassement  de  la  vieille  levée  de  terre. 

Lorsqu'il  a  plu  sur  les  hautes  montagnes  dans  le  Sud,  le 
sêl  charrie  une  grande  quantité  de  bois  et  de  toutes  choses. 

iûLL=>,  ramasseuse  de  bois.  Ce  sont  toujours  les  femmes  qui 

ramassent  le  bois.  j.L>  k^1l=>  >,i>-jL:>  iolLil,  la  ramasseuse 
de  bois  a  apporté  du  mauvais  bois,  1109;   1130. 

Jx>,  a,  M.,  produire  un  son  sec,  murmurer,  braire.  Inf.  *.j12=>. 

^L>:.  J-v«-!',  ^6  torrent  bruit  ^).    Js^.  ^!,  la  pluie  gronde"^). 

Lorsqu'on  marche,   iLaxAJ!  j»-xL=>  ^^-vv^',  tu  enteyids  le  bruit 

des  pas,  du  piétinement. 
Ahmed  b.  'Alî  el-Hamyarî  dit: 

Nous  avons  des  fusils  dont  le  calibre  est  à  leurs  bouches. 

Leur  poudre  est  sèche,   et  ils  font  du  bruit   (une  forte 

•  détonation). 

')  Un  datiiiois  prétendait  qu'il  fallait  dire  ^■^\  J-^,  voir  sub  j^>  . 

-)  Si  j'écris  ■»  ■n-'?.  et  |»  rr  'J.,  c'est  que  ces  phrases  m'ont  ('ti-  ainsi 
prononcées.   Je  rapporte  exactement  ce  que  j'ai  entendu. 


438 

En  'Oman,  c'est  frapper,  RO  p.  152  §  277.  Cf.  j^^  et 
(_cA=>  vhvs.  Le  sens  classique  de  j*ia>  est  casser,  et  de  jt^-», 
être  cassé,  aussi  au  figuré:  cela  se  dit  principalement  de 
choses  sèches  et  facilement  cassables,  LA  et  Lane  sv.,  Naqâid 
Gl.  sv.  Cf.  mehri  Ijtêm,  7?iaigre,  ^  sh.  hetraùn,  Bittner  sh. 
I  p.  30.  Est-ce  que  nous  n'avons  pas  dans  notre  dialecte  le 
sens  primaire:  le  bruit  que  fait  une  chose  sèche  qu'on  casse? 

Le  lion   est  ^Ja=>  parce  qu'il  gronde. 

Chez  les  ''Anazeh,  (*-^>,  u,  est  se  lever  en  sursaut,  brus- 
quement; tomber  sur.  Yôm  etgûllah  (bintu):  „igba.l  el- 
"agg",  yihàtora  wisîr  yigùl,  lorsqu'elle  lui  dit:  „La 
poussière  (des  cavaliers  ennemis)  s'est  approchée",  il  (Abu 
'Agâb)   se  lève  cVun  bond   et  dit'',  récit  "anazî,  Langue  des 

-  o  ». 

Bédouins  ""Anazeh  p.  79,  24.  J.^iJ.rs'Jt  Jvc  Luli>,  nous  nous 
lançâmes  sur  la  troupe  de  brigands,  "anazî.  p.*)  1  ;  é  ^>, 
nous  nous  lançâmes  à  leur  poursuite,  'anazî.  Cf.  Gloss.  Tab. 
où  exemple  analogue. 

Malgré  le  sens  classique  bien  clair  de  casser,  ^kmu  b.  et-Tofeyl 
XV  V.  8,  je  me  demande  s'il  n'y  a  pas  aussi  un  autre,  apparenté 
à  J:''wo  dont  il  ne  serait  qu'une  variation.  Cela  expliquerait 
autrement  le  nom  de  ^..42^,  près  de  la  Ka'bah,  et  dont  l'espace, 

clôturé  par  el-Hatîm,  s'appelle  ^=>,  LA  et  Lane  sv.,  v. 
Kremer  Culturges.  II  p.  7.  Naqâid  Gl.  sv.  Ici  y^  et  ^k:> 
seraient   synonymes.   L'hébr.   CLîn,   Ges.-Buhl    sv.,    pourrait 

bien  venir  de  là  et  non  de  ^,l=i=>,  comme  le  propose  l'auteur. 

jj^li?',  se  battre,  se  donner  réciproquement  des  coups,  RO  §  298. 

iUli>,  attaque  à  V  improviste,  ''Anazeh.  Ce  n'est  pas  le  synonyme 

de  ij^s',  défaite,  déroute,  comme  le  dit  Dozy  S.  sv.,  et  dans 
l'exemple  qu'il  donne  de  ce  mot,  il  faut  le  traduire  par  attaque- 

Jas> 

i>Jic   ii=>,  1767,  V.  les  dictionnaires.  Cf.  ,aji>  et  y 


439 

»^=>,  endos,  650.  Kasdorff  o.  1.  p.  49.  =^Ll2>,  Naqâid  Gl. 

sv.  Cf.  »^p^*^>  et  -i^>;  0.  Weber  Studien  z.  arab.  Altert. 
Kunde  III  p.  46;  fh?,d.  et  les  autres  mots  éthiop. 

»Ac  Ji25>,  1767,  V.  les  dictionnaires. 

K~oi-=»   signifie    faire   qc.    en   ro?id,   tout   autour   de   gc., 

entourer  =  ^  i^L=>î  et  \j  ^L^Î.  I  el-Qût.  p.  42,  7  d'en  bas: 

*^  îjjLb!  ^AxAvo  j,yLi!  oi->.  Les  développements  de  cette 
racine  ne  font  que  confirmer  ce  sens.  Naqâid  Gl.  sv.  Nôldeke 
veut,  ZDMG  57  p.  415,  que  le  sens  primaire  soit  frotter^ 
et  Ges.-Buhl  a  adopté  cela  pour  ^Dn  II.  La  K~lJ^>,  et  sa 
variation  >^a>,  se  prête  certainement  à  cette  idée  de /ro^^er, 
ce  qui  a  déjà  été  mis  en  avant  par  H.  L.  Fleischer  dans 
Levy  NHChWB  II  p.  204  et  répété  par  Nôldeke,  o.  et  1.1., 
mais  ce  sens  est  ou  secondaire,  ou  bien  faut-il  admettre 
deux  courants  sémasiologiques  dans  la  I/~v«à_>,  dont  le 
second  frotter  a  donné  ^j=>,  ^^p^,  ^in,  ^Dn,  ^^^,  frotter  y 
laver.  Buhl  les  a  aussi  séparés,  mais  je  ne  le  crois  pas  nécessaire. 
Plusieurs  mots  enregistrés  sous  oj.:>  et  -^ix^  se  rapportent 
à  V~^=>  dans  le  sens  qui  figure  en  tète  de  cet  article. 

Le  mot  iCsL^,  RO  p.  95,  7,  >  ii=>  Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.,  qui 

est  le  fém.  du  classique  i^ib»,  going  round  about,  circuiting, 
cité  par  Nôldeke  et  Ges.-Buhl,  n'appuie  nullement  cette  étymo- 
logie,   mais  tout  le  contraire,  de  même  que  les  autres  mots 

allégués  par  Nôldeke  en  faveur  de  sa  thèse.  J.  Jk^z  Jl-l^^! 
^^fiAxil ,  le  cavalier  fait  des  évolutions  dans  Varène,  en  galopant 
en  rond,  comme  lorsqu'on  exécute  la  fantasia  arabe.  Voir 
ici  v^^. 


440 

>wà:>  a  aussi  le  sens  d'êti^e  ou  de  devenir  sec,  skher,  intr. 
i^y^sus^^,  U  Q^j*J  j*-^'  T§^  (joLï*:^!  r-jÎ3j,  il  met  les  miches  de 
pâte  sur  la  braise  et  il  les  y  laisse  jusqu'à  ce  qu'elles  soient 
sèches,  53,  15  s.  =  ^>,  u,  i-  C'est  sécher  par  manque  de 
gras,  comme  me  disaient  mes  Datînois,  1045.  On  trouvera 
le  même  terme  explicatif  dans  les  dictionnaires  indigènes. 
Quant  au  sens  à'épiler,  raser  Iq,  tête  ou  la  figure,  j'y  trouve 
la  même  idée  de  faire  qc.  en  rond.  Et  lorsqu'on  a  vu 
comment  les  Musulmans  suivent  les  préceptes  du  Prophète, 
exposés  Prov.  et  Dict.  p.  254  et  ss.,  on  constate  que  le 
.Lb"i5l  iÎLXji,  ou  les  contours  ronds  de    la   barbe  et  de  la 

moustache  sur  les  joues  et  sur  la  bouche,  est  justement 
ce  qui  distingue  le  visage  d'un  musulman  de  celui  d'un 
chrétien.   C'était  là  une  coutume  traditionnelle,  'i^,  Qastal- 

lânî  VIII  p.  461,  L_î>>,  ^iJL>,  <  iLsLs»,  f^n  et  ^ID,  bord,  plage, 
ne  viennent  certainement  pas  en  premier  lieu  de  K~v_â=>, 
frotter,  mais  de  V'.J^^,  entourer,  umschliessen,  malgré 
l'autorité  des  deux  grands  maîtres,  Fleischer  et  Nôldeke,  que 
suit  Ges.-Buhl.  En  tout  cas,  les  dictionnaires  arabes  n'offrent 
point  de  prise  à  un  sens  pnwzYz/ de  frotter.  Voir  sub(j;s>.. 
Cf.  Jc>,  ^^fli>  et  (^«p-,  vhvs.  et  sub  j.fl=>. 

M  G  G  O      > 

LiL:>>oL>,  sec  et  sans  graisse.  oL:>  j-^,  pain  sec  sans 
autre  chose  avec,  courant  dans  tous  les  pays  arabes.  RO 
p.  116,  10  d'en  bas,  correctement  hâff,  ohne  etwas  dazu. 
Belot  place  p.  986  l_îL-:>  j_*-3-  sous  ijr^>-^-   En  Tunisie  et  en 

Algérie,  on   dit  ^^c^j-=>  j-^»  Stumme  T.  Gr.  Gl.  sv.  Vollers, 

ZDMG  50  p.  332,  pense  que  ^_îL>  est  sémasiologiquement 
apparenté  à  l_îL>,  stumpf,  émoussé.  Je  l'ignore. 

Le  lurah  a  pour  cela   .LàJs  jx~>  ou  .Là-c  j^  ou  v.Jj.j^  y<=>. 


441 

I  Sîdah  V  p.  10.  Un  autre  synonyme  est  .i^UJ'  j-^,  mais 
qui  ne  se  trouve  que  dans  le  Qàmoûs  ;  c'est  qu'il  est  exclu- 
sivement  yémanite.  ^L=>  J^!  est  un  manger  sans  ^L^a^, 
1045,  vhv.  Les  cheveux  sont  ob>  lorsqu'il  sont  secs  et  sans 
graisse,  1045,  contr.  à  q^^^>-<  r*^>  Un  autre  oLs*,  dans  p.  e. 

G 

oL>  ^c'^.j  il  marche  nu-pieds^  vient  de  ^çà=>,  vhv.  Oe  qui'l 

G  w 

y  a  de  curieux,  c'est  que  le  participe  lJL>  <ol>,  sec,  se 
rencontre  partout,  mais  le  verbe  oi>  <  ^ài>  n'est  employé 

que  dans  les  dialectes  du  Sud. 

v.Jià>,  1045  est  chez  les  Bédouins  tout  malnger  sec  sans  la 
graisse  favorite,  car  plus  le  manger  est  gras,  et  mieux  cela 
est  pour  eux.  Un  manteau  qui  porte  des  taches  de  graisse, 
parce  qu'on  y  a  essuyé  la  main  droite  avec  laquelle  on  doit 
manger,  est  même  une  preuve  ostensible  qu'on  vit  dans 
l'aisance  et  que  le  oy>  ne  vient  point  d'un  homme  chiche 
et  qui  donne  aussi  du  ^L^i»,  vhv.,  à  ses  hôtes. 
iLà>,  cortège,  procession,  Dt. 

^Jirs^,  pi.  oL:s^  889.  Voici  comment  se  fait  le  mahaff.  Je 
l'extrais  de  la  description  de  l'élection  du  sultan  d'Ansâb  :  „Les 
sultans  d'Ansâb  se  distinguent  par  l'art  de  monter  à  cheval 
et  de  manier  la  l.iarbah.  Le  sultan  élu  jette  sa  bague  à 
cachet,  qu'il  porte,  comme  tout  le  monde  dans  le  Sud,  au 
petit  doigt  de  la  main  droite,  par  terre  et  galope  ventre  à 
terre  tout  autour  en  rétrécissant  de  plus  en  plus  le  cercle. 
On  dirait  que  le  cheval  va  tomber  avec  son  cavalier,  telle- 
ment il  est  incliné,  comme  on  peut  aussi  le  constater  dans 
nos  cirques.  Le  sultan  ramasse  à  la  fin  sa  bague.  Son  père 
et  son  grand  père  exécutent  le  même  jeu.  Pendant  cela,  les 
assistants  chantent  le   chant   national  de  tous  les  'Awâliq, 


442 

rapporté  151  et  s.  C'est  cette  fantasia  qu'on  appelle  \J>^. 
Voir  Arabica  V  p.  219  et  ici  sub  JU-*o. 

iLà^\  évolution  du  cavalier,  fantasia. 

L\à>,  i,  1253,  pour  le  sens  classique,  voir  les  dictionnaires. 
Jùi»,  étroit,  357.  sA-à.^  »>i-==",  maisonnette  étroite,  Dt.  ^ 
oiLsn.;!  KtJ  sZLIj  iAà>  oJty:^/)  ^i  jj'  ^Aj"  b,^*.^!,  d'el-Misivarah 
tu  entres  aussitôt  dans  un  défilé  fort  étroit  appelé  el-Eelaq,  ^Au- 
laqî,  voir  sub  ^J^^  •  Est-ce  un  développement  de  K~oi>  vhv.  ? 
lAÎ^,  château  fort,  300  n.  1  à  la  fin  ;  1735  et  n.  1;  Arabica  IV 
pp.  41  et  59.  Sams  el-'Qlûm  p.  27:  ^_yù\  uViL^  A>[5  Aà^S 
jotj  L\â^«!J!5  (=LA  IV  p.  131,3  d'en  bas)  c^*,  i^»,  ^^ 

JsijS^vJ!  i'uLj    L\JCî  \>Lo   Lo       *.A;Li3   woo!  lAï    Jaib   IcOj    (Kàmil) 

Même  vers,  ib.  pp.  85  et  87.  C'est  donc  ici  le  même  sens 
qu'aujourd'hui  dans  le  Sud,  où  l'on  prononce  mahfad, 
mahfid  ou  mehfid.  Le  chef-lieu  d'el-Manqa'ah,  274 
n.  5,  1735  et  n.  1,  Index  sv.  1839,  s'appelle  el-Mahfid, 
1735.  C'est  un  grand  ïJlL^,  vhv.  Le  'âqil  des  S  a  m'a  h 
y  habite.  C'est  le  plus  grand  village  d'el-Manqa'^ah  et  le 
marché  de  tous  les  Ba  Kazim.  —  D.  H.  MûUer,  ZDMG  37 
p.  339  traduit  Jùrs*  par  tour,  après  lui  avoir  donné  le  sens 
de  Burg  dans  les  Burgen  und  Schlôsser  I  p.  25.  Glaser 
Mitteil.  p.  47  le  rend  par  „ village  '),  grand  ou  petit,  sur  un 


1)   Il   a  dit   aussi   qu'on   donne   le   même   nom   au  Qorân,  mais  il  a 
mal  entendu  iiour  t>;i«^   'C  ->Jàr>  ! 


443 

rocher  plat  ou  un  sommet  de  montagne  inabordable"  (!).  La 
définition  correspond  bien  à  l'état  des  choses  surtout  dans 
le  Yéman,  où  l'on  construit  des  châteaux  forts  même  sur 
les  sommets  des  montagnes  et  qui  sont  inabordables  pour 
l'enneini,  mais  d'étroits  sentiers,  O^ijLxi  vhv.,  y  conduisent, 
Rhodokanakis  traduit  aussi  mhfd,  pi.  mhfdt,  par  tour^ 
Lexicogr.  II  p.  12  et  p.  37.  Souvent  ce  sens  paraît  convenir, 
mais  celui  de  j-^-^^  ou  iLjt_i-ua^  serait  meilleur.  Si  o^-sl.=> 
est  un  développement  de  oi>,  on  pourrait  rapprocher,  OJi^^ 

comme  sémantique,  de  jb  vhv.  La  lurah  a  L\à=-  :=  J,  oii» 
cy^lj  Jw,*J!,  cf.  L-'^L>,  u,  pour  le  sens,  et  uxi:>  =  bji=>,  pi.  de 
lXîLs»,  qu'on  pourrait  traduire  par  entourage.  C'est  sans  doute 

un  développement  de  'wà^,  mais  déjà  de  bonne  heure  le  sens 
primaire  était  offusqué.  Il  est  entourer,  aller  autour,  avec 
des  applications  spéciales. 

Dans  l'ouvrage  de  Walter  B.  Harris,  A  Journey  through 
the  Yemen,  on  trouvera  des  illustrations  de  ces  lXsL^,  pp.  8; 
195;  198;  218;  262,  etc. 

^=>  est  propr.  creuser  de  façon  a  former  un  rond;  cf.  ^5> 
et  ^^,  vhvs.  Très  courant  partout.  A  Jérusalem,  il  y  a  la 
métathèse    ^^  fouiller. 

j-à.>,  1,  pousser,  exciter,  stimuler,  faire  vite,  1253,  comme 
'Antarah    Mo'all.    v.  79.    I   Sa'd   I   p.  143;   Naqâid   Gl.   sv. 

I  Sîdah  XII  p.  118,  13:  ^^  '^  3!  Ûy.  ^Ji^  ^  ê*.ii  ^Jl 

(jiJiJîj   *Lxai!  oU  kjm^Ls^.    i.àj.:>l_5   ..L^î    -â^,  J^Iî   »jÀ>f.  «jft> 

^  ^o  Ji5  £^^xij  =  ib.  VI  p.  111,  10  d'en  bas:  «ÂJî  ^à^il 
Hiz  el-Adab  III  p.  22, 15  et  p.  24,  2  et  5.  Cf.  TDH,  Ges.-Buhl 
sv.  —  En  \)i.,  presser,  serrer,  1253.  Etymologie  1254.  Voir  sub 
L\à;>.  Cf.  les  classiques  jà!,  faire  un  bond,  et  jjj,  se  presser, 
et  ici  sub   "ï», 


444 
jiy^^i  s'éreinter  à  faire  une  chose,  1253. 

ji.à>,  u,  couver,  Dt.  et  Hdr.,  =  'Oman  é'S,  RO  §  263.  Est-ce 

ijij,  vhv.  +  le  causatif  ^?  —  Assembler,  ramasser,  cueillir, 

comme  RD  Gl.  sv.—  Charger,  ib.  (jii^,  couver.  i;.ixî^  ii>b>JJ! 

(ji2A_Jl  Jx,  /a  ^OM^e  coMt;e  les  oeufs,  Dt.  et  Hdr.  —  Abattre 
la  cabanne  ou  la  tente,  Stace  sv.  pulled. 

iJ:Jts>,  lézards:  »-,  n.  unit.;  ma  M  JM  p.  23  et  p.  25  en  haut.. 
iji^s^ ,  rnauvaise  petite  tente  ou  cabanne,  Hdr.  p.  314=  class. 
iji.à:=>  OU  u:i.à:>,  Bohârî  I  p.  91,  3  d'en  bas  {J>^^i>^\  j,  »Ut  ^y  ujL), 

que  Houdas  traduit  vol.  I  p.  161  par  abri,  mais  dont  le 
vrai  sens  est  petite  hutte  basse,  LA  et  Nihâyah  sv.,  corres- 
pondant au  sudarabique  x«jo,  vhv.  Wehhausen  Die  Ehe  p.  454 
et  p.  455  le  rend  par  fente.  C'est  peut-être  le  n^'^çnn  n^2  de 
Rois  n  p.  15,5;  V.  ZDMG  70  p.  461  et  n. 

i)^l=>,  grande  sole,  à  el-Makalla. 

iiÂiS*  >  iUiîà^^^ ,  poche,  sachet,  20,  1  ;  sachet  pour  le  5^0  et 
le  'L^,  vhv.,  soit  pour  le  briquet. 

-  o  * 

J*fc>  ,  réunion;  getis  réunis;  public,  815,  13. 

'ii.^A=>  est  en  Dt.  poignée  et  jointée,  mais  dans  le  Yéman  mé- 
ridional,  c'est  jointée,  et  ^â>  y  est  poignée.  ]0n ,  jointée.  C'est 
un  ^  ou  iLLxî.  Hdr.  p.  252.  La  forme  classique  iUÀ:>  est 
contraire  à  l'usage,  et  le  babyl.  upnu  est  aussi  un  ^).«,   v. 


445 

plus  loin.    Le    sens  primordial  est  dans  la   V~^à=>,  vhv. 

Synonymes  :  iuisij  et  iC/i»^,  vhvs.,  et  dans  le  Nord  on  dit  aussi 
»j^,  poignée.  Le  verbe  q-^^-=>,  donner  une  poignée  de  qc, 
est  dônominatif.  Le  babyl.  upnu,  poing^  main^  Holma  Kôr- 
perteile  p.  118,  est  pour  hupnu  (on  observera  le  J-xs),  qui 
se  trouve  également  en  hébreu,  en  syriaque  et  en  éthiopien, 
peut-être  aussi  en  égyptien,  o.  et  1.1.,  et  qui  a  peut  être 
donné  directement  le  mot  aux  autres  langues  sémitiques, 
puisque  le  sens  de  poing,  main  n'existe  que  dans  cette 
langue,  à  moins  qu'il  faille  voir  dans  D^^çn,  non  pas  le  con- 
tenu, mais  les  deux  maitis  creuses  elles-mêmes.  D'après 
la  théorie  de  Torczyner  o.  1.  p.  291  ce  mot  hébreu  serait 
pour  h  a  f  n  a  m  >  h  a  f  n  à  m  >  h  a  f  n  e  y  m  =  lLs.=>  ,  soit  une 
désinence  accusative  adverbiale. 


o  c 


^jr^^t  expliqué  633  et  s.,  ►'^anfarâ  el-Lâmîyah  v.  49  dit  :  ^j.i=>) 

jjtijî  "^5  je  suis  nu-pieds  et  sans  sandales,  Jacob  Ôanfarâ- 
Studien  I  p.  32.  I  Sîdah  XIV  p.  228,  au  chapitre  ^oL.^t  ^U-î 

JL-stj!  l^iÀ.^  oi-Xxco  "bJ  ^jsi! ,  dit  :  cXJs^  i^Là^_5  ^s-i^  ry*r^  lJL>  jJlïj 

^^^^J!  ^^  ot:>  \jl5  ^y^\  ■iiyS'  ,j^  (^.r*^,.  Voir  exemple  dans 
de  Sacy  Chrest.  p.  105  v.  22  =  Der  Islam  VII  p.  113  en  bas. 
Un  verbe  classique  synonyme  est  ^^S,  a,  marcher  nupieds 
et  avoir  la  peau  des  pieds  crevassée,  LA  I  p.  144.  L'hébr. 
^\,  pied-nu,  une  métathèse  de  hfy,  comme  □n"',  vtre  chaud, 
y  être  en  chaleur,  l'est  de  hmy  <;l/~(«^,  on,  vhvs. 
Là.j>,   rudesse  du  sol.  —  Etat  pierreux  et  raboteux  du  sol, 

1633.  lXx:^'  l^^>  Ig  sol  rude  de  la  montagne,  25  d.  1.;  463  n. 
I  Sîdah  XV  p.  119.  Nnldeke  Beitr;ïge  II  p.  186  et  n.  5; 
Socin  Diw.  Gl.  sv. 


446 
^^c^^,  lame,  from  going  witlioid  shoes,  Stace  p.  95.  Cf.  ^jt^  vhv. 

oia>^'.  Chez  les  Bédouins  du  Nord,  ^lJlc  o-JLii^'  est  un  terme 
de  guerre  pour  l'attaque  a  tourne'  au  détriment  de  Vennemi, 
1311,2,  comme  aussi  ^c  c>«.>K,  ils  ont  été  vai?icus;  ma 
LB'A  pp.  4,  18;  61  v.  12;  79,  22;  pour  le  féminin,  voir  1311 
n.  4  et  ma  LB^A  Comment  ad  1. 

\Ji=>  dans  &li!  vJjj>,  •  le   droit,   la  part   de.  Dieu,  327,  2  ;  457. 

Comme   affirmation  et  avec  abréviation:  JJi=>5.  \_Sj-c!  J»-^? 

par  Dieu,  certes,  je  le  sais.  (,i>jL*Jt  ■Ji=>,  expliqué  825;  884; 
sur  la  chose,  voir  LA  VI  p.  59  en  bas  =  K.  el-addâd  p.  179 

en  bas.  ^l^  ^=>,  expliqué  835  et  ss.  sjUJ!  di=>  ou  aûLwJI  v_j^, 

expliqué  857.  Un  impôt  de  mariage  a  aussi  existé  au  temps 

des  Mamlouks,  ZDMG  65  p.  373.  -  ss^.,  expliqué,  837.— 

oir>,  suivi  des  pronoms  possessifs,  est  employé  dans  tout  le 
Sud,   au   Yéman,   au    Higâz   et   dans   l'Afrique    Equatoriale 

pour  paraphraser  la  possession.  •Ji=>  S:iAl  (^^  Û  ja^*o  ^J^ 
_=>LxJ!,  il  cotitinua  ci  marcher  jusqu'à  ce  qu'on  arrivât  au 
pays  du  marchand,  86,  10  s.  =  trip.  :^\  ^Lco  obLil.  j^av-j 
iU>5\:<^ùî  vji=>  ri^!,  il  bouche  le  trou  de  la  venioîise,  47,  3. 
Autres  exemples,  1075,6,7;  1462,7.  Ui>  ^lxl^\,  SAE  VIT 
p.  4,29;  Ui>  ^U'j  1-^  S^U  ib.  IV  p.  140,80,31;  141,8. 
^jJL:^  io-JusJî,  mon  huile  de  sésame  '),  ib.  IV  p.  68, 13,  où 
d'autres  exemples.  oi>  ne  se  trouve  pas  dans  les  textes  de 


»)  Ja-x-Lo  n'est  pas  huile  d'olive  dans  le  Sud,  comme  le  traduit  D. 
H.  Millier;  il  n'y  a  pas  d'oliviers  dans  le  Sud.  Ji-^-Lo  <  Jo-^Iw  vliv., 
Sams  el-'Ulûm  j).  50, 


447 

RD.  Pour  Mekka,  Snouck  a  exposé  cet  emploi  dans  ses 
Mekk.  Sprichîc.  p.  18  et  s.  l^  ^LLLJt,  son  sultan  ci  elle, 
Musil  0. 1.  p.  322.  Arabica  I  p.  64.  Après  un  substantif  au 

fém.,  on  dit  'iJi=>.  l\^  ^  xji:>  (joj^'i,  le  pays  appartient  d 
B.  H.,  157  V.  4.    '^:>  ^j^  \.xi  j^^JLLJ!  '^)*r^  ^  cf*-^  iJ^h-?^' 

_^\jî  wJLJ  JsXfl  ^j  (^3'iXÎ!  UJî  L^  ,»*A,^.r  iCft:>  '\js>J\  :^LiX!  iùiljOI, 

el-Gabîl  es^  un  mouillage  à  Raurah-lnférieure  (Index  p. 
1812),  où  il  y  a  des  châteaux  forts  ayant  appartenu  aux 
hifidèles,  tel  que  er-Rahabah  des  "Asîm  oîi  il  y  a  la  construction 
païenne,  et  qui  (=  qx-?\,.)  ressemble  à  Naqb  el-Hag-ar,  lettre 
de  ''Awad  b.  lîadî  es-Slômanî   (Index  p.  1819  sv.).   Et  dans 

la  même  lettre  je  lis:  ^^  b-Aif  oLIjcJ'  '-^^j'  ,j;J^à>«JI  b.y>   ^ 

c!_^!  i,i>_^  j_ci3  iCct-wJt  -.«.Awj^  iC_j_il^  S^k-i  L^3  im'-^  '^\-^ 
(3*-A-c    LgJC^    -àiCî    &Ji.^>    iJJL*.^>    iCxÀ^iXj    iôJilt    ^^iL:>   _àjJî    isjtÀxa^_5, 

«  H.-Inférieure,  il  y  a  beaucoup  d'inscriptions  dans  environ  cent 
endroits;  il  y  a  aussi  une  ville  antique  nommée  es-Surrâ''ah, 
qui  est  située  au-dessous  d'esS. ;  et  le  château  des  Infidèles 
dans  le  village;  (en  outre),  le  château  de  Ha  b  lui  ayajit  ap- 
partenu aux  Infidèles  (Païens),  avec  une  eau  courante  e7i  bas. 

Dans  mon  expédition  avec  les  Autrichiens,  nous  serions  allés 
relever  toutes  ces  inscriptions  dont  j'avais  fait  une  longue  liste, 
dressée  en  collaboration  avec  mes  amis  indigènes  de  ces  con- 
trées-là, pendant  sept  hivers  de  séjour  à  Aden  et  sur  la  côte, 
mais  les  incroyables  intrigues  de  D.  H.  Mùller,  qui  voulait 
partout  me  faire  passer  pour  un  simple  drogman  à  son  service, 
quoique  j'eusse  dépensé  une  somme  considérable  pour  préparer 
l'exploration  de  ces  pays  encore  inconnus,  m'ont  forcé  de  quitter 
l'expédition,  que  lui,  dans  son  complète  ignorance  des  dialectes 
et  des  habitants,  voulait  seul  diriger,  et  j'ai  gardé  ma  liste 
pour  d'autres  explorateurs. 

Le  pluriel  est  ol.fi:>,  comme  on  vient  de  le  voir.  ^^A3-UiJt 


448 

<^ys$^\  oU=»,   les  pics  des   montagnes,   Dt.  On  prononce  ici 

souvent  huqqât. 

On  ne  se  sert  de  cette  circonlocution  qu'à  l'égard  des 
choses    concrètes   et    palpables.    Ainsi,   on    ne   sauiait    dire 

iiû:>  oy-^'j  ^on  désir. 

Cette  dissolution  du  stat.  constr.  par  un  mot  pour  désigner 
l'appartenance  ou  pour  paraphraser  le  génitif  de  possession 
est  fort  répandue  dans  tous  les  dialectes.  Brockelmann,  dans 
son  standard work  VGSS  II  p.  238  et  sv.,  donne  une  liste 
des  mots  qui  sont  usités  dans  ce  cas.  Je  me  permets  ici 
de  l'élargir  et  de  la  préciser  davantage.  Ces  mots  sont  ou 
en  apposition  au  mot  dont  l'annexion  doit  être  relevée  ou 
comme  prédicat  de  la  proposition,  ou  bien  ils  rendent  de 
cette  façon  l'adjectif  possessif,  qui  n'existe  pas  en  arabe: 
le  mien,  le  tie^i,  etc.   Ces  mots  sont: 

1°  ^-o',  usité  seulement  en  Syrie  et  en  Palestine,  Hadar 
et  Bedu,  Harfouch  Drogman  p.  19;  Ostrup  Contes  p.  137 
et  p.  158;  Bauer  Palâst.  p.  70  §  2,  qui  l'attribue  principa- 
lement au  dialecte  des  Bédouins  et  des  FellAhîn;  Spoer- 
Haddad,   Palest.   Arabie  p.  5  §  12,  qui  lui  donne  le  pluriel 

^^yKjL^,   inconnu    en    Syrie.    Remarquez    que    Spoer  1. 1.   et 

Bauer  p.  70  §  2  ont  la  même  phrase:  our  loells,  iinsere 
Brmmen,  ce  qui  est  chez  le  premier  el-byàr  taba'^înà  et 
chez  le  second,  el-bi;ir  tabâ^na.  Bauer  dit  aussi  que  j->-i' 
est  invariable  en  genre  et  en  nombre,  et  c'est  ainsi  que  je 
le  connais,  moi.  Pourrière,  MSOS  IV,  ii  p.  215  n.  7,  dit  à 
tort  que  ^-j^  est  seulement  du  dialecte  palestinien.  A  Alep, 
il  est  courant,  Barthélémy,  crit.  de  la  Gr.  de  Lôhr  dans  le 
J.As.  Sept-Oct.  1906  p.  227.  Ronzevalle  ZDMG  63  p.  824. 
^  est  originairement  un  infinitif  et  comme  tel  invariable. 
Tout  ce  qui  forme  le  petit  avoir  du  Bédouin,  inséparable  de 

sa  personne,  est  son- s-o",  Jaussen  Coutumes  des  Arabes  p.  235. 


449 

2°  cL-^"  est  aussi  l'infinitif  de  ^-h',  suivre^  L  A  sv.,  mais 
dans  le  parler  cette  forme,  assez  courante  en  Syrie  et  en 
Palestine,  est  résultée  de  l'accent  déplacé  de  tàba''>tabà''> 

tabà^  ainsi  que  c'est  le  cas  des  J-i-s  et  des  J^i,  surtout 
chez  les  Bédouins.  Ce  processus,  assez  commun  dans  la  lurah, 
est  appelé  fL»-^].  P.  e.  j.^Lc<,«JLc,  sommet  de  montagne^  I 
Sîdah  X  p.  71,8,  et  le  nordarabique  wus  ^ôlmak,  pour- 
quoi'?, vhv.:  wus  "^ôlmak  qâ^ed,  pourquoi  restes-tu  là 
accroupi?  ma  LB'^A  p.  5,  1 3,  =  Aclï  ^!  L  liUbLc,  pourquoi, 
émîr,  restes-tu  là,  comme  ça?  Littmann  Mârchen  und  Le- 
genden  aus  der  syr.-arab.  Wuste')  p.  2,17;  ib.  p.  4,9: 
ijCo"  éU^lc,  pourquoi  pleur  es-tu?  Socin  Diw.  III  §  63d  et  le 
""omânais  "ôlâm,  également  avec  les  suffixes,  pourquoi?  RO 
p.  32  en  bas,  =  ""alâmak,  pourquoi?  des  Bédouins  du  Sud. 
La  phrase  ,^J^  ^-i^^'   ''-^j  (^^tte  maison   est  à  moi,  me 

fut  expliquée  à  Damas  par  ^c^Lo'  cj^a-J!  \Cs,$.  Je  connais  bien 
cette  forme  pour  avoir  passé  quatoi'ze  ans  en  Syrie.  Lôhr 
0.1.  p.  12  §  8  et  n°  1  donne  aussi  tabâ",  mais  Barthélémy, 
dans  sa  critique  de  cet  ouvrage,  o.  et  1. 1.  p.  227,  dit  „que 
Lôhr  orthographie  à  tort  tabâS  égaré  par  l'étymologie  qui 
dérive,  sans  preuves  suffisantes,  ce  mot  de  l'égyptien  |ff|-ij". 
C'est  sans  doute  sous  l'influence  de  cette  critique,  souvent 
clochante,  du  savant  français  que  Fischer,  Z  D  M  G  63  p.  825 
n.  1,  et,  après  lui,  Brockelmann  o.  1.  II  p.  239  ont  à  tort 
rejeté  ce  pLo".   Cette  forme  est  pourtant  fort  courante. 

3°  ^L->^,  usité  en  Egypte,  en  Palestine  et  sur  le  littoral 
de  Syrie.  Hassan  Vulgilrarab.  Sprache  p.  84;  Spitta  Gr.  p. 
149  et  p.  262,  oià  son  emploi  est  très  bien  élucidé;  Vollers 
ZDMG  41  p.  388;  Nallino  L'arabo  parlato'  p.  15  et  p.  30; 
Bauer  o.  1.  p.  70  §  2  avec  le  pluriel  btâ'^Cin;  Spoer  o.  1.  p.  6 
avec  le  pluriel  btâMn,  v.  plus  haut;  Lohr  o.  1.  p.  12  note, 


')  Gesell.  der  Wissenschaft.  Gôttingen,  1G.  Jan.  1915. 

29 


450 

où  S.  Fraenkel  prétend  que  pLo'  <  ^,  bien,  propriété,  mais 
un  tel  mot  n'existe  pas.  Fraenkel  a  sans  doute  dit  cLjoo  et 
dont  Lôhr  a  fait  pL:^.  Du  reste,  c'est  ainsi  que  Hassan,  o.  1. 
p.  84,  et  Spitta,  o.  1.  p.  149,  expliquent  l'étymologie  de 
^Uj<^L;o«,  ce  que  Michel  Sabbâr  avait  déjà  dit  auparavant 
dans  son  iC^LxJ!  J.^L^  ^  -^il'^S),  mal  publié  par  Thorbecke,  p.  27. 
Aussi  employé  comme  substantif  avec  l'article:  Sulâfat 
en-Nadîm  par  'Abd  Allah  en-Nadîm  I  p.  87,7  d'en  bas: 
i9;cç>  ^^t  o!cy^'  ^-ytJ,  le  prix  des  choses  que  tu  as  apportées. 
\jj  a^J  ^J]  ^LyJ!  ^,  de  cette  chose-là  qui  s'appelle  quoi? 

Pour  ma  part,  j'ai  quelque  doute  sur  l'identité  de  cLo  et 
^Li/o.  J'incline  plutôt  à  considérer  cUo  comme  une  métathèse 
de  ^Lo",  amenée  par  une  contamination  avec  cUu  vhv.  Tien  '), 
Manuel  p.  28,  écrit  bitâ'  et  mita",  ce  qui  est  fautif. 

4°  Ju>  en  'Oman,  RO  pp.  27;  28  et  79. 

5°  ii;^,  Harfouch  o.  1.  p.  19;  Tien  o.  1.  p.  28. 

6°  i^o,  di,  de,  da  441  et  ss.  C'est  véritablement  le  pro- 
nom relatif.  Usité  surtout  en  Tunisie,  en  Algérie  et  au  Maroc. 
Après  les  travaux  de  Lerchundi  pp.  26;  57,  Kampfîmeyer 
ZDMG  54  p.  621  et  ss.  ;  Marçais  Tlemcen  p.  164,  Doutté 
TAO  p.  35  note  196  (t.  à  p.),  A  Fischer,  ZDMG  61  p.  178 
et  ss.  et  d'autres,  je  n'ai  rien  à  ajouter  sur  cette  ,. particule 
annective".  Aussi  en  mehri:  dhu,  le  mien  =  ^  (^3  >  (joJ 
vhv.;  Jahn  Gr.  M.  p.  30  et  p.  69:  dâ,  de  di;  Bittner  St. 
mehri  III  §§  43,  53  et  55.  En  sabéen,  il  y  a  aussi  quelque 
chose  d'analogue,  Hommel  SAChr.  p.  14.  En  syriaque,  Du  val 
Gr.  p.  294  et  s.;  Noldeke  Syr.  Gr.  §  224,  de  même  qu'en 
éthiopien  za.  A.  Fischer  ZDMG  61  p.  181  rappelle  la  même 
construction  annective  dans  laraméen  biX^T^  "^T  nn^K,  le  dieu 


1)  Alias.  Antûn  et-Tayyûn  du  Liban,  successivement  maronite 
catholique,  musulman  et  prêtre  protestant  anglais  à  Gravesend.  On  se 
rappellera  peut-être  que  je  démasquai  cet  aventurier  au  Congrès  de 
Stockholm,  d'oti  il  s'éclipsa  brusquement. 


451 

de  Daniel,  Daniel  6,  27;  il  y  donne  aussi  d'autres  exemples;  Ges.- 
Buhl  p.  901.  Kampffmeyer,  o.  1.  p.  624  et  ss.,  veut  que  cet  em- 
ploi de  di  dans  l'Afrique  septentrionale  trouve  son  prototype 
dans  le  sabéen  o,  o3  et  l'arabe  30,  oio,  id.  MSOS  VI,  11 
pp.  2;  43  n.  2;  45  et  47.  Il  y  a  certainement  beaucoup  d'élé- 
ments sudarabiqaes"  dans  les  parlers  arabes  africains  sur 
lesquels  j'ai  moi-même  souvent  appelé  l'attention,  mais  je 
fais  cependant  observer  que  cette  construction  annective  ne 
se  trouve  pas  dans  les  parlers  arabes  actuels  de  l'Arabie 
méridionale.  Mais  elle  est  la  règle  dans  les  dialectes  meh- 
rites,  qarawî  et  soqotrî.  Dans  ma  L  A  p.  29  je  dis:  „Le  fait 
est  que  le  vocabulaire  du  mehri  est  en  partie  identique  avec 
celui  des  dialectes  arabes  du  Sud,  ce  qui  ni  D.  H.  Mùller, 
ni  A.  Jahn  n'ont  vu  et  pour  une  raison  bien  simple".  A 
cela  Nôldeke,  dans  sa  critique  du  susdit  mémoire,  ZDMG 
59  p.  415  en  bas,  objecte  „qu'en  revanche  le  mehri  ait  for- 
tement' influencé  les  dialectes  arabes  voisins,  j'en  doute  pour 
le  moment".  Il  a  dû  se  raviser  plus  tard,  puisque  dans  ses 
Beitrage  II  p.  139  il  dit,  à  propos  du  datînois  ^  =  ^^  „que 
„c'est  certainement  là  le  reste  d'un  dialecte  y  parlé  ancien- 
„nement  et  qui  touchait  de  près  au  mehri". 

Je  suis  le  premier  à  reconnaître  que  la  plupart  des  tribus 
arabes  qui  ont  emmigré  en  Afrique  étaient  originaires  de 
l'Arabie  méridionale,  qu'elles  avaient  quittée  après  les  grands 
bouleversements  géologiques,  économiques  et  politiques,  mais 
on  ne  sait  pas  si  parmi  ces  tribus  se  trouvaient  aussi  des 
mehrites.  En  tout  cas,  j'ai  de  la  peine  à  croire  que  le  lisan 
et-tuyûr,  v.  ici  p.  362  n.,  incompréhensible  aux  Arabes  d'alors 
et  d'aujourd'hui,  ait  pu  donner  à  la  grammaire  arabe  une 
construction  aussi  peu  arabe.  Il  est  pourtant  étrange  que 
cette  construction  génitivite  existe  à  l'extrémité  occidentale 
du  monde  arabe  aussi  bien  qu'à  l'extrémité  orientale,  si  l'on 
compte  les  Mehrites  au  nombre  des  Arabes.  Mais  en  'Oman 
elle  ne  se-  trouve  pas.  Etant  donné  son  emploi  en  araméen, 


452 

on  est  plutôt  incliné  à  y  voir  un  vieux  processus  sémitique, 
qui  s'est  conservé  dans  quelques  parlers  sémitiques  modernes 
à  travers  les  siècles. 

7°  JoJ>,  fém.  xJbJ»,  en  Palestine.  Bauer  o.  1.  p.  70,  qui  en 
rapporte  des  exemples  et  lui  donne  le  sens  de  queue.  Cela  est 
une  étymologie  populaire,  qui  a  sans  doute  influencé  la  pro- 
nonciation dêl  au  lieu  de  dîl.  C'est  le  pronom  et  l'adjectif 
possessif  syriaque  ^^^  =  ^^  +\,  =  J  i^^-,  oiî  s'est  con- 
servé l'i  de  l'ancien  relatif  "''].  Dans  les  dialectes  judéo- 
araméens,  on  se  sert  également  de  "'^"^l,  ^^^1,  etc.  corres- 
pondant au  néo-hébr.  ^'pîi',  ^^'^,  etc.  Duval  Gr.  Syr.  p.  169- 
et  s.;  Nôldeke  Syr.  Gr.  §  225,  Levy  NHChWB  sv.  b^^ , 
Brockelmann  o.  1.,  I  p,  315.  Cf.  rb-^^,  Ges.-Buhl  sv.  Cf.  n^^i  p, 
V.  ici  sub  V~ôy>.  Au  Liban,  on  dit  S^.^  efVï^^'^  liVj'^Lp  lX~>, 
prends  tes  choses  (=ii)JUi)  et  doymemoi  les  miennes,  ce  qui 
est  le  syriaque  ]a  X.^.  C'est  le  pluriel  de  Joo.  d^Li  ê^^^'i, 
710US  te  donnerons  ce  qui  est  à  toi. 

8°  d[i^,  au  Maroc.  Lercbundi  p.  126  écrit  diâl;  Lûderitz 
Sprichwôrter  M»SOS  II  passim,  toujours  dîal;  Marçais  ATA, 
toujours  diâl,  mais  id.  Gr.  Tlemcen  p.  167,  dyal;  Kampff- 
meyer,  diyâl,  MSOS  YI,  ii  p.  43  n.  2  et  p.  2,  diâl;  Socin 
A  DM,  diyâl,  comme  Kampffmeyer  Texte  aus  Fes,  MSOS 
XII,  II  p.  7  et  passim,  mais  ib.  p.  13,9,  p.  15,6,  diâl; 
Doutté  TAO  p.  35  n.  196,  diyâl,  dyâl.  La  seconde  syl- 
labe est  donc  longue,  mais  à  l'origine  elle  ne  l'était  pas. 
L'étymologie  en  est  la  même  que  dans  le  mot  précèdent, 
Brockelmann  o.  1.  I  p.  315  qui  écrit  dîyâl.  A  Tanger  comme 
à  Tlemcen,  diâl  ne  s'emploie  qu'avec  les  pronoms;  avec 
les  noms,  on  se  sert  de  d.  A  Fez,  diâl  s'emploie  avec  les 
noms  aussi  bien  qu'avec  les  pronoms;  il  en  est  de  môme 
dans  le  langage  des  vieux  Algérois.  Je  cite  ici  Alfred  Bel 
dans  le  J.  As.  Sept.-Oct.   1913  p.  391  n.'  1. 

On  sait  que  Kampflfmeyer,  ZDMG  54  p.  624  et  ss.,  veut 


453 

que  le  relatif  maghribin  di  provienne  de  l'Arabie  du  Sud. 
Il  a  peut-être  raison.  Cela  doit  alors  aussi  être  le  cas  des 
possessifs  diyâli,  le  mien,  etc.  Nôldeke  Beitrâge  I  p.  137 
trouve  que  l'a  long  est  embarrassant  dans  la  forme  arabe, 
mais  cet  â  a  pu  se  produire  sous  la  pression  de  l'accent, 
par  l'isbâ^  Il  approuve  plus  tard,  Beitrâge  II  p.  239,  l'iden- 
tification de  Kampiïmeyer  de  diyâ  avec  l'éthiop.  ti^,  en 
admettant  que  la  graphie  avec  a  bref  est  erronée  et  qu'elle 
a  dû  être  originairement  longue.  On  observera  que  l'a  est 
aussi  longue  dans  l'éthiop.  kîyâ<kîyât,  voir  p.  457  shv. 

Marçais  dit,  Gr.  Tlemcen  p.  164,  n.  3,  à  propos  „des  trois 
particules  de  possession"  dî,  dyâl  et  ntâ^  que  le  premier 
des  deux  mots  qu'elles  mettent  en  rapport  doit  généralement 
être  déterminé.  Mais  cela  n'est  pas.  le  cas  dans  nne  phrase 
telle  que  hâdi  dâr  ntâ'^al-qâde  ou  del-qâde  ou  diyâl 
el-qâde,  celle-ci  est  une  maison  du  qâdi.  D'après  Marçais, 
wâhded-dâr  ntâ'^al-qâde  est  une  maison  du  g.,  et  alors 
ou  ne  saurait  exprimer  la  susdite  phrase  que  par  hâdi 
wâhded-dâr,   ce  qui   me  paraît  douteux.   Dans  le  Sud, 

^s'Lii  oi>   ,b  3l\^  est  celle-ci  est  une  maison  du  juge,  mais 

^L^  oi:>  ^Lv!!  -sÀ^,  cette  maison  est  au  juge;  la  différence 
n'est  pas  grande,  mais  la  nuance  y  est. 

8°  'i^,  nom.  qualit.  de  ^(^c:,  chose  >  ^^j^.  PI.  ollxi.  Cor- 
porations de  Damas  dans  vol.  II  p.  30  et  u.  du  Congrès  de 

Leide  (t.  à  part):   s^IslS  ^^\  éQà   .UCJî  o"^^!  l\:>!  u.>^oLo  bî . 

yJt}\  (o^b  !)  oL^  J^  ^3w  ^ji&j\  ^,  si  tu  rencontres  un  des 
membres  de  la  Corporation,  garde-toi  bien  de  le  contrarier, 
e?itends-toi,  au  contraire,  avec  lui  sur  les  choses  (à  manger( 
d'un  autre  (si  tu  ne  peux  lui  rien  donner). 

Eu  annexion,  sît:  sîtak,  selon  la  règle  Prov.  et  Dict.  Gl. 
sv.  Oy^.  ^j^  c;Arvy!  f*A^,  cette  maison  est  à  moi,  Damas,  expliqué 

par  (cLo',  V.  ici  p.  449.  dU-ui  ^^..^JL^  »JÎ  iA^j  i^^,  qui  témoigne 


454 

que  cette  perle  est  à  toi?  Littmann  Modem  arabic  Taies  I 
p.  112,  12.  Usité  surtout  à  Damas  et  au  Nord  de  là;  Ostrup 
Contes  pp.  78;  96;  104;  137  et  159,  et  en  Palestine,  Bauer 
0.1.  p.  ^\:)  et  p.  70;  Lôhr  o.  1.  p.  12  écrit  sêt;  Spoer  o.  1. 
§  13  et  §  15,  shait;  Fourrière  o.  1.  p.  215,  saiti,  le  mien, 
la  mienne.  Bauer  donne  le  pluriel.sey y ût  <  probablement 
seyyât.    Chez    Littmann   o.  1.,    nous    trouvons   p.  104,17: 

Làj^^  uW^  i}-^  '^^ ,  lie  les  selles  sur  nos  chevaux  =  selle 
nos  chevaux;  ib.  p.  -6,4:  ^I-jIjj  o>-^  j;4^yJ'  oJi:^  Ij',  c'est 
moi  qui  ai  tué  les  gardiens  de  tes  filles;  ib.  p.  50,  11:  U*yJb 
j.viJÎ  o^tv^  '-î^Vj  J6  ^w^"  '>''^^6ts  ses  effets  de  7iuit,  et  ib.  p.  135 
23:  (j*^!  '•^ytA  t_5"^[î'j  ^^-^  effets  d'habillement.  Brockelmann 
0.1.  p.  316  a  aussi  le  pluriel  suwùt,  que  je  ne  connais  pas. 

Le  mot  sît  existe  bien  aussi  dans  le  Sud,  mais,  dans 
cet  emploi,  c'est'  là  iwnis^  propr.  ta  chose  ou  to7i  chose.  Aussi 
en  mehri:  quss  sith,  il  lui  coupa  le  pénis  =  Mr.  qata'' 
zubbuh,  SAE  IV  p.  127,  n.;  ib.  p.  134,13;  Bittner  St. 
mehri  Vi  p.  44  §  10  et  V  m  p.  24,  Le  vrai  sens  se  trouve 
dans  la  phrase  mehrite,  ib.  V,  ii  p.  34  §  31:  hôm  mar- 
kàb...  ukallhem  msi^  dâ  vfnzîr,  je  veux  un  bateau... 
et  toute  chose  provenant  de  la  propriété  du  loezîr.  Bittner  ib. 
V  III  p.  44  le  compare  justement  avec  JLo  <  'wo  +  J.  En  slj., 
sît  est  derrière^  propr.  ta  {ton)  chose,  Bittner  St.  sh.  I  p.  35. 
C'est,  comme  en  mehri  sît,  pénis.,  un  euphémisme.  Voir  le 
même  emploi  euphémique  sub  ^i,  ici  p.  458.  Lorsque  Bittner 
St.  mehri  V  m  p.  18  en  bas  identifie  sît  à  n*^,  ^^^,  o^-^l, 
vhv.,  il  a  certainement  tort,  car  ce  sont  là  deux  mots  tota- 
lement différents  quant  à  l'étymologie. 

9°  od*::-,  Goldziher  ZDMG,  35  p.  522,  où  exemples. 

10°  bo^.  chose;  pi    ollï;  qîtak,  ta  chose.  Syrie,  Haurân, 


455 

''Anazeh  et  Palestine.  Corporation  de  Damas,  o.  1.  t.  à  p. 
p.  30  n.  Dans  le  récit  ^anazite  d'el-Hôtrôbî,  il  y  a  ce  passage: 
u'^azam  rab'^u  hakk  el-leyle,  wasbahu  'andu  la 
es-siibëh;  kullan  h  a  cl  gîyâtuh  uràuwahom  "al  a 
h  a  1  h  0  m ,  et  il  invita  ce  soir-là  ses  contribules;  on  resta  chez  lui 
jusqu'au  matin,  chacun  prit  ses  choses,  et  ils  rentrèrent  auprès 
de  leurs  familles,  ma  Langue  des  Bédouins  "Anazeh  p.  2,  34. 

A  Naplouse,  j'ai  entendu  ol^,  mais  là  le  ^  devient  toujours 
é,  comme  souvent  aussi  dans  le  Haurân  et  toujours  aussi 
dans  la  ville  de  Burdên  en  Egypte  et  ses  alentours.  L'on 
ne  saurait  en  conclure,  d'une  façon  absolue,  que  ce  soit  là  le 
même  mot  que  le  suivant.  Musil  o.  1  p.  182,6:  àtar  ènni 
dafa^et  leyk  hal-qeyyât,  win  kân  bintak  qau- 
tarat  ''an ni,  c'est  que  je  t'ai  à  présent  payé  ces  choses-là, 
mais  si  ta  fille  s'en  va  de  chez  moi  (tu  paieras  le  double); 
ib.  1.  18:  win  kân  enet  gurt  bi'^àwërti  ')  atar  enni 
àljed  "awérti  minnak  wente  matrùb  el-yad  "an 
giyyâtak,  et  si  tu  maltraites  ma  fille,  je  te  la  repren- 
drai, et  tu  auras  perdu  tes  choses.  Meissner  NAGI  XXVI: 
raen  gei,  masc;  m  en  geiye,  fém.,  et  ib.  p.  140:  geiyi, 
geyti  =  mâli,  mâlti. 

Dans  un  récit  du  Haurân  méridional,  il  y  a  un  amîr 
el-"Arab  du  Negd  qui  avait  surpris  sa  femme  endormie 
dans  les  bras  d'un  Higâzite,  tous  les  deux  renommés  pour 
leur  générosité.  Le  mari  et  sa  femme  se  mettent  d'accord 
pour  divorcer  à  l'amiable.  Elle  devait  à  cet  effet  dire  devant 
des  témoins:  Ent,  ya  râgeli,  y  a  fui  an,  tara  nefsi 
tâbet  mink  -);  mâr  tallèqni  uàni  b  a  ri  y  a  fiilân 
el-fiilâni.  Gàllha:  y  a  h  or  rai,  wes  ràdiyan  ^)  "aleyË 


»)  =  Sud  «j^*^5  femme,  vhv. 

2)  Expliqué  par  iqtàma"^at  m  i  n  k  ou  sibi'at  inink. 

')  Sur  (J.C  IAc,  voir  sub  ;__cAc. 


456 

min  hugûgil^  ta  tatlobîn  et-talâg?  Galet:  watia, 
ya  râgeli,  ma  sâiran  "alèy  sîn  ')  reyr  in  kebdi 
tâb  mink.  Gâl:  wês  ^alèy-),  mâr  ishadu,  ya  ^arab, 
tarànneha  ^)  tâliqi,  arîd  giyâti  illi  dafa'^tha  hîn 
el-^agëd.  Galluh  ez-zlème  (ou  ezzlèmme)  illi  nàh- 
batuh  el-hôrmi  min  el-^arab:  ibsir  bigiyatak, 
bâkir  tesûghin  min  el-marâhi^)  gabl  yimudd  et- 
tars,  „toi,  mon  homme  (=  mari),  un  tel!  C'est  qu'à  présent 
j'en  ai  assez  de  toi,  allons!  répudie-moi,  car  je  veux  d'un 
tel  xjour  mari".  Il  répondit:  „Femme,  que  s'est-il  passé  à  ton 
égard  que  tu  demandes  le  divorce?"  —  Elle  répliqua:  „Par 
Dieic,  mon  homme,  il  ne  m'est  rien  arrivé,  si-  ce  n'est  que 
j'en  ai  assez  de  toi".  Il  dit:  y,N' importe!  Allons!  Témoignez 
donc  vous  autres  Arabes:  c'est  qu'elle  est  divorcée;  je  veux  les 
choses  que  j'ai  payées  lors  dît  contrat  de  mariage".  L'homme 
paryni  les  Arabes  que  la  femme  avait  choisi  dit  alors:  „Tu 
auras  tes  choses!  demain  matin  tu  les  mèneras  de  mon  enclos 
avant  que  les   bestiaux  se  rendent  au  pâturage"  '").    C'est  le 


-)  Expliqué  par   un   daraascène   par   su    h\^-À,'\\,  .qiC est-ce   que  cela 
fait^ïégyi)t.  ma  "^aleyhs  >  ma  les. 

^)  Le  séli  luiurânien  écrivit  lui-même    Lp J' =  Lii!   y". 

*)  (_ç^y'  expliqué  par  u*'J^'    ^rV^5  voir  p-y>- 

^)  Voici  la  grapLie  arabe  de  ce  petit  récit:  rC^    ii    (i^'î    ^-    -^^^ 

Jis    .^j^^Lài!    ^^^li    iLçcL    (|^!)'j5^    J^^^  J^    ,d^J.vc    ^lIj   ^^-^v^ij    !j 

e?A_«-5'    ^!    ^  S^J^i    ^Js:    (  jjLjo  =)    Î-jLo    L*    J^Î,    Ij    ^JJÎj    c^Jï 

Q-.    ii-*ji^    s:kj^    t_5^'    ^j-^'    ^    S^    •  *-^-^î    tjV>    '-r^^*-'^    ij^^'    jQs 


457 

yigâzite  qui  restitue  les  choses,  probablement  des  chameaux, 
payées  au  père  de  la  femme  par  l'amîr  el-'arab.  Ici  oLiï, 
>  oLï,  fut  expliqué  par  olLi.  Si  ce  mot  n'est  pas  le  même 

que  le  suivant,  je  ne  saurais  en  expliquer  la  provenance. 
Le  q  peut  bien  devenir  k,  comme  je  l'ai  dit  Arabica  III 
p.  95  et  ss,,  mais  je  ne  sais  si  le  k  peut  devenir  q. 

11°  iLly,  pi.  olJy,  chose.  Je  n'ai  jamais  entendu  le  sin- 
gulier, dont  l'existence  est  douteuse.  ksCs  ^%A_^Jt  S^A*^,  cette 
maison  est  à  lui,  Syrie.  -3,^  ^^.^  o^  A^\  *.'^  A3-,  ôte  tes 

choses  d'ici  et  'va-t'e?i,  Syrie,  où  le  Libanais  dirait  tî)^J^Ljo 
vhv.  L'origine  de  ce  mot  pourrait  bien  être  rapprochée  de 
l'éthiop.  kîyât,  réduit  à  kîyâ,  sur  lequel  voyez  Dillmann 
*Gr.^  p.  110  et  p.  303,  Trumpp  Ûber  den  Accent  im  Aethiop. 
p.  549,  Chaire,  Gr.  éthiop.  p.  130.  La  différence  de  l'emploi 
en  éthiop.  ne  saurait  constituer  une  objection  contre  l'identité 
des  deux   mots.   C'est   bien,   à   l'origine,   le   démonstratif  k, 

devenu  nom.  qualit.,  de  même  que  c>y^  <  i^,  LA  et  Lane 
sv.,  Fleischer,  Kl.  Schriften  I  p.  480,  Nôldeke  Beitrâge  I 
p.  14  n.  6,  A  Fischer  ZDMG  58  p.  873  et  s.  Dillmann 
veut  p.  110  que  ïtJP  signifie  primitivement  „Selbstheit" ,  mais 
cela  est  bien  sujet  à  caution.  Si  kîyât  est  =  l'éth.  kîyât, 
nous  aurions'  ici  la  forme  pleine  conservée,  (Jl^î  iOJtj. 

12°  J'-o,  <  Lo  +  J,  ce  qui  (est)  à;  même  formation  que  Jjo, 
vhv.  RO  pp.  27,  28  et  79;  RD  II  p.  107;  Meissner  A  AGI 
p.  XXVIII  et  p.  144,  qui  donne  aussi  le  fém.  iLiU»,  pi.  o"i5Lc; 
Weissbach  Irak-Arab.  p.  36.  9,  gilîb  mal  miltar,  mi  puits 
d'emi  de  pluie  (et  non  oasis).  Sur  la  locution  dUL«,  etc.,  voir 
Prov.  et  Dict.  p.  21  et  s.  C'est  là  un  des  mots  les  plus 
anciens  comme  composé,  offrant  le  môme  intérêt  et  la  même 

analogie  de  formation  que  le  verbe  ^_^IjÎ  ^. 


458 

Cette  construction  est  aussi  passée  au  persan,  où  JLo  joue 

le  même  rôle  pour  traduire  un  génitif  absolu,  Chodzko  Gr. 
persane  p.  95  et  s.  J'ignore  à  quelle  époque  cet  emprunt 
a  eu  lieu. 

13°  éjji  est  surtout  usité  dans  l'Afrique  du  Nord,  Ler- 
chundi  p.  126;  Stumme  T.  Gr.  p.  103;  id.  MGT  p.  269 
§  155;  Farina  Gr.  p.  352;  devenu  emtâ^  Lerchundi  pp.  27,  57 
et  126,  et  enta",  sur  le  quel  voyez  Doutté  TAO  p.  35, 
Marçais  Gr.  Tl.  p;  204,  Bel  Djâzya  p.  102.  Kampffmeyer, 
MSOS  VI  II  p.  46,  donne  pour  la  campagne  de  Sâwia  la 
forme  tàS  fém.  tâH,  comme  en  Algérie. 

Selon  l'opinion  de  mes  confrères,  on  aurait  donc  le  déve- 
loppement suivant: 

c  I  ^bo  >  glj-  >  ii- 

tandis  que  je  l'établis  ainsi  : 

^  >  ;;Lo"  >  cUo,  avec  métathèse,  >  ^Ll«  >  ^Ui  >  p^j  >  'j.  Ici 
^Lco  coïncide  avec  le  substantif  bien  connu  ?Lj^,  propriété, 
qui  a  aussi  pu  amener,  par  contamination,  cette  forme,  mais, 
pour  être  franc,  je  n'en  suis  pas  absolument  persuadé.  En 
tout  cas,  je  trouve  que  j^',  ^Lo"  et  ^Uj  font  bande  à  part 
et  qu'il  est  douteux  que  çLiLxi  soit  une  variation  de  ?Ljo. 
On  se  prononcera. 

14°  ^.  Nôldeke,  Beitrâge  II  p.  119  et  s.,  a  une  disserta- 
tion fort  intéressante,  avec  force  d'exemples,  sur  le  mot 
classique  ^^,  chose,  Bing,  qu'il  croyait  perdu.  El-(jrauharî  sv. 

dit:   A^  (j:!  liU.^  \<S.9  J^ëJ   c^^  ^Jaa^  'ïJjS  iuii'  ^. 

Cela  est  reproduit  par  I.  el-Atîr,  Nihâyah  sv.,  et  LA  sv. 
Ce   mot  se  rencontre  souvent  dans  les  Traditions,  Nihâyah 

sv.  et  el-Fâ'iq  II  p.  331:  >"  ^  -sJjS  _^9^  ^\  ^^Jjs  b;^! 
;j/^_;-:>  ,^,-Ji.  Il  était  encore  vivant  au  temps  d'el-(jrawâlîqî 
(+  539   ou   540),   qui   désapprouve   la   forme  populaire  (3-^, 


459 

Morgenl.  Forschungon  p.  151,  iJ  =  Nôldeke  o,  1.  p.  120,  mais 
en-Nih;iyah  dit  que  ^9  et  ^?  sont  également  bons  et  que 
c'est  un  iij-^3i  ^  J.'j)  JtjJjj  ^-,'vvL)  »^jù'  ^  ^^^c'^^'  o^  ^^ 
50^x^3  iiiaà^,  ce  qui  a  été  copié  par  LA  XX  p.  246,  7.  Quel- 
ques grammairiens  ont  même  soutenu  que  ^^  est  primaire, 
LA  XX  p.  24'6,  5.  C'est  donc  comme  nous  disons  chose^ 
(masculin),  machin  et  machine,  en  allem.  Bing  ou  Dings^  par 
métonymie,  'inJjS-,  il  correspond  parfaitement  à  l'italien  coso 
et  au  syrien  su  ismu  et  au  mésopot.  sismâh:  gibli 
hâda  si  s  mil  h,  apporte-moi  ce  machin-là,  das  Ding  da, 
Meissner  NAGI  p.  XVII.  C'est  probablement  un  composé 
de  deux. démonstratifs  »  et  ^^:  (que)  voilà,  ecce,  illuc.  A  l'ori- 
gine, c'était  probablement  un  appel  ou  une  exclamation, 
comme  hâlak  =  JL*j",  viens  ici,  des  Bédouins  d'el-Mohâ"  et 
de  Zebîd.  Plus  tard,  ce  mot  est  venu  à  signifier  chose.  Cela 
ressort  clairement  de  Bohârî  II  p.  141  (K.  el-Hagg;  B.  Qaul 
Allah   ta'^àlâ  el-hagg,   etc.)  où  le  Prophète  dit  à  'Aisah:   \-^ 

n\jûs>  \j  ^^^i^.,  qu'est-ce  qui  te  fait  pletirer?  Sotte  que  tu  es! 
selon  la  traduction  de  Houdas  II  p.  506,  parce  qu'el-Qastal- 
lànî  III  p.  124  lui  donne  le  sens  de  ^L^JLj,  mais  celui-ci  dit 
aussi  que  cela  peut  signifier  ^,0^9  L.  Dans  en-Nihâyah,  il  n'y 

a  que  ce  dernier  sens,  avec  le  voyellement  «Ucj..?  et  ■^\jLkJ>\ 
voir  400.  Boh.  II  p.  160,  5  d'en  bas  ==  Qastall.  III  p.  207, 
oià  îsUlIp  L  = -sÀ^  b.    Hiz.  el-Adab  I  p.  181,9:  iU-U  «L;.^^^ 

icliliitj  i\sL^\  lX^c  ^^ôJiJ>\  J.  "iiit  J^oLwj  ^*)  J^-^^!  comme  le 

comment,  apud  de  Slane  Diw.  d'Amrul-Qays  p.  118,  15  d'en  bas. 

Dans  la -Haute-Egypte,  j'ai  souvent  entendu  hanti,  hantik, 

mon  machin,   ton  machin,   dans  un  sens  naturaliste  (mais 


460 

nullement  obscène).   Spitta,  Gr.  p.  264,  enregistre  le  même 

sens.  C'est  en  analogie  avec  sît<iL^,  voir  ici  p.  453.  La 
lurah  connaît  aussi  ^^,  pénis,  K.  el-Arânî  II  p.  72,  5  d'en 

bas:  i>JJ>  ^i  i_c^!i,  il  7nit  la  main  sur  son  pénis;  c'est  même 

appliqué  à  la  vulve,  LA  XX  p.  242,  9,  10;  ib.  XVII  p.  390, 

3  d'en  bas.  El-(jauharî  sv.  a  deux  exemples  de  j^^,  pénis, 

=  ^J^.  Une  expression  à  peu  près  analogue  se  trouve  chez 
ÎSIaswân  0.  1.  p.  18,  à  propos  du  gouverneur  du  Qaysar  des 
Byzantins.  Le  gouverneur  répondit  à  Gid^  b.  Sinân  el-Azdî, 
lorsque   celui-ci   lui   avait   remis   son  sabre  en  signe  de  son 

bon.  vouloir  de  payer  l'impôt  exigé  des  Azd:  \ÔS  j.  !À-^  po 

eûî  ^^.  Cette  réponse  inconvenante  et  sale  était  trop  forte 
pour  le  chaste  chef  aveugle  des  Azd;  il  tira  son  sabre  du 
fourreau  et  tua  le  gouverneur.  La  même  histoire  se  ht  dans 
el-Hazragî   Hist.    of   the    Resûlîyy   dynasty   vol.   IV   p.    14 

avec  la  variante:  dCs!  ^^^  )SS»,  îa/  J.  ^Juo.!  :Jw<i'LJtJ!  Jjls. 
Même  tournure  avec  ^Sf  dans  le  Tabaq.  d'el-(jrumaln  éd.  Hell 
p.  83  en  bas.  Meyd.  Prov.  Boùlâq  II  p.  138,  10  d'en  bas  = 
Muzhir  I  p.  240,  porte  '^LX^  U^s  ii->-^.,  une  petite  fiole,  où  il 
y  avait  du   ïljlj:,  dont  le  sens  m'échappe,  à  moins  que  ce 

soit<^UP,  poix  liquide^).  Le  diminutif  est  '^^-^^  ou  'iL^-^, 

peu  de  chose,  petite  chose,  Boh.  V  p.  130.  I  Sîdah  XVII  p. 
88,  5  d'en  bas  veut  que  le  t  de  ^j^i^  soit  ^[^\  ^^  Jjo.  Ne 
pouvant  m'engager  ici  dans  une  discussion  sur  ce  mot,  je 
renvois  à  Fischer  ZDMG  58  p.  893,  où  beaucoup  de  réfé- 
rences, et  à  Nôldeke  Beitriige  II  p.  119  et  s. 

^  n'a  pas  disparu  des  dialectes.  Nous  le  trouvons  dans 
celui  de  Waddây,  oii  il  est  d'un  emploi  général  pour  para- 
phraser le  génitif  de  possession,  à  l'instar  des  mots  précédents. 


')  Freytag  Prov.  ne  Ta  pas  traduit. 


461 

Carbon  donne  p.  14  le  schéma  snivant:  hanaï,  de  moi, 
mon;  hanak,  de  toi,  ton;  hanahn,  de  lui,  son;  hanahe; 
pi.   hanana,   hanaku,  hanahn  m.  Dans  une  note  ib.,  il 

se  demande  s'il  ne  faut  pas  écrire  en  arabe  Ui,  au  lieu  de 

^  qu'il  a  déjà  donné  comme  original.  Kelb  hanaï,  mon 
chien,  mera  hanak,  ta  femme,  p.  3  4,  avec  d'autres  exem- 
ples, oià  le  substantif  est  toujours  sans  l'article.  El-feres 
dih  hanaï,  cette  jument  est  à  moi,  p.  16,  mais  el-feres 
dih  feres  hanaï,  cette  jument  est  la  mienne  ib.,  où  d'au- 
tres exemples.  Da  kitâb  hana  Mohammed,  c'est  le  livre 
de   M.   p.  30,  ou  plutôt  c'est  là  un  livre  de  M.    N as  hana 

Waddâï,  les  Ouadaïens  p.  37  =  ,^b3  oi.->  (j^lj  dt.  et  ^ 
;,%Jt  ^^^-^  ou  ;pLjo«  ailleurs,  gens  de  W.   En-nissâb  dôla 


c 


C 


hana  yâthu,  à  qui  appartientient  ces  flèches-là  p.  45,  et  ib. 
el-mùs  da  hana  miné?  —  hâna  fulân,  à  qui  est  ce 
rasoir?  —  à  un  tel,  p.  45,  oi^i  le  second  hâna  doit  être  une 
faute  d'impression.  Qetel  el-rezâlâya  be  bunduq  hana 
yâthu,  à  qui  appartient  le  fusil  avec  lequel  il  a  tué  la 
gazelle?  p.  46,  et  ib.  qetelha  be  bunduq  hana  el-'asker, 

il  Va  tuée  avec  le  fusil  du  tirailleur.  Hana  yâthu,  ^^ 
_^-£J"Lj  1),  à  qui  est?  p.  69.  Merâ  hana  ""ommi,  la  femme 
de  mon  oncle,  ib.  Mektûb  hana  el-kursi  men  Waddaï, 
la  lettre  de  l'envoyé  de  W.,  ib.  Hanaï  ana  =  léï  an  a,  à 
moi,  p.  70;  hanaku  intu^léku  intu,  à  vous,  etc..  ib, 
Merîsé  hana  nesâra,  (j:>L^J  ^^  i^^^i),  vin,  p.  201. 

Dans  Rabah,  je  relève  ces  phrases:  wain  bet  ana-) 
sultan,  quelle  est  la  case  du  chef?  p.  56,  ou  plutôt  où  est 
la  case  du  chef?  Ana  nas  chunu  harba  da,  c?  qui  est 
cette  sagaie?  ib.  An  hu,  c'est  à  lui,  ib.  Kalli  sekin  da; 

sekin  aney,  laisse  ce  couteau;  il  est  à  moi  =  îô  (j-oCw  ^c^i 


')  La  graphie  arabe  est  de  Carbon. 

■^)  Le  Dr.  Decorse,  on  sa  qualité  de  français,  n'entend  pas. le  h. 


462 

^__e^^!<^  ^.-v-<->*.  On  observera  que  dans  ces  phrases  également 
le  substantif  n'a  pas  d'article. 

Carbou  dit  p.  69  note  que  l'on  peut  souvent  ne  pas 
employer  hana,  et  que  „ce  mot  est  toutefois  d'un  usage 
constant  chez  les  populations  non  arabes".  Veut-il  par  là 
dire  que  ces  populations  ne  sont  pas  d'origine  arabe,  mais 
qu'elles  ont  adopté  la  langue  arabe? 

On  a  pu  constater  que  hana  est  invariable  au  singulier 
et  au  pluriel,  et  que  la  voyelle  finale  est  a,  ^]  je  ne  crois 
pas  que  ce  soit  Ll^;  en  tout  cas,  la  finale  serait  a  dans  la 
plupart  des  combinaisons;  il  n'y  a  que  lorsqu'il  est  suivi 
de  suffixes  que  la  prononciation  serait  incertaine:  hanâM, 
h  a  n  â  k  etc.,  mais  le  a  n  e  y  de  Rabah  semble  exclure  la 
longue. 

Le  livre  de  Carbou  offre  du  reste  plusieurs  exemples  de 
la  conservation  d'une  voyelle  finale,  ainsi  que  les  documents 
rais  en  lumière  par  Kampffmeyer  de  l'Afrique  équatoriale, 
Materialien  zum  Stud.,  etc.  Ce  sont  de  précieuses  épaves  de 
rrrâb,  qui  a  certainement  dû  exister  jadis  tel  que  nous  le 
trouvons  dans  la  lurah.  Si  l'on  fouille  bien  tous  les  dialectes 
arabes,  on  y  trouvera  encore,  non  seulement  une  bonne  partie 
du  vocabulaire,  mais  aussi  plus  d'une  fois  la  confirmation 
de  la  morphologie  et  de  la  syntaxe  de  la  langue  arabe 
ancienne,  qui  constitue  à  mes  yeux  un  des  plus  grandioses 
monuments  du  langage  humain. 

15°   La   préposition   J   sert   aussi  à  paraphraser,   dans  le 

dialecte  syrien,  la  possession,  mais  seulement  dans  certains 
cas.  Sur  cela,  voyez  Ronzevalle  ZDMG  63  p.  824  et  ib 
A.  Fischer  p.  825,  qui  renvoie  à  mon  livre  Prov.  et  Dict 
p.  189,5  et  p.  217,1.  Bint  lis-suItân,  une  fille  du  sul 
tan  =  bint  min  banât  es-sultân,  Meissner  N  A  G I  p 
XXVI,  23,   car   bint  es-sultân  serait  la  fille  du  sultan 


463 

16°  On  pourra  aussi  ajouter  l'égyptien  bU:>,  p.  e.  ^Aàc  io:^ 
ou  iULxj  ii-i-^,  thei7-  Street,  their  quarter,  Sjnro  sv.;  voir 
ici  sub  iiLiJ>. 

^à.^,  u,  mettre  le  w«Ji-=>  dmis  la  cafetière  ^^  wol^,  1079; 
10S7.  —  Garder,  protéger,  1087  n.,  prononciation  pour  ^j,^ 
=  hagab?  Plusieurs  mots  de  cette  racine,  dans  la  lurah, 
me  paraissent  provenir  de  u^ac:  -<;=;  cf.  Barth  ESt.  p.  25. 

w^fir>  =  w-^ij.^,  mettre  le  ^^^.=>  datis  la  cafetière.,  —  v^-a-=>, 
café  eti  poudre,  58,21;  1087. 

»,,,*Ji;>,  pi.  *_jUi:=>  <  ^_jLa=>,  sangle  qui  retient  le  bât  par  devant, 

562  (dessin  N°  4);  1142;  Fiqh  el-lurah  p.  260;  RD  Gl.  sv.; 
aussi  dans  le  Nord,  Socin  Diw.  I  p.  287;  Musil  o.  1.  p.  264; 
Hess  Bemerk.  zu  Doughty's  Travels  p.  10.  Celle  de  derrière 

s'appelle  iu^-c  vhv.  et  dans  le  Nord  ^J■^• 

'iU&>  a  le  sens  de  village,  peut-être  aussi  de  territoire,  dans 
le  Sud.  El-Haqbah  est  un  pays  indépendant  ou  presque, 
au  nord  de  Harîb,  Arabica  V  p.  70;  Index  sv.  p.  1811.  En 
sh.  hôqub,  hameau,  Bsh.  I  p.  26,  oii   il   le   compare  avec 

o    3 

l'arabe  x<Ji=>,  tranquillité,  mais  cela  est  bien  loin,  et  il  faut 
plutôt  le  faire  venir  de  V~'^^=>,  apparentée  àj.fi:>,  ^^^=>, 
oj.=>,  etc.  et  y  voir  le  sens  d'entourer,  enclore.  Voir  sub  ,;^.a=>. 

i_jLii:>  =  ,^,*jj:>,  sangle,  courant;   pi.    iCxii=>!. 

tL>.a=>,  jument  qui  a  des  raies  blanches  aux  pieds  de  derrière. 
RO  p.  242  en  bas;  Vollers  ZDMG  49  p.  509,  qui  renvoie 
cà  Geyer  WZKM  V  p.  167. 

LoJis>,  honte,  482,  13,  mais  je  ne  saurais  préciser  la  nuance 
exacte  du  mot. 


464 

w^à^,  58,21;  expliqué  1087. 

iOJj:s^,  V endroit  où  l'on  met  le  ',..^^JL=>  derrière  le  bât;  aussi 
dans  le  Negd  du  Nord.  Cf.  V^yc^. 

oVÎ:>,  Li,  >  Ckâ=>,  se  rappeler,  1183,  J^,  Hclr.,  Dt.  et  tout  le 

Sud;    mais   aussi   estimer,   constater,   Arabica   V  Gl.  sv.;  et 
dans  ce  sens  c'est  peut-être  un  élargissement  de]/    oL>.  — 
S'emporter,  ce  qui  rappelle  le  sens  classique;  RO  §  262. 
L\ïb>,  qui  se  rappelle,  se  souvenant,  1183,  =  ^^'j  vhv. 

t>i>!,  qiii  a  le  cou  tordu,  Arabica  V  p.  90  n.  2. 

^.Jàh^,  grotte,  caverne,  excavation  dans  le  flanc  de  la  mon- 
tagne, voir  mon  long  article  ad  hoc  sur  le  ,^U=>'b5!  ,joJ  Hdr. 

p.  148  et  ss.  I  Sîdah  dit  ^>ii>_^  xo  J.i>j  ^-C3j./i  Ji,  LA  sv. 

Dans  la  lurah  c'est  bande  de  sable,  comme  chez  Labîd  N°  XL 
V.  26,  oià  grotte,  caverne  ne  convient  pas.  Vollers  Mutalamm. 

p.  51  V.  6.  RD  I  p.  79  n.  5,  oij  =  iLJÂ^,  colline  de  sable; 
cf.  Hdr.  p.  149  n.  2.  Dans  le  Sud,  je  n'ai  jamais  observé  ce 
sens.  On  aurait  lu  dans  une  inscription  himyarite  ^^  c<iy>  Lil 
^Lft^^S  oia^  i3S^*oiî,  ce  que  D.  H.  Mûller,  Sùd-arab.  St. 
p.  142  traduit  par  „ich  bin  M.  b.  Q.,  der  durchwandert  die 
ahqâf  [sandige  Wûstensteppen)" .  Dans  l'Encyclop.  de  l'Islam  I 
p.  187,  il  est  dit  „que  les  Arabes  appliquent  cette  appellation 
au  grand  désert  sablonneux  de  l'Arabie  du  Sud".  A  présent, 
le  grand  désert  entre  l'Arabie  du  Sud  et  la  Yamâmah  du 
Nord  a  le  nom  de  JJLii  ^j  ou  ^^LJ!  ^.,  vhv.,  et  quant 

aux  oLaj>!,  on  voit  dans  I.Tdr.  p.  148  et  ss.  ce  que  c'est. 
Cf.  ^T\,  pi.  ^l.;in,   FelsenUûfte,   Schluchten,  cavernes,-  ravins, 

Ges.-Buhl  sv.,  et  ^=>,  terrain  arro?idi,  LA  s.v.  j.1^1. 


465 

o    - 

'xAJL:>,  caverne,  aussi  en  Lybie;  ce  sens  ressort  clairement  du 
passage  chez  M.  Hartmann  LL  W  p.  145  N°  75  v.  6  oià  =  b.Ljw. 

'iUoJi=>,  petite  excavatio7i  dans  le  rocher  oîi  l'eau  se  collecte, 

Dt.  —  Il   y  a  probablement  parenté  entre  ^^JljLs>  et  vjl_:> 

.et  wft's,  voir  les  dictionnaires,  ainsi  qu'avec  V~yi=>,  vhv. 

_Âa:>î,  qui  a  le  clos  voûté,  Hdr.  p.   150. 

Qi2>,  u,  faire  passer  le  lait  dans  l'outre,  1749  n.  1.  C'est  là 
à  peu  près  la  définition  des  dictionnaires  de  la  lurah,  LA 
XVI  p.  282  en  bas.  Naqâid  Gl.  sv. 

^^=>,  babeurre,  61,  14,  15,  17;  1749  n.  —  Crème,  au  Yéman. 
RO   p.  413  N°  162  donne  Jy^,  Buttermasse,  butijrine. 
^^LjLs^,  expliqué  1749  n. 

_^it>  <jf^=>,  taille  du  corps,  281.  ii)yi=>,  ta  taille,  masc,  1026,  5 

d'en  bas;  (j*>ii:>,  ta  taille,  fém.,  327,  2  d'en  bas;  =  ;ca^  Hdr. 

vhv.  Même  sens  au  Yéman,  Stace  p.  182,  et  chez  les  Qahtân 
du  Nord,  Hess  Bemerkungen  p.  10.  Mehri  lu'iqou  <haqu  = 
éthiop.  dï$ ,  lumbus ;  Jahn  SAE  III  p.  191  écrit  à  tort  l.iakou. 
Chez  Musil  o.  1.  p.  163,  ceinture  en  cuir,  comme  aussi  chez 
Socin  Diw.  Gl.  sv. .  Cl.  Siussi  pagne,  B?iuei' Ehe  p.  92.  Barth  Etym. 
St.  p.  61  compare  ce  mot  avec  p"'n,  seiti.  Il  y  a  aussi  un  autre 

jji^,  pi.  qÎ^ï^,  fesse,  RO  p.  354,  10  et  n.  3,  où  haqwôh  est 

un  duel.  Ce  n'est  pas  une  altération  de  _^*:>  ou  _>.«  vhvs.  Ce 
.    sens  de  fesse  est  une  application  du  sens  primaire  du  thème. 

_^  est  une  métathèse  de  V  oy>,  vhv.  Le  verbe  \J=>,  u, 
est  dénominatif.    Cf.   w*.Ji.^  et  oiii^^,  vhvs.  11  y  a  aussi  le 

30 


466 

verbe  ^J:^^,  i,  retetiir,  barrer  le  chemin  à  qn.,  suédois  mota, 
comme  RO  p.  21:  "alo  hOqyu  "at-tôr,  ohé!  retenez  le 
boeuf,  bm'rez-lui  le  chemin.  Le  V~y>  a  donné  plusieurs 
élargissements.  D'un  côté,  nous  avons  oy>,  ^>,  lJ^>,  <Jy> 

\!}y>,  Jy>,  j.y>,  (^_^=>,  p.  530,  vhvs.,  et  de  l'autre,  par  3  >  lJ,  v_â:>, 
vhv.,  et  ses  dérivés.  js=>  serait  donc  pourtour  se  rapportant 
à  la  rondeur  des  fesses.   L'hébreu  p^n  ou  p'',n,  taille,  et  en- 

suite  =  l'arabe  v^>  vhv.,  a  encore  conservé  le  sens  primaire. 
Jin,  entourer,  décrire  un  cercle.^  et  Jin,  cercle^  périphérie.  V.  ici 
p.  353.  Ici  Barth  Et.  St.  p.  61  a  vu  clair,  de  même  que  Ges.-Buhl 
sv.  pTl.  Buhl  renvoie  pour  pin  à  ppn,  ce  qui  n'est  pas  juste, 
quant  à  l'étymologie,  car  ce  verbe  veut  dire:  eingraben^  gra- 
ver; schreiben,  écrire  et  se  rapporte  peut-être  de  loin  à 
ppn.  Cf.  ici  sub  &_ïi^:>  p.  520.  Un  horizont  étendu  s'ouvre  ici 

pour  l'histoire  de  l'écriture.  Si  ou>,  droit,  vient  de  ppn,  npn, 
inscidpere,  exsculpere  >  écrire,  comme  ypàcpsiv ,  égratigner, 
graver  >  écrire  (obs.  les  graffiti,  ma  LA  p.  8),  c'est  que 
c'est  une  réminiscence  du  vieux  temps  où  les  droits,  comme 

les  devoirs,  de  l'homme,  c'est  à  dire  les  lois  ^*a^  =  nipn 
étaient  gravées  sur  la  pierre,  comme  sur  le  stèle  de  Ham- 
murapi,  ou  sur  des  tablettes  en  terre  cuite,  avec  des  ronds 
et  des  lignes.  Mes  Bédouins  "Anazeh,  voulant  déchiffrer  la  lettre 
du  Pacha  de  Damas,  ce  que  j'ai  rapporté  sub  icï|^  p.  520/1, 
avaient  donc  la  même  impression  que  les  anciens  illettrés, 
lorsqu'ils  voyaient  devant  eux  „ces  cercles  et  ces  lignes". 
L'hébreu  a  ici  mieux  que  l'arabe  conservé  le  sens  primitif. 
On  comparera  >-^  vhv.  et  2îin,  tailler,  inciser,  avec  l'éthiop., 
Ges.-Buhl  sv. 


JC^ 


tiL>,  u,  est  dans  notre  dialecte  gratter,  RO  §  39  et  p.  349 
n.  3,  mais  non  pas  démanger,  ce  qui  s'y  dit  ^J:J^  vhv.,  tandis 


467 

qu'au  Yéraan  et  en  'Oman  c'est  aussi  démanger,  1381;  les 
deux  sens  de  tîL>,  aussi  en  Syrie  et  en  suédois,  (klia).  El- 
Harîrî,  Durrat  Cstpl.  1299  p.  80,  reprouve  l'emploi  intr. 
impers.,  mais  son  commentateur  el-Hafâgî  ib.  p.  173  le  défend 
comme  étant  figuré.  Il  est  du  reste  ancien,  car  LA  le  con- 
sidère aussi  comme  une  faute.  Nôldeke  Beitrâge  IL  p.  71. 
RO  p.  275  en  bas:  f.  gâit-no  (1.  lo)  hakke  u  gemî' 
h  a  r  î  m  0  y  h  û  k  g  1 1  o  i  1  î  n  t  o  '  b  e  n  u  d  î  k  1  -  h  a  k  k  e  h  a- 
tûbred,  ma  b  or  dit,  un  tel  eut  une  démangeaison,  et  toutes 
ses  femmes  se  mirent  à  le  gratter  jusqu'à  ce  qu'elles  fassent 
fatiguées  et  que  la  démangeaison  se  calmât,  mais  elle  ne  se  calma 
point.  Ib.  p.  181,  8:  hamhu  harîmo  yhûkkèllo-yithâ- 
mes,  vhv.,  dâhro,  pourquoi  les  femmes  ïe  grattent-elles? 
Parce  que  le  dos  lui  démmige  ').  Cf.  J^f-,  1380  et  s. 

Le  verbe  classique  ié)^;c>,  i,  trottiner,  I.  el-Qût.  p.  216,  15, 
et  gratter,  racler,  LA  sv.,  Dozy  S.  sv.,  doit  être  une  forme 
altérée  de  i^;o>t,  comme  .x:>,  <  yj>!,  s'emporter,  AyS  <iiXxs!,  1029, 
oii  d'autres  exemples,  parce  que  yif'àll  est  souvent  aussi  pro- 
noncé yif'al,  voir  ici  sub  «ji"  .  Cette  confusion  avec  yiftàll 

a  produit  plusieurs  formes  verbales  JJo  ainsi  altérées  <  ^:ot,  — 

iO0>,  grattage,  et  en  "Oman,  aussi  démangeaison,  RO  §  26 
1.  5  d'en  bas.  —  Sur  le  sens  primaire  de  V~A'::^  et  les  thèmes 
dérivés,  voir  Fleischer  apud  Delitzsch  Jesaia  p.  132  n.  et  id. 
apud  Levy  NHChAVB  II  p.  204. 

X>,  arranger,  apprêter,  ordonner,  faire  une  chose  avec  soin. 
^LJJ  ^iûc  ^:> ,  apprête-toi  pour  le  voyage,  Dt.  M.  el-M.  donne 


')  Lorsqu'une  fois  chez  moi,  j'eus  une  démangeaison  dans  le  dos,  les 
deux    Dat'mois   que  j'avais   amenés    avec    moi    en   Europe  me  disaient: 

^Mo  liki  ^J;^.J^L^^.  iik.*jj=>   jE  *i ,  va,  laisse  tes  femmes  te  gratter  te  «/os, 
ce  qui  a  beaucoui)  fait  rire  mon  liarîm! 


468 

a  peu  près  le  même  sens  pour  yC:>  (dialectal):  »u2j.>i:^  xJle  oui=>. 
Cela  est  parfaitement  en  harmonie  avec  le  sens  primordial 
de  ce  thème;  voir  Fleischer  dans  les  deux  ouvrages  précités. 
Le  sens  tunisien,  rapporté  par  Sturame  T.  Gr.  Gl.  sv.  hak- 
kar,  être  d'avis  de;  penser,  estimer,  trouve  aussi  par  cela 
son  explication  naturelle. 

Le  sens  d'accaparer  et  d'affermer,  "iDÇl,  n'est  point  connu 
dans  notre  dialecte.  On  y  dit  (j*^-^=>  ou  u*-y^'  et  ^L  vhv. 

Etre  chiche,  aussi  courant  en  ^Omân  :=X^',  RO  p.  248,7. 

^^  est  rendre  étroit  chez  Hartmann  LL  W  p.  104,  6  d'en  bas. 

^j_3C^-,  fém.  iy-C>,   chiche,  RO  p.  63,5.  LA  VIII  p.  176,7 

donne  -jC:>  Jc>-.  ==^Ji^5c>==_ys^^— ia.yC=>,  chicheté,  RO  p. 

215,15. 

Les  dictionnaires  de  la  lurah  n'ont  ici  enregistré  que  des  sens 
secondaires.  Cf.  ^ji>Jv>,  réunir  des  objets,  Qâm.,  Belot,  M.  et  M. 
sv.  <  l/"~,jij>  +  iji/.  Le  sens  syrien  de  ^ci-^,  farfouiller, 
bouleverser  en  fouillant,  est  plutôt  une  métathèse  de  iiUx:>,  vhv., 

,j*^<:>,  boiter,  Hogarîeh.  —  ij^^Jo-!,  boiteux,  Hogarîeh. 

yiJc>,  voir  sub    X>. 

j»Xx=>!,  avoir  le  sens  commun,  170  n. 

j«iS,  arbitre,  juge,  Arabica  V  p.  138,  12  d'en  bas.  Lammens 
Berceau    p.  257   et   ss.    et    p.  370.    Sams   el-'Ulûm    p.  27: 

»^\  ^  îtk=>  yjuti  ,i\ju  &i]î  Jo  ^Ul  J»îl:5?Jf,  et  ib.  p.  12  (com- 
ment.) fX^\  v^»  expliqué  1752  et  s.  Rasîd  'Atîyah  dans 
son  JvpoJî^  L'^lj^î  lJoU  ^t  JyJ^t  p.   108   donne  la  descrip- 


469 

tion  de  ce  jeu.  Il  dit  que  *x:>  vient  ici  de  iù^*i2J  x*<>=ioLa!; 
je  ne  le  crois  pas.  Ce  jeu  fut  exécuté  par  deux  „ professeurs 
es  hakam"  devant  les  deux  fils  du  roi  Oscar  de  Suède,  en 
ma  présence,  à  Damas,  au  printemps  1885. 

0     5  ù 

(*Jc>,  permission,  autorisation,  =  Nord  (^ôl,  très  courant  en 

Dt.  et  en  Hdr.  -  i^oUJ!  'iUii^\,  la  sagesse  yémaiiite,  956; 
1784.  On  prononce  hukmah  dans  le  Sud. 

^pC>,  i,  parler,  n'est  pas  employé  dans  notre  dialecte,  mais 
il  y  est  connu,  et  les  poètes  l'emploient,  326,  1  et  8,  oii  il  me 

fut  expliqué  par  .^^  ou  ^^^J-s  vhvs.;  courant  au  Waddây, 
Carbou  p.  172.  Ce  sens  de  parler  est  du  reste  postclassique, 
ainsi  qu'il  ressort  de  l'article  si  intéressant  et  si  nourri  de 
Macdonald  dans  l'Encyclop.  de  l'Islam  sv.  Hikâya.  ^i^ 
est  originairement  être  ressemblant,  imiter.  Ce  sens  se  trouve 
encore  dans  le  Nord,  Dalman  PD  p.  246,  1,  où  inactement 
traduit,  et  dans  le  Sud,  où  |V'L=>  est  imiter.  RO  p.  228, 10: 
f.  hâkâni  wene  m  h  à  k  ai,  un  tel  m'a  imité,  et  je  suis,  moi, 
l'imité.  Ib.  autre  exemple..  Enteh  tehâkîni  kulle  sâ^ah 
usa^h  kalâmi  bil-fransîs  da^îf  bil-marra,  tu  me  con- 
trefais à  chaque  moment,  mais  c'est  que  mon  parler  en  français 
est  tout  à  fait  faible,  me  dit  mon  Datînois  voulant  s'éver- 
tuer à  parler  français.  L'arabe  du  Nord  aurait  ici  dit  i>> 
pour  *^b'.  Sans  l'étude  des  dialectes,  on  n'arrivera  jamais  à 

connaître  la  langue  classique,  et  vice  versa.  Un  jôù!  =  j_^=>! 
n'existe  pas,  et  si  Nôldeke  ZA  XX.XI  p.  226  et  n.  3  croit 
l'avoir  constaté  dans  le  dialecte  syrien  et  celui  de  Ma'lùlâ, 
il  n'en  est  rien,  car  c'est  ici  là  prothèse,  si  commune  dans 
les  dialectes  syriens  et  bédouins  du  Nord;  voir  ma  LB^A 
Gl.  sv.  prothèse.  Si  c'était  un  Jjé!,  on  entendrait  quelquefois 

j_^jC5^,  ce  qui  n'est  pas  le  cas.  Lorsque  Nôldeke  dit  ib.  que  „les 


470 

Jotàt  ont  presque  disparu  dans  la  plupart  des  dialectes  mo- 
dernes, il  est  dans  l'erreur  ;  cette  forme  est  au  contraire  assez 
répandue  dans  toute  l'Arabie;  mes  ouvrages  en  offrent 
quantité  d'exemples;  voir  ma  LB^A  Gl.  sv.  Joèî.  jC=>  est-il 
parent  du  néo-hébr.  "pn  imiter^  comme  le  pense  Torczyner 
ZDMG  70  p.  558?  Je  ne  le  crois  pas,  c'est  un  autre  thème. 

jL>,  i,  u,  s'arrêter^  faire  halte,  camper  dans  un  endroit,  expliqué 
par  Jjj,  comme  dans  les- dictionnaires  delà lurah,  39,15;  985, 

où  UlL>,  forme  grammaticale  classique  pour  la  dialectale  UJl:>; 
cf.  Ijb  ,  92,6.  —   Habiter,  s^o  iu^xj  ^  [j^^  j^Uv^'j  ^^s  M. 

3     3  » 

habitent  tous  e?isemble,  1782.  —  Résoudre,  ^.ijâ^!  ^  lA^JÇij  L 
5L\jt«^!,  il  désire  la  solution  des  affaires  importantes  (pr. 
dont  la  solution  est  éloignée),  1492.  —  Tomber  sur,  attaquer, 
«_j,  =  ^_j  Jji,  1117,  cf.  J.C  i}b^  vhv.  —  iii'^-J!  ^L>L>,  la  bénédiction 
est  entrée  ou  descendue  dans  la  maison,  se  dit  dans  tout  le  monde 
arabe  à  un  hôte  qui  arrive.  Cela  ne  doit  pas  se  traduire  par  der 
Segen  soll  hier  einkehreîi,  comme  le  fait  Musil  o.  1.  p.  305 
en  bas,  ni  par  soyez  le  bien  venu,  comme  chez  Dozy  S.  d'après 
Bc,  car  la  phrase  indique  que  la  bénédiction  est  déjà  etitrée 
au  moment  de  l'entrée  de  l'hôte.  Le  parfait  n'est  pas  ici 
optatif.  Le  Père  Lammens,  J,  As.  Jan. — Févr.  1915  p.  148, 
le  rend  aussi  exactement  par  la  bénédictioti  est  descendue  (à 
la  suite  de  votre  arrivée). 

j^,  temps,  moment,  Hdr.  Gl.  sv.;  RD  Gl.  sv.;  aussi  en 
mehri,  Jahn  Gr.  p.  120.  ^iU^s^i!  J.>,  au  moment  de  la  mêlée, 
V.  oU:>.  ij-^î  J^,  au  moment  de  la  rébellion.  Le  syrien 
hall  +  suff.,  il  est  temps  ]?our ;  Teghali,  Parler  de  Kfar 
"Abîda  p.  79,  oîi  étyraologie  erronée;  ma  hall  +  suff.,  pas 
e?icor.e,  V.  Littmann,  Chant  de  la  belle-mère,  J.  As.  1908  p.  30 
note.  —  U  Jo,  lorsque,  au  temps  que,  465;  1174  et  n.  1;  1546; 
contracté  en  L;:;>,  vhv.,  =  U  JL:^,  U  ^^^)  vhvs.;  KD  Gl.  sv. 


471 

J'ai  entendu   jc>,  jw>  et  J^.  —  L^  ^  iXi  l«,  ce  n'est  pas 

encore  le  moment,  47,  11;  cf.   Jo  U  p.  470,4  d'en  bas. 

jo,  solution,  voir  p.  470,  10. 

'Âj>,  attaque;  descente  sur.  s„^ULiî  ïdL^t  ^j  ^-^T-^,  e^  ils  les 

attaquent  d\ine  attaque  écrasante,  1 1 17, 8  =  ma  L  B^A  p.  59.  — 
Employé  comme  adverbe  dans  le  Hogarîeh,  ensemble,  comme 

îs-io,  ^Jt-w  et  3^  en  datînois,  vhvs.  'iLl=>  _yS>^  oJl   c>^=>;, 

es-^te  a^^e  az^ec  lui  ensemble''^  ==  dat.  55,50  «ijl^,  iccjt  o^. 

iJb>,  dans  la  locution  J^OIJ  idCH ,  1251  d.l.;  1274  n.  3;  1275  n.; 
Hdr.  p.  555,  ma  LB'A  pp.  6,  25;  15,  18;  80,  26.  Un  'Anazî  me 

dit  que  id=»  est  xo  ^^J^•)  c^^^^Sî,   la  tente  et  tout  ce  qui  est 

dedans,  ou  bien  é^y.  L«  ^\,  ce  qui  ne  se  meut  pas;  nous  disons 

des  immeubles  dans  un  autre  sens,  Hçlr.  1. 1.  —  Effets^  meubles, 
tout  le  campement  enfin,  moins  les  bestiaux  et  les  chevaux. 
Locution  des  Bédouins  du  Nord,  où  il  y  a  de  grandes  tribus  no- 
mades qui  décampent  d'un  endroit  à  l'autre.  Wetzstein,  Z  DMG 

XXII  p.  17,  écrit  ^^i^^]^  'â^,  vu  la  constante  permutation  des 

deux  voyelles.  La  lurah  a  iJb>,  vêtement,  manteau;  Nihâyah 

sv.,    LA   XIII   p.  174   en  bas  et  le  Qâmoûs  donnent  id^l 

y^LJi  o>*-j  '^cU:>,  et  cela  conviendrait  mieux  à  l'acception 
bédouine  de  ce  mot.  El-Fâ^'iq,  apud  de  Goeje  Tab.  Gl.,  a  aussi  la 

juxtaposition  S^^  ^  ^^^  m^iSi^  c'est  là  autre  chose.  —  Chez 
les  ^Anazeh,  idL>,  bât.  —  Chez  Stace  p.  167:  suit  of  clothes.  — 
il:>,  quartier  d'une  ville,  'Oman,  pi.  J^b>,  RO  p.  360,  8;  ib. 
p.  426.  N°  XXVII');  Rossler  MSOS  I  pp.  77,  12  d'en  bas; 


')  Qu'il   faut   lire:  heijen  berabS'ii  dammaro  llielle   -bâkor 
flelia  wel  béra-q  ensello.  L'avant-dernière  voyelle  longue  des  deux 


472 

78,  3  ;  79,  5  d'en  bas.  -  Village.  Rabah  p.  54. 1  Sîdah  XII  p.  51  : 

(j*LJ!  omj  K£U>  id:>;  cf.  ^3^^^  plus  bas.  Voir  p.  471,  6  d'en  bas. 

S±S>,   biens  en   général,   consistant  en   famille,  esclaves  et 

bestiaux;  c'est  tout  ce  qui  bouge,  ely^^o  ^^^1,  explication  d'un 
^Anazî,  427,3;  1092,16;  1251  d.l.;  1270  d.l.;  1274  n.  3; 
1275  n.;  Arabica  V  p.  157;  Socin  Diw.  Gl.  sv.;  RD  Gl.  sv. 

C'est  le  latin  familict,  plus  les  animaux.   ^,JLc  J^l  î-rvv  ^Js^ 

^^^b>  c>c>Lj,  vetix-tù  empiéter  sur  rnes  droits  (pr.  étendre  la 

main  sur)  par  la  saisie  de  mes  bieiis?  ""Anazî.  Mais  le  plus 
souvent  c'est  le  bétail,  qui  constitue  la  principale  richesse 
des  Bédouins.  Musil  o.  1.  p.  7,10  le  traduit  par  animaux; 
p.  12,  10  d'en  bas,  par  bestiaux  et  p.  345,  12  d'en  bas,  par 
troupeaux,  de  même  que  Littmann  Arab.  Beduinenerzâhl. 
Gl.  sv.;  RD  Gl.  sv.,  propriété,  possession;  Meissner  NAGI 
p.  119,  bestiaux,  troupeaux.  Tout  cela  est  bon.  —  L  ^^'^:L=>  U 
^Jin,  est  le  refrain  de  beaucoup  de  chansons  populaires  de 
toute  la  Péninsule,  802  =  Hdr.  pp.  286,  287;  326:  yâ  lamâl, 
yâ  lamâli;  Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  106  note. 
^3^L^,   démettre,  402,1;  522   v.  6;  692.5;   1139,8  d'en  bas; 

Arabica  V  p.  212  note  v.  3;  =  Jl:>,  157,  6;  670,  10.  I  Sîdah 
V  p.  121:  (j^Uil  o^  iCrU:^  J^l^  :l\ax£_^î.  Cf.  'Âs>  plus  haut.— 

iLi>JL:>,  dans  ^L-i:J5  '^>-^^,   don  poétique,  feu  sacré  du  poète, 

558  note;  1568;  Hdr.  p.  218.  Goldziher,  Abh.  z.  arab.  Philol. 
I  p.  213,  croit  que  c'est,  d'après  les  idées  arabes,  un  démon 
femelle  qui  inspire  lo  poète.  Les  Bédouins  du  Sud  ont  encore 
cette  conception,  qui  est  sans  doute  ancienne.  V.  sub  ^11^^^. 

'A^^,  campement,  1*9, 14. 

o11^>/«,  îistensiles  des  Bédouins,   v.  sub_^o. 


derniers   mots   de    la    rime    dans    le    texte   de    RO  provient  de  la  pro- 
longation de  la  voix  dans  le  chant. 


473 

ioyi>,  bête  à  traire,  \)\.  v^.^b>,  427,  4. 

Lj^L>,  ô^ram  rfe  ^rê/e,  592. 

i-j^>Jb>)  6st  en  Dt.  un  grand  myriapode  noir  et  aveugle,  selon 
mes  Datînois.  A  Deflers,  Voyage  au  Yemen,  en  parle  p.  39 
et  p.  49:  „Après  la  pluie,  les  rochers  aux  environs  du  mikaye 
se  couvrent  de  grands  myriapodes  noirs  de  la  famille  des 
Julides,  que  l'humidité  attire  hors  de  leurs  retraites.  Je 
capture  quelques  individus  atteignant  près  de  20  centimètres 
de  longueur.  D'après  M.  Glaser,  ces  animaux,  nommés  Hub- 
lubbân  (et  aussi  Hulbibân  dans  certains  manuscrits  du 
Yéman);  représentent  peut-être  les  fameux  serpents  gardiens 
de  l'arbre  à  encens  (lubbân)  dont  parle  Hérodote  (liv.  III 
§§  107—112).  Les  Hublubbân,  malgré  leur  aspect  répug- 
nant, sont  inoffensifs  et  se  laissent  prendre  sans  chercher  à 

fuir".  Nous  savons  que  wJi.=>  est  une  épithète  des  hommes 

noirs  et  des  bêtes  noires  et  que  v_j^_JL:>  est  couleur  noire: 
v_j^=>  o^^!  =  d4L:>  o^-w!,  LA  I  p.  324.  Nous  savons  aussi 
que  la  finale  an  caractérise  les  noms  de  beaucoup  d'ani- 
maux  et  de  plantes,  voir  ici  sub  ^^  p.  115.  qLJlc>  et  j^L-Jj>, 

si  toutefois  ces  formes  sont  exactes,  seraient  donc  à  juger 
comme  ^Juti  et  ^^LJxi.  Pour  Glaser,  c.ette  forme  populaire 
hublubbân  présentait  une  ressemblance  de  son  avec  1  u  b- 
bân,  car  c'est  ainsi  qu'il  écrit  ce  mot,  Skizze  II  p.  199, 
bien  qu'il  se  soit  beaucoup  occupé  de  (^LJ^  y),  et  le  voilà 
tout  de  suite  qui  en  tire  une  déduction,  qui  est  tout  aussi 
fantaisiste  que  tant  d'autres  de  ce  savant  à  imagination 
orientale.  V.  Uitter,  Erdkunde  p.  915;  Glaser,  Von  Hodeida 
nach  Sana  p.  37,  reproduit  par  W.  Schmidt,  Das  sùdwestl. 
Arabien  p.  49. 


474 

^JiJL>,   i,   u,   en  Syrie,  arracher  le  blé  avec  les  mains  lors- 
qu'il est  trop  court  pour  être  fauché.  —  Cueillir  les  farina- 

cées,  telles  que  u^Xj:,  u^^^^,  ô,»^,  '»J^S,  etc.,  ce  qu'on  fait, 
la  plupart  du  temps,  avec  les  mains  ou  avec  la  faucille,  Syrie. 

;jii.jL:>,  intens.  de  la  première.  SA  Yahuda  donne,  dans  la 

'OS   Festschrift   Nôldeke  I  p.  409,  un  proverbe  de  Bagdad: 

^CJL^2_Li!  ,^s_j3j_j  •  Lpi^iL^,  L^x,iJL>,  verwickelt  hast  du  dich  in 

eine  christliche  Heirat.   Mais  il  avoue  ne  pas  savoir  ce  que 

signifie  ;jii->  et  il   croit  que  c'est  un  ui^oys  de  J^,  vhv. 
Ici  ce  verbe  n'est  que  l'intensif  de  ;_>iJl:>,  tu  l'as  fauchée,  et 

(^ciJb  pourrait  bien  être  un  dénorainatif  de  ^^^L ,  vhv.  Parlant 

des  fruits,  des  arbres  et  des  légumes,  tels  que  ;,naLj,  ..L:^uxj, 


c 


^Lxi>,  Lw^,  etc.,  on  se  sert  du  verbe  iji^  en  Syrie,  v.  sub  ^J:^. 
ui;^L>,  faucille,  591;  Tallqvist  Arab.  Sprichwôrter  p.  72. 
iCiJb-,  cueillette  des  farinacées,  Syrie. 


oJb>,  i,  jurer,  150,5.   „JLll  J^  ^^jôo,  jurer  par  le  sel,  304; 

par  le  fusil,  vJsiAjLJ!  J.£,  305;  par  le  feu:  XjJs>  '^Lp-^,  Musil 
0. 1.  p.  342  en  bas.  Voir  ib.  p.  338/9.  Rôssler  MSOS  I  p.  70: 

oy^-vvîj  Luo  Uovw  (jN-j'IxJ'^i  g:!  :QUi^  ^  (3'i,  -f/'  lui  dit:  Oui, 

par  les  deux  "Uzza,  tu  yious  l'as  faite,  celle-là,  et  la  chose 
est  arrivée.  Rôssler  renvoie  à  la  Soûrat  en-Nagm  53,  v.  19: 
gJI  ^jxiSj  ô^t  (UjJ/'-  Si  el-^Azztên  est  vraiment  el-Lât  et 
el-'^Uzzâ,  c'est  très  curieux.  En  mehri,  il  y  a  l'interjection  azze- 
téyn,  traduit  psivpotztausend,  parbleu,  ^=  ^y^j^,  deux  raretés, 
selon  Jahn,  Bittner  St.  M.  IV  p.  38.  Cela  n'est  pas  acceptable. 

Tab.  I  p.  1644,  9  ss.:  îof^  ^U  ^  ^Li!  .OJt  J^-w^  ^j  t:,N-?  ^y.  J^' 


475 

iLwjJl    y*^.«Ài    U:>3>!    ^"    tij'îit    j.    «iA_j    ^_/^4«È    x^LxLcfj    ..-_^JLn    lA-i»! 

^t  \_AJ  ^^j-^lXj'.  C'est  donc  à  l'eau  que  se  rapporte  le 
(j«_^-«-iJ!  t;^v*-xJ!.  Comment  le  Prophète  a-til  pu  le  défendre, 
du  moment  qu'il  le  pratiqua  lui-même?  Voir  LA  sv.  yj*~*±. 
Wellhausen  Reste-  p.  129,  qui  dit,  à  juste  titre,  que  ce 
serment  a  été  mal  vu  par  l'Islam  parce  qu'il  était  préisla- 
mique. V.  Kremer  Studien  zur  vergl.  Culturgeschichte  III  p. 
35.  Dans  ces  deux  ouvrages,  on  trouvera  toutes  les  citations 
nécessaires,  de  même  que  chez  Pedersen  Ber  Eid  et  dans 
Ber  Islam  VII  p.  142.  Diw.  Hodeyl,  Wellhausen  N°  232,4: 

v«àJLxj>!,  Jurer  im  pacte,  s'unir  par  le  lien  de  la  confrater- 
nité, 7,4;  303. 

oixb>,  associé^  1792. 

i_j  vJlL>,  embrasser  =  oiJL:>  avec  ace.  de  l'objet,  Stace  p. 
200.  —  Bittner  St.  mehr  V,  m  p.   10  compare  le  mehri  rlq 
avec  l'arabe  hlq,  mais  ce  sont  deux  racines  différentes;  cf. 
sub  ycs-  p.  346. 
oiiL^',  s'embrasser  7nutuellement,  Stace  p.  200. 

oiJL:>,  bouche  dans  le  sahhî  BBPbAS  1902  p.  266,  aussi 
en  Syrie. 

isLiii^.  >  iLiib>,  cercle,  801;  pi.  oJ-b>,  554  v.  21. 

^jLj^\J>,  Joli,  (figure),  Dt.  vJuJL:>  «Ai^!  »<À.^  n.>3,  cette  Jeune 
fille  a  la  figure  Jolie. 

jjii=>,  couper  le  hulqùm,  dénominatif,  à  l'instar  de  v.JJb>, 
u,  porter  un  coup  à  la  gorge,  et  des  autres  verbes  dont   le 
substantif  désigne  un  endroit  du  corps.  La  lurah  a  aussi  la 
variation  phonétique  ^s>^  avaler,  LA  sv. 
j.yiJL>  est  sans  doute  la  vraie  vocalisation  et  cela  en  vertu  d'une 

influence  physiologique  exposée  sub  j^^i:^,  (^Li.  et  ^  vhvs.  ; 


476 

mais  on   dit  aussi  dans  le   Sud,   et  je  crois  aussi  ailleurs, 

o  _  Go  _ 

j,yiJl:>,  à  cause  de  vJiJL=>.  Selon  le  Dr.  P.  de  Koning,  Trois 
traités  d'anatomie  arabe  p.  816,  ^»^ii^  est  gorge  et  spécia- 
lement 1°  partie  antérieure  inférieure  du  cou;  2°  larynx^ 
trachée-artère.  Sur  la  forme,  voir  1163  note;  1615  note; 
Hdr.  p.  384;  elle  n'est  pas  non  plus  inconnue  dans  d'autres 
langues   sémitiques  pour  cette  partie  du  corps.  S.  Fraenkel, 

Mehrl.    Bildungen  (1878)  p.  44,   y   voit  v3L>  >  j.yiJi>,  et  la 

K~oLL>  serait,  selon  lui,  faire  rond,  et  \J-L=>,  Rundung, 
Kreis,  pourtour,  rondeur,  cercle.  Vollers  ZA  XXIII  p.  106 
veut  que  ^f^  soit  un  composé  du  _  formatif  et  de  ^, 
avaler.  On  pourrait  alors  tout  aussi  bien  penser  à  oiJl=»  +  fJî^ , 
1612  en  bas;  1615  n.  Ruzicka  o.  1.  p.  75  rapproclie  pyi-'^ 
de  p,   parce   qu'il   a  trouvé   dans  LA   XVI  p.  397,5  que 

(*ii«i,  vhv.,  est  =  j.yiJi:>-  Il  semble  donc  croire  que  pyiJ^  est 
un  composé  de  V~^fils>  et  de  V~f^,  vhv.  Or,  p  est  une 
variation  de  f;:>,  vhv.,  et  veut  originairement  dire  k*^,  LA 
p.  396,  3  et  5  d'en  bas,  et  ensuite  balayer,  comme  sa  va- 
riation consonantique  ^i>,  vhv.,  et  au  fig.  manger,  (bête, 
auffressen),  appliqué  aussi  à  l'homme,  faire  rafle  dp  tout  sur 
la  table,  faire  table  rase  =  fXi\,  avec  les  substantifs  ':U^ — 
fSi^  ou  [•yi-K,  gueule.  ^JL^  ~  ^y^L=>  me  fait  l'effet,  malgré 
l'emploi  figui'é  de  ^  et  de  ses  dérivés  substantifs,  de  faire 

bande  à  part,  étant  un  emploi  métaphorique  de  jJùi ,  jarre 
> flacon,  Dozy  sv.,  même  grande  cafetière,  Meissner  NAGI 
p.  139,  et  qui  vient  du  grec  7toii}covf/.x,  lat.  cucuma,  Gawâlîqî, 

Mo"'arrab,  éd.  Sachau  p.  51:.  Mais  le  dialectal  (Ji«i,  cyi^,  bec 
d'oiseau,  Dozy  sv.,  me  paraît  venir  de  p.  On  pourra  égale- 
ment supposer  que  pi  est  un  composé  de  V~^J?^,  qui  a 
donné  tant  de  dérivés,  vhv.  p.  e.  ^j>sù  et  -LiO,  et  de  V~p. 


477 

Les  lexicographes  arabes  disent  tantôt  que  le  c  est  radical, 
tantôt  que  la  désinence- û m  est  aJvJ!^,  LA  sv.;  Muzhir  II 
p.  135  et  s.;  Marçais  TAT  Gl.  sv.  Torczyner  o.  1.  p.  197  y 
retrouve  la  mimation,  et  ce  serait  originairement  un  accusatif 

adverbial  j«ili>  >  j.LaJb.  >  j»^>  =  Lili..  Un  mot  aurait  servi 
de  prototype  pour  les  nombreux  mots  sur  ce  paradigme. 
Cela  implique  que  ce  paradigme  et  les  mots  à  flnale-amun 
présenteraient  un  état  morphologique  ancien  où  la  mimation 
était  prépondérante;  ce  serait  donc  du  sémitique  primordial, 
ursemitisch.  Cela  est  aussi  l'opinion  de  Torczyner.  Plus  tard, 
les  Arabes  auraient  donc  y  ajouté  leur  nounation. 

Comme  le  paradigme  est  ^^  classiquement,  et  dialecta- 
lement  aussi  ^X*^,  il  faut  dans  la  première  forme  une 
attraction  vocalique  motivée  par  la  finale-ûm,  et  qui  doit 
être  très  ancienne. 

Je  ne  veux  encore  me  prononcer  sur  cette  question,  mais,  eu 
égard  à  l'hébreu  et  à  l'akkadien,  cette  explication  ne  me  paraît 
pas  dédaignable;  elle  est,  au  contraire,  très  séduisante  et 
expliquerait  nombre  de  phénomènes,  aussi  bien  dans  les 
langues  sémitiques  que  les  langues  aryennes.  Pourtant,  tous 
les  ejcemples  qu'englobe  le  savant  auteur  pour  appuyer  sa 
thèse  ne  rentrent  pas  dans  cette  catégorie;  voir  ici  sub 
fja=>  et  j*s.  —  Le  sh.  a  halqôût,  gorge,  Bittner  St.  sh.  I 
p.  54.  Le  sh.  t  a  1  h  i  m ,  rate,  =  mehri  t  a  1  h  â  y  m ,  est  l'arabe 
JL<\I:),  et  l'on  voit  que  la  finale  en  question  se  trouve  aussi 
dans  ces  dialectes.  Et  ces  formes  donnent  à  penser. 

liUb»  >  iiUL:>  noir,  très  fonaî,  1760.  Est-ce  une  très  ancienne 
métathèse  de  J.^^,  être  noir,  qui  s'est  conservée  dans  J«:s^/, 

avoir  les  paupières  noires,  et  le  dénominatif  de  J.^,  vhv,  : 

_,  ~-     oc 

Jc<^,  enduire  de  A;?^/i?,  <  l'akkad.  guhla,  437  n.  2?  ^y^\, 
noir,  dans  les  dialectes,  même  au  Maroc,  KM" G  p.  128,3. 
Cf.  Ges.-Buhl  sv.  ^^bn.  -  kxJl>.  367  et  s. 


478 

*b>,  rêver.   ^"Ih  vi;/-*L>,  j'ai  rêvé  d'un  tel,  Dt.  =  ^U,  Dt. 
,J.j<:jL^] ,  avoir  une  pollution^  Dt.  =  *'JLx^î  Dt ,  ^Omân  R  0 
§  182  et  les  ruraux  d'Oranie,  Marçais  T AT  Gl.  sv.;  =  mehri 
h  a  t  e  1  û  m,  Bittner  Studien  II  p.  48.  Brockelmann  o.  1.  I  p.  532. 

^^}^,  doux,  79,3;  545,6;  1205,11;  1504,  15  =_^Jl:>,' dowo;, 
78,  18. 

g:_^lj<'^,  sîoeetmealseiler,  Stace  p.  169.  =  Syrie  Jîjl^. 

r^    _ 

V    ^  575,  595  en  bas;  1562;   Noldeke  Beitrâge  II  .p.  154 

n.  3.  Cf.  cX-T,  jr-^,  ^c-T  vhvs.  et  a;::!!,  =  babyl.  hamatu, 
être   incandescent.   Holma,   Z  A   XXXII  p.  36  l'identifie  au 
vieil  égypt.  3  m,  brûler;  h  mm,  devenir  c/^a?<d;  assyr.  em mu, 
chaud,  etc. 
f,-^,  être  chaud,  571.  —  Chauffer,  Hdr.  p.  556.  RD  Gl.  sv  — 

j*>,  charbon,  houille,  570.  Stace  p.  198:  ^.wLii  o^-  I^S, 
^^e  charcoal  counteracts  (kills)  ^7ie  deçà?/.  Arâgîz  el-^Arab  p. 
140.  Sh.  hura(m),  charbon,  Bittner  St.  sh.  I  p.  23  et  p.  57, 
où  aussi  sh.  shami'm,  bleu,  „peut-être  véritablement  noi- 
râtre", ce  qui  est  probable,  car  les  Arabes  du  Sud  appellent 
le  ciel  bleu  J^t,  de  même  que  la  mer  bleue,  voir  sub  o^^.  — 

'iyfj^\  ^,  l'ardeur  du  midi,  chez  Jacob  Sanfarâ  II  p.  13. 

j».*^,  charbon,  570.  Arâgîz  el-'^Arab  p.  140.  Naqâid  Gl.  sv.  — 

j»-«^,  suie,  Dt.  570. 

X-«Lr,  colombe,  1018.  Sur  les  différents  noms  en  Algérie,  voir 

Bel  Djâzya  p.  100. 

i*A.*j>,   charbon,  class.,  571.  —  Pluie  d'été,  parce  que  chaude. 


50, 


RD  Gl.  sv.,  =  Dt.  ,i.^;s^.*>=>  vhv.  On  observera  le  classique  |.^p«^ 
fîimée  noire,  Qor.  56,  v.  42. 

^y*^^^,  fiévreux  1706;  aussi  ""Oman. 


479 


j*.<^r,  hennir,  Hdr.  p.  81  et  n.  2.  Nihâyat  sv.  Onomatopée. 
Autre  sens,  Hdr.  p.  65  v.  11  et  p.  80.  Yahuda  ZA  26 
p.  346  n.  a  voulu  rectifier  ma  traduction,  mais  il  se  base 
sur  le  dialecte  de  Bagdad. 

jv-js^-*-^",  toussoter  541.  Hdr.  Gl.  ss.  RO  p.  255,5.  Sur  ces 
verbes,  voir  Nôldeke  Fûnf  Mo'^all.  II  p.  46  et  les  renvois 
qui  s'y  trouvent.  Cf.  l'interject.  française  hem! 

|.^>.«j>,  expliqué  Hdr.  p.  97  note.  Voir  jw;^  vhv.  et  ici  p.  358, 14. 
]/~*->  offre  deux  courants  sémasiologiques  qui  peuvent  se 
résumer  par  les  mots  noir  et  chaud.  Les  dérivés  sont  mul- 
tiples, 595  en  .bas;  voir  sub  yr.   Cf.  Naqâid  Gl.  sv. 

»U=>,  vase  noire  du  puits,  K.  el-Mahâsin  p.  169  d.  1..  >  iU.> 
571  n.;  1098;  voir  v-I^,  vhv.  Cf.  soCi>,  vhv.  Jahn  SAE 
III  p.  272  donne  pour  le  hadr.  hamme,  Sumpf,  marécage, 
que  je  ne  connais  pas,  mais  qui  doit  être  ha  me  et  le  même 
mot  qu'ici. 

û=>,  conjonction  temporelle,  lorsque,  <l>  J.=>,  voir  sub  ]^, 
9,  16;  12, 18;  13,  7,  8;  27,  21  ;  42,  16;  72,  12;  81,  3;  120,  2; 
465;  470  en  bas;  482,11  d'en  bas;  661,2;  1156,7;  1173 
et  s.;  1211,9;  1454  note;  1546;  1775,9  d'en  bas;  1776,3 
d'en  bas.  On  prononce  aussi  hama,  8, 14,  20;  20,  24,  26;  72, 
12;  470  en  bas.  Min  hamàhtabas  abûh  uhû"  sultan, 
•  depuis  que  son  père  fut  emprisonné,  il  est,  lui,  sidtaji,  Dt. 
Min  hama  sabbeyt,  depuis  que  je  suis  grand,  j'ai  grandi, 
Dt.  Stumme  GGA  1909  N°  11  p.  885  n.  6  dit:  „L.  analyse, 
465,18,  très  bien  hamma  comme  (jv>+L«".  On  n'a  qu'à 
ouvrir  la  dite  page  pour  constater  que  je  ne  dis  pas  du  tout 
cela.  On  la  fait  souvent  précéder  de  la  conjonction  tempo- 
relle 1>,y'6:   û^  ^,  13,  7;  465. 


480 


u^>^>,  petits  pois,  ""Awâliq  et  Dt.,  <  (j^=>,  342,  =  Dt.  Ji 
vhv.;  cf.  446. 

^  o  ^ 

J-M.rs^',  préférer,  aimer  mieux,  112,18;  330,6;  446.  Etymo- 
logie,  342  en  bas;  446.  ^J:i^^.  %  OràJL  icl>  ^c^^^  l?^^' 

je  préfère  qu'il  me  donne  une  halle  avec  le  pistolet  que  de 
r)%e  taper  sur  le  derrière,  1220;   1502. 

^^^4.=>,   être  très  chaud,  573,  LA  sv.,  Fiqh  et-lurah  p.  351; 
=  vi>.*>,  Dt.   ib.;   cf.  c>^,  vhv.,  et    li*->  vhv. 
c>t^>,   échauffé,  épithète   de  la   colère,    573   n.  1;   Boh.  V 
p.  100  ;  cf.  u\4.r>  vhv. 

uU>,  être  chaud,  571  n.,  573  en  bas;  brûler,  573  en  bas.  — 

Louer,  573  note  2.  -  >^l\>,  573,  vhv.  I  Sîdah  XI  p.  34. 
Musil  AP  III  p.  389,  10  a  lXT,  être  brave,  courageux,  où  le 
sens  primaire  doit  être  s'échauffer  d  la  bataille;  cf.  sub  ij^. 
A*;o-!,  être  d'une  chaleur  intense,  brûler,  573  en  bas;  Fâiq  II 

p.  330  en  bas  :  ^^!  j.^^  . . .  x-Jhx.*  w^^ixiLi!  iU.>  uXjj  ^c?'  Jy  cr 

yj^  ^  jj^  LjL^otj  ^J0o>:.^  ^,L«i^!  jLi:>r.  =  LA  XV  p.  43  = 
Nihâyah  I  p.  261;  cf.  ici  sub  ^ô^:^\. 

s>A.«j^,  vase,  limon,  boue,  571  note;  574  n.;  RO  p.  246,7 
d'en  bas  =  p.  270,  16.  Musil  AP  III  p.  2,  c'est  schioarze, 
ode  Ebene.  Cf.  àU^  vhv. 

oU.>,  steppe,  désert,  571  et  note;  574  note;  806;  1090  n.3; 
1367  n.  3;  v.  sub  w*.^.  v.  Oppenheim,  Vom  Mittelmeer  zuni 


481 

persischen  Golf,  écrit  partout  oLr,  avec  une  bonne  description  I 
p.  257  et  s.;  Musil  AP  III  écrit  oLr  P-  220,14;  p.  302,  8 
d'en   bas,   p.  190,8  d'en  bas  hamâdi  et  ib.  p.  2  il  définit 

soU=>  par  grauweisse,  ode  Ehene  et  bL\*>,  comme  ici  sv.;  cf. 
ib.  p.  14,  1  et  p.  187,  5.  Euting  écrit  oLr.  Je  doute  un  peu 
de  cette  forme  soU=>,  que  je  n'ai  jamais  entendue,  et  la 
variation  chez  Musil  la  rend  encore  plus  suspecte.,  Le  verset 
d'el-Mutalammis  dont  je  parle  571  note  et  à  propos  duquel 
VoUers,  Gedichte  des  Mutalammis  p.  41  note  4,  pense  à 
aA4.>,  vase,  boue,  est  bien  clair: 

Ici  L>U:>  est  juxtaposé  à  oU>:  froid  et  chaud,  et  le  poète 
parle  ici  de  sa  ic^ys  qui  lui  montre  de  la  froideur,  oU.>, 
au  lieu  de  chaleur,  oU=>.  De  Goeje,  WZKM  18  p.  105, 
trouve  cette  étymologie  de  Vollers  de  l>U=>  <  stA^=>,  vase, 
très  plausible.  Je  ne  suis  point  de  cet  avis.  Nous  trouvons 
dans  une  inscription  safaïtique  la  mention  du  Hamâd 
syrien.  Littmann,  Zur  Entzifferung  der  Safâ-Inschriften  = 
Du^saud,  Les  Arabes  en  Syrie  avant  l'Islam  p.  112,  porte 
(ici  rendu  en  arabe): 

Par  E.  b.  el-^A.  des  habita?its  de  R.  (ou  d'el-R.)  l'année  oii 
les  habitants  d'el-Hamâd  firent  la  guerre  entre  eux.  Mais  on 
dit  à  présent  ii>^^!  et  Ju^.  La  traduction  de  Littmann  et 
de  Dussaud  ne  me  satisfait  pas. 

Pour  la  steppe  syrienne,  la  forme  oU^J!  est  la  seule  bonne, 
voir  surtout  1090  n.  3  et  1367  n.  3  et  le  verset  4  de  la 
qasîdah  de  Dikr: 

Ils  (les  dalûl)  prennent  ombrage  des  arbustes  qui  se  dressent 
dans  le  Hamâd,  ma  LB'A  p.  76  v.  4,  et  ici  sv.  ^^^  p.  357. 

31   • 


482 

Dans  l'Encyclop.  de  l'Islam,  il  est  écrit  Hammâda  I  p.  267. 
L'auteur  de  cet  article  n'y  parle  que  de  la  Steppe  nordafri- 
caine,  oubliant  celle  de  la  Syrie.  Je  doute  fort  que  cette  forme 
hammAdah  soit  juste,  mais  n'ayant  pu  la  vérifier  in  loco,  je 
ne  fais  que  l'enregistrer  ici.  Elle  n'est  pourtant  pas  impossible. 

^L>U>,  chaleur  intense  =  i^c>\^ ,  573  note. 
o^*=>,   nom  propre,  291  note;  diminutif  de  iA^=>  =  lX-«->!, 
150,6  d'en  bas;  157  v.  4,  =  iA^=-  <  oW>l,  dim.  de  Ck*=>\^ 
127,  6,  qui  a  aussi  donné  le  dim.  Homeyd,  I  Sîdah  XVII  p.  20. 

^.♦:>,  a,  s'échauffer.  *:>  v-*^  '-Hi  'wà>^>^^î■  _^4^  ^J^  yt^,  ^L^o^î, 
Vhomme  (==  on)  s'échauffe  par  la  chaleur  ardente  du  prin- 
temps et  demande  à  boire  beaucoup,  Dt.  qa^^^  ^  ,:^_  ^Jii) 

-  û  - 

... -4^.  j.y ,  071  fait  une  coupure  aux  oreilles  des  r  a  n  a  m  lors- 
qu'ils s'échauffent,  R0§  410.—  BMir,  Sâwia  KMG  p.  112,  15. 
Cf.l/~^  vhv. 
^,   devenir  rouge.,  906  n.  3;  cf.  oj^,  vhv.   —  Poindre,  se 

dit  de  la  première  lueur  h  l'horizon,  906,  2  d'en  bas.  ^l1j> 

rf^JaJ!,  la  première  lueur  rougeâtre  de  l'horizon  à  la  pointe 
du  jour,  907.  —  Faire  paître  les  ânes  ou  conduire  les  ânes, 
Dt.  et  ed-Dâhir,  Bahàmmir  fi  liamîrak,  je  vais  faire 
paître  tes  ânes,  Dt. 

^,  tamarin,  aussi  ^^  Stace  p.  170;  Deflers  Voyage  p.  223; 
Glaser  Peterm.  Mitteil.  1886  I  p.  6;=^_^,  v.  d.  Berg  Le 
Hadhr.  p.  68  et  Hirsch  Reisen  Gl.  sv.;  Jahn  SAE  III  p.  272, 
qui  n'a  par  reconnu  ce  fruit  très  commun.  Cette  dernière 
forme  n'est  pas  usitée  en  Dt. 

^,  bitume,  570  en  bas. 

^Ui>,  cme,  fait  au  pi.  aussi  »^u:>,  1469  n.  1,  aussi  en  'oma- 


483 

nais,  RO  §  131,  et  ^y>l  Arabica  V  Gl.  sv.  Je  fais  observer 
que  dans  el-Hogarîeh  on  prononce  distinctement  himâr, 
forme  classique,  jamais  homâr  ni  ahmâr. 

3.y«L>,  matière  tinctoriale  rouge,  366,  1;  RI)  Gl.  sv. 

lI=>,  gardien  cVànes  ou  pâtre  cVànes;  pi.  s^U^. 

.f^,  les   TTimyarites,   ainsi   le   plus  souvent  prononcé  dans 

le  Sud  pour  le  classique  ^a.*^.  De  là,  y*^,  criailler,  gueuler, 

ma  Festgabe  p.  42.   Il   y   a   un  autre  y^^,  dûnominatif  de 
U=>,  faire  le  commerce  en  portant  les  marchandises  sur  un 
âne,  faire  le  marchand  ambulant,  mais  aussi,  au  Yéman,  être 
bête  comme  un  âne. 

.4~ks>,  dourah  rouge,  pas  à  confondre  avec  ^j.>  vhv. 

Le  thème  ,♦>  doit  être  un  développement  de  V  (*^,  être 
chaud,  être  brûlant  vhv.,  ce  qui  a  motivé  le  sens  de  rouge, 
comme  l'allemand   „brennend"  pour  „rot",  Walde  LEW  p. 

XII.  '^X*^,  chaleur  intense,  class.,  el-Grâhiz,  Mal.iàsin  p.  112. 
C'est  ici  l'endroit  de  dire  quelque  chose  du  nom  de  la 
mer  Rouge  et  de  celui  des  Himyar  La  mer  Rouge  n'est 
qu'une  traduction  de  'Kpv^px  2rci?,x<r<Tx,  le  mare  ruhrum  de 
la  carte  de  Ptolémée.  Pour  les  anciens  géographes,  ce  nom 
comprenait  le  golfe  Persique,  l'océan  Indien,  qui  baigne  les 
côtes  de  l'Arabie  méridionale,  et  la  mer  Rouge,  Hérod.  II,  ii; 
Strabo  I.  XVI  p.  379  éd.  Tzochuck;  Pline  H.  N.  12,37. 
Hérodote  n'appelle  nulle  part  le  golfe  Arabique  de  ce  nom, 
mais  il  le  considère  comme  une  partie  de  „la  mer  Rouge". 
Il  paraît  que  les  Persans  ont  aussi  eu  cet  appellatif  de 
mer  rouge,  Sprenger  AG  A  p.  102.   Les   géographes   arabes 

l'appelaient  ^^^-i^^'  ;^^'j  ^«  ^^^  Abyssine,  el-Mas^'ildî  K.  el- 
Tanbîh,  éd.  de  Goeje,  p.  51,  2.  Ce  nom  avait  cependant  pour 
eux  plus  d'extension  que  celui  de  la  y^pv^pà  ^yjJ.nrrx.  L'histoire 
d'un  roi  Erythras  est  une  fable.  Les  Arabes  n'ont  pas  con- 


484  , 

serve  les  noms  anciens  de  la  mer  Rouge,  qu'ils  appellent 
j.jJlaJî  ^.  <  de  la  ville  de  Klysma.  Dans  l'antiquité,  la  mer 
Rouge  avait  aussi  le  nom  spécial  de  golfe  Arabique,  h  Apx- 
(SiKoc  Ko^TToç,  Périple,  éd.  Fabricius,  §  7,  qui  s'étendait  jusqu'au 
golfe  auwalite  ou  Bâb  el-Mandeb,  ib..  Hérodote  parle 
souvent  de  la  mer  Rouge  et  dans  l'extension  mentionnée 
ci-dessus,  livre  IV  §  XXXIX  de  la  traduction  de  P.  Giguet 
Paris  1870,  mais  pour  lui  aussi  la  mer  Rouge  est  le  golfe 
Arabique,  ib.  §  XLII;  cf.  -Sprenger  o.  1.  §  6. 

La  question  se  pose  maintenant,  pourquoi  les  anciens  ont-ils 
appelé  cette  mer,  on  plutôt  ces  mers,  'EpySpi  S^iA^o-o-^.  ? 
Ayant  fait  vingt  fois  la  traversée  de  la  mer  Rouge,  j'ai 
observé  qu'elle  est  vraiment  rouge  et  qu'elle  mérite  ce  nom 
de  s  pub  pu.  Klunzinger  dans  son  livre  Bilder  aus  Oherdgypten, 
etc.  (Stuttgart  1877)  p.  263  dit:  „A  la  mer  Rouge,  il  n'y  a 
presque  rien  de  rouge,  et  le  nom  a  été  choisi  arbitrairement 
par  les  Anciens  ou  comme  lucus  a  non  lucendo".  Klun- 
zinger a  peut-être  passé  tout  le  temps  au  salon  du  bateau 
ou  bien  était-il  un  mauvais  observateur,  car  la  mer  Bouge 
est,  surtout  dans  sa  partie  inférieure,  toute  rouge.  On  ne 
donne  pas  arbitrairement  un  nom  pareil  à  une  chose  pareille. 
Cette  rubescence  de  la  mer  ne  doit  pas  être  confondue  avec 
la  phosphorescence,  qu'on  ne  voit  que  la  nuit,  et  qui  a  été 
si  bien  décrite  par  l'auteur  des  Merveilles  de  l'Inde,  éd. 
v.  d.  Lith,  p.  41,  par  Wellsted  Travels  to  the  City  of  the 
Caliphs  vol.  II  p.  123  et  s.,  et  par  Schweinfurth  Wester- 
manns  Monatsheft  febr.  1891  p.  619. 

La  rubescence  de  la  mer  Rouge  est  d'une  tout  autre  pro- 
venance. Elle  se  montre  aussi  le  jour,  ce  qui  n'est  pas  le 
cas  de  la  phosphorescence.  Le  jour,  des  surfaces  immenses 
étaient  toutes  rouges,  et  cela  par  un  calme  plat,  dans  la 
partie  inférieure  du  Golfe.  Le  soir,  appuyé  sur  le  bastingage 
de  la  proue,  je  voyais  des  flots  de  métal  incandescant  rejetés 
des  deux  côtés  de  la  proue  par  la  marche  du  bateau  et  éclairés 


485 

par  la  lumière  qui  se  répandait  là-dessus  par  les  sabords. 
J'ai  observé  le  même  spectacle  dans  tous  mes  voyages  dans 
la  mer  Rouge  et  la  mer  Indienne.  Je  fis  remarquer  ce  fait 
aux  autres  passagers,  qui  pouvaient  également  constater,  le 
jour  et  le  soir,  que  la  mer  Rouge  est  réellement  rouge.  Les 
capitaines,  avec  lesquels  je  m'entretenais  à  ce  sujet,  m'affir- 
mèrent qu'il  en  est  toujours  ainsi  en  hiver  et  que  le  môme 
cas  se  présente  dans  l'océan  Indien. 

Or,  les  savants  ont  bien  étudié  cette  couleur  assez  connue. 
Egli,  Nojnina  geographica,  2"  édit.  1894  p.  792  :  „  Jedenfalls 
treten  Rotfârbungen  des  Wassers  im  Sùden  und  im  Ara- 
bischen  Meerbusen  hâufig,  infolge  von  massenhaft  erschei- 
nenden  mikroskopischen  Tierchen,  auf".  Krummel,  Ozeanogra- 
phie  (1907)1  p.  277:  „Diese  Massenvermehrung  einer  braunen 
Alge,  des  Trichodermum  eryfhraeum,  aus  der  Famille  der 
Oscillarien,  bringt  im  Roten  und  Arabischen  Meer,  eine  ver- 
wandte  Art  im  warmen  atlantischen  Ozean  rote  Bkitstreifen 
ins  Wasser;  auch  die  Peridineengattung  Glenodmium  kann 
durch  ùppige  Wucherung  ahnlich  w^irken".  Ib.  p.  278:  „Vom 
Golf  von  Kalifornien,  der  auch  den  Namen  Mar  vermejo  tragt, 
heisst  es  '),  dass  es  seine  Farbe  im  Norden  durch  die  Red 
Colorado,  namentlich  wâhrend  der  Regenzeit,  empfange,  ûbri- 
gens  aber  stellenweise  reich  sei  an  denselben  Krustazeen 
(Copepoden),  die  auch  anderwarts  dem  Meere  eine  Blutfarbe 
gaben".  —  H.  Wagner  Lehrbuch  der  Geogr.  1908,  p.  509: 
„Der  Kalifornische  Meerbusen  wird  von  den  Spaniern  Mar 
vermejo,  das  Rote  Meer,  genannt,  wohl  infolge  des  hàufigen 
Auftretens  roter  Krustentierschen.  Den  Ursprung  des  Namens 
des  Roten  Meeres  kannte  man  im  Altertum  nicht". 

Un  savant  français  a  publié  un  mémoire  sur  la  Ruhes- 
cence  de  la  mer  Rouge,  mais  il  m'a  été  impossible  de  le 
trouver.   Je  l'ai  lu   chez   feu  le  professeur  Suess  à  Vienne. 


>)  Inway,  North  E^icific  Pilot  1  London  1881   p.  123. 


486 

L'auteur  y  arrive  au  même  résultat  que  les  savants  susmen- 
tionnés. Dans  l'Expedit.  S.  M.  Schiff  Pola  in  das  Rote  Meer, 
on  en  parle  également,  mais  je  n'ai  pu  me  procurer  cet 
ouvrage.  C.  H.  Becker,  dans  son  article  sur  le  Bahr  el-Qiilzum, 
Encyclop.  de  l'Islam,  ne  parle  pas  du  tout  de  cette  rubescence. 

M.  Hartmann,  dans  son  Die  araUsche  Frage  p.  375  note, 
dit  que  „les  eaux  à  la  côte  des  Himyarites  s'appelaient 
la  mer  des  Hurar  (les  Rouges)  et  cela  est  devenu  la  mer 
Rouge,  parce  que  la  côte  des  Himyarites,  dans  l'ancienne 
géographie,  était  la  seule  ou  du  moins  la  mieux  connue". 
En  outre,  il  prétend  ib.  que  le  nom  de  Epvbpii,  bxXizuax  pro- 
vient; déjà  de  bonne  heure,  „de  celui  de  la  mer  des  Himya- 
rites". 11  ne  fait  ici  que  répéter  K.  Ritter,  Erdkunde.  Mais 
ce  nom  de  la  mer  Rouge  était  courant  longtemps  avant 
l'apparition  du  peuple  himyarite  dans  l'histoire  et  il  n'a  pu 
dériver  de  celui  des  Himyar,  puisque  Hérodote  et  le  Périple 
connaissent  déjà  ce  nom.  L'argumentation  de  Ritter-Hart- 
mann  est  donc  réduite  à  néant  devant  ce  fait. 

Je  suis  convaincu  que  le  nom  de  Epvbpâ  n'a  rien  à  voir 
avec  celui  des  Himyar.  D'après  Hartmann  o.  1.  p.  375  note, 
ceux-ci  étaient  aussi  appelés  les  Rouges  pour  les  distinguer 
des   Sud   de   l'Afrique.   Cela  se  laisse  plutôt  défendre.    Les 

3_   Cl  c 

Arabes  parlent  du  j>!c  .♦.>!,   Zoheyr  mon  édition  p.  86,  Nôl- 

deke  Fûnf  Mo'ah.  El  p.  31,  qui  cite  Hodeyl.  31, 1,  51,  1  et 
80,6;  G.  Jacob  Studien  in  arab.  Dichtern  I  p.  36  ss.  Il  n'y 
a  pas  un  pays,  dans  toute  l'Arabie,  où  la  légende  ''âdite  soit 
plus  répandue  que  dans  le  Sud  et  justement  dans  les  contrées 
à  l'est  du  Yéman,  Index  1847.  Tout  ce  qui  est  antérieur 
aux  Himyar  et  aux  B.  Hilàl  est  du  temps  des  "Adites, 
o(c  oVi£  ^^,  comme  dans  Hamâsah  p.  195  v.  1.  Les  anciens 
Arabes  parlent  également  de  ^Sj^^Jt  ^.^:-^  et  de  ^S^  ^J^Jji ,  L  A 
V  p.  287,  ZDMG  60  p.  47  =  ib.  73  p.  120.  Quant  aux  Modar, 


487 

on  prétend  que  cet  appeJlatif  était  à  cause  de  la  couleur  rouge 
de  leurs  tentes,  ce  qui  me  paraît  fort  douteux.  DansZamahs. 
el-Fâiq  I  p.  148,  Nihâyah  sv.,  LA  V  p.  288  et  el-Grâhiz 
Tria  opuscula,   éd.  v.  Vloten  p.  75,  il   y  a.  la  Tradition  du 

Prophète:  ^jr^'iil»,  .r^î  ^î  o'^^-j,  c'est  à  dire  vt*^'  ^^  *.:p.*ii , 

parce   que  ^^y^i  f}^»,  (j^Lç-^Jîj  s^j^^il  j».:s^jtJ!  ^\y^]  J.c  w».Lijt 

by^jf^  iiLxto'^î  <-3rX-^U  et  el-Fâiq,  en-Nihâyali  et  LA  ajoutent: 

ilsli'  (j^LàJ!  ill  c;/.ixj  <KjyiS^  ^J^.3t♦>î  (j\^xii3^5l  ,mU.*j  (j^x*ll!  .-tJ^^  /m"^- 

Cf.  LA  1.1.  p.  288,4  sur  ^\^\  ^  ^^xl\  =  ^  jà\;^  ^^^\.  Selon 
K.  el-Addâd  p.  223,  les  Arabes,  en  faisant  la  distinction  de 
couleur  entre  les  peuples,  se  servaient  davantage  des  épi- 
thètes  jts>\  et  ^^  que  de  u^i^jt  et  l^j.^!.  Encore  aujourd'hui, 
les  Arabes  du  Sud  appellent  la  couleur  des  Européens  j4s>\, 

rouge,  et  eux-mêmes  sont  ^^J,  pi.  ^'^-w,  car  u^aj!  ne  désigne 
que  la  couleur  vraiment  blanche,  comme  celle  du  papier 
((jrLo  vhv.). 

Faut-il  croire  que  les   'Âdites  et   les   Himyar,  les  ;y^''' 
Hartmann  o.l.  p.  874,  étaient  vraiment  d'un  teint  rougeâtre, 

des  ^*>  enfin  ou,  avec  le  pluriel  sudarabique  et  classique, 

(jtj4.>?  L'histoire  de  Qodâr  b.  Sâhf,  nommé  jt*^'  Jàà,  dont 
parle  aussi  Wrede  Reise,  p.  114,  est  fort  connue  dans  le 
Sud,  voir  Sprenger  Leben  Mohain.  I  p.  521.  LA  VI  p.  889,  9 
dit  qu'on  l'appelait  aussi  o^S  ^!.  Ce  n'était  pas  k  cause  de 
sa  chevelure  rousse,  mais  à  cause  de  son  teint,  voir  Jacob 
0. 1.  p.  36/7.   La  couleur  rousse  n'est   pas  détestée  dans  le 

Sud.  On  y  teint  la  barbe  avec  du  liinnâ",  ^U=>,  vhv.,  comme 
le  faisait  le  Prophète  et  comme  c'est  encore  la  mode  chez 
les  orthodoxes  Hadramites.  La  barbe  prend  alors  une  couleur 
entre  noir  et  rouge,  souvent  tout  à  fait  rouge. 

L'épithète   de    oLc  ^r!    pourrait   indiquer   que   ce   peuple 


488 

légendaire,  qui  a  certainement  dû  exister,  avait  la  peau 
rougeâtre.  J'ai  vu  dans  le  Sud  des  personnes  qui  avaient 
effectivement  cette  couleur  de  la  peau,  surtout  chez  les  'Ôlah, 
que  j'ai  le  plus. connus.  Le  dawsân  ou  sâhit,  'AIî  b. 
'Omar  er-Râ'ibî,  de  la  ville  d'el-.Qasâb  en  Beyhân, 
dont  j'ai  donné  le  portrait  en  couleurs  au  premier  volume  de 
Datînah  '),  avait  la  peau  franchement  rouge,  et  le  peintre  que 
j'avais  amené  avec  moi  n'a  nullement  exagéré.  Le  fameux  sultan 
Muhsin  de  "Azzfin  et  tous  les  membres  de  sa  rapace  famille 
étaient  aussi  rougeâtres.  Tous  les  Wâhidis  se  disent  himyarites. 

A  propos  des  habitants  des  hautes  montagnes  de  l'île  de 
Soqotra,  Schweinfurth  dit,  Westermanns  Monatshefte  April 
1891  p.  46  et  s.:  „das  bei  dem  Achtung  gebietenden  Âus- 
seren  der  ûberaus  edelgestalteten,  mit  prachtvoller  Musku- 
latur  ausgestatteten  und  im  hellsten  Kupferrot  strahlenden 
Mânner  unsere  Erwartungen  aufs  hôchste  gesteigert  hatte, 
war . . .  nur  das  reifere  Alter  zu  erblicken".  Et  ib.  p.  50  il 
dit:  „Im  Gegensatz  zu  dem  stets  tief  schwarzbraunen,  scho- 
koladenfarbigen  Somali  hat  der  Sokotraner  mit  dem  sûdara- 
bischen  Bergbewohner  das  leichte  Kupferrot  oder  besser  die 
Farbe  des  gemahlenen  Kaffees  gemein".  Et  ib.  :  „Die  eigent- 
licheu  Bergbewohner  des  mittleren  Sûdarabiens,  der  alten 
regio  thurifera,  die  Mahra  und  Qara  môchte  ich  von  diesem 
Vergleiche  vorlâufig  noch  ausgeschlossen  wissen;  ich  sah  sie 
ihrer  zu  wenig  und  dièse  wenige  schienen  mir  keine  von 
den  Sokotranern  abweichenden  Merkmale  an  den  Tag  zu 
legen".  Les  habitants  de  ces  montagnes  ont  conservé  le  type 
pur.  L'observation  du  célèbre  botaniste  et  explorateur  alle- 
mand est  d'une  grande  importance. 

Aussi  me  suis-je  souvent  demandé,  pendant  mon  long 
séjour  dans  l'Arabie  méridionale,  si  le  nom  des  Ahmùr  ne 
pourrait    provenir    de   la    couleur   de   leur   teint.    Les  Béni 


')  Et  non  (les  pays  des  "^Awùlic),  comme  c'est  écrit  là  par  erreur. 


489 

I^iyâm,  qui  habitent  le  (jebal  loljdar  (=  ^^-Aia^-*^!  J-<.:^^0>  en 
"Oman,  sont  certainement  venues  du  Yéman,  où  les  inscrip- 
tions  en  parlent.  Ils  s'appellent  eux-mêmes  Ulâd  Hamyar, 
RO  p.  420  n.  I.  Ils  ont  une  branche,  les  Awhid  "^Awêmurj 
probablement  des  B.  "Amir,  Index  Dt.  p.  1827  sv.  Selon  les 
informations  recueillies  par  RO  p.  335  n.  7,  cette  branche 
aurait  les  yeux  bleus  et  les  joues  rouges. 

En  tout  cas,  je  ne  crois  pas  que  le  nom  des  Himyar 
dérive  de  celui  de  la  mer  Rouge,  à  savoir  de  'Epv^pâ  ^ûiX<x,(T(xxi 
mais  plutôt  de  la  couleur  de  leur  teint,  et  alors  je  peux  être 
d'accord  avec  M.  Hartmann  o.  1.  p.  375  n.  Ce  savant,  qui  nous 
a  donné  un  si  bon  livre  sur  les  Sabéo-Himyarites,  veut  que  cette 
partie  de  la  mer  s'appelât  „la  mer  des  Humr"  o.  1.  p.  375  n.  = 
ici  p.  486.  J'ignore  où  il  a  trouvé  cela.  Ce  serait,  si  prouvé,  une 
simple  coïncidence,  car  le  nom  de  ''Epu^pâ,  bx,?J.(jcfci  est  plus 
ancien  que  celui  des  Himyar.  Cependant  il  n'est  pas  absolument 
exclu  que  les  Himyar  aient  pu  être  ainsi  appelés,  parce  qu'ils 
habitaient  les  contrées  dont  les  rivages  sont  baignés  par  les 
flots  de  la  'Epu&pi  ^axotu^a,,  cf.  p.  486.  Seulement,  avant 
d'étendre  leur  domination  sur  les  côtes  de  la  mer  Rouge  et  de 
l'océan  Indien,  ils  avaient  le  pouvoir  sur  les  districts  de  l'inté- 
rieur, y  compris  le  royaume  des  Sabéens,  et  ils  étaient  déjà 
alors  appelés  Himyar,  peut-être  aussi  seulement  Hmr,  Rho- 
dokanakis  Lexicogr.  II  p.  7  et  p.  9,  avant  leur  plus  grande 
extension.  Naswân  o.  1.  p.  28  et  p.  70,=  LA  III  p.  147,  10 

d'en  bas,  dit  que  le  nom  ancien  de  Himyar  était  .^c^i^xiî 
i^\  yS'^\  L-w  ^  et  que  l'ancêtre  ^*.T  était  ainsi   appelé  parce 

qu'il  j.*-^!  JJw:^!  ij*^^.  ^1^,  portait  des  robes  rouges.  Si 
cette  légende  ne  repose  pas  sur  une  vérité  historique,  elle 
pourrait  du  moins  prouver  que  les  Arabes  voyaient  dans  le 
mot  ^-^  une  allusion  à  la  couleur  rouge. 

Les  musulmans  d'Espagne   appelaient  leur   compatriotes 
chrétiens  tt^+^î  ou  t!^j<:\jt  ^^  mais  aussi  ^"^i  ^  ou  ^U3l\, 


490 

ce  qui  était  aussi  la  nom  des  Rûm,  même  avant  l'Islam,  Naswâa 
•  0. 1.  p.  38,  5  et  p.  46, 13.  V.  ici  p.  492  n.  Si  c'^^î  peut  s'expliquer 
grammaticalement,  yuJ^\  ^^^j^  ne  me  paraît  pas  être  aussi 
facile  :  ^"^S  ^^^î  _^  ?  Les  Nasrides  de  Grenade  s'appelaient 
B.  el-Ahmar  du  nom  du  fondateur  M  oh.  b.  el-Ahmar, 
qui  fit  la  souche  des  Roux.  Dans  B.  el-asfar,  le  mot 
en  annexion  doit  se  rapporter  à  la  couleur.  On  sait  que  chez 
les  Arabes  les  noms  des  couleurs  sont  fort  variables. 

Un   verset  de  Diw.   Hodeyl.    Wellhausen  N°  144  v.  1  a 
souvent  fait  le  sujet  de  mes  réflexions;  'Abd  Manâf  dit: 
(Kâmil) 

O  _OÊ-  _<l^ù_  3>5  5  3  >£o 

Vous  avez  bien  appris  que  nos  sabres  frappent^ 
Après  la  clémence  (qu'on  leur  a  montrée),  tout  roux  gaillard. 
La  traduction  de  Wellhausen  est  ici  impossible,  ainsi  que 
l'a  déjà  relevé  feu  J.  Barth,  ZDMG  39  p.  154,  qui  pourtant 
n'a  pas  vu  qu'il  ne  puisse  s'agir  ici  d'un  lion  attaqué  auquel 
on  aurait  cassé  la  tête.  Je  crois  que  ^a^^jo  jtî  J^  se  rapporte 
ici  aux  Himyar.  Ceux-ci  étaient  encore  puissants  au  temps 
de  'Abd  Manâf,  mais  il  paraît  que  les  Arabes  ne  les  aimaient 
pas;  cf.  Hodevl.  N°  147.  ^\  ^  est  l'ennemi  que  'Abd  Manâf 
a  attaqué  ').  Sur  j4.a^o  vhv. 

On    peut   alors   y   voir   le   singulier   yr!  =  ry^^  ou  ^^*:> 

')  Une  édition  critique  de  ce  Diwân  est  h  désirer.  Wellhausen  a  cru 
faire  fi  de  la  bonne  méthode  des  Arabisants  de  publier  les  Dîwàns  tels 
que  les  philologues  arabes  nous  les  ont  légués.  Une  traduction  euro- 
péenne, non  accompagnée  du  commentaire  indigène,  s'il  y  en  a  une, 
est  à  mes  yeux  une  entreprise  dangereuse  et  manquée;  la  publication 
de  W.  en  est  la  preuve.  Barth  décline  avec  raison  la  traduction  de 
Wellhausen  de  jT^  ^  par  „ein  ganzer  roter",  ce  qui  ne  veut  rien  dire 
du  tout.  Cette  tournure  avec  J^  et  un  sing.  suivant  renferme  une  idée 

C  _  3  -  3      c,  ,  OC 

collective,  comme  ib.  N°  J85  v.  2  :  's^sù  j^r^'  P^^-ttf^  >-\y*  lK  f*-^^  <cyS^p)^ 
j'aurais  envoyé  contre  vous  des  hommes  courayeux,  etc.  et  ib.  N°  189  v.  2: 
Aà^  J.XJ  3^  ^_c*-y-*  "^)  nous  ne  recherchons  que  la  vengeance  par  les 
sabres  indiens.  Cette  construction  est  fréquente  dans  ce  Diwân. 


491 

=  Jj>  ou  qU=>,  d'un  collectif  ^j4^,  qui  paraît  avoir  existé  en 

sabéo-^imyarite,  comme  le  pi.  ahbs  =  o^j-A>l  ou  ij^j..*-=>  = 

^Lci4=»,  pi.  du  coll.  ijiy.^.    Le  singulier  (^^-^^^  aurait  son 

pendant  dans  ^..j^.4~=^,  qui  serait  véritablement  pour  i^j^=> 

ou  ^j*^. 

Seulement,  il  ne  faut  pas  oublier  que  le  V~^:>  implique 
aussi  l'idée  de  noir,  voir  sub  V~f>-=^  et  jy=>,  dans  de  nom- 
breux dérivés.  Il  n'est  donc  pas  impossible  que  les  Himyar 
aient  pu  être  appelés  les  noirs  pour  les  distinguer  des  Sabéens. 
On  se  perd  ici  dans  de*s  hypothèses  et  l'on  ne  saurait  aller 
plus  loin. 

j,-M.:>  était  le  nom  du  peuple,  Naswân  o.  1.  p.  28, 17,  et 
*yjr  ls^;',  le  nom  de  leur  pays,  comme  on  parle  encore 
aujourd'hui  de  ^-:v^>  {joj,  xJlc  ^j^J,  (jiiA-xjt-^î  JJ=Î  ijcj,  qui 
descendent  de  -^  ^  q^^^j  voir  ma  Géographie  de  l'Arabie 
de  Sud  (manuscrit  prêt).  r^=>,  est  le  plus  souvent  prononcé 
Hamyar,  mais  quelquefois  aussi  Himyar.  Le  »5jx:  des 
tribus  himyarites  est  ^>  ^_^o  iJl,  Arabica  IV  p.  19;  Ara- 
bica V  Gl-  sv.  Les  habitants  de  Habbân,  mentionné  dans  la 
grande  inscription  deHusn  el-Rurâb  1.  2,  s'appelent  ^X4.:>  j.y,  et 

-  o  ^ 

le  pauvre  sultan  wâhidite  y  a  le  titre  Ae  j*-ts>  ^lioLs),  Arabica  IV 
p.  19  n.  2;  ib.  V  p.  216  ss.  et  Dt.  1703.  Dans  les  poésies  dites 

-  ù  G 

himyarites,  ^j^mj>  est  triptote  et  diptote  ').  ^4.=>  se  trouve  chez 
Naswan  o.  1.  pp.  3,  7;  12,  8;  19,  16;  41,  20;  44,  8,  15;  46,  12; 
48,  2,  8;  58,  13:  ^^.«/s  '^^  ^  Ul;  59,  20;  103,  17,  et  ^,  ib. 


')  J'avoue    n'avoir   jamais    bien    compris    la  raison   du   rliptotisme, 
malgré  toutes  les  savantes  dissertations  sur  ce  sujet. 


492 

passim.  Ib.  p.  46,  'Alqamah  b.  Di  Yazan  dit  :  .ll:>  ^5^^^  3^^ 
(^  juSi]  jNj  pj^tj  liiydîj  (J.jLv)  ...^.^Îj,  où  mî-him-ya,  --^, 
au  lieu  de  -^-,  est  une  irrégularité  (basît).  Si  l'on  vocalise 
j*:*^,  ce  qui  est  aussi  bon,  l'irrégularité  du  pied  reste  la  même. 
La  plupart  des  noms  de  tribus  méridionales  sont  triptotes: 

O  p  _  G   _    - 

,?s5»^^,  ,*^o,  etc. 

Cette  prononciation  Himyar  ou  Hamyar  a  dû  être  un 
spécialité  himyarite.  Nous  la  trouvons  encore  dans  le  Sud 
dans  quelques  noms  propres.  P.  e.  ^^I,  1098  et  n.  3,  Hdr. 
p.  577  et  s.,  Index  Dt.  p.  1803.  Le  wâdi  qui  parcourt  ce 
pays  s'appelle  W.  Bena  1807  sv.,  Naswan  o.  1.  p.  11.  Déjà 
Ptolémée  l'appelle  (2xuoi,  Sprenger  AGA  §  303.  C'est  proba- 

blement  pour  iC>Ljî  comme  KiJ>î  =  ADNT,  1098,  1815  sv.,  que 
Rhodokanakis  Lexikographie  II  p.  114  écrit  encore  W.  Penne, 
en  suivant  la  prononciation  incorrecte  de  Glaser.  Ib.  nous 
trouvons  un  autre  ^^S,  qui  serait  le  nom  d'un  cours  d'eau. 
C'est   sans  doute  le   même  nom  que  dans  le  pays  d'Abyan 

des  Fadli.  ^>Jj,  confédération  de  tribus,  1807  sv.  v^^c  i^?*^^, 
1826  sv.;  chez  Maltzan  Reise  p.  280,  c'est  arieb!  -)  ,v»j-^ 
est  un  wâdi  qui  traverse  el-Manqa%h,  1127,  1836.  -jyi  ^ 
est  une  faljîdah  des  Qnmûs,  Arabica  V  Index  sv.  v^r^j 
Rhodokanakis  o.  1.  p.  25,  9  d'en  bas,  =  ^.l».  '^^.yo,  capitale 
des   Sabéens,   Arabica  V,   Index  sv. .   q-jA-<,  qu'on  ne  peut 


')  Sur  les  jÂ.fS:è\  _^-Lj  voir  Goidziher  Encyclop.  de  l'Islam  I  p.  ^95, 
A  Fischer  ZDM6  72,  p.  267.  Ce  dernier  hémistiche  se  trouve  aussi 
Naswân  o.  1.  p.  38,  5,  précédé  d'un  autre  hémistiche.  V.  ici  p.  490  en  haut. 

2)  Dont  il  dit,  pour  tout  potage:  „petit  village  de  cabanes.  Trois 
familles  juives!" 


493 

donc  pas  identifier  avec  Mdy,  l'Encyclop.  de  l'Islam  I  p.  383. 
J'en   ai  relevé  bien  d'autres  exemples,  mais  je  n'ai  pas  ma 

liste  ici  (Sept.  1918).  Cf.  isJ^-i,  s^ryst,  ^«Jjjp,  j*-^,  vhvs. 
^.^^î  est  le  pluriel  =  jy^^'»  l^s  Himyarites,  cf.  ls>jy*.:>\  c)'^ 
L^y:,,  Arabica  V  p.  116,  comme  ^yi.x:>î  =  (ji^>^l,  les  Abys- 
sins.  Ce  pluriel  est  aussi  commun  dans  le  Sud<Joi5,  ce 
qui  me  fait  croire  que  la  prononciation  j^-*^'  est  plus  juste 
que    >^-==-'  •  Nous  avons  ;^^^  et  jy^^^ ,   voir  sub  .^\=>  p. 

35  505  >0.  55  5C/5 

362;  ^jr^  et  ^^rt^',  pi-  de  (j;^-ii,  1822  sv.;  ^3/  et  (»5j-^î,  pl- 
de  |,jl^  L,  1832  sv.;  ^i^î  et  uù^,  Arabica  V  p.  231;  v^'^et 

3  Û5 

^jj3\  =  ^\j3,  1815  sv.,  etc.  La  graphie  hmr'"  qu'on  rencontre 
dans  les  inscriptions,  p.  e.  Rhodokanakis  0. 1.  II  p.  7,  1.  a  de 
l'inscription  et  ici  sub  j::>,  p.  327,  où  il  est  juxtaposé  à  libl"", 
et  que  mon  savant  confrère  trouve  difficile  à  expliquer,  pourrait 
bien  désigner  les  Himyar,  qui  vivaient  à  Mârib  en  commu- 
nauté séparée  avant  leur  domination  sur  les  autres  peuples. 
On  ne  peut  ici  penser  à  un  verbe  aussi  trivial  que  ^, 
écorcher  (un  mouton)  0.  1.  p.  9.  C'est  peut-être  équivalent 
de  l'éthiop.  Hamer  = 'A^-fprr^^/.  jj^î  ^JJIj. 

El-Hazragî,  Hist.  I  p.  96  parle  encore  des  *-jy^^  ^\jJi)\, 
cf.  Arabica  V  p.  230. 

Naéwân  0. 1.  p.  112,6  a  une  notice  extraordinaire.  Il  dit: 

Himyar,  les  Kindah,  les  B.  el-Hârit  et  les  Kinânah 
auraient  donc  professé  le  Judaïsme.  Si,  quant  aux  Himyar, 
cela  peut  être  un  écho  du  Juif  Du  Nuwâs,  Naswân  0. 1. 
p.  106,  tué  en  525,  le  judaïsme  des  autres  me  paraît  bien 
problématique,. malgré  les  progrès  assez  remarquables  qu'avait 
faits  le  judaïsme  dans  toute  l'Arabie,  du  moins  au  Nord  du 
Riib"  el  Hall,  et  au  Yéman,  dans  les  deux  siècles  qui  précé- 


494 

dèrent  l'Islam.  Et  cela  à  cause  des  dogmes  païens  de  l'Eglise 
chrétienne,  devenue  le  rancart  de.toutes  les  conceptions  astrales. 

V~^j^.*s>,  571;  595  en  bas;  1738.  S'échauffer,  se  fâcher,  ^y^ 
ou  Jj^,  Dt.  et  Hdr.  =  vJU=>  ou  ^  tîX.JL=>,  vhvs.  Naqâiçl  Gl. 
sv.:  (jA-*.:>,  to  become  fiirious   (dit   du   combat);   expression 

encore   courante:    ujJI  e^-^*^,   la   guerre, se  chauffa^  devint 

intense,  Dt.  Cf.  Jb:fiil  J-p-,  M'AR  p.  21.  Cf.  sub  u)^.  L'hébreu 
D^TOPi,  prêts  pour  le  combat,  belliqueux,  Scerho'.  armati,Yhv. , 
doit  bien  se  rapporter  à  u^.^.*^  (vj^  is^U:>)  et  non  à  ,j^*=>,  Ges.- 
Buhl  sv.  —  ^J^4s>'>^J^y>,  être  brave,  courageux,  vhv.;  cf.  JAs. 

1910  p.  137/8.  I  Sîdah  XIII  p.  278  =  L  A  sv.  :  ^_^_>  = 
u^t^-  ~  u^*^»  irriter.—  Griller,  torréfier,  1088,  >  (j^i-*-:>, 
1087;  1088  et  s.  -  Griller,  torréfier  le  cafébS,  16;  59,  24;  1087. 

(j^U^,  brûloir  pour  griller  le  café,  58,  16;  1087;  1572;  1738; 
pi.  ,j-..-^L^,  1400,  7  et  n.  1;  =  'x^U^,  Nord,  59,  20,  23; 
1087;  1088;   1089.  Musil  o.  1.  p.  136. 

V~'^J^4s>,  565;  571  et  ss.;  1788.  ^Ji.'4s>=r^,  <,jiL>,  u,  vhv,, 
cf.  jjix:>  vhv.,  mais  ^♦:>  <  K    j*:>,  être  chaud,  vhv.;  ij^^*s>, 

i,  attiser,  fomenter,  o^î  usb:^'  ^yl  ^^.^..xi.^^'  "^5,  n'attisez  pas 
la  guerre,  car  Zes  ?'ow^es  deviennent  par  là  dangeureuses, 
infestées,  171  v.  14;  1737.  v^  lA*>j  attiser  la  guerre,  1737; 
voir  ,jii.5>  et  u^-L^.  —  Exciter,  iu^ju  J^c  j.jî^'i!  vi:^-ci.4.=> ,  ^m  as 
excité  les  hommes  les  uns  contre  les  autres,  1737.  Tab.  Gl.  sv. 
Voir  ^j^z  —  V  u^^L:>  exciter,  attiser,  ,jii^L^.  ^^ô  o^\  ^}s:.  *Xw 
.^;oGlj,  sa^c^g  ^.  (^wz  a^î^zse  les  bûches  de  la  guerre,  519,  9  d'en 
bas;  1737.  ^^  u^L=>,  attiser,  exciter  les  uns  sur  les  autres, 
1737;  cf.  312:  344  n.  4;  501   note. 


495 


^  c  c- 


,ji.^j>\  =  j^,  1737.  Cf.  ^,  S",  Jar  ,j^r  et  u:;:'l.:>,  u,  etc.  El- 

Lihyânî  a  dit:  (ji.4.A:>î  c<i^  lXx^!  îoI  ^^\  u^*^^'^  -^i  Lr-t^  i^^. 
^L;J^!  loi  L^^^^Ji^t^  ^UCjJJI,  Haffner  T  A  L  p.  41  =  L  A  sv.  ^r. 

(jiiU^,   bâtonnet,  pelle  ou   fourgon   avec  lequel  on  a^^zse  le 

feu,  1541,  1737.  Au  figuré,  v;^  ^U>  =  (j.U>,  1572;  1738; 
cf.  (joIacc^  vhv. 

i^>^*;>  =  ;j.^*:>,  1088  et  ss.  El-Amâlî,    I_)êl   p.  170:  ^_^<-*  sJ^», 

liAjiAxi  LJlï  Jij  iù'^  ^ja*:sxl!  'iLa\jÙ\  ^]  JyiJ'  ,_cAiî  y*M.^I.  C'est 
donc  une  prononciation  dialectale  selon  lui.  Musil  o.  1.  p. 
151,21;  Stumme  TGr.  p.  60. 

ïCaûU^,  poêle  plate  en  fer,  1089;  Euting  Tagbuch  I  p.  84  n.  3. 

(j:24p-,  a,  se  lever  (pâte)  627,  11.  —  ^a\j>  épithète  de  la  pâte 
qu'on  fait  lever  au  soleil,  625,9  d'en  bas;  627. 

Jai=>,  U,  et  Ja*=»,  a,  être  chaud,  bien  brûler,  572;  exemples 
578;  575.  Cf.  ^^.Ji=>  vhv.  Cf.  l/~-U3.  vhv. 

\^^<^\  Jsi  ^,^L*>-:.,  ils  accaparent  le  Mr,  573. 

lû^,  rendre  haineux,  Syrie.  t^As.^  aÎ  ia*:^^,  qui  a  une  haine 

sourde. 

i2*=>l,  entretenir  le  feu,  raviver  le  feu,  îiachlegen,  573. 

N».<^',  nourrir  une  haine  contre  qn.,  J  ou  ^,  Syrie,  575; 
596;  cf.  L'^mZ]. 
iaxLs»,  chaud,  au  sens  vrai  et  figuré,  573. 


-bU^,  ardeur.  *_,JI  -bU>,  l'ardeur  du  combat,  573.  i^L 
o^t,  l'ardeur  du  combat  où  la  mort  menace,  573.  Cf.  ic^o^ 
e>^^  et  l\.«j>  vhvs. 

-bUi>,  méduse;  Stace  p.  206,  Jelli-fish. 


496 

■:^l*^,  nom  propre,  I  Sa VI  VIII  p.  209. 
j^çIdUX=>,  expliqué  574  et  s. 

^*^,  se  fâcher,  s'emporter,  J.c,  1561;  1612.  Développement 

de  V^f^,  1562.  RO  p.  63,  4;  65,  21;  102,  9  d'en  bas;  Stumme 

T  T  B  L  Gl.  sv.  —   Etre  jaloux,  ma  M  J  M  p.  37,  et  non  pas 

être   triste,  comme   le   traduit   D.    H.   Mùller   SAE   I  p.  72 

§  17.  Naqâid  Gl.  sv. 

vjii:>,  tr.  de  la  première,  n'a  pas  donné  oiJU=>,  vhv.,  16 12. 

vJi/sLsp",  s'offenser  1562. 

vJU^:''!,  se  fâcher,  se  mettre  en  colère,  aussi  Hartmann  LLW 

p.  55, 12  d'en  bas. 

oi.4.:=>,  colère,  et  au  flg.  oU^i  ji-,  au  moment  de  la  mêlée,  v.  sub 
•..Jl;^  p.  347  et  p.  470.  On  devint  alors  très  échauffé  et  enragé, 

^^,  Stumme  o.  1.  v.  283,  ou  o'J^,   o.  1.  v.  218.   Cf.  sub 

j*.^,    JiaJ,    ycO,   ^   et   sub   l\4^. 

,^LjUj>,  pleiyi  de  colère,  enragé,  comme  RO  p.  52  §  73; 
MSOS  III  p.  26,  6.  —  Ce  thème  se  trouve  dans  tous  les  pays 
arabes  ;  il  est  bien  illustré  chez  Dozy  S.  V.  Teghali  o.l.  p.  1 50  n.  1. 

J^4.=>,  se  porter  garant,  être  garant.  ^UJULs*  ^,  nous  nous 
portons  garants  pour  eux,  722,  6  d'en  bas. 
^^,  charger,  72,  3,  =  J\.;i  ib.  n.  1  ;  140,  17;  158  v.  12;  541. 
.  L'infinitif,   JÛ.>,   154,18;  536;  541;  542;   1694;  et  JU-^J, 

l'inflnit.  de  y^ ,  542. 

JwoL^',  se  charger  mutuellement,  s'attaquer  Vun  Vautre,  80,  21. 

jji-,   charge,   fardeau,  451,2.   Ce  n'est  pas  le  pi.  de  ^=>, 

comme  chez  RD  Gl.  sv.,  l'exemple  suivant  le  prouve:  iS^^.^ 


497 

y_^  J^  ^.  J^  J^  %   J^  J^  ^Jk  ^ji    à^j  j^^    o^-^^ 

et  le  sultan  de  Laiidar  prélève  1%  talleri  sur  chaque  cha- 
meau ou   charge  de   chameau  qui  passe  par  L.,  Dt.,  Hdi'. 

p.  369.  J^  est  un  Jy^  =  Jj^jt-à-»,  soit  ici  ôyt.^,  ce' qu'on 
porte,  ce  qui  est  porté. 

JyiL=>  et  xiyîL>,  torrent  qui  charrie,  592. 

X.  îj  ♦  ->,  groupe  de  plusieurs  familles,  Béd.  Nord.  Jaussen  Cou- 
tumes p.  111  qui  le  dit  =  «r*-^.  Canaan,  Aberglaube  p.  70  n.  3. 

J-i^,  campement,  554  v.  19;  1166,7  d'en  bas. 

Jyi^,  défrayé.  ^l\  i»„^>Lo  ^Uc  i3y^3  jf^'  j  i3lf>  oi*âJ  «JO^^, 

son  salaire  est  d'un  demi  talleri  par  mois  et  so?i  manger  est 
aux  frais  du  (ou  il  est  défrayé  par  le)  propriétaire  du  menu 
bétail,  25,  5. 
jl^,  cJiargeur,  147,3  d'en  bas. 

vJiJU=>,  ouvrir  de  grands  yeux,  1612.  Tab.  Gl.  sv.  Diw.  Rûba^ 
éd.  Ahlwardt,  N°  41  v.  163.  Amâlî  p.  25,  4  et  p.  26,  3  d'en 
bas:  ^^^  ^L  o^UA^  xi^U>  wJLSj!  oi^Tj-  Ce  n'est  pas  une 
dissimilation  de  ^_S-«-=>,  mais  ou  un  accouplement  de  ^Jil.:> 

et  Kji*s>  ou  bien  un  dédoublement  de  oiL>  par  m,  par  con- 
tamination avec  vJU>.  Vollers  Z  A  23  p.  106  veut  que  le  ^ 
soit  forraatif  et  il  compare  oiJb  et  oil.  Dans  notre  dialecte, 
o»JU=>  a  le  sens  classique,  et  le  récit  d'el-Amâlî  provient 
justement  d'un  Yémanite.  Qui  pourra  jamais  débrouiller 
l'écheveau  si  enchevêtré  des  racines  sémitiques? 

1/"^^.^  571  =  V  ^c*^',  I  Sîdah  XIV  p.  24;  cf.  p^,  vhv. 
^J,..^\ ^^  =  ^j^4.^)  ^JJ>,  LA  XVin  p.  216.  —_^,  sueur; 

82      ■ 


49â 

aussi  'Oman,  RO  p.  153,  15;  MSOS  III  p.  20  et  p.  21.  - 
ajU^,  chaleur,  ^^-^^^i  y^U^  =  ^«.^^î  _^4^,  aussi  'Oman  RO 
p.  24,  oîi  à  tort  hammâwithe  et  p.  383,3;  hamawit. 

V~^^,  571.  Cf.  on  et  UV  p.  445.  -  ^,  a,  être  ou  devenir 
chaud,  46,  26  ;  47,  20;  >  ^^;*>  36S,  2  d'en  bas.  ^«-.^^'I  o-i*^,  le 

soleil  devint  chaud,  320.  o^il  ,^^  j_^,-«-:s?.  j^o,  (les  mois)  penda7it 
lesquels  le  froid  devient  intense  635  n.;  cf.  expression  analogue 
sub  »;!;='•  Vj^  ^-^t-;-*"^?  Ici  guerre  se  chauffa,  80,  21.  — Avoir  du 
dégoût  pour.  KiL^o'^I  ^^^  ^J:■'*^  o:v*^,  ye  SMZ5  dégoûté  de  cette 
femme,  572  =  jJs  vhv.  Cf.  Hartmann  LL  W  p.  55,  12  d'en 
bas:  être  en  colère  =  J>£  c*^*^'  s  irriter  contre.  —  Mais  ^,-*j>, 

i,  défeyidre,  protéger,  comme  dans  la  lurah,.  vhv.  Naqâiçl  Gl.  sv. 
Il  faut  ici  relever  la  plus  grande  boui'de  qu'un  arabisant 
ait  jamais  commise.  Dans  le  joli  livre  de  Wetzstein,  Die 
Liebenden  v.  Amasia,  le  texte  porte  p.  86,  2  :  c>^a4^  c>^-:^ 
^1:^.;.^^  c:/_;^-'i:w5^ ,  ce  que  AV.  traduit  un  peu  librement  par: 
„^■c/^  iceinte  mir  die  Augen  ans  und  lief  7nir  die  Schuhe  durch". 
A  cela  le  professeur  G.  Jahn,  le  traducteur  de  Sîbaweyh, 
donne,  dans  une  note,  cette  explication  :  „Quadrilitera  in  der 
Bedeutung  „sich  abmùhen"  und  „einem  zusetzen",  wie  es 
soheint  durch  Anhiingen  eines  schwachen  Buchstaben  aus 
Triliteris  gebildet.  Ygl.  ^,  deti  Knochen  abnagen,  und  vwÀ>-,' 

bedrdngen".  Or,  c'est  >,i>a.«.^J  et  c>.^^à;^3,  oîi  3  <  ^3  =  ^^'  ^^S 

ou  jS:>.  De  oela,  le  savant  professeur  d'arabe  a  fait  les  qua- 

drilitères  ^^^^  et  ^J^-  C'est  kolossàl!  Cette  gaffe  formi- 
dable a  échappé  à  Brockelmann  dans  sa  critique  de  cette 
édition  désopilante,  LZB  1906  p.  1147,  et  même  au  sévère 
Nuldeke  dans  la  ZDMG  61  p.  198  et  ss.    Cette  édition  de 


499 

G.  Jahn  du  charmant  ouvrage  de  Wetzstein  n*honore  guère 
la  mémoire  du  savant  consul  allemand  et  prouve  qu'on  peut 
connaître  la  lurah  tout  en  ignorant  les  dialectes. 

^^,  i,  défendre,  104, 16  et  n.  4;  242  n.  1,  =  ^^1,  ib.,  v. 
sub  ,^^*>. 

1^^,  chaleur,  ardeur,  <j_,-«j>,  >  ^Lr,  à  cause  de  l'accent  sur 
l'ultième,  572  n.  v'-=^  (jr*^>  l'ardeur  de  la  bataille,  Dt.  =  ^c*^ 
Vj^  chez  Zoheyr,  mon  édition  p.  185  en  bas  =  y^^  L^'A^ 
,UJ!  ^^  ^^  .L*jw*w«,  selon  le  comm..  ^c~*^  ou  iL«-=>,  est 
particulièrement  la  grande  chaleur  de  l'été.  =  yS-  'iU=> ,  L  A 
XVIII  p.  218,7  d'en  bas.  Un  datînois  me  dit:  ^^-?-:.  ^^^^ 
,_.«-j<\il  ^y^ ,  V échauffement  du  corps  provient  de  la  forte  cha- 
leur de  l'été;  V.  sub  *k=>. 
^c^4-^,   territoire  sacré,   territoire  réservé, -réserve  pastorale, 

n'est  pas  employé  dans  nos  dialectes  du  Sud,  on  y  dit  ii*^, 

■  vhv.,  mais  on  le  comprend,  car  ^jas>\  est  le  terme  technique 
pour  protéger  le  ixc>,  Arabica  V  p.  207,  et  les  inscriptions 
sabéennes  le  connaissent  également  dans  ce  sens.  Torczyner 

0.1.  p.  258:  „^c*^,  enclos,  do  haman,  quelque  chose  comme 

environ,  tout  autour,  entouré,  apparaît  en  hébr.  comme  D^nDln". 
Si  l'étymologie  peut  être  vraie,  ce  que  j'ignore,  l'explication 
morphologique  ne  me  sourit  guerre.  Je  croirais  plutôt  que 
^J^=^  s'est  formé,   avec  le  temps  et  par  le  fréquent  emploi, 

de  tU:>,  JL«  régulier  pour  cette  sorte  de  choses;  ensuite,  ce 

mot  fut  prononcé  hima,  avec  l'accent  sur  la  première,  selon 
de  nombreuses  analogies  et  rentre  comme  tel  dans  le  système 
de  l'i'râb.  ^\  «iîSj.  Sur  le  hmym  ou  mhmym  sabéen,  voir 
Rhodokanakis  o.  1.  II  p.  144. 
^^^/îL>,  chaud.  (jr*L=>  v-^j  ^«  guerre  est  ardente,  80,  21. 


500 

A-»^,  venin  du  serpent,  1099. 

j^Lm^,  qui  a  chaud,  qui  est  eti  sueur.  RO  §  74;  ib.  §  308. 


^^:>,  a,  i,  retentir,  résonner,  743.  —  Siffler;  cf.  |^  vhv.   ^î^ 

iCxjb  Ji"  ^^  j^uk:  ^^  v/^'>  6^  ^^-5  cowps  de  fusil  retentirent 
ou  sifflèrent  sur  eux  de  toutes  parts,  13,  11;  104,  17;  125,  12; 
153,  11;  747.  ^^y^.  T-^♦-î^  lo,  pluie  siffle,  gronde  et  elle  est 
qLL>,  1603.  —  Bourdonner  (abeilles)  879  =  J^:s^a«  vhv.  — 
Gémir  (chameau),  883  et  note.  I  Sîdah  VII  p.  77.  Oj_xiJ( 
m\  Uj  q^s^,  le  chamélon  gémit  après  sa  mère.  Courant  dans 
toute  l'Arabie. 

^c:^^  Qty^^L.  ^  ^î     ii^^  [l^h  ^pjjlj  c^-;^ 

Et  ma  chamelle  gémissait  d'agitation  et  de  désir. 

Après  qui  veux-tu  me  faire  soupirer  par  le  gémissement? 

Hamâsah  p.  146,  1.  C'est  là  une  tournure  qu'emploierait 
n'importe  quel  Bédouin  encore  aujourd'hui.  C'est  le  son  étouffé 
et  prolongé  des  chameaux  que  connaît  quiconque  a  voyagé 
en   Orient,    blatérer.    —    Désirer,    languir,    soupirer   après, 

117,  28,  sich  sehnen  nach,  to  long  for,  languir  de.   ^^.  é^ 

.»„cooî  Ui,  ton  coeur  languit  des  livres,  you  are  longing  for 
the  books,  me  dit  un  Datînois  en  me  voyant  toujours  tra- 
vailler. G.  Jacob,  Schanfarà-Studien  I  p.  33,  dit  que  ^^  se 
rapporte  originairement  au  mugissement  de  la  chamelle  et 
ensuite,  au  flg.,  aux  choses  humaines.  Cela  n'est  pas  le  cas. 

^  est  une  onomatopée  qui  s'applique  à  tout.  LA  sv.  ^: 

^o*j  ^^  L^*i2*j  ^^ys  ^J^Ji^  ^jSi\  3  ^^î  yj  ^  ^\^  ^^^^  ^. 
L'infinitif  J^,  1672,  1,  est  commun  à  tous  les  verbes  qui 
se  rapportent  à  un  son  ou  à  un  cri. 


501 

(J^  ^•y>=>,  avoir  pitié  de,  788  note. 

iLjo-,  son  retentissant,  retentissement,  résotmance,  743;  bour- 

.donnement  des  abeilles:  vy^'  *-^>  Dt. 

X-^.-L^,  espoir,  =  ^^jgA«  X  (j-Ij  .iCA-c^Jt  ,,:;,otÎ2i  L«  ^_yî  J  Ji^   e^ 

dis-lm  que  je  n'ai  pas  abandonné  (pr.  coupé)  l'espoir,  dans 
une  qasîdah  d'Ahmed  ed-Diyêbî;  prononcé  hin-ni-yeh  selon 
le  processus  ordinaire  des  mots  à  iu  finale,  1618  et  Hdr. 
p.  745  et  ce  qui  suit. —  Deser,  languissennent,  Sehnsucht,  comme 
dans  ce  verset,  1618: 

ia  femme  du  soldat,  o?i  n'a  pas  de  languissement  après  elle: 
(Car)  qui  veut  l'embrasser  n'a  qu'à  venir  (chez  elle)  après 

le  coucher  du  soleil. 
Il  n'est  guère  besoin  qu'on  L^-xJU  ^-y-^.,  car  elle  est  de 
moeurs   faciles  et   se  donne  à  qui  la  veut.  C'est  ainsi  qu'il 
faut  corriger  ma  traduction  1618;  cf.  sub  ^yC-;^. 

ié)uLJwÀ>,  383. 

lL>,  >  j^^_>L=-,  teindre  de  hinnâ\  827,15.    Cf.  le  classique 

Lii,  être  teinte  (barbe,  doigts,  etc.)  en  rouge;  lLï  teindre, 
LA  sv.  La  barbe  et  les  doigts  deviennent  noirs,  lorsque  la 
dose   de   hinnâ'    est   forte.    Voilà   pourquoi   ce  verbe  est 

expliqué  par  c>_y^\  et  o^.  Les  coiffeurs  d'Europe  ont  introduit 
ce  procédé  chez  nous. 

lL^',  se  teindre  de  hinnâ^  827,  15,  >  ,^^jLi^'. 
tLL>,  henné,  pi.  (jJi^>,  1378,4  d'en  bas. 


•  ,   être  accroché,  rester  pris  de  façon  à  ne  pouvoir  s'en 


502 

tirer,  se  fixer,  se  coller,  se  iwendre,  s'éprendre  d'amour^ 
76,10;  496,2  d'en  bas;  expliqué  1152  et  ss.  ^^jy,->^J.^,  you 
are  entangled  (in  affair,  matter,  etc.),  Stace  p.  56,  ib.  d'autres 
exemples;  ici  ^^^^^^  est  mieux,  v:>^*^  u-^j^^ùw  Iàp  Jos-aj*  io! 

^y'ifi]!,  if  you  loill  do  this  you  will  be  entrapped  by  the  law, 
vous  serez  pincé,  ib.  ;  en  suédois,  pli  fast.  On  dit  d'un  amoureux 
qu'il  est  ^^^  J.  v^jL>,  pris,  embobiné  dans  l'amour.  v^jl.=>, 

entangled  =  ^y^-,  Stace  ib.;  fixed  (as  slab  in  rock),  ib.  p.  66. 

i4Ax>,  impasse,  difficulté,  mauvais  pétrin  1184.  Stace  p.  175 
le  traduit  par  transe,  exstase  =  &.*-v^>, 

ioU.5>.  J'ai  toujours  entendu  iùL;i>,  tasse  ou  écuelle  en  bois 
des  Bédouins  de  Syrie  et  des  Negdites,  1356  n.  1.  Musil  o.  1. 
p.  138,2  d'en  bas  écrit  également  ehnâbe,  petit  vase  en 
forme  d'auge.  C'est  le  français  hanap,  l'allemand  Humpe  et 
l'ital.  nappo,  anappo.  Sur  l'étymologie,  voir  Walde  sv.  crq)a, 
Falk-Torp  N  D  E  W  B  sv.  Humpe  et  Boisacq  Langue  grecque 
sv.  y.v[j.(ovj,  qui  écarte  l'étymologie  sémitique  proposée  par 
H.  Lewy,  Die  Sem.  Fremdw.  p.  151  s.  Mais  celle-ci  ne  me 
paraît  pas  impossible,  à  l'instar  de  tant  d'autres  noms  grecs 
d'ustensiles  provenant  du  monde  sémitique,  H.  MôUer,  ZDMG 
40  p.  152  n.  1.  Un  emprunt  direct  à  l'allemand  n'est  pas 
probable,  contr.  à  Vollers  ZDMG  51  p.  322.  *jLl>  est 
peut-être  originairement  plus  juste  que  'iLiLx^  vhv.  Cf.  aussi 

Wetzstein  Lieb.  v.  Amasia  p.  158  n.  1  et  ici  sub  >--*•>  ?  ^^^ 
serait  aussi  de  la  même  provenance,  ZDMG  50,  p.  639. 
(-,J^,  pi.  u-oL^,  trappe,  Stace  p.  175. 
v_;Le>*,  souricière,  Hogarîeh. 

Le   sens   du   classique   w.^_>l.5»   doit  être  une  variation  de 
Y  >>*•>:  cf.  ^Jù.=>. 


503 
j^=>,  court,  trajm,  1767  =  J^=>. 

J-«^>=^À>,  1767. 
J.>^>,  voir  sub  v^>. 

yCi>  est  chez  les  Bédouins  de  Hadîr,  Mâwiyah  et  Gebal 
Sabir,  dans  le  Hogarîeh,  le  verbe  usuel  pour  voir.  Nous 
avons  constaté  que  Ji>  est  en  ^omânais  le  verbe  courant 
pour  regarder,  fixer,  vhv.,  et  je  crois  que  le  verbe  yémanite 
est  une  dégémination  de  y:>.  On  pourrait  aussi  penser  à  un 
accouplement  de  yc>  ety:i,  forme  araméenne  pour  jkj=^, 
mais  la  première  alternative  est  plus  probable. 

Ana    hantartuhom    yuwarri'ûn    fim-haub   'wJÎ 

v_j^l  J,  Q»j^jy{  ^yik=^,  je  les  ai  vus  qui  labouraient  le  petit 

champ.  C'est  ainsi  que  cette  phrase  me  fut  distinctement 
prononcée  par  un  Bédouin  de  Bilâd  Mâv/iyah.  Qu'on  se 
le  note  bien!  (cf.  yihûfuhom  ici  p.  517,9  d'en  bas).  Autre 

exemple  sub  ^J;>^,  vhv. 

La  lurah   a   un   mot  qui  pourrait  bien  se  rattacher  à  ce 

thème:  .^Ju.>,   .^iAas>,  3.3iAj.=>,  a.jL\J.>,  s_jA_à>,  laquelle 

forme  serait  la  meilleure  d'après  Abu  "Obeyd  dans  I  Sîdah  I 
p.  94,  8  =  L  A  V  p.  296  et  Lane  sv.  Les  nombreuses  varia- 
tions  dans   le  voyellement  de   ce   mot   font   penser   à   un 

emploi  étendu  dans  différents  dialectes.  Il  signifie  iLïL\.s>, 
pru7ielle  de  l'oeil,  selon  el-(jrauharî,  I  Sîdah  et  Qâ,m.  qui  l'a 
sub  ^<A.=>  et  jjs.j,s>  LA.  Lane  le  rend  incorrectement  par 
the  black  of  the  eye.  La  seconde  lettre  est  évidemment  radi- 
cale, et  le  thème  est,  il  me  semble,  un  élargissement  de 
^,  contaminé  avec^iA:>,  vhvs.,  signifiant  la  rondeur  ou  le 


504 

pourtour.  L'observation  de  TA  sv.,  Lane  sv.  que  le  n  „should 
not  be  held  to  be  augmentative,  when  occupying  the  second 

place  in   a   world,  unless  on  strong  évidence",   ^>^  "^f,  ne 

tient  pas  devant  les  faits,  p.  e.  ioAj>  >  s3Ckjj>-  et  ïLijjJOL^, 

I  Sîdah  I  p.  94,  7,  et  grand  nombre  d'autres  mots. 

On  raconte  que  les  savants  byzantins,  j.3yt  ^Uic,  voulant 
sonder  la  science  de  l'auteur  du  Qâmoûs,  Megd  ed-dîn  el- 
Feyroûzâbâdî  (t  81 7)  lui  demandèrent  l'explication  des  paroles 
de  ''Alî  adressées  à  son  secrétaire: 

et  el-Feyroùzâbâdî  de  répondre  tout  de  suite: 

ce  qui  veut  dire  à  peu  près:  colle  tes  fesses  sur  le  sol  et 
prends  la  plume  avec  tes  doigts  et  tourne  tes  prunelles  de 
mon  côté  afin  que  je  n'articule  pas  un  mot  que  tu  ne  puisses 
retenir  au  fond  de  ton  coeur.  Tous  ces  mots  se  trouvent  dans 

L  A.  Quelques-uns  sont  même  yémanites,  comme  x^^  =  ^J^x: 
Naswân  o.l.  p.  17,  I  Sîdah  I  p.  93  d.l,,  et  ^i-Lci ,  Naswân  cl. 
p.  59;  LA  sv.  Un  arabe  moins  savant  que  ^Alî  et  el-Fey- 
roûzâbâdî  aurait  dit:  ^iUjLoL.  ^jud!  l\=>^  ij^j%  eVj'AjtJix  ojJ! 

J'ai  trouvé  tout  ceci  dans  v_j^'  otii  \::j'ijj^  ^\jS'  par  Hôfni 
efendi  Nâsif,  Caire  1304  p.  44,  mais  je  n'ai  pu  découvrir 
d'oii  il  l'a  pris,  et  toute  l'histoire  me  fait  l'effet  d'être  in- 

ventée.  En  outre,  LA  sv.  donne  yix^  et  syj^  =  .jij^],  ce 
qui  paraît  se  rattacher  au  sens  de  y:>  vhv. 


505 


O       o  , 

j»XL>,  vase  rouge  ou  vert  dans  lequel  on  apportait  le  vin  à 
el-Madînah,  613.  I  Sidah  XI  p.  83.  Naqâid  Gl.  sv. 


-,  œsophage,  796  n.   -  Larynx,   selon   P.  de  Koning 
Trois  traités  p.  816. 

5 

^yF'wo.,  trçichée- artère,  1163  n.;  =  [«y^J^  dans  Amâli  p.  52,  3 
d'en  bas. 

J^^i^,  sautiller,  <  ^^=>  vhv.,  1226  n.  2.  Weissbach  Irak- 
Arab.  p.  207  N°  182:  Le  ^^j^  ^^■ir^A-'  oîAjI^  oj^^-'^  ^^'^^ 
^1  (j*^  (^  u  ^^*j  Lo  ^J<^\x^,,  où  c'est  écrit  ihâniglan, 
hopsen,  gambader,  mais  cela  doit  être  ihâniglan. 

id^:s^=>,  cerc/e,  RO  p.  55.  Voir  sub  ^n=>. 

,^.^u=>  est  en  Dt.  l'intens.  de  ^^,  gémir,  601,  comme  chez 
Stumme  Gr.  tun.  p.  37,  hennir,  mais  chez  les  'Anazeh  c'est, 
d'après  Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  135,  un  dérivé  de  ^^L>, 
i;  iJblsi!  ^:s-\5?J,  l'heure  du  repos  de  midi  (lorsque  le  soleil 
est  au  plus  fort)  est  arrivée. 

En  Syrie,  on  ne  le  dit  que  des  oyIoCo,  tels  que  \y>,  jy>, 
oU^s,  lorsque  l'intérieur  est  gâté  et  qu'on  ne  peut  le  manger: 

^j^^[X=>  ^»^,  —  ^^j^\j^',  retentir,  résonner,  145,13;  1611. 

iùL>uL>,  Falco  milvus,  ma  MJM  p.  22. 

tic>^jj^:>,  pi.  iAjjL;.>,  dent  de  la  clef  en  bois  <  >ij>^J^=^  l/~t\>. 

Classiquement  c'est  JS±>^  ou  ^l^^, 


506 
3i-U:>,  court,  trapu,  1767;  Ruzicka  o.  1.  p.  149. 

iÀis>,  i,  rôtir  la  viande  au  four,  604,  très  employé  partout 
dans  le  Sud  et  au  Yéman. 

L\y.s>.  rôti,  604.   Hirsch   Reisen   p.  185:    „in   der  Mûfa  ge- 
backenes  Fleisch".    Description  détaillée  comment  on  fait  le 
hanîd  dans  I.  esSikkît  Tahdîb,  éd.  Beyrouth,  p.  646. 
3^jc^  =  LX:yL>,  604.  V.  sub  J-wj  et  Cu=>. 

o 

,jix-L>,  serpent,  au  figuré,  715,2  d'en  bas;  1240;  pi.  ^^^J:^z> 
et  i>uiLL>  1469  n.  1.  Kxc^i.>  =  JL^,  vliv.  et  ma  MJM  p.  23. 

i4l2;.=>  non  employé  dans  le  Sud,  1202,  mais  chez  les  Bédouins 

de  Syrie  c'est  =  .^4>i;  on  y  prononce  Kk>L>.  Cf.  Praetorius 
Beitrâge  z.  Assyriologie  I  p.  24.  Cook  Gl.  aram.  Inscript,  p.  51.  — 

_   o  c  o  - 

J2>L>î,  fém.  tLl3>L>,  cZe  couleur  indécise,  mêlée,  Dt. 


oi-^>,  i,  fléchir;  s'infléchir.  _y^^\  c>^'  ^9^!-=?.  c?^^ ,  le  loàdi 
s'infléchit,  fait  un  coude,  un  tournant  au  nord  d'el-Henû, 
Arabica  V  p.  68  n.  1;=|^>,  i,  <y.>  vhv.  —  LijA=>i,  ib, 

oi^,  i,  se  fâcher,  112,5;  123,13;  136,6;  482,14,  mais 
aussi  ^Jèss^,  1560.  Expliqué,  1560  et  s. 

oijo-,  fâcher;  Stace  p.  181  ss.  vexed. 


507 

vJLjLs*,  être  fâché  avec  qn.,  1561:  oLJL^  ê^f,  p.  le  fém.  v. 

99,7,   1445. 

vjàjl^',  se  fâcher^  s'offenser^  1562. 

^Ijt;>,  fâché,  1561  n.  1.  =  ^^b^s>  et  ^^Liilî-. 

dU5>,  expliqué  1712  et  ss.  Etymologie  supposée,  voir  Torc- 
zyner  o.l.  p.  287  et  n.  7.-tiU>  1712;  1777.  Sur  la  pratique 
y  décrite,  RO  p.  293  donne  ces  détails: 

_bjjy*a^    O"*"^^    J-^*^    ij^-^^     J^'^^    3j_Js-0?up-       ^    Ji'    J15!    \_L>w_LwLÉ 

(éU^!  J^b  ay^cXjj .  Parmi  les  coutumes  des  Arabes,  il  y  a 

celle-ci:  lorsqu'un  enfant  leur  est  né^  au  moment  qu'il  tombe 
(=  sort)  du  ventre  de  sa  mère^  et  qu'on  voit  qu'on  l'a  lavé, 
avant  toute  chose,  on  lui  frotte  le  palais  de  la  bouche  avec  du 
manger,  tel  que  miel  et  beurre  mêlés  ensemble,  et  ils  lui  oigyient 
la  cavité  buccale  avec.  Musil  o.l.  p.  215  et  p.  217.  Le  même 
procédé  est  pratiqué  en  Dt.  —  Consolider,  faire  une  citose 
avec  soin,  Arabica  V  p.  201  note,  ""Arwal. 

ii)Ji>^",  être  contigu  à,  ib.,  ^Arwal. 

tiU=> ,  cavité  buccale,  partout  courant,  =  eUs»  en  "Oman,  voir 

ce  qui  précède  sub  dU=-.  Cf.  Praetorius  Beitr.  z.  Assyr.  I  p.  28. 

iiU=>  étroit,  ""Arwal. 

&jCj.=>,  gorge  flanquée  de  hautes  montagyies,  Arabica  V  p.  200 

note;  cf.  oi*>^,  ,»^  et  w^. 

e)oL>  <  tiUL>,  noir,  très  foncé,  1760. 

*    -^ 

^eé^^i  h  <  ^=-)  u,  se  plier,  se  courber;  décrire  une  courbe, 
faire  un  tournant  (route,  wâdi),  Arabica  V  p.  68  et  n.  1; 
=  oiÀ>,  ib.,  vhv.  ou  0;^=>1,  ib.  vhv. 


508 

(^=>,  courber^  plie7%  801,  7.  Cf.  le  class.  .^s-,  i,  faire  incliner^ 
=  JL«!  et  ^yi,  qui  doit  représenter  un  primaire  [jl^. 
_^=>,  courbure,  coude,  tournant,  Arabica  V  p.  QS  et  n.  1  ;  ib.  p.  94 
et  n.  1.  Nombre  de  localités  dans  le  Sud  portent  le  nom  de 
y.>  ou  _^>^^w!,  voir  les  Indices  de  mes  ouvrages.  Voir  sub  oi>^>. 
iLyc>,  pi.  1jU=>,  les  deux  bois  cintrés  qui  forment  la  carcasse 
du  bât,  Hdr.  p.  370,  Dt.  562,  oîi  dessin.  Stace  p.  198  donne 
iiLuo-,  cot  strapped  on  camel  for  women  to  sit  in.  Dans  le 

Sud,  c'est  litière,  et  dans  le  Nord,  la  tente  qui  couvre  la 
carcasse  de  la  litière,   ma  LA  p.  72  n.,   et  chez  Meissner 

NAGI  II  p.  82,  1  iuis*  est  ,^die  Wôlbîing  des  Bâches  der 
Hîitte".  Hartmann  LLW  N°  77  Str.  3  v.  4  a  LiLl^,  qui, 
selon  son  Bédouin,  est  le  pluriel  de  hanwe''(?)  et  paraît 
signifier  l'échafaudage  plié  en  arc  sur  le  J^. 

iÇyL>,  courbure  dti poignard,  Hdr.  =  io;.^\>  Dt.,  vhv. ,  voir  planche 

Hdr.  p.  362.— (_^-os^  chez  Musil  o.l.  p.  72,  14  d'en  bas,  litière.  Je 

connais  ,^^î^,  pi.  ^c^"^,  litière,  chez  les  ^Anazeh;  elle  diffère 

de  la  kiliJ,  vhv.,  qui  a  une  porte  pour  y  entrer,  tandis  que 

le  ^i^  n'en  a  pas,  et  la  femme  y  entre  par-dessus  le  parapet. 

oj^,  n.  gen.;  lçJ>>»  ^-  unit.,  poisson  en  général,  709,  cou- 
rant aussi  dans  le  Nord  et  dans  les  pays  de  l'Afrique  équa- 
toriale.   Carbon  p.  235.   Jayakar,   BBRAS  1902  p.  264,  a 

o>j,  tout  petit  poisson.  —  Vers  qui  sort  d'une  plaie  ou  des 
narines  du  chameau,  709. 

La  hûta  iLjy>  joue   un   grand   rôle  dans  l'imagination 
populaire   de  tous  les  Arabes.   C'est  la  Tiàmat  des  Baby- 


* 


ô 


509 

Ioniens.  On  se  représente  cette  hûta  comme  un  être  féminin. 
Voir  sur  cette  croyance  Meissner  Babyl.  Bestandteile  in 
modernen  Sagen,  Archiv  fur  Religionswissenschaft  Vol.  V 
Heft  3  p.  224  et  s. 

oîy> ,  marchand  de  poissons,  Hdr.  Dt.  =  ''Oman  -bUï  vhv. 

^^ 

^^5>,  assaisonner,  épicer  le  café,  56,20;  520,6  d'en  bas; 
1079;  dénominatif  de  ^}y>',  épices  nécessaires  pour  le  café, 

56,  16,  18;   1079.  Les  'Awâliq  disent  J^>. 
ié>b-  est  dans  nos  dialectes  seulement  besoin,  jamais  chose, 
comme  en  Syrie  et  en  Egypte.   En  revanche,  on  se  sert  du 
mot   iL^\^.   chose,   vhv.,   souvent  prononcé   liiyya,   ce  qui 
n'est  pas  pour  x^jL=>,  comme  le  pense  RD  Gl.  sv.  _y>. 

o^=>,  descendre,  ynettre  pied  à  terre,  356  n.  1  ;  =  Jk=>,  ma 
Festgabe  p.  33.  Cf.  V~o^>. 


.L>,  u,  rentrer  dans  V après  midi  ou  le  soir  25,  1;  685;  697 
note;  707.  Hdr.  p.  559.  Naqâid  Gl.  sv.  —  Se  lever  d'un  bond, 
Hdr.  p.  360,8.  Cf.  K""^,  707  et  Hdr.  p.  559.  Nôldeke 
Beitrâge  II  p.  48  parle  de  ce  verbe  et  il  cite  pour  .L>, 
retourner,  Asma'îyât  32, 1  ;  'Urwa  b.  el-Ward  1, 2;  Soûra  84, 14, 
etc.  et  il  ajoute  „ce  n'est  donc  pas  sudarabique,  ainsi  qu'on 
pourrait  en  conclure  de  Landberg  Hdr.  p.  559".  Mais  j'y 
cite  moi-même  des  exemples  classiques,  et  la  remarque  do 
Nuldeke  à  mon  égard  est  tout  à  fait  gratuite.  Naswân  o.  1. 

p.   30   dit  :    (j:2*J   j.3   ^^   t  J!  ^y^r.  j^   j.  jt^   (Ji2*J   -^  ^l-^.  jL>5 

j^,  '^i^  ^LàS  dVJuj  ^'  :^JoLv^<.  Faiq  I  p.  229. 


.*.:>,  faire  rentrer  raprès-7nicU,=  ^.>^,  707.  Bans  le  Nord, 

remuer,  a^^'!  ^.y>,   remue  le  café^  708,  =  v£)^,  partout  usité, 

et  ui;^>,  Sud,   vhv.   RD  Gl.  sv.  ;.,->,   dissimuler^   induire 
en  erreur.  —  Teindre  d'indigo,  v.  sub  J^î  p.  7, 10;  dénom. 

de   ;:^^>. 

.^',  toynher  d'en  haut,  Syrie;  c'est  pour   .^"  vhv. 
.b:s>l,  s'égarer,  Musil  o.  1.  p.  220. 

j^=>,  indigotier,  88,  6,  89  et  passim.  Ce  mot  provient  d'une 

autre  racine  homonyme  qui  signifie  être  noir  et  qu'on  retrouve 
dans  (•J>  et  -*.=>,  vhvs.  et  en  mehri,  oîi  hôwer,  ^loir,  et 
en  slj.  hor  <  ]/~libr  =^y>,  Bittner  St.  sh.  I  pp.  58  et  59  '). 
Nous  avons  donc  ici  V^libr,  hmr  et  hwr,  comme  le  suédois 
hamn,  le  danois  havti  et  l'allem.  Hafen,  port.  Mes  Datînois 
appelaient  le  ciel  bleu  û^I,  et  les  habits  teints  de  haw^îr 
étaient  à  leurs  yeux  7ioirs  =  bleus.  Ce  bleu  ne  dévient  foncé, 
presque  noir,  que  lorsque  la  teinture  est  bien  saturée  d'in- 
digo. On  sait  que  presque  tous  les  Bédouins,  surtout  dans 
le  Sud,  portent  des  vêtements  teints  d'indigo,  ce  qui  déteint 
aussi  sur  leur  peau.  C'est  là  probablement  une  pratique 
ancienne,  qui  est  encore  perpétuée  par  les  peintres  religieux 
européens  qui  représentent  la  Sainte  Vierge  vêtue  d'une 
chemise  bleue,  les  pieds  appuyés  sur  le  croissant,  voir  1009. 
Pour  la  V~  »jZ>  au  début  de  cet  article,  on  pourra  com- 
parer le  ,sh.  m  lier,  rond,  et  l'arabe  ,^,  arrondi,  ainsi  que 
.b,  vhv.,  et  ùl,  vhv.,  dont  le  sens  a  le  même  point  de  départ 

sémasiologique. 

.•)\^,  chienne  en  chaleur,  ou  '^j^L:^,  1398. 


')  Bittner   voit   aussi  cette  permutation,  ib.  p.  CU,  dans  le  pi.  dbel 
=  duwil,  l)^^^,  vhv.,  mais  je  crois  que  c'est  là  un  autre  mot. 


ou 

6 

Jy^i  bâtonnet  ou   cueiller  pour  remuer  les  fèves   de   café, 
708,==Dt.  ^!^,.,ib.,  1078. 

jL>,  u,  =jL=>,  i,  600,  enlever^  =  ^,  vhv.,  écarter^  mettre  de 

côté,  faire  aller  de  côté,=  \»j=>,  expliqué  600.  Marçais  TAA 
p.  273  dit  avec  raison  que  les  V~jy=^  et  l/~j*>,  partielle- 
ment confondues  dans  la  langue  ancienne,  le  sont  aussi 
aujourd'iiui  dans  l'Afrique  du  Nord  et  dans  les  dialectes  du 
Sud  de  l'Arabie.  V~^  et  V~^\,  600.  J-j;  J*— ^j  retenir 
qc.  à  qn.,  refuser  de  restituer,  Dt.,  RO  p.  20,  4  d'en  bas.  Dans 
le  sens  ^'ohtejiir,  posséder,  1723,  il  n'est  employé  que  dans 
le  Nord,  comme  dans  ce  vers  chez  Musil  o.  1.  p.  244: 
Ma  hâzeha  tuggâre  fid-dukkân  ') 
Des  marchands  7ie  l'ont  pas  dans  la  boutique 

I  Sîdah  V  p.  118  en  bas:  «j^^.  ;^^y>  UsjI   \»j^*,  j^^^  j^j^' 
lAili    LXx^    t-*-^   ^yt_^*,    3^=>î   /^-♦4^3    sLL-w^   *wjj,i|^>    i-^V.   J*^—^' 
^:U>Î5  v^Lx=:.3  !^^s>  »jL=>.    Et  c'est  encore  de  même  dans  les 
dialectes  du  Sud. 
j^>^  jL>,  mettre  de  côté,  600;  s'ôter  de  ib. 

;^',  s'ôter,  s'écarter,  s'éloigner;  600,  =^j>^'. 

jjL^',  être  éloigw',  les  uns  des  autres;  se  Si'parer,  600. 

j^\,  fuir,  seulement  dans  le  Nord.  Tab.  I  p,  1616.  Cf.  u-^L^'î 

vhv.,  et  ijirL:^'!  vhv. 

jLcs-l,  s'écarter,  s'ôler,  163, 13;  être  éloigné,  être  situé  d  part, 

être  isolé.  s^^-^-Jî  ^  y^-M  j^^  oJt^i,  le  foyer  est  un  p)eu 

éloigyiê  de   la  tente,  20,10;  71,3.   jLil  ^^Lj  ^.c  jUl^  J^, 

la  montagyie  est  isolée  des  autres  montagnes,  Harîb.  Cf.  lip 

Gl.  sv.  et  ma  Festgabe  Gl.  sv.,  cf.  j*>,  j>^,  -.j,  Jj,  ^j>;> 

1)  C'est  ivinsi  qu'il  faut  liro:  — o_|__^_|  — . 


512 

^:,  600,  601.  On  voit  que  jL>  a  dans  les  dialectes,  en  plus, 
un  tout  autre  sens  que  dans  la  lurah,  mais  il  s'explique  si 
l'on  admet  que  les  dialectes  ont  ici  conservé  le  sens  pri- 
maire, mettre  de  côté  et  ensuite  he  dreio,  collected,  he  had, 
held  or  pos8essed,  Lane,  qui  a  bien  en  dernier  lieu  ^^^^î  jL5>, 
he  removed  tlie  thing  from  its  place,  put  it  aicay,  etc.  Cepen- 
dant, dans  les  autres  formes  du  verbe,  ce  sens  dialectal 
reparaît,  v.  Lane  sv.  En  Algérie,  ;L>,  u,  est  encore  mettre 
à  part  des  objets  qui  vous  appartiennent  en  propre,  Marçais 
0. 1.  p.  273,  ce  qui  correspond  à  peu  près  à  la  définition 
d'I.  el-Qùt.  p.  221:  iOCJU  ^t  ^^^t  ^. 

y«L=>,  U,  aller  par  ci,  p)ar  là,  rôder  ==  \^\.=>  vhv.,  et  ^b,  719; 
errer  875,  5;  1567.  =  '^in  et  ^''n,  se  dépêcher,  eilen,  Ges.- 
Buhl  sv.,  Del.  Prol.  p.  180.  _^>_aJ!  ^  o^^-^j  nager  dans 
la  mer  Dt.,  cf.  ^-:s^t  J.  ^-ps,  nager,  avec  étyraologie  iden- 
tique, V.  ma  LA  p.  67  et  ici  sv.  En  Hdr.,  J  (j*L-=>,  che?-- 
cher,  ce  qui  est  aussi  le  sens  classique,  mais  il  est  secon- 
daire. Dans  le  Nord,  c'est  hi7î-  und  hergehen,  herumgehen, 
Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  159,  savoir,  la  même  chose  dans 
toute  la  Péninsule  et  en  Afrique,  Hartmann  LLW  pp. 
84  et  115,  même  sens;  de  Goeje  Bibl.  Geogr.  Arab.  V.  4 
Gl.  sv.  Ce  sens  n'est  pas  éloigné  de  celui  que  donne  L  A  sv.: 

tiUo  J.  ^i)ys^J!5  JJLiiilj  --ijjù]  'ucioùl  (j^jr^\ ,  ce  qui  peint  comment 
les  cavaliers  courent  par  ci,  par  là  dans  la  rârah.  Même 
définition  chez  I.  el-Qût.  p.  221.  Quoique  (j*L>,  u,  ait  le 
même  sens  presque  partout,  il  a  reçu,  dans  le  Nord  et  le 
Sud,  deux  applications  différentes.  Tandis  que,  en  Syrie, 
o^î  ij.  'tj*^'^  »rt'  veut  dire  que  la  femme  va  et  vient  dans 

la  maison  en  s' occupant  de  sa  gouverne,  iww>.>,  je  constate 

que  dans  notre  dialecte  oJai!  J.  u*^"  ioUô"^!,  est  la  femme 
court  les  routes,  parce  qu'elle  est  &.vsoL>,  coureuse,  grue,  vhv. 


513 

ij*j=> ,  aller  par  ci,  par  là,  flâner,  se  promener^  Dt.  ;  de  même 
en  Algérie,  Doutté  TA  DO  p.  99;  Bel  La  Djâzya  p.  120; 
Sadira  Dict.  sv.  promener;  Marçais  T  A  T  p.  332  :  faire  une 
promenade  fixée  à  Alger;  Beaussier  Dict.  sv.;  Stumme  T.  Gr. 
p.  99.    Lis   tehôuwis   (ou    tehùwis)    h  in  ne,   pourquoi 

flânes-tu  ici?  Dt.  Cf.  ^j''.:>,  même  sens,  uoL>,  ^j^c  et  (j«t,  vhvs. 

(j^L^^-î,  fuir,  1567  note.  —  Cf.  ji^'^  et  iJ^^'U  vhvs.,  et  ^^nn, 

fuir<mr\. 

(j«bj>!,  aller  de  côté  et  d'autre.  Musil  o.  1.  p.  242  v.  13:  halla*^ 

walâqâhom   ''ala-d-dâr   tahtâs    (c'est  ainsi  qu'il    faut 

lire),  ce  qu'il  traduit  par:  er  nahm  ihren  Frauetif?J  die  Beute, 

îvâhrend  sie  im   Lager  sassen,   tandis   qu'il   faut   traduire: 

wàhrend  sie  im  Lager  herumgitigen  '). 

iC_A^^L>,   pron.  h  ose,  putai7i,  parce  qu'elle  rôde,  (j*>-=^';  v. 

iLwL>  et  ïiCavoLp. 

xmo^;:sù',  tour,  promenade.  iL.*»-jipi^'  l\-=>I,  faire  un  tour,  une 

promenade,  Dt.,  comme  en  Algérie. 

o 

(j*!^,  tour, promenade.  C'est  le  masdar  mîmî,  courant  dans 
le  Sud  et  le  Nord,  des  verbes  de  mouvement,  Hdr.  p.  209;  V.  ici  p. 
526.  jLxftxi,  plus  commun,  varie  avec  3-xàa,  p.  e.  ^Ui.*^,  ^y*^, 

o  o  o  G 

.!Ju^,  ,Ly«^,  \J^fiAi  retour  à,  la  maison,  Nord,  Jl^.:?^,  vhv. 
Rhodokanakis  n'a  ]3as  reconnu  cela  et  il  considère  ces  for- 
mes comme  des  nom.  loci,  RD  II  p.  155,  oîi  il  cite  misdàr, 
misyêl,  misyfira,  qui  cependant  sont  des  infinitifs,  assez 
communs  en  mehri,  ce  qui  a  justement  été  relevé  par  Bittner 
St.  mehri  I  §  21  et  II  p.  88  Anm.  2.  —  En  Hdr.,  il  y  a  la  variation 
phonétique  u«L^,  vhv.,  LA  sv.  Notre  tj^L>  est  évidemment 
l'hébreu  biblique  ^in,  courir  vite,  se  dépêcher,  plutôt  que 
Ki>s>,   avec  lequel  il  peut  bien  être  apparenté,  Ges.-Buhl  sv. 

')  Rû'i  ;il-MeU''hah  est  ib.  le  possesseur  de  la  jument  el-M. 

38 


514 

Cf.  les  apparentés  ^j*^  et  (j*'*.  II  est  probable  que  le  clas- 
sique (_^y.^-=>,  être  courageux,  LA  sv.,  I.  el-Qùt.  p.  221,  pro- 
vienne de  ij"^^,  vhv.,  par  lequel  il  est  paraphrasé  LA  VII 
p.  360,  4  d'en  bas. 


V   ^^_>    565;    601;    690;   expliqué  Hdr.  p.  .359.  ^  ^_^-> 

1185  =  ^   u^*-^=>,  vhv.  ■— cjiL>,  u,  remuer,  brasser,  mêler. 

a^^î  ^=>,  remue  le  café  ^  Nord  a^l   .^>,  vhv.  .Uiî  ui^=>, 

remue  le  feu,  attise  :=  ^y>.  LA  VIII  p.  172:  %*=^    LJ!  JL=> 

v--Aix^  Q^  o^ÂJ"  Lo  \^\  =  ^UJ!  ;__,>i4'î,  ib.  p.  177,  51,  oîi  |ji.j>  = 
notre  (jxL=>.    Un  Hadramite  me  dit:  Q-fwJij  J^^^ou'l  ;.i>^-*j>  "^ 

ù  3 

LiJOix.>  L^joio^^,  si   hi  prends  du  miel  et  du  beurre  que  tu 

mélanges  e?isemble,  tu  dis  hùsteha.  ,_c-;i^j  j^,  j'ai  des 
tranchées   de  ventre,   des  coliques,  propr.  mon  ventre  remue, 

cf.  L>3>>,  classique ;  =  (jiiLx:^.  ^c^ ,  x^w  mon  veyitre  se  remue. — 
Capter,  retenir,  collecter,    a.y^  }-^^-  ^c^  Vj^  ^^'   \y^^=^i 

on  a  capté  Veau  avec  un  parapet  construit  en  pierres  et  en 
chaux,   1476  en  bas.  Un  proverbe  du  Haurân  dit:   ^_5^_<_x_i; 

^jJi  c>-iL>  Lo  \J^}^  ^sy»-^i  '^071  flet  est  jeté.,  et  quelque  chose 

qu'il  rassemble,  cest  à  moi.  lJ^^J!  UJLc  uiit=>  =  l-uic  o-^c 

&JJJ!,   Ze  peîir  nous   a  envahis,  ^Anazî.   Ce  verbe  n'est  pas 

employé  dans  le  tligâz,  d'après  ce  qu'on  m'a  dit.  Hartmann 

LLW  p.  141,  5  et  p.  195,  4  d'en  bas,  LA  sv.  ;  cf.  ^♦:>  vhv. 

(ji^->,  parquer,  renfermer  le  bétail  dans  le  uh-^^  -^5^'  = 
(ji^.  RD  Gl.  s.v.  —  Ramasser,  cueillir,  Syrie;  voir  sub  (^^^"^5 
cf.  iji^-«.:>,  Belot. 
(ji5L>,   gronder,  grogner.   .\-X_«^:>   J^  ,ji,3L=>,  il  gronda   sa 


515 

femme,  307,  15.  —  Porter  secours,  371,  12  d'en  bas.  —  Corn- 
battre,  chez  RD  Gl.  sv.  où  la  remarque  est  très  juste;  cf. 
aussi  Stumrae  TTBL  Gl.  sv. ;  voyez  ici  J^jr^-  —  (jiL^^l, 
fuir,  Béd.  Syrie,  490  d.  1.,  paraphrasé  par  pj^'î,  f-^  et  ^^^. 

I^L^lj  ^îçlc  LlLoj  ou -Lib  iCs^  Uft^ ,  /îot^s  avo^zs  vw  des  voleurs 
sur  la  route  et  nous  sommes  tombés  sur  eux,  mais  ils  ont 
pris  la  fuite,^AnsiZ\;  Jaussen  Coutumes  p.  55  où  =  iA^ast,  lorsque 
la  nouvelle  mariée  s'enfuit.  Cf.  (j^L^'î,  vhv.,  et  îi^Tin,  fttir.  — 
ijiiLx>!  se  dit  du  ventre,  grouiller,  lorsqu'on  a  des  douleurs  de 
ventre  ou  des  tranchées,  1381;  propr.  se  remuer  ;  y  .  (jÀ.^ .  — 
iji^,  espace  entouré  d'un  mur  de  clôture,  enclos,  cour,  340  ; 
1750  n.  1;  pi.  uiil>=>î,  7,20;  1042;  1153,6  d'en  bas.  Au  pi. 

,ji!^:>!,   fois,   aussi  courant  en  mehri.    uh-^  ®st  en  Tripoli- 

taine  le   mot   usuel  pour  maison.   Chez  les  ^Anazeh,  (j«^>- 

est  aussi  combat:  j^^'i  q-,  l^^.  .JÎL\i"b5î,  les  vils  so?it  trop 

lâches  pour  aller  au  coynbat,  ""Anazi;  voir  ici  (jijLs-,  com- 
battre. —  To7isure,  selon  ZDMG  17  p.  390,  ce  qui  reflète 
bien  le  sens  primitif  du  thème. 

(jijLs*,  embarrassé,  perplexe.  *-j  u*5L>  ^l,  je  suis  embar- 

rassé  Dt.  Stace  p.  80:  helpless  et  ib.  (ji^^î,  more  helpless. 

iC4>>>  mauvaise  impasse,  difficulté,  1185,3. 

iCA^_j.5>,  toutes  les  personnes,   parents   et  autres,  même  les 

domestiques  et  les  soldats,  qui  habitent  le  ij«>=>,  maisonnée, 
1750,8  et  n.  1. 

On  comparera  les  verbes  (ji;^>,  y^;-^;  u^y^,  u^'*-^  ^ont  le 
sens  primordial  est  j^  ou  ^b,  505,6  d'en  bas=  ma  LB^A 
p.  2,  21,  ou  olj>,  v.  ici  p.  517,  9.  Le  sens  de  remuer,  =  éy=>, 
ne  me  semble  pas  en  faire  exception;  la  source  doit  être  la 
même;  peut-être  aussi  j^l>=^,  vhv. 


516 


(joL>,  u,  coudre,  mais  on  se  sert  en  Dt.  de  la  II  forme, 
M^AR  pp.  18  et  20. 

oo^,  coudre.  La  différence  entre  ce  verbe  et  ial=>  est  que 
celui-ci  ne  s'emploie  que  pour  les  gros  ouvrages,  tels  que 
sac,  natte,  couverture,  tandis  que  le  premier  s'applique  plutôt 
aux  habits  qu'on  porte,  ce  qui  coïncide  avec  la  définition 
de  LA  sv.  I  Ôinni,  K.  el-Murtasab,  éd.  Prôbster,  pp.  13  et 

45.  En  Syrie,  c'est  =  .^',  être  inquiet.,  comme  chez  Belot. 
uoL:=>,  couture^  probablement  pour  uo!^>  =  k>oL>.. 

Les  premiers  hivers  que  je  passais  dans  l'Arabie  méridio- 
nale, j'entendais  toujours  prononcer  (_wvj^ ,  et  les  Datînois  me 

disaient  que  c'était  „la  même  lettre  que  dans  l'«>>,  parce 
que   la   main  va  et  vient  en  arrière  et  eti  avant".   En  effet, 

(jJ.s>  se  rencontre  avec  (joL>,  comme  3^>  (j*L^  et  Jj=>  (joL=.  '). 
On  voit  donc  que  l'emphaticité  est  très  faible  dans  le  Sud, 
comme  je  l'ai  souvent  relevé  et  je  ne  suis  pas  à  l'abri  des 
erreurs.  Heureusement  ici,  le  dictionnaire  de  la  lurah  me 
donna  la  vraie  forme.  Le  verbe  est  très  classique  et  se  ren- 
contre dans  les  Traditions,  Nihâyah  sv. 

^<^j=>  ^  ij,j.^p>,  1264;  LA  sv. 


*Jo^: 


1lk=*  Jardin  clôturé,  145,  16;  1615,  <  j£uL=>,  519  et  ss.;  525; 
pi.  -bL^,  1615,  et  ol-l2-v>,  1616.    Margais   TAA   p.    274. 

Dans   el-Hogarîeh,  on  dit  encore  haït,  pi,  -Lsj^^. 

iLb^,  jardin  clôturé,  1616;  territoire  réservé,  territoire  sacré, 


')  Est-ce  que  pfi  ne  pourrait  être  parent  de  lK'I-s»  ? 


517 

asile,  1616;  1781  et  ss.  Arabica  V  Gl.  sv.  Il  y  a  dans  le 
Sud  beaucoup  de  hautah,  et  l'endroit  où  un  santon  est 
enterré  reçoit  toujours  ce  nom.  Voir  l'Index  de  l'Arabica  V 
sv.,  de  Datînah  sv.  et  l'Encyclop.  de  l'Islam  I  p.  313/4. 

RO  §  343  donne  J^^',  se  promener:  J^  ^y^_y^.  o^-/!^  r 

.^tJî  jJi?,   «75  allèrent  se  promener  par  l'ombre  de  la  soirée, 

où  ce  verbe  montre  bien  le  sens  de  T/~-bj.r=-,  élargissement 

de  V~^s>,  sur  laquelle  voir  p.  530;  cf.  u-.>^',  se  promener 
vhv.  et  (jij.>,  v^j-^-,  oj->,  J^=-,  c^^*,  vhvs.  Dans  notre  dia- 
lecte,  il    y    a   aussi    Jb^^,   entourer  d'un  mur,   établir  ou 

faire  une  i^>,  et  -b^',  être  entouré,  être  institué  (terrain) 
comme  i^=>. 

LJL:^,  u,  aller  par  ci  par  là,  rôder,  herumstreichen,  307  note. 
Lêh   tehûf  kèda  fil-bêt,  pourquoi  tournes-tu  comme  ça 

clans  la  maison.^  Dt.  =  (j-^^û"  ou  ^^^J"  vhvs.  Ce  sens  se 
trouve  aussi  dans  le  Nord,  mais  aussi  celui  ^.'entourer,  cerner 
et  qui  est  primordial;  cf.  les  autres  dérivés  de  1/  _>=>.  — 
Ma  hâf  'agemne,  il  n'a  pas  passé  notre  seuil,  RO  p. 
109,14  d'en  bas.  —  U  tani  leyleh  yisdor  el-'aqîd 
'ala  el-'Arab  yil.iûfuhom  ')  'ala  el-walad,  et  la  nuit 
suivante  le  chef  marcherait  sur  les  Bédouins  qu'il  contour- 
nerait à  l'effet  d'e?ilever  le  jeune  homme,  ma  L  B  '^A  p.  2,  24  ; 
V.  ici  p.  515  en  bas.  Musil  o.  1.  p.  188: 

El  hâsi  tabaq  l.ialâwa  *  el-mis'ad  yalli  tahûfa 
La  danseuse  est  un  p)lateau  de  douceurs;  heureux  celui 

qui  l'e?itoure. 

C'est  à  dire,  qui  peut  en  manger,  et  non  pas:  „eine  Dûte 
von  Sussigkeiten,  Glûcklicher  !  der  sie  zusammenrollte"  -). 


')  Ainsi  prononcé  distinctement:  yihûfuhom;   voir    sub   y':-U>. 
*)  Les  traductions  de  ce  professeur  d'arabe  sont  parfois  d'un  grotes- 
que inénarrable. 


518 

Chez  Hein  SAE  IX  p.  165  N°  16  v.  3:  wayahûfèyna 
el-fâga  wad-deyn  (c'est  ainsi  qu'il  faut  lire,  où  yahû- 
feyna  est  pour  yahûfeyn-na,  par  haplologie),  et  la 
pauvreté  et  les  dettes  nous  entoureyit  =  nous  accablent.  — 
Ensuite,  dans  le  Nord,  l_îL=>  est  devenu  rôder  pour  piller, 
Musil  0.1.  p.  390,  16,  et  voler  simplement,  Jaussen  Coutumes 
p.  89  n.  1.  Weissbach  zum  Irak-arab.  p.  130,  15:  y  a 
ohwètna,  ehna  el-yôm  nërûh  nël.iûf,  copains,  nous 
allons  aujourd'hui  voler.  —  En  Haurân  et  chez  les  'Anazeh, 
oLs*  est  aussi  examiner  attentivement,  comme  dans  ce  verset 
de  la  Qasîdat  es-Sahgah: 

o 

Wel-açlâfer  hûf  u  sûf*habb  èdra  ebgernâsa  bât 
Et  ses  ongles,  exmnine  et  vois  :  {elles  sont  co?m7ie)  les  graines 

de  millet  (s.o)  qui  restent  dans  leur  bouillie  '). 

Ensuite,   préparer,  soigner,  ordomier,   arranger,  Damas, 

Haurân  et  Bédouins.  w>lb  lJj.^  ^Uà=>^  o^tyi^  Ij^a^Lc  Jy>,  des 
hôtes  sont  descendus  chez  nous,  et  nous  les  avons  entourés  de 
bons  soiiis,  nous  les  avons  bien  soigtiés,  "Anazî.  ot  Jl  l_î>^'  b-l' 

.^î-r^U  ^j.:>,  la  femme  prépare  le  manger  avec  soin,  ^Anazî. 
Chez  Musil  o.  1.  p.  194,  nous  lisons: 

Yâ  ^ammina  qum  Ijott  qabri* wad'^in-nisâma  yihùfûno 

traduit  par: 
0  miser  Oheim,  steh  auf  und  ziehe  die  Linien  7neines  Grabes 
Und  rufe  herbei  die  Helden,  dass  sic  es  ausgraben. 

L'auteur  aura  demandé  à  quelque  missionnaire  indigène 
ce  que  signifie  ici  yihùfûno.  On  lui  aura  répondu  yih- 
forùno,  ils  le  creuseïit,  et  il  a  cru  que  lJL>  est  =  ^.àj>, 
mais  cette  réponse  ne  peint  que  le  travail  qu'on  fait.  Il  faut 
traduire:  ô  notre  oncle,  va  tracer  ma  tombe  et  laisse  les  braves 
gens  la  mettre  en  ordre  pour  que  j'y  sois  enterré  avant  vous, 


')  Lr'^j'?'  6st  une  hotdllée  de  riz  et  de  duvah  avec  du  lait. 


519 

car  c'est  ce  souhait  qui  est  ici  exprimé,  voir  ici  (j?Axj  L  p.  181. 
Sur  j.iï,  vshv.,  et  sur  ^JJ^^>  <  pOj,  laisser,  v.  ici  sv.  ^o.  ol.> 
a  ici  le  sens  que  je  viens  de  rapporter.  Il  n'a  jamais  celui  de 
creuser,  quoique  ^  puisse  être  un  élargissement  de  V'~^:>, 

comme  l'est  aussi  V  ^y>.  vv^Id  iji^^  oljî,  le  manger  est 
bien  soigné,  bien  préparé,  '^Anazî.  Un  verset  de  la  célèbre 
qasîdah  d'el-Hotrôbî  porte: 

Masman  wa  law  zîyin  li  ez-zâd  ')   bil-hôf 
Je  ne  deviens  pas  gras,  quand  rnême  ma  nourriture  serait 
préparée  avec  soi?i.  Ma  LB'A  p.  11  v.  5. 
^^îLs^AA-l,  RD    p.  104,  15   n'est   pas   pour  oLs^Lwî,   comme  le 
croit  mon   savant  confrère,   ib.  p.  139,  mais  c'est  la  forme 
régulière:   tâcher  d'entourer,  filer  q?i.,  chercher.    L'auteur  le 
place  dans  son  Gl.  sub  v_à-^=>. 
KjL=>,  quartier  d'une  ville,  827,  6  =  ailleurs  »^L>;  au  pi.  lc*!>=*j 

selon  Stace  p.  134.  Cf.  iL5b>,  vhv..  Mehri  haft,  ville,  vil- 
lage; sh.   hofet  ou   lioft,   village;   ce   mot  offre  la  même 

sémantique  que  b^L>,  s^=»,  JajL=>,  Ja^^  et  <5-bj.=>,  un  endroit 
e?itoîiré,  clôturé. 

lJ^=>,    inf.    de   oL^^,   soin.  o>:^L.,   avec   soin,  v.  plus  haut. 

C'est  aussi  le  synonyme  de  jiLo  ou  (^*,j^.  »if-'i  ?q^  oyù"  L« 

eVip>  «dlû]  nJS  c>j'  \>-«*«^i  ^  lit ,  Ne  connais-tu  pas  un  tel  ?  — 

Je  le  connais,  je  le  prenais  d'abord  pour  toi,  il  est  comme 
s'il  était  toi,  on  dirait  que  c'est  toi,  Haurân.  Dans  la  Qasîdat 
es-Saligah,  il  y  a  ce  verset: 

Uel-asâbi^  l.iùf  aglâm*ktâbi  wa  làhin  mabrîyàt 
Et  les  doigts  (de  la  belle)  sont  comme  des  plumes  à  écrire, 
mais  ils  ne  sont  pas  taillés  (ils  sont  effilés  par  la  nature).  — 

iO)-=>  en  ''Iraq  est  ce  que  les  Syriens  appellent  sjy,  vhv. 


1)  Charité  :  zî-yia-lï-yez-zâ-de. 


520 

^^jL>,  voleur,  pillard,   Nord,   Musil  o.  ].  p.  347,5  d'en  bas 

et  p.  387,3.  Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  103  note:  „nàcht- 
licher  Dieb".  Jaussen  Coutumes  p.  89  n.  1:  „ouL>,  qui  vole 
sous   la    tente";    restriction    inutile.    M  SOS    VI,  ii    p.-  120 

N°  27,  =  ^^',>,  et  V.  sub  1^=>  p.  344  en  bas. 

^\^=^  voleio;  pillard,  pi.  a-5U.=>  ;  voir  sub  (jiL^'î  p.  51 5,5  =  lJL*>. 
iL5^:>,  cheveux  sur  la  partie  postérieure  de  la  tête;  propr.  ce 
qui  entoure  la  tête,  Nord.  Musil  o.  1.  p.  159,  4  d'en  bas. 

ob>,  u,  entourer ,  ^=- yjyz^ ,  i;  cf.  ^_îL>,  ^^«A5>^)  et  ti)L:>,  LA 
XI  p.  358,  9  d'en  bas,  vhvs.  En  Dt.  et  Hdr.,  rester.  Ibnah 
(m  i  n)  h  â  q  h  i  n  a ,  U  faut  absolument  qu'il  reste  ici.  Arabica  V 
p.  150;  ib.  Gloss.  sv.  plusieurs  exemples.  Dans  le  Nord,  aussi 
au  fig.,  circonvenir. 

^yti!  Q»fï>^.  ^yi,  les  voleurs  circonviennent  les  Bédouins^ 
"Anazî. 

^y>  et  oi*>,  être  rond;  cerner,  ejitourer,  enfermer ,  retenir ^ 
Hdr.  et  Dt.,  Arabica  V.  Gl.,  où  exemples. 

o>^",  se  trouver  autour,  entourer,  j-^v^î  Js-^  [^^_y^^^  cr^' 
nous  sommes  assis  autour  de  la  table.  Arabica  V.  Gl.  sv. 

vJ^^,  espace  sous  la  voûte,  tunnel;  fosse,  371. 

o!^,  voleur,  ""Anazî,  pi.  iLïî^ï>.  Cf.  \^\y>  vhv. 

'Li]}j>,   un   rond,   un   cercle,  ^Anazî;  pi.  \Jb^L5>;  v.  p.  466. 

Cela  est  illustré  par  le  récit  très  drolatique  d'un  "Anazî: 

Le  sêh  Zmêr  des  ""Anazeh  reçut  une  lettre  de  Damas 
de  la  part  du  Pacha  du  Pèlerinage.  Ne  sachant  lire,  il  convoqua 
les  contribules,  qui  s'amassèrent  autour  de  lui  pour  voir  la 


')  En    mehri,  hayq  ou  hayk  est  rivage  =z'^*\'^^  où  les  deux  racines 
synonymes  se  rencontrent;  p^n,  rein.  Cf.  oi*s>  Naqâid  Gl.  sv. 


L2J. 

lettre,  et  itbahharu  bo.h.  Qui  wfihed  min  ho  m  min 
râd:  bihal-hawâwîg  hâdôl  yerîd  el-bâsa  hurfàn 
u liai  11  hili  muvâwala  yerîd  abâ'ir  u  el-(pas  en)na- 
gâgît  hâdôl  yerîd  artâl  samn,  ils  la  regai'dèrent  atten- 
tivement. Un  d'eux,  qui  se  trouvait  derrière  les  autres,  dit  alors: 
Par  ces  ronds-là,  le  pacha  veut  des  yyioutons  et  par  ceux-là 
allo7igés  comme  ça  il  veut  des  chameaux  et  par  ces  yoints-là 
il  veux  des  ra.tl  de  beurre".  Le  sêh  demanda  alors:  u  entu 
ya  'Arab  tehottu?  et  vous  autres  Bédouins,  vous  don- 
nerez{cela)?  —  La  bUia  ma  nehôtt,  7ion,  par  Dieu,  nous 
ne  donnerojis  pas.  —  Le  sêh  donna  au  rasûl  la  réponse  ver- 
bale de  son  refus  et  s'écria:  rahîl,  y  a  ""Arab,  rahîl,  et 
tons  décampèrent  à  l'instant;  cf.  ici  sv.  _^ii>  p.  466. 
iol^-i^   est  aussi   le   cercle  que  forment  les   musulmans  en 

priant  dans  les  môled  et  les  chrétiens  en  dansant  =  iLiiJb>. 

ki)Ls>,  u,  tisser,  19,  19. 

Ai)ui:>  >  eU^,  tissercmd;  hayk  .88,  10;  183  n.  2;  842;  heyk 

11,  1;  19,  19;  172,  10,  >  hêk;=  ^i^>  en  Hdr.,  =  sh.  heyyôk; 

Brockelmann  o.  1.  I  p.  191;  pi.  d^^=>,  qui  est  pour  ti)wjj^>, 

>  hawèy  k  >  hawîk,  523  et  n.  2;  680,  et  ti)^-j^,   523   et 

n.  2,  680.  Sur  le  passage  de  ai  à  ay>ê,  voir  522  et  ss. 
et  Arabica  ITI  p.  39;  c'est  là  un  processus  mehrite,  Bittner 
St.  mehri  I  §  73  —  75  et  id.  St.  sh.  §  52,  très  commun  dans 
les  dialectes  de  Dt.  et  de  Hdr.,  surtout  dans  les  pluriels 
J«JLjè,  d'un  singulier  i^i-Ajé;  >  fa^ayl  >  fa'^êl  >  fa^îl;  p.  e. 
dabèyl  <  J^L.3,  522  v.  2;  gabeyl<  J^Lï,  ib.  v.  4;  daheyr 
<  jLi>o,  comme  le  qarawî  (shaurî)  dhâyr,  Bittner  St.  sh. 
I  §52,  et  'arèys<^J^J!JC,  vhv.  V.  d.  Berg  Le  Hadhr.  p.  78 
donne  hawîk  pour  le  singulier,  mais  c'est  là  le  pluriel 
qu'il  n'a  pas  reconnu.  Voir  Arabica  V  Gl.  sv. 


522 

V  ^4^-^  ^  donné  V  dUA_:>,  de  sens  identique;  les  deux 
verbes  employés  également  au  figuré.  On  trouve  ce  même 
passage  de  w  à  b  dans  le  verbe  qarawî  (sh.)  hâk,  tisser, 
qui  fait  à  l'imparf.  yeheyk,  thabék,  Bittner  St.  sh..II 
p.  36  anra.,  où  d'autres  exemples  analogues.  Cf.  le  syriaque 
reweh  putruit,  et  l'arabe  dial.  -,3.,  sentir  mauvais,  vhv. 

Les  tisserands  ne  sont  pas  considérés  dans  le  Sud,  malgré 
l'importance  de  leur  métier,  qui  est  le  plus  souvent  héridi- 
taire  dans  la  famille,  183  note  2.  Les  juifs  s'occupent  beau- 
coup de  tissage  dans  le  Sud.  Jacob  Sanfarâ  II  p.  2L  Le 
pseudo-ijràhiz,   Tria  Opuscula,   éd.   v.  Vloten    p.  32,15    dit: 

iLULx^îj  '\xJ^\  ^  xUî  oiii>  Jy^  ^_r^  J^-   On  voit  donc  que 
les  fripiers,   les  pêcheurs,  les  maqidgnons  et  les  tisserands 
étaient  partout  considérés  comme  de  la  fripouille. 
iiil:>,  large  caverne,  pi.  iiU=>.  Jayakar,  OD,  R  AS  1889,  p.  660. 

Jl^  JL>,  se  placer  à  côte  de,  523,6  d'en  bas;  cf.  J^  J-^. 
Dans  le  Nord,  c'est  décamper.  s^-jAJli?  ^J^  )jl\j=>  pvJ!  vy^%  ^^^ 
Bédoums  ont  à  présent  décampé  de  ce  pays,  ""Anazî.  J^  JL=> 
y  est  aussi  saisir,  attraper,  rejoindre,  comme  dans  la  continua- 
tion de  la  phrase  rapportée  13S6  note  1.  5:  u  la  kânom  yehùlu 
^ale  y  h,  mais  ils  ne  réussirent  pas  à  le  saisir,  ma  LB'^A  p.  57, 

14.  Cf.  '"^V  t'in.  \JLe  c>J^  ^  xj'o-b  j.jijî  r*j^,  un  chameau  s'est 
enfoui,  je  lui  ai  fait  la  chasse,  mais  je  nai  pu  Vattraper, 
expliqué  par  ws.^02s,  ^Anazî.  -  Ne  pas  devenir  grosse  (bête), 
Meissner  N  A  G I  p.  119.  ^J^Jc\■^l:>,  expliqué  par  J.:s^!  <^4^, 
""Anazî,  V.  p.  525. 
^3;=>,  descendre  comme  hôte  chez  qn.,  v.  sub.  ^L=>  p.  518,  16, 

=  Jjj.  Hadarî  du  Nord  et  Dt.  Js^  Jv>)  se  transporter  dans  un 

endroit  pour  s'y  fixer,  554  v.  19;  1166,  7  d'en  bas.    ^  Jy> 


523 

léLJiî  iji^JLb,  mets-toi  sur  la  marmite  de  ta  mère,  vilaine 
expression,  el-Belqâ,  Palestine,  1263,  où  -In^^I^.  -  Verser  ses 
eaux  (torrent),  Yéman  et  Dt.  =  Harîb  ^^o,  1333,  d.- Sauter, 

en  sahhi  BBRAS  1912  p.  265.  -  Stace  p.  1.  a  ^i^,  he 
abando7ied  them,  gave  them  over,  left  them  to  themselves.  — 
^3L>  =  ,ji3.*j .  (j^lJjL  q^Ia^  I^-ÎL^)  quelques-uns  portent  uyi 
bâton,  363.  JLîJî  aÂ^  J^c  ^J^J^  o^^^'  d'autres  pierres 
sont  debout  sur  le  bord  du  tombeau,  69,  3.  ^^L^j  ^;jo^*i2j  ^-y^l-=> 
^^  (^^.  U),  il  y  a  des  chameaux  qui  saillissent  et  d'au- 
tres qui  7ie  le  font  pas,  93,  13.  a^-iJ-H  |l<-iL>5  «y.l2>_:  ^'l=-, 

Il  y  en  a  qui  l'avalent  et  d'autres  qui  le  crachent,  57,  4;  1081, 
oii  d'autres  exemples.  Lfj^:>uj  |;^1=>5  . . .  vj*^'  L^y^-^:^.  p*--'-^ 
iCj-il  l\_;_£:,  d'aucims  V égorgent  au  coucher  du  soleil  ...  et 
d'autres  le  font  cuire  près  du  champ,  1776  et  s.  —  v^xiî  Jb>=: 

^.xJt  ijiijtj,  117,28.  —  *]Lj^3,  à  /?</  seid,  1657,  17. 

La  JL=>,   aussitôt  que,   lorsque,   surtout  dans  le   Nord,  465; 

1174  et  n.  J;  1454  n.;  1546;  Carbou  p.  41.  V.  d.  Berg  Le 

Hadhr.  p.  275  IS1°  12  1.4  d'en  bas:  \J^^  UL=>  él^.  L«  ^3^^, 
aussitôt  que  cette  lettre  t'arrivera.   Moritz   Zanzibar   p.   23. 

L  ^l=>  =  U  Jj>  >  'û=>  vhv. 

J^j>  dans  l'expression  telle  que:  ^\^=^  ^^-^  S^  '^^  i^  ^^'<^^ 

n'en  d  faire  avec  eux,  Dt.   |!^j.^u  (ji;^  ^ ,  /ic  has  nothing  to 

do  îvith  them,  Stace  p.  112.  Même  locution  en  meliri:  murr 
ma  haulek  si,  va-t'en  ou  passe,  cela  ne  te  regarde  pas, 
SAE  VII  p.  25,  25,  30;  ib.  p.  26,  25,30,35,  où  le  texte 
mehrite  a  la  même  tournure,  tandis  que  le  texte  sh.  porte: 
dénu   lek   mens   se  lo   et  le  soqot.  dé  âl  di-^'ék  mes, 

ce  qui  correspond  à  la  locution  sudarabique  ^__ç-^  .v.^-*  d^Ju»; 


524 

voir  sub  ^J^.  Hein  SAE  IX  p.  41  §  26:  âmûr:  de  minhô? 
Amirût:  haulk  minhêm  là,  il  dit:  d'oii  cela?  Elle 
répondit:  ils  ne  te  regardent  pas  ;  le  texte  hadr.:  ma  haulek 
minnahora.    Bittner  St.   mehri   V,  ii   p.  75   dit  dans  une 

note  ad  hoc  „]e  mh.  h  a  ni  n'est  pas  l'arabe  ^^^  (inexacte- 
ment traduit  du  mehri  par  haul),  mais  l'arabe  JL>  (par 
1.1  ûl)".  Cette  remarque  n'est  pas  juste,  comme  on  a  pu  le 
constater.  La  tournure  étant  la  même  dans  les  deux  langues, 
la  question  est  seulement  de  savoir  oià  il  faut  en  chercher 
l'origine.  En  tout  cas,  je  ne  crois  pas  que  ce  soit  le  mehri 
qui  l'a  donnée  à  l'arabe,  à  moins  qu'elle  provienne  d'un  temps 
ovi  le  mehri  était  plus  répandu  qu'à  présent,  ce  qu'on  ne 
saurait  prouver. 

Dans  le  Sud,  J.^=.  a  une  importance  toute  particulière. 
C'est  ainsi  qu'on  appelle  la  situation  amenée  par  les  pluies 
torrentielles   sur  les  hautes   montagnes.   On  lira  ce  que  j'ai 

écrit  sur  ce  sujet  Hdr.  p,  121.  C'est  là  le  J.j>-,  la  force  par 

excellence;   cf.  J-*_>.   Le  J^w*  parcourt  alors  le  pays  pour 

annoncer  la  bonne  nouvelle,  mais  le  y^^  est  tellement  vio- 
lent et  rapide  que  le  mehàuwil  arrive  presque  toujours 
trop  tard. 

Cela   a  donné  origine  au  proverbe  S^-^  J-tv^'  oi->-«,  le 

sêl  a  devancé  le  m.  Le  sêl  fait  le  plus  souvent  beaucoup  de 
dégâts,    brisant    tout   sur   son   chemin  :   c'est  alors  un  vrai 

fv^^^r  J^>)    Qor.    19,69.   Le   mehàuwil  crie  de   tous   ses 

poumons:  ^y^  ^,f->î>Jb  »%=-  Jv>  Lj  le   haul,   le   haul   est 

général  dans  le  ivâdi,  ou  bien  àilL.  "5]  s^s  %  J^>  "i^,  ce  qui 
est  une  phrase  du  Prophète,  Qor.  18,  37,  LA  XIII  p.  200  et 
Nihâyah  sv.,  où  J^>  est  expliqué  par  '^^=^',  je  crois  que 
cest   plutôt  changement.    Le   mehàuwil  a  son  nom  de  la 


^  525 

phrase  qu'il   profère,   car  le   vrai   J^^   est  Allah  ciui  Jys^j 

Jail  ^fit  J^:5^i'  ^î'<^  /«/<  couler  l'eau,  c'est  à  dire  la  pluie  GO. 
En  mehri,  bar  haul  est  torrent  de  pluie,  le  fils  du  haiil, 
Jahn  Gl.  sv.  le  traduit  par  „Sohn  der  Verânderung",  avec 
un  point  d'interrogation,  ce  qui  pourrait  être  vraie  quant  à 
l'étymologie  bien  éloignée,  mais  il  ne  connaissait  probable- 
ment pas  le  sens  spécial  du  haul  sudarabe. 
JoL:>,  femeUe  qui  n'a  pas  encore  mis  bas,  Dt.  ;  RD  Gl.  sv.  — 

Brebis  stérile,  524  d.  1.;  525.  Un  Bédouin  d'el-Belqâ  me 
l'expliqua  par  jJj~J'  %  ^xj  ^5  ^J\  ililr^-  "^(5  iJ^L>,  hfiil  ou 

h  Alla  h  est  une  brebis  qui  ne  conçoit  pas  et  ne  met  pas  bas, 
parce  fju'elle  est  trop  grasse  pour  avoir  été  engraissée.  Cela 
coïncide   avec   la  définition  d'un  homme  de  -^Oneyzah:  ':L^\xJ 

U^sxi;  'lÂJu:^  ^yJi  U  (^yCj  ^  u\Ju"  ^,  une  brebis  qui  n'a  pas  mis 
bas  et  qui  n'a  pas  eu  de  lait  et  qui  par  cela  crève  de  graisse.  — 
Jument   non   encore   couverte   par  l'étalon,   pi.  y^<=>  ou  J«.a=>, 

"^Anazî.  Cf.  o'*/^'  c>jL>;  ^Anazî,  v,  p.  522,5  d'jsn  bas;  on  laisse  la 
jument  se  reposer  un  an  sans  la  faire  saillir  et  l'on  dit  (j^^\  LJLi:> 

L^L^L^A.::  Le  iCLw,  Arabica  III  p.  90;  voir  ici  sub  J-^.  —  Cha- 
rnelle stérile.  Hartmann  LLW  p  114,  22.  —  Jeime  chamelle, 
Musil  0.1.  p.  178,  mais  ib.  p.  186,  5  d'en  bas  il  le  rend  par 

stérile,  où  il  faut  la  même  traduction  à  cause  du  iL^jJ;  qui 
le  suit;  cf.  sub  J-ç>.  D'après  LA  XIII  p.  200  et  s.,  le  verbe 
et  le  participe  s'emploient  aussi  bien  d'une  femelle  stérile 
que   d'une   femelle  qu'on   laisse  quelque  temps  sans  la  faire 

saillir.  —  J!^  dans  la  locution  J!^  r-^-^^i  ^he  sea  is  calm, 
Stace  p.  35  et  p.  135.  —  t3U-=>,  tout  autour.  kjLVxJ!  JÎ^-=>, 
autour  de  la  colline  de  sable,  Ri)  II  §  28g,  mais  ^Jr>[^=> 
avec  suffixes. 


526 

J|^>  et  tiVJtj.>,  expliqué  383;  Muzhir  II  p.  104.  Torczyner 
0.1.  p.  67  et  p.  175  considère  hawaïen  comme  provenant 
de  ha  wâlan  >  hawâlân,  par  allongement  de  la  désinence 
accusative  adverbiale,  et  ensuite,  avec  imâlation,  hawaïen, 
comme  îa*:  >  ^îAxj  >  j^Axj ,  baMên,  vhv.  D'après  lui,  ce 
ne  serait  pas  un  duel,  ib.  p.  67  n.,  mais  lorsqu'il  explique, 
ib.  le  duel  ganbên  de  la  même  façon,  il  dévie  du  but  et 
perd  pied.  (jO|^5>  ne  se  trouve  qu'en  Egypte,  Vollers  Lehrb. 
p.  108  et  p.  132,  Tantavy  Traité  p.  82:  oXxJI  ^^l^^.  — 
;îvJ|^=>,  tout  autour  d'eux,  RD  I  p.  54,  26;    cf.  Hdr.  Gl.  sv. 

Cette  forme  est  courante  dans  le  Nord. 

J^^=>,  petite  plantation  d'encens,  RD  Gl.  sv. 

i:ij^=>,  1706,5  d'en  bas,  mais  je  n'en  connais  pas  bien  le  sens. 

^^j.,=>   est   d'après   Snouck    ZA  26  p.  229  n.  1  la   levée  de 

terre  ou   de  pierres  qui  entoure  tout  le  champ  et  le  sépare 

des  terrains  voisins.  En  Dt ,  on  l'appelle  ^y^  vhv. 

ô'^y^,  infinitif,  v.  (_r-!>i^  p.  513.  Du  récit  "anazite  d'el-Hôtrôbî, 

ma  LB'A  p.  16, 9  ss.  et  ib.  Gl.  sv.,  j'extrais  ce  passage:  Wiga 

el-Gerba   u  hauwal   ^aleyhom Gâl   I.  es-Swêt: 

w  u  s   i  1 1  i   y  i  d  a  h  h  è  It  (Ë) ,   y  a   el-Gerba?  G  â  1  :   d  à  h  h  a- 

kan   mehwàli   ^aleykom Gàl   el-G.  :   y  a   I.  es-S. 

uèntum   ya   es-Swêt  kùllekom,  tîdrom  wus  meh- 
wàli   "andekom? mehwâli    arîd    bint    es-Sêh 

lael-Hôtrôbi.    Et  el-Gr.   arriva   et  descendit  chez  eux " 

Qu'est-ce  qui  te  fait  rire,  el-Gerbâ?  demanda  I.  es-S.  —  ,, C'est 
m.a  visite  (ou  mon  arrivée)  chez  vous  qui  m'a  fait  rire.  El-é. 

A 

dit:  0  I.  es-S.,  et  vous   tous   les   S.,   savez-vous  pourquoi  je 

suis  descendu   chez  vous  ? La   raison  de  ma  visite  c'est 

que  je  veux  la  fdle  du  éeyh  pour  el-H. 


527 


j.L=>,   u,    significations   571    et   s.   avec   le   sens   primitif  de 

chaud;  ^yi^.  J^cXJî,  l'abcès  est  miir^  expliqué  Hdr.  p.  80.  Cf. 
^^^  vhv. 

(.^,  avoir  chaud  Dt.   Hauwîmt,  j'ai  chaud  Dt.  =  Syrie 

c^yi;  Chez  RI)  I  N°  XXXVII  il  y  a: 
Wel-bârah  al-'^ayn  la  nâmet  we  la  nàuwaraet 
Wel-bârah  al-^'ayn  men  baM  el-'^asâ  hàuwamet 
Hier  soir  l'oeil  ne  dormait  ni  ne  me  laissait  dormir^ 
Et  Mer  soir,  après  le  souper,  l'oeil  était  chaud. 

Ici  l'informateur  de  Rhodokanakis  a  expliqué  j.^>  par  .^o 
S1A\  j.,  et  Rhodokanakis  traduit:  „schweifte  suchend  das 
Auge  herura".  K.  Vollers,  ZA  XXII  p.  229,  dans  sa  criti- 
que, dit  que  „rauteur  n'a  pas  reconnu  ici  la  belle  image  de 
l'oiseau  qui  cherche  l'eau".  Je  suis  absolument  persuadé  que 

les  trois  personnes  se  sont  trompées.  (.y>  a  ici  le  sens  à'être 
chaud  ou  avoir  chaud.  On  sait  que  c'est  une  idée  extrême- 
ment commune  des  poètes  et  des  non  poètes  arabes  que  les 
yeux  sont  chauds  lorsqu'on  a  une  douleur  et  qu'ils  sont 
froids   dans   l'état   contraire.    Tout  arabisant  connaît  ce  que 

»J--f^  u;aJ^s^-w,  opposé  à  x^x-E  Or-ï,   veut  dire;  on  n'a  qu'à 

consulter    un    dictionnaire.    L'homme    de    Rhodokanakis    ne 
connaissait   pas    on   ne   pensait  pas  à   ce   sens   de  V^^»^, 
mais  seulement  à  celui  qui  suit  ici  p.  528. 
j»l;c>!,  avoir  chaud,  transpirer,  ^12.  Ahtîmt,/az  chaud,  J)\_. 
On  aura  déjà  remarqué  que  je  traduis  le  parfait  ei^^_*"X.:>', 

uiA_^j.:>,  vivoyi  par  le  présent.  C'est  que  pour  les  sensations 
physiques  on  se  les  représente  comme  s'étant  déjà  produites 
en  amenant  cet  état.  Pour  indiquer  le  présent,  on  se  sert 
du  participe:    j.Ur>°,  j.^,  ^^y^A,  etc. 


528 

i^,-4^!  *«r>,  V ardeur  de  la  chaleur  de  la  saison  estivale,  683. 
C'est  le   terme  technique  pour  la  chaleur  provoquée  par  le 

samoûm,  Snouck  M  S  p.  116  et  note;  voir  ^^,-«^  vhv.  Je  crois 

qu'il  faut  séparer  ce  thème  du  suivant;  cf.  pourtant  ->  et 
iêf>  Hdr.  et  ici  shvs. 

j.L:>,  u,  tourner,  planer,  entourer,  aller  autour,  voltiger  autour, 
umkreisen,  Dt.,  474,  12;  572,  paraphrasé  par  .b  et  ^Si,  u, 
1480;  ces  deux  synonymes  sont  l'explication  des  Datînois  et 
nullement  la  reproduction  de  la  paraphrase  de  L  A  sv.  Cela 

est  à  noter.  I  Sîdah  XI  p.  78/9,  à  propos  de  j»v>:  ï-  f^-^ 

,^AJ-  ^J  LT-^',  et  ib.  V  p.  118,9  d'en  bas:  ^^c^'  J^>  }h  = 
^,L^.   Naqâid  Gl.  sv.  RO  p.  426  îq°  XXV: 

yâ  ter  a  uyâ  hâyôm')  *  ""ôlâmek  la  tehôm 
uthûm  "a la  men  faddalùhum  rab'^ûna-) 
0  oiseau,  toi  qui  planes,  pourquoi  ne  p)lanes-tu  pas  ? 
et  tu  planes  sur  les  morts  que  nos  contribules  ont  laissés? 
Ib.    p.  423   N°  15:  Halle  l-mehfimis  fil-mehâzura* 
ida  hâme  têri  1-môt  rênâh^),  laisse  les  cornes  à  poudre 
dans  les  ceintures;   lorsque   Voiseau  de  la  mort  plane,  nous 
le  verroyis.    ^.b>  o^!,  la  mort  plane  autour  de  nous,  nous 
e7itoure,  RD  Gl.  sv.  Chez  Musil  o.  1.  p.  261: 
Ya  ^edd  ya  merûdi*hâmat  ''aleyk  al-qûdi 
0  source,  6  aiguade,  une  troupe  de  chevaux  t'ont  entourée. 

Sachau  AVLM  p.  52  N°  XXI  v.  5.  C'est  ici  qu'il  faut 
sans  doute  placer  «-j-^  J-  ^^^  1-^=  r^^'  ^^  ^'^^'"^  ^  plané 
sur  nous  dans  la  guerre,  nous  a  menacés,  572,  et  Luix  j.b>, 
710US  avons  été  près  de  la  7nort,  ib.  i  ;  *  le   *v>^  c5-'-^>   ^^^^ 


1)  <  [*^^^5  ^^  cause  de  la  rime.  2)  pour  rab'^una. 

')  Ragaz:  — ^-1  — ^-|-.    Il  fut  sans  doute  composé  et  chanté 
la,  au  lieu  de  ida,  et  môtc. 


629 

coeur  est  épris  d'amour  pour  elle,  expliqué  par  >-j^  et  >3j-o, 
Çdr.   p.    107   en   bas.   Dans  le  NAVP,  de  Littmann  p.  70 

^^  ni  V.  .S  nous  lisons  dans  la  drolatique  ^^à^\  'f-*^: 

Und  scJdit'f  ich  auch  'ne  weile  doch, 
Der  FloJt  auf  yneinem  Leibe  kroch, 
selon  la  désopilante  traduction  de  Littmann. 

En  mehri,  hâm  est  le  verbe  courant  pour  vouloir,  corres- 
pondant aussi  comme  emploi  au  L.  sudarabique,  voir  sub  Lî 
pp.  56  et  60.  Jahn  Gr.  mehri  p.  86  et  SAE  III  p.  269,  Bittner 
St.  mehri  II  p.  87  n.  1,  id.  ib.  V,  m  p.  6.  En  arabe,  ce  sens  n'est 
pas  inconnu,  car  el-Feyrùzâb.  enregistre  sv.,  peut-être  du  Sud: 

*jL>  jji  *).  ...  'u^:>  ^y)  ^  ^^  j.L>,  such  a  one  desired, 
or  sought,  the  thing,  Lane,  et  iCo!^  J^  pL>  =  Joùî'  odrx 
iLi!  J_£  ^LJ-,  la  sv.  et  Lane.  Nous  voyons  donc  que  le 
sens  de  voiUoir,  désirer  est  un  développement  secondaire  du 
premier  sens  fondamental  et  concret,  ainsi  que  c'est  toujours 
le  cas.  Il  en  est  de  même  de  j.L_5;,  Arabica  V  Gl.  sv.  Or, 
nous  avons  un  cas  analogue  dans  le  parler  de  Waddây,  où 
.b,  u,  vhv.,  est  le  verbe  courant  pour  vouloir,  aimer;  cher- 
cher. L'évolution  sémantique  est  la  même.  Je  vais  encore 
plus  loin  et  je  prétends  que  le  verbe  ordinaire  pour  vouloir 

en  arabe  ô\J  n'est  qu'un  jjè!  de  direction  et  de  mouvement 
de  or,>oy=:Juaï,  LA  IV  p.  171,9:  s^bl^  ^^\  ^  ot^t;  voir 
I  Sîdah  XII  p.  50  et  p.  51.  Le  sens  primaire  de  ol^,  vhv., 

est  aller  çd  et  là,  et  l'on  dit  que  la  femme  o^-a-j  ^^^t  o^^" 
vJ^'  Uj'' b*,  elle  va  çà  et  là  pour  voir  ses  voisines,  LA  IV 
p.  171  en  haut,  elle  rôde.  Avec  le  sens  spécial,  encore  tout 
vivant  dans  le  Nord,  d'aller  et  la  recherche  de  pâturages  = 

^^^t^t  Jw£  j^ô.  Il  n'est  donc  pas  trop  osé  de  dire  que  J>t^, 
u,   n'est  originairement  qu'une  métathèse  de  .b,  u.  La  pri- 

34 


mordialité  me  paraît  en  revenir  à  ^b.  Cf.  ^,  vhv.  —  Voir 
sur  le  ^L>  mehrite,  sub  L!  >  bâ  pp.  56,  60  et  529. 

X-*^_>,  quartier  d'une  ville,  en  Afrique,  Marçais  Gr.  Tl.  p. 
■220  et  id.  TAA  Gl.  sv.  C'est  le  bibl.  nçin  ou  nçn,  mu- 
raille, 1616,  qui  ne  doit  pas  venir  de  n^n,  ^c-^>5  contr.  à 
Ges.-Buhl  sv.  Le  babyl.  dû  ru,  mur,  de  T/~dwr=  K^hwm, 
=  can.  humitu  dans  les  lettres  d'Amarna,  Gloss.  sv.  p. 
1399  et  p.  1546,  cité  par  Ges.-Buhl,  le  prouve  justement.  — 

Champ  de  bataille,  Socin  Diw.  Gl.  sv.;  cf.  ib.  ^y^;  Bibl. 
geogr.   arab.   IV  p.  221.   Ici   il  faut  peut-être   faire  figurer 

V^  i:x^eto>!  -^y^,  572,  573.  M'AR  p.  86;  Naqâid  Gl.  sv.; 
=  o^!  s  .L>  vhv.  p.  535,  avec  la  même  origine  sémantique  : 
K^j^s-  =  l/~~j.y=>.  Ce  que  je  peux  affirmer,  c'est  que  les 
Arabes  du  Sud  pensent,  en  disant  cela,  à  la  V~^tj-=>,  *_> 
ou  ^çT,  ce  qui  pourtant  n'est  pas  une  preuve  contraire.  Son 

synonyme  est  ^^^  (^c*^>  vhv.,  et  LA  sv.  dit:  JIojjjI  -\^j^ 

«j.^31  cUîj  J-*J'  Q^  tiUÀs^i  i<-o  ^jr^  A-^l^  N.*Ijjw.  C'est  la 
dernière  partie  de  cette  explication  qui  fait  plutôt  penser  à 
pL>,  u,  =  ,b,  JL>,  oLb  et  v"^. 

Cette   V~^y2^  ne  doit  pas  être  confondue  avec  la  précé- 
dente, car  dans  celle-ci  la  racine  primitive  est_^  p.  446.  3,  avec 

la  variation  oo-,  ce  qui  a  donné  ,^=>,  o^>  I  el-Qût.  p.  221, 
-k^^i  L>^^>5  ^>>5  ^>>,  ^^,  J^>,  ^^>,  ^ç^>,  tandis  que 
celle-là  a  pour  racine  simple  ^>,  ce  qui  a  donné  _^,  ^^, 
j«p-  et  les  autres  dérivés  at,  jt,  o*^,  vJï^',  etc.  vhvs. 

,^^=>,  i,  entourer,  cerner,  renfermer,  contenir,  embrasser.  Naqâid 

Gl.  sv.  iLct^î  tîA-aJ  fUÎ  i_c^.  -M«*:âi',  /e  barrage  retient  Veau 

qu'il  envoie  (ensuite)  dans  le  canal  de  dérivation,  87, 1,  expliqué 
1129.  Cf.  RO  p.  236:  hûe  hfiwinno  el-feleg,  er  hat  den 


Ô31 

Fluss  abgestellt,  cf.  sub  jj:yc>t.  —  (J^  L5y^j  retenir,  1130; 
Hdr.   Gl.   sv.    .l\-c.  —  =éj,    1130,   pr.  entourer,  embrasser; 

Marçais  TAT  p.  273;  cf.  ici  ^^  (autre  thème)  sv.  i^ÂI>,  — 
(^^>,  a,  attraper,  rejoindre,  retenir,  1129.  —  Attendre  qn., 
ô,  1130.  -  Etre  fatigué,  1129. 

i^^l^,  enfermer  des  deux  côtés  de  façon  que  l'une  partie 

est  en  face  de  l'autre.  ôJc^  oL^^iaxi  J,  _^"  J.=>iAj'  (is.y*>-J!  ^j^ 

^^jv-olil  ^y^   (^L^^Ls^^   ou)    L^^b^UJa    ^^JÂiîj    (^  olL^Î    Xfwî    siu 

yoLÛJî  _jjL5>  ^t  Jwiaj"  j_^  j.y.  Lsy^-s^s^î,  d'el-Miswarah  tu  entres 

aussitôt  dans  un  défilé  fort  étroit,  appelé  el-Helag,  flanqué 
des  deux  cotés  de  parois  à  pique,  long  d'une  journée  jusqu'à 
ce  que  tu  arrives  à  H.  el-M.,  extrait  d'une  description  du 
Sarû  d'un  'Aulaqite. 

^_cy:>t,  se  cacher,  Dt.  On  serait  tenté  de  l'identifier  au  mehri 
holu'iu,  SAE  III  p.  194,  mais  Bittner  St.  mehri  II  p.  112 
veut  que  le  thème  soit  ^c=^^',  reste  à  savoir  si  Jahn  n'a  pas 
confondu  ici  deux  thèmes.  Mais  le  verbe  mehrite  hauwo, 
herumgehen,  SAE  III  p.  194,  Bittner  St.  mehri  II  p.  105, 
est  certainement  =  l'arabe  e5j->-  ~  ^^^'^  c?mV  (rivière).  Yôm 
htaue  ^anhum  el-feleg,  lorsque  la  rivière  leur  fut  déviée 

ou  barrée,  RO  p.  371,2  d'en  bas;  voir   (^y=-,  i. 

^J:•f:s^■,  être  enfermé,,  être  pris  dans  un  hawa,  1129  =  v_>Jj> 

ou  v_,-uio  vhvs. 

^_5ys^;*«t,  avoir  besoin  de,  être  dans  la  nécessité  de,  1130. 

(^^=>,  escarpement  de  la  montagne,  endroit  inaccessible,  69,  15, 
expliqué  1129.  —  Nécessité,  1130. 


»)  Voir  Index  1837  sv. 

2)  Cazîrah  p.  5.5,14,  où  c'est  écrit  \Jè~>^. 

')  Voir  sur  la  forme  sub  q',   p.  119. 


ê3â 

1^^=",  escarpé,  inaccessible  io^  ^_^^)  les  monidgnes  escarpées 
et  inaccessibles,  1468,  9. 

iù^>-,  pi.  L;[^,  serait  d'après  Jahn  MS  p.  272  corne  à  poudre; 
voir  ma  LA  p.  23.  —  Litière,  Haffner  TAL  p.  110;  cf.  ici 
iça:>.  —  Bât,  Burckhardt  Bed.  Weimar  1831  p.  370. 

-  o  - 

f^cy^,  enclos,  selon  RD  Gl.  sv.;  en  Dt.,  c'est  endroit  inacces- 
sible dans  la  montagne. 

^y^t  pl.  ^53L:^,6a^?^e,  =^3jJ),  vhv.  même  sématique.  Stace 
p.  144.  -  Cf.  uif>,  o^>,  J^=>  et  ^^>,  p.  530  en  bas. 


v3^^>c:jL>  302,  n.  1  ;  524;  Hdr.  p.  388;  cf.  J-^  et  ^'J>  vhv. 
v£>yp-  ^y,,  là  où,  1322,  2  et  note  1.  ^.,li'  ^i^>  ou  ^^  U  ej^:>, 
n'importe  où,  très  courant  en  Dt.,  comme  I  SaM  I,  i  p.  49,  1  : 
^^1^  viA*>  liUjt  j-^,  «7  es^  ton  fils  oit  qu'il  soit,  n  importe  où. 
^c^,=>,  à  ma  place,  Dt.  c>-;0>  L«  "^  '^'^^^r^  w^^^  '^'^ste  là  jus- 
qu'à à  ce  que  je  vienne,  Dt.,  expliqué  par  dUbC*.  On  peut  donc 

supposer  que  ^^:^^*f^  (class.  =  '^y>)  est  originairement  endroit, 
place. 

oL>,  i,  voir,  chez  les  Bédouins  d'el-Mohâ'  et  de  Zabîd. 
Hiduh    hàlam,   le  voilà  là-bas,  Béd.  d'el-Mohâ";  hittuh  ' 

je  l'ai  vu,  ib.,  =  ■^U-^  xj^  ou  xjt^ ,  495  et  ss.  —  Connaître, 
savoir,  en  ''Oman,  662,  3  d'en  bas.  Pourrait-on  rapprocher  ce 
sens  de  l'hébreu  riTn,  énigme'?  Kônig  WB  sv.  le  compare 
à  l'arabe  oL>,  i,  s'éloigner,  s'écarter,  mais  Ges.-Buhl  n'a  pas 
adopté  cette  étymologie  plus  que  douteuse. 

-jL«  ^J^.?  ^^  i^^li  «jlXj^",  savez-vous  où  un  tel  est  allé"?  RO 

p.  215  d.l.  \j"L>  ^;^■^3'  US''-^^  U«  ^^  c>-^:^é,  j'ai  perdu  mon 
chapeau,  je  ne  sais  où  je  l'ai  mis,  ib.  p.  216  §  349.  Hadi 
yhîd    ed-darb,   est-ce   que   quelqu'un  connaît  la  route?  ib. 


533 

p.  283,  5  d'en  bas.  Y  a  b  i  n  t  1  -  h  a  1  à  1  ')  h  né  ma  n  h  î  d  1  i  s 
bêtis,  brave  fille,  nous  ne  comiaissons  pas  ta  maisoyi,  ib. 
p.  314,3  d'en  bas.  Ma  yhîdo  hên  hâtuf,  il  ne  savait  où 
il  était  allé,  ib.  p.  310,  10  d'en  bas.  Hné  nhîd  darb,  nous 
connaissons  une  route,  ib.  p.  369,4.    Rôssler  MSOS  III  p. 

8,2,3  et  p.  39,  10,  p.  42,5.  —  Assurer  à  J:  dU  iAa>),  je 

f  assure,  ib.  I  p.  62, 8.  Moritz  Zanzibar  Gl.  sv.  le  traduit 
par  se  rappeler,  avec  ace.  de  l'objet.  —  Cerner,  entourer  = 
(jil>,  RD  I  p.  95,  11.  —  oL>,  i,  a  du  reste  dans  tous  les 
dialectes  aussi  le  sens  qu'on  lit  dans  les  dictionnaires. 

iA_-v>,  s'eti  aller,  descendre,  356  n.  l=o^=>  vhv.  Dans  la 
Sâwia  (Maroc),  ôter,  eyilever,  KMG  pp.  50;  59  n.,  60;  77; 
81;  97;  107;  v.  Belot  sv. 

u\^5>,  montagne;  bloc,  rocher;  grosse  pierre;  pierre,  24,8: 
69,13;  419  note;  496,12;  660,5;  682;  902,3  d'en  bas; 
1129;  1463,  2;  1775  n..  I  Sîdah  X  p.  72,  10  dit:  Jai-Ui  aJ- 

i.>^5>_5    '^'-*>'    ^Jt*^    •'-\^;^    rjj'    .  — U>    iù^    -lXJLXaï    J^il     .yc   ^  ^, 

Ja^!  ^^  J.,  =  LA  sv..  Le  sultan  ^Awad  b.  'Abd  Allah  des 
""Awâliq   improvisa,  J^^,i,  à  el-Hautah  de  Lahig,  ce  Jw«Îj: 

Ma  tête  est  comme  la  montagne  de  la  haute  région,  voire 

un  peu  plus  grande. 
Qui  est  celui  des  daulah  (des  princes)  qui  'puisse  se  ren- 
contrer avec  moi  dans  la  lutte! 
-Lkî  <  JJa'i  vhv.  —  Dans  el-Hogarîeh,  c'est  caverne,  grotte. 

Dans  le  sens  ^q  pierre,  419  n.,  lX^s.  a  son  pendant  dans  le  dia- 
lecte de  Waddây,  oia -5^,  vhv.  p.  359,  veut  dire  montagne,  Carbon 

p.  66.  On  peut  rapprocher  à  iAx:>,  pierre,  le  classique  ,jiA^> 

1)  RO  traduit  0^=^  c>«*J  par  fille  du  permis! 

2)  M^AR  p.  55  où  exemple. 


534 

=  _j^î  ^  ibSjJt  fj]ji  ^^£  ^^11  ^.«  oL>  U,  LA  I  p.  138,  1, 
mais  cf.  LA  II  p.  246,  6  ^y^  j'^\^5  Lane  sv.  Sur  le  sens 
classique  de  lXx=>,  voir  Lane  sv.  Je  suppose  que  l'étymologie 
en  est  à  cherche  dans  V~~^=>,  1129. 
»oLç>  est  dans  le  langage  moderne  des  journaux,  neutrali- 
sation d'u7i  pays,  isolemeyit.  »oLJl  ^  !ya.o  yjt>,  07i  a  neu- 
tralisé l'Egypte.  Lj_j"oL=>3  iclljtl^  iJ^iAit  oL^'î,  l'alliance  de  la 
Sublime  Porte  et  so7i  isolement,  était  le  titre  d'un  article  dans 
le  Journal  du  Caire  J^'!  du  2  Nov.  1892. 

.L>,  i,  êti'e  étout'di,  ahuri,  cotifus,  comme  lorsqu'on  est  brus- 
quement réveillé,  1461  note.  — iJ^re  stupéfait,  être  embarrassé, 
inquiet,  445.  —  Etre  retenu,  être  stagnant  (eau),  442  et  n.  3. 
Cf.  ^Ls^)  vhv. 

_:>,  retenir,  empêcher,  443,5  d'en  bas,  1461;  1484;  Stace 
p.  47  sv.  detaified  et  ib.  p.  93;  =  raehri  hayîr,  verioeigei'n^ 
zur'iickhalteri.—  Faire  rentrer  le  bétail  datis  l'après-midi,  24,  21, 
et   24;  685;  707.  =  ^^=>,  vhv.  —  Mettre   aux   arrêts,   442; 

443,5  d'en  bas.  =  y^:>,  vhv.;  mehri  hayîr,  444;  Bittner 
Studien  mehri  II  p.  96. 

j^',  être  retenu,  empêché,  442  et  n.  3.  —  Tarder,  se  faire 
attendre,  443, 10;  1461.—  Etre  embarrassé,  442.  —  j^\  oj*^' 

de  Labîd,  expliqué  444;  cf.  (jézîrah  p.  157,22.  —  S'arrêter 
dans  un  endroit,  448,  1;  cf.  ^Ls^!  444  et  Naqâid  I  p.  3  v.  7. 

y>J^,  enclos,  I  SaM  I  p.  21,<^L>,  525;   v.  Arabica  III  p. 

38  n.;  Hdr.  p.  387;  pi.  ^Lj>,  445  note,  =^-c:>.  K.  elFasih, 

éd.  Barth  p.  47  en  haut  =  Observ.  on  Tha'labs  Fasîh  dans 
JRAS  1904  Jan.  p.  116,  oiï  'AH  b.  Hamzah  el-Basrî  dit  que 

_^t  <  -jLjS'Jî  ,  =  the  burial-place  of  el-Husain,  n'a  pas  de 


535 

pluriel  et  que  qJj^^  est  le  pluriel  de  ^Ls»  =  a  pool  in  which 

the  îvate?'  swirls  (j-^)  and  goes  to  and  fro,  et  que  i^^^^  et 

^^!  y>  sont  les  pluriels  de  ^îj.?-,  a  camel-foal,  v.  ici  plus  bas.  Cf. sur 

Jb>>^>,  l'Encyclopédie  de  l'Islam  II  p.  234  sv.  Ha^ir  —  ^=», 
vipère  mâle  rouge  au  ventre  blanc,  1637.  Au  fig.,  homme 
courageux,  guerrier,  151,  10;  261  n.  3;  289  n.;  1239  et  n.  2; 

1469.  PI.  j^^,  289  n.;  402, 14.  Chez  Musil  o.  1.  p.  243,  7,  c'est 
chamélon,  pi.  q[j:^>,  v.  plus  haut.  —  Egal,=  lXjlXJ,  151, 6 ;  153, 19; 

154, 1,  17;  842;  1579.  Stace  p.  207:  d)^>  j^,  he  is  a  match 

for  you.  =  eU  _^,  ib.  Aussi  dans  el-Hogarîeh :  ana  mânas 
hêrak,  ye  ne  suis  pas  ton  égal,  =  sà'^ak,  voir  ^^^ju^. — 
Il  faut  peut-être  voir  le  même  mot  dans  l'inscription  naba- 
téenne  rapportée  par  Jaussen  et  Savignac,  Mission  p.  213  = 
Lidzbarski  Ephemeris  III  p.  87  :  Dnn^n  nn.Stt'T,  |^^:>  i^^L-^? 

Lidzbarski  le  traduit  par  „ihre  ûbrigen  Gefâhrten",  et 
J.-S.,  par  „le  reste  dé  leurs  notables",  en  s'appuyant  sur  le 
syriaque. 

!>\L=>,  quartier  d'une  ville,  444;  cf.  ioL=>  vhv.  o^-<J!  s.L:>  = 

o^t  ':>J>_^=>  vhv.  p.  530;  Naqàid  Gl.  sv. 

»^=><3^b>,  444  n.  3;   550  n.  3.    »^;^t,  ville  de  ce  nom, 

300;  444  n.  3;  550  n.  3,  et  son  ethnique  çfjL^  et  ^j->r^, 
300.  Je  ne  vois  pas  pourquoi  le  nom  de  cette  ville  arabe 
des  Lahmides  doit  être  araméen,  l'Encyclop.  de  l'Islam  II 
p.  334,  oiï  l'auteur  dit  que  ce  mot  signifie  littéralement 
„camp  composé  de  tentes",  ce  qui  est  une  description  de 
l'endroit  clos  ou  ferme,  444  n.  2,  mais  non  pas  une  étymologie. 

jl=>,  i,  =  3^5  u,  vhv.,  600,  où  exemples.  Séparer,  délimiter, 


536 

600.  RD  Gl.  sv.  a  jLo,  u,  =jL>,  i,  qui  ont  ici  le  sens  de 
saisir,  comprendre,  ce  qui  se  rapproche  de  celui  de  la  lurah 
et  correspond,  au  point  de  vue  étymologique,  au  latin,  pre- 
hendere,  comprehetidere  >  prende?'e,  compretidere,  comprendre, 
saisir. 

jX>,  ôter,  écarter,  600.  Lx/j  iJv/ .LJ!  ^^jf:^.  ^^«j^,  et  ensuite, 
elles  écartent  le  feu,  coinme  ça  et  comme  ça,  54,19,  =  -!^, 
54,  18. 

^,  s' ôter,  s'écarter,  s'éloigner,  600,  =  ;v^'. 

jjLi?',  se  s'éparer,  allant  chacun  de  son  côté,  600. 

jL>^'!,   fuir,    600;  seulement  chez  les  Bédouins  du  Nord;  cf. 

y/-L^'l,  {J^^^  et  uol->"'î,  class.,  provenant  d'un  autre  courant 

d'idées. 

jLx>î,  s'ôter,  s'écarter,  s'éloigner,  163,  13;  600;  ma  Festgabe 

Gl.  sv.;  V.  3^.  -  Cf.  ^j,  ^-^y,  S^  et  ^y  y^,;  V'^ 

et  ^j  601. 

^j«wA_5>,  1130,  6  d'en  bas;  v.  I.  el-Qùt.  p.  221  et  Lane  sv.  — 

^j«w^=>  est  un  mets  qu'on  fait  de  dattes,  de  beurre  et  de  lait 
caillé,  I  Sa^d  VIII  p.  74,  comme  le  décrit  Naswân  o.  1.  p.  80. 
On  fabrique  des  assiettes  ad  hoc,  qu'on  appelle  j^-y^î  ^^ 
en  terre  cuite,  \_Mii  (^L^i,  inconnu  dans  le  Sud)  vhv.  —  iu^x=s- 

723  n.  1  est  une  maladie,  mais  j'ignore  laquelle;  cf.  a-*»^, 
choléra  vhv. 

iJLit  Li>x>  8,10;  12,8;  expliqué  347  et  ss.  Voir  ici  sub  _^.cis:>. 

Brockelmann  VGSS  II  p.  25.—  ^i^^,  pi.  (j;^^x:>^  soulierMS; 
1379,3  d'en  bas;  1380  n.  1;  Stace  sv.  shoe;  à  Aûen,sa7idale. 
C'est  probablement  pour  éviter  le  mot  J.*i,  vhv.,  qui  rappelle 


537 

le  werhe ^,mmidirc,  vhv.,  <^.  Cette  expression  doit  être 

ancienne  dans  le  Sud,  où  l'on  ne  sert  pas  du  mot  ^.  Au 

lieu  de  dire  ^X-4^  Jwù.,  ôte  ton  âne,  on  dit  ii)L^>   J-;i,  oii 

le  dernier  mot  ne  s'applique  pas  à  l'âne,  mais  à  l'homme. 
Les  euphémismes  sont  très  en  vogue  chez  les  Bédouins  dans 
toute  la  Péninsule  et  un  peu  partout  dans  les  pays  arabes, 
ainsi  que  l'a  montré  Marcais  dans  son  intéressant  mémoire 
L'Euphémisme  et  V Antiphrase  dans  les  dialectes  arabes  de 
l'Algérie,  dans  la  OS  Festschrift  Nôldeke  I  p.  425  et  ss. 

^jp'  =  (joy^,  1264,9.  LA  sv. 

^  J^>,  vhv. 

jJI>j  laisser  la  jument  quelque  temps  en  repos  sans  la  faire 
couvrir  par  l'étalon,  voir  i).jL=>,  Arabica  III  90,  Hdr.  p.  125  et 
LA  sv.  Jy>  et  J.,^.  On  fait  cela  pour  qu'elle  devienne  plus 
forte  et  coure  davantage.  Cf.  J^=>,  force,  et  l'hébreu  "^^n, 
être  fort.  —  Employer  la  ruse,  1617  n.  1,  =  J~jL=>. 
J.jLj>,  enjôler,  75,  19.  —  Exciter,  inciter,  instiguer,  516,3  = 
ij^"^.  Jvc  Jj^-^j  employer  la  ruse  à  l'égard  de  qn.,  1617,8^ 
avec  ^}s:  ou  v;  v.  sub  J-p>  p.  340,  9.  =  jl:>,  1617  n.  1. 

JjL$^",  glisser;  s'ébouler  p.  e.  le  sable  Dt.  =^  i3U>î  Dt.  <  V    J^>. 
C'est  ainsi  qu'il  faut  lire  Socin  Diw.  I  N°  89  v.  4,  au  lieu  de 

Jjl^j'.  Il  donne  aussi  le  transitif  J^jI.=>,  faire  glisser  ou  ébouler, 
et  jL^l  =  Dt.  JU>Î. 
JLa>I,  glisser;  s'ébouler,  Dt. 

J.>y>  <  JJL> ,   sur  la  prononciation,  voir  Arabica  Ili  p.  38 


538 

n.  1  et  ss.;  Hdr.  p.  385  et  ss.  et  ici  pp.  534  et  535  sub 
_ç>  et  »^j>ç> ,  vache  qui  n'est  pas  pleine  et  qu'oii  peut  traire  et 
en  général  hête  qu'on  traita  chamelle,  brebis,  chèvre,  etc.  Dal- 
man  PD  p.  840,  10  d'en  bas  a  aussi  cette  forme  syncopée 
avec  le  sens  de  hreUs  grasse  et  stérile.  Voir  ici  sub  JoL>  p.  525.  — 
y^,  force,  aussi  Nord,  ZDMG  XXII  p.  83,  fs  et  p.  148, 
et  en  Mésopotamie,  Meissner  MSOS  VI  p.  98  N°  11  et  p. 
120  N°  24.  Cf.  J^=>,  b:r\  et  ^^^^^,  force.  On  dit  %  Jw^>  ^ 

jJJL  "5t  «^  =  ^it  ^^>  ■^,  LA  XIII  p.  208.  Souvent  prononcé  hâl, 
ce  que  doit  rendre  la  graphie  Jb>,  302  n.,  comme  Bàhân  pour 

Bêhân,  Arabica  V  p.  215.  cf.  JL=>  <  yp>  et  ^c  <  ^j^  vhv.  —  J-^> 
est  devenu  adverbe  chez  les  'Anazeh.  Un  ^Anazî  m'expliqua  le 
verbe  c  5;,  vhv.,  par  j.LxJt  ^ja  ^p-  cXJ^j,  il  court  beaucoup  comme 
l'autruche,  et  le  paraphrasa  par  çf^»,  qui  est  aussi  devenu 

adverbe.  Cela  prouve  que  J^=>  et  a^  sont  synonymes  aussi 
pour  les  Bédouins,  mais  il  doit  y  avoir  une  nuance  de  différence, 
car  sans  cela  on  ne  saurait  dire  ^JWy>  »>-^j  Meissner  NAGJ 
p.  120.  —  xK^p-J^.yii,  il  se  leva  brusquement,  1723  =  J^  ^ 

K^fP-,  1275  n.  3,  ^  xLp»  ^Lc  js,  Lieb.  v.  Amasia  p.  24  d.  1.; 
ib.  p.  1 28,  5.  xL:>  ^}s.  j,b'  peut  aussi  signifier  se  mettre  sur  son 
séant,  lorsqu'on  est  couché,  et  se  lever  debout,  ZDMG  XXII 
p.  83,  19,  mais  se  mettre  sur  son  séant  s'exprime  vulgaire- 
ment en  Egypte,  en  Syrie  et  chez  les  Bédouins  de  la  Syrie 
par  */*:a;p!  <  «.^Aiaj!.   En   Syrie,   on   dit  ^U>  t'^''  '^^*  f^'^'^^ 

lui  a  été  coupée  =  il  a  maigri.  J-^>  ^  ^,  j*^  suis  sans  force, 

je  suis  exténué,  Syrie  et  Dt.  En  disant  eU^>  è^  (^1  0°  "^^ 
pense  pas  à  l'idée  de  force  que  ce  mot  renferme  véritable- 
ment: c'est  un  peu  plus  impératif  que  ^,  voilà  tout.  Il  en 


539 

est  de   même  de  ^L:>  J^c  <\xi,  Bâsim  p.  114,  19,  ce  qui  est 

presque  cXjë.  Si  nous  disons  p.  e.  o^=>  Lo  lX>-  ^3U;o*o  joë  ^^^l2, 
Eg.,  on  n'exprime  que  le  fait  de  rester  là  à  m'attendre,  v. 
,  Pr.  et  Dict.  sv.  LXjë,  mais  par  la  phrase  xL>  ^}s^  Joë  j^^ 
J.Ujo*o,  on  accentue  qu'im  tel  était  véritablement  assis  là 
d'une  façon  suivie.  L^=>  Jx  <.:i^.iii*)  me  fut  expliqué  par  un 
"Anazî  par  L^JjL  J^  c^^àJj,  e//e  se  leva  debout.  L'explication 
de  H.  L.  Fleischer,  Gloss.  Hab.  p.  52,  est  erronée:   J^=>  ne 

signifie  pas  médium  corpus,  lumbus.  Dans  dVJL^>  A-^i,  Jwô- 
a  lo   sens  primitif  de  force.  L  el-A^râbî   dit,   LA  sv.  J-^, 

que  dans  la  phrase  \L=!.  ^JJ!  oui  "li  a!  L,  c'est  nJji^  ^^>. 
iJ^A^Li,  et  996  sans  v>  beaucoup,  fort,  extrêmement.  LLjyjo 
J-^^JL)  ^Juj,  notre  pays  est  fort  riche  en  pâturages,  "Anazî; 

aussi  à  Mekka,  Snouck  M  S  p.  41  n.  2  =  «JlL.  .^^i  u^oy', 
fort  Joli,  Egypte.  J^^^I  lilSuX-j  v4-^>  «'^  ^st  extrêmement  bon, 
Tantavy,  Traité  p.  XXL 

J^L.  cl^,  /br^  courageux,  Socin  Diw.  Gl.  sv.  J.x^  iLc2x_Jt, 
^ow^e  blanche,  ib.  Même  emploi  dans  le  Sud.  J-^Li  L^aJLc  ^3  = 
J>>j:>-|j  Lf-tJLc  3^,  il  lui  mit  le  bât  en  le  serrant  fort,  RD  I 
p.  32,  11.  Au  Waddày,  ^-^^^1,  même  sens,  Carbou  pp.  30,  5; 
99,4;  Merci  an  bel-hên,  gravement  malade,  p.  166.  178,4 
d'en  bas  ;  193, 5  d'en  bas.  On  dit  bien  aussi  en  français  travailler 
à  force,  =  beaucoup,  et  force  gens  =  une  forte  quantité,  ce 

que  les  Bédouins  exprimeraient  aussi  par  ^^  ^,jJj>  ou  Jw.^JL. . 

^j^f^S",  voir  ^-^=>.  —  (^>,  temps,  heure,  etc.,  voir  les  dict., 

dans  les  locutions  qï^J'  é'ij>  ou  ^^  é^i,  tout  de  suite,  vite, 

81,9;  447.  ej^  Sj  A>I.^il  y^!^  ^^i,  tranche  vite  la  tête  au 
mouton,    888,3   d'en   bas.    Diklhîn,   sur   le   champ,    447, 


540 

Rôssler  MS OS  I  p.  74,  11  et  p.  87,  4  d'en  bas.  ^^^^^1  tiJIo, 
alors,  RO  §  225.  ^y^S  ou  ^^JJ^^^>,  à  -présent,  maintenant  = 
ioL^i,  447;  RO  §  225;  =  Nord  ^-^l^:  e^^'  ^^  Js  ^5, 
qu'est-ce  qui  vous  a  retardés  jusqu'à  présent?  ""Anazi.  Cf. 
^^yJ  ou  Q^^,  à  présent,  'Anazeh;  ZDMG  XXII  p.  139.  — 
(jN^js^,  tout  de  suite,  1581,  2  d'en  bas. 

L^  ^^y-^:>,  lorsque,  465;  737;  1174  n.  1;  1454  n.;  1546;  = 
"iiî  yyP-,  737  n.  4;  =  ^.^i  Qt^>,  737.    ,^^j-^=>,  comme  (^>j  et 

^^^^,  etc.  737,  où  la  désinence  est  analysée.  Voir  sub  ^^SetU. 
Rhodokanakis  Studien  I  p.  35  admet  ici  un  démonstratif 
temporal,  qui,  d'après  Torczyner  0. 1.  p.  157/8  et  passim,  ne 
serait  que  la  désinence   accusative  adverbiale,  c'est  à  dire, 

la  nounation.  Cf.  Le  J.>,  U-=>  et  L^  JL>  vhvs.  Les  synony- 
mes avec  "^5  ne  me  semblent  pas  confirmer  la  théorie  de 
Torczyner,  voir  ici  sub  "^5  et  U,  mais  il  veut  que  même  U 
soit  originairement  la  même  désinence.  Il  me  semble  que  ce 
Le ,  ==  "^ ,  est  le  même  que  l'adverbe  relatif  français  que  p.  e.  dans 

le  jour  que  7wus  fûmes  LLi'  Lo  j.y.  =  Lls"  ^.y.  =  ^  j^J  P-  542, 6  ou 
^\  j«ps,  lorsque.  — ôS^kz^,  737.  Fleischer  Kl.  Schriften  I  p.  322,  3. 

^^s>,  propr.  faire  vivre,  terme  de  salutation  109,  14;  133, 15; 

136, 13;  expliqué  781  ss.  —  j^^v^eP-?  salutation  de  bienvenue, 
784;  785. 

\£^  Lî>3  *il!  j^Li>  (ragaz)  Naswân  0. 1.  p.  56,  17.  Ib.  p.  83,  7 
=  Dt.  1490: 

J'ai  vu  S.  du  F.:  lorsque  l'hôte  le  visite, 
Il  lui  donne  la  bienvenue  et  il  est  affable. 


641 

JLàit  vi)tô  ,  c^i^.  *JJî,  plaise  à  Dieu  que  ce  soit  d'un  bon  augure., 

737n.  4  =  JLàJ!  (^!o  J^>,  1311, 1,=  maLB'A  p.  61  v.  11,  &owwm 
faustumque  sit!  tiX.f>5  *iîî  ^c^?  "^S^*  ^^  u^^i  J^  salue  ta 
lettre.,  556,  5.  A^'i  |c4==->  5^^  -^^"^^  /asse  î;z2;re  ^o?^  ?^om,  ta 

renommée,  490;  1572.  éLp-^  Lf-^'  ^'^^'^  ^^  ^^^^'  fo^^^^^l®  ^e 
souhait  ou  de  bienvenue,  505.  ^i  ^U>,  786;  1490;  1562. 
Lj  ^^^P',  souhaiter  la  bie?ivenue  à  qn.,  accueillir  avec  plaisir, 
136,13;  144,15;  156,10,14;  317;  536,1;  781;  782;  783; 
875,4  et  s.;  1505,7  d'en  bas;  1579,7  d'en  bas;  M'AR  p. 
9  s.  C'est  véritablement  dire  à  qn.  <!d!l  ii)Lç=>,  783.  iikjU=>, 
terme  de  salutation,  452,12;  781,  782;  =  ^i.c  ^^>,  155; 
166,14;   782;  =  J  ^^,  156,16;  443,8;  782;  1400,4  d'en 

bas;  1535,8;  1699,9;  1719,2  d'en  bas.   ^^>  i:S:^ià\,  156,10; 

782  en  bas.  —  En  mehri,  on  dit  aussi  ^  ijr^^  Bittner  St. 

mehri  III  p.  57;  IV  §  54. 

j_y.b>,  saluer  qn.,   lui  dire  é^ffP-,  786. 

^=>!,  =  ^^=>,  terme  de  salutation,  781.   ii)L*>),  se.  *i]',  783. 

Aussi  dans  le  vrai  sens  de  faire  revivre,  ressusciter.  J«L>.=>S 
o^it  ^^/o,  il  m'a  ressuscité  de  la  mort,  récit  du  Haurân. 

^^^s^[^  avoir  honte,  168  v.  8;  impérat.  istah,  330.  Ce 
verbe  a  chez  les  '^Anazeh,  et  probablement  chez  d'autres 
Bédouins  du  Nord,  deux  sens: 

1°  avoir  honte  parce  qu'on  a  été  lâche  à  la  razzia  ou 
parce  qu'on  n'a  pas  été  hospitalier  ; 

2°  avoir  honte  lorsqu'on   est   loué  et  q'on  se  retire  alors 

avec  timidité:  c'est  là  la  qualité  des  ^Aj^L^!.  Un  ^Anazî  me 
dit  en  guise  d'explication  :  ^^i^  (j/-UJi  ,^c^^  o"^  (jr^^^^--*^  ^^ 
\3-ii  J^  L'^^-'  ^^^^^^  ?'^^  ^  honte  des  racontars  du  monde  et  qui 
sauvegarde  son  honneur;  un  tel  est  ^^\à^a,  c'est  à,  dire  {j^Ji 


542 

et  y*J>^    Uyôm  sâfu(m)  el-'asâlèir  dallum   ukuUan 

bils  bihalâlu  u  el-mustahîy în  iltaramu  %nd  el- 
Hâyâri,  en  voyant  les  soldats^  ils  eurent  peur  et  chacun 
commença  à  s'occuper  de  ses  biens,  et  les  hommes  courageux  se 
réunirent  chez  el-E.,  ma  LB^A  p.  58, 14.  —  Chez  RD  p.  55, 15 
il  y  a  quelque  chose  d'analogue:  yam  nhâr  ma  rârna 
serâdëna  kull  u  Sa^îd  istâhaya,  gtâl  fil-gôra,  au 
jour  que  nous  avons  maraudé,  nous  avons  tous  fiché  le  camp, 
mais  S.  avait  honte;  il  tua  plusieurs  ennemis.  C'est  bien 
ici  avoir  honte,  mais  dans  l'acception  particulière  et  morale 
bédouine.  Cf.  'Âmir  b.  et-Tofeyl  XI  v.  4.  —  ^^,  interjection, 
terme  de  salutation,  expliqué  783  et  ss.;  787  etn.  ;  1490, 
LA  XVIII  p.  2i2,  15  et  ib    p.  243,  1:  Joè  .w  ^^  J^.  - 

^^U^  jj>  J^  ou  V  '^^^  ic^,  788,  I  Sîdah  XIV  p.  89,  LA 
XVIII  p.  242  et  s.  -  V  Ulp  783,  6  d'en  bas;  1305  vhv.,  me 
paraît  être  d'une  autre  provenance  quej_^^=>,  (cf.  L^)  comme  p.  e. 
dans  s^Uliî  J^c  ^=>  du  Mu'addin;  le  sens  des  deux  est  aussi  diffé- 
rent, contre  Bittner  St.  mehri  IV  §54.  Heyya  umarhaba, 
782,  783,  mais  je  ne  suis  plus  aussi  sûr  que  la  voyelle 
finale  des  deux  mots  soit  d'origine  différente:  marhaba 
est  ce  qui  reste  de  la  nounation,  voir  sub  Iaj!,  et  heyya 
pourrait  bien  offrir  le  même  reste,  mais  un  Li>  ne  nous 
est  pas  connu,  de  façon  que  la  question  est  indécise;  voir 
plus  loin. 

RD  I  p.  81,27:  ya  hay  b'alî  bney,  Bravo,  ^AUI  mein 
Sohn!,  et  ib.  p.  123,  8:  rahhabîbuh  ugûlî  lah:  hay  y! 
Heiss  ihn  eintreten  und  sag'ihm:  icillkommen!  Rhodoka- 
nakis  cite,  Gl.  sv.,  D.  H.  Mùller  8AE  IV  p.  85,11:  qâl 
lahùm  yahàyyi  bikum,  ce  que  Mûller  traduit  par  „Er 
sprach  zu  ihnen:  seid  gegrûsst",  mais  cette  traduction  n'est 
pas  tout  à  fait  exacte,  car  ou  yahayyi  est  l'imparfait  du 
verbe,   et  alors   il  faut  sousentendre  ^iîî,   ou   bien   c'est  y  a 


Ô43 

hayyi  bikum,  mais  alors  il  faut  y  a  hayye  bikum. 
Le  texte  mehri  porte  ici  amôr  hêhem  hàyye  bîkem, 
ce  qui  n'est  pas  l'équivalent  arabe  de  l'homme  de  Mùller. 
Même  observation  pour  ib.  p.  104  §  50,  où  le  mehri  a 
ye hayye  buk;  Bittner  St.  mehri  V  §  54. 

Torczyner,  o.  1.  p.  243,  dit  que  la  glose  cana^'anéenne  des 
lettres  d'Amarna  ha-ia-ma  (éd.  Knudtzon  I  p.  792  N°  245, 6: 
vivant)  est  identique  à  l'arabe  hayan,  wohlauf!,  mehri 
hayya  bCik,  loillkommen.  Cf.  ib.  vol.  II  p.  1546  sv.  Mais  une 
forme  arabe  U>,  quoique  grammaticalement  correcte,  n'est 
point  employée  comme  particule,  et  si  j»-5o  j_^>  est,  selon 
Torczyner  p.  244,  „pour  l'adverbe  substantivisé  hayan, 
vivant,  qui  serait  la  forme  primaire  de  ^^î«_a.>,  das  lehende 
Tier^''  cela  se  perd  dans  la  nuit  des  temps  que  mes  'faibles 
lumières  ne  sauront  percer. 

La  même  formule  se  trouve  dans  nos  langues  européennes: 
vive  France^  vive  le  roi;  lif  vel,  lev  vel,  lev  val,  lehe  wohl, 
Falk-Trop  NDEW  sv.  fare  et  levé;  le  latin  havê,  avë  doit 
aussi  être  d'origine  orientale,  787  n.,  Walde  LEWB  sv.  ave.  — 
^Ll=>,  paretits,  coîitribules,  818,9;  819  n.,  ^Omàn,  =  v^Uï 
Dt.,  ib.;  1452;  sing.  ^^^,  clan. 

SLç>,  exphqué  1490;  Prov.  et  Dict.  p.  364;  Bauer  Pal.Arab. 
§  58  N°  3. 

L5>,  hàya,  pluie  du  printemps,  550,  1,  dans  toute  l'Arabie, 
Socin  Diw.  Gl.  sv.;  RI)  Gl,  sv.;  mot  fort  classique.  On  dit 
aussi  ^Lx>,  hayà\  où  le  hamza  est  motivé  par  l'accent  sur 
l'ultième.  La  lurah  a  les  deux  formes,  LA  XVIII  p.  235  en 
bas,  où  la  raison  de  ce  sens. 

îLp-,  vîdve,  de  la  femme  et  de  la  femelle,  môme  sémantique 
que  dans  pudenda,  Scham  et  le  suédois  blygd,  véritable- 
ment pudeur;  LA  XVIII  p.  240  donne  la  raison  de  ce  sens. 
1401,14:  iLïLJ!  tU.^.   Diw.   Qays   b.  el-Hatîm  N°  1  v.  2: 

LpeL^5>   "^î  e^*:2Jt  îi.L^  %,  ni  une  voisine  (contribule)  m'a 


544 

laissa  jouir  d'elle.  On  dit  aussi  'v^-^^,  hàya,  LA  XVIII  p. 
240,  3;  dans  iL:>,  hayà^  le  hamza  est  à  cause  de  l'accent. — 

&*=>,  serpent  femelle,  1637,  mais  voyez  LA  XVIII  p.  241,  3.— 
j^L^=>,  70,  3,  êtres  vivants.  Cf.  Brockelmann  VGSS  I  p.  450. 

Torczyner  o.  1.  p.  244  et  ici  sub  ^=>  p.  543. 

iLl^',  salutation,  propr.  dire  «lit  ii)L*>,  786  et  ss.;  Hamâsah 

p.   368,1,   M^AR   p.  10,  où  l'explication  de  'î^-iL^  est  très 

instructive.    ^Xw^!  ^lI^',  788,    789.    bÛL^Ul  '^ ,  789.   ill^' 

^JuJt,  789.  iLl^"  =  eUi,  789;  Araâlî  Dêl  p.  150,  3  =  L  es- 
Sikkît  Tahdib  el-Alfâz,  éd.  Beyrouth,  p.  584  d.  1.,  où  autre 
exemple;  I  Sîdah  III  p.  136,4  d'en  bas. 

On   sait  que   dans   les   dictionnaires  de  la  lurah  ^^z>  est 

expliqué  par  |^,  |>M^  ou  \^\ju,  LA  XVIII  pp.  242,  3  d'en 

.bas,   243, 2,   et  qu'on   le  considère   comme   un  nom  verbal, 

Jouj  ^\,   ib.  p.  242,  11    d'en   bas  et  Lane  sv.  Le  verbe  est 

donc  ^ci^P'^  devenu  ^y>,  Sik'ih  et  Qâmoùs,  ce  qui  est  la  forme 
la  plus  commune  et  dont  l'impératif  régulier  est  ,^y>  et  vul- 

o 

gairement  ^,-s>  ou  ^,jJ>,  vive!  Mais  c'est  peut  être  la  seconde 
forme  du  verbe,  ^^=»,  qui  fait  à  l'impératif  hayyi,  heyyi 
et  ensuite  hayy,  heyy,   hay,   hey,    selon  323  et  ss.  Or, 

L  A  XVIII  p.  243, 1  dit  que  i>^  «ùx  Ji3:^  Je,  et  l'interjection 
^J>  ne   proviendrait  donc  pas  du  verbe  ^jp>  <  ^.^-^^^ ,  et  il 

faudrait  ici  admettre  deux  ^_c=•,  de  provenance  différente. 
La  formule  doit  être  aussi  vieille  que  la  langue  arabe.  Nous 
avons  un  autre  verbe  analogue  de  salutation  et  de  souhait 
des  Bédouins  du  Nord:  ^.  Gauwâkum>gaukum, 
774  s.,  et  qàwa!  est  la  salutation  yémanite  bédouine  très 
courante.  Un  autre  plus  savant  en  arabe  que  moi  tranchera 
cette  question.  En  tout  cas,  ^_^=>  est  un  appel  fort  ancien 
que  les  philologues  arabes  n'ont  pas  su  bien  analyser,  quant 
à  son  étymologie. 


545 


c 

j,  permute  avec  ^è,  762  et  s.:  ^^  et  «-^  vhvs. 

j,  permute   avec  ^,  997.   En   voici  quelques  exemples  tirés 

de  LA:  J*.AJii>  et  j..*^  =  ^Ltï;  on  dit  J-ao.^  ^wà-tv*-  et  J^a^^, 

LA  XITI  p.  220,  4  d'en  bas.  —  ^^  et  Jy  vhvs.  —  («-^isi.,  couper 

et  ensuite  manger^  et  |*.*i2ï,  grignoter;  cf.  j.o\£  et  j-lX/.  LA  XV 

p.  73:  L^lijL)  ^«.Aiiaiî^  (j*'/^"^î  ur^':'  J^"^'  jvoa;^!.  —  j^  et  j^,  balayer, 

vhvs.  LA.  XV  p.  394  dit  que  ^  est  la  forme  higâzite;  peut-être 

aussi  j.L=>,  i,   j^=>  et  pL^^x^wt  vhvs.  —  a-j-jj^  et  Oj~-^  =  «J«-_i:, 

vhvs.  -  -JLo  et  oiJLo  =  ^^^;  ^il!  =  oii!  LA  IV  p.  25.  - 

Ne   trouvant  aucune  étymologie  pour  le  mot  'x-*->^,  tente, 

vhv.,  j'ai  proposé  x*^li' >  K+xï,  qey  mah,  >  qêmah,  >  iU*=>, 
Dans  le  Sud  Qeymah>Qêmah  est  le  nom  très  répandu 
que  portent  beaucoup  de  localités,  voir  mes  Indices  sv. 
Ce  serait  donc  une  chose  debout,  se  rapportant  à  une 
chose  dressée,  peut-être  aux  ^,.;.>.k2J^  ^-^l^-^'j  I  Sîdah  V  p.  135 

et  s.,  voir  ici  sub  x  ♦. .»  >.  En  mehri,  c>-a-j  est  du  féminin, 
ce  qui  est  à  noter,  BM  III,  p.  60. 

Elargissement  de  la  l/~~racine  bilittère  par  -^:  ^  Qt  ;i>.*xo; 
yo,   t^o,  seulement  le  Qâm.,  et  ^^,  vhvs. 
^  permute  avec  tji,:  ^  et  ^j^  vhvs. 


v^-i>,   u,   courir,  homme  et  animal;  galoper  360  n.  1;  voir 
JajJ>.  Jaussen  Coutumes  p.  271  :  >_^=>,  petit  trot.   \js>  ^^  1^ 

„    ,    o  «       5 

iAs^JÎ  i.^,  il  a  passé  par  ici,  cours  le  rejoindre,  Dt.  Ici  on 

35 


546 

aurait  pu  dire  w^,  ayant  le  même  sens,  vhv.  SAE  IV  p.  93, 
15:  hobbi  warà^'i,  cours  derrière  moi;  ib.  p.  119,33:  habb 
warâ^'i,  il  courait  derrière  moi;  ib.  p.  120,  11:  habb  warâe- 
ha'),  il  courut  après  elle.  RD  Gl.  sv..  RO  p.  419,  14  traduit 

oi:v*-Sî  '-r*'^-  P^i"  /«^^'^^  vibrer  le  sabre,  le  brandir,  l'agiter;  voir 
ici  p.  547,  16  et  LA  sv.;  c'est  là  le  mehri  habîb,  trembler,  BM 

IV  p.  57.  Inf.  v^,  Hdr.  Gl.  sv.,  et  v^,  aussi  RO  p.  46,  9. 

v^=>  se  rencontre  dans  les  Traditions,  Boh.  II  p.  150  en  bas 
=  p.  152  en  bas  =158  en  bas,  oii  il  est  dit  que  le  Prophète 

^-y*>J!  ^y^  Liy^î  ii-iJû;  ,-^^j  oj~^  L*  J3',  commença  les  tour- 
nées processionnelles  en  précipitant  l'allure  des  trois  premières 
sur  les  sept,  selon  la  traduction  de  Houdas-Marçais  I  p.  519. 
La  même  chose  est  dans  les  autres  passages  des  mêmes 
Traditions  désignées  par  ^a  et  ^j-*-^'  On  pourrait  aussi  le 
traduire  par  trottiner.  On  voit  donc  que  ce  verbe  ne  s'em- 
ploie pas  rien  que  du  cheval  et  du  chameau.  Le  sens  clas- 
sique est  sans  doute  aller  l'amble,  comme  chez  I  Sîdah  VI 
p.  168  et  LA  sv.,  mais  el-Asma'î,  K.  el-heyl,  éd.  Haifner 
p.  19,   et  I  es  Sikkît,  Tahaîb  el-Alfâz,  éd.  Beyrouth  p.  685, 

et  el-(jauharî  le  définissent  par  ^-jÂj  yo  ^^î^  !31,  ce  que 
Lane  traduit  par  in  tohich  a  horse  reste  on  his  right  and 
left  fore  legs  cdternately,  ce  qui  doit  être  »^^  L^  J^  Jx  j,'è', 
d'après  Fiqh  el-lurah  et  le  Farâ'id  el-lurah  de  Lammens  p.  76. 
I.  el-Qût.  p.  207  dit  seulement:  ^f^"^^  q5^  u*;»^?  -r^==--  Voir 
Hamâsah  p.  506:  JjUI  ^^5  ib.  p.  761:  ^\^^S^  1^-  *îlyo 
ia^iit.  Kâmil  d'el-Mob.  p.  287,  17:  ^\^S1\  C^  J^- ...  J^. 
Dû  er-Rummah  38,  48  (Haffner).  Qays  b.  el-Hatîm  N°  16  v.  5 
o\i  une  chamelle  v^'j  ^^  Q^®  Kowalski  traduit  par  sie  Iduft 


1)  Obs.  warâeha. 


547 

im  Passlauf,  mais  les  chameaux  ne  courent  jamais  autre- 
ment. Naqâid  Gl.  sv.  —  Il  appert  donc  que  les  philologues 
arabes  n'étaient  pas  bien  au  courant  du  vrai  sens  du  verbe, 
si  c'est  trotter  ou  galoper;  à  présent,  c'est  galoper  en  parlant 

du  cheval  =  ^j.  vhv.  En  Syrie,  ^^i-  est  patauger,  homme  et 
bête,  tripoter  dans  l'eau,  avec  l'intensif  <-^>'T.-*-i>,  et  en 
'Oman,  RO  p.  256,  7  d'en  bas,  f.  ge  yhobhub  (ou  yhubb) 
nâqto,  N.  kam,  indem  er  semé  Kamelin  schlenkern  Hess, 
traduction  bizarre;  faisant  trottiner  sa  charrt,elle  est  proba- 
blement plus  exact,  mais  je  no  connais  ni  u,^  ni  ^.^^jp', 
dans  ce  sens,  comme  transitifs.  Reinhardt  est  pourtant  digne 

de  foi.  En  Syrie,  on  dit  ^^^..  qI"-»^^  q^,  le  ventre  du  cheval 
grouille,  lorsqu'il  court,  et  le  ventre  fait  le  bruit  qu'on  con- 
naît =  class.  oU^.  En  Dt.,  on  comprend  cela,  parce  qu'on  y 
a  la  conscience  du  bruit  qu'enferme  ce  thème.  Pour  l'Egypte, 
Spiro  donne  w^i>,  to  shake,  v.  ici  p.  546,  5.  Dans  tout  ceci, 

L^  est  onomatopée,  o^o  ioUb.,  ce  qui  se  manifeste  aussi 
dans  le  babyl.  hâbu,  habâbu,  crier,  hurler,  et  le  mehri 
hayîb,  hurler.  Dans  d'autres  significations  de  ce  thème,  il  y 
a  une  autre  1/~u,a3.  =  1/~v^c  ;  cf.  ici  v^?  h  comme  j.J>  et  j.!J. 

ujU^J,  marcher  ou  trotter  ensemble,  bêtes,  voir  exemple 
sub  J=u=>  p.  559,  2  d'en  bas. 

u^i>,  précipice.  Moritz  Zanzibar  p.  24;  =  class.  ^^i;  cf.  Socin 
Diw.  Gl.  sv. 


c>-!>=>,  a,  être  exténué  de  fatigue,  de  soif  ou  de  faim. 
c>oLi>,   exténué,   éreinté  de  fatigue    —  Avide   de  qc,    qui   a 

O  -  5    5 

envie  de   qc.   s^-faii  o^L>  ^.  ou  ^y^-^,  j'ai  une  folle  envie 
de   café  ou    de   tabac,   me   disaient   toujours   mes   Datînois,  , 


548 

lorsque   je    ne   leur   en    donnais   pas   assez;    synonyme    de 
J  ^l)î.,  vhv. 

^,:>-*,i>,  désert  pierreux  sans  eau  ?ii  habitants,  Arabica  V  Gl. 
sv.,  Hdr.  Cxi.  sv.  —  Plaine  inculte  =  J^,  vhv.  —  Endroit 
i7iculte  et  désert,  69,4;  505;  pi.  o^,  504.  t^b>  &^l=>-  '^li 
^^J  aJ  wd:>i  oi^xj^JI  j,  e^  si  un  affamé  arrive  chez  toi  dans 
la  lande  (brousse),  trais-lui  du  lait,  24,  19.  Une  forêt  déserte 
en  Suède  fut  appelée  par  mon  Datînois  ^^^^  „parce  que 
^j.=>^  sjJi  Le,  505.  Un  terrain  solitaire  était  aussi  un  o*-^^  pour 
lui,  et  cela  malgré  la  végétation  qui  s'y  trouvait.  Un  hôtel  oii 
il  n'y  avait  pas  de  monde  était  poî^î  i^  l»  i.:>.xi>  oy^î,  maison 
déserte  où  il  n'y  a  pas  de  monde.  Dougthy  Travels  II  p.  616: 
a  flat  comitry.  Mo^all.  Imrul-Qeys  v.  31  (éd.  Johnson):  c:aa=> 
Li'La:>  ^ô.  Diw.  Hôdeyl,  éd.  Wellhausen  p.  60  N°  231  1.4: 
^1^  ^  ^Lj  ^^y..  I  Sîdah  X  p.  124,  15.  Ôézîrah  p.  225,  20: 
L^U^  U4^.  Glaser  Mitt.  Peterm.  1886  Heft  1  p.  2:  „san- 
dige  Steppe,  welche  mit  ^V^  bedeckt  ist".  Même  fluctuation 
de  sens  dans  LA  II  p.  332  eu  haut.  LA  fait  observer  que 
ce  mot  est  de  l'arabe  pur,  ï^^:^  '^y^-  On  aura  donc  mis  sa 
provenance  en  doute.  C'est  peut-être  la  lettre  finale  qui  aura 
paru  étrange  aux  philologues  arabes.  Le  mot  est  très  vieux, 
et  qui  sait  si  ce  n'est  pas  originairement  bLi>  ou  ':Ui>  de 
l/~L^:>>(j:.=>  =  y^?  On  comparera  vj-^^"  ^t  iày>,  terre  aride, 
sans  verdure;  ic>3>,  bande  de  sable,  et  les  dérivés  de  |/~>>. 
On  pourra  également  comparer,  mais  à  un  autre  point  de 
vue,  ',^:^k^]  <  iJLw  et  iLj^^,  1445.  Jicî  ^JJtj. 


,isx=>,  peter;  frapper,  673;  Naqâid  Gl.  sv.  —  Cf.  -;n>^,  oi*: 


549 

et  iéU=..  I  Sîdah  XIII  p.  276,  4  d'en  bas.  Cf.  aussi  ^-sJ,  vhv. 

j^=>,  a,  examiner  avant  d'acheter,  essayer^  mettre  à  l'épreuve. 

s-x=>l  ^^^,  laissez-moi  l'essayer^  Dt.  =  yK^iJi^'Dt'  — Connaître 

par  le  flair,   flairer,   dans  le   Nord.   '^j4^^  c^^-^^^c  ^  J^^' 

-vo  ».>.rv?^''  dvî>:^  (^c-^c^.*.*  tUt  qI^  "^I*  Lj^tLXJj  tU,  ^e  rfr/lii^,  ayant 

soif  et  flairant  qu'il  a  de  Veau  devant  lui,  même  à  une  dis- 
tance de  deux  jours,  la  parcourt  en  un  jour,  ""Anazî.    Voir 
ici  sub  o_^  sur  cette  faculté  des  chameaux  de  flairer  l'eau 
à  une  grande  distance. 
jL=>,  donner  la  main  pour  saluer,  77 b;  inf.  Sj-jL^,  ib.,  RO 

p.  51,  6;  voir  yp>. 

y^',  demander  en  général,  demander  des  nouvelles,  s'infor- 
mer de,  46,  23;  67,8;  77,  13,  18;  119,  16,  avec  ^,  à  propos 
de;  515,  7  d'en  bas;  1029;  HB  p.  283,  où  Jji;  RD  Gl  sv.  - 
^j^J^ULwî,  =  r^j  vhv.   En-  Dt.  c'est  s'informer  de,  mais  non 

simplement  demander,  ce  qui  se  dit  j^'. 

^=  ^  vhv.  -   ,-^,  dans  la  locution  ^^^^  J^\,  expliqué 

1688;  cf.  yL3-  plus  haut.  Voir  sub  jJLc. 

3-c>,  compagnie,  association,  seulement  au  Yéman,  764  n.  ;  ex. 

sub  j.>>3;  =  o«-w  en  Dt.  et  à  l'est  de  là.  Au  Liban,  f}-=^  ^  s't^sso- 
dÉ;r,< syriaque  ethabbar.  Cf. le  cl.,jLi-,Belot  sv., l'éthiop.  *tn^!, 
consociatus  est,  et  le  babyl.  habratu,  Gemeinscliaft,  Verbriiderung, 
Weidner,  Babyl.  Astronomie  p.  88,  — V.  Ges.-Buhl  sub  "I3n  IL 

tV*_i.,  hàbra;  pi.  ,^J-^z>,  class.  ^J-^,  réservoir  d'eau  de 
pluie  peu  profond  en  jncrres,  selon  les  nombreux  Bédouins  que 


550 

j'ai  consultés  dans  le  Haurân.  Ces  i^U=>  ne  se  trouvent 
que  dans  le  Haraâd  de  la  Syrie;  ils  sont  à  présent  ruinés. 
D'après  les  indigènes,  ce  sont  les  Béni  Ta*^mar  qui  les 
ont  construits.  "iDyn  n.  pr.  se  rencontre  dans  les  Inscriptions 
de  cette  contrée,  Halévy  Safa  p.  51,  Wallin  Reisen  III  p.  231. 
Euting,  Verh.  der  Gesell.  f.  Erdk.  Berlin  1886  N°  5  p.  12 
dit:  „Flache  Wasserlachen  oder  Teiche  (khàbarah)  halten 
„sich  nach  starkem  Regen  bei  lehmigen  Untergrunde  wohl 
„einige  Wochen;  langer  noch  die  Lôcher  im  geschlossenen 
„Steingrund  auf  der  Sohle  einer  Thalrinne,  radîr,  oder  in 
„natùrlichen  Gesteinbecken  (dann  kelt,  tselt,  pi.  tselât)". 
Musil  0. 1.  p.  2,  7  dit  que  '^jjp-  est  =  ^m,  crevasse  oblongue 
dans  la  plaine. 

C'est  aussi,  chez  les  ^Anazeh,  une  flaque  d'eau,  une  mare 
d'eau  de  pluie.  La  forme  classique  est  i!J^=>.  Rarîb  el-Musannaf 
porte  :  Lgi  JUi-j^  X^^  olîr*^  ^'**^3  >(AaJ!  c>y-^j  fLaiî  ^'r^^' 
«I>  L^t.  I  Sîdah  X  p.  133.  èézîrah  p.  213,12.  Il  n'y  a 
que  cinq  mots  dans  la  lurah  sur  ^.^1*5,  pi.  JL«.  Je  lis  dans 
mon  ms.  de  Buryat  el-Wu^ùt  d'es-Suyûtî  sv.  iAt!  ^i  e;:t^=^ 

XJ^lJi  ceci  :  J.  c>^jL  Jlï  xL:^'.  f»J>AJiJ!  ^"^  <,-JL=>  ^nj.Ij'  ^  c:^,', 
Ki^ca^.  iUixJ!   ij^   'isL^   iJ^uXJI  >_ÀA*«   (jLw   ioJLi>  ^!  L<^^'   o^   ^rr" 

J^Jî!   "^   ^i>.Jlï   Li?   Le   Jlî   ^jvfwt   iwîj-c!   W    oJlï   c>ol   J^aJ"   L«   NjyL=> 

er^j-^î    U^jj'i    ^^j^î    ^f>    c>-^A^i    ^    lX*j    ^.^ii'     UU    e5;'^3 

li.:>    oiAs»^    ïsLa-jw     .-j_ixc    lXjs-j    Je    s^vAJ    Li-o    ijic,t    ^^    ;__c  Lj>^ 


551 

iLjLciii.  On  comparera  cela  à  ce  qu'avait  déjà  dit  I.  Ginni 
(t  392)  auparavant  dans  son  iicUA^Jî  .*«  au  chapitre  ^,yJI  uy>, 
mon  ms.:  ^o^^  Lf;^^  '^yP'3)  u^^'^^  ^Là-L»  (^^^i!  îà.?>  j^^^ 
.tjl^  i/  ^3^j  ^  êc-4  çc^'/'  i  ^'L.j  ^L/b^  ^.^U.JÎ  ^  g^! 
L,iJi£  xJL=>b  sLJ!  (^[5  ïj-*^  ;ti^ji\  ^^î  Jv£  3-V  ^i^  ^LàLoj.  Mon 
excellent  ms.  a  ici  le  voyellement  ^_^s^l^  et  l5;L»3>,  et  ^J^ 
est  à  présent  la  seule  prononciation  de  ce  pluriel;  LA  sv. 

En  annexion,  on  dit  Llj^jJ>^  notre  hàbra,  parce  que  h 
finale  est  sentie  comm-ah  et  faisant,  par  conséquent,  en 
annexion- a  t.  3_*_j<\Jt  est  le  nom  d'un  endroit,  à  quelque 
distance  de  D.êr,  où  il  y  a  les  restes  d'un  aqueduc  romain 
qui  conduisait  l'eau  collectée  dans  la  plaine  dans  un  grand 
bassin,  Moritz  Topogr.  der  Palmyrene  p.  35,  Voir  Musil 
AP  III  Gl.  sv. 

3.Lc>,  pi.  y.Lj>,  trou  que  creusent  p.  e.  les  rats,  et  où  les 
serpents  se  retirent,  Dt.  Nôldeke  Fùnf  Mo'^all.  II  p.  47.  Cf. 
aussi  LJ>  et  s^  vhv. 

-v^==",  compagnon  de  route,  764  n.,  Yéman  Stace  p.  197  =  Dt. 
v_jiAX.>w;  pi.  ^1^3-,  1516  n.  2.  C'est  l'éthiop.  'SOrù',  consociatus. 
^,  valeur  intrinsèque,  état  réel  d'une  chose,  Dt.  Un  Datînois 
me  dit  :  y^  xxs  ^^X^  L»,  ij:r^=>  ^ynJ^  u^Lj^'J!  ,  le  bois  a  bonne 
'mine,  mais  il  ne  vaut  7ien,^=  yp',  expression  très  classique. 
RO  p.  221, 13  d'en  bas:  ^y^  ^^  ^f^^  '^^  tiLxÀXj",  mon 
aspect  doit  te  suffire  pour  connaître  mon  état  (de  santé). 
.^^,  chose  expérime^itée,  éprouvée.  Dans  le  Nord,  selon  Musil 
0.1.  p.  248,  11  d'en  bas,  re?iommée,  mais  là  aussi  il  y  a  le 
même  sens  que  dans  notre  dialecte. 


552 

i_^  est  un  élargissement  de  l'onomatopée  v^-=>  vhv.  C'est 
en  général  et  partout  faire  le  2'>ain,  backen.  Rubah,  Ahlwardt, 
Gl.  sv.;  I  Sîdah  "V  p.  6,  3  d'en  bas.  —  ;-«3.,  pain,  et  la  ma- 

■  nière  de  le  faire  51;  53.  Jaussen  Coutumes  p.  63.  —  sj-^-:>, 
un  pain,  une  galette,  un  morceau  de  pain.  C'est  la  matière, 
tandis  que  (jo^  se  rapporte  à  la  forme  du  pain,  une  miche, 
une  galette.  D'après  LA  V  p.  6,  4  d'en  bas,  uo_i  est  plus 
juste  que  ii^^,-ï,  mais  voyez  LA  XVI  p.  21,12,  cité  ici 
p.  556,  4.  Sur  le  mehri  hâbez  =  >p',  voir  Bittner  St.  mehri  I 
p.  32,  m  p.  24  et  Viii  p.  18  et  19.  -  ^^i^t  jJJ>  1041. 

uiL=>  yp>  expliqué  1045.  Dans  el-Qasîm,  on  appelle  j-*3.  les 
bribes  ou  les  honoraires  que  les  parties  en  litige  doivent 
donner  au  ''ârifah,   vhv.,   pour  qu'il  juge  entre  elles.   ^î^ 

^   iJ^ly!  ^1^  ^\^   J^   ^  ^^j,  yà-'i  ^Ui!  ^o   ^   -iSiLW  ^ 

^jO'U;  ;-AJ-li  iLïj,  si  le  litige  roule  sur  le  sang  d'un  homme, 
le  Ijubz  est  de  deux  juments,  et  si  le  litige  est  à  propos 
d'îine  chamelle,  le  h  u  b  z  est  de  deux  moutons,  récit  '^oneyzite. 
Ce  sont  là  nos  f7'ais  de  justice. 

On  observera  que  j>3>,  tj^^,  iUib,  cyyiJ:?  vhvs.  =  id,l  yà>, 

I  Sîdah  V  p.  7, 10,  sont  sur  les  paradigmes  Jjè  et  'ilxs,  qui, 

avec  jyj«,  désignent  une  chose  rotide  et  bombée  {convexe  oi*. 

coîicave),  Hdr.  p.  252  et  p.  486.  iJLjti  se  rapporte  souvent 
aux  choses  mangeables,  à  un  morceau  de  quelque  chose.  Tels 

o  i 

les  exemples  suivants  tirés  des  dictionnaires:  a-L^!,  mor- 
ceau  d'une  chose  mangeable  =  iUiil,  LA  XIII  p.  19,  11;  iicj>, 

o    ) 

petite  quantité  de  gc,  LA  IX  p.  399,  reste  de  lait,  =  iiu.=>. 


553 

Xi-c  et  iuii',  ib.;  3l\:>,  morceau  de  viande^  LA  V  p.  15,= 

sj.>,  ib.;  iLA«j>  =  iL/^^,  me^5  c?e  l'accouchée  (cf.  u^j^*);  «jJj, 

morceau  de   qc,   LA  V  p.  404,9  d'en  bas;  iiLj  =  ';U^,  LA 

sv.,  Qâm.  sv.;  i^àij,  morceau  qu'on  happe  avec  la  main  et  = 

iuil,  Qâm.  sv.;  iLx*.>o,  morceau  de  ^,  etc.,  pour  apaiser  un 

enfant   qui  pleure,  LA  sv.;  iLi;^,  morceau  de  qc.  en  forme 

de  boulette  LA  sv.;  cf.  J.x^s'  vhv.;  iLàiJ,  bouchée,  boulette,  = 

K. ,«  Lî.  Qâm,  sv.;  iwé-aJ,  morceau  d'une  chose  mangeable,  =^ 

iLjL*22<«;  }cJl.xj,  bouchée,  =  iUJiJ,  Qâm.  sv.,  et  poignée  de  gc, 
LA  XIV  p.  164,10  d'en  bas.  C'est  là  le  sens  intrinsèque 
du  paradigme,  dont  la  genèse  nous  échappe;  nous  n'avons 
pas  besoin  de  l'attribuer,  d'une  façon  artificielle,  à  un  impar- 
fait Jsi^  avec  Barth  NB  pp.  108  et  488.  V.  ici  p.  552,7 
d'en  bas.  C'est  ainsi  que  du  turc  -^^^Lj,  morceau,  les  Tuni- 
siens ont  fait  iwiij,  morceau,  tranche  de  viande,  et  l'adverbe 
bar  sa,  beaucoup.  Le  sentiment  de  la  portée  de  ce  para- 
digme est  encore  très  vivant. 

Nôldeke  Beitrâge  II  p.  56  fait  venir  j->-=>  de  l'éthiopien. 
Il  dit  que  „le  pain  est  pour  les  habitants  de  l'Arabie  un 
luxe  rare".  On  voit  que  le  très  savant  orientaliste  n'a  jamais 
été  en  Arabie.  On  y  mange  beaucoup  de  pain.  Il  y  a  en 
Arabie  autre  chose  que  de  pauvres  »^jliiî_^-=>î.  Il  y  a  aussi, 
lorsqu'il  a  plu,  assez  de  blé.  L'importation  de   j.LxIj,  s^3,  ^ 

et  ;.  se  fait  dans  l'Arabie  Méridionale  de  Bombay,  à  l'époque 
de  la  mousson  d'est,  et  je  suppose  qu'il  en  a  toujours  été 
ainsi,  étant  donné  le  grand  commerce  qu'avait  le  Sud  avec 
les  Indes  dans  l'antiquité.  De  Goeje,  Encyclop.  de  l'Islam  I 
p.  381,  dit  que  le  pain  était  encore  rare  au  temps  de  Mo- 
hammed, mais  lïmportation  de  froment  de  l'Egypte  en  Higâz, 
à  cause  de  la  famine  en  l'an  18,  ne  prouve  pas  qu'aupara- 
vent  il  y  eût  disette  de  blé;  au  contraire,  il  me  semble. 


554 

Le  fertile   Haurân,   les   plaines  de  la  Mésopotamie  et  des 

pays  au  Nord  du  ^.Jl^J!  «._j.  produisent  suffisamment  de 
céréales.  Avant  la  dévastation  des  hordes  barbares,  avant 
la  mauvaise  administration  des  Turcs,  ces  pays  étaient  encore 
bien  plus  fertiles  et  mieux  cultivés,  comme  c'était  le  cas 
au  temps  des  hulafâ"  omayyades  et  ''abbâsides.  Certainement, 
les  habitants  de  l'Arabie  septentrionale  ont  dû  faire  venir 
du  blé  de  dehors,  mais  non  d'outre-mer,  car  la  Syrie  et  la 
Mésopotamie,  avec  leurs  richesses  agricoles,  pouvaient  bien, 
si  la   pluie  avait  fécondé  les  champs,   fournir   la    quantité 

nécessaire  de  ip^j>-^^  IJ^  le  blé  vanné,  Tab.  I  p.  1090,  7. 

S.  Fraenkel  FW  p.  30  et  ss.  se  donne  beaucoup  de  peine 
pour  prouver  que  les  anciens  Arabes  se  nourrissaient  prin- 
cipalement de  viande.  Il  s'appuie  sur  Guidi  Délia  Sede,  mais 
de  l'exposé  de  Guidi  il  s'ensuit,  ce  me  semble,  tout  le  con- 
traire. Si  dans  la  Vita  Simeonis  Stylitœ,  Fraenkel  o.  et  1.1.,  il 
est  dit  que  les  Arabes  ne  savaient  pas  même  ce  que  c'était 
que  le  pain  et  qu'ils  ne  se  nourrissaient  que  de  la  chair  des 
animaux,  l'auteur  ne  paraît  pas  avoir  beaucoup  fréquenté 
les  Arabes.  Pour  comble  de  curiosité,  Fraenkel  ajoute:  „En 
cela,  il  n'y  a  pas  un  grand  changement,  même  de  notre 
temps,  étant  donné  que  les  conditions  de  vie  sont  demeurées 
généralement  les  mêmes".  Or,  c'est  tout  le  contraire.  G.  Jacob, 
BL  p.  88  et  s.,  a  déjà  réfuté  cette  assertion  erronée.  Le 
Bédouin,  lui,  se  nourrit  principalement  de  l\j^,  oïj^,  L\>y»ac, 

de  iLLo  j.>-i>,  de  (joî^!  de  polenta,  etc.,  avec  du  beurre,  et  la 
viande  est  pour  lui  un  régal  royal.  Lorsque  l'occasion  favo- 
rable se  présente,  il  peut  à  lui  seul  manger  tout  un  agneau 
à  la  broche,  ainsi  que  j'ai  constaté  pendant  une  chasse  chez 
les  ^Adwân,  en  compagnie  des  Princes  Charles  et  Eugène 
de  Suède,  au  printemps  1885.  Lorsqu'il  part  en  maraude, 
5;_c,   il   n'emporte  qu'un   sachet  de   farine  pour    faire    son 

ïslLi  y^  ou  iwL  u^ji,  Burckhardt,  Reisen  Weimar  1831  p. 


555 

194.  Le  Yéman  et  l'Arabie  Méridionale  n'ont  pas  de  tribus 
nomadisantes  comme  dans  le  Nord,  où  il  y  a  aussi  une 
population  sédentaire  et  agricole,  de  même  que  dans  le  Sud. 
Le  blé  n'y  manque  que  lorsqu'il  n'a  pas  plu,  et  alors  les 
qabâil,  qui,  dans  le  Sud,  sont  presque  toujours  agricul- 
teurs, se  serrent  le  ventre  et  se  nourrissent  de  lait,  de  riz, 
de  dattes,  etc.  Les  troupeaux  fort  nombreux  des  Sômâl  peu- 
vent  fournir  la  nourriture  qui  manque  aux  Arabes  du  Sud. 

ixi>  est  selon  I  Doreyd,  I  Sîdah  V  p.  6  d.  1.  y^^  ^y,  oixxi^ 

^^.JçJLi  ^_jyi!_^3  et  aussi,  en  général  v;*^-  ou  lXjJcccJî  oj^t, 
LA  VII  p.  210,  12,  où  u"h  ancien  exemple  qui  se  trouve 
également  chez  I  es-Sikkît  p.  632  avec  l'explication  de  ces 

vers.  I.  el-Qùt.  (+  367)  p.  208,  20:  L^  J.JL.  w^  ^^\    '^ 

ÎlXjlX.^:  iî^.w  L^Lg  jo"^t3  LVA-^-  Et  es-Sihâh  sv.:  vr^  j-^-^' 
XA_»-;ijdr  J^  j^j   ^yi\  »l\xj  yjtxi!,  copié  par  TA;  Zam.  Asâs 

SV.:  Jo"^î  uj^-  iJi^lj  lij-^-=^^  '^f.  e5"^^^-  Nous  voyons  donc 
que  ;*=>  et  1^  sont  synonymes.  TA,  après  avoir  copié  le 

Sîhâh,  ajoute:  ^^f^^-i  j^yJj  ^UlXjU  ^Ljî  f^.f=^  ^.  y^  c^"  ^:^^- 
Lane  commence  son  article  par  \-^i>  yp-^  fie  niade  {ov  hieaded 

O    3 

and  haked)  y^  (or  hread).  Mais  il  aurait  dû  commencer  par 
battre  la  pâte  ou  le  sol  >  knead  and  bake,  pétrir  et  faire 
cuire.  La  dernière  remarque  de  TA,  i^^Ji-SL.  u^oJ^,  est  abso- 
lument „invalid",  pour  parler  avec  Lane.  I  Sîdah  V  p.  6 
d.  1.  a  été  plus  clairvoyant. 

Il  y  a  plusieurs  verbes  qui  se  rapportent  à  la  manière  de 
faire  le  pain  et  jeter  la  pâte,  v^,-^'  ijv?^^'j  sur  le  sdg  ou 
dans  le  four,  tels  que  y^,  jJLu,  j.L\i,  I  Sîdah  V  p.  7,  ^^tXi, 
*y  et  j*XS,  vhvs.  jjib,  i,  frapper  avec  le  plat  de  la  main  et 

|JLb,  frapper  à  coups  réitérés  pour  préparer  la  pâte  du  pain, 
I   Sîdah  V   p.  7,  5,    LA  sv.    Voir  ici  p.  556,  15.   C'est  un© 


556 

métathèse  de  j*.y  vhv.,  LA  1.1.  p.  262,  9,  qui  a  ensuite  reçu 
une  application   spéciale:   donner  une  taloche  sur  la  figure. 

I  Sîdah  V  p.  7,8  définit  'lSSIJ^   par  lXJL  x<^LJLl!  »jI:^J!  =  LA 

O     5 

XVI  p.  21,  12:  A^Li  isLj3^>s:ait  iiLjo-jiJî.  La  racine  iai  a  donné 
plusieurs  élargissements  qui  tous  ont  le  même  sens  primor- 
dial, 674  n.  ;  792  n.  Son  affaiblissement  V~^  a  donné  ^JJ, 
vhv.,  =  L-jy^j  qui  s'emploie  également  pour  la  manipulation 
de  la  pâte:  -.y^^  iilî  yp-  J^^  j.Jjîjt,  I  Sîdah  V  p.  7,7;  LA 
XVI  p.  12,8.  Nous  trouvons  dans  nos  textes,  en  outre,  ^_^, 
51, 10,  vhv.,  ^^L,  52,  6;  53,  U;  54,  21  ;  55,  15.  C'est  qu'on 
met  la  pâte,  dûment  briée,  à  l'endroit  ad  hoc  avec  un  coup 
de  main  spéciale,  on  l'y  colle,  pour  ainsi  dire,  avec  un 
^xA>  ^^.  C'est  le  travail  manuel  qu'impliquent  ces  verbes. 
xji3  =  bi»3>,  Sihâh  sv.;  I  Sîdah  V  p.  7,  5;  Nihâyah  sv.,  avec 

le  verbe  jjLb,  i,  et  jjL»,  faire  la  galette  de  pain;  voir  ici  p. 
555  en  bas.  C'est  peut-être  un  emprunt  araméen,  jvnVr^  u  pain, 
n.  unit.  lA^^a^.  Brockelmann  Lex.  syr.  p.  134,  ainsi  que  le 
dit  Fraenkel  F  W  p.  35,  et  proviendrait,  selon  lui,  d'un  verbe 
>a^^,  presser.  Mais  ce  verbe,  dans  ce  sens,  n'est  qu'une 
métathèse   de  ^l  et  nullement  en  rapport  direct  avec  jJLi?. 

II  désigne  également  la  manière  de  préparer  la  pâte  en  la 
battant  et  en  la  manipulant.  V.  additions. 

Les  Hébreux  avaient  aussi  le  même  thème  ron  =  j^, 
mais  qui  ne  se  trouve  que  dans  ses  dérivés  D^îi^n,  Backiverk, 
Ges.-Buhl  sv.  Kônig  HAWB  le  traduit  par  Tiegel,  ce  qui 
ne  me  paraît  pas  exact,  car  c'est  sans  doute  un  ^-^m  qui 
désigne  certaines  nourritures,  Hdr.  p.  278  n.;  I.  es-Sikkît 
Tahdîb  p.  635  et  ss.  C'est  ainsi  que  j■^-^=>  est  =  ^j^  lAjyïJI 
^i}]  yJ^,  I.  es-Sikkît  ib.  p.  645,  et  ^^  !.>  ^\  ^  )y^^, 


557 

I  Sîdah  V  p.  6,2  d'en  bas,  copié  par  TA.  Levy  o.  1.  p.  13 
compare  avec  raison  riDn  avecîoiin,  klo'pfen,  sdilagen,  ainsi  que 
nous  allons  le  voir  dans  la  suite,  npnç,  eiserne  Flatte  zum 
Backen,  Ges.-Buiil  sv.,  ein  flaches  Blech  zum  Backen,  Stade 
sv.,  mais  Kônig  sv.,  Tiegel;  c'est  donc  =  l'arabe  -.L*- ou -Laj>, 
Prov.  et  Dict.  p.  14;  Levy  o.  1.  p.  69:  Pfanne  zum  Braten 
ocler  Rôsten.  Il  faut  savoir  si  le  t  hébreu  peut  devenir  z  en 
arabe,  sans  cela  on  doit  admettre  deux  élargissements  diffé- 
rents de  V~^.^,  Dn,  ce  qui  n'est  pas  impossible.  L'éthiop. 
frtH,  faire  le  pain.  Si  les  Abyssins  sont  venus  de  l'Arabie 
du  Sud,  ils  ont  bien  pu  apporter  avec  eux  un  nom  pour  le 

pain,  et  ce  nom  a  pu  justement  être  j^. 

Or,  nous  avons  vu  que  tous  les  verbes  se  rapportant  à 
la  manipulation  de  la  pâte  ont  le  sens  fondamental  de  ^y^, 

y   compris  j*s>.  On   peut   donc   se  demander  pourquoi  y^, 

régulièrement  formé  comme  (jo Js,  devrait  être  un  emprunt 
éthiopien,  comme  le  veut  Nôldeke?  Car,  si  la  manière  de 
faire  le  pain  vient  de  l'Ethiopie,  le  mot  en  viendrait  aussi. 
Je  crois  avoir  prouvé  dans  ce  qui  précède  que  jj^  n'est  pas 

un  dénominatif  de  ^,  mais  un  verbe  de  pure  origine  arabe. 
Si  l'on  éhmine  tous  les  mots  qui  en  arabe  désignent  pain 
et   four  comme   étant  originairement  étrangers  à  la  langue, 

il  ne  resterait  que  uoys  et  iJw  uoJs.  Cela  indiquerait  alors, 
selon  la  théorie  de  Nôldeke  et  de  ceux  qui  le  suivent,  que 
les  Arabes  n'auraient  eu  que  cette  espèce  de  pain.  C'est  a 
priori   peu   probable   pour  ce   qui  concerne  les  milieux,  plus 

ou  moins  civilisés,  au  Nord  et  au  Sud  de  ^^-^^  ^,,  dans 
le  Yéman,  en  Hadramoût  et  en  'Omfin. 

Le  plus  ancien  verbe  ponr  faire  le  pain  est  ^^t,  ilDN  vhv. 
Avant  mes  recherches  dans  l'Arabie  Méridionale,  on  ne  con- 
naissait point  ce  verbe  dans  les  dialectes.  A  présent,  on  sait 


558 

que  ^^,  vhv.,  ^^x>,  ^^^_^  et    ,jL^,  four,  existent,  vhv.  C'est 

même  le  mot  le  plus  courant  pour  four.  Les  Arabes  du  Sud 
n'ont  certainement  pas  emprunté  ce  mot  sémitique  commun 
aux  Sémites  non  arabes  du  Nord.  L'Arabie  Méridionale  était 

dans  l'antiquité,  où  il  y  avait  le  grand  commerce  de  qLJj  lo 

vhv.,  plus  civilisée  que  les  pays  septentrionaux  de  la  Péninsule. 

L'existence   en  arabe  de  mots  non  arabes  pour  four,  tels 

que  ^^y'i,  ^^  et  ^y^',  vhvs.,  n'implique  point  que  les  peuples 
qui  ont  introduit  ces  mots  dans  la  langue  arabe  ont  aussi 
enseigné  aux  Arabes  l'art  de  faire  le  pam,  comme  le  pense 
Guidi  Délia  Sede  p.  3-i.  Ils  leur  auront,  tout  au  plus,  appris 

l'art  de  faire  le  four,  meilleur  que  l'ancien  foyer  de  la  ^iu. 
Mais  si  l'on  entend  par  J'arte  di  fare  il  pane''  un  degré  plus 
raffiné  de  le  faire  dans  un  four,  on  pourra  être  d'accord. 

Le  boulanger  était,  avec  l'échanson,  le  plus  grand  person- 
nage de  la  cour  céleste  babylonienne  dont  la  cour  royale 
terrestre  n'était  qu'une  copie,  ou  plutôt,  pour  nous,  vice 
versa,  Jeremias  Handbuch  p.  178.  Ces  hautes  fonctions  prou- 
vent que  le  pain  était  considéré  comme  la  principale  nour- 
riture des  rois   du   Ciel   et   de  la   Terre   et  par  conséquent 

aussi  pour  les  sujets.  Voir  ici  sub  q-?^- 

o  ♦ 

bjL^,  boulangerie,  ainsi  dans  tout  le  Sud  ;  Stace  p.  16.  SAE  IV 

p.  136,  31:  mahbâze  =  mehri  mahabûzit;  ib.  p.  139,33: 
mahbêze  =  mehri  mahbûzet;  ib.  p.  143,  29:  mahbâze  = 
mehri  mahbûzet,  mais  ib.  p.  141  note  D.  H.  MùUer  écrit 
ajAj^\  forme  littéraire,  voir  ma  MJM  p.  52. 

^cc-_*J>,  i,  enduire  le  mur  d'un  mélange  de  terre  et  de  bouse 
de  vache,  359  n.  5;  565.  —  Nettoyer,  en  "Oman,  RO  p.  151,  8 
d'en  bas.  —  Erafler,  en  Syrie,  359  n.  2.  Cf.  J;^. ,  vhv.  et 
i^i.^,  vhv. 


559 

iji^,  éraflure,  Syrie,  359  n.  2,  Le  tj^i>  datînois  est  de  la 
même  racine  que  les  verbes  énumérés  565,  5  et  ss.,  tandis 
que  le  verbe  syrien  est  d'une  autre  provenance;  voir  sub  J^^. 

(jox=>,  i,  intriguer,  Dt. 

(j^iAi>,  écraser  avec  le  pied.,  Syrie,  316,  n.  5.  Les  autres 
significations  sont  bien  rendus  chez  Dozy  S. 


iCA,iAi>,  intrigue,  pi.  o'lo>^,  Dt. 


iiAaLxi»,  intrigue,   imbroglio;    mauvaise    conduite;    débauche; 
partout  courant. 

tjoL:i-,   intrigant,  débauché,   noceur,  1490.   Stace  p.  94.    En 
Hdr.,  on  l'appelle  [joySà>,  vhv.;  cf.  u^^. 


j2Ai>,  a,  u,  faire  du  bruit  en  général.  —  Frapper  avec  bruit; 
remuer  les  pieds,  battre  des  pieds,  860;  donner  des  coups  de 
pieds;  I  Sidah  VI  p.  101, 10  d'en  bas,  =  Ja^,  ib.  VII  p.  42,  7; 
p.  79,  8.—  Taper,  rosser,  racler.  —  Trotter  ou  galoper.  Ba'ad 
ma  fàllaku  rakèybehom  ukàlu  saddu  "al a  rakey- 
behom  urikebu  "^alêhin  marra  fî^sà"  uyihbotèyn 
la  m  ma  Matra  h,  apirès  avoir  affouragé  leurs  montures  et 
eux-mêynes  yyiangé,  ils  bâtèrent  leurs  montures  et  les  montèrent, 
tous  ensemble,  d  l'instant  même,  et  les  montures  trottaient  vers  M., 
traduction  datînoise  du  texte  du  'omânais  de  Brode  M  SOS 
V,  II  p.  18,  5:  ba^d  min  t'a  mu  (sic!)  rkâbhum  ukellu 
gaudu  ')    ^ala   rkâbhum   urukbùhin  marre  fil-hâl 

uhatfan  yithâban  ilên,  etc.  Ici  yithâban,  de  v^:s?", 
désigne  la  pluralité  des  montures  allant  ensemble,  voir  L^i>. 

')  Voir  sub    '^y^' 


560  '        . 

Ce  verbe  est  bien  traité  chez  Dozy  S.,  et  la  plupart  de 
ces  significations  se  retrouvent  dans  tous  les  dialectes  arabes. 
ujLi!  ii*~>  ou  jwT:,  taper  à  la  porte^  Bâsim  le  Forgeron  5,6; 

1-i,  17,  est,  au  Levant,  plus  vulgaire  que  v^'  Ji^  ou  ^, 
frapper  à  la  porte,  exactement  comme  les  deux  verbes  équi- 
valents français,  taper  et  frapper.  Mais  v^— ^^'  h  »  -^  peut 
aussi  signifier  fermer  la  porte  avec  bruit,  faire  claquer  la  porte^ 
de  même  que  dans  notre  dialecte.  Hartmann  L  L  W  p.  36,  9. 
Socin  Diw.  Gl.  sv.  Marcais  TAT  Gl.  sv.  C'est  l'hébr.  'i^nn, 
Ges.-Buhl  sv.  Ce  verbe  est  le  produit  de  deux  onomatopées 
w^j>  et  ia^,  1216,  vhv.,  =  ^^1d  vbv.  Nous  trouvons  égale- 
ment bat  dans  les  langues  indo-européennes,  Walde  LEL 
sv.  battuo.  J^u=>  et  i^J  ont  donné  -l^^^^,  de  même  que  sa 
métathèse  iaxi-,  contre  Ruzicka  KD  p.  52;  Schulthess  HW 
p.  53  n.  Le  mehri  habôt,  mêler,  mettre  tout  pêle-mêle,  est 
le  même  verbe  et  nullement  une  variation  de  dA=>  (b>l!), 
comme  le  pense  Jahn  et,  sur  sa  foi,  Bittner  St.  mehri  I 
p.  82,  mais  déjà  corrigé  par  Rhodokanakis,  ib.  II  p.  24  n.  1. 

On  comparera  la  série  Îsj,   w^5  -^^^j  -^:>r>j  -î^^j  -M^> 

v^,  iiJ,   i^xi-.  iai,  ;^Li;  cCj  ,  ^  et  d'autres,  vhvs. 

i2-î-=>,  courir  en  faisant  du  bruit,  Hdr.  Gl.  sv.  —  Sich  an  die 
Schenkel  schlagen,  se  frapper  les  cuisses;  Sturame  TGr.  p.  23. 

ii^i^■,  frétiller,  piétiner.  RO  p.  206,  2.  =  ialL"  et  ^wi^'. 
iijL^',   se  donner  mutuellement  des  coups,   taper  Vun  sur 
Vautre.  RO  p.  172,7  d'en  bas. 

icIsAi-,  un  coup,  une  tape,  une  taloche,  Dt. 

-  o 

JaA:5^  =  Kjih^.   Cf.  Jiyo  et  ii^*^,  vhv.  et  lu^,  vhv. 
\Jkj.~>,  péter,  673,  =  ol*j>,  vhv,  L  A  XI  p.  358  d.  1.  avec  ^ 


561 

V.  sub  o^^.  C'est  aussi  ainsi  que  sont  employés  les  nom- 
breux verbes  pour  yéter  dans  les  dialectes  de  l'Arabie,  oui- 
est  sans  doute  une  onomatopée  augmentée  de  v^>  ^?  Cf. 

\Jup>^    liW^j    <— Aài>,    oiàc,    oiÀÉ   et    «JLs. 

Chez  les  Bédouins,  il  est  fort  mal  vu  de  péter,  contraire- 
ment à  ce  qui  se  passe  aux  Indes,  où  l'on  entend  à  chaque 
moment  des  pétarades  formidables,  (jâhiz,  Tria  Opuscula  p. 
52.  En  revanche,  les  Musulmans  rotent  sans  se  gêner  le 
moins  du  monde.  Cf.  vjïjyi-,  vhv. 

^A=>,  raccourcir  un  vêtement  en  faisant  un  pli,  =  ^ac,  762. 
I  Sîdah  XIII  p.  275;  LA  XVI  p.  393;  XVII  p.  186.  Cf. 
^^.  —  'iLkjj>  V.  sub  qLo- 

^^ 

<  L>3-.   j_5>-i=\x>*l ,  se  cacher,  42,  21.  —  f^:^^,  poche,  =  ^^^—fS 

RO  p.  25. 

.x=>,  trahir,  violer  le  pacte,  =  .ô<à,  762;  1767.  LA  V  p.  311. 
Tab.  I  p.  1748,9  et  Tab.  Gl.  sv.  Cf.  J^i>.  , 

Jjc>,  tromper,  guetter,  762;   1767.  Cf.  y:>. 

*j:i>,  mettre  le  couvercle  sur  le  four.  ^JSu^\  J.  uoytS!  c^Jxîi   3 

o^*:^5,  lorsqu'elle  a  flanqué  le  rond  de  pâte  dans  le  four 
et  mis  le  couvercle,  1027  en  bas. 

,Jixî>,  hague  en  argent  avec  pierre.  C'est  la  forme  usuelle 
dans  le  Sud,  Arabica  V  p.  126  et  n.  3;  Hdr.  pp.  451  et  578,  mais 
mes  Datînois  prétendaient  que  c'est  un  mot  moderne  et  que 

le  vrai  mol  est  ^3yo  vhv.  El-Amâlî  p.  57  rapporte  un  vers 
oià  figure  la  forme  j.bLJ>  et  il  ajoute  ^^^:^^  ^^^^  ^^  '^^ô 

36 


562 

j^"Li>5.  La  dernière  forme,  *J"Li>,  est  la  plus  courante  dans 
le  Nord.  Lane  sv.  donne  toutes  les  formes  en  usage,  les- 
quelles prouvent  la  grande  extension  de  la  chose  et  du  mot. 

Les.  Anazeh  disent  aussi  (*:ci>.  Ils  appellent  ,*-i:i>  ^=>'i>o  un 
grand  personnage,  qui  donne  à  manger  aux  pauvres  gens. 
Dans  la  célèbre  qasîdah  de  Dikr,  tante  de  ^Agâb,  ma  LB'A 
p.  77  V.  9,  je  lis: 

dont  une  autre  version  était: 

Ici  ^^  et  j*-:'L=>  sont  synonymes,  de  même  que  |^j-«-£,  pi. 

5  3  O  -  3    5 

(j^àc,  et  (jM^,  pi.  lA>>.^,  ï'z'/;  méprisable.  La  poétesse  veut 
dire  que  tous  vivent  dans  le  campement  aux  dépens  du 
chef.  Chaque  chef  de  tribu  ou  de  famille  a,  dans  toute  l'Ara- 
bie, son  cachet.  Le  sêh  Sattâm  I.  Sa^lân,  chef  des  Rouv^^alah 

fut  appelé  devant  moi  ^^Ol  *:c>.  L'on,  dit  isJuJjJl  *:j^  ^"^5, 
un  tel  est  le  cachet  ou  le  chef  de  la  tribu.  —  j»_j"LJi  oi->, 
expliqué  834  et  ss.  L'expression  L^.  [*^'!>^  i}^  ^^:^J^,  Jeune 
fille  vierge,  1467  n.  3,  est  expliquée  par  les  textes  donnés 
834  et  s. 

Voir  Fraenkel  FW  p.  252;  Brockelmann  VGSS  I  p.  254. 
Outre  les  mots  cités  Arabica  V  et  Hdr.  p.  578,  il  y  a  oZyô 

et  ^\j-^,  courtier,  vhv.;  ^_>-_x_I:),  timbre- poste,  Aden  =  Eg, 

^LL.  La  forme  J-*-x.s  n'est  pas  rare  dans  la  lurah.  ,Ji-A.c, 
Diw.  Ho(J.  Wellhausen  N°  169  v.  7;  ib.  N°  205  v.  8,  où  il 
y  a  aussi  ^Là,  et  ib.  N°  169  v.  4.  Cf.  Jj^  et  .S^L;  o*.^S-  et 

03^L>,  Hartmann  LLW  p.  35.  Les  verbes  Jot^à  et  Jsîy  sont 
également  assez  fréquents.  Hdr.  p.  578  n.  2;  Feghali  p.  194/5; 


')  Chanti'-:    mas-k  au-k  e-bî-d  i;    mrti'e: 


563 

voir  ici  sub  J«-<5j .  Fraenkel  o.  1.  dit,  sur  la  foi  de  Nôldeke, 
Mand.  Gr.  p.  112,  que  f^j'ui-  est  arabisé  de  l'araméen.  Pour 
cette  forme,  oui,  mais  toutes  les  autres  peuvent  bien  être  pu- 
rement arabes,  et  je  ne  vois  pas  pourquoi  le  verbe,  si  répandu 
dans  la  lurah  et  dans  tous  les  dialectes  arabes,  soit  déno- 
minatif, comme  le  dit  Fraenkel.  Il  faut  alors  que  ce  soit  de 
même  en  phénicien  et  en  hébreu,  et  il  reste  à  élucider  la  prove- 
nance du  substantif.  La  variante  arabe  j.lj'L>  est  exactement 
la  forme  hébraïque  Dnin,  :=  hôtem,  Arabica  V  p.  127  n.  16. 

Je  crois  que  nous  avons  affaire  ici  à  un  mot  sémitico- 
hamitique  répandu  dans  le  monde  oriental  depuis  la  plus 
haute  antiquité.  Hérodote  I,  195  dit  des  Babyloniens:  «rcpp^yllx 
Vs  £}cx<TTo<;  £%£i.  Par  une  conception  encore  inexpliquée,  on 
avait  rhabitude  en  Egypte,  jusqu'à  la  fin  du  Nouveau  Règne, 
de  déposer  dans  les  tombes  des  boules  en  terre  cuite  portant 
l'inscription  htm,  pade^  contrat.  Ces  boules  indiquaient  peut- 
être  un  pacte  conclu  entre  le  ^\  u^=>Lao  et  ses  prêtres  mor- 
tuaire^, Peet  and  Grifflth,  Journal  égypt.  arch.  2  (1915)  p. 
10—12  et  ib.  Crompton  3  (1916)  p.  128,  ZDMG71  p.  293. 
Ce  mot  htm  doit  bien  être  le  même  que  l'arabe  (*-*_=>.  On 
a  du  reste  déjà  assigné  à  nnin  une  étymologie  égyptienne, 
Bauer  et  Leander  Hist.  Gr.  Hebr.  Spr.  p.  25.  Il  est  inté- 
ressant de  constater  que  les  mots  qui  se  rapportent  en  arabe 
à  l'art  d'écrire  sont  en  partie  d'origine  non  arabe  p.  e.  ^j4-> 
encre,  vhv.,  =  o!l>^  vhv.;  «i^o  vhv.,  =  hébr.  npîp.,  et  |*-jl.=>. 
Les  deux  derniers  mots  indiquent  une  provenance  non  sémi- 
tique du  métier  du  scribe. 

Le  rôle  qu'a  joué  et  que  joue  encore  le  cachet  en  Orient 
est  grand,  Arabica  V  p.  126  et  ss.  Toutes  les  lettres  que 
j'ai  reçues  des  sultans  et  des  grands  personnages  de  l'Arabie 
méridionale  étaient  toujours  munies  du  cachet.  Le  sultan 
des  ^Awâliq  Supérieurs,  ayant  appris  qu'on  m'avait  fait  par- 
venir des  lettres  de  sa  part  non  munies  de  son  cachet,  me 
mit  sur  mes  gardes,  dans  une  lettre  ad  hoc  envoyée  par  un 


564 

courrier  spécial,  ^;,J>X*,  contre  cette  manoeuvre  de  rnon  w>.;oC« 

malhonnête,  Marzaq.  Bolj.  I  p.  20  raconte  que  le  Prophète 
avait  écrit  une  lettre,  mais  on  lui  fit  observer  „qu'on  ne 
lit  une  lettre  que  si  elle  est  munie  d'un  cachet",  et  alors  le 
Prophète  s'en  fit  faire  un  avec  la  devise  xJLJî  J^-w^  lA^^i). 
Il  avait  d'abord  défendu  le  cachet,  mais  le  permit  ensuite 
aux  chefs  pour  cacheter  leurs  lettres:  j»J'Ui  ^J*^>j  ^  ^^  iuî 

^j'JaJLw  ^cJO  :i),  LA  XV  p.  54,  11;  Nihâyah  sv.;  I  Sa'd  chez 
Wellhausen  Skizze  IV  p.  97,  oià  ^y^  est  traduit  par  cacheté, 
plutôt:   7nuni  du  cachet.   As'^ad   Tubba^  avait  un  |*-J'Li>  sur 

lequel  était  gravé:  c^^aJLjù'  ^_^L  =  ^LxJ  ^^,  Naswân  o.  1. 
p.  100;  v.  ici  p.  108.  —  qUJuv  [*-jL>,  Arabica  V  p.  126etss.  ; 
Doutté  Magie  et  Pteligion  p.  156  et  p.  113  n.  2  et  les  réfé- 
rences y  données;  Pedersen  Eid  p.  153  et  n.  2. 

Le  sens  de  ^i>  ou  f,:^  rapporté  Arabica  V  p.  127,  Hdr. 
p.  451,  se  retrouve  dans  le  libanais  hattem,  il  conclut,  finit 
une  prière,  et  le  subst.  hettâra,  prière  qu'on  récite  à  la 
fin  de  l'office,  du  syriaque  hattem,  ad  finem  perduxit,  etc. 
Feghali,  Emprunts  p.  36.  Ce  sens  est  pourtant  secondaire: 
le  primaire  est  apposer  le  ^=>;  [*J'L==")  °P"in,  et  non  pas  fermer, 
cacheter,  Ges.-Buhl  sv.  cnn. 

On  trouve  parmi  les  insignes  du  dieu  Samas  le  bâton  et 
l'anneau,  symboles  de  son  pouvoir,  Prinz  Symbolik  pp.  90; 
91,  et  ib.  Tafel  XI  N°  1  et  4  et  Tafel  XIV  N°  4.  Ils 
remontent  à  l'époque  d'avant  la  Dynastie  de  Hammurapi,  ib. 
p.  91  n.  1.  L'anneau  était  aussi  l'attribut  de  Mardouk,  ib. 
pp.  124,  125,  et  de  Ea,  ib.  p.  144.  Cet  anneau  pourrait  bien 
représenter  le  circuit  du  disque  solaire;  il  serait  alors  l'origine 
de  la  bague  que  portent  le  Pape  et  les  évoques  catholiques  et 


^)  =  Trad.  Houdas  I  p.  38,  où  (ji3L_xj  est   traduit  par  la  blancheur 
de  l'argent  tandis  que  c'est  papier. 


565 

que  nous  portons  encore  tous.  Plus  tard,  on  y  aura  mis  une 
pierre  pour  s'en  servir  comme  cachet.  —  Le  marsouin  est  aussi 
appelé  ^^UJLw   ^\J>  dans  le  Sud,  =^.  —  Sur  le  j.L;c3-  des 

anciens  Arabes,  voir  G-.  Jacob  BL  p.  101.  —  ïL/oLjcj^/o,  couvercle 
du  four,  51,  11;  604,  10,  11  d'en  bas;  1048,  =  Nord  iocU>o. 

^Uj^t  &:^o,  sacrifice  de  la  circoncision  1777.  Sur  la  cir- 
concision, "voir  Hdr.  p.  484  et  ss.;  Lagrange  Etudes  p.  239 
et  ss.,  qui  prétend  p.  242  que  les  Arabes  la  connaissent  de 
toute  antiquité  et  il  dit:  „le  fait  d'Ismaël,  l'ancêtre  d'un 
grand  nombre  de  leurs  tribus  (!)  est  une  attestation  suffi- 
sante". Je  trouve  que  ce  fait  ne  prouve  pas  cela,  ainsi  que 
j'ai  dit  Hdr.  p.  493;  tout  le  contraire.  Cf.  ZDMG  70  p.  351. 
Les  Babyloniens  et  les  Assyriens  ne  pratiquaient  pas  la 
circoncision.  Sur  la  circoncision  des  filles  encore  pratiquée, 
voir  Jaussen  Coutumes  p.  85.  K.  el-Ar.  19  p.  59,  11,  12. 

j^^,  u,  en  Hdr.  =  (i)i3  et  ^^^p-,  vhv.,  Hdr.  Gl.  sv.  ^.  LA 
et  le  Qàm.  ont  xJU.lJî  ^^o  .:s^^),  oîi  le  dernier  mot  est  = 

5     5  w        5  Cl         , 

jjJ!,  et  LA  en  outre ;^,a.^î  ^\  iot^  »^:^T^it,  la  largeur  de 
l'ouverture  de  la  jarre.  Le  Verbe  ne  s'applique  pas  à  une 
action  rectale,  mais  j'ignore  la  nuance  exacte  du  sens. 

jJ:^,  i,  retenir;  arrêter,  empêcher;  retarder,  ^2,2,  S-,  554,6; 

1460;  1461. 

J..:s;i3.,  a,  être  retenu,  rester  en  arrière,  1460,  où  exemples.  El- 

Fâljir  d'el-Mofaddal  N°  211  porte:  j^î>  J03  l.^  y9  f>y> 
slXx-ax:  _v-j!  Jï    L-ixPo   '-x^^^   \JLS>{>  j^LwJ>5!   1^^^   (j!  ^y^F^ 


566 

Nihâyah  sur  le  i).:^  du  Prophète.  Le  sens  classique  d'avoir 
honte,  être  interdit^  qui  se  trouve  aussi  dans  tous  les  dialectes 
du  Levant,  du  Nord  et  en  ^Omân,  RO  §  98,  est  secondaire;  nos 
dialectes  du  Sud  ne  le  connaissent  pas. 

S^^,  intens.  de  la  première,  retenir^  arrêter,  etc.,  442;  1460; 
1461.  >  Joi-,  442;  1461. 

OJ^J>f  =  J.^  et  ^^,  1460. 

J..5^;ci>l,  être  retenu,  être  empêché;  tarder;  s'attarder^  104,  11; 
1460  et  s.  L;-Jl£  J.wS^jc=>!,  il  a  tardé  à  venir  (chez  nous)  = 
LLaJlc  ^j:^^^.   Voir  ce  que  je  dis  de  ce  thème  1461. 

5<=>,  1273,  7  d'en  bas  n'est  pas  clair.  Socin  Diw.  Gl.  sv.  a 
Seitenflàche  des  Flintenkolhes,  mais  je  ne  sais  si  c'est  cela 
ici.  Musil  0. 1.  p.  244  v.  5  porte  :  3^1  ^î  JJî  ^c  ^^  ^f^ 
j.Îl\ïI,  ses  cheveux  déliés  tombent  sur  le  sol  jusqu'à  la  partie 
de  devant  des  pieds.  Je  crois  donc  que  l\3>  est  ici  le  devant 

de  la  selle,  cf.  Lane  sv.,  mais  3<->-  est  peut-être  la  vraie 
leçon  chez  musil.  —  5*0/,  terre,  terroir  =  {j^J^i  1274  n.  7. 
Socin  Diw.  Gl.  sv. 

»^Â=>  chez  Musil  o.  1.  p.  1.  est  plaine  plate  et  fertile. 

o\ôd>,  échancrure,  87,  18,  21,  =  a^Ji  à  Beyhân,  87,  17,  20; 

1322,  1323;  fosse,  1147;  pi.  sJci.  <  bJj>1,  1322.  C'est  le  clas- 

sique  Ai>,  3Ai>,  Naqâid  Gl.  sv.,  eto»L\;=>î,  fosse,  1322;  Naswûn 

0.1.  p.  31.  Il  y  a  aussi  .le  verbe  l\-=>,  faire  une  échan- 
crure, comme  le  torrent  lorsqu'il  affouille  la  berge,  ce  qui  est 

aussi  très  classique,  ici  p.  572,  11,  Naqâid  Gl.  sv..  e\^.  J-y*J! 
cLai),  le  torrent  fait  des  échancrures  dans  le  sol,  Dt.  —  Exem- 
ple chez   Naswan   o.  et  1.1.  p.  31.   Grimme  ZA  26  p.  166 

veut  que  le  qorànique  03l\=>!,  85,  4,  soit  une  forme  sabéenne. 


567 

'^3*^,  pi.  ô\^,  épingle,  Dt.  =  mehri  mahaddet,  raa  MJM 
p.  43  et  Bittner  St.  Mehri  I  p.  68  et  p.  129  ad  D.  H.  Mûller 
SAE  IV  p.  93,14,  où  il  faut  lire  mahad  ou  mahadd. 

Od>Jd>,   trottiner,   Syrie,  600.    Cf.  i^0<=>,  jy=>  et  ^=>5,  vhv. 

,      o     ,  > 

On  dit  en  Syrie:  ôd>OJ^  \^j  f^^'jj  ^^  est  gros;  il  a  les  joues 
pleines;  c'est  alors  un  dénominatif  de  Od>,  joue. 

.J\i>,  percer  en  faisant  un  trou,  trouer,  perforer^  450,  '^^l^ 

^^>-AaJt  j.  o  3.3>',  la  balle  fit  tm  trou  dans  le  tronc  d'arbre, 
le  perça  de  part  en  part. 

.3j>,  trou,  450;  590;  1184,4.  —  Hilder  =  J^,  grotte,  en 
shaurî,  SAE  VII  p.  123,  1;  Bittner  St.  sh.  I  §  27. 

jôJ>,  coll.,  blocs  de  pierres,  Beyhân,  1635,  7  d'en  bas. 
Jôd>,  rideau  de  l'entrée  du  compartiment  des  femmes  dans 

la   tente,    Nord  ;   ce   n'est  pas   le  pluriel  de  ^iAi>,  comme  le 

croit   Socin   Diw.   Gl.  sv.,   mais  la  forme  jL*j  régulière  des 

choses  qui  couvrent.  / 

s^lX^,  hutte  ou  tente  qu'on  fait  pour  le  mariage  =  Béd.  Nord 

bjy  vhv.  Stace  sub  booth  et  ivedditig  booth. 

■ijk:^,  épithète  de  la  fille,  762;  Hdr.  p.  266.  Naqâid  Gl.  sv.  — 

Sur  J-Ji!  jjs^  ou  jX=>  ou  bVjiAi>  et   les  autres  dérivés  de  ce 

sens  qui  sont  enregistrés  chez  Lane  d'après  le  Qàm.  et  T  A , 
mais  qui  figurent  aussi  dans  LA,  d'oi^i  le  TA  sv.  a  toute  sa 
science,  voir  ici  sub  jXt.   I  Sîdah  IX  p.  37. 

v_îJo:=>!,  enlever,  arracher,  =^ljxà>\,  1221  note. 


568 


|,Ai>,  u,  i,  servir,  dienen,  mais  dans_ notre  dialecte  on  dit  de 
préférence  ^  vhv.;  desservir  un  sanctuaire,  455  n.  —  Tra- 
vailler, bedienen,  comme  chez  RD  Gl.  sv.,  souvent  dans  les 

textes  de  D.  H.  MùUer  et  de  Hein.  ^.lX^.  «SU»  JL>.  sLci,!  L\>ji 
jA^St  L_y,  î(?i  homme  acheta  un  esclave  qu'il  fit  travailler  sur 

le  puits,  Jahn,  Meiiri.  Sprache  p.  3,  19,  oîi  Jahn  le  traduit 
par  dienen.  Rôssler  M  SOS  I  p.  58,14.  En  sehrî,  SAE  VII 
p.  128,24:  behdùmen  mrar,  nous  travaillons  à  la  récolte 
de  l'arbre  à  encens;  ib.  p.  148  §  18:  eliôdim  sâhez,  je 
travaillais  dcois  l'encens,  je  faisais  le  commerce  de  l'encens. 
Ce  sens  aussi  en  maghribin,  Marçais  Gr.  tl.  p.  59etid.  TAT 
p.  276;  il  est  courant  au  Waddây,  Carbou  p.  74.  —  Faire 
la  cuisine,  455  note.  —  Faire,  Moritz  Zanzibar  p.  25. 
j,L\i^jCwt,  se  servir  d'une  chose,  est  aussi  une  bonne  expres- 
sion classique.  I  Hisâm  dans  son  K.  et-Tîgân,  mon  ms.,  s'en 

sert  souvent  p.  e.  :  J^^l  csj.yJ^  d^-oî  JL^:  tÀP  ^^\  .^^^  1j  ^J  Js 

K^  ^J^j>  aoo  j  jîV*'^  »Lii-5  iiii  L\P  -lAjiiwL  »3-!  ^X!  Jj'^ls. 

j.oL=>,  serviteur  d'un  sanctuaire,  pi.  j.!a=>,  1780,  1,  2,  et  le  coll. 

j.l\î>,  455  et  note;  I  Sîdah  VII  p.  82,  10  d'en  bas;  Mokadd.  p. 
242,  2,  eunuques.  —  Captive  (femme),  pi.  ^sSà>  et  oU-jAi-, 
Carbou  pp.  67;  71;  177,  1.  Le  pluriel  j.ÎL\=>t  désigne  une  classe 
de  parias  qui  se  trouve  au  Yéman  et  aussi  à  el-Qisn,  selon 
Hein,  Mitteil.  Geogr.  Gesellschaft  in  Wien  Band  XL VI  p. 
224.  SAE  IX  p.  IX  Hein  dit:  ,,Au  point  de  vue  ethnogra- 
„phique  et  anthropologique,  les  ahdâm  (le  texte  porte  à 
„tort  ahdâm),  qui  depuis  un  temps  très,  très  long  habitent 
jjl'Arabie,  même  loin  dans  l'Intérieur,  oii  ils  possèdent  même 
„des  localités  entières,  offrent  un  intérêt  remarquable.  Comme 
„type  et  teint  de  la  peau,  ils  s'écartent  considérablement  des 
„ Arabes,  s'approchant  davantage  de  Vhabitus  africain,  dont 
„cependant  ils  se  distinguent  assez".  Je  crois  que  Hein  con- 


569 

fond  ici  les  ^tAi-î  du  Yéman  avec  les  iç^^,  vhv.,  et  les  gens 
de  métiers,  tels  que  oL\:>,  j!y>,  ;L^,  o'/>,  etc.,  soit  avec 
les  clients  des  tribus,  appelés  aussi  ^->^j^,  pi-  &-cIj^  vhv.;  cf. 
ici  sub  ,j*.*jkjl  yj>] ,  Je  n'ai  jamais  constaté  que  les  Ahdâm 
proprement  dits  „ possèdent  dans  l'Intérieur  des  localités  en- 
tières". Ces  Ahdâm  sont  la  spécialité  du  Yéman,  Arnaud  et 
Vavesière  J  As.  t.  XV  1 850,  Glaser,  Die  Kastengliederung  im 
Jemen,  dans  Das  Ausland  1885  p.  201  et  ss.,  oii  il  dit  fort 
exactement  que  le  pluriel  ^^l\=>\  ne  désigne  que  cette  classe 
de  parias.  Ils  sont  probablement  d'origine  africaine.  Ils  se 
marient  entre  eux.  On  ne  mange  pas  avec  eux,  mais  ils 
prient,  bien  entendu,  dans  les  mosquées.  Ils  ne  sont  pas 
impures  par  leur  métier.  On  ne  doit  pas  non  plus  les  con- 
fondre  avec  les  ,k:s^:>,  vhv.,  ni  avec  les  oLs\.^,  vhv.,  ni  avec 

les  Q-«-«,  vhv.,  qui  forment  aussi  des  classes  à  part.  Je 
parlerai  ailleurs  de  ces  classes  dans  le  Sud. 

G.  Schweinfurth,  Westermanns  Monatsheft  Febr.  1891  p. 
614  dit  à  propos  de  Soqotra:  „0n  est  particulièrement  sur- 
pris du  grand  nombre  de  nègres,  soit  des  esclaves,  qu'on 
voit  travailler  dans  les  champs.  En  outre,  il  y  a  une  caste 
de  travail,  chadim,  quelque  chose  comme  des  serfs,  dont 
la  tâche  est  de  travailler  la  terre  et  qui  sont  fort  méprisés 
par  les  vrais  Arabes,  beaucoup  plus  que  les  esclaves  et  les 
nègres  qu'on  achète".  Ce  serait  là  les  ^^ô^^  du  Yéman. 
j.oL=>  est  aussi  domestique  femme,  I  Battùta  II  p.  7,  négresse, 

pi.  pÂî>,  456  et  n.  1,1  Batt.  H  P-  197,  4,  comme  chez  Mar- 
çais  TAT  p.  277,  Bel,  Djâzya  p.  110  et  n.  1.  I  Sîdah  III 
p.  140,3:  ^c^j"^l5  ^i't3Ji  J_c  ^  poUi,  et  le  pi.  j.AÎ>  s'ap- 
plique aussi  bien  aux  mâles  qu'aux  femelles,  455  n.  1; 
comme  collect.,  on  peut  le  rendre  par  domesticité.  —  Eunuque, 


570 

Bibl.  géogr.  Arab.  IV  Gl.  sv.  —  Esclave  mâle,  Rôssler  MSOS 
m  p.   1  et  s..   mJ\j>^  esclave  femme  RO  p.  24,  10. 

j.îjc>,  travailleur  au  champ.,  en  sahhi,  pi.  j«-!l>!l\=>,  456  note. 

^^^^,  cuisine,  455  n.;   1042  et  Hdr.  Gl.  sv. 

iCxnAjfifl,  couteau  de  cuisitie  =  syi^,  455  n.  — ^^^vcoci-,  pi.  ^'Jvi>, 
est  couteau  dans  la  plupart  des  parlers  algériens,  et  Marçais 
dit  TAT  p.  277  que  c'est  un  des  mots  caractéristiques  du 
Maghreb.  Il  trouve  que  l'origine  en  est  obscure  et  il  le  rap- 
proche justement  de  notre  iLxnA^,  couteau,  c'est  à  dire  un 
bJLxjLx)  dont  on  se  sert  à  la  cuisine,  j.A_^.  C'est  plutôt  la 
forme  ou  le  paradigme  qui  est  obscure,  mais  au  Maghreb  il 
il  y  a  tant  de  formes  étranges! 

j^,uX.>,  ami  intime,  847  n.,  pi.  ^^^^i-!,  846  note  1.  Socin  Diw. 

o 

Gl.  sv.  ^^Aj^JI  _bG,  expliqué  846.  Est-ce  l'akkad.  kidinnu, 
protégé,  client,  OLZ  1905  p.  338  et  ib.   1918  p.  68? 

(^A_i>,  i,  marcher  lentement,  600;  1674  et  note;  ^  (j:A_> 
1667,  5  d'en  bas,  où  il  faut  lire  ^^^X-^.,  au  lieu  de  ,^lX_^., 
1674  note,  comme  dans  I  Sîdah  X  p.  119  avec  la  variante 

^J.J:>  \ô\.    Cf.    J>y>-,  l\=>A=>  et  A=>5,  vhvs. 

^ôd>,  a,  faire  partir  qc.  avec  une  chiqxienaude,  décocher, 
p.  e.  la  cendre  de  la  cigarette  ou  de  la  mèche;  décocher  une 
petite  pierre  qu'on  met  sur  le  pouce  et  qu'on  fait  partir 
avec  une  chiquenaude,  Dt.  Un  Datînois  m'expliqua  cela  par: 

w  ,303.55 

(é)joU.,*o  UiiA^3  é)w4-^lj  J-c  Lp^î^"  i'^-JU'^^   ^^^-=t^^^  ^^*  prends 

U7ie  petite  pierre  que  tu  mets  sur  ton  pouce  et  tu  la  décoches 
avec  ton  index.  C'est  à  peu  près  ce  que  dit  LA  ^v.;  cf.  LA 
X  p.  384,14.   J'ai   vu   qu'on   le  fait ,  aussi  comme  dans   I 


571 


Sîdah  X  p.  100,11:   ^^  'sL^  Jc>L   ^t  oJj^it  iAj^o  ^j! 

i^-ooLLv  y\_j,   et  l'on  jette  de  cette  façon  la  petite  pierre  ou 
n'importe  quoi  assez  loin.  Cf.  o^L\i>,  lJiA>,  oiÀ>,  ol\.=>, 


o.o,  LJiAi  et  v^Às. 


J>,  i,  u,  onomatopée,  faire  du  bruit,  ce  qui  est  le  point  de  départ 

de  toutes  les  significations  de  ce  thème;  Naqâid  Gl.  sv.;  cf.  le  cl. 

L>,  u,  mugir.  —  Murmurer  (eau  et  vent),  587  --  Gargouiller. 

iLfc-iiJl  J,  _i^j  tLit,  l'eau  gargouille  dans  le  narghileh;  cf. 
y>y>  vhv.  —  Ronfler^  587;  1300.  —  Tomber  avec  plus  ou  moins 

de  bruit,  Dt.  ^uJic  iCf.LXil  oy>  J^.^!  i^'  ,^,  par  s?-(zte  du  grand 
torrent  la  cabane  s'est  écroulée  pour  (ou  sur)  eux,  Dt.  Une 
femme  des  B.  Fahm,  Dubayyah,  Diw.  Hodeyl.  Wellh.  N^  215 
V.  5,  s'est  exprimée  assez  poétiquement  en  se  plaignant  de 
la  destruction  du  dâr  des  siens: 

ie  pzT/er  de  mon  ciel  s'est  bien  effondré: 

Ecroule-toi  donc,  mon  ciel:  je   ne  vois  pas  qui  puisse  te 

reconstruire  '). 

_^_i  |*-:^T-jJî,  l  étoile  tombe,  >  étoile  filante:  ^L>  ^-:s^-j  >  ^-3-. 
—  Dégoutter  (toit),   Syrie,   590,   Socin   Diw.  Gl.  sv.;  =  Dt. 

f>f>\  cf.  .c.  —  Goider,  imparf.  ^j,  en  général  et  non  seu- 
lement de  l'eau,  mais  toujours  avec  quelque  bruit,  587;  ma 


')  Je  crois  qu'elle  fait  ici  allusion  à  sa  tente  et  que  ^Ljv-  se  rap- 
porte à  la  hauteur  de  la  tente  que  soutient  le  'imâd;  voir  sub  ^U-w. 
Dans  le  V;*^'  r^l>^  U^^f'  !'•  ^'^^  "■  "^i  Clieykho  donne  une  autre  expli- 
cation qui  ne  me  i)araît  pas  bien  r(''ussie.  à\^  est  ici  du  féminin,  voir 
I  Sîdah. 


572 

Festgabe  Gl.  sv.  RO  §  303.    I.^  j.JJî,  le  sang  coule,  1028. 

j.l\j!  y_^,  M'AR  p.  74.  -  Ôter,  enlever.    ^\^  U03  u^^^*:?-  ^ 

Lpjj.  Uj-x  (iL^y>5  Lg^jr-,  lorsque  tu  viens  (se.  Kj^^tII)  où 
il  y  a  des  arb^'es,  tu  les  essartes  et  tu  les  enlèves  de  là  et  tu  le 

(='»jj^)  défriches,  voir  o^  et  ^j=>-,  vhvs.  »j>lllî  ^^  3-,  ôte-toi 

de  la  lumière,  Dt.  =  ^t  et  _i>^  vhvs.  iLsUJ!  "-^-J"?  l'appétit 
s'en  va,  expliqué  par  é-^  ^-.^^t  Dt- 

y>  est  aussi  =  o*^;  cela  ne  se  trouve  cependant  ni  dans 
LA  ni  dans  Lane,  mais  seulement  dans  le  Qâmoûs  et  TA 

III  p.  172  qui  dit    L^^  !J»)  ^j^p)\  ^U'  "!=>  JuLs  3~^^^  "r^S 

et  ib.  :  ^iliij  (jzj^*^!  ^j^  Jy^-wJ!  -^A^  L  j»..w)  ^Jl.  Dans  S.,  Q.,  LA 

et  Lane,  ^  est  le  /ro?i  au  milieu  de  la  pierre  supérieure  de 
la   meule  où  l'on   met  le   blé   pour  le  moudre.    C'est  pour" 

_jj>,   qui   est  le  J«aî  régulier  pour  ces  sortes  de  mots,  Hdr. 

p.  252.  Ce  sens  de  ^  =  oJ-^  a  sans  doute  aussi  pour  base 
le  bruit  que  fait  ce  travail:  il  est  du  reste  confirmé  par  les 
thèmes  oy>,  Jbp-  et  0:y>.  Voir  sub  2dj>-  les  autres  déve- 
loppements de  K^yi-;  voir  aussi  sub  ^_)^  et  J^^^. 

^.i!,  se  jeter  sur.  Rôssler  M  SOS  I  p.  65,  10. 

!>VjL=>,  rigole,  ruisseau,  20,4;  587,  >  «3-. 

8^!j>,  toupie  1231  n.  1.  Voir  ^Uo  vhv. 


')  On  pourrait  ici  penser  à  —j.i>  >  i^j^i  mais  dans  notre  dialecte 
le  g   ne   devient   que   très   rarement   y,   comme   en   Hdr.,  voir  sub  -,. 

Ce  peut  aussi  être  une  forme  secondaire  et  hybride  de  j— ^^5  je  ne 
.suis  pas  bien  sûr  de  ce  j>,  quant  à  sa  provenance.  L'aoriste  est  tou- 
jours y^^.   et  l'impératif,  y>.    Cf.  le  classique   ,L=>!,  LA  V  p.  346,  9: 


573 

>(^^=>,  a,  chier;  renforcé  en  cy>  592,  vhv.,  comme 
>  ^i>  (Tanger)  et  tant  d'autres,  v.  sub   '«Aj. 
iji>  dans   îji-  JiJ,  1020  n.  3. 


>»j^,  i,  voler,  ^,  =  ^y^,  expliqué  1243.  Sur  l'étymologie, 
voir  sub  y>  et  o^. 

v_j^,  a,  être  en  ruine,  être  abîmé,  dévasté,  ioys^!  ^^^;'=^j  ^'^ 
champ  est  dévasté,  1552.  Au  fig.,  être  troublé.  ^J*c>UJL  >_>^Jlijiî 
ujy>,  ^e  coeîf/-  e^  ^a  veme  poétique  sont  en  dégringolade  ou 
troublés,  1565,3.  Alinied  b.  "^Alî  ed-Diyêbî  el-Hamyarî  a  dit: 

5,  _0-  +^_  Cl  ^ 

Oy;    V^^    ç5^   ^y^-^'    ^^    '■^       -^^'^  ^^  3   '^-V^r-  V7>  c5^  o'-5 

ie  Diyêbi  dit:  Ne  préoccupe  mon  esprit  ■ 
Ni  ce  que  je  fais  ni  ce  qui  m' arrivera: 
Et  si  un  trouble  se  produit,  nous  viendrons  et  nous  amè- 
nerons du  inonde, 
Paimi  lesquels  les  enfants  cVel-Kaur,  dont  la  race  est  chère. 

^y:  =:  L'^Li:,  de  bonne  qualité.  On  comparera  la  locution  cou- 
rante dans  toute  l'Arabie:  v'r^  ^^i^^-^Hi  \S~tr^-i  '^^  ^^V  <^  V^"^^^ 
rien  de  commun  entre  nous.  J-*4I  u^^  Vt^  ^3'->^'  y.^J  "^j 

si  les  daidah  font  la  guerre,  la  troujje  de  la  Montagne  est 
détruite,  &S9  en  bas. 

^J>,  couper  le  ô^e'lorsqu'il  est  encore  petit  et  vert,  ed-Dàhir,  527. 
k_jy>l,  détruire,  ruiner,  1570. 

^^ys^■,  voler,  ==  ^y^,  1243.  —  ^^^Xa,  voleur,  82,6;  1243, 

û 

^X-=>,  part,  de  v;-^?  dévasté,  détruit.  <i-jjL=>  'i>^^,  champ 
dévasté  par  le  sêl,  1552.  —  Voleur,  part,  de  v/>>  1243.  Diw. 


574 

Hodeyl.,  Wellhausen  p.  72,  13;  Hafifner  T AL  p.  47  en  bas; 
ZA  XXIX  p.  13.  —  Kj^-3-,  K_iy>  et  iù!y>,  ruine,  maison  en 
mine,  Arabica  V  Gl.  sv.,  =  'â^ù^,  vhv. 

^-ij-=>,  faire  des  éraflures,  égratigner,  gratter,  359  n.  2; 
aussi  en  mehri:  hârbes,  gratter,  Jahn  M  S  p.  8,  où  harbês, 
mais  id.  SAE  Gloss.  barbes,  comme  aussi  Bittner  Studien 
II  p.  121.  —  Griffonner,  bousiller,  1258;  1880  n.  5;  expliqué 
Arabica  III  p.  42.  &Li>  (ji>.j,i>,  il  a  barbouillé  son  écriture, 
griffomié,  fait  des  pattes  de  mouches.  —  En  Syrie,  chercher. 
(j^LaJt  J.  ii+iiJf  «uX.?  (i)wCio  3>l  Ij! ,  je  te  chercherai  ce  mot  dans 

le  Qàmoûs;  obs.  <iLioy>î  =  eVJ  ^f>\.  LA  sv.  =  ^jixxi^.  Nous 
avons  le  thème  \J^->P',  vhv.,  >  <J^*à>,  >  J^:^.^,  Syrie,  vhvs., 
avec  les  développements  J^^f>  et  ^jiw*y>,  =  ,ji;^yi,  Syrie,  LA 
sv.  et  Ruzicka  KD  p.  33  et  p.  81  qui,  d'après  sa  théorie,  fait 
venir  J^f>  et  J^f>  de  (ji.î.>.  Je  crois  que  l'r  infixé  provient 
de  l'onomatopée  V~^'j=='  désignant  le  bruit,  voir  ce  qui  suit,  et 
qui  a  aussi  donné  ^y-=>  égratigner,  vhv.,  et  qui  se  trouve 
aussi  en  persan  (jiA_>._ii  L_i>,  égratigner,  également  onoma- 
topée. Cf.  lAj-:>,  ^;-^,  1380,  et  [*-^^==-,  vhv.  Les  exemples 
de  cette  infixation  sont  très  nombreux,  359,  Schulthess  HW 
p.  53;  Brockelmann  o.  1.  p.  244. 

LT^r^'j  produire  un  léger  bruit,  359;  comme  p.  e.  lorsqu'une 
souris  ronge  le  bois  ou  le  bruit  que  fait  un  serpent,  Dt.  — 
Farfouiller,  Syrie. 

'^^f>,  léger  bruit,  comme  lorsqu'on  gratte  ou  ronge  quelque 
chose  de  dur. 

;ji^_J>,  petite  hutte  ou  petite  tente.  Winnhom  'and  el- 
ahrêmi  bânie  harbûsa  bil-barrie;  et  les  voilà  arrivés 
auprès  d'une  pauvre  femme  qui  avait  bâti  sa  hutte  en  pleine 
campagne,  Haurân.  Littmann,  Arab.  Beduinenerzâhl.  Gl.  sv.. 
Synonyme  Nord,  in-î^î,  vhv.,  =  Sud  iL.;o,   vhv..   Est-ce  vrai- 


575 

ment  le  persan  »_LLJ^,   Hdr.   Gl.   sv.?  Voir  Vullers  Lex. 
pers.  sv.  o^ri-  et  Socin  Diw.  Gl.  sv.  Le  dict.  of  the  pers. 

lang.  de  Palmer  a  xjoLj3-,  a   high-pitched  roof,  et  l'arche- 
vêque Cher,  Alfàz,  p.  124:  ytiii!   iUi  ^s-X.'^\   jiu!  _^3   ^AXCoy> 

cf.   Lane  sv. 


X«jO. 


V 


i2jy>,  gambader^  battre  des  pieds.  RO  §  396.  Au  fig.,  /azVe 
dw   désordre,  abîmer,  360.  Selon  R.uzicka,  KD  p.  123,  c'est 

une  dégémination  de  -L->-=>;  possible,  mais  alors  le  r  est 
motivé  par  ^J>,  si  ce  n'est  plutôt  un  accouplement  de  ixc> 
et  v=^-  1^6  même,  i3xJb>,  vhv.  est  un  accouplement  de  -La~> 

et  -L2_>J,  ou  une  dégémination  de  i2_l3>  où  le  J  est'  motivé 
par  iaJ.  —  J^y^',  s'embrouiller,  ma  Festgabe  Gl.  sv. 

oij.i>  provient  de  trois  thèmes  différents:  1°  oi-jj=>,  lancer 
des  pétarades,  'Oneyzah,  employé  principalement  des  bêtes, 
mais  aussi  de  l'homme.  C'est  l'onomatopée  ^x=>,  péter,  vhv., 
avec  un   r  épenthétique  après  la  première  radicale.  Déjà  el- 

(jrauharî  dit  sv.:  xb^^  J,  ^\  &ïlj.i>  ^i  lX=>,  et  LA  sv.  ajoute 

_b*iJi  -y^  ^^j-=>  <}"=r'j*)    Fraenkel,  Mehrlaut.  Bild.  im  Arab. 

p.  16,  a  eu  parfaitement  raison  de  le  rapprocher  de  oi>3.,  mais 
Ruziclfa,  0. 1.  p.  32,  n'a  pas  connu  ce  verbe  dans  ce  sens. 
2°  os-j^j  percer,  faire  des  trous,  perforer,  Egypte.  Spiro 
arab.-engl.  Voc.  sv.  C'est  l'onomatopée  o^,  percer,  déchirer, 
avec  un  b  épenthétique  après  la  deuxième  radicale,  comme 
^y  et  o^jy,  Egypte,  ^^  et  ^y>,  Egypte.  Synonyme  OJ^=*  = 

i^j^JLi!  3>-^,  LA  sv..  L'incertitude  de  Fraenkel  est  donc 
écartée,  o.  1.  p.   16.  D'apiès  la  théorie  de  Ruzicka  o.  1.  p.  32, 


576 

ce  serait  une  dissimilation  de  oy^,  qui  est  bien  aussi  l'in- 
tensif de  o^^,  et  LA  l'explique  par  ^,  mais  le  Qâm.  par 
^^-ki.    3°  ■J?-^f>  a  en  Syrie  le  sens  de  rouler  quelque  chose 

autour  du  cou.  «^3  iC^^ï.  J.  iU^IÎ  *^r>>  7'oule  le  mouchoir 
autour  de  son  cou  et  tire-le  pour  le  faire  venir  malgré  lui. 
M.  el-M.  a:  xsLl^  ^i  L^k^j  ^1  \aj£  J.  >jJi^  oij^  Jyi-j  m\jù\ 
,j5^'^,  ce  que  Dozy  traduit  par  Jaisser  tomber  sur  le  cou 
la  loyigue  pièce  d'étoffe  qui  sert  à  former  le  turba7i'\  Cette 
définition  est  trop  étroite. 

obys^',  en  Syrie,  où  l'on  dit  xXxïj  *j";.^  o^ûj-^^   \y^,  il  est 

marié.,  et  sa  femme  est  eyiroidée  autour  de  son  cou,  il  ne 
peut  plus  s'en  défaire.  En  arabe,  je  ne  trouve  rien  qui 
puisse  expliquer  ce  dernier  sens  de  V~^.=>  et  je  n'ai  qu'à 
renvoyer  à  l'hébreu  pun,  enlacer,  embrasser,  et  au  syriaque 
cité  chez  Cles.-Buhl  sv.,  à  moins  que  ce  soit  un  dénominatif 

M  o 

dégéminé  de  ^-i>,  mettre  le  io^,  fichu,  vhv. 


^7^ 


o-^,   u,   trouer,  perforer  =^  ^^^.    I.   el-Qùt.   p.  209:  o^i> 

s:  «  O  ?  O  - 

\juh^  stjiîj  \iiii  Kj"y>5  'jy>  e^c^jî.   C'est  OU  un  élargissement 
de  l/~y>  vhv.  OU  une  prononciation  pour  J^j=>  vhv.,  où  il  y 

a  les  autres  développements  de  V~ ^.  ^  est  à  oj>  et  -bj> 

comme  Js  à  o.-s  et  -bjj.    Voir  Zimmern  Akk.  FW  p.  44, 
oti  les  équivalents  dans  les  autres  langues  sémitiques* 

o^^,  aussi  voyelle  oj>,  ce  qui  est  moins  bon,  voire  même 

0  1 

erroné,   car  le  Jois  est  ici  le  vrai  paradigme.  Perforation  en 

général.   I.  Sîdah  V  p.  137:  o-=>  =  Lp^c3  ^Si\  J.  ^^-JÙ).  — 
Trou  dans  le  lobe  de  l'oreille  pour  y  mettre  la  boucle.  Encore 

employé  dans  ce  sens  à  elQasîm;  cf.  -b^,   boucle  d'oreille. 


577 

—  Chas  de  l'aiguille.  Une  variation  en  serait  (j/,LàJl  8_~>  =; 

u/,LàJt  o^,   Naqàid   Gl.   sv.,   si   ce   n'est  une  pure  erreur, 

selon  TA  sv.  •,.-=>.  Au  Soudan,  iL_jy>  est  encore  boucle 
d'oreille,  propr.  le  trou  ad  hoc,  Carbou  p.  196;  Rabah  p.  40. 

^j:^f>,  I  Sîdah  XIII  p.  51,  est  =  ^,  trou  de  la  meule,  vhv. 

Or,  A.  Fischer  ZDMG  58  p.  874  et  Brockelmann  VGSS 
I  §  225  p.  405  considèrent  le  t  dans  hurt,  trou,  chas,  Ohr, 
comme  étant  originairement   la  désinence  féminine,  comme 

dans  o^î  et  Ub'.    Ce   serait  donc,  selon  eux,  -3-  -f-  o(»)  et 

ne  pourrait,  comme  tel,  provenir  que  de  sy>,  de  b.y>  ou  de 
»5-i>,  mais  le  dernier  mot  est  une  erreur,  ainsi  que  nous 
l'avons  vu.    Cette  argumentation  ne  me  paraît  guère  accep- 

table.  o-=>  est  plutôt  un  J^xs  régulier  deo^i-.  Pour  les  autres 
mots  que  Fischer  et  Brockelmann  citent  o^,  'xJ^  et  vi>^, 
d'une  forijiation  analogue,  selon  eux,  voyez  ici  sv.  Synonyme 
de  oy>  serait  ^j>,  I  Sîdah  V  p.  137:  ':Lj-=>  .^c^x^.^  l-^sJ  Ji 
et  ib.  «jj^î  cjy=>  =  Syj"^'  ^^-^,  chas  de  l'aiguille.  Mais  ici 
^^  est  pour  («j^,  percer,  b<m;  en  Syrie,  ^j.=>  est  c/zas 
d'aiguille,  et  vj^»  percer,   est   partout  inconnu.    Voir  -=>, 

y-=>  et  -bji>. 

o3^  =  -bj^  vhv. 

„^,  u,  sor/îz'r,  1450  et  ss.  Employé  51,13  dans  le  même 
sens  que  olc  vhv.  ^(^«-j  j^  ^j-=>  \>i  ^J*«.^>Ilî  J^j>  "îi,  sz  l'air 
y  entre,  le  pain  en  sort  mal  cuit  (cru)  =  devient,  1450,  où 
expliqué.   ^Lv^J'li!  lX^  ^j-==-,   perdre  patience;  être  tracassé, 

treinté,  557  n.   1. 

En  qarawî  (shaurî),  on  dit  toujours  harog,  =  _,p>,  pour 

37 


578 

Mourir  et  non  pas,  comme  en  mehri,  môt  =  oL/i.  C'est  un 
euphémisme,  de  même  que  le  soqot  zâm,  sur  le  quel  voir 
Hdr.  Gl.  sv.,  ma  M  JM  p.  51,  Datînah  778  n.  1,  RD  p.  8,  10 
et  ici  sv.  j.!^ .  Les  Romains  disaient  aussi  decessit  >  décéder, 
et  les  Américains,  dans  leur  euphémisme  conventionnel,  ne 
se  servent  j'amais  du  verbe  to  die,  mais  ils  disent  „passer  à 
une  meilleure  vie",  to  a  better  life.  Cette  circonlocution 
euphémistique  existe  dans  la  plupart  des  langues. 

-y>  faire  sortir,  1450.  —  Débrouiller,  démêler,  jio!^"  \jcJÎ 
8LX=>i5  -^"  'w«,  tu  fais  de  la  confusion  et  tu  n'arrives  cl  rien 
démêler.,  547,  10.  —  Expliquer.  I.f>r>  ^*^  l5;^  '-»  rp-^'  e5^) 
ces  mots  je  ne  saurais  comment  les  expliquer,  1571,  où 
-. j>  < -^L  *A>  qT^!  ^y^..  <-if^.  Lo  _^  (prononcé   qor-'ân 

avec  hamza  très  distinct),  il  ne  sait  trouver  V explication  de 
cela,  1450  et  n.  2,  Dt.  En  mehri,  sharôg  est  li7*e  (.^ysXw))- 
SAE  m  p.  197,  Bittner  St.  mehri  II  p.  53,  11  d'en  bas; 
ib.  m  p.  38  n..  Bittner  dit  à  tort  que  l'équivalent  hadra- 
mite  „-;sù«!   est   un   mehrisme!    En   dt.,    on  dit  tout  aussi 

bien  ]a;^\  L\-^  ^.js^vw^j  lJ^jû',  sais-tu  lire  cette  écriture  ou 
lettre?  On  peut  aussi  dire  -- r-=>.  Voir  mon  mémoire  Ragaz  et 
mètre.  —  Se  déshabiller,  se.  v'u^î,  Yéman.  Arabica  III  p.  128, 
Heir.  =  Dt.  ô<jui  vhv.,  cf.  Cantique  IV,  1,  w^li»,  ^^^J^  vhv. 
SAE  IV  p.  131,3:  harrigu  tiyâbakum,  ôtez  vos  habits, 
mais  ib.  p.  160,  5  :  h  a  r  a  g  e  t-t  i  y  â  b  parce  que  le  sujet  est  au 
singulier.  —  Rapporter,  profiter,  convenir,  -^t-^.  L-<i,  cela  ne 
rapporte  rien,  cela  ne  convient  pas.  — ^'js>,  faire  sortir,  au  fig. 
1451.  —  Convenir,  1450  et  s.  —  (j\j  -rL>,  trancher  un  litige 
entre  deux  partis,  1451,  où  se  trouvent  d'autres  exemples 
de  l'emploi  de  cette  forme;  Arabica  V  Gl.  sv.  ^y.Aiî  ■r}-^--, 
he  pays  the  debt  by  instalments,  Stace  p.  88;  ici  p.  1451. 


579 

„^l,  faire  sortir,  expliqué  1451  et  s.  ^\yo\  ^j^.  L.  ...^'bJ! 
'!L-i.yl\*)  iULoAJî,  le  sultan  fera  sortir,  =  vous  donnera,  des 
blessures  à  la  vertèbre  dorsale  et  au  poumon,  107,  19  (il  faut 

5        5  5 

ainsi  corriger  ma  traduction  243),  oîi-^.  <-^.,  557,2 
et  n.  1,  comme  99,  10:  dL>r=^-  '-«  <  tA->^.  Lo,  1450.  -j=>\ 
j^l.^"b5i  CkjS ,  faire  perdre  patience;  tracasser,  éreinter,  557  n.  1.  — 
-^■,  é^re  habile,  exceller  dans  quelque  chose,  Dt.  Merveilles 
de  l'Inde  p.  174,9  à  propos  des  Japonais:  ^^^  ^\yi\^\  ^] 

^  w  0     5  ^ 

i^j^^  J^  3.  y,.b  3l\^3  c>.■^=>5  'SjuCsj>^  i3vp-ii  •  -^^-5  Japonais  sont 

nombreux ...  e^  ^7s  sont  les  plus  intelligents  des  créatures  de 
Dieu  da7is  les  métiers.  Ils  excellent  dans  tous  les  métiers  '). 
Ce  sont  des  traîtres,  rusés,  trompeurs,  méchants  et  insolents 
en  toutes  choses.  Le  brave  capitaine  a  bien  jugé  les  Japonais.— 

'rf'i  expliqué  1452.  q|>-**^  ^f>  S  ^1  ^^^^  '^'^^^  V^^  pour 

dames,  Harfouch  Drogman  p.  239;  de  même  en  Dt. 

^  ,L=>,  femme  divorcée   ou  veuve  sans  enfants,  77,  14  ;  347  ; 

719;  828  note;  840;  pi.  S/>,   347;  719;  840;   1446.   Aussi 

^.f>,  840,  parce  qu'elle  est  -.[5^!  ^J^  --J^,  840.    „  L>  ci^^ 

»j>-_y]  ^^,  tu  es  hors  de  protection,  553.  Stace  p.  189:  Woman 

w  o      5 

as  distinguished  from  a  virgin  i-^^",  i^,L=>  !La.s>,  ce  qui 
n'est  pas  tout  à  fait  exact. 

y>f='t  murmurer,  gargouiller  ;  secouer  avec  bruit;  rcûer,  Dt. 


^)  La   remarque    de   v.  d.  T.ith  p,  196  est  inutile,  car  *jî  se  rapporte 

à  i}^',  et  LfRA>>,  il  <jLî-o, 


580 

•~>j^..  (Cjv^î,  la  jiipe  à  eau  gargouille  lorsqu'on  fume  en 
faisant  passer  la  fumée  à  travers  l'eau.  C'est  véritablement 

l'eau  qui  j^j^-  •  r^r^-  v-^-»-^' ,  le  toit  dégoutte,  Dt.  Même 
remarque  que  pour  y>  vhv. 

jy>,  coudre  avec  la  lanière  ou  le  fil  après  avoir  fait  des  trous 

avec  le  -^^^  Hçlr.  pp.  247  et  258.  Arabica  V  Gl.  sv.  Accou- 
plement de  ,=»  et  ;i>,  vhv.,  cf.  >_;.=>  et  j.ji>,  vhvs. 

j5y>,  cordonnier,  1025  ;  Hdr.  Gl.  sv.  Le  jlj=>  est  en  général 
celui   qui  travaille  le   cuir  et  non  seulement  le  cordonnier; 

le  sellier  est  aussi  \\J>.  Le  ;!y>  appartient  à  la  classe  des 
parias,  mais  il  est,  avec  le  lioLi-,  plus  élevé  que  les  autres. 

C'est  l'ouvrier  par  excellence  de  la  tribu:  il  fait  les  sandales, 

^  o  - 

les  ouvrages   en  cuir,  tels  que  les  outres,  etc.,  et  son  j^, 

alêne,  est  l'instrument  avec  lequel  il  fait  tout.  Il  entre 
partout,  de  même  que  le  lX:>U:,  et  les  femmes  ne  se  voilent 

pas  devant  lui.  —  Sur  bjy>,  voir  sub  Ji  et  JL,-v.j>  et  Naqâid 
Gl.  sv. 

tjiy>,  égratigner,  Dt.  Cf.  (jij-=>  et  iji^  vhv.  L'archevêque 
Cher,  el-Alfâz  el-fârisîeh  p.  52,  le  dérive  du  persan 
^^lX*^L>,  égratigner.  Avec  la  même  raison,  ou  pourrait  faire 
venir  cracher,  craquer,  ktiirschen,  etc.  du  persan.  Les  ono- 
motopées  sont  nombreuses  dans  toutes  les  langues,  dont  elles 
forment   même   le   fond   primitif.  Cf.  ^Ji^j^  et  ^^j-z>.  — 

o  o 

(jiys?  ou  (ji'ys^,  bâton  à  crochet,  ■CVa.ssyv.  mahrasu,  1752. 

^^ 

^y>,  briser  une  chose  sèche  qui  fait  du  bruit  en  cassant. 
i^r^\  se  briser.  Cf.  •::=>  et  ,<-"i:»3-,  vhvs. 


581 


j»-ày>,  égratig^ier;  meurtrir,  Eg.,  1380  n.  5,  =  Syrie  ijiX/«j=>,  vhv. 
C'est  probablement  un  accouplement  de  uiy^.  et  *wiL_i>; 
Ruzicka  KD  p.  188. 

j.yi^,  pic  de  montagne^  1615  n.  En  Syrie,  ^f>  est  =  j.yi^=> 
Vos  du  nez^  M.  el-M.  sv.;  Rasîd  ^Atîyah,  ed-Dalîl  p.  118. 
Pour  le  Syrie,  voir  aussi  Feghali  Kfar  ^Abîda  pp.  19  et  69; 

id.  Emprunts  pp.  73  et  75.  Développement  de  j^i^,  vhv.  On 

observera  que  tous  ces  mots'  sont  sur  le  paradigme  ^»f^, 
1163  n.;  1614  et  s.  note,  ou  une  autre  lettre  finale,  v.  p.  584. 

* 

(j«3_=>,  u,  conjecturer,  supposer,  ici  p.  412,  4  d'en  bas  = 
(j^y>  Hdr.  Gl.  sv.  et  jf>.  yo  à  cause  du  ..  RO  p.  267,  11. 
Cf.  le  babyl.  h  a  r  a  s  u,  couper,  trcmcher.  La  définition  de 
,;_:>  et  uo^_=>  est  imprécise  dans  les  dictionnaires  classi- 
ques, car  LA  sv.  porte  »..-ljLxJC_w_j"  "^  l—*-:^  t5--^2-^'  (j-^j^f? 
et  ensuite:  Ui!  .;il  ^^5  ♦.:dt  o,;:>  !o!  (•y^'3  J.:5:\>LJi  L>=y>  ^^^3 
idjL>]  "b5  ^Jài  ji_o^^.  Il  explique  (jOji=>  par  ^j:>.    C'est  là  un 

cercle  vicieux,  et  mon  Datînois  a  été  plus  exact,  v.  ^j>  p.  412 
en  bas.  Dans  le  sens  d'avoir  froid  et  faim,  ij^f>  est  une  varia- 
tion phonétique  de  ij^^  >  (>y,  à  cause  du  .,  vhv. 

^,->L-vOjL=>,  1317  n.,  est  ziitc,  selon  Dozy  S.  sv.;  voir  ib.  sub 

c>JJac,  où  il  y  a  ^çX>^.\J>  et  cf.  ici  p.  1317  note  sur  oJJas^. 
L'archevêque  Cher,  0. 1.,  p.  59  dit  que  ce  mot  est  composé 
du  persan  Jj>  =  Sj.^  et  de  tj^  =  t^jyaJî . 

_by>,  U,  est  comme  sens  primaire  susurrer,  bourdonner 
ronfler,  comme  la  toupie;  encore  courant  en  Datînah,  591. 
Onomatopée:  V~y^  +  -^-  Ensuite,  le  sens  donné  dans  Lane. 


582 

RO  pp.  129,  5  et  145,  10:  Blâtter,  Beeren  abstreifen,  comme 
en  Dt.  et  en  Hdr.  —  Dégainer  le  sabre,  v_JuwJ!  J:v>,  SAE 
IV  p.  84,  26  et  85,  15  =  cl.  Jpji:=>l.  —  Façonner  au  tour,  tourner, 
partout  usité.  Lane  dit  que  cela  est  de  l'arabe  moderne,  car 
les  anciens  Arabes  ne  connaissaient  probablement  pas(?)  ce 
travail,  mais  l'onomatopée  y  est  patente;  cf.  i^vjL=>  vhv.  et 
oy>  vhv.  —  Casser  en  morceaux,  dépecer  avec  la  pelle,  354,  3 

d'en  bas;  l'argile  ainsi  dépecée  est  &.L>y>  vhv.  —  Radoter,  dire  des 
balivernes,  aussi  en  Syrie.  —  Cf.  3nn,  ^y>,  LDin,  mn,  Oj=>,  nn, 
j^=>,  Dnn,  j.y>,  ?l-in,  op.  et  iy,  etc.  ;  v.  Ges.-Buhl  sv.  ^in  I.  — 
JaJ^',  alterner,  faire  à  tour  de  rôle,  venir  l'un  après  l'autre, 
se  succéder,  Dt. 
■hsà>\,  dégainer,  oix^!  _b,;c>l  =  JaJLxi*!  1768.  V.  -^/>. 

Joy9  -hj^,  radotage,  galimatias,  en  sahhî,  1114. 
'iihj=>,  l'argile  cassée  =  Jd», ^^\  u^',  354,  1  d'en  bas. 
^^jlo  t^J^  o'-^'»   homme  radoteur,   qui  raconte  des  bali- 
vernes, 1114.  := -blji>,  radoteur,  metiteur,  Dt.  et  Syrie.  Une 
porte  est  ,^jL>,  entre-baillée,  Dt. 

iLb!^i>,  sachet  à  café,  1076,  <xbL>,  Hdr.;  cf.  le  classique  et 

moderne  icl3.jy>;  RO  p.  46. 

■h*,X=>  ou  ii^jL=>  ou  XxbvjLi.,  noeud  coulant,  591  Dt.  'ê^»,X=>  iaj., 
faire  un  noeud  coida^it,  qu'on  peut  facilement  défaire  en 
tirant  au  bout,  contr.  de  »LXii-c.    „Le  noeud  de  tes  lacets  de 

V.  o   5 

bottines  est  un  'sh»,Xp>,  mais  l'on  dit  iCAj^!  sjoiE,  le  noeud  de 

Vamour'\   me   l'expliqua   un   Datînois!   Jû^J^-=>,  douleur  de 

ventre,  tranchées  de  ventre,  592. 

idîj.Lj»,  automobile,  pr.  la  bourdonnante,  591. 

J^p?,  rue,  41,  10;  Arabica  V  p.  32  n.  2;  ruelle  à  Harîb,  ib.; 

prononcé  -b^:*^  à  Aden,  Stace  214,  =  icb^.  Cf.   le  classique 


583 

OjS^  oMj^î  chemin  droit,  LA  sv.  L'origine  sémantique  de 
ce  mot  est  la  même  que  dans  route  <  (via)  rupta,  proprement 
voie  casse'e,  de'frichée,  =  -bjr^-o  vjj.j,l3  vhv.  Les  concepts,  qui 
sont  la  base  de  la  sémantique,  sont  souvent  les  mêmes  dans 
les  langues  les  plus  disparates.  Ils  indiquent  une  certaine 
unité   psycho-physiologique  dans   la    faculté  réflexive  de   la 

race  humaine,  ^.iwt  ^  Jp^^î  =  jooot,  I  Sîdah  VII  p.  105,  6, 
et  ib.  XII  p.  45,4  d'en  bas:  -b^y^  oij^L  =  u\jl*-.«;  Rubah, 
J::^^:^^,  quo  Ahlwardt  Gl.  sv.  traduit  par  langer  Morsch,  mais 
ici  la  conception  est  différente. 


^iûji 


v>jLby>,  aller  par  ci,  par  là,  se  promener  en  lo7ig  et  en  large, 
Dt.   KO  p.  115,  15;   Rôssler   MSOS   III  p.  7:   ^y^.^^.  L^ 

v_j.iAJt  J,  ^»^y^1,  il  n'est  pas  bon  que  je  coure  par  ci,  par 
là  dans  la  rue,  cf.  ib.,  p.  8,  3.  C'est  ou  une  dégémination  de 
v_sLi>,  vhv.  ou  bien  un  accouplement  direct  de -b.>  et^»j!l2:>. 


^yi 


j.^Ly>,  museau,  trompe  de  l'éléphant,  1163  n.;  1615  n..  oîi 
étymologie.  E.0  p.  55,33:  hartûm,  visage.  I  Sîdah  I  p. 
168,  3   d'en   bas.    Ruzicka  o.  1.  p.  168.   Le  Prophète  se  sert 

de  ce  mot  dans  une  boutade  contre  le  o^,  Qor.  68  v.  16: 

5    ù    >  5   5  

*^_^l  (JLc  x*-wj.*«,   nous   lui  imprimerons  une  marque  sur 

w  5    o    5 

le  museau  =  nous  lui  casserons  le  nez.  Il  y  a  aussi  f»^j>j 
Abu  Hilâl  el-'Askarî  dans  MSOS  XVIII,  ii  p.  10  =  LA  XV 
p.  64,  forme  plus  proche  du  babyl.  huttimmu,  v.  ici  p.  622. 
Torczyner  o.l.  p.  197  trouve  ici  la  mimation,  à  tort  je  pense. 
Il  faut  examiner  quel  rapport  il  y  a  entre  ce  mot  et  le  nom  du 

Rhinocéros  2aj^f>  au  Soudan,  v.  Dozy,  mais  au  Caire,  c'est 


584 

u>-^"y>  et  non  Jo^L^;  Spiro  sv.  est  exact.  Pour  la  forme, 
comparez  encore  (j«>bi,  '^.^^Id^  et  u^^i,  groin^  ^>f>fi  pointe 
du  soulier,  ^j^Jo,  I  Sîdah  I  p.  129  en  bas;  i^j>::yb  =  ^^^ ^cic , 
ib.  p.  130,  3  et  {.^^oisi)  j^icoi-i^}  museau,  trompe.  Voir  sub 
[Jfl3,  d'où  il  ressort  que  ^y^f'  est  une  prononciation  plus 
exacte  que  p»-^j>. 

^çi:ys^■,  passer  sur  les  jambes  de  qn.,  sauter  sur,  ûhersprin- 
gen,  360  et  n.  2.  j^j'j  uÎ^  \jjjL^',  tu  m'as  passé  sur  les  jambes 
penda7it  que  je  dormais   (Ii  =  l3!,  accusatif),  Hdr.    Cela  est 

fort  mal  vu.  C'est  ^JJ'2^'  dégéminé  et  l'rest  motivé  par  une  con- 
tamination avec  -bj=>;  v.  v_jLbyi>.  Cf.  le  synonyme  «iyix3',vhv. 

^y>,  a,  briser  et  au  fig.  frapper  chez  les  Ba  Kâzim.  Ara- 
bica V  p.  154.  Cf.  £^. 

^y>,  rosser,  iLi^Lj  py>,  rosser  avec  le  bâton,  Bâ  Kâzim.  — 

En  Mésopotamie,  effrayer,  Weissbach  Irak-Arab.  p.  182  N°  155. 

^j>  y  est  chier  <  [e^  >  ^_i>  >  ^^;  vair  ^^J-^  vhv.   Cf. 

sub  !t\j. 

py^^,  se  disloquer  (membre)  =  tJ^"!   1767. 

^yci-!,  inventer  un  mensonge  1773;  1767,  3  d'en  bas;  cf.  oy:i>t 

et  KjtL^'  vhvs.;  Rôssler  MSOS  I  p.  76, 4.  A  présent,  inventer, 
faire  une  invention  dans  le  langage  moderne  des  hadar,  Meissner 
MSOS  VI,  II  p.  84,  3  donne  le  sens  d'avoir 2)eur,  paraphrasé  par 
\JL>:  ahrab  (e)gsûr  i*l  tihtera''(a)  minha  Pafkâr, 
--^-|--^-|-----,  qu'il  faut  traduire  par  il  a  détruit  des 
châteaux,  ce  à  quoi  les  pensées  mêmes  se  coupent;  il  se  rap- 
porte ici  à  tout  ce  qui  précède.  cy:>!est  peut-être  ici  =  ^Lj>!. 


585 

Chez   les  Bédouins  "Anazeh,  ^^   est  véritablement  frappé 

de  terreur,  mais  c'est  là  de  ^y>>^y>,  chier,  comme  nous 

disons  chier  clans  le  pantalon;  cf.  Socin  Diw.  I  N°  52  v.  30 
et  note  ad  1.  La  paraphrase  de  l'homme  de  Meissner  peint 
seulement  l'état  physique  causé  par  ces  exploits,  mais  ^y^' 
ne  veut  pas  pour  cela  dire  avoir  peur.  ^j-=>  de  V  j-=>, 
onomatopée,  comme  ^f>. 

'^^f>,  libertinage,  1767,  =iCc^!L=>. 
cj5^L>,  selle  abondante,  592. 

Oj>,  radoter,  Yéman.  De  là  ^^à>,  délirer,  Egypte,  vhv. 

^j>,  récolte,  Dt.  et  Hd.  oià  l'on  dit  aussi  -)^  < -L^ ,  comme 
en  ^Omân,  RO  p.  155,  7.  Mehri  harf,  fleur,  n'a  rien  à  faire 
à  p.^  vhv.,  comme  le  pense  Jahn  SAE  III  p.  197. 
^f>,  crevasse,  Yéman,  1462  n.  3;  =  Dt.  et  Harîb  Oj>. 
o.=>  =  Q^j=>,   U7isound  in   intellect,  Jayakar    ''Oman    RAS 
1889  p.  675. 
05,13- <  Lij^=> ,  mouton,  Syrie,  593. 

Naswân  0. 1.  p.  32,  3  donne  o.Ui  =  i_A>otji^  J^.^1  j  -hilA, 
qui   peut   bien  venir  de  ce  thème  Oj=>,  cueillir  les  fruits  à 

l'époque  du  Oj>  ou  du  wiy;=>,  mais  il  se  peut  aussi  que  ce 
soit  une  métathèse  de  ^L=>,  de  .ài>,  protéger,  surveiller,  gar- 
der; jjÀ~>,  gardien  et  aussi  =  Sud  y^  vhv.,  lui-même  une 
variation  de  ^j'^Àd  =^aà=>,  courant  en  Egypte. 
v_^3.,  dattes  mûres  et  douces,  874  0. 1.  '^.r=>  n.  unit.  =^"; 
n.  unit.  3^',  tandis  que  ^  est  dattes  non  mûres;  n.  unit. 


586 

&j<^1j.  —  'iS^  Dt.  panier  où  l'on  met  les  dattes  récoltées, 
pi.  v_î^L^,  = 'Oman  iLs!^^  pi.  o^-j^L^,  RO  pp.  181,  13  d'en 
bas,  416  N°  185.' 

[J^f>,  embrouiller,  mêler,  1258.  Cf.  tj^f>j  ij^^f>  et  ^J^^. 
J^^f>,  bât  en  sahhî,  Jayakar  BBRAS  1902  p.  260. 

^f>^  percer,  déchirer,  1380  n.  J6;  v.  sub  vJijj=>.  —  ^_jJs.jCi!  ^3f>, 
inventer  un  mensonge,  1776;  cf.  c^  et  oiJii»  vhvs.  Rôssler 

MSOS   I  p.  78  :  ^U  j.^  V;XJ'  ^^  i>  J^'-^?^  ^r^  (_cJJ  ^-^^^-'j  ,_^. 

^U/1  xJ'i"  oy>5  c>J^  *^-^^Ij;  cr»  ^  ^'j  ?^'^  a?<i?'e  que  lui  vient 

encore  et  entre  dans  la  foule  des  Arabes  (se  mêle  aux  autres). 
Voyayit  qu'ils  n'étaient  pas  des  contribides,  il  se  tut  et  tra- 
versa comme  s'il  était  un  des  leurs.  Rôssler  traduit  ici  ^y> 
par  ging  fort,  ce  qui  n'est  pas  tout  à  fait  exact.  —  Entrer 

dans  son  trou,  «J5y>,  serpent,  Dt.,  =  o>-=>,'  vhv. 

vj5j>  :ci.c>K3  '^^  ^,i>oy=>,  le  serpent  est  entré  dans  son  trou 
et  s'en  est  allé  J^t.  —  Au  fig.,  enfiler  =  éj,  Béd.  Nord,  32,  24.— 
kJ'^',  se  mettre  un  fichu  sur  la'  tête  ou  les  épaides  Dt.  769.  — 

Inventer  un  ynensonge,  1767  =  olU^"  vhv. 

oy:i>î,  inventer  un  mensonge,  1767  =  ffj;c>î  et  olLxi-t  vhvs. 

Oj>,  trou;  cid,  pi.  o|ji-',  Arabica  IV  p.  24;  Hdr.  Gl.  sv. 

O  —  û      ^ 

'ii^f>,  fichu  pour  la  tête  ou  les  épaides,  Dt<  769;  832,  >  ïLsJLs», 
^Omân  RO  p.  57  en  bas,  =  cl.  ïjiy>. 

*.=>,  i,  se  disperser,  s'enfuir  effrayé  =  i<>-yj)  ^c  l>^L^',  GrO, 
*^Anazeh.  ^»yi  Lj]  Ij^-c  ^.^^  J^^p»  ,«JLÎ2i  oïjJai!  «.^  q^^^^I^  '-^j 
(A-ot-i  (^  l-'îvr-^  cr  !>-*-=*''  P&nda?it  que  nous  marchions  sur 


587 

la  îviite,  710US  vhnes  des  cavaliers,  et  lorsqu'ils  surent  que 
nous  étions  des  ennemis,  ils  s'enfuirent  devant  nous  de  loin, 
"^Anazi.  î^j>t  est  ici  avec  prothèse,  pour  l>-y=>,  ce  qui  est 
fort  commun  dans  ce  dialecte,  ma  LB'^A  G],  sub  Prothèse. 

Stumme  TTBL  v.  521a  ^y^',  auseinanderfliehen. 

,y>,  embrouiller  les  feuillets  d'un  m.anuscrit,  d'un  livre,  Eg., 

1258.  —  ^y^  ^-jLci'  est  en  Egypte  un  livre  dont  les  feuillets 

so7it  en  désordre;  Dozy  sv.  oii  'L^y^  o'j^'  a  ce  sens.  Cf. 
|.^_:Li>t,   mon   Cat.   de   manuscrits  arabes  p.  67,4  d'en  bas: 

&Aj-\    (^3^    [«y^'*!    |*^<^    lXJcs^    ^    "bJ!    byiJt    b.yv    ^^    ^j.âj    [*^-  — 

Prendre  un  raccourci,  Eg. 

iOoj=>,  folle  envie  de  quelque  chose,  Dt.  Cf.  Hartmann  LLW 
p.  154,23. 

,jU)y>,  qui  a  une  folle  envie  de  quelque  chose,  spécialement 
de  fumer,  avec  J,  =  c;^L3-  vhv.  Mes  Datînois  disaient  tou- 

jours  lorsqu'ils  n'avaient  pas  de  tabac  à  fumer:  ^;^y=>  Li'- 
Doughty  Travels  II  p.  616:  khormân,  deadly  an  hungered 
(expr.  archaïque),  affamé.  Ici  j.^  doit  provenir  de  ^^  ou  de  la 

V  j.yE:  vulg.  désirer,  mais  comparez  q[j^  et  Q[;y>  vhv.  Cf. 
ici  sub  QLoy^,  671  n. 

iw<-_^',  raccourci,  Eg.  =  ïLa^^:^/!  Eg.  ou  Ltf^'/>,  se.  ^^c>,= 

Syrie  icl«!jo  ou  'ïIa^Js  =  cl.  ^Ja.<.  Cf.  Nôldeke  Fûnf  Mo^all. 

III  p.  34.  LA  XV  p.  62,  5,  13.  Le  sens  de  ^f>,  i,  est  cou- 
per,  et   nous   disons  aussi  couper  court  en  prenant  un  rac- 

'    courci,  j.j^^;  cf.  sub  ^^=>. 

^^f>,  faire  des  égratignures,  359  n.  2;  1380  n.  5.  —  Em- 
brouiller, 1258."  Voir  ^f>- 


588 


o  ?   ? 

iCo^,  hermaphrodite,  partout  dans  les  dialectes  du  Sud.  Au 
fig.,  vaurien.   Cf.  ^J^^-^^  et  syclx:>,  vhv. 

vjljyi-,  levraut,  petit  du  lièvre,  Dt.,  pi.  vJLjL>,  C'est  le  clas- 
sique o»Jj>,  LA  sv.    • 

■—=>,  i,  u,  ^c/^er  dedans,  einstecken;  percer  1165.  u>_j.;_=> 
^j^î  J,  (j^^_*..4L\i!,  tu  as  fiché  l'épingle  dans  le  înouchoir,  Dt. 
Cf.   Oj=>,  jj  et  j£,  vhvs. 

jji>,  Z/èy?-e  ma^e,  pi.  ^^yf=',  Dt.  Le  plus  souvent,  on  se  sert  du 
pluriel  v^y.   C'est  le  classique  jf>,  pi.  qÎj>,  I  Sîdah  VIII 

p.  76  d.  1.;  I  (jrinnî,  K.  el-Mudakkar  etc.  dans  le  Monde  Oriental 
VIII  1914  p.  194  et  p.  195,2  d'en  bas;  LA  sv.;  en  Algérie, 
yL  et  j^j=>,  Marçais  RMTA  p.  428. 

iùji>,  grande  jarre,  =  iJL^u>,  vhv.  Bent  RGS  1894  p.  324 
écrit  incorrectement  kazba. 

ï^j=>,  prairie,  pi.  ^j=>,  Hogarîeh. 

;>^ 

.:=>,  regarder  fixement,  dans  toute  l'Afrique  du  Nord;  Hart- 
mann LLW  pp.  36;  95,15  d'en  bas;  115;  142;  155;  Mar- 
çais TAT  Gl.  sv.  Le  verbe  est  connu  en  Arabie,  mais  peu 
employé;  il  y  a  ^j=>  dans  un  sens  rapproché,  vhv.;  cf.  V  j=>, 
percer,  vhv.  Fleischer  donne  dans  Levy  NHChWB  II  p. 
202   à   .;-=>  le   sens  de    ^^enge,   schmal  sein"",  ce  qui  est  à 


580 

prouver.  Classiquement,  y^  est  guigner  de  Voeil  ou,  comme 
le  dit  Vollers  ZDMG  49  p.  498,  d'après  Fleischer  o  et  1.1., 
»mit  Schweiusaugen   blicken",   et   il  y  voit  l'étymologie  de 

j^.y^i  V.  sub  jjJ>.   En  "Oman,  ^j-=>  est  „seinen  eige?ien  Weg 

gehen",  selon  KO  §  236,  cf.  ^j=>  vhv.  et  j^=>  vhv.  On  dit 
bien  aussi  en  français  p.  e.  percer  jusque  aux  Indes  et  un 
homme  qui  perce  et  fait  son  chemin.  C'est  là  la  sémantique 
internationale,  science  encore  bien  difficile  à  percer. 

i^jjfp-  et  t^j\y>,  démarche  affectée,  classique,  1767  =  ^^-if>  vhv. 
Fiqh  el-lurah  (Beyrouth)  p.  184,  oià  i^jj*^- 

^j=>-,  a,  déchirer,  Dt.  =  o;^  et  cf.  <j5;=>  Dt. 
v_îj=>,  a,  déchirer,  Dt.  =  ^ji>,  vhv. 
o;i>,  percer,  1165,  partout  en  Arabie. 


Oj=>,  houe,  877;  1547,3  d'en  bas.  —  Cf.  wJli=>  vhv. 
<Ji;=>,  trou,  pi.  o'/^'î  Hogarîeh. 

5 

ojjLi-,  pieu,  pal,  cheville,  591.  C'est  le  turc  oijjlî,  pieu,  pal. 


Jv» 


^^Jj_x_i>,  démarche  affectée,  1767  class.  =  ,^^j-.x_i>;  I  Sîdah 
XIV  p.  26.  —  Jj-i=ujS  est  en  Dt.  et  en  "Oman  s'écrouler, 
8' affaisser.  RO  p.  174,  10. 


*  •  -^ 


j.ji>,  i,  coudre  ou  raccomoder  la  chaussure  ou  autre  chose  en 
faisant  des  trous,  1025;  percer,  =  \y>'   Un  proverbe  datînois 

dit:    iù"L*=>   (j-.   aÎ   -^   i^y>   ioL^   <^>^   l-*^    &J"iiA:>   »;^..   U    (^5^', 

g?a'  ne   coud  sa  chaussure  7ii  égorge  sa  victime  (à  la  Fête), 
sa  mort  vaut  mieux  que  sa  vie,  1775.    V~^,  percer  et  (.j. 


590 
j.ji>,  intensif  de  la  première,  1025. 

^^j=>,  sentir  mauvais,  =  ■Jà',  1109,  cf.  ^^=>  vliv. 

o  — 

&Jjj>,   trésor,    70,  6.  —  iLji;3»,   bureau   de  douane;  droit  de 

douane,    1332  n.    Au  Maroc,   qj^^^  a  le  sens   bien   connu, 

Dozy  sv.;  on  pourra  comparer  le  babyl.  ^azannu  =  qêpu 
=  S±A\  v^Las,  Del.  Gr.  Gl.  p.  80  sv.  ^V-  -  Tonnerre  du 
fusil,  pi-  q:^'^,  prononcé  hazeyn  >  hazên,  119,15;  136, 
7;  520,  2. 

&_ojjè:'J,  chique  de  tabac  dans  la  bouche,  Aden,  =  bU-ii  vhv. 

^;_=>,  a,  avoir  honte;  être  malheureux;  être  impudent.  Cela 

correspond  aussi  à  notre  se  ^e/ie?\  #Joî  "^5,  A^  t^--^..  »^^  "^ 
^,-.;srL,v^",  ^w  w'as  pas  Tazr  d'avoir  honte  [A-^  ■=  dat.  eth.) 
et   tu   n'as  pas  de  respect  humain,  168,  18;  ZA  26  p.  350. 

j^,-jd»AijLj  o—LJI  ^3  i^^^^î   y^UU!  ^_«  v^;,wj;_=>,  /ai  honte 

devant  le  monde  de  marcher  dans  les  rues,  mes  cheveux 
relevés  en  broussaille,  me  dit  le  Datînois  que  j'avais  amené 
à  Stockholm.  C'est  là  est  une  parallèle  de  la  phrase  chez  Abu 
Zeyd,   Nawâdir,   éd.   Haffner  p.  3  =  Fleischer  Kl.  Schriften 

III  p.  479:  b^U'i  ^i^Jlij  *-^  ^.u/>.Aj^ù«î  ^!  '^c-^'  cr  ^"^^-^  ^'^ 

(_,-_:^v-*v!  ^cl.  Cf.  Diw.  de  ^Âmir  b.  et-Tofeyl,  comment,  au 
N°  XI  V.  4.  Ce  verbe  est  aussi  employé  en  guise  d'impré- 
cation, Hafïner  WZKM  18  p.  179. 

^^f>,  i,  faire  honte  à,  318  (oià  ^q>  est  faute  d'impr.),  ynaudire. 
^^LLxxiJ!  >^f>i  imprécation  très  courante  partout,  ZDMG  22, 
p.  151;   Bâsim  p.  19,5;    Lieb.   v.   Amasia   p.   130;    Marçais 

T  A  T  Gl.  sv.  Je  ne  connais  pas  ^-^^  que  donne  Haffner,  o. 


ir- 


591 

et  1. 1.,  probablement  sous  l'impression  du  dictionnaire  de  la 
lurah.    Cf.  j^v-i-,  a,  intr.  et  ,^c^,  U  trans.,  et  bien  d'-autres. 

t_cj_=>,  faire  avoir  honte  à,  Dt.  RO  p.  232,  5  d'en  bas; 
donner  un  démenti  d;  RO  p.  124.  —  (j:j^i>i,  avoir  honte,  être 
confus,  humilié,  Dt.  et  '^Omân. 

.À- 

^J*^i>,  i,  se  gâter,  791,  =  ,^n-*v  et  ^Lw,  vhv.,  Dt.  ;  cf.  ;f.^=>  et 
v,AvvJ>,  vhv.  RO  §  303  et  p.  180,  18,  mais  en  Dt.,  le  trans. 

est  u«>3.!,  participe  u^^^o,  et  je  me  demande  si  Reinhardt 
n'est  pas  en  erreur  :  gâter,  verderhen,  trans.  —  Devenir  mau- 
vais, décroître  de  valeur  ou  de  volume,  ^j^*^'  L»  J^*i^\  «à^, 
cette  monnaie  ne  décroît  pas,  ne  diminue  pas  de  valeur  Dt., 
aussi  en  Syrie,  où  =  (j^L=>,  et  en  Egypte,  .juc^^  LJ  j-^^! 
^J^*^.,  le  pain  lorsqu'il  sèche  diminue  de  volume,  Syrie.  ^  Ji 
^J*cè:.  oi^ijo  U,  toute  chose  en  séchant  subit  un  déchet,  Eg. 
Le  classique  (j«3i>,  être  pauvre,  n'est  qu'une  prononciation 
pour  (j-^>.=>.  Naqâid  Gl.  sv.:  to  become  scanty. 
ij''^,   mauvaise   qualité;   méchanceté;   dépravation,    RO    p. 

374,7:  mâlhum  hum  ysordo  utâlô'1-hiss  minhum, 
qu'ont-ils   donc  qui  s'enfuissent  pleins  de  méchanceté  qu'ils 

0   5  O  _ 

soyit,  expliqué  par  e.yJ>  et  Xa.  Cf.  _wj>. 

,j-j>,  impair,  contr.  de  *:i,pair,  Dt.  La  lurah  a  li^^  Lw3>,  impair 

et  pair  =  ^•ij»,  oi.  La  forme  sudarabique  (j/^i>  opposée  à  ^ 

prouve  que  la  racine  est  ;j«^.  Lane  l'a  sousj^i-.  Voir 
Tab.  Gl.  sv. 


;»w>w<M«.^> 


,  cliicheté,  Dt. 


59â 


^ — >,«a,  dépenser,  payer,  952  n.  4.  V  ^J<.-J>  +  .,  et  non  pas 
vice  versa,   comme   le   croit   VoUers  ZDMG  49  p.  493,  cf. 

sous  (j^.  Le  sens  en  est  proprement  perdre,  diminuer  "ion, 
mais  lorsque  l'arabe  a  dépensé  quelque  chose,  c'est  pour  lui  une 
perte,  ma  MJM  p.  14.  Ce  sens  est  courant  dans  toute  l'Arabie. 
RO  p.  135;  RD  Gl.  sv.- Musil  o.  1.  p.  295,  18.  Souvent  prononcé 
^_A^_i>,  à  cause  du  r.  En  mehri,  hayser,  payer  le  prix  et 
aussi  payer  la  dot  ou  le  prix  pour  la  femme  quon  veut 
épouser^  comme  c'est  partout  dans  le  Sud.  Bittner  St.  mehri 
V,  III  p.  45  dit  que  ce  hayser  et  le  mehri  hsôret  ne 
sont  pas,   d'après  le  sens,  =  l'arabe   ./*.=>  et  a  Lac>;  d'après 

l'arabe  littéraire,  non,  mais  d'après  les  dialectes,  ce  mot  a  les 
mêmes  sens,  comme  je  viens  de  l'expliquer.  Ib.  p.  42,  il  est 
d'un  avis  contraire;  voir  aussi  id.  St.  sh.  I  p.  25,  1. 

,.^.=>,  intr.,  dépenser,  pr.  faire  perdre.  dULo  ^-w3>  ^loLc  ^\ 

^jP-  LpoIcj,  tu  dépenseras  assurément  encore  ta  fortune,  et 
elle  (la  femme)  sera  encore  bien  portante,  475.  —  Faire  payer 
une  amende.  —  Stumme  MGT  Gl.  sv. 

y*o>i,  tricher  sur  le  poids.  Part,  j^v.^  1243;  classique. 

3.L/*^i>,  dépense,  prix  qu'on  paie  au  père  de  la  fille  eyi  l'épou- 
sant, 824.  Ma  MJM  p.  6  et  p.  14.  RD  Gl.  sv.  Arabica  V  Gl.  sv. 

^^Lw^,  qui  est  en  perte,  qui  a  fait,  fait  ou  fera  mie  perte, 
1543,4.  RO  §  74. 

t*«.i>,  a,  aussi  ^t^M-^,  a,  à  cause  du  ;",  v.  ma  Festgabe  p.  79 

et  Dt.  p.  1516  n.  1,  être  gcité  ou  se  gâter,  s'ahimer,  princi- 
palement des  céréales,  mais  aussi  de  toute  chose.  Courant 
dans   ed-Dàhir.    A   Aden,    ^^  ne  se  dit  que  des  fruits.  Cf. 

;^*v,  ^Lv,  ^v.^=>  et  'wà.wj>,  vhvs.  ' 


593 

Le  Qâm.  et  TA   ont  seuls  ce  thème,  dont  le  sens  s'ap- 
proche de  celui   des  dialectes.    C'est   un  développement  de 

V    u*«3.,  et  le  Qâm.  dit  i^.w3>i  ^^ju^m^^  ^^]  ^1==.;  v.  Dozy  S. 

^^-A^^->,  s'affaiblir,  se  fatiguer  en  Egypte.  Spiro  Arab.-Engl. 
Vocab.  s.  V.  donne  to  be  shaki/,  unsound,  déficient  in  weight 
or  measure  et  ^■^*^-,  shaky,  unsound,  déficient. 

^^*vci>,  jonc  à  ed-Dâhir;  me  fut  expliqué  comme  une  espèce 
de  roseau. 

^Jl=>,  humide  =  v^j»  dans  le  Hogarîeh.  En  Dt.  et  à  Aden, 
pourri;  v.  Stace  sv.  rotten.   Cf.  (j*^,  v_Ji-*^i>  et  (_v-L>. 


>_iu*o>  en  Dt.  a  le  même  sens  que  ^j^.,  devenir  mauvais, 
subir  U7i  déchet,  diminuer  de  valeur.  En  ""Oman,  être  laid  de 
caractère,  RO  p.  296.  En  ""Iraq,  c'est  déchirer,  MSOS  VII,  ii 
p.  9.  Weissbach  Festschrift  Hommel  II  p.  242  N°  9,  oià  la 
tihisfîn  =  ^rer^nYi  nicht,  n'écrase  pas.  l/~;j«3-  +  l/    oi>? 

v_9-y*c>,  vil,  abject,  de  peu  de  valeur.  A^  >_ftA^=>!  Csj>  c^^tJii  L«, 

ye  w'az  j9as  trouvé  de  plus  ignoble  que  toi.,  Dt.  Cf.  '^Jd^  vhv. 

J^j*>i>,  marcher  les  jambes  tordues,  Arabica  p.  224  n. 
Jwv^t,  qui  a  les  jambes  tordues,  p.  227  n. 

^^jr^'^i  a,  être  en  défaut,  ''Anazeh.  Ua.«*c>  ^c^  Lu^  U^  ^lJLe  Uj^c 

ou  Lla-a..-^^',   710WS  ayows  exécuté  une  maraude  contre  eux, 

mais  nous  n'avons  rien  obteiiu,  fious  sommes  revenus  bre- 
douille, ""Anazî. 

^,_.w-=>  me  fat  toujours  expliqué  par  ^s  et  ^ï  Musil  A  P 
III  p.  237, 16  porte  cet  hémistiche: 

38 


594 

ehsu  (sic)  hassey(î>tu  ha  s  su  tan  kiibr  hawran. 
C'est  le  ragaz  bédouin,  --^-  |  --v>_  |  ----,  et  il  faut  lire  : 
ehsu  hase  y  tu  hasyatan  kubre  Hawrân. 

Musil  traduit:  Schàmet  euch,  ihr  habt  eine  Schande  ver- 
dient  gross  ivie  Eaiorân.  Je  ne  crois  pas  que  avoir  honte 
soit  ici  la  vraie  nuance  du  verbe.  Ce  serait  donc  synonyme 

de  i^j>i  mais  non  pas  une  variation  consonantique.  Cf.  u«3.. 

C'est  plutôt  <  ijr-**^,  se  retirer  sans  avoir  rien  obtenu,  être 

frustré.  On  lira  LA  sv.,  Lane,  M.  el-M.  cité  par  Dozy  S.  sv. 
et  Tab.  Gl.  sv.,  d'autant  plus  que  le  verset  précédent  de 
cette  poésie  porte  eqfu,  qui  a  un  sens  à  peu  près  analogue, 
vhv.  Toute  cette  qasîdah  est  mal  recueillie  et  mal  traduite, 
comme  du  reste  toutes  les  poésies  du  volume  en  question. 
^J:^'^^^  revenir  bredouille  de  la  razzia.,  voir  ci-dessus. 

^ji>3-,  e?i!!rer,  505, 7  d'en  bas;  121 7,4 et  n.l.  Icip.618,14.Nôldeke 
Delectus  p.  108,  6.  Marçais  RM  TA  p.  428.  Moritz  Zanzibar 
p.  25.  Ma  Festgabe  p.  37  et  ma  LB'A  Gl.sv.;  cf.  oi->p.  597 

en  bas.  —  ^  ^j^,  entrer  en  relation  avec-,  Musil  o.  1.  p.  26  en 
bas,  comme  Amâlî  p.  152,  1.  —  Cliqueter .,  intr.  et  tr.  avec  l_j, 

dans  toute  l'Arabie  et  en  Haurân.  Onomatopée.  Inf.  (jiX:yi:c>. 

Meissner  MSOS  VI  p.  114  n.  5;  id.  N  AGI  p.  120,  ce  qui  n'est 
nullement  une  erreur  de  Meissner,  comme  le  pense  Weissbach 
ZDMG  58  p.  947.  Cf.  ^^ui^-,  ^.xi.>,  %^i>  et  ^a.^^^,  vhvs. 

^jiv'i^  =  ijixi> ,  entrer,  1217  n.  1. 

(jii3.,   figure,  visage.,    432;    RO   p.   148  d.  1.;  pi.  Kj^yJj^s>  ib. 

p,  151,  7  d'en  bas  et  p.  176,  9  d'en  bas.  —  Joue,  Rôssler  MSOS 
III  p.  3,  10  d'en  bas,  mais  c'est  sans  doute  figure  ici. 
^i-  dans   la   locution  ^.^^J^>^^.,  p.  e.  !^.=>_a.2_j  (ji^Lo  Lj  J.^ 


595 

|9-«ix>:,  les  B.  F.  s'allient  avec  qui  leur  plaît.,  seloyi  leur  gré, 
Aden,  mais  les  Datînois  disent  ^J>J^.  Est-ce,  comme  le 
précédent,  une  contraction  de  1*--^:^==',  432? 
xcici-,  maison  ruinée,  ruine,  'dll  en  bas;  pi.  ,ji>.,cij>  ib.  n.  1. 
On  le  dit  chez  les  Bâ  Kfizim.  iji^xi.^!  =  ^-r^^^  chez  v.  Kremer 
Beitr.  z.  arab.  Lexicogr.  p.  49.  Cf.  ii/ixc,  vhv. 


* 


v*-'i^,  cognée  de  bûcheron,  Arabica  V  Gl.  sv. 

,ji;.J;ui.i>,  int.  de  iji.=>,  cliqueter,  Syrie  =  ^^2^,  Eg.,  Pr.  et 
Dict.  Gl.  sv.  En  Dt.  et  en  Hçlr.  secouer  avec  bruit,  casser, 
briser  e?i  faisant  craquer,  fracturer,  Hdr.  p.  44  et  p.  256. 
Onomatopée  intensive  de  uic>  vhv.  Cf.  ^^\\s>  vhv. 


* 


j^*-^,  plaisanter   avec  ^;   se  moquer  de  J^c,  Dt.  et  Hdr. 

»     Cl     ^  .  5       o 

iiwo.*:^  (>^5  *>*^  .xis:è?1  ui^5 ,  ye  le  plaisantais,  et  il  m'allongea 
MW  co^^p  de  imgnard,  ^  ^xicsO"  (jiJ,  pourquoi  te  moques-tu 

de  moi.  Ma  Festgabe  p.  41.  A  Aden,  on  dit  Joil^o,  plai- 
santer, vhv.  C'est  peut-être  un  développement  de  V~\J:^ 
que  nous  retrouvons  dans  le  babylonien  hasâsu,  être  gai, 
et  le  substantif  hissât u,  gaîté,  Del.  HWB  p.  295,= 
nambatu,  id.  p.  443.  Ce  dernier  mot  pourrait  aussi  être 
l'origine  du  sudarabique  (j^  ^ûli3,  se  moquer  de,  et  %a  JaLo, 

plaisanter  avec,  =  ^  j^',  ma  Festgabe  p.  41  et  ss.  Qui 
sait  si  nous  n'avons  pas  dans  le  babyl.  nambatu  l'étymo- 
logie  du   nom  des   Nabatéens  et  de  celui  des  poésies  popu- 


596 

laires  ^_J.k^  ^jtii,  courant  dans  tout  le  Nord  de  la  Péninsule? 

Cf.  Littmann  DLZ  1902  N°  8  col.  464  p.  41—45  et  id. 
DLZ  1909  N°  49  col.  3098  et  ici  sv.  Le  sens  un  peu 
modifié  se  serait  conservé  dans  le  Sud,  oià,  pourtant,  les 
Nabatéens  n'ont  probablement  exercé  aucune  influence.  Dans 
le  Nord,  _jAi>  a  un  sens  que  je  n'ai  constaté  que  chez  les 
Bédouins  'Anazeh,  s'associer,  faire  cause  commune  avec  qn., 
comme  chez  Socin  Diw.  Gl.  sv.,  oii  nous  avons  I  p.  247  note 

6  a  j^i>!,  associer,  et  ib.  p.  224  note  10  b:  ^^^LxJl^j  IjyiLii'', 

7vir  Juiben  dièse  Kamele  zusammengekaitft.    ^c  Gî;  _^  yoL^" 

iC/ii.xaj  Ujw,  il  avait  un  sac  en  commun  avec  un  esclave  qui 

était  avec  nous,  ib.  I  p.  251  N°  104.  Musil  AP  III  p.  349 
traduit  ^^s>]  par  adopter,  propr.  associer,  ib.  p.  350,  9. 

3.xi3-,  association,  adoption,  ib.  p.  349  fin  et  p.  350,  3.   Un 

tel  individu  est  .y^x-i^,  associé,  fils  adoptif,  ib.,  ou  ^-^-i:^3-, 
Socin  Diw.  Gl.  sv.  —  .^-ci^  est  selon  Stace  p.  200  dispirited, 

découragé  à  Aden.  —  .xi,~>  ^jc,  une  razzia  e?i  commun,  Musil 

ib.  p.  375.  —  l-ciJ>,  petits  de  mouton,  712,  713.  —  ^Ux/j  .L-ixi» 

==  ;^^xi^/i  ^ycc>  ;=  (jiL.  ijiU>,  housillage,  RO  p.  163,6;  ce 
qui  se  rapproche  du  sens  classique,  de  même  que  b^Ui3-, 
hlé  non  vanné,  déchet,  Socin  Diw.  Gl.  sv.,  et  b'^j^io»,  mélange; 

_  û  - 

miettes  de  pain,  RD  Gl.  sv.  On  comparera  v^j>)  bousiller, 
Qâm.,=*-j^=>avec  son  métathèseui.j^  TA.,  vhv.;  >».A-iij=> n'est 

pas,  contre  Ruzicka,  o.  1.  p.  188,  une dissimilation  de  ws..^ix=>,  mais 
un  accouplement  de  vV>  ©t  de  ^-^.=>,  métathèse  de  lAj3-, 
et  ij^jj.=>  en  est  une  variation  consonantique  ;  contamination 
avec  la  V~fjiJ>,  briser,  émietter.  ^^^^i*  n'y  a  que  faire,  et 
f»-^ji>  n'est  pas  une  forme  secondaire  du  --*-^j^  ci -dessus. 
V.  Ruzicka  o   et  1. 1. 


597 

t^ccc>,  a,  briser  une  chose  sèche  qui  craque  en  se  cassant. 
Selon  les  indigènes,  c'est  une  onomatopée  (oj.;ô  ïljLjC^)  de 
tJiJ>.  —  Grig?iotter.  j^  «J^i>,  grignotter  du  yain. 

^■y^i  hriser  e?i  plusieurs  morceaux,  intens.  de  la  première. 
txij:i>!,  se  hriser,  se  casser,  me  fut  déclaré  être  l'intensif  du 
^f^' ,  vhv.,  et  l'r  doit  provenir  de  V~/>  vhv. 

'!ijux>s>,  craquement.  L^j^  ii>Ji=>o  U:>  J:?.^'  ijt/ixi>  u>».*-**«,  i'<^2 

etitendu  le  ci'aquementdu  cigare  lorsque  tu  as  marché  dessus,  J)i. 

ijtxco>,  colline  basse,  1198,  classique;  cf.  ï^ju^  vhv.  Cf.  ^j> 
et  ^^joi^^  vhvs. 


v^^i>,   u,  casser  en  frappant,  avec  un  craquement  de  chose 

frappée.  De  là,  ^/i:>.=>,  %er  6n«*^  sourd,  Dt.  Hodeyl.  Wellh. 

p.  45,  11:   «LiaxJ!  i;à;dU  k*j^*o  j.  U/i^i»  Lst^-w,  z7s  etitendirent  un 

léger  bruit  dans  un  fourré  d'a?^bres  touffus.  — Morceler  en  frap- 
pant dessus,  dépecer  Dt.,  comme  RO  p.  129,6;  ib.  p.  145,4. 
C'est  aussi  une  onomatopée  développée  de  V~j:iJ>,  ainsi 
qu'il  ressort  de  la  signification  primaire  qui  se  trouve  à  juste 
titre  en  tête  de  ce  thème  dans  le  Qâm.  et  Lane;  LA  X 
p.  418,  6  et  ss.  Mais  oi/iij>  est  aussi  percer,  traverser,  Hdr. 
p.  490,  dont  le  sens  figuré  seul  se  trouve  dans  les  diction- 
naires indigènes.  Percer  le  museau  du  chameau  pour  y  mettre 

le  iCLici-,  comme  le  mehri  hsôf,  SAE  III  p.  39,  17.  Jahn 
0.1.  p.  199,  le  compare  à  „v_juci»i»,  das  Innere  betreten", 
car  il  ne  trouva  que  cela  dans  les  dictionnaires  indigènes. 
Mon  Hadramoût  sv.  aurait  pu  le  renseigner,  mais  D.  H. 
Mùller   et    consorts   avaient   mis    mes    ouvrages   à  l'index. 

On    voit  que  je  ne  procède   pas   de  même.   Cf.  ^i^=>,  vhv. 


598 

XÀ.-ii-=>,  pi.  oi-c::o>,  anneau,  qu'on  met  dans  le  museau  du 
chameau.  Les  femmes  le  mettent  aussi  souvent  dans  les  na- 
rines =  mehri  gersîm.  C'est  véritablement  le  trou  (iJLxi) 
pour  l'y  mettre,  Dt.  Stace  p.  112  et  p.  144:  nosering. 

(*.'io>,  a,  sejitir  7nauvais,  se  dit  de  toute  chose,  et  non  seu- 
lement de  la  viande,  LA  sv.,  ==  *-ciJ>!,  I  es-Sikkît  Tahdîb 
p.  499=:j«.i^!.   Sa   métathèse  ,v-:^^,  même  sens,  voir  sub 

(*i>.  Les  verbes  ^=>  vhv.  et  ^  ont  déjà  un  sens  qui  s'ap- 
proche, de  même  que  ^i>,  |*.=>j  et  ^jJ-  vhvs.  Ce  sens  doit 
donc,  d'après  moi,  être  séparé  de  ceux  qui  sont  dénominatifs  (?) 
de  («.-ii3.  et  [.^'i^A=>,  I  el-Qût.  p.  211. 

û  3 

j*-.;iw5»,  museau,  pi.  ^L^=>,  est,  dans  toute  l'Arabie,  îiez  de 
l'homme,  1615  note;  >^jï^.i»,  figure,  visage,  432,  vhv.";  Dozy 
S.  et  Socin  Dîw.  Gl.  sv.  ont  |*_^=>.  Le  mot  ne  se  trouve 
pas  dans  les  dictionnaires  de  la  lurah,  qui  n'ont  que  j.»,-i^<^. 
On  prononce  en  général  f^^^^^,    qui    est   surtout    la   pronon- 

o 

ciation   du   Sud,   ou  [*-^i-,   qui  est   celle    du    Nord    et    de 

Syrie,  où  l'on  entend  aussi  *.^i>,  comme  chez  les  "Anazeh. 
Musil  0. 1.  p.  390,  4  d'en  bas  porte: 

yirseftamâni  debbeti  rasban  'alahasmhalîl 
(où  il  faut  lire  el-halîl:  ---- ]--.>-)  qu'il  traduit  par: 
Er  kann  dann  saugen  meine  Lippen  bis  sie  trocken  icerden, 
Ohne  sicli  zu  kilmmern  um  die  Nase  meines  Mannes (!), 

mais  l'auteur  n'a  pas  connu  la  locution  si  courante:  Ljjox 
gj!  ^^s>  J^.    Le  prononciation   primaire  est  certainement 

o         )  ù  ù        3  w       3 

j»— ci-~>,  >  ♦-'i^i*,  voir  les  raisons  exposées  sub  ^  S=>  et  ^. 


599 

Dozy  8.  iL:yi.jî  (*._xi3-,  trou  de  l'outre,  et  ib.  w*.JL\Ji  *— ci».3», 
museau  du  chien.  Jw.4^  j»-xi-3-,  sommet  de  la  montagne,  pi. 
o^  j,L-ci.=>,  voir  sub  io-^b;  Wetzstein  Haurân  p.  14,  qui  dit 
avec  raison:  „Les  habitants  de  la  Riihbe  appellent  cette  for- 
mation volcanique  Chism  (j^^^\)  par  lequel  nom  on  désigne 

originairement  en  arabe  tout  objet  qui  se  dresse,  d'une  façon 
voyante,   au-dessus   d'une   surface,   p.  e.   un   nez    démesuré- 

o 

ment  long".  Il  voyelle  partout  j«.^=>.  Musil  o.  1.  p.  1:  Ijasm, 

contrefort  d'une  montagne.  oA->^-J)  *—i:o>,  bouche  du  fusil, 
Arabica  III  p.  83  v.  12  et  p.  94.  Socin  Dîw.  I,  3  v.  8  porte 
husûm,   qu'il   traduit   par  chiens  du  fusil,  un  homme  lui 

ayant  dit  que  iU-Jx^  avec  le  pi.  ^y^=>   a  ce  sens,  mais  ce 

pluriel  est  impossible  pour  ce  singulier.  Lane  a  jUxi»  d'après 
TA  VIII  p.  278,  3:  U6l>\  ,uii,  mais  le  TA  n'est  pas  voyelle, 
et  Dozy  S.  a  adopté  le  voyellement  de  Lane.  Meissner  N  A  G I 
p.  120:  hasim,  nez,  et  Praetorius  ZDMG  34  p.  218:  j*-ci.=>, 
bouche,  museau,  RO  p.  60,  19:  lohsum  =:  *.xi^i:li!,  ce  qui  est 

^^ii^  ségolé.  Le  sens  primitif  de  |*.ci.i>  est  museau  >  nez.  De 
môme  que  dans  nos  langues  museau,  gueule,  Schnautze,  etc., 
est  aussi  un  terme  vulgaire  pour  bouche,  de  même,  en  certains 
dialectes  arabes,  j«.^i>  est  devenu  bouche.  Au  Waddây,  *.^=>, 
bouche,  Carbou  pp.  26,  65  et  163;  de  même,  au  Chari,  Rabah 
de  Decorse-Gaudefroy-Demombynes  p.  39;  cf.  Dozy  S.  sv.;  RO 
p.  72,4  donne  aussi  f>^=>,  figure  et  bouche,  et  ib.  p.  60,  19  d'en 

bas,  aussi  bouche.  Spiro,  ^=>  bouche.  ^^=>  est  dans  l'Afrique  du 

Nord  le  mot  ordinaire  pour  nez.  Si  j*.^:ss>  ne  figure  pas  dans 
les   dictionnaires   de  la  lurah,  il  a  dû  exister,  car  sans  cela 

on  ne  s'explique  guère  les  verbes  dénominatifs  j.^-^^  &^^^ 
frapper  le  haysûm,  I  Sîdah  I  p.  131,  j*-^=>,  avoir  le  nez 


600 

gros  et  large,  ainsi  que  les  nombreux  dérivés  de  cette  racine, 
qui  est  certainement  une  métathèse  de  ;-s_«-^  vhv.  —  Un 
autre  thème  analogue  est  (J:i>,  de  sens  à  peu  près  égal,  LA 
sv.,  développement  de  l/~^>.=>.   LA  XV  p.  56,3. 

j,^p.ciwA_=>,  ]615,  cf.  1163,  n'est  pas  expliqué  avec  précision 
dans  les  dictionnaires  de  la  lurah.  Le  sens  en  est  cependant 
nez,  museau  avec  plusieurs  applications  spéciales,  "Amir  b. 
et-Tofeyl  N°  VIII  v.  11:  y^  j.^^^  =  jlii  JJÎ^!.  Ce  mot 
semble  avoir  servi  de  point  de  départ  pour  tout  le  thème 
*_^:>,  mais  cela  est  spécieux.  Le  classique  m^J:^^  _«/,  hii 
casser  le  nez,  l'humilier  se  dit  encore  vulgairement  ■^.♦.-ixi-  -^j 

Belot  et  Ha  va,  =  le  class.  j— ^i^=>,  et  le  vulg.  ,«-iij>,  Dozy  S. 
sv.  Comme  on  dit  classiquement  .J^  i*y*^  =  oi-J^  pic  de 
montag^ie,  I  Sîdah  X  p.  73,  7  =  j.Ui.=>,  ib.  p.  77,14,  on  dit 
vulgairement  ^^  (*^^,  v.  p.  599  en  haut. 

j.y.iiw^  est  une  formation  calquée  sur  cyiJ^,  1163,  1615, 
comme  aussi  [•^j*^,  poitrine,  vhv.  Un  autre  dérivé  de  *-ii3' 

est  j.yiyi»,  vhv.,  LA  sv.,  Ruzicka  KD  p.  188,  et  qui  est  vulg.  = 
^yio.i>,   M  el-M  sv.    et   Dozy   S.    Nous   avons    une    forme 

analogue  en  ^y^y=^  <  [*-^^?  ^-^ec  l'r  infixé.  j.^p^i>  pour- 
rait  provenir  d'un    primaire  -^-cio^,  comme  de  ,Jx,i>  <  j*,cij> 

on  a  fait  en  Algérie  ^_^j.s>,  museau,  groin,  et  au  péjoratif 
visage,   Marçais  TAT   p.  286.   Cette  épenthèse  de  n  figure 

justement  dans  cette  catégorie  de  mots:  U^U^  ^b»  et  Ul^i^, 

il  vint  le  nez  en  l'air,  I  es-Sikkît  p.  152,  L  A  I  p.  265,  < 
^^i>  et  ^^"^  <  f>-^=>  et  fJ^=>,  comme  dans  tant  d'autres 

quadrilitères,   p.  e.   j*..^^!,  [•jJ^cS,   I  Sîdah   I  p.  133,  J■^j/^ 

LA  shvs.,  Wright  Gr.   I   p.  46  s.;  c'est,  il  me  semble,  une 
forme  intensive.  V.  ici  sub  q  . 
Le  thème  ^i>  doit  être  une  métathèse  de  ,^:^»j^  (cf.  :^Jj^), 


601 

à  séparer  de  ;^^*.-^,  gratter,  ce  qui  expliquerait  bien  tous 
les   dérivés.   On  dit  bien  en  arabe,  cl.  et  dial.,  v_ji_j'zi!  ^w«Lùr 

et  j*->ixjs^!  ^Lii,  <  aJù^  >N*.ii  ou  xaJL>  =  cl.  *^Lj  ^a^  (non  ^^^S), 

I  es-Sikkît  Tahdîb  p.  152  d.  1..    Mais  f»-^;;^^,  sentir  mauvais, 

est  sans  doute  un  accouplement  de  V~i*-=>  et  ]/"  ^^,  voir 
p.  639,  et  DOn,  museler^  n'y  a  rien  à  faire,  contre  Feghali, 
Emprunts  p.  73.  —  iwSL;i,  7iez,  pr..  qui  flaire. 

Torczyner  o.  1.  p.  197  voit  dans  ces  mots  un  reste  de  la 
désinence  accusative  adverbiale  :  am>âm>ûm,  soit  la 
mimation,  et  il  ajoute  ib.  note  3  qu'un  mot  d'un  emploi  fré- 
quent a  ici  servi  de  prototype.  J'ai  aussi  cru,  1162/3  n.  et 
1614/5  n.,  qu'un  mot  a  servi  de  prototype,  p.  e.  cyi^,  niais 
alors,  («yi;^  et  («^r^T^,  vhvs.,  où  la  finale  est  radicale,  <  ^i> 
et  fJai»,  n'auraient  pas  eu  besoin  de  cette  désinence  ûm  et 
seraient,  par  conséquent,  de  formation  postérieure,  ce  qui  n'est 
pas  prouvable. 

vvy^^^j  fertile,  1535,9. 


* 


^A.ai>,  donner  le  J.j^=>  avec  le  pain,  y^  r'^^  '  faire  une 
tartine  ou  manger  qqc.  avec  le  pain. 

f=^',  manger  le  ^LAai>,  Hçlr.  p.  369  n.  1.  j«.^]JL>  ^a^j^",  manger 
la  viande  avec  le  pain.  Class.  c'est  porter  ^e  syai^,  ôâ^ow,  1755. 

.La=>  ou  Iaû^-,  peut-être  <.Lai>,  en  analogie  avec  ^b],  est 
tout  ce  qu'on  mange  avec  le  pain,  tel  que  ^y(^,  -^*^5  ^*^j  (j^^^-^5 
j^>J,  oys,   etc.,  pitance,  52,12;  606;   1045.    o^JLàii  ^îj-^-j^ 

slXxJïJL.  8j.:=>i3Î5   .Laoj^Li,  tfempez  le  pai7i  émietté  avec  le  hosâr 

et  mettez-le  dans  le  bol,  „ce  qui  est  un  signe  de  bonne  édu- 
cation", selon  mes  Datînois.  Le  contraire  est  ^jS,  manger 
le  pain  sec,  ^l=>  jx=>,  vhv.  et  Hdr.  Gl.  sv'.  ^^ .  Jj^z>  corres- 
pond au  classique  ^b]ou  j.ol,  L.  des  Avares  p.  220,  11,  et  les 
dialectes  du  Nord  ont  iCxib  <  j.b],  Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.  Dans 


602 

G     3 

ed-Dahir,  on  dit  «_yo,  vhv.Bohârî  VII  p.  69  («.>>io  j:s>  J^l  ^y,  v_jIj): 
&j    j^Li  j>ii   dUJo    ^^   ^A>Lc   U   ^JLl   It   \j   ^Jlp   *ij!   J^^   Jii 

*;;x)oLi  L^  iCjCc  j»-çLw  *!  oy.^^  vi^^i^,  ^e  Message!'  de  Dieu  dit: 
0  Umm  Soleym!  apporte  ce  que  tu  as!  Elle  apporta  alors  ce, 
pain  (les  pains  d'orge,  j-^jr-^  lk'Îj-sî,  mentionnés  précédem- 
ment) que  le  Prophète  ordonna  d'émietter,  et  TJ.  S.  pressa  une 
outre  qu'elle  avait  et  afrosa  le  pain  de  beurre.  La  traduction 
de  Hondas  III  p.  657  n'est  pas  littérale.  Coinme  tout  le 
monde,  il  traduit  j.ot  par  assaisonner,  mais  cela  est  faute 
d'une  expression  adéquate  en  français;  l'allemand  Zukost, 
Zuspeise  et  le  français  pitance  rendent  mieux  l'idée  de  l'idâm 
et  surtout  le  suédois  sovel. 

La  plupart  des  mots  qu'énumère  I  Sîdah  V  p.  4  et  10  ne 
sont  point  connus  dans  les  parlers  actuels,  du  moins  que  je 

sache   à    présent,    à   l'exception    de   poS,  j.b]  et  ^â_s,  vhv., 
et  cela  seulement  dans  les  parlers  du  Nord. 

Jahn  SAE  III  p.  197  donne  hasâr,  Ijusôr  pour  le 
mehri,  „nourriture  consistant  en  pain  et  en .  poisson,  et 
en  gênerai  subsistance  de  vie".  Le  texte  p.  81,  13  porte: 
Rayg....  yilôbed  zayôr  uyisôm,  yinôka  bhusôr- 
h  u  m ,  un  homme ....  (avait  pour  métier)  de  tuer  des  houes 
sauvages  et  de  les  vendre;  il  leur  apporte  (par  cela,  =  w»-*^.  < 
Lj  tb>)  de  quoi  vivre.  Et  p.  83,  4  le  texte  dit:  siyôr, 
iebûd  zâr  ushatayh;  nûka  beh  sûq.  Sâméh  usâll 
m  é  n  e  h  h  u  s  ô  r  h  u  m ,  h  e  u  h  â  m  é  h  '),  il  partit^  tua  un 
houe  sauvage  qu'il  égorgea  et  qu'il  porta  au  marché.  H  le 
vendit  et  en  prit  (=  acheta)  leur  nourriture^  pour  lui  et  sa 
mère.  Jahn,  et,  d'après  lui,  Bittner  St.  mehri  V,  ii  p.  31 
§  17,  le  traduit  par  Aufivand,  dépenses.  Mais  ib.  p.  87,  12, 
lorsque  l'homme  n'avait  trouvé  que  trois  oeufs,  au  lieu  d'un 


')  Pour  comparer   avec  l'arabe,   voir   sub  >L-w,   lA-*-^ ,  _i^y^,  Hdr. 
Gl.  sv.,  («La*)  et  i}^. 


603 

bouc  sauvage,  le  texte  porte:  Hân  nâhâmsen,  husôr 
fsè'en'),  si  nous  les  voulons,  ce  sera  le  husâr,  le  mange?'  de 
notre  dîner.  Les  Arabes  du  Sud  appellent  bien  toute  dépense 
».L*c>,  mais  toute  nourriture  qu'on  mange  avec  le  pain  est 

.L2=>,  et  c'est  ce  mot  qu'il  faut  voir  dans  ces  passages.  Le 

.L-u2i>  est  pour   ces  gens   le   comble  de  friandise.   Manger  le 

pain  sec,  Kjh>  ys>  ou  ja,  Xsi,  sans  -b]  est  un  bien  pauvre 
repas,  car  le  Bédouin  aime  au-dessus  de  tout  le  beurre  et 
la  graisse,  qui  lui  donnent  la  force  et  la  santé.  Nous  avons 
bien  constaté  pendant  la  guerre  que  les  Bédouins  ont  raison, 
car  la  graisse  a  manqué  non  seulement  chez  les  puissances 
centrales,  mais  aussi  en  Suède,  et  la  santé  en  a  beaucoup 
souffert.  J'ai  souvent  pensé  au  dire  du  poète  hodeylite,  Diw. 
Hod.  Wellh.  N°  217  v.  6: 


30>-sû,^û-  O    ^  C  û_ 


.UJiJi    ,)JljÙ\    K-sJ^-j    tXï    ^\        ^4-^^^i    '^l    oi-j^j    lOAvJ^i 

Tu  n'es  pas  à  ton  aise,  si  ce  n'est  avec  du  beurre:  -) 
Eh  bien!  le  résidu  gras  de  la  marmite  (seul  avec  du  pain) 

peut  aussi  servir! 
La  traduction  de  Wellhausen  me  paraît  incorrecte.  Cf. 
aussi  ma  LB^'A  p.  76  v.  7.  Je  peux  certifier,  de  la  façon 
la  plus  absolue,  que  le  thème  ici  traité  est  .j^l=>  et  non  ^>*o>. 
Y  voir  ^.w3->^;.i=>,  sous  l'influence  des  deux  emphatiques,  nie 
paraît  impossible,  car  le  .L^ai.  n'est  pas  une  perte;  tout  le 
contraire.  Les  indigènes  avec  lesquels  j'ai  beaucoup  discuté  sur 

ce^Lxai>,  m'ont  toujours  affirmé  que  c'est  .>.^2:^,  et  c'est  ainsi 
qu'ils  l'écrivent  ciussi.  y^^,  payer,  faire  des  dépenses,  payer  la 
dot,  peut  aussi  devenir  ya=>,  à  cause  du  ..  C'est  tout  ce  que  je 


•)  fsê  =  si),  fso,  dincr,  est  peut-êti-e  en  rapport  avec  l'anc.  é^ypt. 
psy,  CMtre,  <^  vieux  fs. 

-)  v_iJji5  peut  aussi  venir  de  O*^,  u,  avoir  du  beurre  dans  son  mets. 


604 

peux  dire  sur  le  ^I.aji3.,  dont  l'étymologie  m'est  inconnue.  Jahn, 
pensant  à  ^-^■=>^    n'a  pas  distingué  le   s.   Snouck   ZA   26 

p.  232, 3,  4  écrit  aussi  ^Lci-i-,  et  il  a  bien  plus  l'habitude 
d'entendre   parler   et  de   parler   lui-même  l'arabe  que  Jahn, 

D.  H.  Mûller  et  Hein,  qui  sont  allés  en   Arabie  ^;jja1!î  Jua, 

quant  à  la  compréhension  de  l'arabe  parlé.  —  y>^-^  est  le  vide 

laissé  au  milieu  à\i  pain  émietté^^yis^,  où  l'on  met  le  hosâr. 
C'est  aussi  tout  le  hol,  pi.  ^U^\  où  l'on  met  le  hosâr,  606. 

3y,i;s^,  bol  plus  petit  que  le  précédent,  606;  831  en  bas.  Sur 
la  forme   fém.   diminutive,  voyez  Prov.  et  Dict.  p.  128,  ici 

sub  ^îjO,  Brockelmann  VGSS  I  p.  420e  et  Feghali  p.  245. 
Cf.  Gloss.  Bibl.  Geogr.  arab.  sv.   u*^:^. 

By.2-à^,   bâton,    1755;   1756.   Prairies  d'or  V  p.  403,2;    Abu 

Hilâl  el-'Askarî,  MSOS  XVIII,  ii  p.  8,5  d'en  bas. 

^^ 

^AjL~>  est   chez   Stace    p.  65  fiWmj  (muddy).  C'est  plutôt  un 

substantif  boue,  saleté  et  c'est  le  synonyme  du  datînois  Oj=>, 
boue,  vhv. 

iJlAa=>,  pi.  JL*^=>,  sorte^  quelque  chose,  Dt.  En  Syrie,  habitude 
(mauvaise).  D.  H.  Muller  SAE  IV  p.  127,7  a  hôsele,  où 
il  faut  lire  hasla,  d'après  ma  correction  MJM  p.  52,  =  mehri 
hasalêt,  selon  la  juste  correction  de  Bittner,  St.  mehri  V,  i 
p.  44  §  9  =  soqot.  hosele.   Mais  lorsque  Bittner  ib.  V,  m 

p.  24   identifie   cette  forme  mehrite  à  l'arabe  'ilLj^S',  touffe 

de  cheveux  embrouillés,   jt-ccJ!  ^j^  '^^^^i  LA  XIII  p.  220,  11, 

et  le  traduit  par  Haarbûschel,  il  est  dans  son  tort,  et  cette 
traduction  ne  convient  nullement  au  contexte. 


o     ^ 


605 


^*ai>,  adversaire,  23  n.  4;  639,7.  RD  Gl.  sv. 

j*>yo3>,  adversaire,  ennemi,  ici  p.  385,4  d'en  bas  et  passim; 

pi.  ^L^3>  et  tL^J>  >  U->li>,  RO  p.  74,2;  ib.  p.  421,3; 
Rôssler  M  S  0  S  I  p.  64,  2. 

j^=>,  u,  secouer,  agiter,  surtout  un  liquide,  60  note.  Socin  Diw. 
Gl.  sv.  Onomatopée.  Cf.  (ji^Li»  et  (jrU,  vhvs.  C'est  partout  en 
Arabie  le  terme  technique  pour  secouer  l'outre  pour  faire  le 
beurre^  baratter,  1499  note,  comme  chez  Musil  o.  1.  p.  142,  11  et 
Jaussen  Coutumes  p.  68,  oià  incorrectement  Jà=>,  mais  on 
rend  ainsi  très  souvent  le  ij£>,  même  dans  le  Sud.  L'outre 

a  même  le  nom  de  i:-^,  Musil  ib.  p.  137,  6  d'en  bas.  Ce 
verbe  simple,  si  répandu  partout,  ne  figure  pas  dans  les  dic- 
tionnaires tandis  qu'on  y  trouve  le  bilitère  double  [jjj<\*:a.=>  vhv. 
Un  accouplement  de  l/~(ji2i>  et  V~^<^a  {[jA.z>  et  [J^La)  est 
sans  doute  le  cl.  (ji2^,  secouer  >  baratter  le  lait,  et  cela  déjà 
en  akkad.  mljs,  avec  le  syrien  ij^^,  et  ij^^^j  se  rificer  la 
bouche,  =  cl.  ^Ji2*J:^,  Boh.  III  p.  31.  Cf.  Feghali  p.  33  n.  3, 
dont  le  raisonnement  est  étrange. 

^jaJ^^-ùii* ,  secouer,  agiter,  remuer,  surtout  un  liquide,  Dt.  LA 

IX  p.  3,  7  dit  que  c'est  l'intensif  de  (_>:cLi>,  u,  et  non  de  [j^=>, 
u.  Il  est  vrai  qu'une  foule  de  verbes  doubles  se  forment  d'un 
verbe  Jy,  J-o  ou  de  _^«,  ,^^5,  601,  mais  la  règle  n'est  pas 
absolue.  Les  lexicographes  ne  connaissaient  pas  le  dialectal 
\j^=>,  u,  ce  que  LA  paraît  vouloir  indiquer  par  l'observation 
ci-dessus.  C'est  une  onomatopée,  1096,=  J.::pJi<-  ^LLî  J.  ,j^^>:n~>, 
remuer  l'eau  avec  les  mains  ou  avec  les  pieds,  gargouiller 
dans  l'eau,  Dt.  et  Syrie.  ^U!  ijo.<:^,i=L^'  ^  ou  v^^JL^,  ne  remue 
pas  l'eau  ou  le  lait,  Dt.  et  Syrie.  ij^.<a^'  x.jL\J!,  la  monture 
secoue,  Dt.  et  Syrie.  Voir  Naqâid  Gl.  sv.  Cf.  J3;\Jl=>. 
(jn^^Uai?',  s'agiter;  faire  glou  glou,  56,  21;  61,  12. 


606 


•^ 


.^:^=>,  être  vert  et  ensuite  avoir  de  Veau  (terrain)  1570; 
contr.  de  v^v>,   125,7;  653,10. 

^i>,  devenir  vert,  906  n.  3  (iutr.). 

^^:  Njyi  Js.^  f^,  le  Hader  a  étendu  son  manteaii,  104,11; 

182  n.  1;  287.  Prononcé  ^^^J',  j^^l)  et  ^-i^^],  565  d.l. ; 

1018  n.  2;  1186,  1187;  1416.  ^^.l\  est  plus  correct  d'après 

LA  V  p.  332.  I  Sa'd  II,  ii  p.  27  (comm.).  f:i^\  =  ^^^, 
1186,  1187;  1416.  D'après  la  théorie  de  Torczyner  o.  1.  pp.  5 
et  70,  ce  ^.y*,y,:a.z>  serait  un  accusatif  adverbial,  c'est  plutôt 
à  juger  comme  q^^^V  ~-  f>^^i  293  et  ss. 

^AZ2i>î,  mouillé t  humide,  80,9;  885,2.  ^i>î  ^y,  yno7i  vête- 
ment est  mouillé,  =  ^J>\J>  vhv.,  contr.  de  ij^jIj,  aussi  en'^Irâq, 

Meissner  MSOS  V  p.  299,  id.  NAGI  p.  120,  et  en  Egypte. 
yi:i=>\  n'est  jamais  vert  dans  le  Sud,  ma  MJM  p.  14.  Hart- 
mann LLW  p.  66  et.  p.  85.  En  Haurân,  c'est  =  jxjb!;  en 
Tunisie,    7ioir,   Stumme   TTBL    Gl.   sv.  ;   comme   LA  XV 

p.  100,  2:  >3^-w!  y:a=>]  jjCJ  JvJLj'  v/^'-  ^âlîiz,  Tria  Opuscula 
•p.  72,8:  ot^!  c  Lto  L  yyoaii  ^■y^=>^;  Socin  Diw.  Gl.  sv.;  K. 
el-Addâd  p.  223;  Vollers  ZDMG  58  p.  231  et  s.;  id.  Ras- 
senfarbe  p.  3  ;  Rivers,  The  colour  vision  of  the  Natives  of 
Upper  Egypte.  J.  Anthr.  V,  XXXI  July— Dec.  1901. 

Ua~>,  <  Lù2i>,  douille  de  la  lame  du  poignard,  Dt. 

-<-c2i>,   verdoyant,  couvert  de  verdure  (terrain),  125,7;  Hdr. 

Gl.  sv.;  cf.  "i^l»n,  herbe. 

'^,j^=>,  époque  de  la  verdure,  653,  10. 

iai>,  u,  tracer  une  ligne,  U7ie  raie  ou  un  sigtie  quelconque; 


607 
partout  courant.  Avec  beaucoup  d'élargissements,  tels  que  jL>, 

^^^Iai>,  v^ftlii»,  J-Li»,  j*.k>,  ji2i>  (^c^>)   et  -bli>,   i,   U,  et  J2i>^, 

vhvs.  Le  cl.  Jai>5  V.  plus  bas,  doit  aussi  en  être  un,  El-asbùh 
de  ^Abd  er-Ralimân  el-Anbârî  p.  71.  Irfa'  radîfak  yihott 
fil-qâ",  relève  ton  châle  qui  fait  des  traces  ou  des  lignes  sur  le 

sol,  Dt.  Cf.  Qays  b.  el-Hatîm  N°  1  v.  3  :  'i^y  ^>.-^xLId1  U  toî 

^c. j^  Jai> ,   aiissi  souvent  que  je  hais  mes  quatre  coupes  de 

vin  le  matin,  mon  mi^'zar  fait  des  ^zg'Tzes  (sur  le  sol),  expliqué 

par  ^^Li?Jî  ^y^  ^yi  "^^fr-'i  V.  ib.  p.  4  et  ici  sub  Joô.  —  Ecrire: 

hùwe   hatt  (<  M.=>)  h  a  1 1   z  ê  n ,  il   écrit  bien,   il  a  une 

jolie  écriture,   RO   p.  268,8.  —  Tracer  une  ligne  noire  sur 

les  sourcils,  partout  courant.  Jaussen  Coutumes  p.  183  n.;  cf. 

^.^  vhv.  —    Ronfler,  plutôt  de  la  bouche  que  du  nez;  inf. 

l^Às:^     Aussi   classique,   Boh.  I   p.  31,4   et  p.  137,11,  où 

la    variante    l^ut;  Tab.   I,   p.  1440.    C'est   une    onomatopée 

dans   ce  sens;  Hdr.  Gl.  sv.   —   Courir,  ia^j  (j:l\_;_£  pj->) 

il  passa  près  de  moi  en  courant,  =  v^^y  vhv.  On  com- 
parera notre  fi,ler,  =  s'en  aller  et  se  défiler.  —  En  Egypte, 

il  y  a  t^=>,  vhv.,  to  step,  walk,  cross  over,  Spiro  p.  176  et 
p.  658.  En  Tripolitaine,  frotter,  p.  e.  une  allumette  pour 
l'allumer,   Stumme   MGT  p.  234,8.  Cela  se  dit  dans  notre 

dialecte  Ja^  vhv.  Cf.  -bL>,  i,  :=  _^,  I  Qot.  éd.  de  Goeje 
p.  381,  9,  et  h=>^,  V.  plus  haut,  Hodeyl.  Wellhausen  p.  61,  1. 

Sur  ]a=>  dans  l'ordalie  ou  l'exorcisme,  voir  Arabica  V  Gl.  sv.. 

^jLii  li.,  LA  IX  p.  157. 

hlaà>,  tracer  des  lignes  sur  la  figure  ou  le  front  (femme), 
Hdr.  p.  41,  comme  L  Qot.  p.  384,  11.  Par  dégémination,  >  le 

"orhânais  iaLii»,  aller  au  hasard  par  ci,  par  là,  RO  p.  346,  1; 

contam.  avec  -Li? 


608 

li=>,  ligne,  raie,  pi.  -b^k=>,  490,  10,  et  JjLLi»!.  —   Ecriture; 

lettre,  (=  i^j^uC*)  très  courant  dans  le  Sud;  pi.  JjjL=>.  On 
comparera  l'origine  de   v^?  v'-'*^?  vhvs. 

Jai>,  route,  =  ^^.  Halîmah  (v.  Index  vol.  III)  a  dit  après 
le  verset  cité  1613: 

Je  ne  veux  ni  "Ali  b.  Sâleh  ni  Eeydarah 

Qui  sont  un  objet  cV effroi  sur  la  route  des  caravanes. 

J.;^u.A«iî  h.=^,  la  route  tracée,  556,  6. 

xL=>,  toute  chose  ronde,  Arabica  V  p.  126  n.  1.  qUaÀav  iï:>, 
expliqué  Arabica  V  p.  125  et  ss.  —  Serment  en  général. 
Musil  0. 1.  p.  342  et  p.  343.  —  Tapis  de  plusieurs  peaux, 
ayant  encore  la  laine,  cousues  ensemble.  On  couche  dessus 
et  l'on  se  couvre  avec,  Arabica  V  p.  32  n.  1. 

JjLl2i>,   diseur  de  bonne  aventure,   exorciseur,  surtout  dans 

5       5  V»     5 

le  Nord;  ainsi  nommé  parce  qu'il  trace  des  J;^_^>  ou  un  ick>. 

^^Li>,  espèce  de  lance,  1757  et  s.,  où  étymologie  proposée 
de  battu  m,  bâton,  sceptre,  ZDMG  69  p.  512,  Muss-Arnolt 
p.  311.  La  côte  de  Lahsa  portait  autrefois  le  nom  d'el-Hatt, 
et  c'est  par  ce  port  que  les  Arabes  auraient  reçu  des  Indes 
des  tiges  de  bambou  pour  en  faire  des  lances,  selon  de  Goeje, 
l'Encyclop.  de  l'Islam  I  p.  375  a  en  haut.  Dans  le  commen- 
taire du  N°  1  du  Supplément  du  Diwan  de  "Amir  b.  et-Tofeyl, 

il   y   a  cette  notice 'p.  153  à  propos  de  ^  W.-i>:  .i\-*j  ^_c^'^ 

.^Uys    ^^>ù^    -o^'    L^l    jLaj    ct'j^Ij    »;Jj>    ^^5    ^^    ^'    VJ".*^^ 

mw„  o  w  _  O-OtO 


1)  L^  \:i^Ji    Gl.  Naqâid  avec  i^',  to  approch. 


609 

^5-xJt  i!  4--^'  'j^  f^j  y  '(^  ^,  et  ib.  N*  XXI  V.  6  à 
propos  de  l'épithète  ^ç^>>^  de  la  lance:  ^^  i^P^  3-'  v-j^-'*^-^-^ 

c>o^j    .  .  .  ^j^^<?^1j    iC_J^    îaii    .  iai^L.    -,L^^!    T^^'    "^^    ^'j^' 

*jcVJi!l  ^5  L^i!  tàj  y<iJî  ^^.  LA  XVII  p.  37  en  bas,  où  il 
faut  lire:  \^9  l^i  LloJ'  qj4^-j  I^j'^j'  Il  faudrait  cependant 
examiner  si  le  mot  akkad.  est  indigène  ou  exotique.  Il  se 
peut  qu'il  ait  la  même  origine  géographique  que  le  ^Ja.i> 
arabe,  pourvu  qu'on  puisse  prouver  que  ce  nom  géographique 
existait  déjà  alors,   ce  que  j'ignore.    Les  longues  lances  des 

Bédouins  du  Nord,  ^.  vhv.,  ne  sont  point  employées  dans 

le  Sud,  où  il  n'y  a  que  la  'i^f  vhv.  Le  mot  y  est  connu, 
ici  p.  385,  6,  mais  non  pas  la  chose. 


liai 


LLti»,  erreur.  3LLi>  ^J^  sj^^^j  l5;^.  ^  ^y.  l5*^)  I^^"^-»  sapristi,  7ie 
distingue  pas  la  rectitude  de  l'erreur,  170,  12;  1734. 

wdîi-,  a,  demander  en  mariage,  26,  5;  avec  ^  Hdr.  p.  73,  10. 

>^L)Li>,  demajider  en  mariage  pour  quelqu'mi,  avec  j,,  Hdr. 

p.   73;   avec   Q-r^-?>    /«^'^^   V intermédiaire  pour  demander  en 

mariage  26  n.  3;  821  n.,  avec  J,  ib.;  partout  en  Arabie.  - 

Intercéder  pour  arranger   un   différend,   821  note;  sur  ^^^_aj 

après  un  verbe,  voir  312;  501  note. 

.^.  t  ^^   dans  iUjJ!   v^^==->  godelureau,  don  Juan,  épouseur, 

528  en  bas;  847  note.  V.  Additions  sub  u-l>. 

jC^Iai»,  demande  en  marriage,  823. 

'iiJJ>,  sermon,  discours,  823.  -  Mariage,  Musil  o.  1.  p.  196, 12. 

^^L.:>,   qui  sait  lire  et  écrire  et  qui  remplit  les  fonctions 

89 


610 

de    notaire,    d*orateur,    d'intermédiaire,    etc.,    â2, 3;    35, 19; 

806  et  ss.;  821  et  note;  pi.  ^'l-^îJ-,  26,3;  ici  =  v^Lr^.  — 

Fiancé,   nouveau   marié,  seulement  dans  le  Nord,  Musil  o.  1. 
pp.  184,   196;  fém.  iL_;_^_i>,   Meissner  NAGI  p.  120;  ici 

^_aIdL^,  qui  demande,  en  mariage  pour  un  autre,  26  n.  3. 
iOi^Ls^,  demande  en  m.ariage,  822. 


*^ki 


y^=>,  h  u?  passer,  gehe?i,  et  c'est  là  le  sens  primaire,  1369  n.; 
1383.  Bien  traité  chez  Dozy  S.,  mais  Lane  n'a  que  le  sens 
figuré  et  secondaire,  comme  aussi  les  dictionnaires  de  la 
lurah,  1567.  Nôldeke  Fûnf  Mo'all.  Il  p.  31;  Moritz  Zanzibar 

p.    26.   Cependant,   I   Sîdah  X  p.  146,  9  d'en  bas  dit:  L  ^ 

»J^  ^Sk2~>  L\iii  ^j".Li>.  El-Fâhir  p.  93,  à  propos  de  ^c^Lo  %>, 

porte:   «yCàjl  jLJSj  \ajÀj  ^jjuj]  .Li-  q^  j^^  vy^  -^^  ^^^jLtjSi\  Jj'; 

l'explication  d'el-Asma^i  est  inacceptable  et  tirée  par  —  les  poils 
de  la  queue  du  chameau;  sens  secondaire.  Dans  la  phrase  qui 
revient   souvent  dans  la  bouche  du  Prophète  que  le  seytân 

\.wÀ.J5  i^î  ^^--o  ia^.,  Boh.  I  p.  121  (^^oljo!  J^<cj  U^),  ce  qu'on 

paraphrase  par  (j^**'^,  Nih.  sv.,  et  que  HoudasI  p.  210  traduit 
par  „il  cherche  à  troubler  la  conscie?ice  du  fidèle'',  .  ^  •>  a 
son   sens  primaire  de  passer,  et  Qastallanî  II  p.  6  explique 

aussi  exactement  par  *-Jli  u^j^  t-i!  (jjv-j  j*^  *->l-*  _^j>u  ^^}. 
Il  avait  donc  connaissance  de  lii>  =  ^.  I.  el-Qùt.  p.  34,  5. 
I  Sîdah  VI  p.  84,7:  ^!  ^AJa  J^  o^J^^  "^"^^  :^J!^^ 
cX_>Jl  xJj^j  ^-jj-*-^.  =  L  A  V  p.  336,  6  ==  Lane  sv.,  oîi  tra- 
duction, mais  cela  est  secondaire.  Dîw.  Qays  b.  el-Hatîm 
N°  m  V.  16  et  17: 


en 

i;"^  à  es-èaut^  près  Yatrih,  il  y  a  des  serfs 

Dont  la  valeur  sera  décimée  par  le  vin. 

Les  el-Aus  considèrent  X)eu  leur  valeur, 

Lorsqu'un  grisé  de  vin  parmi  eux  se  balade  le  soir. 
Kowalski  traduit  1l^.  Ju  par  am  Abend  wackelnden  ScJirit- 
tes  geht,  mais  c'est  là  une  addition  explicative  qui  n'est  pas 
renfermée   dans  le   verbe.  ^11^.  Jj  est  la  même  accouple- 
ment de  deux  verbes  de  mouvement  qu'on  trouve  si  souvent 

aussi  dans  les  dialectes,  p.  e.  w^:^.  y«,  J^^  liL^jCw,  etc.,  avec 
la  seule  différence  que  J.  peut  ici  avoir  le  sens  primaire 
d'aller  daris  l'après-midi  ou  le  soir,  quoique  J>j  ait  aussi, 
de  bonne  heure,  pris  le  sens  d'aller  à  n'importe  quelle  heure 
de  la  journée,  Hdr.  p.  593,  LA  III  p.  291,  2  d'en  bas;  ici  sv. 
Ce  verbe  est  fort  employé  dans  toute  l'Arabie  et  en  Afrique. 
Carbou  p.  192  n.:  ^3-,  passer,   s'en   aller,  partir,   voyager. 

■i^jj:.  J,  i^,JLi2àjl  iA>otJ  -k>  ^J\J>  ^Jlc,  ^AU,  fils  de  Hâdi,  passa 
chez  le  Fadli  (sultan  des  Fadlî)  à  SuqraJi,  11.  15.  qL^^Ls  ^_^.^.?^ 
^ojl  ^  Ja^.  J^>  %  ^4^  ^  ^  ^^3  JLj^  ^OjJ,  le  sultan 
de  Laudar  prélève  P/^  talleri  sur  chaque  chameau  ou  charge 
de  chameau  qui  passe  par  L.,  Dt.  jU:f\iij  q^J^^.  ^>/«  à^h 
les  habitants  de  Marfyah  exercent  le  métier  de  chamelier  = 
^3U.:snJI  Jwc  1^5  A^j,  1364  et  s.,  v.  Gl.  sv.  ^.  ^  ^oiL*.!!  ^ 
Ja^  UiO^S^,  cornme  le  voyageur  qui  parcoiirt  le  monde,  ma 
Festgabe'  p.   21   CAwlaqî).   Hartmann  LLW  p.  88,  wà-^', 

vhv.,  est  expliqué  par  «JLc  Ja^';  ib.  p.  206  n°  165,  ^s>  est 
expliqué  par  ^ô,  mais  c'est  ici  le  sens  figuré  de  passer  par 
l'esprit:  &IL>  ^}£.  ,ùi>,  comme  dans  Lieb.  v.  Amasia  p.  118,5 
d'en  bas;  cf.  Dt.  p.  1567  et  pour  le  mehri,  ce  qui  suit. 


612 

En  mehri,  hatôr,  se  promener  par  ci,  par  là,  flâner, 
rôder,  Jahn  SAE  III  p.  198;  Bittner  St.  mehri  II  p.  131. 
En  éhaurî,  le  sens  figuré  htar,  réfléchir,  Bsh.  I  p.  8  Anm.  1; 
SAE  VII  p.  155,  3:  htârek,y'az  réfléchi,  mais  aussi  hetôr, 
descendre,  hinahgehen,  ib.  p.  10.  —  Torczyner  o.  1.  p.  8  n.  2 
dit  que  ,,1'arabe  ha  tara,  avancer,  est  apparenté  au  mehri 
ho  ter,  dessous,  en,  bas,  et  que  véritablement  hatar  veut 
dire  hinuntergehen,  descendre".  Il  a  vu  chez  Jahn,  SAE  III 
p.  198,  hôter  (béd.),  herab,  hi?iab,  hernieder,  hinunter,  mais 
sa  conclusion  est  fausse.  Bittner  St.  mehri  V,  m  compare 
htr  avec  l'arabe  V~l)dT,  mais  ce  sont  là  deux  thèmes  dif- 
férents, vhv. 

^j-L-i-,  intens.  de  la  première,  passer  et  ensuite  s'exposer  d 
im  péril  en  passant  par  là,  ^11  en  bas  =  1112. 
.LL5>,  marcher,  voyager,  1.369  =  jLw,  vhv.,  ou  ^,^a  et  v.jil2i> 
GO.  Au  Waddây,  aussi  partir  en  voyage,  Carbou  p.  215. 
Jwéli  parce  qu'on  préfère  être  en  compagnie  en  voyage;  cf. 
iLvw   vhv.  —  S'exposer  à   un  danger,   1369  n.  —  Parier  est 

connu   en    Dt.,   mais  on  y  dit  toujours  -j-^  ou  <joL_c.  La 
phrase  de  Jahn  SAE  III  p.  41,22  (cf.  ib.  p.  39,  11):  Lj^L=> 

x^:.:^  ^J^  »L-»-^    ijî  se  dit  en  datînois  q^  ...   L;.=>.Lb  ou  UJo*, 

nous  pariâmes  600;  ib.  Gl.  sv.  hôter;  ma  JMJ  p.  15;  = 
class.  ^}£.  Jo\^,   Prov.  d'elMofaddal  ed-Dabbî  p.  81.  —  Riva- 
liser =  .=>^. 
ïi^',  marcher  avec  fierté.  RD  Gl.  sv.  Cf.  Hdr.  p.  564  note. 

Hartmann  LLW  p.  109,  où  -iN-:>,o  est  expliqué  par  ^^Lj^", 
se  balancer  en  marchant  =  Dt.  .^nIj-"  vhv.  Le  sens  élargi  par 

la  forme   J-i.Lj,  qui  est  ici  itérative,  désigne  les  petits  pas 
qu'on  fait;   c'est  là  une  sémantique  psychologique.   ^  iOo^JJ! 

c:)^.  j.;"^  {jajil\  ^}s.   o^Lus?',    si  le   Mbou  passe  en  volant  sur 

mi  malade,  celui-ci  doit  mourir,  "^Anazi;  même  phrase  chez 


613 

Musil  d.l.  p.  324.  Le  syr.  et  l'éthiop.  y:i^=yc;^'  doivent  bien 
avoir  quelque  rapport  avec  le  sudarab.^ki^';  ma  Festgabe  p.  49. 
.bL^",  parier,  n'est  pas  employé  en  Dt.,  v.  ^Ui»,  ma  MJM 
p.  14.  RD  GI.  sv.;  RO  p.  172,  4.  Cf.  ^Lsfv^l,  parier,  Stumme 
TGr  §  36. 
Jo\.=>,  passant,  voyageur,  306  d.l.,  pi.  -^LLi*,  306;  1446;  RO 

p.  205,  10:  ^L^J)  ^  Cr^^-^"^  -H  J^^^  ^  jr^^-^  CT^^  ^'' 
Je  régale  aujourd'hui  les  voyageurs  {les  hôtes)  qui  viennent 
du  voyage.  Un  J^Li»,  lorsqu'il  entre  chez  quelqu'un,  devient 

ipso  facto  ■U'-j^,  hôte,  mais  ce  n'est  qu'à  ce  titre  que  ^L> 

et  ^-À->yi3  peuvent  être  synonymes.  RO  §  118,  où  tous  les 
mots,  avec  leurs  pluriels,  se  trouvent  aussi  dans  notre  dia- 
lecte; ib.  §  204  et  p.  292,2;  il  le  rend  partout  par  hôte, 
étrafiger;  RD  Gl.  sv.;  Musil  o.  1.  p.  447  d.l.;  Stumme  MGT 
Gl.  sv.:  Gast.  Carbou  p.  192:  Jiôte,  passant.  Socin  Diw.  Gl. 
sv.;  Dalman  PD  p.  13: 

(1 .1  U  .j>»|    _A_bLLi>      .LLis»   (ji^^o-    ^■^.3   . 

Il  rassasie  une  troupe  qui  passe, 
Une  troupe  de  voyageurs  et  de  passants. 
isLs*,  esprit,  propr.  qui  passe  par  la  tête;  1383;  1567. 

-kî-,  péril,  étymologie  1369  note.  L'analogie  sémasiologique 
y  établie  est  confirmée   par   Falk-Torp   NDEWB  sv.  fare 
et  Walde   LEWB   sv.  periculum.  —  Pari,   classiquement, 
Prov.  d'el-Mofadd.  eçl-Dabbî  p.  81.  —  Collier,  Yéman. 
»iiï>,  fois.  On  ne  le  dit  pas  en  Dt.,  où  il  y  a  son  synonyme 

1^,  vhv.,  mais  en  Dofâr,  RD  Gl.  sv.,  en  Tunisie,  Stumme 
TGr.  p.  75,  et  au  Waddây,  Rabah  p.  46,  et  en  Syrie,  Prov. 
et  Dict.  Gl.  sv.,  IJdr.  Gl.  sv. 

On  peut  comparer  i-^^,  une  fois,  Hdr.  Gl.  sv.,  et  le  syrien 

1)  C'est  ainsi  qu'il  faut  lire;  mètre  ^ |  ^  — . 


614 

et  le  tunisien  ou^^,  une  fois,  Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.,  Stumme 

TGr.  p.  75, 12,  =  class.  ^^,  Wellh.  Schol.  z.  Diw.  Hoçleyl. 

N°  241,  pour  ne  pas  parler  du  commun  a^  de  _»,  passer. 
Une  analogie  se  trouve  dans  l'hébreu  DJ^D,  pas  et  fois,  piién. 

pied,  de  Di^D,  heurter,  choquer,  et  le  sudarabique  iLa=>o,  /bzs, 
au  fig.  vhv.,  de  même  que  dans  le  germano-scandinave  Gang, 
gang,  Falk-Torp  N  D  E  W  B  sv.  Gang  et  Kluge  E  W  D  S  sv. 
Gang.  Cette  coïncidence  sémasiologique  dans  des  langues  aussi 
disparates  a  sa  raison  d'être.  La  conception  commune  origi- 
nale ne  doit  plus  être  mise  en  doute. 

.Lltî»,  pi.  yfL)C^x>,  voyageur,  passant,  Wanderer;  plus  intensif 
que  JA.=>,  Béd.  Syrie.  t^-àJ  \^\L2=>  ^Js^.,  il  régale  les  voya- 
geurs qui  sont  arrivés,  Musil  o.  1.  p.  430,11=  p.  431,7 
d'en  bas  =  432, 11  -d'en  bas;  Jaussen  Coutumes  p.  180  v.  18. 

Chez  Meissner  MSOS  V  p.  124,7  d'en  bas,  ^LLi>  est  le  pi. 
de  ^K>;  le  malentendu  n'est  pas  du  côté  de  Socin  Diw.  III 

§  121,  comme  le  pense  le  savant  assyriologue  ib.  p.  300. 
Weissbach  Irak-Arab.  p.  32,8:  1  ô  ma  i  s  m  a  k  h  u  1 1  â  r  î 
lakân  ahâdit  râsak,  lâkin  kîefin  enta  huttâri, 
ma  ataharras  bîk,  si  ton  nom  n'était  mon  hôte  {=  si 
je  ne  t'appelais  mon  hôte),  je  te  prendrais  certainement  la 
tête,  mais  puisque  tu  es  mon  hôte,  je  ne  te  provoquerai  pas. 

L'auteur  écrit  patout  h  u  1 1  â  r  <  ^LL-i» ,  p.  e.  p.  147,10, 
11,  16;  p.  148,  5,  et  il  le  traduit  bien  par  hôte,  Gast.  Torc- 
zyner  o.  1.  p.  140  n'est  pas  content  de  la  traduction  de 
Weissbach  et  y  substitue  la  sienne,  absolument  intenable: 
il  veut  expliquer  une  phrase  arabe  courante  d'après  sa 
théorie  à  lui! 

^jAlai-,  passant,  Hdr.  p.  564  et  note. 

^k^,  voyage  en  général,  86,5;  c'est  en  Dt.  spécialement  la 


615 

voyage,  aller  et  retour,  à  Aden,  1369.  ^^  ^^.a_jL>  _^  ^LLrs^t 

iiJiûiî,  Zes  voyageurs  (hôtes)  qui  reviennent  du  voyage,  RO 
p.  205, 10;  même  tournure  en  Dt.;  ib.  §  62;  Stumme  MGT 
Gl.  sv.:  Reise.  -  Fois,  447  d.l.;   1030;  1369;  Hdr.  Gl.  sv.; 

Stace  p.  137  sv.  ^me;  RD  Gl.  sv.;=^Ll3^  dans  el-Hogarîeh. 

Cf.  I2=>,  oïlii*,  ^^>,  uijla:^,  jvLi>,^>  et  ^,lii>  et  ix^>  vhvs. 


oJaà 


^_5 


jlii*,  /azre  de  longties  enjambe'es,  Hammamî,  comme  dans 
LA  sv.;  TA  sv.:  lts>^  ^Joyix^  J,  ^^«1  Jo-jJS  o^Iai-  lXj^o  j^^t  Jlï. 
Naqâid  Gl.  sv.  C'est  un  accouplement  de  ^Î2=>  et  oïlai*  plutôt 

qu'une  dégémination  de  ^i2i>.  Cf.  Li^cLi-  et  uJj-l2J>,  même 
sens,  LA  sv.  p.  427,  1  et  TA  sv.  L'égyptien  lJjIi3-,  être 
en  délire,  battre  la  compagne,  doit  être  un  accouplement  de 

^.=>  (^L>)  et  lJj^,  radoter,  délirer. 

o^Lî-  est  un  bâton  plutôt  court.  En  mehri,  hatarAq  =  sh. 
haterôq,  Ijatrôq,  hotôrq,  Jahn  SAEiii  Gl.  p.  198,  où 
il  en  donne  une  étymologie  en  partie  bizarre:  o\  ^=>,  oiï  le 

o 

classique  Jaz>  serait,  d'après  lui,  bàto7i,  tandis  que  ce  mot  rare 

est  seulement  branche  d'arbre,  perche,  Islam  IX  p.  128.  Cette 
étymologie  est  reproduite  par  Bittner  St.  sh.  I  p.  30.  Maltzan, 
ZDMG  27  p.  283,  dit  que  ce  mot  vient  „de  la  racine ^=>, 
frapper,  avec  la  désinence  k,  de  sens  passif,  qui  se  trouve  dans 
quelques  nom.  instr."  Cela  est  encore  plus  bizarre.  Dans  ce 
mot  entre  sans  doute  le  babyl.  hutaru ,  hutartu,  bâton, 
sceptre,  Delitzsch  Proleg.  p.  175,  Muss-Arnolt  p.  311,  et  qui, 
d'après  Zimmern  Akk.  ZW  p.  8,  viendrait  du  „sémit.  d'ouest; 
hébr.  hôter,  branche,  verge,  aram.  hutra,  bâton,  sceptre, 
arabe  hitr,   branche".    Ensuite,  en   arabe  et  en  mehri,  ce 


616 

mot  "i^ln  s'est  accouplé  avec  ^jji^,  de  sens  presque  analogue, 
et  que  nous  trouvons  dans  oJa.^,  ce  qui  a  pu  faire  oiî-. 
On  décidera. 

^b.=>,  u,  aller  à,  passer  par,  marcher  au  pas;  accélérer  le 
pas,  727  n.  2;  796,  7 'd'en  bas;  797,10  d'en  bas;  1246  n.; 
1514,9;  RD  Gl.  sv.  ^_^  ^[li-  ^yo\ji}),  le  juge  passa  devant 
moi,  RO  §  177;  ib.  p.  90,  2.  ,^^*>  qLJJ'  !^i>,  les  Banians 
passèrent  en  masse  devatit,  RO  p.  274,  13.  -jLL  odi>,  il 
s'envola,  ib.  p.  298,9  d'en  bas;  en  outre  ib.  pp.  345,8, 
846,4,7  et  d.l..  ^jj^L^.  x-^j^  .■cj-j  ^J>L=>  ^_^jLii  ^.yj,  RO 
p.  270,  12  =  Dt.  ^Ji\  ^J-^J  #.-Î!   ^L=>  ^^.j  ^h=>  ^iS^  j.yj, 

•  lorsqu'il  m.e  vit,  il  s'éloigna  en  courant;  c'est  comme  s'il  avait 
peur  de  moi.   Voir  ib.  pp.   367,6,8,15;   368,2   d'en    bas; 

369,  2   et  passira  dans  ces  textes,  ^r*^'  oiisi*!,  je  passerai 

par  le  marché,   Rôssler   MSOS  T  p.  59,6  d'en  bas.  \ysJai> 

J-*.=>  X\  Kjoyjj  -t^^ .  il-^  emmenèrent  le  chameau  pour  le  co7i- 

duire  à  E.,  ib.  p.  60;  ib.  p.  73,  3,  et  passim  dans  ce  texte. 

ujjlXj!  tj^  o»ii=>i  ^  >^lï,  elle  dit:  va  passer  par  cette  route, 

ib.  III  p.  8,  3.  ^jj  ^,JtJa=>] ,  va  tout  droit  devant  toi,  ib.  p.  8,  5. 
Meissner,  MSOS  VI,  ii  p.  88  n.  8:  ^J>1^=>  ^  J^  Ce  sens  est 
courant  un  peu  partout  en  Arabie.  Aussi  en  mehri,  Ijatôf, 
rasch  ausschreiten,  Jahn  SAE  III  p.  198,  et  en  Tripolitaine, 
Hartmann  LLW  p.  88.  Voir  ici  ^L>.  Dans  notre  dialecte, 
v^Jiiti-  est  beaucoup  moins  employé  dans  ce  sens.   La  lurah 

connaît  aussi  le  sens  de  passer.  JLbj  o,L^  e?'  K-L^à^J!  ^.i;/sÀL> 

OpLw  ^\  ^Uc  ^  j.yJt  c>^>,  LA  X  p.  425,8  d'en  bas,  oii 


617 

l'on  observera  le  mot  ^Uc  o^-a-^i»  }.-*^  =  J.\  ,v^^-w,  ib.  p. 

464,8  d'en  bas.  L'oiseau  ^kè?. ,  voltige,  vole  pa7'  ci,  par  là, 
"Anazeh,    comme   le   ""omânais  ^jLIj  ^,jJa.=>,  cité   p.  616,  9. 

._jLa«  ^JiL=>  est  courant  en  'Oman.  Dans  le  Nord,  oiLi*  est 
.enlever,  arracher,  abripere,  comme  dans  la  lurah,  ^l2.d>  et 

v«ÀÎii>,  i,  668,  5  d'en  bas  (oià  u>^L.=>  est  f.  d'impr.);  849,  1. 
Musil  0.1.  p.  174  en  bas.  Cf.  ^lî^n  et  H^n  Ges.-Buhl  sv. 

Ces  deux  sens,  passer  et  enlever,  ne  me  paraissent  pas  pro- 
venir de  la  même  racine.  Le  premier  v_jii2i>  pourrait  bien  être 
ou  une  variation  consonantique  de  V~y^=>  ou  bien  un  élar- 
gissement de  V~Ja.=>  vhv.  par  s^=>.  Cf.  'n.i>  et  jj^i».  Dans  les 
deux  \.^i>,  il  y  a  l'idée  de  vitesse.  Pourtant,  l'observation  de 
Rhodokanakis  RD  I  p.  111  note  est  à  relever:  il  pense  que 
v_^Li>,  passer,  pourrait  venir  de  ^^s^=>,  enlever.  Les  exemples 
cités  plus  haut  n'infirment  point  cette  sémantique.  On  dit 
bien  j>  i  *  llq> .  \ys^a=>,  ils  marchèrent  d'un  pas  leste,  Bâsim  p. 

23,5  d'en  bas  =  xlcs-.  ^:>,  presser  le  pas,  se  dépêcher,  ib. 
p.  38,  10  d'en  bas.  Enlever  serait  alors  le  sens  primaire, 
mais  même  alors  c'est  K~~Ja=>  vhv.  dont  le  sens  a  certai- 
nement influencé  l'emploi  métaphorique.  Cf.  ^^Jai»  vhv. 

oilai»,  passer  devant  avec  vitesse,  Hdr.  Gl.  sv.    J-A-saJt  ,nJLb 

(j^_j  J^^^i  ^_c^^  -b^  J.*^  oi.Î2^.3,  il  monte  à  la  montagne 
oit  il  rôde  par  ci,  par  là,  ta?itôt  il  marche  doucement,  tantôt 
il  court,  Rossler  MSOS  I  p.  60,  8  d'en  bas.  RD  I  p.  111,  1  : 
y«^  oii2>,  il  passa  vite  et  s'en  alla,  paraphrasé  par  ^^lXxj". 

v^jux^',  se  souiller,  devenir  impur  =  [_r-:f^  Dt.  Snouck  OS 

Festschrift  Nôldeke  II  p.  105  n.  3.  Etymologie? 

■^ju^],  pouvoir  être  passée  (route),  être  praticable  (route). 

3    5  G  ■>      ■> 

oJait  ^Q^  oïlai^j.j  U  ^yr^\  ^\\  L,  taîit  (juc  durent  les  torrents 


t)18 

les   7'outes   ne  sont  pas  praticables  Dt.,  =  R0  p.  123,  1;  ib. 
p.  367,11:  di   ddarb   tinhtùfsi  yêr  bu  medrûb,  cette 
route  ne  se  laisse  pas  pratiquer  si  ce  nest  par  qui  en  a  la 
pratique.  Sur  le  sens  de  cette  forme,  voir  ici  p.  82  et  s. 
oiLui>!=LiJOJ>î,  1221  note. 


w         > 


oiLLi.,  passant,  pi.  (^Lk=>,  comme  i:>L>  et  jLLi>,  vhv. 

uj^=>,  enlevé;  qui  s'est  envolé,  410,8  et  n.  3. 

ouk>  =  ij^,  souillé,  iynjmr.   Snouck  OS  p.  105  n.  3.  — 

Qui  a  fai^n,  affamé,  RD  Gl.  sv.;  aussi  en  mehri,  SAE  III 
p.  25  N°  6. 

G 

uîLk^,  croc  en  bois,  585. 

fJ^,  u,  passer  devant  ou  par,  marcher.  Qusset  el-bèdawi 
illi  daljal  es-Sâm  wa  la  ^amru  Ijass  el-miidun  ... 
U  es-Sâm  bîhom  ""âdi  ann  yihuttu  et-ta'^âm  bid- 
dukkân  willi  yihtom  quddâmhom  yiqulùlu  tëfad- 
dal  yàhi,  tëfaçldal.  U  el-bèdawi  hâtem  min  gumlet 
el-mahâlîqM  faqallu  bây^  el-kûsâ:  tëfàddal,  hàu- 
w  e  1  '-),  k  u  1  k  û  s  a.  L'histoire  d'un  bédouin  qui  entra  à  Damas 
et  de  sa  vie  il  n'était  jamais  entré  dans  les  villes.  Or,  c'est 
une  habitude  des  Bamascènes  de  placer  les  commestïbles  pré- 
parés sur  le  devant  de  la  boutique  et  ils  disent  à  celui  qui 
passe  devant:  S'il  te  plait,  mon  bon,  s'il  te  plaitî  Notre 
bédouin  passa  comme  les  autres  gens,  et  le  vendeur  de  courges 
(farcies)  lui  dit:  „Entre,  s'il  te  plait,  mange  des  courges!" 
Récit  désopilant  d'un  haurânien. 

Ul*!As    «.X>jij    .tr^    eV>JÙ'    éV-Aiaclj     ..L^JLc    jr-iiAJ'    L    (_=^>    b   i^^Jlî 

UJ^>3  ^J^ls.  ULoj  UJ  UxiLvJi  A^=>i  j^=>  ^'  é^^.j^.-  Je  lui 


')  Expliqué  par  \j^-  ^)  Expliqué  par  ^J^^- 


619 

(Us:  „Mon  bon,  ne  m' indiqueras-tu  où  est  le  hein,  et  je  te 
donnerai  le  prix  de  la  fatigue  que  tu  as  eue  pour  nous  ?  Que 
Dieu  tu  récojnpensèr  Et  il  marcha  devant  nous  jusqu'à  ce 
que  nous  arrivâmes  au  hân,  où  nous  descendîmes,  récit 
haurânien  de  l'enlèvement  d'une  jeune  fille.  Un  'atâbe 
du  ''Iraq: 

Hatam  rîra  el-hamâdelmâhamànni  (- | I  ^--) 

Passa  la  gazelle  de  la  steppe  qui  ne  supporta  pas  mon  regard 

(=  d^) 
Meissner   M  SOS  VI,  ii  p.  110  N°  41,  où  ^=>  est  expliqué 

par  ^_ç^'^s  c^jU. 

U  lel.iq  el-morîri  u  Ijàtara  el-^ôyùn  u  tabb  "àll-bùll. 
Il  atteignit  le  corps  principal  (du  razû),  devança  les  éclaireurs 
et  tomba  sur  les  chameaux,  ma  LB^A  p.  4,  14,  expliqué 
par  ^Ju^. 

Gàm  el-(jrerba,  gâb  sêf  ulibse  ulabbashen  la 
el-Hôtrôbi  ugâl:  Ya  Ibn  es-Swêt:  hâd  a bûh  bâti- 
ra an  ^al-fersi  gabël  halwalad.  Le  (t.  alla  chercher 
un  sabre  et  un  habillernent  qu'il  fd  endosser  à  el-H.  en  disant: 
„0  I.  es-S.,  le  père  de  ce  jeune  homyne  Va  déjà  devancé  en 
fait  de  bravoure  à  cheval",  ib.  p.  15,  30  et  s.  avec  la  même  expli- 
cation de  (Jai»  =  ^.Ju^.  yfSi)]  \jpj^  j^t^-y^!  *^Ij  ^yt  u^^Li-  Ui^ 
8iÂ^  JULi   • . .   ..SyK>^\  ^Li  1^  isU.LL>  (-j^yf^   J^xî   L§.sLii  uSi  . . . 

«.V*  UJi  .  .  .  «-iLaJ!  jjyo'^iî  iM^^ty^  i3  t-)^3  •  •  •  '^^^-^^^^  iL*:a5  «.-yo*^! 
(-yc*!:^!)    JIÏ5    ...     K/Oas    Sj:yo^$!    'i^!a=>    »ÂP    ijlS    ...     ^"^l    'xJS    ^Lx^i 

J^fci-  (wjli  _^.  Lorsqu'elle  passa  devant  la  porte  de  la  tente, 
l'émir  la  reconnut,  car  deux  jours  auparavant  il  l'avait  vue 
passer  devant  la  porte  de  la  tente.  Il  dit:  c'est  l'émira  F.  qui 
vient  de  passer.  Il  y  avait  dans  la  tente  de  l'émir  le  domestique, 
qui  dit,  en  entendant  les  paroles  de  l'émir:  c'est  Ici  le  pas  de 


620 

Vémîra  F.!?  —  Qu'as-tu^  domestique?  demanda  l'émir.  —  Par 
ta  vie,  ô  émir,  celui  qui  passa  devant  la  porte  de  la  tente 
est  un  rude  cavalier",  Littmann  Arab.  Beduinenerzàhlungen 
I  p.  44  et  s.  Arabica  III  p.  34.  Hdr.  p.  88. 

^=>  a  dans  le  Sud  aussi  le  sens  de  conduire  en  général. 

Un  hadramite  me  dit:   ^^  ^^1  ^S\  j^  d^=^  (5^  J^   i  ^  ^  " 

xJlè^■  b^Ajo  é^M^^  LiT^')  ^'^  ^^^^  ha  ta  m  de  toute  chose,  même 

de  l'homme  s'il  est  aveugle:  tu  le  -prends  alors  par  la  main 
et  tu  le  conduis,  tùhtùmuh,  Hdr.  p.  280.  Un  datînois  me 
donna  la  même  explication,  mais  au  lieu  de  é--^*^  il  disait 

-JSjj    Vhv.    e^^lai?.     iJÎ3     (J^i-^y^    ^^     (ii.iAJ:  >  s.Jex:  >)     s.^l      LolXj! 

O    - 

B^j^it  ^\,  il  fait  sombre,  pre7ids  ma  main,  et  je  te  conduirai 
à  la  maison,  Dt.  On  voit  donc  que  ce  n'est  pas  uniquement 
appliqué  aux  bêtes  qu'on  conduit  par  le  j.ll2>,  et  l'on  ne  sau- 

raut  dire  que  ^i>,  classique  et  dialectal,  soit  originairement 
un  dénominatif  de  j.Lk.i>.  Ce  verbe  signifie  aussi  1''  mettre 

le   ,.Ua-i>;   2°  conduire  la  bête  par  le  (.LLr»,  Hçlr.  p.  367,  13, 

14;  p.  368  et  note;  p.  374;  3°  faire  une  marque,  l2.=>,  LA 

XV  p.  78,8,  10  d'en  bas,  sur  le  ^Lî>;  =  ]>  LA  XV  p.  77, 

13;   4°   frapper  sur  le  j^-L^*,  museau  de  la  bête  ou  nez  de 

l'homme,  de  façon  qu'il  y  reste  un  i2i>,  Hamâsah  p.  85,  11 
d'en  bas;  ib.  p.  568,  4,  à  l'instar  de  tant  d'autres  dénomi- 
natifs provenant  d'un  mot  qui  désigne  une  partie  du  corps. 
Les  deux  premiers  sens  sont  encore  courants.  Le  N°  1  est 
dénominatif,  mais  non  le  N°  2,  puisque  ,>  ^  i>  veut  encore 
dire  conduire,  et  j.Lki>  est  en  un  JLxj  régulier,  soit  l'objet 

avec  lequel,  on  conduit.  D'après  les  lexicographes,  tous  les 
sens,  autres  que  ces  quatre,  seraient  métaphoriques,  j^i 
Zamahsarî  Asâs  et  TA.  Dans  ^^\  ^^  ^s>,  LA  XV  p.  79 


6âi 

en  haut,  expliqué  par  iotLiiij  x-J^  -^,  et  Asâs  sv.  expliqué 
par  (c:L>  xLiU^!,  ce  n'est  pas  du  tout  au  figuré,  car  alors 
le  sens  dialectal  le  serait  aussi,  ce  qui  n'est  pas  probable. 
De  même,  dans  la  phrase,  ^^  j^  ^î  fJ^l=>  q^,  un  tel  con- 
duit les  affaires  des  tels,  est  à  la  tête  de,  LA  XV  p.  77,  4 
d'en  bas,  Asâs  sv.,  Lane  sv,,  phrase  encore  courante  dans 
notre  dialecte,  ce  ne  peut  être  au  figuré  que  si  l'on  suppose 
que  f»_k_i>  ne  s'appliquait  au  commencement  qu'à  la  bête 
qu'on   conduit.   Cela  n'est   pas  non  plus  probable.    Jw5=l  JJj(c 

xiUàtJ!  aJOLcj  «ic  .yjî  Joli>  ^L*ô,  le  '^âqil  de  Ahl  Sâleh  (Ara- 
bica ni  p.  31)  co7iduit  les  affaires  des  ^ôlah  et  c'est  lui  qui 
possède  la  "aqâlah^  Dt. 

Jwc  ^*_L_3.  est  en  Afrique  le  mot  ordinaire  pour  passer 
devant,  Stumme  MGT  Gl.  sv.;  id.  TTBL  Gl.  sv.  où  il  cite 
Lane  J^oJ!  v_àj!  ^.iai-,  he  passed  over^  or  crossed  the  extre- 
mity  of  the   tract  of  sand.  Hartmann  LLW  p.  142  N°  69 

Str.  4  oîi  ^■^=>  =  ^cÂc,  et  jjii>  =  olj,  ^3^.  Donc,  le  même 
sens  qu'en  Haurân  et  chez  les  Bédouins  de  Syrie,  Arabica 
III  p.  34.   [V-l2_i>  dans   ce  sens,   qui  figure  à  la  tête  de  ce 

thème,  doit  être  un  élargissement  de  V'~^=>,  comme  ^o> 
^>o,  "^^>^^,  J^>^^,  3J:>(Ub,  iîJ>jj3J,  etc.  ou 
bien  une  variation  consonantique  de  V~j-^=>  qui  est  lui- 
même  un  élargissement  de  V~li.=>.  j*-Jo':i!  |*-^=*)  LA  XV 
p.  87  d.  1.,  est  paraphrasé  par  -bLi>,  vhv.,  <  V~li=>.  Eu  égard 

aux  verbes  -b3-^  j^^'   >-*^^  et  j.Li>,  cet  élargissement  de 

? 
o       -- 

V  Ja-=>  est  plus  probable  qu'un  dénominatif  de  ^i  ^  ->.  Si 
toutefois  on  peut  admettre  ce  dénominatif,  on  pourra  sup- 
poser que  l'idée  y  est  de  tourner  le  h  a  t  m  dans  une  direction 

pour  y  passer.  Comme  ^Jl2^  est  un  vieux  mot  sémitique,  il 
n'est  pas  absolument  impossible  que  ce  dénominatif  soit  fort 


622 

ancienne.  Mais  alors  il  faut  trouver  l'étymologie  de  jj2i>  et 
de  ses  congénères  des  autres  langues,  sémitiques.  Qui  sait  si 
elle  ne  provient  pas  de  V~^-i^i>,  elle  aussi,  et  alors  les 
verbes  susmentionnés  ne  sont  certainement  pas  des  déno- 
minatifs. Cf.  aussi  le  classique  j.vA=>,  couper,  Naqâid  Gl.  sv., 

oc 

et  fAi*,  marcher  vite^  >  JèJs.=>  =  '^.^i*.  ksùL^  :^^-  =  i:^^, 
vhv.,  et  ici  p.  601,  I.  es-Sikkit  Tahdîb  p.  152  d.  1.  oii  il  y  a 
à  tort  ^i^^.   La  lurah   a  aussi  la  métathèse  j«-i^.-b!  =  j.ajLai 

ioîjJtj  ^^Uo"::^!  J.  p^^r^^''  avec  le  dénominatif  j»J^Ùd=^IXjj 

porter  le  nez  en  l'air,  hochnàsig  sein. 

jjai-,  mettre  le  ^Liai»;  conduire  à  la  corde,  1601,  14  où  le  jots 

indique  la  pluralité  renfermée  dans  le  iaï  suivant.  L  A  XV 

p.  77,12 

(•_Li->,   ainsi   prononcé  vulg.,  museau,  1615  n.    Les  ""Anazeh 

prononcent  htùmm'  ou  uhtùmm.  Dans  le  Sud,  on  dit 
hiîtûm  avec  anaptyxe,  mais  seulement  en  st.  absol.,  car 
en  st.  constr.  c'est  hut-mel-ba^'îr,  le  museau  du  chameau. 
fja=>  est  sans  doute  la  vraie  forme,  pour  le  cl.  j*-l2=>,  vu  les 

analogies  j^,  f,^:>  vhv.,  ^,  j^JLs,  museau  du  chien,  n^T\, 
NCiDin  et  le  babyl.  huttimmu,  Holma  Kôrperteile  p.  XI, 
et  p.  177,  mais  hutimmu  ib.  p.  144,  ce  qui,  dégéminé,  a 
donné  l'arabe  (••r^/>  vhv. 

Go, 

Torczyner   o.  1.  p.  197  veut  que  dans  ^J2.=>  l'a  du  t  soit 

tombé  et  que  la  forme  fût  originairement  *^=>,  où  la  finale 
représenterait  la  mimation  babylonienne.  Le  mot  serait  donc 

d'après  lui  hatmam  >  hatman,  soit  lL>.  Avec  autant 

de  raison,  on  pourrait  dire  que  j«-ixi»  est  dans  le  môme  cas. 
Or,  V~^i>  n'est  qu'une  métathèse  pour  ^n^,  et  l'analogie 


m 

devient  alors  impossible.  On  voit  donc  jusqu'où  peut  conduire 
une  théorie  qui  a  certainement  un  fond  de  vérité,  mais  qui 
est  appliquée  sans  discernement  d'une  façon  trop  générale. 

Je  dois  à  présont  prouver  pourquoi  je  considère  la  voyelle 
u  comme  primaire  dans  les  mots  cités  plus  haut.  La  raison 
en  est  de  nature  psycho-physiologique. 

Lorsque  l'enfant  commence  à  articuler  un  son,  voulant 
parler,  c'est  en  remuant  les  lèvres:  c'est  un  son  labial.  Les 
premières  lettres  qu'il  profère  sont  aussi  les  labiales:  p,  f, 
b  et  m.  Et  la  première  voyelle  est  alors  également  la  labiale 
u/o.  Aussi  la  voyelle  de  la  première  syllabe  des  mots  qui 
signifient  bouche,  museau,  est-elle,  dans  presque  toutes  les 
langues,  u/o>i. 

Pu,  babyl.,  bouche  '),  et  les  autres  formes  sémitiques, 
Nôldeke  Beitrâge  II  p.  171  et  ss.;  Brockelraann  VGSS  I 
p.  133;  MôUer  Sem.  u.  Indogerm.  §  31.  L'arabe  o,  >s,  est 
primaire  et  ^  est  académique,  mais  les  dialectes  ont  con- 
servé Jli  >  j*.i  >  jji  >  jjî  vhv.  et  jlî.  L'u  reparaît  dans  le  pi. 

BÎ^t  et  d'autres  dérivés.  L'éthiop.  af,  mais  l'u  revient  devant 
les  suffixes  et  au  pluriel.  L'aram.  bibl.  □p'oudD;  syr.  y^j^^Is 
bouche.  Voir  pour  le  reste  les  ouvrages  cités;  I  Sîdah  1 
p.  134  et  ss.  et  ici  sub  ^.  Mehri  hô,  bouche  (qui  n'a  rien  à 
faire  à  *|j3-,  espace  vide,  comme  le  croit  Jahn  SAE  IIGl.sv.). 
Dans  les  langues  indogermaniques,  la  consonne  et  la  voyelle 
labiales  sont  les  mêmes.  Sanscr.  mùkha-m,  bouche,  gueule; 

]Dersan  p  ù  z  ,  pourtour  de  la  bouche,  >  arabe  jy ,  sjy ,  museau; 


')  Delitzsch  Gr.  p.  159  dit  que  pu  vient  de  pay,  et  Holma,  o.  1. 
p.  21,  que  c'est  un  mot  sémitique  primordial,  ursemitisch,  à  deux 
radicales,   mais,  d'après   moi,   ces   deux    radicales   sont   p   et   w,  et  le 

pluriel    piâte   ne   prouve  rien   contre  cela.    L'arabe  [*s  pourrait   bien 
provenir  de  ce  puw>  pum:w>  m? 


6â4 

grec  (jt,Z  ou  IJ.-J ,  =  lat.  mu^  onomatopée  pour  exprimer  un 
gémissement,  un  grognement,  etc.;  de  là  ,v.i/Çw,  etc.,  Boisacq 
0. 1.  p.  647,  Falk-Torp  o.  1.  sv.  mukke;  avec  grand  nombre 
de  dérivés.  Lat.  mu,  son  faible,  grognement;  mu  facere^  souffler 
le  mot,  rendre  un  son,  cf.  faire  la  moue;  l'm  était  appelé 
littera  mugiens;  de  là  mugtre,  mugir;  murmurare,  hocire,  crier, 
beugler,  suéd.  bôla,  cf.W-alde  o.  1.  p.  498  ;  bucca,  bouche,  it.  bocca, 
esp.  boca;  <  onomat.  buq,  souffler  avec  la  bouche,  v.  ici  ob,  et 
d'autres  dérivés  avec  'primœ  u/o,  Walde  o.  1.  p.  99;  ôs,  bouche, 
Walde  sv.,  allem.  et  Scandinave  mu  >  mund,  suéd.  mun,  angl. 
mouth;  mûl,  mûla,  mula,  maul;  goth.  mulô,  suéd.  mule,  voir 
Kluge  EWB  sv.;  bavar.  gosche,  museau  =  silés.  gusche; 
bavar.  footzen,  bouche;  schnauze,  museau;  mha  snûte,  suéd. 
snut,  Falk-Torp  sv.  smide,  angl.  snout,  Skeat  ED  p.  498. 

Fr.  museau,  anc.  fr.  musel,  prov.  mursel  et  sans  suffixes 
mus;  vfr.  muse,  mouse;  it.  miiso;  niçois  mour.  L'étymologie 
de  Diez  est  à  rejeter.  C'est  une  onomatopée,  mu  +  s,  comme 
originairement  tous  les  mots  précédents  ;  cf.  moue,  mufle,  etc. 

On  pourrait  facilement  augmenter  cette  liste  pour  montrer 
que  les  consonnes  labiales  exprimant  un  son  proféré  avec  les 
lèvres  ou  la  bouche  fermées  sont  de  préférence  suivies  de  la 
voyelle  labiale  u/o  >  i.  Cela  est  même  le  cas  pour  les  non 
labiales   qui  form^ent  la   première  syllabe  des  mots  de  sens 

analogue.  On  est  donc  en  droit  de  supposer  que  ^  repré- 
sente, à  l'instar  de  pu,  une  prononciation  primaire,  conservée 

dans   tous  les  dialectes,  et  que  |*-^>,  >  [«-^^;->,  et  ^k>  qui 

débutent  par  une  spirante  velaire  sourde  ont  reçu  la  voyelle 

labiale  par  la  même  raison  que  les  autres  et  qui  figure  égalé- 
es 
ment  dans  l'akkad.  huttummu.  oii!,  nez,  est  toujours  dans 

ù)  o 

les  dialectes  -.jd]  ou  ^jî,  Lane  sv.,  et  je  n'ai  jamais  entendu 

le  littéraire  ^_ài!.  Ce  mot  est  peut-être  aussi  originairement  une 
onomatopée  de  l/~^^,  souffler  (par  le  nez),  renifler,  qui  a 


625 

donné  le  dénom.  ^^^,  respirer  fort  >  être  en  colère^  et  plusieurs 
dérivés  de  sens  analogue.  La  formation  en  serait  alors  comme 

c>>-wî,  vhv.,  j^!,  *_:!  et  %^U  vhvs.,  mais  l/~nf  peut  aussi 

oc 

être  =  V  oj.J ,  ^^^ ,  être  haui,  proéminent,  élevé,  et  oùî  aurait 
alors  la  même  sémantique  que  son  synonyme  dialectal  ^i> 
<  >x*.^,  êti'e  haut.  ^JLcl  .ïJJÎj .  Le  babyl.  appu,  nez,  museau, 
<anpu  =  ^^'C  n^N,  montre  que  ce  mot  fut  déjà  de  bonne 
heure  transformé  en  trilitère,  oià  l'n  est  radical,  contr.  à 
Scerbo  p.  16.  —  j.Ll3=>,  expliqué  Hdr.  pp.  280;  368  note;  cf. 
D'ipn,  anneau  pour  le  museau. 

>  ^J^i^,  i,  faire  un  pas,  passer,  360,  4-.  Avec  J^,  passer 
par,  168,  8;  Sachau  A  VM  p.  47,  4,  =  ^c,  s'en  aller  =  mourir. 
En   mehri,  l)atô<hatû  est  cowc^re  =  arabe  _bL=>,  i. 

o 

w  0    5  w      - 

^Ja:>,  passer,  tr.,  transporter;  v.  p.  C07, 19.  ^Uic  ^«^  ^t  ,jr>^>, 
passe-moi  (à  travers  la  baie)  «  /S.  "0.  (sur  l'impérat.  v.  323  et  s.). 

Jsj>LvJî  ^t  v^-^ti'  cr  ^-Jj-^l-*  J->''->  (iLui>  Loai>j_-Lj!,  ^e  capitaine 
me  passa  dans  sa  barque  du  bateau  à  la  plage,  RO  p.  227, 6.  — 

Ja^',  int.  de  ^^Jai-,  se  dit  de  l'enfant  qui  apprend  à  marcher. 
S'en  aller.  Passer  sur,  à  travers  de;  sauter  sur,  iibersprin- 
gen,  =^^h>j^\  360  et  n.  2,  =  ^)^  ^hv.  ^i^-ôUi  ^\3^s>  L.L«.g  î», 
viiA.:sni35  l^'jsÀcj  bjijj  L^LL^I  'j!  c>.a:>5  ^'«-^.l-o  J>*^,  ^^  710US  trou- 
vâmes des  esclaves  qui  étaietit  en  fraiti  d'enlever  un  cheval 
mort.  Je  suis  venu  et  je  voulais  sauter  par-dessus  avec  force, 
les  pieds  joints,  ïnais  je  suis  tombé,  UO  p.  329,6  d'en  bas. 
„Les  pieds  joints"  de  Reinhardt  est  seulement  une  explication 
de  la  manière  dont  il  voulait  sauter.  Chez  Socin  Diw.  Gl.  sv., 
c'est  avancer  lentement.    Wetzstein   ZDMG   XXII  p.  133: 

i^^LxJj  ^Ja^'  L_*Ji  L>.^L.A3  ^^ ,  j'ai  une  amie  qui,  lorsqu  elle 

40 


626 

avance^  ou  passe,  le  fait  lentement,  à  petits  pas.  Le  classique 
\jo^\  J.  ^i-  =  s-^^  LA  IX  p.  414  est  sans  doute  de  la 
même  provenance,  avec  affaiblissement  de  l'emphatique  et 
durcissement  de  la  finale,  d'après  de  nombreuses  analogies, 
voir  i^Aj  et  pAj,  etc.  Naqâid  Gl.  sv. 

(^^J2Xi>î,  passer  devant.  e^V^J  '-«  tiVjJ.>  >_j1j  J.C  o^v^^i»!,  ^''ai 
passé  devant  la  porte  de  ta  maison^  mais  je  ?ie  t'ai  pas  vu, 

Dt.  Ruban,  éd.  Ahlwardt,  N°  XXXI  v.  1  porte:   Jjjb  jOb^ 

^.Jax^^!  jLà>,  mafich  Landstrich,  der  den  Schritt  des  Schrei- 

ters  packt. 

Bjis:^.,  2^(^s,  enjambée,  pi.  ^j:^=>,  143, 16. 

^^a;^",  se  mouiller^  RO  p.  262  n.  =  Dt.^:^' vhv.  ^\^  iL>5  .-isâi?. 
b;:$T.à=»,  «7  se  mouilla  et  devint  tout  mouillé;  obs.  ici  tb*,  vtiv.,  = 


devenir,  comme  l'ital.  venire.  iJjsaâi>  est  ici  substantif. 


yS^ 


^  A^',  faire  l'orgueilleux  =  jSù^' .  Pour  l'étymologie,  voir 
ma  Festgabe  p.  42.  —  Bittner  St.  sh.  Il  p.  25  rapproche  le 
sh.  shefer,  faire  amitié  avec,  tout  en  l'identifiant  à  l'arabe 
_s_i>,  de  l'hébr.  I3n,  co^npagnon,  qui  est  aussi  yémanite, 
voir  ici  sub  -^>.  Je  crois  que  ce  sont  deux  racines  diffé- 
rentes: .ai»  ==  f-^- 


^^Àis. 


-U^t  v_3Lài>,  147,  3,  qui  secoue  l'aile  (oiseau). 


6 


i^^>,  a,  (?7re  caché,  mais  (^-ài*,  i,  cacher. 

i^Là^JL,  e?z  cachette,  1630,9  d'en  bas. 

^_5^LJ[5  ^j;.sli^,  cê^2a'  gt«"  est  caché  et  celui  qui  est  à  la  vue  de 

tous,  370  en  bas. 


627 

J.=>,  i,  a,  percer,  faire  un  trou,  583.  Dans  le  verset  de 
''Omar   b.  Lagà',   K.  el-Ar.  Index  sv.,  cité  583,  1,  =  LA  III 

p.  171:  J^i^ilj  &-:s\_JLàJl  J^5>,  je  crois  que  J.>  est  l'infinitif, 
583  n.  1;  cf.  LA  XIII  p.  227,  10.  Ce  verbe  est  du  sômitique 
commun  dans  ce  sens,  Zimmern  Akk.  F  W  p.  30  n.,  qui 
paraît  y  donner  à  i3L;?^^  la  même  étymologie,  ce  qui  est 
erroné,  vhv. 

jL^',  prendre  pour  sa  bonne  amie,  faire  la  cour  à  une  femme, 
RD  Gl.  sv.;  cf.  iiJLJ.>,  bonne  amie.  —  Avoir  des  fe?ites,  583,  4 

d'en  bas;  cf.  'Âî>,  fente. 

^=>,  défilé  dans  les  montagnes,  1367, 1  et  n.  2;  Socin  Diw. 
Gl.  sv. 

J.i»,  ami;  femme  mariée.  RO  p.  56,  3.  Sur  ce  Joè,  voir  847 

n.  et  ici  Addit.  sv.  j*Jb>-.  Cf.  le  class.  ':>!=>  =  '>^*,j,  LA  XIII 
p.  231,  10. 

ici=»,  fente,  courant.  c>jl^  lo  is^-ai"  S  d^3>  JJ*-^!^  iJL<\it,  I  Sîdah, 
n'importe  quel  trou;  cf.  jk:>. 

■àL>,  cheville  en  bois,  583.  Musil  o.  1.  p.  126,  4  d'en  bas.  — 

Défectuosité;  Socin  Diw.  Gl.  sv. 

J.l3>,  vide;  défectuosité,   51,6.   RO   p.   103,8  d'en  bas.    Au 

Yémen,  JJ-i>  est  canard  sauvage,  d'après  Glaser,  Peterm. 
Mitteil.  1886  p.  6. 

^3^Li>  (jLxs  des  instruments),  cheville  en  bois,  pi.  jJc>ovi  Jo^L>, 

580,1;  583.  Musil  o.  1.  p.  126,4  d'en  bas;  p.  128,5  avec  le 

pluriel  régulier  &!=>!;  ib.  p.  278,  9.  Cheville  qu'on  met  dans 

la  lèvre  supérieure  du  chamélon  pour  l'empêcher  de  teter; 
aussi  Musil  o.  1.  p.  140, 13  d'en  bas. 

J_i:u*,  <  J^^^uo,  ce  qui  explique  la  prononciation  muljiîll 


628 

(m  0  h  u  1 1)  :  m  i  h  à  1 1  >  m  u  h  à  1 1  >  m  u  h  ù  1 1 ,  cheville  en 
bois,  alê7ie,  583,3;  pi.  JU^',  19,  21,<3L^,  582,  avec  laquelle 
on  attache  les  oUiii,  vhv.,  de  la  tente;  Jaussen  Coutumes  p.  74. 

^JL^,  enlever,  <v_^Jli:,  762.  —  Voguer  la  terre  argileuse  dans 
l'eau  pour  faire  le  gâchis.  Un  sultan  de  Sud  avait  fait 
démolir  la  maison  d'un  qabîlî.   Un  chef  bédouin  réunit  alors 

3    5  ,     - 

des  hommes,  \J'yff>-  aÎ  l\^=>,  pour  la  reconstruire  comme  elle 
était  auparavant,  qI-:==  U5"  »o3£.  Le  chef  bédouin  composa 
alors  ce  ragaz: 

ifo?^  «mf/  e/î  g?ie^?e  affliction  et  quelle  maison  du  jiige  {mj\iste)\ 
Lorsque  avec  tes  pierres  on  construit  à  el-^Âydabûs  ! 
S'ils  font  le  gâchis  avec  de  l'eau,  nous  le  ferojis  avec  du  sang. 
Et  si  quelque  pierre  manque,  nous  la  construirons  avec  des  têtes. 

Le   sens   classique  de  tromper,  cajoler,  Boh.  III  p.  158,  9 

(B.   bsj^^'i)  ^^\  iUP),  'iS±i>,  tromperie,'  ib.   p.  65,  4  d'en  bas 

(B.   ç'A^Jî  (^  »_xj  L),   n'est  pas  connu  dans  le  Sud,  mais 

y--JL=»  tromper,  cajoler,  n'y  est  pas  inconnu:  c'est  un  accou- 
plement de  ^=>  et  ,j«.J. 

^=>,  intensif  de  ^^=>.  <_jLènJt  ^yi  (^«.a^'  ^ULi  ^  *  \n  l\  wJl^' 

i*JjL!î  ytji  ^j^  JJlï,  la  femme  gâche  la  terre  dans  Veau  et  met 
dans  le  gâchis  un  peu  de  poil  de  mouton,  50,  4;  expliqué 

1032  et  1036.  Stace  p.  108:  s^yJ!  v*^^,  he  mixed  the  mortar. 

'^=>,  terre  mêlée  d'eau,  houe  compacte  et  visqueuse  produite 

par  la  pluie  ou  lesêl,  =  oji»  vhv.;  gâchis  de  terre  i^our  con- 
struire, mortier,  50,  5,  6,  7,  8,  11  ;  604,  10  d'en  bas  ;  877;  1032; 


029 

1036;  1295, 12.  Stace  p.  109:  v^Ii>,  mud,  =  \i^=>,  vhv.,  ou  -iX=>*,. 
Le  mot  est  très  courant  dans  le  Sud,  y  compris  le  Yéman. 
Lane  a  omis  ce   sens,   qui   se   trouve  cependant  déjà  chez 

el-Gauharî  :  u^JL^  tU  »J^  JyLj"  aU^î  uJbè^!,  et  L  A  I  p.  352,  8 

d'en  bas:  w^ii>f  lXs^  uJli>  30  ^\  ^jJLi^  ^Lc.  LA  1.1.  veut  même 

que  ce  soit  =  ■jsh  en  général  et  non  seulement  sU^i  o^' 

c'est  à  dire,  la  vase  gluante  et  noire  du  puits  ou  de  la  source^ 
vhv.  Le  dire  d'un  Bédouin  1032,  =  L  A  Lp.  352,9  d'en  bas 

=  ib.  XX  p.  280,  U:  J^o^^^  ^i^^.  J^=>  ^'^  ^=>,  où  1^S^=> 

O    „  O  w  - 

est  expliqué  par  ^yJ^  dans  le  premier  passage  et  par  ^Jè^h 
dans  le  second,  le  premier  seul  est  bon,  et  ouL  est  une 
faute  de  copiste  pour  Q-*-b-  Or,  cette  ancienne  faute  de 
copiste   sur  la  fiche  relative  i^^^)  a  donné  naissance  à  une 

autre  erreur  en  assignant  à  ^jJu^  le  sens  de  ^y:ci!  ^JôjIj,  comme 
dans  LA  dans  les  deux  endroits,  et  de  là  dans  TA  I  p. 
240,  car  wJL>  n'a  jamais  pu  signifier  oi->-^,  et  l'on  n'a 
jamais   bouché  le  couvercle,    io«L:c>°  vhv.,  du  mîfâ   avec  du 

wJii>  par  la  simple  raison  qu'on  surveille  toujours  la  cuisson 
des  (j>s!yjt,  qu'on  tourne,  ôy.s>  ou  wJLi,  tantôt  sur  l'un  côté, 
tantôt  sur  l'autre,  ainsi  que  le  décrit  I  Sîdah'  V  p.  7  en  bas. 

Peut-être  l'auteur  de  la  fiche  a-t-il  voulu  dire  par  oiaL>  j_^>I! 
.ys}]  que  mîfâ  est  l'équivalent  de  tannûr.  Mais  ma  cor- 
rection 1032  ^yu^i!  y^  (jAv«  cloche. 

Umayya  ibn  Abi  es-Salt,  éd.  Schulthess  p.  47  N°  XXXVII 
porte  : 

,o_  £  .  '  '.  .  .  -  .    ,        -       .  ^    . 

0^f>-    -bLij      ^li»     (j=3     (J\.C     J,  '-f?'— *     O^XC     y*^4.^j!     VVï*^      '-^'j^ 

Bêrûnî  a  ici  ^^  ^3  ^J^.  Ce  vers  est  souvent  cité,  Niiiâya 
sv.  wJl=>,  comme  le  constate  Schulthess.  Cette  conception  de 


630 

wJ3.  y^J:  a  dû  être  répandue,  car  le  Prophète  s'en  sert  dans 
la  Sourat  el-Kahf  v.  84  à  propos  de  l'histoire  de  Dû  el- 
Qarneyn:  VjJ^'  ^^^^  y*^x;:si!  <^Je^  iL  bl  j^s>  l^^u^  ^-^^ 
'!ilts>  ^^J^  ^,  où  's^  i^-^  est  expliqué  par  aU>  oîJ>,  corres- 
pondent  à  ^^.=>  o'^  du  vers  d'Uraayya.  Probablement  une 
conception  descriptive  du  oUiihi!  y:^j,  ici  p.  433,  qui  est  noir 

comme  la  boue  visqueuse  et  noire,  sLiL>,  de  la  source  ou 
autour  de  la  source. 

Est-ce  que  ^i>  >  ^=>  est  le  même  mot  que  l'hébr.  y?n 

Ges.-Buhl  sv.?-  uJLi>  au  flg.,  coqueluche  des  femmes,  847  n. 

K.  el-Fâhir,  éd.  Storey  N°  447,  où  l'origine  sémantique  n'est 

pas  exacte;   v.  Addit.  sv.  (j«Jb>.  i-*JL>  est  la  membrane  qui 

couvre  le  foie,  aussi  appelée  ^^Ui^.  Trois  Traités  d'anatomie 
arabe  par  P.  de  Koning  pp.  68,  10;  376,  1;  708  et  709  n.  4. 
Ta'lab  K.  el-Fasîh  éd.  Barth  p.  69  en  haut  et  les  observa- 
tions de  ^Alî  b=  Hamzah  el-Basrî  publiées  par  R.  Bell  dans 
le  JRAS  Jan.  1904  p.  106  et  s.  Comme  étymologiei  c'est 
l'hébreu  !}.^n,  omentum,  Ges.-Buhl  sv.,  mais  vJLi>  se  rap- 
porte en  arabe  seulement  à  la  membrane  du  foie, 
^-r^i  pl-  v*^^,  gi'iffe^  prononciation  51  n.  4. 

,j^J.>j  embrouiller,  n'importe  quoi,  Dt.  et  Hdr.,  <  (j^2.*3- vhv. 
=  u^jy>,  Dt.,  Hçlr.  et  Syrie.  Les  verbes  (j^5>  et  u^i-  existent 
aussi  en  Egypte,  Dozy  sv.  et  Socin  Diw.  Gl.  sv. 

50  3  „ 

uo^Jl>)  Hdr.,  =  uoL.=>,  1490,  vhv.,  cf.  340  et  s.  et  Dozy  S.  sv. 

-LJi^»  abîmer,  Dt.  :=  i3j.i>  vhv.  Brockelm.  o.  1.  I  p.  510  et 
Rhodok.  WZKM  29  p.  58  n.  5. 


631 

^^ 

^Jl>  =  ^-jCi,  class.,  863  n.  1. 

Cv  o 

,£JLa.:>!,   enlever  d'un  seul  coup  sec,  863  n.  1,  I.  Sa^d  VIII 

p.  67,  2;  au  passif  ^%b:i>!,  être  enlevé,  LA  III  p.  81 .  iL^nJijCj^t  i\J.), 

femme  répudiée  ou  veuve,  863  n.;  1.  Sîdah  VII  p.  33,  10. 
Qays  b.  el-Hatîm  Diw.  î^°  III  v.  9  dit: 

Tu  les  vois  (les  lances)  qui  sont  retirées  (des  plaies)  comme 

on  retire  les  outres 

Dont  les  cordes  retirent  les  outres  en  les^  faisant  moyiter  en  haut. 

Le  poète  veut  dire  que  les  lances  percent  le  corps  si  bien 

qu'elles  y   pénètrent  dans   toute   leur  longueur  et   en  sont 

arrachées  comme  on  retire  avec  les  cordes  les  outres  du 

puits  et  les  fait  monter  en  haut.  ?  j-^'  se  rapporte  spécia- 
lement à  l'action  de  faire  monter  le  sceau  du  puits,  vhv. 
C'est  l'objet  de   ,iJLiLà^',  =  L>^r>î   ^OLx3?',  dont  c^jJ  est  ici 

presque  synonyme.  Ce  mot  n'a  ici  rien  à  faire  à  agonie, 
comme  le  traduit  Kowalski,  mais  il  se  peut  que  le  poète 
ait   voulu   ici  faire  allusion  à  l'effet  des  lances  amenant  la 

mort.  Le  comm.  est  ici  très  clair:  ^5!  t  ;>J1j  ^^.^vJlx^"  ^LL^*^! 
^^ô<^ .  Ibid.  N°  'V  V.  25  dans  le  même  sens: 

«.JuCj'    *J5jC;    Js:*-^     O^'**'        o-^^^J^a^!    \S\    L^.Li!    ^-^. 

Lorsqu'elles  (>^y:sui!)  sont  .arrachées  (du  corps),  suit 

leurs  traces 
Un  sang  chaud,  frais  qui  coide  de  ses  artères. 

Le  comm.  porte:   oL^t^^i  ;Ij1  ^^.  ô^^?.  c^O'A:?-  u;/.:?^)^i>î 

^^^_:è^-w  -O  ^\  ix-^-^  ix^"*^  ■ciA.EjJ  îoî.  C'est  à  dire,  le  sang, 
des  artères  coule  des  plaies,  qu'ont  faites  les  javelots  lors- 
qu'on les  en  retire.  Naqâid  Gl.  sv. 


632 

Dans   notre   dialecte,  je   ne   connais   que   -JLi»,  remuer^ 

brasser,  et  alors  synonyme  de  iais»,  et  ,s^d>  pourrait  peut- 
être  venir  de  ]/~J^i>.  Mais  dans  le  sens  de  tirer  à  soi  d'un 
coup  sec,  ^=>  me  parait  venir  d'une  autre  racine.  Peut-être  une 
variation  de  -p-,  avec  permutation  des  liquides,  ou  de  ^\à>. 
„-sJl=>],  femme  répudiée  ou  veuve,  863  note. 

JL^Ii>,  anneau  'pour  le  pied.  Carbou  p.  196:  J^JL=>,  a^meau 

de  pied.  Aussi  assyr.  halljallatu,  Meissner  Lexicograph. 
Studien,  t.  à  part,  p.  241.  Zimmern  Akk.  FW  p.  38.  V.  sub 

J^>  p.  370  et  ici  p.  627,  7.  Le  verbe  J-^JLi.,  disloquer, 
branlery  détraquer  et  cliqueter,  est  une  onomatopée.  D'autres 
sens  de  ce  verbe  proviennent  de  ^  vhv.,  de  J^>,  vinaigre, 
ou  de  _^5»  ;  V.  Dozy  S.    Cf.  ^^v^i>  vhv. 

^jS^',  survenir  furtivement,  1228,8. 

yJLi-,  i,  se  défaire  de,  ôter  un  habit  où  un  objet  qu'on  porte. 
20,14;  1321;  cf.  ^=>  et  K^n  II,  même  sens.  ,j-.Jli-  est  un 
autre  élargissement  de  V~.y=>,  et  n'a,  d'après  moi,  rien  à 

faire  à  yhr\.    En  Dt.,  on  dit  aussi  i^'uxi  ^^  ou  xJL  (>Jlï, 

ôter  ses  habits  ou  ses  armes  =  ij^Jl>. 

tjJi=>,  a,  fi?iir,  être  fini,  être  épuisé,  343,  12.   ^.=>  c>^>  U 

^A-c  J-l   _y*o  Li  y.vLi!,   lorsque  la  guerre  des  M.  sera  finie, 

y^oMS  zVows  à  Aden,  Dt.,  où  o.>jJ.>  <  0.-^3)3.  <"  c>^/JLi>  <  c>s*.2i^. 

L'imparfait  yehlas,  yoftar,  yetla^  ne  fait  point  excep- 
tion à  la  règle,  établie  déjà  Prov.  et  Dict.  p.  60,  comme  le 
pense  Feghali  p.  113  en  bas,  car  tous  les  verbes  dialectaux 
Jjà  font  à  l'imparfait  ^^itàj.  Voir  ici  sub  J^x=>  p.  340. 


633 

uJL>,  ôter  les  habits^  870  en  bas.  On  dit  é^y^  l>»i>^  mais 

tiULo  Jj^.  —  Payer.  —  Se  porter  garant.  La  wâlied  intàmà'' 

uigù"*  ahlet-tama"  udà^'ul-'âqil ')  uiltabat  fîli  el- 
^âqil  uhû'  me.ljallis  fîh,  si  quelqu'un  a  été  pillé,  sa 
famille  vient  et  appelle  le  chef,  qui  en  assume  la  responsa- 

hilité  et  garantit  les  choses  pillées;  =  ^  «-r^*^  vliv.,  ou  ^  j.y:oo 

vhv.  Cf.  Arabica  V  Gl.  sv, 

ijai^",  avec  v_j,  venger  quelqu'un  par  le  talion,  568  en  bas; 

983;  1724. 

ij^\.=>;  faire  avoir  ci  qn.  son  droit,  s'acquitter  envers  qn., 
Arabica  V  p.  164,6  d'en  bas. 

fjnls>,  trou,  Schlupfloch.  ^JaL<'\}\  ^  .Lài!  J^c  ^^j-^.  wJ^^J),  le 
chien  guette  les  souris  dans  le  trou,  Dt. 

^jo^=>'.  SjAavj  (jo^L>^,  et  voilà  que  c'est  fini:  ils  se  sont  mis 
d'accord,  26,  11;  402;  404.  RD  Gl.  sv.:  assez! 

•    iLxaJli*,  pi.  ,j^2_L>  <  (j.jiJLi> ,  vertèbre  de  la  nuque,  spondyle, 
Hdr.   p.  361  et  p.  378,  8,' où  iuJl=>  est  une  faute,  de  même 

que  Hdr.  Gl.  sv.  u-^Jb-;  ib.  p.  385;  <  iw^iè,  1615  note,  vhv., 

>  iCwaJLc  en  Dt.  —  ^udii»,  nuque  (&Jl«),  cf.  ici  sub  (j^JLc. 

ijA^^,  moyen  de  dégager,  1559,8. 

o^j^j  chafed  (as  from  riding,  etc.),  Stace  p.  196.  —  Cf.  ^S=> 

et  jA-=>. 

JaJl^*.  J  i^Jli-,  a,  u,  expliqué  93,  15  et  ss.;   1401. 

Joli>  dans  le  môme  ordre  d'idée,  1401.  I  Sîdah  VIT  p.  6,  où 

aussi  dans  le  même  sens  Jaii*!,  i3iL=>  et  1A^\:lJ\. 

làjj>\,  dans  v_^y«J!  iaki»!,  dégainer  le  sabre,  =  ^ys=>\,  1768. 


')  Obs.  'àqil,  «,  avec  i  mal  ah! 


634 

i=L  .yj>,  pêle-mêle,  1133  d.l.  -  ia^^L~>,  Arabica  V  p.  116,  5 
d'en  bas. 

^^■,  se  disloquer  (membre)  =  ;;;  ^1,  1767. 

iLc^l3.,  libertinage  =  'Ls^\j}>,  1767.  —  En  quelques  acceptions, 
ifi=>  coïncide  avec  %Xi> . 

^\.i>.  La  phrase  oii'^-  ^^  c^^'^f-  ^^^  Z*^?^  rien,  n'importe,  qu'on 
entend  à  chaque  moment  chez  les  Bédouins  du  Nord,  mais 
jamais  dans  la  Sud,  est  pourtant  employée  en  ^Omân  :  ,^1^  q! 

oiiL^.  l^  ÎÀ^  ^}^  ^jLij^    -a:)\,   si  la  chose  dépend  de  cela, 

n'importe,  RO  p.  197,  12  d'en  bas.    En  Syrie,  ma   bisâ^'il 

ou  ma  bisâyel. 

sJiJL^",  être  en  forme  de  croix.  Arabica  V  p.  131  n. 

^  .^jiL^^,  être  séparé  de,  409,  18  et  n.  3. 

oi_L>,  à  propos  de,  concernant,  522  v.  5.  —  Derrière  ='  en 
aide  de,  546,  5  d'en  bas, 

iLàjL>  OU  xiJi>,  ouverture  de  la  fenêtre,  Hdr.  Gl.  sv.;  v.  d. 
Berg  Le  Hadhr.  p.  64;  RD  Gl.  sv.;  Snouck  ZA  26  p.  231, 

où  le  pi.  uJ^'=>  et  o^>;  MM  dans  JRAS  XLI  p.  230; 
mehri  halfêt,  Bittner  St.  mehri  V,  m  p.  40,  oii  hùlfet 
est  f.  d'impr.  Sur  hlf  dans  l'iDScript.  de  H.  el-Rurâb,  voir 
p.  253/4.  —  Arbre  d  myrrhe,  Dt.,  Glaser  Skizze  II  p.  200, 
où  l'assertion  de  l'auteur  est  exacte. 

isLâJl3>,   dyssenterie.  On  dit:    ^Ui  *->Jlc  (o!J^>'=)   >JJii»^  Veau 

Va  rendu  malade.   La  voyelle  est  la  même  que  dans  le  Jjc 

des  maladies. 

^jiJi=>  n.  loci,  Arabica  V  p.  105  n. 

'i^ui=>  est  aussi,  comme  on  sait,  vicaire,  lieutenant  (non  pas 

successeur),  et  ce  titre  est  encore  courant  dans  l'Afrique  équa- 

toriale,   selon   Carbou   et   Rabah.   Je   crois   que   le  Prophète 

s'est  donné  le  titre  de  &JLJ!  '!Ls-JLz>  pour  imiter  le  chef  des 


635 

Chrétiens  Occidentaux  qui  s'appelait  et  s'appelle  encore  vica- 
rius  Christi  in  Terra.  Il  avait  déjà  donné  ce  titre  à.  Adam, 
Qor.  II  V.  28,  et  à  Davide,  ib.  XXXVIII  v.  25.  Grimme  veut, 
Z  A  26  p.  160,  non  sans  quelque  apparence  de  probabilité,  que 
ce  mot  soit  identique  au  sabéen  Ijlft,  Glaser618,  ]l,  gouver- 
neur d'un  mihlâf,  mais  voyez  cependant  Naswân  o.  1.  p.  32 
en  bas  sv.   ^js>  et  Arabica  IV  p.  57.  I  Sîdah  III  p,  134. 

Uii^,  expliqué  912  et  s. 

^flJL> ,  contrariété,  1340  d.  1.  —  Détour,  Dt. 

^j^  ^^  Jii>,   620  note;  1081;  cf.  Gén.  3  v.  19  et  Ges.- 

Buhl  sv.  "içy  3.  (j4j"L^.  L)  i^alr^j  L>  |?o!c  ,^^*,,  et  ceux  qui  eyicore 
vont  yiaître  se  feront  (toujours)  la  guerre,  14,  1  ss.,  où 
t^JiJL^  est  pour  Î^JLJLi^,  ce  que  RD  Gl.  sv.  n'a  pas  bien 
compris;  voir  Arabica  III  p.  77  et  ss.  Nôldeke  avait  d'abord 
dit  que  ^jUii*  est  zuteilen,  répartir,  assigner,  620  n.,  mais  il 
a  changé  d'avis  puisque  dans  ses  Beitrâge  II  p.  49  il  veut 
que  le  sens  primordial  soit  compter,  zàhlen.  Fleischer,  apud 
Levy  WB  II  p.  205,  lui  donne  le  sens  primordial  d'être  lisse, 
pbri;  Delitzsch,  Genesis  p.  76.  Je  crois  que  la  première  idée 
de  Nôldeke  est  la  seule  bonne.  Cf.  vJiJL:>. 

sjéL^'<^j^',  1767.  j.^l}C^lj  oJ-i^'j  ne  pas  tenir  sa  parole,  Dt. 

et  ^Omân. 

^JUi>l,  p.  e,  v^'5  =  o/>'7  1767;  1773  en  haut. 

oiJl=>,  gens,  21,4;  personnes,  12,21;  26,3;  1240  note.  «Jii^ 
^!  expliqué  1498;   Hdr.  Gl.  sv. 

vjil3-,  pi. '^Uâ>,  est  au  Waddây  2;e7e??'ie7i^  en  général,  Carbou, 
pp.  4;  68,1,  et  ib.  p.  198,3:  vêtement  d'homme;  voir  sub 
^.•)0;  Rabah  p.  54:  vêtement:  kulgan  (lisez  hulgân  au  pi.), 
mais  ib.  p.  41  il  donne:  chemise:  khalag  C,  kalak  W; 
la  liste   de  Kampfîmeyer   M  SOS    1889   Materialien  z.  Stu- 


636 

dium  etc.  p.  152  N°  85:  shirt,  hâlag  (=  vJlJL3>)  pour  le 
Sôa  et  hâlak  pour  le  Waddây.-  C'est  que  pour  ces  gens-là 
la  chemise  est  le  vêtement  principal,  même,  le  plus  souvent, 
l'unique.  Dans  la  lurah,  c'est  usé,  râpé.  LA  XI  p.  376  et 
s.,  Arabica  V  p.  1^9. 

En  mehri,  Ijalêq,  pi.  halôweq,  vêtement,  Jahn  S-AE 
III  p.  196,  qui  le  compare  bien  à  tort  avec  l'arabe  iLxJLi-, 
vêtement  d'honneur,  d'une  tout  autre  racine  et  d'un  tout 
autre  sens.  Maltzan  ZDMG  XXVII  p.  229:  c  h  aie  g,  et 
Carter  p.  362:  alabos  khalôq,  dress,  et  non  pas  khalej 
comme  le  cite  Maltzan,  o.  et  1. 1.,  en  l'écrivant  en  arabe  ,isJli>. 
Voir  Bittner  St.  mehri  I  p.  QQ  et  V  m  p.  9  et  p.  25.  Mais 
lorsque  Bittner  dit  St.  mehri  IV  p.  65  que  halêq  fai^  partie 
des  mots  caractéristiques  du  vocabulaire  mehrite,  on  ne  sau- 
rait être  de  son  avis,  d'après  ce  que  je  viens  d'exposer,  que 
pour  la  forme  du  mot. 

Eu  babyl.,  hulâqu,  vêtement  (ou  bien  un  vêtement  spé- 
cial), Del.  HAVE  p.  200.  Halâpu,  ib.  p.  277,  est  se  vêtir 
de  qc,  être  vêtu  de;  Ungnad,  Bab.  Assyr.  Gr.  p.  144.  Quel 
rapport  y  a-t-il  entre  ces  deux  mots? 

Zimmern  Akk.  FW  p.  37  veut  que  l'akkad.  hulâqu,  = 
lubasu,  vienne  du  sémitique  occidental  hâlûqâ,  pagne, 
TJntergewand. 

En  shaurî  (qarawî),  nous  trouvons  hatéq,  hatîq,  pi. 
hatoq,  hotôq,  vêtement,  Bittner,  St.  sh.  I  pp.  26  et  50, 
ib.  II  p.  46;  de  même,  chez  Maltzan  ZDMG  XXVII  p.  229: 
vêtement,  chatek,  pour  Mirbât  et  Mahrah.  J'ai  de  la  peine 
à  croire  que  hateq  provienne  du  mehri  halêq.  Il  faut  avoir 
d'autres  exemples  du  passage  du  mehri  1  au  sh.  t.  Il  se 
peut  que  le  mot  sh.  soit  un  composé  avec  contamination 
du  mehri  hatû,  coudre,  vhv.  Mais  c'es|;  là  une  simple  hypo- 
thèse, faute  de  mieux. 

^J^^,  querelleur,  492,  Eg.;  Dozy  S.  mal  voyelle. 


637 
^JJJ>,  Joli  en  sahhî,  BBRAS  1902  p.  260. 

_^  devient  ^Js>.  —  J^,  laisser,  =  éy,  540,8,  1213,8  d'en 

bas.  (j>j  J.i»,  159,  14;  (j>j  ^^  J=>,  157,  20.  Dans  notre  dialecte^ 

ce  verbe  est  peu  employé  dans  ce  sens,  315;  on  y  dit  (^,c, 
vhv.,  mais  il  est  courant  à  l'est  de  Dt   et  en  Hdr. 

V  ^,1^"  548  (erreur).  —  ^^  ,^J^'j  être  hors  de  cause,  540,  1,  = 

^^  t_ç^'.-  ibL>,  V espace  libre  en  général,  et  en  particulier  l'espace 
hors  de  la  maison  ou  du  haus,  1593.  Traduire  ^^li^  par  lieux 
d'aisances,  1593  note,  Abort,  OLZ  III  p.  302,  11,  ne  cadra  pas 
avec  la  primitivité  des  habitudes  des  non  hadar  à  ce  sujet. 
Lorsque  les  hadar  parlent  de  ^^  ou  ^^  ii>«.xj  dans  ce  sens, 
c'est  l'application  d'un  mot  et  d'un  état  de  choses  primitif 
à  une  chose  moderne;  cf.  subjj.  ^^Ui  ^  „\JLw  n'est  pas  en 
.  datînois  caquer  aux  lieux  d'aisatices,  mais  aller  faire  cela 
hors  de  la  maison  dans  un  e?îdroit  libre.  Les  anciens  Arabes 
hadar  ont  emprunté  le  „ca"binet"  aux  Persans.  I  Hisâm  II 
p.  733,  6  s.  Le  Prophète  se  fit  faire  un  kanîf  (mot  partout 
courant)  sur  le  toit  de  sa  maison  et  il  en  avait  aussi  un  autre, 
construit  plus  tard  pour  les  femmes  dans  son  dâr  ').  Les 
Bédouins  se  mettent  n'importe  où  dans  la  campagne,  ^Hii  J., 

comme  anciennement  dans  les  ^JlX^,  I  SaM  VIII  p.  126,  2, 

Muslim  V   p.  22,5  ss.;   LA  X  p.  234,8  ss.  Dans  le  husn 

du  fameux  sultan  Muhsin  de  ""Azzân,  il  y  avait  un  X^,  — 
Jjawi  =  tU!  i.:>«-o,  vhvs.,  où  il  me  conduisait  tous  les  soirs, 
se  tenant  devant  la  porte,  une  bougie  à  la  main,  pour  ra'em- 
pêcher  de  fuir,  mais  vu  que  ce  „cabinet"  formait  une  espèce 


')  Kasdovff,  Haus  und  Hauswesen  im  alten  Arabien  p.  46  et  les 
ouvrages  y  cités.  Il  y  traduit  **^iL>  par  „Ort  des  AUeinseins",  ce  qui 
n'est  pas  juste. 


638 

de  balcon  en  saillie  sur  le  mur,  tous  les  excréments  tombaient 
dans  la  rue,  où  il  y  avait  un  ruisseau  qui  aboutissait  près 
d'une  source  dont  on  buvait  l'eau.  On  ne  doit  donc  pas 
s'étonner  que  le  choléra  et  la  fièvre  typhoïde  soient  endé- 
miques à  ^Azzân.  Pendant  mon  séjours  dans  cette  „ capitale", 
on  y  mourait  comme  des  mouches.  Nous  autres  ne  buvions 
que  de  l'eau  Mattoni. 

L  A  I  p.  379,  7  d'en  bas  :  ^^Ui  i=^LiJî  ^^_^I  JUj  :  ^^UjC! 

O  ^û  ^   O    ^ 

(jisL^^îj  vjii^tî  w^^-lXJI»,  avec  un  hadît  à  propos  de  ^<Xa. 

TA  V  p.  32, 10  rapporte  aussi  plusieurs  mots  qui  désignent 
latrines.  —  Le  h  aie,  désert,  steppe,  de  RD  Gl.  sv.  est  un 
mehrisme,  selon  Bittner  St.  mehri  I  p.  19  s.  Au  Waddây, 
tbL>  est  brousse,  Carbou  p.  206  et  Rabah  p.  40. 
£^  ^i,  en  pleine  campagne,  en  plein  air,  hors  de  la  maison 
ou  du  haué,  82,20;  989;  1593.  RD  traduit  ^^  ^  par  auf 
der  Weide  p.  44,11,  in  der  Steppe  pp.  59,3;  77,2,  m  der 
Wuste  pp.  100,  13;  133,  5.  Je  dirais  plutôt  im  Freien,  en  pleine 

campagne  ou  dans  {à)  la  campagne,  =  %1\  j. . 

(_cj^^  j-5   pour  rieji   du  tout,  en  pu7'e  perte,  pr.  dans  mon 

vide  =  ô^\  ^JLÎ-,  663,  12;   1593.  ^li^j  ^=A^  c^-rv>,  tu  es 

venu  chez  moi  p)our  rien  du  tout,  paraphrasé  par  jjj^  Dt. 
s^l>  J,,   en  pure  perte,    133,  14;    1592   et   s.;   à  l'aventure, 

167,  7.  -  bjLi-,  pi.  J^d>,  expliqué  357;  8,  18,  21,  22,  24;  9,  6, 

18;  10,  24;  1491.  Cela  s'appelle  à  Aden  KjtJ_v«  et  en  mehri 

mrâbbat,  Jahn  M  S  p.  219  qui  le  fait  venir  de  û/*,  éty- 
mologie  bien  éloignée! 

^_^JJ>,  vide,  solitaire,  désert,  prononcé  halî\  ^\jS\  ^^  ^'^^  1(^90 

n.  3;  1367  n.  3.  Libre.  J\3>  ^  bU  ^'  ji^  Ji  ^^J  ^^Lî  ^  ^t, 

passe  chez  un  tel,  fais-le  rester  là  (^^  est  dativ.  ethic.)  et  dis-lui 
que  je  ne  suis  pas  libre,  672,6  d'en  bas.  Aussi  'Oman  RO 


1539 

p.  250,  6  d'en  bas.  Le  grand  désert  appelé  ^J;i^iî  ^j  dans 
le  Sud  efe  non  pas  ^J\^  ^i^,  Arabica  IV  p.  46  et  ss.  Ilalîy, 

avec  conservation  de  la  III  radicale,  est  du  reste  aussi  mehrite, 
vide,  Bittner  «St.  mehri  I  p.  20.  -  a^L^  ou  3^L^,  expliqué 
462;  359,2;  741,10  d'en  bas;  1196  n.;  pi.  ^J\J^^  12,20; 
Hdr.  Gl.  sv.  Le  mihlâh  se  fait  de  poil  de  chèvre;  on  l'ap- 
pelle aussi  dans  d'autres  contrées  a^îy^  vhv. 

V    ^  =  V    ^  vhv.,  575,  12;  595;  veil  égypt.  hmm,  smm, 

être  chaud,  ZA  32  p.  36.  —  j*.i>,  i,  u,  sentir  mauvais,  73,  16. 
Etre  ou  deve?iir  mauvais,  1109;  1165  et  s.  —  Se  gâter,  63,  2. 
En  mehri,  même  sens.  Bittner  fait  figurer  l'adjectif  hamèm, 
puant,  dans  la  liste  des  mots  caractéristiques  du  vocabulaire 
mehrite,   St.   mehri   IV   p.  66   et   ib.   p.  55   en  bas  et  I  p. 

84,13.  Quant  à  la  forme,  oui,  =  |lî>1,  selon  Bittner,  tandis 
que  Jahn  Gr.  p.  66  le  considère  comme  un  J-axs.  Je  crois 
que  ce  n'est  ni  l'un  ni  l'autre.  Cf. ^x=>;  ^s4.=>,  y^=>,  -L4.=>,  ^•*=>, 

^^i>  et   sa   métathèse  ^^),^\.6>,   u,  et  ^Li-,  i,  vhv.;  ^y, 

jj-,  ^;  "^i>,  ^^>,  j>L=>;  j^>3,  1109;  1165  et  s.;  tous  ces  verbes 
ont  à  peu  près  le  même  sens,  voir  les  dictionnaires  et  ici  shvs. 
L'arche V.  Cher  le  fait  venir  du  persan  àJ^i  ^^  (>~^.=*,  pus! 
I  es-Sikkît  Tahdîb  p.  499.  I  Sîdah  XIV  p.  235,  9  d'en  bas  : 
jùL^L  oJlij  Sot  1=>\*,  jl^.  ^JJ!  jLi>.  Naqâid  Gl.  sv.  j*i>,  i,  to 
become  putride.  —  Pourrait-on  identifier  ce  thème  avec  j.L=>, 

u,  être  insalubre  (sol),  et  \:>^\  ^L=>  =  q-^:-=t'3  v^»  Nawâdir 
d'Abu   Zeyd  p.  132?  Voir  sub  ^\.=>  ici.    -  Ramasser  qc.   et 


')  Accouplement  des  V 


r^  et  r^' 


640' 

le  jeter,   1165,    1166,   expliqué   par  cette  phrase  hadraraite: 

'i^{jSl\  Ajtj  ^jr*.^.*i  i3^  o^'  yA.-;_jCj,  o?i  6a/aze  d' abord  la 

maison  et  l'on  ramasse  ensuite  les  balayures  (qu'on  rejette), 
1166.  —  Prendre  avec  toute  la  main  ou  avec  l^  deux  maitis 

jointes.  LjJoo;  l_aa£  ÎiA^3  BAxijjl  J,  *:è:.  .Laj<J!  J(^.  j,y.,  lorsqu'H 
7nange  la  'pitance  (vhv.),  il  prend  avec  toute  la  main,  et  cela 
est  chez  nous  une  honte,  Dt.;  même  phrase  chez  RO  p.  289, 10. 
Dans. le  Nord,  même  sens,  comme  chez  Socin  Diw.  I  N°  29 
A  V.  27  et  note  ad  1.  Cf.  Lane  sub  j»j;^J  et  p3-!.  De  là, 
dans  le  Nord,  embrasser,  Socin  Diw.  Gl.  sv.,  ce  qui,  à  l'est 
de  Dt.,  se  dit  f;>ovhv.  —  Balayer,  RD  Gl.  sv.,  =  p,  u,  v.  sub 

j,yii:>  p.  476,  Boh.  I  p.  95  (J^^v.s«.'.!  ^^iS  v_jL.).  En  Mésopotamie, 
probieren,  essayer,  tâter,  Meissner  NAGI  p.  121,  ce  qui  est 
le  syrien  {j^pi'i  ^à>  et  J.*.=>^]  ^,  sonder  le  terrain  =  ^^.m^.  — 
Tâter  le  poids  à  qn.  Hdr.  Gl.  sv.  et  voir  ce  qui  suit  sub  ^i'. 
Cf.  aussi  l'équivalent  sémantique  ^c^»  sentir,  et  s'informer  de 

qc.  =  ^jJ:jji>^\  et  ici  sub  >».=>,  .^,  ^.jL»  et  isL«^i>. 
(*.♦=>,   croire,  penser,   réfléchir,  nachdenken,  Syrie,   oîi    aussi 
J-3",  et  Mésopotamie,  Meissner  o.  I.  p.  121;  aussi  dans  tout 
les  Maghrib,  KMG  p.  14  et  Marçais  RMTA  p..  428;  Stumme 
TGr.  p.  164,   qui,   avec  Dozy  S.  sv.,  l'identifie  à  ^^=>,  que 

déjà  I  Doreyd  LA  XVI  p.  299,  considérait  comme  jJ^  et 
que  Abu  Hâtim  faisait  venir  du  persan  'lj'l.*^.,  ce  qui  reste 
à  prouver.  Cf.  le  hadr.  ^^,  Hdr.  p.  836,  et  ^^jj^  chez  Socin 
Diw.  Gl.  sv.  Le  nordarab.  ^i^-  provient-il  du  sudarab.  («-;>, 
avec  le  permutation  si  commune  de  n  et  m? 
pL=>>  j.L=>,  mauvais;  méchant,  Iciche,  gredin,<.qui  sent  mau- 
vais, gâté,  170,8;  1109;  1180,12;  1165,3  d'en  bas.  C'est 
en  Dt.  le  mot  le  plus  courant  pour  mauvais  en  général;  ma 

Festgabe  Gl.  sv.  ^i.=>  JL>.,  un  homme  mauvais,  méchant, 
Iccche.  Cf  sub  *L>,  i. 


641 

iûî>,  mauvaise  odeur,  Hdr.  p.  384,  1  et  p.  406  n.  2.  Cf.  sj.=>  vhv. 

j.'i_*=>,  balayures  =  }C-<L*.?-.  Naqâid  I  p.  180, 13;  cf.  iLoL^-ï. 
Sh.  hammét,  6ato2,  B.  sh.  I  p.  37,  mais  ib.  p.  41,  mieux 
e  n  h  â  m  m  e  t ,  balai,  =  cl.  lU^  =  iUiw . 

Il  me  paraît  indécis  si  ^3-  à  l'origine  signifie  sentir  mau- 
vais ou  seulement  se7itir  en  général.  Dans  le  premier  cas, 
on  comprend  mal  que  *i>  ait  pu  signifier  dans  la  lurah 
louer  qn.,  LA  XV  p.  80,  et  ^i-  Jo-^ ;=  ^ Jc*-x ,  ib.  p.  81,  5, 
comme  nous  disons  de  quelqu'un  qu'il  est  en  bonne  ou  mau- 
vaise odeur.  Mais  ^^)  .^i>4s>  est  au  contraire  mauvaise  odeur, 
mauvaise  réputation  de  l'homme  vhv.  Cf.  ^%*i>,  j*=»  et  -Li*i>  vhvs. 

,is*>,  i,  troubler,  639,  6,  =  éthiop.  h  a  ma  g  a,  troubler,  ob- 
scurcir. —  ..i^i»,  a,  devenir  ou  être  trouble  =  p>.  —  Sentir 

mauvais,  1109.  ij^^kMi  âu^Lc  "bJ  j*-<3jj!  ^n«js:.,  la  viande  se?it  (sen- 
tira) mauvais  si  tic  la  couvres  avec  ou  dans  le  basquet  Dt.  = 

j»^.  et  ^  îjj  j  comme  dans  L  A  III  p.  86  :  jjb  ^jpo]j$>^  ^,j^\  ,s^  ; 

I  Sîdah  XI  p.  207, 12.  Mes  Datînois  me  donnaient  très  souvent 
les  mêmes  définitions  que  dans  les  dictionnaires  de  la  lurah, 
absolument  comme  les  Bédouins  du  Nord,  ma  Festgabe  p.  52 

et  s.  Nous  avons  vu  plus  haut  que  jw^^^.  ^^  est  un  homme 

loué,  en  bonne  odeur,  et  que  J^^î  ..i^=>  est  tout  le  contraire. 
,^s*>  est  un  développement  de  V~^=>;  v.  aussi  y*.=>. 

.iN*=>,  troubler,  Hdr.  Gl.  sv.;  intens.  de  ^;s.*i>. 
.A^:>\,  se  troubler  et  se  laisser  troubler  Hdr.  Gl.  sv. 

^a\J>,  qui  sent  mauvais,  =  ^\.=>.  Chez  les  Béd.  du  Sud,  c'est 

-     5 

la  -petite  vérole  =  ^j->^- 

41 


642 


a,  êti'e  cuit  à  point;  être  mûr,  595  =  ^s^.  Cf.  lXJ-j>. 

iA_-i-=>,  u,  le  feu  cesse  de  flamber:  .LlJ!  o^"'««  595,  comme  I 
Sîdah  XI  p.  38,  2. 

O^.^,  cîiire,  595  =  J^Avo  des  Bédouins  du  Yéman  vhv.,  mais 

les  hadar  y  disent  iAli>,  comme  aussi  les  Murrah  et  les  Krab. 
L\/flLi»,  cuit  à  point;  mûr,  595. 

,\j^  =  ôs.Ai>  ib.;  contr.  de  ^^j  ^^  vhv. 

On  pourrait  comparer  l'assyr.  h  è  me  tu,  beurre  cuit,  Zim- 
mern   dans   KAT^   p.  526   n.  4,   id.   Akk.   FW  p.  38,  qui 

doit  venir  de  V~,J>  élargie  et  non  de  ^J^,  N'-n,  et  l'obser- 
vation de  Buhl,  Ges.-Buhl  p.  235,  me  paraît  justifiée.  On 
faisait,  et  l'on  fait  encore,  toujours  cuire  le  beurre  en  Orient. 
Hêmetu  ne  peut  signifier  en  même  temps  lait  caillé  ^^^T) 
et  beurre. 

^=>,  i,  u,  couvrir,  762,  >^,  763  LA  V  p.  341  2.  Cf.  J^=> 
=  oU=>  p.  649.  —  Naqâid  Gl.  sv. 

^  a  deux  significations  bien  distinctes:  1°  devenir  mou  et 
2°  sentir  bon,  1109,  I  Sîdah  XI  p.  205  et  p.  208,  traité 
Hdr.  Gl.  sv.  —  Etre  mouillé.  ^\1\  ^y,  oj43-  ^Lo,  mes  habits 

sont  mouillés  par  la  pluie.  Il  se  dit  aussi  de  la  pâte  qui 
se  lève,  jt^.  (j>.:^\*Jî.  Buhl,  Ges.-Buhl  sv.,  a  donc  raison  de  com- 
parer "i^n  I  avec  ^i>,  refuté  par  Torrey  OS  I  p.  217  n.,  seu- 
lement Buhl  aurait  dû  dire  y*-^,  faire  fermenter  ou  lever, 
gàhren  lassen,  au  lieu  de  gàhren,  mais  il  ne  connaissait  pas 
la  forme  dialectale  y*s>,  a.  Le  sens  de  sentir  bon  ne  figure 
pas  dans  les  dictionnaires,  et  la  plupart  des  sens  y  donnés 
se  rapportent  à  ^>  <  j4.-c,  763.  Mais  l'on  y  trouve  ^i-^'., 


643 

avoir  une  bonne  odeur  de  yf^.^  et  w^^iai!  ^=>1,  le  parfum  a 

ime  bonne  odeur,  de  même  que  y.=>,  >  y^,  et  '^j^=>,  bonne 
odeur,  I  Sîdah  XI  p.  205  en  bas  et  p.  208,  2;  LA  V  p.  340; 
Abu  Hilâl  el-'Askarî  M  S  OS  XVIII,  ii  p.  12  où  =  i^L  vhv.- 
Dans  le  Hoéarîeh,  ^i»,  i,  est  faire  un  don,  ce  qui  est  aussi 
sabéen,  Sab.  Denkm.  p.  13  et  LA  V  p.  343, 12.  =  J^é  o\Xy^\. 

Est-ce  que  Jhi»,  "içn  vin,  ne  pourrait  se  rapporter  au  sens 
ci-dessus  de  sentir  bon,  avoir  du  bouquet?  Cf.  LA  V  p.  339,  8 
d'en  bas  et  p.  843,  2.  S.  Fraenkel  F  W  p.  161  ne  lui  trouve 
pas  d'étymologie  en  arabe,  et  ^-*->,  i?^n,  fermenter,  ne  lui 
suffit  pas.  D'après  Naswân  o.  1.  p.  34  les  Himyar  appelaient 
le  raisin  ^♦=>,  au  lieu  de  l-^^  LA  V  p.  339. 

-♦.=»,  mouiller.  »-,♦-:>'  '^}^h  "^'  ^^^L-^'  o-.  f>^  Le,  c'est  que 
lorsque  tu  sors  du  bateau,  tes  habits  sont  tout  mouillés,  Hçlr. 
^Ll!  3,  r-*-=>,  laisser  tremper  dans  Veau,  est  chez  les  potiers 
de  Syrie  le  terme  technique  pour  mettre  les  morceaux  d'un 
vase  cassé  non  encore  cuit  dans  l'eau  pour  ramolhr  la  pâte 
afin  de  la  rempoter.  Cf.  nçh,  argile,  qui  ne  peut  venir  de 
'\t2r\  II,  se  rapportant  à  la  couleur,  comme  le  pense  Ges.-Buhl 
sv.  -  Chez  Snouck  ZA  26  p.  230,  5  on  lit:  uyësill  malâ 
yeddoh  tîn  mon  hâda  11  mehammar  bil-mâ''  hagg 
ed -daman,  et  il  prit  de  la  terre  pleiîi  la  main  de  celle  qui 
avait  été  trempée  dans  Veau   du   fumier.   L'auteur    traduit 

r-4~^  par  vermischt,  ce  qui  n'est  pas  tout  à  fait  exact.  — 
Faire  lever  la  pâte,  625,  13  d'en  bas. 

_^L=>",  ressentir,  avoir  un  sentiment  caché  dans  son  for  inté- 
rieur,  Nord.  w^iL  o'i'y  ^\  L^j^^  c^^-y^  ^_>^3'  l5^^L=>  iw^j<^t 
(1   ii^J!  ^,  la  femme  fut  envahie  de  peur;  elle  écrivit  à  son 


')  Sur  ^=>,  voir  ma  LB'A  Gl.  sv.;  Diw.  Qays  b.  el-IJatîm  N°  2  v.  9. 


644 

mari:  Barakât  m'a  demandé  une  turpitude,  récit  du  Haurân. 
Ce  sens  est  inconnu  dans  le  Sud,  mais  il  est  aussi  classique 
et  doit  être  une  variation  de  j-*-^'-,  voir  el-Fâhir  éd.  Storey 
N°^  153;  249  et  376. 

yt^',  e7re  trempé  par  Veau  ou  la  pluie  =  v*-^-J')  Dt.,  comme 

aussi  en  'Oman,  RO  p.  168,  où  aussi  =  ,si^',  RO  p.  262  n.  1. 

^5>,  qui  sent  boti.   by.>  ici'usv^iî,  femme  parfumée,  RO  p.  11, 

14  d'en  bas.  Dans  le  K.  ralat  ed-du'afâ'  d'Ibn  Barri,  éd. 

Torrey  OS  I  p.  217:   ^\  '^y^l  aUJL.  ^^^.  ^  ^<^  o^-^^ 

a^^uS  »^]yo*)  Lp^  ^yLJS  ^1;  c'est  douc  tout  le  contraire  de 

sentir  bon. 

y«L>,  gui  sent  bon,  odoriférant.  Stace  p.  158  sub  small. 

o  -  o 

y*à>,  vin  de  raisin,  1353,  v.  p.  643.  —  y^=>,  haine  sourde  = 

^,  763.  —  (_Jj1\  J^=>,  cohue,  =^Ui,  763. 

QL-*-i>,  qui  a  mal  à  la  tête  après  avoir  trop  bu.  Aussi  en 
Syrie  =  Eg.  ^y^,  Bâsim  p.  53,15. 

r^=>,  pain  fermenté,  Snouck  OS  I  p.  99. 

-       û      -  w    3 

r»-i^-«,  l'endroit  plus  bas  que  le  qL5'o,  où  le  potier  met  la 
pâte  ou  l'argile  à  préparer,  354,  1  et  3  d'en  bas.  —  En  Syrie, 

y*^^  est  une  écuelle  en  bois,  U7i  bol,  iin  ustefisile  de  cuisine; 
Socin  Gl.  sv.;  Musil  o.  I.  p.  128,2  d'en  bas;  ib.  p.  138,5 
d'en  bas. 

u«.sL>,  donner  la  maiyi  pour  saluer,  pr.  donner  les  cinq  doigts, 
785,  =  Syrie  ^j^ii»;  dénominatifs.  —  ,j>^\3-  expliqué  636,  637. 

o  - 

,j^4à>,  cinq  mesui'es  de  poudre,  658;  plomb  du  calibre  cinq; 
pi.  {j^y^'=>;  u^y-^  o't-ï-^j  ^^s  balles  n°  5,  1652.  Le  pluriel 
,jXt.à>\  n'est  pas  précisément  mains,  comme  le  traduit  Stumme 


6t5 

(j^L*.i=-"i'  i_jj._Ai:_î'^,    TTBL    V.   474,.  mais   les  cinq  doigts  de 

chaque  main;  cf.  (j.^^Li>. 

Dans  l'Arabie  du  Sud,  les  ;j*«.-*-.i^î  ^-S>\  jouent  un  grand 
rôle  dans  la  guerre,  et  je  crois  en  devoir  ici  relever  l'impor- 
tance. G  laser,  Die  Abessinier,  traduit  ^  ,♦,  g  at^oî^  _^_j_Aw_4-i>!  de 
l'inscription  de  Riyâm,  p.  68,  7  par  Kriegs  {sôld7ier)heere, 
p.  69, 14  et  p.  77  s.;   et  p.  78  il  prétend  que  les  q^jv^^  et 

o    ? 

les  j.îc\i»!  sont  appelés  ,j/..*^t  ^s^\  chez  toutes  les  tribus  de 
l'Arabie  Méridionale.  Déjà  dans  son  article  sur  le  Kasten- 
gliederung  im  Jeman,  Ausland  16  Mars  1885  p.  205,  il  avait 
identifié  les  j.!l)c_=>î  aux  Banu  el-hums,  qu'il  traduit  par 
„FûnfteUdnder",  ,œ  qui  à  la  rigueur  peut  s'accepter,  mais 
qu'il  faut  aussi  expliquer.  Aucun  arabe  ne  dit  Banu,  pas 
plus  que  les  anciens  en  parlant;  même  les  Sabéens  dans 
leurs  inscriptions  ont  plus  souvent  ^  que_^Àj.  L'assertion 
de  Glaser  est  erronée.  D'abord  parce  que  les  ahdâm,  qui 
sont  la  spécialité  du  Yéman  et  dont  le  nom  est  bien  moins 
connu  hors  de  là,  ne  sont  pas  la  même  chose  que  les  gîrân. 
Les  ahdâm  sont  bien  des  gîrân,  mais  les  gîrân  ne  sont 
pas  des  ahdâm.  Et  puis  parce  que  ahl  el-hums  est  mal 
défini.  Ceux-ci  ne  peuvent  nullement  être  compris  dans  la 
catégorie  des  ahdâm,  qui  sont  de  vrais  parias.  Mais  je 
pourrais  être  de  l'avis  de  Glaser  lorsqu'il  dit,  Ausland  1885 
p.  205,  que  les  ahdâm  sont  peut-être  les  descendants  des 
Abyssins  restés  dans  le  pays  envahi.  En  tout  cas,  nous 
avons  ici  affaire  à  un  élément  étranger  à  la  population 
actuelle,  mais  on  pourra  aussi  y  voir  les  descendants  d'un 
élément  kûsite,  qui  aurait  donné  à  une  partie  du  Yéman 
le  nom  de  Kùâ,  voir  Index  sv.  p.  1860.  Les  gazzar,  les 
haddâd,  les  naggâr  accompagnent  la  tribu  à  la  guerre 
et  portent,  de  même  que  les  femmes  des  qabâ'il,  l'eau,  les 
munitions  de  guerre  et  les  vivres:  ce  sont  les  ravitailleurs 
des   soldats.   Ces  hommes  ne  tuent  pas  et  ne  sont  pas  tués: 


646 

J.JJLJ  *%  J-iiJij  L«,  me  dit  un  awlaqite.  Ils  doivent  aussi 
enlever  et  enterrer  les  morts.  Ce  sont  les  clients  de  la  tribu, 

^^,  pi.  iCrL.^  vhv.,  ou  jL^.  vhv.  On  leur  donne  la  cinquième 

partie  du  butin  qu'on  fait:  ^^  ^  ^^  y-...*.::^j!  p^  ,^^  |^L.2^.  ^^. 
Dans  le  pays  de  Murâd  et  en  Harîb,  ces  gens  ont  vérita- 
blement le  nom  de  ^w^^^rcj»  jj>!,  et  le  pluriel  en  est  (_wyi>î. 

o 

Les  Murâd  les  appellent  aussi  oi-t^'A-i;,  vhv.   Ce  sont  des 

savetiers,  des  tanneurs,  etc.,  des  hommes  de  métier,  en  un 
mot.  Ces  renseignements  m'ont  été  fournis  par  le  Serîf 
d'el-Haqbah,  Arabica  V  p.  70,  lorsqu'il  vint  me  voir  à  Aden. 
Les  ,j*-.*i>tde  l'inscription  1359/60  de  Glaser  sont  par  lui,  cl. 
p.  79,  identifiés  aux  L,w^i»!  actuels.  Hartmann  n'accepte  pas 
cela,  Die  Arab.  Frage  p.  448,  et  il  veut  que  les  (j*^=*'  ^^^ 
inscriptions  fussent  des  guerriers  de  métier,  nous  dirions 
l'armée  régulière,  parce  qu'ils  sont  nommés  avant  les  u,oti;i. 
La  situation  a  pu  changer,  mais  je  ne  vois  pas  pourquoi  les 
anciens  J^=>J  ne  pouvaient  tirer  leur  nom  du  fait  de  tou- 
cher un  cinquième  du  butin  lors  même  que  cette  appellation 
désignerait  „un  groupe  de  guerriers",  Hartmann  ib.  p.  448,  2. 
Voir  Mordtmann  und  D.  H.  Muller,  Sab.  Denkm.  p.  24;  D.  H. 
Mûller,  Epigr.  Denkm.  p.  37,11;  Ges.-Buhl  sv.  ^DH  et  les 
auteurs  y  cités.  Meyer  Lambert,  J.  As.  Mars-Avril  1908  p. 
320,  9  d'en  bas  et  p.  324  en  bas,  à  propos  de  Hommel  Chrestom. 
p.  44,4:  jj.Av.^~>  _^jjl:)3.  Rûbah  éd.  Ahlwardt  p.  67  v.  39  = 
Arâgîz  el-'Arab  p.  136,  dit: 

Am  Schlaclitentag  erfuhren  es  die  „Fiinfer": 
Der  Athem  zappelte  in  iJirem.  Brustkorh. 
Selon  la   traduction  un   peu  libre   d' Ahlwardt.    Le   Arâgîz, 

rédigé  par  le  savant  cheykh  es-Sinqîtî,  porte  c^iy^^j  avec  le 
commentaire:  J^uail  y^Ui.'^îj  u^^  u*v^^-  On  hra  également 


647 

LA  VII  p.  372,  12  et  ss.  De  tout  ceci,  on  ne  saurait  avec 
précision  déduire  si  le  nom  du  ij^-^yts>  =  i^ci-^:^  vient  de  la 

cinquième  partie  du  butin,  *jLoLli  sjï  ^^4.^'  aSi)^  LA  VII  p.  372, 7 
d'en  bas,  ou  bien  parce  que  le  gôs  était  divisé  en  cinq  par- 
ties. L'explication  d'el-Muhkam,  LA  VII  p.  372,  10  d'en  bas, 
est  contradictoire.  Glaser,  Abess.  p.  81,  dit  que  le  mot  aljmàs 
s'est  longtemps  conservé  en  arabe  dans  le  sens  de  guerriers^ 
troupe^  armée.  Je  ne  connais  pas  cela,  malgré  mes  recherches 
faites    à  ce  propos,   mais  ;j^a-^-*->  s'est  conservé,  p.  e.  chez 

Hansa  et  Aus  et  dans  les  Mofadd.;  voir  Dozy  S.  sv.  ^j^^^.. 

(_5^'w_<.-=>,   balle  du  fusil,  calibre  5,  112,7;   1501.  Socin  Diw. 

Gl.  sv. 

KAvwôLè*,  poignée  de  main,  Béd.  Nord. 

^y^,  fusil  calibre  5,  104,  20;  RO  p.  423  N°  XV.  -  Poudre 

■pour  le  calibre  ô,  115,22;  123,9;  1608,2  d'en  bas,  =  ij^.^*^^, 
1606  d.l.;  RO  p.  423  N°  XV. 

,ji^=>,  i,  u,  faire  ime  égratignure,  359  n.  2.  Labîd  N°  XXI  v.  4  : 

Lp.3  UUi-'"  ^.   Cf.  yi^-^i>  vhv.  RO  §  194:  kratzen.  Naqiiid  Gl. 

sv.  Avec  la  métathèse  ;.-.^,  RO  p.  410  N°  143.  —  Prendre 
plein  la  main,  empoigner,  voir  sub  lAJb  p.  196,  16,  Dt.  et 
Béd.  Nord;  aussi  en  ''Oman.   Cf.  j:i.ï  vhv. 

;ji;-«-i>,   frapper.  .a>^j  i^j;^>,  je  lui  ai  allongé  un  coup  de 

lance,  Béd.  Syrie. 

[jC^',  saisir,  empoigner,  gripper.  ^AxxiiJ!  ^joo  ^J^  aJ^Jî  e>làji. 

jj^!  AoL/«  Jjj.Ai  ^xi.4.:s^■  (^lXxxîïS!  *-*J^  p,  l&  jeune  homme  se 
sauva  des  côtés  de  la  sentinelle.  Celle-ci  se  lança  à  sa  pour- 
suite, le  grippa,  mais  el-H.  s'esquiva,  ma  LB^A  p.  2,  5. 

^♦>j  égratignure,  359  n.  2;  cf.  ^^=>,  vhv.  -  Poignée,  Hand- 


648 

voll,  RO  p.  289,11;  Rossler  MSOS  I  p.  62,  2  d'en  bas;  pi, 
Ui^,  RO  p.  72,9. 

(ja*i>,  secouer  et  particnlièreraent  secoue?-  l'outre  pour  faire 

le  beurre,  Dt.,  792;  Hdr.  Gl.  sv.  Cf.  (j^s>,  :j£^=>,  u,  et  d:^. 
Il   n'est  pas  nécessaire .  que  ce  soit  une  métathèse  de  u^s-:^, 

vhs'.,   car  les  deux  verbes  sont  un  accouplement  de  (j^i>  et 

if^A,  vhvs. 

y 

\n4.=>,  i,  rôtir^  595,  596;  599  d.  1.  Aussi  au  figuré:  v/-^' "^ 
é^Luj^'  \j  ,Uiî  ^J^,  ne  t'approche  pas  du  feu,  il  va  te  rôtir, 
te  brûler,  Dt.,  RO  p.  148,8.  —  h.  ».  =>,  a,  avoir  une  odeur 
particulière  (vin  et  lait);  I  Sîdah  XI  p.  207,  5  et  7,  mauvaise 

odeur,  mais  ib.  p.  205,  3  d'en  bas  id!*5>,  bomie  odeur.  Cf.  j»=>,  — 
S'échauffer,  se  mettre  en  colère;  LA  IX  p.  168,  =  iiii:^'  vhv. 
En  babyl.  Ijamâtu,  brûler,  Del.  WB  sv.,  flamber  avec  éclata 
luire,  Weidner  Babyl.  Astronomie  p.  88;  ZA  31,  p.  82. 
Ja*jèr",  s'emporter  de  colère,  596;  au  figuré.  Cf.  le  syr.  lan^' 
575  =  le  libanais  h  ♦  -^",  se  /"âc/zer,  <  syriaque  ethammat, 
Feghali,  Emprunts  pp.  37  et  78.  —  Ahlwardt  Rûbah  p.  CX 
traduit  ia-*-^'  par  Brùllen,  et  Naqâid  Gl.  sv.,  to  be  proud, 
flerce  >  to  become  formidable. 

J=uXi'\,  se  brûler.  ia^x^J  L^  Js>  _j.P  o^i  v/*^"  "^j  ^^  ^oîs 
pas  le  bouillon  qui  est  trop  chaud,  car  tu  vas  te  brûler  Dt. 
li.a^  w^Jr^t  Q^  cj-^"  "^j  *'^  t'approche  pas  du  feu,  tu  vas 
te  brûler,  Dt.  RO  p.  20,  18. 

e.^,  rosser^  expliqué  par  L^xj  ^^?V,  Ig  battre  avec  un  bâton, 
Dt.;  cf.  tÀi>  vhv.  Socin  Diw.  Gl.  sv.  donne  trébucher.  En  'Oman, 


649 

c'est  boiter,  clocher,  RO  p.  221, 14;  ib.  p.  63,  18:  ^-^>',  clochant. 
Aussi  dans  la  lurah,  Nôldeke  Funf  Mo'all.  II  p.  48.  où  de 
nombreux  renvois.  Probablement  parent  de  ^i>,  disloquer^ 
luxer,  qui  a  donné  le  syrien  ^=>,  même  sens,  M.  elM.  sv. 
^i>  et  5-«-=>,  Dozy  S.  sv.  Le  "omànais  «-i->,  ne  pouvoir 
marcher,  RO  p.  63, 15  est  véritablement  avoir  le  pied  luxé. 
Y.  Arabica  V  Gl.  sv.  Sur  le  mets  iLx.^>,  v.  Jaussen  Cou- 
tumes 64  n.  2. 

-oc  o 

î,  imbécile,  pr.  qui  a  la  tète  disloquée,  pi.  ,mLx*>,  Arabica 


V  p.  137  n.  =  ^*i>l  vhv. 

V  oU>  762;  cf.  ^4.>,  |i.c,  A+c,  ^,  (j^l^c,  oi^i,  etc.  K    j*.i- 

vju3»,  cowmr,  =  j__<-Jo   vliv.;    mettre  un  voile  sur  la  figure, 
27,20;  194  n.  5;  761. 

ouii%  se  couvrir,  =  ^^J^';  s'envelopper  de,  ^,  =  JyF   vhv. 
xj  ou^xj^   oLj^tj  iLiL-w  Jl£  j.L-^,  no?/s  couchons  sur  une 

natte  et   nous  nous  couvrons  avec  la  couverture  (en  poil  de 

mouton),  20,  12,  20;  761. 

oU=>,  ce  avec  quoi  on  couvre;  voile,  =  .U.=>,  v.  p.  642. 

vJUi=^,  ce  avec  quoi  on  couvre;  voile  761. 

j^Li>  (se.  ^lÀJ!),  personne  obscure,  <  J-oL=>,  1760. 

Jw<Li>  (se.  ^ÀJî),  j5(?rso?'me  obsC2ire,  =  i^L=>,  vhv.,  1760;  I 
Sîdah  XIII  p.  283. 

Les  Bédouins  d'el-Hogarîeh  appellent  la  iCay,  marmite,  vhv., 
màhmo,  pi.  ^^^1^,  oii  l'on  fait  cuire  la  viande,  ^^\  Î^A-fi?. 


650 

io^.  C'est  une  forme  sabéenne,  connue  aussi  en  éthiop.  et 
en  amariùa,  où  la  dernière  radicale  w  est  traité  comme  con- 
sonne. Ces  formes  ne  sont  pas  rares  dans  les  dialectes 
bédouins  de  ces  contrées.  Su'ùb  mà'do,  ou  ma'du  ou 
ma^daw,  est  un  vallon  de  W.  Yesbom.  Voir  ^\4.=>,  vhv. 

^^=>,  i,  parler  ou  pleurer  d'une  voix  yiasillarde;  sangloter  =  ^£, 

763.  ROp.  182/3.  LA  XVI p. 300  dit:  o^î  j-^^v^  J^:^  ^LxJt  ooy 

)LXs..  —  Nasiller.  Socin  Diw.  Gl.  sv..  Onomatopée.  Cf.  q^>, 

même  sens,  et  qL^,  morting,  épith.  d'un  cochon,  Naqàid  Gl. 
sv.  —  Rendre  un  son  fêlé,  Hçlr.  p.  61.  —  Sentir  fort;  en  Dt., 

c'est  moins  que  j».=>,  vhv.,  1109;Hdr.  p.  383  et  n.  2;  cf.  ^,  ^=>, 

;,NJj,  !*.>,  vhvs.,  et  ]^n,2mer,  ZA  XXX  p.  94.  Ges.-Bulil  sv.  — 
Avoir  la  morve,  (chameau)  Dt.;  cf.  le  cl.  v^.^^,  même  sens. 

^^xi-î,  se7itir  fort,  1109.  D'autres  formes  verbales,  v.  Hdr.  Gl.  sv. 

^=>,  pi.  Qy^,  cale  du  bateau;  Hdr.  p.  61;  LA  XVI  p.  301, 

12:  iCi^LàJ!  iL>L_^^i  J^-^^L  Aussi  mehri,  SAE  III  p.  197. 

C'est  le  babyl.  hinnu,  Del.  HWB  p.  284;  Muss-Arnolt  p. 
325;  Zimmern  Akk.  FW  p.  45.  Le  nom  vient-il  de  la  mau- 
vaise  odeur  de  la  sentine  ou  bien  de  la  résonnance  dans  la 
cale  vide?  Cf.  OLZ  1915  N°  10  p.  297  en  bas. 
iCJ.i>,  odeur  forte,  Hdr.  p.  383  n.  2  et  p.  406  n. 

K-jL=>,  voix  nasillarde;  sanglotement  =  '»^-Là,  763.  LA  XVI 
p.  300,  10  d'en  bas. 

'iLx=>,  fichu  que  les  femmes  mettent  sur  la  tête,  Aden,  = 
.oV^  ailleurs,  vhv.  Stace  p.  181  sv.  veil.  ^yS.=>  dénominat., 
mettre  la  h  u  n  n  a  h.  Cf.  le  class.  ^:.j='  pyi^'  &-^  et  ^ÎJJ!  Ja*^, 


651 


et  iL-LàJî  et  fy^^i  LA  XVI  p.  301.  On  pourrait  comparer 

*J-ï  vhv. 

^Aj.i>,  qui  sent  fort;  Stace  p.  158,  good  smdl;=^  A-i-   vhv. 


■w*^>,  on  Atrique  voler ^  inconnu  en  Arabie.   v^L^,  voleurs, 

82,5  =  Dt    SjJ^i^,   1243;   Stumme  MGT  p.  265  dit  que 

c'est  le  pi.  de  v-AJLi»,  je  crois  plutôt  de  v^j^,  cf.  sub  vj*^- 

Sur  les  class.  wul5>,  v^s»  et  ^^i-!,  voir  I  Sîdah  XIV  p.  235. 

J'ai  comparé  1243  v^=>  avec  3iJ,  voler,  comme  le  fait  aussi 
Stumme  MGT  p.  296.  Buhl  HWB'*  n'a  pas  v^->Li>,  mais 

i_^_^.  Je  crois  à  présent  que  cette  comparaison  cloche  un 
peu.  Dans  les  éditions  suivantes  du  HWB  de  Gesenius, 
Buhl  identifie  3iJ  à  v^->^<-j  '^nettre  de  coté,  et  je  crois  avec 
raison.  H.  Môller,  Sem.  u.  Indogerm.  §  17  en  bas  et  §  178, 
établit  la  même  identité  radicale.  L'équation  serait  donc  2iJ 
et  wo^j  ganab,  >  v*^)  selon  de  nombreuses  analogies,  v. 
ici  sub  „,  par  l'intermédiaire  du  g,  qui,  dans  certains  dialectes 
de  la  Péninsule,  p.  e.  Hdr.,  représente  aussi  la  prononciation  du 
o,  et  finalement  w*->c>;  voyez  pour  les  exemples  de  o>-;. 
au  début  de  cette  lettre  et  de  la  lettre  o.  Ce  n'est  que 
par  cette  série  de  permutation  consonantique  qu'on  peut 
comparer  DIiJ  et  iw^.ii>.  On  pourrait  aussi  penser  à  ^in,  être 
impie,  et  l'on  trouvera  la  même  transition  sémasiologique 
dans  vjjL  vhv. 


viA^ci»,  u,  et  v3.Ài>  sont  dans  le  Sud  faire  l'amour,  mais  seu- 
lement de  la  façon  naturelle,  937  n.  2,  ma  Festgabe  Gl.  sv. 
Le  CGïtus  rectalis  est  appelé  -b!jJ  comme  dans  la  lurah.  C'est 
un  Ju-Jt-s  régulier  de  réciprocité,  à  l'instar  de  tous  les  infini- 


652 

tifs  énumérés  1396  s.  Dans  l'antiquité  arabe,  ce  verbe  avait 
plutôt  le  sens  obscène,  937,  938  et  ss. 

KÙ^JJ^',  être  efféminé,  ma  Festgabe  p.  51,  avec  le  dénominatif 

(Jj;  ,i>-L:^^",  se  foutre  de  qn.,  ib.  p.  50;  Hdr.  p.  511  n, 

vj^=>,  pédérastie,  930,  5.  Ce  sens  ressort  de  la  variante  ;xkSI 

930  n.  2.  Je  l'ai  traduit  par  sadisme,  mais  Stumme  GGA 
1909  >^°  11  me  renseigne  que  le  sadisme  est  autre  chose. 

^^x=>\,  élatif  de  ^i^ii-,  938  en  bas. 

kS>J<^,  cytiède,  expliqué  937,  938;  948,2  d'en  bas.  Ce  vice, 
dont  j'ai  parlé  Hdr.  p.  327  n.  3  et  p.  328,  cf.  M  SOS  VI 
p.  114  N°  7,  paraît  ne  pas  avoir  été  considéré  comme  hon- 
teux dans  l'antiquité  babylonienne,  952.  Les  Hiérodules  enâti, 
952,  du  dieu  Sin  ne  devaient  pas  faire  d'enfants,  mais,  en 
revanche,  et  pour  que  le  prêtre  pût  en  avoir  la  jouissance, 
il  était  permis  à  ces  Hiérodules  d'offrir  leur  derrière  à  cet 
effet');  c'est  là  le  mariage  hiérodulique.  Avec  un  tel  exemple 
religieux,  le  profanum  vidgus  n'a  pas  dû  reculer  devant  une 
telle  turpitude,  encore  si  pratiquée  par  les  Turcs,  les  Maro- 
cains et  les  Chinois,  Hdr.  p.  328.  Cette  lascivité  de  moeurs 
semble  du  reste  avoir  été  goûtée  chez  les  Arabes,  sans  cela 
elle   n'aurait  pas   été  frappée   de  h  a  d  d   dans  le  Fiqh.  Le 

i$>^j>  J.  'S.IA^  ^Jbj  n'était  pas  non  plus  insolite,  voir  Juyn- 
boll,  Handbuch  p.  303  n.  2,  ZDMG  73  p.  127;  Bauer,  Ehe 
p.  80  et  p.  91.  Les  B.  Fazârah  avaient  la  renommée  de 
s'attaquer  même  aux  bêtes,  témoin  ce  vers: 

.L^wLj  U^Jii'S^   iiLo^JLï   (J.C      \^  oj-L>   Li.îii  (V*-*Lj"  "^ 

Diw.  ^Âmir  b.  et-Tofeyl  p.  124,  Hamâsah  p.  193,  4  et  ss., 
LA  II  p.  195,10,  avec  la  variante  é^x.i. 


1)   Koschaker,  Rechtsvergleicliende   Studien  ziir  Gesetzgebung  Ilam- 
murapis,  Leipzig  1917  pp.  226,  231  et  233. 


653 

^^à:>,  coiffer  la  tête  de  la  fiancée  et  la  parer ^  1549  n.  2. 

^j.5:ui>,  poignard,  978  en  bas.  RO  §  81,  i.  Hartmann  ZDMG 
51  p.  193  en  bas.  Cher,  el-Alfâz  el-fârisîeh  p.  57,  veut  que 
ce  soit  originairement  un  mot  persan,  composé  de  (^^3-  et  .li'; 
il  se  trouve  en  turc,  en  syriaque,  en  kourdi  et  en  arménien. 

ays^^Ls^,  femme  qui  coiffe  et  pare  la  fiancée,  1549. 

oA->J-^',  rigoler,  plaisanter,  76,11;  ^,  rigoler  avec  qn., 
1185;   J^,  se  moquer  de  qn.,  1185. 

^jjJ^-^L-i»,  fosse,  tranchée.  I  Sîdah  X  p.  106,  10  d'en  bas,  := 

^yXià>  et,  avec  transposition  des  deux  premières  radicales, 

o^tXj^  en  dofârî,  RD  Gl.  sv.  Cf.  ici  sub  3d>,  Malgré  l'asser- 
tion des  Arabes,  I  Sîdah  X  p.  106,  (aawâlîqî,  Mo^'arrab  p.  59, 
Hafâgî,  Ôifâ  p.  87  et  de  Cher  o.  1.  p.  57,  je  ne  suis  pas  bien 

persuadé  que  ce  mot  vienne  du  persan  5JJ.5'  =  ^^^,  creusé, 
car  la  racine  arabe  J?.ki>  et  le  mot  presque  synonyme  vJiiLi>, 

I  Sîdah  X  p.  75,  5,  =  L  A  XI  p.  381,  9,  pourront  aussi  entrer 
en  ligne  de  compte.  Voir  à  présent  Siddiqï,  Pers.  Fremdw.  p.  73. 

y.=>,  a,  sentir  mauvais  Dt.  1109;  RO  p.  252, 13  d'en  bas.  Elar- 
gissement de  l/"~|^  vhv.  Métathèses:  ^^j>,  ;^j  et  niî  vhvs.  I 
es-Sikkît,  Tahdîbp.  497:  »^.j  ^j  !o!  jX=>*,  ^:s\W\  ^y=>  JULj. 
Gazîrah  p.  108,  2:  ;>c>:.  J  iCJ-w  Q«,i^'  ^^Jlc  ^]  !y  Js^.  ^^^oL 
yjtJo  ^3.   I  Sîdah  VIII  p.  74  au  chapitre  .j;LLài  dit:    :*j^p*.A^ 

^;LL=>-"   0*^31!    (j^aJUJ*     :LX_A-fc£:  _yJ\     .  JjjLii     Jw«j     JjtJ     )i-^^     iAJJ^. 


654 

LA    V   p.   345   en   haut,   de   même.  Class.,  jj-==-,  vhv.,  est 

guigner  de  l'oeil^  avoir  les  yeux  petits  et  louchants,  >,  avec 
l'infixé  n,  jj-^^^,  même  sens,  LA  V  p.  344  en  bas.  De  là 
on   dérive  le  nom   du  cochon.  j;-=>  est   encore  en  Afrique 

regarder  fixement,  vhv.  et  cf.  sub  j-^^->.  Cette  étymologie 
est  assez  souriante.  Mais  le  class.  ,;--;3-  est  dénominatif  de 
^_yd>  et  contaminé  par  yk=>^  class.  et  dialectal.   Ce  nom  est 

en  hébr.  et  en  aram.  un  J-où:  tth.,  iirn,  etc.,  Ges.-Buhl  sv. 
et  en  aram.  aussi  huzzîrâ,  mais  en  arabe,  éthiop.  et  akkad., 

un  J^,   avec  dissimilation  de  y.  y^.y-=>-,  àilHC^  humsîru, 

cochon,  verrat,  qui  est  aussi  un  nom  propre  en  hébr.,  en 
arabe  et  en  akkadien.  Zimmern  Akk.  FW  p.  50  n'ose  cepen- 
dant pas  décider  si  le  mot  akk.  est  d'une  parenté  primor- 
diale  ou   d'emprunt.  J'en  suis  pour  la  première  alternative. 

D'après  moi,  la  vraie  forme  primaire  en  arabe  serait  *j>j=', 

û 

comme  l'aram.  huzzîrâ  >^^j_;-i>  par  contamination  avec 

;J-=>,  puer.  Probablement,  il  y  a  dans  cette  forme  la  fusion 
des  deux  verbes  ,:_=>  et  j-^^-^,  où  ^j_=>  serait  pourtant  pri- 
maire, eu  égard  aux  formes  hébréo-araméennes.  yi,y^  serait 
donc  la  hête  clignante  et  pua?ite.  Il  faudrait  cependant  savoir 

si  l'akk.  humsîru  est  aussi  un  Joôé,  >  J-Jé,  dissimilé  et 
la  signification  du  verbe  akkad.  h  s  r  =  h  z  r.  Le  petit  du  cochon 
s'appelle  en  arabe  i^_y>=>,  p.  653  d.L,  prononcé  probablement 
h  i  n  n  ô  s  =  (joLL>  <  ijAJ3>  ,  comme  j»j-^-^  =  jy^^-^  =  J^"^ 
(ô  <  â),  hyène,  L  A  sv.,  ce  qui  pourrait  bien  être  un  déve- 
loppement de  ^j-^,  puer;  cf.  ici  p.  650,  10.  En  vieil  égypt. 
hus  est  puer,  Holma  ZA  32  p.  42.  Ruzicka  considère  ^ji=» 

comme  une  dissimilation  de  *jf>,  forme  postulée,  ainsi  qu'il 


655 

le  fait  trop  souvent.  Lammens  I.  As.  Sept.  —  Oct.  1915  p.  277.. 
Fraenkel  FW  p.  110.  Vollers  ZDMG  49  pp.  493  et  498. 

Les  Arabes,  dans  la  période  préislamique,  n'éprouvèrent 
aucune  répugnance  marquée  pour  le  porc,  comme  le  dit  fort 
justement  Lammens  J.  As.  Sept. —Oct.  1915  p.  277.  Le  Pro- 
phète a  cru  devoir  interdire  aux  fidèles  la  chaire  de  porc 
pour  contrecarrer  les  Chrétiens  qui  en  étaient  friands. 

Le  5  Mars  1885  j'ai  fait  une  chasse  aux  sangliers  dans 
les  jongles  du  Jourdain.  Les  ^Adwân  y  étaient  venus  en 
grand  nombre  avec  leur  chef,  depuis  longtemps  mon  ami. 
Avec  l'aide  de  ces  Bédouins,  nous  avons  tué  en  une  heure 
de  temps  neuf  sangliers,  non  sans  dangers  pour  nous,  car 
les  '^Adwân,  échauffés  par  cette  chasse  insolite,  maniaient 
leurs  lances  sans  égard  pour  personne.  Voyant  le  butin  rangé 
devant  nous  par  terre,  je  priai  les  assistants  de  couper  la 
gorge  à  une  des  bêtes  en  prononçant  la  formule  canonique. 
Mais  personne  ne  bougeait.  On  me  dit:  „N'y  touche  pas  parce 
qu'il  y  a  des  dûd,  des  vers".  Je  pensai  alors  aux  trichines 
et  je  laissai  les  sangliers  là.  Le  lendemain,  les  Juifs  les  ven- 
daient à  Jérusalem!  Les  Bédouins  savaient  donc  que  la 
chaire  de  porc  contient  souvent  des  trichines.  Cela  peut  aussi 
expliquer  la  prohibition  de  Mohammed,  car  la  connaissance 
des  Bédouins  ne  provient  pas  de  la  découverte  des  savants 
européens  des  trichines. 

y-v^_-Lx.i.!,  he  slipped  of  (as  rope),  glisser,  Stace  p.  158.  Ce 
thème,  que  je  ne  connais  pas  dans  notre  dialecte,  se  trouve 

chez  Stumme  TTBL  Gl.  sv.  u*LLi>t  et  =  (j^Lli- =  ujîl^ , 
qui  s'enfuit  toujours. 

;j^A=>,  Ficus  Sycoiîwrus,  très  commun  dans  le  Sud.  Schwein- 
furth,  Verhandl.  d.  Gesellschaft  f.  Erdkunde  zu  Berlin  1889 
N°  7  p.  9:  „Chanes  dans  la  montagne  et  burra  dans  les 

pays  bas",  c'est  à  dire  Tihamah  ;  =  Egypte  et  Syrie  :-^r*-^i 


656 

sycomore.  Mais  Arab.  Pflanzennamen,  Berlin  1902  p.  140, 
il  écrit,  d'après  Forskâl,  ôbre,  »jj!,  de  façon  que  burra  doit 
être  incorrect  pour  bura,  comme  le  durra  des  Européens, 

même  de  certains  orientalistes,  est  b.o,  vjurah  vhv.;  mais 
ib.  p.  165  il  donne  burra".  Sur  ,^ww^=>,  voir  aussi  Deflers 
Voyage  au  Yemen  p.  223;  id.  Esquisse  de  géographie  bota- 

nique,  dans  la  Revue -d'Egypte  I  p.  410  oii  =  j»ii*«,  comme 
chez  Schweinfurth,  Pilanzennamen  p.  140,  d'après  Forskâl. 
Manzoni  El  Yemen  p.  37  et  p.  68. 


^=>,  empoigner  au  cou^  Dt.,  avec  ace.  ou  v  de  l'objet.  Cf. 
^♦3-  vhv.  apparenté  à  oi^:>,  propr.  presser,  serrer. 

_ft.>L^',  tire  orgueilleux^  <  ;-à-^'  et  la  métathèse  Ju^^xJ ,  ma 
Festgabe  p.  41  et  s.  Naswân,  o.  1.  p.  35  dit:   J^i  .^  ^z> 

jusi\  y^  ^,  et  il  ajoute:    JjCdt  J^^J  (_,v.L^î  Jyij  t^îUo  ^^» 

/-*^  c_?^  S^  cr  ^'^  ^^  ^^-^^  .àj^;i  o^jî.  Le  roi  rasoûlide 
el-Melek  el-Asraf  (694-696)  dans  son  Turfat  el-Ashâb  s'ex- 
prime de  même:  w^  f-!^-=>  3*3  é^^  r*J^-J"  Lf'  f-^<^^  é^J  S^. 
Jlx=>  o^LJî  Qy-Hj  ma  Festgabe  p.  41  en  bas.  Or,  il  y. a  en 

Algérie  _»_iL3-,  narine,  et  au  Maroc  et  au  Sénégal  b.v-àJ-=>5 
77iuseau  '),  mots  qui  n'existent  pas  dans  le  Sud  de  l'Arabie. 
On  serait  tenté  d'y  voir  l'étymologie  du  sobriquet  du  qeyl 
yémanite  et  du  verbe  dénominatif:  qui  porte  le  museau  ou 
le  nez  en  l'air,  comme  le  fait  l'orgueilleux,  cf.  l'allemand  liocU- 
nàsig.   Car  le  i_,^_aJ  doit   bien   avoir  une  étymologie  aussi, 


')  Sur  ce  paradigme,  voir  pp.  584  et  GOO. 


657 

comme  tout  mot.  Cf.  aussi  ^.«jLj  UuLâ>  =  -Jo  =  «jijL.  ;;\^ 

LA    X   p.  446,   et  oLj-ï,  gia"  a  le  nez  gros.  Le  village  de 

H  an  far,  dans  l'Abyan,  appartient  au  sultan  de  Yâfl^ 
Le  nom  de  Fir'awn,  Qor.  2,46,  a  eu  le  même  sort  de 

-  o  ^ 

former  un  verbe  ,^^£_àJ,  être  insolent  et  tyrannique^  encore 

usité  en  Egypte,  où  ^^)y^f'  est  synonyme  de  ^LL>,  comme 
chez  Ya^qûbî  I  p.  31. 

iwj^,  houe,  crotte^  à  Aden,  1036  =  Dt.  ^y>  vhv.  ^  io^i! 

^!  l\>L£  Jo>^!,  to  /)'..  est  la  boue  lorsqu'il  pleut,  Aden.  Stace 

p.  109   sv.   rmid  et  p.  166  sv.  stuck:  iLvj?^i!  J,  ^>    c>>.>^*i, 

my  foot  stuck  in  the  mud.  LA  sv.,  c'est   Ja^  ^  ^jJ>\  ij^y>\ 

(jO^y.12-0  (jy:^.!  (js-j  et  /«Mw.   —  v>^>  boueux,   crotté,  Stace 
p.   109   sv.   7nuddy.   On   pourra  à  cela  comparer  notre:  il  a, 
l'air  crotté  ^=  misérable  et  sale. 

ù\J>,  u,  RO  p.  346  n.  1  :  immerzu  in  etioas  gehen,  marcher 

au  hasard,  =  c>w2j-=>,  aller  par  ci,  par  là  au  hasard.   La 
seconde  forme  est  seule  usitée  dans  notre  dialecte: 

Oj3>,   marcher  len{eme7it;  trottiner,  600;  1674.  LA  sv..   Cf. 

L\-=>t\.=>  et  sa  métathèse  ^l\3>o,  I  Sîdah  III  p.  103,  6  d'en 

o 

bas,  ^s:cX3>  et  cs^^  vhvs. 

ôy^,  mettre  dans  un  vase,  Ô\J>,  741. 

oLi>,  vase,  76,  9,  pi.  Q!Àxi>  et  oLp-,  expliqué  741.  —  |*>Li:  g.jJ> 

«3L=>  ^y^,  il  i'gorgea  des  moutons  de  son  propre  pécule  21 ,  S.  — 
oL>  ^^  ou  3J>  J.r:  expliqué  741.  Cf.  aussi  l'aram.  n^^i  p,  at 

42 


658 

his  own  expenses,  Cook  Aram.  Gloss.  p.  39,  =  <^1  ^_c3  ^y,^ 
cf.  sub  J.j3  p.  452.  J'ignore  l'étymologie  de  ce  mot  oL>.  — 
30^i=>,  casque  de  fer^  304  n.  3.  =  iUvLL  vhv.  Musil  o.  1.  p.  372. 

En  persan,  o^  =  ^.âjLx,  Cher  Alfâz  sv.  On  observera  pers. 
<->>  arabe  o;  v.  Additions. 

'>^  ■ .      . 

.L>,  u,  717  en  bas.  —  ;^  et  .^i>,  mugir ^   bêler,   mais  c'est 

plutôt  le  son  rauque  qu'émet  le  mouton,  ^c^vr^j  lorsqu'on  le 
prend,  699  o.  1.  et  note.  —  Dans  ce  sens,  c'est  une  onoma- 
topée, V'j^'  vhv.  —  Au  flg.,  gronder,  quereller  qn.,  ^jls^, 
Syrie  et  Dt.  :^^ô  J.  ^^.  ^iliijt  de  1001  Nuits  que  Dozy  S.  sv. 
traduit  par  baigner  dans  son  sang  et  que  Fleischer,  Kl. 
Schriften  II  p.  506  rend  par  ,^mugir,  c'est  à  dire  hurler  de 
douleur""   s'approche  plus  de  la   vérité:  la  vraie  traduction 

est:   il  rejiiflait  ayant  le  sang  au  nez.  Dozy  a  pensé  à  .^ér. 

io«o  ^i.  —  .ys>,  ,«p>:.,  avoir  envie  de  manger  en  général  et 
spécialement  avoir  des  envies,  femme  enceinte  ou  un  ma- 
lade, Yéman. 

y>,  creuser  le  ventre;  donner  faim.  —  ^L^jJ!  ^>^  ^k^\  ^j^^» 
la  marche  toute  le  journée  7na  creusé  le  ventre,  Dt.  rj^  .ys* 

py^^,  j'ai  le  ventre  creux  par  la  faim  et  en  Syrie  êti'e 
affaibli  par  la  faim;  cf.  (_=»■:>. 

_-  o  £  o  :>  ^  ^ 

.^=>',  avoir  envie  de  manger.  *-^vU  .y^  \j\ ,  j'ai  envie  de  manger 

de  la  viande  =  ..à-st  vhv.  Ces  sens  de  V  ^y=>  doivent  être 
en  rapport  avec  la  classique  ,L3>,  •u,  =  ^xad  et  en  affinité 
radicale  avec  V~~_^z>,  vhs 

.^,  pi.  ^î^-î»!,  trou,  grand  ou  petit,  410,  1  et  n.  1,  avec 
l'observation  de  Meissner  MSOS  VII,  n  p.  9.  —  Terrain 
encaissé;  golfe,  baie,  crique;  fosse,  =  ^^à,  763;  1024.  —  Port. 


659 

RO  pp.  29,  11  d'en  bas,  et  163,  7  d'en  bas,  avec  le  pi. 
^j!^=>  ib.  §  124;  c'est  plutôt  haie  comme  en  Hdr.,  et  Vollers 

ZDMG  49  p.  502  a  raison.  Un  ^y>  peut  être  un  (jr^^*,  port, 
mais  un  (jr^yo  n'est  pas  toujours  un  ,^>.  Sachau,  Am  Eu- 
phrate  p.  70,  le  rend  par  tetnpordrer  Landsee,  ce  qui  est 
une  description.  Carbou  p.  207:  ravin  formé  pa?'  les  pluies. 
Voir  aussi  RD  Gl.  sv.;  mehri  haur  =  sh.  h  or,  baie. 

3.y>,  nuque,  prononcé  hôra,  46,  24;  48,  20;  1024;  pi.  j^>, 
Ma  LA  p.  43.  C'est  véritablement  le  creux  de  la  nuque  = 

le  cl.  LâJiJt  »yLj,  de  Koning  Trois  traités  p.  14. 
\y>,  criard,  gueulard.  Musil  o.  1.  p.  302. 
^  ol)^'  ^^'^^^  ^  ^^  ventre  creux;  qui  a  envie  de  manger  p.  e. 
la  viande,  =  J  o'^i^  ou  J  y^  vhvs. ;  cf.  J  q^j>  et  J  ^^.f>  vhvs. 

;L=>,  u,  enlever,  wegnehmen  chez  RO  p.  202,  mais  ib.  p.  404 
ÎSI°  76   il   rend   ma  tljûz   negâsto   par  sa  saleté  ne  s'en 

va  pas.   Cela   me   paraît  douteux.    Ib.  p.  206,  1 1  :   ,^  jy> 

éJoy  q£  Jy^J!,  âte-toi  du  cheval  afin  qu'il  ne  te  piétine  pas, 
où  le  dernier   verbe   est  paraphrasé  par  ^/)^,  mais  cela  est 

donner  un  coup  de  sabot.  Ib.  1.  13:   xii-iJ!  j,li.  'i^jd>,  as-tu 

(fém.)  e7ilevé  le  bouchon  de  la  bouteille?  Ib.  p.  275,  13:  rra^af 

meskûr   h  al   àdmi  hêtinno  yhûz  demm  Ifâsid,  le 

saignement  du  nez  est  une  chose  dont  l'horrime  doit  savoir 

gré,  parce  qu'il  éloigne  le  mauvais  sang,  mes  Hadr.  disaient 

•> 
ici  ^uXJu  <^tAJ_j,  fait  sortir,  vhv.  j^L^-  est  donc   tr.  et  intr. 

Inconnu  en  lidr.  et  Dt. 

ijo^  1664,  5  d'en  bas,  pi.  de  uoj.=>l  ~  uo^=>  folioles  de  pal- 


660 

mier  Hdr.  Gl.  sv.  RD  Gl.  sv.,  RO  p.  402,5  et  dans  toute 
l'Arabie.  —  ijoj.5>  est  chez  certains  Bédouins  du  Nord  couteau 

o    — 

(ji3Li>,   u,   secouer,   agiter;   baratter,   601;   792,5;   1096.    Cf. 

L>^,  U^^^'^^=>,  ^<^=>,  lP^,  lfLx,  u,  et  o^^^,  vhvs.  Déve- 
loppement de  l'onomatopée  (ji^i-  vhv.,  ce  qui  explique  la  tran- 
sition sémasiologique  de  lie  passecl  through  the  ivater  walking 
or  riding.  —  Barboter  dans  l'eau,  comme  font  les  enfants. 
(jviajUi  ;f.-A  ijryè::.  q"^  ,  un  tel  entre  dans  Veau  avec  ceux 
qui  y  entrent^  RO  p.  412  =  er  geld  durch  dick  und  dilnn. 
Le  tunisien  et  l'algérien  ^joy^,  agiter  l'eau,  barboter,  mêler, 
etc.,  n'est  pas  un  élargissement  de  JaJLi>j  comme  le  pense 

Stumme  Tun.  Gr.  Gl.  sv.,  mais  de  ^jsyJ>,  comme  le  sud- 
arabique   -b^-Li>,  Arabica   III   p.  60,  cité  par   Stumme  1.1., 

l'est  de  JÀà>.  C'est  chercher  raidi  à  quatorze  heures  que  de 
dire,  avec  Stumme,  que  o^<-b  est  sous  l'influence  berbère. 

^L>,  a,  567,  n.  3,  est  connu  en  Dt.,  mais  peu  employé,  on  y  dit 

plutôt  ^P.  et  ^j5.  Dans  la  Haute-Egypte,  l'imparf.  fait  ^^.,  1696. 

t^Ui>t,  être  à  craindre.  oiiSî  oU:^",  les  routes  sont  à  vraind7'e, 
sont  dangereuses,  à  cause  de  l'insécurité,  171,9;  voir  p.  82.  — 
Craindre.  iJ^A-y*Jt  i^i-  J,  oLjci^Ji!  ^^Lo  Lj,  toi,   qui  donnes  la 

sécurité  à  celui  qui  est  en  danger  sur  les  routes,  556,  6. 
oL:J=L>L>w! ,  craindre  pour  sa  sécurité.  La  continuation   de  la 

poésie  Hdr.  p.  606  et  ici  sv.  y^^,  est: 


661 

v_ftx^   L^iXjù"   (j/.'ij>  L   ^c  ^3  b       "^-^-J   ^-ot-^   (Aà-o    Lo    \Js>]*) 

Je  vais  lui  dire:  La  ville  de  "Âden  n'a  pas  de  pareille: 
Elle  domine  la  sécurité  au  craintif,  même  lorsqu'il  y  vient 

craignant  pour  sa  sécurité. 
Il  (le   traître   Moh.   Sâleh,   voir   1835   sv.)  lui  a  fait  une 

barrière  dont  la  porte  est  fermée, 
On  l'ouvrira  aux  approches  de  la  récolte  des  dattes. 
Quant  à  moi,  je  veux  de  toi  une  gratification  évidente,  toi 
qui  roides  les  Bâ  Bas  autour  de  ta  main. 

uiL=>,  adverbe  verbal,  peut-être,  170,  14;  483  n.  2;  484,6  et 
9  d'en   bas;   567,  2  et  3  d'en  bas  et  n.  3.    Dans  le   mètre, 

oL>   peut"  faire   une  syllabe  longue,  comme  aussi  J&  vhv., 

+ 
640,  n.  2;  1517;  1734,4  d'en  bas,  mais  aussi  ^\J>,  172,14. 

Il  peut  aussi  avoir  un  pronom  pers.  suffixe:  Ijâfeni  bâsî- 

dehiî,  peut-être  la  toucherai-je !  Hâfhom  mâlibîninnak 

"^àd,  ils  t'ont  peut-être  déjà  tromp>é  (wA.iLo  <  wJ' <  >-».Ji£  <  ^_Jic , 

voir  sub  J^L<Ji!).  ]SS  q«^<wj  5liL>,  peut-être  le  nomment-ils 

ainsi,  en  parlant  d'un  mot.  Aussi  suivi  de  %:  hâf  illa 
yinéor,  je  crains  qu'il  ne  parte,  Dt.  Snouck  Feestbundel 
de  Goeje  p.  31.  RD  Gl.  sv.,  où  il  renvoie  à  D.  H.  Mûller 
SAE  VII  p.  99,22  pour  le  shaurî,  oiï  B.us^i=  peut-être.  La 

forme  pleine  oL=>!  se  trouve  encore  en  Mésopotamie:  v_îLi>t 

Cl    -  w  C 

xjLw.s>  ^à^_y^^  (*-^^  uT^''  ï'^sp^'^'^  venir  chez  vous,  et  tu  me 

montreras  alors  Ifasnah,  Weissbach  zum  Irak-Arab.  p.  22,  7 
et  n.  1  où  l'auteur  le  rend  par  j'espère. 

^jP>  =  ^Jup-,  peur,  1658,  3. 


')  Prononcé  ta'min,  de  q'*'- 


662 


^\J>,  u,  gcUer,  abîmer,  Hdr.  p.  310.  Probablement  formation 
secondaire  de  ^  vhv. 

^^b:>î,  se  gâter,  s'abîmer,  Hdr.  Gl.  sv.,  cf.  ,^yCi>î  vhv. 
KJ|^=>,  trahison,  1689  n.  1. 


(j.'r'^  i>  mettre  pied  à  terre,  1051,  3,  'Anazeh.  Cf.  ^'J  et  ^. 

Wetzstein  ZDMG  XXII  traduit  oîji!  J.^  [5^.  p.  85,5  par 
beim  Essen  sitzend,  d'après  la  GO  p.  145,  et  il  ajoute  que 
ce  verbe  se  dit  de  préférence  d'un  ^j_c  qui  est  en  marche. 
C'est  qu'on  met  alors  pied  à  terre  pour  manger,  et  (^yi> 
ne  veut  pas  dire  beim  Essen  sitzen.  —  Plomber  sur,  fondrf 
sur.  (^y>^.  r*^\  l'oiseau  plombe  sur,  Wetzstein   0. 1.   p.  145, 

_   o  c 

comme   aussi   chez   Socin  Diw.  Gl.  sv.  i^*j=>^,  mais  alors  ce 

verbe  ne  peut  ici  équivaloir  à  lXP,  se  poser,  et  pourtant 
c'est  là  le  vrai  sens,  que  j'ai  aussi  noté  dans  le  dialecte  des 
'Anazeh.  j^_:^L.i>,  0. 1.  p    145  est  simplement  qui  ont  mis 

pied  à  terre,  que  ce  soit,  ou  non,  pour  manger. 

(j:^L=>,  qui  a  le  ventre  vide,  qiii  à  faim;  partout  en  Arabie. 

^!j^=>,  même  sens,  Bàsim  p.  12,  17.  Cf.  ^^  vhv.  Sur  ;j:jl-=> 
et  c^^L^',  fraterniser,  voir  sub  j.i>!. 

iCjy>,  soeur;  amie,  491,  8,  comme  _^:>  et  c^^'  avec  les  pro- 
noms suffixes,  ce  qui  n'implique  souvent  aucune  parenté.  Cf. 
Cumont,  Die  oriental.  Religionen-,  Register  sv.  Brûderlichkeit. 


é^ 


^jr^i  bât  de  chameau,  562  avec  planche;  pi.  i^^=>.  Stace 
p.  147  donne  le  pi.  Li».  RO  p.  XXII  ad  p.  70  donne  Ijîye 
pi.  hyei,  crochet  pour  lier  les  bêtes;  je  ne  connais  pas  ce  mot. 


663 


^jwE  ^^A^Li?",   frustrer   qn.;  tromjier,   Dt.  Cf.  v^-i>,  tromper, 

vhv.  —  --*.->:J>,  pi.  v*-;^  Gt  ,^L_^-^,  2?e^z^  garço7i,  chez  les 

"Awâliq,  les  Bâ  Kâzim  et  les  Harîbites,  Arabica  IV  p.  21  n. 
et  Hçlr.   Gl.   sv.  Les  Sê^ar,  les  Krab,  les  Hammam  et  ceux 

d'el-Hâdinah  disent  yj,  pi.  ^^\^j  vhv. 

iu-jp-,   laid,  Stace  p.  179,  avec  le  comparatif  vv^S,  est  un 

substantif,  comme  iu^,  vieillard,  vhv.  —  En'mehri,  hayyùb, 
hayyùb,  mauvais,  7nt'chant;  Bittner  St.  mehri  I  pp.  87  et 
117.  <hib,  être  mauvais,  mais  hayîb,  crier,  ib.  II  p.  96. 

jfJ^',  choisir,  Dt. 

Sur  la  forme  hybride  ^^j  et  y>'L>j'  <^  .^,  voir  sub  ^:.  — 
Le  syrien  et  l'égyptien  .L.Jc>],  vieillard,  fom.  iCj-,  Prov.  at 

Dict.  p.  9,  Dozy  S.  sv.,  Lieb.  v.  Amasia  p.  78,  11,  est  sans 
doute  un  euphémisme.  On  prétend  que  c'est  un  mot  turc. 
Mais  ce  mot  est  très  répandu  dans  tout  le  Nord,  chez  les 
Bédouins  et  dans  tout  le  Levant,  où  l'on  a  le  verbe  li,./ii>!, 
710US  sommes  devenus'  vieux,  et  même,  Damas  et  Bédouins 
de  Syrie,  j*-^>,  devenir  vieux,  et  .Lj.1x>,  vieillard.  Ce  mot 
figure  aussi  dans  un  glossaire  araboamariila,  où  el.iteyàr  = 
vieillard,  Littmann,  Abess.  Glossen  ZA  21  p.  93.  Cf.  ^Li>, 
u,  vhv.  =  uÀ-*-/to.  Diran  Kélékian,  Dict.  turcfr.  sv.,  ne  le 
considère  pas  comme  arabe.  Mais  je  persiste  à  croire  qu'il 
est  arabe,  ainsi  que  je  l'ai  avancé  Pr.  et  Dict.  p.  9. 
iHù]  ,xi.,  beaucoup,  en  grand  nombre,  1636,  Algérie. 

yf^y.  récolte,  ici  pp.  362,  8  d'en  bas  et  403,  1. 

^>  prononcé  h  î  y  i  r ,  d'après  la  règle  346,  qui  fait  le  bien,  gêné- 


664 

renx,  Dt,,  =  ^-^  hiyyîr  ou  Ijîyîr,  comme  sèyyir,  siyyir, 
—  t 

sîyir  et  siyyîr,  sîyîr,  conducteur,  vhv.  Cette  règle  s'applique 
aussi  au  dialecte  de  Syrie,  Feghali  pp.  84  et  98/9.  Riggâl 
h  e  y  y  i  r  min  h  a  1  e  m  -  s  a  1  â  h ,  un  homme  de  bien,  de  ceux 
'qui  ont  de  laprobité,  Dt.  =  'Oman  Brode  MSOS  A',  ii  p.  17,  12 
d'en  bas:  reggâl  hiyyîr  min  ehel  s-selâh.  Le  para- 
digme adjectif  J^^oti  est  fort  commun  dans  les  dialectes  du 
Sud.  Grimme,  qui  n'a  probablement  pas  lu  mes  ouvrages 
sur  ces  dialectes,  a,  malgré  cela  et  par  simple  intuition, 
conclu  que  la  forme  Js-a_x_î  est  un  pendant  sudarabique  du 
nordarabique  y^.  Et  il  cite  ^^«3,  J-^^?;?  oLj^Vo,  u^^-A^vi, 
^J)-^^^,  ij^r^Lc.  Quoique  l'écriture  sabéenne  ne  marque  pas 
une  graphie  telle  que  J^,  l'hypothèse  de  Grimme  me  paraît 
f<.)rt  acceptable.  Cf.  Feghali  pp.  124  et  256.  Voir  I  Sîdah 
sur  le  paradigme  y^. 

^_;yJ>!,   meilleur,   forme  assez   courante.   Aussi  au  Waddây, 
Carbou   p.  36.   Ce  comparatif  se  trouve  également,  comme 

variante  pour  ,*5"-^,  dans  Boh.  V  p.  112,  13:  ^^J^\  ^^  U^ 

^_^-.Li>,  i,  sentir  mauvais  ;  se  gâter,  courant  dans  le  Sud,  de  même 

que  dans  la  lurah.  Cf.  (j«^3-,    -Lu-,  ,^-^=>  et  ^3,  vhvs.    On 
dit  que  le  mort  ij^^i?.,  "pue,  comme  RO  p.  354,6,  et  j«-jsOiJt 

(j«.a:>:.,  la  viande  pue  étant  gâtée,  comme  RO  p.  415  N°  179. 

oLo  "^^j'I  aJ!  o-w-Li-  ^.,   lorsque  la  main  gauche  commen- 
çait à  pourrir,  il  mourut,   RD  I  p.  109,6.   ;j/.w^'  iLà-^Jl, 

le  cadavre  pue  =^  „*)y,,  comme  LA  sv. 


665 

Dans  le   sens  de  tricher  en  vendmit,  el-Fàhir,  éd.  Storey, 

JSI°  476,  cela  me  paraît  être  un  développement  de  ij**~=>, 
comme  le   syrien  u^'L^:»,  ne  pas  avoir  le  poids  ou  la  valeur 

voulue.   On   comparera  le  classique  uoL3>,  u  et  i,  et  (jo^_=>, 

LA  VIII  p.  299,  où  j^L-xXiJî  ^^  ^\  ^\.*S'  ^^   ^«L    ^\  Jlï 

Qûjijjî  [j^,^\j  y.v.j^jè^Î3.  Ici  (joL>  =  (j*L=>  est  motivé  par  le 

^  précédent.  Cf.  ici  sub  ^_^w,i>  p.  591. 

^j*^xi>,  empester.  RO  p.  419,5  traduit  »^.>.s'  xccoLî»  o*.jLo  j.^j 

^..  (-....         .^  U^         [J  •       LT*    (^^  o  .  G.,  -^ 

L^c  par  loenn  ein  grosses  Stiick  Vieh  verendet  ist,  welches  tiach 
ausserhalb  des  Ortes  gezogen  werden  muss,  damit  es  die 
Araher  7iidit  in  iiblefi  Geruch  versetze^  rwft  der  Ru  fer.  C'est 
bien  cela  au  figuré,  comme  notre  empester  aussi,  mais  dans 
cette  phrase  i^i*«.a=>  a  son  sens  primaire:  pour  que  le  cadavre 
n'empeste  pas  les  Arabes.  'Amir  b.  et-Tofeyl  Diw.  N°  XVIII 
V.  4  dit: 

Et  Vorgueilleux  présomptueux  fut  humilié  de  ce  que  nous 
L'avons  mis  en  -mauvaise  odeur,  et  par  nous  l'humble  fut 

honoré. 
Lyall   traduit  \_a.^j^*  par  tve  brought  Mm  doion,  ce  qui  est 

une  explication,  mais  non  pas  une  traduction  littérale.  Le  Com- 
ment, porte  iJJÀj  ^^^.   Il  faut  cependant  observer  que  ^j^a3» 

se  dit  aussi  du  chameau  dressé  d  être  monté  et  alors  =  JJJ, 
et  la  locution  ci-dessus  peut  se  rapporter  à  cela,  au  figuré; 
cf.  Naqâid  p.  868,  14. 
^j^-wiLi-,  pua7it,> pourri.  RO  p.  62,4  et  p.  415  ISI°  179  = 

ici  p.  242, 10.  Stace  p.  16  sv.  bad  (as  rotten  fruit)  et  p.  146 


666 

yv.  rotten.  iL.*o^!  JJ:^  u^r'\^,  pliant  comme  ime  charogne, 
Rôssler  M  S  OS  III  p.  34,4  d'en  bas.  L^-ç^  <  ^^...Lw^f  L,  que 
cela  pue!  Dt.  =  R0  p.  19,2  d'en  bas.  Cf.  j-^L:>,  vhv.  et 
j.L>  vhv.  —  Saligaud,  Hdr.,  prononcé  heys>hês;  pi.  ^j^Iî- 
OU  ^J^^J.*p> ,  =  Dt.  èN-wj. 
iLw-^.   mauvaise  odeur,  puatiteur.  Au  fig.  :  ^Jc-Lc  L   .^Ldt 

S-^  Q^  j^^  ^î'^-'*v;=='  "^^  j^?  ^65  Mayàsir  n'ont  pas  de  nou- 
velles ni  odeur  de  nouvelles  de  Fadl  (lettre  de  Dt.).   ^i>.xJiL  u 

JoLi;!  ^yi  oie  ii/*.-ç>  3J,  aucune  nouvelle  n'.est  encore  parvenue 

de  lui  depuis  qu'il  est  parti,  RO  p.  208,  4  d'en  bas.  Cf.  ^JA>, 

se^itir  et  s'informer  de,  =  ^^^^iijjc^t  et  ici  sub  *3-  p,  640.  Nous 
disons  aussi  flairer  une  nouvelle  et  il  a  du  flair;  le  français 
odeur  et  l'allemand  Geruch  ont  aussi  le  sens  figuré  de  répu- 
tation. -  Fort,  Hdr.  Gl.  sv.  aa^l^.  Stace  écrit  p.  18:  'S^^^*^, 
hay  loith  sandy  shore;  pi.  ^j^fp-.  J'ai  entendu  bien  souvent 
iiAiAi>,  et  el-Makalla  s'appelle  aussi  &Ai*ii,  endroit  où  Von 

débarque,  Hdr.  p.  158  n.  1,  ici  shv.  Mais  ce  ii>.^  peut  être  pour 
'i^-^-f-=>,  à  cause  du  ^,  et  le  nom  proviendrait  alors  de  la 
forte  puanteur  qui  s'y  répand  des  nageoires  de  requin  qu'on 
exporte  de  là  en  Chine.  El-Makalla  en  est  vraiment 
empesté.  De  Goeje,  Hadhramout  p.  12,  dit  que  c'est  le  meil- 
leur port  du  pays,  mais  ce  n'est  qu'une  rade  sans  abri.  Le 
meilleur  port,  après  Aden,  est  la  baie  de  H.  el-Rurâb- 
Magdaha-Cane,  Arabica  IV  p.  75/6,  et  Maqâtîn  el- 
kebîr  et   M.   es-sarîr.  Index  sv.  p.  1838.   SUCil  signifie 

aussi  por^,  I  Sîdah  XVI  p.  91;  est-ce  pour  £bC«,  abri?;  v.  ^ 
iiwLi>,  decay,  Stace  p.  198  =  ici  p.  478,17. 


667 

c>^:y^*=>  est  par  Rôssler  MSOS  III  p.  31,  13  d'en  bas  rendu 
par  Gestank,  puanteur.  Est  ce  un  mehrisme? 
y*^*j^uc« ,  fainéant^  Hdr.  =  Dt.  j^^jcc*  . 

iiAi^,  poi't^  endroit  oit  Von  débarque,  voir  sub  ic^-ç>.  Est-ce 
l'akk.  mahâzu,  ville,  >  aram.  mâhôzâ,  ville,  et  l'hébr. 
mëhôz,  Ps.  107,  30,  qui,  selon  la  tradition,  signifierait  port? 
Zimmern  Akk.  FW  p.  9;  Ges.-Buhl  sv.. 

MJ>,  i,  doit  bien  provenir  en  premier  lieu  de  i2_i>,  tracer 
une  ligne,  vhv.  et  ses  développements;  ma  LA  p.  65  n.  5. 

La  lurah  a  A^*,  ^.^1  J,  -bL=>,  I  el-Qût.  p.  214,  2.  Nous  lisons 
aussi  dans  LA  IX  p.  171,  5  d'en  bas:  pAs:.  ^xi  xLxî>  ^\  _bL> 

!j/o    ^    iwJpJixi      ^_îaX=>|j    Jo\jJ>\»)    XLa~>    !^'S    J:;L>    J-<Ï»i    .5iA=>[5    'û~a 

l^ib  ^3  bLb^  xbL>  |^JUlS  ti^^ioV/  ^li"  _^J  o]  \Ja=>  StX.?^  ^siA-^-w 
^3    Sj*""    ^Lw    '>->'    3J0I5    ^.L.jÇ>    .m"^^    JjLi>    iJLfi_j    :c:aa]]Î    .  JiLxi> 

^jxaJ!  ^yii.  Pour  la  traduction,  voyez  Lane  sv..  £Ul  c>^L=>, 
^/^e•  serpent  ran  along  upon  the  ground,  Ij  A  et  Lane.   -bL=> 

^^^Ls  ^]  ^^bi_2  =  iw^i'  ^.   LA  dit  encore  p.  172  en  haut: 

ihiy^'    -^jr^'^    ^.f^    L?^'*     '"-^^    '■^=*     o"^     -bL=>    v't^"^'    ;'-'^!>-^     ^53 

u:c^'^i  J,  Ja^  dUiÀy^  xLto  et  ib.  p.  169,4:  '.:j^h_^'  .oî^!  ^3 
iC-uàJî  lXju  iL>Lxâjl  iOLoI  îo!  \jj-^3  b^li.  ^  ju/acc  of  passage  est 
Ja-^i^>^,  LA  ib.  p.  171  en  bas  et  Lane.  Nous  voyons  donc 
que  -bLj>  a   vraiment   le  sens  de  passer,  nous  dirions  fder 

pour  conserver  l'image,  car  -LJ>,  fil,  est  originairement  pas- 
sage à  travers. 


668 

Les  deux  thèmes  ^-\-=>  et  -l?j._i>  sont  apparentés,  ce  qui 

ressort  clairement  de  ce  qui  précède,  et  l'arabe  \n  «  -^  est 
riiébreu  î3in,  fil.  La  réfutation  d'Ibn  Sidah  de  l'étymologie 
de  Kurâ"  n'est  donc  pas  justifiée,  quoiqu'on  ne  dise  pas  JpL=> 
ic_b^3-.  Pour  moi,  -bL_=>,  coudre,  est  secondaire;  c'est  vrai- 
ment passe?'  {le  fil),  et  la  seconde  forme,  seule  employée 
dans  les  dialectes,  est  plus  juste  que  la  première,  faire  passer 
le  fi,l.  Mehri  hatô,  coudre,  <V~^hty,  métath.  de  V~\ijt 
arabe. 

~^u=>,  coudre,  1159.  Voyez  ici  sub  (joj.=>.  En  Egypte,  oîi  l'on  est 
si  facétieux,  ce  verbe  a  pris  le  sens  dJenfiler  une  femme,  et 
l'on  observera  la  m.étaphore  à  peu  près  pareille  dans  les  deux 

langues!  2jy^  est  chez  RD,  Gl.  sv.  -^^,  aiguille,  comme  aussi 

en  Hdr.  i^^v«,  v.  d.  Berg  Le  Hadhramout  p.  253,  13.  En  Dt., 

iali^v.^ < _Lç<^,  LA  1.1.  p.  169  d.L,  est  une  grande  aiguille,  "^X. 
_Li_jL^,  ma  MJM  p.  37;  comme  aussi  en  Tunisie,  Stumme 
TGr.  p.  58  et  p.  74:  StopfnadeL  Rhodokanakis  RD  II  p.  155 

dit  que  J:y.j^U)  n'a  rien  à  voir  avec  h  *  -^wo  et  il  le  croit 
être  un  ^yéi,  591,  ou  Jyè  de  -L^,  ce  qui  se  dit  de  la  flèche 
qui  traverse,  ÔJ6  ou  ^yi,  et  au  fig.  traverser  un  pays,  comme 
ci-dessus  p.  667,6  d'en  bas.  Mais  en  Hdr.  et  en  Dt.  Ja^'  a  un  tout 
autre  sens,  vhv.,  et  le  pluriel  -bjL^,  aiguilles,  chez  D.  H. 
Millier  SAE  IV  p.  74,  12  et  29  =  mehri  mehôwit  et  soqot. 

mesêriq,   indique  un  sing.  -b^_:^,  que  je  ne  connais  pas, 

mais  qui  aurait  pu  être  contracté  en  ±>j^^,  quoique  pour 
le  moment  je  ne  trouve  pas  d'exemples  analogues.  ^î  ^ilt^. 

«^!,  imbécile,  pi.  qL3çç>,  Arabica  V  p.  137  n.  =  ^^«.i-l  vhv. 
C'est  pour  V~^»j=>,  v.  LA  IX  p.  434,6  d'en  bas. 


669 

Sur  JLi>,   i,  comme  verbe  réfléchi,  voir  sub  (^sj^, 

jli>,  seule  forme  verbale  usitée  de  ce  thème  dans  le  Sud, 
est  originairement  percevoir  et  se  faire  une  idée  ou  une 
image  de  qc.  par  des  indices  extérieurs-  ou  intrinsèques, 
su2jposer,  imaginer.  Les  lexicographes  expliquent  JL>,  i,  par 

^Jb  ou  j«i^".  D'après  K.  el-Açldad  p.  13,  jLi>,  i,  est  un  Ju^ 
indiquant  aussi  bien  le  doute  que  la  certitude.  Cela  est  trop 
subtil;  notre  je  pe7ise,  Je  crois  et  l'anglais  1  think  s'emploient 
de  la  même  façon.  Dans  le  Sud,  ce  verbe  est  le  terme  tech- 
nique pour  observer  les  nuages  pour  voir  sHl  va  pleuvoir, 
537.  Dans  les  contrées,  oiî  il  pleut  rarement,  comme  c'est 
le  cas  dans  toute  l'Arabie  méridionale,  les  phénomènes  atmos- 
phériques qui  précèdent  l'orage  sont  suivis  avec  attention 
1718.  Tous  les  regards  sont  dirigés  vers  le  ciel  lorsqu'on 
voit,  à  l'époque  des  Equinoxes  surtout,  des  nuages  qu'on 
suppose  pouvoir  déclancher  la  pluie  ^ML  ^<-=*jJ",  ou,  comme 

dit  el-Ciauharî  II  p.  182,18:  ^kl!  ^^^s  (LA  XIII  p.  241  a 

iaji  Lc?*^")-  Un  poète  de  Habban  a  dit  467: 

C'est  que  je  regarde  d'abord  en  conjecturant  avant  que  je 

voie  la  pluie^ 
Et  elle  (iCJu:5^i)   fait  des  éclairs  qui  brilleyit  au-dessus  d'el- 

Kadâ  (il  parle  de  la  guerre,  cf.  538  et  n.  3). 
Dr/an  el-Murqusî  a  dit  dans  la  qasîdah  souvent  citée: 

Dis  à  celui  qui  contemple  le  ciel  pour  voir  s'il  apportera 

la  pluie 
(Que)  la  pluie  {=  guerre)  s'est  levée  sur  les  vcdlons  depuis 

S.  et  au  delà. 


670 

V.  traduction  sub  yS^  p.  358.  Avec  J  de  l'objet  comme  ci  dessus: 

LfJ  t)-4-^j  s.J^'t  ^^iv^-i^,  ^e  pouvoir  (du  Dieu  =  ^a  guerre)  a 

retenti^  et  envisage  ses  conséquences,  104, 17.  ^_ki!  J^^v^  = 

^  J^. 

^)Ii>,  empêcher,  retenir,  retarder,  est  une  prononciation  pour 

J^  vhs.  1461. 

JJ:s^•  =  jJi:i.,  104  n.  5. 

Ce  verbe  est  très  classique  dans  ce  sens.  La  lurah  a  ,yl-=>, 

J^!  et  ,y^'  =  ci^v^  ^^^<s:ji   -LuiJ  ^U-v^^î  ^1-^")  LAXni  p. 

241,  avec  l'addition  significative:  J.*^!  *-«!  »^^j  i^I!  «.sj  bî^. 

I  el-Qùtîyah  (+  367)  p.  38:  ^^vil  Jo-^l^  ^jJzJJ  Ll^^l\  JLi-l 

U^  UgJjio  Ojp   et  aussi  ib.  :   iOL:L  ^-^Jl^^'j   uj'u^iXwJî   c>Ji^' 

^kUi  ^i^^s^,  de   même  qu'elGauharî  et  I  Sîdah  IX  p.  104, 

avec  la  variante  i:jL^./*JI.   Les  verbes  Jwli>,  S-^'t  c^^-^'  et 

Jw^!  s'appliquent   aussi   bien   à  l'homme  qui  regarde  qu'au 
nuage   qui  est  supposé  apporter  la  pluie,  Gaubarî  sv.,  Diw. 
Hod.  Koseg.  p.  42,7:   lïy  vULii»!  =  icL^J!  ^A. 
jLi>,  oncle  maternel,  pi.  Jt^!  160,  9. 

J«_.x3-,  chevaux,  1263,12;  1635  en  bas.  RO  pp.  99,8  d'en 
bas,  206,  11  =  ici  p.  659,  18  et  ici  p.  625,8  d'en  bas  c'est 
singulier,  et  ib.  p.  422  N°'  IX  et  X  il  traduit  i>_xii  par  le 
cheval,  mais  il  faut  ici  assurément  le  rendre  par  les  chevaux. 
RD  I  p.  33,  4,  JoJ>  est  aussi  Ross,  cheval,  et  ib.  p.  17,  13 
il.i>  est  jîiment,  et  SAE  IX  .p.  14  §  23,  oîi  Hein  dit  dans 


671 

une  note  que  „le  vrai  mot  hadr.  est  mahrali".  Mais  cela 
est  seulement  si  la  jument  est  une  pouliche.  Chez  Snouck 
ZA  26  p.  222,  :<J^^  est  jumeyit.  SAE  IV  Js_x3>  est 
partout  traduit  par  jument,  p.  e.  pp.  77,  17;  84,  24;  93 
§7,  correspondant  au  mehri  firhîn  =  (_^wj_i  et  au  soqot. 
bail.  —  Cavaliers,  472,5  d'en  bas;  473,  11  et  n.  1,  Hodeyl. 
Koseg.  =  Maràtî  éd.  Cbeykho  p.  85  v.  2:   J-^rS  '^^.^=^  3^3 

c>^-A-4^r> ,  bien  des  bétails  tu  as  pris  et  des  cavaliers  tu  as 
défendus,  où  Jwa=>  =  qL-w  j .  Mo^all.  ^Antarab  v.  44,  M  ^A  R 
p.  67  porte: 

Pourquoi  n'as  tu  donc  demandé  aux  cavaliers,  fdle  de  M., 
Si  tu  ignorais  ce  que  tu  ne  savais  'pas. 

El-Anbârî  donne  cette  explication:  oj^  Jyii  v_jli.  »1jjw  ^}à 

JwJi  ^11  J.XSJI  u3yo^  ...  )^-^-S^l  &11!  J-A3-'  On  peut  le  rendre 
par  cavalerie;  akkad.  h  iy  a  là  ni,  guerriers.  Tab.  I  p.  1533,  4: 
iji^JI  s^jLï  i^cioys  JwxJ>  oK  Ui;  e^  lorsque  les  cavaliers  des 
Qoreys  virent  la  poussière  de  la  troiipe.  Pour  une  maraude, 
^ji,  l'on  amenait,  et  on  le  fait  encore,  les  chevaux  en  même 
temps  que  les  chameaux  et  l'on  ne  monte  les  chevaux  qu'à 
l'approche  de  l'endroit  à  piller  (car  la  guerre  des  Bédouins 
n'est  qu'un  pillage,  absolument  comme  dans  notre  Europe 
„civilisée").  Voilà  pourquoi  le  sab.  ^^n,  l'aram.,  N^Tl  et  l'hébr. 
^Tl  se  traduit  par  Heeresmacht,  armée,  Cook  Aram.  Gl.  p. 
52;  Lidzbarski  HB  der  NSE  p.  273.  Buhl  dit,  Cles.-Buhl  sv. 
"^TI,  que  le  rapport  entre  ^Tl  et  J-^i»  d'un  côté  et  Jy>,  J.a:> 
de  l'autre  est  incertain.  J'ignore  si  l'on  a  identifié  ces  deux 
thèmes.  —  ^^  ,y^  est  selon  BBRAS  1902  p.  265  homard, 
disons  plutôt  langouste,  car  il  n'y  a  pas  do  homards  dans  ces 


672 

parages.  —  (jL>  302  n.  1  indique  la  prononciation  hâl  =  hêl, 

Bauer-Leander  Gr.  p.  202,  comme  hru<  j^,  force.  —  J^p- 

Hdr.  Gl.  sv.  p.  569. 

^3LI.i>,   cavalier,  423,4  d'en  bas.   J^J!   jLl^-,  qui  monte  un 

chameau,  904,  7;  pi.  ^JLli>,  473,9  d'en  bas. 

iUL-^-J^".  inf.  de  J^-1^,  vhv.,  537,  1;  1613,  10  d'en  bas.   On 

prononce  aussi  t  ah  î  la  h;  on  me  le  paraphrasa  par  Joa,  pluie.  — 
'»L^A,  nuage  noir  annonçant  V orage  et  la  pluie.,  39,6;  161, 

20;  878  d.L;  1718;  voir  ici  p.  669,7.  Ma  Festgabe  p.  21,2 
d'en  bas.  RO  p.  263,6  d'en  bas:  tâl.iit  lumhîle,  il  pleut 
au  loin;  propr.  la  mahîlah  est  tombée,  et  RO  ajoute:  „mot 
à  mot:  est  tombée  la  pluie  qu'07i  ^^ouvait  voir  par  bandes  de 
loin",  mais  kL^  n'est  pas  encore  la  pluie;  ib.  p.  418,  13; 
cf.  ici  p.  669,11  d'en  bas.  Socin  Diw.  Gl.  sv..  Diw.  Hodeyl., 

éd.  Kosegarten,  p.  42  N°  18  v.  1.  Tab.  I  p.  1080,  10:  ^Jl 
c^ju  'ïIk^^a  ^i:AjL,  j'ai  vu  un  nuage  de  phiie  hiire  en  faisant 
des  ('Clairs.  Labîd  XL  v.  47  en  parlant  du  vin: 

délicieux,  7nêlé  d'eau  pure  d'un  nuage  de  pluie. 
La   situation   peinte   par  el-Bohârî  IV  p.  .109  est  celle  de 
beaucoup   de   monde   dans  le  Sud  de  l'Arabie:    \3\  ^J:,JJ>\  ^^ 

ioLi    >wg.^5     rfr^-'3    ^r^3i    d'-^'^i    j-^'-'lî    i)^'    -L-fw.!!    ^X    ^-i*^'    (^K 

\;j:  i^y^  ^Uw.j)  o^L/sl.  Absolument  le  même  état  d'esprit  que 

décrit  si  bien  Carmen  Sylva  dans  une  lettre  publiée  dans 
Westermanns  Monatshefte  1916  Mai  p.  397/8.  Bevan  Naqàid 
Gl.  sv.  traduit  ïL^  par  sign,  symp)tom. 

j.L=>,  i,  a,  à  peu  près  le  même  sens  fondamental  que  ^  et 


M 


673 

ses  congénères,  vhv.  v"-^  ^  ]y)\.=>  ou  JbJiJt  J,  ou  avec  ^^c, 

z7s  ow^  agi  en  poltrons;  ils  se  sont  retirés  bredouille  Dt.  LA 
XV  p.  84/5.  Hocjeyl.  Wellh.  N°  188  v.  1: 

,-o  05  J50-OÊ  OCO-w  O  ^O  5  

Je  szm'-s  to???6e  sus  aux  chèvres  du  (xf  limite  et  je  n'ai  pas 

été  lâche, 
Et  je  l'ai  détourné  d'elles  par  des  flèches  lisses. 
'Âmir  b.  et-Tofeyl,  éd.  Lyall  p.  135,  6  dit: 


^?o?'s  je  transperçai  ^A  A  là  avec  im  coup  de  lance, 
Devant  lequel  tout  défenseur  et  tout  repousseur  était  lâche. 

Abu  Zeyd  Nawâdir  p.  132. 

Mo'all.  'Antarah  v.  66,  M^AR  p.  86: 

Lorsqu'ils  se  mettent  en  garde  avec  yna  personne  contre  les 

javelots,  je  ne  recule  p)as  lâchement, 
Mais  la  place  pour  avancer  m'était  devenue  trop  étroite^ 

où  j.Li>  est  expliqué  par  q>->,  ^*/to  et  Jio. 

Un  tel  homme  est  dans  le  Sud  |.L=>  Jb-,,  im  lâciLe,<^l=>,  vhv., 
nous  dirions  qu'il  n'est  pas  en  odeur  de  bravoure.  Un  Datînois 

me  dit:  frh*^^^  »^l^.  lt-jL*-^  ^  ;^j^'  ^  ^'^^r'^  (*t^-j  l'homme  est 
lâche  (pr.  il  sent  mauvais)  lorsqu'il  se  retire  (rectde)  et  n'ose  faire 
face  à  l'adversaire,  où  [.L=>  =  *=>.  On  voit  donc  que  ^  ^l=>  = 
^•y^»,  (j^j  Sihâh  et  L  A  XV  p.  84,  5  d'en  bas  est  secon- 
daire. —  ^=>  se  dit  de  l'odeur  qui  se  répand:  ic^s:\jtjt  c>v-»^ 
iC>J^it  =  ^:>JL^3  c>^./cLït,  LA  1.1.  Dans  U-^-^  (j^^  c>«-«-> 
L^_x_5^   !o!,   Sihàh   sv.   M'^AR   p.  87   et  LA  11.  p.  85,14, 

43 


674 

où  ^1 >,  =  t»\ — =>î,   me   paraît  être  pour   ^1 — s,   i,  <  j.1 — isî, 

ce    qui   est    tout-à-fait   l'expression    syrienne,    Pr.    et  Dict. 
p.  11   et   ib.   Gl.   sv.  et  je  me  demande  si  ce  n'est  pas  de 

même  dans  la  Tradition  ^\  ULë  Jb>jJî  aï  J»-^>s^x.w-}  ^^\  L^>t  ^J^ 

^\y^^\^  é^\  ^\j  yo  pUj  U/,  LA  XV  p.  84,  7,  Nihâyah  sv., 

Magma"  bihfir  el-An\vàr  sv.,  expliqué  par  ^\.=>,  i,  et  j*-ç>  = 

^bClLi  j.lj1,  avec  les  variantes  j«-:5^jc^I  et  j«-:s\jc^î.   Je  fais  en 
outre   observer  que  J  ^.1»^-^!  dans  les  dialectes  de  Dt.  et  de   • 
Hdr.   veut  dire  rester  là  pour  attendre^  vhv.   ^  et  o  per- 
mutent souvent  dans  nos  dialectes,  voir  au  début  de  cette 
lettre  et  passim  dans  le  Glossaire. 

iL-*._A_=>,  tente  des  Bédouins,  20,  5,  et  en  général  n'importe 

quelle  tetite,  >  ■!L.*^=> ,  19,  15,  17;    550  n.  3;  "562.  PI.  ^>, 

19,6;    562,   et    ^L^i>,    RD   Gl.  sv.,   Naqàid  Gl.  sv..  Mehri 

haymêt,   te7ite.   En  éthiop.,  aussi  'i.fc""^  (haymat),  Dill- 

mann  Lex.  p.  610.  Sihâh  sv.:    ^J^  s-y*-^'  Vï-*-h'  ^^>^  iU^iî 

i«>A.5>3  oUa>  J-^^  ^j^uxjIj  qLw.   I  Sîdah  V  p.  135  et  s.: 

Q^   Jyt    O^^^    yF^^':'    tM-'^i   U^;î>^    '^    J^'^.-'.3    -îà/Jiil    i3    v^-A^^j 
*._*.i>3    f^V>5    I». '.*■■'>    .<.*4^3    iC*.A:è\JI    ^    :iAj.O    qjÎ    .  iiLyAi>^L    On 

observera  qu'elûaubarî  dit  ^-j^tJ!  tandis  que  T  Sîdah  a  vj;^'^^' 
LA  XV  p.  83  reproduit  le  dire  de  L  Sîdah  avec  des  l\5>^, 

tels  que  Zoheyr,  mon  édition  p.  180,7:   ^^  jT  %  oi.>-j  J^ 

J^^^isJ-o  ,  =  Sihâh   sv.,   et  il  n'en  est  resté  que  des  perclies  à 

fourches  de  tentes,  les  unes  sur  les  autres.   Ici  L\*i2>u  doit  se 

rapporter  à  jT  qui  est  collectif,  car  AaLu  *_^s»  offrirait  une 
situation  abnorme;   la  construction   de  la  phrase  n'est  pas 


675 

bonne.  Je  ne  crois  pas  que  f>~^  puisse  ici  signifier  o|. 
voir  la  définition  d'Ibn  es-Sikkît.  Il  paraît,  d'après  l'expli- 
cation des  dictionnaires,  que  j*-^-3-  était  originairement  un 
toit  d'abri  fait  de  perches  couvertes  de  branchage  et  que  ci«.*j 
était  une  tente  en  étoffe  de  laine,  v^'  cp'  ^-^  ^^  P-  ^^ 
en  bas.  ?me  cabane,  un  cabanon.  D'après  Abu  Hâtim  es- 
Sigistânî,  Lane,  iU^i*  cqrrespond  au  persan  »:oio^i>,  a  high- 

pitched  roof  (Palmer)  et  qui  a  donné  l'arabe  du  Nord  {J'_^^=>  vhv. 
I  Sîdah  VI  p.  3  et  LA  XVI  p.  159,  7  d'en  bas  citent  I. 

el-Kelbî  qui  dit:    jr^  ^^  'Alâxi  ,j»o!  q^  K-aïj  :KjCw  l- y^'  ^^*^ 

Aujourd'hui,  ^Li»  est  hors  d'usage  dans  le  parler  courant;  c'est 

un  JLsts  régulier,  63  n.  1.  Voir  LA  sub  j^  p.  102.  V.  Additions. 

Une  autre  question  est  de  savoir  si  j*-^>  est  un  collectif, 
ce  qui  paraît  être  le  cas  si  l'on  étudie  bien  ce  que  disent 

les  lexicographes;   Naqâid  Gl.  sv..  'i>.*^,=>  pourrait  alors  être 

le  n.  unit,  de  (•-tv^,  ou  bien,  si  f^-^  est  un  singulier,  un 
diminutif  de  ce  mot.  Le  vague  des  lexicographes  est  ici 
surprenant. 

S.  Fraenkel  considère,  A  F  p.  30,  iL*-A^  comme  un  mot 
arabe  pur,  quoique  l'étymologie  en  soit  inconnue.  Vollers 
ZDMG  50  p.  631  est  dans  le  doute  concernant  son  origine 

arabe..  Je  veux  être  hardi  et  je  propose  ic**i>  <  x*jLj>  <  iu:ïl;. 
El-Qeymah  ou  el-Qômah  est  le  nom  de  plusieurs  loca- 
lités dans  le  Sud,  voir  mes  Indices,  surtout  Arabica  V. 
D'après  ce  que  j'ai  exposé  p.  545,  ^  permute  avec  \Jé;  voir 
ici  sub  j.Li>  =  j.l3.   LA  XV  p.  83  en  bas  à  propos  de  iU^>, 

w  Û 

dit:   iJ_5;ÀJt    iA-jLc    ry-j^    Lg.j'ii    tiUiAj    lii^^A^.^    bL^li'bSI    *«iua:^uJ!    J^-ol 

iU^:>  c>>-M./^.  J'ai  toujours  pensé  que  j^p-  est  le  dénominatif 


676 

de  x*^>.  La  lurah  a  ^^'^  bâtir  un  'iU^=>,  Mo'^alL  ^Antarah 
V.  31,  M^APt  p.  31,  où  il  faut  assurément  lire  ^Lco  JJi» 

^^^'^'j'i  et  non  j*-a^ùlIî,  ce  qui  donnerait  une  drôle  d'image. 

Le  comment.  d'Abu  Bekr  el-Anbârî  dit:   (^JJî  'e^'  (*i^' 

isU-oi    «A^Jo    i^oXJî    J.>J!    AJ^^èiClij    iU^    uVrs^Xj. 

Pour  que  'U^  <  isU^  ^)  ait  quelque  chance  de  probabilité, 
il  faut  que  ce  passage  de  o  à  j.  ait  eu  lieu  à  une  époque 
fort  éloignée,  sans  quoi  on  ne  saurait  expliquer  l'extension 
de  cette  forme  iU-^  dans  tous  les  pays  arabes,  en  éthiop. 
et  en  mehri.  Il  se  peut  que  heymah>hémah  soit  à  l'ori- 
gine un  permansif,  car  en  akkad.  les  verbes  secundœ  w  et  y 
font  fêl,  p.  e.  kên  =  ^^l^,  mêt  =  c^Lo,  Del.  Gr.  pp.  242; 
164  n.  et  §  37;  Ungnad  Gr.  p.  7.  Il  ne  s'ensuit  pas  que 
l'arabe  heym  soit  postérieur  à  hêm;  au  contraire,  la  diph- 
tongue, devenue  une  longue  en  akkad.,  doit  bien  être  anté- 
rieure à  la  longue:  ay>  ê.   iL>.3>  ne  me  paraît  point  venir 

de  Ij<=>,  v.  p.  675, 11,  comme  le  dit  LA  sv.,  parce  qu'on  s'y  cache 

*-^  Ux:^.;  le  pluriel  KxAi>!  est  celui  d'un  singuher  ^JL*:,  le  même 

que  dans  ^1— o  pi.  jl^jÛiÎ.  Le  hamza  de  ^L^  et  ^Lo  est  en 

vertu  de  l'accent.  Les  verbes  de  1/~La_>  sont  sans  doute 
dénominatifs,  comme  aussi  ceux  provenant  de  ^U^-  L'éty- 
mologie  de  ^L>3-  pourrait  bien  être  cherchée  dans  l/~[^_*-s: 

iUJI  oj-^ï  =  x:c«j,  LA  sv.  et  nous  aurions  alors  un  pendant 
du  passage  de  o  à  ^  dans  iC-*^  de  .sU-xï.   Sans  cela  £L»-=> 

n'a  pas  d'étymologie  en  arabe,  car  j'écarte  aussi  bien  Lx3>, 
i*3n  que  ^jJ>,  s'éteindre.  Voir  Additions. 


^)  (^'^>  qeym  >  qêm  en  Dt.  et  en  Hdi*.:  yëtemmi  gêm  fôg  el- 
m  e  t  î  r  e  h ,  il  reste  toujours  là  occupé  au  champ,  Z  A  26  p.  224  n.  2. 


677 

Comment  peut-on  admettre  qu'un  mot  qui  désigne  une 
chose  tellement  essentielle  dans  la  vie  des  Bédouins  et  sans 
doute  la  même  depuis  les  temps  les  plus  reculés,  soit  d'ori- 
gine exotique,  même  araméenne?  Vollers  fait  o.  et  1.1.,  cette 
remarque:  „Originairement  habitation  la  plus  primitive,  il 
paraît  peu  à  peu  être  devenu  synonyme  de  o-^j,  tente".  Si 
u>tH  ^ï'  été  „originairement"  le  nom  de  cette  „habitation  la 
plus  primitive",  il  me  semble  qu'il  n'ait  pas  eu  besoin  de 
se  simplifier  davantage  pour  devenir  tente,  qui  est  déjà  une 
habitation  primitive,  car  les  autres  habitations  ont  les  noms 
spéciaux,  tels  que  (ji..ft>,  ij^y^j>,  ^_o,  j^js^^  lA^;-^)  t^j^j 
etc.,  vhvs.,  pour  ne  pas  oublier  oiii:>  et  J.6.  Or,  c>*.aj,  vhv., 
a  aussi  passé  par  cette  évolution  sémasiologique,  dans  le 
courant  de  la  plus  grande  civilisation  arabe,  jusqu'à  signifier 
„ maison  construite  en  pierre",  que  les  Qoreychites  appelaient 
j«-j>î,  jv-is!,   Kowalski  Diw.  Qays  b.  el-Çatîm  p.  XV  et  ss., 

^ya>  et  ^,  vhv.  I  Sîdah  V  p.  125  d.  1.  ').  L'arabe  a  aussi 
le  vieux  mot  ya=>  qui,  d'après  I  Sîdah  V  p.  121,  4  d'en  bas, 
est  v^_7-c^'  ^j-^  cr  jr^î-^'  et  LA  V  p.  323,  7  d'en  bas: 
L_j)jc'b5î  oj.aj  ?^-^_y>  f^3^è^j\  et  ib.:  ^^-^j^  Ljî^jt  oj-^^  jj-.  y^i^^! 
.jLuJa.1  =  Qâm.  et  T  A  sv.  Cela  n'est  pas  bien  précis,  et  je 
ne  sais  comment  interpréter  ce  ouU  itj:oy>.  Ici  on  pourrait 


')  L'étymologie  de  r^  <  Ka^rpov  byzantin  <  caslrum  ne  me  paraît  pas 
absolument  sûre,  malgré  Guidi  Délia  Sede  p.  16  et  Fraenkel  AFW  p. 234; 
Walde  p.  139;  voir  Jaussen  et  Savignac  Mission  archéol.  p.  66  n.  1;  Lam- 
mens,  Berceau  pp.  169  et  369;  le  français  château  a  aussi  pris  le  sens  de 

villa.  I  Sîdah  V  p.  125  en  bas  dit:  .Ui.Jo'^!  q^  *>X'i».^  «^  ^y%  y^  ^j**^ 
;j*<-A^j    ^il  y^'J    Jw-ot^,:  et  l'autour  d'el-'Ayn:  iU^L^i  .tiAit  'S.y^\-, 

cf.  LA  VI  p.  411,9  et  ss.  Mais  j'avoue  volontiers  que  l'étymologie 
gréco-romaine  me  paraît  plus  probable,  vu  la  présence  des  castra  en 
Syrie  et  en  Palestine. 


678 

penser  à  —ajlJs,  avec  permutation  de  ^  et  p,,  voir  p.  545 
et  p.  674. 

Les  Bédouins  du  Sud  de  l'Arabie  vivent  en  général  moins 
dans  des  tentes  que  les  grandes  tribus  nomades  du  Nord. 
Il  y  a  cependant  plusieurs  clans  qui  ont  des  tentes,  ainsi 
qu'on  pourra  le  constater  dans  l'Arabica  V  et  la  Géographie 
que  je  publierai  des  autres  parties  de  l'Arabie  Méridionale 
entre  le  Yéman  et  Hdr.  La  description  assez  détaillée  d'une 
tente,  N^  2  de  mes  textes  datînois,  s'applique  à  toute  cette 
contrée.  La  tente  sert  aussi  d'habitation  à  ceux  qui  gardent 
les  troupeaux;  cf.  189  n.  2  et  1872  sv.  tente.  Les  Bédouins 
et  les  Xx£.  pauvres  habitent  dans  leur  ic-j»  vhv. 

Les  Bédouins  de  Hadramoût  n'ont  pas  de  jk^  o>*-J'  Les 

noms  de  jjt^  vi^^r^  et  de  ic.*-ç>  y  sont  inconnus,  d'après  les 
Hadramites  que  j'ai  consultés.  Ils  habitent  dans  ^e's>  cavernes, 
J-à,  pi.  ^^t_^,  ou;^ii>,  pi.  LJ'ji:>!  vhv.,  dans  les  montagnes. 
Ils  fabriquent  aussi   une  hutte  avec  des  branches  d'arbres, 

ù       5 

;ji._j_c,  pi.  tjiij— c  vhv.,  et  mettent  le  bétail  jeune  dans  un 
enclos  en  pierres,  „à  hauteur  du  ventre  de  l'homme",  j.yo, 
pl.  (.3-^^  vhv.  Ils  n'ont  pas  de  chevaux,  mais  beaucoup  de 
chameaux  et  de  bêtes  à  laine.  Bent,  Nineteenth  Century  1894 
p.  321,  dit  avec  raison  des  Bédouins  de  Hdr.:  „they  never 
live  in  tents  as  the  Beduins  of  Northern  Arabia;  the  richer 
ones  hâve  quite  large  houses,  whilst  the  poôrer  ones,  those 
in  Shabwa  and  Wadi  Adim,  for  instance,  dwell  in  caves". 
J'ai  longuement  parlé  de  u5l«:>"^!  o^Ij  dans  mon  volume  sur 
le  Hadramoût  p.  148  et  ss. 

^J^=^\j  dans  W.  Mayfa'ah,  Hdr.  Gl.  sv.  ^^;  cf.  y^. 


679 

^J:^,  rosser  q7i.,  à  l'est  de  Dt.  Aussi  =  é^-,  c'est  sans  doute 
une  prononciation  hadramite  pour  le  classique  L;^  =  ^>jCj, 
I  Sîdah  V  p.  m,  I  et  LA  sv.  Cf.  y^>^  et  ej>:>,  vhvs. 


>  t  :   iCxjJOo  <C  iiJU(A/9  <C  ij^JuX/o,   64,  25. 

<o,  1398:  Jo  <C  ^J^  <  i^J^  <  ^_çl-^ .  La  lurah  offre  une 
foule  d'exemples. 

<  (_p.  ou  ii?:  L\ii  et  (ji2^j;  ol3  et  (j:<2l3;  o!c  et  (jrî;  j.AS'  et  *Ai2i, 
704;  eUo  et  ^A^r^,  RM  TA   p.  452;  1281  n.;    1398,  1899. 

Voir  J.I3,  JK/i5,  J/to,  3^  et  ^Xo  vhvs.;  cf.  Jc>,  ^<j>,  vhv.  Prov. 
et  Dict.  p.  872. 

< -b,  OU  vice  versa,  comme  ^jjo  et  \JiL>  1221  où  exemples; 
L>o  et  l^dj,  1190  n.  2;  ^l>J  et  ^,  comme  K^A^  =  K^i^i 
vhv.,  mais  le  d  est  probablement  ici  emphatique,  119  n.  6, 
145  n.  6;  oi_:>L>  et  oUJ^  vhv.  Arabica  V  p.  301  et  ici 
aussi  1596. 

^J  est  très  rare,  1190  n.  1.  En  voici  quelques  exemples 
que  j'ai  pu  trouver,  ^^^c»  et  v^j  1192  n.  !.•,  1458;  ^o  et 
Ksl  et  jJil,  vhv.;  l\^p  et  J.^^,  1179  en  bas,  qui  peuvent 
aussi  être  deux  élargissements  de  V~\J^^',  iA*-<  et  Jooo  = 
^jJUi-t,  Haffner  AL  p.  46=  I  Sîdah  XIII  p.  286,  4  d'en  bas, 
LA  IV  p.  298,  8  et  XIII  p.  494,  11,  sur  la  foi  de  Ya'qùb 
(Haffner  1.1.),  arracher  avec  un  coup  sec,  enlever  en  arrachant, 
Meyd.  Prov.  II  p.  928,  LA  sv.;  on  comparera  pourtant  J^jw,  vhv, 
ma  LB'A  p.  l,ll,quiest  aussi  courant  dans  le  Sud  et  en  mehri; 
oyow  et  J^<*^  =  Lr_^  L  A  et  I  Sîdah  XIII  p.  286,  5  d'en 
bas;  cf.  ck^  et  JoC^  et  JJic;  la  permutation  ne  me  paraît 
pas  ici   hors  de  doute;  cL>,  i,  et  JLo,  i,  LA  IV  p.  420;  cf. 


680 

-Le,  i,  et  ^J^L,  i;  <3^,  montagne,  et  JJ^,  Lidzbarski  Ephem. 
II  p.  381,  ZDMG  53  p.  20.  On  a  aussi  cité  u^Li!  KâlàiJ.ac^ 
diamunt,  Vollers  ZDMG  50  p.  618,  Haupt  ib.  61  p.  195 
(qui  y  donne  aussi  T  ad  mur,  T  a  t  m  u  r  =^  Palmyra),  tiehn 
KulturpAanzen*^  p.  576,  mais  ce  mot  paraît  au  contraire  être 
l'akk.  elmêsu,  diammit,  Delitzsch  HWB  p.  74  Muss- 
Arnolt  p.  47,  et  dont  les  Grecs  ont  fait  àlâiJt.x.ç.  Ruzicka 
0. 1.  p.  52  ne  cite  pas  un  seul  exemple  arabe  de  d  >  I. 
Brockelmann  o.  1.  I  p.  221  en  donne  quelques  exemples, 
mais  qui  ne  sont  pas  probants:  ''arqala>irqadda,  eilen, 
mais  JJj.t  =  ^^!,  trottiner^  se  rapporte  à  Jo-j=>,  |)Jy>,  J^y>, 
^y^  et  à  J-=>j5>,  vhvs.  et  les  l/"~J..sV,,  J^^  sont  sans  doute 
une  variation  phonétique  de  J^^,  ragala  =  rakala,  cf. 
Bittner  Stud.  mehri  II  p.  148,  comme  |/~_  .,  rag  =  o,  et  ^iJ., 

développée  en  ijaS.,  et  comme  V~'p'\  a  donné  "ip"i;  l\ï^]  est 
"lp"i,  j.s^  et  le  babyl.  raqâdu,  1259.  En  outre,  il  donne 
tamîl,  tamîlat  et  tumâlat,  Wasser-  oder  Speiserest,  en 
général  résidu  d'une  c/^ose,  >  t  a  m  a  d  ou  timâd,  Wasser- 
rest,  sur  lesquels  voyez  Amâlî  p.  18  et  s.  A  cela  je  fais 
d'abord  observer  que  la  V~^  est  ici  une  variation  phoné- 
tique de  J^*w,  vhv.,  et  puis  que  le  rapprochement  avec  o^, 

G    o   _         G 

qui  dans  ses  dérivés  lA-^-ï',  iA-*-i  et  oL-^J  offre  certainement 

quelque  contact  sémasiologique,  me  paraît  fort  douteux.  J^y 
=  l\x)4  ont  bien  l'air  d'être  une  permutation,  à  moins  que 
lXxi y  ne  soit  une  prononciation  Joy  <  J^i ,  ce  qui  n'est  pas 
probable.  On  voit  donc  que  d  >  1  est  d'une  extrême  rarité  en 
Arabe,  ^l,  <^,  vhv.  ne  saurait  venir  de  !3]>  b],  qui  ne  se 
dit  du  reste  qu'en  Algérie  et  au  Maroc,  tandis  que  "bJ  >  1^]  est 
répandu  dans  tous  les  autres  dialectes  arabes.  Sur  '^]  =  !o! 
V.  ici  p.  99.  —  !a=>,  chanter,  vhv.  et  l'abyss.-tigré  hala(?).  — 
Cf.  le  sab.  b  ou^o,  vhv.  =  ^,  Praetorius  ZDMG  53  pp.  13  et  16. 


681 

Bittner  St.  sh.  I  p.  11  n.  1  signale  le  mehri  bâl  <  ba""!, 
maître  >sh.  ''al  que  D.  H.  Mûller  a  aussi  noté  "ad,  "âdi  et 
"^âdi,  mon  seigneur  =  mo7i  Dieu,  mais  ce  ''ad  provient  de 
"aii,  1189  et  ss.,  ce  qui  est  caractéristique  pour  la  pronon- 
ciation de  1  <  i  et  ne  peut  ici  servir  d'exemple  pour  d  >  I. 
Voir  Additions. 

Développement  par  ult.  o,  c'est  à  dire  ^  >  l\*2,  632.  On 

peut  y  ajouter  o,  et  «Ai^;  >LJ  et  lXJ;  ^ji^  et  lX^^),  1179 
en  bas.  Cf.  sub  c>Ji^  et  lXàs'. 

o  <  da,  de,  d  devant  une  impératif,  1090,  2  d'en  bas; 
extrêmement  commun  dans  les  dialectes  de  Mésopotamie, 
Meissner  MSOS  V,  ii  p.  94,4;  ib.  VI,  ii  pp.  78  N°  4  v.  1; 
80   N°  5  v.  1;   88,2  d'en  bas;   90,2  d'en  bas:    108,2  d'en 

bas;  120  N°  24  v.  4.  C'est  le  syrien  ^J^^,  shv.,  expliqué 
Prov.  et  Dict.  p.  273  et  s.  et  le  doute  de  Meissner  est  par 
là  dissipé.  Dans  quelques  dialectes  persans,  on  met  aussi  un 
hâ  devant  l'impératif,  Nôldeke  Cleschichte  der  Perser  und 
Araber  p.  335  n.  2. 
o>j  1253. 

\ù 

<  !o  employé  en  Egypte  comme  particule  d'exclamation  ou 
d'appel,  492,  10  d'en  bas. 

^*> 

négation^  "^  dans  le  dialecte  himyarite  417  et  n.  5,  =  iu> 
418  n.;  1193. 

^^ÎlXJ!  o>>o.  Ahmed  b.  Dâbî  dit  dans  une  qasîdah: 

0  fille  de  h.  ^Alwànl  Quelle  langue  douce  que  tu  as! 
Réponds  par  une  mélodie  {un  cha^it  dân)  ou  bien  charité. 


682 
Le  poète  Hù  'Alwâ,  ]  814  en  haut,  dit  dans  une  qasîdah  (basît): 

J'a/  entonné  une  mélodie^  mi  chant  et  un  d  â  n , 

Ils  disaient  alors  :  En  vérité,  sa  passion  approche  déjà. 

C'est  à  dire,  il  est  inspiré  par  sa  'iSA:>  vhv. 

Sur  ce  mot  ^^b,  voyez  Arabica  III  p.  46  et  p.  53  et  ss. 

Cf.   à  propos  de  s!Aj  L  »L\j  L  I  Sa'd  I,  i  p.  3  en  haut,  et  à 

propos  de  ^  ,^3,  TA  X  p.  134. 

Je  suis  persuadé  que  l'étyraologie  de  ce  mot  est  à  chercher 
dans  l'onomatopée,  imitation  de  son,  1/~qO,  dont  la  variante 
consonantique  est  ^'  et  ^^,  avec  beaucoup  de  dérivés.  De 

là  vient  l-jLjlXJ!  ^o,  bourdonner  (insecte)  =  ^^j»  et  ^^J■^>^o, 

marmotter,  Qâm.,  avec  les  substantifs  qaj^,  (inf.  des  verbes 

de  son),  ^^Ajo  et  iuJJo  LA  sv.,   Muzhir  II  p.  196  et  Dozy 

sv.,  ^wXJo  et  qS^AJo ')  ^  iLjAJo,  LA  sv.  qui  cite  Rûbah  et 

oiï  il  dit  que  ^lÂjj  et  KJÂjo  est  =  ^^J^^  et  iC>LLlb. 

En   SjTie  et  en  Egypte,  q^^  est  aussi  marmotter  entre 

les  débits,  et  q^I^  y  est  tinter:  ^la^Lj  (j/..^!,  la  cloche  tinte; 

^^^kLkj  ^cCaJsji  \S)  ^^:$^K2l\,  si  tu  frappcs  V assiette,  elle  limite,  = 

^^.  ;  aussi  trans.  :  u^^ll  ^jli.kL> ,  somie  la  cloche,  et  au  fig. 

seriner,  répéter  souvent.    La  I^^q^  onomatopéique  est  donc 
l'expression  d'un  son  ou  d'un  ton. 


')  Tab.  III  p.  918,4  donne  le  nom  d'un  maulâ:    ^^cJiAiuVJl   ui^-j^JJ, 

o  ,  C-         o 

OÙ  il  faut  sans  doute  lire  ;3tL\iLXJt ,  en  analogie  avec  {^}<>  =  o"^"^  * 
LA  "VII  p.  17,2;  il  était  peut-être  ainsi  appelé  parce  qu'il  fredonnait 
des  ,..!AjO  ou  qu'il  chantait  des  chansons  d  â  n. 


683 

Cette  onomatopée  se  trouve  également  dans  les  langues 
indogermaniques:  ton-are,  Walde  p.  786,  et  p.  780,  tinnire, 
tmire,  tintùmare,  où  d'autres  rapprochements.  Mais  si  le 
grec  TÔvoç  veut  originairement  dire  tension,  corde,  de  rsivco, 
tendre,  on  ne  saurait  comparer  notre  K~q>->,  ^  avec  le 
latin  tonare,  tonus  >  notre  ton.  Falk-Torp  rapproche  rôvoç  du 
sanscrit  tâna,  fil,  to7i  musical  <  indogerm.  ten,  tendre,  et  ce 
serait  donc  la  même  sémantique  en  grec  qu'en  sanscrit.  Cepen- 
dant, bien  des  mots  grecs  renferment  le  phonème  tov,  voir 
les  dict.  grecs  et  Boisacq  DELG  sv.  bpkiy.oi,i  p.  351  et  rov- 
bopùc^a  p.  975,  qui  ne  me  paraissent  pas  pouvoir  se  ramener 
à  rôv-oç,  tension,  corde,  mais  plutôt  à  l'onomatopée  ton  ou 
don,  dun,  dor  qui  figure  dans  plusieurs  langues  indo- 
germ., cf.  Boisacq  o.l.  p.  351;  l'interjection  française  dindin! 

Pour  ^b,   on   pourrait   comparer   notre   donner  le  ton  et 

chanter  sur  un  ton  =  ^^^\  jlxi.  On  l'appelle  aussi  ^^b  q:^', 
sur  lequel  voyez  Snouck  Festschrift  Nôldeke  II  p.  99  ^). 
Hdr.  p.  231,  une  chanson  commence  par  le  prélude  dàn 
dân  yâ  dâna,  mais  cela  ne  représente  pas  le  mètre.  Ce 
prélude  est  appelé  LlxJI  (j*L«,  la  base  du  chant,  et  se  rap- 
porte probablement  à  la  mélodie,  à  moins  que  ce  prélude  ne 
serve  que  pour  voir  si  le  chanteur  n'a  pas  „un  chat  dans 
la  gorge",  comme  le  copiste  essaie  sa  plume  en  écrivant 
quelques  mots  pieux  qui  ne  font  point  partie  du  texte, 
Arabica  II  p.  45. 

Marçais  RMTA  p.  432  traduit  ^lXjo  par  fredonner  et  il 

y  dit  que  „les  énigmatiques  syllabes  ^.^b  ^b  sont  employées 

couramment  dans  la  scansion  des  mètres  de  poésie  vulgaire 
et  comme  refrain  des  chansons  par  les  Bédouins  du  Tell 
oranais".  En  Dt.,  ^<J6c>  est  chanter  une  mélodie  qui  prélude 


1)  Voir  aussi  mon  mémoire  Ragaz  et  mètre. 


684 

par  ^^b  (jb.  En  shaurî,  dénden  a  la  même  sens:  chanter 
la  mélodie  odénu,  Bittner  St.  sh.  II  p.  43.  D.  H.  Mûller 
SAE  VII  p.  148  §  16  (soqotrî):  „be  erré  (=  nré)  dé 
habôt,  be-dé  libelebid  (la-la-la  la-la-la),  be-dé 
idénden  (odénu-odénu),  nous  chantions,  qui  un  habot 
chant  de  marche^  1653,  et  qui  une  mélodie  (la -la-la)  et  qui 
un  odénu-odénu  (qÎ^aJ!  q-^^J)",  selon  la  traduction  de 
D.  H.  Mûller.  De  cela,  je  déduis  seulement  que  ^^^  est 
chanter  une  mélodie  qui  débute  par  cette  onomatopée  ou  qui 
est  chantée  tout  entière  avec  ces  syllabes,  ainsi  que  je  l'ai 
souvent  entendu  dans  la  Sud,  et  alors  le  odénu  serait 
justement  le  nom  de  ce  chant.  D.  H.  Mûller,  ZDMG  58  p. 
783,  3,  dit  que  ^o  d  i  n  est  un  verbe  diminutif  pour  chanter, 
<^od,  marcher,  voir  ici  p.  383.  Peut-on  penser  ici  au  grec 
âlco,  chanter?  —  Sur  le  Zindali,  voir  Additions. 

Jb,  marcher  d'un  pas  cha?icelant,  trottiner,  1288;  cf.  "Sô  ^o 


et  Jb. 


r'^. 


j.b  =  ,^e^  et  |_c^,  1599.  Un  autre  j.b  classique  >  j*£l>  vhv. 

Çjo,  i,  u,  même  sens  que  dans  Belot,  674;  1221;  1372.  Ono- 
matopée; cf.  yiO  et  |_^l3,  ramper,  Hdr.  Gl.  sv.,  et  u^L  vhv.  — 

w  3  û    w  w        3  O 

Se  remuer  pour  gagner  sa  vie.  '..^^^  \-a  -^j-jj  v^-^^  -r*-^5 
grandis  et  gagne  ta  vie  et  épouse  ce  que  tu  aimes,  prov. 
datînois,  Hdr.  p.  138.  —  Survenir.  J^Ji!  U_Jl£  wjo,  la  nuit 
nous  survint,  nous  surprit,  =  Lylc  ^.^  =  ^  ^j»,  ib.  p.  194 
=  Nord  ^  JwJJt  ûv/to,  ma  LB'A  p.  3,4.-  Cf.  Haffner  TAL 
p.  64,  15;  l;o=  lo  I  Sîdaii  III  p.  102,  vhv.  -  Déblatérer 


685 

contre,  ^.  Aussi  en  Egypte.  ^  I^jJu,  ils  déblatérèrent  contre 
eux,  Bàsim  27,  7.  Cf.  IDI  Ges.-Buhl  p.  153,-  ^^xu.  et  ^c^.— 
Remplir,  ^c^j^  v^'  p;3;'  Cj*^»  ^^  /""^^^  5"^  i'a27?e  remplir  mon 
ventre,  Basim  p.  30,  2.   —  oy^î  ûo,  criailler,  ne  se  dit  que 

des  femmes,  ib.  p.  37,  1,  Eg.  c^I^Î  ^c  o^^^t  î^o,  e/fes 
jetèrent  des  cris  sur  le  mort,  Syrie.  Crier  à  l'alarme. 
^A-LJî  ^  ^^j^  i^-*-2  o>>>^!  1>-J^>  ils  crièrent  à  V alarme: 
il  y  a  le  feu  dans  le  village,  Syrie.  Cf.  jo,  ^kc>  et  ^3  vhv. 
et  le  babyl.  dabâbu,  parler,  raconter,  Amarna  Gl.  p.  1398.— 
Xoj»  <  iLjb,  ânesse,  70,  5;  711,  3  d'en  bas;  1398,  1.  Glaser 
Peterm.  Mitteil.  1886  I  p.  7:  „dâbbe,  Schaf  und  Stier,  im 
Allegm.  Schlacht-  oder  Nutzvieh."  RO  p.  11,  5  d'en  bas: 
dâbbe,  animal.  Meissner  NAGJ  p.  121:  kîb,  Tier,  bei 
den  Meidanarabern  spez.  Bûffel.  On  voit  donc  que  l'appli- 
cation de  ce  mot  varie  selon  les  différentes  contrées.  J'ai 
exposée,  ici  p.  391,  comment  les  Arabes  évitent  la  groupe 
syllabique  cvc,  dont  la  prononciation  n'est  cependant  pas  im- 
possible et  s'entend  souvent,  comme  le  dit  aussi  RO  p.  11,  7 
d'en  bas.  Dans  la  lurah,  telle  combinaison  de  voyelle  longue  en 

syllabe  fermée  se  limite  aux  racines  w,  Brock.  o.l.  I  p.  63,  cas 
bien  connu.  Mais  il  y  a  aussi  quelques  mots  xSLxs  oîi  figure  cvc 

p.  e.  :    i5LSL:>  =  o^sUaJ'iî  ;j\.=>,   3.U:>  =  ^^juoi!   s^X-io,  ioL;  =  KcU^, 

iuUc^jJj;,  3,La*v  et  8.L.A3  =  j>_Jt  a^A-ii  ou  i'iJOxJ!,  v.  LAshvs., 

qui,  XIII  p.  149,  admet  ici  aussi  le  ^ju-à^':  i4JL*j,  excepté 

pour  'lèup'.  Sur  iob>iCjL>  et  les  formes  analogues,  voir  aussi 
Feghali  pp.  106/7  et  155/6,  mais  je  suis  en  désaccord  avec  lui 
sur  la  coupe  dialectale  de  la  syllabe.  —  En  'Oman,  boîte  en 
fer  blanc  RO  p.  342  d.  1.  et  p.  400,  1,  mais  je  suppose  que 


686 

c'est  ioo,  LA  I  p.  359,  8,  appliqué  à  un  objet  plus  moderne. - 

En  Hauràn  et  chez  les  "Anazeh,  ib^  est  une  plaine  un  peu 

élevée.  ^\j  iL:o  est  une  contrée  très   fertile  en  Haurân;  v. 

Dozy  S.  sv.  C'est  aussi pei2te  colline.  Cf.  LA  I  p.  359,  4  et  ss.— 

iùj,  citrouille,  courge,  612;  867,4;  Stace  p.  133  ^wh  pumpkin, 

=  iùo,  610  et  n.  1.  Schweinfurth,  Flore  d'Egypte  p.  77: 
qara^  dabbeh,  Lagenaria  vulgaris,  et  ib.  Arab.  Pflanzen- 
namen    aus   Aegypten;  Algérien   und  Jemen  p.  27:   qar'^a- 

dubbeh  (vallée  du  Nil)  et  ib.  p.  73,  d'où  il  ressort  que  i^o 
est  une  variation  des  Cucurbites,  dont  le  nom  commun  est 

^^,  vhv.,  ib.  p.  16.  Cecchi,  Da  Zeila  etc.  I  p.  452:  &jo,  zucca,  — 

sCl),  calebasse  oblongue,  cougourde,  20,  18;  61,  9;  609;  612; 

pi.  ^Ijl>,   609.   Forme  classique  j^lIo,  609;  613,  et  n.  unit. 

B^bo,  609;  610;  614,>«Lo,  609,  et  ^^j>,  610.  J'aurais  peut- 
être  dû  placer  ce  mot  sous  ^o,  comme  dans  LA  XVIII  p.  272.— 

^_^L>,  d7'ôle,  bouffon,  614;  probablement  de  v^,  ours. 

v_jb^,  imssage  souterrain,  tunnel,  71,  10;  1126;  pi.  w^-obo; 
Arabica  V,  p.  86  n.,  ô-azîrah  p.  142,  4  porte  le  pi.  w^bo, 

dont  le  sens  m'échappe.  L  A  I  p.  358,  9, 

^  ^j,  i,  faire  du  bruit,  taper,  soit  avec  les  pieds  en  mar- 
chant, piétiner,  369;  673,  soit  chose  qui  tombe,  1265.  Mehri 
debûg,  poursuivre,  que  Bittner  St.  mehri  II  p.  7  et  ib.  V,iii 
p.  35  identifie  à  tort  avec  l'hébr.  pni  et  l'arabe  oïj^.   Ce 

verbe  est  probablement  un  accouplement  de  ^^  et  ^o,  674. 
Cf.  ^^o  vhv.,  A^ù,  369,  673  et  vhv.,  ^o  vhv.  et  ^^.o  vhv. 

,tfOL>,  inf.  bruit  sourd.  262  n.  4,  =  ^^s^jo.  ,ioo  «.^wj'  ou  ^-s^jo, 
entends-tu  le  bruit  des  pas,  mi  piétinement,  Dt. 


687 

'^.o,  bruit  d'une  chose  qui  tombe,  pouf^  23,  17;  506;  bruit 
des  pas,  673.  ^oj  est-il  une  variation  de  ^:  o^  J? 

^oo,  plier  le  dos,  =  ;^.ic>  LA  III  p.  491.  Cf.  .i\-<iJ,  ^\.i.L>, 
^■j>,  a^ô  et  „\^.o,  vhvs.,  cf.  aussi  ^^  et  ^-jo,  vhvs.  Les 
''Anazeh  disent  ^^j  <  ^o,  prendre  la.  fuite;  cf.  le  suédois 

^jo,  joz7er  ?a  poudre,  1596,=  ^j>.    C'est   un   élargissement 

de  ]/~i-jji,  vliv.  et  cf.  libo,  vhv.  et  ^J:»,  vhv.;  probablement 
onomatopée  et  non  pas  de  ;^o,  plier  le  dos^  v.  sub  ...^j. 

;^j>,  /«.zVe  /e  dos  d'awe,  LA  sv.,  =  ;î^j,o,  ;:,-^/!io  et  ;?ôo,  LA 
shv.,  cf.  „\jo. 

j^Ço,  Qztz  pz7e  /a  p)Oudre,  136,  6;  1596. 

V  yi^  —  V  Jjo  794  (incertain).  La  première  forme  yj»,  i, 
est   en    Dt.    et  en   Hdr.   ramper,   Arabica   V   p.  187   note. 

«jLavJ  Jx.  .Ai!  U/  Ju\j  |.^bCl!  u*.^.3  L^*^->^  L^Iào  Lo  iCiLw  ^L^î, 

le  poète  lorsqu'il  veut  sa  halîlah,  vhv.,  inspiration,  il  la  trouve 
et  il  sent  la  parole  ramper  comme  des  fourmies  sur  sa  latigue 
Hdr.  p.  218.  C'est  dans  ce  sens  un  développement  del/~v^, 
vhv.,  Arabica  V  p.  193  note,  qui  a  aussi  donné  le  synonyme 
^o  vhv.  Le  mehri  a  dâbar,  méditer,  réfléchir,  que  Jahn 
SAE  III  p.  171  dit  être  emprunté  à  l'arabe  et  =^P,  cité 
par  Bittner  St.  Mehri  II  p.  49  anm.  3  et  par  lui  expliqué 
par  d  ta  bar,  J^-xjlsI.  Mais  je  me  demande  si  le  mehri  ne 
provient  pas  ici  de  yo,  ramper,  et  l'on  pourrait  alors  com- 
parer aILj  Jad>  et  Jdà>,  dont  la  sémantique  est  pareille. 


688 

Le  thème  yo  est  très  développé  en  arabe  et  en  hébreu. 
La  plupart  des  sens  peuvent  se  ramener  à  un  seul  point  de 
départ  qui  est  dos,  derrière  >  tourner  le  dos,  to  turn  back  ou 
suivre  ^J^^,  I  el-Qût.  p.  129,  8,  LA  V  p.  353,  5  =  ^^J,  c'est 
à  dire,  être  sur  le  dos  de  qn  ou  de  qc,  être  en  arrière, 
d'où  s'eîi  aller,  périr,  mourir,  succéder,  etc. 

jo  et  yiAj",  partout  courants,  propr.  xo|^  ^  ^,  envisager 
les  conséquences  (v^ii^  ici  =  yo)  d'une  chose,  comme  le  définit 
LA  V  p.  359,  11,  he  managed,  conducted,  ordered  an  affair 
(Lane),  ou  comme  nous  disons  vulgairement  être  après  une 
chose  =  être  occupé  à. 

-jj,    tourner  le  dos  >  retourner  Dt.  =  ^^.ii  vhv.,  les  deux 

verbes  offrant  la  même  sémantique.  LjlXJ-c  ^^^  ^o,  ils  sont 
partis  de  chez  ?ious,  le  contr.  de  ^\  J~*J5.  Voir  RD  II  §  65  a  et  b. 

Chez  A.  Ember  ZAS  53  p.  85  „jj1o,  to  die,  ^o,  death 
hébr.  "151,  death,  pestile?ice'\  voir  plus  loin,  sont   par  Sethe 

identifiés  à  l'égypt.  „dbf  (N3l),  to  die".  Mais  ^b  et  j^o 
sont  secondaires,  et  "[531  correspond  à  l'arabe  y3.  Cette  iden- 
tification doit  donc  être  écartée,  à  moins  qu'on  puisse  prouver 
que  l'égypt.  dbf  est  aussi  secondaire  et  de  même  origine 
sémitique. 

L'hébreu  "îBT,  parler,  {==  _>o  et  ^  comme  forme)  pourrait 
bien  être  de  la  même  provenance  sémantique,  ainsi  que  le 
pense  Ges.-Buhl  sv.,  à  moins  que  ce  soit  originairement  une 
onomatopée,  comme  je  l'expose  ci-après.  Kônig  WB  p.  65 
lui  donne  le  sens  primaire  de  faire  sortir  en  jwussant,  her- 
vorstossen  et  il  le  compare  avec  l'arabe  „  jj,  être  derrière". 
On  pourra  alors  aussi  comparer  -^  et  ^Lj  vhv.  "pi  peut 
aussi  être  un  élargissement  de  V~^^j>,  vhv.,  qui  est  sans 
doute  une  variation  consonantique  de  V~^<^,  1372.  On 
n'oubliera  pas  l'akkad.  d  a  b  â  b  u ,  parler,  raconter,  Amarna 
Gl.  p.  1393  et  l'hébr.  nsi,  médisance. 


m9 

Je  viens  de  lire,  2. 10. 19,  l'article  d'un  jeune  Autrichien  Viktor 
Christian  dans  la  WZKM  XXIX  p.  438  ss. :  Ûber  einige 
Verba  des  Sprechens,  où  il  parle  aussi  de  13T.  Il  lui  attribue 
également  une  étymologie  onomatopéique,  de  même  qu'à  l'arabe 
yo,  <  V'-^,  bourdonner,  =Bkkad.  dabâbu,  parler,  ainsi  que 
je  l'ai  déjà  avancé  plus  haut.  Il  donne  la  même  étymologie 
à  'jjÔ,  écrire  un  livre,  mais  je  ne  suis  nullement  persuadé 
que  ce  ^o  soit  sorti  d'une  onomatopée  primordiale  :  ^o  < 
V~^o\  c'est  pour  yJ>  >  y: .  L'article  de  Christian  est  juste 
dans  le  fond,  mais  les  dérivations  de  l'onomatopée  primaire 
qu'il  y  donne  ne  le  sont  pas  toujours.  Ses  étymologies  pro- 
viennent souvent  d'une  autre  racine,  ainsi  que  j'aurai  l'occasion 
de  le  montrer  dans  le  courant  de  ce  glossaire.  V.  Additions. 
Stumme  TMG  p.  91  N°  28  porte:  «^LjJ!  JJlï  AAi,  dein 
Herz  will  nicht  auf  Rat  hôren,  et  ib.  p.  97  N°  58  :  ^yl>  "^ 

a.Ljo  JjtXxiJ  ^3  ^>^l\  wJiLj,  wirb  nicht  um  Frieden  und  leg 

dich  nicht  auf  Zureden.  Par  cette  traduction  fort  libre,  on 
pourrait  croire  que  ce  dialecte  a  conservé  le  sens  de  "pi, 
parler.  Mais  cette  traduction  n'est  qu'une  périphrase.  b^Ljo 
est  arrangement,  maniement,  savoir  faire.  Pour  trouver  un 
correspondant  en  arabe  à  l'hébreu  "[31,  on  pourrait  plutôt 

penser  à  sJ^  ^i>OL^J.  y3  ou  ^o,  LA  V  p.  358,  2  d'en  bas, 
TA  III  p.  222,  Lane  sv.,  mais  les  lexicographes  veulent  que 
ce  -jo  soit  pour  ^o,  vhv.:  j^  ^S  .=  ^^^.p,  LA  V  p.  388,  2 

d'en  bas.  Aussi  est- on  en  droit  de  penser  que  ^i  est  la 
forme  primordiale  onomatopéique  pour  "I3"l,  parler.  Dans  une 

Tradition,  il  est  dit:  iu^i>  £lil  ^\  :^s^^.  Jyj  J.  ^^^s-"^^  ,^! 
»j\ji  ^\  ÛUxJ)  oyo  é-Uyj  ^J^  »Jiju:d  ^  L  A  V  p.  388  =  Nihâyah 

44 


690 

II  p.  42  en  bas.  On  comparera  l'origine  onoraatopéique  de 
jo<^i,  essaim  d'abeille  ou  de  guêpes^  vhvs.;  et  î^j  n'a  pas 

une  autre  origine,  vhv.  V.  Additions. 

jl>,   avoir  des  ulcères,  partout  courant;  ce  verbe  s'applique 

surtout  à  une  bête,  Hdr.  p.  370;  RD  Gl.  sv.,  =  jAi",  aussi 

O  J  J  3 

dans  le  Nord.  Cela  doit  dériver  de  ^jo>^u>,  dos^  et  qui  a 
donné  'iyio,  pi,  yo  ou  yo,  ulcère^  Hdr.  p.  370  n.  3;  Carbon 
p.  168,  plaie^   blessure;  =  »^o,   blessure,    écorchure,  KMG 

—  —  0$  -         ■ 

p.  107  d.  !..  LA  V  p.  358  donne  ë-jo,  pi.  ^c>  et  .Lo!.  jo,  a, 
appliqué  à  l'homme,  écorcher,  blesser,  se  dit  d'un  habit  qui 
serre  trop  sous  les  aisselles,  KMG  p.  102,  5  d'en  bas  (Maroc). 

110  §  393  donne  dubdâb,  bubon,  avec  le  verbe  v_jJcjl\J', 
avoir  des  bubo7is  ait  corps.  Y  a-t-il  un  rapport  avec  V~—iù 
dont  on  aurait  ici  la  racine  primaire? 

C'est  l'hébreu  121,  peste.    Le  rapprochement,  dans  Ges.- 
Buhl,  avec  Joo  et  ^ù'  est  pour  moi  douteux.  Le  mot  hébreu 

prouve  que  ^j>  et  byo  n'étaient  pas  originairement  appliqués 

à  une  bête  seulement,  iLjîAit  ojJO  I  el-Qût.^p.  131,4,  mais 

à  une  maladie  ulcéreuse,  à  une  peste  bubonique,  assez  fré- 
quente en  Orient.  Mais  il  se  peut  aussi  que  "iDi,  qui  corres- 

pond  à  l'arabe  ^j>,  inf.  de  ^^,  au  sens  figuré  de  tourner  le 

—  oc 

dos  à  la  vie,  outrepasser  =  yb  et  yo! ,  mourir,  puisse  aussi 
renfermer  ce  sens  secondaire,  '  les  deux  sens  ayant  pourtant 
le  même  point  de  départ. 

Ici  une  question  se  présente  pour  savoir  si  jo  est  vraiment 
primaire  ou  si  ce  n'est  pas  plutôt  yo.  Les  Arabes  de  Tanger 

disent  yjo,  blesser  en  écor chant  par  un  frottement  prolongé, 
Marçais  TAT  p.  364.  Burckhardt,  Nubia  p.  193n.,=  Dozy 


691 

sv.,  donne  ^^,  blessure  dangereuse  sur  les  épaules  et  les 
côtes  de  devant  des  chameaux,  causée  par  de  mauvaises  selles. 
Ce  passage  de  o  à  jis  serait  impossible  si  o  était  primaire. 
On  comparera ^o  >  yo  vhv.  et  '^yo  <  ajo  p.  696  d.  1. 

yo,  grande  fortune,  862  o.  1.;  863,  1;  voir  sub  yo,  vhv.  Abu 

Zeyd  Nawàdir  p.  258;  Naqâid  p.  51:  yjj»  J'-o  jLiù  ^^xi^Jî  yJJt 

\^  ^  !ol  ^^5  u4i>i-   Et-Tahdîb   p.  9:   ^jxi^  ^'o  S^  JULj; 

cf.  ib.  p.  7,  5  J-^  J'vo  =  L  A  sv.  Si  c'est  un  vrai  mot  arabe, 

signifiant  ce  qu'on  laisse  après  la  mort,  — jo,  on  peut  le 
comparer  avec  l'allemand  Nachlass  et  l'italien  lascito,  mais  on 
peut  le  rapprocher  de  l'éthiop.  ^"flC,  montagne,  comme  le  fait 
aussi  LA  sv.  Dans  ce  cas,  on  explique  difficilement  la  forme 
collatérale  p,  LA  V  p.  889,  2,  TA  III  p.  222,  11  d'en  bas. 
yo,  champ,  vhv.  est  aussi  =  y3.  —  Une  métaphore  analogue 
est  [jJ>3  (^A-Lc  ^]3  îJot  q' y,  si  j'avais  de  l'or  plein  le  Uhud, 
I  SaM  IIiip.88,  7etp.  18, 1,8;ZDMG  70  p.  405  où  Schwally 
renvoie  à  Nôldeke  Geschichte  des  Qorâns  p.  235:  ^^i^  ^]  y 
JL«  ^  Uot3  poT.  Cf.  I  Sîdah  XVII  p.  96,  1 1  :  ^J:^^^  lXjAc  ^3 

(^Jjlj.  Il  est  à  relever  que  ce  mot  rare  et  exotique  était 
employé  dans  le  parler  courant  bédouin.  Le  fait  qu'il  figure 
dans  les  dictionnaires  indigènes  prouve  qu'on  en  puisait  les 
éléments  aussi  dans  les  dialectes  bédouins,  ce  qui  n'a  plus 
besoin  d'être  mis  en  relief. 

^o,  abeilles _  ou  guêpes;  cf.  le  ^omânais  ^o,  abeilles,  vhv. 
Dans  le  Sud,  on  dit  jj,  guêpe,  vhv.  Sanfarâ  éd.  Jacob  v.  80: 

^!  (j^aAjlrs^  *  s^o  eA.:5:'ci=>  cj>-«->-l'  J.JCics^iî  3!,  OU  bien  comme 

l'essaim  dérangé  dont  les  abeilles  ont  été  troublées  par  des 
bdto7is  à  miel.  Jacob  ib.  I  p.  35  rapporte  le  passage  du  Divv. 


ê9â 

Hodeyl.   N*  92  s.  56:  J.Jo:î  *]  ^o  ^^^iki^vy,  wie  Ëienen  ùines 

summenden  Schwarmes,  mais  je  le  traduis  par  comme  un 
essaim  hourclonnant  d'abeilles.  Ib.  p.  36  il  cite  Du  el-Isba*", 
MufaçM.  N°  23  v.  36.  LA  V  p.  359,8  d'en  bas;  ib.  p.  860, 

7,  10  et  15:  jrtv^Lijit»  ^^\  ^ÂJî.   I   Sîdah  VIII  p.  178: 

^_;*y;'i!  (j^   Lo!    ^j^  Axc    -jAiî»   -jAjSj   Ja  »jO  jJlXjÎ  lA^îj  :iCà-J^>  yî 

^^o\3^.Jî  cr  jr^'^'  £^3  o^'-'  cr  or^  o'  /^'-^  T^^j^^' 
On  voit  donc  que  les  savants  n'étaient  point  d'accord  sur  le 
vrai  sens  du  mot  et  que,  pour  trancher  une  question  séma- 
siologique,  ils  avaient  recours  aux   Bédouins.   Labîd  N°  41, 

16:  j^j>  (j:.t,  iniel  d'abeilles,  voir  sub  (C^î.  "nl3"î,  abeille f s) ; 
V.  Ges  -Buhl  pour  les  autres  langues  sémitiques.  L'arabe 
dialectal  .^o,  frelon,  <  syriaque  debbûrâ,  vespa,  et  non 
pas  de  l'arabe  ^yij  selon  Feghali  p  79  et  id.  Emprunts  p.  59. 
Cf.  i^çJO,  abeilles  vhv. 

o  3  3   5 

yi^  >  jj^,   anus,   partout   courant.  Le  mebri  ardêb  =  sh. 

ardéb,  nuque,  n'est  pas  l'arabe  ^o,  avec  métathèse,  comme 
le  pense  Jahn  Gl.  sv.  et  avec  lui  Bittner  St.  mehri  I  p.  71, 
id.  St.  sh.  I  pp.  12   et  30,    mais   l'arabe  o^Oj,  avec  f  >  b 
et  prothèse, 
^b,   exphqué  897.    Maratî   p.  53  n.  sur  le  nom  des  vents. 

a.jb  boL^  ou  sy^Ax,  expliqué  897.  —  ij:jjb,  expliqué  ib.;  cf. 

^Lo  vhv. 

»j:),  chump  cultivé,  1143,1  et  n.  1,  entouré  d'un  j.^*-  vhv., 
pi.  ^'^o,    444,  3   et    n.  2.    I   Sîdah   X   p.  148   en   bas:  _^t 


')  Sur   ce   mot   soumérien,  voii"  Zimmern  Akkad.  FW  p.  40:  soum. 


693 

ib.  p.  149,6:  ayjJi  J.a^J!  :J^xx£_^!.  Lane  sv.;  LA  V  p.  359 
donne  le  sens  suivant:  ^j'j-'  cw  i^L«^!  et  c  .jj"  tj:^^.'^!  (j^  icxjuii. 
(jezîrah  p.  86,  13:  ^y}\  yÂJt.  Fiqh  el-lurah  p.  293:  ,j^^  \3i> 
ajjcXJtj  îj^LcUîj  JJi^!  j_^^  ^^|;j^  «'-tvr^j  1^  contr.  de  .v>,  ib. 
p.  193/4.   Lammens   Synonymes  p.  363  porte:  y^ÂJ!  »^L-iU' 

KxaJt  ^^  Sp'-^lî   VSj>    1^;^    Pjjj'  L?^'   iJiiui'  (^t  "\j/'    >^   L5^' 

^^jj  jJ!.  L'auteur  ne  cite  pas  sa  source.  C'est  l'hébr.  "i^"" 
que  Fraenkel  AFW  p.  129  fait  venir  de  sj^u>  (1.  »Jô)<|;s7, 

champ,  mais  il  aurait  pu,  avec  tout  autant  de  raison,  le 
faire   venir  de  l'éthiopien.  A  présent,  dans  tout  le  Sud,  Dt. 

o 

et  Hdr.,  on  dit  — jj  vhv.  et  qui  doit  être  la  vraie  forme, 
devenue  "il!~  et  1^^,  là  où  il  n'y  avait  pas  de  J>.  Il  s'ensuit 
que  ce  mot,  au  lieu  d'être  araméen,  sei'ait  venu  du  Sud,  car 
le  sudarabique  ^o  me  paraît  exclure  une  origine  araméenne. 
Les  lexicographes  donnent  ^^j  =  Ljo,  comme  collectifs, 
avec  n.  unit.  syj>  et  h^Ijo,  mais  voyez  I  Sîdah  apud  TA  III 

p.  197  en  bas  =  Lane  sv.  yo.  On  ne  savait  si  ce  mot  signifie 
canal  d'irrigation,  K.  el  Addâd  p.  222  et  n.,  ou  champ.  Il 
y  a  peut-être  quelque  rapport  entre  yo  et  le  verbe  aram. 
"IDI,  conduire,  p.  e.  le  bétail  au  pâturage,  déjà  avancé  par 
Gesenius  Thésaurus  sv.,  et  Del.  Jesaia  p.  84,  Levy  WB  sv., 
Stade  WB  sv.  i3t,  mais  ce  sens  de  iDl  est  sans  doute 
parce  que  le  conducteur,  "133,  est  derrière  la  bête  qu'il  poz^sse 
à  la  marche;  cf.   l'allemand  Trift  de  treiben,  Kluge  sv.,  et 


m  u  s  a  r  >  akk.  m  u  s  a  r  û ,  m  u  s  a  r  û ,  jardin,  <  aram .  m  e  s  â  r  â ,  >  arabe 
masârat  et  arrn.  masarai. 


694 

aussi  -,^,  hétail  au  pâturage,  vhv.  de  _^^,  sortir  le  matin, 
vhv.  -  Cf.  isip ,  lande,  steppe,  v.  sub  ^3^^. 

ii^j,  ôâto^i  court  terminé  par  une  massue,  341  en  bas.  V. 
Socin  Diw.  Gl.  sy.,  Marçais  TAT  p.  293,  6  d'en  bas. 

w  -  3  ù  ^ 

(j/._^o,  épiyigle,  Dt.  et  les  dialectes  du  Levant,  >  [j^y^o,  341, 
Ruzicka  p.  117.  Dans  le  Nord,  gourdon  long  d'un  mètre 
avec  un  pommeau,  1583,  7;  aussi  en  Afrique.  Sur  ce  mot, 
on  lira  l'article  intéressant  de  Marçais,  T  A  T  p.  290  et  ss. 
et  id.  RMTA  p.  430.  L'archev.  Cher  le  fait  venir  du  persan, 
0.1.  p.  60. 

■J^^,  bagage,  1327,3.  Stace  p.  16:  baggage;  ib.  p.  102:  lug- 
gage.  Cf.  Socin  Diw.  Gl.  sv.;  RD  Gl.  sv.:  geriimpel,  vieilleries. 

i^j>,  ta7iner,  à  ed-Dâhir,  >  ailleurs  «^o  et  ^^^>,  a,  vhv.  1110. 
Au  fig.  :  x*jp  aI  \yuù,  on  lui  a  tanné  le  cuir,  ou,  comme  le 

dit  RO  p.  124:  ^^\  ^O  sybo  ^1i  iC«y>  ^  ^^Li  LJiS  j.^, 
lorsqu'ils  trouvèrent  un  tel  chez  la  femme  d'un  tel,  ils  lui 
domière7it  sur  le  maroquin.  Partout  en  Arabie,  ce  sont  les 
femmes  qui  s'occupent  du  tannage,  1110;  RD  I  p.  32  §  12; 
Musil  0.1.  p.  137. 

-  o  — 

XijtXx»,  pierre  de  foulure,  64,  22;  219  n.  1. 

oi-j*3  =  'Ji-tJD  =  oLà-b,  être  collé  à,  1221  n.  Cf.  Ges.-Buhl  sv. 

pDT.  SAE  IV  p.  86,9,  il  y  a  oïjo,  frapper  =  ^3^,  mais 
c'est  probablement  une  erreur,  ma  JMJ  p.  41.  Si  l'homme  a 
vraiment  dit  dabgat,   que  D.  H.  Mûller  lui-même  trouve 


695 

incertain,  on  pourrait  le  comparer  avec  l'hébr.  p^i,  frapper. 
Cf.  sub  ^%jo  et  likjj  vhv. 

Ci/  ■ 

oij^^vjil^,  glu,  1221  n.  LA  XI  p.  383. 
iCJ^L>,  tresse,  866,  1  et  5  d'en  bas. 

liVjO,  u,  et  son  intens.  iiû>,  trépigner,  battre  des  pieds,  est 
surtout  des  dialectes  du  Nord,  369;  673,  Prov.  et  Dict.  Gl. 
sv.,   tandis  que   dans   le  Sud  il  y  a  sa  variation  consonan- 

tique  ^l3,  vhv.,  cf.  oijt>.  On  connaît  la  danse  kjGo,  672  n., 
des  Haurâniens  et  des  Bédouins  du  Nord.  —  H.  MôllerZDMG 
70  p.  152  compare  ce  verbe  et  pDl,  frapper  à  la  porte  etc., 

v.  Ges.-Buhl  sv.,  J^jo,   LA  sv.,  *_jo,  uo,  v'-^'^)  -^^j  ^"-^j 

ujj»,  «io,  vhvs.  avec  la  racine  indogerm.  tw  >  tu.  Je  me 
demande  si  le  nom  de  la  d  a  r  a  b  u  k  k  a ,  =  d  e  r  b  û  k  a  dans 

la  Marrib,  n'est  pas  d'origine  arabe,  malgré  tout.  tîXjj»,  faire 
du  tintamarre  en  frappant,  Eg.  et  Syrie,  a  pu  donner  AijO. 
Le  mot  est  inconnu  dans  le  Sud,  oii  l'objet,  un  peu  différent, 

s'appelle  jJl?  vhv.,  voir  l'Encyclop.  de  l'Islam  sv.  l'article 
de  Marçais.  On  pourra  objecter  que  liU.o  est  un  dénominatif 

de  darabukka,  et  alors  Ai^  <iékj^L>,  ce  qui  n'est  pas  une 
procédure  arabe;  le  vice  versa  est  plutôt  le  cas. 

l/~Joo  =  l/~yj  794. 

Joo,  faire  des  houlettes,  794  >  J-j  o  vhv,;  l'épenthèse  par  r 

est  motivée  par  son  synonyme  ^.o,  vhv.  cf.  vj^  vhv.   et 

b:r\  Ges.-Buhl  sv.  -  Musil  o.  1.  p.  384  d.  1.  a  J^  ^3^\  b  \^^ 

.!*Aj  oJi  ^  q1uj>,  attaquez,  cavaliers:  ils  ont  été  (les  chevaux) 
répandus  par  (ou  de)  la  main  d'im  semeur. 


696 

xJbo,  houlette  d'une  chose  mangeable,  1760;  Frov.  et  Dict. 
Gl.  sv.,  cf.  iCoo  vhv. 

id^b,  pi.  o'^jb,  a  skin  of  coffee,  Stace  p.  32. 

xJ^o  ou  id^o,  houlette,  794;  Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.,  diminutif 

de  icLo  (obs.  xJl«).  Voir  LA  XIII  p.  249.  Un  élargissement 
de  l/^Joo  est  J^o,  vhv.,  LA  sv. 

^^L>  aôn  en  roseaux  pour  le  petit  bétail  651,  classique. 
*Jjo<iiLo,  1760,  vhv. 

^•'^ 

bo,  u,  trottiner,  369  n.,  Tlemcen;  Marçais,  Ulâd  p.  87;  mar- 
cher comme  un  homme  malade,  selon  Doutté  TAC  p.  23.  — 
Cf.  v"^,  ^o,  vhv.  et  sub  ^i)oo. 

j_^JÔ,  a,  tanner,  fouler,  63,  16;  64,  21;  1110;  1111;  <  ^^ 
<  t^o  vhv. 

^_^>3,  to?i?ze?', /bze/er,  intens.  de(^^o,  d'oîi  l'infinitif  iÇoAj',  1110. 

ioLo,  action  de  tanjier,  de  fouler,  65, 1. 

xjG.^,  tanneuse,  fouleuse,  63, 15. 

^^l\x)  <  ^c^Ax,  towne,  foulé,  1111,8,  10  =  ^y-^. 

sLXx,  pierre  de  foulure,  64,  25  <  ïoulXx)  <  xibuX^,  vhv.  aussi 
prononcé  matba^ah  64,25  et  n.  9;  219  n. 

^o,  i,  ramper,  enfant,  insectes,  reptiles,  1110,  courant  dans 
le  Sud,  Arabica  V  Gl.  sv.  RO  p.  403  N°  64;  ^^  'I^'  j^  j^ 
'iyLi\  L^  (jr?^^'  ^-^')  iout  ce  qui  tombe  de  sa  mère  (=  de  sa 


6ÎJ7 

place)  les  fourmis  {=  »  Aj't)  rampent  dessus,  et  ib.  la  note  j^^o 
,_yCii>  Jc>b  (_^l\J!  ^^,  ^es  abeilles  se  sorit  jetées  sur  ma  figure 
en  masse,  selon  la  traduction  de  Reinhardt,  où  ^^o  est  =  ^L 
vhv.  Lane  d'après  TA.  Cf. ^^o  vhv.  —  Terrasser.  ^p)\  j.  ^[iC>, 
il  m'a  terrassé  et  il  est  sur  moi  1110.  —  Cf.  v_jl>,  v^'-^- 
^_^j,  petites  sauterelles  avant  qu'elles  volent  1110  n.;  aLo  n. 
unit.,  ib.  —  Aussi  appelées  J^y^^  Dt.  et  class.  ^^xi^=>,  Schaade 
Uhud  p.  5. 

^^o  en  "Oman,  abeilles,  iLoo  n.  unit.,  RO  pp.  52,  12;  78,4; 
174, 12  et  388,  13:  ii-^o^  syoL>  U-S'  L^yoL=>,  sa  tozY/e  était 
comme  celle  d\me  abeille.  Cf.  yo  et  j>3  vhv.  En  Dt.,  ^_^jo  est 

petites  sauterelles,  comme  dans  la  lurah.  Laqît  b.  Ya'^mar  éd. 
Nôldeke  p.  110. 

i^bo  ou  tbo,  20,  18;  609  et  ss.  —  J'aurais  peut-être  dû  placer 
ce  mot  sub  ^c>,  vhv.,  comme  le  fait  aussi  Lane  et  Belot. 
Dans  le  Nord,  on  dit  debâ^  qui  est  n.  gen.  et  n.  unit. 

ù  5 

Mo,  calebasse  612.  Selon  Stace  p.  197:  churning  vessel,  c'est 
à  dire  une  calebasse  ad  hoc;  voir  sub  >-jo. 

^i;^,  i,  pleuviner,  pleuvoir  fin  et  menu,  885.  c:jA_j  ^-kJS,  la 
pluie  tombe  fin,  pioviggina,  Habbân.  I  es-Sikkît  K.  el-Matar, 
éd.  Cheikho,  t.  à.  p.  p.  7:  icà-vài^i  a^pLjt  g*^  iLiJJ!,  et  ib.  : 
ïLS^jlX-»  (j:û.!  JULj5  e^'jLXJ!^  ê^cXJt^.  I.  el-Qût.  p.  287,4:  .^c> 
jLil  JJix  ^LfvJt.  De  môme,  nous  lisons  I  Sîdah  IX  p.  111,  4 
d'en  bas:  lï'o  olXj"  [jc^\  i,i>jo  «wà^j^às  Ioa  oAJSet  ib.:  iCàjjÀ:> _^l 


698 

LÎj»  {jopi\  >^"0  1AJ5  c:j'jl>  %^»,  i>^-»*-a^  «JaJî  iLiJj!;  cf.  ib.  p. 
118,4  d'en  bas.  Figh  ellurah  p.  281.  LA  sv.:  ojAJI,  ^3^\ 

quelques  exemples  à  l'appui. 

Nous   voyons  donc  que  I.  Sîdah  porte  ^^^^l  c>oo,  tandis 
que  son  prédécesseur  I.  es-Sikkît  donne  iCJ^'iAxi  ijc  \,  ce  qui 

implique  la  construction  ij^J^\  o^o  d^!,  comme  aussi  dans 
LA  et  dans  notre  dialecte.  On  observera  en  outre  la  diffé- 
rence entre  L  es-Sikkît  et  L  Sîdah  concernant  le  pluriel 
ojj);   LA   a  o'jO  aussi  bien  comme  inf.  (cf.  sub  'jo  et  (j/.t,o) 

que  comme  pi.  de  00.  TA  ne  fait  que  copier  LA,  et  le 
Qâm.  ne  connaît  pas  un   pluriel  ojo.   Faut-il   supposer  que 

les  Arabes  du  Nord  n'aient  pas  bien  connu  l'exacte  nuance 
sémantique  de  ce  verbe,  qui  paraît  avoir  été  plus  employé 
dans  le  Sud  que  dans  le  Nord.  Tout  ce  thème  pourrait  être 

une  variation  de  ujo,  voir  LA  XI  p.  3,  7,  9,  10  et  12  d'en 
bas,  et  alors  congénère  de  io,  x.iô,  etc.  vhvs.,  mais  le  sens 
de  ces  verbes  ne  s'y  prête  pas  bien,  et  il  est  plus  probable 
que  c'est  =  l/~N'^"i,  Ges.-Buhl  sv.  Cf.  jj>  vhv.  et  ii-oo  vhv. 

Aussi  en  Mésopotamie:  oAj*  LoAi!  =  o^^  J^^  y.L/j),  il  tombe 

une  pluie  fi?ie,  Weissbach  L'ak-arab.  p.  198  N°  20. 
■  •  Il  est  curieux  de  comparer  le  norvégien  dysja  (dosa),  suédois 
d2isk  et  le  bavarois  Diisel,  d'une  racine  indogerm.  *dves, 
*dhus,  de  même  sens,  Falk-Torp  WB  sv.  duskregn,  Kluge 
sv.  Dust. 

Boucher,   Dt.   Est-ce  pour  ^io?  Cf.  LA  II  p.  452,4  d'en 
bas:  w^vlP-  oc)u!5  o^iL  Mais  voir  ici  sub  30  et  ^j-j. 

^o  1247,  V.  les  dict,  >yLco;  Arâgîz  el-^Arab  p.  5,  où  se 


699 

trouvent  les  deux  formes.  Nos  dialectes  connaissent  aussi  le 
sens  classique:  être  effacé,  oblitéré  =  ^y:> ,  vhv.  yjb  v^j^JI, 

la   route   est  effacée  Dt.  ^Lio  »^'  ^y^\*) b^LaJli  xl^a!  ^^bCl!, 

V endroit  appartenant  à  l'origine  aux  S. . ..,  mais  à  présent 
il  est  en  ruine,  RO  p.  322,  10  d'en  bas.  —  ^So,  503  n.  1.  — 

^■3),  ib.,  Nôldeke-Schwally  Geschichte  des  Qorâns  I  p.  86  et 
n.  2.  —  vL>^o  est  un  autre  verbe,  et  e^^^o  n'est  pas"  une 
métathèse  de  ce  yico,  Ruzicka  o.  1.  p.  231.  Cf.  ^J>^J>. 

^yi'o  est  en  Dt.  =  qJo,  enterrer,  enfouir,  comme  oi-io  et 
o«u>,  V.  les  dict.  et  TA  VI  p.  341.  On  sait  que  le  nom  du 
pays  indépendant  de  Datînah  est  aussi  prononcé  Dafînah, 
Arabica  IV   p.  9,   Hafifner   AL  p.  24.   Naswân  o.  1.  p.  35  a 

x^ujjo  =  ^^♦JIj  ^y>'  L'ethnique  est  dans  le  pays  même  ^à^^■, 
comme  ^c^^  ^^  i:>uJ^«  et  Js^.  de  kJl^,  mais  dans  le  Târîlj 
Tarr  ^Adan  d'Abu  Mahrama,  mon  ms.,  sub  Jw^JLo  ^^  l\4.=>!, 
c'est  i5'4^'o.  —  i4>oo,  petite,  quantité  d'eau.  Qâm.  seul. 

Ijo,  IjAj,  en  Dt.  pleuvoir  fin  et  menu,  pleuviner,  bruiner; 
cf.  ciuo  vhv.  —  Glaser  Skizze  II  p.  295  dit  qu'une  des  quatre 
époques  de  récolte  s'appelle  ditha,  c'est  à  dire  ^'j^,  mais 
voyez  Arabica  V  p.  76.  En  shaurî,  dùti,  pi.  detèta  = 
soqot.  dote,  est  pluie  de  printemps,  S.AE  VII  p.  122,5 
d'en  bas,  Bittner  St.  sh.  I  p.  26.  On  trouve  ce  thème  dans 
deux  inscriptions  safâtiques.  Littmann  Entzifferung  der  Safâ- 
Inschriften  p.  47  :  \jof>*,  'jl>5  et  ib.  p.  53  en  bas  :  o^y^  IjOj  = 
Dussaud  Les  Arabes  p.  109,  où  ily  aaussi  ^t\^  Ijo.  Littmann 
et  Dussaud,  o.l.  p.  149,  traduisent  Ijj>  par  il  a  passé  l'été.  Si  cette 
traduction  est  bonne,   il   faut  que  tlo  soit  la  II»  forme  du 

verbe,  en  analogie  avec  ^à^^>^_ju.o,   ^Lx-ii  >  ^_^;cJi,  mais 


700 

classiquement  on  dit  aussi  bui,  u.  Avec  ,A^  jj>  on  pourra 
comparer  Littmann  o.  l.   p.  45  =  Dussaud  o.  1.  p.  111:  JJb.^ 

oo  est  en  sabéen  j}?*z?i/ewij9.s,  ZDMG  46  p.  322  et  pluie; 
c'est    aussi   un    nom   de   77iois,   Sab.   Denkmâler   p.  51.    En 

lihyânî,  on  trouve  jo  et  U>^.f>,  noms  de  saisons,  D.H.  Mûller 
EDA  p.  76  N°  27,2  et  3,  comme  en  arabe  ^^  est  prin- 
temps  et  nom  de  mois,  vhv. 

Or,   nous  pouvons  constater   dans  les   dictionnaires  indi- 

gènes   que  ^ji-^^  est  pour  ^jli^,  d'après  el-Asraa%  Haffner 

AL  p.  34,11,  Sîhâh  I  p.  11,  9,  LA  I  p.  70,6  d'en  bas, 
Qâm.  sv.  et  Lane  sv.;  cf.  Ges.-Buhl  sv.  Nï'l.  D'après  moi, 
^^•o  doit  être  primaire,  si  l'on  veut  l'identifier  à  K~N'^l . 

Une   métathèse  de  j^  est  le  classique  lXLS  =  (^jG,  LA  sv. 

,^^3  est  la  pluie  après  l'entrée  des  fortes  chaleurs  ou  la 
pluie  après  le  printemps  et  avant  l'été.  C'est  une  scnson  de 

l'agriculture  arabe,  qu'on  appelle  aussi  ^o,  K.  el-Matar  d'I 
es-Sikkît  p.  4,  7,  8  et  p.  5,  4  et  note  3,  où  ^ô  est  ^U.^!  ^^  = 
t^jr.  Cependant,  si  'jO  est  =  lio,  il  faut  aussi  que  ou>vhv., 

qui  a  un  sens  analogue,  soit  aussi  une  variation  de  oo,  ce  qui 
me  paraît  pourtant  douteux.  Ayant  constaté  c:j  ^  o ,  sur- 
tout dans  le  Sud,  très  rarement  dans  le  Nord,  je  suis  tenté 
d'attribuer  aux  deux  verbes  oo  et  L-io,  pleuvoir  fin,  une 
provenance  méridionale,  d'autant  plus  que  jj>  s'est  encore  con- 
servé dans  les  dialectes  actuels  du  Sud.  cf.  iCoo,  vhv.  JLc!  iJJî^. 

lo,  i,  faire  du  bruit  en  général,  taper.  —  Taper  des  pieds 
en  marchant,  piétiner,  369  =  _^  vhv.  I   es-Sikkit  (t  244), 


?01 

Haffner  AL  p.  64,  porte:  ^y^.  bj^  '^^  ^.^[jLXiîj  ^_^Ui]  JULi 
L5^A>o  ,jV>'-\?  '^y^  l^'->  o^"^  '^Z*  Là-ot>to  LliLo,  reproduit  par 
I  Sîdah  (t  4  58)  III  p.  102  en  haut  et  LA  sv.,  où  ^o  et  >_;j, 
vhv.  sont  synonymes.  I  el-Qùt.  p.  286  en  bas: . . .  J/  ^y,  (jS^Ui  -o 
AiU^  ^^ylj  UÏ'  lA^yj  -o  ^^yCj  "^  v;f«*j  JIÏ5  ujj.  I  Sîdah  dit 

de  même:  Ijt^^  !>i>^  ij^^  o^^^  '-^'^  "^î'  parce  que  la  ic>o 
est  alors   plus   perceptible;   il  y  a  alors  le  bruit  qui  est  in- 
hérent à  ce  thème. 
^  _^,   terrasser  qn.,   369  =  v_;  ^ .    1195.  —  Pz'fer,  broyer. 

^^y^\  „o  OU  3^-^î ,  piler  le  café,  369  =  ^o  et  do  vhvs.  — 

Frapper.  iL.jxI:s^|j  ic>o,  z7  le  frappa  avec  le  poignard,  9,  13.  — 

Dégoutter,  classique,   onomatopée,   608  n.  —    Cf.   ^o,  671, 

vhv.,  ,.cs=>o,  369  vhv.,  e^o  et  ^Jk:>j>  vhvs. 

-b,  lutter  avec  qn    369  =  r-^b,  ^oL  et  ^S^  vhvs. 

_bl,  /w/f^er  ensemble  corps  à  corps  =  -  ,b!,  ^^f  et  ^^L*.^"  vhvs. 

iL>o,    6n«'^   d6s  p^'ecZs   en   marchant,  tapotement,  23  n.  5  = 

iCxAÏ  vhv. 

_JJ,  cow^)  donné.  „lL«  «'Ai!,  27  ^m2   domia  un  coup  de  façon 

à  le  terrasser.,  369.  • 

5c>ÏJwo,  inf.  de  -,b,  lutte  corps  à  corps,  369. 

Il  y  a,  dans  tout  le  Sud,  un  autre  verbe  -o,  qui,  d'après  moi, 
n'a  rien  à  faire  à  celui  qui  précède.  JJJ!  UJLc  „o ,  la  nuit  nous 
survint,  expliqué  par  UJic  ^o,  =  Nord  w^-co  p.  684, 3  d'en  bas,  ou 
UJLc  J^>.^,  Hdr.  p.  194.  -^  et  ^Lo  vhv.  sont  synonymes, LA  sv. 
cUvJ!  c>^o  ou  i,:^:>\:>j,  /e  ciel  s'est  couvert  de  nuages,  il  est 


702 

devenu  sombre,  comme  Naswân  o.  1.  p.  36, 1  :   ^U- 

c>.4^"  ÎJi.  Ce  sont  là  des  expressions  courantes  dans  notre 

dialecte.  Il  me  semble  que  -o  s'explique  mieux  par  couvrir, 

.jc-%^i  ^J=>J,  Qâm.   sv.,   voiler,  que   par  _o  =  ujj,  qui  sont 

bien  synonymes,  mais  par  une  voie  différente,  et  alors  J-JJI  ^ 

peut  aussi  devenir  synonyme  de  JsJ-f!  v_jo.  En  tout  cas,  -^, 

=  «j;o  et  é^,  vhvs,  n'a  pu  donner  lieu  à  un  _o,  voiler,  cou- 

vnV,  qui  a  des  dérivés  nombreux:  J:>o  ^  j^^-Li:,  LA  sv.,  > 
tromjjer,   mentir,  rùXl,  et  cacher  la  vérité,  I.  el-Qût.  p.  288,  6; 

j«^o  =  jjL^!,  LA  sv.,  accouplement  de  V~^o  et  V~^,  voir 

sub  (j^o;  Qq>o,  être  assombri  (ciel)  par  des  nuages,  vhv.,  LA. 
sv.,  L  el-Qût.  1.1.,  L>o,  u,  vhv.  Cf.  ici  sub  J^o.  Cette  racine 
^  dg  se  trouve  peut-être  aussi  dans  (rréyco,  couvrir,  tegere, 
couvrir,  comme  je  me  le  suis  noté,  il  y  a  déjà  trente  ans, 
dans  mon  M.  et  M.  et  sur  laquelle  voyez  à  présent  H.  Môller 
Sem.  u.  Indog.  p.  76  n.  2,  Boisacq  DEL  G  p.  905,  Walde 
EWL  sv.  tego,  Falk-Torp  EWBND  sv.  tag.  Bien  avant  la 
publication  du  savant  danois,  j'avais  constaté  l'affinité  des 
vocabulaires  sémitique  et  indogermanique,  fait  qu'on  a  gran- 
dement tort  de  vouloir  ignorer. 

ic>j>,  obscurité  de  la  nuit,  aussi  J^'i  ic>o,  Dt.,  Hdr.  Gl.  sv., 
=  b>jJI  vhv.  Beaucoup  de  mots  de  sens  analogue  sont  sur  le 

Oî  Oî  0>û>  03  03  û) 

paradigme  Joù  ou  icbé,  tels  que  ^yo  >— J:>,  »^>A=>,  iiU.>o;  ^o, 

iC;j>0,   ,c^^   ^^^'-^j   ^■^1    '^-^F^'^^}    àLwJo,    Kjlb,    a,(Ac,    ïwlXc,   etc. 

C 

,Jc>o,   intens.  de  -,o,  tapoter.  „lX>j>ù"  iLcLJî,  ^a  moyitre  ou 


G    •    '  G  '      "  t. 


-  o 


?a  pendule  fait  tic-tac,  Dt.  =  ^f^  ou  «^uUJ  vhv.  o-o_j  L« 


703 

Jûilwî  Lo  (vhv.)  J.>!  ^J^  L^xJL.  ^XJui!  vi:A.:>t\>v>5   b.uXjtl!  ^^  OM^biî, 

je  w'a2  pas  î;2f  la  route  à  cause  de  Vobscurité  et  j'ai  tapoté 
avec  le  bâton  sur  le  sol  pour  ne  pas  tomber  Dt.  RO  §  398: 
klopfen.  On  voit  que  ce  sens  de  V~^'^  n'est  pas  limité  à 
notre  dialecte. 

_lX:>^,  orgelet  à  la  paupière.  (jytJ!  j.  -Aj  _iA>L>Jt,  V orgelet 
6a^  cZa'ws  TodZ,  369.  On  le  perce,  y^,  avec  une  s^xxi  ou  avec 
un  v_3yi;s^u«,  peiiY  éclat  de  roseaux  du  b.LXi!  -b^ .  Cf.  J^.?^, 
ioo,  oL^ui  et  H.AX.i;  vhvs. 

^•A=>u>  est  d'après  Yahuda  ZA  26  p.  351  une  selle  chamarrée 
d'or  et  de  pierres  précieuses  pour  la  monture  d'un  prince. 
Il  cite  le  proverbe  yémanite:  .L*.=>  ^_j-s  -.uXj>o,  mie  selle 
dugdug  sur  un  âne.  Cf.  „o  et  ,:?oo,  couvrir, 

^q>o,  2;î5'?za  sinensis.  Nihâyah  II  p.  13  :  ..=>o>,  ^j>  et  ^o 
avec  ségolation,  haricots. 

^o,  e7re  assombri  (ciel)  ^^ar  rtes  nuages,  LA  sv.,  I.  el-Qùt. 
p.  288,6;  voir  ici  sub  Z.o.  Diw.  Qays  b.  el-Hatîm  N°  3  v.  4, 

ù ,  o   _  or 

oiï  qL=>oî,  pi.  de  (^>o,  =  v_jL5^...vJI  ^JuS\.  Dans  notre  dialecte, 
je  ne  connais  que  J^t  iCL^o  =  J^f  ^ul/L  (iulli'). 

V.  r;^'  —  err''^,  passer  la  nuit  hors  de  la  maison,  découcher, 
courant  chez  les  Bédouins  d'el-IIogarîeh,  Yéman.  J'ai  entendu 
la  phrase  suivante  d'un  Bédouin  de  Belâd  Màwiyah,  dans 
el-LIogarieh:  an  a  hantàrtuhum  sa  ru  min  ""andena 
u  enta  bihi^ibrùthum.  Eyna  rallàsta-1-ley la  u  ùyna 


704 

daggèyta,  je  les  ai  vus  partir  de  chez  nous,  et  tu  étais 
dans  leur  compagnie.  Oïl  es-tu  allé  ce  soir  et  oîï  as-tu  passé 
la  nuit?  '). 

(^^so,  obscurité,  Dt.,  on  écrit  aussi  b>o.   I  Sîdah  IX  p.  37; 

cf.  l3o,  vhv.  =  xjLj',  ib.  p.  40;   sur- la   forme  Jsjù,    voir    ici 

p.  702  en  bas.  On  l'emploie  aussi  sans  JvJJî,  Hdr.  p.  569  n. 

^,_^jJî^j^,  Dalman  PD  p.  226  N°  10  v.  1  et  p.  227,3, 
n'est  pas  la  pleine  lune  de  l'obscurité  (qui  est  un  non  sens), 
mais  (comme)  la  pleine  lune  dans  une  nuit  obscure,  ce  qui 
est  aussi  une  métaphore  assez  orientale,  comme  Diw.  Hodeyl. 

Wellh.  N°  152  V.  2:  ,=vw  *  ^^!,  l^xxJ  ,wv...l*_>  Je  Ui  ,  ii 

...i^,_j>jJ)  j  ^j^î  jy^"^  Ja  « ->,  ...  si  ce  n' est  quelques  filets 

rayonnant  comme  la  lumière  dans  la  sombre  nuit,  et  comme 
le  dit  (janûb  el-Hodalîeh;  Marâtî  Sawâ^ir  el-^Arab  I  p.  84,  à 
propos  de  la  mort  de  son  frère: 

£'i  ^e  jour  tu  étais  son  soleil  (=  le  soleil  de  ce  jour).  Et  tu 
étais,  dans  l'obscurité  de  la  7iuit,  une  nouvelle  lune  (qui 
l'éclairé).  L'image  dans  ces  deux  passages  est  la  même,  elle  est 
fort  belle  pour  les  Arabes.  ZDMG  60  p.  7  (Farazdaq).  (I)lak 
waghe  kalmisbâh  yudauwi  fid-duga,  -),  tu  as  un 
visage  comme  la  lampe  qui  éclaire  dans  l'obscurité,  Musil  0. 1. 
III   p.  249,  14  d'en   bas.    Socin    Diw.   III   p.  71    veut   que 

diga  <  ^^r^  ne  s'emploie  que  dans  la  poésie,  mais  ce  mot 


')  Oa  observera  ici  w-jyxjj>,  vhv.,  o^.wJ_c  vhv.  et  ^y^} •  Vu  les 
innombrables  exemples  que  j'ai  réunis  des  restes  de  l'ancien  l'râb, 
je  suis  absolument  persuadé  que  l'arabe  a  vraiment  été  une  fois  ainsi 
parlé  dans  toute  l'extension  de  son /lafeiius  classique.  Voir  ma  LA  p.  6  ss. 

2)  Le  poète  a  sans  doute  écrit  et  chanté:  lak  waghe  kal-mis- 
bâhe  yidwi  fid-duga,  car  le  mètre  ne  lui  était  pas  chose  inconnue, 
comme  à  Musil,  professeur  d'arabe. 


705 

est  très  courant  dans  les  parlers  de  toute  l'Arabie.  ,y>b  est 

employé  dans  le  Sud,  où  l'on  dit  ^_^b  J-aJLJ),   le  nuit  est 

obscure.  Les  Bédouins  ne  peuvent  l'avoir  des  savants  ha(^ra- 
mites,  avec  lesquels  ils  n'ont  point  de  relations.  Un  Bédouin 
de  Dt.  me  dit:  '^àrrëna  nisri  tàu  wem-lêl  dâgi  ahsan 
ma  nintëfiq  qôm  hasîm,  allons  partir  tout  de  suite,  la 
nuit  étant  obscure,  afin  que  nous  ne  rencontrions  pas  des 
gens  ennemis.  Comme  dans  ce  vers 

Et  blanc  de  la  bla?icheur  de  l'eau  du  fer,  à  l'instar 
D'une  flamme  brillante  dans  la  nuit  profonde 

Hiz.  el-Arab  III  p.  485,  16  Howell  I  p.  1701,  Streitfragen  éd. 

Weil  p.  70,  et  cf.  sur  les  derniers  mots  L  A  VI  p.  243  en  bas. 

V   --0,  1333  n.  -o,  taper j   choquer,  pousser.    Métathèse  de 

1/~>A>,  vhv.  Cf.  lo,  Jo,  u,  -.U=,  j-^j,  ^û,  ^>o,  ^y, 
*.Aj>o,  oL:>o,  Aj>c>,  |«j>o,  ^^^,  '^^^,  vhvs.;  nm  et  nni, 

Ges.-Buhl  sv.,  ,^o  vhv.;  mais  aussi  g_3,  I  Sîdah  VI  p.  112, 12: 

t|^ww  co  JJoo  ^o;  voir  sub  tj>  et  Ji^.  -o,  cacher,  propr.  m- 
troduire  en  poussant,  est  de  la  même  racine;  cf.  (Jij>ô. 

...^^o,   a,   battre,  frapper,  rosser,  ^y^  |9-^=>'->,  ^'^  ^es  frappa 

avec  une  tige  de  calotropis.  procera,  41,7  et  ib.  1.  12;  974; 
1545.  Synonyme  de  ^,  974,  vhv.  Pour  le  Nord,  voir  974. 

I.  el-Qût.  p.  289,  3:  ♦jo'il  e)jjo  U/  ^/jX  !ot  \.s^lXj  «Jn^J 

,ix*asî  _^3  t3''->^L.  jLfijj .  C'est  donc  racler  qn. 

Je  fais  ici  observer  que  le  nom  des  Madhig,  subdivision 
do  la  confédération  dos  Ma^n,  Arabica  IV  p.  39,  n'est  jamais 

45 


706 
prononcé  «is^Âx,   avec  d.   Mais   Naswân  o.  1.   p.  38  porte: 

jUij^   (iOCiiAj)   i>XJo    !oî   s-^c^   j^jp'^î   ^N=>3   JJLj   iOCii  _^j   ^jo"^! 

Ho^_^î  uU£  ^j  ,:^^.  \3\  L^jJ^  "p^l  c>^:^\^3.  Et  ib.  p.  38  il  dit 

que  ,iOtX-^  est  x*:^ijw   ^^  ^Uj^tjw  JLvILi  ^s=>Js-<  j.  icij.    Les 

deux  formes  sont  donc  bonnes,  quoique  „%:>l\x>  soit  naturel- 
lement primaire.  I.  Kaysân,  Comm.  de  la  Mo'all.  d'Imrul- 
Qeys,  ZA  29  p.  10,  a  ^-oxAaî  que  l'auteur  a  corrigé  en  .^i^ô^. 
L'auteur  de  Turfat  el-Ashâb,  Index  Dt.  1873  sv.,  écrit: 
'iU^\jt^\  JÎJJL  ^s^lX^.   'Abd  er-Eahmân  el'Irâqî  (t  805),  dans 

son  v«ytit  iLj^  J.  ujaj!  (Bombay  1313),  écrit  partout  -;s:>uXx, 
de   même   que   Abu   Mahramak  dans  mes  deux   excellents 

manuscrits  de  son  ^Ac  yo  ;?o^Lj'.  Yâqût  sv.  o^*j  donne  la 
même  étymologie  que  Naswân  :  ^s>Àx),  une  colline  de  ce  nom. 
On  voit  donc  que  l'étymologie  de  ce  nom  est  assez  obscure  '). 

y>j>,  a,  pousser,  repousser,  chasser,  Dt.  1333  n.  1.   L  Sîdah 

VI  p.  111,6  d'en  bas  =  ^>i->o  et  ^o.  Stace  p.  133  :  J~j>Jo"  "b, 

doti't  push  against  7ne  =  j^J:,.s>ô^  '^.  Une  métathèse  clas- 
sique en  est  _^o,  Qâm.  sv.  Mehri  dahâr,  donner  des  coups 
de  cornes,  selon  Jahn  SAE  III  p.  172,  Bittner  St.  mehri  II 
p.  10, 12  d'en  bas  (où  dahâr,  f.  d'impr.)  =  sh.  dahâr,  id. 
St.  sh.  II  p.  61  en  bas;  définition  de  Jahn  trop  restreinte. 
^  y>o,  accuser  qn.   de  qc.   chose  par  un   faux   témoignage 

ou  lorsque  les  apparences  sont  contre  lui,  Dt.  Cf.  ;y>^  vhv. 


1)  Ai-abica  IV   sera    plus   ôlabon''    dans   ma  GcograpJtic   de  V Arabie 
du  Sud  qui  paraîtra  plus  tard. 


707 
^>vAjî,  se  mouvoir,  bouger^  en  sa^hî,  BBRAS  1902  p.  267. 


^j:>L>,  rouler;  faire  des  tours,  se  prome?ier,  aller  par  ci,  par 
là,  herumgehen,  975;  <  _.  .o  avec  contamination  de  K~_o, 
Il  y  a  aussi  -^^,  marcher  vite,  LA  sv.  ou  le  »  est  ou  un 
affaiblissement  du  -  ou  bien  en  vertu  d'une  contamination 
avec  V~^j>  =  V~j^c>. 

iC=>jS>j,  pelote.  Nord,  975;  pi.  _^L>l>. 

(j*^:>j>,  a,  écorcher,  enlever  la  peau;  déchar ner;  écorcer  avec 
le  couteau,  Hdr.  Gl.  sv.  De  même  en  shaurî,  SAE  III  p.  133 
§8.  Cf.  ^j=>.  En  "^Omân,  dissoudre,  détruire  rendre  nul,  vain, 
RO  §  235  et  §  259.  Le  sens  primaire  paraît  être  pousser 

dedans,  LA  sv.  1. 12.  ^J^J  ^:>-v^=>j',  I  scraped  my  foot,  Stace 
p.  149;  aussi  en  Dt. 

ù 

y*^:>t\i!,  être  écorché,  s'ecorcher.  ^çJ^  u:aamj>aj!,  7ny  foot  ivas 
scraped,  ib.,  aussi  en  Dt. 

^jij>>j',  a,  heurter,  choquer;  repousser  Dt.,  =  ^=>o,  whv.;  presser 
en  poussant,  serrer,  Hdr.  p.  350,  ma  Festgabe  Gl.  sv.  oi^o.  — 

En  Syrie,  fourrer  dans,  cacher  :  o>J?vXl!  c^^'  auiooî ,  fourre-le 

sous  le  lit,  =  j)^;  la  3^  radicale  est  motivée  par  V^^Ji^^;  voir 

sub  -,o.  (J^:>o  n'offre  donc  pas  une  variation  morphologique, 
comme  le  pense  Feghali  p.  38  n.  3,  mais  une  trilitéralisation 

--     Cl     , 

d'une  racine  primaire  bilitère.  En  Syrie,  ij^y>^,  fourrer 
dedans.  Au  fig.,  faire  l'amour  avec  impétuosité,  Hdr.  p.  430. 
ijix=>L>,  foule,  cohue,  Dt. 


7ôg 

ii^o,  cancell,  abolish,  selon  Stace,  p.  196.  Je  ne  le  connais 
pas.  C'est  en  tout  cas  pour  ''^<^:>^,  car  dans  le  Sud  on  rend 


le  (jo  le  plus  souvent  par 


Jb, 


*  ^ 


vJJj>L>,  a,  fy'apper  des  pieds,  piétiner^  heurter,  stossen;  fouler^ 
>  marcher;  s'en  aller;  ma  Festgabe  Gl.  sv.  C'est  chez  les 
Bédouins  du  Sud  le  mot  le  plus  courant  pour  marcher  ou 
aller  à  pied;  ^^.^  n'y  est  pas  employé,  85,  4;  92,  8;  exemple 

SUb   ,j^cO.     ,_o'   oi^Aj    "^3    ^UJ)   OÏ^lXj   ^    . . .  ^jds>  Ji^ ,    H. 

Jura  . . .  quHl  ne  marcherait  ni  à  (ne  se  rendrait  pas)  à  el-M., 
ni  à  /t.,  137,  10;  obs.  l'accusatif  après  oi:>o;  propr. :  il  ne 

foulera  pas  le  sol  de.  0)5  j^  ^Ji:=>J^^  Ixs^XLa  ^jis>L>J  ...vi^ujCIib, 
comte,   tu  'marches  clans  nos  villages  etc.,  156,  2,  propr.  tu 

foules,  c  ,Jî  ^i  ^^pOi:>iA-j,  le  bétail  marche  dans  le  champ  de 
verdure,  617,11;  1154;  =  ^.Jt^  vhv.  1181  =  ^o;  1268  =  ^U; 

1321  d.  1.:  [J}J^^\  ^}s.  oi^J»!,  marche  par  le  pays  des  Eanas. 
Un  rimeur  des  'Awâliq  a  dit  (commencement  de  la  poésie 
467,5): 

(^lXXJî  J^  oIs.lXj    .IjUcJî  «^  ^'O       iCi  Jt^î   J^   ,jr^   Ui\-A   l\«a«   b 

0  Sa  d!  je  n'ai  pas  peu  de  connaissances, 

Certes,  je  passerai  avec  les  poètes  au  pays  d'el-Kadâ 

(v.  Index  sv.  Kadâ). 

Dô'an  a  dit  dans  une  poésie:  ^ J^JÎ  vW^'  cj^  vji^oî,  marche 

sur  les  dents  des  serpe^its  (v.  sub  jjjp'). 

s^'-j^,  'ijs:>ô  tj%j^'^i  »jJ-lw  vJij-Iai!  ïlLJî,  es-sinnah  est  la 

roide  (pie  les  anciens  ont  tracée;  ils  y  ont  marché,  ou  l'ont 

foidée,  et  ils  l'ont  défrichée,  890,8.  oi^-kJî  \^jS^,  expliqué 


709 

par:  ^L^î  J.3  J^î  J.  (i^jx^ko  ^xj  îyi>o,  892,  5.  ^j^^V^  Jv?^ 
iAaxj  (^  L^;cJi:>o  |5-,-wJ^  vJMjIaJi  J^,  ^es  chevaux  marclient  sur 
la  route^  ou  piétinent,  et  tu  entends  leur  piétinement  de  loiji, 
Dt.  Comparer  cette  phrase  datîaois  avec  la  suivante  du 
Sihâh  II  p.  472  en  bas:  'j!  eUJ»^  |^>ô  >>«Aj  ^  (j/v^sJJ  ^3LiLJ 

î^,-y:r  lP;"^'  q^  sJyj.*v  *s,j  "^  L^.  ^Jc\xJ  ^j",  Cela  a  été  traduit 

par  Lane  en  expliquant  j.:>l\j  yo  p.  857,  par:  he  went  along 
throioing  out  his  fore  legs  without  raising  his  hoofs  much 
from  the  ground.  C'est  donc  marcher  un  légeY  trot,  comme  le 
rend  bien  Kazimirski.  On  voit  ici  la  parenté  de  uA>oet'L>u>. 

Un  datînois  me  dit:  L^JLc  ^,i>Ji=i>o  Uj>  joJ:^\  iL*,ixi>  c>jtf-w, 

j'ai  entendu  le  craquement  du  cigare  lorsque  tu  as  marché 
dessus.  Aussi  mehri  dahâq,  treten,  zu  Fuss  gehen,  Bittner 
Studien  I  p.  23,6;  II  pp.  19  et  12.4,  =  sh.  dahâq. 

El-Asma^î  apud  Haffner  AL  p.  72  d.  1.  dit:  oi=>j>  ^l>  J^ 
=  I  Sîdah  VIT  p.  17,  2=  LA  XI  p.  3S3,  2  d'en  bas  et  ib. 
p.  384,8:  jyki!  v_a>l)Jî.  Le  classique  he  droio  him  aivay 
n'est  pas  incompatible  avec  le  sens  de  Sud:  ]/~  o  =  I/~oo, 
pousser.  En  tigrina,  selon  Littmann,  DLZ  1909  N°  49  p. 
3097,  de  kêdâ,  battre  des  pieds,  fouler,  s'est  développé  le 
sens  d'aller,  marcher.  L'analogie  est  parfaite.  \J^c>  est  sans 
doute  un  accouplement  de  -o  et  00,  si  ce  n'est  une  pro- 
nonciation pour  oico,  vhv.,  qui  est  classique  et  dialectal, 
chez  les  'Awâliq,  890  n.,  mais  1^~^^  =  ^~ç^  vhv.  I  Sîdah 
enregistre,  III  p.  106,  aussi  ïLoUj  ^^i  iicy^  ^-Jl^i,  et  LA 
sv.  ajoute  après  cela:  î^^cj.  La  métathèse  de  oi^  est  iiÏP, 
marche  rapide,  Yéman,  Qâm.  et  TA  sv. 


')  Sur  ce  sens,  voir  p.  82. 


710 

Sur  oi-^o  et  liL^o,  voir  ma  Festgabe  p.  71.  A  Sabwah, 
marcher  est  «io'et  *J50,  vhvs. 

La  racine  simple  -o,  1333  n.,  qui  est  proche  parent  des 

variations  çc>,  ^o,  oo  et  Jo,   ma  Festgabe   p.  72,   a  reçu 

beaucoup  d'élargissements,  voir  sub  -o,  pl>  et  ^ô.  Cf.  pm, 
Ges.-Buhl  sv.  Les  racines  qui  ont  pour  sens  fondamental 
pousser  se  sont  tellement  enchevêtrées  et  fondues  les  unes 
dans  les  autres,  qu'il  est  difficile  de  dire  où  en  est  la  base. 

Cf.  ;?'3,  v_jo,  tjo,  oi£l>  et  oi^o  vhvs. 

Les  significations  dans  les  dictionnaires  de  la  lurah  de 
où>L>  représentent  une  diramation  sémasiologique,  tandis  que 
celles  des  dialectes  du  Sud  en  représentent  une  autre,  mais  toutes 
les  deux  proviennent  de  V~^^  +  ^)  qui  est  motivé,  ainsi 
que  je  l'ai  dit  plus  haut,  par  une  contamination  avec  ijjo. 

Nous  avons   aussi   S^  et  iA.5=o  =  s!^!,  'jop)\  iA-?':>,  Qâm. 
seul,   fouler  le  sol,  mulierem   comprimerez  mais  je  ne  crois 
pas  que  oij>o  ait   fait  directement  i^LP^,  quoiqu'ils  soient 
proches  parents. 
v_*=>o,  en  Mésopotamie,  regarder,  fixer  attentivement^  observer, 

Weissbach  Irak-Arab.  p.  38,  8  :  c>->h>  J^  oi.=o  v,l>jLJI  _^I  j^ls 

^-jjjJî,  le  père  de  la  fille  se  suit  à  regarder  la  tente  d'el-D.; 
autres  exemples  ib.  pp.  61,14;  62,  14;  88,6  et  passim  dans 
ces  textes  fort  importants  pour  la  lexicographie  dialectale. 

Ce  verbe  est  une  métathèse  du  classique  et  dialectal  oiA:>, 
intens.  de  oA>,  v.  les  dict.,  Dozy  S.  et  Fleischer  Kl.  Schr.  II 
p.  497.  Il  correspond,  comme  sens,  au  nordarabique  bédouin 

j^,  vhs.   Cf.  yc>  vhv. 

vJl=>L>o!  se  dit  du  ventre  proéminent,  q^^^î  vJi:>L>o!,  cité  par 
Lammens  Berceau  p.  243  n.  3:  ^^j-^^-J!  oL>l\J!,  embonpoint, 
d'après  K.  el-'Uyûn  d'I.  Qot.  p.  269,  15.  Il  se  rencontre  aussi 


711 

dans  une  Tradition,  Nihàyah  sv.,  ce  qui  est  reproduit  par 
TA  sv.  Dans  ce  sens,  c'est  un  élargissement  de  K~-o, 
qui  a  donné  S^>^,  vhv.  et  les  autres  verbes  dérivés  de  même 

sens;  cf.  J^o,  p.  712,  et  l=>c>,  KJiL>o  =  i^^^^-J!  .iU-xi!,  LA  sv. 

est  un   accouplement  de  J^o  et  'ji=>^.  Ces  mots  sont  très 

rares,  et  à  ce  titre  je  les  fais  figurer  ici. 

vJL>L>,  piétinement,  l'action  de  marcher.  J-^j^t  Ui^o,  le  pic- 

tinement  des  chevaux,  1215  n.  1.  vji=>^t  o^^j  673  =  'ik^.^  vhv. 

dU:>L\j  ^_cx=>,  salut  et  bonne  arrivée!  1579,  13. 

iLij:>j>,  piétinement^  pas.  ^^-à^Lj  ...j.^>ciii  ji?.!  J.  Lj_^  "bJ  ^^js^'o 

G     ,  oc  ^     ^ 

cUii!  ^5  LL;cfi:>L>  y)  j_yuj  ^  Uj^^^.,   rwws  autres,  lorsque  nous 

marchons  dans  le  pays  des  enyiemis,  nous  retournons  nos 
sandales  afin  que  l'empreinte  de  notre  pied,  ou  de  fiotre  pas, 
ne  reste  pas  sur  le  sol,  1272,  8.  —  J^-j^'  Oi>L>,  le  talon  = 
j4-y'  »^^)  vhv. 

Snouck  ZA  26  p.  238  et  n.  3  explique  ce  que  c'est  que 

o     - 

AJbx-xJ!  J^^t.  C'est  la  haute  classe  des  santons  qui,  par  la 
grâce  d'Allah,   ii-xt^y,  sont  à  même  de  se  transporter,  d'un 

seul  pas,  K_2=>j>,  d'un  endroit  quelconque  jusqu'à  Mekka.  C'est 
ainsi  que  le  Prophète  se  transporta  à  Jérusalem.  Les  traces  de 
leurs  pieds  se   trouvent  encore  par  ci,  par  là  dans  le  Sud, 

oîi  les  oL>!LX/<i  des  saints   hommes,   les   endroits  où.  ils  ont 

posé  leurs  pieds,  jouent  un  si  grand  rôle  dans  la  superstition 
des  croyants.  Les  chrétiens  ne  sont  point  en  arrière  sur  les 
musulmans,  et  je  n'ai  qu'à  rappeler  le  Quo  vadis  de  la 
légende  chrétienne.  On  trouve  même  près  du  Caire  le  sanc- 
tuaire de  ^Jr^^  x'^'>  ce  qui  n'est  autre  chose  qu'un  ancien 
sanctuaire  de  Hator  nûb,  le  Hator  d'or.  —  iui>!j,  pi.  oi:>!^o, 


712 

soulier,  348  n.,  chez  les  Rassâs;  cf.  ce  qui  suit.  —  oj^lLi 
=  endhaq  est  en  sh.  pantoufle,  Bittner  St.  sh.  I  p.  33  = 
l'arabe  u*^£l\-<  vhv.  —  ^y>A-^,  se  dit  de  la  route:  oijr-kj! 
o^cUî,  la  route  battue,  890,7;  893,5. 

jj>o  =  ^^o,  être  corpulent  (ventre),  1760;  I  Sîdah  II  p.  28; 
XIII  p.  283;  cf.  oi>u\jS,  vhv.  ^^  ^Joi  est  en  Dt.  ventre 
gonflé,  ballonné,  <  ^<Xa ,  à  cause  du  -. 

O     3 

J^L>,  lézard  noir  au  ventre  blanc  et  vert;  venimeux,  Dt. 
i)r^^,  qui  a  le  ventre  ballonné,  Dt. 

J«j>o!,  se  dit  du  ventre  qui  est  gros  ou  ballonné,  Dt.  Sihâh, 
Qâm.  et  LA  sv.  portent  J«.=>o  =  ^Ja^\  j> .«  la r ,  avec  le  sub- 
stantif Jc>o,  embonpoint;  cf.  les  dict.  sub  x;l2j  -b,  his  belly 
was  or  became  îoide  or  distented,  Lane,  et  ^^  t-r  *  lî  L>o,  ^z's 
6e%  became  sioollen  or  inflated,  Lane.  Cf.  ,^  î-r  *  H  ^L=>AJÎ, 
vhv.  Le  l^^p-'^  a  ici  un  autre  sens  que  celui  donné  sv. 
Cette  V~^c>  a  en  outre  donné  ^^,  être  gross,  corpulent, 
p.  71 1,  et  aussi,  probablement  comme  suite  de  cet  état,  avoir  la 
peau  flasque  LA,  Qâm.  et  TA  sv.,  synonyme  de  ^o,  ib. 
Ruzicka  o.  1.  p.  226,  selon  sa  théorie,  appliquée  à  presque 
tous  les  verbes  quadrilitères,  a  J^o  <  J.=>o,  mais  J.=>^  serait 

tout  au  plus  le  transitif  de  J.:>3,  tandis  que  J^o  et  ^d 
seraient  intransitifs,  mais  nous  ne  connaissons  ces  verbes 
que  dans  leurs  dérivés  adjectifs,  qui  indiquent  bien  un  verbe 
intransitif.  L'infixé  me  provient  de  K~Jw«j. 

^o,  démolir,  ruiner,  Dt.  =  J>>-5'  et  ^1^.  Dégémination  de 
yÂô,  et  le  „  est  motivé   par   une   contamination  avec  j*:>o> 


713 

vhv.  en  analogie  avec  r*.^^,  sauter  sur,  vhv.  <^,  sauter, 
vhv.  ou  bien  le  _  est  par  contamination  avec  V~  ^  vhv. 
affaiblissement  de  V  _o.  On  dit  aussi,  avec  affaiblissement 
de  la  gutturale,  J?o,  vhv.,  comme  Socin  Diw.  Gl.  sv.  qui  a 

entendu  — *-f-b.  Cf  ^^^j  vhv.  Par  l'interchangeabilité  des 
sonores,  ^r^  a  fait  J^r^,  vhv.  et,  avec  l'affaiblissement  de  la 
gutturale,  ^ù  vhv.  On  trouve  aussi  ^c>  en  sabéen,  D.  H. 
Mûller  EDA  p.  38. 

J.v>o,  faire  rouler  par  terre;  démolir,  ruiner,  Dt.  =  J^/; 
voir  jé.^=o,  .y>j  et  JJ?^.  Classiquement,  c'est  aussi  rouler, 
tr.,  =  -.,>o,  I  Sîdah  VI  p.  112,  1,  LA,  Qâm.  et  TA  sv.,  > 
Jw^o,  synonymes  de  -y>o,  I  Sîdah  1.1.  et  TA  sv.,  avec  la 
seconde  métathèse  (Jb>v>,  rouler  ou  jeter  de  haut  eyi  bas,  tr., 
précipiter,  LA  sv.  =  ^^j>,  j^^^^,  ^î'^,  vhvs.  Le  point  de 
départ  de  ces  verbes  est  sans  doute  V  -,>->  pousser,  car  en 
roulant  ou  pousse,  comme  aussi  en  démolissant.  Si  l'on 
pouvait  admettre  une  l/~-,o,  e7re  ro?zd,  bombé,  ou  pourrait 
ramener  les  sens  si  différents  de  Jw=>o,  J^o,  >)^o,  JJi:>j>, 
e7re  gonflé  (ventre)  LA  et  Qâm.  sv.,  ^r^,  remplir  V outre  = 
la  gonfler,  et  ^^J^^  oi=>Aj!,  vhv.  au  même  point  d'origine 
que  les  autres  verbes  où  entre  la  V~r''^  et  qui  veulent  dire 
roider,  tels  que  J.ro,  J^o,  jJb>o,  -j>o,  etc.  Mais  ici  je  n'ose 
me  prononcer.  Je  suppose  que  jr^  a  donné  J^o,  r  >  1,  les 
deux  employés  en  Dt.  et  alors  J^^o,  rouler,  pourrait  tout  au 
plus  être  parent  éloigné  de  J-r^,  démolir. 

Q=>L>,  a,  pousser  avec  ou  sans  force,  wegstossen,  refouler, 
heurter,  choquer,  1333  note.  —  Donner  une  poussée  avec  le 
brc.s  ou  l'épaule,  etc.,  empêcher,  1606.   —   Ecarter,  éloigner, 

faire  place,   mettre  de  côté,  et  alors  =  ^-=>^  ;  voir  q-^'->  •  — 


714 

^^Ji^  Jsc  j^^fiU  . . .  ^^  vi^x>  ^^  ^o  gv«U  ^  ^1^  ^\  ^css^  Le 

JiLJl  q:>iAj"  iCA/oj^i  qUJ',  ye  îie  me  laisserai  pas  repousser 
(de  mon  pays),  à  moins  que  la  haute  montagne  (où  je  suis\ 
ne  soit  repoussée  de  sa  place  ....  je  ferai  sur  ma  tète  un 
abri  de  fusils  roûmis  gui  repoussent  le  mal,  143  N°  70  (où 

dahàn  =  ^^o).  (j>_LI!  ^y,  ^L!  ^=>^.  ^yc^^,  la  palissade 
refoule  l'eau  loin  du  champ,  1333,  =  -^Ju  vhy.  Les  diction- 
naires  ne  donnent  pour  ,jj>o,  a,  que  le  sens  ^' avoir  le  ventre 
gros  et  pendant,  synonyme  de  J^-=>o,  vhv.  et  ses  dérivés. 
Mais  Sams  eruiûm  p.  36:  j^y>jJt  U^  ^-oiàJL.  Jot«j  Joù  ^^o 

^^j^!  ^\  iLib  ^saJ!.  C'est  une  amplification  de  K  ^.J),  qui 
a  donné  tant  de  dérivés.  Dans  le  Nord,  on  se  sert  de  son 
synonyme  ,*-:>o,  repousser,  I.  el-Qût.  p.  287,  19,  et  *_=>b 
y  a  un  sens  obscène;  Socin  Diw.  Gl.  sv. 
,^^_=>iA_iî,  être  repoussé,  écarté,  s'ôter,  s'éloigner;  se  laisser 
repousser,   écarter,   ôter,  600   n.  1;   voir  ex.   ici   1.  1.    ,.:^" 

j.ylJ!  ^j^  iLit  ^j=>^>J^.  w^A«  (Jvc  iUwJî  ^j^  X^^^  r?^^5  i^^  tasses 
les  arbres  avec  des  pierres  placées  dessus,  en  haut,  afin  que 
Veau  soit   repoussée   de  la   levée   de  terre,   87,20;    1606.= 

^^oî,  s'écarter  un  peu,  se  'ranger  de  côté,  153,  5  et  n.  4.  < 
^^'ol.  Do^an  dit  dans  une  longue  qasîdah: 

Cece  est  ce  que  dit  Do  an  dont  la  demeure  sait  se  défendre; 
Il  sort  le  matin  et  rentre  le  soir  avec  les  troupes  des  Himyarites. 

^^o,  inf.  iwyo^yt  Q=''->>  ^«  poussée  des  fusils,  les  coups  des 
fusils,  voir  p.  263,  3.   Un  ragaz  porte: 


715 

sy>^^3  Lj^!  Qtv>  (^  (jr?^  L.  L     i^y^y'  cr^^  Js.=>UJ!  (^^j>JtJ   L. 

Aujourd'hui,  ô  Allah,  ô  '^Obeyd  le  NâflHte, 

Et  les  porteurs  de  fusils  qui  dissipent  les  soucis! 

Nous  allons  passer  au  littoral  yar  (avec)  la  poussée  de 

nos  fusils  roûmî: 
(Car)  nous  ne  voulons  être  (pris)  entre  les  Pléiades  et  les 

étoiles  (=  être  envahis). 

^_^\^\  cr^^)  même  sens,  545,3. 

L>o,  i,  u,  =  L-:^^,  1190  n.  2,  pousser;  jeter.  Etendre;  ce 
dernier  sens  est  probablement  secondaire,  le  sens  primaire  étant 
pousser,  taper,  voir  -o.  Sa  métathèse  et  Sl\:>,  vhv.  I  el-Qût. 
p.  291,  15;  I  Sîdah  VI  p.  112,  3,  ib.  IX  p.  115,  5;  LA  XVIII 
p.  275  et  p.  276,1;  ib.  XIX  p.  327,  d'en  bas:   JJl^  kS^^^ 

xjj>o.  Lorsque  el-Kisâ^î  rapporte  la  forme  1  g  .*."^,  ib.  d.  L, 

ce  n'est  que  la  prononciation  dialectale  ^_^_s^_Ij  ou  ^j-:s\l3,  à 

cause   de  l'aoriste  ,_^_^5Lkj,  processus  que  j'ai  exposé  Prov, 

et  Dict.  p.  60  et  s.;  cf.  sub  J>j>o,  Ce  verbe  s'est  conservé 
dans   les   deux   sens  de  pousser,  jeter  et   ^'étend^'e.   ^_j-=>^ 

^Ls^^!  Jy-wJt,  le  torrent  a  rejeté  les  pierres  (du  lit  du  fleuve), 
Dt,  comme  Qor.  79,30:  L^L^j)  dUo  Ck-x^  ^^\*,  =  l  Sîdah 
IX  p.  115,6,  où  aussi  ±lLA\  j.:>l\Jî  et  Lâmîyat  d'es-Sanfarâ 
V.  43:  «-'-e:"^  L^L:>j>  v'— *-^)  des  dés  qu'un  joueur  jette.  LA 
XVIII  p.  275/6,=  ^^,  et  ib.  p.  276,3.  Meissner  NAGI 
p.  121:  daha,  stossen.  Beaussier  sv.;  cf.  vJi:>o. 


')  Pron.    1  i  "^  b  i  r  =  granini.  j^*J ,  comme  aussi  1  i  g  i  =  ^^^ 


716 

^^b,  étendre,  Rôssler  M  S  OS  III  p.  22,3. 

,_y>ô  est  une  danse  chez  Musil  o.  1.  p.  198,  13  =  ^Lw,  vhv. 

j^^=>S,  petits  cailloux  en  sahhî,  BBR  AS  1902  p.  267  et  ib.  p. 

268,  sable  mêlé  de  cailloux  dans  une  vallée.  Sur  la  provenance 
de  ce  sens,  on  lira  ce  que  dit  LA  XVII  p.  276  et  el-Fâ^^iq 
I  p.  351  =  Tab.  Gl.  sv.  L=>u>,  de  v^^''  y^^  ^t  de  ,^^'a!<  = 
.L^S,  au  jeu- de  billes  (qui  ont  chez  nous  remplacé  les  pierres). 
jC*>o,  coll.  ,^c=*^5  est  chez  les  Béd.  de  la  Tripolitaine  et  du 
désert  lybique,  oeuf,  Hartmann  L  L  W  p.  45,  2  ;  Stumme 
MGT  Gl.  sv.,  où  s^-=>J',  coll.  y=><>,  oeuf  d'autruche^  selon 
Wotzstein,  et  Stumme  TTBL  Gl.  sv.  ^y>o>jy>o,  7iid  de 
Vautruche;  cf.  Marçais  RM  TA  p.  430  sur  la  forme  étrange 
que  donne  Beaussier  ^^^^  pi.  -'^=>^,  couvée  d'oeufs  d'autru- 
che.  Cf.  LA  XVIII  p.  275  sur  ^^^o],  '^L^p-M,  «\.=>o!  =  (jiaxyi 
*1jlJî,  expliqué  par  bi^y  y>Aj"  iCxiLxjJt  ^^^.  Dans  ces  milieux 

primitifs,  on  ne  paraît  donc  pas  avoir  connu  l'oeuf  de  poule 
ou  bien  le  mot  ij^  ne  faisait  point  partie  de  leur  parler; 
Hartmann  dit,  o  et  1.1.,  que  'x^^  est  connu,  mais  non  employé. 

.^=>j,  roider,  tr.,  Dt.  =  .y^o,  vhv.  =  -y>^,  vhv.;  ma  Fest- 
gabe  p.  34;  Stace  p.  145  sub  rolled.  Accouplement  de  -o 
et  ^^o,  plutôt  (ju'une  dégémination  de  y>o,  mais,  dans  ce 
cas,  le  3  est  motivé  par  contamination  avec  V~pc>.  Une 
métathèse  de  ^y>^  est  j^o>.=>,  vhv.,  comme  V~0o  l'est  de 
V~„o.  Cf.  ^^o,  J»^  et  ^*A:>.  vhvs.  Voir  sub  jO^=>. 


717 

^» 

y>j>,  être  petit  et  chétif^  >  ^o,  763. 

JJ>o,  u,  entrer.  J^  J^^,  772,  aussi  avec  ^lî  et  V)  expliqués 

773.  L^JLc  Jc>l\j3  L^  dU*j  iiUJ>  l)uL£,  alors  il  l'épouse  et  con- 
somme le  mariage,  865,  11.  Jk  J^^  est  aussi  chercher  pro- 
tection qu'on  entre  ou  non  dans  la  demeure  de  la  personne 
dont  on  demande  la  protection,  1479.  C'est  pour  i^\  ^}s.  Jci-o, 
1262,  9  d'en  bas;  1479,  9  et  ss.,  1790,  1791, 1.  Sur  la  portée 
de  ce  (j^  J^^,   voir  Musil  o.  1.   p.  844   ss.   J'ai  aussi  écrit 

un  mémoire  sur  la  '»i=>c>  du  nord  que  je  tâcherai  de  publier. 
Voyez  ici  l'article  sur  Asiles  et  protection  p.  1781  et  ss. 
J^  Jc>>3  aussi  ejitrer  chez  quelqu'un,  RD  Gl.  sv.  ^^  Sà>^, 
s'entremettre  pour  quelqu'un  qui  cherche  protection,  &_i_c, 
auprès  d'une  tierce  personne,  1790  n.  Dans  une  inscription 
safâtique,  Dussaud  Les  Arabes  en  Syrie  p.  137,  nous  lisons: 

brn  î  i<pb)  ikSD  mn  rbriD  i'p'?^  ddî^dt  ^^id  =  î^  Uw^^  ^ji 

JJ>o  ^3  ^^3  !j-ïLw  -3.3  o^,  ce  que  Dussaud  traduit  par: 
a^ors  27  s'est  éloigné  tandis  qu'ils  ont  séjourné  parmi  les  wasm. 
0  Allah,  protège  celui  qui  se  met  en  marche  et  accueille  celui 
qui  entre.    Il   s'agit  sans  doute  de  quelqu'un  qui  avait  pris 

la  fuite  J5  et  qui  est  entré  au  Safâ  pour  se  soustraire  à 
un  mauvais  traitement  oiJ  à  une  punition,  ^a  J^o,  conclure 

un  pact  avec  qn.,  Nord,  Musil  0. 1.  p.  26  en  bas  =  ^  ^J^  vhv. 

jJ>o,  faire  entrer  le  nouveau  ^narié  clans  sa  demeure  auprès 
de  sa  femme,  37,  16;  aussi  faire  entrer  les  nouveaux  mariés, 
28,  1.  —  Offrir  l'hospitalité  <  faire  entrer  qn.  à  cet  effet, 
Hdr.  p.  53. 

Jci>o!,  faire  entrer,  773,9  d'en  bas;  822,17:  .^iJi>o!  K^t 
\Jl£,  ^A.  fut  cnnenée  chez  lui. 


718 

^b,  clans,  dedans,  prépos.  partout  dans  le  Sud,  RD  Gl. 
sv.;  Carbou  p.  80. 

J^o,  protection,  propr.  l' entrée  de  qn.  chezqn.  pour  demander 
protection,    306,3  d'en  bas:  jJ>j>  ':^  3  ic^s^  aJ  L  vJ-v^'j  ^'6^- 

pwZse  c?e  to  société  n'a  ni  nourriture  ni  protection,  ni  feu  ni 
lieu.  Ce  mot  est  devenu,  dans  les  milieux  hadar  du  Levant, 
une  formule  de  prière:  dU~>j>  ou  é^Ls>j>,  Je  te  prie,  de  grâce. 
Les  Bédouins  du  Nord  ont  la  même  formule,  664,  7  d'en  bas; 
703,  1.  2,  mais  elle  n'est  pas  là  devenue  aussi  banale.  J3o 

OjlXo  ij£  Lo  o^'Jt,  expliqué  1791.    L'article  de  Bergstrâsser, 
Sprachatlas  p.  50,  est  en  partie  erroné  et  insuffisant. 
idL>j>,  protection.  Musil  0. 1.  p.  344, 18.  —  Hospitalité  = 'iLil^ , 

Yéman  et  Nord. 

idLi>o,   invitation  au  mariage  ou  au  régal  qu'on  donne  alors, 

195  n.;  772,  =  i3L>to.  iJi=>jJt  idlJ,  le  soir  du  mariage  lors- 
qu'on offre  un  repas,  772.  Snouck  a  si  bien  exposé,  Mekka  II 
p.  168  et  ss.,  la  duhlah  pour  Mekka  qu'il  n'y  a  rien  à  y 
ajouter.  «^L^o!  iJLi>o,  expliqué  28,3,4  et  195  n. 
idL>j>,  cérémonie  nuptiale  37,  10.  —  Chez  RD  Gl.  sv.,  pro- 

tection,   comme  aussi  chez   Musil  0. 1.  p.  364,4  d'en  bas  et 
p.  391,9  (dahâlah),  mais  non  pas  dans  notre  dialecte, 
j^o,  prononcé  partout  dans  le  Sud,  à  la  manière  mehrite, 

dahèyl  (non  dahêl;  ce  J^Jù  <  Js-où  aussi  en  dofarî  RD 
II  §  13  p.  92),  hôte,  visiteur,  20,20,26;   331  et  n.  2.;  1633 

n.;  1791;  pi.  J^,  39,11,  ou  ^^LÎ.o,  Hdr.  Gl.  sv..  Brockel- 
mann  0. 1.  I  p.  197  en  haut,  qui  me  cite,  mais  oîi  il  faut 
lire    „Gast",   au   lieu  de    „Gatte"  et  où  il  confond  teyn  et 

tîn,   qui  sont  deux  mots  différents,  vhv.  Mais  J^3,  ])ron. 


719 

dahîl,  est  associé,  331  n.  2.  ^ù  et  ses  dérivés  ne  se 
rapportent  jamais  dans  notre  dialecte  à  la  protection  qu'on 
demande  ou  qu'on  accorde,  331  n.  2;  1791.  Musil,  qui  passe 
en  Autriche  pour  être  le  plus  grand  connaisseur  des  Bé- 
douins de  Syrie  et  de  leurs  parlers,  traduit  souvent  dans 
AP  III  .y^p-o  par:  der  um  Schutz  ersuchte,  p.  e.  pp.  345,  21; 
364  d.  1,,  mais  p.  422,  7  d'en  bas,  correctement  Schutzhe- 
fohlener.  Cf.  1479  et  1791.  Jwp>o  est  dans  le  Nord,  comme 
le  sait  tout  arabisant,  celui  qui  demande  protection^  jjrotégé 
=  vvy^;  Wetzstein  Haurân  p.  148  n.;  v.  Oppenheim  Reise  II 
p.  95  (bien  expliqué),  et  ce  mot  n'a  vraiment  pas  besoin 
d'élucidation.  Marçais  Gr.  tl.  p.  306.  En  revanche,  son  syno- 
nyme du  Sud  ^  ,  vhv.,  s'applique  aussi  bien  à  celui  qui 
demande  qu'à  celui  qui  accorde  la  protection,  Nôldeke  Bei- 
tràge  II  p.  74. 

Sur  J^_53,  voir   p.  725,  3. 

^J=>^,  fumer  le  tabac^  Syrie,  se  dit  par  plaisanterie,  1285;  cf. 
j^b,  u;  dans  ce  sens  dénominatif  de  QLi>o,  tabac  à  fumer. 
L'expression  courante  pour  fumer  est  au  Maroc  ^^,  i,  ce 
qui  peut  originairemont  signifier  cacher,  couvrir  et  nous 
reporte  au  temps  qu'on  fumait  en  cachette,  Fischer  M  SOS  II 
p.  232  en  bas,  Kampffmeyer,  Marokk.-arab.  Gesprâche  p.  15, 
mais  il  se  peut  aussi  que  ce  soit  le  même  verbe  que  l'hébreu 
i^QJ,  absorber,  avaler  vite,  Hi.  faire  boire,  donner  à  boire; 
V.  ici  p.  289.  —  Encenser;  fumiger,   1102,   aussi  classique, 

I  Sîdah  XI  p.  199; 8  d'en  bas,  =  ^;   c'est  là  le  seul  sens 
dans  les  dialectes  bédouins  entre  le  Yéman  et  'Oman;  voir 
ce  qui  suit.  —  Produire  de  la  fumée,  fumer,  intr. 
^L.=>o,  fumée,  1284  et  n.  2;>^^Li>o,  1285  n.;  1637,5  d'en 
bas,   Qûm.   sv.   et   TA  sv.,   mais  ce   sens  n'est  pas  connu 


720 

dans  les  dialectes  entre  le  Yéman  et  "^Omân,  où  il  n'y  a  que 
celui  de  tabac  à  fumer ^  ]  285  n.  Ceux  qui  ont  fréquenté  Aden 
et  'Oman  disent  bien  ^^Li>jJî  >w^^,  bateau  à  vapeur,  par 

synecdoque,  RO  p.  222,  et  aussi  ^^L=>^i!  tout  court,  1637,5 
d'en  bas. 

Le  mehri  a  la  métathèse  nidôh,  ou  nidâh  et  le  sh. 
endôh,  fumée,  Bittner  St.  mehri  I  p.  47,  IV  p.  65  et  sh. 
I  §  24. 

Je   n'ai  jamais  entendu  le  pluriel  de  qI-=>^,  mais   dialect. 

on  a  un  pi.  ^jyi>l3-o,  qui  se  trouve  dans  l'égypt.  dahàhni, 
marchand  de  tabac,  et  l'on  peut  dire  aussi  o'jl-=>^,  diffé- 
rentes parties  ou  sortes  de  tabac.  Les  dictionnaires  donnent 
bien  les  pluriels  \j^.=>^»,c>,  q.^-IîO,  ioL=>j!,  mais  I  Sîdah  XI  p. 

4  dit  que  ^^y>■\^)C>  (Zoheyr,  mon  édit.  p.  184,  14)  est  le  pi  de 
Kj.i>b,  de  même  que  q^^  l'est  de  :\J-ilc,  contr.  à  Brockel- 
mann  o.l.  I  p.  391.  Tout  l'article  ad  hoc  de  I  Sîdah  porte 
le  titre  ^^[jôJI.  Le  pluriel  régulier  serait  ^cj-^-jî,  et  (jv^i^o 
me  paraît  être  dialectal  et  par  analogie;  il  figure  aussi  chez 
Brockelmann  o.l.  p.  76  comme  exemple  de  ^^\*,c>>f^'^\^c>, 
si  je  le  comprends  bien,  cf.  ib.  p.  391,  oii  il  fait  venir  ^^ù 
d'un  med.  w,  c'est  à  dire  q1.=>î'->  >  qI-^*^  de  Jc> ,  u,  vhv. 

Les  mots  se  rapportant  à  la  fumée,  à  la  poussière,  etc. 
affectent  volontiers  le  paradigme  JL«,  tels  que  .L^.j,  v'/»'? 
j.Li^*«  >  |.L^*w  (Egypte),  Jà]^,  qI^,  v'^>  ^LjCè,  X^,  ^Ljuï 
("Ilî3^):5),  (_,wL:^i,  d'après  I  Sîdah  XI  p.  40.  Comme  dans  quel- 
ques-uns de  ces  mots  on  a  enregistré  la  permutation  avec 
i,  on   pourrait  aussi   supposer  que   pL],  fumée,  o.l.  VIII  p. 


721 

182  et  IX  p.  40  est  pour  J^l  ').  ^L^  fait  exception,  mais 

j'ai  souvent  entendu  Js^  dans  le  Nord. 

La  forme  qLÎ>o,  K.  el-Fasîh  éd.  Barth  Gl.  sv.,  est  peut-être 

née  sous  l'influence  de  ^o  =  ^^L>j,  I  Sîdah  XI  p.  40,  d'après 
el-'Ayn  d'el-Halîl.  On  y  constate  la  voyelle  u,  comme  dans  les 

mots  susmentionnés,  ^j^,  poussière,  cf.  ^Ic  20,10;  1308,  a 

aussi  la  seconde  radicale  géminée:  uj^^Ljy'lc,  LA,  sv.,  comme 

aussi  ^l^^^,  charbon.  Je  ne  suis  nullement  persuadé  que  le 
verbe  ^^J-=>^  soit  dénominatif  de  q1-==-^,  comme  le  pensent 
Vollers  ZDMG  49  p.  507  et  Brockelmann  o.l.  I  p.  76,  qui 
avance,  ib.  §  213  anm.,  de  même  que  Vollers,  que  ^^}~=^'^ 
provient  d'une  K^^^o,  vhv.  L'étymologie  philosopho-poé- 
tique  de  de  Lagarde,  Bildung  der  Nomina  p.  51,7,  n'en  est 
pas  une. 

•    Le  verbe  ^^j»  se  dit  aussi  bien  du  feu  'jL=>o.LLil  ^i>j.=>j>  = 

L^L>o  ^y,   I.  el-Qût.   p.   129,  I  Sîdah  XI  p.  40,5,  que  de 

la   fumée  et  de  la  poussière:  L*«J.t  ljj.i>o  \^^*)  ^L^jJ!  ^z>o 

UfjL=>o  -Lj»  \jJ>c>  U=>l>j,  I.  el-Qût.  p.  290.  La  V~^o  a  bien 

pu  être  élargie  en  ^>^,  dont  le  sens  primaire  serait  tour- 
ner, plmier  dans  l'air,  tourbillomier  ou  quelque  chose  d'ana- 
logue, mais  il  pourrait  aussi  se  rapporter  à  la  couleur  noire; 
cf.  ;?ob,   sombre  (nuit),  seulement  dans  le  Qâm.  et  TA.  La 

5 

forme  JLr-s  est  en  analogie  avec  les  autres  mots,  dont  les 
verbes  correspondants  ne   sont   pas  des  dénominatifs.  On  a 


1)  I   Sîdah    VIII   p.   186, 3   dit    que  |»ijl  est  seulement  la  fumée  pour 

faire  sortir  les  abeilles,    ij^^sUJ!    »>-ij>j  et  il  ajoute  (V*    ^'^    ^^.    "^^ 
^>!^iAJ!.    Effectivement,   LA   XIV   p.   307,  8   d'en    bas   dit,   d'après   I 

Barrî,  que  ^[>.i  <  [«y  =  o'^'^'  ^^'  P'  ^04, G  d'en  bas. 


46 


722 

la  parallèle  (^\-=>^'  o^^  =  ^^^^:  j.LiA*«,  chose  noire;  cf.  le 
libanais  ^ahhâr,  suie;  terre  noir'âtre,  <C  syriaque  s uhhkrâ, 
noirceur,  charboti  >  dénigration,  Anschwârzung ;  avec  le  verbe 

syrien  et  syriaque  yS^,  Pr.  et  Dict.  p.  93>sahbar,  noircir 

>  ib.  dénigrer  =  ^j^ ,  v.  Gl.  sv.  et  ma  LB^A  Gl.  sv. '). 

Torczyner  o.  1.  p.  247  fait  entrer  qL=>^  dans  la  sphère  de 
sa  théorie  sur  la  provenance  de  la  désinence  a  m  >  an.  Il  veut 

que  QLi>o  vienne  de  i_j:-=>^,  obscurité  de  la  nuit,  LA  sv.,  = 

^J:=^^,  LA  sv.,  et  que  la  nounation,  =  désinence  adverbiale, 
soit  ensuite  allongée  en-ân:  q^-^--^-  Les  V~^c>  vhv.  et  ^i3 
ont  certainement  des  points  de  contact,  ainsi  qu'on  pourra 
facilement  le  constater  en  lisant  LA  II  p.  89  et  III  p.  491, 
être  noir  (toute  chose),  et  QLi>o  peut  aussi  venir  d'une  telle 
conception,  mais  la  structure  du  mot,  ainsi  que  ses  analogies 
sémasiologiques,  ne  me  paraît  pas  expliquée  par  l'ingénieuse 
théorie  du  savant  hongrois. 

On  dit  p,b  J-aJ  =  ^b,  vhv.,  et  -U^o  idLJ;  L=>jJS  est  = 
oLilJ!  L>^  j  ■^Jk\  d'après  I  Sîdah  IX  p.  40,  9.  LA  XA'III 
p.  277  a  ^>3,  =  i::>oJ!,  I  Sîdah  ib.,  vhv.  Le  verbe  (_y>o  n'a 


')  C'est  l'hébreu  inii^,  devenir  ou  être  noir,  d'où  vient  r^^-^,  magie 
noire,  Schwarzkunst,  ce  qui  est  sans  doute  une  traduction  du  sémi- 
tique. Le  verbe  arabe  r^j  r=*^  me  paraît  originairement  aussi  avoir 
le  sens  d'être  noir,  même  là  oîi  il  se  rapporte  à  Vaube  de  jour,  ce  qui 
est  confirmé  par  la  sémantique  des  thèmes  l<^'^»  ^'^  et  -;-b,  vhvs. 
Je  crois  que  le  inïï^  H  de  Ges.-Buhl  ne  doit  pas  être  séparé  de  "iplï'  I 
qui,   d'après  moi,   ont   le   même   point   de    départ;    de    même,    l'arabe 

j^\Mi  et  '^j^\m  (v.  le  &i«  des  couleurs  ici  p.  X  cf.  aussi  ,iN^  et  »y^)  est 
l'équivalent   phonétique   et   sémantique   de  l'hébreu  inti'  désignant  le 

moment  oii  la  noirceur  de  la  nuit  commence  à  se  dissiper,  le  com- 
mencement du  Crépuscule,  mais  non  pas  encore  une  aîirore  complète; 
l'allemand  Morgengrauen  est  donc  plus  exact  que  Morgenrôte. 


723 

pas  été  noté  dans  les  dictionnaires,  LA  sv.,  mais  il  a  dû 
exister   puisque  sa   variation  L<ib,  u,  y  figure  LA  XIX  p. 

229  =  JyJJt  jjLbt,  avec  le  substantif  i^v^I^  et  iL^js^  =  K_Jlb, 

obscurité  (de  la  nuit);  ^Ui^b  idJ,  ?2?a^  obscure  =  î^Lç>o  icLJ. 
Ed-Da^gâ''  dit  dans  sa  complainte  sur  la  mort  de  son  père, 
vyii!  y^|>^  i^y,  éd.  Cheykho  p.  123,4: 

(Il   était)   une  lourde  pierre  de  guerres  '),  une  flamme  à 

laquelle  on  s'éclaire, 

Comme  la  lune  éclaire  la  noirceur  de  V obscurité  (=  la  nuit 

obscure). 
Cf.  LA  sv.  Li^.  D'autres,  plus  savants  que  moi  dans  les 
langues  sémitiques,  décideront  si  l'origine  de  qL:==o  doit  être 
cherchée  dans  V~j.^t  tourner,  ou  être  noir,  car  les  deux 
sens  s'y  prêtent. 

Carter,  BBRAS  1845  p.  200,  dans  sa  Notes  on  the 
Gharah  tribe,  donne  une  description  fort  intéressante  de  la 
manière  de  fumer  de  ce  peuple.  Le  volume  étant  difficile  à 
trouver,  je  reproduis  ici  cette  note.  „They  are  much  addicted 
to  smoking  tobacco,  and  every  one  carries  a  short  pipe  about 
three  inches  in  length,  made  out  of  a  pièce  of  soft  limestone 
rock.  This  is  kept  in  a  little  leathern  pouch,  together  with 
their  supply  of  tobacco,  a  pièce  of  flint,  some  tinder,  the 
blade  of  razor  and  sometimes  a  penknife.  Their  manner  of 
smoking  is  peculiar;  it  seldom  consists  of  more  than  one 
inhalation;  the  tobacco  being  well  lit,  they  make  a  forced 
expiration,  ^nd  then  inhale  as  much  as  possible,  allowing 
the   smoke   to   issue   gradually   through    their    mouth   and 


')  Pour  comprendre  cela,  voir  ici  sub  j^j    (*^>J'    '^'^J  *^*  l.'^J' 
2)  Hiz.  el-Adab  I  p.  91  porte  le  synonyme  A-JIiiJ!  C>\_yM. 


724 

nostrils,  while  they  pass  the  pipe  on  the  next  person  ; 
seldora  more  than  five  minutes  are  allowed  to  elapse,  before 
a  fresh  pipe  is  prepared,  and  it  almost  appears  to  form  part 
of  ceremony  of  greeting,  when  they  meet  each  other  on  a 
journey;  should  there  be  no  pipe  présent,  they  make  use  of 
the  hole  which  is  in  the  pommel  of  their  sword,  by  flxing 
in  a  little  stone  •  on  one  side  and  filhng  up  the  remaining 
part  of  the  cavity  with  tobacco  through  the  other,  then 
scraping  a  few  shavings  with  their  sword,  from  off  the 
surface  of  their  pointed  stick,  they  envelope  a  hghted  portion 
of  tinder  within  them,  and  rolling  the  whole  up  into  a  bail, 
apply  it  to  the  tobacco  in  the  pommel  of  their  sword,  for- 
cibly  drawing  the  air  at  the  same  time  through  that  side 
in  which  the  stone  is".  J'ai  vu  moi-même  pratiquer  ce 
dernier  mode  de  famer  plus  d'une  fois  pendant  mon  long 
séjour  dans  l'Arabie  méridionale.  Les  Bédouins  du  Nord  ont 
aussi  leur  ;v>;.j  d'à  peu  près  la  même  forme,  Prov.  et  Dict. 
p.  69  s.  et  ici  sub  ;jjj. 
,^!o,  chez  Socin  Diw.  N°  92  v.  1,  fumée  de  la  poudre.  Ce 

sens  n'est  pas  incertain,  comme  le  pense  Socin,  Gl.  sv.,  et 
il  renvoie  inutilement  au  §  102  c,  carie  Js^'i  est  très  employé 

comme  substantif<  participe  dans  ces  sortes  de  mots,  590,5, 

et  ss.  De  même,  nous  avons  ^\-^  vhv.,  l^Le  =  v_j^<-e  et 

^_^,  poussière,  p.  721,  LA  sv. '),  ^j^^^  fumée  vhv. 

^^3,  encens,  1102;  v.  d.  Berg  Hdr.  p.  102,6  d'en  bas.  Cf. 
l'allemand  Weihrauch  et  le  suédois  rôkelse,  même  sens  qu'en 
arabe,  de  rj=>^,  rauchen,  suéd.  rôka,  fumer.  Plusieurs  mots  se 

rapportant  à  ce  sujet  sont  sur  le  paradigme  Jyè,  tels  que  ^^., 


•)  Naswâu   0.1.  p.  74:  J^   îo!   wOCi    ^^^î    ^^    tj^x^    ïJc    j.    J'Jb 


■  725 


umee. 


c 


'hys>,  o>Jl>,  jy'^,  -r-^,  ISîdah  XI  p.  199  ss.;  cf.  Ilt3p,  /î 
'2Uà>J^,   encensoir,  dans   le   Sud,   et   cuisine  en  Syrie,  L.  v. 

Amasia  p.  62,  3  d'en  bas.  —  Ici  je  place  ij^^o,  faire  tourner 
la  tête,  donner^  le  vertige,  Dt.  C'est  sans  doute  une  variation 

de  Q==-V>   6t  je  crois  à  présent  que  Vollers  avait  raison  de 
le  comparer  avec  -b  et  ry=>^,  1285.  Sans  cela,  on  ne  saurait 

l'expliquer.  J^q>5^  <  d^^  <  q=>^7  selon  Hdr.  p.  578,  ou  bien 

le  w  est  motivé  par  l/^^^o .   C'est  alors  =  -r-^o  vhv.;  cf.  le 

_    û    - 

classique  p-^^»^  LA  sv.  Le  ''omânais  ^^c>,  RO  p.  4,  7  d'en 
bas  et  p.  250,  5,  être  hors  de  soi  à  force  de  boire,  c'est  à  dire, 

avoir  la  tête  qui  tourne,   est  pour  J^-jSî,    qui   dans  notre 
dialecte  est  avoir  le  vertige,  synonyme  de  aIo. 

^j-=>^,   millet,   Holcus  dochna   Forskâl,    13,  25.    RD   Gl.  sv. 
Akkad.  d  u  h  nu,  même  sens,  Zimmern  Akk.  F  W  p.  55  en  bas. 


ob,  pi.  ^pîjo,   est  appelé   un  melon,  une   pastèque,  une 


courge  lorsque  ces  fruits   sont   encore  petits,  612.    Ma  LA 
p.  56,9. 

>^. 

.o,   i,   couler.    qJJLi  o,>->  ii-^-Lx  ^U  u;a-o. ,   Je  t'ai  élevé  une 

brebis  qui  donnait   beaucoup   de    lait,   653,  10.   Imer   em- 
r  à  h  i  1  e  h  min  g  à  1  t  e  d  i  r  r ,  frotte  le  pis  de  la  chamelle  aflîi 

qu'elle  donne  du  lait.   ,^[>  jXi,  elle  donne  du  lait,  et  non 
seulement   donne  du   lait  en  abondance.   Cf.  .3  et  ^  vhv.  I 

w  O 

Sîdah  VII  pp.  39  et  43.  —  by  bâtoyi,  1747.  —  J.C>^  bâtonnet 
avec  lequel  on  brasse  la  3>Ajy^ji£,  v.  A^^u;. 


726 

^}>£.  \jC>,  survenir  à  l' improviste  ^=  ^  î^j  1221  n.  =  ^o.  Cf. 
^^^ù,  (CjO  et  ^.L>  vhvs. 

L_j.L>,  /aïVe  des  boulettes,  ^Jr>^^^  vhv.,  30,16;  794,  =  jJo  vhv. 

Cf.  Jo^o,  vhv.,  et  '^}jjS  vhv. 

v_j.j>,  entourer  d'un  mur,  Vj^^»  vhv.  —  Assiéger  =  entourer. 

/b?'^  de  Q.  b.  ^A.  qui  est  entouré  d'une  muraille  et  ynuni  de 

O      5  Cl 

trente-cinq  meurtrières,  11  et  12.  ^Liî  ijcS  J,  q-^^^  ^c*^    ':' 

L;^AJ  s>-jji.>-J  Ij^,  nous  allons  construire  un  husn  dans  le 
pays  des  M.  et  nous  allons  l'entourer  d'un  mur  tout  autour, 
me   dit   un   Datînois   avec  qui  je  causais  de  ce  projet.  o^Lj 

xj.lXx  =  8,^n^  o^lj,  ville  entourée  d'une  muraille,  mais  aussi 
ville   assiégée,  parce   que   l'ennemi   l'entoure,   440.   Es-Sâdilî 

est  appelé  iL:^_«J!   ^_j.o,   muraille  d'el-Mohâ",  expliqué  par 

iuLotyG  L^^iAj,  z7  l'entoure  et  la  défend  par  les  grâces  divines 

dont  il  est  doué,  1071,  5,  Arabica  V  pp.  160,  161  et  286. 
Celui  qui  s'y  réfugie  est  en  sûreté,  1069,  7.   ^  o^-j  j-^ 

^\  -x_*/  y?^->^  V-J;"-^'  ^^ht^  uT^  ^>j'^  ^}>-^^  iCï^iLo  ^  J^  V*^ 

£îr  Barhût  est  situé  à  côté  de  la  montagne  (ou  plutôt)  sur 
le  versant  de  la  montagne  qui  Ventoure  et  il  est  muni  tout 
autour  d'un  mur  en  grosses  pierres  rouges,  Hdr.  p.  435,  5 
d'en   bas.  Cela  pourrait,  il  me  semble,  expliquer  le  w^a_j 

employé   par  Abu  Bekr:  ^\  Î5.L0  Ij'i  ^^Ji\  qv^j^'  o^'j-J'  '^ 

yj-  ^i^N-ft-sj  ^j^lXjcj),  ils  ne  cessèrent  de  mettre  en  déroute  les 

RoiXm,  mais  lorsqu'ils  arriver eyit  au  tadrîb,  la  guerre  s'ar- 

,     rêta,   el-Fâ'iq   I   p.  196,   Nihàyah  II  p.  18,  LA  1  p.  371,3. 


727 

Tab.  Gl.  sv.  vy.  Les  lexicographes  n'ont  pas  bien  su  expli-  vy 
quer  ce  mot,  qui  veut  dire  ici,  sans  doute,  la  frontière  forti- 
fiée, les  .yLj  avec  leur  v^j^  »   rnurs.   Dans  Tab.  II  p.  1955, 

11,  nous  lisons:  ^^*^^.3  ^Àxs^  o"*^^  Tt^'  o'  i*^"**^  ->^'  t^'-î 

^_j"juj,  et  A.  M.  ordoyma  de  réparer  la  forteresse  de  S,,  de 
la  fortifier  et  de  l'entourer  d'une  muraille.  C'est  certaine- 
ment le  dénorainatif  de  v;^>  P^-  v^y?  Tab.  Gl.  sv.,  mais 
dans  le  sens  de  mur.  Tab.  II  p.  642,  11  porte:  ^1^^'  ^-^^^^j 
ujLiij  ■■é^\j'  JJo  u>ô.o  *  UJj.>  -ii)"^!,  où  il  faudrait  ou  voyeller 
v.i>j.L>  et  enregistrer  ûj^,  barrer,  car  Vj--^  serait  contre  le 
mètre,  mais  ^\o  dans  ce  sens  n'a  probablement  jamais 
existé,   et  la  leçon  proposée  par  de  Goeje,  ^^^^-^   me  paraît 

être  la  seule  bonne. 

oXJ!  v_j^o,  fermer  les  portes  du  quartier ,  en  Espagne,  Dozy 
S.,  oià  il  y  a  d'autres  exemples  très  instructifs,  les  deux 
derniers   surtout,   où  l'on   voit  la   différence    entre    ;«f-^,  la 

grande  muraille  d'enceinte,  et  ^_j,o,  ^s^^-^'j  voir  plus  loin.— 
Barricader,  Dt.,  comme  aussi  en  Espagne,  Dozy  S.  sv.  Une 

ville  est  aussi  appelée  'i^jX-A  lorsqu'elle! est  close  par  les 
maisons  qui  y  forment  un  mur  étant  adossées  les  unes  aux 
autres  de  façon  à  constituer  un  pourtour  continué,  et  s'il  y 

a  des  interstices,  on  relie  les  maisons  par  des  murs,  V3;^> 
pour  empêcher  l'ennemi  d'entrer.  C'est  aussi  cela  que  signi- 
fient les  deux  exemples  de  Freytag  Locm.  et  de  Hayan, 
cités  par  Dozy. 

uj^o  est  en  Syrie  indiquer  la  route,  mettre  qn.  sur  la  route; 
instruire,  1478,  où  exemples  et  d'autres  sens  pour  le  Sud. 
RO   p.    162,  11:   f.   mdarrbilli   egi   ma'ak,   un  tel  m'a 

déterminé  à  venir  avec  toi.   Si    les    classiques   v_j.Ô  et  uj;^ 


728 

uj.o     sont  aussi   des   dénominatifs  de   i_jjO,  il  faut  admettre  que 

V;'^,  chemin,  est  très  ancien  dans  ce  sens,  mais  les  savants 
arabes  ne  sont  pas  de  cet  avis,  ce  qui  n'est  pas  précisément 
une  preuve  contraire.  Son  synonyme  ^^  semble  militer  en 
faveur  d'une  relation  entre  v;^  ^t  ^'j*-''»  1478  et  s.  Dans  le 
Sud,  le  sens  de  v;*^>  V;*^  st  V;^-^'?  ^^'^'^  accoutumé^  accou- 
tumer et  s'accoutumer,  sont  inconnus,  (mais  dans  le  Nord 
et  en  Algérie  ce  sens  ne  manque  pas);  dans  le  Sud,  on  dit 
^^fo,  ^^  et  i^,-c2j",  1477,  vhv.,  et  c'est  justement  ce  thème 

par  lequel  LA  I  p.  360  et  361,  10  explique  l'autre,  mais  je 
ne  sais  s'il  y  a  une  affinité  radicale  entre  ces  deux  thèmes, 
1477. 

Cependant,  il  y  a  un  emploi  de   ^^ô   qui   paraît  appuyer 

une  relation  radicale  et  sémasiologique  entre  ^.^  et  les  ver- 

bes  ^p,  vjL>.   Je  l'ai  donné  1479  en  haut,  oià  iL-^LIl  ^-jj.o 

(=  >nJ!  wi^.lXJî)  est  les  us  et  coutumes  en  cours,  manières 
d'agir.  Le  curieux  est  que  l'hébreu  T]"l ,  route,  et  niN*,  route, 
ont  le  même  sens  figuré,  Ges.-Buhl  svs.,  de  même  que  l'assyr. 
alaktu,  route,  Del.  H  WB  sv.,  Torczyner  o.  1.  p.  53  et  ss.,  pour 

5    5  -  O    _ 

ne  pas  oublier  l'arabe  iAL«,  ^i).jL«  et  eU.w>o,  l'allemand  wandeln, 
Wandel,  conduite,  et  notre  routine  <  route.  Toute  cette  com- 
munauté sémantique  nous  fait  bien  incliner  à  considérer  les 
verbes  v;^?  '^y^  6t  ^.o  comme  étant  intimement  liés  avec 

uj^o,  route.  L'avis  contraire  des  savants  arabes  ne  doit  pas 
nous  impressionner.  —  RO  p.  367:  c]i  d-darb  tinhtùfsi 
rêr  bu  medrûb  terâhe  soqfe,  cette  route  ne  peut  être 
pratiquée  (ne  se  laisse  pas  pratiquer)  que  par  celui  qui  est  intré- 

pide,{?)  car  elle  est  escarpée.  Souvent  ^j^,  route,  est  du  fém. 


729 


o  , 


à  l'instar  de  oij^,  aussi  ici  p.  377  en  bas,  p.  732,2,  RO    v_j.o 
§  86   et  ib.   p.  227,  13,   en  analogie  avec  iLX^,  mais  y.^» 
mur,  ne  l'est  jamais. 

V;'^,  ynur,  muraille,  rempart  en  pierres  ou  en  bois,  parapet, 
dans  toute  l'Arabie  du  Sud,  même  chez  les  Mahrah,  1477, 
Bittner  St.  mehri  I  p.  54,  7  oii  Strasse  est  à  biffer,  mais 
non  pas  en  "Oman,  104,  16;  1475.  J'avais  cru  que,  après  mes 
articles  Arabica  V  Gl.  sv.  et  Dt.  1475  et  ss.,  j'avais  tout 
dit  sur  ce  mot,  mais  constatant  que  ces  deux  articles  sont 
demeurés  inconnus  à  la  plupart  de  mes  confrères,  je  vais  ici 
reprendre  la  question  avec  plus  de  détails. 

Le   mur  d'enceinte  ou   l'enclos  des  propriétés  du  Sud  est 
appelé  >-jjO,  ^30  ou  -LjL^,   Hdr.  p.  396,9  d'en  bas;  p.  406; 

Arabica  V  pp.  31  n.  1;  47;  187;  194;  216  d.  1.  Les  habi- 
tants mâles  de  Beyhân  montent,  à  la  fête  de  ''Arafah,  au 
^^tAj  iotli,  Arabica  V  p.  48,  oîi  ils  passent  quelques  jours 
et  ^.Sl>  oy^^'  ^^'^  ^^  metteyit  à  l'abri  du  soleil  derrière  la 
muraille,  ib.  p.  49.  Sur  les  Darb  en  Harîb,  voir  Arabica 
V   Gl.  sv.  L^^o  !3l\.5>5  J^->p>  '^^A^,  ils  attaquèreïit  Heyhar  et 

en  démolirent  la  muraille,  338,  10.  .lUlJî  v_j.3  est  dans  le 
Sud  le  nom  des  ouvrages  en  pierres  antiques,  soit  des  murs, 
soit  des  barrages,  1140=^,Là^!  ^^,  1141,  1142,2;  le  verset 
1210  d.  1.:  ujî^ajSj  oi.ù,!^i!  v^^s^'  ^^  sUÀi*,  7ious  l'avons  pris 
en  bas  des  meurtrières  et  des  remparts,  est  bien  clair,  com- 
paré à  12,  1.  dUijî  ^^o,  chez  RD  I  p.  87,  22,  Toriveg,  avec 
l'explication  originale  =  „un  chemin  flanqué  de  tours  unies 
par  une  chaîne,  oi^i  il  existe  un  défilé  ou  quelque  chose  de 
pareil",  montre  bien  comment  v^o  a  pu  prendre  le  sens  de 


730 

*_j^ô     chemin^   si   toutefois   on  doit  ici   traduire  <^y:>  par  cheyiiinx 

voir  ici  sub  eV-jLc  qui  est  un  mot  yémanite:  v^-*-^'  liUcî  = 
'wA-Ld!,  Naswân  o.  1.  p.  78.  Snouck  OS  Festschrift  Nôldeke 
I  p.  103  V.  11  rend  Mansûr  darb  el-harb  par  M.  ist 
die  Burg  des  Kampfes,  mais  il  ajoute  n.  1  que  cela  est 
trop  libre,  car  „darb  signifie  véritablement  le  parapet  en 
terre  qui  entoure  une  ville  hadramite",  ce  qui  est  juste.  On 

comparera  tL:è\l(  >_j.o  ^^^j^Lijî,  Arabica  V  p.  286,  ici  p.  726. 
Carter  o.  1.  p.  360  donne  pour  le  mehri:  toioer  (round)  drab 
et  ib.  p.  361:  wall  darab  =  arabe  .y.^.  Le  turc  et  le  laze, 
daraba,  mur  angulaire^  J.  As.  Mars- Avril  1911  p.  368. 

Pour  la  langue  littéraire,  j'ai  déjà  cité  quelques  passages 
dans  Arabica  V  Gl.  sv.  et  1475,  mais  je  vais  ici  y  en 
ajouter  d'autres.   Nous  lisons  1003  dans  Turfat  el-Ashâb,  à 

propos  de  l'architecte  Sinimmàr:  ^\  \*JLLt  UpLo  ^j^  ^^  LjLi 
Ux/o  «Jyi  ^i)U^  ^^  >j  ^jù\<^  V;^'  LT'')»  ^^  lorsQu'U  eut  terminé 
leur  construction^  le  roi  le  fit  monter  en  haut  de  la  muraille, 
ou  du  parapet,  sur  le  toit,  et  le  fit  jeter  de  là,  et  S.  tomba  mort. 

Yâqût  sv.  ^J^j<^  porte  :   X\  yaaJ'   ^^!  ^j^  \^C>,^  x-j  ^\  Je 

^Lfi-iLî  xLiL^!;  ici  V;*-^^  LT-I;  correspond  à  ^^-a^jUI  JLcL  I.  el- 
Mogâwir,  mon  ms.  p.  287  et  ss.  '),  dit,  en  parlant  de  la  ville 
yémanite  de  SaMah:  é%f>\*)  ^^^*,  o^îj  ^-ulXxi  t^>Lo  j«^>5!  ojiJo 

V;^3      Oi*>Jtiï      V_J.LXit       ^^^^^<^      '^y      (^LàJD       *^^       'î;'^'       ^^       [5  K       L-*J^ 

.y*Jî  j_^5    iA:>!3    *_j.O    v^j"-^'    ^j^'    «'^^    L5>^t5    •  •  •  ^^    ^^Lsi! 

l\JL.JI  ^j^  v*-:?jÏ  '^tf-^  ^IxILè?.  ;  ici  les  v^;'-^  sont  évidemment 
les  murs  qui  séparaient  les  différents  quartiers  de  la  ville,  qui 


')  J'ai  tâché  de  rétablir  le  texte  aussi  bien  que  possible. 


731 

fut   ensuite  entourée  d'une   seule  muraille^  ^^,    à  laquelle    v^o 
on   fit  des   portes  d'entrée  conduisant  aux  quartiers  respec- 
tifs.  En  parlant   de  la  destruction  de  la  digue  de  Mârib,  il 

dit:   ^^-aJLw    ^^yjAi:oy^    Ji^    0«ï:^^  o.bî    «jyi^^    tlll    -ii    Jtj    LJLi 

JyiaâJî  c  .Li  aI  JUb  PjLii,  e^   lorsque  le  fléau  de  l'eau  et  ses 

dégâts  eurent  cessée  les  gens  entoiorrent  deux  endroits,  restés 
intacts,  de  murs  dont  l'un  s'appelait  la  muraille  supérieure^ 
ou  plutôt  le  quartier  haut^  et  Vautre  la  muraille  inférieure,  ou 
le  quartier  bas;  dans  le  p)remier  il  y  avait  une  rue  appelée 

sâri^  el-fudûl.  Dans  ces  deux  passages  d'I.  el-M.,  ^.o  ne 
peut  signifier  chemin,  rue,  mais  il  est  possible  de  le  traduire 
par  quartier,  comme  nous  allons  le  voir  dans  la  suite.  En 
parlant  de  l'arbrisseau  ^Ô[.S^\,  pandanus  odorantissimus  L., 
Schweinfurth  Arab.  Pflanzenn.  p.  103,  Dozy  S.  sv.,  I.  el-M.  dit: 

_  o     )  

^5    F  y~?.    S-^^^^    *~^-«^^    J^-l-r'    i-T^    i3L*^    ''^■'tP''^    i3    ^^^^.     T-^-^  J-^3 

3    3  3  3 

l-j^i^lXJI  p-^cLw  ^  yjji!  J,  CsSj^\*)  ^t^xjî.  Je  ne  sais  comment 
rendre  exactement  les  derniers  mots,  si  ce  n'est  par  dans 
des  endroits  sur  les  plates-formes  des  murailles,  car  on  ne  les 
plantait  évidemment   pas   sur   les  routes.    Sur  les  bordures 

des  routes  irait  bien,  mais  chez  I.  el-M.  y.^  o'^  jamais  ce 
sens.  El-Hazragî  dit,  dans  son  Histoire  de  la  dynastie  rasoû- 

lide  de  Yéman  (Gibb  Mémorial)  vol.  IV  92,5:   ^^^^o  L^  ^^ 

i^^y!  ^}£.  ^'S^  avec  lesquels  tu  aurais  attaqué  les  deux  murailles 
de  Ta^izz  en  toute  hâtei?)  {ou  malgré  la  hâte).  Redhouse  traduit 

ici  ^^^L>  par  the  double  banquette,  ce  qui  n'est  pas  probable, 
car  l'auteur  ne  parle  pas  seulement  des  banquettes,  mais  des 
murailles.  Ib.  p.  285,  en  parlant  de  la  prise  de  ""Aden  par  el- 
Melek  el-Asraf  I-,  l'auteur  de  la  ^l^^\  'x^^  (Dl.  1873)  il  dit: 


■"J 


732 

>3     ^^  ^JLavj   J^i*-  (3y>  (j3'->L^2>^.  Q.jÀi!  qjoLo^I  ^^  !j>L<j*fii  ^;,JlLi5 

yCas   "b    j»!    QiAc    i_,'lj    il'    i^c-^isftj'    Oijj^    *^    J^3    •  •  •  *^j^    rr^J    J>-^?- 

dirigea  -vers  "Aden  et  Vexami^ia;  il  vit  cdors  dans  l'un  des 
côtés  un  mur  faible  et  délabré  etc.  Redhouse  traduit  ici:  a 

dilapidated^  but  skilfully  constructed  rampart.  Mais  v£>Jt-ciJixi 
ne  veut  pas  dire  skilfidly  constructed.  Je  ne  sais  si  l'auteur 
veut  ici  parler  de  Gebal  Sîrah,  Dt.  1424,  ou  de  l'autre 
montagne  au  Sud  d'Aden  où  l'accès  est  aussi  difficile  et 
qui  était  également-  fortifié  et  où  se  trouvait  une  vigie,  Dt. 

1324  et  ss.  Ib.  p.  289:  ^J^1\^ ^L^\  ci^b>Î5  ...^JjJI  ^î  ^f 
iL^Lj  Ji  j^,  il  retourna  alors  à  l'enceinte . . .  et  les  soldats 
cernèrent  l'enceinte  de  tous  côtés.  Redhouse  traduit  ici  v;^' 
par  high  road  et   highway,   ce  qui  est  évidemment  erroné. 

Ib.  p.  88:  .  L?.t^-w!  'i^\,=>^   L^kâ^-j   iCjLjLXii  vî>^'   o'I^cIj   iù'yoîj 

v_j^LXil  ^}si  ^y^^^'  ^j>-,  elle  lui  ordonna  de  fermer  les  portes 
de  la  ville  (de  Zebîd)  et  de  les  garder  et  de  surveiller  ses 
murailles.  Il  posta  alors  des  combattants  sur  le  parapet  des 
murailles.  Redhouse  traduit  on  the  banquette  of  the  ramparts, 
et  cela  me  paraît  juste,  le  chemin  de  ronde  se  trouvait  der- 
rière ce  darb  qui  le  protégeait.  Ib.  p.  184:  ùÇ)  .lo^  ^  ^i^ 
L^^o  s^U-Jtj  ^^[j,   il  resta  plusieurs  jours  à  D,  et  ordonna 

d'en  reconstruire  la  muraille. 

Le  plus  ancien  passage  où  se  rencontre  ce  mot  se  trouve 
dans  un  vers  d'Irarul-Qays,  souvent  cité: 

Mon  ami  pleura  lorsqu'il  vit  la  Muraille  derrière  lui 


')  On  voit  que  oMj^  est  ici  du  féminin;  voir  ici  p.  729  en  haut. 


733 

Et  il  sut  alors  que  nous  deux  allions  nous  rencontrer  avec       •^^ 

VEmpereur  (de  Byzance)  ') 
Six  Diw.  p.  130  V.  43,  L  Qot.  Tabaqât,  éd.  de  Goeje  p.  46,  1. 
Le  commentaire  d'el-Batalyùsî  (t  494)  éd.  Caire  1307  p.  90 

dit:  ...S.ô_^  ^*,^\  ^\  JJ>l\-x!  J^3  «-wt^î  iLK-*Ji  ujL>  y^jO! 
^t  ^!  3^  £Î^3  (^Ij  Ui  Jyb.   Mais   on  ne  saurait  préciser 

si  v;iAi!  a  ici  „un  sens  teclinique",  c'est  à  dire  la  Muraille 
par  excellence  ou  bien  le  nom  de  la  ville  de  Derbe  dans  le 
Sud  de  l'ancienne  Lycaonie,  ce  qui  est  pourtant  moins  plausible. 
Il  y  avait  donc  alors'  déjà  une  „zone  militaire"  fortifiée,  ce 
que  les  Arabes  appelaient  plus  tard  j*.>oLxit,  I  HordAdbeh  p. 
253,  14,  15.  I  Fadl  Allah  el-'Omârî,  et-Ta'rîf  p.  183  en  bas, 
dit:  jJciWj)  jwo^!  o^LJ  U-JoVï  bU-vU!  ct^j"^'  '-^^'    0^  traduit 

V;^  V^iY  passe,  défilé.  Selon  Lammens,  Mo'âwiya  p.  15  n.  4, 
v_;.«aJî  serait  les  Pyles  Tauriques,  „qui  menaient  à  la  ville 
de  Derbe,  qui  nous  fournit  peut-être  l'étymologie  du  mot 
darb,  difficile  à  rattacher  à  une  racine  arabe,  dans  le  sens 
de  porte'".  Lane  sv.  dit  que  vj^^'  ^-^  i^^^  arabic  name  of  the 


')  Avec   ce    vei's   on  pourra   comparer   ce  que  dit  "^Abid  b.  el-Abras 
à  l'adresse  du  son  ami  Imrul-Qays,  éd.  Lyall  N°  IV  v.  18  et  19: 


Lorsque  ta  vis  les  masses  des  Kindah  se  détourner 
De  nous  —  et  les  Kindah  ne  sont  pas  bien  généreux!  — 
Avais-tu  l'idée  que  tu  irais  chez  VEmpereur  (de  Byzance) 
Pour  périr  assurément  ensuite,  en  ta  qualité  de  Syrie? 

Je  traduis  un  peu  autrement  que  Lyall.  Le  Qaysar  est  ici  celui  de 
Byzance.  L'épithète  de  Syrien  se  rapporte  à  la  domination  de  Rome 
sur  la  Syrie,  où  Imrul-Qays  serait  assurément  tué  par  les  Romains, 
par  vengeance.  Ce  verset  me  paraît  indiquer  que  le  prince  kinditc  était 
déjà  mort  et  que  'Abîd  lui  a  par  conséquent  survécu.  Telle  n'est 
cependant  pas  l'opinion  du  savant  éditeur  p.  8. 


734 


o  , 


5O  ancient  Derbe,  étymologie  bizarre,  que  R.  Hartmann,  En- 
cyclop.  de  l'Islam  I  p.  946  (éd.  fr.),  semble  aussi  vouloir 
défendre.  J'ai  de  la  peine  à  croire  que  le  mot  arabe  si  ré- 
pandu, surtout  dans  le  Sud,  puisse  provenir  d'une  telle 
source  exotique.  Cette  ville  a  dû  exister  bien  avant  l'arrivée 
des  Arabes  dans  ces  contrées.  Si  les  Arabes  l'ont  nommé 
y..Ai!,   c'est  que   la  similitude  des  deux  mots  s'y  prétait  à 

merveille,  le  fait  de  l'existence  d'un  ^.o,  muraille,  aidant. 
Aépl3>) ,  Strabo  535,  569  c,  {.sj? ,  est  peut  être  un  mot  grec,  peut- 
être  aussi  indigène  de  l'endroit,  mais  j'ignore  de  quelle  époque. 
Actae  apost.  cap.  14  v.  '6  et  20  est  rendu  dans  la  traduc- 
tion   arabe    de    Beyrouth    par   io.o,   ce   qui  n'explique  rien. 

Derbe  renferme  peut-être  le  mot  persan  ,0,  porte  {=:Bvpoi, 
tûr,  ddrr,  door,  etc.)  que  nous  trouvons  également  dans  le 
nom   de   la  ville   de  Derbend,   de   l'autre   côté,   sur  la  Mer 

Caspienne.   Est-ce  le  persan  L^^o,  7iécessitéj  «.^y^,  <  .0,  porte, 

et  i_cLj  pied  ou  bas?  v.o  est  en  persan  vallée,  défilé  entre 
deux  montagnes.  En  tout  cas,  je  crois  que  Derbe  et  Derbend 
n'ont  rien  à  faire,  comme  étymologie,  l'un  avec  l'autre.  Les 
durùb  ne  doivent  pas  non  plus  nous  faire  penser  à  un 
rapprochement  avec  le  persan  Derbend,  contrairement  à  l'idée 
de  R.  Hartmann  dans  l'Encyclopédie  de  l'Islam  sv.  Darb. 
Si  les  Durûb  correspondent  au  grec  y.xsi(Jovp7A,  cela  prouve 
que  la  première  appellation  ne  renferme  pas  l'idée  de  chemin, 
route,  mais  celle  de  clôture  avec  un  darb,  muraille. 

^^jOî  tout  court  est  chez  I.  Hordâçlbeh  p.  99,  4  les  Pylae 

-05  ù     , 

Ciliciae,  selon  la  traduction  p.  72:  Liyjt/o  v;^'^)  ^^  ^^  ^^^^ 
qui  est  en  travers,  qui  entrecoupe  la  route;  c'était  donc 
une  muraille.  Yâgoût  sv.  v_j.l\jî  dit:  v;^'    h ^  1  c>^-a-Lb'  Î^Iî 


735 

:?Jt  y*^jJiIf,  et  il  cite  ensuite  le  vers  d'Imml-Qeys.  Les  Phyles  Vj^ 
ciliciennes  commencent  à  peu  près  là  où  se  trouve  Sunrurlu 
(Sindjirli)  =  Borâz  Kiôi,  où  jLij  =  o^^iw.  La  route  a  dû 
passer  par  là  déjà  au  temps  qu'il  y  avait  là  la  capitale  des 
Hettites.  Le  Sihâh  et  LA  portent  oLy^is^  xLo!  <J*,jX-^  V;*-^' 
Joii-  ij..  Ils  veulent  par  là  dire  que  le  sens  de  route  est  bien 
connu  mais  que,  originairement,  ce  mot  signifie  défilé,  passage 
étroit  „dans  la  montagne".  Ils  ajoutent  J^x^  ^  parce  que  la 

provenance  du  mot  leur  était  inconnue,  uj.o  =  o^-j^  ne 
figure  point  chez  I  Sîdah  XII  p.  40  et  ss.  dans  ses  longs 
chapitres  sur  le  ouJ^.  L'éclectique  Zamahsarî,  Asâs,  n'a  pas 
du  tout  ce  mot,  mais  l'on  y  trouve  seulement:  lj^.o  \ylj>c> 

L*A*<ij  ^^1^  loi  ^_;lj  _^3  yCwJI  >_j  o  Î3l\-w^  r^j^''-  -'■'^^  Vî^  n'est  pas 
chemin,  mais  défilé  ou  entrée  du  défilé,  comme  on  appelle 
encore  aujourd'hui  Ventrée  d'un  défilé  o^!  ljL,  Baedeker  Pa- 
lestina  p.  18,  ou  (^^yi  *s.  De  ce  >-jjO'  on  a  fait  le  dénomi- 
natif  V;"^^  à  l'instar  de  tant  d'autres  Joël  de  mouvement, 
I  Sîdah  XII  p.  50  et  ss.,  entrer  par  un  lj.o,  défilé  ou  place 
fortifiée^  sur  le  territoire  de  l'ennemi,  qui  était  le  Rùm. 
I  Hisâm  éd.  Wûstenfeld  p.  564  a  V;'-^?  ^^^^^^  5^^^  ^^  ^^^^ 
le  v_;.o  ou  ^65  vjj^  V'^''-^'^  prendre  part  à  la  guerre  contre  les 
Byzantins. 

Les  défilés  des  montagnes  étaient  des  v3^o  dans  le  rayon 
militaire,  nous  dirions  la  zone  militaire,  les  ^A  w  à  s  i  m ,  pro- 
tégée par  des  murailles  et  des  forteresses.  I  Hordâd.  p.  253, 
7   dit  que   le   montant  des  revenus,   cL_s_jy,   des  frontières 

syriennes,  ^yLi,  est  de . . .  et  que  cette  somme  est  dépensée 

^•!^l5   (_,wj^ol3   ^i\p   U-JLail)   ^^   L^U   ^_^^3  yLw^   U^-Lo/i  ^ 


736 

jjL>      t>)J3  y*-t^   ^y^»^  (j:^Ls^IL,   ^»^pÔo   (ij^jLS^Îj    iOtoLÏ'Ju,;  voir 

traduction,    ib.   II   p.    198,   qui   n'est   pas  d'une   exactitude 
absolue. 
J'ai  dit  Arabica  V  p.  290,  cf.  ici  p.  734,  que  le  nom  de  la  ville 

de  Berbend  n'a  rien  à  voir  avec  notre  «-j.o,  car  ce  nom  est  persan 

<^j>,  porte^  et  lX-o,  lien,  c'est  à  dire  porte  fermée.  Son  nom 
arabe  est  ^^^-Si\   ^[,  ou  ^\~^^  tout  court,  Masoûdî  II  p.  21 

et  p.  196,  Yâqoût  sv.,  Belâd.   p.  194:  \-jiJi>  Lî^î  ^>,_JJ«  Uî 

y^  J.  otjy^  J.E  ^x4  =  I  Hordâd.  p.  259  d.  1.;  Belâd.  y 
énumère  plusieurs  .v'l^-f'    construits   par   AnûsirwRn,   entre 

autres  iL-Lï^i^LAi! ,  dont  il  dit  p.   195:  U^  ji   LL  yi>£  LLit  ^3 

»j^  cr  ^  k^,  et  ib.  1.  3:  ^\^^  o^b  ^5  ^^^\  ^  Û-*  ^co^ 

^)    jLiij    !,A^3    iCJsJii   i_jLi   aj    JuJu    'j..a^î5    oLï-jj-ç   »_;1j   aÎ   JLsj    LaoÏ 

g.it  iLï^L.  ^L.  Et  Yâqoût  I  p.  439,  7:  ^Uo  o^^  o^>^ 
^'uJî  &I  JLib  (^o\Jî  JaJL^  ^-jt^p^i^î,  où  il  est  question  de  la 
ynuraille  de  Derhend;  v.  l'Encycl.  de  l'Islam  sv.  Derbend. 
Une  autre  muraille  contre  les  Turcs  est  aussi  appelée  j3jL=> 
chez  I  Hordâd.  p.  261  en  bas,  tandis  que  la  muraille  ,,qui 
s'étendait  depuis  la  mer  de  Syrie  jus(îu'à  la  mer  des  Hazar" 

est  appelée  ^^,  ib.  p.  257,  5.  C'est  là  le  sudarabique  v;^- 

Tous  ces  vl^-^'  étaient  donc  des  châteaux  forts,  r-*^i  '^^ 
des  murailles  J2-JL>,  probablement  situés  à  un  oî^î  ^_j1j,  à 
un   défilé  dans  les   montagnes.   Ce   ^_jL.  n'est,  il  me  semble, 

que  la  traduction  arabe  du  persan  uUj-^o  et  du  grec^J/.;i/, 
car  les  Grecs  appelaient  aussi  xi  i:-j>,xi  l'accès,  Ventrée  d'une 
ville,  d'un  défilé,  d'un  détroit  ou  d'un  canal,  comme  les 
Latins  disaient  aussi  dans  le  même  sens  porta,  resté  dans 


')  Le  texte  i)orte  incorrectement  (jU/^I!. 


737 

o    .- 

le  nom  des  Portes  de  fer  du  Danube,  où  le  pluriel  correspond   V;^ 
au    pluriel    grec    ttùkxi,    Boisacq.   Dict.   étym.   de  la  langue 
grecque  p.  827. 

Ces   >-'!^-:''  '^"^  l'sst  de  l'Empire  arabe  correspondent  donc 

aux  v^xO  de  l'ouest;  y-v^^^kî  ^y^,  le  défilr  conduisant  à  T, 
I  Hord.  p.  258,9.   xo^  vî;'-^'  J^-*'^  '<"%-^-r!i   —   ^s^*^  J-^^ 

4?Jt  ^^•r>^^  Q^,  ib.  p.  108,  6  et  s.,  incorrectement  traduit  p. 
80  par  Je  gouverneur  de  cette  province  est  chargé  de  la  sur- 
veillance des  défilés  (Pylae  Ciliciae)". 

Comme  une  muraille  a  forcément  une  porte  qui  donne 
accès  à  une  galerie  étroite  dans  la  muraille  même,  ainsi 
qu'on  peut  le  voir  dans  toutes  les  forteresses,  comme  p.  e.  à  la 

porte  de  Yâfa,  JyJlii  '^[>  à  Jérusalem,  y;^  ^^t  appliqué,  par 
synecdoche,  à  la  porte  même.  I  Sîdah  V  p.  131:  ^\j  V;'-^' 

_>.J"ii!    v'-^-^'    1--^^J  >-^»i    Vî^    Mt-^'    ^^'    J:>u\^    J53    *^\j}\    iijCwJi, 

c'est  à  dire  la  porte  principale  où  il  fallait  passer  par  une 
galerie.   Zamahsarî,   Lex.   arab.-pers.,   éd.  Wetzstein,  traduit 

l'arabe  ^.o  par  sjtj.o,  _gui   .0  et  u^  ^'hy^t  porta  urbis.   J'ai 

ù  _  o    - 

avancé,   sub    0^0  p.  759,  que  <-jy^,  porte,  pourrait  aussi  être 

une   variation  de  0,0,  qui  serait  une  dégémination  de  00; 

l'arabe   espagnol  iLso,  porte,  voir  plus  loin  p.  739,  9.    Selon 

Yâqoût  sv.  v;"-^')  un  v_j.o  doit  être  étroit,  un  oLy^ii-o.  Les 

différents  uj.o  qu'il  énumère  sont  des  endroits,  des  quartiers 

de  ville,  et  non  des  chemins.  Si  >«j.l>  est  iC.jC_wJt  ^L.,  il  faut 
y  voir  un  reflet  du  sens  sudarabique  dans  les  parlers  du 
Nord,   où,  comme  nous  venons  de  constater,  ^\j  a  aussi  le 

û  - 

sens  de  muraille.  Mais  je  ne  connais  aucun  passage  où  v»^ 

soit  =  iiJCvJ!  l_jIj.  Cf.  OjO  vhv.,  et  ici  p.  746. 

■47 


738 

Belâdorî   p.   189,  10,  en  parlant  de  oA-jï^Jf  ^.o,  Tylœ  Ci- 

liciœ,  autrement  appelé  {j^j->^j^  v^^,  dit:  J^  ,^  ^1\^  LpL-o 

b^Ii^j  .-.,  et  ib.  i.  2  d'en  bas  il  l'appelle  oaJ.  ^^j^^-^-^;  et 

ib.  p.   190,2:  ^"'JLî  v^iJî  J^  oÂ>  j.^li:  ^^/.-JLw^'  ^^^   ^o  ^3^ 

ouX^!"  v_j.o  JwJiJ  \jL^!  j.,  oii  V;^^''  (i-^  lie  peut  signifier 
5?^r  Za  route.  Les  Omayyades,  selon  el-Belad.  ib.  p.  190 
donnèrent  à  ce  darb  le  nom  de  iuX^'!  V;"-^;  I  Hordâd.  p. 
100  l'appelle  déjà  ainsi,  mais  R.  Hartmann,  l'Encyclopédie 
sv.  Darb,  a  tort  lorsqu'il  avance  que  tous  ces  passages  con- 
duisant au  pays  des  Roûm  étaient  ainsi  appelés,  par  euphé- 
mie,  Darb  es  Sala  m  ah. 

wi^iAiî  *_,»j>Lo  ou  v!);^'  ^^7  ^'oi  des  de' filés,  était  le  roi  des 
pays  de  l'Asie  Mineure  qui  voisinaient  le  pays  des  Roûm, 
I  (^obeyr  éd.  de  Goeje,  pp.  182,21;  230,7;  338,14.  Encore 
au  temps  d'Ibn  Fadl  Allah  el-^Omarî  (t  748),  le  pays  au 
delà  du  érâhân  était  appelé  vi);^'  ^^j  et-Ta'rîf  p.  183. 

Chez  Lammens  iotllî  Juis  p.  119,  on  lira  la  définition  des 
différents  mots  qai  signifient  chemin,  route,  rue,  où  pour 
uj.iAi!  il  y  a  la  même  définition  que  celle  que  je  viens  de 
donner  selon  les  dictionnaires.  El-Ya^qùbî,  dans  sa  description 
de   Bardâd  et  d'er-Rosàfah,   énumère  les  ^,1^,  les  ^^j^  et 

les   AJ^-^   pp.  240,13;    242,10,11;    246,4,13,19;  247,18; 

248,12,13,15;  250,8;  254,15;  259  d.  1.  Ici  il  paraît  que 
les  artères  principales  sont  appelées  ^Jy-^,  ib.  p.  259  d.  1.; 
260,  2,  3,  et  que  les  rues  qui  en  partent  sont  des  ^3;^  et 
des  i^Cw.   Il  nomme  toujours  les  >A^  après  les  ^^.c». 

Notre  v-j,o  sudarabique  mur,  muraille,  >  nordarabique 
défilé,  a  suivi  les  Arabes  en  Espagne.  Il  y  avait  là  aussi  des 
^3.0  que  Dozy  traduit  par  ports,  mais  qu'il  faut  rendre 
par  portes,  car  c'est  ainsi  que  je  comprends  Macc.  p.  223,  9  : 


739 


o   ■> 


\::jjjiJ\  ^c-*-^  'S-^^  V3;^'-  C'est  donc  l'équivalent  de  vIh"' 
dont  je  viens  de  parler  plus  haut.  Les  Pyrénées  étaient 
appelées  v_j3.JvJ!,   les  murailles.   Dozy   a  aussi  un  exemple, 

tiré  d'Abu  1-Wahîd,  qui  montre  à  l'évidence  que  ^^o  avait 
aussi  en  Espagne  le  sens  de  mur^  muraille:  ^*jJi>  iajL>  Jw^xaâJt 

v_j.L>  IJLXix  ....  jUb^  vaJ!  j^3l>  q^^,  c'est  donc  un  parapet. 
Sur  Jv^vaj  V.  Dozy  sv.  et  Vocabulista,  éd.  Schiaparelli  p.  529 

sv.  porticus.   Le  Vocabulista  porte  p.  98:  v^5  porta,,  et  p. 

529  il  donne  pour  porta:  o^jj^  îLïo  *  uj!^!  ^_jIj,  avec  la  note: 

quatido  una  porta  claudit  totum  hostium,  et V3;^  V;^ 

li)  Vj^j   s-vec  la  note:  qua?ido  claudit  vicum,  ce  que  Dozy 

rend  bien  par  fermer  les  portes  du  quartier^  de  façon  que 
le  quartier  forme  un  ensemble  clôturé.  Les  Espagnols  en  ont 

fait  adarve,   Arabica   V   p.   288.   Le  \j^jC>  était  en  Espagne 

celui   qui  gardait  le  ^j<j>,  le  quartier  clos.   Dozy  dit  gardien 

des  portes,    mais  il  aurait  alors  dû  enregister  *_j.o,  porte. 

Le  syrien  moderne  ioî^o,  les  deux  battants,  l'un  superposé  à 
l'autre,  qui  ferment  la  boutique,  Dozy  sv.,  est  le  seul  mot 
syrien   où  se  soit  conservé  le  sens  primaire  du  sudarabique 

■K~y;'->-  Le  sudarabique  lJ^S  et  le  syro-égypt.  iCs^j»,  vhvs., 
me  paraissent  provepir  de  1/"~^^l>  >  1/~Ojl>.  Mais  le  syrien 
;j/o.o  ou  jj^o,  verrouiller,  barrer,  est  persan. 

D'après  la  liste  de  Kampffmeyer,  M  S  OS  II,  Materialien 
etc.  p.  152,  porte  se  dit  en  Sôa  darb,  en  Waddây,  sidàde, 
en  Âdirar,  magalâru,  =  o^iixi,  et  en  Bêrâh,  tabega,= 

A-alb,  V.  Dozy  sv.,  tandis  que  doorway  est  en  Adirar  bâbu, 

=  v^'  6t  en  Bêrân,  fum,  pi.  fàm.  D'après  Carbou  p.  180, 

c>.*-*J!  V;^)  ^^  porte  de  la  maison  = '.::y^\  (•--i^j  mais  Vj*^ 


o  - 


740 


o  - 


)'^  et  iù.o  y  est  aussi  chemin,  route,  voie,  pp.  49,7;  65;  208, 
en  même  temps  que  habitude,  coutume;  ce  dernier  sens 
classique  est  inconnu  dans  le  Sud  de  l'Arabie. 

Chez  RD,  ^.j>  est  chemin,  route,  comme  en  ''Oman,  mais 
I  p.  33,4  il  doit  avoir  un  autre  sens:  en  kànt  (=  kân 
ent)  t)û  Nasar  ta^rif  darbak,  si  tu  es  Abu  N.,  tu 
confiais  ton  chemin,  selon   E-hodokanakis,  mais  ici  >^^o  fut 

expliqué  par  j^^.  Cela  correspond  au  dat.  et  au  hadr.  ^f^ 
lAcyi  vhv. 

Vollers  ZDMG  51  p.  296  admet  deux  *_j.l>:  1°  y^o  passe, 
défilé,  =  ^éploy,;  il  cite  el-Gawâl.   p.  69   et  el-Hafâgî  p.  95, 

mais  celui-ci  dit  seulement  que  c'est  =  ^l  et  oLy^  J^A^  ; 
2°  porte  étroite  qui  s'est  conservé  en  Egypte  et  dans  l'Afrique 
du  Nord,  soit  comme  quartier  fermé,  soit  comme  barricade, 

abattis,  dans  les  révolutions  du  Caire.  Il  ajoute  que  de  ^.o, 
porte  étroite,  passage,  a  pu  découler  le  sens,  à  présent  géné- 
ralement courant  en  Syrie,  de  sentier,  chemin,  route,  qui  se 
trouve  déjà  dans  Yaqoût  II  p.  562,  2.  Il  croit  même  que  le 
sens  de   Brill,    Ûbung  ait   pu  se  développer  du  service  des 

armes  pendant  les  ^[s>jjLi.  Il  n'ose  se  prononcer  sur  ^^o, 
mur,  dans  l'Arabie  du  Sud  et  en  Espagne  s'il  est  indépen- 
dant ou  dérivé.   Pour  ma  part,  je  ne  sais  si  le  classique  et 

dialectal  ^.<j  et  ^.o,  est  parent  de  sudarabique  wj^  ^t  ^.o, 

et  je  laisse  à  d'autres  le  soin  de  faire  les  investigations 
nécessaires. 

En  néohébr.,  il  y  a  ]y)1,  porte,  entrée  large,  d'après  Levy 
NHChWB  sv.,  qui  le  rapproche  de  l'arabe  ^^o:  DlDn  pii, 
la  porte  du  vignoble,  mais  je  ne  sais  comment  expliquer  le 
désinence  an,  si   ce   n'est  d'après  la  théorie  de  Torczyner! 

Je  crois  que  ]D"n  est  l'arabo-persan  q^o,  portier,  LA  XXII 
p.  11,  1,  et  qu'il  faut  traduire  le  mot  hébreu  par  gardien. 


741 

Cl    -  c 

Quant   à  l'étymologie   de  notre  v_;^o,  je  suis  un  peu  em-    ^j^ 
barrasse.  R.  Hartmann,   dans  l'Encyclopédie   de  l'Islam,  sv. 

Darb,  dit  que  V;^  d®  P^^*  être  expliqué  par  l'arabe  et  qu'on 
en  fait  remonter  l'étymologie  au  nom  de  la  ville  de  Derbe 
ou   plutôt,  comme  il  le  propose,  à  celui  de  la  ville  de  Der- 

heyid,  ou  bien  ^jS^\  doit  être  ramené  à  quelque  langue  indi- 
gène de  l'Asie  mineure.  Cela  avait  déjà  été  dit  avant  lui. 
L'étymologie  de  Derbend  n'est  pas  douteuse,  mais  bien  connue, 
voir  ici  p.  736.  Il  s'aperçoit  lui-même  de  l'extravagance  d'un 

rapprochement  de  l'arabe  ^_j.o  avec  Derbend  en  constatant 
que  „al  Darb  est  à  l'origine  un  nom  propre,  mais,  selon  la 
forme,  un  appellatif,  et  à  cause  de  cela  avec  l'article,  et  que 
peu  à  peu  il  a  acquis  droit  de  cité  en  arabe  avec  le  sens 
de  porte,  chemin,  route"  ').  D'après  lui,  cet  al-Darb,  par 
excellence,  cet  appellatif  aurait  donné  les  sens  si  répandus  • 
dans  le  Nord  et  les  dialectes  hadar  du  Levant.  Cela  me 
paraît  impossible.  Ce  mot  séparé  de  son  article,  aurait  donc, 
émigré  au  Sud,  oii  il  aurait  pris  un  tout  autre  sens  qui  y 
est  fort  répandu.  D'après  mes  faibles  lumières,  c'est  le  cas 
tout  contraire  qui  s'est  produit.  C'est  le  Sud  qui  a  fourni 
tant  de  mots  au  Nord  et  à  l'Afrique.  Beaussier  donne  ^^p 
pi.  ^Jj>  (sic),  impasse  ordinairement  fermée  par  une  porte, 
passage  étroit^  allée;  palais  (Est)".  Ce  sens  de  palais  rappelle 

singulièrement  le  io.t\/o  o^L  =  3^^'  du   Sud,   voir  ici  p.  726. 

Je  crois  que  ^^.^^  mur,  pourrait  bien  provenir  d'un  thème 
arabe  v;--^  ^t  qui  serait,  à  son  tour,  un  élargissement  de 
V~j*)^  <  V~j^  =  ^"j*'  ^^^-i  tourner,  entourer,  qu'on  trouve 

également  dans  „  .o,  vhv.  et  l'algérien  ^^j^-,  Beaussier  sv. 
Peut-être  aussi  pourra-t-on  considérer  V~^jO  comme  un 
composé   de   V~j'^  et  V^^^,  vhv.,   comme  -.^o   l'est    de 


')  Traduction  de  l'original  allemand. 


742 

ù    _  

V;^     K    .o  et  |/    -^o  vhv.;  J..O,  é^re    rond,   vhv.,    est  sans  doute 

aussi  un  élargissement  de  T/~^o.  Je  fais  observer  que  tij.o 
est  aussi  mur  dans  le  Sud  Yhv.,  mais  ici  le  sens  primaire 
paraît  être  soutien,  soutènement.  L'akkad.  a  dûru,  mur,  et 

l'arabe  ,b  et  b.b,  vhvs.,  parce  que,  à  l'origine,  entouré  d'un 

mur  ou  formant  un  enclos,  comme  la  'ijoy^  vhv.;  voir  Fleischer 
dans  Levy  NHChWB  I  p.   440.  I  el-Mogâwir  cite  un  vers 

de    'Abd    en-Nebî    b.   'Alî    el-Mahdî  ')    Sy^  ^J^s.  ujol 
A>L>:  w*.AA.i:s^!,  710US  avons  entouré  la  muraille  d'el-E.  d'un 


•.o\ 


fossé^  où  il  y  a  la  juxtaposition  des  deux  thèmes  ^^oetv^j.j», 

comme  dans  le  passage  cité  p.  731,  4:  ^^.^y^  ■  ..^i^Jî  o,b'. 
A  peu  près  la  même  tournure  chez  Jahn  SAE  III  p.  59,3: 
abra  abni  dârb  ''alal-bilâd  douwâri  =  mehri  hôm 
lâbné  darb  làrahbêt  dêr  medêr,je  veux  construire 
une  muraille  tout  autour  du  pays.  Jahn  le  traduit  incorrecte- 
ment par  chemin,  Weg,  cf.  ma  MJM  p.  19.  Mais  ib.  p.  61,  1 
il  rend  bien  le  mehri  darâb  par  mur,  Mauer.  Cela  fait  dire 
à  Bittner,  St.  mehri  I  p.  54,7:  darb,  Strasse,  Mauer,  où 
seulement  le  secorid  mot  est  juste  pour  le  mehri.  Au  Waddây, 

il   y    a  j3'^j,^  "),   pl-  j?.^K^,  mur,  Carbou  p.  288,  qui  dit  que 

durdên  désigne  aussi  une  forteresse,  de  même  que  les  mots 
karnak  et  birni,  qui  ne  sont  pas  arabes,  mais  vieil 
égyptien. 

Les  différentes  localités  v;^-^'  ou  y.j>  suivi  d'un  génitif 
dans  le  Sud   sont  ainsi  appelées  parce  qu'elles  forment  un 


')  Sur  lequel  voyez  'Omârah,  éd.  Kay,  p.  129  et  ss. 

5Ci   5 

2)  Yâqoût  II  p.  566:  (jyJ  vJL^/«   ^L^  ^.  ^]y^  J,   ^J^   i^'^f' 

3     >  

Q-à^î    CT»  jLi>^!   xxL*o    ^^-nJ-o»,  c'est  donc  un  -^-J^  ou  j-^.t  voir 
p.  749  n. 


743 

ensemble  plus  ou  moins  clôturé,  ^^jXa.   Ce  nom  correspond    v;^ 

à  celui  de  iLJ3^>,  vhv.,  nom  de  localité  également  fort  ré- 
pandu à  l'est  de  Harîb,  v.  Index  p.  1812  et  Arabica  V  Index 
p.  257  et  ici  sv.  Le  Darb  âl  'Alî  b.  Tâlib,  capitale  de 
Harîb,  Arabica  V  p.  98,  est  habité  par  un  grand  nombre 
d'asrâf:  c'est  la  Hautah  de  ce  pays-là,  comme  celle  des 
'Abd  el-Mâni'  dans  le  W.  Mayfa'ah,  v.  Index  p.  1812. 
La  sémantique  est  la  même  pour  les  deux  mots.  Le  même 
processus  sémantique  se  rencontre  dans  le  vieux  nordique 
garâr,  haie,  enclos^  pièce  de  terre  clôturée,  endroit  fortifié, 
cour;  goth.  garda,  clôture;  suéd.  et  norv.  gàrd,  enclos, 
enceinte,  cour,  habitation,  terre  ferme,  manoir,  hameau,  fonds 
de  terre;  de  là  le  français  jardin,  <  allem.  Garten,  Falk-Torp 
p.  292  sv.  Gaard;  voir  aussi  Walde  sub  hortus  et  cohors, 
et  finalement  %éproç,  enceinte  d'une  cour;  v.  slav.  grade, 
enceinte,  ville,  que  nous  retrouvons  dans  Pétro-grad,  Boisacq 
Dict.  étym.  de  la  langue  grecque  p.  1067.  Partout  ici  le 
développement  sémantique  est  la  même  qui  celui  de  ^.o 
D'après  tout  ce  qui  a  été  exposé,  je  crois  pouvoir  dresser 

pour   notre   ^.o  le  schéma  de  filiation  sémantique  suivant: 
1°  mur  circulaire,  muraille  clôturant  uti  endroit;  étymologie 
probable  de  V~jC>=  V~p^  élargie; 

2°  mur,  muraille,  en  général;  dénominatif  uj.o-, 

3°  mur,   muraille  servant  de  protection  contre  l'ennemi;  > 

le  classique  Vj^'5 
4°  mur,  muraille  flanquant  un  chemin; 
5°  endroit  plus  ou  moins  clôturé  formant  un  ensemble,  soit 

hameçiu,   soit  village  ou  ville  =  'S>Joy=>,    S<j>,  a.b,  ou  bien 

quartier; 
6°  passage  entre  deux  murs,  >  défilé  dans  les  montagnes,  > 

chemin  de  ynontagne; 
7°  chemin  qui  passe  entre  les  deux  uj^.^)  latéraux. 


744 

■>y^     8°  Ghemi7i,   route  en   général,   surtout   dans   le   Nord  et  en 
^Omân,  où  l'on  a  même  le  dénominatif  vo^j  trotter,  RO 

p.  320,12,   et  le  dim.  k>-j.o,  drêbe,  ruelle  ib.  p.  197,8. 
V.  Arabica  \^  p.  290. 
En-  élaborant  cet  article,  un  doute  est  surgi  en  moi  con- 

cernant  la  communauté  de  ces  deux  mots  k_j  o,  mur  et  v;^» 
cheynin.  Il  se  peut  qu'il  y  ait  en  arabe  deux  thèmes  homo- 
nymes v;0,  de  sens  différent:  1°  l_j,o<1/"~.o,  ^^o  =  V^/j 
jyi,   vhv.,  >  j^,  j^,  être  rond,   +V)   Qui  est   motivé  par 

contamination  avec  V~~^ù,  vhv.  Cela  aurait  donné  v;"-^» 
mur,  =  akk.  dùru,  mur;  avec  les  élargissements  de  K"~,o, 
p.  e.  _  .L>,  vhv.   j.^o,  êt)'e  rond,  vhv.,  par  contamination  avec 

V~^^,  J.3O  vhv.;  v'-^'-^'   'bouler,   Dozy  sv.,  Marçais  TAT  p. 

w  -  Û   - 

295,  et  qui  est  sans  doute  un  composé  de  V;^  ^t  ^j>;  ^0.0, 
danse  des  Nègres,   Dozy  sv.   et   Marçais  ib.,  mais  qui  peut 

aussi  provenir  du  thème  suivant;  cf.  ioCjj,  danse  des  Eau- 
râniens,  vhv.  On  en  trouve  beaucoup  d'autres  dans  ce  Glos- 
saire. Cf.  p.  750. 

2°  uj.o  <  V~j^  =  j-j",  fouler,  piétiner  avec  hruit,  -|-  v» 
qui  est  motivé  par  contamination  avec  K~^_jo  vhv.  =  V~^^ 
w^_L>  et  i2_j  vhvs.;  avec  les  élargissements  de  V~jC>:  u^j^, 
Z'ii,   "1"!"  et   bien   d'autres  dont   une   partie  figure   ici;  cf. 

é^o  >  'AijO,  S^j'^,   i)^j<->,   J-i;'^,  Marçais,  0.  1.  p.  279  et  vhvs. 
S'il  faut  vraiment  séparer  les  deux  thèmes,  il  s'ensuit  que 

v^'^,  chemin,  appartient  au  Nord,  car  dans  nos  dialectes 
bédouins  de   Dt.,   de  Hçlr.  et  de  tous  les  autres  pays  entre 

le  Yéman  et  ""Oman  ^.o  n'a  pas  ce  sens,  qui  y  est  rem- 
placé par  oijjb,  s>3b>.  vhv.,  e^Llx.  Le  nordarabique  et  clas- 
sique  ^_j.o,   chemin,   serait  donc,  étymologiquement,  compa- 


745 


o  - 


rable  avec  om-^,  lto^,  vhv.,  "^l'H  et  l'akkad.  daragu,  durgii,   v;^ 
cJiemin;  la  sémantique  est   la   même.    Mais  daragu,  durgu 
peut  aussi  s'identifier  avec  -^o,  rotfZer;  sa  sémantique  aboutit 

cependant  au  même  résultat  final.  Il  y  a  beaucoup  de  Vi);*^ 
dans  la  linguistique  sémitique,  et  je  ne  suis  nullement  sûr 
d'être  sur  la  bonne  voie.  Tout  a  une  origine,  et  toub  mot  a 
une  étymologie,   qu'il  est   cependant  souvent  difficile,  voire 

impossible  de  trouver.  En  tout  cas,  i_j^o  n'a  rien  à  faire 
avec  le  nom  de  Berhe  et  de  Berhend. 

H.  Môller,  Sem.  u.  Indog.  §§  64  et  173  identifie  „le  thème 
sémitique  dr,  frotter,  à  l'indog.  tr,  frotter,  y'  fouler,  treten 
et  à  ses  élargissements  drs:  arabe  u^j^,  dépiquer  le  blé, 
étudier,  hébr.  ^~\l,  "|1~,  ^  ,o,  akk.  daragu,  durgu,  chemin", 
Del.  HVVB  sv.,  et  d'autres,  aussi  bien  dans  les  langues  sémi-  . 
tiques  que  dans  les  langues  indogermaniques.  Je  ne  crois  pas 
que  le  sens  primaire  de  V~ô.  r  soit  frotter,  mais  foider,  treten. 

En  Syrie,  en  Palestine  et  en  ^Omân,  ^.o,  chemin,  est  du 
féminin,  Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.  ^  Brockelmann  o.  1.  I  p.  424; 
Hartmann  Sprachfûhrer-  p.  126,  8;  Harfouch  Drogman  p.  286; 
Spoer  Manuel  §  157  et  p.  102,  15;  Bauer  Palest.  Arab.  §46, 
6;  RO  §  86  et  p.  367,6,  11,  dërêbe,  sentier,  ib.  p.  367,  5 

Cl  _- 

d'en  bas.   Mais  à  Damas  on  dit  cependant  ,«-_x_ij_;c_.«-_I!  ^_j.o, 

Baedeker  Syrien^  p.  318.  En  Egypte,  y.o  est  toujours  du 
masculin.  En  Syrie,  oi-j-^  est  souvent  aussi  du  féminin, 
Harfouch  o.  1.  p.  286,  comme  en  'Oman  RO  §  86,  voir  exem- 
ples dans  el-Hazragî  pp.  52,  10;  285  (=  ici  p.  732,  3)  et  p. 
210,  5  d'en  bas  et  passim  dans  cet  ouvrage-là,  mais  en  dat. 
du  masculin,  p.  708,3  d'en  bas  et  p.  712,4.  I  Sîdah  XVII 
p.  17  assigne  à  J-x-^-w,  Jbt^  et  oi._j„I:>  les  deux  genres; 
Donat  Vernier  Gramm.  Arabe  I  p.  362,  Wright  Gramm-' 
§  292  D.  En  hébreu  "^'i";!,  route,  est  aussi  des  deux  genres; 
Kônig  Syntax  I  p.  167. 


746 

Pour  finir  ce  long  exposé,  je  me  demande  s'il  y  a  quel- 
que rapport  radical  et  sémasiologique  entre  v.^?  porte^  et 
(^^L>,  vhv.,  et  ici  p.  737  en  bas. 

'ssijù,  im  mm\  une  muraille^  1426,  11  d'en  bas,  est  le  mehri 
derbèt,  même  sens. 

iL«o^o,  pi.  ,^jr-^^y^i   boulette  de   quelque   chose  de  mangeable, 

30,  16;  793.  Cf.  Joo  et  joy,  Prov.  et  Dict.  p.  127.  Sur  cette 
manière  de  manger,  voir  Musil  o.  1.  p.  156. 

.^^j'^,  menacer,  Stace  p.  172.  Je  ne  le  connais  que  dans  le 
sens  de  marcher  très  lentement,  comme  dans  la  lurah;  cf. 
^o   vhv.   RO   §  396   donne   -i-jjO,   remuer  la  la?igue  ou  les 


ily 


■J 


•  pieds  >  mentir),  ce  qui   pourrait  expliquer  le  sens  rapporté 
par  Stace. 

^'^j^,  rouler,  et  i^^^o,  danse  des  Nègres,  voir  p.  744,  14. 

.^o,  plier  le  dos,  176S;  voir  ^o.  I  Sîdah  XIII  p.  277,4 
Q\x^=  i;s-^.c>.  Le  sens  de  courir  effrayé,  Belot,  est  par  cela 
expliqué.  Cf.  aussi  ^)ù  vhv. 

J^j,o,   faire  des  houlettes  794;  accouplement  de  Joj>  et  ^^o. 

xJ^.Ô,  houlette  de  quelque  chose  de  mangeable  798  et  s.  Pr. 
et  Dict.  p.  127  Le  prononciation  avec  \jo  est  possible  à  cause 
du  ^  voisin. 

„  .j»,  u,  rouler;  faire  des  tours,  se  ^iromener,  aller  par  a 
par  là,  herumgehen,  975.  Cf.  .-J>->.    ic>l>  ^^U=>  ^y,  v'-r-  i_ç-5 


747 

ii3js  L^.lXj^i  Uuij  sAc  L^  e5'->ÀJ,  et  celui  de  ses  contribules 
qui  apporte  im  mouton^  comme  sacrifice  d'amitié,  soulève  la 
bête   et   la    tourne   en   rond   sur  la   tête  du  fiancé,   27,  10. 

^^lXJÎj  yj\jti\  j.  -  ,Aj  -i^  L,  sapristi,  il  ne  courrait  pas  les 

pressoirs  d  huile  et  les  villes,  170,5;  cf.  1734;  678,7  d'en 
bas.  —  Arriver  à,  avec  ^.  Uba''ad  bâhàbbirak  ''alad- 
dârîge   di  dirget  ^aleyna,  et  ensuite  je  te  raconterai  le 

grave  événeinent  qui  nous  est  arrivé  (à  propos  de  iju^  ^b 
du  I  vol.),  Dt ,  =  ^i^  L5;=r»-  ^^  p.  321,  3  d'en  bas  a  une  phrase 
analogue:  uhabbarhum  bma  dereg  'alîh,  il  les  informa 
de  ce  qui  lui  était  arrivé.  —  Entrer.  Stace  p.  56  sv.  entered.— 

Sur  l'étymologie,  cf.  sub  v;^  P-  741  en  bas.  Cf.  éjC>  vhv.  — 
^^o,  int,  d.  la  lère,  rouler,  aussi  class.  J,  idab  J^  L_;-j  ^j-*-j 
l^xc  Js-=  -  ,iA..^  '— à-v^  er  "^^-^  M-^>  Ziyâd  passa  près  de 

nous  sur  une  mide   qui  avait  une  corde  roulée  autour  de 
son  cou,  L.  des  Avaras  p.  222,  14.  —  Aller  par  ci  par  là, 
de  porte  à  porte,   pour  donner  des  nouvelles  ou  pour  pro- 
clamer   quelque    chose,    402,8   d'en   bas.   En   Haurân,   -^o 
'^,:s\:<:^M^\ ,  arranger  la  danse  de  la  Saligah,  en  se  plaçant  en 
cercle   autour   de  la  ^^.iiL>.    ^laL»  ^:>.o,  le  nommer  sidtan, 
le  faire  sultan,   Carbou  p.  188;  la  phrase  est  probablement 
i^iyjo  (i«j.>^o,  on  le  nomma  sultan. 
_  ,b,  lutter  avec  an.,  369,  11  =^  «joî,  et  „b  vhvs. 
„  .c\_j' > -,  .u>!,  roider.   iA_xJl  ^J^  S-*^   -  y^^   l^  chameau  a 
dégringolé,  est  tombé  de  la  montagne  Dt. 
„  .IlXj  >  -^b!,  lutter  ensemble  corps  ci  corps,  369  =  ^^^  et 

*)  On  no  dit  nulle  pai-t  QLLiL«,  mais  toujours  ^LiiLo,  avec  s. 


748 

Joî   vhvs.,    mais   le   point   de   vue  sémantique  est  différent. 

^,L>,po2ilaillerDt.  =  „^  vhv.,  obs.  la  voyelle. 

ii-:>,o,  marche  de  l'escalier^  pi.  oL^,'^  Dt.   —  Degré,  couche, 

487,5:    'i^y^   iL:>.0    J»c    O   ^y    b    ,..i:=>_b    ic>J^    wJL<Ji   t-j^î 

e^/e  me^  le   gâchis   couche  par  couche  . . .  l'une  sur  Vautre, 

degré  par   degré  50, 8   s.,    1037*  —   Evénement  important, 

486,  7  d'en  bas  ;  487,  5". 

-^b,  sa&Ze  du  rivage,  en  sahhi,  BBRAS  1902  p.  268;  propr. 

ce'  qui  roule. 

iL>.b,  grave  événement,  voir  ex.  plus  bas;  secoM?'5  d'une  tribu 

à  l'autre,  voir  p.  578,  11.  —  Chose  grande  et  lourde  qu'on  ne 
peut  soulever.  Gros  bloc  (qu'il  faut  roider).  Au  fig.,  gra?id 
personnage  courageux;   grayid  malheur,   événement  funeste; 

cf.   i^>,^  vhv.  et   le  classique  ^  .o  v.   les   dict.  ^jX^\  oLc 

aA*Axi  _  I^Aiî^.  celui  qui  proclame  la  guerre  et  les  événements 

funestes  sont  encore  loin,  402  v.  2. 

Farîd  b.  Nâsir  el-'^Aulaqî,  p.  784  en  bas,  a  dit,  en  réponse 
au  sultan  Fadl  b.  Muhsin  el-'Abdalî,  1699: 

4-  -  -  ^- 

o^j^!  (2  j.Lci.:^!  J.  ^J^y  (^O  ^^      LJL.fiii>  Y.h"^^^  -._^Î3Aiî   U:>! 

(^?fe  D^m  fasse  vivre  celui  qui  nous  dit:  vive! 

Autant  que  le  now.bre  des  montagnes  d'el-Kaur  aux  hauts 

plateaux. 
Nous  sommes  les  gros  blocs  (=  hommes  courageux)  et 

d'autres  pareils  sont  derrière  nous 


')  a'^-dâd  où  la  derrière  sj'llabe  i^b  est  assez  rare  dans  la  poésie 
populaire. 

2)  Cela  me  fut  dicté  fi  lihsârn,  mais  c'est  contre  le  mètre,  et  je 
suis  persuadé  que  le  poète  a  lui-même  fredonné  fil-ljisâm  en  com- 
posant, et  alors  le  mètre  est  juste. 


749 

Qui  font  baisser  les  pics  des  montagnes.  — 
Troupe  de  gens,  voir  p.  573  d.  1. 

-Lo   (pli  va  et  vient  partout,  de  porte  à  porte  GO,  mais  .î^o 
qui  voyage  dans  le  monde,  qui  roule  sa  bosse  partout,  Dt. 
En  français,   rouler  et  en  italien  girare  offrent  le  même 

emploi  figuré  que  Tarabe  ^.o,  ^.o  et  ^t.o. 


ti^)^ 


„o.o,  pendiller,  Dt.  r>^;^>-^  «-x.^,  les  cheveux  lui  descendent 
sur  les  épaules. 

o^o,  7narc  de  café,  1080.  —  ^o.o,  lie,  1080;  les  deux  du 
persan  «o.o  ou  (^o^o. 

^Oji,  pl.yoKjO,  wwr,  Carbon  p.  238,  v.  ici  p.  742  et  n.  2. 

yp^o,  sandfly,  Stace  p.  67.   De  l/~  OjO,  tourner,  tournoyer, 

<  1/  .30.  Cf.  j^j^,  Dozy  S.  sv.,  et  le  syr.  8,^0.0,  à  cause 
de  sa  forme  ronde,  ib.  sv.  Le  mehri  derdîr.  puce,  Jahn 
SAE  III  p.  174,  Bittner  St.  mehri  I  p.  23,  que  Nôldeke  Bei- 
tràge  I  p.  120  écrit  derdîr,  et  dont  il  ne  sait  expliquer 
l'étymologie,  vient  de  l/~,o.o  vhv.,  et  d  à  cause  de  r. 

^jiij^o,  faire  ^semblant  d'être  ivre  en  festonnant  et  en  bavar- 
dant, mais  ce  n'est  ni  bavarder  ni  extravaguer,  Dozy  sv., 
Ruzicka  p.  190,  si  ce  n'est  de  cette  façon.  De  iji^o,  radoter, 
variation  de  (j^.o  vhv.,  avec  répétition  de  la  première  radi- 
cale. Cf.  ^^1. 

Jj'ô,  1668,  12,  V.  L  A  sv. 


750 


»^ 


(Cj.o,  tailleur,  à  Aden.  ^.j>,  u,  coudre  n'est  pas  usité. 

C'est  le  persan  ij^-^.^,  tailleur,  Cher,  Alfâz  p.  62.    Voyez 
l'article  de  Marçais  TAT  p.  296;  âifâ'  p.  98. 

(_^v..->,  >  (_w,o,  a,  é^re  souillé,  impur,  sale,  Dt.  et  Hdr.;  Ara- 
bica V  Gl.  sv.  La  différence  entre  (j/..o  et  .^^^   est  que  le 

premier  dénote  la  souillure  telle  que  l'urine,  le  sperme  ou, 
au  figuré,  d'une  mauvaise  action  =  ij^,  tandis  que  le  second 

indique  la  saleté  provenant  du  n'importe  quoi:  ioLvj'li!  c>-w.o 

(jii*.^!  ^^,  la  femme  est  souillée  par  ses  rmnstrîies,  elle  est 

impure.  ^Jolc  x*jjJLj!  oy^i  ^**f^'  -^^^^^L)  (l^wv.->  >)  i_^v..o  ^l^ ,   e^ 

celui  gui  est  souillé  par  la  chose  volée  (cachée)  doit  payer  les 
honoraires  du  Mubessf,  Arabica  Y  p.  166,8  d'en  bas. 
L^wvjj,'i,  tr.  souiller,  term.  techn.  du  mubassi^  ^^  ^^'^  ^.,) 

icxio  (J«lw5  \-A-wjO!  *:vJi^,  (ô   bis^ah)   si   un   tel  est   coupable, 

souille-le  et  fais  couler  son  sang,  ib.  1.  15  d'en  bas  —  Lorsque 
je  me  promenais  à  Gênes  avec  les  deux  Haçlramites  que 
j'avais  amenés  avec  moi  de  leur  pays,  nous  passâmes  devant 
un  ancien  couvent  et  la  conversation  suivante  eut  lieu  entre 
nous.  Hadr. :  es  hâdel-husn,  qu'est  ce  que  c'est  que  ce 
husn?  —  Moi,  voulant  voir  s'il  comprenait  l'arabe  littérale, 
de   répondre:    hâda   dêr   lir-ruhbân   kânu   yidrosûn 

el-Ingîl  fîh,  \AJ  Jyi^^î  o^r'^j^  1?-^^  o^/  j^^  '^'  ^^  ^^ 
de  grands  yeux  et  dit:  hâf  hôs  lilbôs,  c'est  peut-être  un 
enclos  pour  les  bestiaux?  —  Moi:  la'  fîh  ruhbân,  non,  il 
y  a  des  moines.  —  Lui:  ïiasibt  ma  sî  dàrak  fi  bëlâd 
el-Frang,  Je  croyais  qu'il  7i'y  avait  pas  de  danger  au  pays 
des  Européens.  —  Moi:  la^  belâdna  mirattab,  non,  notre 


751 

pays  est  ordonné.  L'autre  lui  fit  alors  comprendre  que  c'était 
une  caseryie  pour  les  soldats  ^^  o-*-^^?  v.  Hdr.  Gl.  sv.  ^s^ 

et  ici  sv.  Je  me  tordais  de  rire  tout  le  temps.  Or,  ma  phrase, 
qui  en  bon  arabe  veut  dire:  Ceci  est  un  couvent  où  les  moines 
étudiaient  VEvangile  (et  je  disais  exprès  yp  pour  savoir  s'ils 
le  comprenderaient),  signifie  dans  les  dialectes  de  Dt.  et  de 
Hdr.:  „cec^■(=  celle-ci)  est  une  chamelle  qui  a  quitté  so7i  petite 
ou  femme  qui  a  quitté  son  mari  (et  appartient)  aux  ayant 
peur  qui  y  souillent  le  chiendent.,  ou  la  machine  à  vapeur,  ma 

LA  p.  42  et  s.  Aucun  des  mots  yo,  ^^,  qL«.5>^,  ^^o  et  ,}^\ 
n'ont  chez  eux  le  sens  que  nous  connaissons  bien,  vhvs.  La 
raison  en  est  bien  simple.  Il  n'y  a  jamais  eu  dans  le  Sud 
ni  couvent,  ni  moines,  ni  Evangile,  peut-être  pendant  le  temps 
de  la  domination  abj^ssine  et  au  Negrân,  je  n'en  sais  rien, 
en  tout  cas,  jamais  en  Dt.  et  en  Hdr. 
(j/,'o,  u,  est  aussi  chercher,  mais  avec  un  certain  zèle;  c'est 
presque  fureter.  Un  datînois  avait  perdu  quelque  chose  qu'il 
cherchait  sur  le  sol.  in  autre  lui  demande:  es  tôdros? 
que  cherches-tu?  L'autre:  mëdûwir  ^ala  em-marda'' 
haqqi,  dârsinneh  min  em-subëh,  je  tourne  pour 
trouver  ma  bague,  je  l'ai  cherchée  depuis  ce  matin.  En  en- 
tendant ce  dialogue  entre  les  deux  datînois,  je  me  suis  tout 
de  suite  dit:  voilà  le  ^'n  hébreu,  sur  lequel  voir  plus  loin. 
(j^:o,  u,  est,  en  Dt.  et  en  Hdr.,  aussi  faire  perdre  le  pre- 
mier lustre  à  un  vêtemetit,  tr.   On  dit  aussi  (j«^b  ^y^^'i,   le 

vêtement  est  usagé,   mais  non  encore  usé.  La  lurah  a  aussi 
dans  ce  sens  y^-^o  comme  tr.  et  intr. 

Le  sens  primaire  de  l/..o  est  fouler,  treten,  calcare  >  broyer, 
piler  et  de  là,  dépiquer  le  blé;  mais  non  pas  battre  de  blé, 
comme  c'est  traduit  dans  nos  lexiques  européens,  car  ce  sont  les 
bêtes  qui  dépiquent  le  blé  en  marchant  dessus.  Lane  traduit 
bien  -LxlsJI  (j/-.o  par  he  trod  or  thrashed  thewheat,  mais  il  aurait 


752 

dû  commencer  son  article  par  ce  sens  au  lieu  de  le  déclarer 
métaphorique,   probablement  sur  la  foi  d'ez-Zamahsarî,  Asâs 

sv.,  qui  dit  que  j.ljtLiî  (_^y.^o  est  jL^".  LA  VII  p.  382,1  dit 
que    c'est    yémanite   et  =  (_^-.b,    u,   vhv.  ;   il   ajoute  (j/^LlXJÎj 

j^^t  ^s>\  ijtJb  ^[iôJil  ').   Nos   dialectes   de  Dt.  et  de  Hdr.  ne 

connaissent  pas  ce  sens,  qui  y  est  remplacé  par  (j/.b,  u,  vhv. 
et  j.b,  u,  vhv.,  mais  en  Egypte  il  est  courant,  Spiro  sv.,  en 
Syrie,  Jaussen  Coutumes  p.  253,  et  en  Algérie,  Marçais  Gr.  Tl., 
p.  307  :  inf.  ,j*.j^o,  dépiquage  Dt.  et  ib.  p.  283  et  p.  284  n.  2.  C'est 
le  mot  technique  pour  détriter,  piler,  broyer  les  olives,  Pr.  et  Dict. 

Gl.  sv.;  tj^jXA,  détritoir.    Nous  lisons  dans  Mîka  6,  15:  nnx, 

^1  ""ilO»   tu  pressures  des  olives,  rendu  par  les  Américains 

de  Beyrouth  par  Ij^.;  {j^»,OJ  ^i>oî,  mais  le  syrien  (j^,i-Xj"  aurait 

été  tout   aussi   bon,  voire  plus  exact;  de  mêm.e  Job  24,  11. 

Les  Bédouins  du  Nord  disent  oo  vhv.,  qui  est  proprem. 
battre  le  blé.  I  Sîdah  XI  p.  54,  11  d'en  bas:  îi'o  l'xJu^j^  ^) 

(j/.Ll)oÎ5  (j^bAJÎj  oJJ)  J-4-*Jt  liUiAi  J^  6;^'  Lr-rî^'  LA  VII 

p.  382,  1.  En  Espagne,  (_^wO ,  f otder,  éta.it  encore  vivant,  Dozy 

sv.,  qui  corrige  inutilement  y^^o  en  (j^,o.  Métathèse  y^ù  vhv. 
Les  Bédouins  du  Sud  ne  connaissent  point  'u*jO,  étudier, 
sens  qui  n'est  courant  que  parmi  les  lettrés  de  Hdr.  et  de 
yéman.  Je  suppose  que  le  sens  est  un  emprunt  aux  Hébreux, 
qui  dans  les  v^'Hiç  n^3  étudiaient  WT\  les  Saintes  Ecritures. 
Voilà  pourquoi  les  Bédouins  du  Sud,  qui  n'ont  aucune  accoin- 


1)  ijLjti   pour   les  travaux  du  champ  et  du  jardin;    oLûJî  Nas-wîin 

O    ,  ù  ^ 

0.1.  p.  87  =  u^[^L>  Uilj^'^  ciOj;  Masoûdî  I  p.  380,2  d'en  bas  et  ib.  1 

d'en  bas:  j~>^-*r^^   J.    Ji^i!   u*5y.  V.  Vollers  A' S  p.  20.   Cf  kS^--}  inf. 
labourage. 


753 

tance  avec  le  ^y^  des  lettrés  de  Hçlr.  (en  Dt.  il  n'y  eu  a 
pas),  ni  avec  les  Juifs,  ne  peuvent  connaître  le  sens  ^'étudier, 
qui  pourtant  est  aussi  tincien  que  la  littérature  arabe  à  nous 
transmise.  Voilà  aussi  pourquoi  mes  deux  Hadramites  igno- 
rants ne  comprenaient  pas  la  phrase  susmentionnée  oii  figure 
ce  verbe  dans  le  sens  ^'étudier. 

Nôldeke  Beitrâge  II  p.  38  n.  4  veut  séparer  l'hébr.  tt'ni, 
chercher  >  rechercher,  étudier,  de  DIT ,  j^  ^, ,  battre  le  blé, 
dreschen,  et  même  de  l'arabe  ^^^o,  fouler,  calcare.  Il  pense 
même,  si  je  le  comprends  bien,  que  (j^p,  dépiquer  le  blé, 
est  aussi  un  emprunt,  et  alors,  bien  entendu,  auxAraméens! 
Pourtant,  de  (j^-.o,  fouler,  découle  naturellement  dépiquer, 
puisque  c'est  là  justement  la  manière  de  dépiquer  avec  les 
bêtes,  Déjà^Gesenius,  dans  son  Thésaurus  sv.,  avait  étabU 
cette  étymologie  lorsqu'il  dit,  à  propos  de  ^"n,  quaesivit: 
„Origo  tamen  est  in  terendo  sive  manibus,  sive  pedibus  et 
quaerendi  notio  ducta  est  a  palpando  et  circumeundo,  ut  in 
syn.  îi'pa;  syr.  ^f,,  est:  trivit,  ealcavit  viam,  trituravit  et 
metaph.  inquisivit,  studuit,  disputavit,  arab.  (_^v.^o,  trevit  v. 
c.  vestem,  metaph.  trivit  libres,  studuit,  didicit  et  tr.  docuit. , 
Media  radicali  r  in  vocalem  emollita  a  nostra  radiée  orta 
est  "^M,  quae  primariam  notionem  servavit  :  utraraque  for- 
mam  habes  in  linguis  germanicis:  dreschen,  belg.  dôrschen, 
etc.  Vicinas  radd.  commémora vi  sv.  "Hii".  C'est  sans  doute 

'  -T 

cet  exposé  de  Gesenius  que   Nôldeke  a  en    vue.    Cf.  ÛL, 

1215  >  iaj  vhv.  qui,  d'après  moi,  offre  la  même  évolution 
sémantique. 

Ges.-Buhl  n'a  pas  accepté  cette  distinction  de  Nôldeke. 
Levy  NChWB  sv.  a  aussi  congme  sens  primaire  de  ce 
thème  hébreu,  treten,  fouler. 

Mon  opinion  personnelle  n'est  pas  bien  fixée  sur  la 
communauté  sémasiologique  de  u^y^,  fouler,  et  (j^,o,  étudier. 

48 


754 

Nous  avons  vu  qu'en  datînois  ^j^jO  est  aussi  chercher,  comme 
également  '^"ii,  et  cela  donne  à  réfléchir.  Je  laisse  la  question 
étymologique  en  suspens  pour  le  moment  laissant  à  d'autres 
de  la  trancher. 

L'intensif  (j/-«uî,  Sifâ  d'el-Hafâgî  p.  65,  est  étudier  superficiel- 
lement, contr.  de  02^;  c'est  sans  doute  une  application  de  '^11, 
qui  ne  paraissait  pas  bien  sérieux  aux  savants  arabes,  mais 
oîi  transpire  cependant  le  sens  primaire  de  fouler,  dreschen 
>  durchdreschen,  en  admettant  toutefois  que  ^J^^o,  étudier, 
provient  du  même  thème.  Nous  disons  en  français  potasser 
un  livre,  expression  des  étudiants.  Autrement,  (_^w:o  est  le 
tr.  de  u^j^' 

Siegfried-Stade  H  W  B  donne  à  '^~\l  pour  racine  première 
"2^1.  On  pourrait  alors  comparer  l/~;ji.j>  et  ijiij=>,  mais  cela 
est  moins  probable.  C'est  plutôt  un  élargissement  de  V~j'^ 
>(j«.L>,  où  la  troisième  radicale  est  motivée  par  une  conta- 
mination avec  son  synonyme  ^^wvb,  u,  comme  K~~i"!  >  ^~n 
par  contamination  avec  son  synonyme  îi'n,  et  ""il  par  con- 
tamination avec  ses  parents  ~jD"i,  i<Dl,  riDi  et  ""n.  Si  (j/.;>3, 
chercher,  est  vraiment  un  élargissement  de  V  .0,  tourner, 
cela  pourrait  expliquer  la  transition  sémantique  ayant  donné 
(j*.o,  chercher  >  étudier,  mais  alors  il  faut  aussi  admettre 
que  (_!*rO,  foider,  est  un  sens  secondaire,  à  moins  qu'on  préfère 
avec  Nôldeke  d'y  voir  deux  thèmes  homonymes.  jJLci  ^JJîj. 

H.  Môller  0. 1.  p.  79  dit  du  „thème  d-r,  frotter"'.  En  sémi- 
tique, élargi  de  plusieurs  façons:  d-r- s,  arab.  d  ara  sa,  he 
trad  or  thrashed  (the  wheat)  (Lane)  etc.,  au  figuré,  read 
repeatedly,  studied  (un  livre  comme  le  lat.  lihros  terere,  ein 
Buch  dreschen),  intr.  it  hecame  cffaced,  crased;  old  and  loorn 
ont;  syr.  de  ras,  calcavit,  patefecit  (viam) ');  hébr.  betreten, 


')  Qui   se  trouve  dans  le  cl.  ij^j'^  (ou  yémanite?)  =  (jr*^  ^— ^y^JÎ, 
S.  et  Q.,  route  effacée,  Lane  ;  v.  ici  p.  757. 


755 

entrer  dans,  passer,  fouler  le  sol  (et  alors  principalement  au 

sens  figuré),  etc.;  voir  ici  sub  v;0  p.  745  et  ^^o.  En 
suédois,  nous  disons  également  trôska  igenom  un  bok,  potasser 
un  livre,  y  étant  obligé  et  avec  quelque  peine.  L'allemand 
dreschen  =  suédois  trôska,  et  suéd.  traska,  trottiner,  vn. 
pryskva,  etc.,  norv.  terske,  angl.  thrasli,  battre  le  blé,  viennent 
d'une  racine  qui  veut  dire  pedibus  calcare  >  dépiquer,  abso- 
lument comme  l'arabe  u^y^,  comme  sens  et  procédure,  voir  sub 
(J/-ÎO,  u,  et  (.b,  u,  sens  qui  apparaît  encore  dans  l'italien  trescare 
=  sa] tare  pei  campi  lavorati,  dans  le  substantif  trescone  =  ballo 
assai  agitato,  rimasto  oggi  alla  gente  del  contado,  Voc.  Rigutini- 
Fanfani  shv.  et  dans  le  vfr.  treschier  <  goth.  firiskan,  dreschen. 
Quant  à  (j.^.^  p.  750,  nous  retrouvons  peut-être  un  indice 

de  ce  sens  dans  la  lurah,  oîi  il  y  a  i-^vj.o  »î^!  c>^o  =  ui-^^sb», 

LA  VII  p.  383,10,  et  le  ^f  est  à  cause  de  cela  appelé 
(J/.LO  jr-^\,    ib.,    Qâm.  sv.    Ce    sens    ne    pourra   provenir   de 

y/^y,  trivit,  calcavit.  Mais  Kj.Lil  ;_,w_jO,  comprimere  puellam, 
=  1  ^  r  ^L>,   est   un   emploi    figuré   de    ^^jO,    foider.    Dans 

le  Sud,  on  dit  aussi  pour  cela  'v,J.\  y^^o,  car  (j«^o  =  (j^b, 
LA  VII  p.  382,  6,  comme  on  y  dit  aussi  û^  ^rb  =  o^jO. 
Nous  avons  aussi  dans  la  Inrah,  d'après  Nadr  b.  Sumayl 
(t  203),  LA  VI  p.  361  sv.:  ^Wt  b!  î^^'o  ^io  oVï^  :^^^  ^3^\ 
et  ib.  (^A/^  bl  .,j>.j^\  y,o,  ce  qui  est  reproduit  par  le  Qâm. 
et   TA.    Il   y  a  aussi  ôb  :=  ^j<^jo  et  q.^,   être  sale.    Est-ce 

que  notre  (j^>^,  est,  dans  ce  sens  de  souiller,  salir,  une 
métathèse  de  yjo,  avec  o  <  u*,  permutation  assez  fréquente, 
voir  sub  o  et  I  Sîdah  XIII  p.  280  en  haut,  Haffner  AL  p.  39, 

ici  p.  756  n.,  ou  bien  une  variation  consonantique  de  ^^c>,  être 

sale,  avec  permutation  des  sonnantes?  Mais  ce  dernier  verbe 


756 

est  intransitif.  Le  (j*jO  "^omânais,  vhv.,  semble  indiquer  que 
(j*.o  souiller^  salir,  est  aussi  connu  dans  ce  dialecte.  Je  ne 
sais  si  le  classique  ^y^\  ^j^jO  =  vjiii>î .  peut  provenir  en  pre- 
mier lieu   de  notre  sudarabique  (j^j-^,  souiller.    Ce  n'est  pas 

impossible.  vjji=>  vhv.  est  bien,  dans  l'Afrique  équatoriale, 
vêtement,  et  le  sens  arabe  classique  me  paraît  ici  secondaire, 

voir  ici  sub  (j^,b. 

Est-ce  que  le  sens  classique  si  connu  et  dialectal  du  Nord, 
u^^o,  effacer  '),  ne  pourrait  aussi  être  secondaire  et  avoir 
son  point  de  départ  de  [j^y^-,  trivit,  calcavit?  Je  le  croirais. 

Je  fais  ici  observer  que  u^.^,  effacer  et  être  effacé,  a  fait  le 

classique  (_/y^,  i,  effacer,  tr.,  o>  t>t,  à  cause  de  r  voisin, 

comme  V'~jJi>  jh  vhvs.    Cf.   aussi  le  synonyme  u*'-i-^,  i, 

effacer,  tr.  et  intr. 

(_,wv.o,  souiller,  salir  Dt.  'x^.lSa  vW^S  vêtements  sales,  souillés. 

u*,Jù",  se  salir,  se  souiller  Dt. 

(j^.lXjÎ,  perdre  le  premier  lustre,  "bêtement,  Dt.  v'-:y^'  ci^^^^'j 

les  vêtements  ont  déjà  été  portés  et  n'ont  plus  leur  premier 
lustre. 

(j«.b,  sale,  (wjb  i_jo,  vêtement  sale,  mais,j«.j,oou  (_v»5.l\xi  >«jyi', 
vêtement  qu'on  a  déjà  porté,  sans  qu'il  soit  pour  cela  râpé 
ni  vieux,  J030,  ni  troué,  ^»^^.  Cf.  le  syr.  ^o  <  syriaque. 
Voir  les  Nawâdir  d'Abu  Zeyd  p.  217,6:  ^yù\  _^»,  cr;*^^ 
oLLi^Jt,  pi.  qL_w.o,  mais  dans  notre  dialecte  la  V  [yy^  est 
seulement  être  sale;  I  es-Sikkît  Tahdîb  p.  561,  Kâmil  p.  469, 14. 


1)  Cf.  y->  \\\\.=y^^,  être  efjacé,  et  (j*^,  h  effacer. 


757 

(j*jO,  souillure,  saleté,  Dt. 

(j^y  en  'Oman,  fumier,  RO  p.  402  N°  52:  c^^lj  u-J^L.  jUi 

(j/..v11j,   /e  fumier  est  à  la  plantation  (ce  que)  le  loai's  est  à 

la  fille.  =  Hdr.  et  Dt.  ^,Lc>:>  vhv.  —  Stable,  vacherie,  ib.  p.  61, 
4.  Est-ce  à  cause  de  la  saleté,  produite  par  la  bouse?  Jayakar 
RAS  1889  p.  660:  a  fold  (of  goats,  sheep  etc.). 

Cl   - 

Je  fais  ici  observer  que  la  lurali  connaît  le  mot  y/-^  = 
J^ài^t  oJJriaJI,  LA  VII  p.  381,  route  délaissée  ou  peu  pra- 
tiquée, ce  qui  s'explique  par  I  Sîdah  XII  p.  45,  9:  oi^^j-ki! 
tikJLw  Ijî  Lo^r.^  u*;^  L?'  'î^f   '^'  ^>r.5   mais  je  n'oserais  dire 

si  ce  mot  vient  de  fouler  ou  ^effacer ^  le  second  sens  décou- 
lant, en  tout  cas,  du  premier.  Cf.  ici  p.  754  n.;  cf.  aussi 
"Ti.l,  route. 

ij«^j,o,  souillé,  impur  Dt.  oA^  ^  ^\  J.i»iAj3  ^^^  (^  '^-^  ^^ 

J3.b  ^j^  ^j^o.jJt,  ensuite,  il  exécute  l'ordalie  en  faisant  entrer 

Vaiguille  dans  la  joue,  en  dedans,  de  Vimpur  (=  l'inculpé) 
Arabica  V  p.  166, 10  d'en  bas. 

v_j  c^  ,o,  se  précipiter  sur,  fondre  sur,  693,  2  et  6  d'en  bas, 

"^Anazeh:  v.  Socin  Diw.  Gl.  sv.;  cf.  le  class.  J^c  iy,  même 
sens.  Quelle  parenté  y  a-t-il  entre  les  verbes  Lo,  a.o,  c  .o 
et  o^? 

c  .o^  pl.  Pij^,  co^^e  de  mailles,  n'est  connu  que  dans  le  Nord, 

où  les  cottes  de  mailles  datent  probablement  du  temps  des 
Croisades.  Il  y  en  a  encore  plusieurs  chez  les  Bédouins.  On 


1)  Il  disait  aussi  ba'^duh  =  cl.  i-^'*J,  vhv.;  ma  LB^A  GI.  sv. 


758 

m'a  assuré  que  les  Rouwalah  seuls  en  possèdent  plus  de 
trois  cents.   La  plus  jolie  se  trouve  chez  I  Halîl,  petit  chef 

bédouin  (jt  .y.  )j  ♦  -^  J_£  (j^^y^)  des  Wuld  'AIL  II  y  a  aussi 
beaucoup   d'armures  anciennes  au  Negd.  Les  plus  anciennes 

sont  appelées  i:_jo»3b  ;;^,j>,  par  allusion  au  Qor.  XXI,  80; 
XXXIV,  10;  I  Sîdah  vï  p.  71,  7,  8  d'en  bas. 

i4_c!^o,  pi.  j-J;';<->j   se  dit  dans  notre  dialecte  :<_£Lo  vhv.  En 

mehri,  il  y  a  derâ^t,  derâ^at,  der'aat,  derâ't,  derât, 
chemise,  selon  les  différentes  graphies  de  D.  H.  Mùller,  apud 
Bittner  St.  mehri  I  §  83,  ce  qui  prouve  que  ce  mot  classique 

iL^Lo,  n'est  pas  du  domaine  de  la  langue  raehrite,  mais 
adventice,   ou  bien  que  D.  H.  Mûller  a  mal  entendu,  ce  qui 

est  moins  probable.  Peut-être  faut-il  séparer  iCcLo  de  iCcUô, 
le  premier  pouvant  se  rapporter  à  ^.j>  et  le  second  à  ^Lo, 

avec  contamination  sémasiologique  entre  les  deux? 

c  .lX_/«  ou  ;=^u\_x!,  pi.  ^j  L\_^,   hotmne  portant  une  cotte  de 

mailles^  308,  4  et  n.  2. 

lJvO,   i,  jouei'  du  chalumeau  ou  de  la  flûte,  1653;  Hdr.  p. 

139  n.  1  =  lJ;^  ib.  p.  138  d.  1.  En  Dt.,  on  dit  s.o,  vhv.  Je 
ne  sais  d'où  vient  ce  verbe.  On  observera  le  tigriûa  dârfi, 
chanson,  1653.  C'est  à  peine  que  j'ose  proposer  ^^  >  lJ,o; 
le  fait  est  qu'on  dit  l_î).iA_1!  v-jj-'^  ou  »LiA-i!,  vhvs.,  comme 
aussi  Uyi\  Vj-^)  jouer  de  la  flûte.  Dans  les  dialectes,  oii  le 
'^  a  bien  conservé  le  son  emphatique  superdental,  le  .pas- 
sage du  ij^  à  o,  surtout  au  voisinage  d'un  r,  me  paraît 
discutable,  mais  nullement  impossible.  Par  contre,  le  passage 
du  o  à  (ji3  devant  le  r  est  assez  fréquent  dans  tous  les  dia- 
lectes.  La  lurah  offre  bien  assez  d'exemples  de  d  >  d  dans 


759 

les  contrées  .du  Sud,  où  l'emphacité  peut  disparaître  tout  à 
fait,  voir  ici  sub  o,  o,  ijo  et  -b,  voir  aussi  704  en  haut; 
1281  n.;  1398,  1399.  L'exemple  classique  en  est  co^,  et 
^*,,  vhvs. 

O-  5   5 

Oj'3,  pi.  Li^rO,  ventail  de  la  porte;  volet  de  la  fenêtre^  Dt.,  et 

Hogarîeh.  Stace  p.  200:  door.  V.  p.  739.  Lorsqu'on  ouvre  le  o^o, 
on  passe  par  la  porte.  Ce  n'est  pas  l'ouverture,  pratiquée 
dans  le  mur  pour  la  porte  et  la  fenêtre.  Nous  appelons 
couramment  les  deux  porte  et  fenêtre.  C'est  le  syro-égyptien 

iOjO,  pi.  oli.o,  =  class.  \„Aft>o,  battant  d'une  porte.  Chez  les 
Hogarites,  j'ai  aussi  constaté  v^o  avec  le  même  sens,  p.  737. 
Dozy  S.  veut  que  le  syro-égypt.  iLi.o  soit  une  altération  de 
iLi>->,  mais  alors  il  faut  que  le  sudarabique  lJ  .o  soit-  aussi  < 
^«îo,  et  le  hog.   cj,^  ferait  alors    bande    à    part,   à  moins 

o  -  5   5  O  _ 

que   le  hogarite  ^.j-^o,  pi.  viîj^j   soit  une  variation  de  OjO, 

5   5 

pl.  uiJ^^,   avec  permutation   des  deux  labiales  spirantes;  le 

sens  est  le  même.  Le  classique  >_j;>^>  porte.,  vhv.,  pourrait 
alors  avoir  la   même  provenance  et  n'aurait  rien  à  faire  à 

y.o,  chemin.,  voir  p.  744.  Nous  avons  l'akk.  „duppu, 
tuppu,  plaque.,  table  (<  soum.  dub),  dont  dappu,  planche, 
n'est  probablement  qu'une  variante:  >  aram.  dappâ,  planche, 
table.,  page,  aussi  égypt.-aram.  tp,  planche  (>  probablement 
arabe  daff  et  taff),  planche.,  côté'-).,  daffat,  couverture 
d'un  livre),  sudarab.  tf,  table.  En  outre,  >  vieux  pers.  dipi, 
inscription  (avec  peut-être  le  néo-persan  debîr,  écrivain^), 
dîwân,  livre  ^),  élam.  tuppi,  i7iscriptio7i,  ind.  dipi  (lipi) 


1)  ^3^3,  côté.,  planche  ou  battant  d'une  porte,  etc.  \  «wS-b,  bord,  marge. 

2)  Voir  ici  sub  lJ^,  côté. 

3)  Qui  est  plutôt  l'arabe   y^<>  vhv.  *)  Cela  est  douteux. 


760 

écriture",  tout  cela  selon  l'exposé  deZimmern  Akkad.  FWp.  19. 
Quant  a  ^i^^  et  ii_s^o  <  ^^  et  iC-so,   on    pourra    comparer, 

en  sens  inverse,  '-éyf^^  >  »j>,  vhv.  Je  crois  donc  que  l'éty- 
mologie  proposée  par  Dozy  est  juste,  mais  je  croirais  aussi 
qu'il  faut  en  séparer  le  sudarabique  v^i. o,  pourtant  je  n'en 
suis  point  très  sûr.  Se  prononcer  catégoriquement  sur  une 
étymologie  est  encore  assez  risqué,  vu  nos  connaissances 
encore  imparfaites  des  dialectes  '). 

G 

lJî^lXx),  chahimeau,  Hdr.  p.  138  d.  1.;  Arabica  III  p.  21,9  = 

Dt.   st^Aws,   vhv.   En   Dt.,  on  dit  aussi  \_J3^^A_xi,  chalumeau^ 

comme  dans  certains  parlers  du  Levant  j^-^j^,  flûte.  Mais  le 
verbe  ^^ô  n'est  pas  employé  en  Dt.;  voir  sub  «.o. 

V~^j<^,  1643.  —  ciy,  porter  im  bouclier  [2),  1641;  sans  doute 

dénominatif.  —  uj^o,   être  caché;  disparaître,  1642;  cf.  (C^o, 

vhv.  —  <j5^o,  tourner  le  clos  à,  1642.  —  Cacher;  abriter,  pro- 
téger, 1642.  Lûderitz  Sprichw.  aus  Marokko  M  S  OS  II  p.  31 

ISI°   LXIV  porte:  Ja_jL>:  »JijCK{i)  Ja-^:  lAï^o  .^,  traduit  par 

qui  veut  se  cacher  devant  toi  par  (derrière)  un  fil,  cache-toi 
devant  lui  par  (derrière)  un  7nur.  KM  G  p.  10,9  donne 
dirrig  ^alîya  zlâftik,  cache-moi  ton  kaêkûl,  expliqué  ib. 
note  i;  ib.  1.  13:  ma  dirrigna  sai  ^alêk,  7ious  ne  Vavons 

rien  cac^e  =  expliqué  par  habba^na  <ljLli>,  =  p.  27,3;  ib. 
p.  133,1:  ma  kâin  f.eyn  ndérregu,  il  n'y  a  pas  (un 
endroit)  oïi  nous  mettre  d  l'abri,  paraphrasé  par  fëin  yi- 
derrâq  Iwâhed.   Nous  voyons  par  les  exemples  que  ^.o 

')  Feghali    p.   G9   n.  2    identifie   aussi    darfe,   battant   d'une  porte, 

d'une  fenêtre,  au  cl.  ^3i3  et  il  y  donne  également  le  verbe  syi'ien  i_5 ,>-> , 
repousser,  chasser,  renvoyer. 


761 

est  transitif,  et  dans  le  dernier  exemple  nderregu  doit 
être  pour  nedderregu,  car  selon  Marçais  TAT  p.  297,  o"l\j 
est  chercher  à  s' abriter.  Dans  l'explication  yiderraq,  comme 
dans  le  proverbe  de  Lùderitz,  la  traduction  doit  sans  doute 
être  :  qui  te  protège  ou  V abrite  par  un  fil,  protège-le  ou  abrite-le 
par  un  mur,  pour  te  montrer  reconnaissant.  La  traduction  et 
l'explication  de  Lùderitz  ne  sont  certainement  pas  bonnes.  Si 
Marçais,  Doutté,  Bel,  Kampffmeyer  ou  A.  Fischer,  qui  sont  des 
arabisants  de  premier  ordre,  avaient  interprêté  ces  phrases,  on 
pourrait  s'y  fier,  mais  le  Dr.  Vassel  et  Lùderitz  ne  connaissent 
que  la  langue  parlée  et  qu'ils  ne  savent  pas  analyser.  —  Armer 
d'un  bouclier,  1641  n.  2.  Avec  le  réfléchi  o^Jù',  1642.  — 
^^b,  armé  d'un  bouclier,  1641,  4,  où  le  singulier  („le  pluriel" 

est  un  lapsus  calami)  est  u^/JL^^df.  A  propos  de  ce  participe, 
Marçais  m'écrit  (8  Nov.  1913)  ceci:  ,jJe  puis  vous  assurer  que 
ii)*f>5  ôj^  est  bien  o.o,  cacher,  et  non  pas  une  variante  de 

„  .L>.  Je  suis  persuadé  que  ce  <j5\o,  se  cacher,  est  très  ancien. 
Mais  je  ne  puis  vous  suivre  lorsque  vous  dites  p.  1641  que 
le  participe  ^^b  prouve  que   les  Hudeyl  avaient  un  verbe 

o,^   „avoir  un  bouclier";   dans   le    vers  cité,  ovb,  comme 

Jo'j,  est  non  pas  un  J^clà  j»-w!,  mais  une  'x.j^  (cf.  Sibav^aïhi 

au   chapitre  de  la  iL*-Aso),  tout  comme  ^y-i^,  ayant  du  lait, 

^^  2wssédant  des  chiens,  jÀi,  ayant  des  dattes,  ^b',  porte- 

couronne  (un  verbe  _lj',  u,  avoir  une  couronyie,  est  complète- 
ment  inconnu  et  pour  cause,  puisque  le  mot  est  étranger". 
Je  sais  bien,  mais,  malgré  ces  exemples,  qui  figurent  aussi 
dans  I  Sîdah  XV  p.  68  et  ss.,  el-Mufassal  p.  92,  Ibn  Ya'îs  I 
p.  776/7,  corroborés  par  LA  XVil  p.  257, 14,  15  et  19,  ce 
participe  est  cependant  dénominatif.  Il  y  a  un  grand  nombre 

de  J^l3,  J^*s  et  J^   pour  lesquels  le   verbe  n'est  pas  tout 


762 

à  fait  employé  dans  ce  sens,  I  Sîdah  XIV  p.  222  et  XV 
p.  71,  C'est  par  analogie,  iL«.A«UJ]  ou  ^-^^l  ^,  comme  le 
disent  les  grammairiens  arabes,  un  peu  vaguement,  et  non 
pas  &.^Avj,  qui  est  autre  chose,  qu'ils  ont  pris  le  sens  inhé- 
rent au  thème  verbal,  à  l'instar  des  Jlxs.  I  Sîdah,  XV  p.  68 
et  ss.,  a  deux  chapitres  sur  ce  sujet,  où  l'on  constate  qu'il 
y  a  aussi  des  S^\b  qui  proviennent  d'un  j-xjî.  Souvent  le 
verbe  existe  aussi,  comme  sLiJî  ^^^wLo  =  ^^L.  o.j£  et  dont 
le  participe  régulier  est  ^i^.  Un  homme  est  ^'^.  qui  donne 

du  lait  à  qn.,  L  A  XVII  p.  257,  7,  de  ^;  c'est  aussi  un 
homme  qui  a  beaucoup  de  lait,  de  q->-!,  ib.  p.  257,  7  et  12 

d'en  bas.  Il  n'est  donc  pas  absolument  nécessaire  de  voir  ici 
un  <^'^\  J^,   comme  l'envisagent  I  Sîdah  XV  p.  69,  LA 
ib.  p.  257,  ,10  d'en  bas  et  Marçais. 
Les  J^lî  en  question  peuvent  être  dénominatifs  lorsque  le 

verbe  n'existe  pas,  tels  que  -<ij  et  i^Jlj■,  mais  lorsque  le  verbe 

existe,  renfermant  le  sens  fondamental  du  substantif,  qui  a 
donné  lieu  à  ce  verbe,  tels  que  «  .o,  ^,  .J^-o,  w^^,  je  ne 
saurais  voir  en  ^^'j>,  ^^'^,  Joli,  wUilj  autre  chose  qu'un  ^o 

régulier  qu'on  pourrait  appeler  (_,w.jJ'  ^,  si  l'on  veut.    . 

Si  le  verbe  ^.o  est  vieux,  et  je  le  crois  avec  Marçais, 
0;b  serait,  dans  le  sens  à.'armê  d'un  bouclier,  un  J^'i  déno- 
minatif, I  Sîdah  XII  p.  260,  ou,  comme  l'appelle  moins  bien 
S.  de  Sacy  Gr.  I  p.  341,  „adjectif  relatif"  et  Lane,  „posses- 

sive  epithet"  sub  ^û"  et  p  ,b.  Et  ce  ^.o  a  pu  donner  oV, 

boucliers,  d'après  ce  que  je  dis  1642. 

Jj3,  boucliers,  151,20;  1639.   iLiy,  n.  unit.,  1639;  ZA  26 


763 

p.  221    en   bas;   Carbou   p.  185.   Cf.  son  synonyme  v.Jj^tj>, 

n.  unit.  icà:s^j>.  II  est  bizarre  que  trois  mots  désignant,  à 
peu  près,  le  même  objet  soient  des  collectifs,  avec  le  n.  unit, 
en  s-,  tels  que  v_à^=>,  «js"  o  et  w^b,  I  Sîdah  VI  p.  75;  peut- 
être  parce  que  le  bouclier  était  fait  de  plusieurs  pièces  de 
cuir.  Mais  alors  OjO  a  dû  précéder  comme  formation  le  nom. 
unit.  iLi^o,   ce   qui  offre  quelque  difficulté.  Cf.  oLb  =  (j/._j, 

I  Sîdah  VI  p.  75  et  LA  XII  p.  89  ,'parce  qu'il  est  composé  de 
plusieurs  morceaux  de  cuir  superposés;  v.  ici  sub  j-,r-^. 
Lammens  Mots  français  p.  236  à  propos  de  targe.  La  bizar- 
rerie  augmente  lorsqu'on  sait  que  ^  est  aussi  un  collectif, 
I  Sîdah  VI  p.  52  en  bas,  LA  XIV  p.  165  en  haut,  dont  le 

Gû  _ 

n.  unit,  serait  ^,  mais  plus  tard  on  en  a  fait  les  pluriels 
JL*J,  ,jLo!  et  ^Ixi  (I  Sîdah  ^^),  v.  ici  sub  J^;  de  même 
v^lixj  est  un  collectif,  I  Sîdah  V  p.  53,  v.  ici  sv..  I  Sîdah  VI 
p.  52  en  bas  dit:  x^y^  i^i  c>Jl=='0  CsJii  ^JUi  JoJ!  «^  :^  ]ô\^ 
VjfJi^^.  Ib.  VI  p.  74,8  d'en  bas;  :^^Jî  u^^Lo  .iLï^j^J!  g^ 
^\.sé\^  idii  j.LXjti  oy  ^4^  vJjl^O^Î  :^}.c  .^Î^O^b^Sj  ^jSl\  J^  ^^L^T. 
^y^  ^j  L'^^  O-^'  U^^^  ^y^    :^y  ^^-j'    .3^«-»[5   J-*5  »7^3; 

suit  le  vers  cité  1641;  LA  sv. 

VoUers  donne  à  OjO  une  étymologie  persane,  adoptée 
aussi  par  Kazimirski  sv.,  et,  avec  quelque  doute,  aussi  par 
S.  Fraenkel  FW  p.  240  s.,  1640.  Le  Vocabulista  de  Schia- 
parelli  p.  99  a  io^o  et  'dS'^o,  scutum;  voir  Schwarzlose  Die 
Waflfen  der  Araber  p.  351  et  ss.  sur  les  boucliers. 

Si  le  verbe  OjO  a  existé  en  arabe,  on  n'a  pas  besoin  de 
recourir  au  persan,  et  l'on  peut  se  demander  si  «js^o  n'est 
pas    primitivement  OjO,    voir   sub  (j:^o.    L'étymologie   des 


764 

autres   mots,    ^^   et    iiài^>,    renferme   le    même   sens  de 
couvrir,  protéger;  v.  sub  jS\:>  et  ,_<h?^^- 

Les  armes  principales  des  anciens  Arabes  étaient  le  u*yj, 

vhv.,   avec  .les   flèches,   le   •wà-tv-*-  et    le    'f^A^,   sur  lesquelles 
I  Sîdah  a  de  longs  chapitres. 


*J^o 


t>)^o,  le  sens  fondamental  en  est  fouler,  calcavit,  trivit,  comme 
aussi  u^jO,  vhv.   et   "il.   Ce   sens  a  cependant  disparu  des 

parlers  de  l'Arabie;  il  n'est  conservé  que  dans  l'Algérien  éj'^, 
bourrer;  fouler  p.  e.  de  la  terre  meuble,  de  la  laine  en  mar- 
chant dessus,  Beaussier  sv.,  qui  donne  aussi  o^3^  J.  tiKo, 
faire  résonner  la  terre  sous  ses  pas,  ce  qui  n'est  que  fouler 
la  terre,  qui,  par  la  lourdeur  des  pas,  résonne;  piétiner, 
Cela  a  déjà  été  relevé  par  Buhl  dans  Ges.-Buhl  sv.  "l"!"!.  Cf. 
^  .o,  V.  Landesdorfer  SS.  p.  90.  Les  auti'es  sens,  connus  par 
les  dictionnaires  et  ceux  qui  suivent  ici,  peuvent  aussi,  en 
partie  du  moins,  venir  de  ce  sens  primaire  au  figuré. 
<èy3,  i,  u,  Hdr.  p.  74  et  ib.  Gl.  sv.,  atteindre,  rejoindre,  Hdr. 

p.  178,  L  Aussi  Nord:  ^LU  ^y^yX^.  ^  ^,  il  se  peut  qu'ils 

gagnent  Teaz^,  1649,1  =  ma  LB^A  p. 58,6,— ^toî/er,50z<femy,  Dt. 
liKo,  aider,  RD  Gl.  sv.;  propr.  faire  atteindre,  v.  Hdr.  p. 
178  n.  1  et  ma  LB 'A  p.  60  v.  8. 

liKoi,  être  à  même  de  faire;  obtenir,  Dt.  Zoheyr,  mon  édition 
p.  83,  2  d'en  bas.  Autre  sens  chez  Socin  Diw.  Gl.  sv. 

Nôldeke  dit  Beitrâge  I  p.  36  en  haut  que  „presque  tous 
les  dialectes  ont  aujourd'hui  tout  à  fait,  ou  presque,  perdu 
la  IV  classe  du  verbe".  Cela  n'est  pas  vrai,  car  il  y  a  dans 
les   dialectes   bédouins,   surtout   dans  le  Sud,   une  foule  de 

verbe  joèî  et  dont  j'ai  réuni  un  assez  grand  nombre.    Voir 


765 

ma  Festgabe  pp.  13,  15=  14, 11;  14, 19;  14,  33  et  la  critique 
de  Littmann   DLZ    1909   N°  49   col.   3099,   ainsi   que    ma 

LB'A  Gl.  sv.    y^dî. 

éjCsj,  s'engager  à  =  lX^jO',  Hdr.  p.  178,  n.  1.  Musil  o.  1.  p. 

389,  8  d'en  bas:ié)^:0  liJ^JsJu  ^:^'  ^^\  ,Lp,  le  jour  du  combat, 

nous  avons  recours  à  toi  pour  nous  couvrir.  Cf.  o.'^  et 
(_cJl\j,  vhvs. 

éj\o^,  se  donner  réciproquement  des  garanties,  Dt.  Même  sens 
dans  Zoheyr,  mon  édit.  p.  83,5  et  p.  100,8;  cf.  Nôldeke 
Fùnf  Mo'all  p.  27. 

^jO,  pi.  ép,  mur  pour  étayer  la  terrasse  et  le  (.^-w,  vhv.,  des 
champs,  chez  les  Banyar,  =  Di.  ^jô;  cf.  ici  p.  742,  2.  Est-ce 
que  le  turco-persan  tij.o,  poutre,  est  en  rapport  étymolo- 
gique avec  ce  mot  et  un  emprunt  à  l'arabe? 
ii).L>,  danger,  Dt.,  =  Jai>  du  Nord,  où  vil^o  a  aussi  le  sens 
de  grand  danger,  comme   la  faim,  la  mort  ou  le  ^J>,  GO 

d'un  ^Anazî.  eKo  A-As.  ^36\J>  J.^  ^.^.j"  'i,  ne  marche  pas 
dans  cette  route,  il  y  a  grand  danger  pour  toi,  ''Anazî  =  Dt. 
liLo  liU)^  ov,Jai!  ÎAP  (J^ -^/*.j  "i.  Un  malade  est  Ac^^  xSL=>  ^, 
au  chapitre  de  la  mort,  ou  eKi-Xi!  >,i>.:sr',  il  aura  bientôt  atteifit 
la  fin   de   sa  vie  et  il  est  ew  danger  de  mort.  Musil  o.  1.  p. 

390,  11  porte:  Wallâh  ma  uhalli  sâhebi*law  ad- 
darak  yilliaq  hfili,  mais  oia  il  faut  lire:  umâ  uhalli 
sâhebi  *la  wad-darak  yilhaq  hali  (=  ^p>)  vhv.,  mètre 
__w_  I  __w_  I  comme  la  plupart  de  ces  poésies),  et  je  n'aban- 
donnerai pas  mon  ami,  qiiand  même  la  mort  atteindrait  ma 
famille.  Musil  traduit:  und  sollte  der  Tod  7nich  ereile7i,  mais 
après  la  mort  il  faut  bien  se  séparer!  La  confusion  provient 
de   ce   qu'il   croit  avoir   entendu,  ou  qu'on  lui  a  écrit,  ^L> 


766 

au  lieu  de  ^  >  ^_^î,  vhv.  C'est  ainsi  qu'il  faut  à  chaque 
pas  corriger  les  textes  de  ce  „professeur  d'arabe".  Littmann 
NAVP  p.  83  d.l.  a  une  phrase  analogue:  wallâhi  ma 
bfût  swaihibi  *  lû-d-darak  yilhâgani,  par  Dieu,  je 
n'abandonnerai  pas  ma  petite  amie,  quand  même  le  malheur 
7n' atteindrait,  mais  il  faut  lire,  à  cause  du  mètre,  --^-  \  --^-, 
wallâhi  màb-fût-sàliibi  *  la ')  wad-daràk  yil-hàq 
hali  et  traduire:  je  7i' abandonnerai  pas  mon  ami,  quand 
même  le  malheur  atteindrait  les  miens,  où  hali<(i.5iî  rime 

avec  ""Alî;  e)^o  y  fut  expliqué  par  u-^La^-^i.  Rôssler  M  SOS 
III  p.  19  d.l.:  xJOj.  oj-^!  c:;yiî  i;î).jJt  i^l_i;,  il  vit  V épuise- 
ment (ou  plutôt  le  danger)  au  point  que  son  cou  se  cour- 
bait; ma  LB'A  p.  9,  4.  Ce  sont  là  des  expressions  des  ELadar 
et  des  Bedou  de  toute  la  Péninsule. 

éj^,  pressant,  urgent,  Dt.,  où  apparaît  le  sens  primaire. 
li)  o  Jsl.ii,  pressing  work,  Stace  p.  210;  cf.  Hdr.  p.  74/5.  — 


')  Il  n'est  pas  du  tout  rare  dans  les  poésies  anciennes  de  constater 

cette  dissolution  de  j-,  =  "^  vulg.,  eu  -_jJ.  Je  cite:  Hodeyl.  Koseg. 
N°  2  V.  14;  N°  41  v.  8;  ib.  Wellh.  N°  228  v.  2;  N°  242  v.  37;  N°  266 

V.  13,23,28  et  29  (mais  aussi  ^^î  ^  N°14S  v.  15;  N°  275  v.  18).  I  Qot- 
p.  527, 14  et  p.  545,  8.  Ahlw.  Samml.  1  N°  46  v.  4  et  7;  ib.  N°  49  v.  1. 

Delectus  Nôldeke  p.  110  où  aussi  ^^  y>;  id.  Beitrâge  z.  Arab.  Poésie 
p.  62  et  id.  Z.  Gr.  p.  63.  Haffner  AL  p.  86.  I  Sa'd  III,  ii  p.  136.  Su'arâ' 
en-N.   I   p.  234.    ZDMG   59  p.  639  =  Gawîilîqî  Hata^  p.  133,1.  Ôazîrah 

p.  184,5  où  D.  H.  MuUer  a  mis  à  tort  j.j!,et  beaucoup  d'autres  endroits 
que  je  pourrais  citer,  v.  p.  89.  La  poésie  populaire  procède  de  même.  3Î  est 
aussi  traité  de  la  même  façon:  Hodeyl.  Koseg.  p.  185  v.  27:  ^^^  3!; 


^0-2 


Sîrâfî,  Comment.  I  Yâis,  Jahn  1, 11  p.  45:  ^>*-j^*o\  3!.  En  cherchant 
bien,  on  trouvera  dans  la  littérature  classique  la  plupart  des  „licences" 
qui   distingue   la  poésie  populaire  et  par  conséquent,  la  langue  parlée. 


767 

Dangereux,  fém.  'i^'o.    li)  o  oLj.yî,  la  route  est  dangereuse. 

'^ p  ti)o".y>  J,  ^_c3  JwcLÔJt,   les  furoncles  qu'il  y  a  dans  ta 

nuque  sont  dangereux,  Dt. 

dvO,  ^ow^  de  suite,  ça  presse,  Bédouins  du  Yéman.  Stace  sv. 

once  p.  114,  =  ^^:s:il!  idlli"  ou  _^"  vhvs.  en  Dt.;  même  adverbe 

en  Algérie. 

dVj.ô,  le  gros  des  troupes,  1491,  3  d'en  bas.  Troupe  de  réserve. 

De  ^iLo,  rejoindre. 

„^  _ 

J..5,  a,  é;!re  fou,  Dt.  j.^o,  rendre  fou  (Dieu)  Dt. 
*.o,  e7re  rond  (pierre  et  toute  chose  à  forme  arrondie);  être 
potelée,  rondelette;  (femme)  Dt.,  694  n.;  Marçais  Gr.  Tl.  p. 
307.  Cf.  sub  Ljy  p.  742,  1.  —  j.Jo  en  'Oman,  imposer,  mettre 
un  impôt  vexatoire,  RO  p.  290,  6  d'en  bas;  avec  le  substantif 
&XJ.O,  ib.  Nous  disons  aussi  roider  qn. 

j.'o1,  fém.  iLo^ô,  rond,  arrondi,  se  dit  aussi  bien  d'une  forme 
humaine,  p.  e.  le  bras,  la  poitrine,  etc.,  que  des  objets.  Hodeyl. 
Wellh.   ]Sΰ  264  v.  15:  Lfi-iî^.^  ^Jo.    ^U^o  j^^->,  une  pierre 

lisse  et  arrondie  par  les  eaux;  pi.  j.^o  ^L:fi-.=>.  ^p\  -r_5'->b, 
petite  courge  arrondie,  vhv.  Ce  sens  est  aussi  classique.  Le 
sh.  a  efidrîm,  talo7i,  Bittner  sh.  I  p.  32.  Le  premier  sens 
n'a  aucune  attache  dans  la  lurah,  et  je  n'en  connais  pas  la 
provenance  à  moins  que  ce  soit  un  dénom.  de  qj^^  vhv.  < 
*j.o,  renard,  vhv.  et  sub  ^-^j^  et  k^. 

^^j\a,  fou,  =  ^_jyw  Dt.  —  Le  classique  ^Jo,  i,  courir  à  petits 
pas,  I  Sîdah  VIII  p.  77,  n'existe  pas  dans  nos  dialectes, 
mais  j'ai  entendu  ,.^^0  dans  ce  sens,  vhv.  et  dans  le  Nord 
^y  vhv. 


768 


^^.o,  marcher  à  petits  pas,  à  pas  lourds,  comme  un  vieil- 
lard. C'est  un  accouplement  de  -  ,0  et  ^^o  vhv.  Ruzicka 
0.1.  p.  32  >  ^0.0  ib.  p.  81.  Cf.  les  classiques  ..^^ô,  iiL-»j>  et 
dUy,  I  Sîdah  VIII  p.  77. 

,-va  o,  raser  la  tête,  Dâhir,  Hdr.  p.  495  en  bas.  Ruzicka,  o.l. 

p.  84,  y  voit  une  dissimilation  de  rs^ô^  LA  sv.,  synonyme 

de  ^jo,  de  --00,  de  .^xj.o  et  de  ^j>,  LA  III  p.  260  en  bas. 
C'est  donc  propr.  baisser  la  tête  ou  le  dos,  selon  la  remarque 
très  juste  de  Ruzicka.  Toujours  faut-il  expliquer  le  pourquoi 
des  lettres  intercalées  v_j,   .  et  o;  voir  ici  sub  ^^. 


^)^ 


j^.u>,  être  sali,  n'est  pas  connu  dans  le  Sud,  qui  dit  (j/^.o,  vhv. 
*J.o,  pi.  Q^o  >  ^^.o,  tas  de  blé  non  dépiqué,  1695.  Cf.  j..ovliv. 
^^j.L>,  renard,  Yeman;  Stace  p.  69  écrit  ^^.y>,  fox;  cf.  Jwoti 
vhv.   .J'ai  entendu   drîn.   C'est  le  drîm  de  Manzoni,  694. 

La  lurah  connaît  q'^o,  I  Sîdah  VIII  p.  76,2;  Qâm.  sv.  et 
T  A.  Dozy  a  ^j^o  de  l'Algérie. 

^  o£  0.5  o  > 

j^.oî,   pi.   ^L;  o  et  Q^o,    qui   entend  dur.    C'est    moins   que 
/i,  vhv. 


Tisô 


«.O,  a,  j?OMer  du  chalumeau  ou  de  ?a  flûte,  Dt.  =  l-î, >3  en  Hdr., 

Hdr.  p.  139  n.  —  ».o  classique  =  Ko,  1221  note;  I  Sîdah  XIII 
p.  274,  5  d'en  bas. 

a.b,  pi.  5L0,  joueur  de  chalumeau  ou  de  flilte. 

»!.i.X-<,    chalumeau,   -flûte.    En    annexion,    ^\.~\-a,   ma   flûte. 


769 

8.ît\-»J!  J,  s'lX-j  s.LvJ!,   le  joueur  joue  du  chalumeau  =  B.(\r. 

oî.jvlî  j.  û.io,  Hdr.  p.  138  en  bas,  Arabica  III  p.  21.  On 
dit  aussi   sLjU!  ^^,  mais  toujours  st^iAil  j.  »^j.  Le  »!^Joo 

est   d'un   seul   roseau,   tandis  que  le  J^y>  est  un  chalumeau 

double  à  cinq  ^rows,  y^,  à  chaque  phalange^  *^^^j  du  roseau. 
Je  ne  sais  d'oia  vient   ce  sens.   Il   y  a  peut-être  affinité 

radicale  entre  ^jC>  et  s.o.   Ce  »  o  est-il  dénorainatif  le  «t^vA.*, 

qui  serait  au  fig.  comme  j.yîJ!   x^lX-^  =  ^U-xix>5  p^r*-''  [*~^ 

^u^  ^li^\^  et  ^yiJ!  ^^LvJ,  LA  sv.  et  I  Sîdah  XIII  p.  274 

en  bas.  Kazimirski  donne  même  pour  a^o  parler,  mais  je  ne 

sais  d'où  il  a  pris  cela,  et  l^o,  savoir,  ce  qui  est  pour  ,^^o  vhv. 

j^P.o,  marcher  à  pas  précipités;  c'est  marcher  vite,  mais  non 
courir.  Verbe  inconnu  dans  le  Sud,  mais  courant  dans  le 
Nord.  Il  se  rencontre  souvent  dans  mon  recueil  de  poésies  d'el- 
Qasîm,  ma  Langue  des  Bédouins  "Anazeh  Gl.  sv,  Socin  Diw.  I 
p.  206  n.  11  le  traduit  par  trotter  et  note  ad  1.:  -fj^.  J>^^î 

»  Lxj!  ^^Oj  ^^\  ^J^  j*p>\  ,.lJ5  vAJ!  .    C'est  absolument  la  même 

définition   que   m'en   ont   donnée  les  Negdites.  Outre  c^-^y, 

qui  est  lïnfinitif,  il  y  a  aussi  le  substantif   iU^^o,   marche 

un  peu  vive,  petit  trot.  Musil  o.l.  p.  354,8:  q-^^;^  U»  .aï  (Jj: 

^^^j^ Jyy^^'  (*"^y-5  *  li"-;^''  <^ui(^'^^i  QM^  trottinent  les  cha- 

mélons  et  que  V avare  fait  la  moue ...  tu  es  le  bienvenu  ! 
Traduction  de  Musil,  peu  exacte.  C'est  un  élaigissement  de 
J..O,  vhv.,  mais  je  ne  trouve  pas  la  provenance  de  la  lettre 
épenthétique  «. 

Le    classique  ^ju^\  vi>.?.o,   les  feuilles  de  la  guimauve 

49 


770 

sont  devenues  rondes,  déjà  dans  LA  XV  p.  90  en  haut,  TA 
et  Lane,  et  qu'on  explique  par  fj^^^  JL<^!  J^  j.*^  o^'a:^!, 

me  paraît  plutôt  venir  de  p.o  vhv.  et  non  de  ^^o,  drachme, 

ce  qui  est  une  étyraologie  populaire,  acceptée  par  les  grosses 
légumes  de  la  philologie  arabe. 

-         «  ■^        ■> 

jCjO:  J-Lo  (ji.î,  est-ce  que  je  le  sais,  moi!  731  n.  =;  Syr.  ^J-sf^  _^ , 

Pr.  et  Dict.  p.  411  =  dLo  L>,  qu'est-ce  que  tu  (en)  sais,  toi! 

Dans  tout  le  Sud.  Comme  à  Bagdad:  jiU  ^c^wV-Jl  ^fj^jt^  u^î 

cUxJî,  qu'est-ce  qui  a  fait  comprendre  au  bédouin  ce  que 
c'est  que  de  manger  de  la  m.enthe,  Yahuda,  0.  S.  Nôldeke  I 
p.  403;    voir  731   n.   —   Dans    le   Lieb.    v.    Amasia  p.  16: 

û 

^    JL>o  j^  («>^^  xi^U:  iXL>  ^àJUi  ne  veut  pas  dire  :    ich  bin 

heute,  ich  loeiss  nicht  loarum,  verdriesslich,  mais^'e  me  sens 
fâchée,  et  qui  sait  ce  qui  va  m'arriver;  bien  traduit  ib.  p. 
94,  4.    On   pourra   comparer  l'hébr.  i^liç,  pourquoi"?  Feghali 

p.  5  en  bas  dit  bien  que  le  syrien  medri  (môdre),  je  ne 
sais,  provient  de  m  â  +  'â  d  r  I,  je  ne  sais  pas,  mais  je  prétends 
que  ce  n'est  pas  toujours   cela,   car  dans   es   medrîk,   es 

m  e  d  r  î  n  u   le   verbe   doit    être  (^.o! .  Avec  le  temps  medri, 

<  ^oî  L,   est  devenu  une  simple  particule,  comme  dans  la 

phrase  rapportée  par  Feghali  p.  5  n.  Ti:  môdre  man  ') 
kân  "énna,  je  ne  sais  pas  qui  était  chez  nous,  pour  désigner 
qqc.  d'incertain.  Emta  bëyîgi  abùk?  Rép. :  medri  bë 
yîgi  el-yôm   wila  bukra,  qui  sait,  arrivera-t-il  aujour- 


')  Obs.  ici  man,  que  l'auteur  dit,  ib.  p.  Tli,  être  prononcé  à  Kfar 
'^Abîda  mon,  man,  în.  Mais  man  existe  encore  chez  les  "^Anazeh, 
ma  LB'A  pp.  58,8,  27;  59,25. 


771 

cVhui  ou  demain,  Syrie,  =  Dt.   weés   darafini,  ba  yigî' 

el-yôm  wila   (willa)   bâkir.   ^y!   dans  <Sy^\  Le,  731  n. 

liLj  lLj  L,  ib.;  .5-L;J^  ui-l,  731,3.   De  Goeje  dans  BGA  IV 

Gloss.  sv.,  (j:.o- —  ^.b:  xJLj.b  =  *.xJb,  jf'e  l'ai  cajolé,  1768; 
I  SIdah  XII  p.  158  y  ajoute  iOix^b.  RO  p.  123,6  d'en  bas: 
d  à  r  ê  t   m  i  n  n  0 ,  je  me  sens  gêné  devait  lui.    Sur  le  mehri 

hederû,  voir  sub  t_cj>3,  où  aussi  ,^^0,  vanner. 


"j^ 


30,  i,  u  ;  sens  primaire,  pousser  dans,  fourrer,  glisser  dedans, 

=  (j«o  et  J'!'^^,  vhv.  Ce  thème  apportant  aux  parlers  du  Nord, 
du  Levant  et  de  l'Afrique.  Socin  Div.  Gl.  sv.  En  Dt.,  je  ne  con- 
nais que  sa  variation  phonétique  jj',  intriguer  en  cachette.  y:> 
_..^iL)  isjt>./o!,  il  fourra  son  doigt  dans  la  plaie.  J,  vL^i  ^jr^  j^ 
aJcs^t,  flcJie  la  huche  de  bois  dans  l'âtre,  fais  entrer.  yjJ!  jo 
^  JJb,  penem  in  vulvam  adegit,  presque  même  phrase  dans 
el-QlEâ""  p.  81:  L^.w/  ^  yj!  (j^l^  u*L>.  i^-oaxJ  ..^jjCIî  jj>,  serre 

les  livres,  les  uns  aux  autres.  =  j-î.  Ce  sont  là  des  exemples 
de   Syrie.    Le   verbe  renferme   l'idée  de   force.  Musil  0. 1.  p. 

407  V.  35:  ^jy>^^  ^j  d^^^^  ,>j"^î  '5]^  ^I^i  ^50'    les  B.  'A. 

poussèrent  devant  eux  les  chameaux,  lau  point  que  les  cha- 
melles avortèrent  (toute  cette  qasîdah  est  fort  mal  transmise 
et  notée,  mais  je  renonce  à  la  corriger  ici). 

Envoyer  secrètement,  819,  6   d'en   bas,  =  ^^o,   vhv.  J^^ 

(j^LbyJ  UJ,  to  lettre  arriva  et  l'envoyé  la  remit  entre  les  mains 
du  éêh.    Or,  celui-ci   ne  savait  pas  lire  et  il  fit  7na?ider  les 


772 

notables  qui  arrivèrent  et  demandèrent:  ,, Qu'est-ce  quHl  y  a? 
Tu  as  envoyé  nous  chercher  (hast  nach  uns  gesandt)".  Le 
pacha   répondit:    ,,Le  séh  nous  a  envoyé  une  lettre'",  et  la 

suite  se  trouve  sub  icïî^  p.  521,  récit  de  Haurân.  MSOS  V  p. 
100,  6  (Meissner)  :  sU  c>^  ^\J^  j^^J  ^-^J^^  *^ows  allons  donc 
lui  envoyer  sa  cousine;  ib.  p.  100,  17:  *j  î^jo^  ^j^-a-j^-^Jî  ^'Jait 
vj!  J  K/«y>  oi,  ï7  leur  donna  l  anneau  qu  ils  envoyèrent  par 
une  femme  à,  etc.  MSOS  VI  p.  92  N°  4  v.  2  oîi  jo  =  0,5, 

envoyer;  ib.  p.  106  N°  28  v.  1  oîi  jo  =  jJij,  vhv.  envoyer. 
Meissner  NAGJ  Gl.  sv..  Festschrift  Hommel  II  p.  240  v. 
5,  4 :  30,  envoyer.  Les  Bédouins  de  Syrie  disent  ^,  envoyer ., 

vhv.  et  ;o  est  plutôt  du  parler  haurânien  et  de  la  Méso. 
potamie,   Weissbach  Irak-Arab.   p.  207,  N°  176.   —  Sachau 

AYLM  p.  23  N°  XVII  v.  2  et  p.  41,  qui  y  dit  que  J.o, 
envoyer^   est   courant  en   Mésopotamie,   mais  il   croit  avoir 

entendu  jo,   dont   il   donne   des  exemples.  Musil  0. 1.  p.  406 

•  V.  8.  Stumme  Gr.  Tun.  Gl.  sv.  dit  que  jj>  est  à  Tunis  le 
mot  ordinaire  pour  pousser  [stossen]  et  envoyer;  id.  TTBL 
Gl.  sv.,  envoyer  et  attaquer,  >  ^jC>,  envoyer,  Dalman  PD  p. 
346,  7,  8  =  socin  Diw.  I  p.  64  v.  13  qui  porte  h  ad  et. 

Un  élargissement  de  V~j^  est  ^jj> .    LA   V  p.  370 :    ^^^-^^ 
=  «.-0  et  »Mù.  Vollers  ZDMG  50  p.  333  doute  de  l'origine 

arabe  de  ce  verbe  ^jo,  mais  I  el-A'^râbî  dit  que  .yJÔ)  est  = 

,<iÂit,  LAsv.  oîi:  A:>[5  j^»^  »Mù*)  s^oj  s.jo  jLfij.  Vollers  a 

tort   de  rejeter  l'identité  de  30  et  (j«j,  ib.,  déjà   établie  par 

Stumme,  0. 1.  Gl.  sv.  Dans  les  dialectes,  30  est  =  ^^<>,  et 
alors  aussi  ,jO  =  ^o,  pousser.  Ces  deux  verbes  me  furent  tou- 
jours expliqués  l'un  par  l'autre.  Voir  Beaussier.  Dans  le  dialecte 


773 

de  la  Sâvvia,  au  Maroc,  il  y  a  jb,  passer,  vJjyJI  ^}s^  o;o, 
f  ai  passé  par  le  marché,  KMGr  p.  40  d.  1.,  o^i'jb,  le  temps 

a  passé,  ib.  p.  116,3  d'en  bas,  ib.  p.  46,  2  d'en  bas,  et  j^o, 
faire  passer,  laisser  passer;  approuver,  ib.  pp.  68,  4  et  8 
d'en  bas;  67,4;  107,5  d'en  bas.  Mais  c'est  là  pour  jL^  avec 

passage  fréquent  de  „  à  o,  comme  fj^:>  et  y^o,  voir  sub  ^. 

Cl'  Cl/ 

jo  ne  figure  pas  dans  les  dictionnaires  de  la  lurah,  mais  ce 
thème  est  fort  répandu  dans  les  dialectes,  comme  nous 
venons  de  le  voir.  Un  "dérivé,  outre  les  verbes  j.o  et  :b, 
u,   déjà   cités,   sont,  dans  le  lurah  j=>j>  et  jco  =  «o  dans  le 

sens  spécial  de  j-<b»,  coïter,  avec  sa  métathèse  ojc  >  j^^^sj^, 
même  sens,  v.  LA  shvs. 

(J/.JI,  i,  u,  est  très  bien  et  largement  illustré  par  Dozy,  ="3-3 
vhv.  Nôldeke  ZDMG  54  p.  156.  Il  y  a  deux  nuances  qui  se  sont 

développées  de  la  racine  ^J^o,  qui  originairement  veut  dire 
he  put  it  in,  inserted  it,  with  force,  he  thrust 
it  in,  Lane  sv.,  pousser  dedans,  faire  glisser  dedans,  fourrer 
dedans.  Ce  sens  est  encore  vivant  dans  tous  les  dialectes. 
Cela  a  donné  la  seconde  nuance  de  cacher,  envoyer  en  ca- 
chette, faire  parvenir  quelque  chose,  communication  ou  objet, 
secrètement. 

V~,j^o  a  donné  ^j-^o,  vhv.,  et  ^-^'^-,  vhv.,  pousser,  comme 
son  synonyme.  K~v_jj>  a  donné,  yo  et  wo,  pousser.  Autres 

exemples  de  l/~^s  +  r  sub  (j«aj.  Pourra-t-on  ranger  ^^  (j/.3^ 
i^^\=:^^,   LA   sv.,   sous  cette  racine?  C'est  sans  doute 

une  métathèse  de  V   tj^*)C>,  vhv.  —  tj^>.jsU!  ^3,  J-^:22  |^o,   ils 

flanquèrent   Fa<ll  en  prison,   Dt.  p^y*^^  à>  liW^  l'*'-^>  fourre 

ton  doigt  dans  la  bague,  Dt.  ^^j^\  ^  L-f^^^  pj"^-  ^r^;   ^^ 


774 

vola  l'argent  et  le  fourra  {cacha)  dans  la  terre,  Dt.,  ce  qui 
rappelle  le  Qor.  16,61:  v^r^'  i-  ^^-  I  el-Qût.  p.  287: 
Lj-o  *-A_^  lP;"^'  i5  ^(^c^^  u*'^-  ï^abah  p.  29:  o.lXjOoj!  |^b> 
JUÎ  c>vJ  j-  ^y^^f  on  apporta  les  bagages  {?  =  la  caisse),  on 
les  plaça  dans  le  trésor.  Au  Waddây,  c'est  le  verbe  courant 
pour  placer,  mettre,  introduire,  selon  Carbou  pp.  90  et  197. 

sûUljlXj'  j,  ^j'A:>!j  uWc  v.l:^>uwj>  'j)  Î3  J^',  avayit  cela,  j'ai  mis 
quelques  captifs  en  prison,  ib.  p.  102.  J.  byji-Ls^'l  c;,..-.j-w>->  ij) 
iJLP  et  y,  ye  ^?a'  «z  mis  les  fers  aux  pieds,  ib.  p.  104,  2.  (j/.o 
_jj>L:^î  j.,  enchaîner,  ib.  p.  244.  ïc^aIJ!  J.  l>3I-^  (_/.^,  charger 
le  fusil,  ib,  p.  239. 

Fourrer   dans,  cacher.  Cf.  ^^î|,  cacher.  ^yj>^  -Ljè^it  ;,i:ax.wo 

(j^Lbii!,  tu  as  fourré  la  lettre  parmi  les  papiers  Dt.  xJC-^-o 
(j^AolI!  ^,  Je  ra2  cac/ze  à  l'abri  des  voleurs  RO  p.  105,  16 
d'en  bas.  Comme  Boh.  VII  p.  69  (^  jro-  J^î  ^y^  ^_,.1j)  c>^yi>S 

(3;o  c>^'  »'^^^^  ^^*^^i*^  i*.:5^J!  ^i:/^  'ui  ]  its>  :  c>o>r=>t  ^'  . . .  LotJJt 

ce  que  Hondas  traduit  III  p.  656  un  peu  librement  par  „elle 
attacha  ces  pains  sous  mon  vêtement",  tandis  qu'el-Qastallânî 

VIII  p.  213  explique  Ki^c>  par  s^Lj  iOLJL>o!;  c'est  là  aussi 

l'idée  dans  (j^o,  cacher,  et  en  cela  il  diffère  de  \-*-=>  C^^^^). 
Jayakar  RAS  XXI  p.  678:  to  hide. 

Envoyer  secrètement.  iJi^Xlo  el  c:aa>.«'3,  je  lui  ai  envoyé  secrè- 
tement un  messager  Dt.  Dans  le  Sud,  ce  n'est  pas  simple- 
ment envoyer,  ni  chez  les  ""Anazeh  non  plus,  oii  ce  verbe  est 

très  courant:  envoyer  en  cachette,  ^j-j^isl)  |^-AvAi  .ww-^J!  ,^^ 
c;/j-Jt  i-^-jj:»  (jr^i  '^j^  [J^j  le  7natin,  les  hôtes  envoyèrent  un 
message  au  jeune  homme   qui  voidait  avoir  la  fille,    31,  6; 


775 

cf.    197    n.    4.   Hamâsah   p.    219   v.    2:    ^  ÙJé  i^o,   27s 

envoyèrent  secrètement  un  de  leurs  cavaliers,  ce  qui  n'est 
nullement  un  démoninatif  de  (j«j.*wto,  comme  le  dit  le  com- 
mentateur. K.  el-Ar.  V p.  35, 2 d'en  bas:  iC*a<  »s*.a  U)oL=>  ^^^!  (j*,j, 

il  m'envoya  secrètement  un  valet  'porteur  d'un  billet.  En  Mé- 
sopotamie, c'est  envoyer  en  général,  à  ce  qu'il  paraît,  sans 
l'idée  de  cacher.,  d'après  Sachau  AVLM  p.  41. 

Le  qorânque  L^lIo,  S.  91,9,10,  est  par  Schulthess,  ZA 
26  p.  148  et  ss.,  expliqué  comme  étant  pour  L^o,  à  cause 
de  la  rime  avec  le  précédent  L^LSj,  et  traduit  par  qui  la 
cache.  Un  verbe  ^u^^y  existe  bien  dans  la  lurah,  tromper,  = 
(j^o,  ou  cacher  ce  qu'on  possède,  voirLane,  mais  il  me  paraît  plus 
juste  d'y  voir  une  variation  de  ij^c>,  employée  par  l'archange 

Gabriel  pour  faire  la  rime,  à  l'instar  de  ^'s  >  ^_J'^^,\'^  >  ^h, 
et  jJi>  >  ^Jlh  >  ^Jûto  vhvs.  On  aurait  tort,  selon  moi,  de  ne  pas 
admettre  que  ^Iju  &U)  n'employât  pas  souvent  le  dialecte  vul- 
gaire, qui  figure  si  abondamment  dans  le  Livre  qu'il  a  fait 
descendre  du  Ciel  et  mis  dans  la  bouche  de  son  halîfah! 
Donner  en  cachette,  fourrer  dans  la  main.  Béd,  Syrie; 
Hdr.  p.  126  n. 

Toucher,  tâter,  =  (j*>.->,  Pr.  et  Dict.  p.  248.  Musil  o.  1.  p. 
289,  12  d'en  bas  et  p.  288,  18,  oià  il  y  a  son  synonyme 
;j-.w>,  qui  paraît  être  la  forme  primaire.  Cf.  Arabica  V  p. 
124,  où  il  y  a  ^j/^.^  et  (j/.o  qu'il  faut  traduire  par  toucher. 
Cf.  LA  VII  p.  386,  1:   ;j.-Jl:5^lj  \.a_^  ^j*>.x*«jOI  et  ^j*wl_m.o>, 

fj^_yJc:>  =  ,j,^^M,ô ,  (j«^b,  espion,  ZA  26  p.  156  n.  3. 
Espio7mer,  intriguer,  faire  des  ^j^Lwo,  intrigues,  partout 


776 

courant  en  Arabie.  Cf.  jJ  et  ;o,  vhvs.  Je  ne  saurais  décider 
si  l'origine  sémasiologique  doit  être  attribuée  à  fourrer 
dans^  cacher,  ou  bien  à  tàter.  Nous  disons  également  au 
figuré  fourrer  son  nez  dans  et  tâter  le  terrain. 

,j«wwo,  intens.  de  la  I",  intriguer  en  cachette.  RD  I  p.  55 
N°  18  rapporte  une  petite  poésie  qu'il  faut  reconstituer, 
ainsi  chantée: 

dis-sâ-se-la'-gam  fo-dâ3''eh  (fadîhah?) 
min  kal  "alar-bî'^eh  raë-lûma 
Cacher  les  noyaux  de  dattes  est  une  ignominie: 
Celui  qui  mange  (=  nuit)  au  détriment  de  son  ami  {allié, 

prochain).,  encourt  le  blâme. 

Rhodokanakis  écrit  disâs  qu'il  considère,  Gl.  sv.,  comme 

infinitif  de   la  première,  tandis  que  c'est  l'infinitif  JLij,  de 

la  II",  ce  qui  ressort  clairement  du  mètre  ragaz  (irrégulier), 

cf.  535  ss.  Cf.  le  classique  ^ç^J>,  tromper  p.  775,  11. 

(j^lXjî,  être  fourré  dans;  être  caché,  Dt.  RO  p.  103, 18  d'en 

bas:  ^,^^[5  (j*l\j^  ^^^l^  L-ii,  derrière  la  porte  quelqu'un  est 

caché.  Ib.  p.  272,5:  (_y.C>JJS  c>Jl=^<->,    elle    entra   et   se  cacha. 

Ib.  p.  315,3:  U-aJLc  ^s^  L05  (j/,L\.jt  .^Lij'  v^^o!,  tu  te  blottiras 
et  cache-toi  et  ne  te  montre  pas  devant  nous.  Ib.  p.  321  d.  1.: 

j.^.  (j^-I/  ti)LL^  î^-wl\J!,   ils  y  étaient  cachés  quelques  jours. 

Rôssler   M  S  OS   I   p.  70,3   d'en    bas;   ib.   p.  71,12:    oo^ 

^^IXa  ^  (,:>ouwu\j|5 ,  fai  pris  la  fuite  et  je  me  suis  tenu  caché 
dans  un  endroit.  Ce  sont  là  des  expressions  courantes  en  Dt. 

(j«j>,  un  recoin  obscur  dans  la  maison,  HB  p.  286. 
,j.«.j^<3,  espion,  partout  courant.  —  Screivdriver,  Stace  p.  150. 

o_A«o,   grand  chaudron  en  cuivre,   749   et  n.  2  =  u;.^-v«o, 


777 
749.   Sur  l'étymologie,  voir  Cher  el-Alfàz  el-fârisîyah  p.  63. 


yMtÙ 

y^j>,  u,  heurter,  frapper  avec  force^  plus  fort  que  ^  vhv.  — 
Donner  un   coup,   un   heurt  avec   n'importe   quoi,  1714.  — 

Jeter,  avec  v  Cf.  ,30  =  «o  p.  401,  11  d'en  bas,  (j^et  ^*vO, 
vhvs. ;  LA  sv.  EI-Araâlî  d'el-Qâlî  p.  23:  ^-io  _^-^o,  et  ib. 
y<uJi  »,»v.L>  i^ji:  jj>  f^^U  l'ambre  gris  est  ime  chose  que  la 
mer  rejette  = 'Qoh.  II  p.  129  {y^\  ^^  rr^"^-  ^  ^'^^  ^^^^ 
l'explication   marginale:  ^o  ^^^3  wéj»  ^5!,  1714.  ""Aggâg,  éd. 

Bittner  p.  12:  î^_^o  ïl—wlX-j  .^i^^Jlj  8^.«.j>  JUijj  ,i;^a^\    -^<Js]\. 

Cela  est  aussi  bon  en  datînois.    KSy*,c>  bî,  ^î^aJ!  ^_^  l_jJ>  jP 

iyaîiL. ,  il  m'a  chipé  l'argent,  mais  je  l'ai  rossé  avec  le  bâto7i, 
1714.  Métathèse:  {j^jà,  sus  obscène. 

^_^fo=^b,  dràngen,  schieheji,  presser,  pousser,  RO  §  293 

en  bas.  —  ^cy^^o,  chameau  grand  et  fort  =  J3L.  J^4.=>,   1600; 

1714;    pi.  ^\^o   158   v.  12;   1714.  Hafifner  AL  p.  119,7.  I 

Sîdah  XVI  p.  165,  13,   oià  l'on  trouvera  d'autres  mots  sur 

^y>  se  rapportant  à  la  îLïli.  Etymologie  persane  chez  Cher 
0.1.  p.  64,  mais  I  Sîdah  VII  p.  57,11  dit  d'après  el-Fârisî: 

«-wo,  repousser,  mais  ce  sens  n'est  pas  généralement  connu 
en  Dt.,  oii  c'est  déborder,  =  cl.  Ji-M,^.  V~ij^^  >  ^o  par 
contamination  avec  son  synonyme  V~ç.^>;  voir  sub  cJ»,  u**.£0, 
^:>  et  ^o.   En   ''Oman,   j-*«o,  a,  est  tousser  RO  pp.  144,3; 

325,9  d'en  bas,  inf,  j-**-^,  ib.  p.  46,8,  et  class.  vomir,  cf. 

l'allem.   aufstossen.  Comparer  lL>  >  «-^io  et  LL:p"  roter  > 

vulg.  (_5'i:A:)">^LXi',  ro^er,  comme  V~^J^:>-  a  donné  l/'^tjù.o  vhvs. 


778 

^j,  =  o^^  boucher,  fermer,  Dt.  C'est  bien  un  élargissement 
de   V'~^^,   mais   ce  ^j^j>  est   une   raétathèse   de  V~^-^, 

Nous  avons  donc:  V~,j^c>  <  V~c>^  +  r  "^  r'-^^  ^^^'  -^  (*^^' 
la  troisième  lettre  peut  provenir  de  V~^^,  boucher,  comme 

tant  de  ^  >  j«jc,  tels  que  ^  et  j.j:>;  j=>  et  ^j:>;  ^o  et  *ïj>; 

é^  et  jj'o;  j^  et  ^jy,   J^  et  j.yi,  cf.  Jyi  vhv.,  u^^  et  jwo^; 

^  et  j.y;  l\5>  et  -u>^?  et  quantité  d'autres,  317  n.  2,  1387  et 
n.  1   et  ici  shvs.   et  sub  j*^=o.   Une  variation  classique  de 

J.LX-VW  est  |*lu«,  boucher,  fermer,  que  je  ne  connais  dialectale- 
ment  dans  le  Nord  que  comme  jJîaj.,  à  cause  du  h,  1221  n. 

S'effacer  (trace,  chemin)  1221  n.,  =  ^J*w*L.  ib.  —  ^Csjs  et 
\_jt,   se  frotter  avec  un  onguent,  Dt.  Cf.  sa  métathèse 


classique  et  synonyme  (j^^J^J". 

Une  autre  métathèse  pourrait  bien  être  u\_f*,  fumer  la 
terre,  vhv.  qui  est  encore  courant  en  ''Oman,  RO  §  262  et 
p.  402  N°  52,  car  la  ]/~c\_f^  veut  dire  tout  autre  chose. 
Nous   disons  aussi  engraisser  la  terre,  <  graisse,  et  engrais, 

oLt-vw  =  jJLjmC)  et  ,..k/CL>. 

^j>,  graisse,  1470  en  bas.  * 

j.L;wL>,   fumier,   Dt.  —  ^L-wJ',  bouchon,  tampon  Dt.  =  oîA-a^; 

LA  XV  p.  90,  17,23. 

JUa«o,  pièce  d'étoffe  dont  on  fait  le  turban,  156,3";  804,  qui 

est  pour  les   sultans  en  soie  bariolée  des  Indes.  Arabica  V 
Gl.   sv.;   RO  §  81    N°  2:   fichu   de  tête  pour  les  femmes,^ 

JojCL.  V.  d.  Berg  Le  Hadhr.  p.  99.  RD  Gl.  sv.  A  Tripoh, 
on  dit  JU-Lw.j,  voile  pour  le  visage,  Stumrae  MGT  p.  256 


779 

§  105,  ce  qui  est  plus  proche  de  son  origine  persane:  JUllS, 
mouchoir  =  fichu.  Avec  le  ^Lé-wi3  on  fait  le  turban,  iC«Uc  (iciUs 
des  noms  d'instrument  et  JU-wO  est  sans  doute  sous  l'influence 
du  paradigme  JL*s) .  Souvent  jU-wO  est,  par  métonymie,  = 
iC^Uc.  Cf.  le  persan  .Ulo,  turban.  Soqot:  di'smal.  Au  Wad- 

dày,  on  l'appelle  J^-<iAJ,  Carbou  p.  199.  Dans  le  Sud,  on 
laisse  toujours  le  bout  tomber  sur  l'épaule  gauche  ou  derrière 
l'épaule.  Ce  bout  pendant  s'appelle  en  Dt.  et  dans  ed-Dâhir 
Xjl\c,  chez  les  Madhig  et  à  Habbân,  iC:^o:£,  vhvs.  On  laisse 
également  tomber  le  bout  du  JL^aï,  >JL2i,  courroie  en  cuir 
tressé  avec  laquelle  on  lie  les  cheveux  pour  faire  la  coiffure 
dite  icJLAiJj  ou   ^Jl^^jj,  Dt.  Dâhir,  Banyar,  =  iCâjCc,  Hârib  et 

Wâhidi,  ainsi  qu'on  pourra  le  voir  sur  la  planche  1310  et 
sur  le  portrait  ci-jointe  du  seyyid  Habib  Mo  h.  el-Had- 
diid  d'AnsÂb.  On  pourra  aussi  y  constater  comment  est 
habillé  dans  le  Sud  un  notable  indigène. 

Cette  manière  de  laisser  tomber  le  bout,  muni  de  franges, 
Joo,  du  dis  mal  doit  remonter  à  une  haute  antiquité.  Le 
Prophète  portait  ainsi  souvent  son  turban.  Dans  le  3oL*.vJ!  Jo^ 
de  l'auteur  du  Qâmoûs,  Caire  1295,  p.  87  d.  1.,  nous  Hsons: 

wlXc  ^  ^.vvvJj.  TA  I  p.  369  en  bas:  JJca«  Lo  iLxUjtJ!  ^^3 
LpL^  ,^^-^.àJcXJî  Q-*-j,  cf.  Lane  p.  1982  b;  avec  le  dénominatif 
v_j^;ccî  =  L^.a>L>  ^J^  ^^yjL^jKc  iwoL*-*)]  Jy.A«j"  ^^!;  Qâm.  sv.Les 
hommes   sur  la   planche  dans   les   Merveilles  de  l'Inde,  éd. 


')  LA  II  p.  74,7  d'en  bas:  m^  ^i^  ^  '^^j  vhv. 


780 

V.  d.  Lith  p.  167,  portent  aussi  cette  iuj^  qui  descend  der- 
rière l'épaule.  Dans  le  Nord,  et  dans  le  Levant,  j'ai  plus 
rarement  constaté  cette  pratique  aussi  strictement  observée 
que  dans  le  Sud,  où  elle  est  généralement  suivie.  W.  Max 
Mûllêr  OLZ  1910  N°  10  p.  426  parle  des  bouts  qui  tom- 
bent du  fichu  que  les  rois  d'Abyssinie  portaient  sur  la  tête 
et  il  y  voit  l'ancien  insigne  de  la  dignité  royale.  Il  compare 
cette  coiffure  ou  ce  bandeau  royal  avec  celui  que  portent  les 
rois  du  royaume  de  Napata  et  de  Meroë  sur  les  monuments 
de  la  Nubie  et  de  l'Egypte.  Les  deux  bouts  pendants  cor- 
respondent exactement  au  costume  royal  axumite.  Cette 
pratique  serait  originaire  de  la  Nubie.  Le  Prophète  l'aurait-il 
imitée  ou  bien  était-elle  déjà  préislamique?  Un  autre,  plus 
jeune  que  moi,  se  donnera  bien  la  peine  de  recherher  l'ori- 
gine de  cette  ioJs^  arabe,  qui  doit  être  un  reste  des  coiffures 
anciennes  d'après  ce  que  j'ai  pu  entrevoir. 

J^o!  <  J^4-wlXj1  <  J^.«-w3j",  se  mettre  ou  porter  le  d  i  s  m  â  1 , 

685,6.  Comme  ce  dismûl  joue  un  grand  rôle  dans  le  Sud, 
où  tout  homme  tient  à  honneur  de  porter  un  dismâl  plus 
ou  moins  joli,  à  l'exception,  bien  entendu,  des  vrais  Bédouins 

qui  ne  portent  que  leur  icJUks,  avec  le  JL^,  vhvs.,  je  vais 
ici  décrire  le  vJjJjytJ!  ^LLLo  A^c  =  ^,.*^,  le  couronnement  des 

sultans  des  "Awâliq  Supérieurs  à  Ansâb,  Index  sv. 

Les  'Awâliq  Supérieurs  se  composent  de  deux  grandes 
fractions  de  tribus,  les  ^yw  et  les  ^=>L:^,  formant  ensemble 
une  confédération,  sur  lesquelles  j'ai  parlé  Arabica  IV,  où  il 
faut  hre  p.  41  j->l-^  au  lieu  de  ^>L^.    Le   sultan   de  ces 

deux  fractions  doit  toujours  être  de  la  famille  de  ^Awad 
b.  'Abd  Allah  el-'Aulaqî,  Index  p.  1829.  C'est  un 
sultanat  d'élection,  mais  toujours  dans  la  même  famille. 
Le  'âqil  des   Ma'n,   de  la  famille   d'Ibn   Roweys,  nom 


781 

dynastique,  est  le  premier  personnage  du  pays,  après  le 
sultan  et  les  sâdah.  La  famille  prétend  être  himyarite; 
d'autres  disent  qoreychite.  Les  L  Roweys  se  distinguent  par 
leur  bravoure.  Le  ""âqi!  est  le  commandant,  le  généralissime 
de  toutes  les  troupes  'aulaqites  en  temps  de  guerre.  Il  y  a 
environ  quarante-cinq  ans,  les  Ma'^n  envahirent  Datînah,  c'est 
à  dire  la  partie  où  habitent  les  ahl  um-Sa'îdî,  Index 
p.  1819,  Arabica  IV  p.  12.  Les  'Abâdil  et  les  Fadli,  Index 
p.  1830,  payaient  anciennement  tribut  au  sultan  d'Ansâb, 
mais  depuis  que  les  Anglais  soutiennent  beaucoup  les  sultans 
de  Lahig  et  de  âuqrah,  capitale  des  Fadli,  afin  que  ceux-ci 
tiennent  en  échec  les  turbulentes  tribus  de  l'Intérieur,  le 
pouvoir  des  ""Awâliq  Supérieurs  a  beaucoup  diminué.  C'est 
pourtant  l'état  le  plus  puissant  et  le  mieux  organisé  de 
l'Intérieur. 

Si  les  principaux  négociants  d'Ansâb,  qui  sont,  en  grande 
partie,  haclramites,  et  les  gros  propriétaires,  les  agrariens, 
ne  sont  pas  contents  du  sultan,  soit  parce  qu'il  est  trop 
vieux,  comme  c'était  le  cas  du  sultan  "Awad  b.  "Abdallah, 
grand  père  du  sultan  actuel  (1899),  ou  qu'il  soit  injuste  ou 
même  désagréable  aux  gros  bonnets  d'Ansâb,  les  mécontents, 
disons  les  conspirateurs,  s'entendent  en  cachette  avec  I.  Roweys 
de  Yesbom  et  les  principaux  ""uqqâl  des  Ma'n.  Il  faut  tou- 
jours s'assurer  l'adhésion  d'Ibn  Roweys,  car  s'il  ne  se  prête 
pas  à  la  manoeuvre,  le  sultan  ne  sera  pas  nommé. 

Les  plus  considérés  des  négociants  et  des  propriétaires 
hadramites,  avec  d'autres  notables  d'Ansâb,  désignent,  avec 
I.  Roweys,  le  futur  sultan.  On  donne  à  I.  R.  l'argent 
collecté  à  cet  effet  pour  qu'il  le  distribue  aux  qabâil.  On 
leur  promet  de  leur  fournir  la  poudre  et  le  plomb  nécessaires 
en   cas   de   résistance  de   la  part  de  quelques  irréductibles. 

ù  , 

Les  Ma'n  et  les  Mahagir  se  donnent  rendez-vous  lXc^  au 
village    de   Moseyna'ah,   ij^L^wox  j.  ^^^AjoLj  dans  le  W. 


782 

^Abadân.  On  y  fixe  le  jour  pour  la  proclamation  du  nou- 
veau sultan  afin  que  les  Ma'n  et  les  Mahâglr  aient  le  temps 
voulu  d'accourir.  Mais  les  Ma'^n  étant  dominants,  les  Mohâgir 
n'ont  qu'à  accepter  ce  que  ceux-là  ont  décidé.  Le  militarisme 
joue  ici  aussi  le  premier  rôle.  Au  jour  fixé,  le  sultan  désigné 
se  trouve  dans  la  maison  d'un  Hadramite.  Les  Ma'n  accou- 
rent de  tous  côtés.  Aussitôt  que  tous  les  Ma^n  sont  arrivés, 
on  conduit  le  nouveau  sultan  au  „  Châtemi  du  gouvernement", 

nous  dirions  au  Château  royal,  xJ^lXJî  iCjRj-A.i-<,  qui  est  la 
résidence  officielle  du  sultan.  On  y  fait  dire  à  tous  les  fajni- 
liares,  esclaves,  mâles  et  femelles,  et  qui  sont  la  propriété 
du  gouvernement  et  passent  aux  mains  d'un  sultan  à  l'autre 
qui   peut   s'en   servir  à  son  gré:  voilà  votre  nouveau  sultan 

l\j.^  iS^=>  ^LIsIclIî  issjt^.  Le  sultan  offre  un  repas,  ^^-^^j 
à  tout  le  monde. 

Le  lendemain,  on  se  rend  au  Champ  de  Mars,  ^^lA-^, 
devant  le  Masna'ah  dans  W.  'Abadân,  Index  1824  sv.,  où 
les  Ma^n,  à  l'exclusion  du  Mahâgir,  se  rangent  en  grand  cercle. 
Au  milieu  se  trouve  un  oL>:,  couverture  de  lai7ie,  vhv.,  sur 

laquelle  on  a  mis  trois  ou  quatre  ^.Uaï,  carpettes  ').  Le 
sultan  se  place  là.  Il  est  entouré  de  tous  les  chefs  des  Ma'^n, 
des    sâdah  de   la   famille  d'el-Haddàd,   des   sâdah   de 

dehors,  des  m  a  sa  i  h  de  Yesbom,  en  signe  de  '^^ji,  et 
d'autres  notables,  mais  les  Hadramites  n'y  sont  pas  pré- 
sents, car  ils  ne  font  véritablement  pas  partie  de  la  popu- 
lation indigène.  Debout,  sur  les  carpettes,  le  sultan  change, 

devant  tous  les  assistants,  sa  chemise  teinte  d'indigo,  iicî^o, 
vhv.  -),  et   se   met   une   autre,   plus  précieuse,  brodée  d'or. 


')  Le  mot  aJ>u:ti^  est  ici  inconnu.  On  appelle  tout  tapis^  couverture^ 
etc.    '^^. ,  vhv. 

2)  Et  non  iicLo  avec  d. 


783 

_    o    _  ^     o      - 

Sur  son  pagne  ordinaire,  \yx^  ou  v_à-Lj^^  vhvs.,  il  met  un 
autre  plus  important  et  n'ôte  le  vieux  seulement  à  la  maison, 
car  il  serait  impudique,  dans  un  milieu  aussi  orthodoxe,  de 
montrer  son  s. y;.  Il  s'entoure  la  taille  d'une  ceinture  bariolée 
en  soie  des  Indes,  f>^  vhv.  C'est  là  le  J^^,  qui  faisait 
partie  de  la  iLxJLi>  classique,  laquelle  correspond  à  la  'ijr-^ 

actuelle  du  Sud,  vhv.  et  sub  J3.  C'est  le  principal  person- 
nage d'Al  'Abd  Allah  b.  Dahl.iah,  subdivision  d'Âl  'Alî 
des  Ma'^n,  qui  reçoit  les  habits  que  le  sultan  quitte,  parce 
que,  anciennement,  cette  fahîdah  était  la  plus  grande  et 
la  plus  puissante  des  Ma'^n.  Cette  cérémonie  de  se  dépouiller 
du  vieil  homme  finie,  le  sultan  s'accroupit  sur  la  carpette. 
I.  Roweys  ôte  le  dis  mal  que  le  sultan  a  porté  jusqu'ici; 
il  le  passe  à  'Abd  Allah  b.  Dahhah  qui  le  dépose  par  terre. 
Le  sultan  a  apporté  un  autre  dismâl  plus  digne  de  sa 
nouvelle  situation.  •  I.   Roweys  le  déploie,  en  saisit  le  bout, 

icAc,  tandis  que  les  ^uqqâl  des  Ma'^n  et  le  chef  des  sâdah 
d'el-Haddâd  tiennent  le  reste  du  dismâl.  I.  Roweys 
l'enroule  alors  autour  de  la  tête  du  sultan.  Ensuite ,  le 
susdit  chef,  JJsîc,  de  Âl  "Abd  Allah  b.  Dahhah  roule  la  mèche, 

idujo,  d'un  fusil  autour  du  turban;  le  sultan  la  porte  quel- 
ques heures  seulement;  c'est  le  symbole  de  la  guerre  et  du 
pouvoir  militaire.  Après  cela,  on  exécute  une  grande  fantasia^ 
'S^  P-441,   oiï   il   y   a  la   description  de  ce  raahaff.  Le 

sultan  est  à  présent  officiellement  consacré:  il  a  reçu  Vin- 
vestiture  officielle. 

C'est   tout  comme   chez  nous,  avec  les  habits  royaux  de 
couronnement,   fabriqués  ad  hoc,   le   glaive,  le   sceptre,  qui 

est  la  iijj^j  vhv.  que  le  sultan  porte  à  la  main,  et  la  couronne 
royale,   ici  le   dismâl,   et  le  ta  g,  vhv.,  de  l'ancien  temps 


784 

hirayarite,  pour  pas  oublier  le  primat  de  l'Eglise,  l'arche- 
vêque de  Suède  '),  qui  met  la  couronne  sur  la  tête  du  roi, 
jjl'oint  du  Seigneur",  fonction  qui  est  ici  remplie  en  présence 
des  sâdah,  descendants  du  Prophète! 

Les  principaux  chefs   restent  quelque   temps   auprès   du 

sultan,  jusqu'à  ce  que  son  pouvoir  soit  bien  assuré,  o^"  UJ 

-    G    - 

iCjLLsjî,  voir  sub  oj.  L'ancien  sultan  n'a  qu'à  se  tenir  col, 
ce  qui  est  la  conduite  la  plus  sage,  car  les  xJjtXJ!  -i'Lw^c, 
dans  le  W.  'Abadân,  Arabica  IV  p.  50,  Index  sv.  1824,  où 
ils  ont  leurs  terres  de  père  en  fils,  forment  une  organisation 
gouvernementale,  à  peu  près  comme  Vindelta  de  la  Suède  (jus- 
qu'à il  y  a  une  trentaine  d'années).  Voir  sur  cette  organisation 
'awlaqite,  qui  date  de  loin,  Hçlr.  p.  224.  Quelque  temps  après, 
le  sultan  doit  se  rendre  en  pèlerinage  à  Sùq  Yesbonâ,  où 

se  trouve  le  ^_c-^J,  sanctuaire,  du  seyh  ''Obeyd  b.  ""Abd 
el-Màlek  bâ  Nâfi".  Celui  ci  était  l'ami  intime  du  seyh 
Bû  Bekr  b.  Sâlim  à  ^Aynât,  Index  1806.  Il  ne  laissa 
pas  de  descendants  directs.  Ceux  qui  se  trouvent  à  présent 
à  Yesbom  sont  de  son  frère.  Ce  seyh  '^Obeyd  est  le  plus 
grand  santon  des  ^Awâliq  Supérieurs,  et  le  pèlerinage  à  sa 
tombe  est  un  devoir  sacré  pour  le  sultan. 

Les  choses  se  passèrent  un  peu  autrement  pour  l'investiture 
du  sultan  'Abd  Allah  b.  ""Awad,  qui  fut  destitué  à  cause 
de  son  grand  âge,  b.  'Abdallah  b.  Farîd  b.  Nâsir  b. 
Salâh  b.  Munassar  el-'Awlaqî  dont  l'autre  fils  Nâsir 
devint  le  fondateur  de  la  ligne  des  ""Awâliq  Inférieurs  à 
Hawar.  Ce  sultan  ^Abdallah  est  le  père  du  sultan  Sâleh 
actuel,  (1900).  Les  deux  membres  principaux  de  la  famille 
el-Haddâd,   descendants  d'el-Hoseyn,  'Alwi  b.  bù  Bakr 


1)  Le  roi  actuel  de  Suède,  Gustave  V,  dans  sa  simplicité  démocra- 
tique, ne  s'est  pas  fait  couronner.  Il  a  eu  raison  de  faire  fi  de  toutes 
ces  simagrées  d'un  autre  temps.  Il  n'en  est  pas  moins  notre  roi  que 
tout  le  peuple  suédois,  si  démocratique,  aime  sincèrement. 


785 

et  M  oh.  b.  M  oh.  b.  bû  Bakr,  celui-là  étant  le  ^^j^koJ^'^), 
vhv.,  d'Ansâb,  se  rendirent  à  Sûq  Yesbom  pour  arranger 
les  différends  existant  entre  les  Ma^n,  ^>v^j  f^^'^.  ou  p  ^Lij 
fJ".^.   Les  tribus  des  Ma^n  étaient  en  désaccord  entre  elles, 

ij^\jCJ)  à  propos  du  sultan  à  choisir.  Après  avoir  gagné  le 

puissant  et  vénéré  Farîd  b.  Roweys  à  la  cause  du  jeune 
prince  \iulaqite  ''Abdallah,  fils  du  vieux,  mais  prolifique 
""Awad"-^),  ils  se  retirèrent  dans  la  maison  d'un  seyyid, 
tandis  que  les  Ma'^n  s'étaient  assemblés  dans  la  ville.  Les 
deux  seyyid  d'Ansâb  mirent  alors  sur  la  tête  de  leur  can- 
didat Abdallah,  en  présence  de  Farîd  b.  Roweys,  le  dismâl 
et  la  (la  b  lia  h,  mèche,  et,  à  partir  de  ce  moment,  celui-ci 
était  devenu  „sultan  régnant".  Mais  ne  voulant  encore  le 
faire  connaître  aux  tribus,  on  lui  couvrit  la  tête  d'un  chcde, 
^_50^  vhv.  On  fit  venir  le  ''âqil  de  la  subdivision  d'âl  Ab- 
dallah b.  Dahhah,  nommé  Salfûh,  encore  en  fonctions  (1889), 
et  on  lui  promit  une  certaine  somme  s'il  mettait  la  seconde 
dabîlah  nécessaire  sur  la  tête  du  nouveau  sultan.  Il  se 
déclara  prêt  à  le  faire.  Le  râdi  fut  alors  ôté  de  la  tête  du 
sultan,  et  Salfûh  exécuta  la  cérémonie  d'investiture  devant 
les  tribus,  qui  ne  firent  aucune  résistance,  surtout  après 
l'accord  établi  avec  leur  chef,  Farîd  b.  Roweys.  On  se  rendit 
ensuite  au  sanctuaire  du  seyh  'Obeyd  b.  ''Abd  el-Mâlik  bâ 
Nâfi",  où  l'on  fit  quelques  prières..  Ensuite,  on  exécuta  le 
mahaff,  avec  force  ta'sîràt^),  selon  la  coutume.  Le  sul- 


')  Ainsi  prononcé:  mansih. 

-)  Il  avait  treize  enfants. 

3)  Sur  le  »^x/ii>*J",  voir  456  en  haut,  817,7  d'en  bas;  Arabica  V  p. 
101  fl.  1.  et  note  3;  Hilr.  p.  057  note.  Ayant  vu,  lors  de  mon  séjour  à 
'Azzân,  chez  le  sultan  canaillo  Muhsin,  les  tribus  venir,  l'une  après 
l'autre,  devant  la  mama'^ah,  oii  elles  tiraient  toujours  en  arrivant  des 

salves  de  fusil,    o'ja.^*J",  j'ai  compris  que  le  veil)e  ^--w>_c:  n'est  qu'un 

50 


786 

tan  est  maintenant  le  souverain  de  toutes  ces  tribus  et  de 
tout  le  pays  des  "Awâliq  Supérieurs.  Les  Mahâgir  doivent 
se  régler  sur  la  conduite  des  Ma'^n,  qui  sont  plus  forts,  mais 
les  Mahâgir  sont  les  plus  nombreux.  Tout  le  monde  est 
ensuite'  rentré  à  Ansâb  où  l'on  donna  des  festins  en  tuant 

force  chameaux  et  bêtes  à  corne,  jb.  Ce  récit  assez  détaillé 
m'a  été  fourni  par  le  seyyid  Moh.  el-Haddàd,  de  la  famille  dont 
j'ai  déjà  parlé,  qui  vint  me  voir  à  Aden  (1897).  C'çtait  un  jeune 
homme  d'une  grande  beauté;  voir  portrait.  Ayant  entendu 
parler  de  moi  par  le  sultan  Sâleh,  fils  de  ''Abdallah  b.  ''Awad, 
avec  qui  j'étais  en  correspondance  assez  suivie,  il  voulait  faire 
ma  connaissance  personnelle.  Le  but  de  son  voyage  était  de 
se  faire  donner  du  poison  pour  tuer  le  sultan  des  ^Av^dillah  ') 
dont  il  voulait  épouser  la  femme,  mais  le  mari  était  un 
obstacle  sérieux.  Je  lui  donnai  une  boîte  de  pilules  d'aloès 
et  de  jalap  dont  je  me  servais  moi-même  pour  un  certain 
usage.  J'ai  ensuite  appris  que  le  sultan  Qâsim  b.  Ahmed 
el-Heytamî,  qui  réside  à  el-Kobeydah,  Index  1832,  et 
qui  avait  alors  (1897)  vingt-huit  ans,  fut  pris  de  violentes 
tranchées  de  ventre  accompagnées  de  diarrhée  qui  dura  trois 
jours.  J'avais  purgé  le  sultan  —  et  ma  conscience.  Le  sultan 
vit  encore,  mais  Habib  Moh.  n'a  pas  eu  sa  belle. 

Dans  la  confédération  des  Banyar  d'ed-Dâhir  c'est  le  "âqil 
principal  qui  a  le  privilège  de  couronner  avec  le  dismâl 
le  sultan  des  er-Rassâs  à  el-Miswara.  Il  est  de  la 
subdivision    de    h  al    ''Alî    b.    ''Omar.    Il   habite  dans   son 

^^.^r?vxi.j!  Q-^>»  au  village  d'ez-Zâhir,  dans  le  W.  el- 
Raul,   au   pays  de   Na'wah,    Gazîrah  p.  90,25.  C'est  lui 

qui  est  le  iJû^J  ^^y^^^  ^6  chef  de  la  tribu. 


dénominatif  de  Sj—fc-'^-c.  On  annonce  ainsi  l'arrivée  d'une  "s^-a.  <:^X_c 
Ensuite,  le  ver})e  a  pris  le  sens  général  île  tirer  des  coups  de  fusil  à 
n'importe  quelle  occasion. 

')  Arabica  IV  p.  54;  Index  1828  sv. 


787 

Le  „couronnement"  est  pratiqué  de  la  même  façon  en 
Afghanistan.  La  jour  de  l'enterrement  du  feu  l'Emîr,  Abd 
er-Rahmân,  t  190J ,  le  grand'  Qâçlî  fit  une  allocution  au 
peuple,  convoqué  par  le  fils  de  l'Emîr,  Habib  Allah,  en  faisant 
observer  que  le  défunt  Emîr  ne  pouvait  être  enterré  avant 
que  son  successeur  eût  pris  en  main  les  rênes  du  gouver- 
nement. Le  grand  Qâdî  roula  alors  un  turban  autour  de  la 
tête  de  Habib  Allah  et  le  proclama  Emîr.  Son  fils  prêta  alors 
foi  et  hommage,  et  les  chefs  présents  suivirent  l'exemple. 
Tout  comme  dans  l'Arabie  du  Sud. 

Sur  la  iCoUx,   voir   shv.    Les   Kindah  du    Yéman  avaient 

la  Ji  et  la  i:*^  =  'S^If,  Su^arà^  en  —  Nas.  I  p.  16.  LA  XV 
p.   320,  3  :  J^  Uks  ^L,rJ!  ^^^.i!  ^,L:^?u:,-  J3  S^L  J^  j!  Jl 

^    V;*^'    â-    d^    ^y    (*^?^'    J-;    ib.    ^_>^    !oî   Jc>JJ    Jyii-    ^^xj\^ 

^\,tj:>  iCîUc  }y*A£-  bb>^   ]^j>j.^   ]J>\  [j.jli5  ^♦i  (Aï.  C'est  donc  Une 

vieille  pratique  chez  les  Arabes.  La  couleur  du  dis  mal  ac- 
tuel n'est  pas  toute  rouge,  mais  le  rouge  y  domine.  Le  père 
destitué  du  sultan  de  Suqrah  portait  toujours  un  turban 
tout  rouge. 

J'ai  cru  bien  faire  en  rapportant  ce  récit  fort  intéressant 
et  authentique  pour  illustrer  les  mots  kLoo  et  JLf^j». 


Lr<> 


(ji-o,   démolir.  ^^*û^I  |^o,  ils   ont  démoli  le  h.  Dt.  RO  p. 

180,7  d'en  bas:  ^\ô^  oblJ!  |^o,  ils  ont  démoli  le  pays 
avec  des  canons.  Pour  d'autres  significations  en  Syrie,  voir 
Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.  et  ma  Festgabe  p.  38.   —  Blaguer,  en 

Egypte,  Voir  sub   .-i^o  —  iUco>,  en   mehri   dissêt,  corps, 

tronc,   B  M   I  p.   53  =  arabe  &,cio-  et  i-i=>  ^  i:L>,   vhvs.   Ce 

n'est  donc  pas  un  mot  „caractéristique  du  mehri",  comme 
le  présente  BM  IV  p.  65. 


788 

iiJi!L\-ii>3,  pi.  yi;.jjU;o,  chemise  avec  manches.  Stace  p.  154. 
RO  pp.  31,5  d'en  bas;  185,8  d'en  bas. 

^o,  laisser,  lâcher,  quitter,  abandonner;  laisser  partir,  Syrie, 
408  n;  Arabica  V  p.  135  n.  1,  Prov.  et  Dict.  GJ.  sv.  = 
v_jLw,  i,  ou  v^y-/,  qui  est  aussi  égyptien.  Dans  la  Haute- 
Egypte,  on  dit  iicj,  comme  aussi  au  Yéman  et  quelquefois 
aussi  en  Dt,  vhv.,  où  cependant  oS  est  le  verbe  courant 
pour  chasser,  éloigner,  670. 

yio  <  ^'iKq>,  comme  (jio  <  j^,  palper  vhvs.  LA  sv.  (jij, 
Dozy  sv.  L'on  constatera  la  même  évolution  pour  y^,  LA 
sv.  et  pour  w^>^,  envoyer  au  pâturage,  laisser  en  liberté  (les 
bestiaux).  L'étymologie  turque  que  donne  Sachau  AVLM  p. 

95  est  à  écarter.  Comme  J^:>-  a  fait  J^^  (jio  a  fait  yio. 
Dozy  donne,  d'après  M  et  M,  la  première  forme,  que  je  n'ai 
jamais  entendue  en  Syrie').  Le  Qâm.  a  un  verbe  (Ji-o  =  .Lw 
(la  variation  (jio,  Qàra.  me  paraît  douteuse)  qui  servirait  bien 

à  éclaircir  l'étymologie  de  „xio  qui  serait  alors  =  ^->wa«  ,  faire 

partir,  mais  alors  yio-  serait  secondaire.  Cf.  ,ji.j  >  ,^  ;  (j^j 

>  y^  ;  j»o  et  ^^  et  j.Ax!0  ;  {j^s.  >  ^^ac  ;  j,j  >•  ,-^o  et  j.t>L^>3  ; 

J.J  et  ^j  et  ^j-Ay,  Â^  >  ys..w  317  vhvs.,  et  tant  d'autres; 
voir  sub  ^.  Cf.  Brockelmann  o.  1.  I  p.  235/6. 

(^^o,  voir  sub  iju-jo. 

Le  thème   co  a  deux  sens  différents  1°  pousser^  stossen,  avec 

1)  Mais  à  présent,  je  vois  que  Feghali,  dans  son  Kfar  ^Abîda  p.  40, 2, 
donne  aussi  la  première  forme  dasiir,  il  fut  ahondonné  à  lui-même, 
et  il  doit  bien  le  savoir,  lui  qui  est  Libanais. 


789 

uno  foule  de  dérivés;  voir  ici  sub  ^^^>->;  il  est  quelquefois 
affaibli  en  b.  2°  renferme  un  bruit '>  appeler  par  un  cri, 
voir  sub  _^o;  également  avec  l'affaiblissement  b.  Une  va- 
riation en  est  LtoUis,  ou  ^l^yo,  bruit,  tapage  =  L,-.Ui!  o^^^j 
LA  sv.  Je  ne  sais  si  ces  deux  sens  ont  quelque  rapport 
entre  eux.  Si  cela  est  le  cas,  celui  de  bruit  serait  primaire. 
Nous  disons  aussi  pousser  un  cri,  einen  Schrei  ausstossen; 
la  sémantique  est  la  même.  Si,  d'après  Nôldeke  ZDMG  66 

o  -  û  - 

p.  736,  l'interjection  cOpj  est  l'origine  du  dénominatif  _^o, 
appeler  par  un  cri,  vhv.,  on  pourrait  aussi  supposer  que 
V~co,  pousser,  stossen,  a  pour  origine  le  bruit,  produit  lors- 
qu'on pousse  ou  heurte,  et  pAco,  démolir,  serait  alors  aussi 

un  dénominatif  du  même  phonème  p3^b.  Le  verbe   ^cs,s>, 

<  3^ ,  offre  la  même  sémantique,  vhvs. 

<^..^ù,  jouer,  2^^ci'^santery  classique,  1192  n.  1;  1453.  Cf.  ^^ 

vhv.  —  Inviter,  ^ou-J^  ?  U>.£b  q^,  un  tel  nous  a  invités  à 
son  repas,  RO  p.  90,  2  mais  c'est  pour  ^  ^^o,  formé  comme 
>_jL>  <  v_j  iL:>.  —  Piquer,  être  mordant,  insulter,  Yéman  et 
Aden,  ma  MJM  p.  10  et  Jahn  SAE  III  p.  23  n.  7.  Le  cl. 
w^o,  pousser  devant  soi,  est  composé  de  V~^,  et  v_jo,  et 

affaibli  en  ^-jb  ^  i_jb,  même  sens,  comme  ^ù  >  [.b,  v^co, 

mourir,  >  i^b  et  oSlXj!,   mourir,   w*.£Àj',  effrayer  >  ujb, 

même  sens,  voir  sub  ^j>  et  ^^o. 

.-■<^^,  germes  d'herbes;  710  n. 

^j'^.^j>,   to  look  for,   fumble^  gi'ope,  feel  about  in  the  dark, 


790 

1264,2  d'en  bas;  1380  n.  6.  Spiro  sv.  et  Dozy  sv.;  <  u*^o, 
qui  est  un  accouplement  de  l/~(j«o  et  V^"^..^.  Seulement 
en  Egypte.  Le  b  peut  provenir  d'une  contamination  avec  (j^^c. 

J^xcu>,  arrondir,  former  en  houlette^  Belot  sv.;  élargissement 
de  Jol>,  vhv.  Ce  n'est  pas  pour  cM'o,  vhv.  comme  le  pense 
Feghali  p.  22,   mais  J^^o  et  J^o  sont  deux  élargissements 

3     0?  O   - 

séparés  de  J^o.  Cf.  J^->-^o  vhv.  —  iLl^_j„co  ou  iCjy^o,  houle, 
houlette^  1163,  <kJ^j>,  vhv. 

Jic,^,  ruiner^  détruire,  =  ^c>^ ^  LA  sv.  Dégémination  de  yo, 
1247,  vhv.  oili  le  ;:  est  motivé  par  la  contamination  avec 
V~^,  LA  1:L  p.  441,7.  Ruzicka  o.  1.  p.  231  dit  que  yico 
est  une  métathèse  de  .£>-c.j,  mais  ce  verbe  est  une  dégé- 
mination de  e^co,  qui  est,  à  son  tour,  une  variation  de 
^y^vco,   vhv.  qui  est  une  variation  de  T/^^y^jO,  vhv.  —  Ré- 

pandre,  éparpiller  =jj>^3.  RD  p.  410  N°  135.—  î^icot  <  .i^Aj"', 

trébucher,  faire  un  faux  pas  et  tomber  sur  les  genoux,  buter, 
Dt.  et  Hdr.  ce  qui  est  le  ^ccoî   de  Dozy,  d'après  Bc.    Dans  le 

Nord,  yjtj'.   Le  quadrilittère  dialectal  yico,  trébucher,  chopper, 

=  "^Omân  J>-^,  provient  sans  doute  de  yicco!,  =  Jistj",  oîi  le 
sentiment  populaire  a  cru  trouver  la  V^-  Vollers  ZDMG 
50  p.  328  fait  bien  venir  J^ù,  ^jLcc>  de  JLc,   mais  il  omet 

d'expliquer  la  provenance  du  o  initial.  —  En  "Omâo,  jXs^o\, 
s'écrouler,  RO  p.  258,  14. 

^  ,is£0,  a,  être  large  {et  noir?)  avec  cette  explication  d'un 
'Anazî:  ^^co  x,-*i  o^S^j-^,  (jSi  Ji'',  toute  chose  qui  s'allonge  ou 
s'étend  est  appelée  ..i^co.  Voir  LAsv. .  .  c>«-:^o  Ai\,  Veau  s'est 


791 

répandue,  ""Anazî.  Probablement  un  accouplement  de  co  et  de  _o. 

^i^^  est   aussi   être  très  noir   et   se   dit  de   l'oeil,  chez  les 

'^Anazeh.  q-*-*-^'  ic^^j»;  aussi  en  ^Oraân:  RO  p.  332,  6  d'en 
bas:  ""ôyilnhe  da'^agât,  ses  yeux  grands  et  noirs,  et  ib. 
p.  388,4-:  ''alîhe  ''en  dd^ge,  elle  avait  un  grand  oeil  noir; 

c'est  ici  l'adjectif  ,i^o>^sco  =  ,i;sco',  voir  plus  bas.  I.  el-Qût. 

p.  290,  6  :    ê^ôS  J-^^\  J.-o  JJiîj  is>o\y^  J\;Liit  j^^î  ^^^3 

'c>yJ  Jw>J!5. 1  es-Sîkkît  Tahdîb  p.  231  :  o^;wî  ^^c>\  J,:>j  et  ^-^^l  J^. 
On  comparera  -j,  être  fin  et  allongé  (sourcil),  qui  est  une 
variation  de  V~'-c>^  et  qui  ferait  croire  que  ^scJ»,  =  ^>cj ,  pour- 
rait être  primaire.  Ma  L  B  ""A  Gl.  sv.;  Amalî  d'elQàlî  p.  61  ;  L  A 
sv.  Probablement  le  même  accouplement  que  le  premier,  et 
l'on  peut  aussi  penser  au  sens  bédouin  rapporté  plus  haut. 
Chez  les  ''Anazeh,  ce  verbe  a  aussi  un  tout  autre  sens: 
pousser^   stimider  à  la  course.   C'est  là,  il  me  semble,  une 

variation  de  oix'->  dont  il  est  synonyme.  eU^io  _-^co!  (id  a  g), 


(i. 


-    O  O    3  

expliqué  par  (éUjJô  oixo!  et  LgiL«;  de  1/    co  et  K   _o  =  K    oo. 

Cf.  ^3  =  JuJuJf  ^Âit,  I  Sîdah  VI  p.  111,6  =  -n*L,  ib. 
Ou   bien  faut-il  considérer  ici  ^^co  comme  ayant  également 

le  sens  bédouin  rapporté  plus  haut  de  jL*Jt  et  y  voir  le  sens, 
secondaire  en  tout  cas,  de  faire  allonger  le  pas?  Mais,  quoi- 
qu'il en  soit,  la  racine  première  est  co.  Or,  la  lurah  a  aussi 

,*^o,  repousser  avec  force,  et  c'est  peut-être  le  même  verbe, 
mais  le  passage  de  o  à  ^  est  cependant  étrange,  ce  qui  fait 
croire  que  ,iscj>  et  ^co  proviennent  de  deux  racines  diffé- 
rentes, mais  pourtant  congénères.  "  -^co  se  retrouve  dans  sa 
variation  „ncj,  car  o>j  est  une  permutation  assez  fréquente, 
voir  sub  yo,  y>3  et  y;  et  ^y 

Un  développement   de  ^^o  est  le  classique  ,rfN.**scj  =  ^yJi 


792 

LA  sv.  propr.  allonger  le  pas,  où  le  s  semble  motivé  par 
contamination  avec  u«.£0  ou,  si  l'on  préfère  ainsi,  un  accou- 
plement de  ^co  et  de  m*^^.  Dans  le  Sud,  tout  cela  n'existe 
pas,  à  l'exception  de  oico  =  'Ji=>^,  vhvs. 

J'ai  constaté  chez  les  Bédouins  de  Syrie  un  .«^ro,  couler 
ou  faille  couler,  mais  je  n'en  ai  pas  d'exemples.  C'est  peut- 
être  pour  ,iNc3,  comme  Musil  ol.  p.  8,  16:  halli  seyâlha 
yid'^eg,   laisse  ses  torrents  couler  avec  force,  cf.  ici  sub  io, 

et  l'on  pourra  comparer  w^cÀiS,  couler  (eau)  <  v'*-^' 5  cf.  ^\c>, 

u,  pousser  presser.  <  ^\j>  =  ^^cj»,  et  le  mehri  dehêb,  couler, 
et  les  abéen  dhb,  torrent,  d'après  Rhodokanakis  Studien  z. 
Lexicographie  II  p.  113;  voir  cependant  ici  sub  ^^3.  LA  I 

p.   371:    xi^Àit  =  s^kjî,   pi.   v^J. 

Le  développement  de  la  sémantique  dans  la  langue  arabe, 
avec  sa  richesse  inouie  de  racines,  qui  chevauchent  les  unes 
sur  les  autres,  en  formant  de  nouvelles  racines,  de  nouveaux 
élargissements,  est  une  des  choses  les  plus  remarquables 
de  cette  langue,  qu'on  ne  connaîtra  jamais  bien  avant 
d'avoir  collecté  tout  le  vocabulaire  des  dialectes,  du  mehri 
et  du  sabéen.  Dans  ce  Glossaire,  je  fais  une  première  ten- 
tative dans  ce  sens,  mais  je  suis  persuadé  que  bien  souvent 
je  n'ai  pu  éviter  les  écueils  qui  se  présentent. 

^co:  LaJ^-ou  J^.5:\5Jt  u>^>£^,  elle  a  rtendu  le  ko! il  dans  ses 

yeux,  elle  a  passé  le  mil  le  long  de  l'oeil,  "Anazî.  Tout 
arabisant  connaît  bien  cette  manière  des  femmes  orientales 
de  se  peindre  sous  les  yeux  pour  qu'ils  paraissent  plus  grands 

{y>-^  Bédouins  =  05^  Hauran)  ;  cf.  bîLxy'  J^  L^ytii  vi>.:^o, 
elle  laisse  ses  cheveux  tomber  déliés  sur  ses  épaules,  ^Anazî. 

-0£  o-  0505 

,a^c>\y  épithète  des  yeux,  u^iîî  ^^^ac  ^^  ^^^  ^^co  Q-kw^j^  ^^ 


')  Les  Bédouins  du  Nord  ne  disent  ^^c-*^  que  dans  la  »>-^j  vhv, 


793 

un  tel  a  les  yeux  grands  et  noirs,  brunâtres  comme  ceux  du 
guépard,  ^Anazî.  JJi!  J«."^o  ,.Ncot  syt^,  ses  cheveux  sont  noirs 
.  comme  la  nuit,  ''Anazî.  Diw.  Rûbah,  Ahlwardt,  N°  XIII  v. 
19:  -,!cv>]  =  Schwàrze,  Dunkel,  Vol.  III  p.  1.  Une  strophe  de 
la  Qasîdat  es-Sahgah  porte: 

"Ôyûnha  dô'ôg  ticjbah  debh  u  mitël  'ôyûn  el-kûfîyât 
Ses  yeux  sont  grands  et  noirs  qui  vous  égorgent,  et  ils 

sont  comrne  les  yeux  des  antilopes. 

cAco,  démolir,  ruiner;  casser,  362  n  1,  Dt.  Intensif  del/~co, 

vhv.  =  «io,  pousser,  LA  sv.  J.>,   cJs.cl>,  il  m'a  démoli,  cassé 

le  pied,  Dt. 

oAclXjî,  se  ruiner  ;  se  casser,  Dt. 

Cette  V~^  a  donné  de  nombreux  dérivés  qu'on  trouvera 
dans  les  dictionnaires  et  en  partie  dans  ce  Glossaire.  La  lurah 
a  aussi  ^j-éo  =  ^Ss> ,  démolir,  où  le  J-cli  indique  le  travail 
commun  de  démolition  ou  la  démolition  des  différentes  parties, 
l'une  après  l'autre,  de  l'objet  à  démolir,  etj^^cÎJG'  =  ^Apî,  être 
démoli,  Naswan  o.  1.    p.  36;  <l/~-o,  pousser,   stossen.  Cf. 

c  s: 

les  verbes  ^-^co  >  ^_jb,   ci^co  =  e>.co  >  o'3,  vi/^o  <  cj>  + 

viJO,   *is£L>,  ^O,  jcO,  ^_/^C'->  >  P-^^)  ^^'-^j  ti)>.£0,  jxh,  cô.  <^  L>.  + 

co;  ^50  <  o-^  +  ^o,  I  Sîdah  VI  p.  111;  la  variation  conso- 
nautique  de  V  ^  est  l3'o  ^  tiJo;  voir  sub  j^o,  et  ici  sub 
les  thèmes  respectifs  et  sub  jo. 

■  ^co,  a,  piquer,  donner  une  poussée,  surtout  à  une  bête,  Dt. 
Ce  sens  ne  se  trouve  pas  dans  les  dictionnaires,  ni  rien  qui 
s'approche.  Mais  en  Syrie  j'ai  entendu  ^o, pousser,  frapper, 
le  syriaque  a  j^^,  pupugit,  increpuit,  vexavit,  etc.  et  l'arabe 
j^j> ,  repousser,  ^o  vient  de  V^  +  j ,  comme  son  syno- 
nyme ^o  de  l/^o->+^  vhv.,   mais  j'ignore  l'origine  de  la 


794 

troisième  lettre.  On  pourra  comparer^,  LAsv.,  et  sa  mé- 

tathèse  %1^ ,  =  -,\5o  L  A  s v. 

'■ — ^       c 

3^0,  ôz^s/i,  Stace  p.  25. 

;j*^co,  a,  fouler,  marcher  sur,  calcare,  piétiner,  stampfen, 
1264;  1284.  Stace  p.  175:  tread.  Usité  en  datînois,  où  l'on 

dit    plutôt    ■^Jo^  et   ^uJ.    wb>Aj  *i^ï   ^-b--j   i^w^lXj  lX:>[5  ..^1^  ^^t, 

si  quelqu'un  foule  un  autre  avec  le  pied,  il  lui  marche  dessus, 
Hdr.  p.  275  n.  —  J^i  j*^^,  expliqué  1264:— Marcher  l'argile, 
t.  de  potier,  Syrie,  355  n.  8  =  (_,wb,  ib.  1.  7;  cf.  1284,8. 
Cf.  (j«'o,  u,  vhv.  C'est  un  accouplement  de  îo  et  (_^«.b  (t_>«o). 

Voir  sub  gAco ,  y/.L>  et  ^so.  Une  variation  dialectale  est  sans 
doute  le  classique  aju^  =  AjA^Î  i-b^î  L  A  sv.,  fouler  aux 
pieds  qqc  avec  force.  —  Une  métathèse  en  est  (j^lXc  >  (j*A:> 
et  probablement  oJ^  =  cAa:?,  heurter.  L  A  sv.  Apparentés  sont 

e^cj» ,  fouler,  l\jl>wccJî  ur-^'  LA  sv. ;   (c^cj>  =  ;c>^c3,  pousser 

avec  force,  I  Sîdah  VI  p.  111,  5;  >i>.Po,  ib.  ;  <J'J),  foider,  ^J^^r'^ 
L\jA.;iJl  LA  sv.  qui  dit  que  c'est  une  prononciation  yémanite 
(voir  ici  sub  o<(_w),  ^.^  repousser.  Cf.  K~oo,  1/~;^wJ>,  V~^ 
et  V~^J>  vhvs. ;  ;cj»=  «o,  I  Sîdah  VI  p.  111  =  ;*Ij  ib. 

G    - 

iL^EO,  piétinement;  Stace  p.  160:  souiid  of  footsteps,  =^  àt. 

iC:^.0  ou   iCft=>0 . 

ij^ciAx,  pi.  (j^^cLVo,  soulier,  348  n.;  Hçlr.  p.  267,  U  d'en  bas; 
Stace  p.  155. 

^Jic^,  =  Ji=>j>,  chez  les  'Awâliq  Supérieurs,  890  n.  1.;  1388 
n.  1.  I  et  Qût.  p.  288  d.  1.  :  U-^s  o3  [j^J^^  Ç>LjJî  ^^Jis^ 
U^3,  sÂi^j,  de  même  que  dans  LA  sv.  ;  I.  es-Sikkît  Tahdîb 


795 

p.  472,  9.  Chez  les  ^Anazah,  c'est  pousser,  stimuler  d  la  marche. 
liU^-io  Uicot,  pousse  ton  dalûl  d  marcher  vite,  =^co,  vhv. 

paraphrasé  par  oi-w.  —  En  Syrie,  c'est  aussi  faire  entrer 
de  force,  fourrer  dedans,  pousser  dedans.  Une  métathèse 
classique  en  est  sans  doute  o>A£,  fourrer  la  main  dans  le 
puits.  LA  dit,  à  propos  de  oic^j,   que,   selon   quelque  faible 

autorité  «Jico  est=  Jio,  avec  sAjU  (j^*^!,  et  il  ajoute  ^^■t^*, 

,.?sxj<\-<:îj  .  Pourtant,  ces  iCillî  ^^\  'sUlsuo  n'avaient  tout  à  fait 
tort  qu'en  supposant  que  le  ^  était  »w>jrj ,  car  Jks^ù  est  un 
accouplement  de  V~ç~>  et  V~^^,  comme  >Ji=>L>  l'est  de 
l/~„j>,  =l/~co,  et  de  V~^j>. 

dUj,  a.  frotter;  nettoyer,  Dt.  C'est  le  mehri  dôk,  frotter, 
Bittner  St.  mehri  II  r.  69  et  IV  p.  57;  cf.  aussi  é\^,  u, 
broyer,  ^iLJ>o,  briser,  broyer;  fouler,  et  l'hébr.  li^l.  Stace 
p.  146  sv.  rubbing.  RO  p.  129  §  235:  abwischen,  oter  en 
essuyant.  RD  I  p.  125,  U  traduit  ^_c^ilj  (ékco  par  se  souiller 
par  ses  propres  excréments,  ce  qui  n'est  pas  trop  élégant.  — 

ê^<XA ,  objet  avec  lequel  on  frotte  ou  nettoie.  RO  §  61.  C'est 
un  accouplement  de  ^  et  e)o,  synonymes  de  „o  et  ^o. 
Pour  la  sémantique,  cf.  ^:^j . 

*£j> ,  choquer,  heurter,  Dt.  —  Etayer,  Dt.  >  class.  j.b ,  même 
sens.  En  sahhî,  il  y  a  sa  métathèse  ^:> ,  collide,  intr.  791, 
Jayakar  BBRAS  1902  p.  262. 
*.£:o,  étayer,   est   probablement  une  métathèse  de  iA,=  ,  vhv., 

lOV ,  car  iajlJ-  oA,=  est  =  ^i>^.,so ,  selon  I  Sîdah  V,  p.  129,4 

d'en  bas. 

x^o,  colonne  du  milieu,  pilier  de  soutènement,  Arabica  V  p.  22. 

iCoico,  <  iuico,  appui,  étai,  pi.  *jico.  .^Jt  ii^lcj»,  margelle  en 
bois  du  puits,  92,  11;  497,6.  I  Sîdah  V  p.   129. 


796 


(^3,  que  RD  Gl.  sv.  traduit  par  Wûste,  Feld  n'est  pas  tout 
à  fait  cela,  mais  il  correspond  à  i^L>,  vhv.   et  à  s^li  ou  au 

£y  du' Nord.  L'homme  de  D.  H.  Mûller,  SAE  VII  p.  117,4, 
expliqua  aussi  le  shaurî  da^an  par  ^L>  qLJ^,  et  on  peut  le 
traduire  par  camjMgne,  Feld,  mais  Wiiste,  désert  est  ici  de  trop. 
Bittner  St.   sh.  I  p.  22,5   d'en  bas  rend  le  sh.  dâ^an  plus 

exactement  par  Feld,  Land.  De  là  vient  le  nom  du  ^^*,c>  ,^^[5 
en  Hdr.,  qu'on  écrit  Do'^ân  dans  l'Encyclop,  de  l'Islam  sv., 
sans  avoir  consulté  mes  publications  sur  l'Arabie  du  Sud.  Je 

û    ^  _   0  - 

me  demande  si  ce  mot  n'est  pas  le  même  que  tlj^o,  ou  (j^^o, 
selon  l'accent:  ><  <  „  <  c  ?  —  Stacea  p.  1  sv.  abided:  ^^o 

oLxjuj!  nyl-^'  (j^^^  '^^^  Lf^  à^'^ ,  obéir,  se  soumettre  «,  se 
conformer  ci,  ce  qui  est  ^'->. 

^js^ù,  i,  <  !co,  u,  appeler  qn.  avec  ace.  ou  J  ou  ,j^,  Hdr.  p. 
133.    id^'eb,   appelle-le,  Dt.  —  J^  lc^^j   cner   d    qn.  J<Ji!  j. 

j,  le  soir,  les  Easanah 

crièrent  d  ceux  qui  se  trouvaient  da?is  le  hnsn,  12,  5.    Mais 

-  û  - 

(j:v£j>,  proférer  des  imprécations  contre,  injurier,  le  contr. 
de  J  (j^^j  prier  pour  qn.  J  j^^^  peut  donc  en  datînois 
signifier  appeler  qn.  (par  un  cri)  et  pjrier  pour  qn. 

Comme  l'arabe  Ico,  u,  n'a  pas  été  trouvé  dans  les  autres 
langues  sémitiques,  Nôldeke,  ZDMG  66  p.  736,  suppose  que 

c'est  un  dénominatif  de  l'interjection  ^  co  ou  ^b  ib,  Mu- 
faddal  N°  7  v.  23,  Euting  Tagebuch  I  p.  24, 1,  et,  selon  lui, 

apparenté  à  lAj,  ^SS.  Je  connais  bien  cette  interjection.  Les 
chameliers  l'emploient  pour  faire  marcher  les  bêtes  lentement 
et  avec  précaution,  cf.  les  Lex.  sv.    La  V~\^  est  =V   ^ 


791 

et  désigne  originairement  un  bruit.  Je  me  demande,  sub  ^, 

vhv.  si  l'on  peut  ramener  les  deux  sens  de  V~^  ^  b  au 
même  point  de  départ;  cela  n'est  pas  impossible.  Il  faut 
alors   que   îJ^o,   démolir,   soit   aussi   dénominatif,  vhv.,  de 

même  que  les  autres  verbes  dérivés  de  V~çc>  =  b.  Cf.  «bb, 
qui  indique  également  un  bruit,  pouf.  Etant  donné  le  grand 
rôle  que  les  onomatopées  jouent  dans  la  formation  des  thèmes, 
je  trouve  l'étymologie  de  Nôldeke  tout  à  fait  juste  et  accep- 
table. 11  y  a  longtemps  que  j'ai  la  même  idée  concernant  le 
verbe  !co,  u,  et  je  suis  heureux  de  me  trouver  d'accord  avec 
le  savant  maître  de  Strasbourg.  ^  .  .  • 
i^ji  <  ^bî,  a  donné  en  datînois  ^Ajî,  jirétendre,  soutenir, 

341,  et  c'est  bien  aussi  ainsi  qu'il  faut  expliquer  le  méso- 
potamien  "^lAJt,  Meissner  NAGJ  p.  121. 

i^^b,  tous  ensemble,  la  totalité.  ^^  Lm.J!  ^j^  *r;v^'^  'îj^j  ^^^^'^ 

s'enfouirent  du  village  (ou  de  la  localité)  9,  19.  .^Jlj  ^Uj  ^ 

'l^'  '^<:o  ^^b  J.,  B.  Y.  y  lève  tout  le  contingent  des  JDannah, 

Hdr.  p.  434,6  d'en  bas  et  p.  470.  j^^y^.  ^^  j^^  o^  (J''^^' 
et  tous  ceux  qui  font  partie   des  Béni  Ketjr  doivent  venir, 

RD  I  p.  61,3  d'en  bas.  Sy^^.  ^^  t^ç*-^:^  ^'^  6h  ••-d^jj 
il  envoya ...  et  dit  :  Tous  ceux  qui  font  partie  des  (reneybe 
doivent  venir  auprès  de  moi,  ib.  p.  88,  12.  Classiquement, 
on  dirait  ici  ^U:>  ou  KtU:>,  I  SaM  V  p.  384,  1  avec  la  note 
de  de  Goeje  ZDMG  61  p.  468.  RI)  Gl.  sv.  C'est  sans  aucun 
doute  le   participe  ,^^b,   celui  qui  appelle  à  la  guerre  tous 

ceux  qui  se  rallient  à  la  tribu  principale  et  qui  ont  le  même 
cri  de  ralliement  et  la  même  s^o;  voir  Arabica  IV  p.  17  et  ss. 

^ei^,  pl.  ^c^îAx),  expliqué  1786  et  Arabica  V  Gl.  sv. 


798 

^co,  a,  i,  laisser,  laisser  faire,  laisser  devenir.  Forme  se- 
condaire de  çoj,  1516  n.  2,  vhv-,  comme  ^j^,  i,  <  w^^,  et 
^^>«ï;,  vhvs.  Cette  forme  n'existe  que  dans  le  Nord,  en 
""Oman   et  en  Algérie,   selon   Beaussier  sv.  :  Jaisser,  mettre 

de  co^e  (Est)".  Eu  Dt.  et  en  I.Idr.,  on  dit  ^j^;  en  Hdr.  aussi 

Ji>,  qui  n'est  pas  courant  en  Dt.  ZDMG  XXII  p.  117; 
Sachau  AVLM  p.  76;  Socin  Diw.  Gl.  sv.  Musil  o.l.  p.  300,4: 
Qâl  ma  ad^âni  zamâni  (lisez:  qâle  mad-^âni),  il  dit: 
le  temps  ne  m'a  pas  laissé  faire.  Iw  Allah  ed^a  batnak 
râwi,  par  Dieu,   laisse  ton  ventre  plein  d'eau,  se  remplir 

d'eau,  ib.  p.  352,4  d'en  bas,  =  dt.:  iiiLâ  dULû  ^.    Mais  ib. 

p.  448,14:  hâtû  lo-s-sikket  el-kebîre  *  yid'i  biha- 
d-dîre  demâr  est  traduit  par  Reichet  ihm  die  grosse 
Pflugschar*  zerackern  loird  er  damit  das  ganze  Land  zu  Stauh: 

.L^j  ijjAiî  1  i  }  ^c^^,  ce  qui  prouve  que  l'auteur  n'a  pas 

compris  la  dernière  partie.  Autre  exemple  chez  Musil  o.  1. 
p.  194,  rapporté  ici  sub  ^L=>   p.  518   et  qu'il  n'a   pas  non 

plus  compris.  éJ^=>*)  iX*JLj"  dUc-v-co,  je  t'ai  laisse  rester  seid, 

Haurân.  q*«*^  UwK  ^^^o  U-^-'y  'l^Joas,  il  lui  fendit  (=  oi^) 
la  tête  qu'il  laissa  ou  réduit  eti  deux  moitiés,  Haurân,  et 
ensuite:  a.Li-jLc  Li^^^  Lleo,  jious  allons  la  traîner  a  la 
grotte.  C'est  sans  doute  cet  impératif  très  courant  qui  a 
engendré  cette  forme  secondaire,  é^  Jyc  JLi>  LJ  «Ilij  Li£j> 
aLsjJI,  allo7is  envoyer  un  cavalier  sur  cette  colline-là,  ^Anazî, 
46&  n.  1.  Ici  co  est  employé  comme  les  impératifs  ^_J1=>  dans 

le  Nord  et  en  Hdr.  et  f.  en  Dt.  oLo.  p'I-^o,  nous  les  rédui- 
rons en  cendre,  Socin  Diw.  I  p.  298  BB.  Socin  traduit  ^^o  par 
„zu  Etioas  machen",  Diw.  III  §  125,  comme  je  le  traduis  aussi 


799 

par  réduire  à,  mais  le  sens  fondamental  est  toujours  laisser. 

RO  §  342  p.  210,  12  d'en  bas:  ^irîo,  iL^_4>-iî  vi-^-«  o^ 

L^t\:>5  KjL)  J^,  un  tel  a  réparti  les  parts  et  laissé  chaque  part 

à  part.  Ib.  p.  269,  18  :  s  s  ô  h  h  d  â  ""i  n  n  o  k  i  d  s  w  â  h  i ,  il  a 
laissé  clés  dattes  dans  un  seul  tas,  il  en  a  fait  un  seul  tas. 
Ib.  p.  297,6  d'en  bas:  ede^îk  mekânek,  ^e  te  laisserai 
là  où  tu  es.  Ib.  p.  304,  1:  da'^êto  ykiss  keinno  hanît, 
je  le  laissais  avoir  l'air  de  pédéraste.  Ib.  p.  320,  6  d'en  bas  : 
nauwljo  rkâbhum  u  hadro  (vhv.)  1  fur  s  "anhin 
uda'^yûhin  fsèblit  ssêh  Yahye,  ils  firent  agenouiller 
leurs  rtiontures  (=  se  reposer)  et  leur  enlevèrent  les  couver- 
tures   qu'ils   laissèrent  dans   le   vestibide  du   Sêh   Y.    Ib.  p. 

330,  10:    ^^*i!  iJu^  J.  L^-j^CsJi  Llou,   7ious  voidions  les  (les 

bâtons)  laisser  parmi  les  autres  hâtons. .  Ib.  p.  354,  5  :  m  â 
ydô\yûh  batte  sê'^a  fîh,  on  ne  l'y  laisse  pas  même  une 
heure.  Ib.  p.  367,9:  ;^\  iL*JLc  ^  lA>-^-Î[î  J^  Ij^^j»  (^l  Us 
laissèrent  les  chevaux  et  les  chameaux  ci  la  colline  de  etc. 
Ib.  p.  368,  11:  kesar  el-feleg  uda'âh  ysîr  fil-wâdi, 
il  détruisit  la  rivière  et  la  laissa  aller  dans  le  loâdi.  Ib.  p. 
426  N°XXVI1  V.  4:  tid'î  1  'aduw  mutâyehîn,  où  l'on 

a  certainement  chanté  ce  criant  de  guerre,   ;U_i:  =  dt.  Jwc'-  : 

tid-^il-'a-dû-wim-tâ-ye-hîn  (--^'-  I  --v^-),  eiî/î/i  (=û.  L) 
laisseras  l'ennemi  jeté  là  par  terre.  Stace  p.  57  sv.  escape: 
Q^:s=\-o  p£.ôJ^  ^,  we  will  not  let  them  escape,  mais  Stace  a 
ici  mal  rendu  la  traduction  fournie  sans  doute  par  'Abd 
el-Qâdir  el-Mekkâwî.    ^j^-^^î  c>^>-^j  ijt«.:^î  Ojs'  '^  c>v^ij,  et 

je  devins  tel  que  je  ne  distinguais  plus  le  vendredi  du 
samedi  et  du  jeudi,  Meissner  MSOS  VI,  ii  p.  94,8  d'en  bas, 

glosé  par  o^aj;  il  faut  probablement  lire  ici 


800 

On  sait  que  les  grammairiens  arabes  enseignent  que  le 
parfait  co,  n'est,  pas  usité  dans  le  sens  de  laisser,  et  qu'on 
le  remplace  par  <èf\  Ta'^lab,  Fasîh  p.  24  et  p.  40;  Sihâh  sv.  ; 
Tabrîzî  dans  Hâm.  p.  304;  Zamah.,  Asâs,  sv.;  Qâm.  et  TA 
sv.  ;  Suyûtî,  Muzhir  II  p.  98  et  ib.  p.  25  qui  cite  la  même 
opinion   de   I.   Doreyd   et   I.  Durustaweih,   parce  que   le  w 

initial  de  co^  et  de  .3^  est  un  JJ^ix^v»^  <Jf>\  Mais  le  Prophète 
a  lui-même  employé   le   parfait,   selon   en-Nihâyah,  sv.   qui 

défend  aussi  le  parfait  puisque  le  Prophète  est  vr*-^'  ^.^^xaiî. 
L  A  X  p.  264,  7  reproduit  cela,  et  Ton  y  trouvera  des  exem- 
ples de  cj>3  =  liL),  de  même  que  de  ç^»>  et  de  ^oi^,  ^  T  A. 
Je  renvoie  à  mon  article  ici  sur  ^o^,  oià  il  y  a  des  exemples 
de  l'emploi  du  parfait,  =  ^iLj■,  et  même  de  ^o^î  dans  les  dia- 
lectes du  Nord,  ^ù*^  a  du  reste  tous  les  sens  que  comporte 
le  français  laisser.  cOj,  faire  ses  adieux,  est  aussi  laisser  qn., 
le  quitter;  déposer  est  aussi  laisser  là;  cf.  ^^. 

;^^ 

±^ ,  être  petit  et  chétif,^J>ô,  763.  —  Pousser,  stossen,  et 
alors  <y:j  =  yîo  vhv.  RO  p.  259,10:  sort  bêt  el-ker- 
râni  udarart  ''alîhum  yitqahwyo,  ^e  suis  allé  à  la 
maison  du  scrihî  {secrétaire)  et  je  suis  toyyihé  sur  eux  qui 

étaient  en  train  de  boire  le  café,  =^  dt.  *.^-Jlc  v^^^.^-^I:' .  Cf.  aussi 

Jj^o,  J.C  et  jLc  vhvs.  El-Fâhir,  éd.  Storey  p.  47,  4. 

jàj^\ ,  se  fourrer  dans.  j«^j  ^lXJî^  io.b^î  icJU=>  ^  ^-«-^3^) 
et  il  se  tenait  là  debout  avec  les  autres  gardes  et  se  fourra 
parmi  eux,  Bâsim  p.  106,  20  =j^z^o^i\.  Cf.  ysj». 

j^o ,  a,  ne  figure  pas  du  tout  chez  Lane.  L  A  VIII  p.  191,  4  : 
iLoL;.  *.^s>  |*.^JLc  J^àj>,  et  le  Qâm,  id.  sans  ajouter  que  c'est 


801 

yémanite.  Dans  les  parlers  du  Nord,  il  y  a  deux  sens  bien 
distincts:  1°  faire  quelque  chose  de  bonne  heure  le  matin, 
Béd.  du  Nord  et  Syrie,  >  ^ar^zr  le  matin  pour  la  maraude, 

^jc,  attaquer  le  matin;  cf.  ^c^^,  |^>,  .^n^.*^  et  ,*:s^,  ici  pp.  303; 

806.  Un  ""Anazî  me  dit  :  *.^Jlc  'lIAéj  ,  nous  les  avons  attaqués  a 

l'aube,  ce  qu'il  expliqua  par  Lu.i^^.  Son  synonyme  de  Sud  est 
Jji  j^£ ,  vh  V.  ;  Wetzstein  apud  Hartmann  L  L  W  p.  238,  oii  = 

(^-w,  i,  faire  une  35^,   maraude  nocturne.  M.  el-M.  donne 

pour  la  Syrie  LaJaJî  c>./ii.c>j>!  =  v^t*^'  '-^^■*-^  s::^*)^?!.  Chez  les 
Bédouins  du  Nord,  ce  verbe  se  rapporte  de  préférence  à  l'ob- 
scurité avant  l'aube  ou  à  la  première  pointe  du  jour.  Sanfarâ 
se  sert  de  ce  verbe  dans  sa  Lâmîyah  éd.  de  G.  Jacob,  Schan- 

farà-Studien  I  p.  f  v.  55  et  p.  87,  ib.  II  p.  35:  ^^  c^^^c^ 

;iJt  (jiJbj   lA-^,  j&  suis  parti  à  l'approche  du  matbi  maigre 

ou  dans  l'obscurité  et  la  bruine,  où  Jacob  a  raison  d'adopter 
cette  leçon,  au  lieu  de  y^^ro .  —  2°  Prendre  une  poignée  de 

quelque  chose,  =  ^jJ>  vhv.,  de  K~^^ ,  presser.  \Ji^<\^.  ;J:yC»*^*JI 

^^LLiLali  ^^i-^  ^^!  3jLè  ^y,  '^J^àj>,  le  soldat  pre7id  du  sac  de 
café  mie  poignée  (la  mesure  d'environ  deux  ocqes),  ce  qui 
est  Vociroi  pour  le  sultan^  ''Awlaqî.  Je  ne  l'ai  constaté  que 
dans  les  contrées  'awlaqites.  Dans  le  W.  Mayfa'^ah,  un  '^Aw- 

laqite  parmi  mes  gens  vint  me  dire  que  iCo^  ^^  ^__çi^  ^  Lo 

Ù     -  V.  ù      - 

L^  oUisX'^  i^^iixo  jv^  -é^Ji ,  il  7Le  reste  plus  rien  dans  le 
sac  de  dattes:  tous  en  ont  pris  des  poignées. 
^Ji.£c>  et  iU:^co,  l'heure  après  le  coucher  du  soleil  et  1  heure 
avant  le  lever,  le  crépuscule,  ou,  comme  on  dit  partout  en 
Arabie:  ^^\1\  ^y,  ^A^\  J^  Le  ij^  Dt.  1646.  Le  Qàm.  seul 
a  J^l'^ -= -:USL ,  tandis  que  LA  n'a  ((ue  les  formes  verbales 

51 


8Ô2 

dénorainatives.   Dans  nos  dialectes  du  Sud,  on  dit  ^jixlî  et 

xxi.^.  Ces  mots,  ainsi  que  les  autres  analogues  désignant 
un  point   du  jour  ou  de  la  nuit,  n'ont  jamais  l'article.  On 

peut  bien  dire  iCvCio^JJI  ^  [•>-t-*-J^  U4.:s\P,  Nord,  ou,  Sud,  j 

ioi:^^! ,  dans  le  courant  de  la  pointe  du  jour^  mais  non  pas 

iLcis_Éj  J.  ,*-f^J^  '\-^-'*-^ ,  ni  *^^  ^5,  car  alors  il  faut  dire 

X-i.co  j».^jj£  Ll«.:s^  ou  &-c^c,  sans  J,  et  sans  l'article.  C'est 
sans  doute  parce  que  ces  mots,  usités  comme  adverbes  tem- 
poraux, représentent  un  ancien  accusatif  adverbial  temporal, 

Liio,  'sJ^ù ,  et  U^^,  &.ciwj£,  et  ils  étaient  alors  par  eux- 
mêmes  déterminés,  Cf.  1185  et  Brockelmann  VGSS  I  p. 
467;  ib.  II  p.  701  en  bas,  où  il  me  cite  Dt.  76,11,  mais 
là  il  y  a  al  a  'a  bas  et  non  'a  la  "a  bas,  comme  l'écrit  B., 
malgré  mon  explication  1185. 

iccisco,  poignée  de  qc.^  voir  exemple  plus  haut;  seulement 
dans  le   Sud.    Un  développement  de  (jixio  est   jio.Uo,  que 

je  ne  connais  qu'au  pluriel,  à  l'instar  des  mots  traités  1414 
et  sub  r*^Lo-  Ahad  el-âyyâm  fagâm  darârîs  ed-çlàu"* 
u^àhad  el-gedàh  (on  mahlaba)  biyeddu  urâh  la  en- 
nâga  ugadab  dùyûdha  usâr  yehlib,  un  certain  jour 
il  se  leva  à  la  -première  lueur  du  matin,  prit  le  bol  à  la 
main  et  alla  d  la  chamelle  dont  il  saisit  les  tétines  et  se  mit 
à  traire,  récit  d'un  Bédouins  du  Haurân.  Ici  le  hadarî  dirait 

'iJ^S .  La  langue  littéraire  a  ^Jr^^^  ^"3]^  =   ,^^Jal\  o!^  ou 

^^JaJî  ^,  LA  IV  p.  149,  V  p.  470,  Abu  Zeyd  Nawâdir  p.  128, 

oi^i  c'est  expliqué  par  kJ!yb  ^^^.^ajj  ,j*^4-^'î  Ja^*.*^"  L«  L>jtj,  Asâs 
sv.  et  L  A  XIV  p.  5,  oîi  sont  reproduits  les  mêmes  vers  que 
dans  Abu  Zeyd,  Sihâh  et  QAm.  sv.  ;  Lane  p.  2256  col.  b 
n'a  pas  bien  compris  cette  locution,  malgré  le  S.  et  le  Qâm. 
qu'il  cite. 


803 

Wetzstein,  apud .  Hartmann  LLW  p.  238,  donne- cAyîiJsi^j 

brave  guerrier,  \.;,>JJa!)\  u*,Uit.  Je  ne  connais  ce  participe  que 
dans  son  sens  véritable  d'attaque  le  matin. 

Un  autre  développement  de  V~^iJ:^o  est  le  syrien  ^^3, 
p.  e.   ^_^î  ij^^o  ou  ^Ly^î ,  la  pointe  du  jour  apparaît,  comme 

^  '.  ■  -.   o  ,  ■    '       ' 

(ji -bi:  <  iji^iac  LA  sv.,  de  même  que  l'égyptien  yi^-cijio,  io 
6e  c?m  ;  iC-ix.ioi:iAx>  LôjJ! ,  f^  zs  dar/c  ;  KxiJijij.,  dimness,  obscu- 
rité, Spiro  sv.  ;  Dozy  d'après  Bc,  éblouir.  —  LA  donne  le 
thème  ^v^jJ> ,  VII  p.  388  =  ^j^J^Cka  ,  et  I  Sîdah  IX  p.  39 

en  bas:  jJl^!  J>-*J^'  u*-*-^'^»  =  LA  sv.  Le  Qam.  a  ^j-w^o, 
;j«.*co,  ;j.A*i>o  et  ,j«^4^o,  de  même  que  LA  svs.  et  qui  tous 
paraissent  avoir  le  sens  de  yo«.  TA  ne  fait  que  reproduire 
LA.  Le  thème  J^c^  est  donc  =  ,j*«.£0 ,  comme  ^jJ^  est  = 
^j^,  I  Sîdah  IX  p.  38,  5  d'en  bas  et  p.  48;  Jiil^J:-  et  y-^I^c, 
ib.  p.  41,6  d'en  bas. 

Les  verbes. ,j«.^o  et  ij^^o  pourront  donc  être  un  accou- 
plement de  u-.'*^,  être  très  obscure  (nuit),  I  Sîdah  IX  p.  39 
en  bas,  et  de  ^j^^  et  ^j^î^^  =  \J^^'i  et  (j*^r^,  I  Sîdah  ib., 
=  y*.*>o  et  (j«^->,  de  (j*^^,  avec  contamination  de  K~j*:>, 
être  noir,  de  ^^=>j>  et  de  |?o  pour  expliquer  la  troisième  lettre 
épenthétique,  qui  a  toujours  sa  raison  d'être  et  n'a  pas  été 
intercalée   au   hasard  de  l'alphabet.  Mais  u«^o,  Ruzicka  o.  1. , 

p.  225,  n'y  a  que  faire.  L'algérien  ^jiuèo,  ne  pas  éclairer 
(lampe),  Beaussier,  est  assurément  composé  de  J^^  et  ^Jiuc. 

La  V~^^^J^^>  s'est  aussi  conservé  dans  l'algérien  jj^lLcÂ-^, 
sombre,   couvert  (temps),  aussi  au  flg.,  comme  le  sont  aussi 

les  verbes   susdits.  Le  verbe  classique  ^êo,  être  sombre,  < 

^^ ,  L  A,  Qâm.  et  T  A  sv.  =  ^Ji>*s^o  fait  aussi  partie  de  la 

_û-t 

Y ,  tj>  =  V    ?o,  et  tji«.*i.o,   qui   est  aussi  =  c^! ,  peut  être 


804 

un  accouplement  de   (ji-oo,  être  agité,  et  de  iji.£o<l/   ^, 

presse^',  comme  nous  disons  p7'esser  les  pas,  s'empresser, 
et  par  conséquent  d'une  racine  homonyme,  mais  de  sens 
différent. 

Il  y   a   aussi  les  verbes  0^:0  =  y:^,  d'après  Ta'lab,  chez 

I  Sîdah  IX  p.  39  en  bas,  et  sa  métathèse  OS^y^  dans  ojo^ 

'ujîycw  isUt,  ib.  et  LA  sv.,  et  les  substantifs  iiJs^v^  =  iLiOj_c, 
ib.,  LA  XI  p.  387:  ^^^  >' J^Ji!  lt-LJ]  i)  et  ib.  p.  160,  même 

^    ^  ù  - 

définition.   Ruzicka  0. 1.  p.  162  donne  o^^è  comme  une  dis- 

similation  de  oAi,  qui  pourrait  bien  exister,  mais  le  sens 
de  jjAji,   a,   est  être  en  abondance  (eau,  pluie  ou  rosée)  = 

jJi,  LA  XI  p.  156,  et  n'a  rien  à  voir  avec  oo^.  Un  déve- 

loppement  de  ^Aji  est  sans  doute  oLaJ:j,  verser,  répandre 

en  grande  quantité,  accouplé  à  oJio,  LA  sv.:  îot  ^li!  oiâèo 
iiJi-îj.  Il  n'est  pas  non  plus  probable,  comme  le  pense  Ruzicka, 
que  ^o-c  soit  apparenté  à  ^Ac  =  Tii7,  malgré  j^î  ^ô^\ 

Buhl  sv.  T1V.  00^  et  ^cXi  peuvent  être  apparentés  séma- 
siologiquement,  mais  ils  ne  le  sont  pas  étymologiquement. 
La  l/~oAc  me  paraît  renfermer  deux  sens,  être  noir,  d'oii 

5  3  w 

vient    le   nom   du   corbeau    oiAc  =  >_j!^,    le    syrien   o^Xc, 

blasphémer,  propr.  noircir,  comme  ^^^^^  et  Oj-^,  vhvs.  I.  Sîdah 

XI  p.  183  et  le  classique  et  dialectal  ^ic>,  même  sens  et 
couvrir,  comme  ^^iJ>  <  q=>^,  être  sombre,  noir. 
Jit^  n'existant   pas   en  ai-abe,  il  faut  bien  considérer  00^ 
comme   primaire  et   y   voir   peut-être   un  accouplement  de 


')  Ruzicka  p.   1G2,  incorrectemont  — "^^  l'*^-^'»  en  citant  cela 


o 


805 

^f.  et  la  V~C'.  pour  expliquer  la  raison  d'être  du  d'épen- 
thétique. 

Je  ne  vois  pas  bien  l'origine  du  verbe  J^^:).  Faut-il  penser 

à  une   variation   du   (J^S^tJ^-,  être  sombre,  I  Sîdah  IX  p.  41, 

Qor.  79,  v.  29:  jyJJi  J^î^^',  Sanfarâ,  éd.  Jacob  v.  55?  Mais 
ce  dernier  thème  me  paraît  être  un  accouplement  de  K^Jac, 
vhv.,  et  de  K~jijL,  être  sombre^  être  couvert,  ce  qui  n'em- 
pêche que  J^c>  ne  puisse  être  de  même,  avec  désempha- 
tisation  du  -b  et  métathèse. 

Il  y  a  également  le  classique  (jiiL-iob,  qui  est  probablement 

pour  (jiL^,  eu  égard  à  uill2£  =  J^JJ!  'U\^,  LA  sv.  et  à  la  voyelle 
u  des  autres  mots  indiquant  l'obscurité,  voir  p.  720  en  bas. 

I  Sîdah  explique  j:iLii>£,  IX  p.  25,  6,  par  >-vj^  y*^xiJî  jio, 
d'après  Abu  Hanîfah,  et  ib.  p.  44, 9,  d'après  Qutrub,  par 
L^L/ixc  iJoJiJ  :'\J>j>)^  AjliJ!  J^!,  ce  qui  est  copié  par  LA.  C'est 
là  absolument  notre  (j-^éo  et  i;-cix:o,  Nous  trouvons  ce  (j^L^i^i 

chez  Sanfarâ,  Lâmîyah  v.  41,  où.  le  suivant  „%^î  ^  indique 
que  ui-Uxi  est  ici  l'aube.  Nôldeke,  apud  G.  Jacob  Sanfarâ- 
Studien  II  p.  29,  doute  de  ce  sens,  mais  il  faut  alors  mécon- 
naître la  valeur  des  dictionnaires  arabes.  Les  lexicographes 
n'ont  point  inventé  les  mots  qu'ils  donnent.  L'enregistrement 
d'un  mot  dans  les  dictionnaires  arabes  me  suffit  pour  prouver 
son  existence,  même  sans  exemples  à  l'appui. 

Malgré  tout   ce   qui   précède,  je   suis   dans  la  iUxco  pour 
expliquer  l'étymologie  du  verbe  (ji^îo.  G.  Jacob  dit,  Sanfarâ 

II  p.  35,  que  l'idée  d'obscurité  n'est  pas  renfermée  dans  le 
mot  même  et  que  iJiJ^  est  originairement  presser,  tomber 
sur.  Mais  cette  idée  ^'obscurité  gît  bien  dans  ce  verbe,  qui 
est  assurément  senti  comme  ayant  ce  sens.  Jacob  veut 
probablement   dire  que  du  tout  premier  sens  fondamental 


806 

s'est  développé  celui  à' être  obscur.  La  V^-^  =  i-^  a  certai- 
nement le  sens  primaire  de  presser,  serrer  (tomber  sur  est 
secondaire),  avec  plusieurs  élargissements  qui  ont -la  même 
sémantique,  mais  j'ai  quelque  doute  sur  la  possibilité  de  la 
transition  sémasiologique  d'une  V~^ô,  presser,  >  ij^^o, 
presser  et  être  obscur.    Jacob   a  vu   dans  les  dictionnaires 

J^  (ji^o,  fondre  sur,  et  ^J^^o,  se  presser  autour  de  l'eau,  et 
de  là  il  conclut  que  ;ji^cj>,  être  obscur,  doit  aussi  provenir  d'un 
thème  J^~^,  presser.  Or,  J^  ji.£oest  secondaire  et  s'explique 

comme  ^}£.  ^,  .Js:  ^J;^^,  o>v^,  r^^?  ^t*^'  "^^'^^  P-  ^^3  en  bas  et 

p.  817.  iU!  J^  ij:^b,  s'il  ne  s'explique  pas  par  le  fait  qu'on  mène 
le  troupeau  à  l'eau  de  bonne  heure  le  matin,  il  peut  découler 
du  sens  de  presser  qu'à  incontestablement  la  V~j:^c>  aussi 
et  qu'on  retrouve  dans  sa  variation  V~p^  =  ^o,  fouler,  qui 
a  donné  u*^co,  \Ji>o,  etc.,  vhvs.  D'après  moi,  ^ji^-èo,  être 
obscur,  n'a  rien  à  voir  avec  ce  sens-là,  et  je  crois  qu'il 
provient  plutôt  d'une  racine  homonyme  ^  =  ^o  ^^  ^j>  qui 
veut  dire  yu«  ou  quelque  chose  d'analogue.  fJ^\  ^JJîj. 

Juio,  a,  expliqué  Hdr.  p.  365,5  s.;  même  sens  en  Dt. 
LA  sv.  dit  que  c'est  le  synonyme  de  Jwi>o.  J^o  est 
donner  un  coup  avec  une  arme  dans  le  côté,  mais  JU,  u, 
est  assassiner  dans  un  guet-apens;  I  Sîdah  XI  p.  43  en  bas 

et  p.  45  sur  J-s-£.  Cher,  Alfûz,  le  fait  venir  du  persan  J^J 
=  ^A  ou  xLp.  =  -éo  vhv.  dans  quelques  acceptions,  comme 
aussi  Vollers  ZDMG-  50  p.  640.  Je  crois  que  J^o  vient  de 
V~ç^,  voir  sub  ^J^^^,  et  K^J^J;  > . JLd ,  i;  cf.  ^j>  et  j*-£o. 
En   Syrie,   il  y  a   le  verbe  J^j,  falsifier,  frelater,  Nôldeke, 

Doctor  und  Garkoch  p.  27,  avec  l'intensif  jJ^jj,  tricher  au 
jeu  (Belot),  que  Feghali,  Emprunts  pp.  42  et  79,  dérive  du 
syriaque  de  gai,  fefellit,  decepit,  et  le  compare  avec  l'arabe 


807 

J^o,  mentir,   tromper.   Voir  ici  sub  _,o  p.  701  en  bas.   Le 

syrien  dialectal  derel,  s'envenimer,  se  corrompre  (plaie),  est  cer- 
tainement le  même  verbe  que  notre  Jsco  en  question  et  non 
pas  l'arabe  S^^,  enduire  de  goudron,  comme  le  pense  Feghali 
0. 1.  p.  42,  car  ce  verbe  est  un  élargissement  de  V  _.o  (L>o), 
être  noir,  vhv. 

Le  verbe  '^omânais  j.^j  J^Âj;,  nager  dans  son  sang,  RO 
p.  255,  12,  pourrait  bien  être  le  même  verbe  par  conta- 
mination avec  J.O,  sang.  —  iUL-vio,  366,  est  dans  le  Nord 
l'action  de  rôder  furtivement,  ZDUG  XXII  p.  124.  En^Omân, 
quet-apens,  Rôssler  MSOS  I  p.  83,2:  j^L^li-  «-V^^  cr  ^^ 

vjb.k!l  ^5  iJlxio  LlI  ,^cy*o,  710US  craignons  que  Hammoûd  el- 
éahlpàfî  ne  nous  tende  un  guet-apens  sur  la  route;  ib.  p. 
84,6  d'en  bas. 

Jo,  pousser,  1180  d.  1.;  1595;  lidr.  p.  475;  Stumme  MGT 
Gl.  sv.   Cf.  ^o,^j-,  (jiio,  ^L>  etv««o,  vhvs.  et  sub  léUo.  La 
remarque  de  Feghali  p.  20  n.  5  est  parfaitement  juste.  Voir 
ol>  sub  ^_^L>. 
&jj,  entreprise,  tâche  496,2   d'en  bas  =  1182  d.  1.  et  note, 

mais  aussi  joug.  Ce  verset  me  fut  différemment  expliqué  à 
plusieurs  reprises.  Je  crois  que  la  traduction  497  est  la 
meilleure,  mais  le  premier  hémistiche  est  plus  littéral,  1183; 
le  sens  est  le  même.  —  Quote-part,  Dt.  —  Côté.  RD  Gl.  sv. 

^o,  pousser  avec  force,  repousser;  donner  un  coup,  frapper 
Dt.  1180  n.  5;  1595  en  bas,  expliqué  Hdr.  p.  475;  =  ^à^j, 

vhv.  et  ^vj,  vhv.  ^  iL^L^î  ^o  Q^^aJ',  l'ouragan  poussa 


808 

le  hâteau  sur  la  terre  Dt.  Elargissement  de  l/~v_îO.  Cf.  ^o, 
ijijo,  ^o,  vjisj  et  peut-être  aussi  yo,  voir  ici  p.  812  et  p. 
816  en  bas. 

y.      ■ 

^L>,  u,  pousser  avec  force,  repousser,  1180  n.  5.  Dans  toute 
1  Arabie  et  le  Levant,  avec  l'intensif  syrien  iJ»,  voir  sub  io,o. 

(îZ-a.  es^  du  sable  fin  comme  celui  que  rejettent  les  flots  de  la 
mer,  expliqué  Hçlr.  p.  475.  En  Dt.,  on  dit  ^l\_j  J^.a_wJ!  le 
torre?it  est  impétueux  et  pousse  tout  devant  lui.  Stace  p.  133: 
;^o!^t  ^o,  push  or  rush  of  torrent.  RO  p.  103, 17  d'en  bas: 
ta^âllo  min  warâh  u  dufro  "^aqiddâm,  approche  de 
lui  de  derrière  et  pousse-le  en  avant.  Ib.  p.  838  d.  1.  :  v_jLJî  jo, 
il  poussa  la  porte.  RD  Gl.  sv.  Jahn  M  S  p.  172:  defôr  en 
meliri,  stossen,  schleudern  =  Bittner  Studien  II  p.  124,  qui 
paraît  ne  pas  avoir  observé  l'arabe  ^ô.  Meissner  NAGJ 
p.  121.  Sâr  heydâk  el-^âgel  yidfôrha  yamm  gurs 
el-magnûn  u  tamm  yidfôrha  hatta  da^aset  bil- 
gurs,  l'homme  sensé  se  mit  à  la  repousser  (la  femme)  vejs 
la  miche  du  toqué  et  il  continuait  de  la  repousser^  au  point 
qu'elle  mit  le  pied  datis  la  miche,  récit  de  Haurân.  Prov.  et 
Dict.  Gl.  sv. 

Il  est  bizarre  que  ni  el-Gauharî  ni  Lane  n'aient  ce  sens, 
.    qui  est  pourtant   assez   courant  dans  la  lurah.  I  el-Qût.  p. 

289:  «.vXo  J,  *jt50  tyo  syo  =  Asâs  sv..  I  Sîdah  VI  p.  12,  8: 

SV.  Cette  restriction,  comme  sens  et  pays,  est  inexacte. 
Nihâyah  sv.  :  Lâ^  \j6o  *jéo  \S\  aLàï  J,  »  io ,  oîi  est  expliqué 
Qor.  52,13:  Lco  ^.J^^  yj  ^\  ^y^^j  j.^,  le  jour  où  ils  sont 
violemment  repoussés  dans  le  feu  de  la  Géhenne,  par  ^^f^. 


809 

j*^:oiï!  j ,  copié  par  L  A  sv.  et  T  A  sv.  El-Beydâwî  l'explique 
par  son  synonyme  ^^f^^. ,  et  ez-Zamahsarî  avait  déjà  glosé 
ce  Qy^'Aj  par  ^J_5^lAJ,  Fà'iq  sv.  Le  Qâm.  sv.  :  ^  ^JJ!  ^Ai! 

JuJî .  El-Bistânî  dans  son  M.  et  M.  ajoute  que  ^ô  est  vul- 
gairement =  «J»  en  général,  ce  que  est  reproduit  par  Dozy  S. 
Cf.  p.  793  d.  L 

L'autre  sens  de  ^i  dont  le  parfait  figure  seulement  dans 
le  Sîhâh  et  dans  Lane,  puer,  n'est  qu'une  variation  de  ^o , 
sentir  bon  ou  mauvais,  I  es-Sikkît,  Tahdîb  p.  494  et  s.  où 
il  dit  que   jo  (non  ^o,  comme  ^^3)  est  seulement  =  ^^i  ; 

et  I  Sîdah,  XI  p.  207  en  bas,  ^ô  est  odeur  bonne  ou  mau- 
vaise, cité  par  LA  V  p.  394,  qui  porte  le  voyelleraent  plus 

exact:  ^l>.  I  el-Arâbî  prétendait  que  ^o  ne  se  dirait  pas 
des  aromates,  à  l'exception  du  musc.  'A.  er.  R,  al-Anbârî  dans 

son  j^Uàxl)^  »L.ii^î  ^Làiî  p.  59:  'iL^.K  JliLj  oÎL\/i3"^î  ^J^  /^^[î 

ilJJo  (^î  s jo  '!^}j*,  iJJCJLfl  (^!  3 jJ .  Voir  aussi  K.  al-addâd  p. 

56;  Lammens  Farâ^id  N°36L  On  voit  donc  que  les  savants 
arabes  n'étaient  pas  bien  d'accord  sur  le  sens  précis  de  ce  verbe. 
Nous  avons  ici  un  exemple  ancien  intéressant,  probable- 
ment préislamique   et   dialectal,   du   passage  de  3  à  o,    car 

^o  que   les  lexiques   indigènes  et   Lane   ont   enregistré  est 

primaire.  Aussi  les  dialectes  mésopot.,  syrien,  égyptien  et 
maghribin  ont-il    jJ>,   a,  sentir  mauvais,   de   même  que  le 

syriaque  zaprâ,  Dozy  s v.,  Prov.  et  Dict.  sv..  Arabica  II  p. 
48  (=:  Ousâma  p.  138),  Meissner  NAGI  p.  125:  ij,  puant. 
El  (aawâlîqî,  elMo'^arrab  p.  127,  dans  le  Morgendl.  Forschungen 
Festschrift  Fleischer,  dit  :  «  jjt  Lo  &^  \yJ>^  iot   ^^_^:-^  ^^ 


810 

Bittner,  St.  sh.  I  §  56,  cite  difer  (defer)  fém.  difrît, 
mauvais,  et  ib.  II  p.  60  il  compare  cet  adjectif  au  verbe 
defôr  =  mehri  defôr,  stossen,  schleudern.- Cette  comparaison 
est  impossible,  d'après  ce  que  je  viens  d'exposer.  Dans  les 
dialectes  de  Dt.  et  de  Hdr.,  j.L>  <  j.L>  est  le  mot  usuel  pour 

mauvais,  participe  de  ^=> ,  sentir  mauvais,  vhv.  C'est  ainsi 
qu'il  faut  aussi  expliquer  le  shaurî  difer,  dont  l'évolution 
sémantique  est  la  même  que  dans  les  mots  sémitiques 
cités  par  Bittner  o.  1.  I  §  56.  Je  ne  crois  pas  que  ^ù,  puer, 
puisse  être  identifié  à  ^j>,  i,  pousser,  à  cause  de  son  syno- 
nyme ^i  >  j^,  qui  me  paraît  primaire;  car  le  passage  de 
o  à  o  rend  une  telle  identification  difficile. 

^j*,  tirer  des  coups  de  fusil,  Dt.  =  ,-ci^,  vhv.  Inf.  ^j-olXJ', 
fusillade  =  ^fJ^'S ,  p.  785  n.  8. 

^b,  pousser,  presser,  1T14.  RO  p.  1.65,  a  d'en  bas;=y-b. 

jJù',  se  traîner  en  marchant,  RO  p.  255,  7  =  o^AjAj.  Rôssler 

MSOS  III  p.  10,  11:   .5jiLi  iAj  u^,  il  se  mit  à  se  traîner 

malgré  lui.   Ib.  p.  25,7  d'en  bas:  ico^Uo  j,  jiô^,  l?-:^. >  *^ 

me  suit  en  marchant  avec  peine;  le  texte  a  yiddefar,  ce 
qui  est  fautif. 

^L>;=Jw^*w,  surtout  chez  les  Yémanites.  On  dit:  ^j  tL=>, 
lorsque  le  sêl  vient  à  Abyan.  En  Dt.,  on  se  sert  aussi  du 
pluriel  .cso.  On  y  avait  fait  ce  mauvais  ^\\   à  l'adresse  du 

Datînois  Fadl  que  j'avais  avec  moi  en  Europe  (mètre  en 
désordre) : 


811 

s»^àiS\  J>J>^  ii/OLJij!  ;f.M.\j  j^^'  tiVXj.        5^*'^'  ^'•-^r*^!  t_?^r!  '"^  i3^*^  li  r»'^^ 

Salut,   0  FadU  autant   que  le   ciel  donne  de  la  pluie  et  les 

torrents  nous  arrivent^  • 
(le  dernier   hémistiche   n'est   pas   bien   clair  et  me  fut  mal 

expliqué  par  Fadl),  où  le  pi.  j^ôù\  fut  paraphrasé  par  J^JJ!. 
Exemple  analogue  1505,  où  ^yo  est  aussi  un  pluriel. 

bjj  en  Dt.  =  sjô  en  Beyhân  et  en  Hdr.,  fois^  1030;  Hdr. 
p.  476,  ma  Festgabe  Gl.  sv.  —  i:*sj.  ailleurs;  dans  les  Mer- 
veilles de  l'Inde  5>-î^  «J^  ^  ^^>  ce  pluriel  n'est  pas  du 
sing.  iûùo ,  mais  de  ^io .  iCi^lS  %  izj^^f^  ^i-^/.  >  ^^  Icc  pose 
deux  ou  trois  fois,  47,  6.  Employé  comme  adverbe,  ensemble, 
à  la  fois,  12,4;  cf.  o^-w  vhv,  bjo  «L^  Ijt  Ij-w,  wozes  allâmes, 
moi  et  lui,  ensemble,  39,  23.  jLj^^wLII  J.  s^-io  *.J5Ju,  elle  le  pile 
ensemble  dans  le  mortier,  56,  12.  ^jv^'^S  »^^  U^'»  ^é;5  cZewo; 
lions  se  re?icontrèrent  etisemble,  83,  22.  ii^j'j  a^j>,  ïme  seconde 
fois,  88,  19  Dt.  =  iLo'j  »^o,  Beyhân,  ib.  1. 16.  »^>3  Lî'Lw,  z7  le  fit, 
le  mit  ensemble  >  il  les  amassa,  amoncella,  636  n.  2.  tj>ïl=>  ^-^L^t 
^y  (^j!3  ^3  iyo,  /es  M.  habitent  ensemble  dans  le  W.Marrân, 
1782.   PI.  ^ô,   jiô,  Ji^>ji3,    47,16.    Ma'gar   dit   dans   sa 

longue  Urgûzah,  souvent  citée,  à  l'adresse  du  sultan  des 
"^Awâliq  Inférieurs  à  el-Magâbî: 

—SJ>    \j"L>    "^    ^Xsuxall    j.j}o    ;^3         \^!aMjt)    lj^-^àj    _ijX5[5    (ji?j..5^jL) 

^^  /e  ifaMç/  (?^  le  Kaufar,  il  y  boit  au  milieu  d'eux, 
Il  honore  les  hôtes  lorsqu'ils  lui  vie^ment  (même)  à  plusieurs 
reprises,  ou  ensemble,  ou  inopinément. 

ijijo,  u,  pousser  en  avant,  repousser,  1180  n.  5;  Expliqué 


812 

Hdr.  p.  475.  C'est  un  élargissement  de  la  V~^o,  comme 
le  (jiJaï  syrien  l'est  de  la  V~Jai,  et  la  remarque  de  Fighali 
0. 1.  p.  20  n.  5  est  parfaitement  justifiée,  car  la  chuintante 
n'a  pas  ici  remplacé  la  faucale.  Je  suppose  que  ^o  est  son 
accouplement  de  ^o  et  ijij»,  la  troisième  radicale  des  trili- 
tères  ayant  sans  doute  une  origine  et  n'a  pas  été  ajoutée  au 
hasard  ;  mais  l'éloignement  du  temps  où  cet  élargissement  a 
eu  lieu  nous  empêche  le  plus  souvent  de  constater  la  pro- 
venance de  cette  troisième  lettre. 

J^^,  intens    de  la  l^.  Lieb.  v.  Amasia  p.  88,  14.  Prov.  et 

Dict.  p.  306,  1  :  ,ji-îu>  sj.xiiAj ,  on  le  pousse  vigoureusement 
en  avant.  Peut-on  le  rallier  à  t^DD,  DDH,  saisir?  Une  telle 
déviation  d'un  sens  primaire  n'est  pas  rare,  cf.   tL. 

♦  

^îo,  pousser,  repousser,  Dt.  V    ^j>,  vhv.;  la  dernière  lettre 

est  motivée  par  V~^,  synonyme  de  l/~^o ,  1 180  et  n.  5  et  ici 

sub  ^j>.  «>>  a  pu  donner  ,^"0,  p.  794,  =  LXjcX-iJî  (^%^'j  LA  sv., 
qui  dit  que  c'est  yémanite;  c'est  aussi  dans  le  Sud  qu'on 
peut  constater  le  plus  souvent  cette  permutation  de  o<o. 
Mais  on  peut  finalement  aussi  penser  à  **«o,  vhv.,  parce  que 
le  u*  est  souvent,  dans  le  Sud,  prononcé  cy,  669  n.  3;  698 

n.  1.  Comme  sa  métathèse  est  e^^  =  AjA-^^J!  ,^3-^',  LA 
sv.,  il  est  peut-être  plus  juste  de  considérer  ^'o  <  ^o;  je 
dis  „peut-être",  car  jJLcl  ^d!!,.    Cf.  les  parents  oiso,  vhv.,  yo 

ou  ^j^j>,  vhvs.,  iio  et  oiPo,  vhv.,  pDi,  pousser^  frapper  (à 
la  porte).  Sur  les  thèmes  correspondants  indo-germ.,  voir 
H.  Môller  0. 1.  p.  43.  V.  sub  ^j-^o. 

Remettre;  offrir^  payer,  Dt.  et  Hdr.,  Hdr.  p.  476  et  dans 
toute  l'Arabie  et  les  dialectes  hadarî.  En  datînois  et  en  hadr., 

^j>,  payer,  est  beaucoup  plus  rarement  employé  que  jJL*«, 


81S 

vhv.,  mais  en  mehri  dûfa  ou  dôfâ  est  payer,  BM  II  §  67 
en  haut  Bslj.  II  p.  32  =  sh.  defa^  payer  et  donner,  Bsh.  II 
p.  32  en  haut,  avec  le  subst.  defâH,  don,  cadeau,  Béh.  I 
§  6.  —  En  Beyhan-Harîb,  pa^jer  l'impôt,  et  partout  dans  le 
Sud  payer  la  dot,  avec  la  même  conception  que  dans  son 
synonyme  ^i.!  O'I-*-,  vhv. 

«o,  int.  ou  itérât,  de  ^o,  tirer  avec  des  balles  ondes  boulets. 

'iU:>  jj^  'iiM,.t^.  I^jtjj»  ^j^\  ^  'u>,  à  la  première  lueur  du 

matin,  ils  tirèrent  15  boulets,  12,  10  et  ib.  ].  14;  cf.  ^3  vhv. 
«Ajî,  s'éloigner,  se  retirer,  1664,8;  classique. 

^3,  dot,  Sud,  =  oLyw  Nord,  Hdr.  p.  476. 

^jCfl,  canon,  11,16,20,23;  pi.  ^î!jJ,  1658,  4  (sens  incertain). 

Personne  ne  dit  ^i<>^;  sl>  efidfa^  Bsh.  I  p.  33  en  haut. 

vjiso,  répandre,  verser,  partout  usité.  —  Vomir,  éjaculer,  au 
Wadday,  Carbou  p.  171.  Cf.  p.  808  en  haut. 

oisjCfl,  débouchure  d'un  fleuve,  Beyhan  ;  aussi  classique;  Naswân 
0.1.  p.  186. 

i^o,  i,  enfouir;  combler.  icUL.  »sio^  r*^'  J^  (u^y^^)  *^>  ^^  l^ 
retourne  sur  la  braise  et  Venfcîice  dans  la  cendre  chaude, 
53.  5;  cf.  Brockelmann  VGSS  II  p.  129.  ^Is  ^  bLi^ms  JLil 
iLJ^Jcfl  _xj  1  i  «  •. ,  ^es  ^.  eZ-l/.  sow^  wwe  plaine  où  il  y  a  un 

puits  comblé,  68,  19.  v'y  *^  o''^-^  '"^^  cc-^3  ;^»  ^^  ?/  ^^^'^'> 
c/îza  sous  elle  (se.  »_caxi!)  et, couvrit  le  caca  avec  de  la  terre, 

RD  I  p.  44,29.  by_snJ!  ^so,  27  combla  le  creux,  le  trou,  ib, 
p.  49, 16;  ib.  p.  40,  22:  ^.ouLaû  q^S'Aj,  ils  enfouissent  leurs 

caisses.    Tout    cela   est   aussi   courant   en    datînois.     Mehri 


814 

defôn,  enterrer.  —  ^^'o  dans  (^uXJ!  Jlo,' expliqué ,1790;  cf. 
Musil  0. 1.  p.  396,  7  d'en  bas. 

o  _ 

'iJià^  enfouissement;  enterrement^  1606  d.  1. 
xiLjo,  éboulis;  RO  p.  260,  1. 

iCuio,  trésor  enfoui  dans  la  terre,  Dt.;  pi.  Q^Lio.  Stace  p. 
175.  —  En  Algérie  et  en  Tunisie,  enterrement,  Begrâhniss, 
Beaussier  sv.,  Stumme  TGr.  Gl.  sv.  —  C'est  aussi  le  nom 
du  pays  de  Datînah,  mais  personnellement  je  ne  l'ai  jamais 
entendu  pendant  les  douze  ans  que  j'ai  parlé  et  étudié  ce 
dialecte.  A.  Deflers  écrit  Daflna  sur  la  carte  qui  accompagne 
son  voyage  en  Arabie  1889—1894.  Cette  forme  est  cepen- 
dant connue  dans  le  pays.  On  m'a  dit  que  ce  nom  .provient 
des  ^^]è>^>  qu'on  y  trouve.  Je  crois  que  c'est  là  une  étymo- 
logie  populaire:  ^o  vhv.  <^^^-  Les  Sabéens  disaient  dtnt, 
Glaser  N°  1000  dans  sa  Skizze  II  p.  89,  oii  il  écrit  Datnat 
sans  se  douter  que  c'est  notre  Datînah,  d'autant  plus  que 
tous  les  autres  noms  de  l'inscription  se  retrouvent  dans 
cette  contrée;  cf.  id.  Die  Abess.  p.  14,  mais  0.  Weber  Stu- 
dien  II  p.  24  écrit  correctement  Datîna.  Si  i^oo  eût  été 
le  nom  ancien,  les  Sabéens  l'eussent  bien  écrit  dtnt  puisqu'il 
avaient  la  lettre  î  =t.  La  prononciation  datînah  est  pour- 
tant très  ancienne,  sans  cela  la  variation  d  afin  ah  serait 
inexplicable.  Voir  Arabica  IV  p.  9,  dont  une  seconde  édition 
est  déjà  préparée.  Voir  sub  ^Jic>. 

-  o  - 

^^J>-«,  siloy  réservoir  creusé  dans  le  sol  pour  y  conserver  les 
céréales  et  la  durah,  Hdr.  p.  66  v.  16;  expliqué  ib.  p.  87  et  s. 
Ma  MJM  p.  53,  12  d'en  bas.  Un  homme  d'el-Qasàb,  Arabica  V 
p.  305,  me  dit,  à  propos  du  pays  très  fertile  des  el-Malâgim, 
Gez.  p.  98,18,  ceci:  a^pJ-^U  ^^LvJ)   (yifqa'ôn)  ^^_*JLi_> 

(les   Malâgim)   creusent,  avec  le  pic  et  le  marteau,  des  silos 


815 

dans  les  montagnes  et  ils  les  remplissent  de  grains  qui  ne 
se  gâtent  ni  ne  deviennent  amers,  mais  restent  toujours  neufs 

(frais).   Nous  lisons   dans  la  (jazîrah  p.  108,  1  :  J^xs^  c>oî 


5  _    &      _ 


^  l^\  ^y^_  L  S^  o_^l  J.   ^3jx^-  ^3  ]l:>  ^  j.  -îî   ^.^yC- 

^Jdî  ^^  ^yîA/0  J.  Cr^^^"  -5  ^J^'  ^  '-^•^  /^-  CT^-5  ^1-*^' 
^.li^  L*j.  (jS:>  1-^*^  iAj»«vo_5  JJs!  j.iî>  Lo  il!  ;Aâ]î  ^^^î  iLw^*^  L^ 
jaxj    rr-J^i     ijL^\sJJ    ^^     -.«-xJ!    (*:^"   ^    l5;*^'     r^^-*^'    o!>X*Ji    Joi 

;?Ji  1.  ;  ♦  Thj  iOL<ijL.  Ibn  el-Mogâwir  raconte  la  même  chose. 
On  procède  de  la  même  façon  partout  dans  les  pays 
montagneux  du  Sud.  ^Alî  Pacha  Moubarak  dit  dans  son 
Hitat  VIII  p.  44,  à  propos   de   la   ville   de  Liot  en   Egypte: 

a.^pja/)  iwXiii)  [^15*^1  ^}^  '\Mj  ouIaJ  ^ji^AàJ'  ^^:  ^_^  ij-  '-^j  «Aï 
L^y«    \-JÎ    y>!    ^i^    (^^■î    k^'-'^    k-*^    J^-^    *-J'    Jl-^    'l,5T.*Ï    stp.4-< 

(j^pJLjoî   o'o  obL*.]!   bo!c    ! JoCP_5    .  LicL.   L>uJt>w   ,.y>jiî  J^   ^^^-«"ï  ^r 

v_jî^!    ^j-,   yC^  >^^     '■fi^^*:^    J^i*j!    Qji>     rAxlJa/i     1  g  «.3     [î-à^.    ,.J 

^^^5v^x,  Hogarîeh  =  ^^lXxi  ailleurs.  Sur  le  mdfn  ^Juj  sabéeu, 
voir  Rhodokanakis  o.  1.  p.  74. 

^J-sô  >  j^j>  >  ^^^,  a,  avoir  chaud;  se  chauffer ,> se  couvrir; 
Dozy  donne  ^c>  d'après  Bc,  mais  celui-ci  n'a  pas  de  voyelles. 
Inf.  tliô,  1726,  5.  Mais  j^^û,  i,  chauffer  <  couvrir.  ^^  L^o^ 
(j*..*^!,  nous  nous  sommes  chauffes  au  soleil,  3G8, 3,  propr. 
nous  avo7is  eu  chaud  par  le  soleil.  *jîliu\j  *_j^  ^^x^  ^i^,  et  je 


816 

n*ai  pas  de  châle  pour  me  chauffer  avec  ou  couvrir  avec,  43, 13. 
jjtliJu  o-j  ^  ^,  s'il  fait-  froidj   il  se  couvre  avec,  364,  13. 

Dans  ces  deux  exemples,  le  hamza  n'est  pas  celui  de  ^o, 
mais  il  est  motivé  par  l'accent.  —  ^j:>,  devenir  tiède,  368,  1; 
voir  (jj^^. 

On  raconte  une  jolie  histoire  à  propos  de  lio  >  ^io .  On 
la  trouve  dans  el-Fâ^'iq  d'ez-Zamahsarî  I  p.  199,  Nihâyati  II  p. 
26,  LA  I  p.  70  et  Bihâr  el-Anwâr  I  p.  414;  la  voici  :  c^.u>JI  s 

jLjLs  jyJ)  ^j^  ^X£_j  _^P5  Lr,;j!   ^1  ^lj   [^^L^  iC-s^^  ^  l^  ^! 

\_y^<JSi)    j.^LJi_5    3X.2J!   «Jlc   iCxJ   ^_5   £olXJÎ   t\j  j   «^jLs    io    î^ol    ^ 

&)Ji  Jyw    sîojJ  o-J!  ^^  sJjo!  o\J  UJîj  s^LLjii  w .  Ez-Zam.  et 

en-Nihâyah  ajoutent  ^^y^^^  J^t  ïJ^  ^  ^^^'^  j<*^.  s'6j>^i  8^*...^=.^. 

i)es  hommes  des  Groheijnah  amenèrent  chez  le  Prophète  un 
prisonnier  qui  tremblait  de  froid.  Il  leur  dit  alors:  Emme7iez-le 
avec  vous  et  donnez  lui  quelque  chose  (un  vêtement)  pour  se 

chauffer;  LA  I   p.  69,  10  d'en  bas:   *IiL\j  ^  «-«-t-i'  »lj^'-   Le 

Prophète  prononçait  s^of  au  lieu  de  »^o),  selon  la  manière 

des  Qoreysites.  Il  ressort  de  ce  malentendu  ou  que  les  hommes 
qui  amenèrent  le  prisonnier  n'étaient  pas  Qoreysites  ou  bien 
qu'ils  faisaient  semblant  d'avoir  mal  compris  pour  le  plaisir  de 

tuer  l'homme,  car  la  V  ^io  est  de  bonne  heure  devenu  ^o^ 
LA  I  p.  69,  10  d'en  bas  et  XVII  p.  289,  7,  8  d'en  bas,  etyo  = 
j^o  est  un  développement  de  l/~^o  et  veut  dire,  =  lib,  ^b 
et  oisb,  Nih.  sv.,  donner  le  coup  de  grâce  à  un  blessé.,  Vache- 
ver.  Cette  histoire  est  aussi  instructive  d'un  autre  côté,  puis- 
qu'elle prouve  la  malice  de  ces  hommes.  Dans  les  textes,  le 

3  ûS  03  s 

voyellement  est  ^o!,  =  iu5LAj  L  ^y^\,  mais  pour  qu'il  y  eût 

3  & 
une  vraie  confusion,  le  Prophète  aurait  bien  dit  s^oî,  car  le 


817 

verbe  sur  lequel  se  basèrent  les  hommes  est  lio,  i  et  u,  et 
dont  l'impératif  est  par  conséquent  \jsS) .  Donc,  ou  le  Prophète 
a  dit  ^jsj>\,  selon  le  parler  dialectal  encore  courant,  ou  bien  il 
a  vraiment  dit  «yoî,  et  alors  le  malentendu  était  intentionnel 
de  la  part  des  hommes.  Le  Prophète  a  voulu  réparer  la  bévue 
en  payant  la  die  h.  Je  fais  ici  observer  que  l_î3  =  'w«î3,  veut 

aussi   dire  achever  un  blessé  =  lio,  u,  ^\<^  et  ^Jp^^•    C'est 

proprement  se  précipiter  sur  lui.  Les  V~~^^i^  et  V    v_3J>  sont 

donc  synonymes,  mais  je  ne  crois  pas  que  V   ljo  >  V   oo, 

ce  qui  serait  contraire  au  mécanisme  de  la  langue,  mais  que 

ce  sont  deux  racines  différentes,  car  V   ^^  a  donné  V    03 

ou  vice  versa. 

^o,  chauffer  <  couvrir,  368  =  oi*i>  vhv. 

^^0^,  se  chauffer,  se  couvrir,  >  ^J,  868  =  oU^^"  vhv.  et 

ijiJlrf'"  vhv.   >*_«— c  Jjj^j}  c*^^"^  f^^-^*-^  ^=="[5)  ^'^^^   deux  s'était 

couvert  jusqu'au  milieu  du  corps,  9,  8.  (jv^iAxi  oLs\Jt  ^  j.Lo  (?, 

ils  étaient  endormis,  enveloppés  dans  une  couverture  de  laine, 

9,7;  cf.  sub  cL^..  Stace  p.  40:  cover  myself.  RD  Gl.  sv. 

^ôj^\,   se  chauffer,   mais   aussi   se  couvrir  et  se  mettre  à 

couvert  et  alors  =  ^A:à^\  et  ^j^J> ,  vhvs.  L  Sîdah  V  p.  118,  7 

d'en  bas:   a^  j^^jJlIJ  ^Jj^^  hUiÂjL  Je  ne  crois  pas  que  ce 

thème  ^'io  veuille  originairement  dire  avoir  chaud,  ce  qui 

me  paraît  être  un   sens   secondaire.    Le  sens  primaire  doit 

être  couvrir. 

^b,  tiède,  368,  2  où  expHcation. 

ilîj>,   est   souvent  prononcé  ^bo,  mais  c'est  un  JUs,  comme 

62 


818 

oL^o,  iUaJ:,  oL^^J,  etc.,   couverture,  368;  1197,15;  1681,4 
d'en  bas. 


*ij^ 


o^,  heurter,  taper,  frapper,  battre;  pousser,  1180,  1182;  Cf. 
liio,  OlL  et  pi.  ^^!  ^j>,  pî7er  ^e  ca/e',  369,  =  „j> ib..  Rabah 
p.  39:  battre.  o^L.  vjjo,  6a'^/!re  at/ec  Ze  ^i7o?i,  piler,  1596. 
v_^  Uîo  est  chez  les  Bédouins  du  Nord  battre  le  blé,  voir 
p.  752.  —  ^  Jjo,  informer  qqn.,  640,  4  d'en  bas.  Arabica 
V  p.  249  n.  3,  mais  aussi  tomber  sur,  1221  =  Js^  olb  vhv. 
Cf.  l'italien  abbattersi  et  imbattersi  in.  »^j-oUj!  c_r^^  l-^^v-*'^> 
WOMS  arows  tapé  sur  les  troupes  nombreuses,  147,  18.  Mehri 
duqq,  stampfe7i,  klop feu,  piétiner,  piler,  broyer,  =  éh.  deqq 
Bsh.  II  p.  25  en  bas.  —  Cf.  -o  et  ses  dérivés,  ^o,  ^o,  u>ic> 
et  JJso,  vhvs.  1182,  j»i>3,  do,  vjil^  et  pi. 
oiïo,  aplatir  la  pâte  pour  la  rendre  plus  mince,  625,  15. 
Inf.  olîo,  626,  4. 

xio,  encens  c07icassé  et  émietté,  1074  n.  3,  <  iiJo  ^^LJ  ou 
^^LJ  iLïo,  1465  et  n.  2;  cf.  pT,  Ges.-Buhl  sv.,  |a£9i  pulvis; 
babyl.  duqququ,  aromate  en  poudre.  Snouck  M  S  N°  29 
rapporte  le  proverbe  mekkois:  oLo  oLiJI  ioo,  kandispulver 
ist  auch  kandis,  le  sucre  catidi  en  poudre  est  aussi  du  candi. 
Cf.  ZÀ  53  p.  87. 

Glaser,   Skizze   II   pp.  197;  305  et  n.,  306,   suppose   que 

.ib  oo  ou  Jj>j>,  p.  197,  ce  qui  devient  ib.  p.  305  Du-akh 
et  p.  306  Duakh,  est  la  même  chose  que  le  ^cvxy.x  du 
Périple.  Mais,  n'ayant  point  compris  le  mot  du  Périple,  ainsi 


819 

que  j'ai  prouvé  1465,  sa  conjecture  du  plantation  d'encens 
est  à  écarter. 

On  appelle  en  Dt.   icio  ^^-^^  un  homme  cassé  d'âge  ')  ou 
de  maladie,  décrépit,  rendu  de  fatigiie,  épuisé,  =^  ^=>\j\  fém. 

&io  iLiUit,  362  n.  2;  cf.  p.  826  sub.  ^o. 

iLsL5j>,  l'endroit  sur  la  face  dorsale  entre  les  omoplates^  107, 

19;  1485. 

^Js^,  pilon,  1596,  <^J^  >  oAxi  qui  est  la  prononciation  la 

plus  courante,  438  n.  3,  I  Sîdah  XIV  p.  199,  même  au  centre 

de   l'Afrique,  Carbou   p.  182,  oii  =  i>:-suU,  comme  I  Sîdah  X 

p.  99:  ïolX.o.  —  En  Egypte,  oljJi  est  setitier  dans  les  champs; 
cf.   le  sudarabique  ^Ji=>o,  oJ-co  et  ,«ij>,  Jio,  etc.,  j*jo,  vhvs. 

^J^,  billot  du  boucher,  Hdr.  p.  378;  Socin  Gl.  sv. 

iLïiAx,  grand  mortier.  XJjJdt  J,  [je  M  ^O^,  elle  pile  le  qarad 

dans  le  grand  mortier,  64, 14.  On  aurait  pu  dire  's3Cs^.  C'est 
l'akkad.  madakku,  mortier,  l'hébr.  mëdôkâ,  Taram.  më- 
dôkta,  le  syr.  mëdâktâ  et  l'arabe,  Scka  ou  é*)Cs^,  pierre 
à  broyer  les  aromates,  selon  Zimmern,  Akk.  FW  p.  36. 
1/~Ol>  =  (Î)j  =  ti)b,  u,  vhvs. 

yjo,  i,  sens  fondamental  heurter,  butter,  stossén,  1182.  Ce 
verbe  n'est  pas  employé  en  datînois,  mais  on  le  comprendrait 
tout  de  suite  en  pensant  au  sens  de  ^o.  Mais  en  Syrie, 
c'est  piquer,  toucher  légèrement  >  offenser.  C'est  l'hébreu  "ipl 
et  l'aram.    ^5,  feriit,  pupugit,   transfixit,  Ges.-Buhl  sv.,  et 


')  On  observera  la  même  sémantique  en  français. 


820 

l'anc  égypt.  dgr,  to  hurt,  press,  toiich,  ZÀ  53  p.  87.  Les 
sens  donnés  par  Belot,  Hava  et  Wahrmund  sont  secondaires 
et  figurés,   offrant  la   même   transition   sémasiologique  que 

Ç^-L»  vhv.;  cf.  .co  vhv.  Tallqvist  Sprichwôrter  p.  128  d.  1.: 
(jr y:^!  î^-ïo,   ils   heurtèrent   (contre)    le  sol,   mieux   que  de7i 

Boden  anrûhren".  ^\s>  ^j^^  jî  ou  o^^^o,  ich  habe  mich  ge- 
stossen,  Lôhr  Dial.  v.  Jerus.  §  18  et  ib.  note:  ,J^^  cyo  W, 

ich  habe  mir  den  Fiiss  gestosseni  =  ^j^ij>  ou  o.-ci^o.  —  En 
Palestine,   fermer  avec  un  verrou  e7i  bois,  Bauer  Pal.  Arab. 

p.  214  D  2,  ce  qui  en  Syrie  se  dit  ^ïo.  Hartmann  LLW 
p.  112  N°  39,2  d'en  bas,  rosser,  expliqué  par  ioLixiLi  ^^j^. 

Elargissement  de  V^^^,  comme  lJo  et  ySj>  et  d'autres, 
voir  sub  ..  Cf.  *ïo,  vhv. 

jij>,  fermer  avec  un  verrou  en  bois,  .»r^\c>  ou  sJso,  Syrie.— 
Battre,  frapper,  au  Maroc,  Socin  Houwâra  p.  24,  10,  et  p. 
25  n.  aq:  klopfen.  —  Les  dictionnaires  indigènes  n'ont  pas 
ce  sens,   et  Laue   n'a   pas  même  celui  qu'ils  donnent:  être 

plein,   être  repu,  ^Lx^]  ^^  ^bLx))  et  aussi  qI-^î  rJso  =  <^Lo 

»£^U^    t_5*-^[5    ^u!    b>J:5"    £L:2i>    ^Î-ÏJ    ^j:^.!    tj:JîiAi'    J.^    ^LLaw^Î; 

LA  sv. ;  L  el-Qùt.  p.  290,  14:  yif   î^ïô  oL^^'  yj-^;  c'est  donc 

être  plein  de  végétation;  la  prairie  verdoyante;  l'herbe  luxu- 
riante. Ce  thème,  dans  ces  sens,  n'ayant  pas  d'attache  dans 
les  langues   sémitiques,   il   faut  en   chercher   l'origine   dans 

l'égyptien  ancien  dqr,  fruit,  ZÂ  53  p.  87;  voir  aussi  sub^ô. 

(j^-ïo,  pi.  (_,wj_su>,  proue  d'un  bateau.  Ahmed  'Ali  eçl-Diyêbî, 
répondant  à  un  zâmil  d'un  certain  es-Sâhimî  qui  avait  fait 


821 

une  incursion  sur  le  territoire  des  Diyêb,  commence  sa  qasîdah 
en  s,  souvent  citée,  de  la  façon  suivante: 


^;^ 

w    _                                                  ^          _         o      3 

3      3                                                                   ."  - 

(j^AjÎj  i^^UL  ojUj  (c-'**-*^'. 

+  0-                w    ,                       _ù 

Tz*  woî^s  «5  /azY  parvenir  le  message  et  tu  veux  démolir 

notre  valeur^ 

Le  traître,  le  rusé  (je  ne  comprends  pas  les  mots  suivants) 

Tu  es  encore  là  à  troubler  une  mer  qui  ne  se  laisse  pas 

troubler 
Et  qui  ballotte  les  bateaux  et  les  proues. 

k3l>,    faire   entrer  en  poussant,   hineinstossen,    1180  d.  1.  = 

t*«o  de  (j*u>,  comme  ^so  de  o^.  Arabica  V  Gl.  sv.  —  Ee- 
pousser,  écarter  avec  force,  refouler.  Ma^gar,  V.  Index  sv.  a  dit  : 

+  4-  +  + 

^/î  ?zoMS  sommes  sortis  ce  matin  avec  Vaide  de  Dieu  et  de 

son  Prophète. 
Et  le  sel  et  le  soufre  (la  poudre)  repoussent  tout  mal  (guerre). 
Soutenir,  étayer,  Hdr.  et  Dt.,  —  En  Harîb,  et  à  Sabwah, 
c'est   marcher   vite,  1183;  cf.  Jè^c>  et  oLco  vhv.  Les   dic- 
tionnaires indigènes  n'offrent   rien  de  tout  cela,  si  ce  n'est 

que  le  Qâm  porte  ^slXJ!  =  p  j.^^^  "-r^J-é^  •  Voyez  sur  ce  verbe 
Hdr.  Gl.  sv.  C'est  un  accouplement  de  oo  et  ^.  El-Fâljir  p.  98. 

^îj,  heurter,  frapper,  1182,2^.5^  ijnJlàJîo,  la  pierre  m'a 
heurté,  Aden,  Hdr.  p.  101.  Mais  aussi  ^:?t^L.  u:^^,  j'ai  heurté 
contre  une  pierre.  C'est  un  accouplement  de  oo  et  oo  Cf. 
les  élargissement  analogues  de  V~é^. 


822 

yij>,  i,  u,  piler  fi)i,  broyer  fin  et  metiu.  Je  demandai  à  un 

Datînois  :  J^so^  ^^o  yvj  -b'iJ!  ^ii ,  quelle  est  la  differe?ice  entre 

daqq  et  daqal?  Rép. :  JwJli  J^Jli  *-j^>  »>ï^,  ^'^s  le  pilent 
ou  Ze  broient  en  moreaux  tout  petits.  Cela  indique  clairement 
que  J^o  est  un  composé  de  l/~oo  et  de  K~J^.  Un  zâmil 
des  Bâ  Kâzim  dit: 

iVb^re  poudre,  nous  en  pilons  fin  les  grains  (=  (joyu)  : 
C'es^  ?m  aliment  pour  les  fûts  jaunes  (à  cause  du  cuivre) 

des  fusils. 

Les  dictionnaires  de  la  lurah  n'offrent  que  ^^^  ^^^li  ^^ 

j^tj  ^i-^î  ^5  (^^^3,  LA  XIII  p.  262;  voir  le  Qàm.  et  TA 
sv.  Le  sens  primaire  s'est  donc  ici  spécialisé.  En  tout  cas, 
Jwïo,   comme   j^o   et  d'autres,  est   un  développement    de 

Jsjsj»,  petit,  fin,  menu,  expliqué  Hçlr.  p.  205. 

i}io,  mât,  pi.  Jiîoî,  Hçlr.  Gl.  sv.  ;  Stace  p.  104:  mast,  RO 
§30;  Dozy  sv.,  Gloss.  Geogr.  Gl.  sv.  ;  en  persan  ^o,  dégel. 
Dô'an  dit  691: 

0  ^oe  g?^z  tieîis  le  go2ivernail,  largue  les  voiles 
Et  fais  attention  aux  mâts  dans  la  mer  des  ténèbres. 
Et  dans  une  autre  qasîdah,  citée  1461  en  haut,  il  dit: 

f^yo*)  ij.  ^^j«>»i2À^  xxjtj  p,î^^  y^.  J.       JJAiî  Jjkis  v^r^'  y^  Lf"^  '^^' 

Ces^  ^0?  qui  fais  ava?icer  le  bateau  au  long  7nàt 

Dans  une  mer  agitée,  mais  tu  garantis  aussi  son  arrivée  au  port. 


823 

Mètre:  ---  |  -^-  i  ----  |  -v^_  y  _-v.-  |  -w_  |  __w_  ]  -^  — 
Sur  oo',  -^,  et  ^xjî.  --,  voir  sub  c>^i!. 

On  trouve  la  description  d'un  bateau,  ^y^,  chez  el-'Aggâg 
éd.  Ahlwardt  N°  15  v.  66  et  ss.  =  Arâgîz  el-'Arab  p.  89, 
oiî  figure  aussi  le  mot  ^ô,  mât.  Farazdaq,  Hell  ZDMG  59 
p.  598,  où  traduction  peu  exacte.  Il  faut  savoir  que  dans  le 
Sud  le  capitaine  se  tient  toujours  à  côté  du  grand  mât, 
Hdr.  Gl.  sv. 

Ce  mot  est  très  employé  dans  le  Sud,  où  l'on  dit  également 
i_5.Uo  vhv.  Balàdorî  p.  437,  2  :  ^ô  ^olc  ^jàs^  lXj  J^j^L»  ^^5 
i^!_».>  'iJ\.  ^ô^]\  ^j^cj  J«J*ri^>  et  il  y  avait  à  ed-D.  un  temple 
bouddhique  grandiose  sur  lequel  il  y  avait  un  long  mât  et  sur 
le  mât  un  drapeau  rouge.  LA  sv.:  idj^  iCxAi>  Jsï^LKiS^  ijjfjjl 
ctyiJ!  UAc  3^j  'xX^Jo^]  ii-w^  ^  lX^j;  Nihâyah  sv. 

Le  sens  primaire  est  palmier  où  plutôt  le  fût  du  palmier^ 
>mât,  déjà  ainsi  chez  (jawharî  et  LA.  Dans  le  Sud,  où  il 
n'y  a  pas  d'arbres  assez  droits  pour  en  faire  un  mât,  on  a 
dû  se  servir  du  tronc  de  palmier  à  cet  effet.  Dans  le  Nord, 
ce  mot  n'est  point  connu;  on  n'y  a  que  son  synonyme 
j^.Lo.   Cela  ne  milite  pas  précisément  en  faveur  d'une  éty- 

mologie  araméenne,  avancée  par  Fraenkel  F  W  p.  223.  Les 
Araméens  n'étaient  pas  navigateurs.  Je  crois  qu'il  faut  cher- 
cher l'origine  de  l'emploi  de  ce  mot  dans  le  Sud,  où  les 
habitants  de  tout  temps  couraient  la  mer.  Les  anciens  lexi- 
cographes ne  savaient  pas  bien  définir  ce  mot:  mât  on  vergue. 
Mais  il  est  bien  évident  que  les  marins  n'ont  pas  confondu 
ces  deux  choses.  Cette  confusion  prouve  que  le  mot  sudara- 
bique  n'était  pas  familier  aux  savants  du  Nord.  Aujourd'hui, 
sur  la  côte  méridionale,  y:éô   n'est  que   mât,  Merveilles  de 

l'Inde  p.  94,  2  d'en  bas,  et  vergue  se  dit  q^o^,  Hdr.  p.  140; 


824 

j'ai  aussi  entendu  iJûjî  =  mebri  formel,  Jahu  SAE  III  p. 
228  et  p.  178,  où  il  dit  que  le  dialecte  de  Hdr.  a  turmâl 
(que  je  ne  connais  pas)  et  que  cela  fait  penser  à  un  primaire 
turmâl,  mais  t  >  f ,  aussi  bien  t  <  f .  Jahn  SAE  III  p. 
269  écrit  à  tort  daql,  =  mehri  daqâl,  ib.  p.  173,  mais 
B sh  I  p.  27 :  mehri  daqêl  =  sh  dqèl;  ma  critique  M J M 
p.  39,  et  Bittner  St.  mehri  St.  I  p.  17  a.  3;  SAE  IV  p.  79 
§§  49,  50:  d-i'qal,  arabe,  =  soq.  dâqal. 

Les  lexicocraphes  arabes   ne   sont  pas  non  plus  d'accord 

sur  le  sens  de  J^o,  si  c'est  le  nom  d'une  espèce  de  palmier 
ou  le  fruit,  I  Sîdah  XI  p.  132,  LA  sv.,  Lane  et  Dozy  sv. 
Mais  les  autres  langues  sémitiques  prouvent  que  JJJJ»  est 
véritablement  palmier,  Ges.-Buhl  sv.  De  Lagarde,  J.  Levy, 
NHCh.  WB  I  p.  419,  et  H.  Levy  FW  p.  20  ont  identifié 
b\n  à.  Ixkt'jXoç  ,  ce  qui  figure  aussi  dans  Ges.-Buhl  sv.,  mais 
Fleischer  apud  J.  Levy  o.l.  p.  443  a  refuté  cela.  \à,x.TvXoq  n'est 
pas  palmier,  mais  une  espèce  de  datte,  à  cause  de  sa  ressem- 
blance avec  un  doigt,  Boisacq  D  E  L  G-  p.  164,  et  n'a  par  con- 
séquent rien  à  voir  avec  ^pi,  Jwïo.  L'étymologie  de  J-i^, 
palmier  >  mât,  n'est  pas  pour  cela  éclaircie. 

Hommel  A  A  p.  333  n.  1  et  id.  Grundriss  G  GO  I  p.  83 
n.  5  avait  déjà  proposé  l'égyptien  dgr,  fruit,  qui  peut  aussi 

être   l'origine  de  l'arabe  yso ,  dans  le  sens  rapporté  ici  p.  820, 

et  qui,  avec  la  permutation  des  sonores,  aurait  pu  donner  jio . 
Le  mot  proviendrait  donc  de  l'ancienne  Egypte.  On  sait  que 
nulle  part  le  dattier  n'est  plus  répandu  ni  plus  prospère 
qu'en  Egypte,  à  l'exception  des  Sott  algériens  et  tunisiens. 
Les  dattes  ont  dû  être  pour  les  Egyptiens  le  „fruit"  par 
excellence.  Une  évolution  sémasiologique  similaire  se  trouve 

en  arabe,  oîi  ^,  fruit,  a  sans  doute  donné  -*j',  dattes,  déjà 
à  une  époque  éloignée,  puisque  les  autres  langues  sémitiques 
ont  aussi  le  même  mot  pour  datte  et  dattier^  Les  -^j  étaient 


825 

aussi  pour  les  autres  peuples  sémitiques  le  ^Jruit"  par  ex- 
cellence. Guidi  Délia  Sedle  p.  20  et  sv.  L'étyraologie  de 
Hommel,  A  A  p.  333  n.  1  et  Grundriss  p.  83  n.  4  et  5: 
JJio  <  j»Jso  <  oS"*^,  babyl.,  avoir  le  goût  doux^  ne  me  paraît 
pas  bien  heureuse.  Ce  oi^o  babyl.  a  peut-être  donné  l'arabe 

oi-W  et  isjiL/o,  vhvs. 

L'éthiop.  04'^'^',  dattier,  qui  doit  bien  avoir  quelque  rap- 
port avec  JJb,  est  le  mehri  baglât  (pi.),  dattiers,  Hein 
SAE  IX  p.  93  §  11,  où  l'arabe  a  aussi  beglah,  mais  les 
textes  de  Hein  sont  si  mauvais  et  la  traduction  si  incer- 
taine et  fautive  qu'on  ne  saurait  faire  grand  cas  de  ce  qu'il 
dit.  Malgré  cela,  Bittner  a  une  confiance  absolue  en  l'ouvrage 
de  Hein.  Praetorius  pense  Z  D  M  G  53  p.  24  que  le  mot  n^pD 
de  l'inscription  de  la  digue  de  Mârib  doit  avoir  quelque  rap- 
port avec  le  mot  éthiop.  —  by"},,  drapeau,  est  d'une  autre 
provenance,  voir  Delitzsch  Proleg.  p.  59  n..  Halévy,  0.  S. 
Nôldeke  II  p.  1021,  le  croit  emprunté  à  l'araméen  N^^^i, 
perche  fourchue,  mais  voyez  ce  que  j'en  dis  460  et  1431 
et  Zimmern  Akk.  F  W  p.  12  et  p.  70. 

le        ... 

i*JîO,  frapper,  stossen,  particulièrement  frapper  des  pieds  en 
marchant,  1181.  A  Sabwah,  marcher,  =  ol^o  ailleurs.  En 
Syrie,  donner  %in  coup  de  poi7ig  à,  comme  chez  Dozy  et  I 
Sîdah  XIII  p.  277:  njX^  «o  !jl  ^4^c>^  x*Jso,  mais  aussi  ^.i>.4io 

Js=>.,  je  me  suis  heurte  le  pied,  Syrie.  Cf  jic>  vhv.  I  el-Qût.  p. 

288,3:   wiîj>  ^i^c-^if^  ^y^  («à!!  j^io  =  oi^eo,  I  el-Qùt.  p.  130, 

et  jJ'o  vhv.;  sL>lji«  }ijjé^  ^Lf-^-'  '.ly^C),  I  Sîdaii  VI  p.  111,5 
d'en  bas.  LA  sv.  -  Lane  n'a  pas  du  tout  ce  thème,  mais  il 
se  trouve  dans  Sihâh:  y^  ^\  (.JLiiJî  J«_c  ^ji-AO  yjj»  «li  ^^ 

iiJLk^\,    et  dans   Zam.   Asâs.   Il   est   très  courant  dans  les 

dialectes.    De  V~^^,  comme  u>o>(*^,  .LO  j^bi  vhv.   et 


826  ■         • 

bien  d'autres,  317,  n.  2;  1387  et  n.  1  ;  voir  sub  ^c>  et  sub 
f^o.  Socin  Diw.  Gl.  sv.  Cf.  ^o. 

*ij  pi.  Jèb!  et  *y>ô,  crête  de  montagne,  76,8;  157,6;  485,3 

d'en  bas;  1181. 

j*ij>,  pi.  j.'5o!,  poing  fermé  T)t.=^^y>o\,  Dt.   —  Levée  de  terre 

gz«'  entoure  le  terrain  cultivé,  pi.  j^o,  Hdr.  seulement,  Hdr. 
Gl.  sv.  =  j.^-^  vhv.  —  Gros  bloc  de  pierre,  gros  roc,  Hogarîeh. 
'Cf.  Marçais  T  A  T  p.  300.  -  Barbe,  en  'Oman  R  D  p.  296,  9  ; 
cf.  ^J<^3. 

>  j^^o,  voir  1/5  appuyer,  et  ^jr^>3Î,  s'appuyer,  >  ^Sô^':>\,  RO 
p.  95,  14  d'en  bas. 

^^,  iriler,  broyer;  tasser;  stossen,  1180  d.l.:  1182,3,=  tiJb, 
u,  vhv.,   I.  el-Qùt.  p.  291,5,  et  Jo,   LA   sv.   p.  309,8:  = 

»l^^5  »..>^ .  'sJ^^*)  wJ-ôJi  i^o  Jj_j  jo  ":i  plf^  lo7'sque  leur 
torrent  descend,  il  démolit  la  terre  en  jachère  et  en  culture, 
148  d.  1.,  1628.  -  Démolir  de  fond  en  comble.  ^^^^a^^J!  ty'o 
-  -^  J^  _^  Jb  Lo,  y7s  démolirent  le  hum  de  façon  qu'il  ne 
resta  ims  inerre  sur  pierre,  Dt.,  comme  LA  sv.  —  Frotter, 
Stace  p.  146  sv.  rubbed;  voir  ïlÎlXxi  vhv.  Ce  thème  é^'â 
donné  de  nombreux  dérivés,  de  même  que  sa  variation 
■consonantique  00.  Cf.  ^o,  éh,  u,  "11,  broyer  fin,  S^j> 
et  le  babyl.  dâku,  casser,  broyer,  briser.  Sh.  ÛQkk,  losgehen 
et  einen  hart  mitnehmen  (maladie)  Bsh.  II  p.  25,  avec  la  même 

sémantique  que  dans  'iLiô  ^Lw.i!,  p.  819. 
(53,  pi.   é^c>,  à  Damas,  le  mii/r  en  boue  séchée  au  soleil  qui 
flanque  la  route,  Arabica  V  p.  288  =  ^^3  dans  le  Sud.  Ibn 
el-Mogâwir,  après  avoir   parlé  de   qabr   Hûd   et   qabr   di 


827 

el-Qarneyn,  Hdr.  p.  432  et  ss.,  arrive  dans  son  itinéraire 
jusqu'à  Mârib  et  il  raconte:  «^U'iJI  ^b  J.  L^!  ^y,  J^>^  LoA> 

8l\^    J,    (.^J^Loit^i    ti)'i'iAJ!    sl\-P    ^^a>o    'i>4Jt     _i>)    Jjj    (1  j.^^:>_sJ>Lj 

^^j^.  ^yiJt  ^bCs  J^î  _^^5  ^JsJI  ^  &)Jî  iJL  U  ■:î!  ^1^1 

i^jLjCwj    ilr^L^Lj    î^>/>5    ^^^î     lîr^-^    ^-^^-Vp-^    'iAjA^    UJ)    liU^J 

lX*-^j  :^  ^ijl^jjt  j^  o'r^^'  !>^^^  j^'  N^  r^  '^♦^  ^^^ 
jiii[5  '^]^\;,  ^b>yT  |l^jb  llLJls  ^Ljù-  m  j'ï  u.s'  ^j^ii  ^t 

^^LojJt  J^  ^^   L^JL>  ^ij.  ^ÏJ.Ji   ^^5l   ^^3   (Qor.  7  v.  130)  :^\ 


C^^^ 

o^o 

c^l^o 

lS'I^jJI  ^JJî 

Vient  une  page  qui  ne  va  pas  avec  la  note.  Ensuite  l'auteur 


1)  Sprenger,  Post-  nnd  lioiseroiiten  :  (jy>ÀJo , 


828 

dit:  j^'w^!  ,^'«  ,-.L^  kLïLxxi  ^i  ^l!  oyyi2>  JL^!  ^^/s  i^J'^'Ail  iA=>5, 
Je  ne  crois  pas  avoir  besoin  de  traduire  ce  texte  assez  facile, 
d'autant  plus  qu'il  a  été  reproduit  et  traduit  par  Sprenger, 
Post-  und  Reiserouten  p.  142  s.  Celui-ci  rend  S^^  par  ter- 
rasses, et  wa-LLao/i  n'est  pas  du  tout  traduit. 

Avant  de  préciser  ces  deux  mots,  je  vais  exposer  que  j'ai 
appris  des  nombreux  Bédouins  que  j'ai  interrogés  dans  le 
Sud  à  propos  de  ces  dikâk.  Il  y  a  dans  toute  l'Arabie  du 
Sud  de  petites  maisonnettes  qu'on  trouve  presque  toujours 
dans  les  plus  hautes  .montagnes,  dans  des  endroits  plus  ou 
moins  accessibles.  Il  est  souvent  impossible  d'y  arriver  sans 
corde  ou  escalier.  Elles  sont  construites  en  grandes  pierres 
lisses.  Le  toit  est  formé  de  une  ou  de  deux  grandes  pierres, 
sur  lesquelles  on  a  mis  de  la  terre.  Ces  pierres  ont  environ 
deux  mètres  de  haut  sur  un  mètre  de  large.  L'ouverture  de 
la  porte  a  une  coudée  de  carré.  Les  pierres  ont  la  surface 
lisse  en  dedans;  le  côté  de  dehors  est  moins  soigné.  Le  sol 
en  dedans  est  souvent  le  roc  vif  lissé,  mais  souvent  il  est 
aussi  dallé.  11  serait  à  présent  impossible,  selon  mes  hommes, 
de  faire  ces  pierres  et  encore  plus  impossible  de  les  y  trans- 
porter. On  nomme  ces  maisonnettes  ysJ^\  ^^j  construction 

des  Infidèles,  aussi  bien  chez  les  Beyhânites  que  chez  les 
Madhig  et  les  Bâ  Kâzim.  Elles  sont  fort  nombreuses  dans 
le  pays  de  Beyhân  et  celui  des  Ma^n,  sur  el-Kaur  et  les 
montagnes  de  Hadramoût,  c'est  à  dire  dans  la  regio  thurifera. 
Je  demandais  souvent  aux  habitants  de  ces  contrées  à  quoi 
ce   bina''   pouvait  bien   servir,   et  ils   répondaient  toujours 

que  c'était  là  des  iÙL>lc^x=>Li^..  .1^-.  signifie  simplement  magasin, 
vhv,,  et  c'est  là  une  réminiscence  du  temps  du  grand  com- 

merce  de  (^LJj  yt,  vhv.,  fait  par  les  ^Adites  et  leurs  succes- 
seurs, voir  sub  o(c. 

Je   crois   que  les  é^^  et  les  ;-,*_LLa.2^  d'Ibn  el-Mogâwir  ne 


829 

sont  que  des  magasins  pour  l'encens  et  la  myrrhe  qu'on 
cueillait  dans  les  montagnes  et  qu'on  y  gardait  soigneuse- 
ment à  l'abr;  des  voleurs,  qui  ont  dû  être  aussi  audacieux 
au  temps  des  ^Âd  qu'à  présent;  voir  sub  v'j^-  ^--^  dessin 
donné  par  I.  el^M.  ne  nous  dit  pas  grand'  chose.  Le  pluriel 
liJl^o,   qui   se   trouve   dans   chaque  carré  semble  indiquer  un 

certain  nombre  de  é^,  entourés  peut-être  d'une  muraille. 
Si  ces  d  i  k  â  k  étaient  tout  bonnement  des  plate-formes 
destinées  à  l'usage  dont  parle  I.  el-M.,  on  ne  comprend  pas 
bien   pourquoi   elles  étaient   placées   tantôt  sur  les  sommets 

des  montagnes^  jL*il  (j/.^.,  tantôt  dans  les  vallées,  'i^.^^'^\  q42j, 
où  il  fait  très  chaud  en  été  et  oii  elles  étaient  exposées  au 
torrent  des  pluies  équinoxiales.  Peut-être  n'ont-elles  rien  à  faire 
aux  „constructions  'âdites"  dont  je  viens  de  parler.  I.  el-M., 
ne  les  connaissait  certainement  pas  par  autopsie,  pas  plus 
que  moi-même.  Il  raconte  seulement  ce  qu'on  lui  avait  appris. 
On  pourra  comparer  ce  que  de  Goeje  dit,  Gl.  Tab..  à  propos 
de  ^o;  el-Gazîrah  p.  79,  5,  oii  les  codd.  ont  ûo,  et  de  même 

les  codd.  d'Istahrî  pp.  73  et  76  portent  ic.^'o  ou  ^jo.  De 
Goeje  le  traduit  par  tour,  le  faisant  venir  de  babyl.  z  i  k- 
kurat.  Mais  alors  y"o,  ^J>,  et  'do  sont  deux  mots  diffé- 
rents. D'après  de  Goeje,  .icfo  est  plate- for  me  =  '».j1u^,  Gloss. 
Geogr.  Arab.,  où  beaucoup  de  renvois;  voir  SiMh  sv.  =  LA 
XII  p.  308,  5  d'en  bas;  I.  Sîdah  XVI  p.  181,  12:  i^TjJî^  2S}\ 
é^o  U^x*^^  j4r5  <y^^^  cr»  ^f^^.  1-«  =  LA  XII  p.  308,3  d'en 
bas.  éj>,  pi.  &X^o  =  iaixJ!  ^/!  i^^  U-xi  ^Jd  ^a  iLjyi^  ^.jL, 
LA  XII  p.  308,  et  ^L^o,  pi.  oîjû'^  =  erv^'  o-^  '^-^^j^  '^^• 
L'auteur  d'el-Misbàh  dit  que  c'est  ^_j^_x_xi.  Le  syriaque  a 
dukkâ,   locus;  =  Liban   dùkâ,  avec  le  dim.  daykûne, 


830 

'petit  endroit,  cahute  où  l'on  met  les  ustensiles  de  cuisine 
(Liban),  selon  Feghali  Emprunts  p.  82.  Cela  prouverait  que, 

si  liïo  et  ^^l/o  ne  sont  pas'  de  l'arabe  pur,  ils  sont  du  moins 

des  mots  sémitiques  communs. 

'iS^  est  dans  tout  le  Sud  le  quai  oîi  les  bateaux  accostent 

et  où  les  marchandises  sont  déchargées,  Hdr.  p.  448,  =  iiS^o,. 

ib.   p.  244;   v.  Kremer   Beitràge   z.   arab.   Lexic.   sv.:    'iSo, 

tribune,   échafaud.   A  présent,  'dSo  est   en  Egypte  le   batic 

devant  la  boutique,  Bâsim  pp.  86, 15  et  87,  19,  rarement 
employé  en  Syrie  ;  =  raehri  d  e  k  k  î  t ,  banc,  =  sh.  d  i  k  k  é  t. 
j^.jl/o,  boutique,  partout  courant;  mehri  dikkôn.  Ce  mot 
est  au  Caire  du  masculin,  mais  à  Alexandrie,  du  féminin. 
Arabica  III  p.  124.  Dans  l'Afrique  du  Nord,  'xAÎû,  traité 
par  Marçais  TAT  p.  300;  quelques  acceptions  y  rapportées 
pourraient  aussi  convenir  aux  d'i'o  de  l'Arabie  de  Sud.  Sur 
le   iC^SAO/o  de  texte  d'Ibn  el-M.,  voir  shv. 

ii?3J>,  une  miche  de  pain  Sivec  laquelle  la  femme  frotte,  JÎAj" 

ou  (jiwXi",  la  melahha,  vhv.,  avant  de  s'en  servir,  1042, 
=  K:<?>vw>.^,  vhv. 

^Jc<,  boutiquier,  Hdr.  et  Dt.,  =  litt.  ^^J^^- 

Les  renseignements   que  j'ai  recueillis  sur  les  ^îÙ  ^Lo  de 

différentes  personnes  de  l'Intérieur  de  l'Arabie  méridionale, 
sont  très  précis.  Il  serait  extrêment  important  d'explorer  à 
fond  ces  pays  encore  si  peu  connus,  et  j'espère  que  mainte- 
nant que  le  paix  doit  régner  sur  le  monde,  sous  l'égide  de 
la  très  puissante  Albion,  les  savants  anglais  se  mettront  à 
l'oeuvre  et  qu'on  permettra  aussi  à  d'autres  savants  non 
anglais  de  rivaliser  avec  leurs  confrères  anglais  dans  l'ex- 
ploration de  la  regio  thurifera. 


831 

(_^wS'o,  donner  une  tape  sur  la  figure,  Dt.  V~é':>,  comme  jS'o, 
Dozy  sv.  Le  maghribin  ^ô,  Bel  La  Djâzya  p.  128  (t.  a.  p.), 
provient  d'une  autre   racine  composée,  car  cf.  y^^o,  vhv., 

Hdr.  p.  314  =  syr.  ;Joo,  baisser  la  ^é^e,  =  cl.  \a«L  LLLL,  et 
u^^;  cf.  Socin  Div.  Gl.  sv.  ^«Jj ,  vhv.  et  Hartmann  LLW 
p.  97,  13  ss.  Mais  »>-^^j  o^l,  oix  l/~o^  est   synonyme 

de  >^~e)o. 

ij^c>,  choquer,  heurter,  butter,   stossen.  <V   é^  =  V    oo. 

o 

Aussi  en  Palestine,  Lôhr  Dial.  Jerusal.  p.  15  n.  :  (i.=>^  u>..cii'L>, 
je  me  suis  heurté  le  pied  v.  p.  820, 8.  —  Donner  une  chiquenaude. 
Cf.  ^û  , ,  perfodit,  transverberavit  =  ^^xb .  Feghali,  Emprunts 
p.  27,  dit  „qu'on  n'a  pas  ici  le  contrôle  de  l'arabe";  au  con- 
traire, cf.  sub  Ji<j>,   ji^îo,  ti)o,  ,j^c>,  j^o  et  fSo  vhvs. 

^o,  choquer,  heurter,  butter,  stosseit,  Hdr.  p.  101.  Elargis- 
sement de  V~'è^>  avec  contamination  de  V^ç^-,  soit  un 
composé  de  ces  deux  thèmes,  comme  ,«o  de  l/"oo  +  V~^- 
Les  dictionnaires  de  la  lurah  n'offrent  rien  de  pareil  au  sens 
susmentionné!  Cf.  e^o. 

i*/o,  choquer,  heurter,  stossevi,  1182;  Hdr.  p.  101.  I  el-Qût. 
p.  289  :  »^lXa5  j.  \«o  i^o,  =  I  Sîdah  XHI  p.  277, 12  :  !^4S'ô^  k^^ 
8  lXao  J,  kxs^  Soi,   restriction  trop  étroite.  Développement  de 

"l/~~vi]j),  comme  ^->  et  |»r->,  -  ^  et  (*-<-; ,  lA  et  ^.,  o^  et 

j.lX-«.w  et  (*i2*«,  w>..;i  et  a-^^,  oi-^  et  <JJ^,   ^j^^^  et  (*>^c,  ,3^  et 

JLc,  (jls  et  ^,  jJ  et  j.jJ,  -Li  et  jjil,  ^5>  et  f,-:^,   J^  et 


832 

j.J>^  et  tant  d'autres,  317;  1387  n.  et  Hdr.  Gl.  shvs.  et  ici 
Gl.  shvs.  ;  voir  aussi  sub  ^j>  . 

■^ô  "^50,  doucement,  lentement,  partout  courant  dans  le  Sud, 
aussi  au  Yéman;  Stace  p.  72:  gently.  On  prononce  dàla 
dàla  ou  dalà'  dalâ^  L'étymologie  que  j'en  donne  1288  n'est 
pas  à  l'abri   de   tout   soupçon.   On   pourrait  aussi  penser  à 

^o,  u;  I  el-Qùt.  p.  132,  11:  oisyL.   \j^^  y-ii\  ^^^j  faire 

marcher  doucement  devant  soi;  LA   XVIII   p.  292,2  d'en 

bas:   Î'Aj^,  Ia^;  ^j-^  L^xa*-  yo  Jj'^Îj  iiïLiiî  o^>->  =  ib.  p.  291,  7, 

•  et  ib.  p.  293,6:  oLoy!  o>-vj!  ^  ^ÀJ!  _PJJ!  et  ib.  1.  8:  ^t 

-x^"  iol  ^^L>5  kJI^  !oî  i^^'o:  ^^Ijc"^!,  mais  ^_^j>  =  vjjLw  doit  être 

une  erreur,  voir  TA  et  Lane  sv.  En  tout  cas,  cet  adverbe 
me  paraît  renfermer  un  reste  de  nounation,  ce  qui  est  on 
ne  peut  plus  rare  dans  les  dialectes  de  Dt,  et  de  Hdr.,  ainsi 
que  je  l'ai   déjà  exposé  dans  Arabica  V  p.  115  et  ma  LA 

p.  27  et  ss.  et  ici  sub  iJoi-  On  trouve  sidda,  72,5,  et  eyda, 
Arabica  III  p.  38  =  eydan  en  sahhî  BBRAS  1902  p.  258, 
marhaba  et  abadan,  vhv.  Voir  aussi  ma  LB.'^A  Gl.  sv. 
Nounation.  Mon  savant  confrère  autrichien  dans  son  RD  II 
p.  XII  n'a  pas  fait  la  même  constation  pour  le  dialecte  de 
Dofâr,  mais  j'ai  déjà  dit  Datînah  II  p.  VIII  et  ici  sub  IcNj! 
ce  que  je  pense  de  ce  dialecte. 

o  Û  ^  ) 

Le  synonyme  de  d  al  a  d al  a  est  lXj^.,  vhv.,  qui  n'a  pas 
non   plus  conservé   la  nounation  classique.    Il   y  a  aussi  le 

verbe  classique  Jîo  =  Jb,  voir  les  dict.  —  Une  expression 
analogue,  quant  à  la  forme,  est  le  nordbédouin  hàla  h  à  la 
et  l'algérien  dùga  dûga,  directement,  et  gâda  gâda, 
dâga  dâga,  Marçais  TAT-p.  303.  Outre  l'étymologie  y 
proposée,   on  pourrait  penser  à  tAï  vhv. 


833 

jo,  u,  laisser  tombe?'  les  bras  aux  côtés,  785,  Bédouins  du 
Nord.  Au  Waddây,  enlever,  décharger,  Carbou  p.  216  et  p. 
2S4;  mettre  pied  à  terre,  descendre  du  cheval,  camper,  ib. 
p.  217.  Cf.  ^ù,  u,  vhv. 

xlô,  cafetière,  20,  17;  56,  14,  18;  57,  11;  60,  4,  12,  18;  881,  5 

d'en  bas;  1087;  1088;  pi.  jJo,  J«.b,  o"5j,  Hdr.,  et  J^o,  Nord, 

468,3;  1094,2.  Stace  p.  92.  -KO  pp.  58,3;  70,4.  d'en  bas. 
ED  Gl.  sv.  Musil  o.  1.  p.  128  écrit  délie  (délie),  forme  que 
je  ne  connais  pas.  Socin  Diw.  Gl.  sv.  Dans  ed-Çâhir,  on  dit 

icljo,  vhv.,  comme  à  Damas,  pi.  ^%c>,  Hdr.  p.  575  n.  C'est 

peut-être  là  la  forme  primaire:  kJjlXJî  ^^y3L\_i  =  ^^^Aj,  ils 
font  circuler  la  cafetière,  Dâhir.  Mehri  dillît  ou  dellêt, 
cafetière. 

c 


^wJo,  jMer  le  dos,  1768.  En  Dt.,  on  dit  ^_JLj' =  ^^^o,  Cf. 
,.;^J0  et  ,^j,o,  vliv. 

c 

4o,  1768,  expliqué  1680.  Cf.  J.S  vhv.  Hein  SAE  IX  p.  1G2 
N°  12  1.  2:  Kôs  yôm  tâdlahtesîr  makân  ad-dîg, 
ce  qu'il  traduit  par:  Bèim  Treiben  kommt  der  Wind  an 
einen  engen  Ort,  et  ib.  p.  165  N°  16  v.  15:  v^a  tedlah 
kôs  min  wasât  (1.  wasât)  el-bahr,  U7id  es  treibt  der 
Wind,  wenn  er  [kommt)  von  Meere.  Dans  la  note  12  p.  162, 
Hein  dit,  à  propos  du  mehri  d allia  du  texte:  dalah  du 
vent,  il  souffle  doucement.  Je  crois  que  c'est  le  même  verbe 
que  le  sudarabique  io,  1678  et  ss.  et  on  doit  traduire  par 
lorsque  la   mousson  d'est,  voir  sub  v.  (_,y^,  se  déclanche  ou 

se  déverse,  etc.  Cf.  sub  ,-X«o .  Le  classique  ^o  =  xU^.  .^lXj  y» 

^i/î'io  y>  îo!,  LAsv.,  Qays  b.  el-Hatîm  p.  8  (commentOvOe 

53 


834 

m'est  pas  connu  dans  les  dialectes;  voir  sub  io.  L'assyr.  a 
dalâhu,  se  dépêcher,  Amarna  Gl.  sv.   Nous  trouvons  dans 

le  Diw.  de  Abîd  b.  el-Abras,  éd.  Lyall  p.  14:  ^o,  „dowds 
bearing  heavy  burdens  (of  rain)":    N°  XXIII,  2   et  ib.  N° 

XXVIII,  14:  ^"^ô  iUJ)  ^ss,v-_j  ^j^  j^\,  nuages  pliant  sons  le 
fardeau  de  Veau.  Diw.  Hodeyl.  Wellh.  N°  275  v.  21:  ^jJi 
^o  y^=>  ^  ^yt  iC^!A>,  V ornent  des  branches  touffues  des 
palmiers  de  H.  LA   sv.   j.A>,  oii  à  tort  ;^j>.  Ici  iLyoÎL>c> 

»  3 

doit  être  un  pluriel  à  cause  du  ^o  suivant.  Je  ne  sais  si  le 
classique  i^  est  le  même  verbe  que  le  sudarabique  io<iJ>, 

expliqués  en  haut:  images  qui  déversent  leur  eau:  ^ULi  ^o, 
Hodeyl.  N°  XXIII  v.  2,  car  alors  i3  serait  primaire. 

'^\ 

jjo,  couvrir;  tromper,  frauder,  1404;  Proy.  et  Dict.  p.  193. 
Syrie. 

;j^o,  i,  u,  expliqué  1401  et  ss.,  oiî  l'étymologie  <  '^iy.o:  est 

discutée.  >ijJIj,  comme  \^  et  Ci  vhv.  Cf.  ^-JL  vhv.  —  Polir 
le  mur  après  l'avoir  blanchi,  Syrie,  =  u^io,  vhv. 

y-Jji,  tromper,  1401,  1402  et  n.  2;  Gl.  Gloss.  Tab.  sv. 

^b,  1402.  o-^Jo-,  1402  et  n.  1. 
yJjoS,  1402. 

^3,  1403. —^JJo,  yJÔ,  1403.  -^_^Jô  =  2ui^,I.SîdahIII  p.76. 

iCwJS,  astuce,  1402  n.  1.  Sur  la  désinence  grecque -c-r,  voir 
1188,  1403. 

(j^o,  u,  polir  un  mur  après  Vavoir  blanchi,  Syrie,  1403  n.  3 
=  y*.b  vhv.  —  Tromper,  falsifier,  1404,  Prov.  et  Dict.  p.  193.— 


835 

(j^j>,  intens.  de  u^o,  polir  un  mur,  etc.,  Syrie.  I.  Sîdah  III 
p.  112,  à  propos  de  JL>,  u,  =  v3^=>,  dit:  Jj^  JlXJj'  &-jLa^  ^^ 

v^j>,  1,  j/e^er,  lancer,  Dt.  et  Hdr.;  aussi  en  mehri.  —  Dégoutter 
(delef),  590;  Prov.  et  Dict.  p.  36;  Lieb.  v.  Amasia  p.  102,  2, 
comme  l'hébr.  f^^l,  Ges.-Buhl  sv.,  et  le  syriaque  .  gV,^.  stillavit. 
Ce  sens  provient  de  K^Jo,  être  bas,  que  nous  trouvons  dans 
le  classique  v«àJo,  dit  d'un  arbre  ou  d'une  branche  qui  se 
plient  sous  le  poids  des  fruits  ou  sous  la  violence  du  vent, 

p.  e.  dans  Qays  b.  el-Hatîm  IS[°  5  v.  27  =  ici  sub  ^jô.  C'est 
donc  un  autre  verbe  que  le  premier  olJl>,  jeter,  et  vjiJj 
qui  suit  ici.  -  Jahn  SAE  III  pp.  26,6;  27,  15,  17,  21;  269 
a  pour  le  hadramî  le  verbe  s.jib,  qu'il  traduit  par  hinaufei- 
len,  hinaufspringen  et  le  mehri  delôf,  par  hinaufspringen, 
Mnaufhilpfeyi;  hûpfen,  springen,  p.  173.  Il  se  base  sur  le 
classique  v«âb  qu'il  rend  par  rasch  einherschreiten,  mais  on 
n'a  qu'à  consulter  I.  el-Qût.  p.  288,  9,  LA  sv.,  Fiqh  el-lurah 
(Beyrouth)  p.  186  et  Lane  pour  constater  que  le  sens  est 
plutôt  tout  le  contraire:  marcher  à  pas  lents,  lourdement  et 
à  petits  pas,  sens  que  renferme   déjà  la   racine  Jo  et  ses 

élargissements  (Jb,  _^b,  ^o,  ^o,  Jèlc>,  t^Uo,  vhvs..  LA  XI 
p.  5,  5  d'en  bas:  ^ÎÀJt  _^  v^î^l,  qui  porte  un  fardeau 
lourd  et  marche,  à  cause  de  cela,  à  petits  pas.  Dans  l'ex- 
plication do  otJÂJ!  =  pLXiijJl,  LA,  la  vitesse  n'est  pas  impli- 

quée;  voir  plus  loin  ^o  p.  837.  Cf.  oJ-s^o,  \Jéj^  et  olàj^vi!, 
LA  XI  p.  388  et  p.  398  =  c^!,  oîi  il  y  a  accouplement  de 
L-5,'3  <  o»o  et  de  sjéù  =  oiÀlo. 

Examinons   un  peu  le  texte  de  Jahn.  A  la  p.  26,  6  :  \jai 


836 

J^  J,  *jU_£  \_i  v^o^i  iil2Ai>  i!oo  ;^v^  ^^-*^  ^^'j  =  mehri 
delôf  beh,  il  lui  coupa  la  tête  avec  le  sabre,  il  mit  une 
ficelle  à  la  tête  et  la  lança  (car  il  avait  lié  la  ficelle  pour 
cela),  et  la  tête  s'accrocha  sur  la  ynontagyie,  propr.  il  la  fit 
par  cela  accrocher.  Jahn  traduit:  und  eilte  damit  deti  Berg 
hi7ian,  wo  er  es  anband.  P.  27,  13  et  ss.:  galet  lu  h: 
bukra  gamî"  en-nâs  yahrugûn  lâ'^ând  el  ma  u  râs 
el-hanas  rau^allag  filgibal  (raehrisme!).  Kull  mân 
dâlâfluh  u  nâzzâlluh,  hu  dâk  li  gâtai  el-hanas. 
U  dâlâfu  kullhem  u  ma  had  gâ  beh.  Elle  lui  dit: 
demain  tout  le  monde  sortira  pour  se  rendre  à  l'eau  {d'où 
l'on  verra  que)  la  tête  du  serpent  est  accrochée  à  la  montagne. 
Celui  qui  lui  jettera  sur  la  tête  (des  pierres,  v.  p.  358/9)  et  la 
descendra,  c'est  lui  qui  aura  tué  le  serpent.  Et  tous  jetèrent, 
mais  aucun  ne  la  décrocha.  A  la  fin  on  dit  à  un  derviche: 
dilif  ala-r-râs,  jette  sur  la  tête!  et  celui-ci  dâlaf  luh, 
nâzzâleh  '),  lui  jeta  (des  pierres)  et  la  décrocha.  C'est  à 
dire,  il  la  fit  rouler  en  bas,  car  on  ne  l'avait  pu  jeter  bien 
loin  avec  une  ficelle.  Partout  ici,  Jahn  traduit  le  mehri 
delûf,  delôf  par  eilen,  courir.  Auparavant,  Moh.  le  Brave 
avait  tenté  de  tuer  le  serpent  en  lui  jetant  sept  pierres  et 
sept  lances  (voir  sub  *^J),  et  le  texte  porte  ici,  p.  25,  11  et 
passim,  les  verbes  v_îÀ>  et  oVj ,  jeter,  lancer,  vhvs.,  qui  ont 
le  complément  ^,  comme  tous  les  verbes  signifiant  jeter, 
lancer,  de  même  que  ^  ^--^  o.  1.  p.  26,  6,  ainsi  qu'en  mehri 
delôf  beh.  Ces  deux  verbes  uiÀ>  et  oVj  sont  justement 
synonymes  dOv^ÀÎo.  Si  ^c>  est  hinaufeilen,  on  ne  comprend 
pas  bien  que  tout  ce  monde,  qui  aurait  couru  jusqu'en  haut, 
n'ait  pu  apporter,  v  *l->j  la  tête  du  serpent  ==  Tiâmah. 
v«Àij>  a  peut-être  en  mehri  le  sens  de  eilen,  accourir,  puisque 
Jahn  le  dit,  mais  Bittner  Mehri  I  p.  26  et  II  p.  16  ne  fait 
que    suivre  Jahn.   Le  même  verbe   est  chez  D.   H.  Mûller 


')  =  Mehri  hakafdeh,  792  n.;  1279  et  ici  sub  J^. 


837 

traduit  en  arabe  par  L\_à_£,  qui  ne  rend  pas  tout  à  fait  la 
même  idée. 

L'homme  de  Jahn  s'est  servi  du  même  verbe  ^b  pour 
le  hadramî.  J'ai  déjà  refuté,  dans  ma  brochure  MJM  p.  11, 
la  traduction  et  le  rapprochement  sémasiologique  de  Jahn. 
Mais  si  le  nègre  swahili,  "Abd  el-Hfidî,  qui  a  fourni  à  Jahn 
ce  récit,  du  reste  fort  intéressant,  au  point  de  vue  mytholo- 
gique, s'est  servi  pour  le  hadramî  du  verbe  >^ij>,  voulant 
rendre  par  là  le  mehri  delûf,  c'est  qu'il  a  confondu  o^b  et 
oiiJ»,  vhv.  qui  a  à  peu  près  le  sens  que  Jahn  donne  à  ^Jib. 

D.  H.  Mûller,  SAE  IV  pp.  75,  3,  19;  77,  22,  24;  79,  23,  24, 
27;  88,24,  a  le  même  verbe  mehrite  delûf,  mais  là  le 
texte  arabe  porte  comme  contrevaleur  efed,  ce  qui  est 
l'arabe  l\sc,  vhv.  Ce  delûf  est  donc  pour  le  hadr.  ^ô, 
sauter.  On  constate  que  chez  Jahn  delûf  n'a  pas  le  même 
sens  que  chez  D.  H.  Mùller,  car  celui-là,  le  rend  par  s'en 
aller  ett  courant  =  ù.â.1 'à  f  bih,  tandis  que  celui-ci  le  traduit 
par  sauter  =  ]\cL(ÏY.  ^efed,  o\.s£.  Bittner  Studien  Mehri  V  p. 
17  traduit  bien  delôf  par  hûpfen,  mais  il  suit  aveuglément 
Jahn  lorsqu'il  ajoute:  „cf.  l'arabe  v^lJ,  rasch  einherschreiten, 
donc  laufeyi^  courir  (comme  le  suédois  lôpa^  ne  signifie  pas  lau- 
fen,  courir,  mais  springen,  sauter".  Ayant  le  bonheur  d'être 
suédois,  je  peux  assurer  qu'en  suédois  lôpa  est  =  l'allem.  laufen 
la  même  chose  que  le  suédois  springa,  qui  en  suédois  est 
autre  chose  que  l'allemand  springen,  sauter.  Bittner  n'a 
donc  pas  été  heureux  dans  sa  leçon  de  suédois.  Ib.  IV  p.  66, 
il  énumère  delôf,  sauter,  parmi  les  mots  caractéristiques 
du  mehri.  Nous  venons  de  voir  que  ce  mot  est  aussi  arabe 
dialectal  du  Sud. 

Il  faut  donc  dans  notre  dialecte  distinguer  ^^^,  jeter, 
lancer,  de  oJo,  sauter,  vhv. 

Une  variation  de  ^^  est  le  classique  ^<^.  I  Sîdah  XIII  p. 

286,  9  d'en  bas:  \Jux^  C^  ,  ^J:^  loi  ^a^lXj»  olSJo  i^^^lr-  LA 


838 

mm'cher  à  petits  pas,  mais  aussi  marcher  vite,  LA  sv.,  ce 
qui  est  aussi  le  sens  de  son  élargissement  v^^lJ,  courir  vite, 
et  sa  métathèse  c>JL^l>,  L  A.  Cette  permutation  se  trouve 
également  dans  ^ô,  sauter,'^ ^^,  RD  I  p.  42  n.  4  et  II 
p.  82,  o\x  l'auteur  est  dans  le  doute  si  c'est  v^3,  sauter,  ou 
vjiio.  C'est  oiij  vhv.,  tandis  que  v^j>  est  jeter,  lancer. 

v^o,  u,  glisser  hors  du  fourreau  (sabre)  880,  10.  LA  sv.; 
Socin  Diw.  Gl.  sv.  ^o.  Cf.  \J>^y  Stace  p.  133:  push.  Effec- 
tivement, oiio  a  dans  notre  dialecte  aussi  le  sens  de  pousser. 
J'ai  entendu  enDt.  :  ^^\  UJlr:  ^^iJiiAjî,  l'ennemi  a  poussé  de 
l'avant  eyi  nous  attaquant,  a  fondu  sur  nous  ;  LlJLc   oiJAJt 

J.*AvJî,  le  sêl  s'est  répandu  avec  force  sur  nous,  comme  LA  sv. 

vJLÎJ»,    rendre  poijitu,   583,  5,  <  oiJ3  vhv.   On  comparera 

^kJI  ^J5^5t\ji  =  c^lXjî,  embonpoint,  I  Sîdah  II  p.  28  =  vjjL^Jot, 

vhv.;  iJLii=>L>  =  ^LJt  j,Uxi!,   embonpoint,  I  Sîdah  ib.  p.  28,5 

d'en  bas.  Kjjf*^^  =  o^<->,  qui  a  un  gros  ventre,  ib.  p.  29,  2 
d'en  bas. 

vjOo,  colomie  en  bois,  Meissner  NAGI  p.  122. 

ê^ù,  u,  frotter,  631,8  d'en  bas;  cf.  I  SaM  IV,  I  p.  137,25. 
Métathèse  probable  J^o,  LA  sv. 

iiÛJo-,  se  frotter,  632,1. 

tiU^xil:  ,j/..-4-ciJ!  ui^jCiAi!,  =  e:AjLÈ,  le  soleil  vient  de  se  coucher, 

Dt.  La   lurah  a    ^j*.,*^!  c>J^^,   que  je  n'ai  pas  relevé  dans 

nos  dialectes,  mais  voir  ici  lil^o.  I  el-Qût.  p.  287,  15:  c^oJo 
(i>s_jL£  UsjIj  iU-wJî  Ja-w.^  ^J-£:  o-iLo  (j*..*-^!.  LA  sv.  porte 
,j<v-«^!  c>jCIl>  =  c>«.j^,  oii  d'autres  détails ;  =  ié)^.«L> ,  LA  sv. 
et  ib.  sub  ii)^b  p.  311,  7  d'en  bas. 


839 

En  Dt.;  on  dit  aussi  j^-^-^t  ^Sj\  ou  ci^o!  ou  ^^^Jot  de  l/"~"j.b 

vhv.  L'origine  de  cette  expression  avec  liUo  serait,  d'après  el- 
Fâ'iq  sv.,  parce  qu'on  met  les  mains  sur  les  yeux  pour  voir 
si  le  soleil  s'est  couché  et,  d'après  el-Beydâwî  I  p.  548,  4 , 
parce  qu'on  se  frotte  l'œil  contre  les  rayons  solaires;  LA 
et  TA  et  Lane  disent  de  même.  Cela  n'est  pas  sérieux. 
Dans  cette  acception,  »i)^b  doit  provenir  d'une  autre  racine 
homonyme.  C'est  une  variation  de  oJJo  ou  bien  un  déve- 
loppement de  V~j^^,  qui  a  aussi  donné  le  classique  (jJAit, 
tomber,  glisser  de  la  main.  La  Nihâyah  dit  que  le  sens 
primaire  de  liUo  est  JL,   i,   et  el-Beydâwî  1.1.  fait  observer 

On  pourrait  alors  aussi  ajouter  ^\o,  u,  et  sa  variation  Jc>, 
u,  de  même  que  1/~^^l>,  ^jo,  etc. 

^_^J,  629  n.  1.;  v.  les  dict. 

3   >  3    3 

^iJ^o  dans  ^/..^-ciJ!  ^^^^o,  /e  coucher  du  soleil,  est  connu  en 
Datînah,  et  je  ne  crois  pas  que  ce  soit  là  une  influence  du 
Qor.   XVII  V.  80  et   des  Traditions,   Nihâyat  sv.   C'est  le 

û  ,  3  0- 

synonyme  de  y*^4->iJî  JL«  ou  j».A^j  ou  j^^^vù"  Hdr.  Gl.  sv.  Si 
téUo  dans  ce  sens  est  une  variation  pour  l/~^io,  la  séman- 
tique serait  la  même;  cf.  ici  sub  ^. 

f^o,  être  ou  devenir  sombre,  obscur,  jour,  à  cause  des  nuages 

noirs,   ou   nuit,   Dt.   JwJU!  *.^o,  la  7iuit  tombe,  Dt.  =  l\£  et 
y/JLc  vhvs.,  ==  Eg.  JwS^o,  Prov.  et  Dict.  p.  193,  vhv.  et  ib. 
p.  372. 
C'est  un  accouplement  de  ^3  et  ^^j>,  vhv.  Fraenkel  Mehrl. 

Bild.  im  Arab.  p.  36.  LA  sv. .  Muzhir  II  p.  135:  ioXoî  ^]. 


840 

Ruzicka  Iv  D  p.  224  veut  que  j*Jo  soit  une  dissimilation  de 

(•PO,  forme  qui  n'existe  pas;  il  en  est  de  même  de  beaucoup 
de   ces   dissimilations  de  Ruzicka  et  qui  sont,  au  contraire, 
des  accouplements  de  deux  racines.  Cf.  jji». 
jvfSAj",  être  obscur,  jour  ou   ciel,  à  cause  des  nuages  noirs; 
RO  §  397. 

iUJj>,  obscurité,  qui  ne  provient  pas  uniquement  de  la  nuit, 
Hdr.  p.  103  V.  9  b;  ib.  p.  110. 

xîj»  >  x!o,  expliqué  dans  ma  LA  p.  75  n.  2.  I  Sa^d  I  p.  98, 
ib.  VIII  p.  101,  14,  011  il  faut  lire  i:^j>-  Cf.  le  classique  ^^o, 
LA  XVIII  p.  ^93,  8. 

_^o,  outi^e  ou  seau  en  peau  du  puits,  608;  pi.  ^^o,  68,  20. 
Vollers  VS  p.  37  en  bas.  Musil  o.l.  p.  133.  I  Doreyd,  dans  son 
Gamharah,  mon  ms.,  dit:  ijj^'^»,  ^^^3  ij^ail^^^Ai!  vt*^'  ^_5-*•^■ 

sLi  vi^-ç>  ^)■.:>  iow  «ÀP  ■c^oii'  Q^  J^  ^"^  O^Ls^J!  "^^^3  j'^^i  LT^'î? 

ce  qui  est  reproduit  par  ï.  Sîdah  XII  p.  51,  10  d'en  bas  et  par 
LA  XIII  p.  175, 11  d'en  bas,  qui  a  aussi  (_y>Jî  et  il  ajoute 

s:  w  >  w 

encore:  slXP  (jiusj  ^.^  «o^^^.  u^Ui'  j^^-  q'  ^^  ^i  uXj  ^Is  "bSÎ^ 
sL.oo'i!.  Il  est  intéressant  de  constater  que  tous  ces  mots  sont 
du  sémitique  commun,  vhvs.  Ces  ustensiles  du  ménage  primitif 
des  Sémites  remontent  donc  à  une  époque  bien  éloignée,  et 
la  langue  en  a  conservé  les  noms  avec  une  remarquable 
persistance.  Qays  b.  el-Hatîm  N°  1  v.  3;  voir  sub  i'ui  . 

_^o  est  aussi  akkad.,  Del.  HWB  sv.;  Streck  ZA  XIX  p. 
251;  Fraenkel  FW  p.  63  et  p.  73;  Cher  Alfàz  p.  66.  Zim- 
mern,  Akkad.  FW  p.  34  dit:  „akk.  *dnlu,  pi.  dûlâti, 
seau  pour  puiser  l'eau  (de  dalû,  puiser  Teaw) :>  peut-être 


841 

aram.  daulâ,  seau  pour  puiser  l'eau.  Par  contre,  akk. 
daln,  hébr.  dëlî,  arabe  dalu,  seaic  pour  puiser  l'eau,  sont 
sans  doute  d'une  parenté  primordiale".  Gf.  l'hébr.  bn,  puiser 
l'eau,  i<b)i ,  seau ,  ,et  ^bl ,  ahl  ;  Levy  W  B  I  p.  382/3,  où  il 
dit  que  b^l  est  véritablement  Wasser  in  die  Hôhe  bringen, 
mais,  d'après  mes  faibles  lumières,  c'est  plutôt  laisser  le 
seau  descendre  dans  le  puits;  voir  sub  ^d^o.  Dans  la  lurah, 
_^o  est  du  maso,  et  du  fém.,  I  Sîdah  XVII  p.  18,  mais  LA 
sv.  dit  que  le  fém.  est  meilleur  et  plus  répandu. 
b>b,  petit  seau, petite  outre,  76, 9;  1182.  En  Syrie, pe^z^  seau  en 
bois.  Sur  la  forme  diminutive,  voir  sub  "-uJj)  p.  851,  comme  le 
syrien  ,J^ï,  marmite,  et  b.Ji,  petite  marmite  en  terre  cuite. 
I  Sîdah  XVII  p.  17  dit  _^J^Î  ^  iLiJ  J^tXJi,  mais  je  ne 
saurais,  malgré  cela,  affirmer  que  les  deux  mots  proviennent 
de  la  même  racine,  pas  plus  que  *Jl>,  cafetière  =  'i^^o,  vhvs., 
à  moins  que  V^jlo  soit  une  métathèse  de  V~d;,^.  Mais 
V'~y>c>  est  descendre,  ici  descendre  dans  le  puits  (seau)  et 
le  verbe  ne  peut .  pas  être  un  dénominatif  de  y^,  vu  les 
nombreux  dérivés  de  ce  thème  qui  tous  proviennent  de 
l'idée  primaire  de  descendre.  Le  sh.  die  n'est  pas  exactement 
tirer  le  seau  du  puits,  comme  le  rend  Bsh  II  p.  39,  mais 
cela  se  rapporte  à  l'actio?i  de  puiser  l'eau,  car  le  seau  doit 
aussi  être  tiré  en  haut  après  la  descente.  Le  mot  classique 
pour  tirer  le  seau  en  haut  est  „ji,  ^o:x>,  (<  ^U^t  v.  sub  ^., 
-j  et  li^-Xs),  Jo\j  et  -y  vhv.,    1345/6.   iuib,  pi.  Jî^j,  I  Qot. 

''Uyûn  el-Ahbar  p.  64,  renferme  également  l'idée  de  descendre, 
tandis  que  iCJil-w,  ïUiLw,  ^J.^^^,    'âxj^  partent  de  l'idée  d'être 

haut,   7nonter,   élever,  Hdr.  p.  514,    vhvs.  Cf.  LA  XVIII  p. 
291,  4  d'en  bas. 

^o,   i,   atteindre,   y  arriver.  RD  Gl.  sv.  ;  =  Jj"  =  Jij'  u  vhv. 


842 

Dans  le  Nord,  faire  descendre  le  _^o  dans  le  puits.  Sa'^dùn 
el-'^Awâgî  regarda  derrière  lui,  et  voilà  que  le  cavalier  w  ^\c> 

.xJL  jJiAit  ^_^Aj   Lo  JJl»  „-v<J!,  baissa  sur  lui  la  lance,  comme 

tu  fais  descendre  le  seau  dans  le  puits,  selon  l'explication  dans 
ma  LB'A  p.  80,  21. 

j^^b  ^  chez  Hartmann  LLW  p.  168,  avec  la  glose  origi- 
nale: p-j>j<  ^y^-  ^5  ^*  ^^^  ^^^'  ^'  Cf.  K^^o  >  J.O  et  ^^^J>. 
Ce  n'est  pas  un  dénominatif  de  j.b  vhv. 
(_^o,  faire  descetidre,  1288.  Qor.  7,  21  =  jJl>.  Laisser  pendre  ou 
laisser  tomber^  expliqué  1680^=^^^)  vhv.;  cf.  Marçais  TAT  p. 

^{)l.  — Laisser  les  bras  tomber  aux  côtés  en  saluant.  j»^lXjj  V'Aj 

(pr.  yidùllu  par  attraction  vocalique),  785,  4.  —  Commencer; 

cf.  ^^o  et  j,o,  vhvs.  ^,Jio  ^o,   il  commença  à  pleurer,  84, 

12, 16.  [jSjXj  e;V^^3  uv-^^'  ^— '"^  (jv^'î  ^^'S  de?<a;  (lions)  se 
rencontrèrent  et  commencèrent  à  s'attaquer,  à  lutter,  88,  22  ; 
1287,  1288,  oià  explication  et  exemples,  1398.  —  Continuer, 
durer.  Sl^Sl  y^o^  U   .j^^^.  ^_Jj  ,  il  co?itinua  à  marcher  jusqu'à 

ce  qu'on  arrivât  au  pays,  86,  10,  14.  j.j-J!  Jya  Lf=y.  J^  ^^, 
la  pluie  continuait  à  tomber  totite  la  journée,  1535  n.  —  < 
J^,  1287,  1288;  1398.  Ma  LB'A  p.  59,19, 
iuJb='NXj^b,  1768;  LA  XVIII  p.  293,2  et  8. 

j_^L>)  <  ^uNJ",  se  dégonfler.  ^jS^  c^^i^î,  mon  testicule  s' est  dé- 
gonflé, la  gonflure  est  tombée,  1288. 
^o,  bas  >  vil;  fém.  iiJ>3.  ^j>  J^^aï  Li!  L,  je  ne  suis  pas  un 

vil  qabtlî,  104,  15;  1466.  Cf.  ^_^j>  et  ^^JJ  vhv.  —  Uni,  égal, 
facile,  1466,  1467;  1483,  =  0"^,  contr.  de  J^,  difficile,  vhv. 

j.L>,  c/^a^  = -♦t'Pj  les  deux  formes  dans  le  Hogarîeh;  pi.  f^S\ 


843 

>*jçi8oï;  fém.  iL^j>,  chatte,  pi.  oUyioï,  Hogarîeh.  Yahuda  ZA 

26  p.  351  dit  que  (To,  pi.  ^ô\  est  au  Yéman  le  mot  ordinaire 

pour  chat  et  il   donne  le  proverbe  i^L=>  ^-,.-^.  j.JJ!,  /e  c^a^ 

aime  so?i  étrangleur.  El-Mukaddasî  p.  31,  7  dit  que  s^,  iUo, 

.Jlw,  iiLi  sont  des  synonymes.    C'est   l'akkad.  dumâmu, 

chat  sauvage,  et  l'éthiop.  ^^^ ,  felis,  catus,  Dillm.  Lex; 
Hommel  Sâugeth.  p.  119;  Dozy  S.  sv.  La  plupart  des  noms 
des  chats  sont  des  onomotopées,  1133  et  5.  La  V~^  est 

imitative,  comme  aussi  j.J>,  vhv.,  et  son  parent  ^j,  vhv.  Cf. 
l'hébr.  DQl ,  parler  doucement,  être  plaintif,  p.  e.  dans  Job 
IV,  16:  b')\>)  riççi,  un  suono  soave  e  una  voce  (Scerbo),  et 
l'akkad.  dama  mu,  loeep,  lament,  Muss-Arnolt  p.  253.  ^i\aic> 
marmotter,  vhv.,  Qor.  91,14  et  Tab.  I  p,  3096  d.  1.,  = 
^.jJuo.  Cf.  sub  ^j>.  J.0,  couvrir,  est  un  autre  verbe. 

Le  sh.  a  le  verbe  dumm,  enduire,  salir,  ce  qui  est  la 
classique  ^^0  =  ^11»,  enduire,  Bittner  St.  sh,  II  p.  26.  Ce  sens 

est  inconnu  en  datînois. 

iL^o  <  iLLxo,  vhv.,  e7iclos  dcs  moutons,   433,  d'après  LA  et 

el-Fâ^iq  I  p.  205.  Sur  ^o  et  mo,  voir  sub  ic«jj>. 

Dans  le  dialecte  arabe  de  Dofâr,  relevé  avec  tant  de  talent 
par  Rhodokanakis,  se  rencontre  une  particule  j.o,  de  m  m,  à 
laquelle  on  ajoute  les  suffixes,  peut-être,  RD  II  p.  128.  Le 
savant  auteur  la  fait  venir  de  dUlot,  »^c>\,  etc.,  mais  dont 

le  sens  n'est  point  expliqué.  Le  comparant  avec  DÇi,  com- 
parer, se  figurer,  s'imaginer,  il  admet  un  verbe  arabe  ana- 
logue, qui  pourtant  n'existe  pas.  Cette  étymologie  est  à 
écarter.  Or,  cette  particule  est  sans  doute  la  même  que  ^c> ,  vhv., 


844 

dont  j'ai  parlé  482  et  s., peut-être;  probablement:  n>  m,  et 
cf.  el-Fâ^iq  I  p.  205  sv.  i->o. 

,isxio,  u,  arriver  inopiném.e^it,  surprendre,  ^'introduire  furti- 
vement,  frapper,  Dt.;  Cf.  LA  sv.  et  Dozy  sv.  I.  Sîdah  VIII  p. 

77,  12:  ijj^pi^  ^  |*j|^!  V;'^'  '^r^j^i  ^N^i-\j"  ^3^  ^^^  =  ti)w«o. 
Enrouler,  roider  autour,  umbinden,  seulement  dans  le  Nord; 

5  5  5 

exemple   sub  ^o;  ma  LB^A  p.  80,  3,4.   Jûy.j^\  ^ôJî  '-àp 

ù   5 

L^x^^  J>£,  la  femme  roide  les  fils  sur  son  ge^iou,  ""Anazî,  = 
Sud  M^  vhv.  Cf.  The  Fâhir  of  al-Mufaddal  p.  255.  Cf.  .^o 

vhv.    -  ^'^j1  =  „  ,ol  =  ^ ,  I.  Sîdah  IX   p.  175,10;  LA  sv. 

p.  100,  9.  —  l/~~^xio  a  donné  ,al^j>  vhy.,  LA  sv.;  Cf.  &:>LoAf 
=  iixiL^,  LA  sv. 

,i;^^oî,  chauve  sur  tout  le  haut  de  la  tête  Dt.  Ce  sens  découle 
sans  doute  de  ce  que  les  cheveux  plus  bas  entourent  le  vertex 
chauve.  ^Loî  vhv.  est  chauve  par  devant  seulement. 

t  ,      ,, 

f^^,  pardomier  à,   J,  qqn.  A^  ^^i^^s^^^ô,  je   fai  pardonne, 

Béd.  Nord. 

^^,  incliner  la  tête  ou  le  dos,  1768. 

^<\^\,  être  pardonné,  ib. 

,^^o,  a  counterfeit  preparatioyi  resembling  atitimony,  Stace 
p.  194. 

_    O    _  5      O    5 

a^^Xa,  antimonyholder  =^'sX^<^,  ib.;  cl.  ^. 

-nO,  a,  perzV,  e7re  décimés,  exterminés  par  la  guerre,  la  peste 

ou  autre  chose;  être  complètement  usé,  ruitié,  =  ^z>^j,  974, 
=  cl.  :âj>,  u.  Mehri  demôr,  tr.  anéantir.  Cher  le  fait  venir 
du  persan  o.  1.  p.  66. 


845 

y>^,  11,  effacer,  en  ^Omân,  975, 1 .  Cf.  j.o  >  y«o  et  ^^Xaû,  où  V^j» 
est  certainement  une  onomatopée,  Fâhir  d'el-Mufad.  p,  205, 4, 
comme  ^>yi3  et  j.Àxii;  ^j^  f)  et  j.j^j;  t\5'>^0^,  j.lXS' 
et  iA^lXP,  vhvs. 

-^j»,  /rtz?'e  périr,  détruire,  exterminer,  anéantir,  achever,  975 
= -»jl,   courant   dans  le  Sud.   Cf.  ^o  vhv.  o!J!  ^}^  b^^iAi! 

s'jJôoj,  ?J0M5  îio?^s  sommes  'précipités  sur  le  manger  et  nous 
l'avons  complètement  achevé,  975.  RO  p.  426  N°  XXVII 
porte:  heiyén  bérab'en  demâro  1  h  elle  *  bâkor 
de  ha  wel  bëraq  bensëllo,  où  certainement  l'auteur  de 
cette  selle  a  dit:  heyyen  berab^en  demmaro-1-helle 
*  bâkor  de  ha  wel-bèra-qen-sello,  vive  les  contribules 
qui  ont  détruit  le  quartier  de  la  ville!  *  demain  matin  nous 
allons  sortir  le  drapea.u. 

yOLU!,  se  précipiter,  se  jeter,  974,  975;  voir  l'exemple  précé- 
dent, ^oy!  ^  v^*ii  ^^3  L^^c  j^^^  ^->^'3  'L>,  un  homme 
est  venu  et  il  est  tombé  sur  nous  brusquement  pendant  que 
nous  jouions  da^is  le  loâdi,  41,8.  Oj.^Jotj  «Jij^Iai!  J.  cj^j-^  ^^^ 
LyJlc  owAJt  "^îj  J.V5  L^j  pendant  que  nous  marchions  sur  la 
route,   des  ge^is  survinrent  précipitamment  Dt.,  =  Uà-^^Xii. 

LA  V  p.  377:  ^^ô^  l.yso  ./ï^Xj  -^^  ^3  (j^^i  y*^  ^^^^  çf'  f'^ 

l3^j>3  Ul^îÔ,  c'est-à-dire   le   même  que  notre  datînois  ^AJî, 
.  expliqué  par  oJ-«Ajt  et  ^:^  par  mes  Datînois!  I.  el-Qût.  p. 
288,8:  ^^o]  ^  J^o  ^iJLc^  \^  ^fl\  f^. 

^/ib,  ruiné,  974.   -    Usé,  1123:  a^b  i^^j,  cor(?^'  wsee. 
t^o  <  ^xJ»,  se  heurter,  en  sahhî,  791. 
^ao,  u,  raétathèse  de  ^^,  qui  est  primaire,  vhv.  Abu  Zeyd 


846 


Nawâdir  p.  197:  xjLLw*  ôy^i"  !o!  x»!  c>^^  =  I  el-Qût.  p.  130. 
LA  sv.  Cf.  ,iîvsu>  vhv.  —  Jk£  vJLolXjî,  se  précipiter  sur,  survenir 
précipitamme7it,  Dt.  correspondant  comme  sémantique  à 
l'italien  imbattersi  in;=  ^Ai',  vhv.;  Abu  Zeyd,  ib.  p.  197. 

liLcu^  voir  sub  é^^  et  sub  .^^j. 

ii)'wcJc»,  7WMr,  muraille,  parapet,  Hogarîeh.  Qâm.  sv.  et  TA  sv. 

Jwoj,  u,  mettre  la  pâte  dans  la  m  a  lia  h,  Haurân,  1144. 
J^^o  =  Q^j,   fumer  la  terre,  l'engraisser,  1760.   Ruzicka  o.  1. 
p.  97  et  p.  104. 

^ô,  clou,  furoncle,  pi.  J^Loo.  Stace  p.  21  sub  hoil.  =  Dt.  ^^o 
709,  pi.  Jw^'-oo.  ^JL«c>J!  jo,:^ijlJ,  Ze  furoncle  m'a  brûlé,  Dt. 
ii^.o  iiLj.y>  vi  (j:0  J.xLei3u!,  Zes  furoncles  qu'il  y  a  clans  ta 
nuque  sont  dangereux,  Dt.  —  Cher  fait  venir  ce  mot  du 
persan  J^o,  ce  que  Vollers  avait  déjà  dit  avant  lui,  ZDMG 
50  p.  641.  En  persan,  on  dit  aussi  dumbul.  —  Jaussen  o.  1. 
p.  271,  4  donne  JwojO,  petit  trot,  qui  vient  de  ^i^o  <  Jwcj 
LA  sv.;  V.  ici  -«o. 

.^L>,  rouler  qc.  p.  e.  dans  la  main  pour  faire  une  boulette, 
Dt.  Elargissement  de  ^svco,  vhv.,  avec  contamination  de  ^<:> 
=  ^L>,vhv.  LA  sv.  Cf.  ^Ju«>^  =  „y>j>,  Qâm.  sv.  et  V  oiJUo 
dans  ses  dérivés.  Ruzicka  o.  1.  p.  49  veut  que  ^JUo  soit  une 

dissimilation  de  io,  ce  qui  n'est  pas  probable.   —  ^sJLoo  ou 

_JLflj>,  bracelet,  encore  courant  en  Haurân,  voir  ,iv<o,  vhv. 
Vollers,  ZDMG  51  p.  294,  veut  que  ce  soit  un  motaraméen. 


847 

ry«<^,  i,  ftcmer  le  champ^  engraisser  la  terre,  701,  =  ^c>,  et  en 
'Oman  iA.*-w;  V.  sub  ^o.  >  J^^o,  même  sens,  1760.  =  pi 
Ges.-Buhl  sv.  —  Demander  asile  et  protection,  Haurân  et  Béd. 
du  Nord,  702.  LA   XVII  p.  16,6  donne:  ^^^Ls  sUi  ^^^U  ^o 

i<A•^^  \A.cix:  \ù>\,  avec  un  sâhid  de  Ka^b  b.  Zoheyr,  et  ib.  1.  9: 

aJ   u^i>j  j^>y!  Q^o.   Il  se  peut  que  ce  sens  soit  dénominatif 

de  )Li^c>,  703/4.   LA  ib.  dit  bien  que  ^\^\  ^^^oî  ')  et  ^^ot 

u^Lxiil  ^>  (d'après  Ta'lab),  :=  j.bî,  ^.^b  et  ^p^  provient  de 

jtJ!  Q^S,    Mais  j'ai  peine  à  admettre  cette  transition  sema- 

siologique  pour  ^^o!  et  je  crois  qu'il  faut  attribuer  au  bédouin 

Q-.0,  (j^o,  ^b,  Q-,^',   etc.,   voir  plus  loin,  qui  peuvent  être 

dénominatifs  de  \i^o,  une  autre  étymologie  qu'à  ^y,o\.  J'avais 

un  moment  l'idée  que  ce  verbe  pût  provenir  de  1/~j.^l>,  avec 
passage   de   j.  à  3,   comme  ij^y>  =  ■yj^4s>',  ^y>  =  yr  vhvs., 

J.-»..i;!  =  Jyi!,853,  ^yi=^,  Musil  o.l.  p.  438;  namar  (assyr.) 
luire,  =  j^i^  1002  ^),  où  j.>  ^^,  mais  je  ne  sais  si  cela  peut- 
être  acceptable.  ^^  ,j^o!  est  expliqué  L  A.  par  m\o\  et  x^^b, 
ce  qui  indique  une  qualité  habituelle.  De  même,  il  faut  peut- 
être  voir  en  ^}£.  ^^o,  nourrir  une  haine  longue  et  invétérée, 
et  'djj>c>  =  vAfl>,  haine  invétérée.,  non  pas  des  dérivés  de  Ki^o, 
fumier,  détritus,  mais  la  V  j.^^  >  ^j^o,  ce  qui  semble  cor- 
roboré  par  la  définition  de  L  A  :  Jy^^  yX^  ^j^lXJ!  lXa^!  ^j^lXJî 
(sl^jJS  xJLc  j_^'b.  '->^  L?'^  ^^"^  '-^  oV^-  ^"  "^^  "^^  pense  pas 


1)  Exemple  ici  sub  i^y^- 

-)  N'ayant  pas  ici  en  Suisse  la  VGSS  de  Bi'ockelmann,  je  dois  me 
contenter  de  ces  exemples. 

■■')  LA  porto  j^cXjÎ,  ce  qui  me  paraît  fautif. 


848 

que  les  Arabes  aient  pu  établir  une  sémantique  aussi  peu 
esthétique.  Mais  il  est  bien  difficile  de  suivre  la  marche 
sémasiologique  d'un  mot,  car  les  conceptions  sont  souvent 
bien  différentes  chez  les  divers  peuples.  La  l/~^y>j>  paraît 
avoir  le  sens  primordial  d'être  noir  ou  obscur,  comme  aussi 
,j/.woo  >  y.^-.*-:>o,  I.  Sîdah  IX  p.  39;  cf.  ^<^i,  nuUlum  vel 
obscurum.  fieri,  et  ^<^^ll,  obscurus^  wt<6ï7Ms,  Dillmann  Lexsv.. 
H.  Môller  Sem.  u.  Indog.  p.  79  :  d  m ,  obscur^  e7re  épaU  >  d  m  n  ; 
voir  sub  -o.  L'on  peut  se  demander  s'il  y  a  un  rapport  entre 

iuL«o  =  LXa=>  et  ce  sens  primaire  ?  alors  'ssXaù  fumier^  et  ssi^o 

(Aijs>  proviendraient  du  même  point  de  départ.  Mais,  en  tout 
cas,  il  faut  en  séparer  ^^  ^S).  —  jjc!  aHIj. 

,^u>,  dormer  asile  et  protection^  702. 

^^b,  chercher  asile  chez  qn,  703,  1  et  13  =  ma  LB'^A  p.  8, 17. 

^^l\j',  demayider  asile  et  protection,  702. 

^Uj  =  J,Jo-,  702,  703.  Etymologie  discutée  703/4. 

^j,  manure,  expliqué  702.  I  Sîdah  V  p.  121,2. 

iu^j-,   pi.  Q^J>,  est  l'endroit   délaissé  et  ruiné  oîi  il  y  avait 

une  habitation,  un  campement  et  oii  l'on  voit  encore  les 
détritus  qu'y  ont  laissés  les  hommes  et  les  animaux,  701. 
'Abîd  b.  el-Abras  N°  XI  v.  4.  I  Sîdah  V  p.  121,  3.  Ce  sens 
n'est  pas  connu  en  Dt.  où  l'on  a  cependant  ^^LJ>  vhv.  Mais 

on  y  dit  iUxAJl  ^^"  et  iOxAJî  j.L.io,  701,  voulant  par  là  in- 
diquer que  ces  villes  sont  très  anciennes.  Snouck  Z  A  26  p. 
221  dit  que  Sibâm  est  appelé  'dJ.Aô^\  tout  court  et  il  le  tra- 
duit par  Wohnort,  ce  qui  n'est  pas  ici  exact.  On  dit  même 
dans  le  Sud:  un  tel  est  xixuXJ!  ^s>\  ^^p,  d'une  très  ancienne 
famille,  701.  —  Stace  p.  95:  iOxo,  a  pièce  of  land,  702,  qui. 


849 

d'après  Dozy  serait  aussi  courant  dans  le  Maghrib,  ib.  — 
Territoire^   d'après  Dozy,   703   en  bas,  mais  c'est  au  figuré. 

Le  mot  classique  iUv>,  =  3JtJ!,  cro^^m,  >  *-ot!î  (jojyi,  e^iclos 
pour  le  petit  bétail^  est  une  contraction  de  iwj^ ,  L  A  XV  p. 
97,  3  et  6  d'en  bas,  el-Fâ'iq  I  p.  205  sv.  iwo,  avec  conta- 
mination de  J.O,  comme  le  pense  LA  1.1. 

^^Loo,  détritus,  résidu  de  toutes  sortes  qu'on  jette  sur  la 
^ïColX/,  vhv.,  ou  la  'i^j-A,  vhv.,  701;  1104  n.  1.  ^::^\  qLco, 

balayures  de  la  maison,    1047  n.   =   Aden   \^\3sS  vhv.  = 

'»jA^.  vhv.   —   Crotte,  excréments  des  animaux,  24,  22  ;  636 

n.  2;  701.  -  Fumier  Dt.  >  JUj,  1760,  = 'Oman  y^^o  vhv. 
I  Sîdah  XIII  p.  282,  2.-  —   On  lui  donne  quelquefois  le  sens 

de  aLo,    vhv.   mais  c'est  parce  que,  la  plupart  du  temps,  la 

'iL>  consiste  en  ^^U^,  fumier,  Lammens  Farâid  N°  1350.  — 
io'-oo  .b,  703,  doit  être  iuUo,  d'après  un  renseignement  de 
Marçais.  —  'iJj\CKA,  exphqué  703. 

^ù,  i,  produire  un  sony  retentir,  bourdomier,  Dt. ;  inf.  (jyo 
avec  son  intensif ^,L\io  =  |^^^l2>Lb  LA  XVII  p.  17, 10,  aussi  sh 
Bsh.  II  p.  43;  cf.  l'interjection  française  din  din'J  Voir  sub  ^b 

Onomatopée,  comme  ^o,  vhv.  Cette  onomatopée  n'a  pas  donné 
^^lXJ»,  comme  le  pense  Mez,  OS  Festschrift  Nôldeke  I  p.  251  ; 
V.  sub  qvA^.  —  Le  verbe  suivant  est  d'une  autre  provenance 
non  onomatoépique. 

(jO,  u,  se  baisser  sur,  s'apj^rocher  de,  Ho^arîeh.  j*J!  JU:  ^^ 
J^lj',  approche  de  la  table  pour  manger,  Hogarîeh.  Le  verbe 
^_^o  a  le  même  sens.  Un  hadît  porte:    s^\   !^-fwJ  (*jJL5't    b! 

54 


850 

yC^»,   î^ôj,  lorsque  vous  mmigez  (=  avant  de  manger)  dites 

bism  al  là  h,  approchez-vous  (de  la  table)  et  (lorsque  vous 
aurez. fini)  cZ2Ïes  el-hamdu  lillâh,  L  A IIp.  351,  6  d'en  bas; 
ib.  XVIII  p.  297,  3  d'en  bas,  Nihâyah  sv.  ').  —  S'approcher  = 

se  mettre  à  faire  qc.  ^}j^.  RD  Gl.  sv.  ^o.   —  LA  n'enregistre 

pas  ce  verbe,  mais  il  s'y  trouve  dans  des  dérivés:  ^^L\Jî 

^^Lk)3 _^Lkj;5 _^o  ...^^^î  0  -lX^\,  avoir  le  dos  coîirbé ^  Q,kïn. 

sv..  ^^o  est  donc  =  13^,  u,  vhv. ;  =  ^^o,  LA  sv.,  et  qJ-^  = 

Lio  =  v_jl\=>,  ib.  p.  71,  14. 

^^JO,  i,  u,  avec  ^Ij  ou  ^^L,  commencer  à  verdir,  le  Ué  monte 

en  épis,  GO.,  Dt.  ^L.  ^b  ^,  iaZ/z^  commence  à  verdir 
et  à  avoir  une  bonne  récolte.  Salim  as-Sâliimî  (v.  Index  sv.) 
a  dit  en  entrant  à  Haurah: 

(j.v^4-cijLi  ,,i>JLfiA>w!  L*^  ^*)  U-o-      -*Jt    o'^f^    \J>x^  UJjj   U_=>! 

Nous  autres  sommes  descendus  en  compagnie  des  petits 

des  guépards. 

Nous  sommes  venus,  lorsque  Eaurah 

Nous  sommes  venus  lorsque  Haurah  était  verdoyant  de 

céréales: 

Il  y  avait  (ou  il  y  a)  des  qummur,  des  ga^^dan,  et  des  sus. 
Sur  les  noms  de  ces  arbres,  vhvs. 

qJo,  se  dit  du  champ  qui  se  couvre  de  verdure.  ^A^o  ioj>, 
573  n.  1  =  J^oî  et  ^^^  vhv.  Cf.  sub  jOoo  et  J,j>. 
^^c>,  gobelet  pour  boire,  bol,  1855.  Ul:^  ioyL'i  Jw«L=»  ^'j-^- 
(jiiXj  sUivw  iLj.^  ^^JLL  q^  ^t)  »l)uo  qÂJ'j,   Ze  puiseur  d'eau 


')  Un  musulman  observe  toujours  ce  précepte.  Même  avant  de  boire 
de  l'eau  il  dit  bismillah! 


851 

porte  l'outre  sur  l'épaule  ayant  le  bol  à  la  main;  il  donne  a 
boire  gratuitement  à  qui  demande  à  boire  un  coup,  Hdr.  p. 

329,13.  I.  SaM  VI  p. -124, 11:    sXLJ!  ^.UlJî  . . .  J^  3y^ 

kLo  vj-^^i  'V  i)^^  ^  '^^^"^  *-*-<  l5^^  ^—lUali,  ^Alî  donna  aux 
gens  du  jus  de  raisin  cuit,  et  mon  maître  en  eut  une  petite 
jarre;  nous  m.angeâmes  avec  cela  et  nous  en  humes.  Le  pro- 
fesseur Zetterstéen  croit,  ib.  p.  82,  à  cause  de  cette  forme  di- 
minutive,  que  ,^^0  est  du   féminin.    Cela   n'est  point  le  cas. 

ioLoo  est  un  double  diminutif  à  désinence  féminine,  selon 
Prov.  et  Dict.  p.  128,  Datînâh  606  et  1456  n.  2  et  ici  sub 
»^o,  Brockelmann  VGSS  p.  425,  où  il  y  a  des  erreurs,  I.  Sîdah  V 
p.  180,  4  et  p.  186.  Marçais  m'écrit  qu'il  a  réuni,  pour  cette 
sorte  de  diminutifs  en  a-  plus  de  trente  exemples  maghribins: 

Oji»   et   iisjw,    M*^^   ^t   iixijOlî,    ry**^   et   'iLL^a ,   Ja-CCwo   et   idi«ii./«, 

etc.  En  Hogarîeh,  iu^^p  est  bol  en  cuivre  jaune,  dim.  de  ^^^, 

assiette;  cf.  ioAi"  vhv.  Ce  n'est  pas  ici  ij^^j^:^]  ^-^3,  Brockel- 
mann 0.1.  p.  420. 

Anciennement,  ^o,  pi.  ^^Ljo,  était  une  jarre  à  vin,  =  %^ 

vhv.  ;  el-Fâhir  p.  65,  2,  Naswân  0. 1.  p.  80,  14,  comme  dans 
le  passage  précédent,  à  présent  appelé  »^,  >  jarre,  ou  chez 

les  Bédouins  aussi  ioy>,  vhv..  ou  i_.a:>,  vhv.,  mais  alors  ce 
n'est  pas  pour  le  vin,  bien  entendu.   1.  Sîdah  XI  p.  83,11 

d'en  bas:  lX-oI,^!  ^^  ^>  h  r  L«  ^SJi\  :ij^)  v^:>Lo.  C'est  le 
â[j(.(pop£Ùç  des  Grecs,  Vamphora  des  Romains,  amphore.  1.  Sîdah 
dit  XI  p.  88  que  c'est  le  plus  grand  des  Os^^i^j,  grandes 
jarres,  qui  restent  toujours  en  place,  mais  Abu  Hanîfah  dit, 

ib.,   que  le  <--aj>  est  plus  grand  que  le  ^o.  LA  donne  à  peu 

près  la  même  chose  ;  il  cite  I.  Doreyd,  qui  considère  ^^  comme 
un  mot  arabe  pur,  mais  il  ne  pouvait  en  savoir  plus  long. 
La   différence   dans   la   définition   se  rapporte   aux   diverses 


852 

formes  de  ^^;  Lane  sv.  C'est  plutôt  un  mot  sémitique 
commun  que  nous  trouvons  également  en  babylonien,  1355. 
Zimmern  Akkad.  F  W  p.  33  dit:  „  Dan  nu,  tonneau,  spécia- 
lement tonneau  pour  la  bière;  >  dannà  (>  arabe  dann). 
Il  est  très  problématique  si  Tonne  (français  tonne,  angl. 
tun,  vieil-allem.  tunna)  peut  avoir  quelque  rapport  avec  le 
mot  akkad.,  ainsi  qu'on  l'admet  en  général".  Voir  ce  qui 
suit  ici.  Chez  Torczyner  o.  1.  p.  92,  il  y  a  plusieurs  renvois 
aux  textes  babyloniens  où  figure  ce  mot  qu'il  traduit  par 
Fass,  tonneau.  Fraenkel  FW  p.  169  lui  assigne  inutilement 
une  origine  araméenne.  D'après  lui,  le  mot  se  trouve  aussi 
dans  le  Talmoud  Nil  et  en  syriaque  jj^ .  L'hébr.  N\2l3 ,  panier, 
serait  d'origine  égyptienne,  Bauer-Leander  o.  1.  p.  25,  mais 
Holma  ZA  32  p.  47  identifie  justement  l'égyptien  dn/, 
panier,  vase,  au  babyl.  dannu,  et  je  crois  avec  raison.  Les 
Arabes,  qui  habitaient  avec  lec  Akkadiens  en  Mésopotamie, 
l'ont  bien  appris  alors,  et  la  médiation  araméenne  n'était 
point  nécessaire.  Fraenkel  ajoute  qu'il  n'est  guère  permis  de 
rattacher  ce  mot  araméen  à  tina.  Il  veut  dire  le  latin  tîna. 
Je  crois  qu'il  a  tort.  Walde  LEWB  p.  780  fait  venir  tina, 
jarre  à  vin,  du  grec  Ihc:,  vase  à  boire,  Boisacq  Dict.  étym. 
de  la  langue  grecque  p.  189,  ou  vase  à  boire  rond,  selon 
Passe  w  HWB  sv.,  mais  tous  les  vases  à  boire  sont  ronds. 
Ce  'Blvoi;  ne  me  paraît  pas  pouvoir  se  rattacher  au  verbe  Im-joi, 
^ïvécc  ou  S/vw,  éol.  Ibvsyj,  comme  lir/i  fait  en  éol.  S/ws.  D'après 
une  règle  linguistique  générale,  'èlv-oc  peut  très  bien  remonter 
au  dannu  babylonien  par  l'allongement  de  la  voyelle,  amené 
par  le  raccourcissement  de  la  consonne  double  finale.  J'aime 
à  croire  que  dannu  est  l'origine  non  seulement  de  llv-oç, 
mais  aussi  de  tina  et  de  tous  les  mots  analogues  d'à  peu 
près  le  même  sens  dans  les  langues  européennes  modernes, 
qu'on  trouvera  chez  Falk-Torp  NDEWB  sv.  tonde,  mais 
ces  auteurs  ont  oublié  l'italien  tino,  tinello,  tinella,  sotfino, 
tinozza,  etc.,  probablement  parce  que  Hehn,  Kulturpflanzen'' 


853 

p.  557,  prétend  que  le  prov.-fr.  tona,  tomie  manque  en  italien. 
Nous  voyons  partout  que  le  mot  s'écrit  avec  un  ou  deux  n; 
dans  le  premier  cas,  la  première  voyelle  est  longue,  p.  e.  le 
lat.  tma  et  l'ital.  tïno,  dans  le  second  cas,  la  première  voyelle 
est  brève,  mais  porte  toujours  l'accent,  p.  e.  le  lat.  médioéval 
tîinna,  jarre  à  vin  (depuis  le  IX^  siècle),  et  le  suédois  tunna^ 
l'allem.  Totme,  le  fr.  fo7ine,  tonneau.  Un  grand  nombre  de 
nom.  vasis  et  instr.  en  grec,  et  ensuite  dans  nos  langues 
européennes,  proviennent  de  l'Orient  sémitique;  j'en  ai  donné 
une  petite  liste  1355.  Notre  civilisation  vient  de  l'Orient,  et 
il  n'est  pas  trop  osé  de  dire  a  priori  que  la  nomenclature 
des  objets  généralement  employés  par  les  Sémites  a  suivi 
le  courant  civilisateur.  Dans  le  cas  spécial  qui  nous  occupe, 
il  y  une  difficulté.  Si  le  mot'  original  est  damiiu),  pourquoi 
les  dérivés  supposés  ont-ils  tous  la  voyelle  i  ou  u?  Je  ne 
suis  pas  à  même  de  répondre  à  cette  objection  très  sérieuse. 
Ce  changement  a-t-il  des  analogies?  On  pourra  tout  au  plus 
discuter  la  question  si  qO  et  ses  parents  sémitiques  vien- 
nent de  l'égyptien  dn'i,  ou  vice  versa,  question  qu'il  est 
bien  difficile  de  résoudre. 

^^o  particule,  le  plus  souvent  avec  les  suffixes:  ^c>,  lAÎo,  xio 

peut-être,  probablement,  expliqué  483,  484.  Wallah  ma  la 
dennak  min  ''Ôlah  =  ma  la  bennak  =  kinnak,  est-ce 
que  tu  ne  serais  pas  des  "ÙMif  482.  Un  proverbe  datînois 
dit:  Bolâd  tëhûn  bèha  la  tokûn  bèha  âla  dann  bâ' 
tezrà'^lak  em-burr  u  el-yâqût  u  ed-dàhabi,  pays  où 
tu  es  mal  à  ton  aise,  n'y  reste  pas,  quand  même  tu  y  sème- 
rais le  seigle,   le  rubis  et  l'or.  AI  a  dann  est  ici  =  ^^o  ^, 

expliqué  par  %  =y^'  ^L>  i^y=>  q^  q'  «^J^Iî,  pci'^  Dieu,  mon 

frère  est  peut-être  venu,  483.  C'est  sans  doute  la  même  par- 
ticule que  J.O  dont  j'ai  parlé  shv.  Sur  la  permutation  de  m 
et  n,  voir  el-Fâ'iq  I  p.  205  sv.  iixo. 


854 

Il  y  a  un  autre  ^c>  =  ^^,  d'un  tout  autre  sens,  qui  ne 
se  trouve  qu'en  Syrie  et  en  Egypte  et  dont  j'ai  parlé  Hdr. 
p.  276   et  s.,   ainsi  que  des  verbes  p"  et  ^_^"  vhv.    Mais  je 

ne  suis  pas  absolument  sûr  qu'il  faille  considérer  ^^  comme 
provenant  de  p',  quoique  Brockelmann  o.  1.  II  p.  39,  en  me 

citant,  ait  accepté  cette  étymologie.  ^o  peut  aussi  provenir 
de  V~^J>  >  l^~p  >  qJ'  et  alors  =  V~^*j>  vhv.  Je  fais  ob- 
server que  p  et  ^♦i'  sont  synonymes  de  3>^  <  J-:?,  j^  et  ^_^4^ 
Hdr.  p.  277. 

ioo,  Vactmi  de  se  pencher  sur,  un  penchement,  Hogarîeh.  — 
Sur  ^^Joo  voir  sub  ^^b. 

JÂjj,  balancer;  laisser  pendiller,  dandiner,  Dt.,  et  partout  en 
Arabie  et  en  Syrie,  oià  c'est  suspendre,  laisser  pendiller  =\^î, 

même  sens,  =  ^^o  ou  J^-w  î .  Il  n'est  donc  pas  nécessaire  de 
faire  venir  ce  thème  du  syriaque  dandel,  Feghali  p.  79,  id. 
Emprunts  syriaques  p.  60,  puisqu'il  se  trouve  dans  tous  les 

dialectes  arabes  et  dans  l'hébr.  bH.  ékj'îtAj!  JajlXxi  é^la.,  pour- 
quoi  halances-tu  les   bras'?   (propr.  tes   mains).  ^  Le  d\joJL« 

o    )  ù  - 

\ôS  ^^  JlXjlXj"  liUi  j:^l  i^^-*-^,  ta  manière  de  marcher  n'est 

pas  belle,  parce  que  tu  dandines  le  corps  comme  ça,  D^., 
aussi  classique.  C'est  sans  doute  une  onomatopée,  comme  le 
français  dandiner,  que  Stappers  fait  venir  de  l'anglais  to 
da?idle,  bercer,  Dict.  étym.  fr.  N°  3698  et  Brachet  du  nom 
propre  Dandin,  ce  qui  est  une  étymologie  à  rebours.  Skeat 
E  D  E  L  sv.  est  plus  juste  en  disant  :  prob.  of  imitative 
origin.  Falk-Torp  sv.  dangle  et  ditiglé,  qui  n'ont  cependant 
pas  relevé  sa  nature  onomatopéique.  Cf.  dodiner,  dodeliner 
et  l'italien  dondolare,  de  même  origine  imitative. 


855 

JlXjo  est  sans  doute  une  dissimilation  des  sonores  pour  le 
primaire  jAio,  avec  contamination  cependant  du  quasi-syno- 
nyme 1/~^L>,  voir  ^J^i^^,   Marçais   TAT  p.  302.  Hamâsah 

p.  801,  10:  jJLiJoJf  ^  xx^  ^^  =  Ta'lab  Fasîh  éd.  Barth 

p.  42;   Aus   b.    tiagar  p.  32,7;  I.  Sîdah  III  p.   105,2:  ^^\ 

J,aJu>  =  LA  XIII  p.  265,9  011  J JjL\i"  =  ^L>^L>û'  avec  permu- 
tation des  sonores.  Réduplication  de  la  simple  V~^o,  qui  a 
donné  beaucoup  de  dérivés  dans  les  langues  sémitiques  et 
dans  les  langues  indogermaniques.  Pour  l'arabe,  on  en  trouvera 

ici  un  certain  nombre.  iJjAJo ,  petit  pénis  pendant,  Syrie,  voir 
Prov.  et  Diet.  p.  127.  Cf.  b*?!,  pendiller,  Ruzicka  o.l.  p. 
48,   mais  l'autre    /'^'l,   êti'e  faible,  Ges.-Buhl.  sv.,  est  l'arabe 

Joj  vhv.  Cf.  JiÂ_55,  i,  laisser  pendre,  et  JA-P,  pendre,  pen- 
diller, =  JÂ^' ,  avec  application  spéciale. 

jAj^',  se  balancer,  pendiller,  =  ^J;^OJ,  vhv.,  aussi  en  Syrie. 
Je  ne  crois  pas  que  V^ô'^  ait  affaire  à  V~6^,  car  la  racine 
Jo  est  identique  à  K^Jj,  mais  dans  plusieurs  acceptions  les 
phonèmes  Jo,  JJ>  et  ^o  se  rencontrent  là  oij  ils  renferment 
l'idée  d'être  bas  et  pendiller.  ^ô>^ôkj,  pendiller,  L  A  sv.,  branler, 
chanceler,  et  ôj^y,  trembler,  vhv.,  offrent  une  permutation 
de  ô^j,  mais  |/~Joo  vhv.  renferme  l'idée  de  petidiller  ou 

être  en  bas  et  s'identifie  à  3^  vhv.,  qui  n'est  enregistré 
qu'avec  le  sens  secondaire  figuré  d'être  bas  =  être  vil,  comme 
en  français.  Il  y  a  donc  en  arabe  une  certaine  contamination 
sémasiologique  entre  Jj»  et  Jo,  sans  que,  originairement,  ces 
deux  thèmes  soient  identiques. 

yijo,   baisser  la   tête,  »^y,  s'entend  quelquefois  en  Dt.  pour 


856 

,j*Xjo,  vhv.  Hartmann  LLW  p.  97.  Socin  Diw.  Gl.  sv. :  se 

baisser;  il  cite  ys^o. 

Jijj>,  ]galais  de  la  bouche,  Dt.  =  ^l>,  vhv.  =  Hdr.  Jix^. 

^J^c>,  baisser  la  tête,  ^^U,  ou  avec  l'accus.,  Dt.  Le  barbier 

dit  à  son  client:  ê^\,  ^j^^ô,   baisse  ta  tête,  Hdr.  p.  314,4. 

En  Syrie,  on  dit  «-^L  jjGo,  il  baissa  la  tête  et  les  yeux  de 
honte,  Dozy  sv.  =  cl.  ;J*^iijL>,  baisser  la  tête  ou  les  yeux,  LA 
sv.  En  Algérie,  ^j^^,  chagriner,  faire  de  la  peine.  Bel, 
Djâzya  p.  128  =  ^j^o,  vhv.  ^^jol}»  est  un  accouplement  de 
;j^o  et  ^j*Sj,  vhv.,  avec  contamination  de  V~~^^^  >  V~S'^ 
vhvs.  Le  sens  classique  de  ^j^^c>  (pas  dans  L  A),  rester  à  la 
maison,  être  casanier,  est  secondaire  et  s'explique  facilement 
par  le  sens  primaire  sudarabique. 

^ol,  engueuler  qn.,  ^  Dt.  J-c  ^«Aiï  ^,  ne  m'engueule  pas, 
ne  te  fiche  pas  de  moi.  Dénominatif  du  suivant. 

5  0  3  -O  J  JO  3  .G- 

«jijo  ou  ^o,  palais  de  la  bouche  Dt.  =  yiio  =  Hdr.  ^àXi. 

j^o,  cf.  ^o,  vhv.,  et  1581,9  ^Ic  t_c^^  •   <^'^  ^^)   c.a*JLL'î3 

o'ixjt  ^  si  (ou  lorsque)  tu  montes  sur  le  sommet,  tu  as  un 
coup  d'oeil  sur  le  pays,  69,  17.  Même  verbe  chez  RD  Gl.  oii 

c'est  enregistré  sub  ^^o,  i.  ^j  J^o,  537,  8,  v.  sub  ^^o  p.  850.- 

a^U  ^o,  baisser  la  tête,  1103,  10  —  Préparer,  1382,  2  d'en 
bas,  Béd.  Nord  ;  Socin  Diw.  Gl.  sv.  :  holen,  bringen,  ce  qui 
est  peut-être  juste,  mais  ce  verbe  m'a  toujours  été  para- 
phrasé chez  les  ^Anazeh  par  ^,  o^ij  ou  ^J^,  1382  n.  3.  — 


857 

w^  ci^j>  Loj  (y>.'  to  j^j-^it  j.^,  sa^2(^  aujourd'hui  autant 
que  les  gouttes  de  pluie  qui  tombent,  148,  7  ;  cf.  1626/7.  Cf. 
T/~Jo,  _^o  =  Ao  ^  l/^^^o,  _^j>  =  ^^o  dont  les  dérivés  se 
touchent  aussi  au  point  de  vue  sémantique.  Le  mehri,  dînl, 
être  enceinte,  BM  II  pp.  103  et  107  et  hedenii,  rendre 
enceinte,  ib.  p.  111,  avec  le  participe  medenî,  pleine  (bête) 
ib.  I  p.  29  et  II  p.  103,  que  Bittner  ib.  IV  p.  66  énumère 
parmi  les  verbes  caractéristiques  du  mehri,  est  sans  doute 

le  dialectal  sudarabique  ^<Jo  >  ^à  =  ^T^o  vhv.,  et  l'on  peut 
y  voir  l'idée  d'être  près  d'eyifanter  ou  de  mettre  bas.  J'ai 
entendu  cette  phrase:  C^i^yoJ»  'iX=>\^\,  la  chamelle  est  proche 

de  mettre  bas  =  elle  est  pleine,  ce  qui  correspond  au  mehri 
diniôt,   elle   est  enceinte,   BM   II  p.  107.   La  lurah  et  les 

dialectes  ont   iC-^JA/*  a-ïIj  (Dt.  ^Jj^>^,  comme  la  lurah  ^o^), 

la  chamelle  est  près  de  mettre  bas,  LA  XVIII  p.  301,7.  Je 
crois  que  le   mehri  medenî   est  ou   le  participe  passé  ou 

bien  l'arabe  ^t>^.  —  ^o,  prononcé  ^c>,  dini,  au  flg.  bas, 
vil,  =  (^3  prononcé  ^o ,  d  i  1  i ,  vhv.  ;  pi.  ^Lo-^! ,  à  d  n  i  y  a  ; 
LA  XVIII  p.  300,  1.  ^^  JLJv,  ^^Lo  Li!,  moi,  je  ne  suis  point 

un  homme  bas,  vil,  =  ^^*)0  i3L>, ,  v.  sub  q^o.  Le  français 
bas  offre  la  même  'feémantique,  de  même  que  le  mot  corres- 
pondant des  langues  scandinavo-germaniques  :  lâg  (suédois), 
bas  et  vil  =  l'allem.  niedrig. 

LoAi!,  ce  bas  monde,  partout  courant.  L'auteur  de  1  article 
Dunya  dans  l'Encyclop.  de  l'Islam  dit  que  „ce  mot  appar- 
tient  à  la  racine  ^J^^,   être  vil".  Il  croit  peut-être  que  „ce 

bas  monde"  a  ici  le  sens  figuré  de  „ce  vil  monde",  mais 
cela   n'est  pas  le  cas,  quand  même  en  français  on  y  attri- 


1)  Sur  cette  forme,  voir  Dt.  p.  319  et  ss. 


858 
buerait  ce  sens  par  pessimisme  exagéré.  Le  mot  arabe  vient 

)  ù    5 

de  la  racine  lio,  u,  =  v_j„s,  être  près^  être  proche.  Loo  est 
le  fém.- de  ^^oî,  LA  XVIII  p.  299,8  d'en  bas,  qui  est  ici 
très  clair.  Il  y  a  aussi  le  verbe  ^ù,  a,  être  bas,  vil,  LA 
ib.  p.  300,  2  et  14,  au  sens  abstrait  et  figuré,  mais  toujours 
de  la  même  racine  concrète,  =yj>  <_^o .  C'est  une  formation 

secondaire:  un  '^  pour  marquer  une  qualité  physiologique. 

g ■  ri  > 

L  A  a  bien  un  verbe  Lio ,  a,  ==  _yo ,  être  bas,   vil,  =  ^-y^  et 

? 

o  _ 

xUs  J,  JÂ*«,  il  a  fait  une  bassesse,  avec  la  même  sémantique 

figurée,  mais  bo,  u,  et  l3o,  a,  et  _^o  sont  au  fond  le  même 
verbe,  dont  le  sens  primaire  est  être  près  >  être  bas,  au  sens 
concret.  Seulement,  Lk>  et  ses  dérivés  ont  pris  un  sens  ab- 
strait et  figuré,  ZDMG  73  p.  103.  Ce  hamzah  me  paraît 
cependant  remonter  au  loin'  c'est  à  dire  au  temps  où  l'on 
parlait  encore  avec  désinences  vocaliques.  DanaX  danâ^'a- 
tun,  dan i^ un,  adna^u,  voir  LAsv.,  offrent  la  rencontre 
de  deux  voyelles,  et  alors  le  hamzah,  par  une  simple  loi 
phonético-physiologique ,  est  indispensable,  voir  sub  J.l'UCwt; 
c'est  même  une  fine  observation  de  la  part  des  Arabes. 
C'est  aussi  pour  moi  une  des  nombreuses  preuves  que  l'arabe 
a  été  parlé  jadis  avec  toutes  les  désinences  de  ITrâb  clas- 
sique. Peut-être  avons-nous  ici  une  preuve  de  l'accentuation 
de  la  pénultième  des  verbes,  comme  on  peut  encore  souvent 
le  constater  dans  les  parlers  bédouins,  et  alors  le  hamza  est 
de  rigueur  dans  ces  sortes  de  verbes.  Le  cas  est  le  même 
dans  nabî^  prophète,  mais  non  dans  nàbi,  voir  610  et  sv., 

1429  s.,  vhv.,  et  je  crois  que  dans  le  thème  Lo  <  V~^, 
qui  a  donné  beaucoup  de  dérivés,  vhv.,  c'est  l'accent  qui  a 
motivé  le  hamzah. 


859 


^s^ù 


t 

,i^Po,    errer  par-ci,  par-là,   Hammam  —   Battre,  a,    Dt.   Ce 

thème  ne  figure  point  dans  les  dictionnaires  indigènes,  si 
ce  n'est  que  le  Qâm.  sv.  a  ^oî  =  ic.^\xj  parce  qu'on  l'appelle 

par  âs>S)  pour  être  traite.  Mais  ce  verbe  paraît  se  trouver 
dans  „^o  et  ^o,  contaminations  de  _  ,o  et  ,-nxio,  vhv.  avec 
^'ù.  Dans  ces  quadrilitères,  que  Ruzicka  a  passés  en  revue, 
la  lettre  épentéthique  n'est  pas  par  hasard.  Elle  doit  provenir 
d'une  contamination  qui,  cependant,  n'est  pas  toujours  facile 

à  découvrir.  ^c>  fait  l'effet  d'être  un  accouplement  de  _o 

t.  (z, 

vhv.  et  de  ^s>  vhv. 

.^ô,  nomadic,  Stace  p.  112  =  1^:3^.  Personnellement,  je  ne 

connais  pas  ce  mot,  mais  le  livre  de  Stace,  ayant  été  fait 
avec  'Abd  el-Qâdir  el-Mekkâwî  à  Aden,  qui  connaît  bien 
l'arabe  et  l'anglais,  me  paraît,  à  cause  de  cela,  digne  de 
confiance. 

j4^Ô,  pi.  JoL5>o,  est  une  tribu,  Index  p.  1815  sv.,  mentionnée 
dans  el-(jazîrah  p.  91  et  96  et  dans  la  Turfah  (s.  Index  p. 
1873  sv.).  Elle  existe  toujours.  Le  classique  ^^  est  un 
élargissement  de  Joj,  vhv.  qui  a  aussi  été  élargi  en  J-j^o,  vhv. 

^Â^J,  enrouler^  rouler,  1522,  13  d'en  bas.  Cf.  ^o,  l\p  et 
^5>o,  LA  XV  p.  102,  vhvs. 

j>c><Jj>,  u,  850  n.;  128L  Attiser  le  feu,  ^r.  tour ?ier,  remuer  ; 

RD  Gl.  sv.  Cf.  j^fS  vhv. 

^Jot  filer  vite,  se  dépécher  Dt.  ;  RO  §  397;  cf.  ib.  ^lX^lNJ", 
Brockelmann  VGSSI  p.  516.  -  Cf.  ><J^->,  les  lex.  -  L'hébr. 
bibl.,  Nâhùm  3  v.  2  :  iril  DID  doit  appartenir  à  ce  thème,  = 


860 

..^"  ,js-ç>  dans  la  traduction  américaine  de  Beyrouth.  Stade  et 
KônigWB  traduisent  "inîî  par  trotter,  comme  '  l'avait  déjà 
fait  Gesenius  Thésaurus. 

&  -  •  5    5 

^o,  pi.  jy^'^1  affliction,  épreuve.  Dô^an  dans  sa  qasîdah  en 
-ùr  souvent  citée,  à  l'adresse  de  Moh.  b.  (jabrân,  qui  est 
venu  chez  moi  à  Aden: 

Aujourd'hui,  il  se  souvient  de  moi  et  il  se  souvient  de 

Bir  Sanad, 

S'il  ose  se  coller  à  nous  dans  ces  épreuves.  —  i>j>  ^^J, 
expliqué  824, 

(jX^o,  être  ahuri,  perplexe,  Dt.,  =  ^j^ô^Ji,  Dt.  et  "Oman. 
Voir  LJ^j^,  ijiij-b  et  ^ji^  vhvs. 

v_À^L>,  pousser,  repousser,  stossen,  expliqué  1594.  —  oi^o,  a, 

se  hâter  =  J^js^Ua^-î  (qui  n'est  pas  employé  en  datînois). 

C'est  un  composé  des  V~nc>  =  ^ô,  et  ^j>,  qui  signifient 
pousser,  stossen.  Métathèses  :  o^x^,  vhv.,  et  ^ir\ ,  stossen,  et 
nm,  avec  renforcement  de  la  gutturale.  Il  est  difficile  de 
dire  laquelle  des  racines  est  primaire  ici;  elles  sont  sans 
doute  collatérales  dès  le  commencement.  Voir  ici  sub  »j,  _o 
et  ujo  et  leur  dérivés;  Ges.-Buhl  shvs-  Voir  aussi  pour  les 
thèmes  analogues  indogermaniques  H.  Môller  o.  1.  p.  43.   Cf. 

également  ^^  ^t  ses  dérivés,  et  oi^o  <  ,«->,  vhv.,  et  les 
autres  énumérés  1595  en  bas.  —  Tomber,  tr.  et  intr.;  dégrin- 
goler, Hogarîeh.  —  Chez  Jahn  SAE  III  p.  269,  c'est  aussi 
schleudern,  lancer  avec  la  fronde.  Cf.  RD  II  Gl.  sv.  v»juj> 
et  voir  lJA^  vhv. 
oi^cXJi,  s'empresser,  1594. 


861 

s_àPl\;o^!,  ,ltre  pressé,  Dt. 

v«ÀPo,  empressement^  hâte;  impétuosité,  1594,  1595. 
•^.Jt^o,  pressé;  impétueux,  1 594.  "^Arreni,  ana  dihif,  laisse- 
moi,  je   suis  pressé  Dt.  =  v>^.5'LXJO*^-*  Dt.  ^.s>ô^\  J>jy^î, 

185,5;  1595.  —  lj^Jc-o,  1460,4  d'en  bas  me  fut  expliqué 
par  la  santé  est  revenue  rapidement,  de  ^^à^o,  se  hâter,  mais 
j'avoue  en  douter.  Une  variation  de  ^_à^o  est  vi^j>  =  «OjL  A  sv. 

vjl?*3,  a,  1026  n.,  me  "paraît  être  à  l'origine  un  composé  de 
V~^j>  (que  nous  trouvons  dans  oî^o,  ^ziAS>j>,  pousser,  stossen,  et 
^3l\?j>,    casser)  et  V~~^^  vhv.,  et  dont  le  proche  parent  est 

vJi=>o,  vhv.  Cela  expliquerait  le  Â^  de  ce  thème,  LA  sv., 
vider  ou  remplir  avec  force.  I  el-Qùt.  p.  130,  10  a  seulement 

L^'Xo  ^J*UlSi  ui'Ji^o!.  Ou  bien  c'est  une  variation  phonétique 
de  oU-i"  >  vJiJo  >  oi-5>o,   en   analogie   avec  les  verbes  cités 

850  n.  C'est  ainsi  que  je  l'ai  analysé  1026  n.  jJLc!  àJJîj.  Sur 

bVjU\il  c>i^Ô!  V.  LA  et  Rûbah,  éd.  Ahlwardt  N°  40  v.  80  et 

sa  traduction,  qui  me  paraît  bien  libre.  Dans  Arâgîz  el-^Arab, 
p.  30,  le  éêh  Ahmed  es-Ôinqîtî  (car  c'est  lui  qui  en  est  le 
vrai  auteur)  l'explique  par   *,»jioy>. 

vji^Aj!,  tomber  sur,  se  presser  sur,  401,8  d'en  bas.  J'ai  trois 
copies  de  -cette  qasîdah;  l'une  porte  Jè^J<}\,  une  deuxième, 
vji.PÀjt  et  une  troisième  vji^LXJt  i*^^-  Je  ne  sais  quelle  est 
la  vraie  forme.  Kazimirski  sub  ^Jè^3  renvoie  à  <Jis>c>,  mais 
je  ne  trouve  nulle  part  ailleurs  oi^o. 

(éV5>o,  stossen,  broyer,  piler.  Cf.  Jo,  >i)ij>,  u,  et  ^^,  même 
sens,  LAsv.  On  peut  aussi  comparer- vJi::>o  vhv.,  dont  l'affai- 
blissement est  As>o,  piétiner,  Musil  o.  1.  p.  199,1. 


862 

^o,  a,   être   habitué  à,  Joi,  91,  14,  15;    Hdr.  p.  77  n.  1.  6 

d'en  bas.  C'est,  je  suppose,  un  développement  de  Jb,  u,  et  la 
sémantique  est  la  même  que  dans  J^b,  manier  fréquemment 
une  chose,  1375,  vhv. 

^o,  expliqué  1598,  1599;  1647,  9.  —  Etayer  est,  dans  ce  sens, 
une  variation  phonétique  de  (.b  et  de  j^o,  vhv. 

iU^o,  expliqué  1598,  mais  iU^o,  obscurité,  Naswân  o.  1.  p. 
37,  est  d'une  autre  racine  homonyme. 

^uLpo,  1647  =  iwU:>,  vhv.  -  ^S,  139,13,  expliqué  1598; 
le  fém.  iU^o,  masc.  ^o\,  ib.  Cf.  J^o,  rm'wer,  vhv.  =  J^L\^; 
vi^  >  pA^-,  Arabica  V  p.  38  et  n. 

^o,  ruiner,  démolir,  abbrechen,  975,  =  ^s>o  vhv.  Variante 
de  ^o ,  vhv.  Cf.  J-^lXsî'  vhv.  et  .yo  vhv. 

J^^o,  rui?ier,  démolir,  abbreche7i,  71,7;  975,  Arabica  V  Gl. 
sv.,  =y^o,  vhv.,  et  g^^,  (j^^  et  j*^^',  362  n.  1.  Variante 
de  J«,^o,  vhv.  Cf.  J-*J^  vhv.,  ZDMG  57,  p.  275. 

^>.>,  a,  i,  graisser,  et  au  figuré  graisser  la  patte  à  qn.  Stace 

p.  196:  j;^-^!  aJ  ct^'-^'  ^^  6?76ed  /?.m.  L'identité  sémasiolo- 
gique  est  intéressante  à  constater  ;  locution  exphquée  par  R  0 
p.  408  N°  122. 

^^o,  intens.  de  la  le.  ^RQ  p.  293,  voir  sub  é<l=>. 

^^l\jî,  se  graisser,  s'oindre,  7,  11. 


863 

^jS>j>    (dèhen)  ou   ,^0,  graisse,  65,17;  1395;  huile,  1738,  ou 

•  - 

beurre  cuit,  029  n.  2;  832.  RD  Gl.  sv.  Carbou  p.  201  :  ^^^ 
beurre. 

■!LjSj>,  beurre,  20,  17;  39,27;  61,  13;  62,  11;629,  n.  2;  1497,7. 

Sur  le  procédé  de  frotter  les  pieds  et  les  mollets  de  l'hôte 
avec  du  beurre,  on  lira  Glaser  Mitteil.  Petermann  1884 
Heft  5  p.  180. 

iU^Ô  dahncV>dàhna  U^o,  610  et  611   v.  ici  p.  796. 

^jJ>,  vase  pour  le  ^s>o,  438  n.  3.  I.  Sîdah  XIV  p.  199. 
Les  noms  y  énumérés,  et  LA  sv.,  sont  encore  partout  pro- 
noncés J.*!^,  et  LA  dit  justement  que  c'est  pour  JoiL.  Le  i 

est  devenu  u  par  la  permutation  constante  de  ces  deux 
voyelles,  ce  qui  a  amené  l'harmonie  vocalique  dans  la  seconde 
syllabe.  On  est  un  peu  étonné  de  constater  que  les  philolo- 
gues   arabes    ont    approuvé    ces   formes  vulgaires,   même  à 

l'exclusion    des   Jœà/d.    Ils   n'ont   pas   toujours  procédé  ainsi. 

Mais  dans  ïcj^lXxi,  outre  pour  le  beurre,  Musil  0. 1.  p.  137 
d.  1.,  la  vraie  forme  est  restée. 

.fc5>o,  rouler,  Dt.    sAxj  jj!  j^^?  ^'^  roula  le  riz  dans  sa  main 

pour  en  faire   une  boulette  Dt.  =  .^o,  exactement  comme 

LA  V  p.  381,  1.  K.  el-Addâd  p.  231:  J^l  lot  Jo-^î  ^y^o  JLiL, 

ol\:>!  !3!  ^y^î-  Ce  n'est  pas  là  un  csj^,  mais  deux  appli- 
cations sémasiologiques  de  la  même  conception.  —  Tourner 
autour,  se  promener,  en  tripol.,  975;  ma  Festgabe  p.  34; 
Doutté  TAO   p.  31.  -  Démolir  en  salihî,  975.  I.  Sîdah  VI 

p.  112,  2:  iaiÏA^o  jc=>  »jjtic>  iaJL^  o,^^o:  e;>Jt!î  ^^>Lo  =  LA 
V  p.  381,  6:  Jaiiwi  wtîj  -LuLU  ."^o;  cf.  jy>^,  vhv.  —  En  Syrie, 


864 

escamoter.  En  Egypte,  faire  rouler  en  bas,  précipiter  en  bas, 

lancer  avec  force,  =  ,^^  et  ,veo,  to  hurt,  throio,  cause  to  roll 
down,  Spiro  sv. 

^^la1'>  .ye\j1>  .^j>!,  marcher  à  pas  lents^  traîner  les  pieds, 

comme  lorsqu'on  est  malade  ou  fatigué  Dt.,  1185  n.  =,>sU§j, 
vhv.;  V.  Kremer  Beitrâge  p.  60:  sich  ungestûm  benehmen. 

.y>o  me  paraît  être  un  dégémination  de  j^ô,  où  le  »  est 
motivé   par  une  contamination  avec  l/"~^^,  vhv.,  ou  bien 

un  accouplement  de  »o,  —  _o,  et  ,30.  jy=>^,  rouler,  vhv.,  doit 
être  un  accouplement  avec  „c>,  variation  cependant  de  «o. 
Cf.  J^o  vhv. 

Jy>o,  être  préoccupé  d'une  chose,  Arabica  V  p.  7  n.  2,  <(35o; 
cf.  JJïo. 

^^^j>,  i,  donner  le  change  à  qn ,  Dt.  Aussi  RO  p.  223,  11. 
Lpo,  subtlety,  Stace  p.  166  sv.  —  ;^\J>o  ou  ^=5!^^,  artful,  ib. 
p.  12  sv. 

30,  négation  himyarite  =  ^5,  417,11  et  n.  5;  1193,  =  b  ib. 
b  se  trouve  dans  la  grande  inscription  de  Mârib,  Glaser  N° 
554,  Dammbruch  p.  10  1.  66  et  N°  618  p.  32  1.  12,  avec 
les  observations  de  Praetorius,  ZDMG  53  pp.  13, 1;  16, 11; 
20,20;  23,5.  Si  30  est  =  b,  celui-ci  ne  peut-il  être  une 
variation  de  "bJ? 

v-jjo,  pr.  dôb,  avec  les  pronoms  suffixes,  est  un  adverbe, 
toujours.  .jXoG!  ^JLc  (Dt.  ^cL^  =)  ^V^  i^3>->,  tu  es  toujours 
penché  sur  les  livres,  Dt.  et  Hdr.  C'est  le  ^omânais  ^^o,  vhv. 
aves  les  suffixes,   R  0  p.  115.  On  peut  aussi  dire  j.50  j^.b, 


^ 


ù 


865 

constamment.  Tout  dialectologue  connaît  l'adverbe  vulgaire 
V5^  b,  à  peine,  dont  Tantavy  a  parlé  le  premier  dans  son 
Traité  de  la  langue  arabe  vulgaire,  Leipsic  1848,  p.  84; 
Spitta  Gr.  p.  178.  Tantavy  écrit  ^*,o\>,  et  Spitta  l'a  suivi, 
mais  Vollers  Gr.  p.  130  et  p.  199  a  y  a  dôb,  de  même  que 
Spiro  sv.  Dozy,  d'après  Mehren,  n'a  pas  de  voyelle,  sub  v'^> 
et  Littmann  NAVP  p.  16  écrit  dûb  et  dôb.  ^Abd  Allah 
en-Nadîm,  dans  son  Sulâfat  en-Nadîm  I  p.  87,  2,  3,  dans 
un  dialogue  du  Caire  :  -  j.1^  ^yio  'Sli\  (j^  Q-Jr-i^-c  Jw^  :  r^Lxî' 

«AS'  v^*^.  '•  tJj^'^  '  ^^  ^^  ^^^^  traduire  V3"-^^  P^^'  ^'^-^^  <^^  P^^< 
jorès  ce^rt  ').  A  Tripoli  d'Afrique,  dûb  ma  est  appena  che^ 
Farina  Gramm.  araba  p.  362;  donc,  conjonction.  Snouck,  dans 
ses  M  S  p.  14  s.  a  un  bon  article  sur  ce  mot;  il  dit  qu'à 
Mekka  on  emploie  aussi  dûb,  ou  dôb  (ib.  p.  13,  17  d'en  bas) 
sans  ya,  mais  alors  avec  les  suffixes,  absolument  comme  dôb 
et  dôm,  dans  le  Sud,  et  cela  est  aussi  le  cas  en  Syrie.  J'ai 
moi-même,  Arabica  I  p.  62  s.,  parlé  de  cette  particule  un 
peu  énigmatique  et  j'y  relève  qu'en  Egypte  on  dit  seulement 

dôb,  non  dûb.  La  graphie  ^^  est  employée  par  les  Arabes 
lorsque  la  diphthongue  aw  est  devenue  ô.  Spitta  prétend  que 
v_j30  L  se  rapporte  seulement  à  une  expression  de  nombres, 
ce  qui  est  trop  limité,  et  qu'il  doit  toujours  être  au  début 
ou  à  la  fin  de  la  phrase,  mais  cela  est  aussi  trop  restreint. 

En  Syrie,  il  y  a  ^^o,  dôb,  avec  les  suffixes.  Àa^^î  kLj  ^ 


')  "^Abd  Allîih  en-Nadîm,  que  j'ai  bien  connu,  passait  pour  être  le  plus 
grand  écrivain  de  son  temps.  Son  Sulâfat  contient  quelques  dialo- 
gues en  dialecte  du  Caire.  Il  écrivait  presque  toujours  en  ^f^-  De 
cette  façon,  une  bonne  langue  littéraire  no  pourra  jamais  s'établir.  On 
veut  imiter  le  Kâhin  et  le  Prophète  pour  faire  étalage  d'une  érudition 
que  le  peuple  ne  comprend  pas. 

55 


866 

J,Là^"  Lfj.o  L^j"^  Kxxo  L^  t^j^^  lo  t^lii  '^'^st  l<^  gourde  de 

vin,  mais  c'est  que  je  ne  vous  en  donnerai  pas  une  larme 
parce  qu'elle  me  suffit  à  peine,  Bâsim  p.  57, 18,  et  ib.  p. 

72,  19:  J-'^à^j  ^j»^  W^  ^y^  o"^  er^  ^iî'^'^'  "^j  ^^^  m'embêtez 
en  rien,   car  nia  place  ici  me  suffit  à  peine,  ^^j-ij-^  ^-^!î 

q:>.lXj  '^^yj-i^o    qIjj-*^!    -^jS    i)^    (^LaCj    iAjiA>    oUJLs^,   et  les 

chamelles  noires  vierment  toutes  de  mettre  bas,  et  leurs  petits 
sont  comme  les  poussins  des  corbeaux  et  marchent  à  peine, 
ma  LB'A  p.  14,  21.  Littraann  NAVP  p.  16  N°20:  'âdôbna 
gîûa,  nous  sommes  à  peine  arrivés  =  nous  venons  d'arriver, 
paraphrasé  par  halqêt  =  Bauer  p.  89:  edôb,  mais  p.  92, 
dôb.  Fourrière,  MSOS  IV,ii  p.  213  n.  9,  écrit  aussi  adôb 
pour  la  Palestine.  Littmann  se  demande  d'où  vient  le  a',, 
qu'il  compare,  avec  un  signe  d'interrogation,  avec  l'égyptien 
yâ.  Nous  trouvons  ce  yâ  dans  yâ  tara,  yâ  rêt,  où  c'est 
une  exclamation,  ainsi  que  dans  le  Sud,  ma  Festgabe  Gl.  sv. 

Ce  qui  pourrait  appuyer  mon  soupçon  que  ce  dôb  n'est 
qu'une  prononciation  pour  dôm,  avec  permutation  des  labiales, 
c'est  son  emploi  en  Mésopotamie,  où  kam  dôb  est  combien 
longtemps,  MSOS  VI,  ii  p.  100  N°  14,3  (où  6em  dûb), 
cité  par  Brockelmann  o.  1.  II  p.  36  en  bas,  qui  n'y  a  cepen- 
dant pas  relevé  ce  sens  particulier  de  dôb  =  dôm.  On  com- 
parera également  le  hadramite  dôm  =  duwên,  vhv. 

On  a  beaucoup  conjecturé  sur  l'origine  de  ce  dôb,  dûb, 
yâ  dôb,  yâ  dûb,  ainsi  qu'on  peut  le  lire  dans  les  ouvrages 
susmentionnés,  chez  Marçais  RMTA  p.  422,  qui  rejette 
l'étymologie  de  Fleischer  Kl.  Schriften  II  p.  507/8,  et  chez 

Schulthess  HW  p.  18  n.,  qui  considère  ^*i^,à  p)eine,<^^c> 
comme  un  fait  généralement  connu,  étymologie  qui  doit 
sans  doute  être  écartée.  J'avoue  mon  incapacité  de  résoudre 
définitivement  l'étymologie  du  dôb,  dûb  du  Nord  et  du 
Levant.  Mais  j'ose  avancer  encore  une  conjecture  aux  autres. 


867 

Nous  avons  vu  précédemment  que  dans  le  Sud  d  ô  b  est  = 
dôm,  vhv.,  et  je  me  demande  si  cela  n'est  pas  l'origine  du 
dôb  du  Levant  et  des  Bédouins  du  Nord.  Cette  particule 
serait  alors  venue,  comme  tant  d'autres  mots,  avec  les  tribus 
méridionales,  mais  dont  le  sens  primitif  aurait  été  modifié 
en  route.  On  doit  aussi  remarquer  que  U  est  bien  plus  em- 
ployé dans  les  dialectes  du  Sud  que  dans  ceux  du  Nord; 
voir  les  renvois  plus  haut.  En  tout  cas,  dôb  <  ujb  me 
paraît  impossible. 

Un   adverbe,   de   sens  analogue,   se   trouve  dans  le  Sud. 

C'est  c>y^  ou  Oj-5',  vhv.,  dont  j'ai  longuement  parlé  Hdr.  p. 
464  et  ss.  <  ol^,  u,  >  olXSL.  à  peme,  Syrie, 

_^o,  _i5iAj,  verser,  1333,  oii  exemples.  ^Jt  ^^  ^l»  \X  „^oî, 
puire-moi  de  Veau  du  puits,  Hog..  C'est  l'hébr.  nn,  dont  le 
hiph.  est  ahsinilen,  laver,  rincer,  Ges.-Buhl  sv.  ;  Levy  N  H  Ch 
WB  sv. 

Jj»,  u,  faire  du  bruit,  expliqué  1333  et  n.  Cf.  j-b,  u,  et  ,^30,  i, 
vhvs.  Un  autre  Jô,  u,  battre,  rosser,  =  "o,  vhv.,  se  trouve  dans 
le  Nord,  ma  L  B'^A  p.  5,  30  et  31,  voir  le  Gloss.  du  dit  ouvrage. 

_3iiAJt,  descendre  d'en  haut,  1333,  oii  exemples. 

_3L>,  bruit  d'une  chose  qui  casse,  craqueme?it,  Dt.  —  Prairie 
verdoya7ite,  avec   ou   sans  arbres,  Haurân.   Sachau  AVLM 

3 

p.  57  N°  VI  et  p.  81,  oià  „*,c>  qLx.vvj,  a  certainement  le  sens 
de  jardin  verdoyant.  —  ic=>b,   dim.   du  précédent,  Haurân. 
Dans  la  Qasîdat  es-Sahgah,  il  y  a  ce  verset: 
Uqta'^li  t'ôb  ëdwêhi  *  minsân  yizîd  en-naqéAt 

où  ^,;j5^3l>  ^yi  me  fut  expliqué  par  -^ÂJ'  ^JiJii  JJixî  ^J:^à^  ^y, 

^yt  j.^^^!,  étoffe  bariolée  comme  le  bariolage  de  la  prairie 

au  printemps.  C'est  plus  exactement  une  étoffe  de  soie,  yi, 
couleur  café,   couverte  de  petits  cercles  rouges  dans  lesquels 


868 

il  y  a  des  points  jaunes,  Ces  mots  ^^o  et  !L>»)3  sont  inconnus 
dans  le  Sud. 


t''^ 


^b,  u,  avoir  le  vertige,  1285  n.;  cf.  ^jib,  u,.  et  (JiLL,  vhvs. 


G 


„v^'  cr  ^*>-t^^''  i5  LlÏ>o,  ?i02<s  avo7is  eu  le  mal  de  mer,  la 

tête  710US  tournait  dans  le  bateau  à  cause  des  vagues,  Dt.  — 
Fumer  le  tabac.  On  le  dit  par  plaisanterie  dans  le  Sud,  1284 
et  n.,  et  c'est  ainsi  qu'il  faut  comprendre  RO  §  168:  gâ^lek 
du  ht,  as-tu  déjà  fumé?  et  ib.  p.  205,  14  d'en  bas:  libâdîye 
ma  ydûljo  teten,  les  Ibâclites  ne  fument  pas  le  tabac,  et 
d'autres  exemples  1285  note.  C'est  une  application  populaire 
de  p-b,  avoir  le  vertige,  comme  notre  fumer  l'est  aussi.  RD 

Gl.  sv.  y  voit  l'origine  de  q1-=>^,  de  même  que  Vollers  ZA 
XXII  p.  229  =  ZDMG  49  p.  507.  Voir  sub  ^^,  où  je 
suppose  que  le  sens  primaire  de  V~ ^o  est  tourner,  "planer 
dans  Vair,  tourbillon?ier  ou  quelque  chose  de  pareil;  I.  SaM 
i  p.  55,9:  .ib!.  Cela  expliquerait  le  classique  S^ù]  ^b,  tour- 
ner  par  ci,  par  là  dans  mi  pays  pour  V explorer,  I.  el-Qût. 
p.  291,  8  qui  le  glose  par  l^^  et  LA  sv.  explique  ,.Ki!  ^^o 
par  xas  JL>  et  o^Lj!  ^^j,  par  ^ji^'  J^  L^^c  j:j>  1  ?  *  i  Lw  loî 
Ipjs  \J.£;  Grâhiz  Tria  Opuscula  p.  45  d.  1.;  Magânî  I  p.  277. 

—  Jj>  est  aussi,  dans  la  lurah,  =  j3,  1.  el-Qût.  p.  291,  9, 
mais  cela  me  paraît  être  un  sens  secondaire.  Mehri  dûyah, 
avoir  le  vertige  >  être  ivre,  B  M  II  p.  98  anm. 
^^o,  donner  le  vertige,  faire  tourner  la  tête,  Dt.  LA  sv. 
porte  ^^\j  ^y]  ^30  —  ^b!,  et  Zamah.  Asâs  sv.  :  ^  ^jr^^^ 
i^,jÀx/toi,  ce  qui  chez  lui  est  au  figuré,  mais  cela  n'est  pas 
bien  sûr  malgré  cette  autorité.  Verbe  partout  courant.  Bâsim 


869 

p.  11,  7  d'en  bas:  s~>^j>'i  j;::>  y^  sxa  J*^î,  je  lui  ferai  quelque 
chose  qui  lui  fera  tourner  la  tête,  -;,50  est  aussi  intransitil" 
=  ^b,  dont  il  est  l'intensif.  cjX.*^-,  -^^Aj  L»,  la  tête  te  tournera^ 
682,  12;  Stace  p.  72:  he  became  giddij  (sea-sick),  /  got  gicl- 
diness.  RO  p.  211,  11:  ^J^^L\.J  ^^^.f  la  tête  me  tourne.  Mais 
j'avoue  qu'ici  ^^^ô  peut  aussi  être  tr.  de  -!o>.  —  Fumotter^ 
Muràd,  1285  n..    Cf.  J.Î.30  vhv. 

-i^o  est  dans  le  lurah  parcourir  un  pays,  Naswân  0. 1.  p. 
37,  17:  L^5  .L-w  \j>\  o^LJî  ^^o,  et  S2ibjuger,  el-Fâhir  p.  182,  où 
^J^^,■,  J-Jo  et  j^f  ^=^  JJJ>  et  jp,  ib.  p.  8,  15,  où  est  cité  un 
vers  de  As'^ad  Tobba*"  à  propos  de  Bilqîs: 

Elle  y  a  vécu  90  ans;  elle  a  subjugué 
Le  pays  cVeVIrciq  jusqu'au  désert  de  Sayhad 
et  ib.  p.  37, 19  par  le  même: 

i^i  quel  pays  n'a  pas  eu  ses  rois  subjugués  (ou  humiliés) 
Et  quel  seigneur  puissant  n'a  pas  été  conduit  en  chaînes! 
En  tout  cas,  les  deux  sens  :  parcourir  un  paijs  et  subjuguer 

humilier  sont   secondaires,   avec   application  sémasiologique 

spéciale  de  la  V'~^*>c>.    Autre   ex.    (jamharat   d'I.   Abn   el- 

Hattâb  p.  22, 5  d'en  bas. 

,iob,  qui  a  le  vertige;  qui  a  la  tête  qui  tourne,  étourdi;  qui 

a  le  mal  de  mer,  des  naussées,  Dt.  Ce  n'est  pas  précisément 


')  L'édition  porte  j.^l\Jj"  et  lAJLj",  ce  qui  est  peut-être  la  bonne 
leçon  si  cela  se  rapporte  à  Bilqîs,  ce  que  je  ne  puis  vérifiei'  en  ce 
moment,  mais  alors  il  faut   l^_^. 


870 

ivre^  comme  le  traduit  v.  d.  Berg,  Le  Hadhr.  p.  127  n.  1., 
mais  lorsqu'on  est  ivre,  la  tête  tourne.  Stace  p.  72  =  ^31X0, 

giddy  from  sea-sickness  or  sun,  etc. 

Le   classique  ^b,  sombre  (nuit),   qui   se  trouve  dans  le 
Qâm.   et,   par  conséquent,  dans   TA,  cité  par  Brockelmann 

0. 1. 1  p.  76,  semble  appuyer  l'étymolôgie  de  i^,L=>o,  vhv.,  chose 
noire,  mais  il  provient  d'une  autre  racine  homonyme  et  n'a 
certainement  rien  à  voir  avec  ^b,  fumer,  ni  avec  ^^o, 
rendre  vertigiîieiix,  comme  le  pense  Brockelmann.  Et  le  sens 
de  ;?.jb,  étourdi,  =  irréfléchi  =  J^Ud  ,  est  aussi  peu  vulgaire 
que  ne  l'est  celui  du  verbe  ^b,  u,  voir  Belot  svs. 

^^Vj  vertige;  courant  dans  toute  l'Arabie,  =  class.  ^îjo.  Stace 
p.  72:  giddiness;  v.  d.  Berg  0. 1.  p.  127:  ivresse,  mehri: 
daht  on  doht,  BM  II  p.  98. 

(^Li»^o,  qui  est  en  état  de  vertige^  qui  a  des  vertiges,  étourdi,  Dt. 

^^Li>30  ou  ^(^o  en  sahhî,  drunkard,  BBRAS  1902  p.  263. 
^J^.ô,  ivre,  v.  d.  Berg  0. 1.  p.   127. 

^^^,  pipe,  narghilet  Dt, 

J'ai  dit  que  ^b,  -^^Aj,  /wwer /e  teJac,  n'est  employé  qu'en 

guise  de  plaisanterie  et  par  rapprochement  populaire  de  ^b, 

o 

u,  avoir  le  vertige,  de  même  que  le  Syrien  ne  dit  ^=>j>  que 

par  la  même  raison,  en  pensant  à  qL=>o,  tahac  à  fumer. 
L'étymolôgie  de  Vollers,  1285,  adoptée  par  Brockelmann  et 
Rhodokanakis,  est  suspecte.  On  sait  que  les  Arabes  disent 
^^L>u>ul  v/^>  ^^  ^0^^  ^'^  fumée,  ou  le  tahac,  puisque  Qi-=>^  > 
tahac.  Or,  on  disait  cela  aussi  en  Europe  lorsque  le  tabac  y 
fut  introduit,  de  l'Amérique  ou  de  l'Orient,  on  ne  le  sait, 
1871/2  sv.  tahac,  Hdr.  p.  208  n..  I.  el-Wardî  t  1349  dans 
son  Lâmîyat,  p.  36,  j)arle  du  tabac. 

Un  arrêté   municipal  de    Ydre  en   Suède,  de  l'an  1658, 


871 

décrète  que  ,jCeux  qu'on  trouvera  à  hoire  du  tabac  pendant 
le  sermon  seront  soumis  à  une  amende  d'un  demi  mark  en 
argent".  Je  ne  suis  pas  à  même  de  constater  si  cette  locu- 
tion existait  dans  d'autres  langues  européennes.  Est-ce  une 
traduction  de  l'arabe  ou  de  la  langue  du  pays  d'où  venait 
le  mot  tabac?  On  sait  qu'en  Amérique,  aussi  bien  qu'en 
Orient,  on  avale  la  fumée,  qui,  en  Orient,  passe  par  une 
noix  de  coco  remplie  d'eau  (d'où  le  nom  narghilet,  Lammens 
Mots  français  p.  179),  encore  en  usage  dans  le  Sud  et  chez 
les  Sômâl.  On  boit  donc  pour  ainsi  dire  la  fumée.  Notre 
fumer,  smoke,  rauchen^  rôka,  n'est  que  le  verbe  courant  ap- 
pliqué métonymiquement  à  cette  action;  on  le  dirait  pres- 
que dénominatif,  en  tout  cas  détourné  de  son  sens  primitif. 
Si  donc  on  veut  dériver  qLs-o,  fumée,  de  p,L^,  u,  fumer, 
moderne  et  nullement  courant  dans  ce  sens,  si  ce  n'est  par 
plaisanterie,  on  peut,  avec  autant  de  droit,  dire  que  notre 
„fumer  le  tabac"  vient  de  fumée,  QLi>j>, 

On  sait  que  Collingwood  Bruce  a  le  premier  trouvé  des 
pipes  à  côté  d'un  mur  romain  du  temps  de  Hadrien.  Ensuite, 
d'autres  pipes  ont  été  découvertes  en  Angleterre,  en  France, 
en  Allemagne  et  en  Hollande,  dans  des  ruines  romaines. 
En.  1912,  un  savant  espagnol  trouva  des  pipes  dans  les 
provinces  d'Alicante,  de  Valencia  et  de  Sevilla.  On  peu  les 
voir  à  présent  dans  les  Musées  d'Espagne,  et  le  musée  de 
Madrid  en  possède  deux.  On  a  même  trouvé  des  pipes  pro- 
venant de  peuples  d'une  culture  plus  basse.  Un  pierre  tom- 
bale dans  l'église  de  Hubeville,  du  onzième  siècle,  et  une 
statue  à  Cormumare  en  Irlande  réprésentent  deux  hommes 
de  l'époque  carolingienne  avec  de  courtes  pipes  à  la  bouche. 
On  ne  sait  pas  au  juste  ce  qu'on  fumait,  mais  des  indices 
donnent  à  supposer  que  c'était  la  lavande,  arabe  ^^^f>,  n- 

unit.  »Uîji>,  LA  XV,  p.  66  =  Asraa'î  K.  en-Nabât,  éd.  Haff- 
ner  p.  19.  Jaime  Fober  dit  dans  une  poésie  sur  la  prise  de 


872 

Valence  en  1276:  „0n  dit  de  la  lavande  qu'elle  chasse  le 
sommeil  et  donne  la  force  à  celui  qui  la  fume,  parce  qu'elle 
sèche  l'humidité  du  cerveau  et  fait  de  cette  façon  naître  de 
grandes  forces".  Un  archéologue  espagnol  a  trouvé  une  pipe 
en  terre  cuite,  ornée  du  relief  d'une  plante  qu'on  croit  être 
la  lavande.  Il  n'est  donc  pas  exclu  que  les  Romains  fumaient 
la  lavande,  peut-être  aussi  l'opium. 

.'j»,   u,   faire   le   tour  de,  aller  autour^  contourner.  ^^^  •j^i> 

j*^"  j?  bj  LXcLijJ!  Vj*^'j   ^6   (^^^^f  s'approcha  des  Bédouins  et 

les  contourna  tous,  505,6  d'en  bas  =  ma  LB'A  p.  2,21. 
d^^^  o;b  1)  =  dU  c>^"^,  as-tu  compris?  1532.  ^J^J^,  chercher, 
R  P  Gl.  sv.,  ou  J  ou  J>£ .  Mehri  d  ô  r  =  sh.  d  e  r,  aller  autour, 
umhergehen,  avec  la  forme  collatérale  d  e  b  f  r  ou  d  b  e  r  = 
J.,  .Lw,  Bsh.  II  p.  34-  et  p.  64.  Dans  Bâsim,  .b,  se  pro- 
mener, faire  un  tour,  72,  10;  parcourir  3,  21  ;  17,  21  ;  19,  22; 

54,  5;  (ji^xii  o.o,    15,  14;  21,  19;  courir  chercher  ;  rôder  b,^. 

En  Egypte,  on  préfère  J^  ^^l^,  et  l'on  ajoute  le  verbe  ^_wJ:-5. 
y^UJî  o^  (|c  ,b,  courir  les  maisons,  Sjt.  et  Eg.,  ib.  48,  9; 
Hafâgî,  Sifâ"  p.  103.  En  Datînah,  il  y  a  les  même  locutions, 

si  ce  n'est  que  l'intensif  .^o  est  plus  employé. 

En  Dt ,  .b  <  ,b,  est  le  terme  technique  pour  exprimer  le 
peu   de  souci  qu'a  la  chamelle  pour  son  petit  qu'elle  quitte 

pour  un   jour   peu   après  la  '■àSà»^,  partiirition.  ^.\ô  J^!^^! 

^Li  (^,  les  chamelles  se  détournent  de  leurs  petits,  Dt. 

Toutes  ne  le  font  pas.   C'est  pour  ^j  <  ^b,  vhv. 

Nous  avons  une  étymologie  sémantique  analogue  dans  le 


')  Le  levantin   tiULi    ,jJ>,  fais  ultenlion,  <yb'  <  y^^t  n'est  pas  usité 
dans   le  Sud,  où  l'on  dit  ôbah,  v.  p.  9.  Cf.  animadverterc,  observer. 


873 

français  chercher  (vfr.  cercher)  et  l'italien  cercare,  qui  vien- 
nent du  latin  circare,  propr.  circumcursare,  circumire,  courir 
autour^  ça  et  là;  aller  autour^  visiter,  et  qui  se  trouve 
dans  Properce  avec  le  sens  de  aller  ça  et  là,  absolument 
comme  notre    b  et  .30,  herumgehen:  iji^.  oUo  j^Aj  ^^^l2 

ou    ,3t\j,   Dt. 

Devenir,  =  J^,   surtout   dans  le   Nord   et  le  Levant.  Jc> 

|JL^,  =  |JL*va   .Lo,   il  s'est  converti  à  Vislâm,  Syrie,  p,  ^b, 

il  est  devenu  grec  orthodoxe^  =  l-JJs,  Syrie.  Obs.  convertir^ 
même  idée  que  dans  ^b,  et  en  français  (se)  tourner  a  aussi 
un  sens  analogue,  p.  e.  :  la  chance  tourne  belle  (P.  Ferney)  ; 
la   manifestation   se   tourne   en   révolution   (Fr.  Sarcey).    .b 

jJlI?!  =  jjli?l   .Laû,  il  se  fit  noir,  Hartmann  LLW  p.  90;  ib. 

p.  195  N°  176:  ,^^  ^b  =  ^L^^Lo.  oij^î  ^b  ^Li!  )i  ^ 

^y>,  à  force  de  pleuvoir,  la  route  est  devenue  toute  boue,  Dt. 
Cf.  en  babyl.  le  verbe  congénère  .Ij'  :  a  n  a  t  i  1 1  i  t  â  r  u ,  devenir 
poussière,   Del.   HWB   p.  702,   cf.   sub  ^jd^. 

Dans  l'Afrique  équatoriale,  ,b,  u,  est  vouloir,  chercher, 
aimer;  être  près  de,  Carbou  pp.  27,  10  d'en  bas;  29,3  d'en 
bas;  93,6  d'en  bas.  ^_^4J  ,30  lit,  ib.  p.  88,  10,  =  dt.  jtv^L.  li!, 
Je  veux  m'en  aller.  _^^  J..^'  ^jg',  ib.  p.  88,  13,  =  dt.  ^^.^  L.  (ji! 
ou  ^,~M^Ji  L_A_j',  qu'est-ce  que  tu  veux  faire?  >-a,jJ5  ^>ao  ,»|iAj, 
ib.  p.  124,  11  d'en  bas,  =  dt.  vs^^s  -:^>*o  L.,  il  s'eti  ira  bientôt. 
ji-jij  iJÎ  ^»J^  L,  ib.  p.  125,  13,  =  dt.  J^i>o!  ^J^\  L  U  ou  U 
JwJ>o!  ^Jb,  il  ne  veut  pas  que  j'entre.  (c>jl>  ou)  0,3^  Lj! 
j^^jî  j^  j^KJ  J^>lXj^,  ib.  p.  125,  17,  =  dt.  .^aj  bl  (ou  s^  = 
^ccaj  IJdr.  ou  ^_^!  o^s'  ou  1jc>-^)  w^Jli  ^^  iJ->^V  '"^1  (>  v^ 


874 

>  ^'i),je  voulais  qu'il  entrât,  mais  il  a  refusé,  o^-    ,3^-j, 

il  agonise,  ib.  p.  234,  =  dt.  o^:.  L. .   iùîjjffJî  ^^*^îî  L;^  '<^*, 

^  ji^y^,  ib.  p.  83,  5  d'en  bas,  =  dt.  Ijjasj  (ou  ^)  Lo  ^^^ 

,<tiLj  L  y«..4.xiJt  o^-A^^  quand  nous  aperçûmes  les  cases,  le 
soleil  allait  se  coucher,  était  près  de  se  coucher.  Ici  ^  et  oLL 
aussi  bien  dans  la  lurah,  voir  plus  haut  p.  873,  que  dans  tous 
les  dialectes,  peuvent  avoir  le  même  sens  ^' être  près  de,  p.  1 1  d.l. 
cf.  sub  L)  p.  16  et  ici  sub  ol,,  u,  RO  §428,  et  ici  sub  ^^o. 
—  Dans  Rabah  et  les  Arabes  de  Chari,  par  Decorse  et  Gau- 
defroy-Demombynes,  je  trouve  ces  phrases  p.  56:  te  dur 
chiunu,  que  veux-tu?  et  ana  dur  bakul,  ^e  veux  man- 
ger, où  l'on  observera  bakul,  voir  sub  L  Marçais,  C  B. 
p.  95:  dâr,  i,  faire,  mais  dâr,  u,  tourner.  Aussi  Bauer 
Palest.  p.  202, 10,  11,  12  d'en  bas. 

En  "omânais.^b  est  verbe  auxiliaire,  RO  §  338,  où  exemples; 
ib.  p.  298  et  p.  306,  7  et  1.  3  d'en  bas;  ib.  p.  312  d.  1.  avec 
un  imparfait  suivant.  Je  le  traduis  par  se  mettre  d,  com- 
mencer. Il  correspond  au  nord-  et  sudarabique  j.lî,  vhv.,  au 
nordarabique  et  au  levantin  j^,  vhv.,  et  au  sudarabique 
i^yo.w!.  î^-j^-ci^  b;3'-^-:i  pyJ.i  loTsquHls  boivent  (du  vin),  RO  p. 
229,  4  d'en  bas  =  dt.  \^jJ^.  L>  ^^.  Ib.  p.  230,  6  d'en  bas: 
\jXs-  ..?s*>.aj  ^toj  Calô),   et  il  se  mit  à  crier    allo!=^dt.:  j-lï, 

_^Ji  -,>y^  (allô!)  Ib.  p.  325,  10  d'en  bas:  hîye  dârit  tûkil, 
elle  se  mit  à  manger,  =  dt.  hî^  qâmet  tôkol;  ib.  p. 
329,1:  dôrne  nùkil,  nous  nous  mîmes  à  manger;  ib.  p. 
347,5:  j«.5'LLJiL3  b.j>,  nous  nous  criâmes  mutuellement;  ib.  p. 
359,9:  dâro  y  i  t'^addrûlné,  ils  commencèrent  à  s'excuser 
vis  avis  de  nous;  ih.'Çi.MS),!:  dâro  yitnâqe^o  btefaq,z7s 
commencèrent  de  lui  tirer  dessus  avec  des  fusils.  Dans  plusieurs 
de  ces  exemples,  le  Bédouin  du  Nord  aurait  dit  o!^,  vouloir, 
vhv.  comme  le  datînois  dirait  aussi  L,  vouloir.  'E,t  nous 
venons  de   voir  qu'au   Waddây  ^b  est  aussi  voidoir.   Cela 


875 

prouve  également  qu'entre  ^b  et  o\j  il  y  a  communanté 
radicale  et  sémantique.  J'ose  ici  faire  une  conjecture  que 
j'ai  trouvée,  indépendamment  de  JSIôldeke,  Beitràge  I  p.  45, 
et  de  Deriiombynes,  Rabah  p.  35,  et  qi^e  j'ai  déjà  formulée 
sub  1=>  p.  529.  Ce  .b  soudanais  est  certainement  une  meta- 
thèse  de  oî^,  u,  vhv.,  qui  dans  la  IV^  forme  est  vouloir  et 
comme  telle  désigne  la  direction  où  l'on  se  rend^  ici  la 
direction  de  la  pensée,  à  l'instar  des  verbes  énumérés  dans 
I.  Sîdah  XII  p.  50  et  51,  et  du  mehri  Jjù^  =  J.«î,  exemples 
chez  Bittner  St.  mehri  II  §  104.  La  première  forme  existe 
du  reste  aussi  dans  les  parlers  bédouins  de  la  Syrie,  voir 
sub  oL,  u.  Cela  est  d'autant  plus  plausible  que  .b  et  ot^ 
sont  certainement  le  même  thème,  signifiant  tourner  cà  et 
là,  chercher.  Le  '  mehri  j.L:>,  vhv.,  joue  le  même  rôle  que 
l'africain  .b,  et  la  sémantique  est  la  même  dans  les  deux 
verbes.  Mais  on  pourra  ici  faire  cette  objection  que  ^l=>,  qui 
veut  aussi  dire  à  l'origine  tourner,  planer,  correspond  ici  à 
^b,  de  sens  analogue,  et  que,  par  conséquent,  ^b  n'a  pas 
besoin  précisément  d'être  une  métathèse  de  ^\^,  u.  Cette 
objection  est  sérieuse.  Mais  il  n'en  reste  pas  moins  que  ^b, 
u,  et  o^j,  u,  sont  des  synonymes. 

jL  =  .b  se  serait  donc  ici  conservé  dans  la  I^  forme  avec 
le  sens  de  vouloir,  ce  qui  est,  du  reste,  le  cas  dans  les 
parlers  bédouins  de  le  Syrie,  comme  je  viens  de  le  dire. 
C'est  ainsi  que  les  dialectes  ont  conservé  ^>^j,  envoyer,  vhv., 
là  où  la  lurah  n'a  que  ^J  et  f^,  vhv.  =^L«.  La  question 
est  de  savoir  lequel  des  deux  .b  ou  S)^  est  primaire.  Pour 
ma  part,  je  crois  que  ^b,  u,  a  précédé  oL,  u,  mais  on  ne 
saurait  rien  dire  de  précis  à  cet  égard. 

Sur  les  thèmes  dr,  tr,  dwr  et  twr  dans  les  langues 
sémitiques  et  indogermaniques,  voir  H.  Môller  Sem.  und  In- 
dog.  I  p.  24  et  p.  80  et   sur   sa  métathèse  rd,   rt,  Walde 


876 

LEWB  sv.  rota,  Kluge  EWB  sv.  Rad  et  Stappers  Dict. 
synopt.  d'Etymol.  fr.  N°  1525. 

Cf.  f^  <yo,  987;  1281,  et^y?o  p.  863;  ^Vo  =^0  1768,  vhv.; 

.b  >  ^l\:>  1254  et  ici  p.  377;  cf.  aussi  .s  et  .ij',  u,  vhvs.;  .Lb, 
u,  ^Lb,  i,  vhvs.,  primitivement  tourner,  vo/î!/^er,  mais  dont  les 

significations  se  sont  spécialisées;  X^,  I.  Sîdah  II  p.  10  en  bas. 

ô  j*iJ>,  tourner,  chercher,  être  en  quête  de,  170,6  et  7;  895,4. 
Dûwarnâleh  uma  laqînahsi,  ya  obèyni  ''alêh, ?20ms 
l'avons  cherché  (nach  ihm  gesucht),  mais  7ious  ne  l'avons  pas 

trouvé,  d  mon  grand  regret  Dt.  =  Jsc  .^o  ou  q^  ^b,  RE) 
Gl.  sv..  Bâsim  pp.  15,  18;  16,21;  20,16;  29,2;  40,5;  81,5 
(Proverbes):  J^  50.  —  J  oïjjb  ^o,  trouver  le  moyen  de,  une 
issue,  einen  Ausweg  suchen,  1362,  2.  R  0  p.  361  d.  1.  :  i-X>  î^^.kj 
Ijj.jlXj,  ils  envoieyit  quelque' un  pour  aller  à  notre  recherche. — 
^b,    maison,    partout    courant.   iCsL/wAi^Jî    b  est  à  Aden  la 

maison  d'hospitalité  que  les  Anglais  ont  affectée  aux  notables 
indigènes  qui  s'y  rendent,  163,8.  BH  p.  253.  Sur  le  .b 
arabe,  il  y  a  à  présent  un  mémoire  de  Kasdorfî,  Haus  und 
Hauswesen  im  Alten  Arabien  [bis  zur  Zeit  des  Chalifeyi  Othman), 
Halle  a/S  1914  ').  C'est  l'hébreu  "ill,  habitation.  Landesdorfer 
S  S  p.  42  veut  que  ce  mot  n'ait  rien  à  faire  à  la  racine  111, 
et  il  le  considère  comme  un  emprunt  à  l'akkad.  dû  m,  haie, 
enclos,  mur,  château,  Zimmern  AFW  p.  14,  Muss-Arnolt 
p.  267,  mais  jamais  habitation;  il  lui  assigne  une  origine 
soumérienne:  dur,  habiter.  Je  crois  qu'il  a  complètement 
tort,  car  V~j^  ^j^^^  ^st  du  sémitique  commun  et  le  sou  m. 
dur  doit  alors  à  l'origine  avoir  le  même  sens  que  le  sémitique 
correspondant.  Dans  les  premiers  tem^^  de  l'histoire  orien- 


')  Je  regrette   ([ue   l'auteui'   ne   connaisse  point  mes  ouvrages  dia- 
lectologiques. 


877 

taie,  on  a  dû  disposer  le  ^b  de  la  même  façon  que  plus  tard: 
il  était  entouré  d'une  haie  ou  d'un  mur.  Le  campement 
était  disposé  en  rond,  de  façon  à  former  un  circuit  de  pro- 
tection pour  le  bétail,  placé  au  milieu,  ainsi  qu'on  peut  lire 
Dt.  p.  19:  winnekom  tehôttu  el-hiyàm  dâr  ma  dur 
"a la  el-baowfe,  etc.  Le  verbe  bibl.-aram.  in,  habiter,  est 
sans  doute  dénominatif  de  l1l  =^b  <  K'^^o,  apparenté  à 
y>',  .^j  yj,  etc.  vhvs.  Cf.  Fleischer  apud  J.  Levy  I  p.  440.  Sur 
^îo  en  safatique,  voir  Dussaud,  Les  Arabes  p.  104. 

^b,  tour,  pourtour.  jjjAiî   U  JJLxi  Vjj-^'  cr*  k-H^^  ^-^rKp'? 

nous  faisons  Venclos  en  broussailles  épineuses^  comme  un  mur 
circulaire,   23, 2.    Au   Yéman,    muraille   d'une  ville,    Glaser 

■y 

Mitteil.  p.  46.  ^jb  .y«,  mur  d'enceinte,  de  Goeje  Gl.  Bibl.  Geogr. 
arab.  p.  240.   —  'iJ'^,   pi,  r-jîjo,  circonspection,  clairvoyance; 
savoir  faire,  Dt.  Es-Sâhimî  dit  dans  sa  longue  qasîdah  : 
Àsl]*,  yjj^i    J-^î"  Ij   '^T^^-y^      

prenez  vos  mesures,  vous  qui  avez  l'intelligence  et  les  idées, 
{provideant   consules),   où   le  mot  fut  expliqué  par  le  subst. 

,j^.  yJ*)OJ>\  ^\  est   le   terme   technique  pour  ce  que  nous 
appelons  les  gouvernants,  1719,  4  d'en  bas. 
j-^3,    village,    en    Tihâmah,    Glaser    Peterm.     Mitteil.    1886 
Heft  I  p.  7,  =  yp  p.  878,  7. 

»_jo,   territoire,   contrée,  pi.  >jo,  550,2  et  n.  3,  =  «^jp,  302 

n.  1;  490,8;  550  n.  3;   1093  n.  2;   1220,1,  avec  le  pi.  o!;JO. 

Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  75  et  p.  115,10.  Socin  Diw. 
Gl.  sy.  qui  dit  que  le  syô  de  Belot  Suppl.  p.  987  est  erroné. 
Ce  n'est  pas  le  voyellement  qui  y  est  erroné,  mais  le  sens 
y  donné:  banlieue,  alentours;  arrondissement.  Dozy,  d'après 
Bc,  est,  comme  étymologie  analogue,  bonne,  mais  trop  mo- 
derne. Ce  mot  a  disparu  de  l'édition  anglaise  de  Hava,  et  à 


878 

/ 

tort.  j?^j-b5  ^uJLc  \yt^:s\s>  LLjyp,  7Î0S  contrihules  les  attaquèrent 

et  les  mirent  en  fuite,  récit  ""anazite,  propr.  les  gens  de  la 
même  localité  que  nous  =  LLjyjo  J-5>t,  comme  le  qorânique 

iûj5  =  iij Jiit  J^L   î^iAi!  L^  Sj.yJcj  Ujy.o  j.b  L,  pendant  que  7ios 

contrihides  lâchent  la  poudre  sur  eux,  1719,  9.  RD  II  §  3  d 
et  Gl.  sv.  b^jo,  Land,  Heimat,  où  il  faut  ajouter  84,  2;  94,  3; 

110,  12;  ib.  Il  p.  75;  il  y  a  aussi  une  seule  fois^o,  47,  16;  cf.yJ, 

village  p.  877.  Ce  mot,  si  courant  dans  le  Nord,  n'est  point 

employé  dans  notre  dialecte.  —  C'est  «yb  >  »y.o  >  «yo,  selon 

Arabica  III  p.  39;  Hdr.  p.  386  et  Dt.  302  et  550  n.  3. 
Cette  prononciation  »^.u>  doit  être  fort  ancienne,  comme 

elle  l'est  aussi  dans  son  correspondant  'Syp-  vhv.,   et  dans 

l'hébreu  biblique  HTîp,  campement  de  tentes,  village  des  no- 
mades, mur  d'e7îceinte,  Gen.  XXV  vs.  16,  oià  les  fils  d'Ismaïl 
habiteTit  dans  leurs  nn^^VD»  =_jj'-*i2==- ou  yiii^-  vhv.,  cf.  Jesaïa 

XLII,  II,  et  dans  leurs  niTi:  '),  de  V~iy^=J^^  vhv.,  ^. 
Ces  deux  mots  sont  traduits  dans  la  Bible  américaine  de 
Beyrouth  par:   ^j^.>oj>5  ^Joj>.  Sur  jy.b,  cf.  ^!,  y»",  ^b',  u, 

JJd,  u,  i,  Jj>,  u,  vhvs.;  o  et  o  >  Js  à  cause  du  ^.  On  voit 
donc  que  ce  mot  »^o,  a  une  haute  lignée  :  il  remonte  au  plus 
ancien  temps  des  Arabes  et  il  est  resté  presque  tel  quel,  à 
l'exception  de  l'emphaticité  de  la  dentale,  jusqu'à  nos  jours. 
Le  dialecte  de  Ma'lûlâ  a  aussi  tîrca  <  syo,  ZA  XXXI  p. 
218,  11  d'en  bas  et  p.  221.  Voir  Additions. 


1)  Bauer-Leander   o.  1.   p.  452   compare  nTî3  avec  l'arabe  J^]  en- 
clos^   mais  yy^   n'est    pas    enclos   v.  LA  sv.,    ce   qui   n'exclut   pas  la 

> 
parenté  de  ces  deux  mots,  cf.  J^^  <  yi'^' 


879 

Boussole.  V.  d.  Berg:  Le  Haçlhr.  p.  254.  RO  p.  115,6 
d'en  bas.  Stace  p.  35.  PI.  oî^^  —  Service  à  café,  1088,  v. 
d.  Berg  o.  1.  p.  66  n.  —  s,b,  plusieurs  'arwàs,  vhv.,  en- 
tourés d'une  haie,  Glaser  Peterm.  Mitteil.  1886  p.  7.  Lam- 
mens,  Berceau  p.  33. 

iCj.b,  chemise  de  femme,  820,  4. 

.30,  parapet,  mur  d'enceinte,  Hdr.  Gl.  sv.;  pi.  J^o\.  Rempart, 
V.  d.  Berg  0. 1.  p.  62.  Cf.  le  babyl.  dûru,  haie,  enclos,  mur, 
château.  —  Subdivision  d'une   tribu,   pi.  ^'30!,  Arabica  V  p. 

231,  3.  —  Au  Waddây,  p^J^.,  pi.  y.'^t;'^,  ou  ^0^0,  mur,  Carbou 

p.  238  et  n.  Cf.  le  class.  ,,50^,  tourbillon,  Mas.  I  p.  240, 
ZDMG  70  p.  452.  -  Rang.  Hartmann  LLW  p.  95.  - 
Tour,  Reihe,  dans  ^^^Ij,  à  tour  de  rôle,  Nord;  connu  en  Dt., 
mais   on   y  dit  plutôt  '^^i^JJL,  et  léX^jS,  to7i  tour,  vhv.  =  syr. 

ti)o"  3Ô.  Chez  les  Bédouins  de  Nord,  «^^o  est  le  tour  de  rôle 
pour  recevoir  les  hôtes,  ce  qui  incombe  à  toute  famille  du 
campement. 

y^ô  >  ^Ço,  à  cause  du  ^  suivant,  167  N°  95;  168  v.  5,  va- 
gabond, fainéant,  qui  va  de  pays  en  pays,  sans  demeure  fixe; 
c'est  une  injure;  pi.  _,^ô,  168  v.  5;  voir  sub  J^ô.  Le  y^o, 
campement  des  Bédouins  du  Nord  est  aussi  pour^i^o,  qu'on 

ne  dit  pas.  Cf.  s^î^o  et  'iiJ>Ç:>,  vhv.  pour  lesquels  la  pronon- 
ciation vulgaire  a  été  enregistrée!  De  Goeje  Gloss.  Bibl.  Geogr. 

Arab.  p.  239  «.l^o:  tourbillon  d'eau,>  '^J*>c>. 

J^  Lc^b,  tout  autour,  19,  10,  12  =^b  U^^J,  204,  =^0  U  ^o 
(<  Jb),  ma  MJM  p.  19;  RD  Gl.  sv.;  cf.  ^!J^,  tout  autour, 
Meissner  NAGJ  p.  122  =  ZDMG  58  p.  938. 

£j^30  dans  la  locution  ï^j^j^ÂiL. ,  à  tour  de  rôle,  l'un  après  l'autre, 
32,25;  Wetzstein  ZDMG  XXII  p.  157;=  Dt.  id^JJL,  vhv. 


880 

^^3J>  Dt.  1010,  10  d'en  bas^^^'I^  Hdr.  Gl.  sv.  C'est  en  Dt. 
un  taillis  de  hautes  broussailles  et  d'arbustes  dans  la  plaine, 
tandis,  que  J*-£  (  >  JvJi  Dt  )  est  un  taillis  de  broussailles 
dans  le  woti:,  vallon.  Les  Datînois  que  j'avais  amenés  avec  moi 
en  Europe  appelaient  une  fo7'êt  ou  un  bois  chez  nous  j^^. 

Le  mot  ne  me  paraît  pas  être  de  l'arabe  pur,  et  je  suis  tenté 
d'y  voir  l'hébr.  "iBip,  désert  et  steppe,  qui  peut  aussi  être 
couverte  de  végétation  après  les  pluies.  H.  Winckler,  KAT^ 
191,  dit  que  ce  mot  canaanéen  désigne  aussi  bien  en  hébr. 
qu'en  assyrien  la  steppe  qui  s'étend  entre  la  Syrie  et  la  vallée 

de  l'Euphrate,  à  présent  appelée  oLr  vhv.  C'est  l'akkad. 
madbaru,  mudbaru,  mudabiru,  d'après  Zimmern  Akk. 

FW  p.  43  ')•  —  Anneau  pour  le  doigt,  Dt.  =  i^*:^,  vhv.  où 
la  sémantique  est  la  même;  en  Tunisie,  collier,  Stumme 
Gr.-tun.'  p.  58  et  p.  74.  Cf.  le  grec  yJ?'/.o:,  anneau,  et  le 
germano-scandinave  Bing,  où  l'étymologie  est  aussi  la  même. 


;''^ 


jb,  u,  passer,  et  j^j»,  faire  passer,  laisser  passer,  voir  sub 
\ù,  p.  773;  dans  la  Sâwia  du  Maroc.  C'est  pour  jL>. 


lt;^ 


(j/.b,  u,  fouler  avec  les  pieds,  piétiner,  treten,  trample  upon, 
1264;  1265.  LA  sv.  <  ^..co,  vhv.  1264;  1284,  ^-^o,  1264, 
vhv.  et  ,j^s>^.  V.  Kremer  Beitr.  z.  arab.  Lexik.  sv.  mit  den 
Filssen  treten,  et  Spiro  to  tread  over,  crush,  courant  en 
Egypte.  RO  p.  274,  15:  f.  dâs  lufrâs,  un  tel  foula  les  tapis 
avec  ses  pieds.  Cf.  ^M ,  zertreten,  dreschen,  =  ïï'lN ,  I.  Sîdah 
XI  p.  54,  V.  sub  (_^v-  o  p.  752.  —  Dans  le  Sud,  c'est  aussi 
dépiquer,  et  l'on  n'a  nullement  besoin  d'y  voir  un  araraéisme 


1)  Cf.  l'éthiop.  dëbër.  Cecchi,  Da  Zeila  aile  frontière  di  Caffa  HT  p.  478. 


881 

avec  Fraenkel  FW  p.  133.  -  Pour  le  Hdr.  Snouck  0.  S. 
Nôldeke  I  p.  103;  104  n.  7,  donne  ^j^\^,  reiben,  scheiiern, 
frotter,  et  ce  sens  vient  de  la  manière  de  faire  cette  mani- 
pulation avec  les  pieds,  ainsi  que  je  l'ai  vu  dans  le  Sud  de 
l'Algérie,  et  comme  font  nos  valets  qui  frottent  le  parquet 
avec  le  pied,  mais  y^-b  n'est  pas  frotter;  v.  ici  p.  884  sub  éh. 

Marcher  Vargile,  t.  de  potier,  Syrie  355,  3  :  ^jx^\  S^^lX-j 
(j-OIj  jjLio  jj^  LWV33 ,  on  marche  le  morceau  cV argile  à  façonner 
afin  qu'il  devienne  souple,  potier  de  Rasâyat  el-Fohhâr.  Voir  Der 
Islam  IX  p.  135:  ic^»ô.  RD  Gl.  sv.  :  treiben,  voriodrtstreiben^ 
est  dans,  ce  sens  probablement  une  variation  de  V  l^v.l>, 
pousser,  vhv.  —  Dans  l'Afrique  centrale,  c'est  le  verbe  or- 
dinaire  pour  se  disputer,  se  battre;  faire  la  guerre  à,  atta- 

f,  5  5 

quer,   Carbon   p.  240  =  (^-.^o .   Ib.   p.  240  :   |^^3«Aj  \*,j*,C^.  ou 

I^a«3l\j  ,  ils  veulent  se  battre.  --  Chez  Dozy,  d'après  Bc,  violer 
un  territoire,  n'est  que  le  figuré  de  ^/^b,  /bw^er,  comme  notre 
empiéter  et  piétiner.  Dans  L  A  VII  p.  393,  2  d'en  bas,  nous 

lisons:  ^^^^  ^^^  ^^  J^  i-  o^'  l5^  ^^Axi!  Jjj  JUb 

*ix3  ejlcj  j^.Lo  JJ.ii'j  j*-&^^  bi. 

(j4^)  f'^^ii^^  fouler,   1311,3.  —  Faire  la  guerre  à,  attaquer, 

Carbon   p.  240.  [jy.v-30,   ils  nous  battirent,  ib.,  Rabah  p.  26 

et  p.  47. 

^^^o,  récolte,    1265.   RO  p.  417.   —  Pierre  servant  de  cible, 

197  n.  5:    362  n.   1;    1143,7;  1501,13;  pi.  (jJ.*,S^  o\x  (j^S^o, 
817, 12;  1501  n.  1.  Class.  ,^v.Lbjï  et  en  Haurân  s^U.  -  Pierre 
servant  d  délimiter  un  territoire  réservé,  Arabica  V  p.  209. 
^_^A«50,  épithôte   de  Vargile  marchée  par  le  potier,  355  n.  3. 

ij^\»)3,  combat,  lutte,  Carbou  p.  240,  <t_r«'5'^-  u^'^^  Lf^^,  se 
disputer,  se  battre,  ib.  p.  46,  3  et  p.  240. 

56 


882 

L>#.L^,  brave,  courageux,  Carbou  p.  240. 

(j/-Ijo,  dépiquage  des  céréales,  voir  sub(j/.^o  p.  752,5  et  n.=  iLM-L;o. 

Naswân  o.].  p.  97:  iCv-LA^î  iA*j  -iy^  \3\  j,LxLi!  _j-xi.  Mais  je 

crois  pouvoir  faire  cette  distinction  entre  ces  deux  mots  que 
y/^ljo   est  l'action  des  bêtes  qui  j^avjlXj  et  iL*vlj^,  l'action  ou 

le  métier  de  l'homme,  en  analogie  avec  d'autres  ^Jbé. 

(^-.iuû,  soulier  pour  femyne,  en  sahhî  BBRAS  1902  p.  269. 

Dans  d'autres  contrées,  c'est  sandale,  pi.  (_^k.A/3. 

(Jib,  faire  du  bruit,  faire  du  tapage,  Dt.  =  (ji'L>,  u,  vhv. 
Hdr.  p.  194.  Je  crois  que  (jiib,  u,  être  étourdi,  et  que  nous 

trouvons  dans  iLic^o,  étourdissement  ou  la  sensation  que  donne 
le  vin,  Dt.,  est  un  sens  secondaire  et  je  me  demande  si 
^b,  u,  vhv.  ne  provient  pas  d'un  thème  primaire  analogue. — 

En  Egypte,  [J^*,ô,  (jx^Ju  (non  iJ-^S),  casser  la  tête  ci  qîi.,  em- 
bêter, étourdir,  abasourdir.  ,jr^^^  o-ii^^,  tu  m'as  cassé  la 
tête,  tu  m'as  étourdi,  Bâsim  p.  43,22=  cl.  p-^^-  Cf.  J^^c>, 

être  ahuri,  perplexe  =  ^j>J>ô^\,  vhv.,  Dt,  et  'Oman,  Jj^^  et 
iji-xL»  vhv. 

(jù-^o,  faire  d%i  tapage,  =  J^-ff^.  l">^^■^  ^j-^jO  ^^^p^-iit^iA-JI,  les 

dausân  nous  ont  fait  du  tapage  =  nous  ont  abasourdis 
avec  leur  tapage,  Hdr.  et  Dt. 

(j^iiot,   avoir  la  tête  cassée,  être  étourdi,  abasourdi,  Egypte. 
(jijo,  pi.  uitjo!,  vin  de  palmier,  toddij.  Cf.  91  et  1852  s. 
xii30,  tapage,  Dt.  et  Hdr.  =  'i^y:>  vhv.  iL^uVJl  ^  c>'^'  (en 
Hdr.  JJ>),    tais-toi,   laisselà   le  tapage.    Au   fig.   en  Egypte, 


883 

cassemetit  de  tête,  abasourdissement^  Bâsim  p.  25,  7.  Ce 
n'est  plus  en  Egypte  tapage,  comme  le  dit  Bc  (Dozy  sv.), 
mais  la  sensation  désagréable  que  donne  le  tapage.  On  voit 
que  les  dialectes  du  Sud  ont  mieux  conservé  le  sens  concret.— 

j^Lii^o,  pi.  j^^p^tjo,  est  la  même  chose  que  evj>Li:,  vhv.,  si 

ce  n'est  qu'il  fait  plus  de  bruit  avec  son  ^h  que  le  ^i^:>Lii, 

qui  n'en  a  pas.  On  trouvera  au  commencement  du  I  vol.  le 
Datîuah  une  planche  représentant  le  dawsân  ''Alî  b.  "Omar' 
er-Râ''ibî  de  la  ville  d'el-Qasâb  (et  non  du  pays  des 
''Awâliq).  On  observera  sa  peau  rougeâtre,  bien  rendue  par 
l'artiste   que  j'avais   amené  avec   moi  à  Aden.  Ce  mot  est 

particulier  du  Yéman.  On  y  dit,  selon  Glaser  qL^c^,  que  je 
ne  connais  pas,  mais  qui  est  très  probable,  vu  la  parenté 
des  thèmes  (jii^o  et  J^j^,  vhv.  Il  écrit  Peterm.  Mitteil.  1884 
Heft  5  p.  170  en  bas  TauschAn  et  il  y  dit  que  les  dausân 
font  partie  des  ahl  el-hums,  vhv.,  ce  qui  est  une  grosse 
erreur. 

Les  thèmes  (jiib>,  ,jix_^^,  [J^^^  et  j^.->^,  \J^-^^i  dh-^i 
\Ji^  et  (jo.fb  sont  proches  parents,  renfermant,  à  l'origine, 
le  même  sens  fondamental,  mais  je  ne  saurais  décider  si 
pour  les  premiers  c'est  _  >  o  ou   o  >  „ ,   car  nous  avons 

V  _50  dans   -30,  ^b,   u,   et  (j:3J>,  vhvs.    Ensuite,   o  > -b. 
Brockelmann  0. 1.  I  p.  235  en  bas,  où  il  faut  lire  tadassa. 
De   ^^jL^.j»   on   a  fait  le  dénominatif  ^J^  ^^^^  criailler, 
blasphémer^  Aden  et  Yéman. 

^'^ 

C30,  descendre,  tr.  et  intr.,  =  ^j  vhv.  et  ^^^xit,  Arabica  V 
p.  206  n.,  oi^i  exemples.  La  première  forme  cb,  c^Aj  n'est 
pas  employée;  cf.  p.  8l)4,  12  (j:^o,  Nord.—  ^^o!,  bête^  imbécile,  ib. 


884 


L?;'^ 


^b,  u,  se  dit  en  '^Omân  de  la  mer  qui  est  calme  plat. 
ojJu  j^!,  das  Meer  ist  windstill,  RO  p.  268,4.  Dans  la  lurah, 
c'est  ==  oi*=>,  =  >i)b,  mais  le  Qâm.  donne  sv.  Oi:S'j  vjiib  ^Lxx» 

=  bUv/j  Lli>  ^'  ^^•J  ^,  comme  nous  disons  ?e  marché  est 
très  calme.  Dans  notre  dialecte,  ce  verbe  a  un  sens  tout  à 
fait  contraire:  1°  criailler,  faire  du  vacarme  en  parlant. 
C'est  peut-être  là  un  sens  primaire  et  celui  de  la  lurah,  être 
insensé,  imbécile^  offrirait  la  même  sémantique  que  son  syno- 
nyme vulgaire  iJ^oUd,  étourdi,  d^3^^  étourdir  <  faire  du  bruit, 
voir  sub  ji^o  et  Jj^yh.  C'est  sans  doute  ici  un  composé  de 
V~^^  et  V~^J>,  vhvs.  2°  faire  un  tour,  faire  une  prome- 
nade; cf.  .b,  u. 

^^c>,  calme  plat,  RO  p.  41,  3  d'en  bas. 
iCJjjO,   criaillerie,  vacarme,  Dt.,  =  ii-J^,  vhv.;  loudtalking, 
Stace  p.  102  et  p.  170;  cf.  ic^^o,  vhv.  —  To2ir,  promenade, 
pi.  o'ïjo,  Stace  p.  216. 

Sa,  u,  en  mehri,  frotter,  BM  II  p.  69,  IV  p.  57;  cf.  dUo, 

A^c>,  briser,  co,  oo,  iîjo,  (j/.b,  u,  p.  881,  6,  i^»,o  vhvs.,  et 
l'akkad.  dâku,  casser,  broyer;  tuer,  et  "11,  broyer  fin. 
mehri  dâk,  mourir,  Hein  SAE  IX  p.  27,9,  oîi  le  mehri 
.  d  é  k  est  rendu  en  arabe  par  d  à  k  ;  l'assyr.  dâku,  tuer.  Cf. 
l'argot  claquer  =  mourir. 

^3!o,  u,  devenir  ou  être  vieux,  hommes  et  choses,  1022;  1374, 
=  y^,    1373,  10.   LA  XIII  p.  267,5  d'en  bas:  v:»JJt  j^ 

i^Jb  (^1.  Ce  sens  est  donc  classique,  mais  un  ^j^  pour  être 

JwjjO   n'a   pas   pour  cela   besoin   ù.'être  déchiré  et  usé,  ^J^- 

RD   Gl.  sv.    Cf.  J-^o,  vhv.,  et  o^  vhv.   ^kJ\  L^yi  iL*.-^'! 


885 

J.30V.  o^A«"b5!5  v_^l2iL;u  J^lXj  (j:2xj"b5!  ^^^  u^^î^j'^,  l(^  couleur  de  la 
tente  est  noire  et  blmiche,  mais  la  couleur  hlmiche  devient 
vieille  (=  l'étoffe  blanche)  et  se  déchire,  tandis  que  la  couleur 

noire  dure,  20,  5.  «y^XJ!  c>Jb  "^j,  lorsque  le  toit  plat  de  la 
tente  devient  vieux  et  râpé,  583  en  bas.  J^Aj  ^<jsj^\  ^\^  "^ 

^^-j:  ,<._a_j,   lorsque   le   fusil   devient   vieux,    il   devient   bon, 

Hdr.  Gl.  sv. 

Jb=yo,  1132  n.  1;  1768. 

^^^,  intens.  de  Jb,  devenir  vieux,  vieillir,  1022;  cf.  Oj^  vhv. — 

Faire  circuler  la  cafetière.  id^iAit  ^J^^.  =  q»  ,3«-\j ,  ecl-Dàhir,  v,  p. 

838.  J^o,to?tr,  Belhe.  ^•iC>,mon  tour,  1631,  =  3;^,  vhv.,  et  en 

Syrie  i^j;>^.  L  SaM  II,  11  p.  50,  17  et  20  a  ^c-^-^v  J»  là  où 

Tab.  I    p.  1814, 15  a  (^,30,  pendant  ma  vie.  ^^o  ^}^,  à  ma 

place,  pour  moi,  Dt.  =  class.  ^^  -^W»*  ZA  2,6  p.  228  n.  1 
=  Rhodokanakis  Studien  II  p.  86  et  n.  3;  la  disposition  des 
jardins   et   des    champs    pour   l'arrosage    y   décrite,   d'après 

Glaser,   est  partout  la  même.  Chaque  champ  a  son  J^o,  son 

tour  d'arrosage,  que  l'eau  provienne  d'un  J-<£,  vhv.,  ou  d'un 

i^,j-v.^.<,  noria.  C'est  ainsi  aussi  à  Saydà  en  Syrie.   L'homme 

qui  surveille  l'arrosage  est   Job  ou  J^b,  mais   le  Jo»o  est 

celui  qui   alterne  avec  un  autre  dans  ce  travail,  =  i>.A-^Ji.c. 

ZA  26  p.  224  n.  2.  —  ici^o,  expliqué  Arabica  III  pp.  62  et 
97  et  Arabica  V  p.  51  et  note.  Sur  l'évolution  sémantique 
du  mot,  voir  Mez  Abul-Kàsim  p.  VII  n.  2  et  Bittner  St. 
mehri  I  p.  40  et  41.  Bittner  ib.  IV  p.  65  énumère  le  mehri 
doûlet,  sultan,  parmi  les  mots  caractéristiques  de  cette  langue  ; 
je  ne   vois  pas  trop  pourquoi.  —  Guerre  chez  RO  p.  66,  4, 

mais  ib  p.  330.  13:  (jii=>lj  y^  l_ja1!  ii)>-^  [>-^'^  ...o^^J>  ^^aj 


886 

V-^  <^i  j>  *^3'^  r^  i>^y-  ~)  >  ^^^"  ^-U'  étaient  les  rois  des 
Arabes,  mais  à  présent  on  lève  chez  eux^  en  temps  de  guerre,  un 
contingent  de  troupes.  —  Cafetière,  pi.  o"^j>->,  =  'iio,  vhv,  ;  on  le 
dit  dans  ed-Dàhir,  v.  Index  p.  1823,  et  à  Damas.  iJ.o  n'a 
point  besoin  d'être  un  emprunt  araméen,  comme  le  croit 
Vollers  ZDMG  51  p.  325;  J^ô  est  =>o  selon  I.  Sîdah 
XVII  p.  17:  _^jOI  J,  iCjLi  J^JJî,  mais  je  crois  pourtant  que 
l/^J^o  n'a  pas  donné  K~~_^jo  ,  soit  une  métathèse,  car  ]/~_^o 
est  descendre,  voir  ici  p.  840.  —  iLi^ÂJLj,  à  tour  de  rôle, 
Dt.  =  é^îôvilj  vhv.  =  Nord  ^^JOL,  vhv. 
«i)^J[5L>  et  les  autres  mots  analogues,  383. 
JjjO,  vieux,  se  dit  surtout  des  choses,  mais  quelquefois  aussi 

des  hommes,  1374.  Jo^o  ^_^",  vêtement  vieux.  Arabica  V  p. 
168,  qui  est  alors  souvent  ^^{J,  usé  et  réipé.  Un  J.J30  ^J^ 

est  seulement  un  fusil  ancien  et  de  beaucoup  de  valeur,  p.  885,5. 
J^.^jJ!  Q^j^îj  ^6  vieux  temps,  Arabica  V  p.  239,  =  J^"b5!  j.5jJî 
1106,  2.  PI.  Jîjo.  Jt^jO!  J\,  le  temps  des  Anciens,  des  ancêtres^ 

157,  lO  =  OjÀ^i  ^Uj.  RD  Gl.  sv..  Jahn  donne  pour  le  mehri 
dewîl,  pi.  duwôl,  diwôl,  et  p.  113,7  (SAE  III)  nous 
lisons:  siyôr  u  lîbis  halôweq  diwôl,  qu'il  traduit  par; 
er  ging  hin  und  zog  scliàbige  Kleider  an,  et  au  Gl.  il  le  rend 
par  abgenutzt,  repété,  bien  entendu,  par  BM  I  p.  79:  dewîl, 
abgeniitzt,  ait,  mais  c'est  ait  >  ahgeniltzt;  id.  sh.  I  p.  57.  Je 
le  traduis  par  de  vieux  habits.  D.  H.  Mûller  SAE  IV  p. 
64,3  et  66,7  porte  incorrectement  pour  le  mehri  duwwîl, 
mais  ib.  p.  64,9  duwîl,  ce  qui  est  devenu  tuwîl  dans 
la.  bouche  de  'Abd  el-Hâdi;  ma  MJM  p.  34.  Déjà  Carter 
BBRAS  July  1847  p.  356  donne:  old  (cloth  =  arabe  j^j^xï  = 


887 

mehri  Jj^b,  dàweel  (lisez  J^-j^o,  dawîl).   Cf.  sub  oJ-i-i>, 

vêtement,  p.  635. 

icJj_IJ,  133,11;  1592;  1720:  iJ^_jAiî  uo!^;   147,17:  lùds   L 

XJ^.^!  o>-a15   UaxJl;  556,5:  i^i^.jJ!  j.Loj;  890,1:  iJ^AJ'  ]'f; 

1481,  10  d'en  bas:  ici^LXi!  oy>.  Expliqué  Hdr.  p.  577.  Snouck 
OS  Festschrift  N(31deke  considère  iJj.jo  comme  un  pluriel  de 
idjj»  et  il  le  traduit  par  die  Herrscher,  die  Herrschaften.  Je 
ne  suis  point  de  cet  avis  et  je  m'en  tiens  à  ce  que  j'ai  dit 
Hdr.  p.  577,  car  le  pluriel  de  ici^o,   dans  le  sens  de  goiwer- 

nement,  chef  du  gouvernement,  sulta?i,  est  J50.  Rhodokanakis 
Zur  Formenlehre  des  Mehri  p.  18.  —  En  mehri,  tedwilêt 

est  dignité  de  sultcm,  BM  III  p.  19,  14  =  Dt.  ^.'->. 

RP  II  p.  160  §  60  j  parle  de  ces  id^o  et  icJL^  dont  il 
analyse  la  forme.  Il  compare  horwir,  siimwil  et  bilwid, 
vhv.,  qui  sont  des  pluriels  de  y.^;>,  J^^/i  et  o^L,  comme 
''àrwis,  'ôrwis,  'àrwas  et  ''arwâs,  do  J^.^,  vhv.,  et 
qui  me  font  l'effet  de  provenir  du  dialecte  himyarite,  de 
même  que  ^J^A  ''^^y^  et  '^J^i.  Les  noms  propres  de  ^:>, 

-  o  -  -  o  - 

^,  v^j^c,  l.Idr.  p.  578,  Index  Dt.  sv.,  Maryab,  Arabica 
V  p.  22  '),  en  plein  pays  himyarite,  selon  les  Hamyar  mo- 
dernes, prouvent  que  J-oé  a  dû  être  courant  dans  ces  pays. 
—  Cf.  '1^^^  et  ifJ^Ai  vhv. 


•)  Arabica  V  p.  140: 

oii  l'on  cliaiitait  iiiarèyb,  mais  io  nom  actiiol  est  Wadi  Marîl). 
Mon  texte  porti;  lAxS  chanti»  geydin,  mais  plus  tard  on  chantait 
geydèyn,  car  «autrement  il  n'y  a  pas  de  mesnre",  me  dit-on. 


^_^3,  Hdr.  p.  577,  3  d'en  bas,  est  la  nisbah  de  iJ^o. 

J^jjsj',  avec  J^,   procéder  arbitrairement^   Hdr.   ib.   J'ai   dit 

Hdr.  p.  578,  3  que  la  forme  Joçj  ou  J^  <  Job  n'est  fré- 
quente que  dans  le  Sud.  Cela  est  une  erreur  à  laquelle  je 
donne  moi-même  un  démenti  dans  la  note  2  ib.  Les  ^%^ 
et  J^y  se  trouvent  également  en   éthiop.,   en  hébr.  et  en 

araméen.   V.   Hdr.   p.  374.   (_^w_A_fj',   devenir  pratique  Dt.  ; 

J^i.j",    accorder  des   bienfaits  à,    RO   §   851,   où   d'autres 

exemples;  Jo^  =  ;}>t-b;  ^s;  u"^>>5  regarder;  ^yf  =  v^î 

v_j'yo  =^  Hdr.  p.  496,  oîi  d'autres  exemples;  J.^^^*,  blaguer, 

DU;  tixL?  =  jlb,  Syrie;  ^^\^  =  (j*^,  Dozy  sv.  et  Ruzicka 

■  0.1.  p.  44;  vJJl^,  couper  le  oîJ^,  Musil  o.  1.  p.  445,  <  os-b»; 

■Jil^,   dire  des  blagues,  Syrie,  <  ojîi  ;   ^^^^  piquer,  briller, 

Syrie,  <pi^,  cf.  ^o\i.  RO  §389  et  §390  donne  d'autres  exem- 
ples de  JjtAî  et  J.»:^',  qu'il  considère  à  tort  comme  des  formes 

collatérales  de  ^}^Ai.  Brockelmann  o.  1.  I  p.  514  traite  de  ces 
verbes  qu'il  envisage  comme  provenant  d'un  nom  à  voyelle 
longue  dans  la  première  syllabe.  Ce  serait  donc  des  dénomi- 
natifs d'après  lui.  Il  y  en  a  certainement  des  dénominatifs, 
mais  non   pas   tous.   Ce   sont  pour  la  plupart,  d'après  moi, 

des  ^  >  J.cy  et  Jjt^.  Le  savant  linguiste  reconnaît  lui- 
même  ib.  p.  512  n.  1,  à  propos  de  c^ot^,  J^.o  et  ^L  que 
je  pourrais  bien  avoir  raison.  Rhodokanakis,  à  ce  que  j'ai 
pu  comprendre,  s'occupe  de  cette  question. 

iJ^uX.^,  gouverne,  gouvernement,  Dt.   1592,  8  d'en  bas. 

j.b,  u,  dépiquer  le  blé  avec  les  baqar,  1695  u.  Le  verbe 
s'applique   aussi   bien  à  l'homme   qu'aux  bêtes,  1780,9.  Je 


889 

demandai  pourquoi  ou  appelle  ce  travail  ^o,  et  l'on  me 
répondit:    r-^^^  3.  o^53*-V.   '^■^^'  ^^^^^i  pni^ce  que   les   baqar 

tournent  sur  raire;  d'aucuns  disaient  (^^•l\j,  yidùwirùyn, 
pour  désigner  la  pluralité  ou  l'itération. 

J.50,  Vactmi  de  dépiquer,  et  aussi  le  blé  ainsi  dépiqué^  1695  n. 

iC-<'_jO,  dépiquage,  1695  n.  ;  1780,10;  prononcé  dtiwâmah 
ou  d  ù  ^  a  m  ah  et  d  a  w  a  m  a  h  en  Dt. 

pl^o,  >  j.!50,  dûwâm,  d'après  343,  comme  en  babyl,  Del. 
Gr.  §  40,  dépiqueur,  batteur  de  blé,  1695, 2  et  note,  et 
aussi  la  bête  qui  dépique,  alors  au  pluriel  oU)'^-^,  1695  note, 
=  Syrie  oL-t^o. 

On  dépique  avec  des  bêtes,  liées  ensemble,  qu'on  fait  mar- 
cher en  cercle  sur  le  blé  et  qui  le  piétinent  pour  en  faire  sortir 
les  grains.  Ce  verbe  est,  dans  ce  sens,  d'un  grand  intérêt. 

Durer,  rester,  se  conserver.  oi-=?>^!  ^  (jv-*-*-  n"^-^-  rr*-^-^' 

^j^  ^..  L«,  le  beurre  cuit  reste  ou  se  conserve  des  années  dans 

la  calebasse  et  tie  se  gâte  pas,  63,  2  =  ^^^Lj!,  65,  12  vhv. , 
^b  a   donc  deux   sens   contraires,   touryier  et   durer,   voilà 
pourquoi  Abu  Bakr  el-Anbârî,  dans  son  K.  el-Addâd  p.  53, 

=  LA  XV  p.  105,6  d'en  bas,  dit  que  c'est  un  3^^  et,  dans 
le  premier  sens,  il  l'explique  par  ^ilj^"  et  .b.  Notre  verbe 
datînois  a  effectivement  le  sens  primaire  de  .b,  u,  dont  il 
n'est  qu'une  variation  consonantique,  mais  je  suppose  que 
c'est  en  passant  par  Jb,  u:  ^^o  >  J^o  >  j.jO,  car  le  passage 
direct  du  r  à  m  me  paraît  moins  probable.  —  On  n'a  qu'à 
lire  LA  et  Lane  pour  se  persuader  que  j.b,  u,  est  origi- 
nairement to^</-wer,  surtout  son  intensif  -«o  =.30,  comme 
aussi  j.L=>,  u,  vhv..  Une  tpupie  est  iuS^o;  le  vin  fait  tourner 
la  tête  ^Jy.l\  j.3l\.j,  'Alqamah  XIII  v.  39  =  Lammens  Ber- 


890 

ceau  p.  84,  où  la  traduction  est  erronée;  le  buveur  en 
.^Ju  et  a  des  vertiges^  j.Uo  =  y.j>,  LA  XV  p.  107,4;  le 
soleil  ^^Aj"  =  .^^\-j',  tourne;  un  oiseau  j.^l\j  =  .^A-j,  voltige 
dans  l'air,  I.  Qot.  p.  340,  17:  on  bL*'w»rJî  j.^^a_j  =  Jv==-  LJ'^A.j 

Lj-îJî,  ^e  roide  autour  de  la  tête;  Nihâyah  sv.,  etc.  La  pre- 
mière forme  j.b  est  rare,  à  en  juger  d'après  les  dictionnaires 
arabes,  mais  les  dialectes  l'ont  conservée.  Cf.  (j:^^,  LA  XV 
p.  105,  11  et  p.  106,  2:  ib.  XVIII  p.  308,  3  ss.,  où  il  y  a  la 
différence  entre  ^*ô  et  (j:^o,  copié  par  TAX  p.  134  en  haut. 
Le  sens  de  durer  se  retrouve  peut-être  dans  le  néo-hébreu 
DD"l,  cf.  DU,  se  taire^  se  tenir  tranquille,  et  l'araméen  |"n,  conti- 
mter,que  Socin  compare  à  l'égyptien  (^b,  ^^^x^,,  faire  quelque 
chose  sans  cesse,  sur  lesquels  voyez  Ges.-Buhl  svs.  îlletûf^l. 
Je  crois  qu'on  pourra  facilement  ramener  le  sens  à  -b,  tourner. 
Le  temps  évolue  et  roide  en  avant.  A  l'origine,  on  se  sera 
figuré  la  durée  comme  une  rotcdion  continuelle,  conception 
naturelle  dans  un  temps  où  les  observations  astrales  jouaient 
un  si  grand  rôle.  C'est  ainsi  que  ]/~J.;^,  =  V~^y>',  a  donné 
J-o-,  ^^3  génération,  laps  de  temps,  proprem.  cercle,  qui  7'oide 
toujours  et  continue,  évolution,  ^ous  aurions  donc  dans  notre 
dialectal  j.b,  tourner,  le  sens  primordial.  jJLcl  iJJîj. 
J.30,   coll.  prononcé  dûm  et  dôm,  rendu  par  les  Arabes  par 

la  graphie  j.o,  qui  n'est  jamais  prononcé  daum,  avec  diph- 
tongue,  qu'en  Egypte,  Hdr.  p.  280,  fruit  du  jujubier,  uJlc, 

o  o   -  , 

Zizyphus  Spina  Chrisii,  vhv.,  =  ,l\-w  =  J^w^i  vhvs.,  1284, 10 

d'en  bas;  1749,  11.  Ce  n'est  pas  dans  le  Sud  le  palmier 
dûm,  Hijphaene  thebaïca,  qui  se  trouve  sur  tout  le  littoral 
du  pays  des  Fadli,  jusqu'au  delà  de  ôebal  el-'Areys,  à  l'état 
spontané,   mais  qui  n"y  fructifie  pas.  Le  fruit  de  Hyphaene 


891 

thebaïca  s'appelle  ^3^i-i,  LA  XV  p.  108,  10,  tandis  que  j.^>3, 

coll.,  n.  unit.  :<.^^3,  est  l'arbre  même  dans  la  lurah;  Nihâyah 
Il  p.  36  sv.;  LA  1.1.,  ib.  XIV  p.  150,4;  Hdr.  p.  279  et  n. 
1  et  p.  344.  En  mehri,  d  admet,  d  où  m  et,  dômît,  n. 
unit.,  qui  est  traduit  par  palmier  dôm,  Jahn  SAE  III  p. 
178,  Bittner  St.  mehri  I  p.  32  n.  et  p.  119.  Si  c'est  là  un 
emprunt  à  l'arabe,  le  nom  a  été  appliqué  à  Hypliaene  The- 
baïca.  Forskâl  donne  dû  m,  Borassus  flabellifonnis  L.. 
Schweinfurth  Arab.  Pflanzennamen  p  93,  et  ib.  p.  166, 
dûm  est  Hypiiaetie  T/j.  =  De  fiers  Voyage  au  Yéman  p.  224. 

^*,ô,  toujours,  encore,  sans  le  tanwîn  dans  les  dialectes 
de  Dt.  et  de  Hdr.,  mais  dans  le  Nord  dôm  in,  Socin  Diw. 
Gl.  sv.,  où  renvois.  RO  p.  26,16  d'en  bas;  ib.  p,  115,8 
d'en  bas:  dômo  yùkdub  ""alîy,  il  me  trompe  iouj ours  par 
des  mensonges,  ce  que  les  Hadr.  et  les  Datînois  rendaient 
par  dôbuh,  dt.  dôbah,  vhv.;  ib.  §  178:  dômo  mitkeb- 
bor  "ayi,  il  est  toujours  Jiautain  envers  moi  =  Mr.  et  dt. : 
dôbuh(-ah)  mitkebbir  'ali'.  On  dit  aussi  en  Dt.  et  en  Hdr. 
j*jb,  également  sans  le  tanwîn,  =  Nord  L^jb,  mais  là  aussi 

j.jj>  jv-jb,   constamment,  =  Afrique  Up,  Hartmann  LLW  p. 

170.   Le  Ub  devant  un  verbe,  Bâsim  p.  102,  11. 
-b  L,  tant  que,  1200;  cf.  JU   L,  vhv. 

iwflÇo,  toupie,  Dt.  =  b.i^j>  Dt.  RO  p.  6  n°  17  écrit  duwâme; 
les  Datînois  prononcent  plus  correctement  dùwâmeh.  Il 
est  fort  intéressant  de  constater  que  les  dictionnaires  de  la 
lurah  ont  ici  enregistré  la  prononciation  courante  du  peu- 
ple qui  dit  dùwâmah  et  dùwârah,<  m\^^  et  'àj*,^,  par 
l'attraction  du  w:  Mutalammis  p.  53  v.  4.  Voir  môme  pro- 
nonciation sub  ^uj>  et  j.[50.  Elle  est  ainsi  appelée  parce 
qu'elle  j.5c\i"  =  ^J»^'.  Cf.  Almkvist  Kleino  Beitrâge  p.  433, 
où  il  faut  lire  ^y.,  et  Marçais  TAT  p.  371. 


892 

Q^o,  peut-être,  478;  483  et  avec  les  pronoms  suffixes  ib., 
précédé  de  la,  ib.,  qui  ne  me  paraît  pas  être  la  négation, 
mais  le  1  à  m  affirraatif  dans  une  demande  rhétorique  néga- 
tive à  laquelle  on  s'attend  à  une  affirmation.  Cf.  ^^o  p.  853. 
Daunah  Marzaq  à  g  a,  M.  serait-il  venu?  T){.  .x^J  L  -yJ! 
l\_:>  A.;yoJLj  (LjJjJi  ^)   'j*^  Js^IàJI  qI— Co,  aujoitrd'Jmi  nous 

irons  à  un  endroit,  peut-être  attraperons-nous  quelqu'un, 
1515,2  d'en  bas.  On  dit  dauna,  au  lieu  de  daunena, 
par  haplologie,  483  n.  1.  Jamais  on  ne  prononce  dùn  avec 
lequel  daun  doit  bien  avoir  une  communauté  étymologique. 

Q»>->,  et  son  diminutif  q-j_5^,  vhv.,  presque,  être  près  de, 
Hdr.,  Dt.  et  ^Omân,  les  deux  avec  un  parfait  suivant.  D  û  n 
kunt  erraq  fil-mâ''  j'allais  presque  me  noyer  dans  Veau, 
Dt.  Duwên  istàwet  bàla  beynena,  to  guerre  était  bien 
près  d'éclater  entre  nous,  Dt.  Cf.  RO  §  428.  La  V~f^^^^  est 
sans  doute  une  métathèse  de  V~jjc>,  être  près  de,  vhv. 

En  mehri,  il  y  a  une  particule  m  déni,  mdénï,  mdêni, 
madéni  ou  mdôni,  ecce,  aussi  avec  les  suffixes,  Bittner 
St.  mehri  IV  p.  37,  dont  l'étymologie  m'échappe,  mais  qui 
paraît  correspondre  au  Ja^  dofàrite,  voir  p.  951. 
j^3->,  avec  les  pronoms  suffixes,  ^coî  ^_^wj  eU^o,  voilà  (i  toi  la 
jument  de  mon  père,  533,  10  d'en  bas.  Très  courant  dans  ce 
sens  de  voilà  chez  les  Bédouins  de  la  Syrie.  —  qjV)  duwên, 
voir  plus  haut,  est  aussi  en  Dt.  et  en  Hdr,  presque,  être 
sur  le  point  de.  RO  §  428,  où  les  mêmes  phrases  sont  aussi 
bonnes  dans  les  dialectes  de  Dt.  et  de  Hdr.,  et  on  lira  ce 
que  je  dis  de  dùb  et  dôm,  vhvs.  —  «yo  v^y  '-*-J  u^.3^) 
viens  donc  ici  afin  que  nous  montions  ensemble,  Dt.,  ma  Fest- 


898 

gabe   p.    14,  15.   Partout   courant  dans  le  Sud.   iA-i^*ô,   ed- 

Dâhir,  me  fut  expliqué  par  i'-^-J'?  mot  qui  n'est  pas  très 
employé  dans  le  Sud. 

(_C5J>,  i,  faire  un  bruit  sourd,  1333  =:„b,  u,  vhv,  ^.^.vjf  ib> 

3  O 

j»>5ruvj^  l55^  >  ^e  torrent  vint  bruissant  et  murmurmit^  39, 
5,6;  761,3  =  881,1;  expliqué  879  et  ss.,  oîi  de  nombreux 
exemples.  Onomatopée,  881, 4  d'en  bas.  —  ^^o^.  s^^î,  les 
abeilles  bourdonnent,  1462,  n.  1  =  ^y  vhv.  ^^yi^^^.  (J^aaoU!, 
mes  intestins  grouillent^  Dt.  =^j^!l)u,  Dt.  881,  4.  j^j^Ju  ^ISol, 

Zes  oreilles  me  tititent,  Dt.,  comme  la  phrase  chez  Lane  sv.  (j:^3 . 
,  (J>|iAj  j:s^î,  la  mer  fait  du  bruit,  elle  bruit,  comme  chez 
RD  I  p.  31,  16:  el-bahryidwi  wâna  mitilah  duwéyt, 
d'après  la  juste  correction  de  l'auteur  Gl.  sv.  ;  le  chant  don- 
nerait:   el-bahrë    yid-wi    wâ-nâ-mit-lah   dû-weyt 

(__w_  I  __w_  I ^^  ^^  mer  gronde,  et  moi,  j'ai  grondé  comme 

elle;  avec  la  périphrase:  (j:jl\j  =  „Uj  et  la  variante  yi- 
dùyyi  =  ^=3l\j;  cf.  J^!  Jc3,  Dt.  880,  4;  duweyt  me  pa- 
raît ici  être  d  û  w  e  y  t  <  o^j^o  >  o^j^o  .  Meissner  N  A  G I 
p.  122:  (^5<3,  (j:5l\j,  tônen  (von  allen  Geràuschen  z.  B.  vom 
Summen  der  Insekten,  wie  Getôse  des  Donners),  donc  bour- 
donner,  gronder.  C'est  ainsi  dans  toute  l'Arabie,  au  Levant 

et  ep  Afrique.  LojJî  c^Jl^  ^]  y'Ls  _^  %  j*_jLi  ^\j^  b  ^ 

(^*,OsX^  "i]^  i^yi*^  >    (out  ceci  se  passait  pendant  que   Bâsiyyi 

dormait;  il  yie  se  souciait  pas,  lui,  si  Vunivers  s'écroulait  ou 
bien  grondait,  Basim  p.  23,8;  ib.  p.  79,12:  (j=3)iA-j.  Jj-j  Ji 
LjJx ,  et  ne  cessa,  de  tempêter  contre  elle.  Spiro  Vocab.  sv.  : 
(^►o ,  (js^lXj,   to  buzz,  resound.  Dozy  sv..  Beaussier  sv.,  ba- 


894 

varder,  babiller,  caqueter,  causer,  etc.  A  Casablanca,  i^»,'^, 
i,  est  le  verbe  courant  pour  parler,  K  M  G  pp.  32,  2  ;  38,  4 
d'en  bas  et  passim.  Tous  les  mots  se  rapportant  au  parler 
ou  au  chant  proviennent  d'une  onomatopée.  En  ^Omân, 
battre,  RO  §  372  et  p.  241,  10:  sûf  el-habît  gâni  mog- 
fi  udewâni,  voir  le  gredin,  il  me  vint  par  derrière  et  me 

battit  (où  ^jS>^  ne  vient  pas  de  UJî  ^ ,  mais  du  verbe  ^jsii\ 
vhv.).  Les  lexiques  indigènes  n'ont  que  la  Ile  forme  dans  ce 
sens  de  faire  un  bruit  sourd,  801,  mais  (^î^,  qui  est  l'in- 
finitif régulier,  Jyjé  ,  des  verbes  se  rapportant  au  son,  prouve 

que  la  le  forme  a  dû  exister. 

Dans  le  Nord,  (jr^o  est  fier,  =  s'en  aller  vite;  descendre  en  bas 
=  c^o,  Nord,  V.  p.  883;  faire  irruption  sur  l'ennemi,  selon  Socin 
Diw.Gl.sv.,  ce  qui  est  presque  le  sens  donné  par  les  dictionnaires 

à  la  Ile  forme  du  verbe,  =  j^j»,  et  qui  coïncide  avec  l'algérien 
fuir,  Beaussier  sv.  ;  cf.  aussi  i^^^^  vhv.  Lorsqu'on  sait  que 
tout  se  fait  en  criaillant,  avec  force  vacarme,  en  Orient,  on 
comprend  que  ^^o  ait  pu  prendre  ce  sens  secondaire  ;  cf.  sub 
^,  Ji^j,  %^,  et  Diw.  Qays  b.  el-Hatîm  N°  17  d.l. 

(^^o,  intens.  de  t^-^,  avec  les  sens  ci-dessus,  881.  Sibâhsv.  ; 
Nihâyah  sv.  ;  LA  XVIII  p.  307  en  bas  ;  I  Sîdah  VII  p.  78,  9, 
d'en  bas:  C^o  s-jA-J  >.l>x,-*  ioi  J^^^àJ!  (jz^j»  =  Qàm.  sv.  — 
Dans  la  lurah,  il  a  aussi  un  autre  sens,  tourner  autour,  to  go 
round  about,  rôder,  voltiger,  I.  Qot.,  p.  340, 18;  Sihâh,  Asâs, 
el-Fâ=iq  I  p.  205  et  LA.  Le  Sihâh  dit:  U/  o^Ji^  ^  .^Ji>Jf^5J 

xitjlb  j.  J^  b!  ^U.*Ji  J.  yU2.\\  J.30  JLflj;  cf.  I.  Qot.  1.1.,  =  Asâs  sv. 

et  L  A  p.  308,  5,  qui  cite  el-(jiauharî,  d'après  lequel  ^^0  et  j.»^ 
sont  synonymes  avec  lesensde  JL>,  u;  voir  subj.b,  u.  Nous 
avons  donc  dans  les  verbes  synonymes  Jo ,  vhv.,  ^b ,  u,  j.b, 
u,  et  ^cjo,  i,  la  racine  3J  vhv.  qui  a  pris  deux  sens:  faire  du 


895 

bruit  et  tourner  ;  le  premier  me  paraît  précéder  le  second.  Le 
vent  en  tournant  siffle.  ,a^J'^  ^cjo  est  le  biiiit  que  fait  le  vent 

lorsqu'il  tourne,  ^.'=•-5'^-'  ^^"^  ^'^^^'*  ^j^'  Lf3^  Gst  une  mur- 
mure, comme  le  y<^j..\\  ^*,c>,  le  bourde nnemetit  des  abeilles. 
On  comprend  pourquoi  le  désert  a  reçu  le  nom  de  31ÂJ!, 
,j:^tXJ!,  Xj^ÎiAJI  et  iu^ÎLXit,  le  bruissant,  Lyall  ^Abîd  p.  14,  à  cause 
des  bruits  qu'on  y  entend  ou  croyaity  entendre;  cf.  subv.ÀXS'. 

^jb,  grouiller,  intestins,  =  ij:30 ,  881,5. 

^jlX3!,  tomber,  RO  §  377  =  ^LL. 

^^b,    qui  fait  du  bruit  (mer,  plage),  409,7  d'en  bas.  ,^\jS\ 

(^^ÎlXJI,   das  brausende  Meer,   881,3.   —  Désert,  881  n.  = 

io^b,   ib.  —   ^cjo,  bruit,  880  =  ^cJ  ib.  I.  Sîdah  II,  132,  2.— 

Bourdonnement,  879,4  d'en  bas.   —   Tumulte,   1261,7. 

'i>J.*,S^  détonation,  880,5;  aussi  'Oman  RO  p.  42,5:  dauye. 

tjO  ou  iîjo ,  poudre  à  fusil,  à  canon,  437  n.  2  et  438  n.; 
468,7;  1719,  10  =  Dt.  et  lîdr.  o^^L.  vhv.  ^Omân  daue  RO 
p.  277,13  d'en  bas;  ib.  p.  423  N°  XY ;  ib.  p.  382,2  mais 
ib.  1.  6  03JL..  Socin  Diw.  Gl.  sv.;  Vollers,  ZDMG  49  p.  511 
y  voit  la  même  transition  sémasiologique  que  dans  notre 
poudre.   11  veut  probablement  dire  poudre  =  médicament, 

i!jo  =  ,^jj',  1461,  3.  C'est  là  un  jeu  de  mots  que  les  Bédouins 
font  aussi,  mais  je  crois  que  î^o,  ^î^o,  poudre,  est  à  com- 
liiner  avec  (ji^ô,  faire  un  bruit,  une  détonation,  io^o  vhv.— 
aîjo,  encrier,  se  dit  à  Aden  >  syr.  iut^i^,  mais  notre  dialecte 

-  o  - 

a  pour  cela  3^:5^  vhv.  Le  mot  b'^j  doit  Otre  le  même  que  l'hébreu 
t^l,  eywre,  qui  est  d'origine  égyptienne,  d'après  les  savants, 
de  même  que  npp. ,  encrier. 


896 

jjî^tiA-*,  médecin,  1461,2;  Hdr.  Gl.  sv.,  =  ■,.;,<*Jj  vhv.  =  o, !c, 
"Olah  et  Beyhân,  vhv. 

850,  coUect.,  effets,  objets,  ustensiles  de  la  maison,  1694,  11 

Dt.  =  ijiJJ  vhv.  a^-fû-Sî  a^^,   les  ustensiles  pour  faire  le  café, 

57,  10.  ^i>^xi!  53O,  les  effets  et  ustensiles  de  la  maiso7i,  833 
=  Mésop.  u>>.A_J'  3,''^',  Meissner  NAGI  p.  122.  L'étymologie 
de  ce  mot,  très  courant  dans  le  Sud,  me  fut  longtemps 
obscure,   mais  à  présent  j'en   propose   deux.   C'est  ou  une 

variation  phonétique  du  classique  s>i,  qui  veut  dire  la  même 

chose.   LA  XVIII  p.  137,  12:  ^y^]  j±à  ^c^ii!  : Sf-^^  o^' 

^_^3  »j.^3  l5>^3  '^^  ^V^  'i^  Lij'^^'i;  Qâm.,  TA  et  Lane  sv. 

Le   t   aurait  alors  passé  à  t,  comme  ^cy  >  ^«y,   selon  TA 

X   p.  64,23,   et   ensuite  s^o;  ou  bien  la  racine  est  30!,  qui 

a  donné  «loS,  même  sens  que  notre  «jo,  et  qui  serait  devenu 

s^b),   Lane  shv.,    et   ensuite   55o!>b;jO,   avec  chute  de   l'u 

initial,  comme  5>ji  et  8j.i>î,  vhv.  Cf.  ^J,  LA  XIII  p.  68, 11 

que  Lane,  sv.  sbt^  a  mal  expliqué,  et  le  nordarabique  (^o^, 
2)etit  mortier  pour  piler  les  .^jr-^  vhv.  On  ne  saurait  pro- 
poser comme  origine  ^J»,  car  dans  notre  dialecte  o  est  pres- 
que toujours  prononcé  d. 

Jo>^,  mamelle  d'une  femme  mariée  950  n.  2;  1224,4  d'^n 

bas:  Jo3JI  ^^y^  .Li^aJ!  o'b3'^î,  1024,4  d'en  bas,  =  lat.  ?»a»?-- 
mam  sugere.  Hdr.  p.  110.  Carbon  p,  164.  Rabah  p.  52:  de  t. 

Musil  0.1.  p.  159,  14:  dîde,  dyûd,  Warzen,  tetins.Fl.  0^0, 
950  n.  2.  Chez  Kampffmeyer,  Materialien  etc.  p.  152  N''  69, 


I 


897 

d  i  û  d  a  pour  le  Choa  =  Rabah  p.  52  d  y  u  d  a.  —  Pis  d'une 
bête,  tétine,  trayon.  L^Joo  ^^  ^LiUi!  v^-J^>,  il  traya  la  tétine 
de  la  chamelle,  564,9;  voir  ici  p.  802,  11  d'en  bas.  Hçlr.  p. 
29,  11:  ijyiJî  iAjo,  la  tétine  de  la  vache.  Musil  o.  1.  p.  141,  11. 
Fleischer  apud  Levy  HWB  I  p.  489.  Arabica  I  p.  86. 
Ges.-Buhl  sv.  il  et  1^.  Nôldeke  Beitrâge  II  p.  121  et  s. 
Torczyner  o.  1.   I   pp.    168,   292    et    n.   8,    dont    l'approche- 

ment  avec  ,^Ai  me  paraît  juste,  mais  l'étymologie,  de  !jo, 

^^LX_J;,  humecter,  arroser,  est  bien  risquée.  ,^cu\j  =  Juj» ;  le  y 
médial  est  devenu   final.   Nôldeke  paraît   séparer  ,^A_i,  < 

G   ^ 

*Ai,  de  cXjp  >  oo,  ici  p.  700,  quoiqu'il  les  compare  dans  la  note. 
Je  crois  à  tort.  Son  argumentation  n'est  point  claire.  Les  ono- 
matopées enfantines  ba,  da,  dad,  tad,  tat,  ma,  pa  sont 
les  plus  anciennes  de  toutes  et  fort  répandues  dans  toutes 
les  langues  du  monde.  Le  français  teter,  teton,  tétine;  l'italien 
tettare,  tetta,  zizza;  l'allem.  Zitze;  l'angl.  ti.t;  le  suédois  datta, 
teter,  et  dadda,  nourrice,  dada,  etc.  proviennent  tous  de  la 
même  origine  au  début  du  langage  humain  et  ils  n'ont  cer- 
tainement pas  besoin  d'être  un  emprunt  à  l'allemand,  cf. 
Kluge  EWB  sv.  Zitze,  ce  que  avance  encore  Stappers  Dict. 
étymol.  fr.  N°  3492.  Holma,  Namen  der  Kôrperteile  p.  47, 
donne  pour  le  babyl.  dîdâ  (duel),  poitrine  de  la  femme, 
forme  collatérale  de  zîzu,  et  il  admet  également  ici  l'ori- 
gine onomatoépique.  11  rapporte  aussi  les  onomatopées  cor- 
respondantes des  langues  indogermaniques. 

L'onomatopée  latine  mamma,  maynilla,  mamelle,  ne  doit 
pas  non  plus  être  sépafée  de  mamma,  ixxi^f/.>i,  f/,xpLf/.x,  mère, 
maman,  comme  le  fait  Walde  EWB  sv.  parce  que,  selon 
lui,  le  caritatif  (mieux  onomatopée  primordiale)  mamma, 
mère,  maman,  (mamma  en  suédois)  n'aurait  pu  être  employé 
pour  les  tétines  des  cochons  et  des  chiens.  Mais  iA_jo  est 
est  bien  employé  pour  les  femmes  et  les  bêtes,  de  même 
que  "W;  voir  ici  en  haut. 

57 


S98 

c!l>,  i,  descendre,  q^^j^  S  ^.'^.  ^3  ^-^  woti,  J,  c^Jtjo,  tu 

descends  alors  dans  le  ravin  de  Habâ,  qui  descend  dans  le 
W.  éardân,  Arabica  V  p.  237,  7.  - 

5jj,  intens.  de  la  I^  et  plus  usitée,  descendre,  =  Jj,  Hdr.  et 

Dt.,  Arabica  V,  p.  206  d.  1.  et  n.  3:  J^  ^J^  ^,ô>^,^  il  descend 

du  chameau;  ib.   p.  237,  8:  j,^UJI  oji  ^^^  ^_>o  L.  Llî,  je  veux 

descendre  d'en  haut  de  l'escalier,  Dt.  Ouçs^J!  ^^  ^j,  z7  des- 
cewdzY  de  la  montagne,  Dt.  Ahmed  ^Ali  ed-Dîyêbî  a  dit: 

Xai  embrassé  le  éêh,  et  je  veux  descendre  avec  lui; 
S'il  veut  venir  entre  les  balles  de  plomb  et  la  poudre 

(V.    ^f^) 

^^\j  ^jj/juji  v_jLx^":iî,  les  ravins  ont  amené  le  torrent,  propr. 

sont  descendus  avec,  Arabica  V  p.  207  n.  =  0^3^.  ■ —  Ce 
thème  ne  se  trouve,  dans  ce  sens,  dans  aucun  dictionnaire. 

tiUp,  coq,  son  rôle  tératologique,  1808;  pi.  i^bo,  1469  n.  1; 
RO  §131:  pi.  >i)bo,  =  mehri  dikk,  pi.  hadekôh,  Bittner  St. 
mehri  I  p.  63  ;  cf.  ji  =  J^,  vhv.;  Hdr.  Gl.  p.  678;  mehrisme? 

j»jo,  chat,  Hogarîeh,  =  J.O  vhv.  —  |*-jo,  _pea?^,  <  j*jo!  vhv. 
iU-jo,  maisonnette,   986,9;   maisonnette  du  nouveau  marié, 
_^_^  iU-jp,  27,  27;  1042,  7  d'en  bas,  =  ^J/  vhv.;  pi.  ^Uo 
et  en  Hogarîeh  ^ù,  comme  iC-*-^,  pi.  cW?-=>  6t  |*-v^  vhv. 
En  Dt ,  iUjo  est  une  petite  maisonnette  basse,  construite  soit 


■  899 

en  pierres,  soit  en  boue  séchée  au  soleil,  Arabica  V  p.  70  n., 
oii  habitent  les  ra'îeh,  les  sujets  pauvres  et  les  laboureurs 
des   qabâil,  lesquels  résident  dans  des  husûn  vhv.   Chez  les 

"Awâliq,  ces  ^o  sont  appelées  v^JL:?-,  pi.  vj-^^^  vhv.    Mais 

dans  'ii>=>yi  (_o.f,  Arabica  IV  p.  53,  ce  mot  prend  un  sens 
plus   important.    Il   y  a  là  un   gros   bourg,  habité  par  les 

sâdah  avec  leurs  ra^îeh,  appelé  ^UjÂ'I',  et  le  château  du 
""âqil  des  Nisîîn,  o.  1.  p.  53,  ^Alî  b.  (jaradân,  a  le  nom 

de  iUjiAiî  ^^'^=>.  Dans  les  pays  limitrophes  à  l'est  du  Yéman, 
il  y  a  plusieurs  villages  portant  le  nom  de  Dêmah,  Ara- 
bica V  pp.  70  et  71  (=  102).  RD  I  p.  133,7  porte:  wa'an- 
dah  dîma  sîgra  mdiyyem  "alêha,  que  je  comprends 
ainsi  :  il  avait  une  dîma  qui  était  formée  par  un  arbre  sur 
lequel  il  avait  étendu  des  nattes;  il  avait  de  cette  façon  con- 
struit son  dîma.  C'est  là  le  sens,  je  crois,  de  ^^jAxi.  Ici  k^jo 

fut  paraphrasé  par  iUxi>.  Souvent,  on  dit  aussi  en  Dt.  dîma: 
ê  >  î,  comme  on  dit  h  ê  m  a  >  h  î  m  a.  On  peut  aussi  traduire 

x*jo  par  tente^  RD  1.1.  14,  car  les  huttes  faites  en  branchage 
et  nattes  des  pauvres  sont  aussi  appelées  ii-^-jo  ou,  tout 
bonnement,  avec  Rhodokanakis ,  dans  ce  sens  spécial,  par 
Schattendach,  abri  contre  le  soleil:  c'est  là  la  dêma  du 
pauvre,  dans  un  pays  oîi  il  ne  fait  jamais  froid.  RO  §  181 
donne  la  phrase:  Ibêt  wâquf  ^attemme,  das  Haus  ist 
beinahe  fertiggestellt,  la  maison  est  ijresque  finie,  et  ib.  §  258 
la  même  phrase  est:  ^âd  Ibêt  wâquf  ^addemme,  oLc 
iC«L\Jt  "Ji  oisîj  c>«.^^Jî ,  das  Haus  ist  schon  an  der  Bedachung 
{=  soweit  fertig).  Ib.  p.  270,6,  il  y  a:  ba^ado  ma  dumm 
Ibêt,  das  Haus  ist  noch  nicht  bedacht,  n'a  pas  encore  son 
toit.  Vollers  considère  ce  *o,  mettre  le  toit^  ZDMG  49,  p. 
515,7,   comme   araméen,   v.  ici  p.  843,14.    On   serait   donc 

tenté  de  rapprocher  ic^jj>  de  ^j>  et  de  iuo.  Mais  je  crois  que 


900 

dans  les  exemples  de  RO  iUJ"  =  bLxij  est  la  vraie  leçon,  du 
verbe  ^  qui  est  devenu  dans  la  dernière  phrase  du  mm  à 
cause  de  p",  i,  avec  une  forme  passive. 

En  Mésopotamie,  on  appelle  une  cabane  en  pisé  iwb,  pi, 
o'^^b,  Sachau  Aus  Euphrat  und  Tigris  p.  94.  C'est  évidem- 
ment le  même  mot  prononcé  d  a  m  a  <  d  ô  m  a.  Dans  les  pays 

équatoriaux,  j*jo  est  très  courant,  ainsi  qu'il  appert  de  l'ou- 
vrage de   Decorce  et  Gaudefroy-Demombynes,  Rabah  et  les 

Arabes  du  Chari.  Ce  mot  y  est  écrit  dem  et  dîm,  =  ^3 
et  j*jo;  le   texte  arabe  a  j*jo.  C'est  sans  doute  le  masculin 

de  iU-jJ»,  mais  il  doit  là-bas  indiquer  une  bâtisse  plus  im- 
portante, puisque  Rabah  établit  sa  résidence  tantôt  dans 
un  (*j>3,  tantôt  dans  un  autre.  Grand  nombre  de  localités 
dans  ce  pays  de  Rabah  sont  précédées  du  mot  de  m.  Ces 
dêm  étaient  sans  doute  des  postes  militaires.  Carbon  p.  209. 
donne  damm   et   metemma   pour  camp.  Est-ce  le  même 

mot  que  j»jj>?  Notre  x*jo  sudarabique  pourrait  être  un  dimi- 
nutif, cf.  sub  qO  p.  851.  L'étymologie  de  ce  mot  m'échappe, 
mais  j'en  vais  en  proposer  une,  au  risque  de  donner  un  coup 
en  l'air.  Nous  avons  vu  que  j.b,  u,  vhv.,  est  =  ^b,  u,  et  |*jo 
pourrait  alors  provenir  de  la  même  conception  qui  a  donné 

.b,  ^o  <  Jb,  b.b  et  8 jb  et  signifierait  à  l'origine  la  même 

chose  que  ^o,  sens  conservé  encore  dans  le  Waddây  pour 
une  construction  plus   importante  que  le  iU-jo  de  l'Arabie 

Méridionale.  La  forme  primaire  de  j«jj>,  iL»jj>  pourrait  être 
i*jb,  iUjb,  d'après   de    nombreuses  analogies,  voir  sub  »^-^ 

K.  ♦  *  -^  <  'iul\j>  vhv.  et  -jo,  »^o;  cf.  :£.*.^  <  ^^njUo  i),  vhv.  et 


1)  Qui  d'aprôs  moi  i)OuiTait  bien  avoir  une  tout  autre  étymologie 
que  ceUe  admise  jusqu'il  présent.  Dans  le  Sud,  .fUi,  u,  est  dominer, 
prendre  le  dessus  ^  coïnmandor. 


901 

J^a5  >  Joli",  vhv.  —  L'oasis  actuelle  d'el-Gauf,  décrite  par 
J.  Euting  Inner-Arabien  I  p.  123  et  ss.,  était  anciennement 

appelée  Jjs.^^!  iwo^o.  On  prononçait  aussi  'i^»o,  d'après  en- 
Nihâyah  II  p.  36,  5  et  Yâqùt  sv.,  mais  cela  était  reprouvé  par 
I.  Doreyd,  ce  qui  confirme  la  dite  prononciation.  L'étymo- 
logie  des  Arabes,  Yàqùt  sv.,  doit  être  écartée.  Les  auteurs 
grecs  et  latins  l'ont  aussi  avec  u:  Aovf/,ûii^ix,,  AoÙ{jlx^x,  Do- 
matha,  Euting  o.  1.  p.  123  n.  3,  comme  Kxijo.   Il  y  a  aussi 

dans  le  Le^â  un  m\j>  avec  l'épithète  LJL*i!,  <  L>JUit,  pour  le 
distinguer  d'un  autre  iL<b,  Wetzstein  Haurân  p.  25,  et  qui 
paraît  avoir  été  la  capitale  du  Legâ.  Il  y  a  des  ruines  im- 
portantes, Dussaud,  Les  Arabes  en  Syrie  p.  128.  Est-ce  qu'on 
ne  pourrait  donc  faire  état  de  cette  similitude  de  noms  pour 
établir  une  proche  parenté  entre  J^çn,  K^b,  iU-Ju>  et  j*-jo, 
désignant  à  l'origine  une  habitation  dose,  un  endroit  entouré 
d'une  muraille,  correspondant  à  ii%>,  vhv.,  prononcé  hôtah 
ou  hûtah,  Euting  o.  1.  p.  109  n.  1,  à  l'instar  de  5^30  = 
3.5O,  Musil  0.1.  I  Gl.  sv.  «^viaiî  8^30?  Notre  '»^.o  sudarabique 
aurait  alors  dégringolé  de  sa  portée  primitive.  i-V>,  mon- 
tagne, vhv.,  a  fait  la  même  dégringolade,  jusqu'à  signifier 
pierre,  et^  vhv.  est,  en  sens  inverse,  devenu  montagne 
dans  l'Afrique  équatoriale.  Cf.  Ruzicka  KD  p.  74,  qui  donne 
l'assyrien  dadmu,  au  pluriel  dadmë,  Muss-Arnolt  sv., 
demeures,  eyidroit,  localité,  d'une  racine  *dam>DOl  et  j,b, 
u,  mais  je  crois  que  c'est  là  une  autre  direction  de  la  racine 
j,30,  et  je  préfère  j.b,  u,  =^b,  u. 

Si  *j3  et  iU-jo  sont  d'origine  persane,  ce  qui  me  paraît 
peu  propable,  on  pourra  faire  de  jolis  rapprochements  d'après 
Walde,  LE  WB  sub  domus,  et  Môller  Sem.  u.  Indogerm.  §  173. 

Il  y  a  aussi  le  mot  démotique  time,  village,  qui  se  prête 
à  une  bonne  étymologie,  Fr.  Preisigke  und  W.  SpiegeJberg: 
Die  Prinz  Joachim-Ostraka  p.  25  1.  3. 


902 


^^jo,  prêter  à;  courant.  RO  p.  101,  10  d'en  bas. 

j^.lXj"  >  Q-j^r,  emprunter,  1022,  2  d'en  bas  =  ^ÎA-x^!,  RO 

p.  407  N°  110. 

^j,  dette;  courant.  Voir  I  Sîdah  XVII  p.  155  sur  ce  thème. 

iLoo,  dette  qu'on  doit  à  une  seule  personne. 

^^c>  est  aussi,  dans  toute  l'Arabie  et  les  dialectes  du  Levant, 

o    _ 

genre,  espèce,  qualité,  =  JXii.   Un  homme  de  Teymâ  me  dit, 

en  parlant  d'une  chose:  \-Ljo  (es)  iji-jj  ^j-^,  Dieu  sait  ce 

que  c'est!  Même  emploi  en  Syrie  et  en  Palestine. 
Qays  b.  el-Hatîm,  Diw.  N°  III  v.  13,  dit: 

Et  si  ce  n'était  Vaversion  pour  l'effusion  du  sang, 
L'ancien  état  des  choses  retournerait  bien  à  Yatrïb. 

Le  commentaire  explique  ^,^\  ainsi:  ^\  ^^a^]  ^Ji  ^jo  ^^ 

Nôldeke  soutient,  Beitrâge  I  p.  41  et  n.  1  et  II  p.  39  n.  1, 
que  c'est  là  de  l'arabe  pur  dans  ce  sens;  cf.  ici  sub  ^^^!y^. 

Dans  la  récente  publication  de  Zimmern,  Akkad.  Frerad- 
wôrter,  p.  23,  nous  lisons:  ,.Akk.  dênu,  dînu,  justice, 
droit,  cause  judiciaire,  d  â  n  u ,  juger,  d  a  y  y  â  n  u ,  juge  (<  peut- 
être  soum.  di):  >  probablement,  mais  alors  déjà  ancienne- 
ment, hébr.  et  aram.  dîn,  dîna,  tribunal,  justice,  cause  judi- 
ciaire, d  â  n ,  juger  ^  dayyân,  dayyâna,  juge,  m  ë  d  î  n  t  a  '), 
ville  (propr.  arrondissement  judiciaire);  de  l'aram.  >  arabe 
dîn,  éth.  ùaiB,  jugement,  arabe  dayyân,  ^w^e,  madînat'), 


1)  Je  ne  crois  pas  que  rarabe-néo-hébr.  ma  dîn  ah  vienne  de  dîna, 
qJJ>;  c'est  un  i^*5  régulier,  comme  ceux  énumérés  650  et  n.  et  'dS3Jy> 


903 

ville,  comme  le  néo-hébr.  m  ë  dîna,  —  Mais  aussi  le  pers. 
daena,  dên,  dîn,  foi,  religion  (>  arabe  dîn,  religion)  est 
peut-être  d'abord  <  akk.  dë(T)nu".  Cela  ne  concorde  pas 
précisément  avec  ce  que  Nôldeke  dit  o.  et  1.1.  ni  avec  l'ar- 
ticle de   Macdonald  dans  l'Encyclop.  de  l'Islam  sv.  dîn.  — 

Oj^  ^o,  la  religion  de  Hild,  1785. 

icjljj»,   dette,   744,2   d'en  bas;  745  n.  1.  —  Créance,  1213,7. 

Moh.  b.  (jubrân,  des  (ja^dineh,  dit  dans  une  qasîdah  à 
l'adresse  du  célèbre  poète  Dô'an: 

»\^0    Ià^O    L4    T-y^  (   LotAMj    ^-^^^       ^-^V"^    8iA-À^    UlJoLjO    »iA.a.c 

Chez  lui  (Dô'^an)   est  notre  créance  (qu'il  nous  fera  bien 
recouvrer)  et  chez  lui  ,sont  nos  blessures  (re'^ues  pour  les- 

qiielles  il  fera  payer  le  talion), 
Et   nous   saurons   attendre   avec  patience   tant  que  nous 

resterons  en  vie. 
X-jL-jLXJt  J~^î,  1616,  13,  doit  plutôt  être  les  getis  de  bonne 
religion, 

^^ 

<  ^_5J  comme  marque  du  génitif  de  la  possession,  voir  sub  \Jis>, 
p.  450.  -  Cf.  S  AE  VI  (Soqotrî)  p.  15,  1;  p.  29,  19;  p.  53,  24. 
Bittner  St.  mhr.  III  §  43  et  §  53  et  ss.;  id.  St.  sh.  II  §  26 
et  §  28.  C'est  aussi  pronom  relatif  en  soqotrî,  ib.  p.  80,  14; 
p.  104,11;   p.  110,18   et   passim.    JLjo  dont  j'ai  parlé  sub 

\Ju>  p.  452  existe  aussi  en  soqotrî,  mais  là  il  est  préposition, 
à  (direction),  vers,  chez. 


en  Algérie,  Doutté  Magie  p.  423.  Le  pluriel  q»-^  a  son  analogie  dans 
iCLw-o  pi.  Jw>Jî,  byjli*  pi.  Ji-3,  iLftxilw  pi.  v^ftilw,  vhvs.  A  moins  que 
i^.iAx  ait  été  formé  en   analogie  avec  ces  *J^^. 


904 


n'est  pas  tombé  dans  -  J-^  <  -  Jî-Lp,  407,  mais  L^  est  le 
même  démonstratif  que  dans  !3Lp.  Déjà  dans  une  inscription 
thamoudite,  on  trouve  ^[xSJ3,  ce  livre,  Littmann  Zur  Ent- 
ziff.   der  thara.   Inschr.   p.  17.  Voir  sub  ^i  et  ^^J).  Nôldeke 

Beitrâge  I  p.  13  dit  que  „la  provenance  de  S^  Ls>,  comme 
l'avait  analysé  Socin  Diw.  III  p.  93,  est  invraisemblable  à  cause 
de  hâk,  haik,  hêk,  eu  Syrie  et  en  Mésopotamie,  à  côté  de 
l'original,  é^j>[J>,  é^-^A'^,  aussi  employé".  Je  suis  étonné  de 
constater  une  telle  argumentation  de  la  part  d'un  si  grand 
maître.  Dans  hâk  >  hêk  >  heyk,  il  y  a  les  deux  démon- 
stratifs 1_5>  et  i^,  vhv.,  ainsi  accouplés  dans  les  dialectes, 
tandis  que  dans  le  classique  et  dialectal  ^^S\-S>,  il  y  a  le 
démonstratif  13  en  plus.  En  parlant  de  la  chute  de  ô  dans 
I3Lp,  Nôldeke  aurait  au  moins  dû  dire  que  b  est  tombé.  Il 
pourrait,  avec  autant  de  raison,  dire  que  !o  est  tombé  dans 
le  démonstratif  IoLp,  mais  ici  il  ne  le  dirait  pas,  vu  l'emploi 
de  !ô  =  'oLp,  447,  et  l'analogie  dalhîn  >  delhîn  avec 
has-sâ^ah. 

o  n'est  pas  non  plus  „tombé"  dans^_CLx3!,  dont  j'ai  déjà  parlé, 
p.  104.  Feghali,  p.  54  en  haut,  prétend  encore,  probablement 
sur  la  foi  de  Nôldeke,  que  „les  classiques  alladî  et  hâdâ  ont 
perdu  à  Kfar  'Abîda  leur  d  et  sont  devenus  "elle  (ou  "él)  et 
ha-".  Je  crois  avoir  prouvé  que  cette  „perte"  est  imaginaire. 

>  o,  voir   sub  y^, 

>0^,  1399.  RO  p.  10  et  p.  189:  ôd>  >  ^j:.2=>  <  ôd>] ,  pren- 
dre; j.J^>|*>c2Ï,  V.  les  dict.;  Xto<i'o,  MSOS  VI,ii  p.  120 
N°  26  et  n.  6,  mais  le  hadr.  ^,  que  Brockelmann,  o.  1.  I 
p.  128,3,  a  trouvé  0.  S.  Nôldeke  I  p.  102  n.  1  est  dakar, 
car  Snouck  transcrit  ô  par  d. 

>  L>,  ce  qui  est  plutôt  rare  dans  notre  dialecte:  delhîn,  à 
présent. 


905 

^iji:  cjo  =  cLi;,  voir  ici  shvs..    El-Asbâh   wan-nazâ''îr  de 

'Abd  er-Rahmân  el-Anbârî,  Cstpl  1302  pp.  32  et  33.  Lyall, 

Diw.   *Abîd   b.  el-Abras  Gl.  sv.  ^3\.    ^^  J!o,  i,  =  v  J^»  i» 

LA  XIII  p.  276,  11  d'en  bas. 

<  Jà,  dans  iLàJo,  vhv.,  <iLàib,  562  (dessin),  mais  je  suppose 

que  J>  est  ici  primaire. 

ô  ne  devient  pas  J,  et  \ô\  n'a  pu  donner "îil,  vhv.,  466  et  ss.; 

1192. 

pronom  relatif,  418.  Démonstratif,  447;  449  n.  2.  b  jy^^ 
dans  une  inscript,  aram. -arabe,  Lidzbarski  ZA  XXII  p.  194. 

Voir  *,ô,  ^^3,  ^o  et  L^,  vhvs.   . 

démonstratif,  447.  Le  mehri  possède  également  dâ,  dî  et 
dâk')  (dêk),  dîk,  où  le  k  n'est  pas  le  suffixe  pronominal 
de  la  Ile  personne  du  singulier,  comme  l'enseigne  Bittner 
St.  mehri  III  p.  61,  probablement  sur  la  foi  de  Brockelmann 
0. 1.  I  p.  318  et  II  p.  389  et  id.  Arab.  Gramm.  Socin*  p.  26. 
On  lira  LA  XX  p.  339.  Voir  ici  sub  e).  Avec  la  même 
raison,  ou  pourra  alors  dire  que  le  <^  dans  dVJo,  i^^^lX-S'  et 
ti)!<Àf,  RO  p.  307, 1,  est  aussi  le  pronom  personnel  suffixe, 
ce  qui  n'empêche  pas  que  ce  pronom  ne  soit  aussi  à  l'ori- 
gine le  même  adverbe  démonstratif  kà,  là-bas,  >mI),  nD3, 
que  nous  retrouvons  dans  ii)L>L_^  et,  avec  un  autre  démon- 
stratif, dUUP,  voir  sub  J.  Dans  le  Nord  et  quelques  dialectes 
hadar,  é^S  est  devenu  par  l'imâlah  dâk,   (dVji.   Muzhir  I  p. 

100  donne  sys^t  e^i  ^  ^U!  é^ô  ^\J>;  cf.  le  mehri. 
Ce   thème  est  représenté  dans  le   Sud   par  le  substantif 


1)  comme  le  syrien  heydak  >  ^bL^,  avec  imûlali. 


906 

<_^j5  ,  d  e  y  b  >  d  ê  b,  loup,  24,  1 1  ;  691  et  s.  ;  Stace  p.  189  :  icolf. 
<  ^S  >  hors  de  Dt.  v9P,  Arabica  IV  p.  19  n.  1  ;  RO  §  28: 

dîb,  loup.  PI.  vi^i,  120,  2;  401,  9  d'en  bas;  iobo,  1469  n.  1,  et 

i^Lo3<class.  qLi^o,  I.  Sîdah  VIII  p.  65  en  bas,  ou  ^L^o  LA  sv. 

w  7   7 

p.  364,2;  V.  ici  sub  c^^xj.  Mais  le  pi.  ^^jS  désigne  la  tribu  des 
Diyâb,  692,  Arabica  IV  p.  22  et  V  p.  282,  sur  lesquels 
voyez  l'intéressant  article  de  Miles  et  Munzinger  dans  JRGS 

vol.  XLI  p.  229;  comme  j.^j^',  les  Bâ  Kâzim.  ^y3t  v^o, 
le  loup  d'el-Kaur,  cri  de  ralliement  des  ''Awâliq,  152,8,  et 
d'autres  tribus  himyarites  du  Sud,  Arabica  IV  p.  18  et  ss.  ; 
Arabica   V  p.  239  s.,   voir  ici  sub  îij;c.  Ce  mot  est  devenu 

tellement  le  a^;c  caractéristique  de  ces  tribus  du  Sud,  qu'on 

demande   à  un  qabîlî:  ui^î  w«-j>3  ^^  iji!,  ou  ^-*.jo  oG'  cr», 

de  quel  «_^.o  es-tu.''  —  .j.y*s>  l_^.lJ,  1635,  11  d'en  bas.  jdc  ^.jIjJ», 

1605,  1.  —  *«ajJ>  L.  est  un  clan  de  négociants  à  Ansâb.  Le 
frère  du  sultan  Mulisin  de  "^Azzân  s'appelle  M  oh.  ed-Dêb, 
nom   que  cette  canaille  mérite  bien.   Sur  l^ô  comme  nom 

propre,   voir   Nôldeke   Beitrâge  I  p.  79.  s_^3  était  aussi  un 

nom  de  femme,  Diw.  Hodeyl.  Wellh.  p.  49,  4. 

Nôldeke,  Fùnf  Mo'all.  II  p.  78,  croit  que  le  ^^ô  de  l'Arabie  est 
le  loup-chacal,  canis  lupaster,  ce  qui  a  été  adopté  par  G.  Jacob 
Sanfarâ  St.  I  p.  38.  Il  y  dit  que  le  loup  ne  se  trouve  pas  en 
Arabie.  Hommel  l'avait  déjà  avancé,  693.  Je  crois  qu'il  y  existe, 
d'après  ce  que  j'ai  exposé  693.  Le  père  Jaussen,  Coutumes 
des  Arabes  p.  283,  raconte  qu'il  a  vu  un  loup  déchirer  sa 
proie,  et  Jaussen  sait,  je  suppose,  distinguer  un  loup  d'un 
chien  et  d'un  chacal.  Klunzinger,  Bilder  aus  Ober-Aegypten 
p.  144,  dit  que  dans  la  Haute-Egypte  le  chacal  est  appelé 
dîb.  Sur  le  rôle  que  le  loup  joue  dans  la  superstition  popu- 
laire-en  Palestine,  on  lira  le  livre  si  intéressant  de  T.  Canaan, 


907 

Aherglauhe  und  Volksmedisiîi  im  Lande  der  Bibel  pp.  31  et 
55/6.  On  croit  que  c'est  le  seul  animal  que  les  démons 
craignent.  Si  dans  certaines  contrées  on  applique  ce  mot  au 
loup  et  au  chacal,  il  ne  s'ensuit  point  que  le  loup  ne  se 
rencontre  pas  en  Arabie. 

En  mehri,  loup  est  koub,  BM  I  §  71,  oi^i  le  J  a  été  voca- 
lisé, processus  que  connaît  aussi  le  français,  Nyrop  Gr.  fr. 
I  p.  327;  en  shaurî  (=  qarawî)  kob,  Carter  p.  361,  BM  I 
p.  43  n.  oîi  kob,<'w^  sn  sh.,  est  chien  et  loup;  cf.  ib.  IV 
p.  54;  id.  St.  sh.  I  p.  17,- 1:  kob,  loup.  Mais  chienne  est  en 
mehri  kelbît,  et  il  y  a  aussi  le  sobriquet  ber  hakelêb,/5/s 
de  chiens,  id.  St.  mehri  I  p.  36  ;  aussi  arabe.  Cette  distinction  est 
assez  bizarre.  Pour  les  autres  langues  sémitiques,  voir  Ges.- 
Buhl  sv.  DiSiT,  =  vieil  égypt.  sab,  chacal,  Z AS  53  p.  84  n.  4. 

Maqrîzî  a  écrit  une  curieuse  brochure  intitulée  iLjj-kJt 
iL»-«j:$\3tJ!  oy!yi2=>  (^oU  LpA  ^^  ^^-j.yii!,  publiée  par  Noskoiji 
en  1864  sous  le  titre  De  valle  Hadramaut.  Comme  elle 
ne  doit  pas  être  à  la  portée  de  la  jeune  génération  d'ara- 
bisants, je  vais  reproduire  ce  que  Maqrîzî  dit  des  Sey^ar,  sur 
lesquels  voyez  Arabica  V  Index  sv.,  Hdr.  Index  sv.,  ma  LA 
p.  31,  Dt.  p.  161;  éams  el-^'Ulûm  p.  61.  (j^v^Js  ^  f-^-'^  (*-*^JiJt 

tiUoj   ^;l-»i3   L-jIj-^   i»;.»JULàj    '^À^    ^^Lit    lÀi-L)'»,    Jw-L-ywJ'    v^jujS^J    iLï J 

Sois  o!c  A.ij£  ^j^  L^  tj^b  jyj"  ^^  bj^  «lX;^  ^à^  iA:>yi   ^.^t 

^i!  jUiiî  ^  ^u  ^jsàj   U5    j.o!  (jrU  ^   sA=>3    ^   U^;^J5    ô^^^--'    <?-^' 

et  il  ajoute  oC-o  "il^  oy«j*i2>  S-^\  %^^  iA>Lc  j«rf^  y»^  '^^^ 

iubJt  iLiyLl!  iu  ^^ytl  UvLx)  OoL  De  Goojo  a  traduit  ce  pas- 
sage dans  son  opuscule  Hadhramaut  p.  15  et  s.  Il  attribue 
l'origine  de  cette  croyance  populaire  à  la  fréquence  des  loups 
en  Ha(Jraraaût,  Arabica  IV  p.  21.  Les  Sey'ar  sont  redoutés 


908 

dans  le  Sud,  et  le  trop  fameux  sultan  Muhsin  de  'Azzân 
m'en  a  raconté  des  belles,  161.  Mais  je  crois  que  le  nom 
des  Diyêb,  Index  sv.  p.  1815,  si  répandu  dans  le  Sud  et  le 

cri  de  ralliemerd,  'i^y^,  'i-*,-f-  ou  "a^^,  de  presque  toutes  les 
tribus  himyarites,  Arabica  IV  p.  18  et  ss.,  ont  aussi  con- 
tribué à  développer  cette  croyance.  Ce  nom,  qui  est  aussi 
un  sobriquet  assez  commun  dans  le  Sud,  prouve  aussi  que 
les  loups  étaient  fréquents  en  Arabie,  du  moins  dans  l'anti- 
quité, comme  ils  l'étaient  aussi  en  Europe  et  encore  aujourd'hui 
en  Russie  et  en  Hongrie.  Les  paisibles  et  aisés  pèlerins  de 
Hdr.  qui  ont  fourni  à  Maqrîzî  en  1435  ad  D.,  à  Mekka,  les 
données  de  son  opuscule  ont  probablement  eu  à  souffrir  de 
la  part  de  toutes  ces  tribus  si  sauvages,  en  traversant  leurs 
pays,  les  (jûwân,  vhv.,  et  ils  ont  raconté  ces  choses  extra- 
vagantes afin  de  faire  paraître  leur  pèlerinage  très  périlleux 
aux  halDitants  de  la  Ville  Sainte,  déprédateurs  eux  aussi, 
et  partant  plus  méritoire.  Les  vv*-'''  vl^^  étaient  passés  en 
proverbe,  907  n..  El-Amâlî  d'el-Qâlî,  Çêl  p.  33  porte  -i:ijp>\  ^[5 

1  i  r\  ...^  vr*-^'  o^-î^'  ^^  ^^^  ^'  ^^'^^  ^^^  loups  des  Arabes  et 
leurs  bêtes  fauves.  Cf.  n^J?  ''3NÎ  Ges.-Buhl  sv..  Qays  b.  el- 
Hâtîra,  éd.  Kowalski  N°  14  v.  10,  dit: 

^    (io^Jb>5    05L-!    (_^wLJ      SyiJLj    (_v.^^'  Jl>^  |^'  ^ 

Lorsque  vous  rencotitrez  les  hommes  d'el-A'us,  vous  trouverez 

(en  eux) 
Un  habillement  de  serpents  noirs  et  des  peaux  de  guépards. 

Nôldeke  Fûnf  Mo'all.  I  p.  4  anm.  8:  ^^ll't  ^^\^^,  expliqué 
par  ils  devieyment  sauvages  (dans  la  mêlée).  Aus  b.  Hagar, 
éd.   Geyer  XVI,  4   et  ,Hidâs  b.   Zoheyr,   éamh.   M.   b.   el- 

Hattâb  p.  108:  ,-*->LJt^  o^L-'^i  ^\Jb-  'ui  Lu^J.    Cela  ne  doit 


33 
')  Il  vaut  mieux  lire  *->^-i->    (se  (_,v.LaJ)  et  traduire  de  peaux  de 

guépards. 


909 

pas,  bien  entendu,  être  pris  à  la  lettre,  puisque  plusieurs 
noms  de, bêtes,  d'oiseaux  de  proie  et  de  serpents  s'emploient, 
dans  un  sens  tropique,  pour  désigner  un  brave  guerrier, 
1239,  1240,  tels  que  ^J«^■,  ^Jj^j,  jy,  v'-^?  \J^i  /»  -^j 
J^-cj  et  ^Li-jt»,  yiu^.,  yfr^,  y^,  etc.,  voir  Gl.  shvs.  et  cf. 
aussi  sub  ^>Iu,  x»^,  j^^.et  s^.  Les  citadins  arabes  se  ser- 
vaient également  de  ces  expressions  de  bravoure  ou  plutôt 
de  bravade.  Ils  étaient,  en  outre,  en  contact  avec  les  tri- 
bus bédouines  qui  portaient  des  noms  d'animaux.  Il  n'est 
donc  pas  étonnant  que  ces  noms  aient  donné  lieu  à  des 
légendes  dont  les   pèlerins    se    sont   emparés,    les    croyant 

vraies  ou  fausses.   Cf.  J^y  1  >-^>3  =  ^ JJI  ^j^  ^^.  LA  sv. 

Cette  croyance  aux  hommes  se  convertissant  en  loups 
était  du  reste  courante  un  peu  partout  dans  l'ancien  temps 
de  „rignorance"'  européenne.  En  Scandinavie,  ou  croyait  que 
les  Berserker,  guerriers  du  Nord,  étaient,  pendant  la  bataille, 
pris  d'une  fureur  sauvage,  exactement  comme  l'arabe  ilyâma 

o 

gètu  el-hôse  ebrâsu,  ^*s.!y  'i^j,^\  iuiL>  li,  904  et  n.  4, 
=  ma  LB'A  p.  80,9  et  cela  sans  avoir  été  enivrés  d'alcool 
comme"  dans  la  boucherie  actuelle!  Le  nom  des  Berserker 
vient  de  ce  qu'ils  portaient  un  peau  d'ours,  heri^  Bar,  Falk- 
Torp  NDEWB  p.  70.  Ils  étaient  aussi  appelés  XJlfheânar. 
Plus  tard,  on  croyait  qu'ils  avaient  le  pouvoir  de  se  changer 
en  ours.  Le  mot  varulv,  allem.  Werwolf,  si  courant  encore 
dans  les  pays  germano-scandinaves,  a  la  même  origine, 
Falk-Torp  p.  1355,  E.  H.  Meyer  Mythol.  der  Germanen  p. 
83  et  p.  479.  Il  est  devenu  le  français  tautologique  loup- 
garou.  Les  Grecs  connaissent  une  maladie  mentale  spéciale 
de  KujcxyôpcoTrix,  la  hjcanthropie,  qui  faisait  croire  au  malade 
qu'il  était  changé  'en  loup.  Les  Bédouins  du  Nord  disent 
d'une  personne  enrouée  jusq'à  extinction  de  voix  ou  de  qui 
a  la  coqueluche,  qu'elle  est  v^jÀxi,  enlouvée,  avec  lequel  on 
comparera   le  sens   du   verbe   ^^,   vhv.    Cette   bête   était 


910 

probablement  bien  plus  commun  dans  l'antiquité  orientale 
et  européenne  et  partant  la  plus  redoutée,  et  de  là  sont 
nées  les  innombrables  légendes  qui  y  ont  trait. 

Le  mot  dîb  est  donné,  comme  nous  venons  de  voir,  éga- 
lement aux  personnes,  soit  comme  sobriquet,  soit  comme 
nom  de  tribu  ou  de  famille.  En  Europe,  il  entre  dans  les 
noms  propres,  tels  que  Wolfram,  Rudolphe  =  ^^-^!  v*^^'? 
Adolphe  <  Atha-ulf  ou  Adal-olf  =  ^.yiJ!  w*JJJ'.  Toute  une 
foule  de  familles  portent  encore,  dans  les  pays  germaniques 
et  Scandinaves  le  nom  de  Wolf,  Wulf,  qui  était  sans  doute, 
à  l'origine,  un  sobriquet.-  En  Hongrie,  farkas.  loup,  est  un 
nom  de  famille  très  répandu  et  aussi,  plus  rarement,  un  prénom. 

La  locution  arabe  ^^.Ài[5  wJiJC^î  ^-vj  se  trouve  également 
en  français:  entre  chien  et  loup  et  en  anglais:  hetwixt  the 
dog  and  the  wolf,  1646  et  n.  1.  Elle  tire  son  origine  de  ce 
que  „le  loup  fait  ses  attaques  de  préférence  un  peu  avant 
le  lever  du  soleil,  au  moment  oii  le  chien  et  le  berger  sont 
fatigués  de  veiller",  comme  il  est  dit  dans  l'Encyclop.  de 
rislâm  sv.  dhi'b,  d'après  ed-Damîrî,  Hayât  sv. 

Bittner  St.  mehri  I  p.  42  dérive  ^^o  du  verbe  v'^> 
presser,  chasser,  effaroucher,  effrayer,  et  v-*j>3  serait,  selon  lui, 
sur  la  foi  de  Gesenius,  Thésaurus  sv.,  2{<l  proprement  l'effa. 
rouché.  v_jb  étant  aussi  hurler,  crier,  LA  sv.,  Bittner  ib.  paraît 
aussi  trouver  ce  sens  bon  pour  expliquer  l'étymologie  de  w^j. 

Jj  est  une  variation  de  ^ô,  repousser,  chasser,  défendre, 
vhv.,et  signifie  également,  pousser,  chasser, =^c>J^  et  j.!J»  LA  sv., 
et  =  ._,^£o,  ^;,^£lXj',  épouvanter,  (^^m..  et  TA=^_jL\j  LA  sv.,  TA, 
[  >  ^,  d'après  de  nombreuses  analogies,  p.  e.  ^'o  vhv.  >  J\S, 
i,  et  ^-c3,  vhv.,  j.b  et  ^o,  vhv.,  uio  et  ^Jlj^^,  mourir 
^x.i:  >  v_>x.;:;,  v.  sub  ,!3,  etc.;  cf.   j:3  et  Jico,  effrayer  par 


911 

un  cri,  et  Uicj ,  crier.  Je  crois  donc  que  1/^îJ  :^  ^  >  ^, 

pousser,  et  b,  ainsi  que  la  variation  V^~pj>  peuvent  se 
ramener  au  sens  primaire  de  repousser  par  un  cri,  weg- 
scheuchen,  effrayer,  ^ô  aurait  donc  le  même  sens  primaire, 
repousser  par  un  cri,  ce  qui  expliquerait  la  3^  rad.  de  ^\ô,  de 
même  que  sa  variation  labiale  ^3,  ^\j>  et  j.!3,  propr.  l'onoma- 
topée  j.J>,  vhv.,  crier,  gueuler,  >  blâmer.- ^Uc3,  louveteau,  Qâm., 
<^^Loo  <  qLoo,  à  cause  de  la  permutation  constante  de  ces 
voyelles,  et  sur  la  désinence  an  des  animaux,  voir  p.  115, 
mais  il  y  a  aussi  le  pi.  ^^3^  M^AR  p.  74:  v'— *-^'  o'^-^'^ 
^iLixi>,  de  v_^ô,  qui,  comme  forme,  n'a  rien  à  faire  avec  ce 

singulier  qLî^^-  Malgré  ces  rapprochements  des  racines,  je 
ne  suis  pas  bien  persuadé  qu'il  faille  expliquer  wJ3  par  une 
étymologie  purement  arabe,  comme  le  fait  Bittner.  En  tout 
cas  woo  ne  peut  guère  être  un  participe,  effarouché,  mais 
plutôt  un  substantif  transitif,  l'épouvante  ou  quelque  chose 

de  pareil.  On  comparera  ce  que  j'expose  sub  ^-^<-^  et  ^->--w, 
qui  offre,  à  peu  près,  la  même  sémantique,  et  qui  n'a  rien 
à  faire  avec  le  nombre  7. 

Ce  mot  étant  commun  à  presque  toutes  les  langues  sémi- 
tiques,   Ges.-Buhl    sv.    DNî ,  et   se   trouvant  même  en  vieil 

égyptien,  voir  plus  haut  p.  907,  ne  peut  avoir  une  étymologie 
purement  arabe,  à  moins  que  la  même  racine,  avec  le  même 
sens,  se  rencontre  dans  les  autres  langues  sémitiques,  "  ou 
bien  que  les  loups  arabes  aient  envahi  les  autres  pays  où 
la  langue  arabe  n'était  pas  courante  et  oîi  le  mot  arabe 
aurait  suivi  cette  invasion  des  loups  de  la  Péninsule.   Il  se 

peut  aussi  que  les  v^*^'  o^i'^t  970  n.,  les  hrigands  arabes, 
aient  contribués  à  répandre  le  nom  de  l'animal  dans  le  monde 


912 

sémitique,  même  en  Egypte.  En  tout  cas,  l'application  si 
variée  de  ce  nom  aux  tribus  et  aux  individus  et  la  frayeur 
que  cet  animal  causait  à  tout  le  monde  sont  la  meilleure 
preuve  de  l'extension  des  loups  de  par  toute  l'Arabie  dans 
l'antiquité.  Le  chacal  a  un  autre  nom,  v.  sub  %^. 


;li 


La  lurah  a  JJ»  =  a^s.  oy^îj  -s^j^,  avoir  de  l'aversion  pour, 
fuir,  éviter  par  dégoût,  c  jî.  Diw.  'Abîd  b.  el-Abras  p.  16, 2  :  îj y3 
îyijj^  !3/^->-  Notre  dialecte  dit  ^to.  i,  et  cela  s'applique  prin- 
cipalement à  la  chamelle  qui  fuit  son  petit  et  ne  le  laisse  plus 
teter,  v.  p.  751.  L^jo^  ^^c  Oj'i  iiJL>!Jl,  la  chamelle  se  détourne 

ou  fuit  son  petit  Dt.;  cf.  sub  ^p.  Ce  thème  a  aussi  donné  le 
nordarabique  .13,  i,  effrayer,  Socin  Diw.  I  N°  29  v.  6,  oîi  il 
y  a  aussi  ^b,  s'effrayer,  comme  ib.  N°  12  v.  7,  correspondant 

à  —£0  et  à  ^o  >  ._co,  vhv.,  <— j3,  comme  son  synonyme 

^JuJ;^  >  .JutÀ  vhv.  =  ^>^:-x.j!  et  ^j-î,  LA  XI  p.  69  et  p.  79 

en  bas  =  ou2i  ib.  p.  85,  et  tant  d'autres,  v.  p.  910  en  bas.  C'est 

le  même  verbe  que  "ilî  III  Ges.-Buhl  sv.,  déjà  constaté  par 

Gesenius,  Thésaurus  I   p.  412,  24.   Dans  la  lurah,  sî^l  o^o 

L^Jbtj  (i.c  se  dit  aussi  d'une  femme  qui  est  rebelle  à  son  marij 
=  ;^  et  ^j^>axx^\,  LA  sv..  Haupt  ZA  XXX  p.  95  retrouve 
ce  verbe  dans  le  Codex  Hammurapi:  zâru,  se  soustraire 
aux  désirs  du  mari  et  quitter,  ne  pas  se  soucier.  Je  n'en 
suis  pas  bien  sûr,  et  cet  izîr,  inf.  zâru,  pourrait  aussi  être 

en  rapport  avec  sëru  ou  sîru  =  ^,  dos.  En  tout  cas,  la  racine 

n'est  pas  .o,  comme  le  pense  Haupt,  o.  1.  p.  94,  mais  )3 
^îo,  vhv..  '^jô,  vhv.,  qu'il  cite  est  un  élargissement  de  ^i 
et  n'a  rien  à  faire  avec  Jj,  ni  comme  étymologie  ni  comme  sens. 


913 

jo,  effaroucher^  effrayer,  Negd  du  Nord,  trans.  de  ^b,  i,  = 

^3,  Socin  Diw.  I  N°  32  v.  10:  s^.lXj  J^j  »,.xJyA>  J.  5iL>  Lo 

z7  w'es^  jjas  we^m  dans  son  pâturage  un  être  qui  l'effarouche, 
et   Socin   a   tort  d'en  douter,  ib.  IS;°  12  v.  7,  ^b,  intr.,  est 

expliqué  par  ^ji',  qui  peut  être  une  prononciation  pour  y.Jû" 

et  non  pas  <  rJj-J'j  mettre  à  l'étroit,  ib.  III  Gl.  sv.,  qui  me 
paraît  plutôt  être  une  variation  de  V^jj  =  i"iî  II  et  "ilî  I 
Ges.-Buhl  sv.   Chez  R  D  I  p.  93,  6,  nous  trouvons  le  même 

yp  que  l'auteur  traduit  par  effrayer,  mais,  le  verbe,  s'appli- 
quant  ici  à  la  iLïlj,  chamelle^  veut  plutôt  dire  qu'elle  n'a  pas 

encore  délaissé  son  petit,  ^*Jo^\  oyj  et  que,  à  cause  de  cela, 
elle  ne  peut  prendre  part  à  une  h.U.  Ce  n'est  donc  que  dans 
ce  sens  particulier  que  effrayer  peut  être  bon.  Sur^I^là,  ib.,  vhv. 

.jj,  souvent  prononcé   jj,  se  dit  de  la  chamelle  qui  ne  se 

soucie  plus  de  son  petit,  expliqué  par  ioLc  ^^lA'ij  sJ^  o^iL^i, 

ayant  de  l'aversion  pour  lui  et  se  détourne  de  lui,  voir  sub 
^J^.^  p.  750  et  oi^.  On  dirait  que  le  Datînois  pensait  k  Jù, 

u,  vhv.  qui  n'a  cependant  rien  à  voir  avec  V  Jj>.  Em- 
i;âhilah  dôrinneh.,  la  chamelle  ne  se  soucie  plus  de  son 

petit,  721,4  d'en  bas  et  n.  3.  Le  pi.  en  est  oi^o  y=>^»,j. 
Ce  mot  ne  prend  pas  a  au  fém.,  à  l'instar  des  adjectifs  et 
participes  traités  chez  I  Sîdah  XVI  p.  128  et  ss.  et  Wright 

Gr.  I  p.  ]87  B.  y.J>  est  une  contraction  de  jO  —  ^l^à,  y^, 

LA  V  p.  387  en  bas,  selon  Hdr.  p.  386  et  s.  et  ici  519  et  ss. 

JÎÔ 

Ji3,  expliqué  1288.  I  el-Qût.  p.  285,  23:  iob^  ^^\  wlj  Jto 
^yi=>5  o^  "^iJ.  I.  Sîdah  III  p.  98,  4  d'en  bas  :  ^^\ésS\  rJ^vt^  _j.jî 


914 

icilî'^  ^lXJ!  ^^^  i^  v-A^  L5^'  o^'  ^^^^^  ^'^^  P-  99,12  la 
définition  est  un  peu  différente.  Cf. ':io  *^o,  p.  832,  dont  l'éty- 
molpgie  ne  m'est  pas  bien  claire. 

^o  i,  u,  chiper  quelque  chose  à  quelqu\m,  J.c,  1714,  6  d'en 

bas,  V.  sub  ^^o.  Expliqué  1372;  70-5.  Gf.J>\6  =  o^,  LA  I  p. 

366.  Chez  Musil  III  p.  397,5:  woÀi!  J,Àj  ioty^  L,  il  faut 

traduire  une  hyène  ne  repousse  pas  le  loup,  c'est  à  dire 
que  ces  deux  bêtes  fauves  sont  d'accord  pour  attaquer  leur 

proie.  En  Mésop.,  rejeter,  wegwerfen.  —  v-'V^?  int.  de  v^» 
repousser,  comme  Labîd  N°  40  v.  89.  Nôldeke  Beitr.  I  p.  120. 
^^à,  mouclie,  pi.  ^bo,  709.  —  ^^^13,  ô'wép^,  n.  unit,  de  'J^^, 

709.  —  ^Lo  n.  unit,  et  n.  gen.  ib.,  mouche;  RO  p.  10,7: 
u-j'u/;^  <  ^Lo,  mouches  ;  v.  d.  Berg,   Le  Hadhr.  pp.  82  n.  3, 

254,  7,  pi.  ^^1jl3,  ib.  p.  82  n.  3,  comme  aussi  Bel  Djâzya  p. 

80;   pi.  io3]  <  iù3),  Hess  Bemerk.  zu  Doughty's  Travels  p.  6. 

Kibi,  2^26  mouche,  du  coll.  ^^bJ>,  Abu  Hilâl  el-'Askarî,  MSOS 

XVIII,  II  p.  13,  Stumme  Tun.  Gr.  §  65,  §  91  p.  73  et  §84. 
Le  diminut.  dibbînâyi  à  Bagdad,  petite  mouche,  OS  Fest- 

schrift  Nôldeke  I  p.  404.  I.  Sldah  VIII  p.  182  d.  1.  :  ^lXj\ 

^Ço  ^4^3  '-^^'j,   comme  Qor.  22  v.  72,  et  ib.  p.  183  aussi 

L_)0,  qui  est  rare. 
L'étymologie  de   Fleischer  apud  Levy,  ChWB  I  p.  438, 

n'est  pas  la  vraie,  car  v_jo  est  dans  le  sens  y  cité  dénominatif  et 
secondaire.  C'est  plutôt  une  onomatopée,  p.  921,  qui  n'est  pas 
db,  comme  le  pense  Schulthess,  Zuruf  an  Tiere  p.  57,  mais  db, 
qui  est  devenu  db  dans  les  langues  sémitiques  qui  n'ont  pas 
la  lettre  S,  Cela  est  prouvé  par  les  onomatopées  analogues 


* 


\ 


915 

Ljj,  (.3  et  pj  vhvs.  provenant  d'une  perception  un  peu  dif- 
férente du  son  produit  :  3137 ,  mouches,  v.  sub  yo,  comme 
l'onomatopée  égypt.  *^aff,  mouche.  Mais  il  y  a  aussi  l'onoma- 
topée  db  dont   a  parlé  Schulthess  ol.  p.  56.  On  ne  saurait 

ramener  à  cette  onomatopée    db    le    mot   ^Li,  pointe   du 

sabre^),  =^  ^IjJo,  179,9  d'en  bas,  comme  le  fait  Nôldeke, 
Beitr;lge  I  p.  120,  tout  en  exprimant  un  doute.  Ce  mot 
n'est  qu'une  variation  consonantique  de  V~^\  avec  le  sens 

d'être  levé,  pointu,  se  dresser,   être  saillant,  voir   sub   l_j;, 

et  qui  a  plusieurs  dérivés.   ^^ià>,  pénis,  que  cite  également 

'Noldeke  provient,  selon  LA  I  p.  380,  de  v'-^'^j  pendiller  = 

(j^Lj,  u,  vhv.,  Sams  el-  Ulûm  p.  106  =  ooy.  'iL^^Cs^ô,  touffe  qui 
pjendille  à  la  lance.  Nord. 

^cka,  eiitonnoir,  91,5;  1353;  expliqué  1372;  537,9  il  y  a 
ujStXj!  (ainsi  dans  l'original),  que  je  traduis  par  moules,  mais 

je  n'en  suis  pas  bien  sûr. 

ujj.jAx  =  J^^,  pressé,  dans  ed-Dâhir,  1372. 

^j3,  a,  couper  la  gorge  à  l'animal  qu'on  tue,  égorger,  1775, 
6,  19  et  passim;  partout  courant.  Description  dans  Wrede 
Reise  p.  93  comparée  à  Hdr.  p.  380  et  ss;  et  selon  les 
préceptes  de  l'Islam,  Bohârî  VII  p.  93.  On  fait  toujours  la 
tasmiyah  en  mettant  le  couteau  à  la  gorge,  ce  qui  est 
rituel,  Boh.  VII  p.  90.  On  peat  manger  d'une  bote  tuée  par 
un  chrétien  pourvu  qu'on  n'ait  pas  entendu  qu'il  invoque 
autre  chose  que  Allah,  Boh.  VII  p.  92  en  bas,  mais  en 
général   on   préfère  le   boucher  musulman   ou  juif.    Mais  la 


1)  S\mir  b.  ct-Tofeyl  XXI  v.  9. 


916 

viande  d'une  bête  tuée  par  un  Magûs  et  le  mariage  avec 
une  fille  magûs  sont  défendus,  Tab.  I  p.  1600,  15. 
^J>  est  aussi  tuer,  égorger  un  homme  ou  à  la  guerre,  comme 
nous  disons  que  la  guerre  actuelle  est  une  boucherie  oi^i  l'on 
s'égorge  mutuellement.  C'est  ainsi  qu'il  faut  comprendre  la 
définition  de  Vollers,  M  S  OS  VI,  m  p.  6  d'en  bas:  ^3,  tuer 
avec  des  armes  émoulues,  et  JjcJs,  tuer  en  frappant.  RD  Gl.  sv. 

^o  égorger,  pluralité  de  ^\iJ>;  70,  6  =  ici  p.  29,5. 

t^  ^j'3,   combattre  aux  côtes  de  qqn,  en  vertu  d'un  pacte, 

1249,4,5  d'en  bas. 

^uXjî,   être  égorgé,  être  tué,  surtout  des  hommes,  311  n.  1. 

Les  "Anazeh  disent:  &1P-  J^î  ^^^^  r^-^r*  ^'  [;-5  *^^  lP''- 

celui  qui  est  tué  en  défendant  les  chameaux  est  bienheureux 
et  pa7'mi  les  gens  du  Paradis.  La  description  de  Littmann 
ZA  XIX  p.  148  s.  est  en  tout  point  aussi  applicable  à 
Datînah. 

iLs^vxiJ,   bête  égorgée;  victime;  bête  de  sacrifice;  pi.  ^^,  325, 

13.  Sur  les  ^jLjô  en  Dt.,  voir  1775  et  ss;  Arabica  V  p. 
48  et  n.  2,  et  pour  le  Nord,  Jaussen  Coutumes  des  Arabes 
p.  337   et   ss.  G.  Jacob,  Sanfarâ  I  p.  63,  dit  que  ii^s^joi  ne 

s'applique  qu'au  petit  bétail,  j^t  -v-L--^,  expliqué  325  n.  2. 
dV^.ijJ  j^xil'u:>  Jb>yL.  y^\  ^csjs.  L*  Lj,  quelle  quantité  d'hom- 
mes tu  as!  Les  hommes  (que  j'ai)  sont  et  toi!  Nous  nous 
ferons  égorger  pour  toi  aujourdhui  *^Anazeh,  voir  ma  LB^A. 

pp.  9,  29;  57,  6  et  ici,  p.  171  en  bas.  Un  b^*  chez  les  "Anazeh 

est  p.  e.  :  li^^^rLô  U=>  j.j-J!  Cs.^  U  ^^,  nous  voici  devant  tes 
yeux,  MoJi.',  aujourd'hui  nous  sommes  tes  victimes  =  nous 
nous  fero7is  égorger  pour  toi  (morituri  te  salutamus),  récit 
^anazite.  Mais  l'ennemi  tué  est  aussi  une  ji^s^o,  RO  p.  424. 
Dans   la   guerre,   tous  les  combattants   sont  des  -^j^-j'—?'^  de 


917 

l'ennemi:  iCst^  ^_j.:>  J.  '«^'Jj^.o  *^jLj3  Lo  y,  (7?«e  de  victimes 
710US  avons  faites  dans  la  guerre  de  Sam^ah,  Dt.  Nte  sâi- 
rilhom    (Jebîha,    tu   vas  être  une   victime  pour   eux,    tu 

seras  tué  par  eux,  RO  p.  424  N°  XIX  n.  2.  à^Jo:  'i^^o, 
expliqué  311  et  n.  1,  voir  sub  ij^Ac. 

On  peut  distribuer  la  viande  d'une  iCi=v-?3,  victime  de  sacri- 
fice, à  d'autres  et  en  manger,  Tab.  I  p.  1751,  12  ss. 

^iÂ><,  la  partie  creuse  sous  l'orteil  et  la  crevasse  qui  s'y  forme 
souvent,  Dt.  En  suédois,  on  dit  dans  ce  cas  que  l'orteil  est 
décapité. 

jo,  i,  regarder  attentivement,  fixer;  class.,  écrire;  lire,  com- 
prendre =  ,-i\ ,  1297,  LA  sv.  Ce  dernier  sens  est  inconnu 
dans  le  Sud.  Cf.  ^>..w  vhv.,  comme  ^3  et  cLxi,  répandre. 

yo  est,  dans  le  Sud,  terrain  en  général  et  ensuite  un  terrain 

arrosé  par  la  noria,  ^^ç_j._av^_^  ,  ou  la  pluie;  champ,  Hdr.  p. 

189,5;  ib.  pp.  190,   191;>^jÔ,  Hdr.  p.  122,  9;  pi.  ^^-?i,  444 

n.  2;  1143  n.  1.  Un  hadramite  me  dit:  i^^-Ib  j.P  Lo  io^il  yo, 

le  terrain  du  champ  n'est  pas  bon,  Hdr.  p.  191,  ce  qui  prouve 

que  yô  et  io^=>ne  peuvent  être  absolument  identiques.  Vollers 

ZA  IX  p.  188  dit  que  .jo,  champ,  est  yémanite,  mais  je  ne 
trouve  cette  forme,  qui  est  cependant  bonne,  nulle  part  dans 
mes  livres.  V.  d.  Berg,  Le  Hadhr.  p.  276,  4  d'en  bas:  oÂi>l  ^^ 

Si-i*,  ^Li>,  710US  avons  pris  la  fortune  de  l'oncle  "0.,  tout  ce 
qui  lui  appartient  en  fait  de  champs  7ion  arrosés,  vhv.,  de 

terrains,  de  dattiers  et  de  maisons  rurales  et  tirbaines.  j-iô 
serait  n.  gen.  avec  le  n.  unit,  s^jj,  =  \_>l.^  b;_àJLL,  comme 


918 

disent  les  grammairiens,  v.  d.  Berg  ib.,  Brockelmann  o.  1.  I 

p.  419.  Moritz  Zanzibar  p.  30:  s-j3,  pi.  j-i^,  terrain  culti- 
vable, ce  qui  coïncide  avec  le  dire  de  mon  hadramite  ci- 
dessus.  Je  n'ai  pu  constater  si  yo  est  vraiment  un  n.  gen.; 

ù  3  3 

je  ne  connais  que  le  sing.  ^ô,  pi.  ^yjc>.  Snouck  ZA  26  p. 
223  d.  1.  porte  debr,  Acker,et  p.  225, 18:  debr,  pi.  dëbûr, 
Felder. 

Le  savant  hollandais  dit,  1.1.  qu'il  traitera  à  une  autre 
occasion  de  l'agriculture  en  Hadr.  parce  que  „ce  qu'on  a 
jusqu'à  présent  dans  la  littérature  européenne  se  distingue 
aussi  'peu  par  son  exactitude  que  par  son  insuffisance.  On 
n'y  observe  même  pas  la  différence  importante  entre,  d'un 
côté,  la  culture  des  champs  arrosés  par  un  travail  régulier 
des  hommes  (dèbr,  pi.  dëbûr)  et,  de  l'autre  côté,  l'ense- 
mencement de  terrains  (s erg,  pi.  sërug),  qui  sont  irrégu- 
lièrement fertilisés  par  l'eau  collectée  des  torrents  de  pluie, 
avec  des  céréales  qui  poussent  vite  ou  d'autres  plantes  utiles". 
Si  Snouck  avait  lu  mes  ouvrages,  il  aurait  pu  se  convaincre 

que  je  connais  parfaitement  la  différence  entre  ^j>  et  -^r^, 
vhv.  Mais  je  n'ai  jamais  eu  l'intention  de  traiter  cette 
question  qui  ne  m'intéresse  qu'au  point  de  vue  linguistique. 
Voir  aussi  sub  «->o,. 

Nous  trouvons  le  même  mot  en  mehri.  Jahn  S  AE  III  p.  249 
donne  pour  champ  dêbr  da  dâra^,  mais  dans  le  glossaire 
p.  174  c'est  dêber  dâ  dâra^  pi.  debûr.  Il  a  pu  entendre 
j-K^  à  cause  de  r  suivant,  où  le  3  est  prononcé  emphati- 
quement, voir  sur  ^  plus  bas.  Carter  p.  353  donne:  garden 
^\S  dahabar.  Jahn  SAE  III  p.  174  a  le  mehri  dâreb, 
pi.   dïrôb,   cour,   Hof,   mais  j'ignore  si  c'est  le  même  mot 

avec  métathèse;  il  le  compare  avec  y,:,  enclos;  possible. 

Nous  avons  donc  le  mot  classique  et  dialectal  yo,  champ, 
p,  692/3,  mais  qui  se  dit  en  Dt.,  en  Hdr.,  en  "Oman  et  en 


919  ' 

mehri  j-^3.   Or,   <_1  >  d   est  commun,   mais  non  d  >  ij.  "i3i, 

V.  sub  — jo,  =  \f.^hj  n6  Mt  pas  de  difficulté,  mais  le  sud- 
arabique  ^jj  ne  s'explique  que  si  l'on  admet  que  le  ô  est 
primaire  et  que  dans  le  Nord  ce  mot  est  devenu  ,jo.  Le  ô 
peut  aussi  devenir  j,  que  nous  trouvons  dans  nnisî,  7nau- 
vais  champ  pierreux,  mais  que  J.  Levy  VVB  sv.  rapproche  de 

l'arabe  ^jj,  qui  pourtant  est  dénominatif  de  ^-jj,  pierres. 
VoUers   o.l.   p.  188  l'identifie  carrément  à  131,  mais  Barth 

ESt.  p.  32  le  rapproche  de  l'arabe  ^^y   Lorsqu'on  a  vu  les 

champs  en  Palestine  tout  parsemés  de  petites  pierres,  on 
est  plutôt  de  l'avis  de  Levy.  Cf.  ce  que  je  dit  de  "IDK^J 
p.  693. 

^o   ne  doit  pas  être  confondu  avec  ^->..ào,  aiigle,  coin,  vhv. 

De  même  que  Jahn  a  entendu  y^^  champ,  <  ^j,  j'ai  aussi 

entendu  ^3<^_^Ai3,  angle^  sans  l'emphaticité  de  la  spirante 
postdentale,  1104  n.  1.  Nous  savons  que  l'emphase  est  dans 
les  dialectes  du  Sud  bien  moins  forte  que  dans  le  Nord  et 
souvent  elle  disparaît  totalement.  Ce  qui  prouve  que  ^3  et 
yj^o  sont  deux  mots  différents,  c'est  que  les  Bâ  Kâzim  pro- 
noncent îibr,  où  le  (j:^  a  passé  à  i,  1189  et  s.,  ce  qui  serait 

impossible  si  ^_p  <  J>.  En  revanche,  ^3,  champ,  peut  devenir 

yj^,  comme  nous  l'avons  vu.  Si  _jo,  champ^  était  originai- 
rement le  mot  mehrite  dêbr,  adopté  par  les  Arabes,  ceux-ci 
auraient  quitté  l'emphaticité  de  la  spirante,  mais  alors  on 
observerait  aussi  quelquefois  la  prononciation  iabr,  ce  qui 
n'est  jamais  le  cas.  Jahn  est  pour  moi  une  autorité  trop 
faible  pour  que  je  table  sur  son  dêbr,  dêber  en  concluant 

de  là  à  un  mehrisme  de  notre  ^3  arabe. 
Le  ,jo  classique  et  dialectal,  p.  693,  doit  certainement  être 


920 

à  l'origine  y3,  car  j'ai  de  la  peine  à  croire  que  ce  ^i,  d'un 
âge  cependant  respectable  dans  la  lurah,  ait  pu  faire  dans 
le  Sud  —iô.  Dans  les  dialectes  de  Dt.  et  de  Hdr.,  le  ô  con- 
serve en  général,  dans  les  parlers  bédouins,  sa  postdentalité 
et  cela  rend  difficile  le  passage  de  o,  dans  le  mot  classique 
et  dialectal  du  Nord,  à  J>  dans  le  même  mot  dans  le  Sud. 
ô  devient  souvent  o,  aussi  bien  dans  la  lurah  que  dans  les 
dialectes,  mais  je  ne  crois  pas  que  le  cas  contraire  ait  lieu. 
Le  même  processus  se  présente  pour  le  mot  suivant,  y3. 
yj>,  coll.,  guêpes,  Dt.  et  Hdr.;  je  ne  sais  si  le  nom.  unit. 
s^jo  est  employé,  je  ne  l'ai  jamais  entendu;  on  dit  ici  'A^. 
V.  d.  Berg  Le  Hadlir.  p.  82  n.  3.  >  jo  p.  691  en  bas. 
Nous  avons  donc  ^j3,  champ,  >j^^  vhv.;  ^^3,  abeilles  ou 

guêpes,  et  ^-j3,  montagne,  y  .iJ>,  LA  V  p.  389,2.  Dans  les 
deux  premiers  mots,  la  forme  sudarabe  doit  être  primaire, 
mais  ^j3,  montagne,  s'explique  difficilement,  voilà  pourquoi 

on  pourrait  être  incliné  à  rattacher  j>^  p.  691,  g^ra^ide /bWmîe, 
comme  dans  la  tradition,  LA  V  p.  389  en  haut,  Nihâyah  sv.: 

SL_>  ^_c!  u^.s>3  ^^   !yj>  ou  1jj3   ^l  ^!   w*..:>î  1^,  à  jJO,  essaim 

d'abeilles  ou  de  guêpes^  mais  l'explication  formelle  des  savants 
arabes  est  un  obstacle  sérieux,  quoique  nullement  absolu, 
à  une  telle  argumentation. 

Ce  qui  prouve  la  primordialité  du  3  dans  ^3  >  ^o ,  c'est 

que  le  3  est  devenu  \  dans  jv-jj,  ï^v-jj  ou  x^j,  guêpes,  LA 

V  p.  419,  9  d'en  bas,  oîi  =  ^:>;  le  mandéen  î^'''iDj"'î,  abeilles,  = 
{^-j-is-tj  =:  néo-hébr.  J^lû"»!,  abeille,  guêpe.  Brockelmann  o.  1.  I 
p.  134  identifie  les  judéo-aram.  zibbûrâ,  syr.  debbôra, 
hébr.  dëbôrâ,  à  l'arabe  dabr,  pi.  dubûr,  et  dans  une 
note  ib.  il  dit:  „où  bien  l'arabe  zunbûr,  l'éthiop.  zanâbîr, 


921 

est-il  le  mot  original  pour  guêpe,  qui  on  aram.  se  serait 
contaminé  avec  dbr?"   A   présent,  il   connaît   le  ^-jo  sud- 

arabe,  et  sa  demande  a  par  là  reçu  sa  réponse.  Avec  ^o, 
seule  forme  enregistrée  par  les  dictionnaires,  cette  demande 
n'était  nullement  éclaircie.  Si  le  o  était  primaire,  ce  passage 
à  3  n'aurait  pu  avoir  lieu,  malgré  les  exemples  du  mandéen 
que  cite  Brockelmann,  o.  1.  I  p.  134,8:  zma,  sang  <.  ^^^ 
ziklâ<digla,  dattier. 

On  pourrait  donner  toute  une  liste  de  mots,  oîi  J»  est  partout 
primaire.  Il  y  a  un  autre  mot  sudarabe  pour  guêpe,  itbir, 
voir  sub  ^x_i,  où   le  J»  >  o,  ce   qui   avec  un  ^o  primaire 

aurait  été  impossible.  Cf.  aussi  yo,  champ,  >  ^j>,  vhvs. 
On  ne  saurait  séparer  la  V~^J>,  vhv.  de  1/~~j3,  qui  en 

est   un  élargissement,  comme  J.J,  vhv.  et  ^o,  rougir  (lion), 

j,j,  bourdonner,  murmurer^  et  ^\  et  J.^;,  vhvs.,  onomatopées 
analogues.  Levy  NHChWB  I  p.  375  fait  venir  nniD"!  de 
~iD"l,  conduire,  parce  que  c'est  la  reine  des  abeilles  qui  co?ic^MzY 

les  autres  !  Etymologie  bizarre.  Voir  ib.  p.  508  sur  31  =  ^ô  et 

ici  p.  689.  Il  donne  également  le  correspondant  „arabe  jo,  coll. 
essaim  d'abeilles".  rnlDl,  hébr.  bibl.,  abeille,  guêpe  =  néo-hébr. 
NllD"»"!    ont  bien  le  même  point  de  départ  que  DHl  =  v'^o, 

vhv.  coll.,  Ges.-Buhl  sv.,  soit  <  V"^^,  et  le  dialectal  .y^, 

freloji,  sing.,  est  le  dim.  de  yj»  <  j?3. 

Le  mehri  a  haydebbir,  guêpe,  Jahn  GI.  sv.  et  Bittner 
St.   mehri  I   p.  28,   qui    émet   l'opinion  étrange   qu'il    faut 

séparer  l'arabe  dialectal  .yo  de  .y^\ ,  qu'il  déclare  être  persan 
en  s'appuyant  sur  Vullers  Lex.  sv..  Palmer  Dict.  col.  323 
donne  „^ljj,  loasps,  pi.  of.  j^^^jj,  zambi'ir",  comme  un  mot 
arabe,    tandis   que   Berge   l'enregistre   comme    mot  persan, 


922 

probablement  sur  la  foi  de  Vullers.  Je  crois  que  le  persan 
l'a  emprunté  à  l'arabe.  L'archevêque  Cher  n'en  parle  pas, 
et  il  a  la  manie  des  étymologies  persanes.  Les  dictionnaires 
arabes  ne  mentionnent  pas  non  plus  une  telle  étymologie, 
LA  V  p.  419,  ni  Siddiqi  PFW  non  plus. 

Cf.  r-^'!,  guêpes,  vhv.  et  le  soqot.  îdbohor,  abeilles,  <c. 
adbôr,  Bittner  Soqot.  Sprache  I  p.  6  note. 

50  >  J  o-  w 

Il  y  a  aussi  ^^xjj  ou  ^vHj,  pénis  ou  clitoris,  <ij^\,  clim.  de 
yj  <  Vj>  Hçlr.  Gl.  p.  596,  mais  ce  mot  est  d'une  tout  autre 
provenance,  voir  sub  vjjyj  et  l_;.:.  Sur  ^j  >^,  v.  p. 690/1. 

Joo,  franges,  coll.,  318,5  d'en  bas;n.  unit.  iJLj^,  Hdr.  Gl. 
sv.;  voir  sub  jU-^-o  p.  779. 

idjo  =  iUjo,  1760  d.  1. 

JL.O,  mèches,  coll.;  n.  unit.  ioLi,  1445  n.  3;  1446,  LA  XIV 
p.  29  d.  1.  —  Franges,   v.  d.  Berg   Le   Hadhr.  p.  99,  3  d'en 

bas:   JLii.    En   Dt.,   iJuô,   mèche  de  la  lampe,  „U«,  pi.  J^L>>3, 

et  en  Hdr.,   mèche  du  fusil,  Hdr.  p.  580;  cf.  io'jj,  tresse. 

Partout  dans  le  Sud,  iJLoi  est  mèche  du  fusil,  Arabica  V  Gl.  sv., 

ici  p.  785,  ^  is^i^,  vhv.  et  aussi,  excepté  en  Dt.,  7nèche  de  la 
lampe,  1446  n.,  en  analogie  avec  les  synonymes  sur  '^1^, 
tels  que  kJLjA.>,  'i^.^c>,  tresse,  vhv,,  iUL.*.io,  mèche  allumée, 
LA  XIII  p.  376,6  d'en  bas,  U-^^Jo,  LA  XIV  p.  29  d.  1., 
partout  courant,  icJL^,  mèche,  LA  XIV  p.  184,9;  cf.  iiijA>, 
3^xà.to.  iOwiJù:,  s^.Ac,  is^*3ï,  tresse,  voir  LA  shvs.  PL  JoLo 
>  dabèyl  >  dabêl,   comme   au   verset   522,9,   qu'il   faut 

corriger  ainsi:  JwÔ3J!  q^-âj  ^^  o^'  '-^^^• 

Il  y  a  peu  de  mots  qu'on  entend  aussi  souvent  que  icLoo 


923 

chez  ces  tribus  sauvages  et  guerrières  du  Sud.  La  raùche  du 
fusil  joue   mOme   un   rôle  dans   le  couronnement  du  Sultan 

des  ^Awâliq  Supérieurs  j^LUi^J!  pLlc,   ainsi  qu'on  pourra  lire 

sub  jU.-^o.  On  fait  les  JoLJ»  du  (j^ J.i>,  =  *-a.^ ,  vlivs.,  Ficus 

Sycomorus  L. 

La  V~^c>  doit  être  un  composé  de  ^S  et  Jô  (JjJ>),  vhvs. 
Dans  les  textes  de  D.  H.  Mûller  se  rencontre  un  mot  diblit, 
pi.  di  bile  ta  ou  dibél,  protégée,  compagne,  =  3.b>,  selon 
Bittner  St.   sh.   I   p.   61,   ce   qui   est   probableiflent    l'arabe 

icLô,  frange,  se  rapportant  à  la  pratique  sudarabique  décrite 
Hdr.  p.  579  sv.  ^Lo.  Bittner  St.  sh.  I  p.  13,  et  avant  lui 
D.  H.  Muller,  a  rapproché  le  sh.  cl  é  b  e  1 ,  côté,  >  d  o  1  ou  d  o  1 , 
côté,  lisière,  du  sh.  dabl  provenant  de  J~.jp,  selon  la  phoné- 
tique du   shaurî:    b>y,  et  Bittner  ajoute,  ib.  p.  61,  qu'en 

arabe  J.jj  vhv.  veut  aussi  dire  protection.  En  arabe  classique, 
je   ne  connais   pas  ce  sens,  mais  dans  le  Sud  on  dit  qu'un 

tel  voyage  j,^)  u^A.i>Lit  o^p.  JjJvj  ou  ïJijÀj,  avec  la  fratige 
d'un  tel.  Ici  Bittner  ni  D.  H.  Millier  n'ont  su  cela. 

^J^3,  espace  entre  les  deux  premiers  doigts  écartés,  1634,  8 
d'en  bas. 


^oo<iJbJ,  1760  d.  1. 


^"^ 


^jLoi,  23,4,  Mimosa  unguis  cati,  657.  Nom  d'une  tribu,  ib.  ; 
Arabica  IV  p.  Il;  ZA  19  p.  405;  D.  H.  Mûller  Sudarab.  St. 
p.  127;  Hartmann  Arab.  Frage  p.  324.  Il  y  a  encore  dans 
ed-Dàhir  une  Ahl  Dubyan,  657,  Arabica  IV  p.   11. 


r 


^>=>Jui,  nom  de  tribu,  voir  sub  ^s:>lX^ 


924 

Jj>>3,  a,  se  rouiller,  synonyme  de  i^A^a,  a. 

ji>3,  couvrir  de  poussière.  ^c\-^  J^^?  se  -vJ!,  ?e  vewi  m'a 
couvert  de  poussière,   Dt.  Couvrir  de  rouille; 'Stace  p.  147. 

jj>3:  Q-:^^''  J^>3,  /e  soulèvement  de  la  terre,  de  la  poussière. 

JJ>J,  rouille.  Stace  p.  147:  rust. 

J^!3,  rouillé,  ib.  —  JL>J,  rouille,  Dt.  et  Hrlr. 

(3y>!J>,  tourbillon  de  poussière,   592.  Je   De   trouve   dans   les 

dictionnaire    rien    qui    approche   du   sens   de  'ce  verbe.    Le 

Jol/ij  de   Ru'ba,   éd.  Ahlwardt  N°  49  v.  5,  est  traduit  par 

Dunst,  vapeur  légère. 

».>ç>ô,  amorce  servant  à  amorcer  le  bassinet,  (.yi-o,  du  fusil, 

qu'on  porte  dans  le  ^-îo^-<«,  petite  corne  à  poudre,  Hdr.  pp. 
219  et  222.  Prononcé  au  pluriel  dahèyr  >  dahêr,  <yL=>3, 
d'où  le  dénominatif  .=>c>,  charger  le  fusil,  Arabica  V  Gl.  sv. 
En  mehrî  et  sh.,  deheyrt,  secret,  pi.  dljâer,  >  dhay  r, 
Bsh.  I  §  52,  avec  la  même  contraction  de  â''i>ay<ê  qu'en 
arabe  dialectal  du  Sud.  Bittner  St.  mehri  III  p.  83  note 
donne  au  thème  y>3  une  étymologie  bizarre.  D'après  lui,  il 
provient  de  ^!  +  3,  où  3  est  le  relatif,  donc  proprement  : 
ce  qui  a  été  mis  de  coté  et  conservé.  Il  compare  l'éthiop. 
J^T'îC ,  pars  poslerior,  ^"hù ,  pone,  post,  ^A'SÙ ,  tardus  fuit, 
moratus   est,    qui    me   paraissent  représenter  l'arabe    -=>Lj', 

contracté  en  ,i^',  voir  sub  ..=>),  et  ,~:^,  <  ,.=-Lj  <  -i>^.  Un' 
tel  processus  serait  unique  en  arabe  et  impliquerait  que  cette 
forme  hybride  serait  originaire  du  Sud  de  l'Arabie  d'un  dialecte 
non  arabe.  Mais  V~j>ô  se  rencontre  dans  les  plus  anciennes 
poésies  arabes,  p.  e.   Hodeyl,  Wellh.  N°  215  v.  3:  ^.^^^À-j  ^ 

y:a=>\  j*^!'!,  et  l'on  ferait  peut-être  mieux  d'y  voir  une  très 


925 

ancienne  forme  collatérale  de  Jc>  ?  Cf.  ^j ,  vhv.  Bittner 
donne  à  oiJui  la  même  étymologie  bizarre,  v.  ici  p.  953. 

,o,  a,  u,  répandre,  éparpiller,  465  n.;  1245,  10(=y  et  ^j); 
1310,2;  1341  en  bas,  oij  se  trouvent  les  autres  verbes  congé- 

nères.  RD  Gl.  sv.  451 , 1 .  ^s.  j^y  »  lAj^  ^j^^^I^  ^iO^\  (j^-L^ï  u-v^j 
elle  prend  environ  une  poig^iée  de  farine  qu'elle  répand  sur  la 
pierre,  62,  13.  ^^.oJ))  ^^  ^^!  ^js_j",  elle  épand  le  sel  sur  la 
peau,  63,  18.  -  Vanyieri  ^=  i^^'^ ,  vhv.  o^,  bruiner,  pleuviner, 
Schaade  Uhud  p.  8,  et  ÎJ,  class.  LA  sv.,-  est  peut-être  une 
mrtathèse  de^J>,  mais  cf.  J^^.  vhv.;  cf.  _^3,  gsJo,  !^3  et  ^J^,J>,  vhvs., 
peut-être  aussi  "^,  Schaade  Uhud  p.  12,  ^xi^xi  et  yixi,  vhvs. 
^^ô,  répandre,  épajidre,  intens.  ou  pluralité.  ^^^^lXj  Lu^^i  ^ 
^\^si  J.  j,o!^^l  y^-^^c.  J.£  sv^^'j  cZans  ?20^re  ^^a^s,  o?2  répand 
de  Vencens  sur  les  têtes  des  personnes  dans  la  7ioce  Dt. 
C'est  là  une  réminicence  du  temps  du  ^^LJ^  yt>.  Les  Eglises 
catholique  et  orthodoxe   ont   conservé  cet  encensement  des 

ouailles. 

'  ?  -      ,  .  <^  -     . 

j*)j<J^,  éparpillé.  s.^.l\/«  o^^^  ^  "^^  o'^'^'^  ^'    '^^^  village  de 

Sêtnân  (aux  h  al  Dayyfm  en  Dt.),  il  y  a  10  liusùn  épar- 
pillés par  ci  par  là,  J)t.—  A.Jka,  expliqué  606. 


*  I  \ 


voir  (^^3.  —  Cf.  j/oÂJî  î^oî,  /VaVe  couler  les  larmes,  LA  sv. 


voir  sub   <Jj3. 


Ù^ù 


o.ô  intens.  de  ,o,  répandre,  éparpiller,  A(^^^w.;  RO  p.  410, 5; 


J^ 


926 

Stumme   Tun.  Gr.  p.  37,  ll;>yy,  qui  en  Syrie  est  tr.  et 

intr.  {jaSs'  J.C  jô.o  ojLx:,  il  s'est  de  7iouveau  mis  à  flâner 
sur  cette  terre,  Syrie.  Cf.  yVji . 

jôjXJi,  s'éparpiller^  se  détacher  en  petites  parcelles.  RO 
p.  259,  14. 

uj^.lX/s,  pi.  wo.tÀx!,  gourdin.  C'est  ainsi  que  l'écrivent  Hess 
Der  Islam  IV  p.  316,  2  et  Musil  o.  1.  p.  284,  15  d'en  bas. 
Je  connais  lj^-ais-*,  1748,  et  ^-j^^uX^  ib.,  mais  je  crois  que 
v_j5.^  est   la  bonne   forme  à  cause  de  la  pointe  en  fer,  de 

Çj'o  =  y^^j   ((f filer,   voir  LA  I  p.  371  et  Lane  sub  ^^o  et 

ib.  p.  959   col.  2.  Ahlwardt,  Halef  el-Ahmar  p.  84:  v^.lX-*, 

geschàrft.  Mais  le  classique  ^ù'lXx/*  ^-^^^j^j  LA  sv.,  et  i<àj!  v_j.ô, 

his  nose  dripped,   est   pour   le   classique   et  dialectal  v_j,ô, 

-  ù   -  _   o  , 

vhv.  et  v^j)  vhv.  Le  "^omânais  a  vy.^^'  >  Vj^^'  ^^  montrer 
fort,  RO  p.  13  d.l.  avec  le  substantif,  iù^ji,  force,  RO  p.  108 
d.  1.  Chez  les  'Anazeh,  ^  ^.j>  est  empêcher  de,  Jaussen 
Coutumes  p.  191,1  n.  1,  mais  ici  v^o  =  iA.wi. 

^  ,0,  a,  vanner  le  blé,  =  ^J^Ô,  Je  demandai  à  un  Hammâmî  (v. 
Index  1842):  es  màhratak  fi  ardak?  quel  est  ton  métier 
dans  ton  pays?  Il  me  répondit  :  nidrah  em-durah  âyyâm 
e  m-h  ey  r,  je  vanne  le  blé  aux  jours  de  la  récolte.  Ce  verbe  est 
très  classique,  LA  sv.  d'après  Qurâ',  t310,  Qâmoûs  sv.,  TA 

sv.:  .^J'  j-  ',  r^'  -"-i-^  =  ^K^'  Les  autres  acceptions  spéciales 

données  dans  LA,  Asâs,  sv.,  Qâmoûs,  sv.,  et  TA  sv.  reviennent 
à  la  même  idée  primaire.  Nous  avons  donc  ici  trois  thèmes 
pour  vanner  _jj,  ^jô  =  ^JJ>,  p.  771,7,  etio,  qui  sont  des 
développements  de  ]/~"^<3  >  ]/   J3. 


927 


1— j 


^j6,  tomber  sur,  Béd.  du  Nord.  j*IiJL.  c^lXj  vs^AJt,  le  loup 
tombe  sur  les  moutons  et  en  fait  carnage^  ma  LB'^A  p.  15,11. 
La  lurah  a  è^  '^'^  6t  ^  »,o,  môme  sens.  ^^3  est  donc  sans 
doute  la  forme  primaire. 

uj  ^.3,  oyfn'r  quelque  chose  eyi  vente,  Dt.,  surtout  une  étoffe 
qu'on  peut  mesurer  avec  le  bras,  cî^o.  Cf.  ^L,  i,  avec  à  peu 

près  la  même  sémantique.  —  Mesurer,  courant;  Rabah  p.  49.  — 
Couvrir  d'une  peau  la  caisse  du  tambouriu.  Voici  comment 
s'exprimait  le  Dawsân  ''Alî  b.  'Omar  er-Râ'^ibî  de  la  ville 

d'el-Qasâb  en  Beyhân,  voir  planche  vol.  I:  ^y,  j^-kJi  q^^-^j 

L^j  L5>l\^'  fwo^  £-5;^'  O^^T^-5  ^^^^"  cr^3  o^  cr'*  J*^^' 
uiXLe  p  A-*  J-!-^  '^^3?  ow  fait  le  tambourin  d'une  pièce  de 
bois  évasée  et  Von  met  un  rond  de  peau  de  mouton  (ou  de 
chèvre)  dont  on  a  rasé  le  poil,  en  haut  et  en  bas  (des  deux 
cotés,  voir  la  planche  vol.  I)  et  o?i  lie  les  ronds  de  peau  avec 
des  ficelles  qui  batidetit  les  peaux.  C'est  là  notre  tambourin 

midarra^   tMl^r-J  eX^j^  ^^*:^^  ^Lsa^aIJ!  ^^,  c'est  que  tous 
les  S.  soîit  armés  de  carabines,  163, 12. 
^.3,  pi.  ^3,3,  rond  de   cuir  pour  les   deux  côtés  du  tam- 
bourin; voir  plus  haut. 
^.S,  manche  de  V arbre   de   la   charrue,    1447,  2   d'en   bas; 

propr.  bras,  =  jLxà  des  instruments.  —  Montagne  isolée.  Ara- 
bica V  p.  46,  Naswân  o.  1.  p.  38  dit:  ^^cfw.j  ^^.J!  ^\  tj-^su*, 

iwct  o,  pi.  5~J;';>3  OU  oicî^ô,  chemise  courte  qu'on  porte  sous 
la  jaquette,  voir  la  planche  de  Habib  Moh.  el-l.laddâd  et  sub 


928 

i3L_fwO  p.  782;  elle  est  souvent  teinte  d'indigo;  Hdr.  p.  10. 
On  prononce  durrâ^ah,  avec  ô  cl.  Je  connais  trop  bien  ce 
mot    pour    avoir    mal   entendu.    Or,    la   langue   littéraire   a 

iCcLj»,  avec  o  d,  sur  lequel  voyez  Dozy  Vêtements  p.  177  ss. 
et  son  Supplem.  sv.,  LA  IX  p.  436,4,  Lane  sv.,  et  v. 
Kremer  Culturgeschichte  I  p.  389.  Je  ne  m'explique  pas 
bien  pourquoi  on  prononce  ce  mot  avec  ô,  à  moins  que  ce 
soit  à   cause   d'une   contamination   avec  V~^.S^  voir  Lane 

sub  ^!.o,  pi.  c  !a.x.   Est-ce   que   notre  ^i^^Lo»  serait  la  forme 

primaire,  et  alors  iL-^Lo,  chemise,  n'aurait  rien  à  faire  avec 

la  1/    ^^o  qui  a  donné  ^c^o,  cuirasse?  On  pourra  comparer 

Û   -  ù  ,  ù  o 

^i  >  ^_:o  et  ^3>^o,  vhvs.   Le  J>  peut  bien  devenir  o, 

mais  o  >  o  est  plus  difficile.  Dans  les  milieux  purement 
bédouins  du  Sud,  le  inot  \j^  n'est  pas  employé;  vhv.  • 

k_r,>3,  i,  couler  (larmes),  comme  Musil  o.  1.  p.  221,  9.  Cf.  v_j^o, 

et  ^,o,  couler,  vhvs.;  cf.  ,«-^iAiî  Loi,  faire  couler  les  larmes, 

LA  sv. 

*-ij>3,  pi.  ^3,3,   grande  outre  à  heurre  en  peau  de  ranam 

ou  de  wa'l,  Dt.  608.  Cf.  <S^, 

Ojô,  u,  couler,  glisser  en  bas,  à  terre,  ahgleiten,  472,  2;  cf. 
Oji,  i,  couler,  vhv.  —  Avoir  la  diarrhée,  homme  et  bête, 
682, 14,  et  non  pas  seulement  des  oiseaux,  car  cela  se  dit 
en  Dt.  ^\JLw,  fienter;  cf.  1341,3  d'en  bas.  —  Fienter,  =  Ji^ô; 
Tabaqât   d'el-(jumahî  éd.  Hell  p.  25,5.  Cf.  o^j,  LA  sv.,  et 

vj5À=>  LA  sv.;  cf.  sub  ^^jô,  —  OjO,  inf.  de  OjJ,  fienter.  — 

'sJiô,  fiente,  472,  3. 


I 


929 
ol.o,  diarrhée,  homme  et  bête,  Dt. 

j/~)'3>y  vhv.;  K~tj:y,  1643;  1341  en  bas.  El-Qâlî,  AmAlî 

p.  204,  13:  ^\   l\j>I5   (jNJt.,'.  o-J^^3   c:^^^^   03^0  :^_^^L*Jot   Jiï 

.i^Jt  j.  ^xJjJ.   I  el  Qût.  p.  128,15:   \^.à  ^^-j.Ôj  ?|^^xcJI   o^^^ 

^-oJi  w  c>Jli>li"  Lj;'3j,  où  la  dernière  partie  ne  désigne  que  la 
manière    de   se   placer   en   faisant  ce   travail.    I.    Sîdah   XI 

p.  55,11  et  s.:   i,i:A_),3  J^-^i  *aj  àj'  ^i  iÀi>î^  \a«<l>  q,  èi  13î 

j«jwî  ij:.i3Ji^,  »i.NjJ!  ^.<^  :OjjtAw<i  j^!   !ys»|    t»|  i3   !>^»)p^    ^.^'^^    JLJtLJî 

s^.iAj"  Lo,  c'est  à  dire  vanner.  Nous  voyons  donc  que  le  verbe 
est  ^.o  et  (C^ô,  mais  à  présent  tous  les  verbes_j.«  sont  devenus 
^_^«,  à  l'exception  de  _^>  et_^j'^,  p.  343,  vhvs.,  en  Algérie. 

Mais  3.0  est  confirmé  par  le  substantif  83  <3,  p.  939.  Le  sens 
primaire   est  dans  ce  que  rapporte  el-Qâli,  Amâli  p.  204,8: 

aJsjLs^O!    (jrtUJ!    L?;"^    lS"'*    *^3     ^^)'^    ^*,-,<J\'S    v_;'_aJ|     ^n-Jj-^^     '^;'-^5    ^^ 

comme  le   traduit  bien  Lane  the  loind  raised  it  or  made  it 

to  fly  and  dispersed  it,  ce  qui  est  aussi  le  sens  de  .0  yhv.; 
ce  sens  est  encore  très  courant  partout  en  Arabie.  Socin 
Diw.    I  N°  73  v.  27:    ^^L^Jî  k^\j  J.^  u^^.  _>-^3   M^-'  ^^^^ 

lui  ('chappe  et  il  répand  la  poussière  sur  sa  tête;  sur  ^jri^ 

vhv.;   cf.   sub  (Cjj.   Mais  ,cjJ>  n'est  pas  seulement  vanner, 

c'est  aussi  semer,  ensemencer,  a,  i,  141,  1;  1341;  1398,  v.  sub 

oULw;  TIdr.  p.  189  et  s.,  =  wà-j,  vhv.  Le  sens  primaire  est 
jeter  les  semences   en   l'air,   voir  plus  haut  la  définition  de 

^jô  chez  el-Qâli,  de  façon  qu'elles  se  répandent  sur  le  sol  ou 

directement  planter,  en  semant  les  grains  dans  la  terre,  comme 

SAE    IV    p.    147:    en-nâs   en-nahal    yedrû'hen,    les 

hommes  plantent  les  noyaux  des  palmiers,  cf.  ma  MJM  p.  52. 

59 


930 

Eparpiller:  RO  p.  410  N°  135  où  =  ^^^^  et  yj^o.  La  lurah  a 
aussi  ^j}>,  ensemencer,  =  \jô,  u,  Lane,  mais  le  dernier  verbe 
est  selon  LA  vanner^  ce  qui  est  aussi  courant  dans  le  Nord. 
Socin  Diw.  I  N°  14  v.  7  note  d: 
»L(ÀJ  iuvjJu  Qr^L.  .«diUJ  ;?  ,;j^  lXa^^',  ?zoms  fauchons  le  hlé., 

nous  le  transportons  sur  l'aire,  nous  le  dépiquons  et  nous 
le  vannoyis.  On  dit  aussi  dans  le  Nord,  comme  dans  lurah, 
^<À_j,   u,   qui   me   paraît  être  un  composé  de  l\_j  et  ^o.   La 

première  racine  se  trouve  dans  dVj3liÀj  dWpîiA^  lt^^-^^  expliqué 
par  Q^ï"-»-^  et  dans  3ô  ^  =  ^Jlj<ji>;  sa  variation  consonan- 
tique  est  .^_j  =  ^j-*-  Cf.  aussi  .Jv-j  =  ^j-?»  i»  répandre  la 
semence.  Le  classique  oii^  a^^  Kà,  a,  cn'er,  Amâlî  p.  204,  4, 
est  secondaire  et  métonymique;  KJ>  =  l^o,  ensemencer,  est 
primaire.   ^Abîd   b.  el-Abras,  éd.  Lyall  N°  IX  v.  14  dit,  en 

parlant  d'une  chamelle  rousse  i-L*!^  vhv.: 

^   /«67wp  she  lias,  towering  up,  that  opens  loide  the  icood 

of  the  saddle, 
Joined  to  loithcrs  that  are  firmly   set,  compact  with  her 

back-bone. 
Selon  la  traduction  de  l'éditeur.  Je  le  comprends  autrement. 
Le  poète  veut  ici  peindre  la  difficulté  de  monter  une  chamelle 
ayant  une  bosse  très  haute  et  grosse,  et  à  cause  de  cela  le  bât 
glisse  sur  le  éjo,  garrot.  Mais  la  phrase  n'est  pourtant  pas 

très  claire.  D'après  le  commentaire,  ^^i  est  le  pluriel  de  '^Jui, 

L  Sîdah  VII  p.  51,  et  LA  X  p.  168,  5  d'en  bas  dit:  jTî  -xiC^] 

Jô'    (^Q^L»    '^^\    tiUj^5    ^♦i    l.\T.,»r>^    KJsUJ!^    ^->H^!    ^y.    pL-L^Î 
')  ^-«i  =  ^'»-*,  cire  haut,  vhvs. 


931 

LiÀJt  ^  ^y,  *:<^iJ!  QMJtki  |?5  y^L^',  avec  un  verset  où  il 

y  a   ijt*îi!  j*js^^.   Il  ressort  de  cela  que  ^-^  est  un  pluriel. 

jyCSt  xj  L?;'-^"  est  expliqué  par:  ^.j  ^^<-xiy.  ^yCit  L^Ua«  J^j,  où 

^-j  se  rapporte  au  bât,  v.  sub  ^  ^j,  tandis  que  i^j^  se 
réfère  à  la  chamelle,  mais  alors  le  ^o  suivant  ne  peut  se  rapporter 

au  pluriel  «-♦.s  ni  ^•,[j  non  plus.  Si  ^-4~i  était  un  singulier, 

la  difficulté  disparaîtrait,  et  *.j  s'expliquerait  alors.  Le  chameau 
arabe  n'a  qu'une  bosse,  I.  Sîdah  VII  p.  68,  1,  et  l'on  ne  saurait 
parler  ici  de  sommets  de  bosses  au  pluriel.  ef^Lj  ne  peut  non  plus 

se  rapporter  ni  à  la  chamelle  ni  au  bât,  .yS'  étant  du  mas- 
culin en  arabe.  Je  crois  donc  qu'il  faut  lire:  L^  l5;>À-j",  si 
^   est  vraiment  un  pluriel  ce  qui  me  paraît  bien  difficile, 

et  (Jî^Lj  se  rapportant  au  jy-^^  qui  de  cette  façon  vient  à 
glisser  sur  le  éj~:>,  dont  la  signification  exacte  n'était  pas 

bien  connue  des  lexicographes  ').  Le  bât  prend  donc  une 
position  un  peu  inclinée,  ^j.*-^^,  ou  en  avant  ou  en  arrière 
de   la   bosse,   selon  le   sens  qu'il  faut  donner  au  mot  ii]^L>. 

Je  crois  que  le  dernier  cas  est  plus  probable,  à  cause  de  ^JL^J!  ^!. 
La  traduction  de  Lyall  ne  peut  être  bonne  surtout  dans  le 
second  hémistiche  qui  ne  dit  rien  de  pareil.  Ceux  qui  ont 
montés  à  chameau  savent  bien  que  souvent  le  bât  glisse 
en  avant  ou  en  arrière,  si  la  bosse  est  trop  grosse. 

Il  y  a  en  shaurî  un  verbe  dre  =  drey,  monter,  îiinmif- 
steigen,   Bittner   St.   slj.   II   p.  39,  9   que   nous  trouvons  en 


')  Expliqua  LA  XII  p.  292, 3:  ^iî    ^\    ^^Jt-i!    J-ot    o*^'   ^j^ 
•S.    ti3!    (_^w.LâJî  xj   iAi>lj   (^Ài),  niais  aussi  (^c-î-^l-r'    ^y^    \^  .^a    *.-2£ 


932 

mehri  hederû,  arriver  en  haut,  hmaufgélangen,  Jioch  aiif 
den  Berg  hinaufsteigen,  Jahn  SAE  III  p.  173,  Bittner  St. 
mehri  II  p.  111.  D.  H.  Mùller  faisait  venir  ce  dre  de  ,^^o, 

savoir,  en  le  comparant  avec  l'arabe  ^JJo  et  ji-I^î,  Bittner 
St.  sh.  II  p.  39,  qui  paraît  avoir  adopté  cette  opinion.  Or, 
dre'  est  l'arabe   ko,   u,  dans   le   sens  de  3^à_j  ^^"^Li  ',■3=^ 

L*j.^  !_-x   .-A,   LA  XVIII  p.  310,  10  d'en  bas  et  que  nous 

retrouvons  dans  le  substantif  «j.o:  «"iLcî  ^^sJ^  ^  avo,  ib.  p. 

311,3.   Umâmah   b.   Dî   el-Isba'  dit  de  son  peuple  ^Adwân, 

Marâtî  p.  71   v.  1  :  (j:<Ài!  J.  -iJ^j^  Ls'_^  l^ï,  ils  étaient  des 

rois  et  seigneurs  sur  les  hauteurs  (du  pouvoir);  var.  ^^^)  Ji. 
Un  poète  yémanite:  UIj'îJo  j:  ^  ^j^  ^^<^' ,  jioiis  sommes  des 

Himyarites  et  nous  sommes  les  plus  hauts  parmi  eux,  Naswân 
0.1.  p.  40. 

Le  verbe  s».lX-jÎ  c^^-Jv^aj",  ou  j.LLwJ)  =  kJ^  =  ^olc^î,  voir 
sub  |*->L«.,  Llw  et  çj_5,  qui  sont  synonymes,  n'est  pas  préci- 
sément un  dénominatif  de  Bj^ô,  puisque  la  racine  ^jô  ren- 
ferme déjà  l'idée  de  hauteur,  sowmet. 

^j^i  pl-   'K>3   ou  iî,o  et  oîyjJ»,  o>5,ô  ou  o'^j^j   est  encore 

chez  les  ""Anazeh  le  sommet  de  la  bosse  du  chameau,  =  Sud 

j.L_Lv«,  qui  offre  la  même  sémantique  d'être  haut,  voir  sub 
j»>_;_Av,  j^-^  et_^«.    A^oir  Socin  Diw.  Gl.  sub  Hj^ô  et   Hess 

Islam  IV  p.  315.  Une  locution  proverbiale  dans  le  Nord  est: 


z7  n'oubliera  'pas  cette  journée  (de  secours  qu'il  a  promise), 
quand  même  les  chameaux  marcheraient  sur  leurs  bosses  et 
les  piétons  sur  leurs  barbes,  ma  L  B  'A  p.  54,  3  d'en  bas. 
Un  bédouin  de  Syrie  m'a  fourni  une  "atâba  oîi  se  trouve 
ce  verset,  Arabica  III  p.  30  n.  (corrigée  ici): 


933 

iJ^  ,ye  we  trahis  pas  l'ami  en  le  trompant 

Je  conduis  les  chameaux  qui  marchent  sur  leurs  bosses. 

^j-^yo"^!  o^vjJ»  sont  les  chameaux  (non  pas  les  chevaux)  qui 

partent  pour  une  expédition  de  l'émîr  de  Hâil.  Diw.  Hodeyl. 
Wellhausen  N°  215  v.  4: 

LJij.iJ!    .^lA-ai!    ,*^\/iJLj    |^^j«pj3       (^.lÀJt  Jsc  (1  ^j:ûL5A4.iî  iM»r-îJ^J  '-«jj^ 

(Ce   sont)   des  hrros  qu/i,  renversent  les  chajnelles,  prêtes  à 

mettre  bas  '),  su?'  les  bosses  (pour  les  égorger) 
Et  qui  donnent  à  profusion  la  graisse  dans  les  marmites 

bouillantes. 
Labîd,  N°  XXXIX  v.  87,  dit: 

Ivrogne  (v.  p.  847, 7  d'en  bas)  il  efface  sur  les  sommets  des  bosses^ 
la  souillure  (provenant)  des  jambes  (coupées)  avec  le  sabre 

tranchant  et  ébrécJté. 

J'ai   observé,    à   la  fête  d'el-'^Imâd   près   Aden,   le  même 

procédé  de  nettoyer  le  sabre  avec  lequel  on  avait  coupé  les 

jarrets  de  la  5j^«-c,  Hdr.  p.  459  ss.,  Sanfarà  Stud.  I  p.  63, 

sur  la  bosse  de  la  victime.  Le  sabre  est  ébréché  J_s!,  vhv., 
à  force  d'avoir  tant  servi  à  cet  effet.  L'épithète  renferme  ici 
un  louange  de  générosité.  On  voit  donc  que  non  seulement 
les  mots  sont  restés,  mais  aussi  les  coutumes.  Hodeyl. 
Wellh.  N°  105  V.  7: 

!.L^_*J!  ^^^J-.*.:s\j   j-L/i^JI  v'^^j      "'j^  ci^  C)^  r^7*^  ^O^^^  ls^) 

(Qu'er-Ralnnàn  arrose)  par  un  orage  (dont  le  roulement 
est   tel   qu'on  dirait  qu'il  y  a)  sur  ses  hauteurs  (=  les 

hauteurs  du  jF-xi) 
Le  convoi  de  la  Syrie  portant  la  cargaison. 


>)  Gâhi?  Muhâsin  ji.   1:34;    pi.    (ji^jL^,  Miirâti   p.  07  v.  5. 


934 

LA  V  p.  151.  Wellhausen  traduit  h\.ô  Js^  par  sur  les  hau- 
teurs de  Hazm  (nom.  loci),  mais  le  pronom  se  rapporte  ici 

à  j^y>-  [•L'i^^'  v'^  Gst  rendu  par  voitures  syriennes,  ce  qui 
est  aussi  impossible,  v'^.  est  un  collectif  et  doit  se  rendre 
par  convoi  ou  caravane.  LA  I  p.  414,6  d'en  bas.  U^y^\ 
j^^LsJ!  est  le  terme  techique  pour  le  convoi  ou  la  caravane 
d'un  sultan  ou  d'un  prince  régnant  et  se  rencontre  souvent 
chez  el-Hazragî  dans  son  Histoire  de  la  dynastie  rnsoûlide 
du  Yéman,  p.  e.  I  pp.  319, 1  et  360,  7  d'en  bas,  que  Red- 
house  traduit  par  ^^the  suprême  cavalcade";  nous  dirions 
aujourd'hui  le  train  royal,  Hofzug.  Diw.  Qays  b.  el-Hatîm 
N°  V  V.  27:  _ 

Nous  avons  avec  tios  châteaux  et  nos  propriétés  environnantes, 
Entre  leurs  hauteurs  (où  sont  situés  les  (.L->T),  des  pal- 
meraies pliant  sous  leurs  fruits. 

Kowalski  traduit  ici  (C^o  par  Schutzwdllen,  re^nparts,  ce  qui 

ne  me  paraît  pas  exact,  car  les  (.L>!,  =  o^^^'  ^^"^^  situés 
sur  des  hauteurs,  et  ils  n'ont  alors  pas  besoin  de  remparts.  Les 

("o^Li^  (=  *.-^  ^f^.  à^^i  comment.),  qui  exigent  beau- 
coup d'eau,  ne  peuvent  être  situées  en  dedans  d'un  rem- 
part,  mais  en   bas  des  (C^o  des  châteaux.   Voilà  pourquoi 

■35.0  a  ici  le  sens  que  je  viens  de  lui  donner. 

_  3 
Js^^uJ!  i_c^ô,  les  sommets  des  palmiers,  Ka'b  b.  Zoheyr  N°  10 


')  Ayant  attentivement  étudié  le  Diw.  des  Hodeylites,  j'ai  constaté 
que  Wellhausen,  très  souvent,  n'a  pas  compris  le  texte  et  qu'il  faut 
toujours  contrôler  sa  traduction. 

-       o        ^ 

-)  Malgré  ce  comment.,  on  peut  aussi  penser  h  Oj-^s^^^*,  terre 
labourée,  de   uîj-^,  i,  labourer  la  terre,  Hdr.  Gl.  sv.,  ce  qui  n'est  pas 

contredit  par  l'épithète  oiio. 


935 

V.  14.  (Cjo\j  est  monter  sur  un  '^f  pour  guetter  rennemi. 
Nous  voyons  donc  que  dre,  md)itei\  <  ,^^3  <  ^^o,  a  de 
profondes  racines  dans  l'arabe  même.  Ce  sens  de  monter^ 
être  haut,  s'élever  en  haut  ou  quelque  chose  d'analogue  s'est 
conservé  non  seulement  dans  les  dialectes  du  Nord,  mais 
aussi  en  mehri,  où  hederu,  B  sh.  II  p.  39,  est  un  J-*-a-5^, 
correspondant  à  l'arabe  J^*î!  des  verbes  de  direction,  comme 
ceux  que  rapporte  I  Sîdah  XII  pp.  50  et  51;  cf.  ici  sub 
b,  u,  p.  875.  L'on  peut  se  demander  quel  rapport  sémanti- 
que il  y  a  entre  Lo,  i,  u,  soulever  la  poussière  et  se  sou- 
lever, LA  XIII  p.  309, 13,  =J^,  ^  et  p. 

Le  verbe  classique  i^o,  pousser,  se  'précipiter  sur,  est  une 
variation  de  ^.o,  vhv.,  mais  ce  thème  renferme  aussi  un 
sens   qui   coïncide  avec  celui  de  ^jô,  dans  ses  dérivés,  ^rro- 

téger,  chercher  un  abri,  demander  protectio?i;  voir  sub  l^o.  — 

(fijj,  semer,  ensemencer,  528,  3.  —  Vanner,  Bédouins  du 
Nord,  Hauran,  Syr.  et  Palest.  Musil  o.  1.  p.  303,1.  Amâlî 
p.  204,  voir  p.  929,  4.  Livre  des  Avares  p.  140,  2.  La  qasîdah 
d'es-Sahgah  de  Qâsim  el-Hinn  de  Haurân  porte  ces  versets 
(mètre:  ^-1  i- I  i-  1^): 

Qiim-nan-hàtt-ed-dàrâyàt  (voir  shv.) 
Dàrreynàha  '"al-rarbî" 
Wèl-magàtif  mawgûdàt 
Nous  avons  posé  les  pierres  de  protectio7i 
Nous  avons  vanné  par  le  vent  de  l'ouest  '), 
Et  les  grands  tamis  se  trouvent  lé(. 

Dans  cette  qasîdah,  senier  est  (j=^o  et  ^^j;  vanner  y  est 
aussi  ,sj3.  LA  XVIII  p.  310  en  haut:  ^y>,  u,  et  ^jù,  van- 


')   Le    vent   de    l'ouest   étunt   plus    luimide   enipéclie    les   grains    de 
tomber  en  dehors  des  oLjÎ^o. 


936 

ner.  —  Abriter,  1341,8;  1643.  Cf.  c^o  dans  quelques  accep- 
tions aualogues,  et  o^o,  abriter  quelqu'un  de;  dérober  quel- 
qu'un à  la  vue  de  et  s'abriter  de,  etc.  Marçais  TAT  p.  297  sv.  - 
^,!J»,  >  (Cjb,  abriter;  protéger,  défendre,  avec  J^,  Dt.  Spiro  sv.- 
i^j^i  chercher  un  abri,  se  mettre  à  couvert,  332  n.;  1399,  7; 

1604;  1643  =  ^^ÀJL>wS,  et  ^yCo*^  vhv.,  comme  LA  XVIII 
p.  310,11  d'en  bas;  I.  Wallàd,  éd.  Brônnle  p.  50.  -  Cher- 
cher 7'efuge  ou  protection  auprès  de  quelqu'un,  332  n.  = 
Js£  d-=>^,    Nord,  vhv.    A.  Tanger,  dderroq  est  chercher  à 

s'abriter,  Marçais  o.l.  p.  297.  Mais  (^,à,3  est  aussi  monter: 

à^^  i3  <sp^i  ''monter  dans  la  montagyie,  Nord,  voir  ce  qui 
précède. 

(^  L\j'  >  (£jîA-j  >  (^,'^>^"'  >  i^J'^^i  être  ou  se  mettre  à  l'abri, 
être  caché,  Dt.;  Spiro  sv..  ^^j>  >>^jL>:  ;_cjtiAj  oS^t^,  et  il  vou- 
lait se  mettre  à  Vabri  sous  une  (à  côté  de)  boutique,  Bâsim 
p.  4,  12. 

^.Ax-I,  chercher  un  abri,  se  mettre  à  couvert;  chercher  pro- 
tection, se  réfugier  auprès  de,  =  ^j^  et  ^^Ji^J^\  vhvs..  Ijj^ 
2jO  (J^  J-^-w_J!  é3  î.o  j.  ,j:.l\-x_wj  (^àrréna),  allons  7ious 
mettre  à  l'abri  de  la  pluie  sous  ce  hangar-là,  Dt.;  cf.  J.lNj^J  p.  817. 

Beaussier  sv.  é^y}>  ^S  ^.Jkj.^,  nous  nous  réfugions  auprès 
de  toi  en  nous  mettant  sous  ta  protectio7i,  Tab.  III  p.  348,  7, 
qui  est  aussi  une  bonne  expression  datînoise,  =  j^yCo^.  On 
dit  en  Dt.:  lilLÎ  j.  U!,  je  suis  sous  ta  protection,  comme 
Amâlî  p.  204,  5  d'en  bas:  ^-^  j^^j  J,  q*^  JL2j  =  \IIj3i  \^o  J., 
et  ib.  ï-js^^!  -ijwj  JcLw!  =  U^o  j  ^.  Ce  sont  là  des 
expressions  courantes  dans  notre  dialecte. 


937 

(j:.ô>;^3,  dàri,  souvent  aussi  prononcé  diri,  semence,  141, 1, 
mehri  dêrî.  Au  ûg.descendant,descendance, progéniture, rejeton, 
457;  1579  d.  1.;  \605,  =  £^ô.  RO  p.  241,  9  d'en  bas:  ê^^ô 
(OÙ  faute  d'impression).  On  peut  traduire  Genèse  XVII  v.  7: 

^"•inN  ^i;^i  1^51  ^:^n)  1^5  ^n^l?  hn^  \"lOi?ni  par  j.^^  ^a^  ^ij 

liJcXju  (j^  eV.j^J>  ^J^_)J  ^i^:^-J^-    De  même  Lev.  XXI  v.  17:  ïï'^* 

^^llP;  par  ti)^j^ô  (j^  ^La^jL   Torczyner  o.  1.  I  p.  122  le  rend 

fort   bien   par  Samen,   semen   virile.-  -Mais  ^j-J  serait  aussi 

bon  =  ,_y-«  et  ^Ajj,  LA  X  p.  4,3.  Du  reste,  Aj  a  le  même 

sens  figuré;  HD  p.  9,21:  ubràt  'ayàl  béder  bu  Zeyd, 
elle  désirait  avoir  des  enfants,  progéniture  d'Abu  Zeyd,  = 

Dans  leur  s^jc,  =  s^^,  plusieurs  tribus  du  Sud  se  servent 
de   ce   mot,   là   où  d'autres  tribus  disent  v*-:^P'  1^- ©•  cr;^  ^' 

^^^!,  j?e  suis  la  progéniture  des  S.;  les  8uhùr  font  partie 
des  ^Ui2j!  Jj.L^j  Index  p.  1822.  Les  *JL£  J.»?!,  du  pays  indé- 
pendant de  AJt^JI,  V.  Index  p.  1821,  disent:  jjU  J^î  i^.J  Ijî. 

La  parole  de  ralliement  des  descendants  du  seyh  vénéré 
^Omar   b.   Sa^îd   est  ^^  (j:.o  Ljî,  457.  Autres  exemples,  1579 

d.  1.  et  sub  vr^-  Cf.  I.  Wallàd  ^=!  _^3>  ]^jOt  J^  ^^S\  U  JULj 

s.o,    ;/?///e^,   pa.ssim.   Ilehn   Kulturpflanzen   p.  492.    Nôldeke 

Beitrâge  II  p.  164  dit:  „ao  se   trouve  déjà  dans  I.  Hisàm 

575,  11;  c'est  pour  »i.3  et  appartient  à  i,o,  HCA ,  répandre, 
semer,  qui  doit  être  séparé  de  Viî,  ^i,  p  .;  mais,  bien  en- 
tendu,  proche  parent  de    rnî,   -i:,,,  ^_=^j,  H<J.<d".  Les  lexico- 


938 

graphes  arabes  disent  que  s^ô  provient  de  V~ijô  ou  ^jô  > 
ij^o  avec  le  »  remplaçant  la  lettre  élidée,  et  la  forme  ^omâ- 
naise  drau,  RO  §  21  (d  à  cause  du  r),  semble  confirmer 
cela,  mais  Nôldeke  peut  bien  avoir  raison,  vu  l'analogie  des 
autres  mots  similaires.  En  revanche,  je  ne  suis  pas  bien 
persuade}  qu'il  faille  séparer  ces  thèmes.  Je  crois  que  tous 
ces  vérités  proviennent  d'un  thème  sémitique  commun,  qui 
varie  selon  les  différents  parlers:  >  .i,  ,^,  j^j  ;jj  1341  en 
bas,  et  qui  ont  été  élargis  ensuite  en  trilittères.  La  thèse 
de  Nôldeke  est  probablement  motivée  par  mon  exposé  Hdr. 
p.  189  et  s.  Je  n'ai  pas  changé  d'avis  depuis  sur  l'étroite 
parenté  de  ces  verbes,  qui,  par  leur  similitude  dans  toutes 
les  langues  .  sémitiques,  sont  d'un  grand  intérêt  historique. 
La  permutation  de  3  et  ;  est  commune,  et  ^ ,  ;  s'expliquerait 
comme  L\j,  (^u\j  et  co\j  vhv. 

Brockelmann  o.  1.  I  p.  134  n.  dit:  „sur  d^raq,  répandre 
(streuen)  et  d^ra^  semer,  formés  par  dissimilation,  voyez 
§  85  d",  où,  à  son  tour,  ib.  p.  237,  il  donne  le  jud.  aram. 
d^raq  à  côté  de  zëraq,  répandre,  et  d^ra^  à  côté  de 
zera^  semer,  comme  exemples  d'une  dissimilation,  en  hébr. 
et  en  aram.,  du  z  en  d.  Il  aurait  aussi  bien  pu  citer,  il  me 
semble  ^=y  et  ^^y  Fraenkel  ZDMG  59  p.  252:  „J?"n  et  pil, 
contre  -^^i  et  .^-^i,  peuvent  provenir  d'une  véritable  permu- 
tation". Je  crois  que  cela  est  juste. 

La  a^j  est  donc  la  semence  par  excellence,  et  sa  culture  est 
très   répandue   dans  le   Sud.    Elle   est    aussi   appelée  ,.L*_j, 

vhv.,  la  nourriture  par  excellence,  comme  ^ciy^,  pain,  l'est 
aussi  et  comme  la  viande  pour  nous,  <  viv-ande  <  vivenda, 
vivres,  yiourriture,  <  vivere,  vivre. 

Ko  ou  ^j3  d'après  I.  Wallâd  p.  50,  abri,  protection,  Dt.,  1603 
=  ^^jJS  vhv.,  comme  L  Sîdah  V  p.  117,4  d'en  bas:  ^^jXJt 
t_c.3JL  Ce  mot  a  presque  le  même  sens  que  le  classique  2^0. 


939 

Diw.  Hodey].  Wellh.  N°  232  v.  4:  ^30  .^o  "^  j^}^  LIJ, 
lorsque  je  les  vis  et  qu'il  n'y  avait  aucune  défense  contre  eux. 

Je  crois  que  c'est  le  même  mot  que  LJ»   et  que  les  thèmes 

1^0  et  (j^jO  sont  au  fond  identiques,  mais  alors  i^.ô  est  i)ri- 
maire,  et   le  o  a  perdu  dans  le  Nord  son  interdentalité,  >  o. 

notre  château  est  <Hevé  au  dessus  du  Wâdi^  et  lorsque  le 
torrent  vient,  nous  sommes  à  l'abri  de  son  atteinte,  -Awlaqî. 

Cf.  Zoheyr,  mon  édit.,  p.  178,  où  J.aaJ!  ,^  3>^'^>  LA  XVIII 
p.  310,11.  RD  Gl.  sv.;  Meissner  MSOS  VI,  11  p.  78  N°3: 
ya  bu  Fadel,  ya  derâna  ô  père  de  F,  ô  notre  refuge 
(mètre  en  désordre).  Socin  Diw.  Gl.  sv..  Amâli  p.  204,  5  d'en 

bas.   En  Egypte,  dire,  <  ^5;^?  ©st  ime  clôture  des  champs, 

O  O 

=  »5;^)  pl-  o'^^'-^  chez  Spiro,  shelter,  parapet,  entrenchment,  ce 

qui  est  devenu  hangar  chez  Bc,  Dozy  sv.  et  S5.0,  écran, 
Dozy  I  p.  438.  '    , 

L3j'^^  Pl-  ^Ji^,  chez  Meissner  MSOS  VI,  11  p.  87,  4:  gafra 

felâ  rêr  ed-duwâri  wil-higâr,  désert,  campagne  soli- 
taire, où  il  n'y  a  que  tourbillons  de  poussière  et  pierres,  où 
dira  fut  expliqué   par   hauwa   elladi   bîh   ^agâg;  voir 

Lane  sv.  ^.3. 

iot^o,  van7iage.  Nord,  Musil  o.l.  p.  303,  9  d'en  bas=  pal.  S3L0. 

85^0,  ensemencement,  Dt  J^pf  (vhv.)  o^:s\àit  L*:>  j:^^  ^^:,^^  ^j^i 

ï^.lXJ!  ^yLjii  "bJ  i^^jjc/)  Lj  jcJ^\,  je  te  donnerai  cent  talleris 

lorsque  les  propriétaires  auront  fini  les  semences,  c'est-d-dire 
lorsqu'on  aura  fini  la   derûwah.    On   voit  que  la  K^^vO 

reparaît  ici.  Snouck  ZA  26  p.  223  donne  «3.0  ou  b^o,  ense- 
mencement. Voir  p.  929,  4  sur  <^*,jC> . 


940 
J'ai  cité  p.  937  en  bas  l'opinion  de  Nôldeke  qu'il  faut  séparer 

V'  ^y»  ^fy'  ~^'''  i'?'  "'^®'  ^^  CJj'  ^"^^'  x'V  '^^  ^^  ^^^' 
prends  pas  qu'il  ait  pu  soutenir  une  telle  thèse.  Au  contraire, 
je  vois  une  étroite  parenté  dans  tous  ces  thèmes.  p"iT  et  les 
formes  correspondantes  araraéennes,  Ges.-Buhl  sv.  et  Brockel- 
mann  o.  1.  I  p.  237,  répandre,  streuen,  >  semer,  ne  sont 
que  des  variations  consonantiques  d'un  même  thème.  Akkad. 
zarâqu,  épandre,  verser  (eau,  huile  dans  le  culte),  Zimmern 
Akkad.  FW  p.  66,  qui  y  dit:  >  peut-être  hébr.  zâraq, 
même  sens  cultique.  Akkad.  salâhli,  éjmndre,  arroser 
d'eau  etc.:  >  peut-être  aram.  zëlah,  même  sens".  Même 
l'égypt.   sa-ra-'^a,   disperser,  rparpiller.  Dans  Hos.  7,9    D^ 

13  np"iî  nD''t^,  nous  avons  l'équivalent  arabe   S^j^^  ij^^j  t^jS 

{jJ.^  (^î  s'_jô  iol-i::  u\ï5  t.o  LlXj,  Amâlî  p.  203  d.  1.,  d'après 

el-Asma'î,  et  3f.3  =  <^-*-i,  LA  I  p.  73/4,  ou  comme  nous 
disons  la  tête  est  parsemée  de  sel  et  de  poivre.  Ges.-Buhl 
rapproche  p~iî  de  o'i,  se  glisser  furtivement,  couler,  en  citant 
mes  Prov.  et  Dict.  p.  379.  Voir  1769/70.  En  Dt.  c'est 
repousser  =  :^ô .  Mais  je  ne  sais  si  l'on  pourra  identifier 
o^j  et  ^y,  jeter,  vhvs.;  cf.  <J^Ô  et  ^^j,  dans  un  sens  spécial. 
Il  y  a  deux  thèmes  homonymes  ^ô.  Le  premier  a  donné 
î.o,  3.0,  ^^.3,  semer,  vanner,  et  ^J,  répandre  (du  grain  etc.), 
.0.3  son  intensif;  métathèse  à>^=^j^j,  comme  ^>o  et  ^,  et 

la  variation  .i  vhv.  Le  sens  primaire  est  ici  épandre-  épar- 
piller. Le  second  thème  ji  a  donné  !^ô,  3^v3,  qui  doit  avoir 
le  sens  ^'être  haut,  monter,  voir  p.  932,  avec  les  dérivés 
S3;^j  p.  932,  le  mehri  =  slj.  dre,  monter,  p.  931  en  bas,  et  qui 
pourrait  bien  être  parent  (?)  de  ]/  ^^ ,  >  ^^  et  k^^^  ,  vhvs.,  > 
^^,  L  Sîdah  XIV  p.  241:    v>^'  "7^  =  ty^  ^^  jr^"'  i^^^^ 


941 

aussi  de  _^^  et  sa  variation  y-w,  être  haut,  vhvs.  Cf.  ^'J\  i, 
=  cUi ,  u,  voir  p.  905,  répandre  >  divulguer.  Ou  bien  est-ce 
le  même  thème  qui  a  pris  deux  directions  sémasiologiques? 
Lorsqu'on  épand  ou  éparpille  une  chose,  on  la  jette  plus  ou 
moins  en  l'air.  Cf.  AS  vhv. 

Or,  quel  est  le  rapport  entre  Loj^^ô,  ^^ô,  semer,  vanner, 

et  (jîvO,  (^xO,  L?;^')  Lfi^^-^^-K  abriter,  s'abriter?  Pour  le 
moment,  je  m'abstiens  de  toute  conjecture.  On  est  en  droit 
de  se  demander  si  le  thème  OjO,  vhv.,  n'est  pas  primitive- 
ment us.o  et  apparenté  à  (C^^ ,  les  deux  ayant  le  même  sens. 
H.  Môller  Sem.  u.  Indogërm.  §  198  et  §  224  veut  égale- 
ment séparer  le  serait,  primordial  l/~(l-r,  répandre,  de 
l/~z-r,  semer,  mais  je  ne  l'accepte  que  pour  quelques  cas, 

nullement  pour  Lo,  3.0,  gi.o,  sem.er,  va,nner,  et  ^y^,  semer. 
Son  identification  du  sémit.  d-r  à  l'indogerm.  s  ter  (stv) 
me  paraît  -bien  risquée. 

—ci,  a,  faire  peur,  effrayer  =^  £;-*•  Naswân  0. 1.  p.  38: 
cjIS!  y:jJ!,  =  LA  sv.  De  la  même  K"~p3  proviennent  v^co 
et  v^.Ai',  p.  910,  effrayer.  Peu  usité  pour  ^3. 
^J>,  a,  >^£:J»,  craindre,  s'effrayer,  1272,  8;  1501  n.  3.  — 
S'effaroucher,  aller  à  la  débandade,  1561  et  n.  3.-  Ce  n'est 
pas  pour  le  classique  ^ô.  Le  classique  J3,  vhv.,  =  ^ji,  LA 
sv.,  n'en  est  qu'une  variation  et  cela  rend  la  vocalisation  du 
~EJ  classique  douteuse  pour  le  -co  dialectal;  elle  m'a  tou- 
jours parue  suspecte. 
.c3,  faire  peur,  effrayer,  effaroucher,  ■=  .cot,   1501  n.  3;  Cf. 

^ô  vhv. 


942 

O    3  w  O     3. 

j:3,  frayeur.  ^^,Lwj"b5l  i^j^..  ^Aiî,  /a  frai/eur  fait  chler  l'homme, 
Dt.,  aussi  dans  la  lurah,  LA  sv. 


/' 


^'ô  et  ^J^\  comme  terme  de  grammaire  pour  le  masculin  et 
le  fémini7i,  660  n.,  où  il  y  a  une  observation  extraordinaire 
de   la  part   de  mes  Datînois.  Une  autre  fois  je  demandai  à 

un  Bédouin  datînois;   iuis'^  j.^!/  fj-^^  é^XJ^  Jd^\  ijil,  quelle 

différence  fais-tu  entre  k  a  1  à  m  et  k  i  1  m  e  h  ?  Il  répondit 
(1  ^!  iLjiS'j  -S 3  j.'^L5',  kalâm  est  mâle,  et  kilmeh,  femelle. 

Il  ne  savait,  pas  plus  que  les  autres,  lire  ni  écrire  et  n'avait 
aucune  notion  de  grammaire.  Ce  n'est  pas  là  l'unique  occasion 
où  l'on  m'ait  fait  la  même  différence  entre  S  S  et  ,  Jot .  Plus 
d'une  fois,  j'ai  reçu  la  même  réponse  par  les  ""Anazeh  et  les 
Qasîmites  dans  le  Nord  de  l'Arabie.  On  ne  prétendra  pas 
que  ce  soient  là  des  traductions  des  termes  grec  et  latin. 
Partant  du  fait,  pour  moi  indéniable,  que  la  genèse  de  la 
terminologie  grammaticale  primitive,  qui  est  d'une  grande 
simplicité  encore  tâtonnante,  est  née  sur  le  sol  et  dans  le  sein 
des  Arabes,  ma  LA  p.  39  en  bas,  j'attribue  la  dénomination 
de  J'J  et  |_<r-^'  à  la  structure  morphologique  même  de  la 
langue  arabe.   On  ne  sera  pas  d'avis  de  Schwally,  à  propos 

de  l'étymologie  de  y'ô,  homme,  qui  se  trouve  dans  presque 
toutes  les  langues  sémitiques,  Ges.-Buhl  sv.,  répétée  par 
I.  Guidi,  Riv.  St.  orientali  Vol.  VII  p.  905.  La  plus  an- 
cienne étape  de  ce  mot  est  l'akkad.  zikaru,  zikru.  On  ne 
saurait  prouver  que  ce  soit  le  même  mot  que  le  verbe  sérai- 


')  Prononcé  iinta  =  cl.  (jr-*-^';  sur  le  paradigrno  fihniiiin  j^^-L*^, 
quant  à  la  forme,  mais  ^Jr*-^^  provient  fFune  racine  j-wwJ  /  j_a_j  = 
h'^N  <  ins:'!,  où  la  voyelle  initiale  est  prosthétique.    Cf.  ^c*^-^^- 


943 

tique  commun  /ô,se  souvenir,  réfléchir,  et  en  akkad.  zakâru, 
sakâru,  saqâru,  nommer,  parler,  etc.  On  pourrait  dans  ce 
ces  comparer  l'allemand  Mensch,  ind.  igerm.  man,  penser {?) 
En  arabe  et  en  hébr.,  le  féminin  est  marqué  par  la  dési- 
nence ah>a,  provenant  d'un  at  primaire,  qui  reparaît  au 
5^.  cstr.  et  devant  les  suffixes.  La  finale  a  t  est  encore  vivante 

dans  les  lettres  d'Amârna:   humitu,   nçin,   i:_^j._:>,    vhv., 

labitu,  "in'p,  icjj  ou  i<^i,  vhv.;  elle  n'est  pas  seulement 

(a)t<*-at,  comme  le  pensent  Bauer-Leander,  Hist.  Or.  der 
hebr.   Sprache  p.   229,   car   on   ne  saurait  séparer  l'a  du  t, 

qui  s'est  conservé  dans  ^kxî  et  dans  a-ba-da-at,  Amârna, 

ib.,  niDi^  =  ooLi  =  oiAxjt.  Dans  cette  désinence  ah  >  a,  on 
entend  souvent  le  h.  Elle  n'est  pas  non  plus  uniquement  h, 
comme  le  dit  Schaade,  Encyclop.  de  l'Islam  I  p.  400  b,  mais 
a  h ,  et  si  l'on  trouve,  dans  les  plus  anciens  ms.  du  Qorân, 
un  h  final  dans  les  mots  à  désinence  féminine,  même  au 
cas  construit,  cela  ne  prouve  pas  qu'on  ait  prononcé  -ah  au 
lieu  de  -at.  Plus  tard,  lorsque  la  graphie  se  fut  plus  affermie 
d'après  la  prononciation,  on  a  exprimé  la  finale  ah,  par  -  »,  pour 
indiquer  cette  double  prononciation  de  la  finale  féminine  avec 
ou  sans  annexion.  D'abord,  elle  est  donnée  aux  êtres  vivants 

du  sexe  féminin,  p.  e.  s!„xi  >  »^_x  et,  avec  prothèse,  a'j-*', 
femme,  iLLi>L,  chamelle,  =  'iLi[i,  iLJl5',  chienne,  etc.  Ensuite, 

elle  fut  étendu  à  des  noms  ne  se  rapportant  pas  cà  des  êtres 
vivants,  tels  que  s,_àj>,  fosse,  iLiJ,  langue,  vhv.,  avec  con- 
servation de  l'u  de  la  racine,  <syài,  vhv.,  i^-xï,  vhv.,  etc., 
tandis  que  les  épithètes  se  rapportant  uniquement  à  un  être 
féminin  n'ont  pas  cette  désinence  féminine.  Les  Arabes 
savent   donc   fort  bien  que  la  finale  ah>a  est  le  signe  du 

f(''minin.  Alors,  rien  d'étonnant  qu'ils  appellent  iUb',  >  '\*.)S, 


944 

un  mot  an  ta,  féyyiinin,  et  j.^iy,  qui  n'a  pas  cette  désinence, 
dakar,  masculin.  Le  terme,  devenu  grammatical  sous  la 
forme  ^j^  et  vi/._j^,'est  donc  surgi  naturellement  de  la 

structure  morphologique  de  la  langue  même.  On  n'a  vrai- 
ment pas  besoin  d'avoir  recours  à  une  terminologie  corres- 
pondante des  peuples  plus  raffinés  non  arabes  pour  élucider 
la  genèse   de  la  grammaire  arabe.   On  pourrait  alors,  avec' 

autant  de  raison,  dire  que  ^^-s-a  et  j--»— >  ne  sont  que  des 
traductions  de  singularis  et  de  pluralis,  mais  je  suppose 
que  les   Arabes   ont   toujours  pu  distinguer  s'il  y  avait  un 

oAa  wJl5' ou  des  ^>  >_j^l/.  Je  dis  la  genèse,  660  n.  1,  car 
l'influence  étrangère  n'est  venue  que  plus  tard  lorsque  les 
savants  de  Koùfa  et  de  Basra  se  sont  mis  à  l'oeuvre. 

Cette  terminaison  féminine  a'e  s'est  encore  conservée 
dans  plusieurs  langues  européennes  modernes,  p.  e.  belle, 
schône  =  vackra  (suédois,  avec  l'article  précédent).  Les  adjec- 
tifs fém.  grecs  et  latins  finissent  le  plus  souvent,  en  ^  et  a: 
y,x>.y,,  formosa,  pulchra,  mais  gracilis,  etc.  Il  est  donc  tout 
naturel  qu'on  appelle  un  mot,  à  désinence  féminine  a,  féminin 
et  les  autres,  masculins,  à  l'exemple  des  Grecs  et  des  Latins. 
Il  y  a  des  exceptions  dans  toutes  les  langues.  Les  mots 
qui  n'ont  pas  cette  terminaison  féminine  sont  assez  marqués 
comme  féminins  par  leur  sens  intrinsèque,  p.  e.  mulier. 
Domus,  =  vIo,  fém.  dans  la  lurah,  fait  exception.  En  arabe, 
il  y  en  a  de  30  à  40  qui  figurent  chez  I.  Sîdah,  et  qui, 
malgré  l'absence  de  cette  désinence,  sont  du  féminin.  Mais 
dans  les   dialectes,  ces  mots  sont  le  plus  souvent  du  genre 

masculin,  ^j*^^-^  est  dans  la  lurah  féminin  parce  que,  à 
l'origine,  c'était  une  divinité  féminine;  en  allemand  et  en 
suédois,  les  mots  Soime  et  sol  sont  restés  féminins.  Mais  si 
vous  demandez  à  un  Bédouin  si  ^J^.4-^  est  jS'ô  ou  (_c-^'>  il 
vous  répondra  /i,  parce  que  le  mot  n'a  pas  la  terminaison 


945 

féminine,  et  il  ne  connaît  pas  la  vieille  cosmogonie  sémi- 
tique. La  plupart  des  mots  qui  chez  les  grammairiens  figu- 
rent comme  étant  des  deux  genres  sont  à  présent  du  mas- 
culin chez  les  Bédouins  du  Nord  et  du  Sud.  Il  y  a  ici  aussi 

des  exceptions,  ou  plutôt  des  différences  locales;  ainsi  i_j^o 
et  vjij^.L),  vhvs.,  p.  728/9,  sont  dans  certains  dialectes  du  fém., 

probablement  par  analogie  avec  3ob>  et  KX-w,_vhvs. 

Il  n'est  pas  superflu  de  faire  observer  ici  que  le  t  du 
féminin  existe  également  dans  les  langues  germano-scandi- 
naves;  p.  e.  Flucht,  fuite  <  fliehen^  fuir^  Zucht,  élevage,  < 
ziehen,  etc.;  flygt  Csuédois)  < /?//pa,  voler,  etc.  Je  ne  suis  pas 
à  môme  d'expliquer  cette  désinence,  qui  correspond  cepen- 
dant à  la  même  désinence  sémitique  a  t  >  a  h. 

Nous  savons  que  l'akkadien  avait  l'i'râb,  absolument  comme 
en  arabe.  On  a  même  trouvé  des  syllabaires  dans  cette 
langue.  Il  a  donc  dû  y  avoir  des  noms  pour  le  mascuhn 
et  le  féminin,  de  même  que  pour  les  autres  formes  de  la 
morphologie,  sans  quoi  l'enseignement  scolaire  aurait  été 
impossible.  Du  moment  que  les  Arabes  ont  si  religieusement, 
dans  leurs  poésies,  conservé  l'i^râb,  jadis  commun  à  toutes 
les  langues  sémitiques  —  et  les  restes  en  sont  encore  là  pour 
le  prouver  —,  on  est  en  droit  de  supposer  qu'ils  ont  aussi 
pu  conserver  une  partie  de  la  terminologie  grammaticale 
depuis  le  temps  qu'ils  étaient  sous  la  domination  et  l'influence 
de  la  Babylonie.  La  concordance  du  grec  ovofx.iX  avec  l'arabe 
jv-jwî,  comme  terme  grammatical,  ne  prouve  pas  que  les 
Arabes  l'aient  emprunté  aux  Grecs,  ainsi  que  le  pense  Nul- 
deke  ZDMG  59  p.  414  dans  sa  critique  de  ma  LA.  Qui 
sait  si  nous  n'allons  pas  un  jour  constater  que  le  fond  de 
la  terminologie  grammaticale  grecque  vient  de  l'Orient  sémi- 
tique, comme  tant  d'autres  choses  dans  la  cosmogonie,  la 
mythologie  et  même  le  vocabulaire,  des  Grecs? 
'    Je   n'admets   pas   que  la  terminologie  arabe  primitive  ait 

co 


946 

été  influencée  ni  par  les  Grecs  (Aristote),  pour  la  grammaire, 
ni  par  les  Hindous,  pour  la  phonétique,  comme  le  dicte 
Brockelmann,  G  AL  I  p.  97,  et  le  répète  Schaade,  Encyclop. 
de  rislâm  1. 1.  La  chose  principale  est  de  savoir  où  el-Halîl, 
le  maître  de  Sîbawaih,  avait  puisé  sa  science.  Ce  n'est  cer- 
tainement pas  chez  les  Grecs  et  les  Hindous,  mais  chez  les 
Bédouins,  qui  ont  dû  parler,  encore  au  temps  d'el-Halîl,  la 
langue  plus  ou  moins  pure.  Un  Bédouin  ^Anazî  me  dit  une 
fois,  lorsque  je  discutais  avec  lui  sur  la  langue  des  Bédouins  : 
Hana  el-'Arab  nèlri  el-lura  el-hâlisa  u  hiya  à'^gad 
min  lurat  ahl  el-mudun,  nous  autres  Bédouins,  nous 
parlons  la  langue  pu7'e,  et  elle  est  plus  correcte  que  celle  des 
habitants  des  villes.  Plus  tard,  les  grammairiens  étrangers 
auront  peut  être  excercé  une  certaine  influence  sur  ceux  des 
Arabes.  L'arabe  était  sans  aucun  doute  parlé  en  Babjdonie 
déjà  au  comment  de  la  l^  dynastie  —  le  cas  contraire  serait 
fort  étonnant  —  et  il  n'est  pas  impossible  que  ce  soit  la 
grammaire  akkadienne  si  développée  qui  a  influencé  celle 
des  Arabes.  Cf.  660  n.  1  et  ma  LA  p.  39. 

Hommel,  dans  son  livre  AU-israelit.  tjberlieferungen  p.  276, 
a  voulu  prouver  que  les  Hébreux  et  les  Moabites  parlaient 
l'arabe  tout  en  se  servant  de  l'alphabet  minéen  avant  d'adopter 
la  langue  de  Cana'^ân.  Si  cela  est  vrai,  on  s'expliquerait 
pourquoi  l'hébreu  biblique  est  rempli  de  formes  vulgaires 
arabes,  ce  qui  est  un  fait  indéniable.  Mais  il  faut  alors  aussi 
admettre  que  l'arabe  parlé  d'alors  avait  déjà  subi  des  chan- 
gements qui  le  distinguaient  de  la  langue  classique,  et  cette 
preuve  est  bien  difficile  à  faire. 

Weiss,  dans  la  ZDMG  64  p.  349  ss.,  a  bien  exposé  ce  qu'il 
faut  penser  de  cette  prétendue  influence  étrangère  sur  la 
terminologie  grammaticale  arabe,  et  Nôldeke  qui,  dans  sa 
critique  susmentionnée,  m'avait  décroché  plus  d'une  boutade, 
a,  à  présent,  par  le  dit  exposé,  fait  amende  honorable.  Il 
y  dit  même  p.  414:  „Chez  Landberg,  il  semble  presque  que 


947 

la  grammaire  eût  poussé  à  l'état  spontané  dans  le  désert". 
Je  n'ai  jamais  prétendu  une  chose  aussi  bête.  Dans  l'ancienne 
Arabie,  il  y  avait  bien  autres  choses  que  désert  et  Bédouins. 
Il  rejette  „comme  étant  sans  aucune  valeur  les  anecdotes 
concernant  l'origine  de  la  science  grammaticale  des  Arabes". 
Là  il  n'a  raison  qu'en  partie. 

Pans  la  seconde  édition  de  ma  LA,  déjà  préparée,  „aug- 
mentée  et  améliorée",  j'espère  contribuer  davantage  à  la 
connaissance  de^  la  langue  arabe  et  de  ses  dialectes.  J'y  tâche 
aussi  de  réfuter  plusieurs  assertions  de  Nôldeke  et  d'autres, 
qui,  d'après  moi,  sont  erronées. 


i/^ 


^/ô,  i,  =  ^/o  =  goo,  égorger  un  animal  de  la  façon  rituelle 
en  coupant  à  la  fois  le  j.^.iil:>,  trachée-artère,  et  le  ^^.'^,  oeso- 
phage, pour  que  la  bête  ne  crève  pas,  328  et  n.  2;  404,  2 
d'en  bas.  Wellh.  Reste-  p.  114  et  n.  4.  On  dit  ici  aussi  ^^ô 
dans  le  Sud  et  partout.  Les  musulmans  mangent  la  viande 
d'une  bête  tuée  par  un  juif,  mais  non  par  un  chrétien  parce- 
que  celui-ci  ne  prononce  pas  le  iL^.^j  en  égorgeant.  Schul- 
thess,  ZA  26  p.  151,  identifie  ^o  à  NOT),  HDî,  i^,  et  à 
l'akk.  zakû,  être  immune,  être  libre  de.  Il  veut  que  la 
seconde  forme  ^^^ô,  Qor.  V,  4,  soit  d'origine  juive  et  que 
1^3  en  soit  seulement  une  variante  collatérale.  Dans  notre 
dialecte,  ^/^,  a,  <  l^j,  u,  est  prospérer,  grandir,  se  développer, 

etc.,  comme  chez  Noldeke  Beitrâge  II  p.  25  et  Schulthess 
0.1.  p.  151  n.  4,  Au  point  de  vue  linguistique,  ^3  peut  bien 
être  =  ^j,  mais  au  point  de  vue  sémantique,  l'identité  ne 
me  paraît  i»as  trop  prouvée.  Qays  b.  el-Hatîm  N°  III  v.  12: 
Lfit^  dJû-,  leurs  feux  sont  vifs,  forts. 


')  i;iu!br.  }^3-[  est  un  élargissement  tle  -jDl  =  éJ>   vlis. 


948 

3i,  i,  avoir  peur  de,  ^^,  797,5.  —  Être  lâche,  >  fuir.  RD 
Gl.  sv.  (ji^J!  ^^  V'-V.,  z7s  craignent  le  combat,  ^Anazî,  voir  sub 
Ji^y>  p.  515.  eUx!  c>y^^,  j'ai  peur  de  toi,  ^Anazî,  =  A^  oiAi*. 

Dalman  PD  p.  352: 

willi  yedill-el-yôme  minna 

ya  bîde  la  tibkin  'alêh, 

et  celui  cjui  aujourd'hui  est  lâche  ....    * 

ô  vous,  femmes  blanches,  ne  pleurez  pas  sur  lui. 
Minna  contient  une  syllabe  de  trop.  Dalman  le  traduit, inex- 
actement par:  iver  heute  von  uns  elend  loird.  [.yiSl  q^  y*^  L^-> 
LlajLJs  ^Jll\,  nous  avons  eu  grand'  peur  de  l'ennemi  (ou  des 
gens)  qui  était  devant  nous,  ^Anazî.    q^  3^^^  ^  5'-^^'  U.=>^ 

ojl',  et  nous  autres  Bédouins  nous  ne  craignons  pas  la  jnort, 
ne  sommes  pas  lâches  devant  la  mort,  "Anazî,  comme  dans 
KD  I  p.  76,15:  dellu  men  el-mowt*la  gîhem  (e)mrâr, 
ils  craignent  la  mort  *  si  ou  lorsque  l'attaque  leur  arrive.  La 
traduction  de  Rhodokanakis  a  été  en  partie  corrigée;  mrâr 
est  un  infinitif,  comme  misdàr,  ib.  1.  14,  Hçlr.  p.  209,  ici  p.  513, 
et  aussi  en  mehri,  Bittner  St.  mh.  I  §  21.  Musil  o.  1.  p.  410, 
17:  ent  dalleyt  el-yôm,  tu  as  eu  peur  aujourd'hui, 
mais  ib.  p.  423,6  tadellhom  est  ^Ix-i',  avilir.  Beaussier, 

se  décourager,  perdre  courage,  etc.  ;  Stumme  T  M  G  p.  95 
N°  49  V.  5;  id.  TTBL  Gl.  sv.  Autre  exemple  p.  542,1. 
En  datînois,  ce  verbe  est  être  lâche,  vil,  comme  chez  RD 
Gl.  sv.  Au  yéman,  Ji,  i,  être  sur  ses  gardes,  être  prudent, 
avec  le  substantif  3^,  prudence,  d'après  Yahuda  Z  A  26  p.  352. 
L'exclamation  3àxi  avec  les  suffixes,  RD  II  §  40c,  n'existe 


949 

pas  en  datînois,  v.  p.  951.  3^>  =  l'hébreu  et  le  phénic.  bl,  l'as- 
syr.  dalâlu,  Ges.-Buhl  sv.,  où  jo  est  une  faute  d'irapr.  pour 
33.  Le  mehri  hedelêl,  hilflos  sein,  SAE  IH  p.  173  est  = 
J3,  non  Jo,  comme  le  dit  Jahn.  Cf.  ^_c^Àj■,  <  ^^1  et  ,^^_>îo!, 
filer  en  cachette,  LA  XVIII  p.  318,  qui  est  probablement 
un  composé  de  V~^o  et  V~^^^. 
(JJo,  avilir,  partout'  courant,  même  en  Dt. 

JJÀJ",  être  humble;  être  avili,  s'avilir  =  ^^-^^j,  comme  L  A 

XVIII  p.  316. 

Jjsjl ,  être  ou  devenir  avili.  Qâl:  ya  Fôsal,  wus  ^ulmak 

ëmgà^ad  (lAxiu   vhv.)?  èl-bill   gàmat  tintif  u  tâkel 

min   wabr   ba'^dëhom   el-ba^J    uhànna    insallèyna 

windalley  na:  il  dit:  à  Fèscd!  poitrqnoi  restes-tu  là  les  bras 

croises?  Les  chameaux  se  sont  mis  à  arracher  et  à  mayiger 

le  poil  les  uns  des  antres,  d  nous  autres  sommes  retranchés 

du  monde  et  nous  sommes  avilis,  récit  ''Anazî. 

iiio,  peur,  expliqué  par  o^i>.  xÎJJI  UJic  o..a£,  expliqué  par 

\Jiy<^\  UJic  (jxL>,  la  peter  nous  envahit,  ^Anazi. 

J.^o,    chamelle  pour   monter,    676,  2,    est    aussi    par    les 

'Anazeh  prononcé  J^îi,  comme  05,l~=>,  593.  RD  Gl.  sv., 
mais  dans  notre  dialecte  JJo  n'est  pas  employé.  —  Ce  mot 
est  du  féminin  chez  les  'Anazeh,  parce  que  le  JjJo  est  le 
plus  souvent  une  chamelle,  ex.  sub  uj'-^?  P-329,  8  d'en  bas. 
Jaussen,  Coutumes  des  Arabes  pp.  270  et  272,  dit  que  J^i 
est  le  mâle  et  la  femelle. 

Nôldeke   Fûnf  Mo'all.  II   p.  47   et   III  p.  41;  Lyall  Ane. 

arab.  Poems  p.  75  v.  77.  J^i  est  un  adjectif  =  J^3  J^^.:>, 
I.   Sîdah   VII  p.  121,  9,   devenu   substantif  par  catachrèse, 


950 

iCxJLi:  iC-a-Ajj,  contr.  de  ^.«.-jt^,  vhv.,  Naswàn  o.  1.  p.  61,10. 
Comme  substantif  je  ne  l'ai  jamais  rencontré  dans  la  litté- 
rature classique,  mais  voyez  J^JuXi!  v'^^^'j  Tab.  III  p.  505,  5, 
à  propos  de  quoi  de  Goeje,  ib.  Gl.  sv.,  donne  J^o,  hene 
institutus  ad  carsum,  equus,  ce  qui  n'est  pas  exact  ici.  — 
Apprivoisé,  en  sahhî,  BBRAS  1902  p.  270.  I  Sîdah  VII  p. 
120  et  p.  121,8   (d'après   Sîbaw.)  et  LA  IX  p.  41,  7,  d'en 

bas:    ^''y^^  l^-JLJ!  (112.^!  J^oVi'  's^_.^j!Ù\\  chez  I.  Sîdah, 

c'est  là  la  définition-  de  ^c'^-c,  ainsi  appelé  sans  doute  parce 

qu'on  lui   a   mis   la  iL^^,   sangle,   vhv.,   pour  le  dresser, 

&_j^Àj,   et  non   pas  comme  l'explique   LA.   Le  pi.  en  est 

JJl)  ou  ^oî  chez  les  "Anazeh,  et  en  ^Omân  Jj"^>3,  RO  p.  366 
n.  2.  De  Goeje  Encyclop.  de  l'Islam  I  p.  377a  1.  30:  „les 
montures    (dhalûl),    c'est   à   dire    proprement   domestique", 

(1.  domestiqué).  L'origine  sémantique  de  J^i  ressort  claire- 
ment dans  ce  vers  de  ASsâ  Hamdân'-): 

\_JlJJ    ^£.A.Ia^    l_jL_x-o    ^^\_^j"        IjuVjL-w    iAÏ    (_AJiÀJi    ^5    (^    l5^^^ 

Je  les  vis  la  dernière  fois  dans  le  défile  lorsqu'ils  montè- 
rent dans  la  montagne 
et  que  leurs  chameaux  dressés  conduisaient  leurs  montures 

(encore)  rétives 
et  dans  ce  vers  de  Mo'all.  'Antarah  v.  74^): 

_      o       3  o£  5  5  OC  „       3  )  5        ^  3  O  5    >_ 

(•r-«— «    Q  j-«L-j    »j_a_?»!5    ^__c-^-J       t^^*jl-^'«  (^  c:/Jui  c>«.x^  ^^^'i^  JJl> 


')  LA.    IX   p.  41,6    d'en    l)as   j)orte  Ja_/.wj_Ji,  ce  qui  a  été  copié  tel 
quel  par  l'i-diteur  d'I.  Sidah.  C'est  sans  doute  le  chameau  à  demi  dressé. 

■-)   Mo'all    'Antarali.    Comm.    d'Abu    Bakr   el-Anbâri,    éd.    Rescher, 
llivista  degli  Studi  orient,  p.  51. 

■> 

•■')  Ib.  p.  92/3  et  ZA  XXIX  p.   17.  *)  LA  X  p.  5(;,4:    o^-^'. 

5)  LA  ib.:  l?'^-    ^^'^  •''*■  ^'"S'^i  ^-^XAix  y«Lj,  M'AR  v.  27. 


951 

Mes  montures  sont  dressées,  où  que  faille  m' accompagne 
Mon  esprit^  et  je  le  pousse  en  avant  clans  une  ferme  décision. 

Dans  les  textes  de  RD,  on  rencontre  souvent  le  mot  3^? 
mdéll  avec  les  suffixes.  L'emploi  est  le  môme  qu'avec 
le  datînois  j^  et  le  hacjr.  c^  et  uj  J3\  ou  uj  "^!  ou  >_j  ^\*), 
v.  p.  117,  ou  V  %^  V.  p.  103.  Vollers  ZA  22  p.  227  y  voit 
la   formule   admirative:   J-*.si  L-«,   ce   qui  est  approuvé  par 

RD  II  p.  134,  et  3>3  aurait  ici  le  sens  de  craindre,  s'effrayer. 
RD  écrit  partout  mdédl,  parce  que,  pour  lui,  le  m  est  ici 
syllabique,  et  ce  serait  donc  pour  ma  de  11.  L'homme  a 
certainement  prononcé  medéll  ou  emdell,  car  en  arabe 
il  n'y  a  pas  de  consonne  syllabique.  Il  faut  observer  que 
mdell  ne  figure  jamais  avec  la  I^  personne  suffixe:  mdelli, 
mais  toujours  avec  la  III^  personne,  masc.  ou  fera.  J'écarte 
absolument  l'explication  de  Vollers,  mais  j'accepte  le  verbe 

3>3  pour  un  moment.  Il  y  a  dans  la  lurah  une  construction 
analogue  avec  ^y  u,  toujours  dans  une  phrase  négative, 
précédée  de  L  et  le  verbe  au  parfait,  ou  de  ^,  oiï  l'imparfait 

a  le  sens  de  parfait,  et  suivi  de  '^\.  K.  el-Ar.  X  p.  522  d'en 

bas:  '^j>*^3Jj\  J.C  L^L/o  "^l  ^j^\,  L  ^Ul^i,  et,  par  Dieu,  son  départ 
subit  au  bois  m'effraya.  Nôldeke,  Zur  Grammatik  p.  78, 
traite  de  cette  construction.  Il  y  traduit  tous  les  exemples 
par  :   da  sah  . . .  plôtzlich,   da  erblickte  plôtzlich.   On   dirait 

presque  qu'il  y  trouve  le  verbe  ^^^,  vhv.  =  ^1,.  cS^,  u,  est 

ici  =  î  js,  et  î  j  "^5  =  oii^'  ^,  L  A  IX  p.  496  en  haut.  Sur 

é^-*^  ^!  ^-*~^K  ^j  V.  LA   ib.  p.  497,5=  Lane  sv.,  où   ^j 

est  uj  "^f  oytxi  Lo  =  éUi  "^S  iç^3))  v'-^'  ^)  ^t  iiU3  xcl.  =  \cj5t. 
On  voit  donc  que  ^^  a  le  sens  d'effrayer,  agiter,  comme 
aussi  dans  les  exemples  que  donne  Nôldeke,  qui  considère 


952 

cî  comme  un  verbe  impersonnel.  On  serait  donc  tentû  avec 
Vollers  de  voir  en  mdell  la  même  construction.  Pourtant, 
il  n'en  est  rien,  car  mdell  +  suffixes  n'est  qu'une  con- 
traction de  mâ-de  (dt')-illa,,  sur  laquelle  construction  voir 

ici  pp.  101;  103  et  109;  110  sub  %  et  ma  LB'A  Gl.  sub 

'^\.  Elle  est  du  reste  trop  connue  pour  que  j'ais  besoin  de 
m'y  arrêter.  D'après  RD,  mdell  est  suivi  des  suffixes,  II 
p.  134,  4:.  Dans  tous  les  exemples,  à  l'exception  de  mdell  ah 
p.  23,  29,  et  p.  49,  5,  il  y  a  les  pronoms  personnels  séparés 
qui  suivent   ce   mot.   Nous  devons   donc  l'analyser  comme 

étant  composée  de  ■^i  —  o  —  Lo+ pronom  séparé,  oîi  illa>ella 
a  perdu  sa  voyelle  finale.  Je  ne  puis  me  défendre  du  soupçon 
que  le  brave  „Mliammed"  a  écorché  une  locution  qu'il  a  dû 
entendre  quelque  part,  à  l'est  ou  à  l'ouest,  et  qui  est  devenue 
dans  sa  bouche  une  'ï^C^,  comme  on  dit  en  Syrie. 

J'ai  p.  892  parlé  de  la  particule  mehrite  m  déni  et  ses 
variations.  Elle  ne  se  rencontre  que  dans  les  textes  de  Hein 
S  A  E  IX,  et  quelques  fois  avec  le  suffixe,  p.  e.  p.  35,  22 
m  d  ê  n  i  h  e  m ,  ce  qui  n'est  pas  traduit  dans  le  texte  hadra- 
mite;  p.  80,26:  mdénî-him  ar  1;  a  g  a  g  î  n  =  l'arabe  azân- 
n  u  h  'i  n  d  a  h  u  m  h  a  g  g  a  g  i^  (?)  ce  qui  n'est  pas  correspondant 
au  texte  mehrite,  et  ib.  p.  143,23  madéni;  c'est  partout 

traduit  par  siehe.  Bittner  était  tenté  de  le  dériver  de  jc;^, 
avis,  Mehri  IV  p.  37,  probablement  parce  que  le  Mehrite  de 
Hein  l'a  traduit  librement  par  a  z  a  n  n  u  h  ').  Je  croyais  que 
ce  m  dé  ni,  madêni,  mdôni.  Hein  30.19-},  etc.,  pourrait 
être  un  écorchement  du  dofârite  mdell,  mais  la  seconde 
voyelle  longue,   ê  et  ô,  est  contraire  à  cette  étymologie,  et 


')  La  lettre  z  Ji>  n'existe'  dans  le  Sud  que  comme  graphie  pour 
■^,  comme  aussi  souvent  dans  le  Nord. 

'-)  mdôni  hàbïï,  oti  traduit  par  liassalu  n:'is,  ce  qui  n'est  pas 
une  traduction. 


* 


I 


953 

il  faut  plutôt  penser  à  un  composé  avec  ^^o,  comme  le 
""omânais  dô  +  les  suffixes,  RO  p.  31  en  bas,  qui  dit  que 
•  les  I  et  III  pers.  n'y  sont  pas  suffixées.  Je  crois  que  Jayakar, 
a  raison  d'y  voir  ^^.o  et  non  pas  !o,  ce  qui  est  l'explication 
de  RO.  La  voyelle  finale  est  également  difficile  à  expliquer.  On 
comparera  l'emploi  des  particules  ^^L>,  p.  853,  et  ^^J',  p.  892, 
mais  leur  sens  ne  se  prête  pas  à  une  pareille  dérivation. 

Bergstrasse,  dans  son  Sprachatlas  p.  44,  rapporte  une 
interjection  a  de  n  no,  qui  signifie  probablement  le  voilà. 
L'emploi  en  est  localisé  sur  la  Tafel  L  à  un  petit  milieu 
bédouin  à  l'est  de  St.  Jean  d'Arc.  Mais  B.  ne  dit  pas  s'il 
l'a  constatée  in  loco  ou  s'il  l'a  trouvée  dans  un  ouvrage 
dialectal.  Elle  me  parait  intéressante  et  provient,  je  pense, 
de  a,  interjection,  comme  dans  ahû  =  ha  hû,  le  voilà^-\- 
d  +  enn  =  inn-|-  pronom.  Ne  l'ayant  jamais  entendue 
moi-même,  je  n'en  sais  pas  plus  long. 

„\}ô,  'd,  jeter;  verser,  expliqué  1678  ss.  ;  de  là,  vanner,  Ara- 
bica V  p.  153,  3.  V.  ici  sub  ^^.3  et  _^j>.  Au  fig.,  df.baller, 
déverser,  1679,  7.  -  Inf.  ^^ii  ib.,  RD  I  p,  98,  8  =  Dt.  1678 
en  bas.  >  ^ù,  1680. 

^03,  a,  se  jeter,  se  verser;  couler,  expliqué  1678.  RD  Gl.  sv.  Cf. 

^y;  Lf^N  -*^-^>  ^j^J  ^-N  ^;^>  ^jj)  ^,  0À=>,  ^jX^;    Vhvs. 

-îJj,  intens.  de  „-J3.  ij.vo>Uî  Jlô,  déverser  sa  veine  poétique, 

1679,  15  et  21,  propr.  jeter  ou.  verser  son  sentiment. 
.^Àj!,  être  vanné,  1213,  11.  —  Tomber,  dégringoler,  1679.  — 
Courir  sus,  ^c-^-c;   se  glisser  sur,  10,  13;  404,6  d'en  bas; 
152,  10. 

J^3,  1558,  10=  1678,  11.  Escarpement  de  la  montagne;  cas- 
cade,  1679;  pi.  ^"^i,  voir  ici  p.  531,  8. 


954 

-Sôj  lait  mêlé  d'eau,  class.,  1680.  Voir  Additions. 
_JÀ»,  vamié,  1228,  14. 

JÀJj  =  ^^uX._j3,  bordure  inférieure  de  la  chemise,  1761;   cf. 
sub  J^jJ  et  sub  y:>. 

^Ji,   i,   sauter,   sauter  sur,  passer  sur  quelque  chose  en 

sautant,  ilherspringen,  courir,  ^i.  »^  ^•t  ^a^ij^J!  ^_^  ^^  oiio, 
il  sauta  de  la  terrasse  du  husn  et  se  cassa  la  tête,  Dt., 
•expliqué  par  ^L,  ^-t-^^h  et  ^3,  vhvs.  RD  p.  15,6:  dléf 
abûh  min  râs  elbeyt  umât,  so7i  père  sauta  du  haut 
de  la  maison  et  mourut.  C'est  aussi  jeter,  rejeter,  wegwerfen, 
expliqué  par  vjjo\_J,  vhv.,  ma  MJM  p.  11.  j^^^Ij  wàJ3,  il 
lança  la  pierre,  Dt.,  et  alors  ==  ^o  vhv.  D.  H.  Mûller  écrit 
delôf,  sauter,  Bittner  St.  sh.  Il  p.  11,  11.  Chez  RÇ,  oiii 
se  rencontre  souvent  dans  le  sens  de  sauter,  v.  Gl.  sv.  A 
la  p.  32,25,  le  texte  porte  diléf  el-ha  ws  u  dilfét  urâha 
bintha,  ce  que  Rhodokanakis  traduit  par:  da  sprang  er 
(zu  Ross)  ilher  den  Hof,  und  Muter  dem  (Rosse)  her  sprang 
das  Fohlen,  mais  je  traduis:  il  sauta  en  selle  dans  la  cour, 
et  le  2)0ulain  suivit  sa  mère  en  sautant.   Abu  Nâsar  devait 

faire  trois  fois  le  tour  de  la  cour:  oU<  iU^i  (Ji^  ^  ^^^5 
p.  37,8;  33,  15. 

D.  H.  Mûller,  S  A  E  p.  IV  pp.  75,  3, 19;  77,  23,  24;  79,  23, 
24,  27;  88,  24,  a  le  verbe  mehri  delùf,  mais  le  texte  hadra- 
mite  le  rend  par  éfed,  ce  qui  est  le  sudarabe  lAiic,  se  lever 
d'un  bond,  vhv.  Sur  oiJo,  i,  jeter,  lancer,  vhv.  Cf.  o^j, 
marcher  vite,  sauter,  mais  aussi  marcher  lentement,  L  A  et 
Qâm.;  cf.  aussi  ^sS  et  Ojj,  fienter. 

_àJJ>,   faille  sauter,  faire  courir.   RD   p.  33, 5:  dilléfha 


955 

el-hayl  ctta  wôg'et  fil-haws,  il  lançi  la  jument  de 
façon  qu'elle  (ou  jusqu'à  ce  que)  se  trouva  {trouvât)  dans  la 
cour;  la  traduction  de  Rhodokanakis  n'est  pas  tout  à  fait^ 
exacte  dans  la  dernière  partie:  so  dass  sic  in  den  Hof  fiel, 
à  moins  qu'il  ait  voulu  dire  par  „in  den  Hof  fiel",  in  den 
Hof  hineinfiel  =  hineinsprang;  ici  03  est  =  .L>o  et  non  pas 
tomber.  Ib.  1.  15:  déllif  el-ferâs  el-haws  étta  Ihég 
el-gowm  élli  hdôw  bâ'^érah,  il  fit  courir  la  jument  à 
travers  la  cour  jusqu'à  ce  qu'il  eût  rejoint  les  gens  qui  avaient 

pris  ses-  chameaux.  Rhodokanakis  rend  oiJo,  dans  ces  deux 
phrases,  par  faire  sauter,  ce  qui  est  juste.  Ib.  p.  54,  17: 
sell  'âmmah  "ala  dâherah  u  déllif 'ammah  fi  dâhar 
delûlah,  il  prit  son  oncle  sur  son  dos  et  le  fit  sauter  (en 
selle)  sur  sa  chamelle.  Ici  R.  traduit:  „wîzd  warf  ihn  auf 
den  Rficken  seiner  Kamelin".  C'est  que  le  bédouin  shaurî 
de  Rhodokanakis  a  dû  connaître  le  mehri  ùelùf,  jeter,  qu'il 
a  confondu  avec  ^j>,  sauter,  dans  son  explication  qui  était 
probablement  accompagnée  d'un  geste  pouvant  indiquer  aussi 
bien  jeter  que  faire  sauter.  Pour  être  absolument  impar- 
tial, je  dois  dire  qu'il  se  peut,  en  fin  de  compte,  que  le 
mehri  d  e  1  ù  f  et  les  sudarabes  olSo  et  o^Jo  soient  le  même 
verbe  ayant  pris  les  nuances  de  signifi'cations  que  je  viens 
d'exposer  sub  ouo  et  oiio.    Cf.  „J>3. 

'Udô,  arron  du  bât,  572  (planche)  <  iCàJib  LA  sv.,  mais  ce 
peut  aussi  être  de  V~^j>. 

oJJÔ,  être  pointu,  effilé,  Dt.  —  ^':>j>,  rendre  pointu,  effile,  Dt. 
vJÛlX:)",  être  fait  pointu,  effilé,  Dt.  -  '»JsùSJ^  ij^i^ii,  le  javelot 
est  pointu,  =  ^f:^S,  Dt.  Comme  Hodeyl.  Wellhausen  N°  270  v.  3  : 
oiJoUlT  ^jJ.   lir   'sLi 
une  pointe,  comme  Vemhout  pointu  du  javelot. 


956 

\JiJj,  pointe^  47,  8  =  iuiio,  Dt. 

ojA>,  pointu,  Dt.  Au  fig.  :   ^J^.c  oï-ajo  tiU^ls',  tes  paroles  me 

2nque?it,  me  pénètrent,  Dt.  ;  voir  Lane  sv. 

Le   verbe  classique  vJiLi,  flatter,  cajoler,  est  sans  doute 

un  accouplement  de  UrJo  et  oO-o.  Bittner,  Sh.  III  p.  83  note, 

veut  que  le  3  soit  le  relatif,  et  ^J1a3,  flatteur,  serait  donc 
celui  qui  flatte.  11  a  pensé  au  mehri  où  de  tels  adjectifs 
sont  fréquents  avec  le  relatif  d,  III  §  57,  sh.  II  §  28.  Mais 
alors  il  faut  que  le  verbe  ojjuj  soit  dénorainatif,  ce  qui  n'est 
point  probable.  Cf.  ici  sub  J>3. 

^\ 

^J3  <  ^J^  <  ^^^,  145,  16.  JjtiJI  L;LJ.£  ^suoiï  ^^J3,  our  work 

is  going  on,   nous  travaiUo?is  sa?is  désemparer,  361,  n.  5, 

Js>^l!!  L\^  ^  ^_.i_^  L;^>3,  710US  sommes  restés  blottis  dans 

cette  montagne,  Dt.  byixjl  J^  (jH'^o  '^'^  ''"^^^^  toujours  sur  la 
matîrah  =  -J!  ^y  ^^i  ^^j,  vhv.,  ZA  26  p.  224  n.  2. 
Cf.  sub  ,Jj:o  et  ^b?. 


r^ 


jli,  blâmer,  817,  =  (.îô,  LA  sv.,  et  j.!i,  i,  LA  sv.  On  pourra 
comparer  l'akkad.  dama  mu,  être  plaintif,  Ges.-Buhl  sv. 
DDl  et  le  syrien  ^Cs^ô,  bourdotmer,  fredonyier, .  bougotmer. 
La  K~j.3,  >  .AJ>  et  pÂxiJ,  doit  être  imitative,  onomatopéique, 
apparentée  à  pj,  >  _<:,  j.jx:  et  J-<ij,  vhvs.,  et  à  j.j>  >  ^oj  et 

j.l\x)0,  vhvs.  Cf.  sub  (^^b  et  ,^o-  Cf.  le  mehri  narâm,  être 
en  colère,  développement  de  l'onomatopée  ^~;^,  voir  sub 
^,_xJ,   ainsi  que   ma  LB'A  Gl.  sub  iojLj  et  mon  mémoire 

Ragaz  et  mètre  au  sujet  de   &-»ju.  V.  Additions. 


957 

^3,  avoir  honte,  se  blâmer.  RO  p.  103,  16,  <  Dt.  ^Jô',  à 
moins  qu'il  faille  y  sousentendre  ^_^,wàj. 

MJ,  kC's^ô, protection,  responsabilitr,  très  courant.  RO  p.  99, 13. 

KxiJJî  ^\   sont   dans   le  Sud   les  Juifs,  car  il  n'y  a  pas  de 

chrétiens.  Fatl.i  el-Bârî  XII  p.  147. 

^J^^  est  juif  dans  tout  le  Sud,  comme  aussi  au  Maroc. 

^3,  gronder,  tonner;  insister,  317.  C'est  un  développement 
de  l'onomatopée  -J»,  =  ^ô,  vhv.,  ce  qui  ressort  de  ^3,  rugir 

(lion),  et  apparenté  à  j.j,  vhv.  Cf.  J-^,  a,  i,  rugir  (lion),  LA 
V  p.  400, 5  d'en  bas,  ety^j,  tempêter  coiitre  qq7i.,<i^ô^  ji-y 

Comme  ^':>,  f<^  et  j.uUl>;  cJ)>cj;'  et  ^j,  J-<j  vhv.,  l\^,  A^ 
et  piAP  vhv.,  oii  le  bruit  provenant,  soit  d'un  être  vivant, 
soit  d'une  chose  inerte  est  le  sens  fondamental,  avec  ensuite 
des  applications  spéciales.  Nôldeke  Funf  Mo'all.  II  p.  45,  où 
renvois,  (jrâhiz  Mahâsin  p.  114,6. 

ykô,  envoyer,  surtout  chez  les  'A.wâliq  Supérieurs,  les  Ham- 
mam et  aux  pays  à  l'est  de  là,  en  Hdr.  et  en  'Oman, 
expliqué  par  ^^j,  envoyer,  vhv..  Dammàrtana  lam-sûq 
istërilak  sî^  tu  m'as  envoyé  au  marché  V acheter  quelque 

chose,  Hammâmî,  (L.>Lj_x)3  =  Li!  ^yAÔ  =  ^.j_x3,  comme  en 
Hdr.).  —  Rassembler,  réunir  = 'U^-LsJ .  On  dit  [«yi-Jf  jJiô  = 
j.yL!!  oiisJ,  réunir  les  gens,  faire  la  levée  des  soldats.  Peu 
employé  en  dt.  Brode  MSQS  V,  ii  p.  21,11:  ndimmer 
el-gês,  nous  réunirons  les  troupes.  Il  traduit  das  Heer 
bereit  zu  halten,  ce  qui  n'est  pas  d'une  absolue  exactitude  '). 
Ib.  1.  11  d'en  bas  :   q  û  m   y  d  o  m  ni  e  r   el-gês,  il  se  mit  à 


')   J'ai    déjà    fuit    icmarquei'    721    n.   I    que    lo    to\te    de    lîrode  est 
fort  mauvais. 


958 

réunir  les  troupes;  Brode:  hildete  das  Heer,  et  ib.  p.  22  d.l.: 
de  m  mer  el-gês,  er  sammelte  das  Heer,  ce  qui  est  bon. 

Est-ce  une  application  sémasiologique  du  sens  classique 
pousse?'  vers,  inciter?  Cf.  son  sjmonyme  datînois  J^"^  vhv. 
On  peut  aussi  penser  à  .ixi,  LA  sv.,  mais,  en  fait  de  per- 
mutation de  ô  et  (ji,  je  ne  connais  dans  la  lurah  que  ^13, 
i,  =  ^U,  i,  LA  shvs,  et  v  J'^  =  v  à^^  ^oi^  i<^i  sub  ô 
p.  905,   et   il   faut  bien   chercher   l'étymologie    de    yo3,  en- 

voijer,  ailleurs.  Je  propose,  faute  de  mieux,  ^^o<  J.^3,  cdler  à 
un  petit  trot  doux  (chameau)  Haffner  TAL  p.  147;  Musil 
0.1.  p.  241,  16  d'en  bas,  LA  sv.,  dont  il  serait  la  11^  forme; 

J-x)3  >  ^3,  et   cf.   son  quasi  synonyme   ^xj,   vhv.   et   Béd. 

Nord  Jw«;3,  vhv.,  et  ^^  vhv. 

'yoô\,   avoir  de  la  fortune;  part,  yojs^,  895,9  d'en  bas,  mais 

voyez  1715  et  sub  ^^. 

JdÔ^,  être  prêt.   RO  p.  168,  2.  Inconnu  dans  les  dialectes  de 

Dt.  et  de  Hdr.,  dans  ce  sens,  mais  il  y  a  Jj;  y>^',  bou- 
gonner, comme  dans  L  A  V  p.  400,  9,  oii  l'origine  onoma- 
topéique  est  claire. 

yotJù'  est  un  terme  technique  de  la  guerre,  s'exciter  yym- 
tuellement  par  des  cris,  criailler,  car  les  Orientaux  crient 
beaucoup  en  se  battant;  ils  crient  même  beaucoup  sans  cela. 
Chez  les  'Anazeh,  ce  verbe  est  encore  vivant.  Ce  sens  est 
également  fort  classique,  LA  V  p.  400,4,  'Àntarah  N°  21 
V.  72  =  Lyall  Ten  anc.  Poems  p.  105  v.  7  =  Johnson  The 
seven  Poems  p.  194,  Nôldeke  Funf  Mo'all.  II  p.  45.  M'AR 

p.  88  l'explique  ainsi:  fr-y.;)  L*^=*?  |^*^  u^f^.  '^-^^^  o-î/*'^- 

rLf\J^\    Js:>jJl    -«L>J|5    \>C2>    Î3(    !^3    yiL>u    5^3    Jlfij    L:a*j    ^;|U2*j 

X-^S)   <._4_^».    Un  ,.AJ>,   .^j,    -*3  ou  ,juo3  =  cLsn.^  est  donc 


959 

véritablement  celui  qui  crie  beaucoup,  un  criard,  un  gueu- 
lard;  cf.  ma  LB'A  Gl.  sv;  ,  ^<iaa«!  et  ici  sub  X^,  L'ono- 
matopée  est  ici  également  patente.  Cf.  Diw.  Hodeyl,  Wellh. 
N°  250  V.  49:  o^^i,  expliqué  dans  les  Scholien,  ZDMG  39 
p.  457,  par  o!;./oî,  et  ensuite:  ^l\-;-=^  ^o!  ^La-jj  ^^j  -^«3, 
mais  on  n'y  apprend  pas  le  sens  de  cette  dernière  phrase  ; 
c'est  sans  doute  ici  =  ^3^  ou  i>2=>. 
^Loo,  1715,  Dt.  =  JLc.  Amfdî  Dêl.  p.  134,  5  d'en  bas.  Voir  sub 

^L^  et  cf.  LA  V  p.  176,  5.  Diw,  Hâtim  Tfiy  N°  LXXI,  v,  2. 
Zoheyr  mon  éd.  p.  147. 

>-^3,  queue,  867  n.  3  =  1jj,  vhv.  Torczyner  0. 1.  p.  290  et 
n.  8,  où  étymologie  proposée. 

"  H  ^ 

x*jiÀ/o,  sangle  du  bât,  562  (planche). 

)  o  3  .'01 

qÀjJ>,  bordure  inférieure  de  la  chemise,  =  JlXJJ».  1761. 

u^^3,  ynesure  de  capacité,  1815.  Arabica  V  Gl.  sv.,  Hdr.  Gl. 
sv.  Naswfm  0. 1.  p.  89  dit:  ^.♦..i^S^  q-h^-!'  ^^^  3^?^'^  V^^JJ! 
^♦11  54^  '^^\ô\^  L_jlJ^o!,  LAI  p.  381,9  d'en  bas.  —  Champ, 
1816  s..  ElHamdanî  (Wirah  p.  199,20:  Jl:^.*^.   ...v^^JJ'^ 


1)  Sur  ^'i,  voir  88,3;  2.32  n.;  1.339  et  ss  ,  et  ici  sv.  ;  1320,3  il  y  a 
la  même  expi-cssion  ^i-iA-ii  ^kJ ,  lu  y  armes  le  millet.  Sur  Oi->i'' , 
voii-  Aial)ica   V  p.  213  n.  3;  Uilv.  Gl.  sv.;  Naswâii  o.  1.  p.  (>G. 


9G0 

et  le  champ  ...se  remplit  de  (l'eau)  du  sêl  et  lorsqu'il  est  (bien) 
rempli,  le  tahaf  et  le  millet  y  sont  semés,  (et  lorsque)  l'emi 
est  absorbé,  sa  verdure  se  lève.  D'après  la  Gazîrah  p.  199,  20, 

^^^3,  ioy>  et  ^3  sont  synonymes  dans  la  langue  des  habi- 
tants de  Tihâmah,  1315,  mais  ib.  p.  200,22:  v}^'  cr  '-r?3 

j-^à-i  «w-àit  c'^^'-i'  eUiio  i^J»  ^)  ^.y^»^  ^Li"  jd!  .Li3i ,  1315. 
C'était  donc,  au  temps  d'el-Hamdânî,  aussi  une  mesure  de 
capacité  et  champ,  1316.  Rhodokanakis,  Studien  II  p.  113,  l,cf. 
ib.  p.  121  n.  10,  cite  le  passage  ci-dessus  d'el-Hamdânî  pour 
illustrer  le  mot  sabéen  dhb,  qui,  d'après  lui,  est  torrent 
de  pluie  et  le  terrain  arrosé  par  le  sêl.  Mais  l'un  exclut 
l'autre,  il  me  semble.  Rhodokanakis  s'exprime  mieux  lorsque, 
ib.  p.  114  n.  2,  il  rend  dhb  par  le  territoire  arrosé  avec  les 

arrangements  d'arrosage.  Si  d  h  b  est  =  J-^a«,  il  faut  le  dériver 
de  v^^'^î  *couler  ou  pleuvoir,  =  mQ\iY\  dehêb,  couler,  BM  II 
pp.  10   et    19;    voir   ici  sub   „-s£0   p.  792.   LA  I  p.  381,10 

donne  K-A-S^ÀJi  =  s^^!,  pi.  i_jLp3  ^  LL>..«! ,  pluie,    avec  des 

sawâhid.  Ce  mot  est  donc  en  rapport  avec  le  mehri 
dehêb,  couler.  Je  crois  que  le  sab.  dhb  est  uniquement 
champ  ou   terrai^i   arrosé  par  le  sêl  =  ^^,  peut-être  aussi 

=  y>3,  vhv.,  comme  le  traduit  correctement  0.  Weber  St.  z. 
sûd-arab.  Altert.  II  p.  24,3  et  5  d'en  bas  et  p.  25, 12, d'en 
bas;  1315.  Une  autre  question  est  de  savoir  d'où  vient ^^3, 
champ,  ^  mesure  de  capacité.    Si   l'on    peut    définitivement 

prouver  que  dhb  est=J-^^,  provenant  de  dehêb,  couler, 
on  est  en  droit  d'assigner  à  ce  mot  le  sens  primaire  de 
torrent^  terrain  arrosé  par  le  sêl  et  puis  champ,  sens  qui 
est  encore  vivant  justement  dans  les  contrées  jadis  sabéennes, 

de  même  que,  partout  dans  le  Sud,  *.-j^->  et  ^^ù»,,  vhv.. 
Lorsqu'on    aura   mon   Glossaire  complet,   on   pourra   mieux 


961 

interpréter  les  inscriptions  méridionales.  Jusqu'à  présent,  on 
n'a  pu  bien  se  dépêtrer  dans  ce  fatras  de  mots  et  de  ren- 
seignements dont,  j'ose  le  dire,  mes  ouvrages  sont  remplis.  — 
Or,  1317  et  ss.,  où  il  y  a  un  essai  d'étymologie.  Nôldeke  Beitr.  II 
p.  31  ne  se  prononce  pas.  Si  le  mot  est  arabe,  il  ne  peut  venir 
que  w^5>J,  couler,  variation  de  V~^*)ô,  et  il  serait  aloi's  en 
relation  radicale  avec  dhb,  traité  plus  haut.  ^Jlct  xlîj.  —  Sur 

l'or  dans  l'antiquité  sémitique,  voir  Arno  Poebel,  OLZ  1914 
N°  6  p.  241  et  ss..  V.  Additions. 

v^^'»  dans  l'expression  courante  :  ^^Jd!  J^Ji  ^.l^j!  ou  ^jujeJ^ 

wc?Àiî,  tu  es  un  malotru,  de  peu  de  foi,  un  mal  élevé,  ma 
LB^A  p.  15,23.  'Arr  Marzûq,  ma  "andu  si  madhab, 
laisse-là  M.;  il  n'a  pas  une  bonne  conduite,  Dt.  Fëlan  ^andu 
madhab,  un  tel  a  de  la  dignité.  RO  §  188:  f.  fîh  medheb 
=^  s  e  m  t ,  un  tel  a  des  manières  tranquilles,  comme  il  faut. 

-   9  -- 

w*.?'À.*  est  propr.  l'infinitif  de  w*.^i,  passer,  >  manière  d'agir 
et  de  se  comporter  ^).  Ce  n'est  pas  ici  le  sens  technique  du 
Fiqh.  Le  ^..^S^  du  Fiqh  n'est  pas  précisément  direction, 
Bichtung,  comme  le  traduit  Juynboll,  Handbuch  des  islam. 
Gesetzes  p.  24,  mais  chemin,  >  manièî'e  d'agir,  appliqué  à 
un  cas  spécial  du  Fiqh  et  offrant  la  même  sémantique  que 

ii)JLw./o,  aJLw,  'xJijJo,  vhvs.  V.  LA  sv. 

jj)j,=:^^o,  1761.  -  Dans  le  Sud,  J^3,  >(]ihil,  est  oublier. 
RO  p.  185. 

^^j>dihin,  a,  s'apercevoir  de,  v  -"^'  ^  o^^  '-^  ^  ^j^L 


I 


1)   Les   dialectes   ont  l'infinitif  JLx-à.^  des   verbes  de  mouvement; 
Hdr.  p.  209;  mu  LB^\  Gl.  sv.  Jj^;  aussi  en  niehri,  J3M  I  §21  et  II  §  22. 

61 


962 

marche  sur  la  pointe  des  pieds;  si  quelqu'un  fa  ohsQxvé,  etc. 
76, 13.  Sârat  wa  ma  dîhnet,  elle  partit  et  ne  s'en  aperçait 
pas,  Hein  SAE  IX  p.  63  §  7.  —  Etre   éveillé;  se  réveiller. 

*jcit  c>-^3  LU  :,.::.a^,  j'ai  dormi  jusqu'à  ce  que  tu  te  fusses 

réveillé,  toi,  Dt.  —  Faire  attention  à,  se  garder  de,  Hclr.  p.  377, 3 
et  n.  3.  Wantôn  idhinên,  et  vous  autres  femmes  vous 
ferez  attention^  Hein  SAE  IX  p.  11,33.  —  ^9j>^=iys>3,  1761. 

(^3,  réveiller.   El-Ahmadî,   poète  populaire  de  Dt.,  dit  dans 

une  qasîdah:  \-;-Po  ^3  L:>5  lAïL  ^'i'  A-ï,  il  était  endormi,  et 
il  vint  quelqu'un  qui  le  réveilla. 

(^b,  qui  veille,  ne  pouvant  dormir,  Hçlr.  Gl.  sv.,  =iuLj,  j^L^ 

ou  ;j~>L>o,  vhvs.;  Stace  p.  158:  sleepless  ;  pi.  ^^»^'^. 

jô  =  ^Âit,  415  et  ss.  I.  Sîdah  XIV  p.  102  en  bas  a  un  article 

sur  ce  mot.  Naswân  o.  1.  p.  39:  ^^^h  iLaLb  i^SJi  ^à.x4^  ^o^, 
et  il  cite  le  verset  que  je  rapporte  ici  p.  85.  Diw.  Hâtim 
Tâyyi  N°  XI  v.  4  et  ib.  p.  21  n.  1.  Diw.  'Arair  b.  et-Tofeyl 
N°  XXI,  avec  plusieurs  exemples.  Brockelmann  o.  1.  I  p.  325, 
ib.  Il  p.  564.  Cf.  sub  \ô  et  ^^i.  3'3_.«,oLo,  675.  Naswân 
0. 1.  p.  39.  Bittner  considère  ce  50  comme  un  relatif  à  l'ori- 
gine, OLZ  1914  ]S[°  1  p.  28,  et  la  raison  qu'il  en  donne  me 
paraît  bonne.  ZDMG  70  p.  456  n.  1.  ^ô  dans  les  noms  de 
lieu  se  rencontre  quelquefois:  dum-Hasab  ou  dim-,  wâdi 
au  pays  des  B.  ^Âmir,  Index  p,  1827. 

uj!3,  u,  fondre,  1372.  —  v^o:  J^^JL^-  V3^?  ^^  sésame  moulu, 

65,  4.  L^ili.^  ^^JJ\  ^iJ  ^jS,  Hodeyl.  Wellh.  N°  251  v.  16. 

'^.•,0,  tresse,  pi.  «-^'30,  1309  n..  Sur  ce  iJLotj,  voir  sub  kJLoj  p. 
922.  Socin  Diw.  Gl.  sub  J]j>,  Musilo.l.  III  p.  160,4:  dwêbe. 


I 


963 

pi.  (jwâyeb;  ib.  p.  259,4  d'en  bas,  où  a  bu  dawâyeb 
n'est  pas  ici  appliqué  à  une  femme,  Trdgerin  der  Schlàfen- 
zôpfe,  mais  à  un  homme;  ib.  p.  375,9,  oîi  il  faut  lire: 
h  e  1 1  i  -  c]  •  d  e  w  à  y  e  b  h  e  1  - 1  e  -  h  e  n  *  w  a  b  d  i  n  e  h  ù  d  i  k 
kullehen,  --x^_|-_w-|,  car  c'est  ainsi  sans  aucun 
doute  qu'on  a  chanté.  Musil  a  puisé  ces  chants  de  seconde 
.  main;  il  ne» les  a  pas  recueillis  lui-même  directement  de  la 
bouche  des  Bédouins. 
ujtuXxî,  moule  pour  fondre  les  halles,  537,9. 

vlî^'*,   chez  Hartmann  LLW   p.  235  v.  2  =  237,7   d'en 
bas,  lance^  doit  provenir  d'un  autre  thème;  cf.  sub  ^3. 

ic>î3,  montagne  escarpée  où  l'on  ne  peut  monter,  Hogarîeh, 
1528  et  note,  pi.  JjÔ. 

Ce   thème  devient  dans  notre  dialecte  o^J>  par  assimilation, 
562  en  bas,  Brockelmann  o.  1.  I  p.  156. 
JtJ,  mener  les  chameaux  au  pâturage,  Dt.,  expliqué  paroLw, 
comme  dans  les  dictionnaires.  'Âmir  b.  et-Tofeyl  N°  XXVII  v.  8  : 

lojd  ^yt  LoUvoi  ^  ^^o^uVi  iùLoc  — ci^=>rJ  to,.où  expliqué 
par  %J^A  =  repousser;  MZR  p.  190.  —  Garder  les  chameaux^ 

563,  5.  ^y^\  ^Xt  ^UvJ!  y^  ^j^y^_  J^y  3^'Àj  JÎjlXJ!,  le  gardien 

pousse  devant  lui,  =  il  les  conduit  {er  treibt  sie),  le  matin  les 
chamelles  du  campement  (ou  l'habitation)  au  pâturage,  563,  6, 

expliqué  par  ^^^.^_.  Voir  exemple  classique  sub  j.L>  p. 673,9. — 

^yt^\  oîi,  563,  n. 

053,    conduire   les   chameaux  ou  faire  paître  les  chameaux, 

Dt.,  comme  yb  et  j*:>,  conduire  les  baqar  et  les  hamir^  vhvs. 

ôjj,   coll.,  c'est  le  plus  souvent  les  chamelles  qu'on  désigne 
par  ce  mot,  563.   Musîil  0. 1.  p.  179,6  d'en  bas:   erga''  y  a 


964 

(Jowd  est  incorrectement  traduit  par  rentre,  ô  petite  cha- 
melle, au  lieu  de  rentrez,  ô  chamelles;  ib.  p.  246  v.  6:  ma 
darragat  ma''  au  walad-dôd  ë  libni  (car  c'est  ainsi 
qu'il   faut  lire;  toutes   ces  poésies  sont  fort  mal  transmises 

et  notées),  où  o^JJî  (jjt  «^  est  rendu  par  avec  le  premier 
petit  tétant,  ce  qui  est  inexact.  D'après  K.  el-Farq  d'elAsma'^î, 

éd.  D.  H.  Mûller,  p.  250  :  y^\  Ai  o-JUi!  ^  'ui  Jo^!  ^J.  ^^S 

=  Naqâ^id  p,  52.  Hod.  Wellh.  N^212  v.  3  ;  Boh.  IV  p.  89,2 
d'en  bas.  Tabaqât  d'el-(jumahî,  éd.  Hell,  p.  24,  6:  '^-XJa^  „3. 

<J^  &î  Ojj»  Jsc  sjLflij.  »xoS  ,r^ .  Le  sens  de  ob ,  u,  est  oLJ! 
«lXJIj  ^iailî,  repousser,  éloigner,  selon  L  A  sv.,  mais  I.  el-Qût. 
p.  128,7:  ^o^L  ^^^  J.  ^'u:?-^'^  1.  ;  t  »:>  bbi  xLj!  ob;  c'est  la 

manière  diftérente  d'appliquer  le  vjj^. 

ôî^jJ»,   gardien  ou  jjâiîre  des  chameaux.  J-.*J'  j.  oS^o,  75,  16; 

93, 16.  J.:>Î3Jt  «^j^-j  ^[î^î,  (e  gardien  pousse  devant  lui  les 

chamelles,  563,6.  PI.  »3I^Ô,  19,8;  562.  Comme^Laj,  ^u^,  etc. 

vjî^X  pL,  1668,  12  que  Ahlwardt  traduit  par  friands. 

i^ijo,  7iouvelle  pousse  sur  la  hra^iche,  jeune  branche  de  Vannée, 
709.  o^.-L_3  ^^^J^î,   to  petite  branche  brandille,  1282,  4;  pi. 

Jî^^î,  64,4. 

Dô'an  a  dit  dans   une  qasîdah  souvent  citée,  s'adressant 
à  sa  '^1A=>  vhv.  : 

Je  veux  que  tu  (fém.)  me  donnes  de  tes  te^idres  poésies; 
0  Zéphyr,  envoie-moi  de  tes  souffles  de  la  mer  profojide 

(de  tes  pensées). 


965 


y^'<yjc<yji:,  vhv.  Une  grande  branche  s'appelle  slX^ls  vhv. 
Cf.  le  syrien  s^^o,  branche,  Littmann  NAVP  p.  25  N°  114. 

pronom  démonstratif,  37,  10.  Voir  sub  fiiloLP. 

^^ 

pron.  relatif  dans  ille  di,  91,  9,  11,  12,  14;  407  et  s.;  di  91 
passim;   399;   414;   417;   418;   Arabica  V   Gl.  sv.;  ^5^  _^ 
celui  qui^  11,  4  =  _^  (j:J>,  91,  12,  13.  ^6  Ij!,  moi  qui,  =  mehr 
hu   da.  —   Sur  30  et  ,^0,   voir   LA   XX  pp.  346  et  348 
Naswàn  0. 1.  p.  39;  cf.  ici  sub  13  et  30.  ''l  dans  les  inscript 
nabat.,  voir  Euting  Nab.  Inschr.  p.  77.  ^^^>  devant  les  noms 
de  lieu,  597  et  n.  1;   voir  30.  —  ^3  comme  circonlocution 
du  génitif  de  possession,   voir   ici   p.  450  et  ib.  aussi  sur 
bo  et  JLii,  ici  shvs. 

»bi,  toi!  Arabica  IV  p.  43:  sLjo  L  J^,  viens  ici,  toi  un  telt 
Hammâmî. 

Le  relatif  ^omânais  indéclinable  bû  serait  d'après  RO 
§§17  et  438,  Nôldeke  WZKM  IX  p.  10  et  Brockelmann 
0.1.  II  p.  325  une  aphérèse  pour_^jî.  Je  ne  le  crois  pas.  Une 
telle  déviation  sémasiologique  serait  fort  étrange  et  sans 
analogie,   à  moins   de  lui  comparer  le  relatif  hébreu  itt^N< 

akk.  asru,  endroit,  =  arabe  jî!  vhv.  Ce  bû  est  plutôt  une 
variation  phonétique  de  mu<mâ  hû>mhû,  qui  est  cepen- 
dant interrogatif  se  rapportant  à  des  choses,  mais  s'emploie 
aussi  dans  le  sens  de  ce  que:  hum  "ârfîn-si  mhu  yistûwi, 
ils  ne  savent  pas  ce  qui  va  se  passer,  ib.  §  437.  Avec  le 
temps  ce  mû,  en  devenant  relatif,  a  été  converti  en  bû, 
par  l'interchangeabilité  des  deux  labiales  et  pour  différencier 
les  deux  pronoms  dans  leur  emploi.  C'est  ainsi  que  ^??  et  nç 


966 

inteiTogatifs  sont  souvent  usités  comme  pronoms  relatifs 
généraux   {quisquis,  quodcunque),  Bauer-Leander  o.  1.  §  32  f. 

.!j,  i,  <.I3,  vhv.  et  les  significations  y  données.  RD  sv.  yj. 

Juo,  en  Hogarîeh,  pénis.  Cf.  qiieue  et  Schwanz.  Mais  queue, 
cauda,  1492  n.  2,  du  chameau  ou  du  cheval  se  dit  woj, 
vliv.  (qui  est  aussi  =  vj)j  ou  oix^,  vhv.;  la  queue  de  Vâne 
est   (j/.UX«. 

Dans  le  récit  N°  34,  la  Murqusîeh  dit  77,  14,  15:  û:>  ^ 
xljô  ^l  ^-i>i  A:>Î5  Lo  ^i>JiJL=>,  qu'il  faut  traduire:   depuis  que  Je 

suis  creée^  personne  n'a  découvert  sa  queue  devant  moi.  Ce  n'est 

pas  ici  'àLô.  xIjiAj  y^,  1492  n.  2. 

Jjj,  ^l'ame  de  Za  7'obe  ou  de  /a  chemise.  Ce  mot  a  joué  et 
joue  encore  un  grand  rôle  chez  les  Arabes,  ce  que  je  n'ai 
pas  besoin  de  relever  ici.  Hein  SAE  IX  p.  XVII  nous 
raconte  que  les  femmes  d'el-Qisn  (c'est  là  le  nom  arabe 
de  la  ville)  portent  une  chemise  bleue  ou  rouge  qui,  par 
devant,  n'arrive  qu'un  peu  au-dessus  du  genou,  tandis  que 
par  derrière,  elle  finit  par  une  longue  traîne  qu'on  laisse 
traîner  sur  le  sable  profond.  Cette  queue  traînante  a  été 
fort  répandue  en  Europe  jusqu'à  il  y  a  peu  d'années.  Elle 
est  encore  de  rigueur  dans  les  grandes  cérémonies  de  cour 
et  dans  les  mariages.  Elle  remonte,  ainsi  que  le  voile  de  la 
mariée  et  la  couronne,  à  la  plus  haute  antiquité.  La  femme 
de  Hârùn  er-Rasîd,  Zobeydah,  avait  une  traîne  formidable, 
encore  légendaire.  Voir  sur  le  J«^j3  v.  Kremer  Culturge- 
schichte  v.  II  p.  213  et  s..  Mu'all  d'Amrul-Qeys,  v.  29  dit: 


967 

C^f  J^^  Jj>.3\  Uy^l  ^      L^st^j  ^'  ^^î  L^  ,ly^i 

Et  je  me  suis  levé  avec  elle  (je  l'ai  fait  sortir  de  là)  et  je 

marchais  tandis  qu'elle  traîne  derrière  elle, 
Sur  l'empreinte  de  tios  pas,  les  franges  d'un  pagne  brodé 
(pour  effacer  les  traces).  Naswân  o.  1.  p.  41, 1. 

Jjo  doit  aussi  être  en  relation  radicale  avec  J.jJ>,  franges, 
et  les  autres  dérivés  de  ce  thème,  vhv.,  ainsi  qu'avec  ^Osjô, 
hrandiller,  et  lj^^Xj,  être  agitée  çà  et  là,  pendiller  (objet 
suspendu),  comme  en  sh.  yindibdib,  er  baumelt,  Bittner 
St.  sh.  II  p.  43.  Le  sh.  a  aussi  dibfl,  protégé  ou  ^-:^,, 
fera,  diblit,  Bittner  sh.  I  p.  61.  Un  santon  donne  une 
frange  de  son  ràdi  à  celui  qu'il  met  sous  sa  protection, 
comme  me  le  fit  le  saint  raansib  de  Gôl  es- Se  h,  dans 
le  W.  Meyfa'ah,  lors  de  mon  expédition  là-bas.  Cette  prati- 
que pourrait  bien  être  l'origine  de  la  locution  rapportée  sub 

icLi.  Mais  un  Jjo,  protection,  ne  figure  pas  dans  la  lurah, 
comme  le  pense  Bittner  St.  sh.  I  p.  61. 

L'étymologie   de  ce  mot  ^3  doit  avoir  un  rapport  avec 

(j.,aA.«JiJf  Ji"b5o,  du    Sing.   ^CsJiô,  =  idJJo,   iClAi j  =  (^>ax.*iiîî  jjLwt, 

LA  XIII  p.  275  en  haut,  et  le  thème  J3  doit  signifier  être 
bas  ou  pejidiller  ou  quelque  chose  d'analogue.  Si  V~^3  est 
hinuntergehen,  descendre,  comme  le  dit  Nôldeke  Beitràge  I 
p.  32  n.  3,  elle  est  parente  de  _^l>,  ^o  et  alors  V~^c>  serait 
primaire  en  arabe.  Je  crois  aussi  que  les  deux  racines  sont 


1)  Le  comment.  d'I.  Kaysân  (f  299  ou  320),  Z  A  29  p.  28  porte  : 

^^  Jd^i  yJi  U_j^1  ^    *    Ijst^^.     Sur  J^^xi   Jpyfi,  voir   LA  XIII 

p.  295  en  bas  et  ici  sub  J.^^.  Mais  pourquoi  y  brodait-on  justement 
des  bats?  LA  dit:  sL^L/to  L3  J.:>  ..j^Laoj"  ^j^  *-^J-^  Ui;  il  y  avait 
donc  d'autres  fij^ures  biodées. 


968 

originairement  apparentées,  mais,  avec  le  temps,  elles  ont 
pris  «ne  direction  séraasiologique  spéciale. 

J^.^j  <  J  l5>^j  comme  paraphrase  de  la  possession,  voir  ici 

p.  452. 

Jbj..  Sur  les  différentes  graphies,  voir  ici  p.  452.  A.  Fischer 
a  publié,  dans  la  ZDMG  61  p.  178  ss.,  Eine  intéressante 
algierisch-marokkanische  Genetivumschreibung,  où  il  écrit 
„d  i â  1 ,  d  i â  1  =  Juo ".  Kampffmeyer,  Marokk.  arab.  Gesprache 
(Casablanca),  a  partout  dyàl,  fém.  dyâlt  (une  fois  diàlt 
p.  16,  14).  A.  Fischer  veut,  o.  1.  p.  181,  que  cette  paraphrase 
du  génitif  soit  due  à  une  influence  berbère,  mais  je  ne  com- 
prends pas  bien  s'il  limite  cette  influence  seulement  au 
génitif  des  noms  de  parenté  ou  en  général,  ou  aussi  pour 
les  autres  paraphrases  avec  ntâ'',  etc.  Pour  ces  derniers, 
l'influence  berbère  doit  être  absolument  exclue,  et  pour  le 
premier  cas,  j'ai  également  des  doutes. 


ADDITIONS  PRELIMINAIRES. 


971 


I 

P.  3.  On  trouve  le  tanwîn  quelquefois  dans  les  textes  de 
RD,  outre  les  exemples  déjà  cités,  p.  e.  nâsin  tuqa,  gens 
de  confiance,  'arbin  qille,  quelques  Arabes^  seyin  ''agîb 
RO  p.  306,6  d'en  bas,  ce  qui  peut  être  une  réminiscence 
du  Qor.  38  V.  4.  Nôldeke,  Beitrage  I  p.  6,  cite  aussi  sinhû, 
sinhï;  je  crois  que  ce  n'est  pas  ici  la  nounation,  mais  s  est 
ici  l'interrogatif  s,  vhv.  400  n.  1;  733  et  734.  Sur  le  tanwîn 
dans  le  Nord,  voir  ma  LB'A  sv.  ÎlXjI.  El-Harîrî,  Durrah 
Cspl.  p.  8,  prétend  que  ÎlXj!  ne  se  rapporte  qu'au  temps 
futur;  grosse  erreur. 

Feghali  K'A  p.  3  dit  que  le  syr.  JpL.,  aisselle^  bras,  ne  pro- 
vient pas  de  Jaj|,  comme  je  l'ai  expliqué  Pr.  et  Dict.  p.  266, 
mais  du  pluriel  JjÇL  Le  pluriel  à  K'A  est  oLI^Ij,  ib.  p.  211. 
Marçais  UBr.  p.  69  donne  J^L.,  aisselle,  comme  en  Syrie,  et 

Canaan,  ZDMGr  70  p.  174,  a  xL4^>  ^«   quantité  qu'on  porte 

avec  les  deux  bras,  ce  qui  est  le  datînois  Ja^c. 


o^^ 


El-(aumahî,  Tabaqât,  éd.  Hell  p.  72,  attribue  cette  poésie  a 
Su'^bah  b.  Rarîd,   avec  i^^^s^y,  au  lieu  de  (_c^y-    Le  verbe 

est  encore-  vivant  en  Syrie.  Feghali  K'A  p.  164:  ^abben, 
il  a  fait  l'éloge  d'un  mort.  Fr.  Delitzsch,  OLZ  1916  p,  167, 
statue  que  ^3N*  n'est  pas  klagen,jammern,  msiis  „rien  d'autre 


972 

que  trauer7i".  Je  suppose  qu'il  ne  connaît  pas  comment  on 
exprime  sa  douleur  en  Orient  à  propos  d'un  mort. 

P.  10.  Brockelmann  dit,  avec  beaucoup  de  sens  philologique, 
Précis  de  linguistique  sémitique  p.  124/5,  que  les  noms  de 
parenté:  ab,  père,  ah,  frère,  et  ha  m,  beau-2)ère,  doivent 
être  considérés  comme  empruntés  au  langage  enfantin.  Cela 
ne  paraît  pas  être  l'avis  de  Noldeke,  Beitràge  II  p.  112. 

p.  11.   Oj,  609,  est  aussi  employé  en  Hogarîeh,  où  l'on  dit 

budduh,   il  veut.   Feghah  K'^A  p.  139:   bôddu  yèktob, 

il  veut  écrire,  =  dt.  bâ  yiktib. 

P.  33.  A  Casablanca,  (^olc  est  aussi  un  futur  périphrastique, 

KM  G-  p.  90  et  passim.  A.  Fischer,  Marokk.  Sprichwôrter 
MSOS  I  p.  202  n.  2,  =  Tanger  ^^L«=  Syrie  ^r,.   En  sh., 

rad  est  le  verbe  courant  pour  aller,  Bittner  St.  sh.  III 
passim;  cf.  ^^j  l\j^  £L>,  0.  S.  Noldeke  I  p.  405,  il  se  mit 
à  chanter  (Bagdad).  Quant  au  syro-égypt.  ""amm,  42  n.  6, 
qui  donne  à  l'imparfait  le  sens  du  présent,  Feghah,  K'^A 
p.  78,  veut  que  ce  soit  originairement  la  préposition  ^^ 
>^am,  parce  que  dans  son  dialecte  on  dit  ""an:  "^anyâkol, 
il  est  en  train  de  manger,  mais  "ambâkol,  je  suis  etc.  Je 
crois  que  cela  n'est  pas  le  cas.  Son  "an  est  simplement 
une  variation  pour  jȣ,<  JUx,  et  cet  "a  m  est  dans  ce  dialecte 
quelquefois  remplacé  par  m  an  lorsque  l'imparfait  n'est  pas 
précédé  de  b:  manyâkol  =  'anyâkol.  Ce  man  n'est 
pas  la  préposition  ^,  comme  le  pense  Feghah,  mais  c'est  le 
même  phonème  que  dans  mnâkol,  nous  mangeons;  on  aura 
détaché  ce  m  n  de  la  I  p.  pi.  et  on  l'a  ajouté  erronément 
aux  autres  personnes.  En  tout  cas,  la  préposition  ^j^  serait 
ici  impossible.  Du  reste,  ""ammâl  se  trouve  aussi  à  Ma^lûla, 


973 

où  aussi  raccourci   en   ''a  m  m  a,   ""am,  ''a,  Noldeke  ZA  31 

p.  209.  Bauer.  Palest.,  pp.  76;  146;  250. 

P.  45  n.  2.   Sur  le   batt  de  Ma'lùla,  voir  Nôldeke  ZA  31 

p.  209. 

P.  46.  Sur  l'ancienneté   de  ce  b,  voir   Noldeke   Beitrâge  II 

p.  240  =  0.  S.  Nôldeke  I  p.  360,  18:  dU:cJb  L3.  Brockelraann 

0.1.  II  p.  543  g. 

P.  49.  La  conjugaison  de  bâ,  pi.  bù,  figure  aussi  chez  Farina, 

Gramm.  Araba  p.  359  pour  Tripoli. 

P.  50.  Sur  o^^>_^^>i^«  futural,  voir  Streitfragen,  éd.  G. 
Weil   p.  267.   Conservé   en   Hogarîeh.   Un  Hogarite  me  dit: 

o  jçuw  *:^|j  i^U!  \j^  ti)Aj  ^jl^'  "^ ,  7ie  laisse  pas  ta  main  en 

contact  avec  l'eau  et  la  viande  (ensemble),  elle  sentira  mau- 
vais,   V.    SUb    OrC. 

o 

^>],  à  propos  de  cette  forme,  Feghali  K'^A  p.  3  n.  5  établit 
cette  série:  riglun>*rigr>^*rgr>''egr,  ce  qui  est  douteux. 

Sur  j«j>(,  on   comparera   ce   que  le   Sihâh,   LA  et  le   Qâm. 

disent  de  j*^^,  pi.  j.L>5t,  qui  sont  probablement  des  dolmens. 
Ceux-ci  sont  nombreux  en  Arabie  et  de  l'autre  côté  de  la 
Mer  morte  et  du  Jourdain,  ainsi  qu'on  peut  le  lire  dans 
l'excellent  ouvrage  de  Paul  Karge,  Rephaim.  Cf.  aussi  Lidz- 

barski  Ephera.  II  p.  347/8  et  ici  p.  427.  Sur  (»>f,  château,  voir 
p.  427  et  Additions  p.  994.  , 

Hadan  dans  le  dialecte  chrétien  de  Beyrouth,  Nôldeke  Bei- 
trâge I  p.  7,  4. 

Qor.  19,  62,  il  y  a  LjU  »Acj  ,^^  iu],  qui  est  expliqué  comme 


974 

un  Jotsx  =  J.Elii:  Lj'î.  Cette  explication  me  paraît  douteuse, 
Durrat  el-Rauvvâs,  Csple  p.  124,  et  je  me  demande  si  le 
Prophète  n'a  pas  dit  ûfLo  en  se  servant  d'une  forme  dialectale. 

^' 

Une  pareille  contraction  dans  le  verbe  ^\  se  trouve  dans  le 
marocain  muhhar,  retardé^  KMG  p.  45  en  bas. 

P.  75.  Christian  OLZ  1919  N^^  9/10  p.  207  cite  ^J,  cueillir 
du  miel  y- préparer  du  miel,   mais  un  tel  sens  ne  peut  se 

Ç-  oc  O   -    - 

rapporter  qu'aux  abeilles,  et  ^Ji  =  J^.«j:  ne  doit  pas  être  un 
mot  arabe.  En  sanscrit,  a  11  est  a&ezYZe.  V.  Additions  p.  1021. 

dVJLoL.  ^\  aussi  en  Syrie.  Feghali  K'A  p.  6, 1. 

Sur  ce  verbe  en  hébr.  et  en  babyl.,  voir  OLZ  1914  N°4  p.  185. 

^' 

Sur  le  ^Jiy>  des  Arabes  et  le  pain  y  cuit,  on  lira  Krauss, 
Talmudische  Nachrichten  ûber  Arabien,  ZDMG  70  p.  332. 
Le  verbe  existe  aussi  à  Ma'lûla,  Nôldeke  Z  A  XXXI  p.  225. 

P.  82.  Ex.  de  Joa.-:!:    Hdr.   p.  83,5;   119,5;  Arabica  III  p. 

80.  Ex.  de  JjtàJÎ:   RO  p.  306  d.  1.:  oVjLkJ!  ^y^-*--^  L..,  07i 

ne  pouvait  enteyidre  les  marteaux.  ^  ^^àkiè^-o  Lo  Oyt^^  J|;  ^ 

o^k!!,  tant  que  durent  les  torrents,  les  routes  ne  sont  pas 
praticables,  p.  617  en  bas;  Arabica  III  p.  80.  En  "Oman, 
d'autres  formes  hybrides  se  sont  développées  dont  parle 
Nôldeke   WZKM  IX  p.  18  sans  pourtant  faire  ressortir  le 


975 


sens  àe  pouvoir  être,  se  laisser  faire.  Le  oranais  JJCuî,  pouvoir 
être  matige':  (jri  JXLij  L  \ô>s>,  ceci  ne  se  mange  pas,  est  aussi 
une  forme  hybride,  Bel  Djfizya  p.  73  =  'Oman,  ici  p.  84,  2.  = 
Nord  J^ûl  et  Dt.  ^li'bcwî  p.  83/4;  cf.  ^\Ju.  On  prononce  en 
Syrie  yi-tfi-kal.  Fleischer,  Kl.  Schriften  I  p.  78  ss.,  parle 
de  ce  sens  de  Joui!  et  de  Jjt^oî,  mais  non  pas  de  JJtàJ".   En 

Syrie,  JjLaJ"  a  également  ce  sens.  v_â-Ujc_j  U  lA-j^it  iJcP,  cet 

enfant  ne  se  laisse  pas  cajoler.  J->1^  U  j-LIJ!,  on  ne  peut 
pas  recouvrer  cette  somme.  -îaj^  Lo  -a^\  Wj>,  cette  affaire 
ne  se  laisse  pas  arranger.  Ainsi  tous  les  verbes  Jju.j  pro- 
venant d'un  transitif  Jots.  Mais  ici  Jjtaj!  est  le  refléchi  dej^^s. 
J'aurais  ici  dû  ajouter  J^Uj  qui,  en  Syrie,  s'emploie  dé  la 
mê'me  façon. 


JoLs^  Le  \ôs.'S>  ^A,  i^Lwoî,  on  ne 

peut  pas  discuter  avec 

^Lsiù 

5J            55                5J          J      11        11 

55 

„  causer,  communiquer  avec 

j^jA.^iji_ 

11           11                11          1      11        11 

55 

„  se  quereller  avec 

a^'r^ 

V     »      5t                 55           J       55         55 

55 

,,  gager  avec 

i^jXjLiJo 

5'            55                55          5      55        55 

55 

„  se  mêler  à 

liJ.UiJu 

55             55                 55           ;       '5         55 

55 

„  s'associer  avec 

^_c:»Lx;ô 

55             55                  55           5       55         ;5 

55 

,,  être  l'ennemi  d' 

55           1)               55         5      55        55 

55 

„  fréquenter 

v„S.:>'^iLo 

55            55                55          7      75        55 

55 

„  attraper 

(lv_5JO^Lù 

55           55                55          5      55        5? 

55 

„  s'attacher  à 

^jL»^ 

Le 

^LJ!,  la  porte  7ie  se  laisse  pas  arranger. 

Jw^Ujù  Le  JjLciJt  L\P,  cei^g  c/ïose  W6 

se  laisse  pas  différer. 

ir^ 


1)  Ici  on  dit  aussi  vulg.  v_iJUj  en  Syrie. 


976 

Dans  cette  forme,  presque  toujours  avec  la  négation,  la 
réciprocité  est  aussi  impliquée.  Je  ne  l'ai  pas  constatée  dans 
notre  dialecte.  Le  ^J<XJ  de  Mo'all.  de  Zoheyr,  mon  éd.  p.  83,  5: 
j^LoJ5  Lav^c  Ujc^ Jjg"  et  ib.  p.  100,8:  o^^i  It-xSJj^  doit 
bien  être  envisagé  de  la  même  façon.  Nôldeke,  Fûnf  Mo'all.  III 
p.  27  trouve  ,J'emploi  causatif  de  la  forme  réciproque  cu- 
rieux". Mais  voyez  LA  XII  p.  304,10  et  ss.  d'en  bas,  qui 
rapporte  ce  verset,  et  Lane  sv..  La  phrase  signifie  vous  avez 
soutenu  ou  vous  vous  êtes  chargés  de.  Les  exégètes  ne  savaient 
pas  bien  la  portée  de  ce  verbe  dans  le  Qorân.  Boh.  VI  p.  58,4 
d'en  bas  :  \j^JS)  =  t^jux>! . 

Jt 

P.  84.  L'article  est  dans  le  Sud  el,  quelquefois  même  al,  pour 
ne  pas  parler  de  em,  um  et  en.  Brockelmann  o.l.  II  §  380a, 
en  citant  Dt.  157,  12,  transcrit  ^Ls-iJ!  par  il  qifâl  et  id. 
ib.  p.  628  anm.  2  il  rend  Dt.  467,  5  ^î  Liyi  par  il-matar, 
mais  ma  notation  o  signifie  seulement  qu'il  faut  prononcer 
fel-.  Dans  le  même  §,  il  explique  U  dans  Lo  J-o  =  ^  J.-o 
comme  négation,  ce  qui  est  erroné,  d'après  ce  que  j'ai  dit 
466/7;  472;  474. 
P.  89.  Ajoutez  c>»-w.^1  3cî,  LA  III  p.  429,5  d'en  bas. 

P.  92  en  bas  et  p.  98.  Cette  anaptyxe  du  Joti  n'est  plus 
nécessaire  lorsque  le  mot  est  suivi  d'un  suffixe  à  initiale 
vocalique,  habli,  qafli,  higli,  hablah,  etc.,  ou  lorsqu'il  est 
lié  à  un  mot  suivant  à  initiale  vocalique,  hab-lel-faras, 
qaf-lel-bêt,  hig-lel-mara,  mais  hàbëlna,  qàfël- 
kum,  higëlhin,  etc.  Littmann  NAVP  p.  9  trouve  cela 
très  remarquable,  „sehr  beachtenswert".  C'est  qu'alors  le 
mot  peut  reprendre  sa  structure  syllabique  sémitique.  Dans 
les  mots  cités  p.  94/5,  les  sonores  médiales  ne  sont  pas  tou- 
jours „sy]labiques";  avec  l'm  médial  presque  jamais.  Kalb, 
allem.   veau,   et  wlf  kalb   ou   kelb,   chien,   ont  le  même 


977 

son,  parce  que  l'arabe  peut  prononcer  ainsi  lorsque  la  der- 
nière lettre  est  une  explosive,  une  spirante  ou  une  nasale 
précédée  d'une  liquide,  mais  on  ne  dira  pas  ici  que  cette 
liquide  soit  syllabique.  J'ai  souvent  soutenu  que  la  théorie 
de  Sievers  n'est  pas  applicable  à  l'arabe.  Vollers,  ZDMG  49 
p.  499,  a  très  bien  relevé  cette  anaptyxe  pour  le  dialecte 
"omfinais,  oii  la  voyelle  de  remplissage  est  a,  e,  i,  o,  u, 
ainsi  que  pour  les  dialectes  du  Levant.  Il  y  donne  aussi 
plusieurs  exemples  de  la  langue  littéraire.  Pour  la  langue 
des  Bédouins,  on  lira  le  Gl.  de  ma  LB^A  sub  Anaptyxe. 
Le  cas  est  absolument  le  même  dans  nos  dialectes  méri- 
dionaux, et  la  chose  n'en  peut  être  autrement,  car  la  struc- 
ture syllabique  conserve  encore  toute  sa  force.  Il  n'y  pas 
en  sémitique  de  lettres  syllabiques;  1,  m,  n,  r  sont  pour 
nous  syllabiques,  nullement  pour  les  Arabes.  Sur  l'anaptyxe, 
on  lira  Streitfragen,  éd.  Weil,  p.  307  et  s.,  où  l'on  trouvera 
plusieurs  exemples  de  la  poésie,  comme  J>-5^^  et  Jc>  .  Voir 
aussi  Marçais  ÛBr.  p.  57. 

Môme  anaptyxe  et  mômes  exceptions  dans  les  mots  turcs 
empruntés  de  l'arabe,  Der  Islam  IX  p.  257.  Marçais  UBr. 
pp.  62  et  65.  La  règle  établie  p.  95  n'est  pas  absolue,  car 
on  dit  même  en  Mésopotamie  sa  mis,  soleil,  ZDMG  58  p. 
940;  Addit.  sub  y  p.  1023. 

^JJ!  p.  104.  Feghah  K'A  p.  273  dit  du  dialectal  elle: 
„Ce  peut  être  simplement  la  forme  prise  par  le  pronom  clas- 
sique alladî  après  chute  de  la  voyelle  a  (l'accent  étant 
transporté  sur  l'initiale,  car  on  accentue  ^élle)  et  assimi- 
lation de  la  dentale  à  1,  soit:  alladî >*éll de  ')>''*ellle> 
^elle,  forme  actuelle  connue  d'un  grand  nombre  de  dialectes 


')  Nous  avons    vu    que   lé  dialecte  datînois  a   illodi,   illidi,  407 
et  s,  >  el   dr,    il   àW 

62 


97S 

arabes  modernes  (111  se  réduit  naturellement  à  11)".  Cette 
argumentation  est  inacceptable.  Je  crois  avoir  suffisamment 
prouvé  que  illi  est  un  relatif  indépendant.  Déjà  dans  mes 
Prov.  et  Dictons,  cités  par  Feghali  p.  273  n.  3,  j'ai  dit  que 
^)  et  ^J>s^  „ne  sont  pas  du  tout  des  corruptions  des  formes 

correspondantes  de  l'arabe  classique,  mais  d'anciens  mots 
sémitiques  d'un  grand  intérêt",  et  je  n'ai  pas  changé 
d'avis  depuis. 

P.  105.  ^_c^'^  au  lieu  de  q'  ou  o],  est  fort  répandu  partout. 
En  voici  quelques  exemples.  Mlîh  illi  ma  sâbo  aktar 
min  hêk,  c'est  bon  qu'il  ne  lui  soit  arrivé  plus  que  cela, 
Bauer  Pal.  Arab.  p.  144,3  d'en  bas.  El-hamdilla  illi 
sufnâk  bhêr,  grâce  à  Dieu  de  vous  voir  en  bonne  santé, 
ib.  p.  225,  2.  Mabsût  illi  waqtak  bismâhlak  tqaddi 
es-sahra  mâ^na.,  Je  suis  content  que  ton  temps  te  permette 
de  passer  la  soirée  avec  nous,  ib.  p.  251,  19  (oià  tqaddi  est 
une  erreur).  Ya  hsâra  illil-ard  mus  mazrû'^a,  quel 
dommage  que  la, terre  ne  soit  pas  ensemencée,  ib.  p.  245,  15 
d'en  bas.  Hsâra  11  i  ma  sihtinls,  c'est  dommage  que  tu  ne 
m'aies  pas  trouvé,  Kampffmeyer  Marokk.  Arab.  Gesprâche  p.  5. 
Ferhna  Ui  gîti  ^ala  hêr,  nous  nous  réjouissons  que  tu 
sois  arrivé  en  bonne  santé,  ib.  p.  9.  Y^azz  bîya  Ihâl  11  i 
n  h  a  s  s  i  r  1  i  k  h  â  t  r  i  k ,  ça  me  fait  de  la  peine  de  te  contrarier, 
ib.  p.  28.  H  as  ma  n  min  gihtik  11  i  t'àbtik,  je  suis 
honteux  à  ton  égard  de  l'avoir  fatigué,  ib.  31.  Ma  lum 
(=  Ihum)  11  i  ma  brâu  si  igîu,  qu'ont-ils  qu'ils  ne  veu- 
lent pas  venir?  ib.  p.  58  d.  1.  As  kân  hâsrik  ''aie ha  lli 
ma  tmsahha  si,  qu'est-ce  qui  t'a  empêché  de  me  les  net- 
toyer (la  bilra,  bottines)^  ib.  p.  79,1.  El-Harîrî,  dans  son 
Durrat  el-Rauwâs,  Csple  p.  100  N°  157,  dit: 

_,!   ioLx    LVS3    ]j^    ^^   o!   *iî   lXJI   jLiLj   ^î   vly^'j    •  •  •  *^''   r^' 


979 

;^t  xjyu  ^!  xftMj  Ui"^   ÎJJ'  ^li   ^JJI  idJ  cuH  JUù.    Mais  el- 
Hafâgî,  ib.  p.  209,  autorise  cet  emploi. 

Chez  Dalman  P.  D.  p.  104,  11  d'en  bas  on  lit: 

radd  elbagar  elyantasar  sOb  misna 
qu'il  faut  lire: 

rad-del-ba-gar  el-yan-ta-sar  sô-be-masnâh 
et  non  pas  el  y  an,  etc.,  car  el  n'est  pas  ici  le  relatif;  voir 
Socin  Diw.  I  p.  63  dont  le  texte  est  métriquement  plus 
correct.  Sur  LJ!  <  ^,  voir  p.  109  et  sub  ^. 
P.  110.  Si  hîn  il  est  =  "^^  (J^:=>  ou  loij^,  lorsque,  waqt  il  = 
"i^  o^^  ou  U  v.i>Js5  ou  ^^i  vJi.s5,  il  ne  peut  être  ici  le  relatif 
elli,  li  ,^l3J!,  comme  le  propose  Nôldeke  ZA  31  p.  210  à 
propos  du  ma'^lùlien  waqcil,  lorsque.  Les  autres  exemples 
qu'il  y  cite  n'ont  rien  à  faire  à  cet  il,  car  c'est  là  le  relatif. 

Embala,  mbéle,  mais  si,  est  fort  répandu,  Feghali  K'A 
p.  64:  m  bal  a,  oii  est  expliqué  cette  prononciation,  m  bal  il 
ou  imbâlâ,  mais  si,  Bauer  Pal.  p.  94.  LA  XVI  p.  177  en  bas. 

Le  y^\  J-«.=>,  Bittner  'Aggâg  p.  30:  L^_^  iuC*^  ^]  J^*^ 
iîJt  Jis'!  3!  jLs!  y^o  Q^^'  =  Ahlwardt  Sammlungen  II  p.  18 
V.  98,  est  peut-être  le  ^^liù,  cachalot  ou  la  baleine. 

Un  synonyme  de  (Jl*Jt  J.   ,sa>Jj",  approfondir   la  science,   est 

jjl*iî  ^  k^,  I.  Hallikân  I  p.  570.  LA  V  p.  140,  7  d'en  bas, 
oiï  la  sémantique  est  expliquée. 


980 

Synonyme  du  syro-égypt.  osJL:^.  est  le  syr.  oiJir,  vhv.,  ouvrir 
de  grands  yeux,  avec  la  métathèse  vJLs:Jb. 

En  dt.,  on  dit  aussi  icI^L.»  P-  334  en  bas.  ' 

Cf.  la  métathèse  syrienne  Jacy ,  s'agiter,  frétiller,  et  le  syrien 
Ja*j ,  s'agiter  en  tous  sens,  se  dissiper  (enfant),  Feghali  Iv  ^A 
p.  196.  Il  y  entre  le  verbe  ^^  vhv.  Le  i^xj  datînois  a  un 
autre  sens,  vhv. 

'i^ji,  espèce  de  danse,  Hirsch  Reisen  p.  113/4  où  description. 
Il  écrit  à  tort  „berra  (^y)"- 

Jws^o  est  l'assyr.  basalu,  bail,  coo/i:,  Muss-Arnolt  sv.;  baslu, 
mûr  (fruit),  ZDMG  58  p.  952.  Hein  SAE  IX  p.  106  donne 
fsê,  dîner,  v.  Préface  ici  p.  VI  et  pp.  170  et  1003  n.  1. 

Li,  Li,  battre,  RO  §  303.  ^ 

Au  Maroc,  J-bL,  bâtil,  est  bateau  =^  f lu k a,,  KMG  pp.  49; 
50  et  51. 

>Axj,  ôter  les  habits,  peut-être  la  même  expression  avec  "i^D, 
Cantique  IV,  i,  selon  le  glosateur  dans  Krauss,  Talmud. 
Nachr.   uber  Arabien,  ZDMG  70  p.  839,  car  blVJ^r2  ne  me 

paraît  pas  donner  un  sens  satisfaisant.  La  traduction  amé- 
ricaine de  Beyrouth  porte  ^'laJ  >.i>o^'  ^j^  (lisez  tiUuJ), 


981 

LL>  pour  ^gS^  se  trouve  dans  une  poésie  dans  le  Tabaqât 
d'el-(jumahî,  éd.  Hell  p.  12,  11,  où  c'est  attribué  au  dialecte 
tayyite,   comme  aussi  ^^^j  pour  ^_^^  et  ^.^^  pour  ^<^, 

Zoheyr,  mon  édition  p.  155. 

Sur  ^  =  Di?D,  voir  de  Lagarde  Mitteil.  I  p.  68;  OLZ  1917 
p.  297  et  p.  350. 

Feghali,  Emprunts  p.  34,  donne  pour  le  syriaque  baise, 
malheur,  difficulté,  chose  désagréable,  du  syr.  bêlas,  laesus 

est.    Il  le  compare  avec  le  classique  jAi\  =  ojC*-  et  j^Jj,  . 

C'est  possible.  Mais  le  sens  du  syro-liaur.  ^Jili  s'écarte  trop 
de  ce  sens. 

P.  211.  I.  Sîdah  XIII  p.  118  parle  aussi  de  ce  passage  qorà- 
nique:  ^JLlj  ^y>^  q!  J^  oi;'^^  ^  ^^'^^  explique  par  L^Jjcp 

^^  dUo  _^3    iLcLuaJSj    bjî^j^!^    iCjLiLKJtj    iiLL^l^  iUxMI    JU='^L> 

«^Lm5%  L^Jlc  ^^L*:^.^.  (JvJI  JL^"^!  vjukS.  On  voit  donc  que  c'est 
la  même  explication  erronée  que  chez  tous  les  autres. 

A  propos  de  |*.pL,  Feghali  p.  208  et  n.  3  veut  que  bâhem, 
pouce,  représente  le  pi.  abâhimu.    On  ne  sera  pas  de  son 

o 

avis.  j.L^t  <  ck:'  encore  employé,  avec  prothèse  déjà  ancienne, 
comme  aussi  k^\  (avec  ses  variations  vocaliques),  p.  91.  — 


982 

Sur  iulj,  courage  à  la  guerre,  on  pourra  citer  Diw.  Qays  b. 
el-llatîm  N°  17  v.  1: 

5f  îme  troupe  veut  nous  faire  du  tort, 

il  y  a  alors  parmi  les  Montagnards  de  Mekka  des  gens 

de  secours  d'un  courage  sauvage. 

Comme  étymologie  de  ^^y,  j'ose  proposer  le  soum.  bur  > 

akkad.    bùru    ou    pûru    {^tQm-)Schaale,    Zimmern    AFW 
p.  33;  Muss-Arnolt  p.  187:  stone  jug. 

o>-l-v«  est  un  homme  frappé  d'interdit.  Jaussen,  Coutumes 
p.  263. 


Sur  le  Jj  et  les  oi-,.=>  nous  lisons  dans  le  Kàmil  d'el-Mo- 
barrad  p.  441:   ^\yJ>  &î  c:^!^^  Jr  jXi  \ô>  ^J^  ^^  so^  qI^^ 

^^    iOLÎLvi    Jlï    Q-*r4j'    (MW^^jy-^'    v,L:^ji'    Uj!    Jais    (jsAxx    ^v^'    L<    3^* 

AÎ  j*.kLj  ol3y>  o-j^  '^^  Je.  Ce  collier  de  perles  sur  le  turban 
est  encore  porté  par  les  souverains  indigènes  des  Indes. 
Voir  sub  JU-^o. 


Sur  t\:s^■,  voir  un  exemple-  Streitfragen,  éd.  Weil,  p.  305,  12. 


988 

JjCj1  a  donné  par  dissimilation  jXcjl,  KMG  p.  26,  6,  >  JXi' 
J^,  ib.  n.  2. 

Sur  .lLj  =  y.J,  voir  à  présent  Siddiqi,  Pers.  F  W  p.  13  n.  3. 

? 

Intens.    r-^r-^,   bavarder,  onomatopée.    Le   Prophète   n'aimait 

pas  les  ^yi^xft-xJl  Q^Jjy'j  les  bavards  brayards,  LA  sv..,  H. 

Bauer,  Die  Ehe  p.  57.  Le  Tartarin  de  Daudet  était  un  vrai 

KMG  p.  71,7,  donne  ^-j>a«,  réparer ^ ^^  >^Lo^  qui  pourrait  bien 

être  le  sudarabique  v^i,  même  sens,  mais  le  tangérois  ujy^, 
ib.  n.  3,  rend  ce  rapprochement  douteux. 

La  lurah  a  Jj,  u,  et  3yi',  Jy-^'-J,  avoir  le  vertigo,  LA  sv.,  ce 

qui  s'applique  d'abord  aux  animaux.  J^i,  fém.  ^'^S,  qui  a  la 

maladie  J^î  ou  jyiî!.  Le  thème  est  aussi  IL'^  y;  Nihàyah  sv. 

et  LA  sv.  disent  ^  j.  iCii  ^3^i,  comme  le  dat.  ■^yii  =  ^AS. 

Feghah,  Emprunts  p.  35,  donne  pour  son  dialecte  sewel, 
plus  souvent  tewel,  étourdir,  faire  perdre  la  tête.  Ce  thème 
n'a  pas  besoin  d'être  un  emprunt  syriaque,  puisqu'il  se  trouve 
aussi  dans  l'Arabie  du  Sud. 


„  >  y.  Un  bon  exemple  do  cette  prononciation  se  trouve  chez 


984 
Rescher,  Stndien  iiber  I  Ginnî  t.  à  p.  p.  50  cJ^^i^àJ!  _^!  jLï 

jo    c>J^    >_j!-E:'    '5l\x£.    i3ws:aaiî    JvÀr:    LlS'    Jyïj    lXj-     L!    i^^Jtfv*    Lf^br^' 


P.  260.  Haupt,  dans  la  Festschrift  Wellhausen  p.  210,  com- 
met la  même  erreur  en  disant  qu'on  ne  fait  pas  de  beurre 
du  lait  de  chamelle.  Musil  en  a  mangé,  o.  1.  I  p.  232. 

^'c^  est  au  Yéman  =  ^^j  du  Nord  p.  346,  9. 

EO  p.  96,2  porte  cette  phrase:  gahhênâh  ^a  ma^ne, 
wir  zogen  ihn  zu  uns  herûber,  qui  pourrait  bien  être  la 
Ile  forme  de  ^_^^^,  avec  une  application  sémantique  modifiée. 

Ajoutez  j.LXi>,  couper,  p.  622,  5. 

>_j/>-  Il  faut  lire  p.  275,2.  Li:oJ=>,  comme  p.  147,12  d'en 
bas  et  p.  572,  3  et  note;  mon  ms.  porte  bien  dans  cet  endroit 
1  ^  y  r  7-^   qui  peut  aussi  être  bon.   Ce  ^r^  est  d'une  autre 

racine  que  le  yémanite  v-^j  labourer  le  champ,  Dt.  III  Pré- 
face p.  XI,  vhs. 

Avec  *)j>-  on  pourra  comparer  sa  métathèse  11:1,  lionceau. 
Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.  ^^. 


7*=^ 


Hirsch,   Reisen   p.  120,   donne   .L*:>,  coll.,  espèce  de  grosses 
fourmies;  en  Dt.  Qyt>,  pluriel. 


985 


Yâqût  sv.  ^^IjlXj^  dit:  J'o  xji'  J.  qL*^.^.  U-Lï  ^^^  ^J^-ii! 

J  ^lîj  .LJ!3  ^^î^  ^^Uî  ^  ^1  o^**^-  ^  r^'  UJ^'  ^3-^ 
..;sa£»  „%*/«►  wot>ip,  ^Jx«  ^-Jli:  lioiii  JàLâJî  xw.4j>  /o.  Il  aurait 
pu  ajouter  ,is^  >ys^4i:. 

^L>,  =  tU^  oS->^,  se  trouve  I.  Sîdah  II  pp.  132,  10  d'en 
bas,  133,7  d'en  bas  =  ^.^  et  ^^,  vhv.,  et  wJ:>,  u,  i,  ib. 
p.  135,  2  d'en  bas.  v^I>  et  ^Ji>,  ib.  p.  135,  1  et  5  d'en  bas; 
p.  136,3  d'en  bas  =  ic.^^.    C'est  une  métathèse  de  v^, 

ib.  p.  137,  4,  5;<^i;  et.  (J^>  vhv.  =  Z-s^  vhv.;  —  voir  ici 

sub  j^. 

P.  296.  La  forme  jl*s  est  aussi  algérienne,  Bel  Djâzya  p.  83. 

Elle  est  également  très  courante  en  ^Omân,  mais  là,  le  plus 
souvent,  sans  attraction  vocalique  de  la  première  syllabe,  p.  e. 
kellîm,  qui  s'entretient  avec  vous,  haffîr,  gardien;  hal- 
lîf,  allié.  En  Egypte,  gammî%  compositeur,  rassîm,  des- 
sinateur.  Vollers  y  voit   ZDMG  49  p.  513  pour  l'Egypte, 

des  formes  analogiques  de  u-^i^^  prêtre,  ce  qui  est  étrange. 

P.  305.  iU.iî-=>  est  en  Dt.  et  Hçlr.  un  gros  scarabée  noir  à 
longues  jambes.  Hirsch  Reisen  p.  120:  djehme,  mais  entre 
parenthèses  x*^,  ce  qui  est  la  vraie  forme.  —  Dans  les  mon- 

tagnes  du  Yéman,  sUi^  est  femme  mariée;  kàhmete,  ma 
femme,  pi.  pL^,  1528,  Hogarîeh. 

^-*.f>,  d'autres  mots  sur  ces  paradigmes  se  trouvent  p.  702 
en  bas;  p.  999. 


986 


iob-]  >  x^l  =  iùb^,  voir  Nôldeke  Beitrâge  I  p.  36  n.  3,  où 
renvois.  Il  n'est  point  sûr  que  iùL>  soit  une  „corruption"  de 
XjL>].  Et  pourquoi  pas?  Elle  est  ancienne. 

>^ 

^b-  a  donné  3Î0,  u,  au  Maroc,  voir  sub  jo,  Addit.  sv. 

P.  322.   Le  soleil  s'appelait  aussi  i-iSj-è,  témoin  un  vers  de 

Dû  er-Rummah  chez  I.  es-Sikkît,  Tahdîb  p.  389:  'ii:}\ri}\  q^  = 
y./.*^')  ^y>.  Cela  s'appliquerait  à  partir  du  moment  de  son 
lever.  Le  nom  viendrait  du  Jyb,  filer.  El-Batalyûsî  l'explique 

par  i3j*il^  L^l^ôô,  el-Hafâgî  sur  la  Durrah  d'el-Harîrî,  Csple 

p.  28,  et  l'on  appelle  aussi  les  rayons  du  soleil  Jj^^L=>  et 
iJL>-:>,  ib. .   La  forme   serait   avec  cette  étymologie  insolite. 

Voilà  pourquoi  el-Mo^arrî  dit,  ib.  p.  28: 

Il  veut  donc  que  'i^^jà  soit  pour  idîji,  car  il  avait  le  senti- 
ment de  l'impossibilité  de  cette  forme  icHji,  en  acceptant 
l'étyraologie  courante  des  savants.    Le  mot  a  dû  être  assez 

employé  anciennement.  On  disait  ^c^-^'  ^'^^jà,  comme  les 
mots  énumérés  p.  414.  Or,  je  ne  crois  pas  que  les  savants 
arabes  aient  raison.  x!!ji  ne  doit  être  autre  chose  que  gazelle. 

La  forme  féminine  s'explique  par  le  fait  que  ^v.-*^  est  aussi  du 
féminin,  mais  ce  peut  aussi  indiquer  la  gazelle  par  excel- 
lence, car  le  fém.  de  J';-è  est  plutôt  i»w^-^.  Aujourd'hui  on 
.  appelle  bien  la  femelle  '^^~^,  mais  cela  ne  compte  pas  ici. 
Déjà  D.  H.  Mûller  et  J.  H.  Mordtmann,  dans  leur  Sab.  Denkra. 
pp.  10  et  66,  ont  émis  l'opinion  que  la  gazelle  était  consacrée 
à  "^Attar.  On  la  voit  souvent  représentée  sur  les  monuments 


1387 

sabéennes,  A.  Grohmann,  Gôttersymbole  und  Symboltiere 
p.  64.  On  trouva  deux  gazelles  en  or,  ^3  q'^'jc,  lorsque 
^Abd  el-Muttalib  fit  écurer  le  puits  de  Zemzem;  les  (jorhom, 
originaires  de  l'Arabie  du  Sud,  les  y  avaient  jetées  en 
quittant  Mekka,  I.  Hisâm  p.  94  =  éd.  Caire  p.  50  =  Jàqût 
Mo^gara  sub  ^y>^,  et  ""Abd  el-Muttalib  les  fit  mettre  sur  la 
porte  de  la  Ka'bah.  La  gazelle  est  un  animal  symbolique 
solaire,  ou  plutôt,  dans  l'Arabie  du  Sud,  lunaire.  Beaucoup 
d'animaux  étaient  solaires,  Siecke  Die  Sonne  im  Mythes  p. 
50  et  ss.  Le  bouquetin  ^«.cj  a  dû  aussi  être  symbolique  et 
se  rapporter  au  culte,  1239  en  bas,  1467  ss.;  1500;  1611 
et  Gl.  sv.,  et  o.  1.  p.  56  ss.  L'antilope  était  l'animal  de 
Mar-tu  =  Amurru,  un  dieu  des  Sémites  occidentaux  = 
Eammân,  Prinz  Altoriental.  Symbolik  p.  129s.  La  gazelle, 
pu  l'antilope,  représentait  donc  un  symbol  astral.  Il  n'est 
pas  trop  osé  de  voir  dans  le  nom  du  soleil  en  question, 
iLlIj-É,  une  réminiscence  du  vieux  culte  astral  des  anciens 
Sémites,  ici  celui  du  Soleil.  Elle  est  encore  entourés  d'une 
certaine   vénération  dans  toute  l'Arabie.  E,0  p.  284  en  bas 

porte  cette  phrase  :   ^Ij  (J^  =)  j^L  <\->r^  (^î  (^^c-^  =)  i^rt^ 

K^  ^j^  ;îr^'  '  ^^  gazelle  est  une  venaison  qui  est  mangée,  et 
on  la  vénère  beaucoup.  La  nuit  ses  yeux  ont  l'air  {se  voient) 
comme  la  foudre  et  lorsqu'elle  grince  des  dents,  des  étincelles 
jaillissent  de  sa  bouche.  Dans  la  qasîdah  de  ""Omar  Bâ  ""Atwah, 
publiée  par   Snouck  Hurgronje,    0.  S.  Festschrift  Nôldeke  I 

p.  103,  on  ht  à  la  fin:  ^^j^  xJÛ-i/  ^J^  Jk  V^,  ce  qui  est 

expliqué  par  Snouck  H.  d'après  la  version  dans  Damîrî 
Hayât  el-Hayav7ân  II  p.  126/7.  Grohmann  o.  1.  p.  65  n.  3 
renvoie  à  RD  I  p.  99  N°  LXX  pour  prouver  que  la  gazelle 
est  encore  aujourd'hui  un  animal  sacré,  probablement  parce 
que   les   trois   dbô   qu'on   avait  appelées  du  désert  (dâ^an) 


988 

entrèrent  dans  la  mosquée.  Elle  est  pour  les  Arabes  l'animal 
le  plus  rapide,  et  dans  la  chasse  qu'on  lui  fait  les  chiens 
ne  peuvent  l'attraper  que  si  le  sol  est  mouillé. 

P.  323.  Hommel,  Altisraelit.  Ûberlieferung  p.  113  et  ss., 
montre,  d'après  Pinches,  que  dans  les  noms  propres  assyriens 
il  y  a  une  divinité  mâle  Aï  ou  Y  a,  qui  serait  d'origine 
arabe  et  autre  que  Aï,  le  nom  de  la  reine  céleste  babylo- 
nienne, d'origine  soumérienne.  Il  se  peut  donc  que  ce  nom 
se  soit  perpétué  chez  les  Arabes,  à  travers  les  siècles,  sous 

la  forme  de  ^U,  M  et  auî,  ici  p.  323,  et  que  ce  soit  le  même 
que  le  plus  ancien  nom  de  Dieu  Y  ah  ou  Yahu,  etc.,  et 
l'arabe  -^,  ici  p.  323,  soit  le  nom  du  Soleil. 

^^ 

Le  verbe  l^_^.  du  verset  de  Q.  b.  el-Hatîm  se  traduit  plus 

correctement  par:  il  nous  honorera. 


C5^ 


-.y.;>,  baisotter ;  avec  l'inf.  <J^,  535,  14. 
P.  343,  11.  fSelon  Marçais  UBr.  p.  87,  il  faut  ajouter  L.^,  u. 


P.  348,  9.  Sur  ce  proverbe,  voir  el-Cxumahî,  éd.  Hell  p.  83,  2. 

^jis>  p.  350;  je  vois  à   présent  que  Bittner  juge  le  mehri 
ta  (te)  de  la  même  façon  que  moi,  OLZ  1914  N°  p.  28. 

p.  352.  L'histoire  d'el-Muhtâr  se  trouve  Tab.  II  p.  702  et  ss. 


989 

Son  histoire  et  celle  de  sa  religion  ont  été  traitées  par  I. 
Friedlaender,  ZA  24  p.  33  ss.,  dans  son  intéressant  article 
„^Abd   Allah   b.   Sabâ,  der  Begrùnder  der  Sî'a,  und  sein  jû- 

discher  Ursprung".  Le  tàbût  y  est  appelé  ^c*^^ ■,  mais  Tab. 

II  p.  705. 1,  aussi  o^jIj',  autour  duquel  les  partisans  d'el-Muhtar 

dansaient:  »oî^!  3^  '^^  ^y^-  Je  ne  crois  pas  qu'on  puisse 

le  traduire  ici  par  Gottesstuhl,  Friedlaender  o.  1.  p.  19  n.  2,  car 
el-Muljtâr  lui-même  l'identifie  avec  le  tâbût  des  Juifs,  Tab.  II 
p.  703,15. 

Le  ^omânais  Jw^u>,  RO  p.  321,10:  dàro  yhaglûhum 
mhâgle,    ils  se  mirent  à  les  retenir^  est  une  variation  de 

^=>L=>.  Cf.  ^  et  ^_^,  même  sens. 

P.  358.  ^  est  aussi  du  fém.  62,  5;  mon  Arabica  II  p.  33. 
C'est  aussi  un  n.  gen.  désignant  la  matière,  Hdr.  p.  435,  5 
d'en  bas  =  ici  p.  726,  9  d'en  bas,  comme  son  correspondant 
hébreu  ]3N\ 

P.  362,  n.  ^\  ^'l^.  Voir  Additions  sub  Joo>  p.  999  s. 
P.  368.  Hirsch,  Reisen  p.  5,  mentionne  ces  „Subyân  qui 
labourent  la  terre  à  el-Makalla  et  dans  l'Intérieur  de  Hadra- 
mût.  On  me  dit  à  propos  d'eux  qu'ils  ont  toujours  été  les 
serviteurs  (hadiraîn)  des  Bédouins".  Il  les  considère  comme 
une  race  sudarabique  primordiale  au  même  degré  que  les 
Mahrah.  Et  ib.  p.  256  il  dit:  „Toute  la  nuit  les  Sibyân 
voisins,  qu'on  appelle  ici  aussi  Hogûr,  chantent  des  Sebwâni  ') 
avec  accompagnement  obligatoire  des  timbales". 
P.  366.  A  propos  de  cette  manière  de  construire,  on  lit  dans 
Burgen  und  Schlôsser  de  D.  H.  Mûller  I  p.  53  sur  Rumdân 
ce  verset  d'une  poésie  d'el-Hamdânî: 


1)  Voir   mon   Arahica   III   p.  57,  où   cette  danse  est  di-crite  par  le 
compagnon  même  de  Hirsch. 


990 


5  5     ù 


Les  blocs  sont  scellés  avec  du  cuivre  (ou  fer)  fondu,  et  etitre 

ses  tours  ')  il  y  a  des  pierres  précieuses  et  du  marbre. 

A   propos   des  châteaux  de  Mârib,  el-Hamdânî  dit,  ib.  II  p. 

87/88:  Ûjo5   ida^î  (~'^]  J  \JÛ=il\  ^  a]  |^>JiJ  Uxa  o^*£  J  ^"^ 

,j.,yJiJu  ,xi5  ^,-f*5  -.L-flJl  \-i-xj,  parce  qu'ils  creusèrent  pour 
chacun  de  ses  colonnes  un  trou  dans  le  roc;  ensuite  la  partie 
basse  y  fut  fixée,  et  du  cuivre  fondu  y  fut  coulé  etc.  C'est  à 
peu   près   ainsi  que   les   indigènes  du   Sud   m'ont  décrit  le 

A*«  de  Libna. 

Feghali  donne  K'^A  p.  46  haleg,  maneher  à  cloche-pied,  ce  qui 
est  la  métathèse  de  J.5:^,  comme  aussi  le  classique  ,.^1:>, 
marcher  vite,  mais  aussi  marcher  à  petits  pas,  LA  sv.  Je 
ne  comprends  pas  bien  Feghali  lorsqu'il  dit  que  „ce  n'est 
pas  du  tout  un  phénomène  phonétique". 

P.  370.  Sur  J.^>  J.:^\>,  voir  Streitfragen,  éd.  Weil  p.  307/8. 

J.  J.  Hess,  Der  Islam  IV  p.  316,  corrige  Euting,  O.S.  Fest- 
schrift  Nôldeke  I  p.  396,  6  d'en  bas,  lorsque  celui-ci  appelle 
le  bâton  bédouin  q^?^,  mahgan.  Hess  n'approuve  que 
mihgân,   qui   est   la  forme  des  "Ôtêbe-Gahtân,  qu'il  a  fré- 


')  Je  ne  crois  pas  que  _,3_ao  soit  ici  justo,  et  je  propose  j^^y-ii, 
joints,  p.  306. 

2)  D.  H.  Miiller  traduit  (*^i!  par  :  „darin  die  untere  Spitze  der  Siiule 
steckte".  Un  tel  sens  ne  se  trouve  pas  dans  les  dictionnaires,  à  moins 
qu'on  y  voie  une  application  spéciale  de  »ii  (•«"  avec  le  sens  de  bouclier 

la  bouche.  'J^.J^^  ^  =  x*s  iAa«  LA  sv. 


991 

quentés.  Lorsqu'on  s'occupe  de  dialectes,  on  doit  être  prudent 
en  corrigeant  les  autres.  Ce  qui  se  dit  dans  un  milieu  ne 
se  dit  pas  dans  un  autre.  Euting  a  parfaitement  raison. 

De  même  qu'on  dit  «lX-^^  oLv,  on  dit  «Aaaoï  Îl\:>,  comme 
chez    Abu    Du^eyb   apud    Nôldeke,    Zur   Grammatik   p.  42: 

sAxxjii  ^A=>!  (Aftjt  "^  vi^^'l-s ,  fcti  Juré  que  je  ne  cesserai  pas 
de  composer  une  qasîdah,  où  ^  est  la  négation. 

P.  383:  'odin,  voir  p.  684. 

P.  391.  Sur  cette  syllabe  cvc,  voir  aussi  p.  685  et  A.  Fischer 
ZDMG  61  p.  926  ss.  et  Streitfragen  pp.  272  et  276.  Une  telle 
syllabe  trop  longue  était  évitée  dans  l'ancienne  poésie;  elle 
n'est  pas  du  génie  de  la  langue  arabe.  Cependant  elle  se 
rencontre  quelquefois.  Er-Râ'^î,  contemporain  de  (jarîr,  Tabaqût 
d'el-Gumahî,  éd.  Hell,  p.  120,20  dit: 

Le  second  hémistiche  n'ofifre  ainsi  rédigé  aucun  sens  accep- 
table. D'abord  il  faut  lire  ^^i  =  ^X;.  et  ^^y^,  et  puis  (^vooit 
doit  être  (_5y^!,  comme  dans  le  verset  suivant  d'el-Hamâsah 
p.  661,  oîi  il  y  a  aussi  la  variante  (=5->^!,  qui  ne  figure 
pas  chez  Hell.  ^'yjil\  ^^^yo^)  est  expliqué  dans  la  Hamâsah 


1)  LA  XIX  p.  200,8  d'en  bas  et  p.  207,13  donne  cj=y^j  nu  lieu  de 
(j:«fA^;  son  synonyme  est  (3^,  LA  XIX  p.  190,7,10  d"en  bas,  mais 
ici  cette  variante  est  luoiiis  bonne.  Sur  c5y^)  a,  voir  723  n.  et  Schul- 
thess  HW  p.  57. 


992 

ib.  et  se  rapporte  à  l'absence  de  lait  de  la  i^s---  parce  qu'elle 
est  grosse  et  alors  aussi  plus  grasse,  et  on  ne  la  trait  pas, 
JJij>.   LA  XIX   p.  207,  que  Hell  n'a  pas  consulté,  croyant 

que  i^y^'i  était  bon,  porte  dans  le  second  hémistiche:  é),ttXJ 

(j:l^Î5  ^^!c  ^J^  U^.  Rûckert,  Hamâsa  II  p.  197,  a  traduit 

ce  verset  tel  qu'il  se  trouve  dans  la  Hamâsah: 

Um  zu  erspâhn  ein  Fettes,  kniff  ich  die  Augen  ein; 

Wol  musst  ich  mich  bequemen,  gastfrei  auf  Borg  zu  seiti. 

Nous  voyons  donc  que  Ham.  et  LA  ont  q^£,  car  ^^'a  ne 

veut  ici  rien  dire  du  tout.  ,j^c  doit  se  rapporter  aux  deux 
saisons,  hiver  et  été,  =  10  mois,  que  dure  la  gestation  de 
la  chamelle,  qui  pendant  ce  temps  devient  grasse  n'étant 
pas  alors  traite. 

P.  398.  v'r^  pourrait  aussi  être  une  métathèse  pour  ^^f- 

^•^^j  attendre^  aussi  RO  p.  325,9. 

(jiiys^'j  provoquer,  p.  614,  11  d'en  bas. 

Avec  OjL^",  on  comparera  l'hébr.  ^in,  schmdhen,  làstern, 
vituperare,  oUraggiare,  ingiuriare.  Abul-Walîd  b.  (janâh,  éd. 
Neubauer  p.  249,  le  rend  par  ^j^^^w,  ^  et  »ji^,  et  Pi,  scher- 
nire,sprezsare.  '»ij>  est  l'hébreu  "Din,  vituperio,  onta,  Schmach, 
Schande,  Schmàhung.  &-àjy>,  coépouse,  est,  il  me  semble,  le 
misna  "cnn  =  (_^«.3^c .  La  traduction  arabe  de  Beyrouth  porte 
J^y__  -d^^  Lî  g^.  Abul-Walîd  1.1.  dit:  J!  3.  ^^^  éUo  ^^^ 


i 


993 

nonn  u^^ytJî  niiTD,  J.  Levy  WB  I  p.  114.  L'on  pensera 
aussi  à  Leviticus  XIX  v.  20:  ^'^^b  nonra  nriDîi'  m,  et  si 
elle  est  esclave  et  mariée  à  U7i  homme,  que  Gesenius  Thésaurus 
rend  par  ancilla  despo7isata  viro,  et  c'est  de  là  que  Nôldeke 
a  tiré  son  explication  apud  Stade  sv.:  einem  Matin  verbun- 
de7i,  zum  Eigentume  gegeben  sein.  Abul-Walîd  1. 1.  l'explique 
par  *J  ri  Sô^  ^!  a- ^.  La  sémantique  ne  m'est  pas  bien  claire, 
ni  en  arabe  ni  en  hébreu,  et  l'étymologie  de  J.  Levy  I  p. 
114  de  Oj>,  mutare,  n'explique  rien. 

Le  Jot-aJ'  hébr.  ne  se  trouve  que  dans  le  dictionnaire  de 
Stade.  Ce  savant  paraît  confondre  les  deux  thèmes  homo- 
nymes ^"in  =  o^  et  ^^,  puisqu'il  dit  „im  AT,  vei'bis 
carpere,  schmdhen".  Gesenius  Thésaurus  avait  du  reste 
commis  la  même  erreur.  La  sémantique  de  ^^T\  =  j*-:^, 
avancée  par  Kônig,  piquieti,  verletzt  sein.  >  le  transit,  spitz 
behandehi>  schmàhen,  ne  me  paraît  pas  dédaignable,  et  j'ai 
eu  la  même  idée  pour  le  thème  nordarabique  :  piquer  par 
des  înots,  faire  des  Spitzfindigkeiten,  comme  le  font  mu- 
tuellement le  vendeur  et  l'acheteur  en  traitant  une  affaire, 
^^^'L^.,  et  se  font  des  '^j^.  Mais  si  n^n  se  rapporte  à  un 

soi-disant  mariage  lévitique,  encore  pratiqué  parmi  les  Juifs 
de    Galicie,  le  verbe  a  dû   prendre   un   sens   plus   honnête, 

puisque  noTin  est  devenu  plus  tard  =  o-^^/^-  Selon  la  tra- 
duction de  Kautzsch,  Die  Heilige  Schrift  p.  124,  il  s'agirait 
ici  du  commerce  charnel  illicite  d'une  esclave  avec  un  homme 
autre  que  son  maître,  ce  qui  est  en  contradiction  avec  l'opi- 
nion de  Nôldeke.  J'ai  oublié  de  demander  pourquoi  on  appelle 
une  coépouse  ii-àjj>,  mais  c'est  probablement  parce  qu'elle 
rouspette  avec  le  monde.  Dans  la  qasîdah  de  'Omar  bâ 
""Atwah  que  Snouck  Hurgronje  a  publiée  dans  0.  S.  Festschrift 
Nôldeke  I  p.  103  v.  5,  on  lit  : 

Won-nôm  ma  gcî.nâ  won- nom  râlî 
Bî  dûs  râbî  mitil  dôs  èl-harîfèh 

63 


994 

Le  mètre  est  --w_|__w_|_>-__^  et  l'on  aura  chanté: 
Won-nôme  ma  gâna  u  en-nôme  râli 
Bi"  dose  râbi  mitle  dOsel-harîfeh 
Je  traduis  le  second  hémistiche  par: 

//  //  a  en  7noi  un  tumulte  caché  comme  le  tumulte  de 

la  coépouse. 
cf.  sub  (j*b,  u,  p.  880  s.  Je  ne  saurais  approuver  la  tra- 
duction de  Snouck.  Il  me  paraît  donc  admissible  que,  pour 
l'arabe  du  moins,  ii-àj^  et  ^J^'  peuvent  renfermer  l'idée 
de  chamaillerie. 

^Avo,  raser,  trouve  son  analogie  dans  le  syrien  ^4^,  raser, 
parer,  <^y4^.,  barbier,  <  turc  ^c4^,  maître,  seigneur.  Mes 
Pr.  et  Dict.  Gl.  sv.;  ma  Festgabe,  Jeder  tut  etc.  p.  76. 
Jj.svoî,  pouvoir,  est  aussi  courant' en  Syrie.  Fourrière  (Alep) 
M  SOS  IV,  II  p.  216:  ^^\  ^^:^.  L<_^  Lj,  mon  cher,  je  ne 
jmis  venir. 

P.  427.  ^1  et  ^î,  château,  I.  Sîdah  V   p.  126,  7   d'en  bas 

dit:  :Jo;0  ^jî  .^îj  jv>î  L^lX>Î5  ^^^a^H  ^\S^)^  ^b^f  :cUx£  _^t 
^Li^^t^  ^L>^!  g^.  D.  H.  Mûller,  Burgen  und  Schlôsser  I  p.  52. 

C'est  l'akkad.  atmânu  selon  J.  Barth  ZA  XXIV  p.  150, 
et  selon  Landsberger,  ib.  XXV  p.  384,  >  du  verbe  ]nN,  bauen. 
Le  mot  est  donc  avec  t  ou  t,  et  ce  serait  originairement 
>  l/~pi  =  ^y^.  L'étymologie  de  Barth,  o.  et  1. 1.  de  ^\, 
eine7igen,  est  rejetée  par  Landsberger  et  Zimmern,  Ges.-Buhl 
p.  27.    Cette   étymologie   serait  donc,    d'après   Barth,  toute 

arabe,  et  le  singulier  serait  aussi  iubî  selon  L  A.  En  lisant 
l'exposé  de  Barth,  je  pensais  tout  de  suite  à  o^à^,  château,. 


995 

vhv.,  qui  doit  aussi  venir  de  V~àJi=>  et  qui  dans  le  Sud 
signifie  être  étroit,  442.  Mais  j'avoue  que  l'étymologie  babyl. 
me  sourit  davantage.  La  forme  j.L.:>l  et  ^LL]  que  rapporte 
I.  Sîdah  me  font  l'effet  d'un  singulier  JL«  à  l'instar  des  JLxj 
p.  1016  en  bas. 


yA^S- 


P.  434.  Les  Hadramites  s'appellent  eux-mêmes  ^f^^^=>  ^c^- 
Le  poète  hadramite  Sfdeh  bfi  Suweyd,  domicile  à  Ansâb,  dit 
dans  une  qasîdah  (basît): 

Vous  avez  7iié  l'approche  de  la  guerre,  mais  nous  sommes 

les  fils  de  Eadram; 
Mon  aïeul  est  "AU  qui  la 


,A^ 


i5J,  couver  les  oeufs,  se  dit  aussi  dans  le  ]S[ord,Socin  Diw.  Gl.sv. 

P.  449.  A  propos  de  liUic  \J^*>,  pourquoi?  =  é^^ ,  RD  II 
p.  133  n.  1  donne  à  ce  dernier  mot  l'étymologie  c;aj!  Lo  JU, 
probablement  d'après  Socin  Diw.  III  §  195  a,  mais  je  crois 
que  les  deux  savants  sont  ici  dans  l'erreur. 

Je  n'ai  jamais  constaté   un   verbe  Jjc>  dans  le  Sud.    Mais 

iJl<>  =  idLi  y  est  connu.  Je  saisis  l'occasion  ici  de  dire  quel- 
ques mots  sur  la  langue  „ehkili".  Ce  nom  est  dû  à  F.  Fresnel, 
J.  As.  IV  série  vol.  VI,  qui  appelait  ainsi  le  mehri.  Carter 
BBRAS  1847  p.  345  dit:  „Besides  Gara,  they  are  also 
called  Haklee,  and  at  the  présent  time  the  two  terms  are 
used  synonymously  though  the  flrst  is  by  far  the  most 
gênerai  appellative".  Carter  n'avait  probablement  pas  con- 
naissance du  mémoire  de  F.  Fresnel.  Il  les  appelle  ib.  p.  344: 
„Beni   Gara  or  Hakii  JjC>  \f  ^i'.    Il  n'a  certainement  pas 


996 

inventé  ce  nom.  Les  Qara  prétendent  que  Qara  et  Qoreys 
sont  synonymes,  ib.  p.  345.  C'est  là  une  prétention  qu'on 
entend  souvent  dans  le  Sud,  mais  qui  n'a  aucun  fondement. 
Mais  Maltzan,  ZDMG  27  p.  225,  dit  avec  raison  que  c'est 
là  le  nom  que  les  Mahrah  donnent  au  dialecte  soeur  de 
Mirbât,   ou   le   qarawî,   qui  selon  lui,   ib.   p.  253,   est  = 

Hakili;  il  y  écrit  „Qarâwi  '),  vulgo  Grauwi".  Un  ^^-i  est  = 

j^^><j^JbC=>,  ib.  p.  282.  D'après  les  renseigements  que  j'ai 
recueillis  de  la  bouche  de  mon  professeur  de  mehri,  le  sarîf  sîd 
Sâlim  b.  Sâleh  d'el-Qisn,  la  langue  des  Qara  a  seule  le  nom  de 

hakili,  et  le  pays  s'appelle  tj=iJt  o^b  ou  JjG^"^!  o^b.  Un  pêcheur 

de  Sêhût  me  répondit  à  ma  demande  quelle  langue  on  parle 
chez  lui:  nehri  haklîeh,  noîis  parlons  le  haklîeh.  Sêhût 
est  dans  le  Rahbêt  de  Mehrê!  C'est  ce  dialecte  que  D.  H. 
Mùller  appelle  shaurî.  L'homme  de  Mûller  était  d'une 
localité  où  l'on   prononce   shâuri   au   lieu   de  shauri,  si 

toutefois   c'est   le   même   mot,   voir   plus  loin,  =  ,^f^^ ,  = 

qarâuwi,  SAE  VII  p.  120  n.  2,  Bittner  Mehri  I  p.  34,8 
et  p.  64.  Jahn,  SAE  III  Einleitung  p.  V,  appelle  aussi  la 
langue  de  Dofâr  „Grâwï-Sprache".  Je  ne  vois  donc  pas  la 
nécessité  d'adopter  cette  forme  shauri,  mais  je  la  conserve 
à  cause  du  titre  des  ouvrages  de  D.  H.  Muller  et  de  ses 
mérites  pour  la  connaissance  du  dialecte  qarawi.  Il  dit  lui- 
même,  SAE  VII  Vorwort  p.  VII  n.  1,  que  le  nom  de  la 
langue  varie  et  qu'on  l'appelle  aussi  qarawi  (grauwi), 
mais  que  dans  la  langue  même  c'est  shâri.  Je  ne  suis  pas 
absolament  persuadé  que  shaurî  et  sharî  soient  le  même 
mot.  En  qarawi,  sehr  est  âge,  et  sâher  est  vieux,  vieil- 
lard, Bittner  St.  sh.  I  p.  23.  Shauri  <  sahri  est  formé 
comme  le  qarawi   figri,   bédouin,  ib.  I  pp.  34,5;  38,10 


')  Ou  qaràuwi,  comme  bedîiuwi  et  (^^'iAj,  vhv.  ;  679  en  haut;  1179. 


997 

d'en  bas  ').  Sahâuri,  =  sahri,  signifierait  donc  vieux  et 
pourrait  se  rapporter  à  l'ancienneté  de  ce  peuple  dans  le  pays. 
D  après  une  glose  chez  Bittner,  St.  sh.  I  p.  64,  shâri  ou 
shôri  signifierait  ou*>:o  u^^^*^,  ce  c^ui  n'est  qu'une  épithète 
peignant  la  misère  de  ces  gens.  —  Hirsch,  Reisen  p.  52,  dit 
que  „le  nom  d'Elil^ili  que  les  savants  européens  donnent  à 
cette  langue  (=  à  la  langue  d'el-Qisn)  est  tout  à  fait  inconnu 
in  loco"  et  que  „le  mot  veut  seulement  dire  barbare,  incom- 
préhensible". Jahn,  SAE  III  p.  210,  dit  aussi  que  le  nom 
d'ehkili  est  tout  à  fait  inconnu  et  il  ne  peut  comprendre  d'où 
Hirsch  a  tiré  cette  explication.  Jahn  est  resté  tout  le  temps 
à  bord  du  bateau  suédois  et  il  n'en  savait  pas  plus  long.  Il 
ne  s'occupait  que  du  dialecte  mehri,  qui  certainement  n'est 
pas  appelé  hakili.  La  langue  d'el-Qisn  a  le  nom  de  mehrîet, 
comme  c'est  aussi  chez  Jahn  o.  1.  p.  210,  et  celle  de  Mirbât 
et  de  Dofâr,  sehrîet  ou  tahrîet  ou  tahrûg.  Le  dernier 
nom  prouve  que  nous  avons  ici  affaire  au  verbe  ^^  <  -^ 
parler,  sur  lequel  j'ai  dit  tout  le  nécessaire  dans  ma  Pest- 
gabe,  Jecler  tut  etc.  p.  27  et  ss. . 

Glaser,  Skizze  II  p.  96,  dit  que  le  Ehkili  de  Fresnel  est 
une  forme  mutilée.  Mutilée,  non,  mais  seulement  avec  pro- 
thèse. Cela  ne  lui  empêche  pas  d'écrire  lui-même,  ib.  p.  96,  7: 
„ hakili  ou  hakkili;  la  dernière  forme  est  aussi  employée", 
ib.  p.  178.  Dans  Bie  Abessinier  pp.  97;  98  et  ib.  p.  185,  il 
dit  même  :  „la  tribu  de  Gara  de  Bent  me  fut  toujours  appelée 
Krâ  ou  Kerâ  (=  Hakkili)".  C'est  moi  qui  lui  ai  donné 
ce  renseignement,  car  auparavant  il  n'avait  jamais  entendu 
ce  nom  de  Qara,  mais  il  voulait  paraître  le  plus  grand 
connaisseur  de  l'Arabie.  Hakkili,  avec  deux  k,  est  vraiment 


')  Bittner  dérive  ce  nom  de  féger,  désert,  qui,  d'après  lui,  sh.  I 
pp.  24, 3  d'eu  bas  et  34,5,  serait  une  uiétathèse  de  j^>  mot  incounu 
dans  tout  le  Sud  dans  ce  sens,  tandis  que  je  le  lais  venir  de  yi-s  j  pauvreté. 


998 

surprenant.  La  forme  ehkili,  avec  prothèse,  exclut  tout  à 
fait  hakkili  '). 

Le  verbe  JoC=>  se  trouve  dans  tous  les  dictionnaires  ara- 
bes. C'est  sans  doute  un  élargissement  de  V~é^,  qui,  d'après 
Fleischer,  apud  Delitzsch  Jes.  p.  132,  aurait  aussi  donné  ron, 
^J^,  Uc>,  S^,  t!)L>,  jjC>,  J^,  f^JG>,  voyez  ici  cependant 
sub  ji>.  Hakili  se  rapporte  donc  à  une  manière  de  parler 
défectueuse  ou  même  incompréhensible,  et  la  même  idée  de 
parler  se  trouve  dans  les  noms  de  me  h  ri  et  de  qarawî, 
comme  on  va  le  voir  plus  loin.  JjC:>  a  fait  JoGi,  LA  sv.,  et 

xl^  est  =  -sjkk;  voir  528  en  bas  ^.  L  Sîdah  II  p.   122, 

OÙ  le  même  vers  du  Rûbah;  et  ib.  iJuc>  =  ioO.^.  Voir  aussi- 
Arâgîz  el-'Arab  p.  130  =  Rûbah,  éd.  Ahlwardt,  p.  13  v.  134: 
JXj^'J!  'As.  osJaj^î  (^oî  jl,  quand  même  il  m'aurait  été  donné 
de  connaître  les  choses  incompréhensibles,  ou  comprendre  ceux 
qui  ne  savent  pas  parler.  Les  oiseaux  sont  JjC:>  parce  qu'on 
ne  comprend  pas  leur  langage;  voir  plus  bas. 

Ce  nom  de  Jk^S  >  hakîli  >  ehkili  n'est  donc  pas  de 
pure  fantaisie.  Mais  la  question  se  pose  ici  :  est-ce  les  Arabes 
qui  appellent  ainsi  ce  dialecte  ou  bien  les  Qara  eux-mêmes? 
Cette  dernière  alternative  me  paraît  exclue,  car  on  n'appelle 
pas  sa  propre  langue  „incompi-éhensible,  barbare".  Lorsqu'un 
Qarawî  ou  même  un  Sehrî  vous  dit  qu'il  parle  le  hakili, 
c'est  qu'il  adopte  une  expression  arabe  employée  à  l'égard 
de  sa  langue,  comme  le  pêôheur  de  Sêhût  qui  me  répondit 
qu'il  parlait  el-haklîet.  Il  est  aussi  fort  curieux  que  cette 
appellation  ne  s'applique  qu'au  dialecte  qarawî  (shaurî). 

Quantité  de  mots  indiquant  un  défaut  de  prononciation  ou 
un   baragouin   dans  une  langue  étrangère,  incompréhensible 


>)  Mais  lorsqu'il  écrit  Skizze  II    p.  94,15   Nebbi    Alh'ih    Hùd,  il 
fait  vraiment  preuve  d'une  grande  ignorance. 


999 

o  > 

aux  Arabes,  ou  un  sou  aff'ectent  le  paradigme  xixs,  tels  que 

iLi*.Aa,  'X4^,  bAfiÊ,  iJuic,  ic^jcjb,  iCJi:,  iCJXI  sur  lesquols  voyez 
I.  Sîdah  II,  chapitre  des  ^\y^\.   On   trouve  également  cette 

voyelle  dans  les  mots  de  son  tels  que  ^tjo,  v.  ici  p.  381, 

>  itA=>,  p-Î^A^,  ^1-^  >  ^L^,  même  pour  indiquer  l'absence  de 

son,  tels  que  oLX*v,  I.  Sîdah  II  pp.  146,2  d'en  bas;  147,5; 

oUjo,  ib.  147, 14.  On  dirait  qu'un  sens  péjoratif  est  attaché 
à  cette  voyelle,  que  nous  trouvons  également  dans  les  mots 
qui  signifient  obscurité  et  dont  je  donne  des  exemples  ici  p.  702 
en  bas.  Les  mots  désignant  maladie  sont  aussi  sur  le  para- 
digme JLxî,  de  même  que  ceux  qui  ont  le  sens  de  rebut,  de 

détritus  sont  sur  la  forme  iciL*s.  La  langue  arabe  est  toute 
paradigmatique,  voir  ce  que  j'ai  dit  1159,  1160.  Le  relevé 
de  ces  paradigmes  est  encore  à  faire,  et  ce  serait  là  un 
ouvrage  fort  important  et  méritoire  pour  un  jeune  arabisant, 
à  l'instar  de   ce  que  Weissenbach  a  fait  pour  le  paradigme 

Jy:li  et  ii^_>£i3,  590.  La  voyelle  u  doit  bien  avoir  sa  raison 
d'autre  et  celle-ci  ne  peut  être  que  de  nature  psychologique. 

Voilà  pourquoi  le  dialectal  iiJLL,  me  paraît  plus  juste  que 
sa  variation  vocalique  classique  kjLIjj,  vhv. 

Toute  langue  que  les  Arabes  ,ne  comprennent  pas  est 
appelée  jy-^^  qI-^)  v.  ici  p.  362  n.  Cette  expression  est 
très  ancienne,  car  Hérodote,  Livre  II  ch.  LVII  (trad.  de 
Giguet  p.  107),  dit  que  les  femmes-colombes,  venues  d'Egypte 
en  Grèce,  parlaient  une  langue  barbare  qu'on  trouvait  sembable 
à  celle  des  oiseaux.  Elle  a  donné  lieu  à  beaucoup  de  confusion 
parmi  ceux  qui  ont  écrit  sur  l'Orient.  Déjà  Carter,  BBRAS 
1847  p.  341/2  dit:  „The  mahrah  dialect,  as  spoken  by  the 
Mahrahs  themselves,  is  the  softest  and  sweetest  language  I 


1000  , 

hâve  ever  heard  ;  •  indeed,  they  appear  to  be  so  sensible  of 
it,  that  they  liken  their  Kalam  d'Mhari  (^^l^ô  f^),  as 
they  term  it,  to  the  conversation  of  birds  (^^^S^JI  ^'if  ^y\ 
Les  gens  d'es-Sihr  disaient  à  Hirsch,  Reisen  p.  52,  lorsqu'il 
leur  exprimait,  le  désir  d'apprendre  le  mehri:  „Que  veux-tu 
en  faire?  C'est  la  langue  des  oiseaux".  Hirsch  ne  trouve  pas 
du  tout  que  le  mehri  soit  „the  softest  and  sweetest  language", 
ib.  p.  52,'  et  je  suis  parfaitement  de  son  avis.  Palgrave, 
'Central  and  Eastern  Arabia  v.  II  p.  315,  raconte  que  son 
compagnon  de  voyage  (que  j'ai  bien  connu)  disait  de  la 
langue  de  Rûs  el-Gebal,  en  ^Omân,  que  c'était  „lisân  ot- 
teyyoor",  birds  speak,  and  declared  that  he  hardly  under- 
stood  on  Word  in  ten".  —  Wetzstein,  ZDPV  XIV  p.  1,  dit 
qu'on  appelle  la  langue  des  Tsiganes  de  Syrie  (^y)  „la  langue 
de  moineau,  lisân  el-^Asfûra".  De  Goeje,  Mémoire  sur 
les  Migrations ■  des  Tsiganes  p.  72,  qui  cite  cela,  ajoute  que 
Ely  Smith  prétendait  que  les  Tsiganes  semblent  avoir  adopté 
cette  expression,  car  dans  leur  langue  ^asfûri  signifie  langue. 
Si  cela  est  vrai,  ce  que  je  ne  puis  contrôler,  les  Tsiganes 
auraient,  par  infatuité,  continué  à  appeler  leur  langue  ""asfùri, 
en  entendant  les  Arabes  lui  donner  ce  nom.  De  Goeje  cite 
aussi  (jrâhiz,  Bayân  I,  p.  18  vers  la  fin,  qui  rapporte  un 
vers  d'el-Asma^î  à  propos  de  la  langue  des  Zott:  „Le  langage 
des  Zott,  si  vous  y  prêtez  l'oreille,  est  comme  si  l'on  entend 
le  bruit  de  petites  sauterelles,  sautant  dans  les  buissons  entre- 
lacés de  ""arfag".  Mais  el-Asma''î  ne  fait  ici  qu'une  compa- 
raison. —  Et  que  dirons-nous  de  Glaser,  le  plus  grand  con- 
naisseur de  l'Arabie,  selon  lui-même,  qui,  Die  Abessinier  p. 
78,  parle  de  „Thair-  oder  Sehrât-dialekt  von  Tafâr"  et 
ib.  p.  87:  „ Aujourd'hui  il  y  a  trois  divisions  de  tribus  mehj- 
rites:  l'orientale  se  nomme  Sehrât  (probablement  identique 
au  Sahra  d'I.  el-Mogâwir)  ou  Thair".  Il  repète  cela  en 
partie  dans  Punt  und  die  sûdarab.  Reiche  p.  44.  Seulement, 
il   n'y  dit  plus  Thair,'   car  je  lui  avais  exposé  ce  qu'une 


1001 

telle  assertion  avait  de  ridicule,  mais  ne  voulant  jamais 
reconnaître  son  tort,  il  le  remplace  par  autre  chose.  Ici  il 
appelle  la  langue  de  Dofâr  „la  langue  des  Âl  Schhair  ou 
Schhèr  (dim.  de  schehr,  lune)".  Lisân  et-Thair  était 
probablement  mal  écrit  dans  ses  notes,  et  il  a  cru,  après  mon 
observation,  y  déchiffrer  son  Al  Schhair.  Or,  Sëhêr  ')  est 
un  petit  patelin  à  l'ouest  d'es-Sehr.  On  l'aperçait  même  de 
là;  et  je  l'ai  vu  du  bateau  en  passant  le  long  de  la  côte.  Il 
y  a  des  ruines  qu'on  m'a  dit  importantes.  Sehêr,  sans 
l'article,  est  donc  bien  distinct  d'es-Sehr,  ce  qui  n'a  pas  em- 
pêché Glaser  de  dire,  en  réfutant  Sprenger  AGA  §  119: 
„Sprenger  se  trompe  lorsqu'il  croit  que  Sara  ne  se  rencontre 
pas  comme  nom  de  peuple  chez  les  anciens,  car  Stéphane 
de  Byzance  connaît  (d'après  Uranias)  un  peuple  sérique  dans 
la  région  de  l'encens  et  qu'il  dit  être  éthiopien.  Cela  est, 
bien  entendu,  le  peuple  sehrite  ou  shêrite".  Le  nom  d'es- 
Sehr  est  appliqué  à  tout  ce  pays  depuis  el-Makalla  jusqu'à  la 
frontière  de  ^Omàn  -).  Un  homme  de  ce  pays  est  appelé  j^^L:$ui, 
comme  ^J^,  montagnard,  vhv,;  on  nomme  même  ainsi  un 
homme  d'el-Makalla.  Sëhêr  est  le  diminutif  de  ^i.^,  lune, 
et  c'est  peut-être  un  souvenir  du  culte  de  la  lune  dans  ces 
pays.  Il  y  a  des  locahtés  dans  le  Sud  qui  s'appellent  ^iJ5 , 
Index  1831  sv.  Husn  el-Qamar,  et  ^^t  J^x:>  est  la  mon- 
tagne à  l'ouest  de  Dofàr,  aussi  appelé  ^/iJî  J^x>,  Carter  apud 
Sprenger  o.  1.  §  119.  Le  golfe  y  s'appelle  aussi  ^!  x>.c,  394, 


')  Marqué  sur  la  carte  de  v.  d.  Berg.  Le  Hadhr.,  où  incorrectement 
ach-Uhohair,  mais  correctement  Sheher  sur  celle  du  War  Office  de 
Londre  (1893). 

-)  Sur  le  nom  d'es-Sihr,  voir  Hdr.  p.  157.  L'c'dition  de  Sams  el- 
'Ulîim  de  'Azimuddîn  Ahmed  |i.  49  porte  aussi  à  tort   L*.w"^L 


1002 
(jazirah   p.  51,17:   —^-aJI  v*-^ ')•    Glaser    a    donc   confondu 


Cl  ,7 

ys^/ixji  et  -f^.  On  se  croirait  encore  au  temps  de  Hammer- 

Purgstail. 

I.  el-i^ogâwir,    mon   ras.   p.  340,  dit  des  Mahrah:  ^j^  ^Ls? 


')  G.  Ferrand  a  publié  dans  le  J.  As.  1919  un  long  mémoire  puis- 
samment intéressant,  intitulé  Le  K'ouen-Louen  et  les  anc.  navigations 
interocéaniques  dans  les  mers  du  Sud^  où  il  prouve  qu'un  peuple  r«JiJi) 
venu  en  dernier  lieu  de  l'Insulide  occidentale,  les  Malgaches  actuels, 
avaient  envahi  Aden  et  la  côte.  Ils  donne  des  extraits  d'I.  el-Mogâwir, 
qui.  parle  au  long  de  ces  j+i.  On  j)Ourra  ici  penser  à  un  peuple  habi- 
tant autour  de  j*Jijt  V^^j  mais  la  route  qu'indique  I.  el-Mogâwir 
.exclut  une  telle  supposition.  Il  dit,  mon  ms.  p.  143:  r-*^r*  L5f?"  ^3 
LJLL   ^^t>3   ^!   ^A  ^Lït    :626  i.j^  ^^i\    îJUj   ^A£  ^!  ^\   ^ 


„Un  navire  de  Al-Qomr  s'était  rendu  à  Aden  (directement)  par  cet 
itinéraire  en  l'année  626  (=  1228/9).  On  mit  à  la  voile  au  départ  de . 
Al-Qomr  à  destination  de  Kilwa  et  on  mouilla  (au  contraire)  à  Aden", 
selon  la  traduction  exacte  de  Ferrand,  seulement  „au  contraire"  n'y 
est  pas.  D'après  les  documents  fournis  par  le  savant  auteur  français, 
on  ne  saurait  douter  de  l'envahissement  de  l'Arabie  méridionale  d'un 

peuple  malgache.   Il   veut   même  que  _-♦— fiJ!  v-^  soit   véritablement 

r-*— ii-it  ^r^-^  en  souvenir  du  passage  de  ce  peuple,  JA  Mai-Juin  1919 
p.  480  n.  Je  n'en  suis  pas  bien. persuadé.  La  Gazîrah  parle  d'un  peuple 
— 4-2-!!,  p.  51,  25,  dont  les  B.  Riyâm  étaient  une  subdivision  q-^> 
ib.  p.  52,  5.  Les  bateaux  „à  ailes",  ne  sont  pas  des  pirogues  à 
balancier  de  haute  mer  dont  on  use  encore  aujourd'hui  à  Madagascar. 
La  remarque  d'I.  el-Mogâwir  ^!  L5\L>;  oJ-fc*i2J  est  inexacte,  comme 
le  relève  aussi  Ferrand  o.  1.  p.  481  ;  je  crois  que  cette  phrase  fait  partie 

o  £ 

d'une  autre  feuille.  Les  ii>^Â>!,  sont  encore  employés  sur  les  bateaux 
arabes;  j'en  ai  souvent  vu  à  Aden.  C'est  exactement  la  même  chose 
qui  est  pratiquée  pour  les  bateaux  hollandais,  les  Kuff  avec  leurs 
Zwaarden;  c'est  en  Hollande  peut-être  une  imitation  des  bateaux  de 
la  Mer  des  Indes. 


1003 

^_5  tijjy^!  »rJi>3  L5r^**^  V^X^-5  5^-*"^  i3W==-  |^>Xwi  [«vJi-î'  i'^P 
^y^^    j?    "Si    L^-«4-àj    ^5    ^3    ^    iLiJ    ^    ^L*^    Jî^    j.ys 

^i.  Quoique  mon   manuscrit   soit  assez   défectueux,  je  ne 

crois  pas    qu'il   faille   lire  ici  sy^^v^î,  pi.  de  t^y^^,  habitant 

cVeé-Éihr,  Mais  I.  el-M.  est  bien  capable  d'une  telle  étymo- 
logie.  Je  parle  des  Mahrah  ici  sub  ^^. 

Je  suis  obligé  de  mentionner  ici  un  mot  mehrite  que  je 
crois  avoir  du  rapport  avec  le  nom  de  Qara. 

Parler  est  en  mehri  ratri,  et  rarûy,  langue,  parler,  ^= 
sh.  rarô  ')<K~rry,  qui  est  commune  aux  trois  dialectes 
mehrites:  mehri,  qarawi  et  soqotri,  où  ^arho  est  voix, 
Bittner,  St.  mehri  I  p.  122;  ib.  II  p.  104  et  ib.  IV  p.  56. 
Dans  sa  Vorstud.  z.  Gramm.  u.  z.  Wôrterb.  der  Soqotri- 
Sprache  p.  6*  note,  il  mentionne  l'étymologie  proposée  par 
Torczyner,  qui  y  voit  un  parent  du  talmoudique  ''"1N%  parler, 
demander,  en  citant  Levy  qui  l'identifie  à  ilpcc,  dire,  parler. 
Le  verbe  grec  vient  de  *T£pico,  Boisacq,  DEL  G  p.  229,  et  le 
verbe  talmoudique  serait  donc  un  emprunt  grec  ou  vice  versa. 
H.  Levy,  SFW  im  Griech.,  n'en  parle  pas.  Je  crois  que  nous 
pouvons  tranquillement  laisser  de  côté  l'étymologie  de  J.  Levy 
et  de  Torczyner,  car  les  Mehrites  ne  sont  pas  allés  si  loin 
pour  trouver  un  nom  pour  leur  langage.  Ratri  est  un  JotJol 

de  V~\'Yy,  qui  à  son*  tour  correspond  à  l'arabe  ,_cJ5<  !^  -). 


')  Bittner  St.  sh.  I  p.  28  anm.  1  présente  raro,  Rede,  et  fso-fsê, 
dîner,  comme  n'ayant  pas  de  trace  d'une  troisième  radicale.  Sur  fso, 
fsé,  voir  pp.  170etQ80.  Une  disparition  analogue  se  présente  aussi  en 
arabe  dans  les  mots  ultimae   ^î;  voir  Additions  sub  '^^P*  ]i.  1017. 

2)  Le  hamza  des  L.*-j,  provient  sans  doute  de  l'accent,  et  jo   crois 


1004 

On  sait  que  dans  les  dialectes  méridionaux,  surtout  le  datînois, 
le  o  devient  souvent  un  ^  légèrement  „gargarisé";  ce  n'est 
ni  un  o  arabe  ni  un  ^,  mais  entre  les  deux  ^).  Le  mehri 
offre  le  même  passage  de  o  >  ^,  p.  e.  radôf,  jeter  le  filet 
pour  prendre  des  poissons,  que  Jahn  Gl.  sv.  compare  avec 
l'arabe  classique  oAè!,  baisser  la  voile,  tandis  que  c'est  le 
dat.-hadr.  oyj,  u,  avec  le  même  sens;  cf.  ^»iÀï.  Le  mehri 
rarâb,  bateau,  n'est  pas,  d'après  Jahn,  ib.,  l'arabe  v'r^> 
mais  le  sudarabique  ^Ji  vhv.,  et  le  mehri  raser,  paille,  est 

l'arabe  ^As,  vhv.'En  cherchant,  on  trouvera  beaucoup  d'autres 
mots  mehri  tes  oiî  le  ^  correspond  à  l'arabe  ^. 


qu'il  n'y  a  pus  en  arabe  de  vrais  L*s.  En  tout  cas,  tous  les  L«  devien- 
nent dans  les  dialectes  (jr**5  voii'  Additions  p.  1017. 

')  Voir  Hdr.  Gl.  p.  680  et  Dt.  556;  640  n.:  746  n.;  1189;  1204;  RD 
I  p.  36  n.  2;  ib.  Il  §  5  g  et  mon  exposé  ici  sub  o^P^  pour  tous  les 
pays  arabes.  Chez  D.  H.  Mûller,  SAE  Vil  p.  4,22;  5,29;  6,26;  7,20, 
il  y  a  baqayt  et  ib.  4,23,  baqaynàk,  selon  le  texte  de  Hein,  ce  que 
Mùllei-  a  corrigé  en  barayt  et  baraynâk,  mais  dans  le  môme  texte 
de  Hein  SAE  IX  p.  3,  publié  plus  tard,  Mûller  a  changé  toutes  ces 
graphies  en  l)arayt,  baraynâk,  oubliant  que  le  texte  de  Hein,  pré- 
cédemment publié,  avait  justement  le  mot  avec  q.  Mais  dans  le  texte 
de  Hein  SAE  IV  p.  4,26,  il  a  laissé  la  graphie  de  celui-ci:  baqayt 
qu'il  corrige  dans  une  note  en  barayt.  Le  q  de  Hein  est  parfaitement 
juste.  Je  marque  cette  prononciation  par  q.  Elle  est  aussi  fort  commune 
en  datînois.  Lorsqu'on  n'a  pas  l'ouie  exercée,  on  ne  distingue  que  le 
son  O.  SAE  VII  p.  10,  19,  30  =  IX  p.  8,4:  marrôm,  Tôlpel,  est 
^^•,^,  vhv.  Jahn,  Gl.  sv.,  et  Bittner,  St.  mehri  II  pp.  7;  42;  49  et  134, 
donnent  aussi  letôr,  tuer,  =  soq,  letah,  SAE  IV  p.  79,10,  comme 
métathèse  de  J^^^ ,  oii  O  serait  devenu  ^-  Cela  est  faux,  comme  je 
l'ai  prouvé  792  n.,  et  cela  provient  de  Maltzan,  ZD  MG  27  p.  262,  qui  écrit 
lotaq.  C'est   le  sudarabique  ^ '^Ji^J,  v\\\.,  jeter  une  j^ierre,  une  pique. 

Mais  le  classique  c^s  =  tiUP,  i,  Amâlî  Dél  p.  51,  LA  sv.,  me  paraît 
être  une  vraie  métathèse  de  J^ï-  Millier  et  Jahn  sont  tout  le  temps 
restés  à  bord  du  bateau,  excepté  à  Soqotra,  oîi  il  n'y  avait  rien  à 
craindre  et  où  l'on  ne  savait  pas  que  Millier  voulait  toujours  faire  étalage 
de  son  judaïsme.  Leur  expérience  des  dialectes  méridionaux  était  nulle. 


1005 

Carter  qui,  à  deux  reprises,  a  été  chez  les  Qara,  appelle 
ceux-ci,  0. 1.  1845  p.  195  „Ghàrah,  ^Jl£,  or  Béni  Quorrah,  as 
theraselves  pronounce  the  word",  mais  plus  tard,  ib.  1847 
p.  340,  Béni  Gara,  ce  qui  devient  chez  lui  alors  la  graphie 
constante,  et  ib.  343  il  dit  :  „  ^  and  ^  hâve  their  peculiar 
aounds,  and  sometimes  the  latter  has  the  sound  of  q  in  qui 
F (==  français),  as  in  ^.nxc,  man,  pronounced  qaij".  Ib.  p.  347, 
il  ajoute  une  note  „for  s.Li  read  Gara  !yi.  It  is  also  written 
»^".  Nous  voyons  donc  que  Carter  a  entendu  o  >  ^  dans 
le  nom  de  ce  peuple.  Ce  nom  vient  donc  de  V~i^ji,y  en 
mehri  ratirï,  Jahn  Gl.  sv.,  oii  il  faut  ajouter  59,16:  ratiri 
=  tâkâllam.  Christian,  WZKM  29  p.  444,  dérive  le  verbe 
raehrite  de  ^yi  <  V~~f-  onomatopée,  que  nous  trouvons  dans 
^^,  gargariser^  mais  son  ^J^,  être  froid,  qu'il  a  trouvé  dans 
Lane,   qui  l'a  du   Qâm.,  provient  d'une  racine  yî>p,  être 

frais, '>  ij^^  y  geler.  Je  crois  que  !^,  i^"ip  est  originairement 
aussi  une  onomatopée,  à  l'instar  de  tous  les  verbes  qui  se 
rapportent  au  parler,  et  alors  en  rapport  phonétique  avec 
V/^  et  au  même  titre  que  loquor  et  ?,xk£tv  ;  cf.  V~^l  et 
dU  en  arabe. 

Le  nom  des  Gara  se  rapporterait  donc  à  !^  >  ^^,  et  signi- 
fierait les  parleurs  ou  le  parler.  On  trouve  la  même  conception 
dans  les  noms^^<=>et  ^j:^.  Il  n'est  pas  fortuit  que  les  trois 
noms  proviennent  de  trois  racines  différentes  qui  se  rappor- 
tent au  parler.  La  prononciation  Gara  que  donnent  aussi 
Carter  et  Jahn  (Grâwl-Sprache  Einleit  p.  V)  est  celle  des 
Arabes  :  o  :=  g.   Je  croyais  d'abord    que   le   nom  provenait 

du  pi.  (j:^,  villages,  mais  il  n'y  a  pas  de  villages  dans  ces 
pays  misérables,  oii  les  habitants  habitent  dans  des  huttes  en 
branchages  ou  dans  des  grottes,  ^Àii:>,  vhv.,  par  ci,  par  là. 


1006 

wJi:>,  u,  traire,  est  aussi  courant  dans  tout  le  Sud,  24,18,19: 
la  gâ"^  er-râM  yehlùbleh  laban  uyisràbah,  fa  îla 
•  âgâk  gê^â  fil-habt  hlôblah  (ou  ehlôblah)  laban,  si 
le  pâtre  a  faim,  il  se  trait  du  lait  qu'il  boit.  ,,Et  si  un 
affamé  (lui  dit  le  propriétaire)  arrive  dans  la  lande,  trais- 
lui  du  lait". 

Nous  observons  ici  l'impératif  hlôblah  =  ehlôblah, 
mais,  pour  être  exacte,  il  aurait  fallu  écrire  hôlôbleh;  obs. 
aussi  yehlîib^e/i,  mais  hXbhlah.  Je  relève  cela,  à  cause  de 
la  critique  de  Littmann,  DLZ  13  Dez.  1919  N°  49/50,  de 
ma  LB'^A,  à  propos  de  la  variation  des  suffixes  de  la  III 
p.  m.  s.:  -ah,  -e h,  -u h,  -o  h  -u.  Cette  variation  peut  se  constater 
chez  la  même  personne  dans  le  même  récit,  et  l'on  se  gardera 
de  donner  des  règles  générales  et  surtout  d'avoir  une  „mé 
thode"  dans  la  fixation  d'une  dictée.  Ce  serait  là  une  falsi- 
fication. La  femme  ne  trait  pas  en  général;  c'est  un  v*^? 
selon  LA  XVII  p.  441,4. 

Feghali  K'A  p.  42  compare  uiJi>,  faucher  (les  monues 
céréales),  avec  le  cl.  -^Ji>,  carder,  monder  le  coton. 

Ce  serment  dont  je  parle  ici  figure  chez  Rôssler  et  chez 
Jahn,  SAE  III  p.  18,14.  Le  premier  écrit  aiy  wil  'azztên, 

ce  qui  correspondrait  au  ^Ut^  ^l  des  musulmans;  le  texte  du 
second  porte:  dahâl,  ta'ân  elgiirbe  birriimh.  Sta'âg- 
get  ')  elgârbe,  fârret  nâtase  fi  tùmeh  ugâl:  'az- 
zetéyn!  dâmhâ  'âsal,  il  entra,  donna  un  coup  d  foutre 


')  oU:o«l  doit  être  «-iiJl_iiî,  vhv.,   et  iLxiOLJ,  de  ^-i^-j ,   schizzare, 
gicler,  est  l'ital.  schizzo,  voir  ma  critique  MJM  p.  9. 


1007 

avec  la  pique,  une  goutte  s'égara  dans  sa  bouche  {gicla  dans) 
et  il  dit:  Sapristi!  So7i  sang  est  du  miel!  Le  texte  mehrite 
porte  également  azzetéyn,  ce  qui  fait  dire  à  Jahn  que 
c'est  un  mot  emprunté  à  l'arabe  et  qu'il  traduit  par  deux 
raretés,  ce  qui  est  accepté  par  Bittner,  St.  mehri  IV  p.  38. 
Les  textes  de  Rôssler  m'inspirent  beaucoup  de  confiance,  et 

son  (jôjJtJîj  (^!  me  paraît  hors  de  doute,  tandis  que  l'homme 
mehrite  ne  dit  que  ""azzetéyn.  Si  c'est  véritablement  les 
deux  ^Uzza  (=  o^Ij  (^jjtJt),  comme  le  suppose  Rôssler,  ce 
serait  vraiment  fort  curieux.  Torczyner,  Entstehung,  parle 
pp.  184  et  191  de  cette  interjection;  il  rejette  cependant 
le  sens  de  „deux  raretés"  de  Jahn  et  adopte  l'explication  de 
Rôssler:  par  la  "Uzza;  il  n'y  voit  pas  un  duel,  selon  sa 
théorie,  mais  originairement  une  désinence  accusative  adver- 
biale. Cela  me  paraît  difficile  à  accepter. 

Or,  nous  trouvons  chez  I.  Sîdah  XIII  p.  118  en  bas  l'in- 

ù w  O  G  Ê 

dication  suivante:  \ô^  ^  J^.ai  (^^  o^^-  y^"^^  ^^'^  ^^^3 
è^i  ^c^-li.J  ^  JyLi  US  djjtj^  \ô^^.  L  A  VII  p.  243,  7 
ajoute  après  Kjls'  l'épithète  i-\jùjj^,  ce  qui  a  été  copié  par  son 

plagiateur  TA  IV  p.  58,  mais  omis  chez  Lane  sv.  jç.  LA 
y  voyait  probablement  une  „self-magniflcation"  dans  ce  „gros 
mot",  parce  que  le  je  ne  devrait  s'appliquer  qu'à  ^Uj  S. 
Lane  le  traduit  par  hy  my  might.  I.  Sîdah  a-t-il  entendu 
cette  expression  'azzatéyn  des  Arabes  du  Sud  ou  même 
des  Mehrites?  Il  ne  l'aurait  pas  bien  comprise  ou  bien 
aurait-il  oublié  la   vraie  formule  qu'il  a  rendue  simplement 

par  e53-*-j?  Il  est  en  tout  cas  bien  extraordinaire  qu'il 
l'attribue  aux  habitants  d'es-Sihr,  où  nous  trouvons  encore 
aujourd'hui,  de  même  qu'en  'Oman,  une  formule  presque 
identique.  C'est  tout  ce  que  je  peux  dire  sur  ce  sujet  d'un 
grand  intérêt. 


1008 


.U.>.  Je  n'ai  jamais  entendu  ^'j'  =  b^Lj',  qui  était  cependant 
courant  avant  l'Islam  et  figure  dans  les  inscriptions  tamou- 
dites  et  satâtiquès,  Littmann  Tham.  Ins.  p.  19,  id.  Saf.  Ins.  p.  2. 

P.  487.  i_àJL.w  ^j  .!jo.  Les  historiens  et  les  lexicographes 
arabes  donnent  J<\^,  ce  qui  est  aussi  la  prononciation  ac- 
tuelle'). Il  est  appelé  o^'  ^\,  LA  VI  p.  389,9,  mais  dans 
TA  c'est  j>^^  '-*-^^-  On  l'appelait  aussi  iLiLJ!  Je,  parce 
qu'il  aurait  coupé  les  jarrets  à  la  chamelle  du  Prophète  Sâleh. 
En  mémoire  de  cela,  les  Arabes  ont  donné  le  nom  de  ^ÎlXï, 

LA  sv.,  au  boucher,  j"j^,  vhv..  Cela  prouve  qu'on  avait 
encore  conservé  le  souvenir  d'un  fait  pareil,  dont  le  fond 
vrai   nous  échappe.    Sur  la   chamelle  de  Sâleh,  voir  Qor.  7. 

'  Dans  ma  LA  p.  75  ss.,  j'ai  montré  que  le  chameau  est  aussi 
appelé  yahûdî  et  la  chamelle  yahùdîeh.  Cette  croyance 
d'un  rapport  entre  les  chameaux  et  les  Juifs  est  fort  répandue 
dans  le  Nord.  Musil  o.  1.  p.  254/5  a  recueilli  la  même  légende, 
courante  dans  le  Negd. 

Les    Qedâr    seraient   les   descendants   d'Ismâil,   donc,  des 

■  Arabes,  Gen.  25, 13.  Les  TiP  ^?2  sont  les  Qidri,  Qadri  ou 
Qidarri  des  inscript,  cunéiformes,  où  nous  voyons  que  la 
voyelle  .de  la  première  syllabe  correspond  à  celle  de  l'arabe, 
car  u  et  i  sont  promiscue  l'un  pour  l'autre.  Ce  sont  les 
Cedrei  de  Plinius  HN  V,  12.  Je  crois  que  le  nom  y  a  été 
mutilé  et  que  Phnius  a  entendu  Qedêr  ou  Qedâr,  avec 
imâlation,  mais  cela  ne  pouvait  alors  provenir  d'une  bouche 
arabe,  vu  qu'en  arabe  l'r  ne  comporte  pas  bien  l'imâla  de 
la  voyelle  voisine.  Le  thème  qdr  signifie  en  hébr.  être  noir, 


')  Le  texte  de  Mas.  Prairies  d'or  III  p.  98,  3  porte  ;''-\^,  de  môme 
que  Sprenger  AGA  p.  292. 


1009 

d'où  viendrait  le  mot  .l\js,  marmite,  parce  qu'elle  est  noire, 

mais  voyez  ici  p.  317  en  bas.  Si  ^L\i  vient  de  ce  verbe,  je 

ne  comprends  pas  bien  qu'il  soit  aussi  appelé  c>jr*^  y^. 
A  moins  qu'on  confonde  les  deux  couleurs.  La  langue  française 
transporte  à  volonté  l'idée  de  rouge  au  mot  noir,  et  vin 
rouge  correspond  à  vino  nero  en  italien,  Remy  de  Gourmont 
Esthétique  de  la  1.  fr.  p.  115.  Les  Qedâr  sont  mentionnés 
à  côté  des  K usités,  et  l'on  en  a  déduit  que  les  Qedâr 
étaient  noirs  comme  les  Kûâites.  Krauss  ZDMG  70  p.  323 
dit  même  que  „le  Kùsite  ou  l'Ethiopien  est  décidément  le 
représentant  des  hommes  à  teint  noir  foncé".  Cela  n'est 
pas  exact  pour  ce  qui  concerne  les  Abyssins  d'aujourd'hui, 
qui  ne  sont  nullement  d'un  teint  noir  foncé,  mais  de  noir 
clair  tirant  sur  le  bronzé.  De  même  que  les  Maures  d'Afri- 
que et  de  l'Espagne  n'étaient  point  noirs.  Kûs  est  encore 
aujourd'hui  le  nom  d'une  partie  du  Yéman,  868  n.  1  et  1860 
sv.,  Glaser  Skizze  II  p.  387,  H.  Winckler  KAT^^  p.  144,  id. 
Ber  alte  Orient  und  Geschichtsforschung  pp.  47  et  106.  Les 
Qedar  étaient  probablement  les  Bédouins  actuels  et  les  ^Aribi, 
les  Arabes  sédentaires  et  plus  civilisés,  tous  appelés  plus  tard 
par  les  Rabbins  V^'^,  où  le  y  représente  le  hamza  final  dans 

1^^,  qui  était  alors  prononcé  ainsi.  Les  Qedâr  étaient  donc 
des  Arabes,  mais  nullement  noirs,  pas  plus  que  les  Kûsites 
qui  habitent  aujourd'hui  dans  la  province  de  Zebîd. 

Selon  les  Prairies  d'or  III  p.  87,  Qudàr  b.  Sâlif  était 
tamoûdite,  c'est  à  dire  Arabe,  mais  un  tel  homme  n'a  pro- 
bablement jamais  existé,  et  Qudàr  est  sans  doute  un  nom 
patronymiques.  Sàlif  veut  dire  simplement  qui  précède, 
antérieur;  il  trouve  son  pendant  dans  le  nom  de  '^Ad, 
1847  ').  Les  Tamoûdites  étaient,  selon  les  Arabes,  venus  du 


')  Sur  i->tc,  V.   éams   el-'^Ulûm  p.  2.   Sur   Tanioiid   et  'Ad,  v.  Moritz 
Dev  Sinaikiilt  p.  55  et  ss. 

Cl 


1010 

Sud  de  l'Arabie,  et  je  vois  dans  les  inscriptions  plusieurs 
traits  qui  indiquent  un  langage  sudarabique.  Il  est  à  remar- 
quer que  la  légende  de  Qudâr  b.  Sâlif  est  bien  plus  répandue 
dans  le  Sud  que  dans  le  Nord,  de  même  que  celle  des  Benî 
Hilâl  est  plus  connue,  ou  du  moins  tout  aussi  connue,  dans 
le  Sud  que  dans  le  Nord.  Les  Halîfah  d'el-Hâdinah, 
Arabica  IV  p.  57,  se  disent  descendants  des  Benî  Hilâl. 
Ceux-ci  étaient  déjà  au  commencement  du  VI^  siècle  au 
Nord  de  Rub'  el-Halî,  «u'arâ'  en-Nas.  I  p.  273. 

P.  489.  Lepsius,  Denkmâler  II  p.  150,  a  publié  une  in- 
scription de  Hamamat  dans  laquelle  un  fonctionnaire  raconte 
qu'il  avait  reçu  l'ordre  d'apporter  du  pays  de  Pun  de  l'en- 
cens (ana)  que  les  princes  y  font  cueillir  dans  le  pays  Rouge. 

Cela  serait  le  ^Ophir  de  la  Bible.  Dans  la  lurah,  8_L£  est  la 
couleur  rougeâtre  de  la  gazelle,  et  ^\  est  rouge  du  sol.  Chez 

les  ^Anazeh,  ^^f>-^,  pi.  ^^Là-c,  est  une  petite  gazelle  à  poil 

gris  clair. 

Carter,  BBRAS  v.  11  (1844-47)  p.  385,  en  parlant  du 
sol  de  la  regio  thurifera  dit:  „The  soil  was  sub-argillaceous, 
sandy,  and  of  red  colour  inclining  to  white".  Cette  couleur 
rougeâtre  du  sol  provient  de  l'oxyde  de  fer.  Elle  se  trouve 
un  peu  partout  autour  du  bassin  méditerranéen,  à  Nice  par 
ci,  par  là  et  dans  la  Campagne  romaine.  Ce  n'est  pas  cette 
couleur  qui  a  pu  donner  aux  Himyar  leur  nom,  ainsi  que 
semble  le  croire  Sprenger  o.  1.  p.  298  n.  1. 

P.  492,  6.  D'après  Hirsch,  Reisen  p.  12,  on  dit  aujourd'hui 

en  Hdr.  Hamîr  et  Hamyar.  Dans  le  pays  ^U=>  S±i,  au  Yéman, 
de  même  qu'à  Màwiyah,  Sohbân,  Sar^ab,  Sifàl  et 
el-QâMdah  '),  on  parle  un  dialecte  himyarite:  p.  e.  qa 
akàlku  =  Jy^\  l\ï,  fai  déjà  mangé,  ana  qulku  lak  = 


')  Sprenger  AGA  §  82. 


1011 

(Ai  c^Jli  Liî,  je  t'ai  dit.  L'article  est  ici  partout  j.'.  Ce  n'est 

pas  ici  ^U=>,  âne^  qui  se  dit  dans  ces  pays  ^U:>,  ici  p.  483,2, 

et  le  mot  me  fut  expliqué  par  ,j^.w>  Si^. 

Au  pays  à  l'ouest  de  Yerîm,  il  y  a  un  Wâdi  Saba  et 
un  W.  Himyar  (pas  Hamj^ar),  qui  prend  naissance  à  La- 
kàmt  el-Awtâli.  Il  se  verse  dans  le  W.  Ban  a,  à  l'endroit 
appelé  el-^Askarîeh.  A  L.  el-A.  habite  'Abd  el-Môla  I. 
'^Awad,  'âqil  de  la  tribu  de  Hamyar,  et  au  village  el- 
Hassâs,  dans  le  W.  Saba,  habite  le  ""âqil  Bin  Sigâ\  de 
la  tribu  de  Saba.  On  voit  donc  que  les  noms  de  Saba  et 
de  Himyar  sont  encore  vivants  et  localisés  dans  le  Yéman. 

1  _     _ 

P.  497.  JyiL=»  est  encore  courant  en  Syrie.  Jw«^=>,  être  débor- 
da7it,  impétueux  (torrent),  Syrie. 

Cf.  ui^.  vhv. 

^_y=>,  J.  J.  Hess,  Der  Islam  IV  p.  319,  donne  pour  le  Nord 
^awâyig,  même  sens. 

l}y>.  Musil  0.1.  p.  316,  18  d'en  bas:  hawwattak  bal  la  h 
min  ''a  y  n  u  m  m  a  k,  ^e  ^e  protège  par  Dieu  de  l'oeil  de  ta  mère. 

RO  p.  119,10:  f.  ke  'âd  hatta  ma  hâf  'amyemne  ') 
ginso  l.uiluf  yhûfsi  ""a  bêtne  in  hâf  si,  etc,  un  tel  ne 
s'est  pas  même  présenté  à  notre  seuil,  c'est  comme  s'il  avait  juré 
de  ne  plus  mettre  le  pied  dans  notre  maison;  s'il  y  entre,  etc. 


')  Mais  ib.  p.  109,14  d'en  bas  il  écrit  ma   hâf  '^agemmne   ici  = 
p.  517,  où  c'est  corrigé. 


1012 

P.  523:  murr  ma  haulek  si,  se  trouve  également  SAE 
IX  p.  18,24:  murr  ma  haulek  si  =  mehri:  giré  sî 
hâulek  là".  L'expression  est  donc  la  même  dans  les  deux 
dialectes. 

P.  524:  ^)^^d!  J^S  ou^.  A^oir  Hirsch  Reisen  p.  166. 

p.  533:  o^-fP',  motitagney pierre.  Dans  une  inscription  sâfàti- 
que,  Littmann  Entz.  d.  Safâ-Inschriften  p.  61,  nous  lisons: 

lAxJ^^  Jjtxi    >ytj  lÀi    .^  =  lA-^   JjvC  Q-,    ^y*-J  i^^    >vc,   où  lX-ç> 

est  sans  doute  pierre.  Il  y  a  beaucoup  de  sudarabique  dans 
les  Inscriptions  sâfâtiques  et  tamoûdites. 


P.  546.  vy^-t^  chez  Socin  Diw.  I  N°  49  v.  6  est  selon  lui 
ib.  III  p.  192  pour  ^.suài»,  ce  qui  est  erroné.  Il  ne  paraît  pas 
avoir  connu  le  verbe  w^3>. 

Sur  -*3>,  connaître  par  le  flair,  flairer,  cf.  ^  et  ^  vhvs. 

P.  560,  11  d'en  bas,  ajoutez  (j-^Jli». 


^(Xi 


^J^.  Nuldeke,  ZDMG  41  p.  708  n.  2,  a  relevé  la  forme 
jJtî  =  J.x«s  =  J^Ux  et  il  en  donne  des  exemples.  A.  Fischer 
a  augmenté  dans  la  WZKM  29  p.  429  n.  cette  liste,  qu'on 
pourra  encore  élargir  d'après  I.  Sîdah  XV;   ^S  p.  956,  14. 


1013 

L'onomatopée  .=>  s'est  élargie  en  yë^  Qt^,  cf.  ici  p.  IX,  où  il  y 
a  môme  deux  onomatopées;  cf.  in:i.  A  propos  du  vers  cité  ici 
et  ma  note  1,  je  renvois  à  Abu  Zeyd  Nawâdir  p.  253  d.  1.: 

c>A*Jt   3jLf«  ^J^  Jy^"   u*^3  >^^^^'    '^•f^   ijy^'   (-^    '^.j  _^?'   J^' 

Cf.  également  ij^f>  et  ^jûJl>  vhs. 

€^ 

P.  578.  Pour  J?.ys^ù«t,  cf.  le  vieil  égypt.  sdy,  herausnehmen 
et  ^656?*,  ZÀ  53  p.  87  et  n.  2.  D'après  Ember,  ce  sdy,  lire, 
serait  l'arabe  tiXii  =  «^ê  ^î  ^'uij  sl\/î  iuy^  !lX^,  mais  ce  ÎJs»^ 

est  une  métathèse  de  oUi,  i,  être  haut,  se  dresser,  Hdr.  Gl. 
sv.  et  Socin  Diw.  I  N°  64  v.  20.  \c^  est  donc  =  o>>^Ij  ^j, 
élever  la  voix. 

jMpXo^>  ne  peut  provenir  de  la  contamination  du  cl.  ^y^'^^^ 
avec  la  forme  syriaque  ha  r  su  m  a,  hec,  trompe,  Feghali  K'A 
p.  69,  car  ^y^f>  est  aussi  courant  dans  le  Sud.  La  lettre 
épenthétique  r  doit  venir  d'une  contamination  avec  l'ono- 
matopée J>,  vhv.  et  cf.  j<^  et  ^,  vhvs. 

j»_J3  ^j*s>,  V impaire  et  paire,  se  trouve  aussi  en  soqotrî,  où 
il  est  emprunté  à  l'arabe,  ZDMG  58  p.  784  ss.  C'est  notre 
paire  ou  impaire,  et  cette  locution  n'a  nullement  besoin  d'être 
empruntée  à  un  terme  arabe  se  rapportant  aux  flèches. 

P.  599.  J^  *-ci>j>  a  son  pendant  dans  le  la^tin  promuntUrium, 
d'après  Walde  p.  494. 


lOU 

P.  600.  Avec  j:;._yi:Jj>,  cf.  l'égyptien  naljsùs,  Dozy  sv.  et 
Spiro  sv. 

ijûj^-vcs^  est  en  mehri  jouer,  Bittner  Mehri  II  p.  119. 

P.  609,  2.  Cette  épithète  de  la  lance  est  encore  connue  dans 
le   Nord,   mais   on   ne   sait  plus  ce  que  c'est  véritablement. 
Littmann  NAVP  p.  62  v.  17: 
Saba"  ban  fit  yrannù  lo  *  hal-hilû  rimh  ir-rdaini 

Sept  filles  lui  chantent;  *  cette  douce  lance  roudeynite. 
Littmann  le  traduit  par  dièse  liebliche,  schlanke  Lanze^  car 
son  informatrice  n'en  savait  pas  plus  long.  Le  mètre,  qui  doit 
être  un  ragaz,  est  en  désordre,  comme  c'est  souvent,  très 
souvent  le  cas  dans  toutes  ces  poésies,  qui,  chantées,  auraient 
sans  doute  donné  un  mètre  plus  exact. 

Une  variation  consonantique  de  ^k>  est  le  cl.  ^ai,  LA  sv. 
P.  613.  D'après  Siddiqi,  Pers.  FW  p.  91/2,  yî^-f,  y:^-  serait 

un  dénominatif  du  persan  Baljtâr,  le  nom  du  pays  de  la 
Bactriane. 

P.  621  en  bas.  Avec  ce  dénominatif  éventuel,  on  pourra 
comparer  .:^',  se  diriger  vers,  1217,2  d'en  bas;  ma  LB^A 
pp.  3,3;    8,18;    14,8;    72,9,11.    Socin   Diw.   Gl.  sv.    C'est 

véritablement  tourner  le  y^ ,  potrall,  de  l'animal  vers  une 
direction. 

P.  638.  (^s^i3.  j.  a  son  pendant  sémasiologique  dans  l'hébreu 
P^"i  et  Dpn,  qui  a  le  même  sens. 


1U15 


P.  640.  ^\J>>  f^.  La  môme  sémantique  se  trouve  dans  le 
sh.  di'fer  (de fer),  mauvais,  Bittner  sh.  I  p.  58,  qui  com- 
pare  l'arabe  jj>,  puer,  et  &î  îjio,  2^ fui  Hher  ihn.  Mais  ^.io  est 
une  variante  dialectale  pour  ^so,  même  sens,  et  qui  a  fait 
dialectaleraent  dans  le  Nord  ^j,  Dozy  S.  sv.;  Meissner  NAGJ 
p.  125.   ^t,  puant j  en   mand.  TiôkSî,   même   sens,  Nôldeke 

Mand.  Gr.  §§  107  et  140,  comme  en  syriaque,  ^j  est 
aujourd'hui  la  seule  forme  dans  les  dialectes  du  Nord,  mon 
Arabica  II  p.  48,  où  je  montre  que  le  ms.  d'Ousâma   porte 

»^j,  au  lieu  du  b^j  de  l'éditeur.  Prov.  et  Dict.  Gl.  sv.  ^^y 

ji^y  puer,  n'a  donc  rien  à  faire  avec  *i  îjio,  qui  est  l'arabe 
jo,  pousser,  vhv.,  et  le  mehri  defôr.  Bittner,  sh.  II  p.  60, 
y  voit,  malgré  cela,  l'étymologie  de  difer,  mauvais,  car  les 
dialectes  lui  étaient  inconnus.  En  revanche,  lorsqu'il  compare 
son  difer,  mauvais,  avec  l'hébreu  ^N:3,  puer,  et  le  syriaque 
^  .^.  mauvais,  et  l'arabe  ^j^,  il  est  dans  le  vrai,  comme 
comparaison  sémasiologique.  Dans  le  Sud,  _50,  ^3  et  ^-sj 
n'existe  pas  dans  ce  sens;  on  y  dit  p=>. 


El-Fàhir,  éd.  Storey  p.  41  dit:  v^i-^Àj^!,  8^j_.*^XaJ  '\Jlj^  ^^.-^ 

J^^Lc^jS  j^jî;  LA  sv.  Cette  étymologie  n'est  pas  acceptable. 
Comme  cette  pratique  est  vieille  en  Orient,  937  ss.,  il  faut 
chercher  l'origine  de  ce  verbe  dans  l'Orient  même.   D'après 

Noldeke  '),  ^-^^^  serait  contracté  de  ^j^^  y>0)-  Cela  est 
très  acceptable,  et  le  verbe  ^i:^x=>  en  serait  alors  le  dénomi- 
natif. o>>-of  =  c>.>^  L  A  sv.  Voir  ici  p.  942  n. 


')  Beitrage,  mais  je  ne  trouve  plus  lendroit. 


1016 


Hirsch,  Reisen  p.  261,  parle  d'un  W.  Hâniq  Béni  Didû 
en  Hdr. 

P.  658.  A  propos  de  ëi^,  mon  savant  ami,  le  prof.  Zetter- 
stéen  d'Upsala,  m'écrit:  „Dans  un  son  final  après  voyelle  et 
entre  voyelles  dans  l'intérieur  d'un  mot,  on  prononçait  et 
l'on  écrivait  le  persan  d  anciennement  comme  ô.  Le  »3y> 
arabisé  a,  par  conséquent,  été  emprunté  au 'persan  à  une 
époque  où  cette  règle  subsistait  encore  et  représente  alors 
un  stade  plus  ancien  que  le  persan  o^  moderne".  Voir  ici 
le  même  cas  sub  ^'^3,. 

p.  673.  Abu  Darr,  dans  son  comm.  sur  I.  Hisâm,  éd.  Brônnle, 
.    p.  428  porte  :  qIj^Jv.  ^  !>*>■;  l?'  Ir*^  '•  l>^  ^5  }y^  ^  ^3 

P.  674,5  d'en  bas.  Est-ce  que  bnk,  tente  des  Nomades^  ne 
serait  pas  originairement  la  même  chose  que  le  jT  des  Arabes 
=  les  ot^î  ou  q'^\^  de  la  tente,  I.  Sîdah  V  p.  136,5,  LA 
Xin  p.  39,  3,  d'où  se  seraient  plus  tard  développés  les 
autres  sens? 

D'après  moi  et  malgré  d'autres  opinions,  le  J.PÎ  arabe  n'en 
doit  pas  être  séparé. 

P.  675.  iU=>,  nom  aujourd'hui  inusité,  est  un  JUs  des  noms  de 
construction.  P.  e.  ^Uo,  o^Lj,^iJS:>,  ^Ui>,  ^IL>  =  o^b»  ^y,  onv?. 
Mo'all.  Tarafa,  (jamh.  de  Moh.  b.  Abu  al-Hattâb  p.  89,  ^Us, 

^JJS  vhv.  LA  IX  p.  466,5  d'en  bas:  ^Iju^!  c^-ro  JUy  :l\j^  _^\ 


')  Voir  580  ss..  Aujourd'hui,  '^^^.^  n'est  pas=L\i£. 


1017 

iLsjJa  o^  JS3  Jc>y!  jU*J!  ^^^3)  u>yo_>^.  Chez  el-(jrumaliî, 
éd.  Hell  p.  24,  19,  £L=>  et  icii  sont  synonymes.  Chez  el-Mas., 
Pr.  d'or  III  p.  229,   on   lit  à   propos   de   Nizâr   et  ses  fils: 

JULs  -ot  Q^  cîjT  ^J  xxi  xl>ol5  ycs/o  lX-u  t\i>!  ^'  liUi  ilLo  ^^  *-c^' 
^iUà  ,..iùiii  sJ^.  Ici  iL3>  et  i:.^  sont  donc  différents  quant 

à  la  forme.  Ce  passage  prouve  que  iUs  ne  peut  être  emprunté 
à  un  peuple  non  sémitique,  ni  comme  mot  ni  comme  forme 
de  tente.  LA  sub  La3>  dit  que  »-o  Lo:^.  \J"^  j-^^î  cuii  ^\ 
et  sub  L-i>  il  dit  que  les  Arabes  ont  quitté  le  hamza  dans 
LI=>,  à  cause  de  l'emploi  fréquent  et  de  la  lourdeur  de  la  pro- 

s: 

nonciation.    Je  crois  plutôt  que  le  hamza  dans  Lp>  provient 

de  l'accent:  habà",  car  pour  moi  il  n'y  a  pas  de  vrais  Lxj  i) 
et  tous  proviennent  de  cette  prononciation  haba^  et  le 
hamza  est  alors  d'une  nécessité  phonétique.  Un  1*5  peut 
aussi  venir  d'un  ^Jti,  comme  p.  e.  IlX-j  >  ^tA-j  et  pAj  vhv. 
!ÀJ>  et  ^^^123-  et  d'autres;  Arabica  III  pp.  72  et  80.  tL_A_~> 

serait  donc  véritablement  selon  les  Arabes  couverture,  Bedeck- 
ung  ^).  Le  hamza  est  ici  à  cause  de  l'accent.  C'est  le  même 
cas  dans  tous  les  mots  ultimœ  u  ou  y.  La  troisième  radicale 
disparaît  tout  à  fait,  car  le  hamza  est  la  suite  nécessaire 
de  l'accent  précédent  dans  une  syllabe  finale. 

J'ai   dit   676  que  je  ne  crois  pas  que  'X^=>    vienne    d'un 


')  Voir  Additions  p.  1003  et  n.  2. 

2)  D'après  Walde    sv.,    casa    viendrait    d'uno    racine    *kat-,    bcrgen, 
decken,  offrant  ainsi  la  même  sémantique. 


1018 

verbe  Ls>>(j,=>,  mais  d'une  racine  _^,  ib.,  qui  a  donné_^, 

voûte,  cave,  et  le  dim.  -^i^,  606.  _^  est  une  métathèse  de 
1/""^^,  Hdr.  Gl.  sv.,  Fleischer  apud  J.  Levy  I  p.  421  et  II 

p.  203,  et  ^lJJ,  =  tLx=>,  voir  plus  haut,  est  un  emprunt  à 

l'aramée  ]A£sa.s ,  Fraenkel  F  W  p.  288,  et  non  pas  le  persan 
gunbed,  selon  Vollers  ZDMG  50  p.  646.  Les  tentes  des 
nomades  de  l'Asie  centrale  ont  encore  la  forme  d'une  voûte 
ronde,  d'une  coupole,  d'un  dôme  '). 

P.  680.  A/fl.  et  J^.  donne  à  penser,  dit  Wellhausen  GGA 
1906  N°  VII  p.  565,  mais  je  crois  que  c'est  là  plutôt  une 
trilitération  de  la  V~^j  qui  désigne  probablement  une  cou- 
leur grisâtre  ou  gris  foncé  et  qui  a  aussi  donné  V    ^j  >  '^j, 

eV^.i,  etc.,  LA  sv.,  —  S^j-i    est  ^  ^^  id^  AJ\  j*.^î  A-*^ 

oLoJL)  ■i.ô^l  lXï  t|^j  ulj)^  xj^uavLj',  LA  sv.,'  et  J^j-i  est  ^^ 

iJUj  t^V>  ^'^^  er»  *^*^^^:?  ^3  WeJLo  X:^»22AJ-  yàj  ^XcLàao  \y**^-  ^  [•L*i2j! . 

La  première  lettre  t  est  causative  et  me  paraît  être  une 
prononciation  pour  le  causatif  s  =  ^  dont  le  son  se  confond, 
surtout  dans  le  Sud,  avec  t,  voir  669  n.  3;  698  n.  1  etGloss. 
sub  oet  p.  1022,3.  Le  préflx  causatif  n'est  pas  rare  dans  la 
lurah  et  dans  les  dialectes,  voir  ici  sub  ^,  cf.  ^j*j^ù  >  vi>£0  vhv. 
Mez,  0.  S.  Nôldeke  I  p.  254  et  p.  250,  en  donne  des  exemples, 
mais  qui  sont,  ainsi  que  la  plupart  des  autres  dans  ce  mé- 
moire, souvent  fort  erronés  -).  On  est  donc  vraiment  tenté,  avec 


')  Sur  la  iilï  préislamique,   voir  Goldziher  Diw.  al-Hutey'a  j).  195. 

Le  Prophète  avait   une  '^^ ^  '^--^r^i  T^ib.  I  p.  1468,4,  loisqu'on  fit  la 

tranchée    i^AÀi»  en  l'an  5.  Cette  épithète  n'est  pas,  bien  entendu,  de 
ce  temps-lh. 

2)  ^^i  aurait  donné  v*^*^)   ^^^c    le    s    causatif.    selon    Mez,    mais 
c'est   un  accouplement  de  dV~w,  >  dU*o,  et  de  ^ ,  vhvs.,  et  e^lw  ib. 


1019 

Wellhausen,  o.  et  1. 1.,  de  voir  ici  une  permutation  de  d  et  1, 
mais  je  ne  le  crois  pas.  En  tout  cas,  l\-*^'  est  salir  avec  du 

oLo.,  cendre^  et  Jwo^-,  salir  avec  du  ^^,  sable.  La  question 
est  de  savoir  si  ces  deux  tlièmes  o^j  et  }^j  sont  un  élar- 
gissement d'une  K"",.,  ou  bien  une  permutation  de  o>^.    Il 

faut  observer  que  iali  est  'iU>^\  J,  Xjst  !J!  (jy^xiiji  JïAiyî  y^Iai!, 

LA  sv.,  et  qui  a  donné  le  substantif  idwy  ou  Kk<y  =='-^j'î  u^', 

avec  l'infixé  du  r,  et  o^^  aurait  pu   donner  ia^yii,  à  cause 

du  r  précédent,  devenu  aussi  iLk-U-i  et  JjJ-S  ^jUj,  LA  sv., 
mais  il  faut  plutôt  considérer  Ja/i^'  >  Ja-*-Li  >  iaL+i"  comme 

provenant  de  J^  dont  j'ignore  l'étymologie. 


^:,l^ 


Stumme,  dans  ses  Tripol.-Tun.  Beduinenlieder,  donne  un 
certain  nombre  de  poésies  appelées  Zindâli,  qui  sont  sur 
le  mètre  ragaz,  ayant  le  dernier  pied  ^  —  Il  ne  sait  d'où 
vient  ce  mot,  qui,  selon  lui,  peut  désigner  aussi  bien  la 
chanson  qu'un  vers  isoléf  ce  qui  revient  au  même.  Pourtant, 

l'étymologie  est  bien  claire.  C'est  un  écorchement  de  ^i,b  ^j^, 

011  ^j3  est  prononcé  uzin;  la  première  syllabe  brève  est 
tombée,   et   il   reste   zin.    Ensuite,   ^\o  est  devenu  j.b,  par 

permutation   des  sonores.    Dozy  Suppl.  donne  S^'^)^  rhytme 

guerrier.  Les  différents  noms  que  Stumme  donne  à  ces  poésies, 
d'après  les  indigènes,  bien  entendu,  doivent  se  rapporter  à  la 
mélodie,  car  les  Zindàli  et  les  Qsîm,  les  Mûqef,  les  Bittehdîl 


pourrait  être  une  très  ancienne  prononciation  pour  d^^  <CdUl,  ah'iku, 
ce  dont  cei)endant  je  ne  suis  i>as  bien  persuadé. 


1020 

sont  le  plus  souvent  sur  le  même  mètre  ragazant.  La  recon- 
stitution du  mètre  que  fait  Stumme  en  intercalant  des  voyelles 
ne  lui  a  pas  réussi;  elle  est  souvent,  fort  souvent  fautive, 
car  il  ne  s'est  pas  fait  chanter  les  poésies,  ce  qui  lui  aurait 
pris  trop  de  temps,  et  il  fallait  ramasser  beaucoup  de  maté- 
riaux en  peu  de  temps.  Dans  mon  mémoire  Raf/az  et  mètre, 
j'élucide  cette  reconstitution  de  Stumme,  avec  lequel  je  suis 
en  désaccord. 

Dalman  PD  p.  297,13  d'en  bas: 

Hottu  bregbatha  tarûs  *  dibbûha  fil-qabr  dabb ') 

Mettez-lui  au  cou  une  corde,  *  poussez-la  dans  la  tombe. 
P.  685.   J'ai  déjà  exposé  381  et  ici  sub  .:>  p.  991  comment 
les  Arabes  évitent  le  groupe  syllabique  cvc. 

P.  689,  13.  Je  ne  puis  ici  discuter  les  étymologies  onoma- 
topéiques  que  donne  Christian.  Il  est  tout  à  fait  dans  le 
vrai,  quoique  les  exemples  clochent  quelquefois. 
P.  691.  En  Palestine,  on  entend  aussi  dabbar,  ^,  où  le 
ijp  est  la  prononciation  des  Hadar  du  Levant;  c'est  un  d 
emphatique,  à  cause  du  r,  mais  ici  sans  la  superdentalité 
du  (jiT  bédouin  et  sudarabique.  Cela  n'infirme  nullement  ma 
thèse  que  yi  doit  être  primaire. 

P.  691.  yo  <  Sud  yi,  guêpe.  Dans  le  J.  As.  Nov.  Dec.  1919 

p.  504  on  lit:  „M.  Casanova  propose  de  voir  dans  le  nom 
de  l'abeille  en  sémitique  (hébr.  debôrah,  arabe  daboûr 
et  zounboùr)  un  composé  de  *dabb,  mouche^  (hébr.  ze- 
boûb,  arabe  dhabâb,  assyr.  zumbu)  et  d'*oûr,  miel 
(arabe  arî).  Ce  composé  serait  l'origine  de  la  racine  dabbara, 


1)  Mètre  en   désordre.   Le   texte    poite  târûs,  Stfohseil,  que  je  ne 
connais  pas. 


1021 

organiser,  administrer,  la  première  forme  dabara  de  cette 
racine  ayant  un  tout  autre  sens". 

D'abord,  on  dit  en  arabe  classique  v^»^?  mouche,  LA  sv., 
et   puis   dabbùr,  frelon,  et  non  pas  dabûr,  est  dialectal, 

pp.  692  et  921;  en  outre  ^y,  miel,  p.  74  s.,  et  p.  692  est 
peut-être  le  sanscrit  ali,  abeille.  Le  dialectal  dabbûr  vient 
de  V  jj3,  p.  920,  et  le  class.  et  dialectal  ^iù,  coll.,  p.  691 
provient  de  ]/~^o,  p.  919/20.   Cette  racine  ^J>  me  paraît 

être  un  élargissement  de  V  v^,  comme  v-^»  ramper,  >yo, 
p.  687,  elle  est  ici  onomatopéique,  pp.  914  et  921,  mais  où 
d'autres  verbes  homonymes  non  onomatopéiques  se  sont 
fondus.  Sa  variation  phonétique  est  j.o,  ^6,  j.j,  ^j  et  Jwsj, 
p.  921.  Dtjjà  dans  la  lurah.  1/~^_jo  a  donné  ^o,  LA  I  p. 
358,  et  cette  racine  v_jj  se  trouve  naturellement  dans  les 
langues  sémitiques  qui  n'ont  pas  le  o.  Autrement,  les  deux 

racines  arabes  ^^^  <  ^3  et  ^o,  ramper.,  >  ^o  p.  696,   sont 

différentes.  Le  ""omânais  ^o,  abeilles,  p.  697,  doit  venir  de 
l'onomatopée  l_j3  >  ^ù,  tandis   que  le  classique  et  dialectal 

^g{c>,  petites  sauterelles,  vient  de  l/~^o<^o,  ramper,  p.  696. 

Quant  à  l'étymologie  de  yo,  proposée  par  Casanova,  je 
crois  qu'il  faut  se  contenter  de  celle  que  je  propose  éventuel- 
lement p.  688,  en  laissant  de  côté  le  bourdonnement  des  abeilles. 

P.  692  ji  jÔ  .  Les  Mandéens  avaient  aussi  v^iD"»! ,  champ,  Nôl- 
deke  M  G  p.  100  en  bas. 

P.  700,  14.  Noldeke,  Beitrage  II  p.  122,  dérive  tXii  de  V~C<1, 
qui  a  aussi  donné  ^sXi<*^;  voir  p.  897.  LA  18  p.  118, 13 
d'en   bas:  [jcp)\  ^^^olXÎ  >  ^l>o,  =  ^^-jA^,  selon  Ya'qûb,  ce 


1022 

qui  est  refuté  par  I.  Sîdah.  MaislVqûb  a  pu  entendre  c>o«A^, 

vu  que  les  deux  lettres  se  confondent  souvent,  voir  sub 
o  <  u-^  P-  244  et  p.  1018. 

El-Fâhir,   éd.  Storey,   p.  31,  7:  ^^^  ^^^o  ^J^  J^'  ^3J  ' 

Un  bon  exemple  se  trouve  dans  une  poésie  de  Musammim 
b.  ""Uweymir  el-Asadî  apud  Nôldeke  Beitr.  zur  Kenntniss 
der  Poésie  etc.  p.  194: 

.jLwt    L^il:>0    v_îÎL\i    s.L:S\=>       Ui'^    JW^    Lf;*-"'    ^    ^i^^V"'' 

Je  prononçai  le  serment  (au  point)  qu'il  fendit  les  7non- 

tagnes,  comme  si  elles 

Etaient  des  pierres  d'un  lance-pierres  que  des  cavaliers 

persans  ont  lancées. 
V.  ici  sub  j«^. 


lt;'^ 


y/.^j>,  être  souillé^  etc.  Abu  Zeyd  Nawâdir  p.  217:   £L=>  jUb^ 

Oj.q>!   qLw^l>5   o'^j'^  (^--Î   '^  u*^^^   à-   o^  ^^  »_;*^-  V-  LA  sv. 


\^^C> 


p.  767:  lSVjO,  tout  de  suite.  C'est  sans  doute  le  même  mot 
que  le  marocain  durk,  KMG  pp.  26  et  135,  jetzt,  =  dâba, 
<  druk  à  Tanger  ib.  p.  26  n.  5;  ib.  p.  78  d.  1.  :  hatta 
ndrôk,  jusqu'à  présent,  ne-pas  encore,  où  l'n  initial  doit 
faire  partie  de  hatta  =  hatt an.  J'ignore  l'origine  de  cette 
particule;  v.  p.  1025. 


■f 


Une  ^atâbah  de  Mésopotamie,  Der  Islam  X  p.  128,  porte. 


1023 

Hada'  bed r-el-ka wâkib  weg-gedi  lèh 

Dizzu  "as-sems  ec-caus  rfiba  ') 
La  pleine  lune  des  étoiles  et  l'Etoile  -polaire  s'inclinèrent 

devant  elle. 
Envoyez  dire  au  soleil  que  son  (du  soleil)  (jawîs  a  disparu. 

Ce  verbe  s'est  élargie  en  ,^jo,  p.  772,  10  d'en  bas,  envoyer, 
faire  parvenir.  Nimr  b.  "Adwàn,  t  1238,  dit  dans  une 
qasîdah  publiée  par  Spoer,  ZDMG  66  p.  191  N°  III  v.  1: 

Attends-moi^  ô  toi  qui  te  rends  à  une  contrée  de  l'ouest, 
Prends  pour  moi  la  réponse  à  la  lettre  de  Joseph  et 

fais-la  parvenir  à  destination. 
Le  mètre  est  --^-  \  --v^-  |  ----.  Spoer  porte  li  reidin, 
ce  qui  est  impossible,  à  cause  du  mètre,  voir  ici  sub  \jal.y 
Spoer  y  voit  un  impérat.  energ.,  mais  un  tel  impératif 
n'existe  pas  dans  les  dialectes.  N  i  <  ^^j  est  ici  bref,  ce  qui 

arrive  souvent  dans  les  poésies  populaires,  ma  LB'A  p.  12,25 
et   n.   4;   Musil  o.  1.  p.  361  d.  1.   Dans   le  comment,    Spoer 

donne  ^cto  =  to  hring,  mais  il  faut  ^;o  à  cause  du  mètre  ; 

ce  n'est  pas  ici  le  fém.  de  l'impér.  de  jo,   car  alors  Nimr 

aurait  dit  (^l\=>,  ce  qui  aurait   brisé  le  mètre,  (^^^^li  n'est 

pas  du  tout  traduit;  voir  sur  ce  verbe  ^^,  se  diriger  à, 
1213  n.;  1383  n.;  Socin  Gl.  sv.,  RO  pp.  346,9,  368,6.  Spoer 
prétend,  ib.  p.  190,  que  „the  arable  text  is  given  as  noted 
from  the  lips  of  the  singer".  J'en  doute,  et  Spoer  n'a  pas 
fait  attention  aux  voyelles  intercalées  par  le  chanteur,  ou  bien 
le  chanteur  était  un  hadari  qui  ne  savait  pas  chanter.  J'aurais 
ailleurs  l'occasion  de  m'occuper  de  ces  poésies  mal  notées. 


')  Le  mètre  e«t  ici  en  désordre.  On  aui'a  chanté»  wa  dizzu  "^as- 
semes  ec-cau-se  râba.  En  Mésopotamie,  on  prononce  siamïs  <->-, 
voir  ici  p.  977. 


1024 


^Icj»  est  en  datînois  il  V appela,  mais  &î  (j:0,  il  l'appela  par 
un  cri  =  J^  ^j. 

P.  797.  Sur  la  provenance  des  verbes  dénominatifs  d'une 
onomatopée  ou  d'une  interjection,  voir  I.  Sîdah  II  p.  134  en  bas. 

j.L>,  chat,  fém.  'mc>  est,  je   crois,    un    mot  yémanite.    Si  les 

Akkadiens  appellaient  déjà  le  chat-  sauvage  du  ma  mu  (où 
la  première  voyelle  u  est  devenue  sa  congénère  i  en  arabe), 

je   ne   vois  pas  trop  que  mù  ait   besoin  d'être  emprunté  à 

l'éthiopien  ^^^,  châtie,  comme  le  pense  Nôldeke,  Beitrâge  II 
p.  58.  D'après  lui,  le  même  mot  se  trouve  en  amharique, 
en  tigré,  en  tigriiia  et  les  langues  hamitiques  :  d  u  m  m  u , 
d  û  m  m  0 ,  etc.  Déjà  Friedr.  Delitzsch,  dans  ses  Proleg.  p.  64 
n.  2,  le  considère  comme  une  onomatopée,  qu'on  retrouve 
aussi  dans  l'hébreu  D0~,  hurler  '),  qu'il  faudrait  alors  séparer 
de   ac"l,   restare,  arrestarsiy  stupire,  tacere,=  ^\j>,  u,  vhv. 

L'arabe  j.o,  boucher,  aplanir  le  sol,  enduire  de  qc,  Ges.- 
Buhl  p.  165,  LA  XV  p.  99  en  haut,  n'a  rien  à  faire  à  Di^l, 

hurler,   et   *o,  anéantir,  exterminer,  -)  se  retrouve  dans  son 

développement  ^^o,  se  perdre,  se  ruiner,  v.  sub  ^oo,  et  dans 

*lX_^,  vhv.,  <  lX_^  +  -o.  Ges.-Buhl  a  ici  confondu  plusieurs 
thèmes  homonymes. 

P.  847,  7  d'en   bas.    Un   exemple  de  y*^  ^!  se  trouve  ici 


1)  =  *lX/«ù),  f/i'onder,  ^-^-n^^c,  et  *lX^3.  )/     -o  =  k      j»(3 — V     *jj 
]>  yc3  vliv.  ;  voir  ici  sub  j»0  (>t  Additions  p.  1027. 

•■i)  Qâmoûs  sv.:   ^ô^l>S  ^s^\*)   ^'^i^h  ^.yii!   j.o;  pas  dans  LA. 


1025 

p.  933,  13.  Je  vois  maintenant  que  Haupt  compare  le  y-ar. 
pi,  continuer,  avec  (.b,  avec  la  même  assimilation  de  w  et 
m,  Ges.-Buhl  p.  158.  Notre  ^j^ol  est  encore  plus  près;  je 
crois  qu'il  faut  écarter  le  rapprochement  de  Socin  de  ^b, 
j^ÎiAj,  ib. 

A  propos  de  dôbhen  p.  866  =  ma  LB^A  p.  14,20,  mon 
ami  Marçais  m'écrit:  „ dôbhen  (et  non  dùbhen)  ruine 
définitivement  l'explication  proposée  par  M.  Hartmann  de 
cette  expression  par  le  verbe  v'^>  fondre;  jamais  avec  o, 
pas  plus  en  Syrie  qu'en  Tunisie,  où  elle  apparaît  sous  la 
forme  d  ô  b  ma  g  â ,  il  vient  d'arriver,  et  d  ô  b  e  1 1  a  s ,  à 
peine.  Je  commence  à  croire  que  le  dâba  marocain,  y ?^s^6?, 
maintena7it,  a  du  rapport  avec  cette  expression".  Mais  ce 
dâba  marocain  est  véritablement  dâba,  =  durk,  v.p.  1022, 
KMG  pp.  67  d.l.  et  135,17,  et  son  identité  avec  dôb  me 
paraît  douteuse. 

Sur  dâb,  voyez  Dozy  S.  qui  a  dâb  sub  >_)!o,  et  Fleischer  Kl. 
Schriften  II  p.  507/8  le  fait  venir  <  de  tJ  +  J  préfixe  de  l'im- 

parfait.  De  ^.-<u  !o,  on  aurait  fait,  d'après  lui,  ^^.  v'^- 
Mais  on  n'a  jamais  dit,  je  crois,  ^^j^  îo,  mais  bîgî.  Et 
subv'«^  Dozy  rapporte  les  expressions  du  Vocabulista:  ^'^  cri 
etc.  et  il  dit,  apud  Fleischer  1. 1.,  que  ce  ^\ô  est  ancien. 
KMG  pp.  5  d.  1.;  17,  10;  50,  6  d'en  bas;  67,  2  d'en  bas  écrit 
effectivement  dâbâ,  sofort.  Mais  à  Tanger  on  dit  dâba, 
ib.  p.  26  n.  5  =  durk  ou  driik;  v.  p.  1022.  11  paraît 
donc  que  dâba  est  la  vraie  forme  >  d  â  b  a.  L'étymologie 
de  Fleischer  me  paraît  inacceptable. 

P.  878.  A  propos  de  jy^  ==  ny'ip,  il  est  curieux  de  constater 

fia 


1026 

ce  que  dit  LA  IX  p.  131,  7  sv.  i^*?:  ^li!  ^1^1  qc  iUl*-  (j:;^^ 

-,   -  es  > 

D'autres  exemples  de  cette  permutation  chez  Hafifner  TAL 
p.  47.  Elle  se  rencontre  aussi  en  mebri,  Bittner  St.  mehri  III 
p.  82  n.  4. 

P.  897.  Sur  AS-  >  ^Sè,  voir  ici  p.  700  et  p.  1021. 


Brockelraann  o.  1.  p.  132  dit  que  ô  est  rejeté  dans  illadi 
et  hâdâk,  comme  aussi  dans  hâdal>hal,  et  ib.  p.  318 
il  prétend  que  h  â  d  â  fusionne  dans  presque  tous  les  dialectes 
avec  l'article:  h  al.  Il  cite  K.  el-Ar.  IX  p.  93,  1,  mais  c'est 
là  une  citation  erronée,  et  le  Sawâhid  el-Murni  d'es-Suyûtî 
p.  304,  5  est  le  verset  60  de  la  Lâmiyah  d'es-Sanfarâ,  éd. 
G.  Jacob,  qui  est  ainsi  conçu: 

Expliqué  dans  Hiz.  el-Adab  IV  p.  544  en  haut,  où  le  dernier 
hémistiche  est  paraphrasé  par  :  -a.*^!^  l^  ^'^\  Jotâj'  U»  ^_ct 

idL*àil  slXP  JJoo  ^wwÔ^!  Jjtâj'   Lo   (j:!   j.Lii;î  ^j^   («^^^   à'   '-^■^  ^j*'*^'^ 


»)  Lisez  ^~.^î  et  ^>   ^  rî,  LA  III   p.  235   en  haut.  Moh.  es-Sinqîtî, 
%jy*^\  oLiiAjtl!,  Caire  1319,  itorte  r- j^^^  ce  qui  est  moias  bon. 


1027 

Or,  le  savant  confrère  a  cru  que  Ls>,  étant  aJ^^_^  avec 

l'article  suivant,  était  le  démonstratif  lJ>  =  !À-5>  et  il  cite 
cela  comme  un  exemple  ancien  de  cette  fusion,  avec  la  chute 
du  ô.  Une  variante  en  est  é^ôS.  Y.  G.  Jacob  o.  1.  II  p.  38 
et  ici  sub  é. 

P.  909  d.  1.  En  français,  on  dit  aussi  „il  a  vu  le  loup"  :=  il 
est  aguerri. 

P.  915.  LjL.3,  pointe  de  n'importe  quoi.  I.  Sîdah  VI  p.  19,  10: 

il  «        ) 

»lX^>  ^^J~ù^  ^  vl^^-  C'est  particulièrement  la  pointe  du  sabre  et 

de  la  lance  ==  *-Sr-b,  Schwarzlose,  Die  Waffen  p.  163.  Quel- 
quefois aussi,  le  tranchant  du  sabre,  ib.,  Noldeke  Beitrâge  II 
p.  160  avec  renvois.    Ce  mot,  qui  n'est  plus  employé  sous 

cette  forme,  ne  me  paraît  pas  venir  du  verbe  ^ô,  dans  le 
sens  usuel,  vhv.,  mais  d'un  ^3  =  vj»  P-  91^»  ^^^"^  '^^^^  ou 
pointu.  Je  n'en  suis  pourtant  pas  bien  sur.  Il  se  peut  aussi 

que  l'étymologie  se   trouve  dans  le  verbe  ^^  p.  914/5  = 

tj>3,  o^L?  et  ^->^,  LA  sv.,  =  v_jîJ>,  p.  910,  LA  I  p.  866,9 
d'en  bas,  avec  l'intensif  ^ô^c>  =  j^I^,  LA  I  p.  370,  16.  Si 
c'est  de  ^o  =  vj?  P-  ^15,  on  pourra  comparer  ^0130.,  LA  I 
p.  365  en  bas:  v'^^  ^*^  »^'  'l5^  ^  ^'5^-  Comparez  aussi 

son  synonyme  oi-^-^î  aL^-ui;  ou  „^.J!  ou  de  n'importe  quoi, 
Arabica  III  p.  89  ss.,  I^dr.  Gl.  sv.,  Schwarzlose  0. 1.  pp.  163 
et  231  avec  renvois.  Ce  mot  v^3  est  dans  les  dialectes 
devenu  U^Jo,  pointe  du  sabre,  m,  9  d'en  bas,  Dozy  sv.,= 
^^^,  qui  se  rencontre  aussi  chez  les  poètes  postclassiques, 


1028 

Schwarzlose  pp.  161  et  163.  Dans  le  Sud,  iL^  est  goujon 
de  la  canne,  Hdr.  p.  361,2  d'en  bas.  Uu^^J!  ^>r^  figure 
dans   une   Tradition,  Bob.  V  p.  92,  10   (^r,  ^\  y^  v^)» 

Nihâyah  III  p.  53,  copié  par  L  A  K  p.  57,  5  et  XIX  p.  247,  5 
d'en  bas.  Kôldeke,  o.  1.  p.  160,  paraît  douter  de  l'exactitude 

du   texte,   mais  dans  en-Nihûyah  il  est  dit:  v*-:^  o.-jtxoj-j 

Ce  n'est  donc  pas  qu'on  doutât  de  cette  leçon,  comme  le 
suppose  Nôldeke,  mais  on  y  substitua  le  mot  plus  classique 

'iLJb  voulant  écarter  dans  les  Traditions  un  mot  non  „classi- 
que",  mais  qui  était  déjà  courant  dans  le  parler,  ce  qui 
ressort  également  de  la  remarque  de  la  Nihâyaii,  copiée  par 
LA  XIX  p.  247,  5  d'en  bas,  après  la  phrase  que  je  viens  de 

citer:  *à!!  q-,  i»^^  ^%:^^  ou^JL  ^v^yi^  1-oL  On  prononçait  donc 

i_^A>^  pour  vv^j  ces  deux  lettres  n'étant  plus  différenciées 

chez  les  Bédouins.  L'édition  du  Caire  d'el-Bohârî  (1214)  porte 

ici  les  variantes  vv?^  et  vv^i  clim.,  approuvées  par  Abu 

Darr  el-Harawî.  Le  ^  arabe,  si  rare  dans  la  lurah,  n'est 
qu'un  graphie  pour  le  tjo  emphatique  et  superdental,  comme 
il  l'est  encore  aujourd'hui,  surtout  dans  le  Sud.  ^-^^  corres- 
pond donc  à  vv^*»to,  qui  dans  les  dialectes  hadar  du  Levant 

est  prononcé  sans  la  superdentalité,  soit  un  d  emphatique, 
contrairement  à  la  prononciation  des  Bédouins  de  toute  la 
Péninsule  '). 


1)  Si  dans  Amâli,  Dél  p.  14:^,14,  on  raconte  qu'un  homme  demanda 
à   'Omar    b.   el-Hattàb:  ^^  *a  i  ^^.ai^jI,    a  quoi   le   halîfa   répondit: 

ç^Iiu  vjjjls  _jJ   dV-<-ic  L5,  cela  j)rouve  seulement  qu'alors  déjà  la  pro- 
nonciation  (le  -^  s'était   confondue   avec  celle  de  (jr,  si  toutefois  une 


1029 

Or,  je  demande  si  le  classique  'x^lo,  dont  Nôldeke  Beitrilge 
II  p.  160  donne  beaucoup  de  Sawâhid,  n'est  pas  originaire- 
ment le  même  mot.   Déjà  el-Mubarrad,  "Kâmil  p.  61,  17,  dit 

à  propos  de  c^LJàit  t\:>  que  wftA«*i!  'i-^  iOoLo!  JUu  s.^3u  <\^  iukîi. 
Le  l)o  est  donc  une  qualité  de  la  'sJo,  la  pointe  du  sabre  est 

tranchante.  Mais  souvent  l\=>  est  mis  pour  iui?,  Schwarzlose 
0.1.  p.  231.  I.  Sîdah  VI  p.  18,9  donne  la  même  définition 
pour  'iLjJô  que  pour  ^\j^,  ib.  p.  19,  10:  »Aj>  t^ci  J^  i^-^  6t 
sJo  i^_çci  J»"  v_jIj3.  Ta'lab  a  dit,  Kâmil  p.  599  n.  r:  ^ju^^J!  io.^ 
>i_b  Jiiij^  «lL>,  d'oîi  il  ressort  aussi  que  x*^  et  il=>  ne  sont 
pas  originairement  la  même  chose.  A  propos  de  st-Jài!  S.=>, 
Hamâsah  p.  47,17,  et-Tabrîzî  dit:  v^à^mJ!  v_j^  ^  *  tïH  J»-*-ïî 
Kj.!    ,!Aa,'.   iiwjLiL>   ...^o  y^ju**iî  ïsLa^  ...t  ;jr*y   /^^  i^J^  <^=>  sLyi^Jîj 

5c\>  ...^JL*v^ii  'iJ^  liUAJ'^  «A=>  L^oj!  ^Xxbj  »jjAi2/fl  j^3i  -tjLot.  On 
n'était  donc  pas  bien  d'accord  sur  la  portée  de  ce  mot.  Si 
^ju.^l\  'fiJis  peut  être  =  v»>am^JI  ^.,:nA,  l'endroit   du  sabre  qui 

frappe  l'objet  frappé,  cela  ne  peut  être  en  même  temps  le 
ujj-oM  de  la  lance,  qui  ne  frappe  pas,  mais  perce  par  sa  pointe. 
A_*J3  est  une  épave  de  l'époque  de  la  bilitéralité.   Le   mot  a 

ensuite  été  trilitéralisé  en  iU/i3,  l- A-^y^  v^!>^  v^  ^^  vsy-^* 

Un  singulier  ^jJ^  que  cite  Nôldeke  o.  1.  p.  160  n'existe  pas. 


différence  a  jamais  existé.  Le  Bédouin  répliqua  que  (''('tait  là  une 
ii*J,   une   piononciation   aussi   courante.  Muzhir,  on  reproduisant  cela, 

porte  ^^c.^•*.^^'■'■^^^•}  {^c^^'^^i  ^0   qui   est  sans  doute  une  faute  de  l'éditeur. 

Nôldeke,  Beitriige  II  p.  1(51  n.  2,  ne  voit  dans  cette  histoire  qu'un 
|»roduit  scholastique;  elle  est  en  tout  cas  caractéristique  pour  cette 
prononciation  de  -»• 


1030 

C'est  un  pluriel  qui  se  rencontre  chez  des  auteurs  postérieurs 
et  modernes,  Schwarzlose  o.  1.  p.  163.  Nôldeke  propose,  avec 
précaution,  il  est  vrai,  comme  étymologie,  le  verbe  v^^j 
voulant  par  là  le  ramener  à  une  trilitôre  primaire.  Cela  me 
paraît   impossible.    LA  a   ici  la   note  exacte  lorsqu'il  dit  : 

Les  dialectes  n'ont  plus,  que  je  sache,  la  forme  v_)lji,  qu 

est   remplacée,   comme  je   viens  de   le  montrer,  par  v'^-^ 

etc.,  mais  le  dialecte  égyptien  a  iCj^Jo-^,  pointe  aiguë,  Prov 

et  Dict.  p.  127.  Boqtôr  donne  le  dénominatif  woj>,  aiguiser 

et  w*_jl>w/9,  aigu,  Dozy  sv,,   qui   rapporte  aussi  pour  l'Anda 

lousie  v':'^  <  v^^j   l'action  d'aiguiser  un   couteau,   mais   je 

doute  de  cet  infinitif.   Le  classique  U^^  a  la  même  voyelle 

initiale  que  le  classique  ^L^-b,  ce  qui  n'est  pas  fortuit,  et  le 
dialectal  v^  ^  probablement  conservé  la  superdentale  em- 
phatique sous  l'influence  de  ce  vieux  mot  bilitère,  sans  quoi 
le  passage  de  o  à  ^ji?  s'explique  difficilement.  Je  ne  me  rap- 
pelle pour  le  moment  que  les  mots  énumérés  1398/9  (où 
oUjw  est  une  faute  d'impression  pour  oLow).  En  revanche, 
le  passage  de  J3  à  (j;^  est  fort  commun,  il  est  même  permis 
par  les  grammairiens  dans  tous  les  mots  où  il  y  a  un  -b, 

et  I.  el-A^'râbî  dit:  «À^»  ^y>  J.  ^^  Jj;^.  ^^  t_ç^-  ^^  Les 
exemples  sont  fort  nombreux,  mais  je  ne  puis  ici  donner  la 
liste  que  j'en  ai  dressée.  Avec  o  ce  passage  n'est  point  rare; 
je   cite  de   mémoire:  ^^ô  et  p^lb  >  J.^U2,  dialectal,  1287;  p. 

839;  J^Li  et  (j^L-J,  combattre,  Bohârî  II  p.  15,  etc.;  v.  1399. 

Il  me  semble  donc  que  ^\jj>  soit  d'une  formation  postérieure 

à  v^j  v^:v^^>  6tc.,  <  '»Jû,  avec  perte  de  l'emphaticité,  mais 


1031 

avec  conservation  de  la  superdentalité.  Nous  ne  savons 
pas  ce  que  signifiait  originairement  la  racine  bilitère  v*-^»  ^t 

il  n'est  pas  impossible  que  ^IjÔ  ait  subi  l'influence  séman- 
tique de  v^,  dans  le  sens  susmentionné,  tout  en  conservant 
la  première  voyelle  de  iub.  jjlc!  ^JJî^.  —  Faut-il  rapprocher  ce 
v_jIjo  du  verbe  v_j.l>,  être  pointu,  au  propre  et  au  figuré,  vhv.? 
^^3  ==  ^^ô,  p.  926,  I.  el-Qût.  p.  285,  12,  LA  sv.,  affiler  = 

Osj=>\,  qui  a  donné  v'j^j  ^ot  figuré  pour  poismi.  De  là,  le 
nom  d'un  gourdin  vjj^î  vhv.,  et  probablement  aussi  p"}! 
ou  IDii,  aiguillon,  malgré  l'avis  contraire  de  Fleischer  apud 
Levy  NHWB  I  p.  444. 

J6 

P.  950.  J^o  se  rencontre  déjà  dans  les  inscriptions  safâtiques, 
Dussaud,  Les  Arabes  en  Syrie  p.  113. 

Ce  thème  ne  se  trouve  que  dans  le  Qâmoûs,  où  son  seul 
représentant  est  ^"^3.  C'est  probablement  une  prononciation 
pour  _  .0,  Qàm.  seul,  =  -^o,  qui  est  la  forme  verbale  la 
plus  usitée.  Lane  porte  j.Lsik!l  _  6,  =  _  ;ô,  dans  un  sens  spécial, 
et  .^^î  ^  '^c'^'  -^o  =  ^_c.6,  d'après  le  Qâm.  Mais  le  S,  LA 

et  Asàs  ont  -.^o  U.S^  c^j^Ij).  LA  III  p.  266:  J.  ^ijiJ!  ^y 
^j^l  d'après  Kurà,'=  TA  sv..  Le  ms.  de  LA,  étant  celui  de 

l'auteur,   est  vocalisé,   et  -  .3  doit  provenir  de  l'original  et 

non  pas  des  savants  éditeurs  caïriotes.  I.  elQût.  n'a  pas  ce 
verbe.  -,^3  est  un  élargissement  de  V~jà>  vhv.,  et  la  troi- 
sième radicale  peut  être  un  renforcement  de  celle  de  î^j> 
vj5j3,  fienter,  vhv..   Le   sens  est   proprement  répandre,  sau- 


1032 

poudrer.  Les  dictionnaires  arabes  donnent  à  „y>  un  sens 
trop  spécial. 

J^6.  Le  Qàm.  dit  que  c'est  prononcé  comme  qI^j,  donc  avec 
deux  J.  LA  donne  ce  mot  sub  _  ,3,  en  disant:  ^^aj  bî  _  ,o 

-"i^Àiîj   r'K'^lî  p-j^^'j  fV^*^[5  oij^>^'   ^'-V^  y'  '/^  ^^  *^   (5 

ilILi  -.j^  !ol  ,^t  ^yi  xls'  o,a1'^.  Ici  c'est  écrit  -"bJJ,  qui  peut 
être  une  faute  d'impression  pour  „"iS^  car  il  était  inutile  de 
mettre  \m  fatha  sur  J,  qui  est  en  tout  cas  prononcé  là, 
vu  l'a  suivant.  Mais  son  synonyme  J.ô^  Qâm.  sv.,  donne  à 

3  3 

penser.  On  sait  que  ^\jé  a  un  sens  péjoratif,  et  JiiS  peut 
aussi  être  la  bonne  forme,  malgré  le  Qàm.   Nous  venons  de 

w    ,      3 

voir  que  o.lX/!  est  aussi  une  épithète  du  lait  baptisé  d'eau. 

Les  deux  finales  ^  et  o  peuvent  donc  provenir  de  l'endur- 

o 

cissement  de  la  troisième  de  (^^à^,  sans  qu'il  y  ait  besoin 
d'y  voir  une  troisième  lettre  empruntée  à  une  autre  racine. 
TA  II  p.  ]39  d.  1.  aujoute  aussi  le  synonyme  oûÀ/î,  qu'il 
a  pris  de  LA  XI   p.   399,3   d'en   bas;   ce   n'est  là  qu'une 

permutation    des   sonores,    et   ne    me    paraît   avoir   rien    à 

■> 

faire  à  oiii,  vhv.  J^3  ne  figure  pas  chez  I.  Sîdah  V  p.  45  s. 
o 


f" 


pO  a  donné  j.o,  v.  Additions  sub  j,o,  p.  1024,  qui  doit  être  se- 
condaire. De  ce  J.O,  murmurer,  grotider,  s'est  développé  le  sens 
de  blâmer,  reprocher  =  gronder  et  qui  est  sans  doute  aussi 
l'hébr.  DDl,  proprem.  marmotter  entre  les  dents  >  réfléchir, 

méditer,  mais  non  pas  ^j,  Ges.-Buhl  p.  200.    iC-«i  est  donc 

originairement  une  murmure  >  une  chose  pour  laquelle  on 
est  grondé,  blâmé  si  l'on  n'observe  pas  son  devoir.  On  com- 


1033 

parera  la  même  sémantique  dans  j.y,  117;  521;  558;  p^,  117; 

j.^",  982,  et  j.^Ua«!,  347,  vhv.  m3  est  un  pacte,  une  garantie, 
une  protection  dont  la  stricte  observation  vous  incombe, 
mais  tout  cela  est  une  application  du  sens  primaire.  Voilà 
pourquoi   el-Beyçlâwî    explique  Sourah   IX,  8  iC_-<3  par  Ji.:> 

xJLài:!  J^  v'-*-:'.,  iàe  neglect  of  lohich  one  is  to  be  blaynecl. 
Mais  il  ne  faut  pas  oublier  que  c'est  toujours  l'onomatopée 
J.O  =  pj  qui  en   est  le  point  de  départ.  V~^^  s'est  élargie 

en  plo  =  j.i,  _ft=»  et  v'^^j  LA  sv.,  d'après  el-Ahfas,  et  en  j.iô, 
i,  =  ^!c.  Lorsqu'on  blâme,  on  crie  ou  gronde,  surtout  en 
Orient,  où  tout  se  fait  à  cor  et  à  cris.  Voir  Glossaire  sub  ^^L>. . 

P.  955,6  d'en  bas.  Sur  J^J,  i,  voir  Haffner  TAL  p.  147,8. 
Musil  0.1.  p.  241,  16  d'en  bas,  où  il  faut  lire  dam  île. 

Le  v^_p3  des  Inscriptions  sabéennes,  Glaser  Dammbruch 
p.  14  n.  2;  ib.  p.  36  N°  112,  est  par  Glaser  traduit  p.  51 
par  Wasserbecken  {Irrigationskanâle,  Regenrinnsale),  et  ib. 
note  2  il  dit:  „Pihba  heisst  sonst  wie  (jirba,  Saatfeld, 
vermutlich  vom  Regenwasser  (dihba,  pi.  dihâb,  =  „leichter, 
weicher  und  milder  Regen"),  durch  welches  das  Feld  befruchtet 
wird.  DIT!  in  diesen  Inschriften  wird  also  bisweilen  „Saatfeld", 
bisweilen  „Regen",  bezw.  „ Wasserbecken,  Kanâle,  Wasserlauf ", 
oder  dergl.  bedeutçn,  letzteres  etwa  synonym  mit  DXÏD  ')  „Was- 
serbecken",  aber  auch  „Rinnsal".  On  ne  sait  s'il  a  trouvé  ce 


')  Voir  ici  p.  960  lj'Ax. 


1034 

o  o 

's^j>  ^  io^  dans  le  dialecte  yémanite,  ou  bien  s'il  le  déduit 
de  LA  I  p,  381,  10:  ^L>io,  v.  ici  p.  957/8.  Mais  il  est  évi- 
dent que  le  même  mot  ne  peut  signifier  en  même  temps 
mesure  de  capacité,  champ,  pluie  et  réservoir  d'eau.  Il  faut 
donc  les  séparer.  ^^3,  champ,  a  pu  donner  le  sens  démesure 
de  capacité,  ou  peut-être  aussi  vice  versa,  1316;  j'en  ignore 
Tétymologie.  Les  autres  sens  doivent  provenir  d'une  racine 
dhb,  comme  j'ai  dit  ici  p.  957. 


1035 


FAUTES  D'IMPRESSION. 

Les  premières  quatorze  feuilles  ont  été  corrigées,  après  le 
tirage,  par  mon  savant  ami,  le  professeur  Zetterstéen  à  Up- 
sala.  Mais,  vu  la  lenteur  des  communications  postales,  j'ai 
dû  renoncer  à  cette  précieuse  assistance  pour  ne  pas  re- 
tarder outre  mesure  la  publication  de  ce  Glossaire,  dont  l'im- 
pression a  pris  deux  ans.  Du  reste,  les  fautes  d'impression 
ne  sont  pas  de  nature  bien  grave.  Le  mauvais  état  de  mes 
yeux  ne  më  permet  pas  de  bien  corriger.  Dans  le  texte 
français,  je  n'ai  pas  relevé  une  faute  ou  une  omission  d'ac- 
cent. Je  prie  donc  mes  confrères  d'être  indulgents  et  de 
m'envoyer  leurs  corrections,  que  je  publierai  dans  le  prochain 
volume.  M.  le  professeur  Schulthess  a  eu  la  bonté  de  lire 
les  six  dernières  feuilles.  Je  l'en  remercie  sincèrement. 

Page  2  lisez:     haci,  hav.  et  h(\^ 

„  2,  12  d'en   bas  lisez:    467. 

„  7,  1     lisez  :   b2^r\^)_  et  1.  4  b3N\ 

„  15, 4      „        Beaussier. 

„  16,  d.l.  „        vim. 

„  21,  7  d'en  bas  biffez  en  araméen. 

„  24,7  et  9  d'en  bas  lisez:  Knudtzon. 

„  30, 15  lisez:   guerre. 

„  34,  1        „        psycliologique. 

„  34, 7       „        prouve. 

„  35,  4  d'en  bas  lisez:   ^l>^. 

„  37  note  lisez:    Les  nombreux. 


1036 

Page  39,  2       lisez  :    donne-t-il. 

„  42  n.  1      „        un  faqîh. 

„  45, 8  „       dis-lui. 

„  45  n.  3  d'en  bas  lisez:    Arabica. 

„  46,11         „       „       „        Sumûl. 

,;  47,  9  lisez  :    mutilations. 

„  48,  6  d'en  bas  biffez  fau- 

„  56, 3    lisez  :    observera. 

„  57, 11     „        Salemann-Shukovski. 

„  65.8      „       ^oiir 

5   Cl 

„  67,  14      „         x*,Àv 

„  71, 16      „        mutuelle- 

„  75,4  et  24    lisez:  ali,  abeille. 

„  76,  1 1  lisez  :   lîNnn 

„  81,11  d'en  bas  lisez:  s->pcc. 

„  91,7     lisez:    VI^I 

„  91,10      „       asbâ't. 

„  94,  8         d'en  bas  lisez  :    |tî< 

„  96,  16,  „       „       „        p.  213. 

„  96,6,9         „       „       „        qâtâlt. 

„  107,13         „       „       „        T2^N 

.  107,7  „       „       „        t'??' 

„  108,  11  „  „  „  •J-pt7T0;     et     Z£VÇ 

„  115,4  „       „       ,,        Doughtv's. 

„  126, 7  „       „       „        votre  frère 

„  130,  14         „       „  ^   „        roter. 

„  134,  3    lisez  :    ^_^A:> 


?5 


153,  5       „        la  lurah. 
153,11     „        -tndfi 
155,2  d'en  bas  lisez:  Haurân. 
160,  6  lisez:  ■4^v?.^x. 

162, 2     „     ufy  ■^\J^\ 


1037 


Page  162,4  d'en  bas  lisez:   uX*ï 
„      162,  1      „       „        „       viens. 
„      163, 9      „       „        „       V^. .  de  même  que  164, 3. 
„      166,  7  lisez:    !y 
„      166,13  d'en  bas  lisez:    jj 
„      169,  11  lisez:    négligence. 


)) 

172,6 

)) 

t^^Xisjt^ 

)) 

172,8 

)) 

sa 

nouvelle. 

» 

174,  10 

d'en 

bas 

lisez  : 

:    le  lecteur. 

» 

178,11 

)) 

V 

)î 

côte. 

)) 

183,  11 

»  ■ 

» 

» 

.▲1^2 

H 

183,7 

?î 

)) 

77 

pourrait. 

» 

185,13 

17 

7) 

77 

serait. 

n 

187,3 

» 

H 

77 

ou  presque, 

ji 

189,9 

); 

» 

77 

fi 

t> 

191,13 

H 

n 

77 

tamîniiite. 

n 

194,3 

n 

n 

77 

:î 

195,  13 

;i 

» 

77 

El-Azharî. 

197,9  lisez:    ^:> 

200, 1  „       were 

200,  11  „       pas. 

204,  14  d'en  bas  lisez:    Charakteristisches. 

207,4  lisez:    > -JOb  et  1.  14,  wer. 
o 

209, 1 1  d'en  bas  lisez  :    épouvantable. 

213.11  lisez:    transversales. 

216.12  d'en  bas  lisez:    yebehel. 
217,  d.  2  lisez:    vieren. 

223, 14  d'en  bas  lisez  :    toujours. 

223.6  „      „       „      tûpiî^nD; 
320,12  lisez:    assyriologues. 

383.7  „       =odin. 
522,6  „        rëbah. 


1038 

Page  590,  8    d'en  bas  lisez  :   oliji t 
699,4        „       „        „        ^o'    • 
705,  12  lisez:    Adab. 
713,  10      „       y^o 
718,6  d'en  bas  lisez:    dahèyl. 
722  note,  5  d'en  bas  lisez:  702. 
773,  1  lisez:    éâwia. 


ABBREVIATIONS. 

Outre   celles   publiées  dans  le   III«  volume  de  Datînah,  il 
faut  ajouter  les  suivantes: 

BM  =  Maximilian  Bittner,  Studien  zur  Formenlehre  der 

Mehri-Sprache  in  Siidarabien  I,  II,.  III,  IV  et  V. 
Bsh  =  id.  Studien  zur  Shauri-Sprache. 
HB  =  V.  den  Berg,  Le  Hadhraraout. 
K'A  =  Feghali,  Le  dialecte  de  Kfar  'Abîda. 
KMG  =  Kampffmeyer,    Marokkanisch-arabische   Gesprache 
im  Dialekte  von  Casablanca. 
M  M  =  Miles  and  W.  Munzinger,  Account  of  an  Excursion 
into  the  Interior  of  Southern  Arabia.  JRGS  vol. 
XLI  p.  210  ss. 
M'AR  =  Mo'allaqah  de  'Antarah,  comment.  d'Abu  Bakr  el- 
Anbàrî,  publiée  par  Rescher,  t.  à  p. 
MZR  =  Mo'allaqah    de    Zoheyr,    éd.    Rescher,    Le   Monde 
Oriental  1913. 
SS  =  Landesdorfer,  Sumerisches  Sprachgut. 
Un  *  devant  le  thème  renvoie  au  Gl.  de  Hdr. 


Lu  cerne,  Hôtel  Carlton,  le  2  Juillet  1920.